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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 05:34

Première recette fiscale des communes, reconnue comme premier échelon de la démocratie vivante, la taxe d’habitation va être progressivement supprimée pour 80% des assujettis et, à ce titre, transformée en dotation de l’État, dans l’attente d’une réforme de la fiscalité locale, promise à l’horizon 2020.

Les familles qui trouvaient, à juste titre, cet impôt injuste dans son mode de calcul vont découvrir que cette suppression pourrait, en vérité, engendrer, si elles ne s’en mêlent pas, des mécanismes fiscaux encore plus inéquitables et douloureux pour leur pouvoir d’achat.

Ainsi, un rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental vient opportunément apporter son concours à une surenchère de propositions visant, au final, à alourdir la fiscalité sur les ménages.

Outre qu’il fait volontairement l’impasse sur les 13 milliards d’allègements de contribution économique des entreprises issus de la réforme de la taxe professionnelle de N. Sarkozy, il propose d’aller plus loin dans la « spécialisation » des collectivités en privilégiant l’échelon intercommunal (très largement défini par les préfets désormais) et l’échelon régional et, pire, envisage de procéder au partage de quatre impôts entre l’État et les collectivités.

À savoir l’impôt sur le revenu, mais surtout la TVA, la contribution climat énergie (qui va augmenter le prix du plein d’essence et du chauffage) et, cerise sur le gâteau, la contribution sociale généralisée, celle-là même que le Gouvernement vient d’augmenter pour une grande part des retraités, avec lesquels nous avons manifesté.

Pour compenser une taxe d’habitation dont le produit s’élève à environ 22 Mds d’euros, ce sont au moins 2 points de plus de CSG qui pourraient amputer le pouvoir d’achat de toutes les familles, faute de dégrèvements !

Et l’addition pourrait être encore plus corsée pour certaines familles disposant de trois revenus, par exemple celles de parents hébergeant un(e) jeune salarié(e) contraint(e) de rester chez ses parents, faute de logement à loyer abordable !

À la satisfaction des familles de voir la taxe d’habitation disparaître, pourrait bien succéder une immense déception populaire, si une réforme juste de toute la fiscalité locale n’était pas engagée.

C’est à celle-ci que les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE entendent travailler, à partir de priorités :

  • Permettre un financement des politiques publiques locales, mises à mal par deux décennies de transferts de charges et de baisses des dotations ;
  • Réviser enfin les bases d’imposition, pour rendre l’impôt local plus juste ;
  • Elargir la contribution des entreprises au financement de l’action publique et de l’investissement local dont elles bénéficient par ailleurs,
  • Taxer les actifs financiers et spéculatifs comme instrument de péréquation.

 

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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 05:32

Le gouvernement a décidé, contre les syndicats et contre l’accord du 22 février des organisations syndicales avec les représentants du patronat, une réforme qui rabougrit encore la formation professionnelle.

Qui peut croire que 500 euros de formation par an, ou même 800 euros, permettraient de répondre aux enjeux? L’accord conclu par les partenaires sociaux prévoyait un renforcement du compte professionnel de formation (CPF), en permettant aux salariés de cumuler 35 heures de formation par an (au lieu de 24). En monnayant ainsi le droit à la formation, le gouvernement favorise l’inflation des coûts de formation et une baisse des droits, comme l’ont immédiatement souligné les organisations syndicales.

La formation professionnelle est pourtant l’un des deux ou trois enjeux majeurs pour l’emploi. C’est ce qui conduit le PCF à mettre au cœur de son projet la perspective d’une sécurité d’emploi et de formation pour toutes et tous.

Le droit à la formation continue et au déroulement de carrière est l’avancée sociale fondamentale de notre temps comme en témoignait, à la suite de 1968, les lois de 1971 et 1973 puis, la création du CPF.

 

Le gouvernement supprime la transparence et l'implication des représentants des travailleu-r-ses via les OPCA et en confie la gestion aux Urssaf (dominée par le patronat). De même la fusion de la cotisation formation et de la taxe d’apprentissage va faire obstacle au fléchage et au suivi des fonds.

Quant à la certification à la demande et l’accent mis sur les « compétences », au détriment des diplômes et non en complémentarité avec eux, c’est la porte ouverte à une illisibilité des formations et à des difficultés pour la mobilité des salariés d’une entreprise à l’autre. Elle permettra une traduction « à la carte » du bénéfice de ces formations dans les fiches de paie des salariés qui en auront bénéficié.

Le gouvernement satisfait en fait des exigences idéologiques de baisse du coût du travail en faveur du capital.

Pourtant, il est possible de prendre des mesures répondant aux exigences modernes d’efficacité économique et aux exigences sociales. Le PCF propose de :

- Instaurer, d’une part, un bonus-malus des cotisations formation des entreprises selon leur politique de suppressions d’emploi, ainsi que le taux de CDD,

- Baisser le coût du capital par un développement massif du rôle de la Caisse des dépôts (via la BPI) pour des avances massives de financement de formation et d’investissements de modernisation à taux zéro et à remboursement décalé, permettant aux entreprises de se moderniser,

- Conforter la gouvernance du système, par l’implication réelle du service public de l’emploi et de la formation, refondu, dans la gestion d’un compte personnel de formation conforté comme une nouvelle liberté, permettant un nouveau droit à la mobilité sécurisée et efficace.

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 07:27

 

A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Karl Marx à Trèves, le PCF réaffirme son attachement à la contribution du philosophe et à son rôle majeur, avec Friedrich Engels, à l’élaboration d’un projet et d’une organisation au service de l’émancipation des classes exploitées. Leurs travaux ont ouvert une nouvelle étape dans le mouvement des idées par leur volonté non pas d’interpréter le monde mais de le transformer. Leur contribution a été décisive à la naissance d’un mouvement ouvrier structuré et organisé autour d’un manifeste politique à visée universelle. A l’heure d’un capitalisme hyper mondialisé, du défi écologique lié notamment à la prédation d’un 1% de la population, leur analyse garde toute sa pertinence.

Si le capitalisme a connu des bouleversements majeurs, imposés notamment, par des luttes sociales qui ont contribué à son évolution, sa nature profonde n’a pas changé. Les avancées théoriques de Marx restent d’une brûlante pertinence : accumulation, exploitation capitaliste, rapports sociaux de production… sont encore des concepts opérants pour comprendre notre société. En Europe, comme sur l’ensemble des continents, des milliers de chercheurs contribuent à renouveler cette pensée critique.

A travers le monde, des milliers d’initiatives et de publications marquent ce bicentenaire. En France, la jeunesse montre un intérêt renouvelé pour les écrits de Marx. Les communistes français saluent ce mouvement utile pour tous ceux qui recherchent un chemin d’émancipation.

Les communistes français, dans les conditions d’aujourd’hui, portent et renouvellent cette ambition de transformation sociale par la mise en mouvement des hommes et des femmes à travers les pays. L’avenir de l’Humanité dépend de sa capacité à dépasser les logiques de mise en concurrence, de domination et d’exploitation. Il est urgent d’élaborer des réponses nouvelles de partage de richesses, de coopération et de développement partagé. Partout, dans des conditions spécifiques, des millions de femmes et d’hommes œuvrent dans cette perspective. Cette recherche d’un nouveau mode de développement et de production est aujourd’hui un hommage à l’œuvre de Karl Marx.

 

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 07:23

 

Dans son entretien à Forbes, Emmanuel Macron explique que ses choix économiques sont déterminés par sa volonté de coller aux intérêts des investisseurs. Il ne se contente pas d’annoncer la fin de l’exit tax, il présente une vision du monde faite de soumission à la volonté des plus riches.

 « Mon travail n’est pas de regarder la télé et de faire des commentaires d’actualité, j’ai autre chose à faire », a martelé Emmanuel Macron concernant sa présence en Australie le jour de la fête du travail. Et pour enfoncer le clou sur cette indifférence à l’égard du 1er Mai, Forbes, le magazine étasunien préféré des hommes d’affaires de la planète, a publié un entretien avec le président de la République qui révèle sa conception des rapports économiques et sociaux comme aucun autre auparavant.

EMMANUEL MACRON FAIT LE CHOIX DE LA SOUMISSION A L’ORDRE ECONOMIQUE (MEDIAPART - 2 MAI 2018 PAR ROMARIC GODIN)

La défense des intérêts du secteur privé

L’hôte de l’Élysée y est dans son élément, il assure faire partie du monde des lecteurs de Forbes. « Je pense que je comprends les entrepreneurs et les preneurs de risque plutôt bien », revendique-t-il avant d’appuyer : « Pour moi, c’est important. J’ai cette compréhension directe de ce que sont leurs intérêts. » Cette perception est élevée au rang de mode de gouvernement. « Avoir des contacts directs avec le secteur privé, avoir cette expérience de ce secteur et être capable de comprendre les déterminants clés du choix d’un investissement sont les meilleures façons de comprendre et de prendre la bonne décision », explique le président de la République.

Emmanuel Macron ne cache donc pas qu’il détermine ses choix par sa volonté de coller le plus possible aux intérêts des investisseurs, ce qu’il appelle une « approche favorable aux affaires » (« business friendly approach »). Or, ces intérêts sont financiers et les choix seront donc ceux qui accroîtront la rentabilité de ces investisseurs. D’où les généreux cadeaux fiscaux qui ont été accordés et qui le sont encore, on le verra. On le sait, Emmanuel Macron rejette le titre de président des riches, mais il revendique celui de « président des investisseurs ». De fait, Emmanuel Macron truffe ses réponses à Forbes de termes managériaux. Il se met en scène dans cette interview comme dirigeant d’entreprises, conseillant EDF, par exemple, sur la nécessité de s’allier aux start-up.

Dès lors, la vision économique du président s’explique clairement : le chef de l’État est là pour favoriser ce besoin de rendement des investisseurs, leurs « esprits animaux », comme aurait dit Keynes. « Si vous créez les meilleures conditions possibles [pour investir de l’argent, comme il l’indique auparavant – ndlr], vous pouvez mener une révolution et créer des emplois », explique ainsi le président français. Pour lui, dans sa vision naïvement smithienne, l’intérêt général n’est donc que la somme des intérêts particuliers.

 

C’est, du reste, un point sur lequel il est d’accord avec Donald Trump et le président français souligne cet accord dans l’entretien. Les lecteurs de Forbes, qui ont grandement bénéficié des largesses fiscales du président des États-Unis, apprécieront la remarque, qui n’est pas fortuite puisque Emmanuel Macron explique plus loin qu’il est un des rares à comprendre son homologue étasunien. Pourquoi ? Parce qu’il a, comme lui, une expérience privée et qu’il le voit comme un « dealmaker », un faiseur d’affaires. Le compliment pourrait d’ailleurs sans doute lui être renvoyé. Et entre hommes d’affaires, on finit toujours par se comprendre.

En tout cas, on comprend mieux pourquoi les politiques fiscales en France comme aux États-Unis ont visé les plus riches : la pensée économique de la Maison Blanche et celle de l’Élysée puisent à la même source. La politique économique se résume alors à créer des incitations fiscales pour attirer des investisseurs guidés par l’appât d’un gain sûr et facile. « Plus vous êtes clair avec ce que vous avez l’intention de faire, plus vous êtes efficace avec la communauté d’affaires », explique le président français. Et il est on ne peut plus clair.

Ce que dit la suppression de l’exit tax

De ce point de vue, l’annonce principale de cet entretien, la suppression de l’exit tax, est hautement significative. Cette taxe mise en place par Nicolas Sarkozy en 2012 frappe les personnes qui décident de changer leur domicile fiscal. Son rendement est de 800 millions d’euros. Emmanuel Macron annonce qu’elle sera supprimée en 2019. Le journaliste de Forbes n’en croit pas ses oreilles, il demande s’il parle bien d’une « suppression » ou d’une « réduction ». Et il s’agit bien d’une suppression. La justification d’Emmanuel Macron confirme ce qu’il avait déjà laissé percer lors de son entretien avec Jean-Pierre Pernaut le 12 avril (date également, du reste, de l’entretien accordé à Forbes) où il affirmait que les « riches n’ont pas besoin de président ». Pour lui, le lien entre les entrepreneurs et le territoire où ils investissent s’apparente à un mariage. C’est donc simple : vous vous mariez, vous pouvez divorcer. « Si vous voulez vous marier, vous ne devez pas expliquer à votre partenaire que “si tu te maries avec moi, tu ne pourras pas être libre de divorcer” (…) alors moi, je suis pour qu’on soit libre de se marier et libre de divorcer », explique Emmanuel Macron. Dès lors, « les gens sont libres d’investir où ils veulent ».

Pour l’hôte de l’Élysée, les entrepreneurs ou les investisseurs (la confusion s’opère souvent entre les deux) sont donc des êtres hors de toute communauté nationale. Ils choisissent leurs pays librement en fonction de leurs goûts et surtout de leurs intérêts. Et s’ils se sentent contraints à quoi que ce soit, alors ils ne viennent pas. Ce sont des petites choses fragiles dont il faut donc prendre soin. Si l’on veut être choisi, il faut être le plus beau, surtout sur le plan fiscal. Point. D’où non seulement la suppression de l’impôt sur la fortune pour le capital non immobilier, mais aussi le prélèvement forfaitaire unique pour les revenus de ce capital ou la conversion du CICE en baisses de cotisation, mais encore la fin de cette exit tax.

Le président affirme que la taxe n’est pas rentable avec seulement 70 millions d'euros de rendement. Mais comme l'a souligné Marianne, le patrimoine concerné pourrait induire un rendement de 800 millions d’euros. Surtout, si elle rapporte peu, c’est peut-être aussi parce que sa fonction répressive fonctionne bien… Supprimer cette taxe est donc un choix qui vise à en finir avec cette fonction. D’ailleurs, si elle était si inutile qu’on le dit, pourquoi la supprimer ?

Emmanuel Macron mérite bien le titre de « leader of the free markets » (« leader des marchés libres ») que lui accorde Forbes en une. Pour lui, pas question de contraindre la liberté des investisseurs, c’est aux États de se faire beaux pour leur plaire. « Si vous êtes capable d’attirer, c’est bon pour vous ; mais si ce n’est pas le cas, on doit pouvoir divorcer », explique-t-il. D’où cette idée que c’est le pays qui doit se plier aux investisseurs, pas l’inverse.

Jusqu’où va cette liberté ? Très loin puisque l’exit tax n’est pas une taxe frappant la simple réalisation d’une prise de bénéfice, c’est une taxe contre l’optimisation fiscale qui frappe ceux qui souhaitent transférer leurs foyers fiscaux dans un pays fiscalement plus intéressant. Nicolas Sarkozy l’avait d’ailleurs présenté comme une taxe contre l’évasion fiscale et elle ne concernait que les participations de plus de 1,3 million d’euros. Bref, cette taxe souhaitait compenser les futures pertes de recettes fiscales liées aux pratiques fiscales agressives de certains pays. Contrairement à ce que prétend Emmanuel Macron, il ne s’agissait pas d’empêcher le divorce, mais simplement de demander une indemnité à celui qui décidait de rompre le mariage (tout en en conservant certains avantages, comme la jouissance des services publics, par exemple). Depuis quand les pensions alimentaires, par exemple, empêchent-elles la liberté de divorcer ?

La soumission à l’ordre économique existant

En réalité, dans la vision du monde d’Emmanuel Macron l’optimisation fiscale fait partie de la normalité. La seule façon de la combattre, c’est d’être de plus en plus fiscalement compétitif. Ce n’est donc pas un hasard si le gouvernement hésite à lever le verrou de Bercy, invente le « plaider-coupable » en matière fiscale et crée un « droit à l’erreur » dans le même domaine. Le président vante d’ailleurs cette mesure dans Forbes. Tout cela rend plutôt circonspect quant à la réalité de la volonté de lutter contre l’évasion fiscale affichée par l’exécutif.

Le président de la République prétend dans cette interview faire la « révolution » et « transformer » la France, mais il n’est pas l’acteur de cette transformation. Il la subit et l’accompagne. Cette transformation est menée par les investisseurs internationaux, ceux qui, pour Emmanuel Macron, disposent de la réalité du pouvoir (et c’est pourquoi il veut tant faire partie de leur monde). Ce cours des événements dictés par les « esprits animaux » des plus riches s’impose à tous. Et tout ce que les politiques ont à faire est de s’y conformer et de le faire accepter par leur population. « La meilleure protection, ce n’est pas de dire : “nous résisterons” », explique le président français. Il faut donc se soumettre à ce jeu imposé par les puissants de l’époque. Du reste, Emmanuel Macron répète deux fois dans cet entretien qu’« il n’y a pas d’autres choix », ce qui rappelle évidemment le fameux « il n’y a pas d’alternative » de feu Margaret Thatcher. Il y a un aspect métaphysique, presque religieux, dans cette approche, selon laquelle il existerait un ordre économique transcendant et immuable qui apporterait le bien à qui l’accepte sans ciller.

 

Derrière ses oripeaux monarchiques, la vision d’Emmanuel Macron est celle d’une soumission du politique à cet ordre, celui des intérêts particuliers des plus riches. Il n'y a pas d'autre intérêt général. En cela, le président français est profondément un conservateur à l’ancienne, un défenseur de l’ordre établi. La suppression de l’exit tax est, ici, fort parlante car l’optimisation fiscale, en affaiblissant les ressources des États, est une des sources principales du chantage au moins-disant fiscal qui ronge nos sociétés. En faisant croire qu’on réduirait l’exil fiscal en levant les rares contraintes qui l’entourent, il conduit à désarmer encore la puissance publique. Il est ensuite plus aisé, il est vrai, de présenter son impuissance comme une évidence.

Quant à croire que cette soumission apportera la prospérité, cela fait évidemment abstraction des deux crises de 2007 et 2010 ainsi que de leurs conséquences politiques, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni. Bercy avait reconnu en 2017 que la défiscalisation du capital n'aurait pas d'impact économique. Ce qui est certain, c’est qu’il faudra compenser les pertes liées à l’exit tax, comme celles des autres cadeaux fiscaux. Et que la course au moins-disant fiscal, dans laquelle s'engage le président français la fleur au fusil, est mortifère et perdue d'avance. Mais les voies de l’idéologie sont impénétrables. Cette interview accordée à Forbes affine donc le portrait économique d’Emmanuel Macron, faux révolutionnaire et vrai croyant.

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 07:20

Géard LE PUILL sera présent, pour une conférence débat le mardi 29 Mai

20 h - Salle Stérédenn à Lanmeur

 

 

Ce jeudi peu après 13 heures, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert connaîtra le baptême du feu que constitue une intervention ministérielle devant un congrès de la FNSEA. C’est une tradition dans ce syndicat de clore les congrès en interpellant le ministre en charge de l’agriculture.

De cette joute de fin de congrès, certaines personnalités politiques en ont gardé un souvenir douloureux, à commencer par Edith Cresson. Première et unique femme ministre de l’Agriculture depuis que la fonction existe, elle fut confrontée en 1982 à l’arrogance de François Guillaume, alors président de la FNSEA, avant de devenir lui-même ministre de l’Agriculture de 1986 à 1988 dans le gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac.

L’an dernier, Stéphane Le Foll avait choisi de ne pas s’y rendre. Douze mois plus tôt, de nombreux congressistes lui avaient délibérément tourné le dos au moment de sa prise de parole. Il faut dire que Le Foll a dirigé ce ministère  dans un contexte de baisse mondiale de prix agricoles qui a touché les grands secteurs de production que sont les céréales, le lait, la viande bovine et la viande porcine. La volaille, notamment la production de palmipèdes, a été malmenée par la grippe aviaire. D’autres productions comme les fruits et le vin ont parfois connu des baisses sensibles de rendements imputables à des aléas climatiques qui vont de la grêle aux gelées de printemps.

Beaucoup d’exploitations agricoles ont ainsi été fragilisées depuis 2015. Alors que la formation des prix est devenue spéculative en permanence du fait de la mondialisation, les spéculateurs parient sur la baisse des cours des céréales depuis trois ans dans les salles de marchés. Il en est allé de même dès 2015 pour le prix du lait du fait de l’augmentation de la production en Europe, suite à la sortie des quotas par pays. D’un prix moyen de 410€ la tonne en 2014, le lait payé au producteur est tombé à 316€ en 2015, à 294,5 € en 2016 pour ne remonter qu’à 345€ en 2017. Il se dit que  les prix moyens de 2018 pourraient baisser par rapport à 2017 en raison une nouvelle hausse de la production européenne ces derniers mois.

L’agro-écologie et la proximité pour promouvoir une agriculture durable

Il est probable que les échanges entre la présidente de la FNSEA et le Ministre de l’Agriculture porteront beaucoup en cette  journée du 29 mars sur les sujets de conjoncture, dont la loi qui doit être élaborée puis votée pour tendre vers une plus juste rémunération du travail des paysans. Mais, sans préjuger de ce que cette loi apportera, ou pas, au monde paysan, ni la FNSEA  ni le pouvoir politique ne se posent vraiment les questions qu’il est urgent de se poser en ce début de XXIème siècle.

Alors que le réchauffement climatique risque de se déboucher en peu d’années sur une grande insécurité alimentaire au niveau planétaire, s’en remettre au fonctionnent d’un marché mondial spéculatif pour fixer au jour le jour le prix des aliments de base que sont les céréales, les oléagineux, les viandes, les produits laitiers et le sucre peut déboucher rapidement sur des famines, des émeutes de la faim et des migrations massives de populations. Quatre années successives de production céréalière mondiale légèrement supérieure à la demande solvablene doivent pas masquer qu’une à deux mauvaises récoltes successives dans les pays exportateurs pourraient suffire pour provoquer d’importantes famines dans le monde dans la mesure où les stocks céréaliers de sécurité n’existent guère en dehors de la Chine et de l’Inde.

Si nous voulons permettre aux peuples de manger à leur faim tout en faisant contribuer l’agriculture au freinage du réchauffement climatique, il faut promouvoir partout l’agro-écologie et les cultures de proximité pour un maximum de consommateur. Le commerce, fut-il mondialisé, ne doit intervenir qu’en complément et les aliments que nous consommons ne doivent pas faire le tour du monde avant d’être déposés dans nos assiettes. Cette nouvelle vision du rôle des agricultures manque cruellement chez  Stéphane Travert devenu ministre de l’Agriculture en récompense d’un soutien précoce d'Emmanuel Macron pour accéder à l’Elysée. Elle a également manqué dans la préparation du congrès de la FNSEA.

 

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 05:41
Stand livres

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stand fleurs

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stand AFPS

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stand Morlaix - Wavel

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Pétition à signer au stand PCF Morlaix

Pétition à signer au stand PCF Morlaix

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 05:50

Notre fête a accueilli cette année, comme chaque année, une exposition.

Son thème : Mémoire 14 - 18, 100 ans après.

Exposition de photos, lettres, dessins.

Les exposants : Jean Marc NAYET, Philippe GRINCOURT et Sylvain COLLOMB 

PCF MORLAIX - Fête du 1er Mai : encore des photos
PCF MORLAIX - Fête du 1er Mai : encore des photos
PCF MORLAIX - Fête du 1er Mai : encore des photos

Notre fête c'est aussi un restaurant qui a fait le plein avec 180 convives.

 

PCF MORLAIX - Fête du 1er Mai : encore des photos
PCF MORLAIX - Fête du 1er Mai : encore des photos
PCF MORLAIX - Fête du 1er Mai : encore des photos
PCF MORLAIX - Fête du 1er Mai : encore des photos
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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 05:49

Les députés LREM les plus dévoués à leur président bien-aimé ne s'en cachent pas : le premier sujet qui est évoqué par leurs administrés, lorsqu'ils les croisent, est celui du pouvoir d'achat. Ils ont beau chercher toutes les échappatoires possibles et imaginables, reprendre les éléments de langage préparés par les technocrates de leur cabinet, promettre que l'avenir s'annonce prometteur et que le présent n'est pas aussi noir que ce que l'on dit, rien n'y fait. Il leur faut assumer d'être le représentant du « président des riches », et ce n'est pas une sinécure.

 

Il faut dire que les faits sont têtus et que les Français savent compter. Or, quand ils font la comparaison entre l'addition des dépenses (avec la flambée des taxes en tout genre) et celle des rentrées, ils constatent très vite que quelque chose cloche. C'est évident pour les retraités, ponctionnés par la hausse de la CSG, à l'exception des plus pauvres d'entre eux (lesquels sont aussi concernés par la majoration des taxes). C'est tout aussi vrai pour la masse des salariés dans un pays où le niveau des revenus, quoi qu'on en dise, est anormalement faible. A entendre parler à longueur de chronique du « coût du travail », on en oublie que la « valeur travail » dont parle parfois Bruno Le Maire (mais il ne va pas plus loin) est bien mal lotie.

 

Voilà des années que les salaires sont pressurés, rabotés, amputés au nom de la défense de la « compétitivité ». Résultat : malgré les efforts fournis par les citoyens ordinaires, malgré la logique du dumping salarial qui pousse vers la flexibilité sans la sécurité, malgré les annonces d'une reprise, encore faible, le pouvoir d'achat demeure le point obscur du débat public, celui dont nul ne parle, de peur d'ouvrir la boîte de Pandore. Et ce n'est pas la (faible) baisse des cotisations sociales pour les salariés qui réglera la question. Outre que cette initiative ébranle encore plus le modèle social français, en amputant ses ressources, cela ne compense pas l'ampleur des prélèvements, loin de là.

 

Le choc est d'autant plus brutal que le gouvernement a multiplié les cadeaux aux privilégiés, notamment avec la suppression de l'impôt sur la fortune et l'abaissement de la taxation du capital, comme si les riches ne l'étaient pas assez et qu'il leur en fallait toujours plus. On se retrouve ainsi dans une situation ubuesque qui amène Patrick Artus, responsable des études économiques à la banque Natixis, membre du conseil d'administration de Total, à écrire : « La dynamique du capitalisme est aujourd'hui bien celle qu’avait prévue Marx. » Et de préciser que l'augmentation de la rentabilité du capital s'explique par une compression des salaires qui conduit à une explosion de l'inégalité des revenus et à des phénomènes spéculatifs pouvant déboucher sur des crises financières.

 

A défaut de lire Marx, certains devraient lire Artus.

 

Jack Dion (Journal Marianne)

 

 

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 05:47

 

Les coopératives agricoles sont-elles encore prioritairement au service des coopérateurs? Une partie du monde paysan s’est fréquemment posé cette question ces dernières années dans différentes filières de production.

 La structure nationale Coop de France représente la coopération agricole au Salon de l’agriculture. Ses dirigeants ont expliqué hier la « stratégie collective de Responsabilité Sociétale des Entreprises(RSE) visant à accompagner ses adhérents ». Nous avons aussi dialogué avec Pascal Viné, le délégué général de Coop de France, qui a beaucoup communiqué ces derniers jours concernant les nouveaux enjeux auxquels doit se confronter la coopération agricole. 

 

D’année en année, le Salon international de l’agriculture devient un lieu de communication pour les metteurs en marché, les filières animales et végétales, les entreprises coopératives et privées, les régions. Cette année, une association francilienne comptant 18 bergers nous informe que « l’agneau francilien, élevé sous la mère, pâture une alimentation idéale pour une croissance adaptée avec des céréales provenant de la ferme ». Mais comme il faudrait que ces élevages produisent 120 tonnes de viande ovine par an pour fournir une moyenne de 10 grammes par consommateur francilien une seule fois dans l’année, il valait mieux s’intéresser à un communicant autrement important. C’est le cas de la coopération agricole et sa structure nationale Coop de France qui se trouve dans la Hall 4 du salon.

La vocation initiale de la coopération agricole était de permettre aux paysans de se regrouper pour mieux vendre la production agricole et acheter à moindre coût les semences ,les machines et les engrais dont ils avaient besoin. Depuis un certain nombre d’années, on a souvent reproché aux coopératives de se conduire comme des entreprises privées, utilisant leurs marges bénéficiaires pour grossir et s’internationaliser comme de vulgaires firmes capitalistes, au détriment de la rémunération des coopérateurs. La crise du lait, depuis 2015, a souvent montré que ces reproches n’étaient pas infondés.

« Ces critiques sont un peu faciles », objecte Pascal Viné, délégué général de Coop de France qui poursuit : « nous discutons aussi du partage de la valeur ajoutée avec nos adhérents, mais peut-être que nous ne le faisons pas assez. Nous devons aussi améliorer le dialogue avec toute la société, lui montrer que nous pouvons contribuer à faire évoluer notre modèle de société, répondre à des enjeux comme le réchauffement climatique».

Pour le coup, le Salon sert cette année de tremplin pour lancer un débat qui se poursuivra par une tournée dans les régions de France pour mieux prendre en compte les attentes des paysans coopérateurs et des salariés qui travaillent dans les coopératives. Ces dernières peuvent être des entreprises s de collecte céréalière, des sites de production de sucre de betterave, des laiteries et fromageries, des abattoirs, des unités de transformation végétale comme les légumes de conserve et d’autres encore.

On sait que le gouvernement dirigé par Edouard Philippe prépare une loi dont l’objectif revendiqué serait d’améliorer la rémunération des fournisseurs de matières premières que sont les paysans face à l’industrie alimentaire et à la grande distribution. On sait aussi que le président de la République a déclaré le 11 octobre 2017 que le but premier de cette loi « c’est la mise en place d’une contractualisation rénovée avec un constat qui sera proposé par les agriculteurs et non plus par les acheteurs, ce qui est à ce titre et à mes yeux fondamental. Nous modifierons la loi pour inverser la construction du prix qui doit partir des coûts de product0ion».

« On a trop raisonné en circuit fermé dans un cadre franco-français »

 Quand on évoque devant lui la faisabilité, ou pas, de cet objectif avancé par le chef de l’Etat, Pascal Viné observe que dans la réflexion pour savoir ce que donnera ette loi « les grandes absents sont nos partenaires européens. Sur beaucoup de sujets on a trop raisonné en circuit fermé dans un cadre franco-français lors des Etats généraux de l’alimentation. Ce n’est pas satisfaisant quand on est en situation de fragilité et qu’on risque de l’être encore un peu plus en cas de signature d’un accord de libre échange avec les pays du Mercosur pour importer de la viande bovine de qualité susceptible de fournir 25% du marché dans ce créneau de haut de gamme»,observe le délégué général de Coop de France 

 Lors de sa visite inaugurale du Salon de l’agriculture samedi dernier, Emmanuel Macron fut souvent interpelé par des éleveurs inquiets des conséquences de cet accord de libre échange qui pourrait faire entrer chaque année 99.000 tonnes de viandes bovines supplémentaires dans l’Union européenne. Le président de la République leur a répété que la France mettait en place « des lignes rouges » à ne pas franchir, sans jamais préciser sur quel volume annuel de viandes importées portaient ces lignes rouges. Pourtant, quiconque connait la manière dont fonctionnent les marchés des bovins et beaucoup d’autres en France, sait très bien qu’une offre plus abondante que la demande fait toujours chuter les cours des animaux vivants comme ceux de la plupart des végétaux.

Pascal Viné note à ce propos que les statuts des coopératives les obligent à prendre toute la production de leurs adhérents en vue de la vente, qu’il s’agisse ou pas de produits à transformer, ce qui conduit parfois à des fluctuations de prix à la baisse quand les débouchés auprès des consommateurs ne sont pas suffisants. Dans certains secteurs, les coopératives, comme d’ailleurs certaines entreprises privées, signent des contrats avec des paysans coopérateurs pour produire des denrées comme légumes de conserve. Ces contrats, dès lors que le producteur respecte le cahier des charges, permettent de garantir un prix de vente fixé à l’avance pour un volume donné de petits pois, de haricots verts ou de carottes, pour ne prendre que cet exemple légumier.

 

« On est allé trop loin dans la simplification des cultures »

 Quand on évoque avec lui les grands enjeux de ce siècle qui sont la nécessité d’avoir une agriculture durable, capable de produire autrement afin de freiner le échauffement climatique, Pascal Viné, entré récemment à cette fonction dans la coopération agricole après avoir travaillé à l’Office national des forêts, estime que ces cinquante dernières années « on est allé trop loin dans la simplification des cultures» .Il se prononce clairement pour un « retour des bonnes pratiques agronomiques » que certains coopérateurs pratiquent depuis longtemps tandis que d’autres y viennent à leur tour de manière progressive. Au delà de la progression dans les conversions en agriculture biologique, il note que les bonnes pratiques agronomiques sont en progrès et estime que les coopératives doivent amplifier ce mouvement, y compris en favorisant les circuits courts de commercialisation et autres ventes directes du producteur au consommateur.

Alors que les conséquences du réchauffement climatique risquent de perturber fortement la production agricole dans les prochaines années ; que l’Europe et la France manquent de protéines végétales pour l’alimentation humaine et animale ; que nous avons besoin de développer l’agroforesterie pour capter du carbone , produire des aliments et du bois , Coop de France dit vouloir être à l’initiative de « l’organisation d’évènements dédiés à la valorisation des bonnes pratiques coopératives ».

Le champ des possibles est vaste dans ce domaine. Comme outils structurants pour mettre en place une politique de l’offre en produits alimentaires nombreux et diversifiés, les coopératives agricoles sauront-elles demain être en capacité de jouer un rôle structurant et retrouver ainsi une nouvelle jeunesse dans les prochaines décennies? C’est souhaitable dans l’intérêt commun des paysans et des consommateurs. Mais, dans ce domaine comme dans d’autres, rien n’est jamais gagné d’avance. 

La coopération agricole en chiffres

On compte en France 2.500 coopérative agricoles, auxquelles s’ajoutent 12.260 CUMA qui sont des coopératives d’utilisation de matériel agricole par des groupes de paysans qui évitent ainsi de surinvestir individuellement dans du matériel que l’on utilise durant peu d’heures dans l’année. C’est notamment le cas d’une moissonneuse-batteuse. Les coopératives réalisent 40% du chiffre d’affaires de l’industrie agroalimentaire en France .75% des paysans adhèrent au moins à une coopérative, voire à plusieurs. Ces dernières font travailler 165.000 salariés. Enfin 550 coopératives sont engagées dans le bio, 74% ont leur siège social en milieu rural et 93% sont des Petites et Moyennes Entreprises (PME).

 

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 05:46

RAPPEL DES FAITS Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a dévoilé le 14 février dernier sa réforme du bac, qui entrera en vigueur en 2021.

 

CLARA JABOULAY – PRESIDENTE DE L’          union nationale lyceenne (unl)

LES LYCÉEN.NE.S DEMANDENT LA GARANTIE D'UN BAC NATIONAL ET ÉGALITAIRE

Le gouvernement d'Édouard Philippe a présenté le mercredi 14 février la réforme du baccalauréat. Son but est de réformer ce diplôme obtenu à la fin de l'année de terminale, car considéré comme « trop simple », en raison de son fort taux d'obtention, qui dépasse les 85 %. Nous considérons que le bac doit rester le premier grade de l'enseignement supérieur, qui doit apporter des garanties et des droits à l'ensemble des ractère national garantit le même que soit notre établissement. La réforme ne doit pas se elles et eux que confère ce diplôme. De plus, il est critiqué par le format des épreuves. C'est une épreuve où le bachotage est fortement mis en avant et est quasi dépendant pour la réussite de l'épreuve. Le gouvernement nous impose une réforme qui accroît les inégalités, enterre un diplôme national et renforce la sélection par tenons à alerter quant aux effets néfastes de la réforme du baccalauréat.

Ainsi, le gouvernement, avec le fil rouge des économies, instaure le contrôle continu afin de diminuer le nombre d'épreuves terminales à organiser et surtout à financer ! Le gouvernement instaure alors un contrôle continu à hauteur de 10 %, créant un diplôme inégalitaire. Il est nos copies, sans anonymat, et ainsi différents facteurs peuvent entrer en compte dans la notation. Mais, surtout, il est faux de dire que notre lycée n'influera pas sur la valeur de notre diplôme. Ainsi, les notes dépendront de notre situation géographique, qui dépend elle-même de notre situation sociale. Nous refusons que nos notes et notre baccalauréat dépendent de la réputation de nos établissements ! Nous rejetons un lycée qui accroît les inégalités territoriales de notre société ! Par ailleurs, le gouvernement a pour voeu d'installer un baccalauréat modulaire.

De cette manière, plusieurs binômes de matières vont être créés, mais ils ne seront en aucun cas applicables, par manque de budget, dans les établissements les plus défavorisés, s'il n'y a pas d'augmentation de ce budget pour les modules et de professeur.e.s suffisants. Finalement, chacun de nos établissements n'aura pas les mêmes enseignements. Ainsi, ce n'est plus un seul et même bac que nous aurons, mais un bac par établissement et par élève ! Mais, ce n'est pas seulement notre bac national qui est remis en cause, c'est aussi notre accès à l'enseignement supérieur ! S'il y a autant de bacs que de lycées, les universités pourront sélectionner un profil extrêmement précis d'élèves, qui exclura toute une catégorie de lycéen.e.s.

Il sera facile de justifier la sélection lorsque quelqu'un qui n'a pas pu faire de mathématiques, par manque de moyens dans son établissement, voudra aller en sciences. Ainsi, notre entrée dans l'enseignement supérieur sera conditionnée par l'offre d'enseignements que proposera notre établissement et par la valeur de notre diplôme qui dépendra du lycée où on a étudié. Contre cette à l'enseignement supérieur, nous répondons par la mobilisation !

DENIS COLLIN – PROFESSEUR AGREGE, ANIMATEUR DU SITE « LA SOCIALE »

LA MORT PROGRAMMÉE DES «HUMANITÉS»

La réforme présentée par JeanMichel Blanquer au Conseil des ministres du 14 février peut sembler beaucoup plus modérée que la révolution (ou plutôt la contre-révolution) prônée par le rapport Mathiot, mais dont une large partie a été inspirée par Terra Nova. Tactique classique : le rapport Mathiot sert de test... et de leurre. Après Mathiot, on souffle et on se dit qu'on a échappé au pire. JeanMichel Blanquer a expliqué à qui voulait l'entendre que, pour révolutionner le système éducatif, il suffisait d'en changer une petite partie, stratégiquement choisie, et que tout le reste s'ensuivrait.

Il y a trois points clés qui commandent l'ensemble du dynamitage du système : Parcoursup, qui organise l'affectation sélective des étudiants dans l'enseignement supérieur, en fonction des capacités d'accueil ellesmêmes déterminées par les demandes en matière d'emploi (l'amendement des sénateurs à ce propos et pris en compte par les députés est explicite) ; la réforme du baccalauréat ; et, enfin, le développement de l'autonomie des établissements qui choisiront leur « offre de formation » et pourraient bientôt choisir eux-mêmes leurs professeurs dans le cadre d'une réforme du statut et du recrutement de ceux-ci, actuellement en préparation. La suppression des filières revient de fait à supprimer des ensembles de formation cohérents qui permettent encore aujourd'hui de faire du baccalauréat un niveau de qualification reconnu nationalement par les conventions collectives. De fait, cet examen sera un examen « maison » et, selon l'endroit où les élèves le passeront, ils pourront prétendre à certaines formations ou pas.

De plus, le baccalauréat « à la carte », appuyé sur un socle commun, aboutit à affaiblir sérieusement certains enseignements : la philosophie, victime de la suppression de la filière L, c'est-à-dire de ce qui restait de l'antique classe de philosophie, mais aussi l'enseignement des mathématiques et celui des sciences économiques et sociales, qui n'est plus qu'une spécialité parmi neuf autres.

Les choix proposés aux futurs bacheliers sont purement illusoires. Tous les lycées ne pourront pas offrir toutes les combinaisons de spécialités qu'il faudra de toute façon faire entrer dans le cadre toujours plus restreint de la dotation horaire globale. Et, surtout, les lycéens feront leurs choix en fonction des attendus des formations de l'enseignement supérieur, qui ne permettront pas beaucoup de fantaisie.

Enfin, on voit apparaître des spécialités qui accouplent plusieurs disciplines Se profile ici la polyvalence des professeurs sur les modèles allemand ou italien. Professeur de philosophie et de français ou de biologie et de géographie... Ce qui est promu, c'est un affaiblissement des savoirs disciplinaires et donc un affaiblissement du contenu de savoir proprement dit, au profit de la capacité de parler de tout sans trop s'y connaître, ce qui sera l'objet du fameux « grand oral », terme pompeux pour désigner la promotion des actuels et très décriés « travaux personnels encadrés », qui ne sont qu'une matière optionnelle.

Au total donc, derrière une rhétorique éprouvée, un affaiblissement drastique des contenus réels transmis par le lycée, avec d'ailleurs l'enterrement officiel des langues anciennes qui ne sont plus que des disciplines optionnelles. Fin des « humanités » annoncée dans la « novlangue », où les mots veulent dire le contraire de ce qu'ils sont censés dire.

 

NICOLAS KEMOUN – PROFESSEUR DE SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES, AVEC LE COLLECTIF « TOUCHE PAS A MA ZEP »

LES LYCÉENS D'ORIGINE POPULAIRE: LES SACRIFIÉS DU LYCÉE BLANQUER

Nicolas Kemoun Professeur de sciences économiques et sociales, avec le collectif Touche pas ma ZEP

La France est régulièrement épinglée, dans les enquêtes internationales, pour le caractère profondément inégalitaire de son système scolaire. Les chiffres du ministère pointent aussi l'inégalité sociale de réussite scolaire : parmi ceux entrés en 6e en 2007, 41 % des élèves d'origine favorisée sont en série scientifique en 2013, contre seulement 10 % des élèves d'origine défavorisée. Pourtant, la réforme annoncée du lycée et du baccalauréat ne dit rien de leur caractère profondément inégalitaire et ne propose rien qui leur permettrait de l'être moins. Les effectifs des CP de certains réseaux d'éducation prioritaire (REP +) ont certes été divisés par deux, mais au prix d'une hausse des effectifs dans les autres niveaux, y compris en REP. De plus, entre le CP et la L1, rien : le ministre fait comme si les inégalités s'évaporaient soudainement entre l'enseignement primaire et l'enseignement supérieur. Ainsi, la réforme du lycée et du baccalauréat dont les grandes lignes ont été présentées le 14 février est porteuse d'accroissement des inégalités sociales devant l'école. D'une part, ce lycée dit « modulaire » impose aux élèves de choisir précocement leurs parcours.

Or, la capacité des familles à faire les bons choix est fortement liée à leur connaissance du système scolaire, elle-même déterminée par leur niveau de diplôme. D'autre part, l'introduction du contrôle continu aboutira à des baccalauréats de valeurs différentes selon les lycées. Cela pénalisera les lycéens des quartiers populaires, d'autant plus que le nouveau dispositif d'accès à l'enseignement supérieur, Parcoursup, étend la sélection à l'université. Les effets conjoints des réformes du lycée et de l'accès à l'enseignement supérieur sont indissociables : les erreurs d'aiguillage dès la seconde fermeront les portes de nombreuses formations post-bac.

Par ailleurs, le ministère poursuit la liquidation amorcée par le gouvernement précédent du seul dispositif qui luttait contre les inégalités sociales de réussite scolaire, l'éducation prioritaire, dont les lycées ont été écartés. Même si le manque de moyens accordés a pu limiter ses effets, cette politique compensatrice, en donnant plus à ceux qui ont le moins, permettait de contenir les inégalités. En effet, nous, qui enseignons principalement à des élèves de milieux populaires, savons toute l'importance pour leur réussite d'un accompagnement pédagogique renforcé et d'une limitation des effectifs par classe. Pourtant, les dotations annuelles allouées aux établissements pour la rentrée 2018 sont en baisse dans la plupart des lycées qui devraient relever de l'éducation prioritaire. Les conséquences : augmentation des effectifs par classe, suppression des cours en petits groupes et des projets d'ouverture culturelle ou de soutien aux élèves. Comment alors espérer réduire l'inégalité des chances ?

Le collectif Touche pas ma ZEP, constitué l'an dernier, continue de revendiquer une carte élargie de l'éducation prioritaire, de la maternelle au bac, incluant les lycées, dotant les établissements qui en relèvent d'un statut clair, garantissant à leurs élèves des effectifs limités et des moyens supplémentaires, et à leurs personnels des compensations spécifiques permettant d'y maintenir les enseignants les plus expérimentés et de stabiliser les équipes. M. Blanquer, réformer le lycée sans affronter son échec principal ­ la persistance d'inégalités sociales massives face aux filières et face au baccalauréat ­ serait un gâchis déplorable. Prétendre le faire tout en liquidant l'éducation prioritaire une hypocrisie majeure.

 

PHILIPPE BOURSIER - PROFESSEUR DE SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES ET MEMBRE DE LA FONDATION COPERNIC

LA STRATÉGIE DU CHOC

La vague de réformes qui frappe les lycées et verrouille l'accès à l'université vise aussi à assujettir plus encore la force de travail à la volonté de ceux et celles qui en extraient du profit. Il s'agit d'abord de baisser la masse salariale dans les lycées eux-mêmes, en réduisant drastiquement le recrutement d'enseignants titulaires. La baisse de 20 % des postes mis aux concours externes du second degré en 2018 anticipe la destruction à venir des postes stables dans le secondaire. Il s'agit aussi de générliser le recours aux contractuels, dans l'éducation et dans le reste des services publics, pour mieux défaire le statut de fonctionnaire et détériorer ainsi le rapport de forces entre les salariés stables et le patronat.

Les réformes en cours dans l'éducation ne peuvent également que précariser un peu plus les jeunes des classes populaires. Les jeunes, à qui on ferme l'accès à l'université, seront privés des protections que procure le statut d'étudiant, et ainsi contraints d'accepter des conditions d'embauche et de rémunération toujours plus dégradées. La réforme annoncée de la voie professionnelle étend également la précarité en encourageant l'apprentissage et en ajustant les filières au bassin d'emploi, c'est-à-dire aux intérêts immédiats du patronat.

Plus largement, le démantèlement du bac remet en question le principe des diplômes nationaux construits comme des points d'appui collectifs dans la définition des qualifications et des grilles des salaires. Il y a bien longtemps que le patronat rêve de faire éclater la grille des salaires codifiée par les conventions collectives en remplaçant les diplômes certifiés par l'institution scolaire par des compétences validées ­ à la baisse ­ par le monde de l'entreprise. On ferait alors glisser la négociation salariale à un niveau de plus en plus local et individuel et donc de plus en plus défavorable aux salariés.

Reste l'arrière-plan politique et stratégique des décisions prises. Les années d'université participent à la construction critique des personnes et les sensibilisent à l'action collective. Le monde étudiant, notamment celui qui a des origines sociales dominées, a eu par exemple un rôle décisif dans la bataille victorieuse engagée aux côtés des salariés et de leurs organisations syndicales contre le contrat première embauche (CPE) en 2006. La sélection à l'entrée de l'université poursuit ainsi l'objectif inavoué de défaire les pôles de résistance du monde étudiant qui, dans un contexte de massification scolaire et de déclassement d'une partie des diplômés, sont toujours susceptibles de catalyser les puissantes mobilisations de la jeunesse des lycées et des universités.

Les attaques contre les lycées et l'accès à l'université participent très clairement des mesures libérales autoritaires qui frappent les salariés, de la facilitation des licenciements aux projets punitifs contre les chômeurs. À cette stratégie du choc, qui espère créer un état de sidération et neutraliser les résistances, nous devons opposer la volonté collective d'assumer pleinement l'affrontement qui vient en fédérant autour d'un intérêt commun salariés de l'enseignement public secondaire et supérieur, lycéens, étudiants et parents d'élèves. Et puisque l'offensive est conduite conjointement contre le service public d'éducation et contre les salariés, ce vaste mouvement unitaire doit sceller une alliance durable entre les mobilisations du monde de l'école et celles du monde du travail.

 

« CE QUI S'ORGANISE, C'EST UNE PÉPINIÈRE DES PREMIERS DE CORDÉE. LES AUTRES N'AURONT QUE DES MIETTES. » PIERRE OUZOULIAS, SÉNATEUR COMMUNISTE

 

 

 

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