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11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 08:02
Salah Hamouri:  200 jours de prison, 200 jours de trop!

Il est intolérable que la France ne prenne pas position sérieusement et concrètement pour la libération de Salah Hamouri. Le gouvernement français devrait tout mettre en œuvre pour faire pression sur le gouvernement israélien et faire libérer notre compatriote. Continuons à amplifier la campagne de soutien à Salah pour que cesse l'arbitraire...

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11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 07:52
Communiqué de la CGT du centre hospitalier du pays de Morlaix: assemblées générales le 13 mars et le 15 mars

La CGT du centre hospitalier des pays de Morlaix organise 2 assemblées générales du personnel. Une se déroulera le 13 Mars de 14h à 15h au Centre social et concernera le personnel contractuel de l'établissement, afin d'informer sur les droits et répondre aux diverses interrogations. Des contrats de plus en plus courts sont proposés aux agents contractuels sur le CHPM et c'est intolérable,

La CGT en a référé à la direction des ressources humaines afin de remédier à cette situation précaire intenable pour les agents.

Des contrats de 5 jours, de 8 jours cela ne doit plus être le cas sur le CHPM. Derrière ces emplois, il y a des personnes, il y a des familles, Si vous vous trouvez dans cette situation, rejoignez nous, c'est collectivement que l'on pourra agir.

Une autre se déroulera le 15 Mars de 14h à 15h également et au centre social, et concernera l'ensemble du personnel du CHPM, afin de se projeter sur la Manifestation nationale du 22 Mars, grève dans l'ensemble de la Fonction publique, de grandes mobilisations sont attendues partout en France.

C'est collectivement que l'on doit agir. Les annonces de Madame Buzyn notre ministre de la Santé sont une insulte aux soignants et aux résidents. 50 millions d'euros pour nos Ehpad cela représente 80 Euros par an et par résident, soit 3 h de plus par an .. la nouvelle baisse annoncée des tarifs des actes est très inquiétante.

L’hôpital a un genou à terre et les agents souffrent. Combien de temps allons nous subir cette casse de nos hôpitaux ? Combien de temps allons nous subir cette dégradation de nos conditions de travail ?

A un moment il faut savoir dire STOP !!! Retrouvons nous afin d 'organiser et construire la mobilisation du 22 Mars et faire en sorte que cela soit un succès.

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11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 07:50
Forum de la résistance à Brest le 19 avril 2018 - 18h - en présence de Georges Duffau-Epstein, conférence de Michel Madec et de descendants de FTP de la région brestoise
Forum de la résistance à Brest le 19 avril 2018 - 18h - en présence de Georges Duffau-Epstein, conférence de Michel Madec et de descendants de FTP de la région brestoise
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11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 07:46
Le député communiste de Seine Maritime, Jean-Paul Lecoq

Le député communiste de Seine Maritime, Jean-Paul Lecoq

Accord services aériens entre UE et Israël
par Lecoq Jean-Paul

Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, madame la présidente de la commission des affaires étrangères, madame la rapporteure, mes chers collègues, permettez-moi tout d’abord de revenir un instant sur ce qui s’est passé en commission au moment de la discussion de ce texte – puisque c’est le groupe GDR, mon groupe, qui avait demandé qu’il fasse l’objet d’un débat en séance publique – : alors que j’étais en audition dans la pièce d’à côté, pour la mission d’information dans laquelle je siège, j’ai constaté que nous faisions l’objet de plusieurs interpellations, parmi lesquelles un procès en légitimité sur le fait d’amener en séance publique un accord relatif aux services aériens entre l’Union européenne et Israël. J’avoue qu’en regardant la vidéo, j’ai été subjugué par l’absence totale de recul de ces collègues qui se sont empressés de demander à Mme la présidente de la commission d’exercer son droit, par ailleurs inexistant, de demander l’annulation de ce débat.

Permettez-moi de vous dire, chers collègues, que demander l’interdiction d’un débat à l’Assemblée nationale jette le discrédit sur la fonction même de député.

Quel serait notre rôle si nous ne pouvions pas débattre de tous les textes qui nous sont proposés ? C’est notre droit le plus strict. Et plutôt que de l’empêcher ou de crier au scandale lorsque le débat déplaît, il vaudrait mieux plutôt prendre son courage à deux mains et monter à la tribune défendre des idées et parler du fond.

Le groupe GDR a demandé un débat sur ce texte puisqu’il s’agit d’un accord très libéral sur l’aviation civile. Sa racine prend la source dans les mêmes inepties d’économistes ultralibéraux obsédés par la concurrence que celles que j’ai dénoncées hier soir s’agissant de l’accord entre l’Union européenne et les États-Unis. Là encore, quelques phrases dans le préambule montrent l’inspiration idéologique très forte de cet accord : l’Union européenne et l’État d’Israël sont « désireux de promouvoir un système de transport aérien international fondé […] sur un marché soumis à un minimum d’intervention et de régulation étatiques », et il est même question plus loin des « avantages d’un environnement libéralisé » ; mais c’est la reconnaissance des « avantages potentiels de la convergence réglementaire » qui est tout de même le plus inquiétant.

En effet, la convergence réglementaire nous amène aux accords commerciaux dits de troisième génération ; le secrétaire d’État auprès du ministre des affaires étrangères les connaît bien puisqu’il y a parmi eux l’Accord économique et commercial global, dit CETA, dont l’objectif est d’abaisser les barrières non tarifaires des échanges, c’est-à-dire de créer une convergence des normes et des règlements pour normaliser le marché. Personnellement, je me sens plus pour une convergence des luttes contre la politique actuelle du Gouvernement, mais c’est une autre histoire… Les accords commerciaux penchent toujours vers une convergence réglementaire a minima, les plus protectrices d’entre elles étant toujours les premières à disparaître.

La politique de ciel unique en Europe repose sur un pilier de convergence normative en matière de sécurité, de sûreté et de protection de l’environnement. Je ne reviendrai pas sur ce dernier point puisque j’ai déjà longuement évoqué les questions environnementales hier soir, à propos de l’accord du même type que j’ai évoqué, mais espérons que la nature et les salariés des entreprises de transport aérien ne subiront pas trop le dumping qui semble se préparer, et que les protections statutaires qu’ils ont obtenues ne seront pas menacées.

Par ailleurs, il m’apparaît nécessaire d’aborder la question des méthodes utilisées par Israël pour accepter ou refuser les citoyens se rendant sur son territoire. Pour préparer cette intervention, j’ai lancé un appel à témoins auprès des citoyens français qui se rendent régulièrement en Israël et dans les Territoires palestiniens, et cela s’est révélé très intéressant.

Les témoignages les plus frappants ont porté sur le fait que plusieurs compagnies européennes dont Air France, et aussi la compagnie nationale israélienne, mais également des agences de sécurité a priori privées, se permettent de filtrer sur le sol français les passagers qu’ils vont autoriser ou non à monter à bord des appareils à destination d’Israël. Plusieurs histoires me sont parvenues de citoyens ayant leur billet et leurs papiers en règle, et qui se sont malgré tout vu interdire, en France, l’entrée à bord de l’appareil après un interrogatoire, parfois totalement discriminatoire, mené par des agents privés. Ces agents pourraient donc décider de qui monte ou ne monte pas dans un appareil se situant dans un espace sous juridiction française…

En 2011, Israël est parvenu à empêcher la venue de plusieurs centaines de militants pro-palestiniens en listant leurs noms et en demandant à toutes les compagnies de refuser de les laisser monter à bord des avions, ce qu’elles ont fait ! C’est tout de même incroyable ! D’où ma question : quand et où s’arrête la souveraineté de la France sur son territoire, et quand commence celle de l’État d’Israël ? Un accord aérien comme celui-ci ne serait-il pas l’occasion idéale pour réaffirmer à toutes les compagnies l’importance du respect de la souveraineté et de celui des droits de l’homme ? Ces abus de pouvoir nous laisseraient-ils entrevoir qu’Israël dispose d’une frontière mouvante et d’une juridiction souveraine ad hoc autour de chaque avion à destination d’Israël ? Des agents non-assermentés et privés n’ont pourtant aucun droit de procéder ainsi sur notre territoire.

Ces dérogations au droit posent la question de la souveraineté et de ses limites. L’accord dit vaguement à ce sujet, au paragraphe 4 de l’article 14 que « chaque partie contractante veille à ce que des mesures soient appliquées effectivement sur son territoire pour protéger les aéronefs […] ». Il est donc bien précisé « sur son territoire » et non sur le territoire d’un autre pays. Le texte aurait dû mentionner plus clairement l’interdiction totale des usages que j’ai relatés. Je formule en tout cas ici le vœu que cette pratique illégale prenne fin le plus vite possible.

Que des interrogations subsistent lorsque le passager arrive sur le sol israélien relève alors de la souveraineté de cet État, même s’il est important d’avoir conscience que la sécurité ne doit pas être assurée au détriment de la liberté et que la menace terroriste sert parfois d’excuse pour empêcher les voyageurs de se rendre en Palestine. Sinon, comment justifier le fait qu’une fois nos concitoyens arrivés en Israël, les agents de l’aéroport soient autorisés à lire leurs mails et à prendre leur téléphone portable ? La question se pose d’autant plus que le refus de coopérer entraîne quasi automatiquement l’interdiction d’entrer sur le territoire. Ce chantage déstabilise les voyageurs, les poussant généralement, s’ils veulent être autorisés à entrer, à accepter que leurs droits soient bafoués. Un grand nombre de témoignages que j’ai reçus à ce sujet concordent. L’Association pour les droits civils en Israël – l’ACRI – avait même qualifié il y a quelques années ces mesures « d’intrusion considérable dans la vie privée ». Ce type de chantage n’est pas digne d’une démocratie mais plutôt d’un État sécuritaire rongé par la paranoïa. Cette paranoïa est d’ailleurs incarnée aujourd’hui par l’emprisonnement de Salah Hamouri, détenu administrativement, dont les défenseurs n’ont même pas accès au dossier pénal, et aussi par la ministre de la justice d’extrême droite qui humilie quotidiennement les Palestiniens et souille l’histoire tragique de son propre peuple par les propositions inhumaines qu’elle fait comme, par exemple, celle de faire porter un signe distinctif aux ONG financées par des États étrangers lorsqu’elles se rendent à la Knesset. La manipulation de l’histoire fait parfois froid dans le dos.

Dans cet accord relatif aux services aériens, il est seulement acté que les dispositifs de sûreté israéliens sont supérieurs à ceux de l’Union européenne. Pas une seule fois il n’est mentionné que les signataires doivent exercer leurs procédures de sûreté dans la limite du respect des droits humains, notamment celui du respect de la vie privée. C’est très regrettable.

Cette méfiance extrême dont use Israël assure au passage autre chose que la sécurité du pays : elle permet de juguler le trafic et de décourager les voyageurs qui voudraient se rendre dans les Territoires palestiniens. Israël s’octroie donc le pouvoir de filtrer la population qui aurait sinon accès à Gaza ou à la Cisjordanie, et ce au nom d’un blocus déclaré illégal un grand nombre de fois par la communauté internationale. L’absence d’un aéroport en Cisjordanie et la destruction de l’aéroport international Yasser Arafat en 2002 à Gaza empêchent les voyageurs de se rendre directement dans les Territoires Palestiniens. Nous ne pouvons donc que constater l’absence de liberté de circulation pour entrer en Palestine.

Ses habitants vivent donc dans une prison à ciel ouvert. Il est par conséquent impossible pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine d’accepter un accord comme celui-ci, en raison – c’est un argument que j’ai un peu plus développé hier soir – de la théorie libérale qui le sous-tend, mais également parce qu’il ignore superbement le fait qu’Israël maîtrise totalement les entrées et les sorties d’une autre entité territoriale, ce qui aurait justifié un traitement différencié.

Évidemment, nous en revenons au même point : pour faciliter les choses, il faut continuer à lutter contre le blocus illégal de Gaza. Il faut que les puissances du monde, et parmi elle la France, reconnaissent l’existence de l’État palestinien pour pouvoir lui donner une légitimité et favoriser ainsi l’émergence d’une solution à deux États. C’est d’ailleurs la politique soutenue par la France et c’est ce que les députés communistes que je représente aujourd’hui ne cessent de réclamer. (Applaudissements sur les bancs du groupe FI.)

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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 12:11
Retour du CAO de Lampaul-Guimiliau: des histoires d'exil terrifiantes, d'une triste banalité... Et maintenant, un devoir d'accueil et d'humanité!

J'ai eu l'occasion de rencontrer pendant des heures des migrants accueillis au CAO de Lampaul-Guimiliau il y a quelques jours.

Ce furent des moments d'échange très beaux, qui donnent à réfléchir au-delà de l'émotion d'entendre ces témoignages particulièrement durs, de la part de jeunes qui ont déjà tant affronté, mais qui gardent le sourire et beaucoup de gentillesse et d'optimisme malgré tout. 

Une discussion prolongée avec trois migrants africains accueillis au CAO m'a permis de mettre des maux et des visages derrière les mots connus de la tragédie de la migration africaine aujourd'hui, à l'aune de la politique répressive de l'Europe, de la misère de l'Afrique, de la barbarie de la Libye après la guerre occidentale pour abattre le régime crapuleux de Mouammar Kadhafi qui a plongé ce pays de le chaos et la criminalité à grande échelle dont les migrants sont les premières victimes.

Ces jeunes là sont partis de chez eux, en Afrique de l'Ouest, depuis 18 mois, deux ans. 

Ils ont entre 19 et 20 ans. Ils sont partis mineurs. 

Parce qu'ils étaient orphelins, rejetés ou exploités par leurs familles,ou parce qu'ils voulaient pouvoir faire des études, se construire un avenir. 

Ils ont marché, marché en remontant vers l'Afrique du Nord, fait certainement des petits boulots pour survivre car ils ne sont pas riches. 

Ils sont arrivés en Libye, et là, à leurs dires, presque tout le monde est armé, et tout "noir" est une proie en puissance.

Ils ont été enfermés pour certains 6 mois dans des hangars ou des cours par des citoyens libyens violents et criminels, qui ont fait pression sur eux pour extorquer de l'argent à leurs familles dans leur pays d'Afrique de l'Ouest.

Ceux qui ne peuvent payer sont abattus quand il y a besoin de faire de la place dans le hangar ou la prison, pour terrifier les autres. Des femmes sont violées régulièrement. Des hommes sont réduits à l'état d'esclave pour des travaux de forçats. 

Le racisme vis-à-vis des noirs africains est effarant. Des crimes contre leur dignité humaine se commettent à la pelle chaque jour. 

Ceux qui peuvent s'échapper (très difficile), payer pour s'en sortir et payer un passeur pour tenter de traverser la Méditerranée arrivent sur des plages encadrés par des hommes en armes. 

Pour ces privilégiés qui peuvent croire échapper bientôt à l'enfer, quand leurs frères et leurs sœurs restent en arrière, un autre enfer commence.  

On les fait monter à 180 dans des zodiacs en plastique souple qui peuvent crever à tout moment et que quatre hommes suffisent à transporter sur leurs dos.

Le moteur est agonisant, il n'y a que pour quelques heures de transport en essence dedans.

On a tout confisqué au migrant.

Ils n'ont pas de manteau, pas d'imper, pas de veste, tout objet tranchant ou qui risquerait de crever le bateau est retenu.

Ils sont serrés plus encore que des sardines, sachant que tout mouvement de bascule en dehors du bateau serait fatal. Les gens ont peur, se font dessus. 

Personne n'a encore de téléphone avec GPS pour se repérer.

Il n'y a pas de pilote.

Bientôt, il n'y aura plus d'essence, 4 ou 5 heures après le départ, et le bateau va dériver pendant deux jours avec à son bord des gens angoissés, souffrants, paralysés par le manque de place, les sauts de température sur la mer.

Il n'y a rien à manger, quelques bouteilles d'eau seulement.

Par chance, un bateau italien arrive pour secourir les passagers du zodiaque, de ce radeau de la méduse: quand il arrivera à Lampedusa, cela se passe au printemps 2017, il y aura des milliers de migrants à bord dont les embarcations ont été repérés par satellite précédemment.

Sur les cinq zodiaques qui sont partis de cette plage libyenne à 40 minutes d'intervalle deux jours avant, quatre simplement pourront être secourus, tandis que l'un d'entre eux sombrera en mer, avec environ 180 personnes noyées! 

C'est le prix de ce trafic criminel. Le terrible ratio qui explique qu'il y ait eu plus de 10 000 migrants ayant sombré en Méditérranée depuis 2014: la frontière la plus meurtrière du monde, devant celle du Mexique et des Etats-Unis.   

Les migrants savent qu'ils vont vers une mort possible. Ils ne peuvent plus reculer. Sur les plages, ceux qui refusent de monter sont abattus par les passeurs!

Dans le chaos libyen post-guerre civile, les migrants sont devenus le principal moyen de faire de l'argent pour bon nombre de libyens qui souvent, du temps de Kadhafi, vivaient assez bien avec des postes dans la fonction publique, ou des entreprises dépendant de l'Etat, sans trop travailler, les emplois pénibles étant occupés par des étrangers. La vertu de la rente pétrolière qui crée un complexe de supériorité alimenté aussi par le passé esclavagiste de ces pays arabes.  

Arrivés à Lampedusa 3 ou 4 jours après le départ de Libye, les migrants sont conduits dans des cars au commissariat de police où on les force à poser leurs empreintes: ça y est, ils sont dublinés, ils ne pourront demander l'asile dans un pays autre que l'Italie! 

L'Italie compte beaucoup de migrants. Une grande partie de la population n'a plus de compassion. Il y a de la xénophobie. Nos migrants africains parlent rarement italiens. Ils sont souvent chassés. Ils survivent avec peine. Ils traversent la frontière de la France et de l'Italie parfois facilement, parfois très difficilement.

Ils arrivent à Paris, et dorment pendant deux ou trois mois dans des cartons au pied du Stade de France ou Porte de la Chapelle, déambulant dans Paris de 6h du matin à minuit, simplement contents de pouvoir manger avec les Restos du cœur ou d'autres associations caritatives ou d'aides aux réfugiés. La police les chasse régulièrement, la vie est très dure. 

Finalement, ils acceptent d'être conduits dans un centre pour qu'on examine leur demande de titre de séjour. Ce sera un bourg de la campagne finistérienne, un peu loin de tout, mais ils ne savaient pas où ils allaient être conduits. Là, il n'y a presque rien à faire, mais ils se font des amis, sympathisent avec des citoyens français qui leur montrent de la solidarité, mais il y a des tensions aussi de temps en temps entre réfugiés, notamment entre Afghans et Africains. 

Chacun porte sa croix, a une histoire d'exil très dure à transporter, des parents et amis laissés sur le bord du chemin, des horreurs vues et subies, mais souvent beaucoup de courage et de foi encore, l'idée qu'il faut forcer sa chance, que si Dieu le veut, on arrivera à s'en sortir, à vivre une vie normale, à aller à l'école, avoir un métier, pouvoir danser en boîte de nuit, faire du foot...

Mais 75% de ces migrants sont dublinés, menacés par une expulsion en Italie ou en Grèce! 

D'où ils n'auront aucun avenir. L'extrême-droite qui risque d'arriver au pouvoir en Italie promet leur renvoi en Afrique, après tous ces sacrifices subis, la Grèce est dans une situation économique et sociale qui ne leur laisse guère de chance d'intégration et de travailler. 

Beaucoup de ces migrants sont maintenant francophones.

Ils sont pleins de ressources, de richesse intérieure, d'appétit de vivre, de capacité à apprendre, à travailler, à construire.

En les accueillant, en les accueillant mieux, en les régularisant, la France pourrait compter sur une jeunesse du monde qui pourrait lui apporter beaucoup. 

Une grande partie de ces migrants sont inexpulsables en réalité.

Va t-on les renvoyer en Afghanistan où ils risquent la mort?

L'Italie ou la Grèce compte bien plus de migrants que la France et ne les régulariseront pas facilement. 

Dès lors, on voit bien l'absurdité de la politique de Dublin et de renvoi dans le premier pays européen d'accueil, on voit bien le manque d'humanité et de pragmatisme de la politique française vis-à-vis de l'accueil des migrants.

France, pays riche qui a proclamé les Droits de l'Homme, pays qui pendant la Révolution française accordait les droits de représentants à des étrangers, pays qui a construit son histoire et son identité moderne avec l'immigration, pays qui a été défendu et libéré pendant les deux guerres mondiales avec tant de combattants étrangers (africains, nord-africains, asiatiques, polonais, italiens, espagnols), ancien pays colonial qui a contribué à déstabiliser profondément les régions d'où proviennent les migrants. 

France, réagit si tu ne veux pas perdre ton âme! 

Nous, citoyens français, on vaut mieux que le visage que nous montrons actuellement, notre Etat et notre société, mais heureusement pas un grand nombre de citoyens solidaires et mobilisés, aux migrants et réfugiés qui auraient tant à nous apporter. 

L'histoire nous jugera, comme elle a jugé les Français dans leurs rapports aux persécutés de la seconde guerre mondiale.  

Notre responsabilité individuelle et collective est engagée par rapport à ces drames humains massifs, mais qui ont des visages, de la chair, des coeurs et des rêves. 

Ismaël Dupont, élu communiste-Front de Gauche à Morlaix et Morlaix-Communauté

le 10 mars 2018    

 

           

  

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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 12:10
Roger Héré

Roger Héré

Compte-rendu du conseil municipal du 8 mars 2018

Début du conseil : 19h.

1° Compte rendu de séance du conseil du 7 décembre 2017

Pour les mêmes raisons que d'habitude (absence de compte rendu réel) l'opposition s'abstient sur ce point.

Débat d’orientations budgétaires, année 2018

Le rapport présenté par la majorité fait état :

a) des dispositifs nationaux prévus pour les collectivités territoriales :

- La loi de programmation des finances publiques pour la période 2018/2022, fixe un objectif national d’économies de 13 milliards d’euros, au total, soit une économie de 2,6 milliards par année. Ces 2,6 milliards annuels sont obtenus par différence entre le taux d’évolution actuel moyen (2,5 % par an) et un taux de croissance annuel fixé à 1,2 %.

- Dispositif d’exonération de la taxe d’habitation : l’État indique, sans autre précision, qu’il prendra à sa charge la compensation ;

- Le montant de la DGF sera identique en 2018 par rapport à 2017, après 4 années de baisse

- La dotation de solidarité urbaine (DSU) et la dotation de solidarité rurale (DSR, à laquelle Plouigneau est éligible) seront revues à la hausse pour atténuer l’impact des baisses de dotation forfaitaire pour les communes les plus fragiles.

- Aucune hausse n’est prévue en 2018 pour la dotation nationale de péréquation (DNP). Le montant du FPIC est maintenu en 2018 avec une modification du dispositif de sortie (fin en 2020).

 

b) de la situation financière de la commune

Le montant de l’épargne brute de la commune de Plouigneau (intérêt de la dette compris) a représenté 827 414 € en 2015, 709 614 € en 2016 et 539 927 € pour 2017.

L’encours de dette est faible (260 €/habitant en 2018 contre 842 € moyenne nationale) et le ratio de désendettement est de 2,5 ans (au niveau national la situation est considérée saine en dessous de 8 ans).

Pour la fiscalité directe (taxe d’habitation, taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties), la loi de finances augmente les bases cadastrales de 1,24 %. La commune propose le maintien des taux pour 2018. Le total des produits de la fiscalité directe sera de 1 575 585 € pour 2017, ce qui correspond à 40 % des recettes de fonctionnement.

Les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 3,61 % en 2017 par rapport à 2016. Il s’agit essentiellement le fait des charges à caractère général (+ 12,26 %) les charges de personnel n’augmentant pas (+ 0,61 % seulement)

Les recettes de fonctionnement ont évolué de 0,41 % en 2017. Il s’agit essentiellement le fait :

- du produit de la fiscalité directe (+ 1,41%), à savoir 1 575 585 € pour 2017, soit 40 % des recettes de fonctionnement;

- de la baisse du produit des dotations (- 0,38%), dû à la contribution de la commune au redressement des finances publiques ( - 72 955 €). Le montant total des dotations s’est ainsi élevé à 1 328 285 € pour 2017, soit 34 % des recettes de fonctionnement ;

- de la baisse du produit de la fiscalité indirecte (-0,26%). Le montant total de ces produits s’élève à 537 344 €, à savoir 14 % des recettes de fonctionnement.

c) des orientations pour 2018

La municipalité estime que la hausse des bases d’imposition (+ 1,24%), devrait compenser les réductions de dotations, et qu’ainsi les recettes de fonctionnement devraient être stables par rapport à 2017.

Au niveau des dépenses la majorité envisage :

- de « stabiliser » les effectifs municipaux  (les dépenses de personnels et charges annexes représentent 46 % des dépenses totales de fonctionnement);

- de diminuer la subvention au CCAS,

- le maintien des subventions aux associations.

S’agissant de la piscine elle indique que le contrat de DSP venant à expiration en 2020, la commune devra se positionner en 2019.

Pour ce qui concerne les nouvelles propositions, la majorité envisage :

- la construction d’un préau à l’école de la Chapelle du Mur (50 000 €) ;

- l’achat d’une maison rue du 9 août pour la construction de logements sociaux et sa démolition (50 000 €) ;

- la création d’une nouvelle salle polyvalente (études et travaux pour 2018 : 100 000 €) ;

- la réhabilitation de l’ancienne perception (maison médicale) 420 000 € TTC ;

- aire de jeux et parcours sportif au plan d’eau (50 000 €)

- cheminements doux (30 000 €).

En ce qui concerne les programmations pluriannuelles, des travaux de voirie (200 000€ en 2018 dont 30 000 € pour l’aire de camping-car et 320 000 € d’accessibilité et de rénovation (écoles).

En budget « lotissements» création d’un lotissement à Pors an Doas à la place de l’ancien EHPAD.

Lors de l’exposé par Mme le Maire des éléments du DOB, elle a effectué des commentaires oraux sur les difficultés de procéder désormais à l’extension des constructions du fait du transfert de la compétence à Morlaix-communauté (PLUI).

R. Héré est intervenu pour indiquer qu’elle avait omis de souligner dans ses commentaires les dangers de la loi de programmation des finances publiques imposée par le gouvernement du président Macron, qui impose d’office une sérieuse dose d’austérité pour les communes pour les cinq ans à venir, une perte importante d’autonomie et de prérogatives pour les communes par la suppression de la Taxe d’habitation. Il ajoute que, du coup, les communes se retrouvent encore plus dépendantes du bon vouloir de l’État, dont rien ne garantit de façon pérenne les attributions de compensation.

B. Le Vaillant indique pour sa part que l’on ne pouvait pas laisser dériver indéfiniment l’évolution des finances publiques, justifiant du même coup la politique du président Macron, ce que lui fait remarquer R. Héré.

J.Huon intervient pour dire que, s’agissant du foncier, on ne pouvait plus raisonner comme avant et que l’on devait avoir une réflexion sérieuse et globale sur la structuration du foncier.
D. Guizien indique pour sa part que le PLUI apporte incontestablement des contraintes, mais que l’on ne pouvait pas continuer de dédier toujours plus de foncier pour la construction, et qu’il fallait tenir compte de la situation nouvelle. Il a regretté que la municipalité n’ait pas saisi l’occasion qui lui était offerte d’avoir une réflexion sur l’aménagement du centre-bourg.

S’agissant de la situation financière, R.Héré rappelle que les remarques des années précédentes conservaient totalement leur validité, dans la mesure où la majorité n’avait pas changé d’un iota sa façon d’agir. Il rappelle qu’un ratio de désendettement aussi bas (2,5 années) n’est pas forcément le signe d’une bonne politique, mais il indique au contraire que la municipalité ne réalise pas aujourd’hui les investissements qu’elle pourrait entreprendre et qui seraient pourtant nécessaires pour demain. D’autre part il souligne que le dispositif mis en place par le gouvernement du président Macron nous fait craindre que la gestion minimaliste de l’actuelle majorité ne se retourne contre elle et qu’elle n’ait une incidence négative sur les dotations puisque celles-ci seront désormais attribuées par rapport aux budgets réalisés.

R.Héré fait remarquer que les effets de la politique menée par la majorité se traduisent invariablement par des restrictions en ce qui concerne les dépenses de personnel, alors que les effectifs ne sont pas à la hauteur des besoins et que des remplacements ne sont pas effectués. Comme toujours c’est ce chapitre qui constitue la variable d’ajustement des politiques de restriction.

S’agissant de la maison de santé, J.Huon indique que tant qu’à réaliser un tel équipement, il était nécessaire de bien dimensionner le périmètre pour avoir un équipement réellement disciplinaire, ce qui ne semblait pas le cas actuellement, et qu’il fallait prendre en compte les nouveaux besoins.

R. Héré renchérit en indiquant qu’il serait souhaitable de s’orienter davantage vers un équipement de type centre de santé, d’une part pour être le moins possible à la merci du bon vouloir des praticiens libéraux, et d’autre part pour répondre aux demandes émanant des jeunes praticiens qui sont de plus en plus demandeurs de conditions d’exercice différentes, en préférant le salariat à l’activité libérale.

 

3° budget commune,reports d’investissement restes à réaliser

Information du conseil : 512 236 € en dépenses et 126 702 € en recettes

 

4° construction d’une maison de santé pluridisciplinaire

La mairie propose de créer un budget annexe et de l’assujettir à la TVA.

La discussion sur le sujet a eu lieu dans le cadre de l’examen du DOB (voir ci-dessus)

 

5° acquisition d’une maison 19 rue du 9 août

La majorité propose d’acquérir un ensemble immobilier, en vue de sa démolition (coût total 50 000 €) en vue d’y réaliser 5 logements locatifs sociaux adaptés (PLIA).

Accord

6° Logements sociaux ESPACIL

Décision déjà prise pour les logements à Kerbriand. L’avis des Domaines avait été reçu postérieurement à la précédente décision de mai 2016. Nouvel avis sollicité pour régularisation.

Accord

7° Lutte contre la mérule et autres parasites

 

Délibération nécessaire pour déterminer que la commune soit inscrite en zone de vigilance ou en zone d’exposition.

A la demande de l’opposition proposition de demander le maintien en zone de vigilance.

Accord.

 

8 ° Convention avec ENEDIS

Mise en place d’une ligne électrique en souterrain dans la zone de Kervanon. Servitude à consentir à ENEDIS.

Accord

9° Tarifs camps ALSH 2018 et tarifs camps relais des Jeunes

Légère modification pour les deux tranches supérieures de revenus ; maintien pour la première tranche.

Accord

10° indemnités stagiaires BAFA

La majorité propose une augmentation de 5 €, soit une indemnité de 320 € au lieu de 315 € pour un stage complet de 14 jours effectifs.

L’opposition demande chaque année depuis 2014 de porter l’indemnité à 600 €, ce à quoi se refuse obstinément la majorité.

Pour ce motif l’opposition vote contre la proposition de la majorité.

 

11° projets des écoles

Tarifs légèrement augmentés pour 2018.

Abstention de l’opposition

12° Allocations scolaires

Proposition d’allouer les allocations scolaires suivantes :

Ecoles publiques : 45,21 € par enfant (44,76 € en 2017)

Ecole privée Sainte Marie : 665,36 € par enfant (658,77 € par enfant).

Jean-Yves Lecomte intervient pour souligner que que la tarif de l’allocation pour Sainte Marie, intègre le coût de la cantine pour tous les élèves, alors qu’il semble bien que tous ne mangent pas forcément à la cantine.

Mme Kerrien, adjointe, indique pour sa part que le nombre d’enfants ne déjeunant pas à la cantine est très minime.

Comme les années précédentes et pour le même motif (montants alloués à l’école Ste Marie) l’opposition vote contre ces tarifs.

 

13° passage sous voie communale

Il est demandé d’autoriser M. Raphaël COTTY (ferme de Croas Men) à réaliser un boviduc sous le chemin communal ‘Roc’h Ven ».

Accord

14° Fonds de soutien à l’investissement local (FSIL)

Deux dossiers sont proposés :

- la rénovation thermique extérieure de l’école de Lannelvoez (270 000 €) ;

- la maison médicale (350 000 €).

Accord

 

15° compte-rendu des décisions prises par le Maire et par délégation du conseil

 

J. Huon demande des explications sur la ligne de trésorerie ouverte à la Banque Postale ainsi que sur le taux retenu avec la marge de 0,48 % l’an.

La secrétaire de mairie répond qu’il s’agit d’une ligne utilisable par tirages et remboursements successifs, et que le taux de base applicable est le taux variable EONIA, qui se situe actuellement en-dessous de 1 %.

 

16° questions diverses

 

J. Huon demande où on en est à propos de la friche FORD, ancien garage désaffecté et délabré situé route de Paris, dont la construction est située sur le territoire de la commune de Plouigneau (une partie des parkings est sur le territoire de Morlaix)

Mme le Maire répond qu’une réunion tripartite (commune de Plouigneau, commune de Morlaix et Morlaix communauté est prévue (pas de date précise pour l’instant) et que le préfet a été saisi.

L’opposition souhaite que ce problème soit réglé au plus vite.

Suite à l’intervention au dernier conseil de 2017, R. Héré demande où l’on en est à propos de l’EHPAD. Mme le Maire rappelle qu’elle a échangé avec le syndicat et les représentants du personnel et que la situation serait aplanie.

 

Fin du conseil  : 21 h 00

 

 

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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 12:05
Finistère. Pourquoi les retraités manifestent le 15 mars ? (Ouest-France, 9 mars 2018)
Ouest-France
Finistère. Pourquoi les retraités manifestent le 15 mars ?

Publié le 09/03/2018

 
Une intersyndicale de retraités du Finistère appelle à manifester le 15 mars prochain. | Ouest-France

Une intersyndicale de retraités appelle à une manifestation nationale, jeudi prochain 15 mars à Brest, Concarneau, Morlaix, Quimper, Châteaulin, Landerneau et Pont-l’Abbé.

Les retraités du Finistère sont à nouveau appelés à battre le pavé de Brest, Concarneau, Morlaix, Quimper, Châteaulin, Landerneau et Pont-l’Abbé. Mais au fait, pourquoi sont-ils mécontents ?

Parce que les prélèvements augmentent

Ou plus précisément la CSG, la Contribution sociale généralisée. Elle a été augmentée de 1,7 point au 1er janvier 2018. "Plus de 60 % des retraités sont touchés par cette hausse, dénoncent les retraités de 7 syndicats et une association du Finistère (1) qui appellent au rassemblement le 15 mars prochain. Certains couples proches du seuil de pauvreté sont tout de même taxés !"

Parce que les pensions ne bougent pas

Cela fait 5 ans que les pensions de retraite de base ne sont pas revalorisées. Hormis une hausse de 0,8 % en octobre 2017.

Parce qu’ils ont un sentiment d’injustice

"Alors que les pensions ne bougent pas, les revenus du capital, eux augmentent", tempêtent les retraités finistériens. La suppression de l’ISF, l’impôt sur la fortune, passe mal. "Ce sont des cadeaux faits aux plus fortunés."

Parce qu’ils sont souvent pointés du doigt

"On a participé à la création de richesse, durant 40 voire 45 ans ! s’exclame Michelle Jezequel, membre de la CGT Fapt (salariés de la poste et des télécommunications). Aujourd’hui, on nous dit qu’on est aisés à partir de 1 200 €. Mais quel mépris ! 66 % des femmes retraitées gagnent moins de 900 € par mois."

Le mépris, ils le ressentent aussi de la part des députés LREM. "L’un d’entre eux nous a tout de même dit que si nous avions faim, nous n’avions qu’à aller à la pêche à la palourde !"

Parce que sans eux "la France s’arrête"

Les retraités grossissent les rangs du bénévolat sportif, caritatif, culturel. Ils exercent bien souvent la solidarité familiale envers leurs enfants, leurs petits-enfants, parfois leurs parents. "Si tous les retraités décidaient de faire grève, la France serait à l’arrêt, ironise Michelle Jezequel. Plus d’associations et plus personne pour garder les petits enfants !"

Jeudi 15 mars, à 10 h 30 place de la Résistance à Quimper, place de la Liberté à Brest, devant la permanence de Richard Ferrand, 2 rue Baltzer à Châteaulin, devant la permanence d’Erwan Balanant, 40 rue Bayard àConcarneau, devant la permanence de Liliane Tanguy, 12 rue du Prat à Pont-l’Abbé, devant la permanence de Graziella Melchior, 54 quai de Léon à Landerneau et devant la mairie de Morlaix.

(1) La CGT Retraités, l’Union confédérale des Retraités-Force Ouvrière, (UCR-FO), la CFTC, la CFE-CGC, FSU, Solidaires, les retraités de la fonction publique et l’association Loisirs solidarités retraités.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimper-29000/finistere-pourquoi-les-retraites-manifestent-le-15-mars-5612311

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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 12:04
Volonté d'indépendance du Crédit Mutuel-Arkéa: Prenons un peu de profondeur de champ par rapport à la rhétorique bien huilée du banquier sarkozyste Jean-Pierre Denis et des organes de presse qui la véhiculent...

 

L’origine du mouvement mutualiste bancaire se situe en Allemagne, en Rhénanie, plus précisément. Un fonctionnaire municipal, issu d’un milieu de pauvreté, Frédéric-Guillaume Raiffeisen, marqué par la grande disette qui a sévi entre 1846 et 1847 crée une caisse de secours aux agriculteurs pour lutter contre l’usure. La première caisse mutuelle de dépôts et prêts, permettant aux agriculteurs disposant de finances de recevoir un intérêt en déposant leurs avoirs dans cette caisse qui prêtait cet argent aux paysans, à taux faibles, pour leur permettre de survivre, de s’installer ou d’investir. Cette caisse fait rapidement des petits en Alsace, qui fonctionnent grâce aux bénévoles qui décident d’y consacrer leur temps. Cette idée, dans ces régions, émane d’un courant « chrétien-social ». Les premières caisses mutuelles de dépôts et prêts crées en Bretagne, sont également initiées par ce même courant, et sont d’ailleurs ouvertes le plus souvent dans les presbytères.

 

Un autre courant de pensée et d’action participe à la mise sur pieds de fédérations de crédit mutuel, le syndicalisme (principalement la CGT) et la gauche ouvrière, singulièrement le Parti Communiste. Longtemps, les dirigeants du Crédit Mutuel Méditerranéen et du Dauphiné-Vivarais (Pierrev Juvin qui fut aussi Président de la MACIF), étaient des communistes. La fédération du Sud-Ouest (Angoulême/Bordeaux) a été  crée par les militants CGT de la poudrerie d’Angoulême.

 

Au fil du temps, le besoin de fédérer ce mouvement s’est traduit par la création de La Confédération Nationale du Crédit Mutuel. Cette « unification » du Crédit Mutuel a mis plusieurs décennies avant d’aboutir.

 

En Bretagne, les Caisses Rurales et Urbaines du CM du sud finistère, les Caisses d’Entraides des Côtes d’Armor et la Fédération du CM de Landerneau, qui se nommait déjà CMB, ont fusionné dans la période allant de fin des années 1970 au début des années 1980.

 

La philosophie du mouvement mutualiste est : "un homme, une voix". C’est sur la base de ce principe que chaque fédération se Crédit Mutuel  est représentée au niveau confédéral en fonction du nombre de sociétaires qu’elle compte en ses livres.

 

Lors de la privatisation du groupe CIC, le Crédit Mutuel d’Alsace (le plus puissant financièrement) s’est porté candidat au rachat, en obtenant  l’appui politique des autres fédérations du CM, et a emporté la mise.

 

Dans le même temps, les regroupements se poursuivent en interne et rapidement, trois groupes cohabitent : l’Alsace qui s’entoure de 10 fédérations satellites ( Champagne-Ardennes, Lyon, Ile de France, Nantes, Laval, La Roche/Yon, Caen, Chateaudun, Méditerranée, Dauphiné-Vivarais) Ce groupe, ainsi constitué est appelé CM11/CIC. La fédération de CM du Nord conserve son indépendance politique, tout en dépendant de l’informatique du CM11/CIC. Le CMB s’allie au CM du Sud-Ouest et au CM Massif Central et dispose de son informatique propre, ainsi que de sa compagnie d’assurance vie et IARD (SURAVENIR).

 

Ces trois groupes possèdent chacun un nombre important de filiales, telles que des banques en ligne.

 

2008 : arrivée à la tête du CMB, qui avait déjà fait le choix de se nommer « Groupe Arkéa », Jean-Pierre Denis, ex directeur de cabinet de Chirac à la mairie de Paris et ex membre du cabinet de Sarkozy à l’Elysée.

 

Homme de droite et libéral convaincu, Jean-Pierre Denis crée rapidement la Société des Cadres de Direction(SCD) qui devient prestataire de service pour diriger toutes les sociétés du groupe. A son arrivée, la rémunération des principaux dirigeant étaient inférieure à 100 000€/an.

Très rapidement, la rémunération s’emballe pour atteindre 1,6 millions € en 2016.

Pas très mutualiste dans la démarche comme dans les montants…

Pour comparaison, La rémunération annuelle du Président de la Confédération du CM est de 800 000€ en 2016.

 

Au regard des ces faits, on peut mieux comprendre la volonté d’indépendance de Jean-Pierre Denis qui ne veut à aucun prix rendre des comptes à la Confédération et continuer à acquérir ou prendre des participations dans les secteurs qu’il juge opportuns.

 

L’organisation nationale du CM implique une solidarité financière entre tous les membres de la Confédération et les résultats, ainsi que le ratio prudentiel consolidé servent de critère aux agences internationales de notations pour apprécier la solidité de l’entité Crédit Mutuel.

 

La note attribuée par ces agences influent sur les taux de refinancement que paie le CM sur les marchés.

 

L’indépendance du Groupe Arkéa aura, inévitablement une influence sur les taux pratiqués, ce qui risque fort d’entraîner, mécaniquement, une hausse des taux appliqués aux sociétaires et clients ainsi qu’une augmentation significative des frais de gestion facturés.

 

Dans une logique capitaliste de réduction des coûts, nous savons à l’avance qui devra payer l’addition : ce sont les salariés.

 

De plus, cette indépendance implique la perte de la « marque » Crédit Mutuel et donc, selon toute vraisemblance, la perte du statut de banque mutualiste. Pour quel statut ??? 

 

Notre responsabilité politique tient à demander qu’un médiateur soit nommé par le gouvernement pour que les liens soient renoués et que l’aventure de la sécession soit évitée.

  •  Les dirigeants du Groupe Arkéa se glorifient de l’excellence des résultats depuis 2008 et s’en servent pour justifier l’indépendance par rapport à la Confédération.
  • Cet argument se retourne très facilement : ce développement très favorable s’est bien déroulé alors qu’Arkéa demeurait au sein de la Confédération, donc l’appartenance à la Confédération n’a empêché en rien le développement autonome du Groupe Arkéa.
  •  Quel serait le statut bancaire du Groupe Arkéa en cas de départ de la Confédération ??
  • De quel manière les dirigeants du CMB Arkéa peuvent-ils rassurer ses clients-sociétaires quant à l’appréciation du groupe sur les marchés financiers ??
  • Les parts sociales détenues par les sociétaires continueront-elles d’être incluses dans les fonds propres ??
  • Quels engagements en terme de pérennisation  et de progression de l’emploi ??
  • Quelle influence sur la fidélité de la clientèle pourrait avoir la disparition de la marque Crédit Mutuel ??

 

La Fédération du Finistère du Parti Communiste Français

1 er MARS 2018 

Le Samedi 17 février, le Ouest-France a publié notre communiqué sur le conflit au Crédit Mutuel Arkéa. Merci au journal de faire son travail pour l'expression du pluralisme politique

Arkéa: les communistes contre le "divorce"

La fédération du Finistère se positionne sur la situation du CMB Arkéa et le conflit qui pourrait mener à "un divorce qui, pour nous, aurait des conséquences très dangereuses pour les salariés et la pérennité de l'activité". Les communistes se disent "très attachés aux valeurs du mouvement mutualiste". Selon eux, "la scission comporte des risques et des interrogations multiples". 
Ils évoquent ainsi le risque de la dégradation de la note du CMB-Arkéa, ce qui pèserait sur le coût des ressources; le risque de voir exclues des fonds propres les parts sociales qui y sont actuellement intégrées; la perte de la "marque" Crédit Mutuel, et pour quel statut bancaire: mutualiste, coopératif, banque classique...? ; l'abandon de la solidarité nationale interfédérale. 
Les élus communistes soulignent aussi que "la crainte la plus importante à nos yeux, ce sont les interrogations sur les conséquences à terme sur les salariés, leurs conditions de travail et leurs emplois". 
Pour conclure, ils indiquent que "si les craintes que nous ne sommes pas les seuls à redouter viennent à se réaliser, les dirigeants du CMB Arkéa, et singulièrement son président, porteraient une très lourde responsabilité".

Ouest-France, pages Finistère, samedi 17 février 2018

CMB-ARKEA:  un divorce qui doit être évité car il aurait des conséquences plus que périlleuses! (déclaration du PCF Finistère)

Fédération du Finistère du Parti Communiste Français

5 rue Henri Moreau – 29 200 BREST – 06 20 90 10 52

 

CMB-ARKEA:

un divorce qui doit être évité car il aurait des conséquences plus que périlleuses!

 

Communiqué du PCF Finistère - 16 février 2018

La volonté exprimée par les dirigeant du CMB-ARKEA et de la fédération du CMB de quitter la confédération Nationale du Crédit Mutuel s’affirme de jour en jour. Les administrateurs des caisses locales vont avoir à exprimer leur choix.

Les communistes qui ont été à l’origine de la création de plusieurs fédérations de Crédit Mutuel (Marseille, Valence, Angoulême), sont très attachés aux valeurs du mouvement mutualiste et souhaitent attirer l’attention de chacun(e) sur les enjeux du conflit en cours.

La scission comporte des risques et des interrogations multiples :

-Risque de dégradation de la note du CMB-ARKEA , comme Standars & Poors vient de le signifier, ce qui pèserait sur le coût des ressources, voire sur le ratio prudentiel à moyen terme

-Risque de voir exclues des fonds propres les parts sociales qui y sont actuellement intégrées

-Perte de la « marque » Crédit Mutuel qui est la banque préférée des français, pour quel statut bancaire (mutualiste, coopératif, banque classique…?

-Abandon de la solidarité nationale interfédérale

Enfin,  une crainte importante à nos yeux concerne les interrogations sur les conséquences à terme sur les salariés, leur conditions de travail et leurs emplois.

Les craintes que nous exprimons sont également exposées dans les conclusions du rapport commandé par la Direction Générale du Trésor et la Banque de France à Christian Noyer, gouverneur honoraire de la Banque de France : «  Le maintien de l’unité serait nettement préférable, tant pour la stabilité de l’ensemble du monde bancaire mutualiste et la crédibilité du modèle mutualiste eu sein de l’union bancaire, que d’un point de vue prudentiel dans la mesure ou la viabilité d’ARKEA dans un scénario de séparation reste à vérifier »

Le Crédit Mutuel, composé de multiples caisses départementales ou régionales a mis des décennies avant de trouver son unité nationale. Un retour en arrière aurait un effet désastreux sur l’image de cette « famille » mutualiste en risquant de fragiliser fortement les composantes essentielles et historiques que constituent le Crédit Mutuel de Bretagne et le CMB-ARKEA.

D’ores et déjà, la fédération du Crédit Mutuel Massif Central, qui fait partie d’ARKEA, jusqu’à présent, s’est désolidarisée de la démarche engagée.

Si les craintes que nous ne sommes pas les seuls à redouter venaient à se réaliser, les dirigeants du CMB-ARKEA, et singulièrement son Président, porteraient une très lourde responsabilité.

Il n’est jamais trop tard pour renouer un dialogue et entrer en négociation sur le champ d’autonomie qui pourrait être reconnu au CMB-ARKEA, ce que n’interdisent pas les statuts de la CNCM. La nomination d’un médiateur pourrait faciliter cette démarche, le gouvernement ne pouvant se désintéresser d’un sujet aussi brûlant.

Brest, le 16 février 2018

Ouest-France
Crédit Mutuel de Bretagne : privé de Paris

Publié le 09/03/2018

 

 

Le siège du Crédit Mutuel Arkéa au Relecq-Kerhuon aux portes de Brest. | archives Béatrice Le Grand

Le Crédit Mutuel de Bretagne voulait s’installer à Paris. Mais la justice ne lui donne pas le feu vert. Pour autant, la banque bretonne y voit la preuve que son appartenance à la Confédération nationale de la banque mutualiste est un frein à son développement.

Le conflit entre le groupe Crédit Mutuel Arkéa (fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central), un ensemble de quelque 9 500 salariés et plus de 4 millions de clients, et la Confédération nationale de la banque mutualiste, a connu deux nouveaux épisodes devant la Justice. Arkéa a lancé le processus afin de quitter l’organe central. Une indépendance dont il ne doute pas qu’il tirera profit pour se développer.

Pas de caisse à Paris pour le Crédit Mutuel de Bretagne

On peut parfois être satisfait d’une décision de justice qui ne vous donne pas satisfaction. La cour administrative d’appel de Paris vient de rejeter le recours du Crédit Mutuel de Bretagne contre une décision de la Confédération nationale de la banque mutualiste. Celle-ci avait refusé à la banque bretonne d’ouvrir une caisse dans la capitale. En Bretagne, elle en compte 220.

Le groupe Arkéa (fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central) y voit la preuve que son appartenance à la Confédération nationale est bel et bien un frein à son développement. Et c’est pour cela qu’il envisage de la quitter. Ses caisses locales seront consultées sur le sujet à partir du 23 mars. De grandes manœuvres sans précédent dans le monde bancaire.

Si l’indépendance devient réalité, le groupe installé au Relecq-Kerhuon, près de Brest, en attend de nouveaux territoires à conquérir, au-delà de ses limites territoriales. « Nous pourrons nous développer où cela aura du sens par rapport à nos enjeux commerciaux », explique-t-on au siège d’Arkéa. Comme à Paris justement.

Plus en bas, la fédération du Sud-Ouest est présente dans les départements de la Dordogne, de Gironde et de la Charente-Maritime. Seulement, la Région Nouvelle Aquitaine en compte 12. De quoi donner des envies d’expansion au groupe Arkéa où l’on ajoute : « Nos bons résultats montrent que nous pouvons nous développer. »

Plus de frontières territoriales

À la Confédération nationale, on est aussi satisfait de cette décision. Parce qu’elle rappelle, pour l’organe central, une règle majeure : « Il ne peut exister qu’une seule fédération territorialement compétente pour une circonscription donnée. » Autrement dit, une fédération ne peut aller chercher de nouveaux clients sur le territoire d’une fédération voisine.

L’organe central évoque aussi la volonté d’indépendance affichée depuis des mois par le groupe Arkéa : « Cette décision conduit à s’interroger encore davantage sur le souhait des dirigeants du Crédit Mutuel Arkéa de quitter le groupe Crédit Mutuel, ce qui induira nécessairement la fin du bénéfice de la territorialité pour les caisses concernées et le développement de caisses de crédit mutuel dans ces territoires. » Menace à peine voilée. Si Arkéa quitte bel et bien la Confédération nationale, rien ne pourra lui interdire de chercher à se développer au-delà de ses territoires historiques. Mais rien n’empêchera, non plus, d’autres fédérations de venir y chercher de nouveaux clients.

Les sanctions à l’égard d’Arkéa stoppées

Sur un autre front, Arkéa a obtenu gain de cause. Le Conseil d’État a estimé que la Confédération nationale ne pouvait s’appuyer sur ses statuts actuels pour sanctionner les dirigeants d’Arkéa. Mais l’organe central envisage de les revoir sans tarder.

« Cela confirme ce qu’a toujours affirmé le groupe Arkéa. La Confédération nationale ne peut donc engager légalement aucune procédure de sanction sur la base de ses statuts actuels. La procédure de sanction engagée à l’encontre des dirigeants du groupe Arkéa est donc caduque », poursuit ainsi Arkéa.

Si de son côté, la Confédération nationale ne peut que prendre acte de cette décision, elle explique aussi qu’elle ne remet pas pour autant son pouvoir de sanctionner des dirigeants. À condition, effectivement, de revoir la procédure.

Une lettre ouverte de la caisse du Crédit Mutuel Rennes enseignant

Les administrateurs de la caisse du Crédit Mutuel Rennes enseignant sont opposés au départ de la Confédération nationale. Au total, en Ille-et-Vilaine, cette caisse qui rassemble des enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires, compte 7 000 clients et sociétaires.

Ces administrateurs ne croient pas qu’un départ d’Arkéa est la condition désormais indispensable à son développement. « Notre liberté, c’est de croire que la Confédération nationale du Crédit Mutuel soutiendra notre développement et garantira notre autonomie comme cela a toujours été. Notre liberté, c’est de refuser une scission que les sociétaires n’ont pas demandée », insistent-ils.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/credit-mutuel-de-bretagne-prive-de-paris-5612699

fédération nationale ne peut que prendre acte de cette décision, elle explique aussi qu’elle ne remet pas pour autant son pouvoir de sanctionner des dirigeants. À condition, effectivement, de revoir la procédure.

Une lettre ouverte de la caisse du Crédit Mutuel Rennes enseignant

Les administrateurs de la caisse du Crédit Mutuel Rennes enseignant sont opposés au départ de la Confédération nationale. Au total, en Ille-et-Vilaine, cette caisse qui rassemble des enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires, compte 7 000 clients et sociétaires.

Ces administrateurs ne croient pas qu’un départ d’Arkéa est la condition désormais indispensable à son développement. « Notre liberté, c’est de croire que la Confédération nationale du Crédit Mutuel soutiendra notre développement et garantira notre autonomie comme cela a toujours été. Notre liberté, c’est de refuser une scission que les sociétaires n’ont pas demandée », insistent-ils.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/credit-mutuel-de-bretagne-prive-de-paris-5612699

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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 11:55
Réforme ferroviaire: la CGT Cheminots contre-attaque sur le fond (L'Humanité, 8 mars 2018)
Réforme ferroviaire. La CGT cheminots contre-attaque sur le fond
MARION D’ALLARD
JEUDI, 8 MARS, 2018
L'HUMANITÉ
Paris, le 7 mars, conférence de presse avec le secrétaire de la CGT cheminots Laurent Brun. Aurélien Morissard/IP3/MaxPPP
 

Hier, face à la presse puis au Parlement, le premier syndicat de la SNCF a présenté son plan pour l’avenir du ferroviaire. Un contre-pied aux orientations libérales du gouvernement.

Alors qu’une nouvelle réforme du système ferroviaire est annoncée par le gouvernement « avant l’été », la fédération CGT des cheminots – première organisation syndicale de la SNCF – a rendu public, hier, son propre projet de réforme, « Ensemble pour le fer », qui garantit le développement d’un véritable service public du transport ferroviaire. Car au fond, de réformes en réorganisations « parties d’objectifs de traitement des questions financières pour arriver à des usines à gaz dans l’organisation de la production (…), le problème est tout simplement pris à l’envers », affirme Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots.

À contre-courant des feuilles de route libérales qui, depuis plus de trente ans, président aux décisions politiques de casse du service public ferroviaire, la CGT « veut donc contribuer au débat public en replaçant les éléments dans l’ordre qui semble correspondre à l’intérêt général, c’est-à-dire en partant des besoins des usagers et du pays pour arriver sur les outils pour y répondre, en passant par l’attribution de moyens adap tés », poursuit Laurent Brun. Le rapport du syndicat apporte ainsi une contre-expertise à celle du gouvernement sur les questions de l’ouverture à la concurrence, du traitement de la dette, de l’organisation interne de l’entreprise publique ou encore de la régénération d’un réseau vieillissant.

La mise en concurrence n’est pas une obligation

L’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs, prévue par les directives européennes à horizon 2019 et 2023, sert de justification à l’empressement du gouvernement pour réformer, à coups d’ordonnances, le rail français. Or « l’argument du passage obligatoire à la concurrence doit être contesté », estime la CGT, qui en veut pour preuve les textes communautaires eux-mêmes, qui prévoient des exceptions et permettent à « l’autorité compétente d’attribuer directement des contrats de service public » sans passer, donc, par les appels d’offres.

Toujours au chapitre de l’ou verture à la concurrence, « les “dates butoirs” souvent citées ne sont pas inflexibles », note par ailleurs la CGT, qui précise que « le rapport Spinetta lui-même, en raison des spécificités propres à la région Île-de-France, propose de reporter l’ouverture à la concurrence à 2033 et 2039 pour les RER ».

La dette ferroviaire est une dette d’État

Comme elle l’a déjà fait en 2014 lors de la dernière réforme ferroviaire, la CGT réaffirme que la dette ferroviaire est une dette d’État, largement contractée pour financer le développement des lignes à grande vitesse dans les années 1980. Elle plombe aujourd’hui le système ferroviaire de près de 50 milliards d’euros, et 1,7 milliard d’euros sont chaque année alloués aux remboursements des seuls intérêts de cette dette. « Le système ferroviaire ne peut s’autofinancer », répète la CGT, qui affirme que « la modernisation du réseau exige plus de 3 milliards d’euros d’investissement par an ». Le syndicat propose donc la mise en place d’une « caisse d’amortissement de la dette ferroviaire de l’État (Cadefe) », structure de défaisance qui apporterait « mécaniquement près de 2 milliards d’euros tous les ans au système ferroviaire en le libérant des intérêts bancaires de la dette ».

Par ailleurs, pour financer le développement du rail (fret et voyageurs), la CGT préconise le « fléchage de la Ticpe (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques – NDLR) pour le financement des infrastructures, la création d’un versement transport additionnel pour les régions (…), la fin des partenariats public-privé (…), la création d’un pôle financier public », mais également une surtaxe de la rente des autoroutes concédées au privé, voire leur renationalisation.

Pour un retour à une entreprise unique et intégrée

Déjà en 1997, puis en 2014, les réformes ferroviaires n’ont cessé de poursuivre « le démembrement de l’entreprise publique (…), le tout accompagné d’externalisations, de segmentations internes et autres scléroses de la production », dénonce Laurent Brun. C’est à ce « statu quo libéral » qu’il convient aujourd’hui de mettre fin par le retour « à une entreprise unique, une intégration complète de la production, un renforcement de la maîtrise publique », égrène le syndicat.

Nourri d’expertises internes et extérieures, le projet de la CGT sera « remis au premier ministre dans les prochains jours », précise Laurent Brun. Hier, dans la foulée de sa présentation à la presse, le syndicat l’a porté à la connaissance des parlementaires, à l’invitation des députés et sénateurs communistes. Une manière de contourner les ordonnances et le déni du débat démocratique. Pour Pierre Laurent, présent hier aux côtés d’élus PCF mais aussi FI et LREM à cette audition de la CGT cheminots organisée à l’Assemblée nationale, « le diagnostic de la situation est essentiel ». Et s’adressant à Laurent Brun, le secrétaire national du PCF et sénateur a poursuivi : « Il y a maintenant une bataille à mener pour faire connaître ce que vous racontez face à ceux qui organisent les dysfonctionnements et s’en servent ensuite pour décrédibiliser la SNCF. »

La cfdt rejoint le cortège unitaire du 22 mars

La CFDT cheminots a annoncé en début de semaine qu’elle participera finalement à la manifestation nationale du 22 mars, à l’appel de la CGT. L’Unsa ferroviaire, SUD rail et FO avaient déjà répondu présent. L’intersyndicale au complet mobilise donc les cheminots contre le passage en force du gouvernement. « Nous nous revoyons le 15 mars, une fois le projet de loi d’habilitation connu et la feuille de route interne de la direction rendue publique, nous aurons toutes les cartes en mains pour voir ce qu’il en est concrètement et envisager, le cas échéant, de durcir le mouvement », a précisé hier Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots.

journaliste
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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 11:52
Gaza s'effondre : le calvaire et la résistance d'une population prise au piège (L'Humanité Dimanche, 7 mars 2018)
Gaza s'effondre : le calvaire et la résistance d'une population prise au piège
Grand format
NADJIB TOUAIBIA
MERCREDI, 7 MARS, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE
A Beit Lahya le 6 février 2018. Au loin la centrale électrique de Rutenberg, en Israël. Celle de Gaza est à l'arrêt faute de carburant.
A Beit Lahya le 6 février 2018. Au loin la centrale électrique de Rutenberg, en Israël. Celle de Gaza est à l'arrêt faute de carburant.
AFP

Assiégé depuis dix ans par Israël, puissance occupante surarmée, ce bout de territoire, où vivent 2 millions de Palestiniens, est en proie au dénuement, soumis aux privations et à l’enfermement, consumé à petit feu. Une catastrophe humanitaire est à l’œuvre. Gaza agonise… dans le silence assourdissant et complice de la communauté internationale.

 
 

Le chaos sanitaire et social a atteint un seuil épouvantable. Les témoignages abondent, qui disent l’ampleur de la crise humanitaire. Les ONG et l’ONU n’ont de cesse d’alerter, de condamner, d’appeler à une prise de conscience. Tous prêchent dans le désert. Les responsables israéliens restent de marbre. Quelques voix s’élèvent à peine parmi les parlementaires dans ce pays. « L’État d’Israël ne peut pas se permettre de continuer à ignorer cette crise », a récemment déclaré le dirigeant de Yesh Atid (parti centriste), Yaïr Lapid, lors de sa réunion hebdomadaire à la Knesset. « Il ne peut pas rester sans rien faire pendant que les services des enfants dans les hôpitaux sont dépourvus d’électricité. C’est contre tout ce en quoi nous croyons», a-t-il ajouté, rapporte le Centre palestinien d’information (CPI), qui cite des agences de presse locales. Pas de quoi émouvoir le ministre de la Défense d’extrême droite, Avigdor Lieberman. Non, « il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza ! » a-t-il grogné devant son groupe au Parlement israélien.

 

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Asphyxiés, empoisonnés 

En attendant, les Gazaouis tentent de survivre dans une enclave-prison. Ils sont interdits de passage vers Israël et vers l’Égypte, sauf cas exceptionnels. « Asphyxie » est le terme régulièrement utilisé dans les médias internationaux. Et pour cause, outre l’enfermement, les habitants manquent cruellement d’éléments essentiels à l’existence.

 
 
Les habitants vivent comme en cage sur ce territoire bouclé par des barrières (parfois électriques) et surveillé par les airs.

L’eau : elle est rare et impropre à la consommation. La population y a accès 12 heures par semaine seulement. Elle ne dispose que de 5 % d’eau potable. La nappe phréatique s’assèche. Quelque 180 millions de litres d’eau usée se déversent chaque jour dans la mer, les voies et réseaux divers étant délabrés. Outre les besoins insatisfaits des familles, cette pénurie empoisonne le quotidien des enfants scolarisés.

 
 
Il n'y a quasiment plus d'eau potable. Selon l'ONU, si rien n'est fait pour remidier à la pénurie, il sera impossible de vivre à Gaza en 2020.

L’électricité : les Gazaouis ont appris à vivre dans l’obscurité. Ils ne sont alimentés en courant électrique que durant quelques heures par jour. Dernier fait en date : l’arrêt de la centrale électrique, jeudi 15 février, en raison d’un manque de carburant, selon le porte-parole de la compagnie gazaouie qui distribue l’électricité, cité par l’AFP. Le combustible est importé d’Égypte via le point de passage de Rafah, fermé quasiment de façon permanente. « L’enclave a besoin d’environ 500 mégawatts (par jour). Nous avons un déficit énergétique de 350 mégawatts », explique-t-il.

 
 
Un quotidien rythmé par les coupures de courants. les Gazaouis disposent d'environ quatre heures d'électricité par jour.

La lumière fait défaut aux habitants de Gaza en raison aussi des relations tendues entre le Hamas, qui règne toujours en maître sur Gaza, et l’Autorité palestinienne. D’avril 2017 à janvier 2018, cette dernière a refusé de payer la facture d’électricité fournie par l’État hébreu à l’enclave. Depuis lors, ce dernier a repris la livraison de 120 mégawatts/jour, qui représentent moins du quart des besoins quotidiens. L’alimentation par les lignes égyptiennes demeure très incertaine.

Les soins médicaux : les hôpitaux de Gaza se transforment en mouroirs. Les patients, et en particulier les enfants, sont pris en charge dans les pires conditions, faute d’électricité, faute de médicaments, faute de places et de professionnels. « Les générateurs ont cessé de fonctionner dans seize cliniques de soins primaires et trois grands hôpitaux », annonçait, au début du mois de février, le ministère de la Santé à Gaza. « Le combustible d’urgence pour les installations critiques sera épuisé dans les dix prochains jours », mettait en garde de son côté l’agence de coordination humanitaire de l’ONU Ocha, en lançant un appel aux donateurs.

 
 
A l'hôpital de Durra, des services entiers ont déjà fermé leurs portes faute de carburant pour alimenter les générateurs d'urgence.

Les soins particuliers, du type dialyse, sont plus que jamais risqués. Plus de 400 malades souffrant d’insuffisance rénale sont exposés à des ruptures de soins par manque de carburant, signale le groupe palestinien des droits de l’homme Al-Haq. Selon cette même source, les hôpitaux de Gaza sont actuellement incapables d’effectuer leurs 200 opérations par jour « en raison de la dégradation et de la perte de centaines de réserves de sang en raison du manque de refroidissement nécessaire – une conséquence de la pénurie d’électricité délibérément imposée à Gaza ».

 
 
Le désespoir et la colère d'une femme dont les soins n'ont pu être pris en charge par la caisse de santé. 

 
 
Depuis Début 2018, les autorités ont annoncé la fermeture de 19 cliniques et hôpitaux. 

Ces situations de péril sont sans cesse ressassées au fil des rapports de l’ONU et des ONG. Le quotidien cauchemardesque des Gazaouis n’est pas une surprise.

 
 
Des conditions de vie misérables. Le délabrement sanitaire met la population en péril. L'hiver, faute d'abri, des enfants souffrent du froid. 

Ce contexte est largement connu. Gaza s’effondre sous les yeux du reste du monde. Ses habitants, impuissants, sont en fait piégés au cœur d’un enchevêtrement de facteurs politiques.

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Le gouvernement israélien allié à l’extrême droite excelle dans le maintien et l’organisation d’un blocus abominable. La mesure lui sert à entretenir la peur, dans sa société, des islamistes du Hamas, lequel en tire en retour une légitimité de pouvoir absolu sur l’enclave.

 
 

Tant attendue, la réconciliation palestinienne est dans une impasse.Le Hamas continue à exercer une dictature aveugle sur la population de l’enclave. Depuis mars 2017, l’Autorité palestinienne a réduit de 30 % les salaires de ses fonctionnaires dans la bande de Gaza, quelque 60 000 personnes dont le pouvoir d’achat fait durement défaut à l’économie locale, déjà anéantie.

Abbas, seul et dépourvu

Washington vient de donner le coup de grâce aux Palestiniens en bloquant le financement de 60 millions de dollars à l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNRWA). Les Américains étaient jusque-là les plus gros donateurs de l’agence, à hauteur de 30 %. Ils combinent ainsi chantage et provocation pour imposer les conditions d’une paix bricolée dans l’intérêt exclusif de leurs alliés israéliens. Donald Trump a reconnu, le 6 décembre, Jérusalem capitale d’Israël et décidé du transfert de son ambassade.

 
 
Rafah, le 6 décembre dernier, jour de la reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale d'Israel. Un assassinat de la "solution à deux états". Et un apartheid officialisé. La plupart des jeunes (65% de la population) ne sont jamais sortis de Gaza.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, tente désespérément de riposter à ce coup de force en discréditant les États-Unis dans leur rôle habituel de médiateurs auprès de Tel-Aviv. Le 20 février dernier, il s’exprimait devant le Conseil de sécurité de l’ONU, proposant une conférence internationale où les Américains seraient seulement partie prenante. Un coup d’épée dans l’eau. Abbas n’est pas près de recevoir le soutien attendu, tant s’en faut. Les États-Unis demeurent maîtres de ce jeu d’apprenti sorcier sur une terre brûlée.

Les Gazaouis sont plus que jamais pris en otage. Si chemin de la paix il y a, il passe, d’abord et avant tout, par la levée de ce blocus assassin.

 
 
Les funérailes d'Abu Mosaid, 16 ans. Il est l'un des deux adolescents abattus par les forces israéliennes pour avoir protesté près du mur d'enceinte, contre la désignation de Jérusalem comme capitale d'Israël.
Journaliste à l'Humanité Dimanche
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