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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 13:26
Eliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat

Sénateurs Communistes Républicains Citoyens et Écologistes - Communiqué 9 mai 2018  

 

Réforme institutionnelle : MACRON dépasse les bornes de la démocratie 

Le Conseil des ministres a adopté ce 9 mai un projet de loi constitutionnelle qui, au-delà de quelques aspects intéressants, mais limités dans leur portée concernant l’indépendance de la magistrature, la suppression de la Cour de Justice de la République ou celle de la présence au Conseil constitutionnel des anciens présidents de la République, s’inscrit dans une remise en cause profonde du parlement et par là même du caractère républicain de nos institutions en déséquilibrant définitivement au profit du Président de la République le fragile équilibre des pouvoirs. D’autres aspects, comme la référence à la Corse dans la Constitution ou la mise à mal de l’unicité de la loi par l’adoption du principe de différenciation, mériteraient à eux seuls un large débat. 
Ce projet constitutionnel porte donc un rude coup aux prérogatives législatives des assemblées en réduisant ce qu’il reste du droit d’amendement à sa portion congrue, en remettant en cause la navette parlementaire, source de qualité et donc d’efficacité de la loi et en instaurant une nouvelle priorité d’inscription à l’ordre du jour au profit du gouvernement. 
Ces atteintes graves aux prérogatives des parlementaires, au pouvoir essentiel de faire la loi, au débat d’idées et au pluralisme des échanges, ne peuvent être dissociées des projets institutionnels organiques et ordinaires, qui ne relèvent donc pas d’une réforme constitutionnelle et donc de l’exigence d’une majorité des 3/5èmes, qui sont actuellement examinés par le Conseil d’Etat avant d’être à leur tour adoptés par le Conseil des ministres du 23 mai prochain. 
Ces deux projets de loi organisent essentiellement une réduction importante du nombre de parlementaires et renvoient à des ordonnances en fonction du redécoupage des circonscriptions et de la méthode de répartition des sièges. 
C’est l’efficacité qui justifierait une telle décision. Or, comment expliquer que moins de répartition garantirait plus de démocratie ? 
C’est un non-sens évident. 
L’exclusion d’une dose de proportionnelle à l’Assemblée nationale, 15% seulement, pourrait être un élément intéressant, mais la fixation d’un seuil de 5% des suffrages exprimés pour accéder à la répartition des sièges montre que la diversité et le pluralisme sont le dernier des soucis de l’actuel pouvoir. 
Moins de droits et de pouvoirs pour les parlementaires et le parlement, moins d’élus et de nombreux départements représentés par un seul député et un seul sénateur, négation évidente de la démocratie, sont les marqueurs de ce projet institutionnel qui souligne une dérive démocratique du chef de l’État Emmanuel Macron, une captation et une concentration des pouvoirs, avec pour objectif suprême la mise à bas des résistances à la mondialisation libérale. 
Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE exigent un grand débat national sur ces projets dévastateurs pour notre République. Ils exigeront en tout état de cause, une fois le débat parlementaire fini, une consultation du peuple par référendum.

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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 12:07

 

Marx n’idéalise pas le statut de prolétaire, il suffit de relire ce qu’il écrit dans le Capital. Il peint en ces termes l’attitude du capitaliste, « l’homme aux écus », et celle du salarié dans leur rapport social et même psychologique : « Notre ancien homme aux écus prend les devants et, en qualité de capitaliste, marche le premier ; le possesseur de la force de travail le suit par-derrière comme son travailleur à lui ; celui-là le regard narquois, l’air important et affairé ; celui-ci timide, hésitant, rétif, comme quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché, et ne peut plus s’attendre qu’à une chose : à être tanné. » Pour lui, le salarié est dans une situation de dépendance vis-à-vis du capitaliste, à l’égard de celui qu’Emmanuel Macron qualifierait de « premier de cordée ». Aussi, quand, depuis sa tombe, à Londres, le spectre de Marx entend certains idéaliser le salariat, il doit doucement rigoler. Dans le Capital, Livre 3, Marx considère que, dans l’activité productive, « la seule liberté possible est que l’homme social, les producteurs associés règlent rationnellement leurs échanges avec la nature, qu’ils la contrôlent ensemble au lieu d’être dominés par sa puissance aveugle et qu’ils accomplissent ces échanges en dépensant le minimum de force et dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine ». Mais, il remarque aussitôt que, de toute façon, « cette activité constituera toujours le royaume de la nécessité ». Et il a cette remarque extraordinaire : « C’est au-delà que commence le développement des forces humaines comme fin en soi, écrit-il, le véritable royaume de la liberté qui ne peut s’épanouir qu’en se fondant sur l’autre royaume, sur l’autre base, celle de la nécessité. La condition essentielle de cet épanouissement est la réduction de la journée de travail. »

Le salarié n’est libre qu’en échappant au salariat, en commençant à dépasser le caractère marchand de sa force de travail. C’est là le sens de la proposition de sécurité d’emploi et de formation.

D’où les réflexions d’un homme comme Paul Boccara sur le dépassement du salariat et la nécessité de développer les activités non marchandes tout en maîtrisant le marché. Et, bien avant lui, celles d’un autre penseur, Paul Lafargue, le gendre français de Marx, célèbre pour avoir écrit en 1883, le Droit à la paresse.

Certains nous disent que Marx est un philosophe du travail. Étrange ce qualificatif attribué à quelqu’un qui avant tout a écrit un livre sur le capital. En fait, Marx est plus que cela, il est le chantre de la libération du travail salarié.

 

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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 12:01

 

Bénéfice Attention, chef-d’œuvre… dérangeant ! Quelques-uns y verront une réponse  littéraire à sa fille Laurence, ancienne banquière et trader, qui, à l’automne dernier, avait publié une sorte de « roman familial » dans lequel, sur un mode tendre et féroce, au point de tordre injustement l’Histoire, elle réglait ses comptes avec ses parents et toute une génération d’intellectuels engagés. D’autres découvriront uniquement le propos et l’objet du livre, à savoir une lettre de 154 pages à son fils, âgé de 16 ans, qui lui demande quelle filière suivre après son bac, et auquel il répond pour l’« orienter dans les jungles de demain ». Certains enfin, les plus mélancoliques d’entre nous, liront ce qu’il convient d’être lu, un livre-testament, ni plus ni moins, d’une importance si capitale par les temps qui courent qu’il fera date comme l’un des piliers de nos réflexions à venir. Avec Bilan de faillite, publié chez Gallimard, Régis Debray touche à la perfection du genre littéraire : un essai qui dépasse l’essai et nous laisse pantois par son ampleur culturelle et politique. Rien d’étonnant. Le philosophe et médiologue, 76 ans, ne prend jamais la plume au hasard ni pour passer le temps. « Quoique la rotation des étiquettes donne le tournis aux hommes de tradition, le bénéfice de l’âge m’autorise un état récapitulatif des pertes et profits, côté salut public et nobles causes », écrit-il. Défaitiste, Régis Debray ? « Castriste à 20 ans et partisan de la lutte armée contre les dictatures d’Amérique latine, j’ai vu l’une après l’autre ces insurrections défaites. » Méchant avec lui-même ? « Socialiste assagi et bon teint, j’ai vu s’épanouir à domicile un hypercapitalisme omnisports, en forme olympique, et les écarts de richesses se creuser partout alentour. » Acteur d’une faillite collective, donc personnelle ? « Misant mes dernières cartouches sur le renouveau d’une République à la française, j’y ai vu prendre ses aises, sans complexe, une démocratie à l’anglo-saxonne, la relation client remplaçant un à un les services publics. » À moins qu’il ne soit victime de la fin d’une époque, au triomphe de « la langue de la gestion comptable et financière », lui qui rêvait tant que « le programme du Conseil national de la Résistance sorte un jour de l’oubli » ?

Histoire Derrière la façade crépusculaire, qui constate les « programmes déchirés », les « confiances déçues » et les « amitiés brisées », ce qu’il appelle « le sort commun des vaincus de l’Histoire », Régis Debray se demande « ce que nous avons bien pu faire pour en arriver là ». Qui nous ? « Ceux qui avaient trahi leur milieu de naissance et que le milieu reprend en main, les fils de bourges instruits de la lutte des classes et qui, sous le sobriquet de “progressistes” avaient pris le parti des pauvres, quand les rupins, partout, étaient en train de la gagner. » Cruel constat d’échec d’une génération : ne pas avoir pu changer d’un iota l’état des choses, puisqu’« il y a d’abord le fric, qui est immortel ». Dénonçant pêle-mêle le triomphe du son et de l’image, la conception individualiste du « bonheur, qui empoisse et endort les consciences sans rien nous demander », alors que se meurent « le sens de l’honneur » et « l’adhésion à une Cause poussée jusqu’à l’oubli de soi », Régis Debray va beaucoup plus loin, sur un mode ironique, sinon faussement désabusé. Car, soyons sérieux, son constat premier de « faillite », intime et collectif, reste une invitation secondaire à son dépassement. C’est son legs. Une transmission générationnelle. Une projection des possibles. « La grande question qui, à l’âge des prises de tête, n’a cessé de me tarauder : qu’est-ce que les hommes peuvent avoir en commun ? Comment peut naître un esprit de corps, comme faire un “nous” avec un amas de “moi-je” ? » Un « nous autres » à réinventer, en somme, pour nous prémunir des idées que nous souffle le vent. Avec Régis Debray, rien ne doit être considéré comme perdu par l’Histoire. À sa manière, il nous ouvre la voie.

 

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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 11:55

 

Un rapport vient d’être remis au gouvernement par le Sénateur LaREM du Val d’Oise Alain Richard et l’ancien préfet Dominique Bur. Il préconise de doubler la taxe foncière payée par les propriétaires d’une résidence secondaire pour récupérer une partie du manque à gagner, suite à la suppression progressive de la taxe d’habitation. Cette suppression sur trois ou quatre ans a été promise par Emmanuel Macron pour compenser l’augmentation de la CSG intervenue en janvier 2O18. Mais on ne sait toujours pas comment les communes et les départements trouveront les recettes dont les privera cette suppression de la taxe d’habitation.

Au départ, en janvier de cette année, il y avait la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 point sur les salaires bruts et sur les pensions de retraite. Une partie de cette hausse servait à supprimer la cotisation chômage et la cotisation maladie sur le bulletin de paie des salariés. Alors que leur statut social ne leur donne plus droit au chômage, les retraités subissent depuis janvier une baisse de 1,83% de leur pension nette mensuelle afin d’alimenter le budget de l’UNEDIC. Au journal télévisé de Jean-Pierre Pernaut en avril, Emmanuel Macron a expliqué aux retraités qu’il exige d’eux cet effort pour augmenter de 1% la paie mensuelle des salariés. Sans préciser que cette hausse ne coûte rien aux patrons.

Présidé par l’ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius, le Conseil constitutionnel n’a rien trouvé à redire sur cette arnaque au moment de valider le budget de 2018. Mais en avril, le Conseil d’Etat donnait raison aux millions de retraités spoliés par le gouvernement en affirmant que « la cotisation est la base du financement de la protection sociale». Toujours en avril, neuf syndicats et associations de retraités on demandé « une loi de finance rectificative » pour l’exécution du budget de l’année 2018 afin de ne pas faire prendre en charge par la CSG des dépenses qui étaient alimentées jusque là par de cotisations chômage et maladie. Elles appellent à une nouvelle journée d’action le 14 juin et mettent ce gouvernement de tricheurs dirigé par Edouard Philippe face à ses responsabilités. La démarche commune des 9 s’appuie sur la décision du Conseil d’Etat qui censure plusieurs articles majeurs d’un nouveau projet gouvernemental d’assurance chômage et demande au gouvernement de s’interroger sur le remplacement des cotisations par l’impôt.

 

La CSG face à la dette de l’assurance chômage

Dans son édition du 27avril, l’Humanité publiait des chiffres accusateurs pour Emmanuel Macron et le gouvernement dirigé par Edouard Philippe. D’un milliard d’euros en 2009, le déficit annuel de l’UNEDIC est passé à 3,8 milliards d’euros en 2017. La dette cumulée de l’UNEDIC , organisme paritaire , est passée de 8,9 milliards d’euros en 2009 à 33,8 milliards en 2017 et l’on prévoit un déficit cumulé de 37,8 milliards en 2018 et 41,4 milliards en 2019.

Au regard de ces chiffres, alimenter le budget de l’assurance chômage qu’est l’UNEDIC par de nouvelles augmentations de la CSG en lieu et place des cotisations d’avant le changement intervenu en janvier 2018 conduirait dans les prochaines années à réduire les pensions de retraites à la portion congrue .Surtout quand, en même temps, le pouvoir a légiféré pour supprimer l’Impôt de solidarité sur la fortune(ISF) et pour réduire les impôts sur les bénéfices des entreprises alors que les profits sur l’exercice 2017 se sont envolés tandis que les PDG ,les très hauts cadres et les banquiers n’en finissent pas de s’attribuer des bonus en tous genres.

On ne peut même pas dire que cela profite à l’économie du pays. Si le nombre de chômeurs sans une seule heure travaillée a baissé de 32.100 personnes durant le premier trimestre 2018, cela ne fait que 0,9% de baisse sur trois mois et nous avons toujours 3,7 millions de chômeurs à temps complet. Pire encore, le chômage de longue durée au-delà d’un an continue de progresser tandis que la précarité des demandeurs d’emploi à activité réduite (avec des boulots de quelques heures par mois) augmente aussi, de même que leur nombre qui est de 2,1 millions en France métropolitaine.

En même temps qu’il tente d’imposer un traitement discriminatoire aux retraités, Emmanuel Macron dit vouloir réformer et unifier les systèmes de retraite afin que, selon lui, « chaque euro cotisé donne les mêmes droits acquis pour tous » au moment de la retraite. Mais il s’est attaqué en janvier 2018 à ces droits acquis par 16 millions de retraités via les cotisations versées durant une vie de travail.

 

Que vont devenir les budgets des communes et des départements ?

Certes, le gouvernement a promis de supprimer en trois ou quatre ans la taxe d’habitation que paient les ménages. Mais quand les impôts locaux représentent 21% des ressources des régions , 33% de celles des départements et 50% de celles des communes et des communautés de communes, il est permis de se demander ce qu’il adviendra des budgets et des services dont bénéficiait jusque la population jusqu’à présent.

En suggérant de doubler la taxe foncière des résidences secondaires et des logements vacants, le rapport de l’ex rocardien Alain Richard, désormais sénateur du groupe LaREM , propose une mesure aux multiples effets pervers. D’une part, elle permettra de récupérer moins de 20% des pertes de recettes induites par la suppression de la taxe d’habitation. D’autre part, si cette mesure n’amputera guère le revenu des riches propriétaires de villas et châteaux, elle sera douloureuse pour beaucoup d’autres. La France compte près de 3, 3 millions de résidences secondaires et environ 2,8 millions de logements vacants. Il s’agit souvent de maisons rurales en de vastes zones en voie de désertification, victimes de la déprise immobilière. Surtaxer ces résidences secondaires se traduira par un appauvrissement des propriétaires aux revenus modestes, mais aussi par un effondrement du marché de l’immobilier dans ces zones avec une dégradation du patrimoine.

 

Faire payer les pauvres pour gaver les riches

Soyons clair, en janvier dernier l’augmentation de la CSG pour alimenter l’UNEDIC en lieu et place des cotisations chômage visait à donner l’illusion aux salariés que l’arrivée de Macron à l’Elysée leur permettait de bénéficier d’une petite augmentation de salaire. Cette augmentation a déjà été récupérée par le fisc via la hausse de la taxe sur les carburants sans que le produit de cette augmentation ne soit affecté à la lutte contre le réchauffement climatique. On le voit avec la loi sur le démantèlement de la SNCF. Partout et toujours, Macron ne cesse de faire les poches des pauvres pour gaver les riches.

Gérard Le Puill 

 

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 11:53

Parcoursup, le système d’admission à l’université, rendra ses premières réponses le 22 mai. Une sélection arbitraire et injuste que continuent de dénoncer les étudiants en lutte.

Vacances, ponts, examens, interventions policières : rarement mouvement étudiant aura été placé dans des conditions aussi difficiles. Vaille que vaille, il se poursuit. Quatre universités restent totalement bloquées : Rennes-II, Toulouse-Jean Jaurès, Paris-VIII et Nanterre – où, en dépit du pont du 8 mai, 700 étudiants réunis lundi 7 mai en assemblée générale ont voté la poursuite du blocage. D’autres sites restent partiellement bloqués à Paris (Clignancourt et Malesherbes, dépendants de Sorbonne-Université), Aix-Marseille, Nantes, Lyon-II, tandis que des évacuations policières musclées ont eu lieu la semaine dernière à Grenoble et Nancy. Dans cette dernière université, six étudiants sont poursuivis en correctionnelle pour des imputations de dégâts matériels ou le refus… de communiquer à la police le code PIN de leur portable.

Pendant ce temps, conformément à la volonté de passage en force affichée depuis le début par le gouvernement, la machine Parcoursup ne s’est pas arrêtée. À deux semaines de la première échéance – mardi 22 mai, les futurs bacheliers recevront les premières réponses à leurs demandes –, les universités sont ainsi confrontées à un défi insurmontable, à défaut d’être imprévisible : étudier un par un les quelque 8,6 millions de vœux formulés par les 811 000 candidats. Et, au-delà de la centaine d’équipes pédagogiques qui, selon le collectif Sauvons l’université, refusent toujours d’entrer dans ce jeu, les premières informations qui filtrent sur les dispositifs mis en œuvre n’ont rien, mais alors vraiment rien de rassurant.

Une évaluation différente suivant la ville

Confirmant les craintes formulées par les étudiants en lutte et par nombre d’enseignants, et très loin de la volonté affichée par la ministre Frédérique Vidal de « remettre de l’humain dans le processus d’orientation », c’est une sélection féroce, déshumanisée, aléatoire, injuste et parfois ubuesque qui est à l’œuvre. Son ministère a beau mettre en avant « un cadre commun à respecter » par tous, celui-ci est tellement vague – obligation de mettre en place une commission d’examen des vœux, prérequis (ou « attendus ») fixés nationalement pour chaque filière, droit de connaître les raisons de la réponse fournie par la commission – qu’il ne permettra aucunement, dans la plupart des filières, de traiter et classer les dossiers.

Le choix s’effectuera donc selon des modalités fixées par les universités elles-mêmes, en toute opacité. Dans la plupart des cas, on privilégie la « note de contrôle continu » (une note unique prétendant résumer les résultats obtenus en première et terminale, et qui va parfois jusqu’au millième de point !), soumise à un classement automatique par des algorithmes variables suivant les facs et dont les critères resteront secrets ; là, on « pondère » cette note en fonction du type de bac ; ailleurs, on avoue prendre en compte le classement national des meilleurs lycées fourni par le ministère ; on accorde parfois des bonifications suivant les options choisies au bac ; on prend en compte ou pas les « lettres de motivation » qui doivent désormais figurer au dossier…

Résultat : un bachelier postulant dans une même filière ne sera pas évalué d’après les mêmes critères selon que sa candidature sera examinée à Paris, Toulouse ou Orléans. C’en est donc fini, en pratique, du caractère national du bac et de l’égalité d’accès des bacheliers à l’enseignement supérieur. Selon un professeur s’exprimant dans le Monde, « on se dit vraiment qu’on passe du tirage au sort à la loterie » – mais une loterie présentée sous les atours de l’orientation. Précisément ce que dénoncent depuis des semaines les étudiants et professeurs en lutte.

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 11:53

Depuis son arrivée au pouvoir, le président ne cesse de s’attaquer aux lois sur le climat. Face à lui, États, villes et grandes sociétés se rebiffent.

Donald Trump voit-il, depuis les fenêtres du 1 600, Pennsylvania Avenue, la sécession qui s’organise ? Dès lors que son administration détricote les lois relatives à la lutte contre le réchauffement climatique, celle-ci trouve en face d’elle des États, des villes, des entreprises qui disent stop. En a-t-il conscience ? Sûrement. Mais voilà, comme le pense l’écrivain Jonathan Franzen, interrogé dans le numéro 5 de la revue America sur la stature de son président, l’homme sait surfer sur les craintes d’une partie du peuple américain, qui pense plus au travail qu’au climat. Les faits lui donneraient presque raison. Un récent sondage Gallup – équivalent américain de l’Ifop – montre ainsi qu’une partie de l’opinion américaine se désintéressait un peu plus chaque année de cette cause. Alors qu’en 2017 ils étaient 71 % à penser que le réchauffement climatique était bien réel, ils ne seraient plus que 65 % cette année.

Dans ce contexte, une organisation écologiste finlandaise, Melting Ice, peut bien projeter de sculpter, dans la glace de l’Arctique, le visage de Donald Trump, afin qu’il puisse, de visu, se rendre compte des désastres qu’engendre le réchauffement, le président américain, lui, veut continuer son œuvre « climaticide ». Mais parviendra-t-il pour autant à faire triompher ses idées ? Pas encore, car la résistance s’organise. Il y a quelques semaines, la révolte s’est même transformée en presque révolution. Le 15 mars dernier, à Détroit (Michigan), le président américain annonçait vouloir s’attaquer aux régulations environnementales, en promettant aux constructeurs automobiles de les libérer de normes trop contraignantes. Il annonçait ensuite un réexamen de la limite autorisée de consommation moyenne des véhicules neufs, mise en place par son prédécesseur.

Dans la foulée, la Californie – État le plus peuplé, avec 39 millions d’habitants, et à la pointe de la lutte pour le climat – portait plainte contre l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) afin de préserver les normes automobiles nationales d’émissions. Normes que la Californie avait même renforcées sous la gouvernance d’Arnold Schwarzenegger, pourtant républicain. Depuis, 16 autres États ont rejoint la lutte et porté le fer au cœur de cette administration. Le Connecticut, le Delaware, l’Illinois, l’Iowa, le Maine, le Maryland, le Minnesota, le New Jersey, l’État de New York, l’Oregon, le Rhode Island, le Vermont, l’État de Washington, le Massachusetts, la Pennsylvanie, la Virginie et même, ironie de l’histoire, le district de Columbia – là où se trouve l’administration fédérale – sont dorénavant de la partie.

Vive opposition contre les forages dans les zones protégées du littoral

Face à cette lame de fond, l’administration, pas à bout d’arguments fallacieux, a fait vibrer la corde populiste : « Ces normes s’avèrent coûteuses pour les constructeurs automobiles, mais aussi pour les consommateurs qui ne peuvent se payer un véhicule à haute efficacité énergétique », a déclaré l’EPA. Faux, a immédiatement rétorqué le gouverneur de Californie, Jerry Brown : « Cela viole le Clean Air Act (loi sur la qualité de l’air) des États-Unis et ne respecte pas les propres règles de l’EPA. De plus, ce n’est basé sur aucune nouvelle recherche. » Le ministre de la Justice de Californie, Xavier Becerra, lui a emboîté le pas : « Au lieu de faire une priorité de la santé des Américains qui travaillent dur, l’administrateur de l’EPA, Scott Pruitt, veut lâcher la bride aux principaux pollueurs. C’est inconscient ! » Pour appuyer son refus de toutes nouvelles règles, le gouverneur californien sait aussi pouvoir compter sur un argument économique de poids : « Nous représentons 140 millions de personnes et 43 % du marché automobile américain. Et ces gens veulent des voitures plus propres et plus efficaces. »

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, celui qui déclarait que « le réchauffement climatique était une invention des Chinois pour ruiner l’économie américaine » voit chacune de ses mesures contestées. En janvier dernier, son administration décidait de l’ouverture des zones protégées du littoral américain à l’exploitation du pétrole et du gaz offshore. À peine lancée, des villes de Californie, de l’Oregon ou encore de l’État de Washington marquaient leur opposition farouche à tous nouveaux forages. La Floride, elle-même concernée, voyait son gouverneur républicain, Rick Scott, monter au créneau : « J’ai tout de suite demandé à rencontrer le secrétaire Zinke pour discuter des préoccupations soulevées par ce projet et de la nécessité de retirer la Floride de la liste. » Il a finalement obtenu gain de cause. Mais là ne s’arrête pas les exemples. Même la volonté trumpienne de sortir de l’accord sur le climat signé à Paris connaît la fronde. 375 villes ont annoncé qu’elles allaient mettre en place ce qui a été prévu, et ce, quoi que décide le président. Des États, et non des moindres – Washington, New York et Californie – ont affirmé vouloir aussi respecter l’accord de Paris. Même du côté des entreprises, le vent de révolte gagne du terrain. Ainsi, les géants du pétrole, qui ont amorcé un début de transition énergétique, ne veulent pas entendre parler du charbon comme source d’énergie, alors que Donald Trump l’a mis au cœur de son discours sur l’indépendance énergétique. Enfin, au-delà de ce secteur, une douzaine de sociétés américaines, dont Google, Apple, Facebook et Microsoft, demandent au président de rester dans l’accord de Paris afin de maintenir leur compétitivité dans le monde. Même le business, si cher au président, s’y met. Une révolte ? « Non, sire, une révolution. »

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 11:51

 

Le 10  et le 23 mai, nous, commémorons l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage mais aussi la souffrance des esclaves, cet asservissement humain hideux reconnu,désormais, crime contre l’humanité.

Emmanuel Macron, dans une déclaration, pour le 170ème anniversaire de la 2ème abolition de l’esclavage, a eu des morts forts : « … pour ne pas éroder la force des mots, il faut leur donner l’épaisseur des actes... je souhaite que l’Etat prenne enfin sa part pour inscrire pleinement cette mémoire dans notre récit national… »

Au-delà des effets de style, il y a les paroles et les actes :

L’annonce de la fondation de la mémoire de l’esclavage à l’hôtel de la Marine à Paris n’est en fait que la preuve que les engagements pris par son prédécesseur il y a 2 ans vont être tenus. Nous n’attendions pas moins d’un président qui veut donner de l’épaisseur aux actes  et inscrire la mémoire de l’esclavage dans notre récit national.

Par contre Emmanuel Macron était attendu sur le projet du 1er musée de l’esclavage sur le territoire métropolitain, le conseil municipal de Paris s’était prononcé favorablement à ce projet, sur proposition des élus communistes, le 27 septembre 2017, une décision saluée par les associations.

Le Parti Communiste Français estime  choquant que le président, pour  refuser le projet de musée, oppose ce dernier au Mémorial Acte, en Guadeloupe, centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage.

La traite européenne a arraché à l’Afrique 12 à 13 millions d’êtres humains. La France porte la responsabilité de la déportation d’1,2 millions de personnes dont 80 % furent destinés à Saint-Domingue mais aussi à la Martinique et à la Guadeloupe.

 

Le travail de mémoire et d’éducation ne concerne pas que les départements et les territoires d’outre-mer, il ne concerne pas que les descendants d’esclaves, il concerne tous les français. Il y a un déficit historique à combler pour que la France regarde son passé colonial. IL y a 12 000 musées en France mais toujours pas de Musée consacré à la mémoire de l’esclavage, toujours pas de musée consacré aux luttes d’émancipation des esclaves, toujours pas de musée pour faire connaître les grandes figures abolitionnistes françaises comme RobespierreToussaint Louverture ou Victor Schoelcher.

 

Le devoir de mémoire, la reconnaissance des crimes coloniaux, la lutte contre le racisme sous toutes ses formes exige que ce musée voit le jour, à Paris, avec le soutien de l’Etat. Ce serait comme le dit si bien Emmanuel Macron donner de l’épaisseur à ses actes.

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 07:10

 

Le 17 mai, l'Émission Politique de France 2 est mise en scène sur le thème de la première année de Macron. Le PCF, malgré nos demandes, en est exclu. Notre formation politique n'est d'ailleurs pas la seule victime de cet ostracisme. Le choix du casting obéit à chaque fois aux mêmes règles prétendûment présidentialisées. Des règles au nom desquelles le déni démocratique se répète systématiquement pour toutes les grandes émissions politiques. Rien ne justifie cette mise à l'écart des antennes. Le Parti communiste est l'une des formations les plus actives dans les mobilisations sociales qui dominent l'actualité. Ses élus et ses groupes parlementaires déploient une activité remarquée. Ses propositions animent utilement le débat démocratique. Mais le gouvernement préfère imposer ses interlocuteurs et dicte même la forme des émissions politiques. Le service public n'a pas à se plier à ses injonctions. Le PCF demande donc des engagements précis sur le respect de son droit à la confrontation pluraliste et demande sa participation à l'Emission Politique du 17 mai. La démocratie a tout à y gagner.

Pierre Laurent, secrétaire national du PC
F,

 

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 06:05

Plus les années passent, plus des stocks de poissons diminuent dans la plupart de mers du monde. En dépit des quotas de pêche mis en place dans certaines zones, la politique de l’offre visant à gagner des parts de marché pour les produits de la pêche favorise les pratiques frauduleuses à tous les niveaux. La France n’y échappe pas comme le prouvent les trafics sur la civelle, ce bébé anguille capturé en trop grandes quantités pour être exporté en Asie.

Le Salon des produits de la mer qui s’est tenu à Bruxelles du 24 au 26 avril nous a valu une longue dépêche de l’Agence France Presse sur l’inventivité des exposants en quête de nouveaux clients. L’un de ces exposants vantait la merguez de saumon qui se cuit à la plancha quand un deuxième proposait des brochettes de lotte ou de marlin que l’on peut également cuire au four avec de la farce de poissons et de Saint-Jacques. Tel autre exposant entendait  séduire les moins de 40 ans en commençant par dire que « l’offre actuelle n’est pas adaptée à cette cible».  A ces nouvelles générations de consommateurs, il faut selon lui  proposer du carpaccio, du tartare, des émincés et autres prêts à cuire et à consommer.

Un autre exposant proposait du burger d’espadon et de thon germon, ainsi que des tranches d’espadon fumé. Ailleurs les accompagnements de l’apéritif n’étaient pas oubliés avec des rillettes de poissons, des verrines et des « fish balls» qui sont des saucisses cocktails. Venu d’Hawaï et populaire sur la côte ouest américaine, il y avait aussi à Bruxelles du « poke bowl » un mélange entre le « ceviche » du Pérou et le sushi japonais. Les entreprises françaises étaient bien représentées sur ce salon et le représentant de FraneAgriMer a déclaré que dans notre pays « l’aval de la filière a une intelligence économique ».

Il reste à savoir comment l’amont fournira l’aval

Il reste à savoir comment l’amont de la filière fournira l’aval en produits bruts dans un contexte où la politique de l’offre ne peut que stimuler la course aux nouvelles captures dans les océans. Dans l’édition 2016 de La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture édité par la FAO, il est indiqué que « la production mondiale de la pêche maritime a progressé régulièrement jusqu’en 1996, où elle a atteint son niveau maximal avec 86,4 millions de tonnes, avant d’amorcer une baisse qui se poursuit depuis ».

Les chiffres publiés dans ce rapport s’arrêtent en 2013. La FAO nous dit que sur les stocks évalués cette année là, « 58,1%  étaient exploités au maximum et 10,5% étaient sous-exploités. La proportion de stocks sous-exploités a diminué de manière presque continue entre 1974 et 2013, mais celle des stocks exploités au maximum, après avoir baissé de 1974 à 1989, est remontée à 58,1%en 2013. Parallèlement, le pourcentage de stocks exploités à un niveau biologiquement non durable a augmenté, en particulier à la fin des années des années 70 et dans les années 80, passant de 10% en 1974 à 26% en 1989. Depuis 1990, la proportion de stocks de poissons exploités à un niveau non durable a continué d’augmenter, quoique plus lentement, pour s’établir à 31,4% en 2013 ».

Situation critique en Méditerranée et en mer Noire

La même étude nous dit que « 41% des  stocks des sept principales espèces de thon étaient exploités à un niveau biologiquement non durable en 2013». Il n’est donc pas certain que l’on puisse servir durablement les burgers de thon comme cela était préconisé voilà quelques jours à Bruxelles. L’étude de la FAO nous dit aussi que « la zone Méditerranée et mer Noire a vu ses captures diminuer, de 2 millions de tonnes en 1982 à 1,2 million de tonnes en 2013 ». Dans ces deux mers fermées et plutôt polluées, « tous les stocks de merlu et la plupart de ceux de rouget barbet sont considérés comme surexploités (…) En mer Noire, les stocks de turbot et d’anchois sont considérés comme surexploités ». Toujours selon la FAO, « la Commission générale des pêches pour la Méditerranée  estime qu’environ 85% des stocks de poissons de la zone sont exploités à un niveau non durable ». Il reste à savoir ce qu’il advient depuis 2013 alors que  l’offre continue de se segmenter sur les marchés pour tenter de vendre davantage de produits de la mer toujours plus sophistiqués.

Quand nos rivières n’auront plus d’anguilles

La chair de l’anguille n’était pas évoquée dans la dépêche  de l’AFP sur le salon de Bruxelles. Mais un article publié par le Monde daté du 27 avril montait qu’elles n’ont plus le temps de grandir en France. En effet, dès que les civelles- que les mamans anguilles font naître dans la mer des Sargasses- abordent l’embouchure des  fleuves côtiers pour remonter vers les ruisseaux, le braconnage des civelles translucides que l’on peut vendre de 150 à 550€ le kilo à des exportateurs pour être revendus cinq à dix fois plus cher à de riches consommateurs de Hong Kong, bat son plein.

Ainsi, il existe en France un quota de pêche à la civelle de 65 tonnes par an pour les pêcheurs professionnels. C’est énorme compte du faible poids de chaque alevin. Mais à supposer que tous respectent la quantité autorisée, la valeur marchande de la civelle suscite des vocations dans le braconnage et alimente des trafics clandestins. Alors que la population d’anguilles ne cesse de diminuer dans nos cours d’eau depuis des décennies pour diverses raisons parmi lesquelles figurent les pollutions en tous genres, on peut se demander si le moment n’est pas venu d’interdire la capture de ces alevins destinés à alimenter les repas   gastronomiques » de quelques milliardaires asiatiques.

On aimerait savoir ce qu’en pense notre ministre de la Transition écologique et solidaire.

 

Les communistes  de la région de Morlaix vous invitent à une Conférence - Débat qui se tiendra le Mardi 29 mai à Lanmeur (20 h - Salle Stérédenn) avec Gérard Le PUILL, journaliste à l'Humanité.

 

 

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 11:48

L’Association France Palestine Solidarité organise un grand concert de solidarité le 15 mai 2018 au Cabaret Sauvage à Paris afin de commémorer les 70 ans de la Nakba, la catastrophe palestinienne qui désigne les massacres, les expulsions et l’exode subis entre 1947 et 1951 qui ont précédé et accompagné la proclamation de l’État d’Israë

l. ©Mohammed Zaanoun/Activestills.org

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