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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 05:46

Au-delà des guerres et de la complexité géopolitique, les pays du Moyen-Orient sont frappés de plein fouet par les changements climatiques. Les températures en particulier ne cessent de grimper. Le Koweït détient depuis 2016 le record mondial de chaleur avec 54 °C, mais cela pourrait bientôt ne plus représenter une anomalie.

Koweït, envoyé spécial.– Il est presque midi et les ombres s’amenuisent au point de disparaître. Le thermomètre extérieur de la voiture de location ne cesse de grimper. Cela fait plus d’une demi-heure qu’il oscille autour de 48 °C. Je bifurque sur une piste non goudronnée pour me rapprocher le plus possible de la station météorologique de Mitribah, avant de me heurter à un grillage qui en interdit l’accès au public. Non pas qu’il y ait beaucoup de visiteurs dans ce coin de désert koweïtien. Sauf peut-être ceux qui veulent se rendre compte de ce que cela fait de parvenir au point le plus chaud jamais enregistré sur terre : 54 °C le 22 juillet 2016.

Toujours est-il qu’en ce jour de la mi-juin 2018, je n’ai croisé personne dans les environs. J’arrête la voiture sur le bas-côté, j’attends quelques minutes et je vérifie le thermomètre de bord. Ce n’est pas un instrument de mesure fiable, mais il offre une approximation. Il affiche 51 °C. J’ouvre la portière et je sors de l’habitacle climatisé. Il fait indubitablement chaud mais, aujourd’hui, l’humidité n’est pas trop prononcée, donc la chaleur se fait moins écrasante.

Le corps humain agit comme un échangeur thermique élaboré qui s’attache à maintenir une température constante, oscillant d’à peine un degré, entre 36,5 °C et 37,5 °C. Lorsque la chaleur extérieure conduit à une hausse de la température interne, le corps se met alors à transpirer : en s’évaporant, la sueur provoque un refroidissement qui permet de rétablir la valeur normale autour de 37 °C. Le problème démarre en cas d’exposition prolongée à de hautes températures. L’échangeur thermique qu’est la peau commence à faiblir et fonctionne moins bien. Il faut alors se reposer, chercher de l’ombre ou un endroit frais. Si cela s’avère possible, pas de souci, le corps revient à sa température normale et la peau récupère.

Malheureusement, un des phénomènes auxquels sont confrontés les pays du golfe Persique est la chaleur élevée continue. Autrement dit, la température ne baisse plus suffisamment, en particulier la nuit, pour offrir le répit nécessaire au corps humain. Cette année, fin juin 2018, Quriyat, une ville dans le sultanat d’Oman, a décroché le titre de ville avec la plus forte température minimale : pendant 24 heures consécutives, le thermomètre n’est pas descendu en dessous de 42,6 °C.

Un être humain confronté à de telles conditions, qui n’a plus la possibilité de retrouver pour quelques heures une température plus raisonnable, c’est-à-dire inférieure à 37 °C, se met alors à dysfonctionner. Les pores de la peau ne parviennent plus à réguler correctement la transpiration. Même lorsque le climat est humide et que l’on continue à transpirer abondamment, l’évaporation ne refroidit plus. Boire ne soulage plus la soif. La température corporelle se met alors à augmenter.

À partir de 40 °C, le corps cherche à refroidir la peau en détournant le sang vers les capillaires, rationnant les autres organes vitaux. Le cerveau n’est plus alimenté correctement et, en langage parlé, « on perd la tête ». Les dégâts commencent à devenir irrémédiables. Le cœur pompe et pompe encore du sang jusqu’à épuisement, conduisant à un arrêt cardiaque. On nomme cela une « attaque de chaleur ».

Au bout d’une dizaine de minutes dans le désert koweïtien chauffé à blanc, je regagne l’habitacle de mon véhicule et je quitte la zone de Mitribah. À une heure de route vers le sud, Koweït City, ses hôtels, ses villas, ses bureaux et ses centres commerciaux climatisés à un frisquet 20 °C permettent d’échapper à la fournaise environnante. Mais à une soixantaine de kilomètres vers le nord se situe la deuxième ville d’Irak, Bassora : plus de 2,5 millions d’habitants et, en dépit de son statut de capitale économique irakienne, une pauvreté écrasante, de fréquentes coupures d’électricité, et des services quasi inexistants. Comment ses habitants font-ils pour résister à une chaleur comparable, à quelques degrés près, à celle de Mitribah ?

Les 54 °C de Mitribah ne seront bientôt plus une anomalie

On a coutume de dire que les vagues de chaleur provoquent la mort invisible des gens invisibles : les pauvres, les personnes âgées, les nourrissons, ceux qui vivent seuls. L’épisode de chaleur d’août 2003 en France, qui a vu le thermomètre grimper d’environ 5 °C au-dessus de la moyenne saisonnière, incarne l’exemple typique : une surmortalité de 15 000 décès a fini par être comptabilisée, mais il a fallu plusieurs mois pour établir ce bilan et, pendant les semaines de canicule, le phénomène a été soit ignoré soit minimisé. Les plus vulnérables à la chaleur sont ceux que la société ignore le plus et, bien souvent, leur mort est mise sur le compte de leur âge, de leur santé ou de leurs conditions de vie, alors qu’elle est la conséquence directe d’une augmentation de la chaleur et d’une absence de possibilité de mitiger celle-ci.

Si les vagues de chaleur n’étaient qu’un phénomène météorologique récurrent, mais rare, il suffirait de s’en accommoder en haussant les épaules : « Il fait chaud, et alors ? Ça va passer ! » Le souci est bien évidemment que notre compréhension du climat et des changements qui l’affectent ne nous permet plus cette insouciance. Non, ça ne va pas passer. Bien au contraire, cela va se multiplier. Rien que sur la dernière décennie, des vagues de chaleur « anormales » se sont produites en Russie (2010), en Amérique du Nord (2012), en Australie (2012-13) ou en Chine (2013).

Dans ce contexte, le Moyen-Orient est un cas à part. Il y fait déjà chaud, et cela va s’aggraver. Au point de rendre difficilement vivable une région qui l’était déjà péniblement. Selon l’Institut Max-Planck, d’ici à 2050, les températures estivales en Afrique du Nord et au Moyen-Orient vont augmenter deux fois plus vite que la moyenne planétaire, et les épisodes de « chaleur extrême » au-delà de 46 °C seront cinq fois plus nombreux qu’au début du XXIe siècle, quand ils se produisaient en moyenne seize jours par an.

Les 54 °C de Mitribah ne seront bientôt plus une anomalie. L’Iran et l’Irak ont presque atteint une telle température en 2017, à quelques dixièmes de degré près. Toutes ces mesures ne prennent pas en compte l’humidité, qui joue un rôle important. Par exemple, une combinaison de 46 °C et de 50 % d’humidité, un taux assez fréquent dans les régions côtières du golfe Persique (surtout quand la chaleur accélère l’évaporation de la mer), permet à un être humain en bonne santé de fonctionner pendant six heures. Au-delà de cette durée, le corps est confronté aux symptômes décrits précédemment. Pour une personne affaiblie ou de constitution fragile, quelques heures d’exposition aboutissent à la mort. Selon une étude parue dans la revue Nature, si rien n’est entrepris pour atténuer les changements climatiques, la plupart des villes du golfe Persique dans la seconde moitié du siècle atteindront régulièrement 45 °C, avec des pointes à 60 °C à Koweït City, par exemple.

Au Koweït justement, la température moyenne a déjà gagné entre 1,5 °C et 2 °C depuis 1975, une progression plus forte qu’ailleurs sur le globe. Le niveau des précipitations (125 mm) est resté identique, mais au lieu d’être étalé sur toute l’année, il est atteint au cours de brusques phénomènes orageux, auxquels succèdent de longues périodes de sécheresse. Les tempêtes de sable et de poussière se sont également accrues en intensité. « Elles sont moins nombreuses qu’avant, mais beaucoup plus puissantes, explique Hussain al-Sarraf, un mathématicien spécialisé dans la modélisation du climat. On se focalise à juste titre sur les température, mais c’est tout l’environnement qui va changer pour nous au Koweït : la force et le sens des vents, l’humidité des sols, le niveau de la mer qui augmente. »

Assis à 22 h 30 dans un gigantesque centre commercial de luxe au centre de Koweït City, où toutes les boutiques sont ouvertes et où il est presque nécessaire de mettre un pull pour résister aux assauts de la climatisation alors qu’il fait 42 °C à l’extérieur, Hussain al-Sarraf balaie les environs de la main : « On peut très bien supporter 55 °C : nous vivons essentiellement à l’intérieur de nos maisons, de nos bureaux et dans nos voitures. Mais est-ce économiquement viable ? Les gens en sont conscients, mais ils préfèrent ignorer la question. »

Koweït City est une ville nord-américaine au milieu du désert : des banlieues étendues reliées par des autoroutes à huit voies et des gratte-ciel en verre. C’est-à-dire un urbanisme complètement inadapté aux lieux. Quand on regarde de vieilles photos de la ville au mitan du XXe siècle, avant le boom pétrolier, on voit des bâtiments de deux ou trois étages densément construits, avec des rues étroites, des venelles et des cours intérieures, érigés en bois et en pierre. Cette architecture cultivait l’ombre et la circulation d’air, elle réduisait les distances à parcourir et utilisait des matériaux préservant la fraîcheur. Tout le contraire d’aujourd’hui.

« Est-il nécessaire de régler le thermostat sur 18 °C, comme cela se fait fréquemment au Koweït ? »

Les immeubles de bureaux entièrement en verre à Koweït City, Doha ou Dubaï composent de formidables panoramas urbains concurrençant les skylines de New York ou Hong Kong. Mais ils sont une folie, dans un pays où le soleil les transmute en fours. Aujourd’hui, 10 % de la consommation d’électricité mondiale sert à alimenter des climatiseurs ou des ventilateurs, et ce chiffre doit être encore plus élevé dans les nations du golfe Persique qui ont à la fois les moyens et les ressources énergétiques pour installer des systèmes de refroidissement partout. En 2030, c’est-à-dire demain, un tiers du pétrole du Koweït (10 % des réserves mondiales) servira à produire de l’électricité et de l’eau, à travers les usines de dessalement, très gourmandes en énergie, qui fournissent la quasi-totalité de l’eau du pays. On voit bien le serpent qui se mord la queue…

Face à ces scénarios, qu’est-ce qui est fait ? Eh bien, pas grand-chose. Nasser Abulhassan, fondateur du cabinet d’architectes Agi, essaie de promouvoir des bâtiments plus petits, mieux orientés et moins gourmands en énergie. De son propre aveu, il n’est pas toujours bien reçu quand il dévoile ses plans à ses clients : « On me demande souvent : mais pourquoi les fenêtres ne sont-elles pas plus grandes ? Pourquoi n’y a-t-il pas plus de place dans les bureaux individuels ? Même quand on leur explique les gains économiques, les gens ont du mal à l’accepter. Alors on leur demande : de quoi avez-vous vraiment besoin ? Est-il nécessaire de régler le thermostat sur 18 °C, comme cela se fait fréquemment au Koweït, ou est-ce que vous vous sentez bien à 26 °C ? Essayez de petites ouvertures et vous verrez que vous aurez besoin de moins de lampes, car l’œil humain s’accommode. »

Bien qu’il conçoive des édifices, Nasser Abulhassan estime que les solutions à ce problème de surconsommation dépassent le simple cadre de l’architecture ou de l’urbanisme. « Nous devons avoir une approche holistique, qui prenne en compte les problèmes de réglementation – aujourd’hui par exemple, la luminosité minimale dans les bâtiments est fixée par les fabricants d’ampoules électriques –, de sociabilité – voulons-nous vivre éloignés les uns des autres ? –, de cohérence – nous sommes devenus bons pour recycler les bouteilles d’eau en plastique, mais nous continuons à aller les acheter en voiture au supermarché – et de choix politiques. Le Koweït est un pays providence, qui subventionne ses citoyens. Par conséquent, il est très difficile de les rendre responsables quand ils payent leur eau, leur essence ou leur électricité trois fois rien. »

Mais le Koweït est également un pays où 70 % de la population est composée de travailleurs migrants venus d’Asie, du Maghreb et d’autres régions du Moyen-Orient. Or ces gens-là ne sont à la fois pas « subventionnés » (ou bien moins) et ils sont les premières victimes des conséquences du changement climatique. Ce sont eux qui s’agitent en plein air sur les chantiers, dans les jardins, comme vendeurs de rue ou gardiens de parking. La législation interdit désormais le travail en extérieur entre midi et 16 heures, mais il n’est pas rare de constater que son respect laisse à désirer. Il suffit de se promener dans Koweït City pour observer des ouvriers du bâtiment œuvrant à toute heure de la journée, cherchant l’ombre d’un mur ou d’un échafaudage.

« Vu les systèmes de sous-traitance en cascade et la réglementation sur les permis de séjour qui régissent les relations de travail au Koweït, personne n’ose jamais se plaindre », confie Omar, le représentant d’un collectif (informel) d’ouvriers égyptiens sur le site d’un futur gratte-ciel de la capitale. « Personne ne recense leur nombre, mais il y a des centaines de morts chaque année sur les chantiers : des accidents bien sûr, mais aussi beaucoup d’ouvriers qui décèdent de coups de chaleur. On nous dit : il est mort de crise cardiaque parce qu’il était de faible constitution ou de déshydratation parce qu’il n’a pas assez bu, mais nous savons très bien que ce sont les conditions de travail avec la température qu’il fait ! »

Contrairement à ce que l’on pourrait penser en se fiant aux images spectaculaires de grimpeurs himalayens décédés lors d’une ascension ou en se focalisant sur les efforts déployés pour aider les SDF en hiver, on meurt assez peu de froid dans le monde aujourd’hui. Il suffit de protéger son corps du contact avec l’air et le sol en rajoutant des couches de vêtements et de se mouvoir pour échapper à l’hypothermie. La chaleur, en revanche, est un « tueur silencieux », qui provoque des dizaines voire des centaines de milliers de décès chaque année, mais que l’on a du mal à comptabiliser.

Même nu, même à l’ombre, même sans bouger, même avec de l’eau en quantité suffisante, si la température élevée ne baisse pas et si l’on n’a pas accès à une pièce relativement fraîche, la mort approche en quelques heures. Dans ces circonstances, la solution actuelle à une telle situation – la climatisation – ne fait que contribuer au problème, aggravant les causes du changement climatique. Avec toutes ses réserves de pétrole, le Moyen-Orient est directement confronté à ce paradoxe : sa richesse des soixante-dix dernières années condamne sa vie sur place dans les cinquante prochaines.

 

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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 05:43

 

Dans la nuit du 20 au 21 août 1968, les chars russes et les troupes du pacte de Varsovie investissent la Tchécoslovaquie. Au petit matin, la capitale, Prague, est quadrillée par les militaires devant des habitants médusés.

«Ce fut à cinq heures dans Prague que le printemps s’obscurcit. » La chanson de Jean Ferrat Camarade exprime la colère et la tristesse des militants de gauche, des communistes en premier chef, à l’annonce de l’entrée des troupes du pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie. Elle fait écho aux images de ce matin du 21 août 1968 : ces chars qui manœuvrent sur la place ­Venceslas face à des jeunes gens médusés qui tentent de dialoguer avec des tankistes aussi jeunes qu’eux.

Un choc à la dimension de l’espoir qu’avait éveillé le printemps de Prague, ce nouveau cours emprunté depuis le début de l’année par le Parti communiste tchécoslovaque (PCT) pour insuffler la démocratie dans la vie politique et sociale, après des années d’arbitraire. Ce projet de « socialisme à visage humain », en rupture avec l’héritage stalinien, était largement soutenu par la population. Il ne modifiait pas la position stratégique du pays, qui demeurait membre du pacte de Varsovie, alliance militaire des États socialistes, et du Comecon, organe d’intégration économique de l’URSS et de ses alliés.

Toutefois, ces garanties ne suffisaient pas à calmer les inquiétudes du Kremlin, qui redoutait que le vent des réformes ne soufflât dans les autres capitales d’Europe centrale et orientale. Les dirigeants soviétiques ignoraient qu’en intervenant militairement à Prague, ils ruinaient la dernière chance de donner au modèle issu de la révolution d’octobre 1917 le second souffle qui aurait pu peut-être éviter la fin calamiteuse de l’Union soviétique deux décennies plus tard. Certes, l’histoire n’a pu trancher sur ce qui n’est qu’une hypothèse et restera une question en débat.

MÉCONTENTEMENT SOCIAL ET POLITIQUE

Au cours des années 1960, en Tchécoslovaquie, un pays aux fortes traditions communistes et où le PCT a joué un rôle majeur dans la résistance, un mécontentement social et politique sourd contre un pouvoir autoritaire et encore marqué du passé stalinien. Les terribles procès de Prague contre des dirigeants communistes comme Rudolf Slansky et Artur London, décrits dans le film de Costa-Gavras l’Aveu, ont laissé des traces profondes. L’économie hypercentralisée donne des signes d’essoufflement. Particulièrement visé par les critiques, le secrétaire général du parti, Antonin Novotny, est remplacé en janvier 1967 par le dirigeant slovaque Alexander Dubcek. Celui-ci annonce un programme visant à « réformer ce qui a été déformé ». Au centre du projet, l’affirmation des droits fondamentaux (presse, réunion, expression, circulation), l’abrogation de la censure, la démocratisation de la vie politique et le pluripartisme. Au plan économique, la réforme vise à augmenter l’autonomie des unités de production et les droits des travailleurs par les conseils d’entreprise. L’orientation socialiste est réaffirmée.

Les pressions soviétiques ne tardent pas pour tenter de réduire la portée des changements. L’hostilité de Leonid Brejnev est partagée par d’autres dirigeants comme Walter Ulbricht, le président de la RDA, ou Todor Jivkov, de Bulgarie. Le Hongrois Janos Kadar, dans un premier temps plutôt favorable aux réformes de Prague et qui tente une voie médiane dans son pays une décennie après l’insurrection de Budapest, se ralliera finalement aux vues de ses homologues. Plusieurs réunions se succèdent, à Dresde, à Cierna nad Tisou, à Bratislava, où les dirigeants de Prague sont sommés de s’expliquer et font figure d’accusés. Toutefois, la rencontre de Bratislava le 3 août semble présager d’une relative détente. Dubcek en ressort avec l’assurance que le 14e congrès du PCT pourra se réunir comme prévu en septembre. Les troupes soviétiques, qui viennent de participer à des manœuvres en Slovaquie, repassent la frontière. Les positions de Moscou ont aussi des relais au sein du PCT, où le camp des conservateurs, dirigé par Vasil Bilak, ne reste pas inactif, souhaitant ouvertement une « aide fraternelle » de l’URSS avant que les communistes ne plébiscitent le programme de Dubcek lors du congrès. L’agence Tass expliquera plus tard que le pacte de Varsovie a répondu à une demande « d’hommes politiques tchécoslovaques ».

Néanmoins, pour l’heure dans les rues de Prague, en ces chaudes journées d’août, le soir dans les tavernes à bière, la jeunesse se reprenait à croire en l’avènement d’un socialisme démocratique en Europe de l’Est. Aussi la surprise est-elle glaçante quand peu avant cinq heures du matin, le 21 août, Radio Prague annonce que toute la République tchécoslovaque est occupée. 200 000 soldats confluent dans le pays. D’importantes unités se concentrent devant le siège du comité central du PCT, au Château, la résidence du chef de l’État, et l’immeuble de la radio-télévision. Le gouvernement invite la population à ne pas s’y opposer par les armes. Les principaux dirigeants, Alexander Dubcek et le président Ludvik Svoboda, sont embarqués dans un avion pour Moscou. Ils en repartiront le 26 août après avoir signé le « protocole de Moscou », qui enterre le printemps de Prague avec tout son cortège d’espérances. 

Jean-Paul Piérot

 

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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 05:37
PCF - SALAH HAMOURI : Un an de détention arbitraire pour notre concitoyen, défenseur des prisonniers politiques palestiniens, que les autorités françaises ont abandonné à leur sort

Le 23 août 2017, Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, était arrêté par l'armée israélienne chez lui aux premières heures du jour. Depuis lors, et sans qu'aucune charge d'accusation ne puisse être étayée d'aucune preuve puisque Salah Hamouri n'est « coupable » que d'être le défenseur de prisonniers politiques palestiniens, sa détention a été arbitrairement maintenue par les autorités israéliennes.

Salah Hamouri reste en prison sous le coup d'une détention administrative, pratique illégale, inhumaine, qui ne vise qu'à décourager toute résistance à l'occupation et la colonisation israéliennes des territoires palestiniens au mépris des résolutions de l'ONU et du droit international. En mai dernier, le groupe de travail du Conseil des droits de l'homme des Nations unies a pourtant estimé que l'avocat franco-palestinien devait être libéré sur le champ. Mais le gouvernement de Benjamin Netanyahu persiste dans la violation des droits humains, aidé en cela par la torpeur d'un gouvernement français dont le président ne cesse de ménager son « cher Bibi ».

Dans le monde entier, et en Israël même, de plus en plus de voix s'élèvent pour exprimer leur indignation devant une politique qui bafoue le droit international, piétine toute chance de paix juste et durable, multiplie les actes de guerre contre la population civile et promeut la mise en place d'Etat d'apartheid en Israël. La libération récente de la jeune Ahed Tamimi, militante pacifiste et non-violente, démontre cependant que les mobilisation et la solidarité internationale portent leur fruit.

Le président et le gouvernement français ne peuvent décemment plus se voiler la face et continuer de prôner une prétendue retenue devant le gouvernement d'extrême droite israélien. Israël bombarde chaque jour la population de Gaza faisant de nombreuses victimes parmi lesquelles beaucoup d'enfants ; son armée cible maintenant les personnels médicaux qui viennent au secours des blessés. Des artistes sont arrêtés et emprisonnés pour leurs opinions, le centre culturel Said Al-Mishal a même été détruit par une attaque aérienne israélienne le 9 août dernier. Israël détient à ce jour 5820 prisonniers politiques palestiniens dont 446 en détention administrative, 270 enfants (dont 50 de moins de 16 ans) et 5 députés de l'Assemblée législative palestinienne parmi lesquels Marwan Bargouthi.

Le Parti communiste français demande à nouveau expressément au gouvernement français et à Emmanuel Macron d'agir pour la libération immédiate de Salah Hamouri, notre concitoyen, dont la justice israélienne est bien incapable d'établir une quelconque culpabilité. Le PCF continuera d'agir et de joindre sa voix à celles de toutes ceux et celles qui luttent pour une paix juste et durable entre Israélien-ne-s et Palestinien-ne-s, pour la reconnaissance de l'Etat palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale conformément aux résolutions de l'ONU, pour l'abrogation de la loi d'apartheid adoptée cet été été à la Knesset, pour la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens, pour le droit au retour des réfugiés et l'arrêt du blocus et des bombardement de Gaza : c'est le seul chemin véritable pour une paix juste et durable entre Palestinien-ne-s et Israélien-ne-s.

 

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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 07:12
Université d'été du PCF à Angers les 24, 25, 26 août - Politique française, européenne, internationale, société, culture, art et littérature - demandez le programme de ce rendez-vous de rentrée du PCF avec un millier de participants prévus
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Eliane Assassi

Eliane Assassi

André Chassaigne

André Chassaigne

Cathy Poly Apourceau, nouvelle sénatrice PCF

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Pierre Darhéville

Pierre Darhéville

Pierre Ouzoulias

Pierre Ouzoulias

Stephane Peu

Stephane Peu

Un an après leur élection, les parlementaires communistes seront nombreux à Angers pour parler des combats de l'année passée... et à venir. Réforme constitutionnelle, Parcoursup, logement, bataille du rail, retraites...
Ça se passe du 24 au 26 août : c'est l'université d'été du PCF et on n'attend que vous ! Avec Eliane AssassiAndré ChassaignePeu StephaneCathy Poly ApourceauPierre DharrévillePierre Ouzoulias...

http://2017.pcf.fr/universite

Cette année, 13 camarades du Finistère sont prévus à cette université d'Angers, un record depuis des années. 

Camille Lainé, secrétaire de la JC interviendra le vendredi 24 août sur un débat sur Parcoursup: 13H30-14H50 Salle plénière ARAGON Parcoursup Louis Boyard, Pierre Ouzoulias, Camille Lainé

Camille Lainé, secrétaire de la JC interviendra le vendredi 24 août sur un débat sur Parcoursup: 13H30-14H50 Salle plénière ARAGON Parcoursup Louis Boyard, Pierre Ouzoulias, Camille Lainé

Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT, animera une conférence-débat sur la guerre sociale le vendredi 24 août

Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT, animera une conférence-débat sur la guerre sociale le vendredi 24 août

Francis Wurtz animera un débat "Faut-il sauver le soldat Europe ?"  le 24 août

Francis Wurtz animera un débat "Faut-il sauver le soldat Europe ?"  le 24 août

Ian Brossat, le vendredi 24 août: Europe : ce qui doit changer

Ian Brossat, le vendredi 24 août: Europe : ce qui doit changer

Programme du
24 août - après-midi

13H-13H25
Accueil et discours d’ouverture de l’université d’été

Aurélie Guillot - directeur technique de l'Université d'été


13H30-14H50

Salle plénière ARAGON

Parcoursup

Louis Boyard, Pierre Ouzoulias, Camille Lainé

 

Salle Paul-Boccara

68, les femmes, le PCF : le témoignage de Muguette Jacquaint

Muguette Jacquaint 

 

Salle Antoine-Casanova

Des cahiers du congrès, pourquoi ?

Marc Brynhole

 

Salle Benoît-Frachon

L'argent et les Français

Denis Durand

 

Salle Gerda-Taro

La nouvelle plateforme numérique du PCF

Aurélie Biancarelli-Lopes, Yann Le Pollotec

 

Salle Marcelle & René-Hilsum

Avec François Villon  

Victor Blanc

 

Salle Dolores-Ibárruri

Prendre la parole en public

Jean-François Téaldi

 

Salle Jack Ralite

Faut-il sauver le soldat Europe ?  

Francis Wurtz

 

Salle Jean-Pierre Khanne

Qui peut s'opposer au capitalisme  

Yann Le Lann

 

Salle informatique

Les réseaux sociaux : une introduction  

Gérald Briant


14H55-16H15

Salle plénière ARAGON

Europe : ce qui doit changer

Ian Brossat

 

Salle Paul-Boccara

Le PCF et Marx

Claude Gindin

 

Salle Antoine-Casanova

Economie sociale et solidaire

Sylvie Mayer

 

Salle Benoît-Frachon

Vous avez dit "intersectionnalité" ?

Stéphanie Roza

 

Salle Gerda-Taro

Grèce : 3 ans après

Eli Achtsioglou

 

Salle Marcelle & René-Hilsum

L'âge de la Terre ou comment on établit une vérité scientifique

Hubert Krivine  

 

Salle Dolores-Ibárruri

Les PCF et les droits des LGBTI

Gabriel Lausmone

 

Salle Jack Ralite

Les aidants familiaux  

Pierre Dharréville

 

Salle Jean-Pierre Khanne

Gérer un fichier

Aurélie Biancarelli-Lopes, Nicolas Jaminion

 

Salle informatique

Militer en communiste sur les réseaux sociaux : initiation

Juan Antonio Casado

 


16H20-17H40

Salle plénière ARAGON

La troisième guerre mondiale sera sociale

Bernard Thibault

 

Salle Paul-Boccara

Homme, outils, nature, révolutions. Paul Boccara (1932-2017), une pensée à découvrir

Léon Caquant

 

Salle Antoine-Casanova

Inégalités : une question politique

Daniel Cirera

 

Salle Benoît-Frachon

Printemps de la politique

Pierre Blotin, Michel Maso

 

Salle Gerda-Taro

Où va l'Italie

Gaël De Santis

 

Salle Marcelle & René-Hilsum

Partage des savoirs : questions et enjeux

Olivier Gebuhrer

 

Salle Dolorès-Ibárruri

La lutte des kurdes

....

 

Salle Jack Ralite

Municipales : reconquérir le pouvoir local

Jean-François Téaldi

 

Salle Jean-Pierre Khanne

80 ans d'évolution des forces productives ou l'avènement de la cyber-révolution

Jean-François Téaldi

 

Salle informatique

Militer en communiste sur les réseaux sociaux : perfectionnement

Simon Agnoletti

 

 

 


17H45-19H25

Salle plénière ARAGON

La jeunesse, enjeu pour le communisme ; le communisme, enjeu pour la jeunesse

Pierre Laurent, Camille Lainé

 

Salle Paul-Boccara

Hommes, outils, nature, révolutions. Antoine Casanova (1935-2017) : une pensée à découvrir

Georges Ravis-Giordani  

 

Salle Antoine-Casanova

La protection sociale comme pilier de la République

Maryse Montangon

 

Salle Benoît-Frachon

Contre-offensives à Macron : atelier participatif

Olivier Dartigolles

 

Salle Gerda-Taro

Après le plan Borloo, quelle égalité des territoires dans la République ?

Philippe Rio

 

Salle Marcelle & René-Hilsum

Libérons la culture !

Alain Hayot

 

Salle Dolores-Ibárruri

Antisémitisme : de la Pologne du XXe siècle à l'Europe contemporaine

Valère Staraselski

 

Salle Jack Ralite

Ecommunisme

Hervé Bramy

 

Salle Jean-Pierre Khanne 

Coiffeuses sans-papiers : retour sur la lutte victorieuse du bd de Strasbourg (Paris)

Maryline Poulain

 

Salle informatique

Faire une vidéo politique avec son portable

Clément Luy, Théo Pansanel

 


19H-20H10 

Echanges et répétitions ouverts à tous les musiciens

19H30-20H30
Repas

 


20h30

FILM / soirée culturelle 
AVANT-PREMIERE DU DERNIER FILM DE GERARD MORDILLAT

22h15

Nuit angevine, nuit de crimes : nuit du polar  
Salle Benoit Fraction - Gérard Streiff

Lettre d'amour en temps de guerre. Lectures politiques et musicales : Apollinaire, Brecht, Desnos, Hikmet, Neruda.  
Salle Dolores-Ibarruri - Didier Petit, Sonia Masson

Samedi 25 août, 9H-10H25 Salle plénière ARAGON Parlement européen : pouvoir, rapport de force, rôle des élu.es GUE-NLG Marie-Christine Vergiat, Marie-Pierre Vieu, Patrick Le Hyaric

Samedi 25 août, 9H-10H25 Salle plénière ARAGON Parlement européen : pouvoir, rapport de force, rôle des élu.es GUE-NLG Marie-Christine Vergiat, Marie-Pierre Vieu, Patrick Le Hyaric

Samedi 25 août, 9H-10H25 Salle plénière ARAGON Parlement européen : pouvoir, rapport de force, rôle des élu.es GUE-NLG Marie-Christine Vergiat, Marie-Pierre Vieu, Patrick Le Hyaric

Samedi 25 août, 9H-10H25 Salle plénière ARAGON Parlement européen : pouvoir, rapport de force, rôle des élu.es GUE-NLG Marie-Christine Vergiat, Marie-Pierre Vieu, Patrick Le Hyaric

Samedi 25 août, 9H-10H25 Salle plénière ARAGON Parlement européen : pouvoir, rapport de force, rôle des élu.es GUE-NLG Marie-Christine Vergiat, Marie-Pierre Vieu, Patrick Le Hyaric

Samedi 25 août, 9H-10H25 Salle plénière ARAGON Parlement européen : pouvoir, rapport de force, rôle des élu.es GUE-NLG Marie-Christine Vergiat, Marie-Pierre Vieu, Patrick Le Hyaric

Pierre Laurent: 10H30-11H20, samedi, Salle plénière ARAGON Intervention de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Pierre Laurent: 10H30-11H20, samedi, Salle plénière ARAGON Intervention de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Programme du
25 août - matin


9H-10H25

Salle plénière ARAGON

Parlement européen : pouvoir, rapport de force, rôle des élu.es GUE-NLG

Marie-Christine Vergiat, Marie-Pierre Vieu, Patrick Le Hyaric

 

Salle Paul-Boccara

Louis Althusser : 1918-2018

Jean-Michel Galano

 

Salle Antoine-Casanova

Mondialisation

Nasser Mansour

 

Salle Benoît-Frachon

Coût du capital : face aux "emprunts toxiques"

Stéphane Bauer, sabelle Volat

 

Salle Gerda-Taro

La bataille des retraites

Claude Chavrot

 

Salle Marcelle & René-Hilsum

Les fonctions de direction au Parti communiste aujourd'hui 

Gilles Ravage

 

Salle Dolores-Ibárruri

Contrôle au faciès : une nouvelle étape

Maxime Cessieux  

   

Salle Jack Ralite

Renforcer le Parti communiste

Amadou Deme

   

Salle Jean-Pierre Khanne

Procréation médicalement assistée : pourquoi il faut marcher vers l'égalité

Mélissa Bacholle

 

Salle informatique

Communiquer pendant une campagne électorale

Julia Castanier, Solène Bjornson-Langen


10H30-11H20

Salle plénière ARAGON
Intervention de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF


11H25-12H25
Salle plénière ARAGON
Speed dating avec le CEN et les responsables EUROPE

 


12H30
Repas 

Programme du
25 août - après-midi

 

13H50-15H25

Salle plénière ARAGON

Réforme électorale, réforme constitutionnelle : la République selon Macron

Eliane Assassi

 

Salle Paul-Boccara

Marx, penseur du féminisme ?

Saliha Boussedra

 

Salle Antoine-Casanova

Collectivités territoriales : pourquoi s'y investir

Romain Marchand

 

Salle Benoît-Frachon

Agir après "Balance ton porc"

Anne-Cécile Mailfert  

   

Salle Gerda-Taro

Quel avenir pour le logement après la loi ELAN ?

Stéphane Peu

   

Salle Marcelle & René-Hilsum

Martha Desrumeaux, une résistante communiste au Panthéon ?

Pierre Outteryck

 

Salle Dolores-Ibárruri

Carte blanche à Julien Blaine

 

Salle Jack Ralite

Club de la presse

Olivier Dartigolles

   

Salle Jean-Pierre Khanne

Autoroutes : pourquoi il faut les nationaliser

Jean-Claude Lagron

 

Salle informatique

Militer en communiste sur les réseaux sociaux : initiation

Simon Agnoletti


15H30-16H55

Salle plénière ARAGON

La bataille parlementaire des communistes : un an après

André Chassaigne

 

Salle Paul-Boccara

Marx et Proudhon

Claude Morilhat  

 

Salle Antoine-Casanova

Travail, entreprise, politique

Jean-François Bolzinger

 

Salle Benoît-Frachon

L'assignation identitaire

Tania de Montaigne

 

Salle Gerda-Taro

Aragon : printemps, été 1968

Pierre Juquin  

   

Salle Marcelle & René-Hilsum

Hérédité et génétique : les nouveaux regards scientifiques

Nicolas Borot

 

Salle Dolores-Ibárruri

Jeux olympiques : une occasion à saisir

Jean Lafontan, Bruno Cremonisi  

   

Salle Jean-Jaurès

Transformer le Parti communiste

Emilie Lecroq

 

Salle Jean-Pierre Khanne

Face à la loi PACTE

Denis Durand

 

Salle informatique

Militer en communiste sur les réseaux sociaux : perfectionnement

Maxime Cochard


17H-19H
MARCHE DES SERVICES PUBLICS ET MEETING SOIREE

 

Programme du
26 août - matin

 


9H-10H30

Salle plénière ARAGON

Face au terrorisme djihadiste

Martine Gilles, Michel Delplace

 

Salle Paul Boccara

Après les ordonnances Macron, les enjeux de la sécurisation de l'emploi et de la formation

Evelyne Temant

 

Salle Antoine-Casanova

Laïcité, religions : quels regards, quelles pratiques des Français ?

Patrick Coulon

 

Salle Benoit Frachon

Le défi politique de l'antiracisme

Maryse Tripier, Fabien Haloui

 

Salle Gerda-Taro

Présentation des textes soumis aux communistes en vue de l'adoption de la base commune de discussion.

Elsa Faucillon

 

Salle Marcelle & René Hilsum

Les coopératives, une alternative aux entreprises du capital : témoignage sur les expériences vécues.

Cyrille Rocher

 

Salle Dolorès Ibárruri

L'enjeu du travail et de la propriété

Bernard Friot, Frédéric Durand

 

Salle Jack Ralite

Regard sur 68

Christian Picquet, Paul Fromonteil

 

Salle Jean-Pierre Khanne

Prendre la parole en public

Jean-François Téaldi

 

Salle informatique

Militer en communiste sur les réseaux sociaux : initiation

Juan Antonio Casado

 


10H30-11H55

Salle plénière ARAGON

Retour sur la lutte des cheminots

Laurent Brun  

 

Salle Paul-Boccara

Marx et la France

Jean-Numa Ducange  

   

Salle Antoine-Casanova

Aménager le territoire : des choix politiques

Corinne Luxembourg

   

Salle Benoît-Frachon

Les femmes face au plafond de verre de l'enseignement supérieur et de la recherche

Anne Mesliand

   

Salle Gerda-Taro

Les migrations aujourd'hui

Catherine Wihtol de Wenden

   

Salle Marcelle & René-Hilsum

Défi communiste et la révolution numérique

Yann Le Pollotec

   

Salle Dolores-Ibárruri

La loi SRU a 18 ans, l'âge de raison ?

Grégoire Fauconnier, Eddie Jacquemart 

 

Salle Jack Ralite

Urgence biodiversité

Alain Bougrain-Dubourg, Alain Pagano

Salle Frida-Kahlo

 

Comment faire reculer les déserts médicaux ?

Richard Lopez  

  

Salle informatique

Militer en communiste sur les réseaux sociaux : perfectionnement

Maxime Cochard

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12h -13

Salle plenière - Aragon

Discours de clôture

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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 06:58
Salah Hamouri, embastillé depuis un an par Israël de manière totalement arbitraire - Pierre Barbancey, L'Humanité, 23 août 2018

 L’avocat franco-palestinien est en détention administrative, renouvelée dans l’opacité la plus complète quant au fond du dossier. Les autorités françaises n’ont toujours pas demandé officiellement sa libération.

Quel triste anniversaire. Aujourd’hui cela fait exactement 365 jours que l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri a été arrêté à son domicile de Jérusalem-Est. Un an qu’il croupit dans une geôle sans savoir ce qu’on lui reproche et sans qu’aucun procès soit prévu.

C’était le 23 août 2017. Alors que le soleil se levait à peine, plusieurs Jeep se sont positionnées devant son immeuble puis des soldats en sont descendus pour arrêter le jeune avocat de 33 ans. À l’issue d’un interrogatoire d’une vingtaine de minutes, il est présenté devant un juge, qui décide de l’incarcérer pendant 5 jours, officiellement le temps de l’enquête. Une enquête qui concernerait son appartenance à une « organisation ennemie ». Sous ce vocable, les autorités israéliennes désignent tous les partis ou associations, palestiniennes et même israéliennes, qui combattent l’occupation. Pour Salah Hamouri s’ajoute, bien sûr, son activité au service des prisonniers palestiniens en tant que juriste, au sein de l’association Addameer.

La machine judiciaire israélienne va alors très vite s’emballer. Sans doute parce que le dossier concernant notre compatriote est tellement vide qu’il est impossible pour le gouvernement israélien de rendre publiques de quelconques charges. Le 29 août, il est présenté devant un juge de la cour de Jérusalem, qui décide tout d’abord de le placer en résidence surveillée pour 20 jours, sans qu’aucune des accusations soit révélée, contenues dans un « dossier secret ». Le magistrat lui interdisait également l’entrée à Jérusalem ainsi que toute sortie du pays pendant 3 mois. Et puis, l’ordre émanant du ministre de la Défense, l’extrémiste Avigdor Lieberman, tombait : placer Salah Hamouri en détention administrative. Soit six mois renouvelables au bon gré du ministre. Celui-ci ne s’en est pas privé. À l’issue des six mois, un nouvel ordre de détention administrative était promulgué pour quatre mois. Et comme si cela n’était pas suffisant, Salah Hamouri écopait ensuite de trois nouveaux mois.
La France doit exiger la libération immédiate de Salah

La détention administrative est une arme redoutable toujours brandie par Israël comme une mesure visant à assurer la « sécurité » de l’État. En réalité, il s’agit d’un artifice pour contourner la voie judiciaire et dénier à l’accusé toute possibilité de défense puisque les charges ne sont pas mentionnées et demeurent contenues dans un dossier secret. Selon l’association Addameer, près de 450 Palestiniens seraient incarcérés à ce titre sur un total de plus de 6 100 prisonniers politiques (dont 62 femmes et 320 mineurs). Certains le sont depuis des années.

Salah Hamouri va-t-il enfin être libéré à la fin du mois de septembre ? Rien ne l’indique si rien n’est fait d’ici là. Des milliers de personnes, en France, se sont mobilisées pour obtenir sa libération. Des personnalités de tous horizons politiques se sont exprimées (lire ci-contre). Pourtant, le gouvernement français – et singulièrement le président de la république – continue à faire profil bas. Il aura fallu l’intervention de députés du PCF et de FI pour que le nom de Salah Hamouri résonne au sein de l’Assemblée nationale. Interrogé par l’Humanité, le ministère des Affaires étrangères avait indiqué qu’Emmanuel Macron avait abordé le cas de Salah Hamouri avec Benyamin Netanyahou. Visiblement sans effets, la discrétion affichée ne servant que l’arbitraire israélien. Elsa Hamouri, l’épouse française de Salah, qui est interdite de territoire israélien, ne comprend pas ce silence des plus hautes autorités de l’État et demande qu’enfin la France exige publiquement la libération immédiate et sans conditions de son mari. Pour que Salah Hamouri puisse prendre dans ses bras son fils qu’il n’a pas vu depuis maintenant quinze mois.
Pierre Barbancey

Salah Hamouri, embastillé depuis un an par Israël de manière totalement arbitraire - Pierre Barbancey, L'Humanité, 23 août 2018
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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 06:24

CULTURE EN FORCE !

Remettre la culture au cœur de notre pratique politique (dans le cadre de la préparation du 38e congrès du PCF)

Convention nationale pour l'art, la culture et l'éducation populaire

Vendredi 28, samedi 29 septembre Espace Niemeyer (sous la coupole)

Place du Colonel-Fabien – Paris 19e Contact : yhenzel@pcf.fr – 06 81 30 66 45

Culture et communisme - Par Pierre Laurent, éditorial de Cause Commune n°6: Libérons la Culture!

Accédez à l'excellent de Dossier de Cause Commune sur la Culture (juillet-août 2018) et découvrez cette ambitieuse, très intérressante et accessible revue d'Idées du PCF.

Il y a eu récemment Comme des lions (Françoise Davisse), Merci patron (François Ruffin), La Villa (Robert Guédiguian), et voilà que Le Jeune Karl Marx (Raoul Peck) et En guerre (Stéphane Brizé) viennent prendre le relais des films autour desquels des organisations du PCF proposent des soirées de réflexion et de discussion. Il y a les initiatives qui s’emparent du bicentenaire de Karl Marx pour interroger sa pensée et son combat, ou celles qui ressortent les affiches de mai-juin 1968.

Il y a les fêtes, les festivals, les initiatives culturelles et d'éducation populaire auxquelles les communistes et leurs élus consacrent leur énergie un peu partout en France. Et chaque jour, il y a L’Humanité, l’un des seuls journaux qui fait encore une place à la critique théâtrale et littéraire, quand d’autres se bornent à distribuer des étoiles (1 étoile, 2 étoiles, 3 étoiles…).

Autant de traits qui montrent que le PCF a des rapports étroits avec les réalités culturelles et qu’elles constituent l’une des dimensions essentielles de son action politique. Cela tient à des raisons de fond.

La première, c’est que nous avons une haute idée de notre peuple comme acteur de l’histoire.

Ce qui signifie qu’à nos yeux, il n’a pas seulement à se défendre contre les mauvais coups d’un adversaire, mais qu’il a, ce faisant, à inventer un cheminement politique inédit et à construire un nouveau monde social.

Dire que culture et peuple vont ensemble, c’est affirmer que les forces populaires sont inventives, capables d’innovations, que la création politique et sociale ne leur est pas étrangère. Ce qui revient à prendre le contrepied de ce qu’affirment depuis des siècles les puissants et les possédants, à savoir que le peuple n’est pas capable de voir plus loin que son échoppe ou son établi, qu’il ne sait que répéter les gestes mécaniques de son labeur, qu’il est tout juste bon pour les émotions et incapable d’avoir des idées générales sur le cours du monde, qu’il est enfermé dans ses intérêts particuliers et inapte à s’élever à l’idée d’un intérêt général et d’un bien commun, qu’il est un perpétuel mineur et qu’il lui faut des élites, des représentants, des gens capables de penser pour lui et de le diriger; bref, qu’il est incapable d’une vraie culture politique parce qu’il est incapable de culture tout court.

On voit que les élites politiciennes et médiatiques autoproclamées qui l’accusent aujourd’hui du terme foncièrement méprisant de populisme n’ont rien inventé. La deuxième raison de fond qui nous mobilise autour de la culture, c’est que nous avons une haute idée de celles et ceux qui, dans les conditions actuelles de notre pays, contribuent à la porter au plus fort de l’imagination et de l’inventivité: les artistes, les intellectuels, les créateurs. L’histoire de notre parti l’a montré: avant-garde en politique et avant-garde  dans les arts ne sont pas identiques, mais ont eu bien souvent partie liée.

Le parti s’est résolu au fil du temps à combattre résolument l’ouvriérisme, ce poison qui semait la méfiance à l’égard de tout ce qui n’était pas né ouvrier et donc, en particulier, de tout ce qui était culture et intellectuel.

En 1959, il a ainsi soutenu la création du ministère de la Culture parce que c’était reconnaître, dans les institutions, la place et le rôle des artistes et des créateurs dans la vie sociale, même s’il a regretté que ce ministère s’occupe essentiellement des arts et des lettres et laisse hors de son périmètre les sciences et les technologies, ce qui le condamnait à une vue hémiplégique de la culture humaine. Et il a aussi évidemment combattu le fait que ce nouveau ministère dispose d’un budget confetti et que, à peine reconnue dans son apport, la culture soit ainsi condamnée à voir rogner ses ailes tant étaient pingres les limites de ce que Jean Vilar nommait par dérision « la cassette des menus plaisirs ».

Les temps ont bien changé depuis lors et les collectivités territoriales ont apporté à la culture beaucoup de ressources nouvelles, mais demeure puissant ce tropisme des milieux dirigeants qui consiste à tailler en premier dans le budget de ces activités quand, à leurs yeux, « l’austérité » s’impose, comme on le voit aujourd’hui. C’est que derrière ces restrictions budgétaires se cache en réalité une vision qui tend à déconsidérer la culture pour lui substituer le commerce et le tout nouveau culte marchand des loisirs.

Culture-loisirs: si les deux sont nécessaires, on voit bien la différence. La première relève d’une responsabilité publique qui vise à permettre son accès à égalité pour chacun et pour tous, quand les seconds relèvent du marché et de la consommation individuelle, avec ses inégalités béantes. Et l’on voit bien comment tout est fait pour qu’ils se contredisent aujourd’hui puisque les uns sont présentés comme visant à « faire oublier la vie et ses difficultés », quand l’autre vise à nous élargir l’horizon par l’imaginaire et à nous ouvrir les yeux sur la possibilité d’une autre vie (celle que le poète Arthur Rimbaud appelait « la vraie vie »).

On comprend qu’il n’y a là, au fond, qu’une adaptation par le cynisme contemporain de la maxime des empereurs romains: ce qu’il faut au peuple c’est du pain et des jeux (c'est- à-dire, d’un côté, la satisfaction a minima des besoins les plus pressants, et, de l’autre, du divertissement et des fêtes pour oublier ce «minima» et nous rendre satisfait d’être en vie!). On comprend que ce nouveau numéro de Cause commune et la convention nationale pour l'art, la culture et l'éducation populaire que notre parti organise les 28 et 29 septembre en prélude à notre congrès extraordinaire, aient là-dessus beaucoup à dire et à proposer. J’ai évoqué deux raisons de fond qui unissent notre parti à la culture. Il en est une troisième qui prend un relief singulier après les leçons que nous tirons de nos combats passés, des avancées obtenues comme des échecs, des impasses et des drames du communisme au XXe siècle, des leçons aussi de nos expériences politiques plus récentes. Elle tient à ce que nous savons désormais qu’il ne suffit pas de décréter la fin de l’exploitation capitaliste – ce que la révolution d’Octobre a tenté en supprimant la propriété privée des moyens de production et d’échange – pour émanciper les individus et transformer en profondeur la vie sociale.

Elle tient à ce que nous avons appris que tout miser sur la conquête du pouvoir et l’exercice de l’appareil d’État conduit à tarir les initiatives des individus et à museler la dynamique sociale qui sont les éléments vitaux du communisme. Il ne s’agit donc pas pour nous aujourd’hui d’agir pour une transformation sociale à l’ancienne, mais pour un dépassement communiste du capitalisme dans le sens de l’émancipation humaine, avec pour boussole et comme moteur la volonté de construire une société fondée sur le plein épanouissement de l’humanité en chaque individu. J’entends par là un « révolutionnement » des rapports sociaux qui n’échappe pas à la maîtrise de celles et de ceux qui l’accomplissent, mais qui leur permette au contraire d’en être – individuellement et collectivement – les acteurs et les décideurs, de façon à ce qu’ils se réapproprient les conditions de leur travail et de leur vie, dont ils sont précisément séparés dans une société de classe. Bien entendu, l’évocation d’une telle perspective et la nécessité d’une telle mobilisation populaire supposeront de plus en plus d’audace dans la pensée, et de fortes capacités d’invention, d’information, de délibération, de conviction pour être pleinement démocratique

On mesure alors l’exigeante ambition que nous mettons au cœur de notre combat et la place marquante et croissante que ne peut manquer d’y tenir la culture.

Peut-être faut-il d’ailleurs ici remarquer que la culture ce n’est pas seulement l’énumération d’activités qui seraient dites « culturelles » et dont la responsabilité incomberait exclusivement à la collectivité. Après tout, la culture, c’est aussi pour chacun une question de volonté et de choix personnel en faveur d’un élan qui vous élève au-dessus de soi, au-dessus du lieu où l’on est né, de l’époque où l’on vit, du point où l’on est. C’est ce qui vous sort de votre village et de votre quartier, bouleverse votre rapport au temps et à l’espace, ce qui vous rend partie prenante de toute l’humanité et vous ouvre l’esprit à la dimension du monde. Comment les individus du communisme pourraient-ils l’oublier, le négliger et s’en passer ? N'oublions pas ce que disait Antoine Casanova, grand intellectuel communiste disparu l'an dernier, à propos des œuvres artistiques: elles ont « une immense et subtile capacité de résonances symboliques directes et indirectes, conscientes et inconscientes, qui sont tout à la fois historiquement situables et historiquement mouvantes et inépuisables. […]

L'accès à ces œuvres et aux pratiques qui s'y rattachent est ainsi source d'irremplaçables possibilités dans l'exercice de toutes les formes d'activité de mémoire et de pensée comme dans la perception la plus fine des multiples relations entre les différents niveaux du réel. L'appropriation des dimensions esthétiques de la culture constitue ainsi une richesse dont l'absence est mutilante pour les citoyens».

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Pierre Laurent (photo L'Humanité)

Pierre Laurent (photo L'Humanité)

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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 05:39

Pour Nasser Mansouri-Guilani, économiste et syndicaliste, les normes de rentabilité toujours plus élevées du CAC 40 jouent contre le travail en alourdissant le coût du capital.

 

 

Selon le recensement de l’Humanité, les entreprises du CAC 40 sont engagées dans des plans de suppression d’au moins 15 000 emplois. Il n’y a donc pas de corrélation entre profits et emploi ?

Nasser Mansouri-Guilani 

Le discours libéral selon lequel il faut que les profits s’améliorent pour que l’on crée des emplois est infondé. C’est un discours idéologique, à l’instar du théorème de Schmidt (chancelier de la RFA de 1974 à 1982 – NDLR) qui dit que « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». Depuis au moins trois décennies que ce théorème est appliqué, la part des profits monte sans que l’investissement et encore moins l’emploi n’augmentent nécessairement. Il n’y a pas de mystère : si ça augmente pour le capital, ça baisse pour le travail. Depuis les années 1980, la part des salaires a chuté dans la valeur ajoutée. On est toujours dans ce schéma qui fait que la priorité est donnée aux profits. Dans ce conflit entre les intérêts du travail et ceux du capital, les libéraux disent qu’il faut réduire le coût du travail en quantité et en qualité de l’emploi, mais aussi en termes de rémunérations. La contrepartie, c’est la hausse du coût du capital, c’est-à-dire qu’une part croissante des richesses produites par les travailleurs est mobilisée pour rémunérer les détenteurs de capitaux, et notamment les actionnaires.

 

Les outils qu’Emmanuel Macron a inventés par ordonnances, comme la « rupture conventionnelle collective » qu’utilisent les banques ou encore PSA, donnent-ils des possibilités nouvelles à ces entreprises très profitables pour réduire encore le « coût du travail » ?

Nasser Mansouri-Guilani 

Ce qui est nouveau, ce sont en effet les politiques du gouvernement, et notamment les ordonnances Macron, qui donnent plus de facilité aux patrons pour réduire le « coût du travail » en se débarrassant des travailleurs dont ils ne veulent plus. D’autres facilités nouvelles sont accordées aux détenteurs de capitaux, en particulier les plus riches, comme la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, là aussi sous prétexte de favoriser l’investissement et l’emploi. Cela participe de la même logique. Mais, quand on regarde concrètement, on voit que l’emploi n’augmente pas et que la croissance économique ralentit. On reste dans une phase de faiblesse de l’activité en regard des besoins de la population, avec un chômage officiellement à 9 %, mais en réalité deux fois plus élevé si l’on compte tous les exclus du travail pour des raisons économiques, c’est-à-dire, en dernière analyse, parce que les détenteurs de capitaux demandent plus de profits.

 

Certaines sociétés du CAC 40 qui suppriment des postes affichent des profits en baisse : c’est le cas de BNP Paribas ou de Sanofi par exemple. Une perte de profitabilité est-elle une raison acceptable pour se résigner aux destructions d’emplois ?

Nasser Mansouri-Guilani 

Ce phénomène est typique de la logique de la financiarisation de l’économie, qui, pour résumer, correspond à la généralisation de l’exigence de rentabilité des capitaux les plus puissants. Ainsi, si la norme pour ces derniers est un rendement de 10 %, alors tout le monde doit se caler dessus : dans ce cas, 7 %, ce n’est pas suffisant. Cette logique de rentabilité maximale et à court terme joue contre le monde du travail, en termes d’emplois mais aussi de conditions de travail et de salaires. Cette financiarisation va aussi de pair avec la désindustrialisation. On nous sert toujours l’argument qu’être plus compétitif va nous permettre d’exporter davantage, mais l’état de notre commerce extérieur montre que cela ne se vérifie pas. Plus cette financiarisation se développe, plus s’affaiblit le potentiel productif du pays, et plus le commerce extérieur se dégrade.

Une récente étude montrait que 93 % des entreprises se refusent à procéder à des augmentations collectives de salaires. Est-ce un effet de cette financiarisation de l’économie que vous dénoncez ?

Nasser Mansouri-Guilani 

La financiarisation se traduit par la réduction des droits et protections collectives des travailleurs, et donc par l’individualisation des rémunérations. Les négociations collectives ont des conséquences sur le long terme : c’est autre chose que de payer à la tête du client. Tout cela est cohérent. De même, la désindustrialisation affaiblit l’ensemble des travailleurs, dans la mesure où les conventions collectives dans l’industrie sont plus protectrices pour les salariés. En affaiblissant l’industrie, on tire l’ensemble des travailleurs vers le bas.

 

Que faudrait-il faire pour sortir de cette logique ?

Nasser Mansouri-Guilani 

Il faut valoriser le travail et dévaloriser le capital. C’est tout l’inverse de ce qu’ont fait les gouvernements depuis plusieurs décennies. Quand on dit « valoriser le travail », cela veut dire améliorer la qualité de l’emploi, les salaires, l’avancement, les conditions de travail… Cela passe par exemple par appliquer l’égalité femmes-hommes au travail. Tant que la moitié de la force de travail est dévalorisée par les bas salaires et la précarité ou le blocage des carrières, on ne peut pas parler de valorisation du travail. 

 

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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 05:37

 

22 millions de Français ne partiraient pas en vacances.

22 millions seraient donc casaniers !! Pantouflards, va.

La France est comme ça... des « citoyens » qui devraient pouvoir profiter de cette conquête sociale, les vacances, et qui préfèrent traînasser dans des rues désertes et en feu alors qu’il fait si bon au bord de l’eau séant et que l’eau est enfin, je l’ai rêvé, devenue un bien commun gratuit.

Parler par antiphrases, dire le contraire de ce que l’on pense, pour faire mieux réagir...

Si au moins 22 millions de Français ne partent pas, à qui la faute ? Redevenons plus explicitement direct.

La faute à ceux qui considèrent les « gens d’en bas » comme des « variables d’ajustement », des kleenex, des citrons à presser jusqu’au trognon . A cette madame ministre des solidarités et de la santé, qui n’a rien à proposer mais qui joue au «  pompier volant ». Docte, elle nous explique que pour ne pas avoir soif il faut boire ; elle descend dans quelques hôpitaux pour occuper le terrain médiatique ; sponsorisée par les médias « temps de cerveau disponible pour ‘Coca-Cola’ », elle tente avec gravité de mettre l’étouffoir sur la grande colère et la misère des hôpitaux. Elle ne moufte rien sur les budgets macronisés, mutilés à la hache de guerre... jadis consacrés à la santé, aujourd’hui sabrés avec la morgue des aristos...

D’une main, on vous tord le cou et de l’autre on se penche avec une condescendance mensongère sur votre souffrance... Vous l’avez lu° ?? Comment peut-on décider de dérembourser des médocs contre la maladie d’Alzheimer ? Il faut avoir un coeur de pierre. Cachez-vous madame, cachez cette hypocrisie que nous ne saurions continuer à voir. Vous parlez d’une augmentation réduite des flux aux urgences (4%)... grâce à vous, sous-entendu. Les personnels des urgences, eux, ont d’autres estimations, sans doute plus crédibles, plus en prise avec la réalité de terrain (entre 10 et 14%).

Le soleil, filtré par le capital, ne brille pas pour tout le monde pareil. Il est vraiment urgent, madame, sans être urgentiste, de renvoyer, vous et votre gouvernement de « sabreurs, de bourgeois et de gavés », à vos châteaux climatisés !

 

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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 05:35

 

J’étais ce matin l’invité de RMC pour évoquer le versement, ce jour, de l’allocation de rentrée scolaire (ARS). Versée sous conditions de ressources, son montant stagne. De très nombreuses familles modestes en sont exclues.

Cette actualité a été l’occasion de mettre sur la table une proposition du PCF : l’école pour tous, c’est une école vraiment gratuite.

Chaque année, la rentrée scolaire coûte de plus en plus cher. Avec la fameuse liste des fournitures scolaires, notamment lors du passage du primaire au collège, mais aussi les transports scolaires, la cantine, les activités périscolaires, tout cela s’additionne et pèse lourd.

Une école de la réussite pour tous, obligatoire jusqu’a 18 ans, doit reconquérir le principe républicain de gratuité. Comment ?

L’Etat peut prendre en charge un panier de fournitures scolaires. Pourquoi ne pas avoir une belle ambition - comme cela a été proposée ce matin sur les ondes de RMC- pour une industrie nationale permettant d’atteindre cet objectif. Cela serait un cercle vertueux. Nous proposons aussi la gratuité des transports scolaires et la généralisation d’une tarification sociale pour la restauration scolaire.

Face aux inégalités territoriales qui n’ont cessé de se creuser avec la réforme des rythmes scolaires, nous proposons des activités périscolaires gratuites et assurées par des animateurs qualifiés dans le cadre d’un service public national déconcentré du loisir éducatif.

Nous savons combien les destins scolaires sont liés aux origines sociales. Le système scolaire est de plus en plus inégalitaire. Le projet Blanquer, qui n’est pas un expert mais un idéologue du tri social de l’école à l’université, aggrave dangereusement cette réalité. Regagner la gratuité réelle, c’est une partie de la réponse.

 

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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 05:11
Fusion des communes de Plouigneau et du Ponthou: les citoyens s'interrogent et ont le droit à l'information et à la parole (PCF Plouigneau)

 

Quelques lignes sur une simple feuille, un article de presse qui n’en dit pas davantage : voilà la façon dont les habitants de Plouigneau ont été informés du projet de fusion des communes de Plouigneau et du Ponthou !

La majorité municipale ne compte pas organiser la moindre réunion publique, où les citoyens auraient pu avoir plus de précisions et des réponses aux questions qu’ils peuvent se poser.

Pourquoi les citoyens n’ont pas eu le droit de disposer, au moins, d’une ou deux pages d’explications dans l’Ignacien sur un sujet qui les concerne directement. Pourtant la majorité sait faire des longueurs sur d’autres sujets.

Pourquoi cette fusion ?

D’après la majorité municipale ce seraient les élus du Ponthou qui auraient pris contact, fin juin, avec Plouigneau qui n’était pas demandeur. Mais quelles sont les raisons qui ont été invoquées ? S’agit-il de raisons financières du fait d’un l’endettement important de la commune du Ponthou (un montant de plus de 2 000 € de dette pour chacun des 171 habitants de la commune) et la crainte de la mise sous tutelle de « Minec ville » ? S’agit-il de difficultés à renouveler une équipe municipale en particulier dans la perspective des municipales de 2020 ? D’autres raisons encore ? La municipalité de Plouigneau est très « taiseuse ». Peut-être en saura-t-on davantage lorsque la population du Ponthou aura été informée début septembre. Mais d’ici là le vote des Ignaciens sera déjà clos !

Pourquoi une fusion avec Plouigneau ?

Pourquoi Plouigneau plutôt que Plouégat Moysan par exemple ? Alors que des liens existent depuis de nombreuses années entre les communes de Plouégat et du Ponthou ( proximité des commerces, associations communes, scolarisation des jeunes Ponthousiens, manifestations communes, etc.)

Il y a certainement des raisons, mais ce sont autant d’interrogations pour les Ignaciens auxquelles l’attitude de la majorité ne leur permettra pas d’avoir de réponses avant de devoir voter.

 

 

Quelle est la situation financière actuelle ?

La « feuille » de la majorité est plutôt évasive sur le sujet. La majorité se contente d’indiquer que la dette par habitant de la commune nouvelle serait de 312 €.

Les Ignaciens ont le droit de savoir que l’encours de la dette du Ponthou est de l’ordre de 350 000 € (351 000 €, soit 2 031 € par habitant, chiffres de 2015). Ils aimeraient avoir des précisions sur la nature des emprunts (en espérant qu’il ne s’agit pas d’emprunts « toxiques »), et d’autres engagements éventuellement pris par la commune du Ponthou.

  Fin 2017, l’encours de la dette de Plouigneau était de 1 333 663 € (soit une dette par habitant de 263 €).

En cas de fusion avec Le Ponthou, l’encours de la dette de la commune nouvelle sera d’environ 1 700 000 €.

La majorité vante quelques avantages financiers. Mais quel sera l’impact réel des garanties de l’Etat quant aux dotations en cas de fusion ? Ne risque-t-il pas de s’avérer relativement marginal?

Les services municipaux et à la population

 

Quelles conséquences doit-on attendre du côté des effectifs municipaux (personnels administratifs et techniques) et de la surcharge de travail que cela va engendrer pour l’entretien et le maintien du patrimoine, des espaces verts, de la voirie...  ? Quelle garantie quant au maintien de l’agence postale  gérée par la commune du Ponthou ?

 

Un vote précipité

 

Alors qu’ailleurs (St Thégonnec et Loc Eguiner par exemple) la préparation de la fusion demande généralement plus d’un an, ici on veut réaliser une fusion en quelques mois, car ce ne sera plus possible après le 31 décembre 2018 pour cause d’élections municipales en 2020.

Un minimum d’informations, un minimum de temps pour réfléchir avant de s’exprimer… Le vote proposé par la majorité s’avère dans ces conditions un simulacre de démocratie !

 

 

 

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