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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 08:06
Gaza. Au moins 16 morts et 1400 palestiniens blessés (L'Humanité, 31 mars 2018)
Gaza. Au moins seize morts et 1400 palestiniens blessés
LORENZO CLÉMENT AVEC AFP
SAMEDI, 31 MARS, 2018
HUMANITE

Des dizaines de milliers de Palestiniens, notamment des femmes et des enfants, ont convergé vendredi le long de la barrière frontalière qui sépare la bande de Gaza d'Israël dans le cadre de "la grande marche du retour".

Le face-à-face entre soldats israéliens et manifestants palestiniens devait se poursuivre samedi à la frontière de la bande de Gaza, au lendemain d'une journée parmi les plus meurtrières de ces dernières années, avec 16 Palestiniens tués par des tirs israliens. Ce mouvement de protestation doit durer six semaines pour exiger le "droit au retour" des réfugiés palestiniens et dénoncer le strict blocus de Gaza. Un petit nombre d'entre eux s'est approché à quelques centaines de mètres de cette barrière ultra-sécurisée, régulièrement le théâtre de heurts sanglants entre habitants de l'enclave et soldats. Ces derniers ont répliqué en tirant à balles réelles et en faisant usage de gaz lacrymogène.
Selon le ministère de la Santé dans la bande de Gaza, 16 Palestiniens ont été tués et plus de 1.400 blessés dans les affrontements avec l'armée israélienne. Dans un discours vendredi, le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré qu'il tenait Israël pour pleinement responsable de ces morts.
 
Les Palestiniens ainsi que la Turquie ont dénoncé un "usage disproportionné" de la force. La Ligue arabe, l'Egypte et la Jordanie ont également condamné la riposte israélienne. Washington s'est déclaré pour sa part "profondément attristé par les pertes humaines à Gaza", selon un tweet de Heather Nauert, la porte-parole de la diplomatie américaine, exhortant "ceux impliqués à prendre des mesures pour faire diminuer les tensions".
 
Le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni en urgence vendredi soir, a entendu les inquiétudes quant à une escalade de la violence mais n'est pas parvenu à s'entendre sur une déclaration commune. "Il y a une crainte que la situation puisse se détériorer dans les prochains jours", a mis en garde Taye-Brook Zerihoun, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, appelant à la retenue maximale.  Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont exprimé des regrets quant au calendrier de la réunion - la Pâque juive a commencé vendredi soir - synonyme d'absence de responsables israéliens. En fin de journée, l'armée israélienne a dit avoir frappé trois positions du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, en représailles à une tentative d'attaque de ses soldats par des manifestants.
La "grande marche du retour" a lieu à l'occasion de la "Journée de la Terre", qui marque chaque 30 mars la mort en 1976 de six Arabes israéliens pendant des manifestations contre la confiscation de terres par Israël. Les Arabes israéliens sont les descendants de Palestiniens restés sur place à la création de l'Etat d'Israël en 1948.
 
Vendredi soir, des responsables politiques de Gaza ont appelé les manifestants à se retirer de la zone frontalière jusqu'à samedi. De façon quasiment inédite, la police israélienne a par ailleurs indiqué avoir eu recours à un drone pour larguer du gaz lacrymogène sur les manifestants. Tôt vendredi, avant le début de "la marche du retour", un agriculteur palestinien de 27 ans a été tué par un tir à l'arme lourde israélien près de Khan Younès, dans le sud de l'enclave. Tandis que l'Etat d'Israël célèbrera en mai ses 70 ans, les Palestiniens attendent toujours la création de leur Etat, qui a rarement paru plus incertaine. Le droit au retour des réfugiés reste une revendication palestinienne fondamentale et, pour les Israéliens, un obstacle majeur à la paix.
Le statut de Jérusalem est également un important point de crispation, encore plus depuis que le président américain Donald Trump a décidé de reconnaître la ville en tant que capitale d'Israël et d'y transférer l'ambassade des Etats-Unis. Des manifestations, moins imposantes que celles de Gaza, ont par ailleurs eu lieu en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.
Gaza. Au moins 16 morts et 1400 palestiniens blessés (L'Humanité, 31 mars 2018)
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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 07:47
A la frontière de la bande de Gaza, une « grande marche du retour » pacifique mais meurtrière

Des dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi à quelques mètres de la clôture qui les sépare d’Israël. Au moins seize ont été tués par l’armée israélienne.

 

Tels des champignons de fer, les casques des tireurs d’élite israéliens se dessinent, immobiles, au sommet des collines. Des officiers assurent la liaison radio à leurs côtés. Une jeep passe dans leur dos. Les manifestants palestiniens, réunis près du camp de Bureij, contemplent ce ballet. La distance qui les sépare des soldats se compte en centaines de mètres. Soudain, une balle siffle, un corps s’effondre. On l’évacue. On continue.

 

Ce face-à-face a duré toute la journée du vendredi 30 mars, le long de la bande de Gaza. Alors que des dizaines de milliers de personnes ont afflué pacifiquement vers les zones prévues par les organisateurs de la « grande marche du retour », au moins seize manifestants ont été tués et près de 1 400 ont été blessés, dont beaucoup par balles réelles. Un bilan lourd, hélas attendu.

Les responsables israéliens avaient dramatisé ce rendez-vous, en prêtant l’intention aux participants, supposément manipulés par le Hamas, de vouloir franchir la frontière. Ce ne fut pas le cas, même si les plus téméraires s’approchèrent de la clôture, ivres de leur propre audace.

L’armée a aussi dénoncé, vendredi, une attaque armée par deux Palestiniens dans le nord de la bande, qui ont été tués. « Nous identifions des tentatives d’attaques terroristes sous le camouflage d’émeutes », a affirmé le général de division Eyal Zamir, chef du commandement de la région Sud. Tandis que les responsables politiques gardaient le silence, les militaires imposaient une lecture strictement sécuritaire de l’événement.

 

« On est debout, on existe »

Cette journée marque un succès amer pour les partisans d’une résistance populaire pacifique, qui ont constaté depuis longtemps l’échec de la lutte armée. D’autant que la supériorité technologique de l’armée israélienne ne cesse de s’accroître. La manifestation de vendredi place cette armée sur la défensive, obligée de justifier des tirs à balles réelles sur des manifestants ne présentant aucun danger immédiat pour les soldats.

Toutes les factions, Hamas en tête, avaient appelé les Gazaouis à participer. Elles ont fourni un appui logistique, affrété des bus. Des appels ont été diffusés dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les mosquées. Mais contrairement aux propos calibrés des autorités israéliennes, personne n’a forcé les Gazaouis à sortir pour réclamer le droit au retour des Palestiniens sur les terres qu’ils ont perdues en 1948, au moment de la création d’Israël.

Gaza compte 1,3 million de réfugiés sur une population de près de 2 millions. « Je n’appartiens pas à une faction, mais à mon peuple, résume Rawhi Al-Haj Ali, 48 ans, vendeur de matériaux de construction. C’est mon sang et mon cœur qui m’ont poussé à venir. »

Non loin de lui, dans la zone de rassemblement de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, Ghalib Koulab ne dit pas autre chose, sous le regard de son fils. « On veut envoyer un message à l’occupant, résume cet homme de 50 ans. On est debout, on existe. »L’ancien village de ses parents est situé quelques kilomètres derrière la clôture.

 

Diversité et dénuement

« Provocation », a lâché le ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman. « Emeutiers », ont répété en boucle, vendredi, les porte-voix de l’armée. Emeutiers. Dans le conflit israélo-palestinien, les mots aussi sont sacrifiés, vidés de leur sens.

Dans chacun des cinq lieux de rassemblement prévus le long de la frontière a conflué le peuple gazaoui dans sa diversité, et son dénuement. Vieillards et gamins, femmes voilées et jeunes étudiantes apprêtées, mais surtout jeunes hommes sans avenir : ils ont marché des kilomètres, ou bien ils ont pris un bus. Ils ont juché les enfants sur les épaules, grimpé à l’arrière de camionnettes ou tenté de se tenir en équilibre, à dix, sur un tracteur épuisé.

Dans le bruit confus des klaxons et des sonos, ils se sont lentement approchés de cette zone frontalière d’habitude évitée, redoutée, où l’armée construit un mur pour remplacer une clôture jugée trop vulnérable. La plupart sont restés sagement à distance, loin de la frontière, mangeant des glaces ou picorant des graines, s’interrompant pour la grande prière.

Il y avait, évidemment, une avant-garde plus téméraire. Des centaines d’adolescents qui s’escrimaient à se rapprocher le plus possible de la clôture de sécurité, sans la franchir, conformément à la consigne diffusée.

 

Un territoire à l’agonie

Mais personne ne contrôlait cette foule éclatée, coupant à travers champs. Certains jeunes avaient des lance-pierres de fortune, qui ne pouvaient guère atteindre les soldats. Les autres cherchaient à planter un drapeau palestinien, ou bien à organiser un sit-in de quelques minutes, avant que le gaz lacrymogène, largué par des drones, ne les éparpillent.

Il est tentant de dire que ces jeunes défiaient la mort. En réalité, ils défiaient la vie, la leur, qui ressemble à une longue peine : celle des victimes du blocus égyptien et israélien, enfermées depuis bientôt onze ans dans ce territoire palestinien à l’agonie.

ls étaient terribles, ces rires de l’assistance autour de Nasser Chrada, 26 ans, quand on lui a demandé s’il travaillait. « Personne ne travaille. » Père de trois filles, il est venu à la manifestation de Jabaliya en pensant à sa famille, originaire de Jaffa, près de Tel-Aviv. Il ne sait pas à quoi ça ressemble, Jaffa, devenue la petite cité branchée de la côte. Il fantasme, il parle en slogans, il ne pense pas à ceux, des Israéliens, qui y vivent depuis soixante-dix ans. Est-il prêt à tenter de franchir la clôture, au risque de mourir ? « Oui, si d’autres y vont. Dieu s’occupera de mes filles. »

Cette incapacité à anticiper la suite, à formuler des demandes précises au-delà de la libération – invraisemblable – de leurs terres, on la retrouve chez quasiment tous les manifestants. « On ne veut pas de nourriture ou d’aide, on veut la liberté, le respect de nos droits,résume l’un des organisateurs, le journaliste Ahmed Abou Irtema. C’est aux Israéliens de résoudre ce problème. »

 

Imposer un rapport de force

Il est difficile de tenir un discours politique charpenté quand on vit sous cloche, sans contacts avec l’extérieur. La priorité : imposer un rapport de force.

« On ne sera pas transférés dans le Sinaï égyptien, comme le veulent les Américains et les Israéliens !, assure Am-Ashraf Yazgi, une mère de famille de 49 ans, habitante de Beit Hanoun. On continuera jour après jour, jusqu’à ce qu’on retrouve nos terres. Les Juifs qui y vivent doivent retourner dans les pays dont ils viennent. » Un cliché répandu, chaque camp méprisant ou ignorant les drames vécus jadis par l’autre.

 

Dans le public, les motivations sont variées. Certains sont venus parce que c’était le théâtre dramatique du jour, à ne pas manquer. Effet de foule. D’autres pensaient à leurs aïeux, récitant le nom de leurs villages. Mais tant d’autres n’ont pas fait le déplacement.

L’absence de drapeaux à la gloire des factions était frappante, de même que l’absence de forces de sécurité du Hamas, en dehors de quelques postes en retrait. Ce mouvement populaire permettait, il est vrai, de recouvrir les fractures béantes entre le mouvement islamiste armé et le Fatah du président Mahmoud Abbas. Le processus de réconciliation, amorcé sous les auspices de l’Egypte en octobre 2017, est au point mort, mais personne ne veut signer l’acte de décès.

Six semaines de mobilisation similaire sont prévues jusqu’au 15 mai. Au lendemain du déménagement symbolique de l’ambassade américaine vers Jérusalem, ce sera le jour de commémoration de la Nakba, soit la « grande catastrophe » que fut l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens en 1948. Impossible de prévoir à cette heure si une dynamique populaire va s’enclencher, ou si le marasme ambiant va engloutir ces ambitions. Gaza est un village sinistré, où les sentiments ruissellent vite : la colère, la peur, le deuil. On ne sait encore ce qu’il en sera du désir d’action.

 


 

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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 07:43

À BORDEAUX UN JOURNALISTE FRAPPÉ PAR LA POLICE ALORS QUIL COUVRAIT UNE MANIFESTATION ÉTUDIANTE

Le journaliste Sadik Celik a été agressé ce matin par des forces de police alors qu’il couvrait une manifestation étudiante à Bordeaux.
Lors d’une charge policière, les forces de l’ordre lui ont confisqué le téléphone avec lequel il prenait des photos de la manifestation. Alors qu’il montrait sa carte de presse, afin d’en demander la restitution, il a été frappé à la tête par un policier. Des étudiants ont également été blessés et se sont vu prendre leurs téléphones. Ceux-ci n’ont pas été restitués.
Sadik Celik réside en ce moment provisoirement à Bordeaux et a couvert le mouvement des étudiants bordelais, à la suite des faits qui se sont déroulés à l’université de Montpellier.
L’absence ou la carence de couverture médiatique du mouvement étudiant contre la sélection dans les facultés ces derniers mois, expliquerait-t-elle ces manquements graves à l’exercice de la profession, ou assiste-t-on, comme lors des dernières manifestations contre la loi travail à une volonté du gouvernement Macron de réprimer le mouvement étudiant, comme l’an dernier de décourager les manifestants ?
Le SNJ-CGT condamne fermement ces agissements et cette répression. Le SNJ-CGT alerte l’ensemble de la société civile de ce manque flagrant au libre exercice de la couverture de l’information.
Montreuil, le mercredi 28 mars 2018

 

Syndicat national des journalistes CGT 263, rue de Paris – Case 570 – 93514 Montreuil Cedex Tél. : 01 55 82 87 42 Courrier électronique : snj@cgt.fr – site internet www.snj.cgt.fr
Compte twitter : @SnjCgt

A Bordeaux, un journaliste frappé par la police alors qu'il couvrait une manifestation étudiante (Syndicat national des journalistes CGT)
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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 06:19
Les dirigeants du Club cycliste morlaisien, Gérard Lemesle (secrétaire), Hervé Traon (vice-président) et Jean-Jacques Guillerm (président), regrettent de devoir quitter leur local situé au pavillon du Pouliet.

Les dirigeants du Club cycliste morlaisien, Gérard Lemesle (secrétaire), Hervé Traon (vice-président) et Jean-Jacques Guillerm (président), regrettent de devoir quitter leur local situé au pavillon du Pouliet.

Dans le cadre d’une remise à plat de l’utilisation de ses locaux par les associations, la municipalité de Morlaix entend réattribuer le pavillon du Pouliet. Au grand dam des cyclistes, qui refusent d’être relogés à Aurégan, sur les hauteurs de la ville.

« Bienvenue dans notre local de 10,73 m2, qu’on utilise pour se changer et boire un verre, après nos sorties du mercredi et du dimanche ». Réunis dans la salle qui leur est dévolue, depuis une douzaine d’années, à l’intérieur du pavillon du Pouliet, les dirigeants du Club cycliste morlaisien (CCM) ont vite fait le tour du propriétaire.

« C’est petit, mais ça nous suffit », résume le président, Jean-Jacques Guillerm, dont l’association utilise également, de temps à autre, l’espace de réunion situé à l’étage.

« Grimper jusqu’à là-haut après une sortie de 100 km… »

Seulement voilà, la municipalité a demandé au CCM, mais aussi aux autres structures hébergées au Pouliet (Amnesty international, Association pour le droit de mourir dans la dignité…) de quitter les lieux. En proposant aux cyclistes une salle à l’entrée du stade Aurégan. « On nous dit qu’ici ce n’est pas aux normes. Mais là-bas, c’est pire », fustigent les dirigeants du club, qui compte une centaine de licenciés loisirs.

Mais c’est surtout la situation géographique qui les rebute. « Grimper jusqu’à là-haut, après une sortie de 100 km, ça va en dissuader plusieurs. Sans compter que la descente depuis Kernéguès est très dangereuse ».

 " On ne va quand même pas revenir 20 ans en arrière, quand notre siège était situé au bar chez Bourlès "

« On ne va quand même pas revenir 20 ans en arrière, lorsque notre siège était situé au bar chez Bourlès, place des Jacobins », lance Jean-Jacques Guillerm, en précisant que le CCM ne demande pas la moindre subvention à la ville.

« On ne les met pas dehors »

« Quand ils partent du Pouliet vers la route de Paris, ils doivent aussi monter, non ? », rétorque Agnès Le Brun, en soulignant que « les salles, mises à disposition gratuitement, ne sont pas forcément attribuées à vie ». « 70 associations ont un local exclusif. On veut remettre à plat l’utilisation de ces salles, rationaliser et mutualiser », explique le maire, en précisant vouloir réattribuer le pavillon du Pouliet à « une association qui se développe et qui a besoin de place ». Sans divulguer laquelle. « Les cyclistes nous disent qu’on les met dehors, mais c’est faux. En plus d’Aurégan, on leur a proposé un local à Coat-Congar », prolonge l’adjointe aux sports, Charlotte Julie.

L’UCPM dans le même cas

« Dans un préfabriqué qui sert de toilettes, ce n’est même pas pensable », ironise Jean-Jacques Guillerm, sur la même longueur d’onde que l’autre club cycliste de la ville, lui aussi contraint de quitter le Pouliet. « J’attends une nouvelle proposition de la municipalité, indique Fabrice Manchec, le président de l’Union cycliste du pays de Morlaix (UCPM), qui ne veut pas polémiquer. Mais ce qui est certain, c’est qu’on n’ira pas à Aurégan. Vous voyez des gamins de dix ans remonter là-haut par la rocade ou par la rue des Brebis ? ».

http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/pavillon-du-pouliet-reattribue-l-amertume-des-cyclistes-29-03-2018-11906547.php

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 06:14
Plougasnou. 15 licenciements chez Global Seafood (Monique Keromnès, Le Télégramme, 29 mars 2018)

Plougasnou. 15 licenciements chez Global Seafood

Publié le 29 mars 2018 Monique Kéromnès (Le Télégramme) 

 

Avant la reprise, en décembre 2016, les Viviers de la Méloine employaient 34 personnes. Global Seafood avait relancé l’activité avec 23 salariés.

En redressement depuis fin janvier, la société Global Seafood, à Plougasnou, va licencier 15 de ses 23 salariés. Une décision qui intervient moins d’un an et demi après la reprise des Viviers de la Méloine, en décembre 2016.

Dans quelques jours, quinze salariés sur les 23 que compte l’entreprise Global Seafood, au port du Diben, à Plougasnou, vont recevoir leur notification de licenciement. « C’est l’une des mesures de notre plan de continuation. On veut alléger la structure, et notamment la masse salariale », explique le cogérant de l’entreprise, Pierre-Yves Bizien. Surtout des postes de production. Pour rappel, Global Seafood, spécialisée dans le commerce de gros de poissons, mollusques et crustacés, a été placée en redressement judiciaire fin janvier. Depuis, 19 des 23 salariés sont au chômage technique. Le tribunal avait octroyé une période d’un mois d’observation avant de la prolonger de deux mois, le 27 février. La société avait repris lesViviers de la Méloine, qui appartenaient à Capitaine Houat (groupe Intermarché), en décembre 2016.
« Le but est de retrouver l’équilibre en se concentrant sur notre activité de base », ajoute Pierre-Yves Bizien, avant d’indiquer que l’essentiel des postes supprimés sont ceux de la production. « Ce qui n’empêche pas de garder les mêmes objectifs que l’an dernier, à savoir 800 tonnes de crustacés vendus sur une année, et le même niveau de chiffre d’affaires. En revanche, on arrête l’activité coquillages. C’est elle qui était la plus consommatrice de main-d’œuvre », détaille le chef d’entreprise. « Ce n’est pas évident d’en arriver là. Quand on a repris, notre souhait était vraiment de sauver les emplois… »

Embargo chinois et contrat non honoré

Comment Global Seafood en est-elle arrivée là, moins d’un an et demi après la reprise ? « Il y a d’abord eu la perte de notre marché principal, la Chine, qui a mis en place un embargo, trois mois après la reprise. On ne pouvait pas le voir venir. L’autre raison, c’est l’accord qui nous liait au groupe Intermarché qui n’a pas fonctionné, aussi bien de notre côté que du leur ».

À lire sur le sujet En redressement depuis janvier

Pour s’en sortir, l’entreprise vise désormais des marchés en Asie du Sud-Est, du côté de Hong Kong, Singapour ou la Malaisie. « Nous continuerons aussi à travailler avec Intermarché et Le Saint, mais sans contrat. En fonction de leurs besoins et des nôtres ».

L’amertume des salariés

Chez les salariés, c’est l’amertume qui règne. « Et on les comprend. Les conditions de départ vont être moins bonnes que s’ils avaient quitté l’entreprise il y a un an et demi, notamment au niveau des indemnisations. Bien sûr, ils ont travaillé entre-temps mais il y a eu de la souffrance et à chaque mise en redressement, c’est un traumatisme », regrette Frédéric Huon, responsable départemental de la CFDT. Un cabinet a été désigné pour accompagner les quinze licenciés. Le plan de continuation sera présenté le 24 avril au tribunal de commerce.

http://www.letelegramme.fr/finistere/plougasnou/plougasnou-15-licenciements-chez-global-seafood-29-03-2018-11906482.php 

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 06:06
Luttes de classe(s): mars 2018, lettre du réseau école du PCF. Le Blietzkrieg de Blanquer

Le Blitzkrieg de Blanquer

Depuis la nomination du gouvernement, pas une semaine sans une déclaration très médiatisée de son ministre de l’éducation.

Vétéran des combats menés par la droite contre l’école, Blanquer cache ses galons derrière la fierté modeste du soldat-marcheur sans idéologie, armé de simple pragmatisme.

Le camouflage est de rigueur : chaque réforme de fond est doublée d’une mesurette sociétale. On soupèse interminablement la mesurette : le portable, dans un sac ou dans un casier ?

Et l’on soustrait au débat public la remise en cause de l’accès à l’université en la présentant comme de simples ajustements techniques. Que l’éducation et la formation soient les premières cibles d’un quinquennat de régression sociale n’a rien d’étonnant.

L’enjeu est d’importance et déborde le seul terrain de l’école : la révolution de la connaissance et des savoirs, avec les perspectives ouvertes par le numérique, est d’une portée comparable à celle de la révolution industrielle en son temps.

Aujourd’hui comme hier, le choix est politique : des progrès techniques permettront-ils une amélioration des conditions de travail, du temps libéré, une meilleure compréhension et maîtrise des choix de société? Ou bien serviront-ils à inventer de nouvelles formes d’aliénation pour les salariés, une organisation du travail qui les isole et les divise, une formation qu’on n’élève qu’à condition de brider les pouvoirs des travailleurs, de canaliser leur créativité au profit d’une économie libérale des connaissances ?

C’est le moment ou jamais, se disent-ils, d’entamer cette guerre éclair : des élections récentes, un terrain éducatif déjà bien miné par de précédentes réformes, des personnels usés par une charge de travail toujours plus lourde, des lycéens et étudiants soumis à la pression d’une sélection permanente. Mais ce déluge de mauvais coups ne saurait empêcher que se développe en profondeur la prise de conscience des enjeux.

Les convergences des attaques contre les intérêts publics entraînent des convergences de luttes, dont le 22 mars donne un exemple. Trouver comment tayloriser la pensée, c’est la feuille de route du soldat Blanquer et de ses ordonnances. Réfléchir l’accès aux savoirs et à la connaissance comme un droit universel de chaque individu et du collectif dans lequel il vit, c’est le projet communiste que nous proposons comme débouché politique des mobilisations qui se construisent.

Françoise Chardin réseau école PCF /Paris

 

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 05:59
Europe de l'Humain d'abord contre Europe de la finance et du national populisme: le Conseil National du PCF du 30 et 31 mars élabore la stratégie des communistes pour les élections européennes

 

Les politiques de l’Union européenne suscitent colère et rejet. Même si elle exonère un peu rapidement les fortes responsabilités des gouvernements nationaux, cette colère est entièrement légitime au regard des effets dévastateurs de ces politiques.

Mais, dans le même mouvement, chacune, chacun sent bien que face à la mondialisation ultralibérale, face à des groupe mondiaux comme Google, Amazon, Facebook, Apple, face aux politiques belliqueuses d’un Trump et d’un Erdogan, face aussi à la question vitale de la lutte contre le réchauffement climatique, l’Europe devrait être le bon niveau d’action politique.

Par ailleurs, il existe un fort risque d’une Europe déchirée entre la fuite en avant vers des politiques ultralibérales autoritaires qui aggraveraient encore plus la misère et les inégalités et la tentation d’une régression nationale-populiste d’extrême-droite qui ne peut conduire qu'au pire.
Le Brexit, la répression contre les choix démocratiques des catalans, le résultat des élections en Italie, la situation en Pologne et en Hongrie, le projet macronien d’une Europe fédérale des « pays riches » montrent, entres autres exemples, que ce danger est loin d’être virtuel.
Alors que l’Europe de la concurrence de tous contre tous, soumise au diktat permanent des marchés financiers et des banques, devient la nouvelle « prison des peuples », il existe à l’état marginal et embryonnaire une Europe de la coopération qui elle réussit. On peut ainsi citer l'exemple de l’Agence spatiale européenne dont la mission scientifique Rosetta et Philae a montré que l’Europe pouvait par la coopération faire mieux que les États-Unis et la Chine.
Il y a plus que jamais besoin de cette Europe de la coopération, d’une Europe de l’Humain d’abord, d’une Europe libérée de la dictature de la finance qui soit une Union des peuples et des nations libres, souveraines et associées. 
C’est pourquoi le PCF avec ses partenaires du PGE, entend faire la démonstration lors des élections européennes de l’existence et de la nécessité d’un autre choix que la fuite en avant dans les pires politiques libérales ou que le national populisme.
C’est tout l’enjeu des travaux du Conseil national de ce samedi sur les élections européennes.

Yann Le Pollotec

projet de résolution pour le Conseil National du PCF des 30 et 31 mars 2018: 

 

En Europe, l’humain d’abord, pas la finance !

 

Les élections européennes auront lieu le dimanche 26 mai 2019 en France. Les Français.es devront décider qui seront les 79 eurodéputés, en métropole et outre-mer, qui les représenteront dans le Parlement européen. Le PCF s’engage à offrir à notre peuple le choix de l’humain d’abord, du progrès social et écologique, celui du changement en France et en Europe au service des intérêts populaires.

 

Depuis les premiers pas de la construction européenne jusqu’aujourd’hui, en passant par Maastricht, l’Acte unique ou le Non au référendum de 2005, les communistes se sont toujours opposés à la main mise des intérêts du capital sur la construction européenne, rendue possible par les dirigeants politiques libéraux. Nous anticipions alors la crise économique, sociale, écologique, politique et même civilisationnelle où cette conception nous mènerait.

 

Les gouvernements français ont participé activement à la rédaction des traités et en ont été des exécutants zélés. Aussi, avec les classes dirigeantes des autres pays, ils auront passé les dix dernières années à utiliser les outils communs européens, à la faveur de la crise financière de 2008, pour accélérer la destruction des services publics, codes du travail, ainsi que la privatisation et les libéralisations des secteurs jusqu’ici protégés des lois du marché dans l’intérêt des populations, tout en protégeant les intérêts des actionnaires, des banques et multinationales par l’injection massive de liquidités dans le système bancaire sans aucune condition sur l’emploi et l’écologie, la socialisation des dettes privées et la concurrence fiscale. Les inégalités ont explosé, dans et entre les pays européens, pendant qu’une minorité s’est enrichie. Nos sociétés souffrent, sont affaiblies face à la  crise financière qui vient, et sont aujourd’hui incapables de relever les grands défis du monde : développement humain partagé, transition écologique, paix et sécurité collective, alors même que la politique irresponsable de Donald Trump, la montée en puissance de régimes autoritaires, la croissance des périls pour la paix du monde rendent plus nécessaire que jamais une Europe de la coopération.

 

Aujourd’hui Emmanuel Macron défend toujours cette même orientation libérale en France et participe largement à pousser l’Union européenne vers plus d’intégration libérale et militaire, sous couvert de « modernité » et de « refondation ». Le budget de la France pour 2018 qui grève lourdement l’investissement dans les services publics et les collectivités locales, les lois travail 1 et 2, l’augmentation de la CSG, la casse des universités, la situation de l’hôpital et des EHPAD, la nouvelle réforme des retraites, et la privatisation de la SNCF, en sont les preuves.

 

Parce qu’il est devenu impossible d’obtenir le consentement des peuples pour les « réformes » néolibérales, parce que le rejet de cette UE est massif et très profond dans nos sociétés, pour poursuive leur projet, les classes dirigeantes en Europe ont clairement opté, après le déni des référendum de 2005, pour un tournant autoritaire, avec une méthode anti-démocratique allant  du contournement des parlements (comme avec le 49-3 et les ordonnances) et des souverainetés populaires jusqu’au coup d’État financier perpétré contre la Grèce, avec l’appui actif de la Banque centrale européenne. La démocratie, les libertés politiques comme en Catalogne et les droits humains ont reculé à toute vitesse.

 

Nous voici entrés dans une ère de régression civilisationnelle où la guerre est à l’horizon. La colère contre cette co-gestion par le consensus libéral provoque la sanction des pouvoirs établis, mais au profit de l’extrême droite et des démagogues des partis « attrape tout », dont les orientations xénophobes pèsent de plus en plus, jusqu’à la constitution de gouvernements droite-extrême droite, et une instrumentalisation nauséabonde de la question migratoire. L’appauvrissement, la concurrence, la peur du déclassement et le sentiment d’impuissance produisent dégoût et abstention, laissant la place aux solutions de repli national, de rejet xénophobe et autres phénomènes morbides. Le rapport des forces en Europe risque de se dégrader durablement pour la gauche et les progressistes. Le danger est grand d’avoir un parlement européen dominé par une droite radicalisée, l’extrême droite et les populistes.

 

Les communistes ne seront pas les témoins horrifiés de l’accélération de l’intégration européenne néolibérale ou de la guerre des nationalismes. Nous refusons le piège idéologique tendu par Emmanuel Macron d’une division entre « pro et anti UE » - ce même piège que nous avons su déjouer en 2005 -  qui évacue la question du contenu des politiques menées, et de la responsabilité des gouvernements français qui ont tous soutenu et promu ces politiques. Nous ne pensons pas non plus que l’alternative à l’Union européenne libérale réside dans une sortie de l’UE. Croire que cette option, dans un monde d’interdépendances, permettrait à notre peuple de se dégager du capitalisme ou de la concurrence mondiale entre les travailleurs et les peuples est une illusion. Les suites du Brexit en sont une dramatique illustration. Il y a également des défis mondiaux, comme l’enjeu écologique, la lutte contre l’évasion fiscale, les gigantesques capitaux spéculatifs mondiaux ou encore la domination du dollar, qui exigent une organisation à l’échelle régionale. D’ailleurs, les Français.es comme la plupart des peuples européens ne veulent plus de cette UE, mais ne veulent pas non plus en sortir.

 

C'est à travers d’intenses luttes pour la reconquête de pouvoirs sur les orientations de l'Union européenne, et pour le respect des souveraineté populaires et nationales que se situe la voie d'une refondation démocratique de l'Europe. C’est bien du local au global qu’il faut défendre les intérêts populaires et ouvrir des brèches dans l’édifice néolibéral. Les luttes en cours dans notre pays ont besoin d’une forte opposition sociale et politique unie face aux choix du Président, tant en France qu’en Europe. Pour être victorieuses, elles doivent allier des propositions de rupture avec les choix européens actuels et des propositions de nouvelles constructions européennes.

 

L’élection d’eurodéputés communistes est indispensable pour défendre les intérêts populaires et rassembler largement les forces progressistes en France et en Europe.

 

Dans ce contexte, le PCF entre en campagne dès aujourd’hui, autour de 3 objectifs :

 

1/ Porter une vision alternative de la coopération entre les peuples : au service des intérêts populaires et internationaliste. Qui décide, qui dispose des outils communs et pour quels intérêts ? Voici la question que nous souhaitons porter dans le débat public en France et en Europe. C’est une question de classe et de démocratie majeure. Nous voulons l’Europe de l’humain d’abord, non de la finance. Nous voulons une France libre dans une Europe solidaire. Nous voulons donc une France et des députés européens français qui agissent de manière offensive, à partir des luttes et avec toutes les forces progressistes, autour de 4 fils rouges et 14 priorités.

 

            4 grands « fils rouges »

            1. Contre l’Europe de la concurrence, de l’austérité et du chômage : nous voulons l’Europe de l’humain d’abord. Notre campagne portera avant tout sur la réponse aux besoins humains et écologiques.

            2. Nous ne voulons plus l’Europe de la finance. L’argent doit être mis au service d’objectifs sociaux et environnementaux.

            3. Nous ne voulons plus de l’Europe des coups d’État financiers. Nous voulons l’Union des peuples et des nations libres, souverains et associés. Nous voulons que notre pays puisse négocier librement les contours de sa participation à l’UE, à travers une construction à géométrie choisie et dans le respect de la souveraineté populaire. Nous voulons une France libre dans une Europe solidaire.

            4. Nous ne voulons pas d’une Europe dominatrice et forteresse. Nous voulons un modèle de coopération régionale au service de la paix, des échanges justes et capable de penser les mobilités humaines.

 

            14 priorités de campagne, 14 engagements pour les candidat.e.s communistes

Pour l’Humain et la planète :

  • Pour les services publics : moratoire sur les directives de libéralisation, abrogation du traité budgétaire et plan d’investissement européen d’urgence pour les transports, la santé, le logement, l’école, les échanges universitaires type Erasmus, et la formation.
  • Pour en finir avec le dumping social : mise en place en France d’une clause de non régression et harmonisation par le haut les revenus, droit du travail et des droits sociaux, à partir de la méthode de l’européen.ne le/la plus favorisé.e.
  • Pour la conquête de nouveaux droits visant l’égalité femmes/hommes, défense du droit des femmes à maîtriser leur corps (IVG) et mesures de lutte contre les violences faites aux femmes.
  • Pour la défense de l'environnement, plan d’investissement dans la transition énergétique et écologique
  • Pour un développement industriel équilibré, respectueux des territoires et des salariés, innovant au plan social et environnemental
  • Pour une alimentation saine et une réforme de la PAC qui favorise l’agriculture paysanne.
  • Pour une Europe du partage des cultures et des langues, ouverte sur le monde: une Europe protectrice de la création et des créateurs, des droits d’auteur et de la diffusion des œuvres, favorisant la diversité culturelle et le multilinguisme, protégeant l’exception culturelle contre la mainmise des GAFA, développant à l’inverse les programmes et les échanges artistiques et culturels.

Pour que l’argent soit utile aux peuples :

  • Création d’un fonds européen de développement social et écologique abondé par la BCE, pour financer une vaste expansion, en coopération, de tous les services publics en Europe.
  • Justice fiscale : Lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscales, lutte contre les paradis fiscaux, Taxe sur les transactions financières et les GAFA, harmonisation des taxes sur les bénéfices des entreprises à un haut niveau

Pour la démocratie

  • remise à plat du fonctionnement des institutions financières : mise sous contrôle démocratique et changement du rôle et des missions de la BCE pour que le crédit bancaire aux entreprises appuie les investissements développant l’emploi, en quantité et en qualité, et la formation et dissuade les opérations financières, la spéculation et les délocalisations.
  • révision des équilibres institutionnels : la primauté aux instances élues et respect des choix souverains des peuples : renforcement des pouvoirs du Parlement européen et des parlements nationaux, révision de la procédure d’initiative citoyenne européenne

Pour un monde de justice et de paix

  • Pour une politique hospitalière à l'égard des migrant.e.s en rupture avec l'Europe forteresse
  • Pour des traités internationaux de maîtrise des échanges commerciaux et des flux de capitaux subordonnés au développement commun de l’emploi, de la santé et de l’écologie, à l’opposé des traités de libre échange : refus de tout nouvel accord dégradant les conditions sociales et environnementales des pays européens.
  • Pour la Paix : une France qui s’affranchisse de l’OTAN, refuse le projet de défense européenne, et agisse pour une conférence de paix et de sécurité collective en Europe, type « Helsinki 2 »

 

Nous mettons cette vision et ces priorités dès aujourd’hui au service des luttes et au pot commun des convergences possibles entre forces de gauche. 

 

2/ A partir de cette vision, travailler les convergences pour construire une liste porteuse de l'objectif « L’humain d’abord, pas la finance » et faire élire des députés français capables de défendre les intérêts populaires et de porter une autre voix de la France que celle de Macron ou de la droite LR et de l’extrême-droite. A l’heure où Emmanuel Macron cherche à faire de l’élection européenne un referendum « pour ou contre l’Europe » afin d’élargir ses bases politiques,  remporter une victoire, et poursuivre la recomposition politique en France à son avantage, le monde du travail, toutes celles et ceux qui luttent contre sa politique, la jeunesse qui « vaut mieux que cela » et les femmes qui sont en train de bouleverser profondément et durablement les rapports humains, doivent ensemble mettre un coup d’arrêt au rouleau compresseur néolibéral. A l’heure où le Front national reste une force structurante du paysage français, et où des convergences se cherchent avec la droite radicalisée, nous ne pouvons acter l’éparpillement des forces de gauche façon puzzle. Les forces progressistes peuvent porter un coup à Macron et ouvrir un espoir pour l’avenir de notre pays et de l’Europe.

 

Le PCF lance un appel à toutes celles et ceux qui luttent contre la politique de Macron, qui refusent le projet de la droite et le poison de l’extrême droite, à entrer en dialogue pour construire une plateforme commune et une liste qui incarnent le choix fondamental de l’humain face à la finance. Cette liste devrait viser une très large ouverture aux acteurs du mouvement social et pourrait permettre une convergence des forces politiques progressistes, dans le respect des différences mais autour d’objectifs communs.

 

3/ Unir et renforcer les forces progressistes dans le Parlement européen autour d’axes politiques ouvrant des brèches dans la construction libérale de l’UE. Selon les premières projections, le rapport de force pourrait une nouvelle fois se dégrader en faveur de la droite radicalisée, des populismes et de l’extrême droite. Dans le même temps, la crise de la sociale démocratie et l’existence de forces en rupture avec la ligne libérale et les grandes coalitions, l’émergence de partis progressistes nouveaux, peuvent, à condition d’un travail politique de convergence de qualité – à l’image des efforts fournis dans le cadre du Forum européen de Marseille –

qui permet la liberté dans la solidarité. Dans cette optique, nous exprimons notre opposition ferme aux logiques de division fondées sur l’illusion d’une nécessaire « clarification» des points de vue, entre gauche pan-européenne et gauche nationaliste. L’issue positive pour les peuples réside dans notre capacité à dépasser ces débats pour porter ensemble, dans un front commun européen et dans le Parlement, les intérêts et les besoins populaires. La présence d’eurodéputés communistes français sera décisive pour y parvenir.

 

Le CN se dote d’outils pour engager dès aujourd’hui la campagne.

  • Nous lançons dès aujourd'hui une campagne d'information et de débats publics pour l’élaboration de propositions concrètes à partir de la vision et des priorités de campagne, et organiserons la diffusion de masse de notre appel dans les luttes et auprès des forces progressistes.
  • Nous lançons une pétition pour une autre utilisation de l’argent en Europe – et donc de l’euro - présentant la proposition de fonds  européen de développement social et écologique
  • Un bilan des députés du Front de gauche sera édité sous forme de fascicule pour la Fête de l’Humanité.
  • Nous demandons que soient organisées dans les média les conditions d'un véritable débat démocratique pluraliste. Les dispositions  qui figurent dans le projet de loi gouvernemental sont à cet égard inacceptables.
  • Nous rendrons publique une lettre de réponse à la proposition d’Edouard Philippe de participer au comité de surveillance transpartisan des « consultations citoyennes sur l’Europe »
  • Nous constituons sans attendre une équipe nationale de campagne rassemblant l’équipe d’animation du chantier Europe et les secteurs du parti concernés. Elle est chargée de rédiger dans la semaine l’appel aux forces sociales et politiques, établir un agenda de campagne, des matériels et initiatives publiques. Sous la responsabilité du CEN et en lien avec les fédérations, elle est chargée de rassembler les propositions de candidatures nécessaires à la construction de la liste large que nous visons. Elle soumettra ses propositions sur lesquelles le CN de juin devra se prononcer.
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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 05:46
PUR, 2018, 25€

PUR, 2018, 25€

Cet ouvrage se propose d’analyser l’impact du Front populaire sur le Finistère, département rural fortement marqué par la question religieuse. Évitant une approche surplombante, le cadre choisi permet d’appréhender au plus près les fractures de la société finistérienne, entre villes et campagnes, entre blancs et bleus, entre dominants et dominés. La pénétration des idées sociales est faible dans les campagnes. Un puissant syndicalisme agricole s’y développe en s’arrogeant le rôle d’un contre-État. En face, la société urbaine vit ses propres antagonismes. L’Église catholique, présente dans les deux mondes, tente de conforter son emprise sur l’ensemble de la société et se retrouve de fait en concurrence avec les élites agrariennes. L’arrivée des gauches au pouvoir radicalise les positions. L’irruption d’une séquence gréviste inédite oblige les uns et les autres à s’adapter. Les forces adverses mettent en place des stratégies mimétiques qui cherchent à accompagner plutôt qu’à affronter le réveil ouvrier. Les changements d’échelle permettent d’étudier tous les moyens utilisés, du consentement jusqu’à la coercition. Loin d’une histoire fractale, nous avons privilégié une histoire mosaïque. Pour autant, le Finistère du Front populaire, avec ses particularités, s’inscrit dans le cadre national. Cet ouvrage est une contribution à l’histoire de cet événement majeur dans un département catholique et rural

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 05:00
Aung San Suu Kyi, l'armée birmane et les Rohingyas - livre disponible aux éditions de l'Atelier le 29 mars 2018

Exécutions, viols, tortures, les violences à l’origine du dernier exode des Rohingyas, minorité musulmane persécutée par l’armée birmane, ont progressivement attiré l’attention du monde. Dans ce contexte, le comportement d’Aung San Suu Kyi, jusqu’alors figure centrale de la lutte pour la démocratie en Birmanie et prix Nobel de la Paix, a surpris et déçu. Comment expliquer son attitude pour le moins ambivalente face à ce que l’ONU qualifie de « nettoyage ethnique » ?

 

Spécialiste reconnu de la Birmanie, Frédéric Debomy a très tôt donné l’alerte sur le sort des Rohingyas. Il répond dans un essai aux questions que pose le comportement d’Aung San Suu Kyi et rétablit les subtilités qui échappent aux débats médiatiques. Un ouvrage de réflexion pour faire un point précis sur la situation et tenter d’expliquer le fil des événements et le positionnement actuel d’Aung San Suu Kyi. Les choses seraient-elles plus complexes qu’il n’y paraît ?

Aung San Suu Kyi, l’armée et les Rohingyas

Frédéric Debomy

160 p. – 16 €

 

DISPONIBLE EN LIBRAIRIE LE 29 MARS 2018

 

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En 2017, le monde entier écoutait, effaré, la dirigeante birmane couvrir de ses mensonges les exactions et les crimes perpétrés par l’armée, une armée caractérisée de longue date par son extrême brutalité à l’égard des populations. Parallèlement, certaines de ses actions, menées plus discrètement, laissent penser qu’en dépit des apparences, elle agit. Elle est notamment à l’origine de la mise en place d’une commission consultative présidée par l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, réclamant le rétablissement des Rohingyas dans leurs droits. Il est donc essentiel de dépasser l’impression première d’une solidarité de fond entre Aung San Suu Kyi et l’armée, d’essayer de comprendre et d’analyser la stratégie qu’elle semble conduire dans un contexte où elle ne dispose que d’une marge de manœuvre limitée.

 

Cet ouvrage, attentif aux ambiguïtés de la « Dame », se préoccupe aussi d’élargir le champ de la question des Rohingyas et s’interroge sur l’avenir d’un pays obsédé par la question de l’ethnicité.

 

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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 05:29

Changer de société

C’est désormais clair pour tout le monde, le président Macron est bien le président du capital !

En moins d’un an de pouvoir il a pris, ou annoncé la prise, de décisions toutes aussi idéologiques les unes que les autres pour asseoir la domination du grand capital et créer au profit de celui-ci les conditions d’un renforcement de l’exploitation capitaliste.

Les choix faits ne souffrent d’aucune ambiguïté.

Il s’agit d’abord de diminuer la part de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée et augmenter celle du profit.

C’était l’objet de la loi de travail XXL, à savoir flexibiliser, baisser les garanties collectives, diminuer les droits des salariés, et utiliser tous les leviers en vue de faire baisser la masse salariale et augmenter les profits. L’attaque contre les cheminots et leur statut procède exactement de la même logique et si le gouvernement y parvenait cela servirait de justification à appliquer la même méthode et la même logique à d’autres secteurs de la fonction publique. Cela conduirait plus généralement à un alignement vers le bas des garanties professionnelles de tous les travailleurs, qu’ils soient du public ou du privé.

C’est aussi l’objet de la baisse des cotisations sociales avec pour but de mettre fin à un système progressiste, pour lequel les communistes ont joué un rôle central à la libération, et qui consistait à prélever une part des richesses créées pour répondre à des besoins sociaux élémentaires. Par l’utilisation massive de l’arme principale à cet effet, la CSG, le président accentue le glissement progressif du mode de financement depuis les entreprises vers les ménages, dans une débauche d’argumentation aussi démagogique que fallacieuse. Les retraités en paient le prix fort d’emblée, sans que les actifs ne voient véritablement la couleur de l’embellie annoncée de leur sort réel, et globalement c’est tout le système qui se trouve ainsi remis en cause.

Il s’agit ensuite de faire régner toujours plus la loi du profit en étendant sans cesse son champ d’intervention.

C’est le sens des privatisations qu’il poursuit. En annonçant la privatisation prochaine des aéroports de Roissy et d’Orly , véritables machines à cash, le gouvernement va offrir au groupe VINCI un empire en béton construit aux frais de l’État.

C’est la remise en cause du champ des missions du service public, l’ouverture au privé et sa loi du du profit de missions d’ordre public : réduction du périmètre des politiques publiques, regroupements et fermetures de services, réduction de l’emploi public, casse les droits et garanties des personnels...

Macron veut aller vite et fort. Pour ce faire il s’est entouré d’une majorité à l’assemblée nationale, où des députés godillots créés de toutes pièces obéissent servilement en bons soldats du grand monarque.

Mais il veut aussi aller plus loin en diminuant à la fois le nombre de députés et l’étendue de leurs prérogatives . Ce faisant il utilise à fond le régime présidentiel de la 5ème République mis en place en 1958 par le Général de Gaulle, qui avait substitué au système parlementaire de type moniste (le gouvernement rend compte devant le Parlement) un système parlementaire dualiste diminuant la place et le rôle du Parlement (le gouvernement rend compte devant le chef de l’état et devant le Parlement). Macron veut accentuer cette dérive vers la mise en place d’un système personnel en effaçant le plus possible la place et le rôle du Parlement et en assoyant une position plus monarchique encore du chef de l’Etat. C’est de la tyrannie !

Les français sont de plus en plus lassés des effets de cette politique. Pour autant nombre d’entre eux ne voient pas d’issue possible, et les dernières élections présidentielles ont mis ce sentiment en évidence.

Le capitalisme ne peut pas répondre aux besoins des travailleurs et de la population, ni du monde de la création ; de plus en plus de gens le constatent.

Mais la logique du capital n’est pas fatale, inéluctable. En tout cas les communistes ne s’y résolvent pas.

Ce sera le sens des travaux du congrès du PCF en novembre prochain. Il s’agira précisément de rechercher les moyens de créer une perspective révolutionnaire par un changement de société, le dépassement du capitalisme et l’instauration d’une nouvelle société dans laquelle le grand capital ne détiendra plus les leviers essentiels, et où ceux-ci seront la propriété des travailleurs eux-mêmes, avec la démocratie comme boussole et comme moteur.

La bataille s’annonce longue ; chacun et chacune est utile pour réfléchir et construire  ces nouvelles perspectives. Un large rassemblement de toutes les intelligences est nécessaire pour engager un vrai changement.

Roger Héré, éditorial du Viaduc – avril 2018

 

Roger Héré

Roger Héré

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