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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 06:33

 

Assemblée citoyenne de Saint Pol de Léon sur l'agriculture: vendredi 9 mars 2012

 

Cela a été un grand moment de réflexion politique partagée et d'éducation populaire sur un thème si important pour la région et le Léon. 30 personnes étaient venues assister à cette huitième Assemblée Citoyenne du Front de Gauche organisée dans le cadre de la campagne législative et présidentielle depuis le mois d'octobre: elles ne l'ont certainement pas regretté tant l'intervention de Xavier Compain et le débat auquel elle a donné lieu ont été instructifs et stimulants.

 

J'ai ouvert la réunion par une courte intervention pour rappeler la logique des Assemblées Citoyennes, me féciliter de la dynamique de la campagne militante du Front de Gauche qui porte ses fruits aujourd'hui dans notre rapport à la population et dans les intentions de vote, et j'ai aussi mis en avant le caractère central de la question de l'agriculture dans les problèmes politiques de la région en rappelant qu'on était confronté aux effets pervers de l'agriculture productiviste et hyper-concentrée tels que les algues vertes ou la pollution du Guillec et de la baie de Mogueriec aux pesticides en octobre 2010.

 

Jean-Jacques Labous, syndicaliste à Saint Pol de Léon, a ensuite exposé les particularités de la Bretagne au niveau agricole, puisqu'il s'agit de la première région agricole de France, et, à l'intérieur de la Bretagne, de la région léonarde, le marché de légumes le plus important au niveau de la quantité et de la diversité.

 

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Xavier Compain, responsable national du PCF en charge des secteurs de l'agriculture et de la pêche, ancien responsable du MODEF, et éleveur de vaches laitières dans les Côtes d'Armor, a ensuite exposé pendant 40 mn les orientations du Front de Gauche et les actions du PCF dans les assemblées en matière d'alimentation et d'agriculture.

 

Voici les grandes idées qui se dégagent de son intervention:

 

L'agriculture n'est pas une affaire de paysans seulement, et le Front de Gauche le montre très bien depuis 2 ans à travers la multiplicité des réunions publiques qu'il consacre à ce thème. Il s'agit d'un enjeu citoyen sur lequel il ne faut pas hésiter à bousculer le professionnel.

 

Le Front de Gauche met dans le débat public quatre grands engagements en matière d'agriculture:

1) Recréer 300.000 emplois dans l'agriculture alors que tous ceux qui se succèdent depuis 20 ans ont accéléré le démantèlement du milieu agricole. Ce chiffre est crédible: il consiste à recréer les emplois qui ont été liquidés depuis le dernier recensement agricole. La condition pour y parvenir, c'est d'arriver à une meilleure rémunération du travail.

 

2) Tout le monde doit avoir accès une alimentation saine, de qualité.

 

3) Il faut initier la transition écologique de l'agriculture. C'est là sans doute une formulation d'objectif qui doit beaucoup à nos partenaires du Front de Gauche. On est capable de ne pas être d'accord sur tout mais de cheminer ensemble. L'apport des communistes, c'est de dire que c'est le cochon à 2 euros qui fait de la réduction des tailles d'exploitation. Ceci dit la première victime des pesticides, par exemple, ce sont les paysans. Il s'agit d'un scandale plus important que l'amiante: la mutualité agricole n'indemnise pas ou très mal les victimes des pesticides.

 

4) Un développement équilibré du territoire. Le pilier fondamental de la ruralité, ce sont des activités primaires telles que l'agriculture, la pêche, la pisciculture, activités où il faut préserver et étendre l'emploi. Après il y a toute une bataille à mener sur le maintien des services publics au niveau rural.

 

 Le programme agricole du Front de Gauche est un des plus poussés, des plus travaillés. Il implique par exemple:

 

1) De sortir l'agriculture et l'alimentation de l'OMC. Il ne s'agit pas que d'une déclaration mais d'une bataille politique à mener réellement et c'est que nous demanderons, s'ils reviennent au pouvoir, aux socialistes, et au très libéral Stephane Le Foll, déjà annoncé ministre de l'agriculture. Ce qui concerne les estomacs des êtres humains ne doit pas être l'apanage de l'OMC. Après, il y a tout un débat sur la PAC que l'on mène au sein du Parti de la Gauche Européenne au Parlement Européen pour faire face aux défis alimentaires et démographiques qui nous forcent à multiplier par deux la production alimentaire. Il faut définir une politique de sécurité et d'auto-suffisance alimentaire au niveau des grandes régions: cela passe par une régulation et une protection des producteurs locaux. La FAO doit être le grand arbitre international et faire en sorte réellement qu'il y ait des échanges mutuellement avantageux sur les produits alimentaires. Nous ne sommes pas pour autant des inconditionnels du protectionnisme, contrairement aux caricatures: on ne s'interdit pas de commercer du cacao et du café, mais on commerce sans dumping social, environnemental. Il faut à l'échelle nationale ou au moins continentale une planification agricole et alimentaire: le marché ne doit pas tout contrôler.

2) Il faut réorienter les fonds de coopération au développement: plutôt que d'envoyer du riz FAO dans les situations d'urgence simplement, il faut investir dans des outils de prouction et de conservation des biens alimentaires (frigos, silos...) qui permettront aux pays en voie de développement d'être davantage auto-suffisants.

3) Nous ne tolérerons pas que les accords bilatéraux de libre-échange laminent nos emplois agricoles. Actuellement, l'Europe importe 450000 tonnes de viande bovine par an: c'est de la viande à moins de 1€ le kilo comme celle qui vient d'Argentine. Les accords du Mercosur nous en imposeraient 500000 tonnes de plus. Dès lors, la messe est dite sur la production bovine française. La même chose s'est produite il y a 30 ans au niveau du mouton. Résultat: aujourd'hui, 7 agneaux sur 10 sont importés.

4) Il faut en finir avec le discours lénifiant sur les « montagnes de beurre, les fleuves de lait ». Bruno Lemerre, le paysan de Neuilly, nous dit qu'il ne reste que 15 jours de stocks de céréales en France. Au niveau international, c'est 60 jours. La FAO recommande au moins 75 jours de stocks pour assurer la sécurité alimentaire. C'est la pauvreté de ces stocks alimentaires qui rend les peuples plus vulnérables aux aléas climatiques, aux aléas du marché et à la spéculation. Martine, la voisine de Xavier Compain, a un théorème infaillible pour dénoncer cette situation: si ceux qui sont aux mannettes des politiques agricoles s'occupaient d'un troupeau de vaches, cela ferait bien longtemps qu'ils l'auraient fait crever par imprévoyance et étourderie.

5) Assurer la transition écologique de l'agriculture, c'est resemer et produire nos protéines végétales sur le territoire européen. Actuellement, 75% de l'aliment d'élevage est importé (soja, manioc) et si la Bretagne a de beaux porcs, c'est d'abord parce qu'elle a de beaux ports pour faciliter ces importations. Il faut un accompagnement financier pour produire à nouveau sur notre sol des protéines végétales pour nos élevages: ces aides pourraient être associées à une taxation des importations sur des critères environnementaux (coût en émission de gaz carbonique, normes de production) et sociaux, alimentant un fonds destiné à la transition écologique de l'agriculture.

C'est dans l'air du temps de soutenir verbalement les filières labélisées, les circuits courts, le bio: pour nous, c'est un objectif essentiel, et c'est pour cela que des électeurs Verts rejoignent la gauche de transformation sociale et écologiste que nous représentons. Mais le bio exclusif, il faut en avoir conscience, cela ne représente que 3% de la consommation au niveau national. Pour ce qui est des circuits-courts actuellement, on bute sur l'organisation du capitalisme, il faut le dire! Pour développer ces modes de production et de consommation, ce qui est indispensable afin qu'ils ne bénéficient pas qu'à une minorité de la population, il faut faire sauter les verrous du code des marchés publics. Actuellement, rappelons-le et c'est inadmissible, les paysans qui font du bio sont les derniers payés de la PAC et les plus contrôlés. De plus, il y a bio et bio: il suffit d'aller dans un rayon bio d'un supermarché et de voir que tous les fruits et légumes bio sont d'importation, sauf les betteraves. Un producteur qui fait du bio et qui commence à mettre la main dans la grande distribution se fait vite bouffer le bras. La grande distribution n'est pas notre alliée mais l'adversaire des solutions progressistes en matière de consommation et de rémunération des producteurs, n'ayons pas peur de le dire.

Le troisième grand axe de notre transition écologique concerne l'accès au foncier. Je pense à l'accaparement des terres cultivables chez nous par les habitations et les promoteurs ou les plus gros exploitants, au Sud par des spéculateurs qui font du business sur la famine. Ainsi, par exemple, la Somalie produit de l'oignon blanc bio à la pelle mais importe du riz FAO. Dans le même ordre d'idée, on peut parler de la honteuse vente forcée de leurs quotas de pêche par les pays pauvres ou du pillage des eaux territoriales du Sud de l'Afrique par des navires russes ou japonais. Et au Kenya, croyez-vous qu'il y a beaucoup de gens qui mangent des fleurs? L'objectif inconditionnel que l'on se donne, c'est que la terre aille à l'agriculture et à l'alimentation. En France, dès maintenant, il faut agir pour changer la gouvernance des SAFER: tout ça grenouille actuellement dans les mains non désintéressées des copains du syndicalisme majoritaire. Il faut y mettre de « l'ingrédient public », nos élus dans leur diversité. Il faut aller vers l'élargissement syndical dans les Safer et SBAFER et intégrer même des citoyens à leur gestion selon nos principes d'une 6ème République impliquant les citoyens dans les décisions. De la même manière qu'il existe actuellement une SMI, surface minimale d'exploitation, il faut aller vers une surface maximale d'exploitation, pour s'opposer au devenir industriel de l'agriculture et à son hyper-concentration destructrice d'emplois. Il faudrait respecter effectivement la règle existant actuellement suivant laquelle quand une terre se libère, on consulte d'abord les petits, puis les moyens exploitants pour son rachat. Mais le meilleur rempart contre la course au productivisme et à l'agrandissement, c'est la rémunération du travail. Les paysans ont perdus 50% sur le litre de lait ces dernières années. Aujourd'hui, la contractualisation les oblige à des contrats hypothétiques. Ce que nous disons nous, et nous sommes entendus des exploitants, c'est qu'en dessous de 320 € les 1000 litres, on ne rémunère pas le litre de lait. Un bon niveau de rémunération se situerait à 400 € les 1000 litres. Actuellement, seulement 7% du prix d'un pot de yaourt revient au producteur de lait. De la même manière, les producteurs de fruits et légumes crèvent la bouche ouverte depuis 15 ans à cause du dumping social et environnemental des importations.

 

André Chassaigne a élaboré un projet de loi pour le revenu paysan qui a été approuvé par l'ensemble des représentants de la profession consultés (FNSEA, Confédération Paysanne, Jeunes Agriculteurs...) et par les associations de consommateurs (CLCV, familles de France, CGT) et les associations humanitaires (secours catholique, restos du coeur). Celui-ci prévoit d'abord d'encadrer les marges de la grande distribution par des coefficients multiplicateurs. En 1986, les taux de marges oscillaient entre 25 et 30%: ils peuvent maintenant atteindre 400%, comme sur la pêche-nectarine l'été dernier! Parce que Leclerc est le grand financeur du PS, tous ne s'en émeuvent pas à gauche. Nous, nous sommes sur un positionnement de classe: évidemment, nous n'aurons jamais d'amis dans la grande distribution.

La deuxième idée, ce sont les prix indicatifs.

Le troisième outil, une conférence annuelle sur les rémunérations dans l'agriculture: nous vivons sur un mythe, il n'y a jamais eu de négociation dans le monde agricole. Depuis la réforme de la PAC de 1992, les agriculteurs se prennent surtout des coûts de trique par les technocrates qui les ont mis à merci de la concurrence mondiale et de la grande distribution. Nous plaidons aussi pour qu'il y ait des restrictions à l'importation quand nos primeurs arrivent à maturité et suffisent à satisfaire la demande nationale. Quand on est à l'initiative dans les institutions, il y a toujours des choses qui bougent: le PS a voté pour ce projet, revu et amendé, à l'Assemblée et au Sénat. Comment nos amis socialistes diront non dans ce printemps fleuri après avoir dit oui dans cet hiver bien triste?

Pour les élections professionnelles, nous réclamons la proportionnelle.

Le dernier engagement du projet de loi PCF concocté par Chassaigne et la commission agriculture concerne les retraites agricoles. La gauche plurielle les a fait passé de 350 € à 500€ pour les conjoints, à 700€ pour les chefs d'exploitations. Mais la moyenne des retraites agricoles se situe encore autour de 400€. La proposition que nous faisons, et qui reprend les revendications syndicales, c'est d'instaurer une retraite à 1000€. C'est qu'il faut prendre en compte le problème de la dépendance en milieu rural, le coût des maisons de retraite.Pour lutter contre la spéculation et assurer notre sécurité alimentaire contre les variations climatiques, l'engagement communiste, c'est de créer des stocks de sécurité alimentaire au niveau européen.

 

 Le débat

- Jean-Jacques Labous souligne l'inquiétude des salariés des dépôts de légume menacés de fermeture avec la création du grand entrepôt robotisé de la SICA. La Sica nous parle de requalification, de formation professionnelle. Mais il y a une difficulté évidente de réadaptation pour des salariés qui ont 50 ans, qui ont travaillé 30 ans comme manutentionnaires ou embaleurs... De plus, il y a le problème des saisonniers qui vont se trouver sans emploi. Nous craignons que la direction de la Sica fasse traîner les choses et ne revèle qu'au dernier moment les conséquences sociales de son projet pour que les salariés ne se mobilisent pas. Ces milliers d'emplois induits par la construction des nouveaux dépôts pharaoniques dont nous parle Le Guen, le député de Landivisiau, on ne sait pas où il va les trouver. Auparavant il y avait 600 embaleurs dans la zone légumière, aujourd'hui il n'y en a quasiment plus. 

 

- Un intervenant qui travaille lui-même comme saisonnier dans l'agriculture et comme Johny's, Olivier, met en avant les conditions d'exploitation des travailleurs dans les serres de tomates, les champs d'échalottes. Les salaires dans l'agro-alimentaire sont souvent dérisoires pour ceux qui n'ont pas d'exploitation. Avant, on avait le SMIC, maintenant, le salaire, c'est une aumône. Les jeunes iraient bien bosser s'ils étaient payés correctement. Dans le Haut-Léon, entre Saint Pol et Lesneven, c'est l'apocalypse. Dans la région de Brest, grâce à des coopératives du type SAVEOC qui écoutent les revendications des employeurs et des salariés, c'est un peu mieux. Dans le Sud-Finistère c'est encore mieux. Mais chez nous, les agriculteurs sont vraiment prêts de leurs sous et payent leurs saisonniers au lance-pierre. Cela se traduit par une SICA qui a des fonds exhorbitants pour s'acheter des danseuses, dont cette compagnie de fret ferroviaire rivale de la filiale de la SNCF, Novatrans, concurrente du service public, Combiwest, dont le président est le vice-président de la SICA. Qu'est-ce que vont faire les agriculteurs dans cette galère? A chacun son métier. Comment se féliciter que la SICA s'engouffre dans la dérégulation et la privatisation du rail? Elle va maintenant profiter d'un dépôt- d'une plateforme rail-route construite à Saint Martin des Champs avec des deniers publics, mais que la SNCF n'a jamais pu exploiter faute de volonté politique. Là encore, on socialise les pertes et on privatise les profits. 

 

- Joël Helary (CGT) rappelle que parmi les salariés de l'agriculture, il y a 4 coefficients sur 8 en-dessous du SMIC: le coefficient le plus bas représente 9,22€/jour - 1€ de l'heure! Quand on négocie avec la FNSEA, il nous tienne le même discours que le MEDEF: "on vous comprend, on voudrait bien vous donner plus, mais on ne peut pas! On ne pas faire autrement"...

 

- Pour Gaby Le Gall, conseiller municipal communiste à Roscoff, il y a des gens qui assurément s'en mettent "plein les fouilles": Auchan, Leclerc. La plateforme de fret à Saint Martin des Champs a été construite avec nos impôts. Maintenant, la Sica récupère cet outil. C'est inacceptable qu'elle s'engage ainsi dans la dérégulation du fret. Pour laisser passer Combiwest et d'autres compagnies privées, on met en danger des transports de voyageurs et il y a failli avoir de graves accidents à plusieurs reprises suite à une saturation des voies. Par ailleurs, un des moyens de défendre le revenu paysan, c'est la coopérative que le Front de Gauche doit promouvoir et encourager. Dans le Languedoc-Roussillon des producteurs de lait se sont associés en coopérative: il y a quelques années, Lactalis leur donnait 27 centimes pour le litre de lait, maintenant, ils obtiennent 90 centimes du litre de lait. C'est ça les mérites de l'organisation coopérative: créer un rapport de force pour négocier des prix rémunérateurs auprès des intermédiaires et de la grande distribution. La Sica au départ avait ce type de mérites, mais elle devient une organisation capitaliste. Beaucoup d'agriculteurs d'ailleurs sortent de la Sica aujourd'hui. Oui il y a des bastilles à reprendre: je pense à ces banques qui créent des filiales d'assurances pour spéculer sur la misère des gens. 

 

- Pour Xavier Compain, il y a des possibles à réouvrir. Les coopératives doivent vendre elles-mêmes leurs productions. Or, actuellement, 80% de celles-ci passent par la grande distribution. Il faut une volonté politique pour promouvoir la vente par les coopératives elles-mêmes. 

 

- Alain David met en avant le fait que la nourriture n'est pas une marchandise comme une autre, que c'est vital pour les individus, pour les pays. Il faut donc raisonner en termes de filières: de la production jusqu'à la consommation, on doit sortir de la domination de la finance. 

 

- Ismaël Dupont affirme que pour lui, il ne faut pas hésiter à affirmer son idéalisme et critiquer radicalement les principes du système ou du modèle agricole mondial et européen actuel. 1,3 milliards de personnes, 43% des actifs dans le monde sont des agriculteurs- dans les pays en voie de développement, cela représente 60 à 70% des actifs. Nous sommes donc loin d'être passés à un monde d'économie tertiaire post-agricole. Mais 70% de ceux qui vivent dans l'indigence et qui souffrent de la faim sont des paysans. Pourquoi? En particulier parce que dans les années 1970-1980-1990, le FMI a profité du moyen de chantage que constituait la dette publique pour forcer les pays du Sud à ouvrir leurs marchés aux importations de produits agricoles occidentaux plus compétitifs (car subventionnés en amont et protégés par des prix garantis surtout à l'époque) et pour les encourager à se spécialiser dans des monocultures d'exporation dont les travailleurs sont des salariés et des demi-esclaves plutôt que de poursuivre une l'agriculture vivrière indépendante leur assurant de manger à leur faim. Aujourd'hui, en Afrique, dans les pays arabes, cela coûte moins cher d'acheter du poulet breton que du poulet local... Ces pays en voie de développement ont été rendus trop dépendants des importations et les recettes que leur apporte leur culture d'exportation, comme les cours mondiaux sont contrôlés par les économies les plus puissantes et soumis à toutes les spéculations et variations de la production, sont insuffisantes pour compenser le déficit de la balance commerciale. Il faut donc permettre à ces pays du Sud d'organiser leur sécurité alimentaire par grandes régions sinon par pays et de protéger leurs marchés intérieurs et leurs producteurs. Il faut les aider à se développer techniquement pour avoir une agriculture plus efficace plutôt que de leur vendre des armes, des autoroutes ou des aéroports pour les dictateurs. L'autre volet de ce contre-modèle agricole qui marche sur la tête, c'est l'agriculture industrielle, productiviste, hyperconcentrée et polluante, qui remunère de moins en moins la moyenne des agriculteurs, dans nos pays occidentaux. Est-il normal que la Bretagne produise chaque année 14 millions de porcs, (60% des porcs français), 40% des volailles en France? A côté de cela, nous ne sommes que la vingt-et-unième région française sur vingt-deux pour le montant du revenu paysan. Ce modèle de développement agricole basé sur la dérégulation des prix compensée par des subventions qui donnent toujours une prime à l'agrandissement, l'investissement dans le matériel, basé sur l'endettement privé, l'emprise de la grande distribution et de l'agro-alimentaire, des fabricants d'aliment pour élevage et de pesticides, sur l'hyper-spécialisation et l'élevage hors sol, c'est un contre-modèle qu'il faut repenser, remettre à plat, car il est responsable, sinon d'une surproduction, du moins de prix des denrées ne suffisant pas à faire vivre les producteurs (le prix du porc tombe souvent à 1,10€ le kilo ces derniers mois, alors qu'il faudrait qu'il soit à 1,60€ le kilo pour faire vivre les éleveurs en dehors des subventions compensatoires). Un des moyens de préserver et d'augmenter l'emploi agricole, c'est de revenir à une agriculture paysanne d'intérêt général soucieuse de l'environnement et de la santé publique, pouvant se développer grâce à une protection des prix, un soutien public dans l'accès à la terre, une relation plus directe au consommateur... Rendons-nous compte que le nombre d'agriculteurs a été divisé par 10 en 100 ans: jusqu'où se perpétuera l'hémorragie si on continue à valoriser la production industrielle, l'hyper-spécialisation? L'argent serait mieux employé à défendre une agriculture paysanne qu'à soutenir les grands intérêts agro-alimentaires: en 2009, Doux touchait 200 à 300 euros de l'Union Européenne pour la tonne de poulets abattus. Il faut revoir le mode d'attributions des subventions de la PAC, non pour laisser faire les mécanisme de lutte pour l'existence et la compétitivité maximale du marché non faussé, mais au contraire pour soutenir davantage les petites exploitations, l'agriculture bio et écologiquement responsable. 

 

- Un intervenant: pour aller dans ton sens: il y avait 400 exploitants il y a 30 ans dans la région de Saint Pol de Léon, il y n'en a aujourd'hui plus que 100. 

 

- Yvon Dissez, de l'association "Peuples Solidaires" annonce la création d'un collectif finistérien "pour la Souveraineté alimentaire dans les pays du Sud et en Europe" et dit que ce qu'il a entendu ce soir se rapproche des vues de ce collectif ouvert aux citoyens, aux associations, aux syndicats mais pas aux partis politiques, collectif qui compte pour l'instant plusieurs organisations signataires: CCFD-Terre Solidaire, Peuples Solidaires de Brest, Landerneau, Lesneven, St-Pol -Morlaix, Confédération Paysanne, Chrétiens dans le Monde Rural, Maison de l'agriculture bio, Ti ar Bed. 

Quelles sont les revendications de ce collectif, sur lesquelles il veut inviter les candidats à s'engager:

- Placer le concept de souveraineté alimentaire au coeur des décisions et des mécanismes et décisions au niveau des Etats et des instances supranationales.

- Inscrire le droit à la protection des marchés agricoles, par pays ou groupe de pays, dans les règles du commerce international.

- Soutenir au nord comme au sud une agriculture paysanne et familiale, soucieuse de la place des femmes, maintenant la mixité des cultures et de l'élevage préservant les écosystèmes et l'accès aux semences paysannes. L'UE doit aussi viser  l'autonomie en protéines et encourager des systèmes de production alternatifs, comme l'agriculture biologique.

- Prononcer un moratoire sur les concessions et acquisitions de terres à grande échelle tant que des cadres juridiques contraignants n'ont pas été adoptés aux plans national et international.

- Mettre fin au soutien public à la production et à la consommation d'agrocarburants.

- Lutter contre la volatilité des prix des matières agricoles et énergétiques.

 

(Contact pour se rapporcher du collectif: yvon.dissez@free.fr)

 

- Tout en regrettant que le collectif ne soit pas ouvert aux organisations politiques en tant que telles, constituées parfois comme chez nous au Front de Gauche  de citoyens tout autant révoltés de la marche du monde et décidés à agir pour le changer que les militants associatifs qui composent ce collectif alter-mondialiste, plusieurs intervenants, dont Xavier Compain et Ismaël Dupont, ont remarqué que la plateforme de revendications exposées par ce "Collectif 29 pour la Souveraineté Alimentaire" rejoignait complètement notre projet et notre programme visant à subordonner le problème de l'agriculture à la question de l'alimentation et de l'auto-suffisance alimentaire et qu'il devait y avoir en cette matière une convergence des luttes car les adversaires, du côté du capital et des thurifaires du libéralisme, sont redoutables et bien organisés. 

 

- Alain David a rappelé que l'agriculture devait continuer à être une histoire d'hommes et ne pas se transformer en pure activité financière, comme il advient quand, comme dans la Somme, on crée une unité de production à la danoise ou à l'Allemande de 2000 vaches laitières (à titre de comparaison, dans la petite exploitantation familiale de Marie Huon, de ses parents et grands-parents, il y a 60 vaches laitières).

 

- Xavier Compain a déclaré qu'il fallait en finir avec le "paysannisme" si hypocritement partagé dans le monde politique et qui s'exprime dans des louanges démagogiques à la ruralité, aux paysans: nous, on ne veut pas des paysans pour les paysans eux-mêmes. Notre première ambition, c'est de nourrir les hommes sainement et suffisamment, et c'est pour cela qu'on a besoin des paysans. La FNSEA se contenterait bien d'une agriculture hyper-concentrée à 10000 acteurs. C'est inacceptable. Nous demandons le maintien des exploitations familiales- leur vertu, c'est d'amortir les baisses de coût- et des prix rémunérateurs pour les éleveurs. Où en est la gauche paysanne? Si notre programme n'est pas si mal, c'est qu'elle est riche de ses diversités (Confédération Paysanne, Modef...) et le PCF et le Front de Gauche discutent avec tout le monde. Mais attention, il y a un bougé inquiétant dans le monde agricole: la coordination rurale pourrait arriver en tête dans les chambres d'agriculture. Il y a aujourd'hui un vote désespéré dans les campagnes: des sondages indiqueraient que 20% des paysans songent à donner leurs voix à Le Pen (contre 4 à 6% pour le Front de Gauche, notre étiage traditionnel).

 

- Patrick Le Nan pose une question à Xavier Compain sur les moyens de lutter contre la spéculation sur les matières premières agricoles. Xavier indique qu'il y a deux types de spéculation: l'accaparement des terres (il faut inclure au niveau de l'ONU une clause de sauvegarde, un outil qui existe dans la PAC) et la spéculation financière. Actuellement, la BNP et le Crédit agricole proposent des produits spéculatifs sur l'agriculture pour les titulaires de comptes bien garnis. Un document interne de la BNP "BNP agroplus 2013" se prononce sur la réforme de la PAC et envisage les opportunités de profit qu'elle génère: les banquiers font de la politique. On vous propose des bouquets financiers 2 tiers/ 1 tiers: 1er tiers pour spéculer sur le blé, le maïs, l'avoine, l'autre partie pour des placements plus sûrs dans Coca-Cola, Nestlé... Autre exemple touchant la distribution en amont: Buffalo Grill, une grande chaîne des restauration qui n'importe que du boeuf argentin à prix cassé- a dans son capital Colony Capital, l'ancien propriétaire du PSG: faut-il croire que les joueurs mangeaient trop de viande nourrie aux hormones pour être de subtils techniciens? Il faut  aller vers la proposition d'une convention internationale sur la non-spéculation sur les biens alimentaires.   

              

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 20:43

Ci-joint, un message de ma belle-mère, envoyée spéciale du Chiffon Rouge à Vannes, ville où Agnès Le Brun respira peut-être un air un peu plus sarko-compatible qu'à Morlaix qui lui donna des ailes pour terrasser le dragon rouge! La belle affaire! L'agressivité de la droite montre qu'elle sent que monte dans le pays un vent mauvais pour elle et les privilégiés qu'elle sert de manière éhontée tout en bafouant les valeurs humanistes de la République héritières de la Révolution.      

 

Cher Ismaël.

Hier soir, j'étais au débat organisé par la maison de l'Europe sur le thème l'Europe et la présidentielle. Agnès le Brun représentait Sarkozy. Une horreur, elle a passé son temps à attaquer personnellement Mélenchon. Son absentéisme en tant que député européen, classé 171e. Ses copinages avec des dictateurs (Biélorussie, Cuba..). Ses supposées incohérences (armement, éco..).
La représentante de Mélenchon était Raquel Garridou (tu dois connaître) a voulu commencer à répondre sur les points lancés mais la salle n'était pas venue pour écouter de tels propos et elle a été destabilisée. Par ailleurs, le journaliste du Mensuel du Golfe, qui menait le débat avait nettement des idées opposées. Elle s'est bien rattrapée sur le plan économique.
Les autres intervenants : Poignant a été capable d'élever le débat, Badre (représentant du Modem= idem) et une représentante des verts = inaudible. Le FN : chaise vide. Bref, votre maire, ce n'est pas une affaire.
Je ne sais pas si tu as lu le Monde Diplomatique de mars, c'est 10000000fois + intéressant que de passer ses soirées à écouter des nullités. Je comprends pourquoi les gens hésitent à se déplacer, la salle n'était pas du tout pleine, pas un jeune et tout le monde est reparti frustré...
Allez, bon courage, Mélenchon n'arrête pas de progresser.

Bise, Gisèle

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 07:02

Va t-on laisser mettre en place une logique de péage sur l'informationnel?

 

Par Jerôme Relinger, membre du conseil national du PCF en charge de la commission révolution numérique.

Un article remarquable paru dans L'Humanité du mercredi 14 mars.

 

ACTA (accord commercial anti-contrefaçon en anglais) est un projet d'accord international préparé dans le plus grand secret au nom de la lutte contre la contrefaçon. Prétextant de la défense des produits et marchandises, Acta est en fait une arme au service de la spoliation des biens communs immatériels. Contournant le débat démocratique pour imposer une logique répressive dictée par les industries du divertissement, les "big pharma", les grands semenciers, Acta vise à systématiser, imposer et sanctuariser les économies de rente sur l'informationnel. S'il était voté, notamment au Parlement européen en juin; il établirait un nouveau cadre juridique mondial créant son propre organisme de gouvernance, hors des institutions internationales déjà existantes (OMC, OMPI...). Glissant des biens matériels aux richesses informationnelles comme si ceux-ci étaient comparables, Acta instaure des sanctions pénales étendues et dangereuses sans aucun contrôle démocratique, utilisant les fournisseurs d'accès à l'Internet pour faire la basse besogne, instituant une police et une justice privée du Copyright sur les réseaux, à laquelle les libertés numériques et la diversité de la création ne survivraient pas.

Acta s'attaque aux médicaments génériques, aux contenus collaboratifs, aux semences paysannes, aux actes publics immatériels... C'est le véhicule juridique de l'expansion sans limite de la privatisation de la connaissance mondiale, puis de sa surexploitation marchande.

Il est l'arme stratégique d'un système politique et idéologique, le capitalisme, dans sa version contemporaine de capitalisme informationnel. Cette volonté, cohérente, obstinée, d'étendre à l'immatériel le talon de fer de l'exploitation ne date pas d'hier. Acta s'inscrit dans une logique stratégique de long terme négociée à la fin du cycle d'Uruguay du Gatt en 1994 (accords de l'OMC sur la propriété intellectuelle) dont il durcit les termes tout en opacifiant les conditions.

Armé de brevets, s'appropriant tout, privatisant des biens communs par essence collectifs (les semences paysannes, le génome humain, la "marque" Louvre, la couleur bleue du Pepsi Cola, les algorithmes de base de la pensée informatique...), ce modèle dit de "propriété intellectuelle" raréfie, dégrade et surmarchandise les oeuvres de l'espritn et par extension toute la richesse informationnelle et la connaissance cumulée (la biosphère, la génétique, les mathématiques, les ressources éducatives...). Acta est la pointe avancée d'un hold-up planétaire sur l'immatériel, censé permettre à quelques intérêts privés de s'approprier ce qui était public, puis de revendre sans fin et très cher ce qui ne leur coûte plus rien aux populations qui ont été spoliées.

Cette logique de péage prive la collectivité humaine du progrès propre à l'informationnel... Corollaire de cette obsession de verouillage et de contrôle, l'hypersurveillance numérique totalitaire se met en place. Navigation surveillée, puces espionnes, réseaux écoutés, logiciels sous contrôle sont déjà là. Il ne reste qu'à les rendre incontournables et à créer des officines privées ayant droit de police et de justice: Hadopi en France, Sopa et Pipa aux Etats-Unis en sont les prémices. Bien sûr, tout cela est fait au nom entre autres de la protection des auteurs et ayant droit, faux nez de tous les durcissements contre la liberté de partage et le droit à l'anonymat sur Internet..."

 

   

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 06:36

Dans la famille "cette droite de nantis salauds qui nous gouverne", je demande le fils des chasseurs de nazis devenu partisan de la mise à l'écart des barbares et de l'apartheid social:

 

Chassant sur les terres de l'extrême droite, Arno Klarsfeld veut ériger un rempart anti-migrants en Grèce.

 

Arno Klarsfeld, président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFFII), a proposé très sérieusement lundi de construire un mur de 130 kilomètres entre la Grèce et la Turquie, sur le modèle de celui érigé entre les Etats-Unis et le Mexique pour "contrer l'immigration illégale". Et de défendre qu'il fallait installer "aux frontières européennes, c'est à dire en Grèce", cette "grande barrière sur toute l'étendue du territoire, avec des patrouilles qui patrouillent sans cesse".

En fidèle relais de Nicolas Sarkozy qui, chassant sur les terres de l'extrême droite, menace de remettre en question les accords de Schengen sur la liberté de circulation de l'UE, il justifie: "Il y a une Europe prospère et le reste du monde qui a des guerres, qui a des privations, etc.". Et de préciser tout de go: "Il faut que les gens ne puissent passer en aucun cas, il faut pouvoir décider de qui peut rentrer". Interrogé pour savoir comment ériger ce mur, Klarsfeld a répondu: "Un mur, c'est fait avec des fils de barbelés, un mur quoi, comme à Rome, il y avait un mur. La paix a duré quatre siècles...".  Pour l'avocat il s'agirait de "bon sens", pour veiller à ce qu'une "porte embraîllée" ne finisse pas par menacer "un espace qui est libre". Il plaide donc pour "qu'elle soit refermée et que les citoyens européens décident qui vient sur leur territoire".

Complétant le propos Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du candidat Sarkozy, qui rencherissait le même jour sur une radio: "On sait qu'on a un problème à la frontière entre la Grèce et la Turquie. Les Grecs annoncent 55000 clandestins qui passent tous les ans. C'est probablement plutôt 160000". Et les clandestins, ajoutait Marine Kosciusko-Morizet- à moins que ce ne fut Nathalie Le Pen-, se dirigent ensuite vers "les pays les plus attractifs en matière d'aide sociale, de condition de droit d'asile. Ils vont beaucoup en France". Pour vanter la politique de l'Europe forteresse qu'entend renforcer Nicolas Sarkozy qui fait preuve, dit-elle, de beaucoup de dynamisme sur la question, lui qui a introduit "l'interdiction des régularisations massives". 

A quand l'organisation d'un label "mur de la honte certifié" avec référence historique et licence d'exploitation distribué par Arno Klarsfeld et Cie? On pourrait y répertorier, y vendre même ou même y mettre en concurrence le savoir-faire des chasseurs de clandestins mexicains avec celui de bâtisseurs de l'ex-rideau de fer, de cette muraille de 9 mètres séparant Israël des territoires palestiniens ou même des ex-spécialistes du confinement des Noirs d'Afrique du Sud. Ainsi la séparation deviendrait-elle une valeur universelle permettant à l'humanité de vivre en harmonie, chacun retranché derrière ses remparts et ses ponts-levis. Comme au bon vieux temps".

 

Bruno Odent, en dernière page de L'Humanité du mercredi 14 mars 2012    

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 21:23

Un préavis de grève national a été déposé demain, jeudi 15 mars, par les principales fédérations de postiers (Sud-PTT, CGT, CFDT, FO) pour dénoncer un mal-être au travail grandissant causé par des restructurations successives et qui ont certainement été partiellement ou totalement responsables ces derniers mois du suicide d'une postière au centre de tri des chèques à Montparnasse, du suicide d'un cadre à Rennes, et la semaine dernière, d'un autre cadre à Trégunc.

Une marche des employés de la Poste est prévue à Quimper et à Brest demain pour dénoncer ces politiques de management par le stress au service de la rentabilité maximale qui détruisent les relations humaines et parfois les personnes elles-mêmes.

Le collectif citoyen du Front de Gauche de la circonscription de Morlaix exprime sa solidarité pleine et entière avec les salariés de la Poste qui se battent pour que l'on reconnaisse la dignité de leur mission de service public et nous disons réaffirmons avec force notre colère face à l'évolution de la gestion des personnels de la Poste sur le modèle de l'entreprise privée néo-libérale, après que l'entreprise ait été transformée en Société Anonyme malgré la mobilisation de la population.

Tous les 18 mois environ, il y a une restructuration au service guichet et au service courrier de la Poste. Lors de la dernière, dans le pays de Morlaix, les bureaux de poste au mois de janvier 2012 ont perdu malgré la semaine de grève des agents 42 heures d'ouverture des guichets au public et 3 emplois. A Plouigneau, où un Comité de défense de la Poste très actif a pu faire reculer de 10 ans la réduction des horaires d'ouverture, 2h30 d'ouvertures de guichet par semaine ont été perdus ce mois-ci.

Si la direction départementale et nationale poursuit sur sa lancée de la réduction des charges de personnel par le recours à leur externalisation auprès des collectivités, il se pourrait que Plougonven et Plouezoch héritent dans quelques mois d'agences postales en lieu et place des bureaux de poste qui sont déjà fermés les après-midi et les lundis. Il reviendra ainsi à la collectivité de financer les infrastructures et une partie des salaires des agents, qui pourront tout bonnement être des agents municipaux désormais. A la distribution du courrier, on n'est pas mieux loti: jeunes payés au SMIC qui débordent gratuitement de leurs 35h prévues pour faire chaque jour des tournées sur-dimensionnées, regroupements obligeant à des trajets supplémentaires entre le domicile et le travail et ayant pour finalité de réduire des postes, manque de sécurité professionnelle dans un environnement où on ne peut plus être sûr de rien dans les prochains mois...

Au guichet, la réduction des effectifs et les objectifs de productivité et de rentabilité extrêmes portés par des petits-chefs aux compétences accrues qui n'ont pas toujours beaucoup d'état d'âme produisent un changement de métier complet sans moyens, sans formation pour l'accompagner.

Toute l'éthique professionnelle que des agents attachés au service public avaient est balayée et refoulée pour faire toujours plus d'argent: le citoyen est devenu un usager, puis un client, il n'est plus maintenant qu'un porte-feuille à dégarnir. On lui vent des assurances, des colissimos qui coûtent 18€ pour un prix de revient du carton de 1€, des produits de téléphonie mobiles, alors qu'il était venu déposer un chèque, acheter des timbres, déposer des lettres.

Les salariés sont fliqués pour qu'ils s'acquittent avec zèle de ces tâches commerciales en respectant le script qu'on a prévu pour eux, en rentrant dans un moule avec des phrases toutes faites à servir aux clients. Ces salariés sont notés individuellement chaque année par leur supérieur hiérarchique en fonction de leur attitude plus ou moins vendeuse et du respect d'objectifs chiffrés: de leur note dépend le complément indemnitaire que l'on peut perdre ou la promotion ou la mutation que l'on peut nous refuser.

La Poste, ancien service public devenu une société anonyme à capitaux majoritairement étatiques, est devenue une grosse boîte comme une autre où l'on applique des principes de management néo-libéral quasi totalitaires qui sont d'autant plus douloureusement vécus que beaucoup de salariés ont connu une autre culture de la fonction publique. Tout cela se fait dans un monde de bisounours de façade: les cadres appellent leurs subordonnés des "collaborateurs", on parle de projets collectifs, gestion douce des ressources humaines, toute opposition employés-cadres est abolie virtuellement, on envoie de gentils assistants sociaux, psychologues, membres du Comité Hygiène et Sécurité pour désamorcer tout stress ou mal être au travail en personnalisant les choses ou en médicalisant ainsi le problème d'une organisation sociale basée sur une exploitation de plus en plus intensive.

C'est sur le dos de ses usagers, les citoyens, et de ses employés à qui l'on dit couramment maintenant "Si vous n'êtes pas d'accord, vous n'avez qu'à partir... Vous devez bien avoir un projet de reconversion professionnelle?"- que se gagnent les millions d'euros reversés chaque année par la Poste à l'Etat actionnaire: les salariés n'en voient pas la couleur sur leur fiche de paye. Même les cadres, comme à France Telecom il y a quelques années, sont maintenant exposés à la perte de sens complète de leur métier quand après des restructurations qui suppriment leurs services productifs, on leur donne des lettres de mission pour des "emplois fonctionnels" qui ne consistent en rien de sérieux et qui reviennent à les jeter comme des kleenex.

Cette situation ne peut plus durer!  

Il y a une révolte constructive possible contre cette deshumanisation des conditions de travail, c'est le vote Front de Gauche pour une gauche qui met le salarié et le citoyen au coeur de l'organisation et de la rémunération du travail!               

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 07:53

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Photos: Jean-Marc Nayet. Graphisme: Lux Vega- Merci à nos artistes bénévoles.

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 17:05

Hier soir, nous avons participé à un ciné-débat organisé par Attac autour du film sur la dette comme moyen de domination pro-capitaliste, Deptocraty. Au cours du débat qui a suivi, Michel Le Saint a mis en avant le fait que c'était des gens comme Mélenchon qui faisaient le jeu d'une industrie de l'armement qui n'hésite pas à corrompre les hommes politiques et à alourdir la dette des Etats pour des projets sans efficience sociale en "se félicitant" que l'on vende des Rafales à l'Inde. Sur le coup, moi qui n'avait pas entendu l'émission de France Inter mais une autre de BFM TV datée d'il y a une vingtaine de jours, j'ai nié que Mélenchon ait nettemment applaudi à cette vente d'armes. En réalité, il a dit dans l'émission télé dont je parle que l'on était sur le plan des principes pour un monde démilitarisé régi par le droit international et non par la force, mais, comme en réalité il y a une hégémonie dangereuse de la puissance militaire américaine, on n'a pas à bouder notre puissance technologique indépendante en matière d'armement, a fortiori quand des commandes et des emplois suivent des investissements d'Etat extrêmement lourds. J'aurais aimé moi aussi que la position de Mélenchon soit plus pacifiste, idéaliste et rigoureuse sur les principes mais le projet du Front de Gauche ne peut être discrédité sur ce seul point d'une défense de l'indépendance nationale face à l'impérialisme américain.  Je publie ici la lettre ouverte un peu remontée d'Hubert Peneau qui a trouvé que ces propos manifestaient une volonté de dénigrement et n'étaient pas vraiment en phase avec les enjeux du débat d'hier sur les moyens d'attester l'existence d'une dette illégitime. Surtout, cette lettre ouverte illustre les interrogations d'un écologiste convaincu face à l'accord de législature PS-EELV.

 

Ismaël Dupont.

 

Lettre ouverte d'Hubert Peneau à Michel Le Saint.

Cher Michel,

Cela fait deux fois en peu de temps que je t'entends argumenter que Mélenchon serait infréquentable puisque qu'il s'est félicité de la vente des rafales à l'inde !

Mis à part que les Indiens (qui semblent être un peuple démocratique...) ont tout à fait le droit de s'équiper militairement, je ne vois pas comment , en tant que candidat à la présidentielle avec un programme où il n'est nullement question du démantèlement de l'industrie militaire de notre pays, il pourrait dire autre chose ?

A moins d'être un gros hypocrite, ce que je ne pense pas qu'il soit.

Certes nous sommes nombreux à penser au Front de Gauche, comme toi, que les Indiens, c'est bien d'autres choses que des avions de guerre dont ils ont besoin, et quand bien même, au regard des temps difficiles qui s'annoncent, c'est pitoyable en vérité de dépenser des fortunes dans ce genre d'équipement !

Même si depuis quelques années le comportement expansionniste des Etats-Unis me fait, quant à moi, réviser ma position en ce qui concerne notre défense nationale !

A la vérité, je trouve désagréable ton obsession à vouloir faire passer les militants du Front de Gauche pour de dangereux militaristes, ce n'est pas loyal, ce n'est pas acceptable et il se trouve que ce n'est pas juste non plus!

N'y-a-t-il pas une sorte d'hypocrisie de la part d'un soutien d'EELV , à utiliser ce genre d'argument, parce que je ne crois pas que dans votre programme il y ait la suppression de notre industrie de défense !

N'y-a-t-il pas une sorte d'hypocrisie à utiliser ce genre d'argument, quand EELV, avant même le premier tour des élections conclu un accord politique (politicien je dirais même!) sur 60 circonscriptions, avec le PS, dont le candidat doit se satisfaire au moins autant que Mélenchon du succés de l'industrie française !

Ce même PS d'ailleurs qui sur son site de campagne prévoit (il va falloir qu'elles tournent les usines d'armement!), un taux de croissance de 2,5% en fin de mandat !!! Pour Hollande - crise + austérité = croissance, il est fou !

Et qui vient en plus, de conclure un accord électoral avec le MRC de Jean-Pierre Chevènement, qui dit l'inverse de votre accord sur le nucléaire, et qui pour le coup ne doit pas encourager François Hollande au démantèlement de notre production d'armes de combats !

Michel, comment peux-tu, avec le radicalisme antimilitariste qui te caractérise, être d'accord avec tout cela, et te permettre en plus de reprocher ses positions au camarade Mélenchon ???

Il faut quand même que tu saches certaines choses en ce qui concerne le FDG, afin que tu ne te focalises pas sur la personne de JL Mélenchon qui hélas, je te l'accorde, à la différence d'Eva Joly n'a pas que des qualités !

Cependant au regard de tes convictions, et au risque de te choquer, tu serais à mon avis beaucoup plus cohérent soit de te taire sur ce sujet, soit d'être au FDG en ce qui concerne cette question, je m'explique :

Premièrement au FDG nous ne luttons pas pour l'élection d'un homme, mais pour une cause celle de «l'humain d'abord ! » notre programme partagé.

La meilleure preuve de cela c'est que la première mesure de ce programme sera l'élection d'une assemblée constituante afin de passer à une sixième république proportionnelle et de mettre fin à la fonction présidentielle, ce qui fait qu'au bout du compte Mélenchon ne sera qu'un parlementaire comme les autres et OUF tant mieux, parce qu'il aime un peu trop les avions rafales !

Ensuite libre aux citoyens que nous sommes d'élire des représentants qui proposerons la sortie de cette industrie de mort.

Je ne saches pas qu'Hollande (votre partenaire que tu penses presqu'élu!) ait prévu de quitter la présidence au cours de son mandat, ce qui fait qu'en matière d'armement on est sûr d'une chose avec lui, c'est que rien ne va bouger ! C'est pitoyable d'imaginer cela en vérité !

Comment peut-on faire un accord avec ce genre de personnage ?

Deuxièmement il serait dommageable que tu te focalises sur ce genre de comportement de notre candidat qui passe les autres 99% de son temps à défendre des idées dont les verts seraient ravis de les voir arriver au pouvoir !

En premier lieu, des mesures radicalement anticapitalistes comme le revenu maximun autorisé, une échelle de salaires de 1 à 20 et la PLANIFICATION ECOLOGIQUE, qui a elles seules sont la base d'une véritable écologie politique, car comme tu le sais, le capitalisme dont la finalité est la recherche du profit sans limites qu'elles qu'en soit les conséquences, est absolument l'inverse de l'écologie qui elle, englobe dans sa réflexion l'humanité dans sa totalité, ceux qui ont été, ceux qui sont et ceux qui seront, qui inclus également notre écosystème (la nature) dont la préservation est indispensable à notre survie et qui implique INELUCTABLEMENT une réelle démocratie, parce qu'elle impose de faire des choix (donc d'interdire!), non pas pour l'intérêt de quelques-uns, mais pour le bien de tous, d'où la nécessité d'une sixième république pour une véritable démocratie et non pas une oligarchie comme c'est le cas actuellement ! Et comme cela le restera avec François Hollande, l'inéluctable futur président comme tu sembles le penser !

La deuxième mesure fondamentale de notre programme est cette proposition de référendum sur le nucléaire, qui si l'on raisonne, est la seule qui soit pertinente pour les antinucléaires que nous sommes, parce que cette question du pour et du contre traverse toutes les sensibilités politiques, et que depuis 60 ans nous n'avons eu que de la propagande scientiste sur le sujet !

Comme en 2005 le peuple s'est « auto-désintoxiqué » de la propagande libérale européenne, nous pensons au FDG , qu'il peut avoir l'intelligence de se désintoxiquer de la propagande pro-nucléaire !

Que diable vous, les écologistes, êtes-vous allé faire au coté d'un François Hollande qui pour toute mesure un peu anticapitaliste, bafouille une hypothétique taxation des revenus supérieurs à 1million d'euro à 75%, qui ne prévoit aucunement de changer les institutions, qui projette une croissance de 2,5% en fin de mandat (il va falloir la faire tourner la machine capitaliste pour tout et n'importe quoi!) et qui en matière de nucléaire ne prévoit qu'une seule chose : peuple de France, cause toujours tu m'intéresse !

Bref un fou, qui met en danger mes enfants !

Pour résumer...

Là ou nous proposons un référendum sur le nucléaire, vous avez négocié une fermeture programmée de quelques vieilles centrales, et encore il faut qu'Hollande respecte sa parole ! Ceux qui le pensent sont d'une naïveté coupable selon moi !

Là ou nous proposons un début de sortie du capitalisme productiviste fou, vous les verts vous négociez avec un homme qui n'a même pas commencé la moindre réflexion sur l'aspect délétère du capitalisme et dont la carrière politique passée et présente est toute dévouée au productivisme capitaliste !

La où nous proposons une planification écologique, vous imaginez infléchir du coté de l'écologie avec vos quelques élus négociés avec le PS, une politique qui sera tout sauf écologique parce que, pro-nucléaire, euro-libérale, capitaliste et productiviste !

Là ou nous pensons pouvoir renverser la table avec un programme de radicalité concrète, parce que nous au FDG, nous pensons que l'avenir c'est ce que l'on construit, vous baissez les bras bien avant le premier tour de l'élection en vous discréditant par un accord politicien avec les tenants du système (dont vous constatez pourtant la folie complète!!!), aveuglés que vous êtes par votre réalisme pesant, qui vous incline à penser que, éh bien ma pauvre dame, vous savez comme les socialistes vont être au pouvoir, le mieux c'est d'avoir quand même quelques élus, comme ça au moins on aura un peu notre mot à dire, parce que sinon, hein, vous comprenez ce que je veux dire ?

Honnêtement Michel, qui défend l'écologie politique dans cette histoire ?

Qui propose véritablement une alternative pour nous tous dans cette histoire ?

Honnêtement Michel, n'est-ce pas le prisme déformant de tes oppositions passées dans ta carrière politique avec nos camarades communistes, qui te fait penser ce que tu penses du FDG ?

Honnêtement Michel, ne vois-tu pas que la véritable alternative et que la véritable écologie indispensable à notre époque, est bien du coté du FDG et non pas du coté du PS !

Enfin, dans l'isoloir tu feras bien ce que tu veux, parce que personne ne te verra !

Amitiés militantes,

Hubert, militant FDG indigné !

 

Réponse de Michel Le Saint

Je n'ai jamais qualifié Mélenchon « d'infréquentable ». En dehors des ténors du Front National ou de ceux qui, à droite, s'en rapprochent dangereusement, c'est un terme que je n'utiliserais pas pour évoquer quelqu'un qui participe activement la vie politique. De plus,  j'ai un grand respect pour beaucoup de ceux qui se sont engagés au Front de gauche ( Martine Billard au niveau national....

En revanche, sur le candidat Mélenchon, j'ai un certain nombre de réserves. Un professionnel de la politique (il en vit depuis 35 ans) est-il vraiment le mieux placé pour incarner la refondation démocratique dont nous avons besoin ? Je m'interroge également sur son parcours (Mitterrand pour modèle), sa manière d'être, avec les syndicats de l'éducation nationale hier, avec les journalistes aujourd'hui, et surtout sur certaines de ses positions : par exemple, sur la légitimité de l'annexion du Tibet par la Chine, sur les langues régionales, et tout récemment sur les ventes d'armes.
S'agissant de cette dernière question, tu évoques la position d'EELV : nous préconisons une résolution non violente des conflits, un renforcement du droit international dans le cadre d'une ONU réformée, une défense européenne indépendante de l'OTAN, garante de notre indépendance dans l'attente d'un désarmement généralisé.  Sur la base de ces orientations, nous proposons logiquement de réduire et de reconvertir notre industrie d'armement. C'est pour moi l'un des axes fondamentaux caractérisant l'écologie politique. Je n'imagine pas un seul instant qu'un responsable d'EELV puisse se féliciter d'une vente d'armes à l'étranger au nom de l'emploi, sachant les pratiques de corruption qu'il y a derrière et sachant que ces armes peuvent tuer deux fois, quand on les utilise et quand on consacre à leur achat les sommes indispensables à la santé, à l'accès à l'eau potable ou à l'éducation de la population !
Sur d'autres points, nous avons des convergences : il y a fort longtemps que nous défendons les idées de revenu maximal ou de 6ème République. Personnellement, je ferais davantage confiance à Eva Joly qu'à Mélenchon pour les mettre en œuvre (Mitterrand aussi critiquait la 5ème avant de se glisser avec délices dans les habits du Président Roi), mais c'est à toi de voir.
Sur l'écologie, pour être franc, je trouve que le programme du Front de Gauche est plutôt bon, mis à part un point central, l'ambiguïté sur le nucléaire. Si l'on relance le programme électro-nucléaire aujourd'hui, on en reprend pour 40 ans, avec les risques, les coûts et les conséquences sur l'organisation de la société que cela implique : c'est encore plus cadenassé qu'un traité européen ! Je n'ai rien contre l'idée de référendum, mais cela n'interdit pas d'exprimer une position claire, ce que le Front de Gauche ne fait pas (pour ne pas heurter la position traditionnelle du PC sur le développement de la filière nucléaire). Cela dit, un point positif à mettre à votre crédit, c'est que vous amenez un certain nombre de militants PC à évoluer sur cette question.
Nous avons d'autres divergences.  En matière de démocratie locale, la refondation de la démocratie passe par l'élection des conseillers communautaires au suffrage universel direct dans le cadre de circonscriptions correspondant aux territoires communautaires. Nous y sommes favorables contrairement au PC (je n'ai pas vu de position du front de gauche là-dessus). C'est un point important car s'il n'y a pas de listes spécifiques porteuses de projets communautaires concurrents, il n'y aura pas de vote de la population sur ces projets et de responsabilité des élus devant les citoyens. Les communautés d'agglomération, qui concentrent aujourd'hui l'essentiel des pouvoirs locaux, continueront alors à fonctionner de manière opaque, clientéliste, en fédérant des baronnies de gauche et de droite …
Sur l'Europe, nous sommes historiquement très favorables à la construction d'une Europe politique fédérale, alors que je vous sens traversés par des tentations souverainistes. Nous voulons évidemment la sortir du carcan des dogmes monétaristes et libéraux et nous appelons de nos vœux une Constitution qui en jette les bases démocratiques.
Enfin, en ce qui concerne nos rapports avec le PS, nous ne faisons pas « front commun » comme le font le parti de gauche et le PC. Nous avons un accord électoral, voilà tout, parce que le système électoral actuel « nous l'impose ». À titre personnel, je considère que notre priorité aurait dû être de changer ce système électoral plutôt que d'avoir immédiatement un nombre significatif d'élus. J'ai plaidé pour une démarche commune EELV - Front de Gauche – NPA visant à obtenir du PS la proportionnelle à toutes les élections en contrepartie d'un dernier « désistement républicain ». C'est une autre stratégie qui a été choisie et j'en ai pris acte. Pour le reste, nous verrons bien qui gouvernera avec le PS, mais il ne me semble pas exclu que ce soit le cas du Front de Gauche.
Quoi qu'il en soit, nos principaux adversaires s'appellent Sarkozy et Le Pen, pas Hollande. Si j'ai bien compris,  c'est aussi le cas pour vous puisqu'il est clair que vous appellerez à voter Hollande au second tour...  Et, dans l'isoloir, j'espère bien pouvoir mettre un bulletin Eva Joly !
Dernière chose, peut-être la plus importante. À long terme, la seule perspective politique sérieuse qui puisse aboutir à transformer le monde dans l'intérêt des catégories populaires passe par la construction d'un vaste mouvement d'écologie politique anticapitaliste. Tu penses que le Front de Gauche nous en rapproche, je pense au contraire qu'il nous en éloigne, mais on est sans doute d'accord sur l'objectif.

Michel

PS (ne saute pas au plafond!) : peux-tu transmettre ma réponse à ceux à qui tu as transmis ta lettre ouverte ? (je te fais confiance pour jouer la carte du débat).

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 06:48

Le lundi 5 mars, nous étions à Sizun Franck Simonnet, Jean-Luc Capelle, Daniel Ravasio, Alain Rebours, Marie Huon et moi, et nous avons échangé avec cinq personnes (dont un retraité qui avait amené des interrogations très précises) sur des questions comme:

-  l'origine de la dette

- la contre révolution fiscale accomplie par la droite et les gouvernements libéraux qui se succèdent depuis 25 ans

- l'imposture du Mécanisme Européen de Stabilité sur lequel les socialistes se sont abstenus.

- notre méthode pour faire contribuer le capital et les hauts revenus à la solidarité nationale.

- notre conception de la laïcité et notre rapport à la polémique sur la viande Halal

- la transformation des institutions que nous proposons pour aller vers une VIème République.   

 

 Le jeudi 8 mars, une assemblée citoyenne sympathique et décontractée a été organisée à Plouegat Moysan en présence de 13 personnes, dont plusieurs du collectif citoyen du Front de Gauche: Michel et Yvette Prigent, Jean-Claude Lefer, Jean-François Huon, Hubert Peneau, Yann Guéméné, Marie Huon et moi.

Nous avons débattu sur:

- les causes de la régression sociale que nous vivons depuis 25 à 30 ans (collectifs de travail éclatés, absence de combativité salariale, syndicats affaiblis, matraquage médiatique pour fabriquer du consentement à la réforme néo-libérale) mais aussi des espoirs légitimes qui peuvent renaître aujourd'hui pour reconstruire une force de gauche populaire capable de changer la société, du fait de la crise du capitalisme et de sa mise en crise des sociétés, et des promesses du Front de Gauche, qui ne cesse de monter dans cette campagne présidentielle.

- la campagne du Parti Socialiste où le porte-à-porte doit se faire sans parler du programme (source: Le Monde).

- la culture de la délégation de pouvoir qu'il faut briser et les "privilèges" ou revenus très avantageux des parlementaires et élus, souvent cumulards, dont on peut se demander s'il ne faudrait pas les dénoncer et les réviser à la baisse.

- des moyens d'impliquer davantage les citoyens aux prises de décisions politiques et de les faire se mêler un peu plus de leurs affaires. 

- le projet de port à flot du Diben et de centrale à gaz comme exemples de politiques inspirées par des intérêts financiers et menées sans consultation des populations: un consensus s'est trouvé dans l'assemblée pour juger ces projets peu pertinents et même nuisibles.

- la VIème République que nous voulons.

 

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Le vendredi 9 mars enfin, après que Yann Guéméné et Hubert Peneau aient parcouru au porte-à-porte les 5 immeubles HLM de Saint Martin qui se trouvent près du Gouélou, nous nous sommes retrouvés à 30 à Saint Pol de Léon pour une Assemblée Citoyenne passionnante sur l'agriculture avec en spécialistes invités Xavier Compain, Joël Hélary, Jean-Jacques Labous. Je vais publier le compte-rendu de la riche intervention de Xavier Compain et des débats qui y ont fait suite très bientôt.

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 20:44

Par : Joris Clerté, Clémentine Autain, Cédric Durand, Razmig Keucheyan et Stéphane Lavignotte.

 

 

« Comme lors du référendum de 2005 sur le TCE, la machine à chantage est de retrour : avalez notre potion libérale ou c’est la fin du monde ! A l’époque, nous avons répondu collectivement en produisant nos propres outils de savoir pour répondre au mattraquage médiatique par la discussion fraternelle de personne à personne et la mobilisation collective. Et nous avons gagné le référendum. Aujourd’hui, avec ce film nous ajoutons notre pierre au mouvement qui se dessine de la même façon pour refuser l’austérité perpetuelle et la tranquilité pour ceux qui pillent nos richesses et celles de la planète. »

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 20:05

  VLO2373

 

Ismaël Dupont: J'ai 32 ans et je suis père de deux enfants de 10 et 5 ans. J'exerce le métier de documentaliste en collège à Morlaix, la ville où je réside, après avoir été plusieurs années professeur de philosophie. J'ai grandi entre Vannes et Plougoulm, mon père et sa famille étant originaires de Saint-Pol de Léon. Après cinq passés dans la Manche pour des raisons professionnelles, je suis revenu en Bretagne il y a quatre ans.

Je me suis engagé au PCF en 2006 pour apporter ma contribution à la renaissance d'une gauche combative qui ne renonce pas à changer la société et à poursuivre des objectifs égalitaires sur la base d'une remise en cause franche des logiques capitalistes et du libéralisme. Je me retrouve pleinement dans la démarche de rassemblement de toute la gauche de transformation sociale qu'initie le Front de Gauche avec pour ambition de servir d'instrument pour qu'à nouveau les citoyens se mêlent de ce qui les regarde et réapprennent à travailler collectivement devant l'urgence sociale et écologique afin de bâtir une société plus humaine, solidaire et respectueuse de notre terre commune.

Outre l'amitié, les voyages, la politique, mes passions sont l'histoire, la littérature et le football, mais de moins en moins tant le milieu est pourri par le fric. Je me recommande aux électeurs pour certaines qualités que je crois avoir: la simplicité et la sincérité, le goût de la vie et des gens, la capacité d'écoute, la fidélité à des principes moraux, l'absence de sectarisme, le souci de travailler les dossiers et de m'investir à fond pour le collectif, le refus d'une vie politique sclérosée par le bipartisme, la professionnalisation et le cumul des mandats.

Marie Huon: J'ai 23 ans. Fille et petite-fille d'agriculteurs de Plouigneau, j'ai fait des études de sociologie à Brest avant de partir deux ans en Argentine pour me former en tant que travailleuse sociale auprès des enfants des quartiers pauvres. Je suis actuellement assistante d'éducation au collège de Lanmeur tout en me préparant au concours d'entrée à l'école d'éducateur spécialisé afin de réaliser mon projet professionnel qui est de pratiquer l'équithérapie, la construction de soi au contact des chevaux.

Je suis une citoyenne engagée n'appartenant à aucun parti. Pour moi, le projet du Front de Gauche répond seul dans la circonstance actuelle à la nécessité d'en finir avec la précarité, le développement des attitudes de désespérance politique, l'absence de prise au sérieux des problèmes des jeunes, les reculs démocratiques et sociaux qu'on nous impose depuis plusieurs années au niveau national et européen. A la fac de Brest, j'ai été engagée dans le syndicat étudiant SUD pour améliorer la situation sociale des étudiants et j'ai siégé au Conseil d'Administration de l'Université, y découvrant le goût de l'action pour améliorer très concrètement la vie des gens ainsi que les limites de ce volontarisme quand l'État ne parie que sur la marchandisation, la mise en concurrence, et la réduction des investissements dans les services publics.

 

  VLO2360

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