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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 09:09
Européennes - Autour de Ian Brossat, il est en train de se passer quelque chose (Libération, Jérôme Lefilliâtre, 19 avril 2019)
Européennes
Autour de Brossat, «il est en train de se passer quelque chose»
Par Jérôme Lefilliâtre

Depuis sa prestation au débat télévisé de France 2, la tête de liste des communistes aux européennes fait frémir les sondages. Les militants croient que la barre des 5% est atteignable.

Les communistes ont la banane. Jeudi matin, une quinzaine d’entre eux patientent à l’entrée du centre humanitaire d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), qui accueille 400 migrants et leurs familles, sous la responsabilité d’Emmaüs Solidarité. Leur tête de liste aux européennes, Ian Brossat, se fait attendre pour cette visite de terrain. L’adjoint en charge de logement à la mairie de Paris est rentré tard, la veille au soir, d’un meeting à Jarny (Meurthe-et-Moselle). Il a fait salle comble, attirant plusieurs centaines de personnes. «Ça marche encore, les vieilles villes coco !» rigole un conseiller de Brossat, ravi. Le maire d’Ivry, Philippe Bouyssou, grille une clope sous le soleil : «Ian fait une très belle campagne. Il montre le sérieux, la combativité, la pertinence de sa candidature. Le tout est maintenant de le faire connaître.» Non loin de là, Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne, n’a pas de mots assez doux pour son jeune collègue : «dynamisme», «disponibilité», «empathie», «aisance»

Ian Brossat débarque, reposé, élégant : chino vert et veste bleue, chemise blanche et bottines marron. Il distribue les bises et les poignées de main. Dans le Val-de-Marne, le Parti communiste (PCF) est chez lui. La petite troupe s’enfonce dans le centre d’accueil des migrants, venus pour la plupart de la Corne de l’Afrique et d’Afghanistan. Un «village» de yourtes et de bâtiments modulaires, doté en son sein d’une école et d’un centre médical, posé sur le terrain d’une ex-usine d’eau de la ville de Paris. Le lieu est d’une surprenante tranquillité. «Quand on organise l’accueil, les choses se passent très bien», constate Brossat, qui veut «multiplier» les initiatives de ce type sur «le parcours migratoire». Quelques échanges avec les 74 salariés du centre, deux ou trois mots face à une caméra pour les réseaux sociaux et l’agrégé de lettres modernes prend la direction de l’aéroport d’Orly, où les syndicats opposés à la privatisation d’ADP manifestent. La journée-marathon qui débute doit se terminer tard par l’enregistrement de Salut les Terriens, l’émission d’Ardisson. La nouvelle réjouit la compagnie, qui ne cesse de regretter la trop faible présence du PCF dans les médias.

«Début de dynamique»

Tout passage télé est bon à prendre. La notoriété du candidat communiste a d’autant plus à y gagner qu’il est bon dans l’exercice. Au débat de France 2 début avril, Ian Brossat s’est fait remarquer avec ses paroles claires et percutantes, son assurance, son refus de polémiquer avec les concurrents de gauche. «Ce débat a sans doute changé la donne, admet-il dans la camionnette qui nous conduit à Orly. Mais je n’ai rien inventé pendant cette émission. J’ai fait des propositions que je porte depuis neuf mois, mais devant 1,5 million de personnes cette fois. Depuis, l’ambiance a changé. Les salles sont blindées. Il y a un début de dynamique, qu’il faut élargir et conforter. Je sens de la fierté chez les camarades qui veulent montrer pourquoi on se bat.» Deux ans après une élection présidentielle où il s’est effacé derrière Jean-Luc Mélenchon, le PCF a très envie d’exister.

Les sondages restent bas (2-3% d’intentions de vote en sa faveur) mais frémissent dans le bon sens. Les sollicitations médiatiques augmentent, au point que Brossat se permet de refuser, devant nous, un duel avec Florian Philippot sur LCI («Je veux pas parler avec Philippot, je veux parler tout seul», se marre-t-il). Et les communistes ne se cachent plus de viser 5%, le seuil permettant d’envoyer des députés au Parlement européen. «On sent qu’il est en train de se passer quelque chose. Avec l’efficacité de sa parole, Ian exprime ce que pense une majorité de gens de gauche. Il apparaît comme un repère», se réjouit l’ancien secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, croisé à Orly, un jambon-beurre à la main. A l’entrée du terminal 3 de l’aéroport rénové, inauguré par le Premier ministre ce jeudi, les militants de la CGT fournissent une bonne partie du cortège de l’intersyndicale. Les huiles du PC, dont le secrétaire national, Fabien Roussel, ont fait le déplacement, couvant du regard Brossat lorsque ce dernier tente une punchline au micro : «Emmanuel Macron veut tout vendre. Ce n’est plus un Président de la république, c’est un commissaire-priseur.» Succès mitigé.

«Ne taper personne à gauche»

«L’enjeu central de la campagne est de faire le lien entre les préoccupations quotidiennes des gens et les politiques européennes», argumente Brossat dans la camionnette. Et de citer le quatrième paquet ferroviaire qui a entraîné la réforme de la SNCF ou la règle des 3% de déficit qui oblige à fermer des services publics. La stratégie de la tête de liste, qui peut compter sur un budget de campagne de 2 millions d’euros venus des militants et du parti, est de travailler deux bassins de population : les «terres populaires communistes» évidemment, mais aussi les métropoles. Pour certains habitants des grandes villes, le profil de Brossat, ancien prof de 39 ans, résident du XVIIIe arrondissement – mi-populaire mi-bobo – de Paris, auteur récent d’un livre anti-Airbnb, membre de la majorité d’Anne Hidalgo, présente d’évidents attraits. On connaît des électeurs dits à fort capital culturel et précarisés qui sont tentés, lassés par les querelles d’ego entre Jadot, Hamon et Glucksmann ou les éruptions en tout genre de La France insoumise.

Malgré l’optimisme affiché du PCF, l’objectif des 5% est loin d’être acquis. Il faudra vraisemblablement aller l’arracher sans alliance. A quelques jours de la date limite de dépôt des listes, l’hypothèse d’une union avec Benoît Hamon, que le PCF voulait sceller avec Brossat en tête de liste, est quasi enterrée. «Je le regrette, réagit le communiste. Je ne comprends pas pourquoi il prend le risque d’aller faire 4 ou 5% aux européennes alors que son but est la présidentielle… Je n’arrive pas à le cerner.» Dans l’entourage du patron de Génération.s, on explique avoir testé cette idée à travers des études. Résultat non concluant : l’alliance avec le PCF aurait fait fuir une partie des sympathisants de Génération.s vers les listes de Jadot et Glucksmann. Et on ajoute que la mini-hype pour Brossat est très parisienne… Face aux divisions, Ian Brossat s’est fixé une ligne de conduite : «J’ai décidé de ne taper personne à gauche. Vu l’état de la gauche, tous les coups qu’on donne sont contre-productifs. Et après les européennes, il va bien falloir qu’on retrouve le chemin du rassemblement.» Bref, on se compte le 26 mai, puis on discute.

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 08:56
IL NE PEUT Y AVOIR D'ECOLOGIE SANS ANTICAPITALISME - Candidate du PCF sur la liste de Ian Brossat interview les alternatifs.info, 19 avril 2019)
Cindérella Bernard sera présente à la fête du Viaduc, fête du PCF place Allende le 1er mai à Morlaix, pour une intervention politique à 15h sur les Européennes.
https://lesalternatifs.info
« IL NE PEUT Y AVOIR D'ECOLOGIE SANS ANTICAPITALISME »
 

Entretien avec Cinderella Bernard, candidate sur la liste du Parti communiste pour les élections européennes.

 

Nous avons posé les mêmes questions à différents candidat-e-s pour les élections européennes. Cindérella Bernard, investie sous la bannière du Parti communiste français a eu la gentillesse d’y répondre.

Les Alternatifs – Bonjour, vous êtes candidate sur la liste du Parti communiste pour les élections européennes, pouvez-vous nous résumer votre parcours ?

Je suis issue d’un milieu modeste. Mon père était ouvrier et ma mère, mère au foyer a repris ses études à plus de 40 ans.  A 14 ans, j’ai su que je voulais être éducatrice spécialisée, une profession qui permettait de corriger les inégalités sociales et de donner leur chance à tous les enfants, quelques soient leurs origines ou leurs histoires familiales.

Après des petits boulots en usine, j’ai exercé plusieurs professions autour du handicap, de la
dépendance et de le délinquance.

Très tôt, je me suis engagée dans le milieu associatif et j’ai mené mes 1ères luttes pour la défense des
écoles publiques et l’enseignement bilingue public breton/français en 2007. Je suis devenue
présidente de l’amicale laïque cette même année. Ce qui m’a valu d’intégrer la liste de Gérard Le Caër, maire communiste à Bégard en 2008, aujourd’hui je suis 1ère adjointe. J’ai pris la présidence du SMICTOM, syndicat de collecte et de traitement des ordures ménagères créé à l’initiative des élus communistes de Bégard, le premier du Département.

En 2015, avec la réforme des élections cantonales et le redécoupage des cantons, je suis devenue conseillère départementale et porte-parole du groupe communiste. Etant maman de 4 enfants, je me suis alors mise en disponibilité professionnelle de mon poste de médiatrice, le temps de ce mandat.
En 2016, j’ai fait le meilleur score à l’Ouest aux législatives pour le PCF, et si la FI n’avait pas refusé de discuter avec nous, nous aurions eu un député. Une situation d’autant plus difficile à accepter car si la FI a pu présenter un candidat à la présidentielle, c’est grâce aux plus de 400 parrainages communistes dont le mien, pour en retour avoir un candidat parachuté sur la circonscription et face à des députés communistes sortants.

En 2019, les camarades du bureau régional portent ma candidature pour les européennes. Après plusieurs mois de réflexion, je finis par accepter car il serait irresponsable de laisser le débat être
confisqué entre les ultra-libéraux et l’extrême droite. Nous devons porter le combat contre le capitalisme et le fascisme partout où nous le pouvons car il a atteint ses limites et représente une
menace pour la paix dans notre société et le monde, pour l’humanité et l’écologie.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager ?

Je suis une militante, c’est inscrit dans mes gènes ! Chacun participe à la vie de la société à sa façon et toutes les places occupées sont importantes pour son équilibre.
J’ai vite compris que notre société s’organisait en fonction des décisions politiques qu’elles soient votées au niveau national ou plus local. Alors je me suis dit que la meilleure façon de défendre la justice sociale et les biens communs était d’intégrer les rouages de la machine et d’y porter une contribution progressiste, communiste. Je ne suis pas née communiste, mais je le suis naturellement devenue de part mon histoire de vie et au gré des rencontres.

Quand je me suis lancée en politique, mon père m’a adressé ce message : “bon courage pour changer le monde”. Je pense que mon communisme a commencé avec lui, d’une certaine façon…

 

En matière d’environnement, quelles mesures de votre programme vous tiennent particulièrement
à cœur ?

En tant qu’élue locale, je mesure l’impossibilité pour les collectivités territoriales de faire face aux défis environnementaux, subissant de pleins fouet les politiques d’austérités plus fortes cette dernière décennie. En 2 quinquennats, les collectivités locales auront dû réduire leur budget à hauteur de 24 milliards d’euros. Quand on sait que 50% de l’investissement en faveur de la transition énergétique dépend des collectivités locales (habitat social, énergies renouvelables..), on imagine très vite combien les politiques d’austérité menée aujourd’hui tant au niveau européen que national bloquent les initiatives attendues dans ce domaine..
Les collectivités territoriales sont responsables de 70% de l’investissement public (et seulement 10% de l’endettement public), en baisse de 15% en 2018.

Aujourd’hui, au prétexte de la règle d’or des 3% du PIB de déficit autorisé par l’Union européenne, l’Etat poursuit la pression sur les collectivités locales. Cette directive européenne libérale doit donc être annulée. La Banque Centrale Européenne dans sa logique libérale a donné près de 3000 milliards d’euros d’argent public aux banques privées sans contrepartie dont une partie créée sur des planches à billet. Nous proposons de créer un fond européen permettant de financer un grand service public de la transition énergétique, du mix énergétique et de la recherche, et mettre des fonds européens en direction des transports collectifs, de la rénovation des voies férrées pour un maillage de proximité, du développement des services publics pour réduire les mobilités et rendre un meilleur service utile et nécessaire à toute la population.
La PAC (politique agricole commune) relève d’un enjeu majeur pour l’environnement. J’ai l’occasion de multiplier les rencontres avec les producteurs locaux sur le terrain. Notre programme défend l’agroécologie, nous devons réguler les productions et favoriser l’agriculture bio et contrer le
piège de l’industrialisation biologique dans lequel les marchés mondiaux veulent enfermer les producteurs. il faut des règles strictes sur la labellisation du bio valables dans tous les pays. Il faut
flécher les aides européennes sur des politiques agricoles communes dans les territoires qui viseraient à developper des initiatives plus respectueuses de l’environnement.
La PAC doit accompagner les agriculteurs vers une production raisonnée et respectueuse de l’environnement, pour cela il faut sortir l’agriculture des logiques de marché concurrentiel et uniformiser les normes de production vers le haut.

Quel est votre avis sur les marches pour le climat qui s’organisent en France et un peu partout dans le monde ?

Ces manifestations sont justes et nécessaires pour faire évoluer les consciences. La jeunesse a raison de se mobiliser, d’ailleurs mes enfants, ma fille collégienne et mon fils lycéen, y ont participé. Mais encore une fois, il ne peut y avoir de véritable écologisme sans anticapitalisme… Le capitalisme vert ça n’existe pas !

Selon vous, comment lier la justice sociale et l’urgence climatique ?

L’habitat social est le 1er facteur de la réduction du pouvoir d’achat des ménages, les logements
sont quant à eux, par leurs énergies résiduelles, responsables du rechauffement climatique à
hauteur de 16,5 %. Permettre la transition énergétique des logements et construire de nouveaux
logements basse consommation, c’est réduire la facture du locataire et agir en faveur de
l’environnement.
Depuis toujours, nous défendons l’idée de développer les transports en commun et de les rendre
accessibles à tous. Seulement 14 voix ont manqué à l’assemblée européenne pour empêcher de livrer
la SNCF-usagers au marché. Depuis les guichets se ferment, des arrêts sont supprimés et ça devient
le parcours du combattant pour se procurer un billet. Démonstration est faite que le libéralisme qui
consiste à créer des situations concurrentielles dans tous les domaines va à l’encontre du progrès
écologique.
Nous devons sortir de ces logiques de marché pour placer au coeur de toutes les décisions l’humain
et l’écologie. Les véhicules routiers sont responsables de 29% des émissions de gaz à effet de serre..
Nous portons l’idée d’inscrire une clause de non-régression sociale dans tous les pays européens afin
d’empêcher par exemple que le marché concurrentiel ne fragilise les politiques publiques que nous
avons mis en place en faveur du progrès humain et écologique.

Comment vous positionnez-vous face à la liste de la France insoumise, d’Europe Ecologie ou de Génération-s, pourquoi tant de divisions ?

Dès le départ Ian Brossat a tendu la main aux autres forces de Gauche avec qui nous pouvions nous entendre. Cela excluait de fait le PS qui a porté tous les traités qui ont construit cette Europe
libérale. EELV a très tôt fait savoir qu’elle irait seule à cette élection. La FI ne parle à personne à
Gauche considérant toute discussion comme des “carabistouilles” pour reprendre leur expression.
En réalité ils ont cru pouvoir être hégémoniques à Gauche. Les sondages ne leur donnent pour
l’instant que 5 points de plus que nous. Reste Génération-S à qui nous continuons de tendre la
main. J’ai rencontré Benoit Hamon avec Ian Brossat dans un café en février et nous en avons parlé.
Nous nous battons pour tenter de préserver les acquis sociaux que nous avons remporté par le fruit
de longues luttes sociales et pour lesquelles les communistes ont joué un rôle majeur que ce soit
dans le cadre du Front populaire ou du Conseil national de la Résistance.
Nous sommes aujourd’hui, reconnu par la cours des comptes comme le 1er parti de France, nous
comptons un nombre important d’élus et siégeons dans toutes les assemblées (800 maires, 7000 élus,
un groupe au Sénat et à l’assemblée Nationale, trois députés européens,…). Nous sommes le seul
parti de Gauche à s’être toujours opposé aux traités libéraux européens. Nous avons fait campagne
contre le traité de Maastrich qui a mis en place cette Europe du marché quand d’autres
aujourd’hui qui voudraient nous donner des leçons de gauche ont fait campagne pour ce traité.
Suivez mon regard… Nous avions pris la pleine mesure de ses conséquences pour l’humanité et
l’écologie.

Aujourd’hui, de nombreuses études ont fait la démonstration du risque de réchauffement
climatique, des économistes de gauche comme de droite ont démontré les limites du capitalisme.
Les enjeux sont tels qu’on ne peut avoir de demi-discours sur le renversement du capitalisme,
l’Europe doit devenir une communauté humaine qui protège son environnement de vie, ce qu’elle
ne fait pas aujourd’hui.. elle protège les riches et tant pis pour les autres qu’ils crèvent dans la rue ou la méditerranée, ou qu’ils mangent des colis alimentaires, tant pis pour l’environnement, tant
que les sous remplissent les caisses des actionnaires.

Mais même sans alliance nous poursuivons le combat que nous menons depuis près de 100 ans. Cela fait de nous un parti d’expérience, nous avons toujours été à l’avant-garde des enjeux humains et environnementaux. Notre liste est d’ailleurs une liste d’ouverture avec 30% de candidat.e.s issu.e.s
de la société civile. C’est une belle liste avec 50% d’ouvrier.e.s et d’employé.e.s, des intellectuel.le.s
aussi comme Maryam Madjidy, Prix Goncourt en 2017 et n°8 sur notre liste. En votant pour la liste menée par Ian Brossat “Pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent”, nous avons pour la
première fois la possibilité d’envoyer au parlement européen une ouvrière, Gilet Jaune depuis le
début et n°2 sur notre liste. Il s’agit de Marie Hélène Bourlard, ouvrière textile pendant 40 ans et
qui s’est illustrée dans le documentaire “Merci patron”.

Je refuse ce fatalisme et cette désunion à Gauche mais l’Union est un combat et nous n’abandonnons pas l’idée. En attendant le Parti Communiste Français est le parti auquel je donne ma confiance pour mener ce combat, loin des stratégies politiciennes faites en fonction des sondages qui visent à séduire un électorat et à suivre le sens du vent…

Les Alternatifs – propos recueillis par la rédaction

Voir aussi:

Cinderella Bernard, candidate sur la liste aux Européennes du PCF conduite par Ian Brossat

Cindérella Bernard, candidate du PCF aux élections européennes, invitée de Dimanche en Politique sur France 3 - Dimanche 31 mars, voir la vidéo

Samedi 9 mars: Européennes, Cindérella Bernard invitée de la section PCF du Relecq-Kerhuon pour un débat sur l'égalité Femmes/hommes et la question des droits des femmes en Europe, 17h salle Germain Bounot

Intervention de Cindérella Bernard au meeting du Relecq-Kerhuon avec Ian Brossat et Glenn Le Saôut le 1er février

 

 

IL NE PEUT Y AVOIR D'ECOLOGIE SANS ANTICAPITALISME - Candidate du PCF sur la liste de Ian Brossat interview les alternatifs.info, 19 avril 2019)
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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 10:07

Tribune. Depuis 2015, la coalition militaire menée par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, soutenue par les Etats-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne et la France a engendré «la pire crise humanitaire au monde» selon l’ONU. Le bilan est terrifiant, 10 000 morts selon les chiffres officiels, et plus de 70 000 d’après les ONG. Du fait de l’embargo et de la destruction des infrastructures civiles, une famine sans précédent touche 16 millions de Yéménites. Cinq millions d’enfants sont touchés par la malnutrition retardant ainsi leur développement physique, mental et cognitif. Un enfant meurt au Yémen toutes les cinq minutes, une génération entière s’éteint.

Au service de l’industrie de l’armement 

La communauté internationale détourne le regard. La France n’échappe pas à cette règle, tiraillée entre les ventes d’armes aux membres de la coalition, Arabie Saoudite et Emirats arabes unis en tête, et ses engagements internationaux. Le président de la République a beau affirmer qu’«il est faux de dire que l’Arabie Saoudite est un grand client aujourd’hui de la France», elle se hisse pourtant à la deuxième place en matière d’exportations d’armes.

 

Le gouvernement a connaissance de la gravité de la situation mais refuse toute responsabilité. Le président de la République justifie sans complexe cette stratégie, considérant que «c’est pure démagogie que de dire d’arrêter de vendre des armes à Riyad». Lorsque des milliers de Yéménites meurent et que des millions d’autres sont menacés par la famine, le dilemme n’est plus économique mais moral.

Au mépris du droit international 

Cette politique d’exportation, rentable financièrement, se fait au mépris des traités internationaux, et engage, comme lors des quinquennats précédents, la responsabilité de notre pays. L’article 6 du Traité sur le commerce des armes, ratifié en 2014 par la France, interdit en effet toute vente d’armes dès lors qu’elles sont susceptibles d’être utilisées contre des populations civiles. Et pourtant ce sont près de 3,4 milliards d’euros d’armement qui ont été livrés à l’Arabie Saoudite entre 2015 et 2017, au plus fort du conflit. En vendant ces armes (chars Leclerc, avions ravitailleurs A330 MRTT, corvettes Gowind, canons Caesar, systèmes de ciblage pods) la France s’est même engagée auprès de l’Arabie Saoudite à assurer leur maintenance sur plusieurs décennies. Malgré le conflit, notre pays maintient sa coopération militaire avec Riyad.

Si le Parlement européen – comme d’autres pays européens tels que la Finlande, les Pays Bas, la Suisse – s’est prononcé en faveur de la suspension des livraisons d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis en décembre 2018, le gouvernement reste inflexible. Les récents votes du Sénat et de la chambre des représentants sur l’arrêt du soutien militaire, dont les ventes d’armes, n’auront pas non plus suffi à infléchir la stratégie américaine.

Contrôle opaque et antidémocratique

Ce commerce lucratif pour les industries de défense s’appuie sur des règles opaques, excluant de fait tout contrôle démocratique. En effet, l’attribution des licences d’exportation est entièrement aux mains de l’exécutif. Les règles d’attributions ainsi que les décisions prises par la Commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre (CIEEMG), chargée de conseiller le Premier ministre en la matière, sont protégées par le secret-défense. Le Parlement est totalement absent de ce processus décisionnaire. La seule information dont disposent les citoyens se fait sous la forme d’un, très sommaire et peu précis, rapport au Parlement publié chaque année. Ni l’intitulé précis du matériel vendu, ni le nom du fabricant, ni la quantité du matériel ne sont indiqués. Malgré la demande des ONG françaises depuis 1997 de la création d’un office parlementaire, le contrôle des exportations a posteriori, notamment la traçabilité, est quasi inexistant.

Dans d’autres pays européens, une plus grande implication du Parlement permet un meilleur contrôle des autorisations d’exportations d’armes. Pour que cette situation cesse, nous demandons la mise en place d’une délégation parlementaire qui participera au processus de décisions pour l’attribution des licences d’exportation. L’urgence commande de telles mesures, pour que la France mette sa diplomatie au service de la paix, et cesse de se rendre complice de puissances criminelles.


 

Signataires:
 

Alexis Corbière député France insoumise, Christian Hutin, député socialiste, Jean-Paul Lecoq député Gauche démocrate et républicaine, Sébastien Nadot député non-inscrit, Esther Benbassa sénatrice Europe Ecologie-les Verts, Frédérique Dumas députée UDI, Jean Felix Acquaviva député Liberté et territoires, Manon Aubrycandidate France insoumise aux élections européennes, Clémentine Autain députée France insoumise, Joël Aviragnet député socialiste, Marie-Noëlle Battistel député socialiste, Marie-George Buffetdéputée Gauche démocrate et républicaine, Ugo Bernalicis député France insoumise, Alain Bruneel député Gauche démocrate et républicaine, Moetai Brotherson député Gauche démocrate et républicaine, Erica Bareigts députée socialiste, Gisèle Biémouretdéputée socialiste, Christophe Bouillon député socialiste, Guy Bricout député socialiste, Luc Carvounas député socialiste, André Chassaigne député Gauche démocrate et républicaine, Eric Coquereldéputé France insoumise, Alain David député socialiste, Pierre Dharreville député Gauche démocrate et républicaine, Jean-Paul Dufrègne député Gauche démocrate et républicaine, Laurence Dumont députée socialiste, Elsa Faucillon députée Gauche démocrate et républicaine, Olivier Faure député socialiste, Caroline Fiat députée France insoumise, Guillaume Garot député socialiste, Raphaël Glucksmann candidat Place Publique aux élections européennes, David Habib député socialiste, Régis Juanicodéputé socialiste, Sébastien Jumel député Gauche démocrate et républicaine, Marietta Karamanli députée socialiste, Manuéla Kéclard-Mondésir députée Gauche démocrate et républicaine, Jean Lassalle député non-inscrit, Michel Larive député France insoumise,Jerôme Lambert député socialiste, Bastien Lachaud député France insoumise, Serge Letchimy député socialiste, Josette Manin députée socialiste, Jean-Luc Mélenchon député France insoumise, Jean Michel Clément député Libertés et territoires, Paul Molac, député Libertés et territoires, Danièle Obono députée France insoumise, Younous Omarjee France insoumise aux élections européennes, Mathilde Panot députée France insoumise, Georges Pau-Langevindéputé socialiste, Stéphane Peu député Gauche démocrate et républicaine, Christine Pires-Beaune députée socialiste, Dominique Potier député socialiste, Loïc Prud’homme député France insoumise, Adrien Quatennen, député France insoumise, Valérie Rabault députée socialiste, Jean-Hugues Ratenon, député France insoumise, Muriel Ressiguier députée France insoumise,Fabien Roussel député Gauche démocrate et républicaine, Sabine Rubin députée France insoumise, François Ruffin député France insoumise, Bénédicte Taurine députée France insoumise, Sylvie Tolmont députée socialiste, Hervé Saulignac député socialiste, Hélène Vainqueur-Christophe députée socialiste, Boris Vallaud député socialiste, Michèle Victory députée socialiste, Hubert Wulfranc député Gauche démocrate et républicaine.


 

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 07:26
Marché de de Châteaulin hier au bord de l'Aulne, trois camarades ont distribué rouge Finistère et le tract de campagne de Ian Brossat et Marie-Helene Bourlard: Gilbert Sinquin, Catherine Flageul, Christian Beaumanoir. Les communistes finisteriens déterminés pour faire élire des députés européens qui défendront le peuple et les travailleurs.

Marché de de Châteaulin hier au bord de l'Aulne, trois camarades ont distribué rouge Finistère et le tract de campagne de Ian Brossat et Marie-Helene Bourlard: Gilbert Sinquin, Catherine Flageul, Christian Beaumanoir. Les communistes finisteriens déterminés pour faire élire des députés européens qui défendront le peuple et les travailleurs.

Marché de Scaër, 13 avril: les communistes, avec notamment Christian Carduner et Jeannine Daniel, font signer pour le comité de soutien a la liste conduite par Ian Brossat, pour l Europe des gens contre l Europe de l argent.

Marché de Scaër, 13 avril: les communistes, avec notamment Christian Carduner et Jeannine Daniel, font signer pour le comité de soutien a la liste conduite par Ian Brossat, pour l Europe des gens contre l Europe de l argent.

Marché de Landivisiau, 17 avril avec Glenn Le Saoût, Roger Héré, Marie-Hélène Le Guen, Ismaël Dupont

Marché de Landivisiau, 17 avril avec Glenn Le Saoût, Roger Héré, Marie-Hélène Le Guen, Ismaël Dupont

Photos Jean-François Vérant et Mariette Labrousse par Pierre-Yvon Boisnard, 13 avril 2019, Marché de Morlaix: les camarades du PCF distribuent le Viaduc, le journal du PCF annonçant le programme de la fête du 1er mai, cette année largement consacré aux européennes avec les interventions de deux candidats sur la liste de Ian brossat: Cinderella Bernard et Glenn le Saout

Photos Jean-François Vérant et Mariette Labrousse par Pierre-Yvon Boisnard, 13 avril 2019, Marché de Morlaix: les camarades du PCF distribuent le Viaduc, le journal du PCF annonçant le programme de la fête du 1er mai, cette année largement consacré aux européennes avec les interventions de deux candidats sur la liste de Ian brossat: Cinderella Bernard et Glenn le Saout

Européennes: présence des militants communistes sur les marchés du Finistère
 
Plusieurs distributions de tracts collectives ont déjà eu lieu ces derniers jours pour les Européennes : à Scaër, Châteaulin, Landivisiau, Morlaix, Audierne, Quimper, Brest 
 
Ce vendredi 19 avril au matin, Glenn Le Saoût est au marché de Lambé à Brest avec les camarades normalement. Il sera à Carhaix le samedi 27 avril.

Européennes - Présence des militants du PCF sur les marchés (non exhaustif):

Mercredi 24 avril 10h Marché de Crozon

Jeudi 25 avril 10h Marché de Rosporden

Samedi 27 avril 10h Marché de Tréboul et de Morlaix

Samedi 18 mai 10h Marché de Tréboul.

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 06:34
Débat Européennes pour la défense des services publics à Quimper avec Marie-Pierre Vieu, Laurent Brun, Glenn Le Saoût, Jean-Marc Cléry, Alain Bergeot, ...
Nous vous invitons à débattre avec Marie-Pierre Vieu, députée Européenne, n°4 sur la liste, et Laurent Brun, de la CGT Cheminots, pour une réunion-débat sur la défense des services publics à Quimper, à 19h le vendredi 19 avril, aux Halles Saint François.
 
Glenn Le Saoût et Jean-Marc Clery, porte-parole de la FSU Bretagne, interviendront eux aussi, comme d'autres syndicalistes. 
 
Il nous faut réussir cette réunion publique avec une participation souhaitée d'une centaine de personnes au moins.  

Marie-Pierre Vieu, députée européenne et candidate, qui se bat sur tous les terrains au Parlement européen, à Bruxelles, en Midi Pyrénées et ailleurs : services publics, droits des travailleurs, culture, accueil des migrants, droits des peuples, en Palestine et partout. Elle était aussi à Madrid pour soutenir les droits des prisonniers politiques catalans.
Laurent Brun,secrétaire général des cheminots CGT, qui a conduit l'an dernier une bataille exemplaire pour la défense du service public ferroviaire.
Des syndicalistes de l'éducation, de la Poste, des usagers de nos services publics maltraités par les politiques libérales seront là.
 
Le Télégramme - 17 avril 2019

Dans le cadre de la campagne pour les Européennes, le Parti Communiste annonce, dans un communiqué, une réunion-débat sur les services publics à Quimper. Elle aura lieu vendredi 19 avril. Marie-Pierre Vieu, députée européenne PCF-Front de gauche, « initiatrice d’un audit européen sur les conséquences pour les services publics des directives européennes d’ouverture à la concurrence, candidate », en 4e position sur la liste conduite par Ian Brossat, participera au débat, au côté de Laurent Brun, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots.

Glenn Le Saoût, candidat finistérien de la liste de Ian Brossat, et Alain Bergeot, ancien candidat du Front de Gauche aux élections européennes de « République & Socialisme », qui soutient la liste, de même que les syndicalistes Jean-Marc Cléry, Yann Foucher, Marie Le Berre.

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 06:21
Benjamin Amar 42 ans  Professeur d’histoire-géographie au lycée Gutenberg de Créteil, débatteur reconnu, Benjamin Amar est également responsable syndical dans le Val-de-Marne (94).

Benjamin Amar 42 ans Professeur d’histoire-géographie au lycée Gutenberg de Créteil, débatteur reconnu, Benjamin Amar est également responsable syndical dans le Val-de-Marne (94).

Benjamin Amar est en 9e position sur la liste L'Europe des gens contre l'Europe de l'argent conduite par Ian Brossat, soutenue par le PCF et République et Socialisme
« L’Europe tape sur les salariés et épargne les grands groupes »
Vendredi, 19 Avril, 2019 - L'Humanité

Candidat sur la liste PCF conduite par Ian Brossat aux élections européennes, le responsable syndical Benjamin Amar appelle à une lutte résolue contre le dumping fiscal en Europe.

Quel est votre regard sur le mot d’ordre de grève pour vendredi et samedi lancé par la CGT dans la grande distribution ?

Benjamin Amar: Je partage évidemment les revendications avancées par la CGT commerce. Il faut dénoncer sans relâche le fait que les grandes surfaces bénéficient d’énormément d’argent public, dont la plus grande partie est reversée à leurs actionnaires. Pour les salaires, il ne reste que des miettes. C’est un véritable hold-up social. Pour dénoncer et faire changer cela, les salariés ont besoin de se mobiliser sur le long terme.

La grande distribution a détruit 30 000 emplois en France en cinq ans, invoquant des restructurations indispensables pour rester compétitive face à la concurrence du commerce numérique, l’épuisement du modèle de l’hypermarché et le besoin de se recentrer sur la croissance à l’international. Qu’en pensez-vous ?

Benjamin Amar: Ces multinationales invoquent la concurrence et les impératifs de la mondialisation lorsque cela les arrange. Mais dans les ordonnances Macron, c’est bel et bien le périmètre national qui est retenu pour apprécier les difficultés économiques d’une entreprise, indépendamment de ses profits réalisés à l’étranger. L’argument de la compétitivité est le cheval de Troie de toutes les régressions sociales. Souvenons-nous notamment de l’affaire Vilvorde en 1997, lorsque Renault avait annoncé des bénéfices historiques et en même temps des suppressions de postes en prétextant qu’il fallait anticiper les difficultés à venir. Pour éviter cela, il faut revenir à des faits très concrets. Comme le fait que Carrefour a engrangé, entre 2009 et 2017, 7 milliards de bénéfices, dont 80 % sont allés dans la poche des actionnaires. Et les travailleurs devraient se résoudre à des miettes quand ce sont eux qui produisent la richesse ? Si on se résigne à cela, plus aucun argument n’est audible.

Carrefour et Auchan pratiquent le dumping fiscal dans l’Union européenne en plaçant, par exemple en Belgique, des fonds considérables remontés de leurs filiales à l’étranger pour bénéficier d’un régime d’imposition très favorable. Agit-on assez en France et en Europe pour lutter contre ces pratiques des grands groupes ?

Benjamin Amar: Le gouvernement se félicite d’avoir mis en place une loi contre la fraude fiscale. J’invite tout le monde à aller voir ce qu’elle contient. C’est ridicule. On y apprend la nomination de trente « officiers fiscaux » pour lutter contre la soustraction de 100 milliards d’euros à l’impôt chaque année. Il n’y a en réalité aucune volonté politique d’agir. Rien, dans ce que devait annoncer Emmanuel Macron lundi dernier, ne concernait l’évasion fiscale ou la taxation du capital. Il y a pourtant des leviers possibles, comme celui de s’engager résolument pour l’harmonisation fiscale européenne.

Faut-il mener une lutte plus déterminée en Europe contre les paradis fiscaux dont abusent les géants de la grande distribution ?

Benjamin Amar: Ce doit être un enjeu de ces élections européennes. Cela peut nous conduire à nous fâcher avec un certain nombre de nos voisins, mais la politique, c’est aussi aborder les sujets qui fâchent. L’Europe est forte avec les faibles et faible avec les forts. Elle tape sur les salariés, et épargne les grands groupes. Il y a un immense chantier à ouvrir, et je pense qu’une grande partie de l’opinion pourrait soutenir ce projet.

Entretien réalisé par Sébastien Crépel avec Martin Gausseran
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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 05:09
La toile de fond des élections européennes: quelques éléments sur l'évolution des rapports de force en Europe et les défis pour la gauche européenne (note de Vincent Boulet, secteur International-Europe du PCF)

 

Note - Quelques éléments sur l’évolution des rapports de force en Europe et les défis pour la gauche européenne

Par Vincent Boulet, animateur secteur Europe du PCF - présent à la dernière AG départementale du PCF à Pont-de-Buis en décembre 2018 sur les questions européennes.

 

Éléments en toile de fond de la campagne des Européennes.

1/ L’onde de choc du (non-)Brexit :
  • Montre que la sortie de l’Union Européenne ne règle rien. Rapport du comité des droits de l’homme de l’ONU de novembre dernier. 900 000 personnes de plus dans la pauvreté : fin du versement des fonds structurels. Empire les effets des politiques d’austérité en Angleterre : les city councils ont perdu 30% de leur financement, des écoles qui font appel au crowfunding pour survivre (élections locales en Angleterre et en Irlande du Nord le 2 mai prochain)
     
  • Raideur de l’UE. Michel Barnier : tout faire pour défendre « le marché intérieur » c'est-à-dire les quatre « libertés fondamentales de l’UE » dans les 27 pays : liberté de circulation des personnes, des marchandises, des services, des capitaux. Réaffirmé par le livre blanc de la commission sur l’avenir de l’Europe de la CE de 2017.
     
  • Urgence de changer d’Europe ! Respect des droits démocratiques et souverains des peuples et Europe.  « Union des peuples et des nations souverains et associés » => mais donc la question est : comment faire bouger les rapports de force en Europe pour rendre cette perspective crédible ? Alors que l’image donnée par le Brexit jusqu’à présent est : l’UE on ne peut ni en sortir, ni la changer. Ce qui peut avoir des conséquences politiques importantes. C’est un défi pour toute la gauche européenne !
2/ Les effets dans les droites européennes et les bourgeoisies européennes

Bourgeoisie allemande : Toujours contre la mutualisation des dettes depuis Schauble. Mais un bouger avec encore moins d’intégration. UE comme zone de libre-échange et de contrôle du budget et des dépenses publiques. Défi de la récession de l’économie allemande alors que la bourgeoisie allemande est le fer de lance de la mise en place de politiques d’austérité en Allemagne depuis 2010 : va-t-on vers une limite au modèle fondé sur le tout-exportation ?

  • Lettre d’Annegret Kramp-Karrenbaue, présidente de la CDU en réponse à la tribune de Macron : défense du marché unique et contre un pas en avant vers un modèle d’une zone Euro intégrée : « Aucun super-Etat européen ne saurait répondre à l'objectif d'une Europe capable d'agir […]Refonder l'Europe ne se fera pas sans les Etats-nations ». La bourgeoisie allemande veut garder son autonomie.
     
  • Repositionnement de certaines bourgeoisies européennes pour contrebalancer la perte d’un défenseur de l’UE comme simple zone de libre-échange comme le Royaume-Uni : « ligue hanséatique » selon le Financial Times, en alliance objective avec la bourgeoisie allemande. Petits pays comme les pays Baltes, l’Irlande, les Pays-Bas, le Danemark…
     
  • Blocage du projet de Macron : Budget de la zone Euro : Réunion de l’Eurogroup le 5 avril : les Pays-Bas (porte flingue de l’Allemagne, disent tout haut ce que l’Allemagne pense tout bas), exigent droit de veto pour les dépenses.
     
  • Question sur avenir du « couple franco-allemand » : traité d’Aix la Chapelle avec peu d’éléments concrets et nouveaux mis à part dans le domaine diplomatique (et là c’est un problème). Différenciations lors du Conseil européen mercredi 10 avril sur le Brexit.
3/ Les extrême-droites européennes

Réunion organisée lundi par Matteo Salvini. L'extrême droite qui s’organise et qui a l’ambition de constituer le 3e groupe au Parlement européen avec 100 à 120 députés. Ce pôle n’est pas encore construit : des nationalistes allemands peuvent-ils passer sous le leadership d’un nationaliste italien ?

Deux éléments majeurs à noter :

  1. La présence de partis qui siègent dans le groupe ECR avec les conservateurs britanniques et qui servent de passe-plats avec la droite conservatrice et qui font partie dans leur pays de solution de pouvoir avec la droite ou qui pèsent sur des gouvernements de droite : Danemark (Parti populaire danois) Finlande (Vrais Finlandais, enjeu des élections législatives en Finlande le 14 avril).
     
  2. La volonté de peser sur l’UE explicitée : l’extrême droite participe à 9 gouvernements aujourd’hui dans l’UE (dernier arrivé : accord de coalition en Estonie signé mercredi 10 avril). Ambition d’avoir des commissaires européens. Déclaration de Jorg Meuthen (AfD) : « nous voulons refonder l’Europe et le PE sans les détruire. Nous voulons apporter un changement radical ».

L’extrême droite pose donc désormais de manière très claire et avec des relations qui restent compliquées mais qui sont de plus en plus assumées entre les différents partis : la question du pouvoir dans les États et au niveau de l’UE.

  • A noter que l’engluement dans lequel se trouve le Brexit radicalise également les positions du parti conservateur britannique [qui est un fer de lance en Europe du raidissement identitaire des partis conservateurs en Europe], entraînant une certaine distanciation entre le centre de gravité de ce parti qui se décale vers la droite et le patronat britannique (le CBI – MEDEF anglais- se prononce pour une nouvelle consultation sur le Brexit). Alors que 170 MP torys sur 317 ont demandé à May de sortir à tout prix de l’UE le 12 avril avec ou sans accord. Les négociations (sans résultat) de May avec Corbyn ont encore davantage cristallisé ce camp droitier.
  • Derrière : une dérive « impériale » en filigrane mais aussi la question de la place du capitalisme britannique dans la recomposition des rapports de force internationaux : Liam Fox, secrétaire d’État au Commerce extérieur, est à la fois un partisan du Commonwealth impérial et d’un accord de libre-échange total avec les USA.
4/ L’interrogation sur l’avenir de la social-démocratie

Également percuté par la perte du parti travailliste corbynien de l’UE qui a des conséquences sur la social-démocratie dans l’UE et sur la gauche européenne en général.

Recompositions en son sein en cours et dans des sens contradictoires :

Les partis qui ont porté les projets de protocoles sociaux « ajoutés » à l’UE libérale sans la remettre en cause (France) et ceux qui ont accepté purement et simplement l’Union Européenne libérale (SPD, parti social-démocrate néérlandais) sont en crise + crise de la social-démocratie scandinave (Suède : pays de l’OECE où les inégalités ont le plus augmenté depuis les années 80 => sociaux-démocrates se maintiennent de justesse au pouvoir après les élections législatives de 2018 avec soutien des partis libéraux).

  • Évolution dans la géopolitique de la social-démocratie dans le prochain Parlement Européen : va perdre beaucoup de députés :
  • Tendances contradictoires :  
  • place des Espagnols et des Portugais. C'est-à-dire sociaux-démocrates qui mènent une politique progressiste : avec une interrogation sur leur avenir (élections législatives en Espagne le 28 avril et au Portugal le 6 octobre octobre). Si ces expériences sont battues, cela va aussi avoir des répercussions sur l’ensemble de la gauche européenne. Si elles sont reconduites, cela va au contraire les repositionner peut-être dans une place plus centrale que ce qu’elles occupent à l’heure actuelle dans l’échiquier politique de la gauche en Europe.
  • Et « en même temps » candidat du Parti Socialiste Européen à la commission : Frank Timmermans, Vice-président de la Commission européenne à côté duquel même Moscovici fait figure de gauchiste.

Les Verts sont-ils en train de phagocyter une partie de l’espace de la social-démocratie « germanique »? Percée là où ils sont dans une perspective « ni droite ni gauche ».

  • En Allemagne : sont passés devant le SPD dans les sondages = Verts déjà en alliance avec la CDU au Bade Wurtemberg, en Hesse et en Schleswig-Holstein ; et dans des gouvernements SPD-CDU-Verts en Rhénanie Palatinat et Saxe Anhalt.
  • Aux Pays-Bas : la « gauche verte » essaie d’apparaître comme un recours contre la poussée de l’extrême droite (cf élections provinciales du 20 mars = 60 sièges au total contre 53 pour parti social-démocrate) = n’exclut pas alliance avec les libéraux.
Les défis pour la gauche européenne dans un paysage social et politique mouvant

Gauche européenne : évolutions géopolitiques et politiques avec plusieurs facteurs. Difficile de dresser une typologie car dépend aussi du contexte national. Toutes font face à des défis structurels.

- Question de la reconstruction de la gauche dans des pays où elle a quasiment disparu.
Italie. Accord sur la coalition « Sinistra » en Italie PCR-sinistra italiania-altra europa = question unité avec en évidence références au PGE (Sinistra italiana n’en est pas membre) et à la GUE.
 

- Forces issues des recompositions des années 90/2000 (suite de la chute du Mur):

  • Die Linke : socle électoral à 7-9% (image brouillée sur les migrants avec S. Wagenknecht et O. Lafontaire dont l’initiative semble avoir fait long feu) avec des évolutions importantes : stagnation à l’Est et poussée à l’Ouest. Renouvellement militant important (1/3 de nouveau, 2/3 de jeunes de moins de 30 ans) => potentiel de renouveau, de dynamisme à construire. Transformer ce potentiel en résultats politiques. Élections locales à Brême le 26 mai, peut être opportunité de participer pour la première fois à un gouvernement de Land à l’ouest.
  • Bloc de gauche au Portugal : la question du pouvoir lui est posée, d’important débats internes sur cette question, sur le bilan de la formule de pouvoir avec  PS et Parti Communiste Portugais.

- Aux forces anciennes qui ont connu un essor particulier dans un contexte favorable

  • PS néerlandais qui ne profite pas de la crise de la social-démocratie => aux Verts et qui actuellement en repli (perte de la moitié de ses conseillers provinciaux aux élections de mars)
  • Cas du PTB belge : d’importants défis devant lui (qui se sont ébauchés lors des dernières élections locales) : le PTB peut-il proposer une formule politique avec une ambition majoritaire ? Le président du PS néerlandais, qui vient de la même tradition politique, qui a buté sur cette question montre l’ampleur de ce défi.
  • Parti Communiste Portugais : au défi du bilan de la formule PCP-PS-BE, en des termes différents que le BE et cela semble pour l’instant ne pas lui profiter (perte de MEP de 3 à 1 ou 2).

- Les forces qui ont émergé des nouveaux mouvements sociaux : celles qui réussissent sur le long terme sont celles qui posent à nouveau le clivage gauche/droite => impasse du « populisme de gauche » sous la forme sous laquelle cela a émergé en 2011-2012.

De ces forces, prenons deux extrêmes :

  • Crise de Podemos : sur cette question. Sur bien fondé de la coalition « Unidos Podemos », reconduite aux élections générales et européennes sous le nom « Unidas Podemos » : une organisation qui va vers une formule d’union de la gauche ou une formule « à la portugaise » ? ou vers une espèce de « populisme centriste » aux contours vagues comme semble le porter Errejon à Madrid ?
  • Cas particulier de la FI : ne procède pas d’un mouvement social mais a essayé de se greffer sur la notion de « populisme de gauche » mais on voit que de grands débats d’orientation sont devant elle notamment pour les municipales de 2020. Mais il y a un espace politique à gauche qu’elle occupe.
  • Dans ce mouvement de nouvelles forces, il n’y a pas que des forces qui se référent ou qui se sont référées au « populisme de gauche » : Slovénie : Levica (la gauche), issue de formations politiques qui sont nées dans le mouvement social. 9 sièges sur 90 aux élections de 2018.

- Les défis : celle de la majorité sociale et politique ? du pouvoir ?

  • Prise en compte des revendications qui montent de la société alors que ces dernières ne se situent pas spontanément dans un clivage droite/gauche (c'est-à-dire pas dans un clivage de classe) mais qui portent des exigences sociales, écologiques (grèves climatiques…), fiscales ou de lutte contre la corruption dans des pays d’Europe de l’Est hors des organisations traditionnelles du mouvement ouvrier
  • Le cas français est très regardé en Europe. Beaucoup de questions de la part des autres forces de gauche en Europe. Les 10 propositions du PCF, les propositions de loi…
  • Serbie. Mouvements populaires contre l’autoritarisme du président Vucic mais quelle perspective politique ? (mouvements aussi au Monténégro, en Albanie…) : avec dans le mouvement, parmi ses initiateurs, les partis d’opposition anciennement au pouvoir dans les années 2000 (regroupés aujourd'hui dans « Alliance pour la Serbie » qui inclut des éléments d'extrême droite) et que le mouvement a été déclenché avec l’agression d’un leader de l’opposition Borko Stefanovic, dont le parti s’appelle « la gauche » mais qui n’est de gauche que de nom, et qui a organisé en 2008 le bradage de la compagnie nationale de pétrole pour Gazprom pour 1/5 de sa valeur. Mais dans le mouvement il y a des aspirations diverses : sur la privatisation des logements sociaux par ex, les effets des privatisations massives réalisées dans le cadre de l’accord de stabilisation et d’association avec l’UE dans le cadre des négociations d’adhésion (l’accord en soi n’est pas remis en cause).
  • Slovaquie : victoire à l’élection présidentielle de Zuzana Čaputová contre le candidat du parti au pouvoir, social-démocrate de nom mais très conservateur qui gouverne en coalition avec un parti proche de l'extrême droite en réalité. Pas anodin que le candidat défait Maroš Šefčovič soit aussi commissaire européen de l’énergie et fait partie de la commission européenne depuis la commission Barroso I. Mais les rapports de force politiques dans le pays ne changent pas fondamentalement pour le moment et l'extrême droite reste forte. Une aspiration à plus de transparence mais quelle évolution ? quelle place pour la question sociale ?
  • Poser la question du pouvoir d’une manière nouvelle : une « école portugaise » est-elle en train de naître en Europe ? même si le PCP et le BE ne considèrent pas le Portugal comme un modèle.
  • Cas du Portugal : perspective des législatives d’octobre
  • Cas de la Slovénie : Levica soutient sur quelques mesures un gouvernement libéral minoritaire formé pour faire barrage aux partis droitiers et notamment au Parti démocratique slovène, arrivé en tête, qui s’aligne sur Orban. Dans ce soutien ponctuel, désaccords affichés, notamment en politique étrangère et refus de signer un accord (différence avec le Portugal) mais soutien à des mesures précises : augmentation du salaire minimum (porté à 700 euros), mesures pour le logement, réforme fiscale progressiste.
  • Cas du Danemark : perspective des législatives de 2019 (avant le 17 juin) : renverser la majorité libérale qui gouverne avec le soutien de l'extrême droite. ARV « lignes rouges » sur le droit du travail, les conventions collectives et les migrants = pour expérimenter une formule de soutien d’un éventuel gouvernement social-démocrate. Dépend aussi des contours dudit gouvernement.
  • Cas de l’Irlande : conférence annuelle du Sinn Féin 2018, dans la perspective du Brexit : à quelles conditions participer au gouvernement dans la perspective d’une campagne pour un référendum de réunification de l’île?

Les défis posés aux cadres transpartidaires européens

- La GUE : question du maintien de son cadre confédéral : anticiper aussi les changements internes à la GUE avec un renforcement des divergences stratégiques internes dans le prochain mandat (entrée de la FI, initiatives de Syriza, de Die Linke). Il est de ce point de vue absolument crucial que nous y restions !
- Le PGE : importance majeure du congrès de décembre sur le rôle du PGE dans ce contexte : il a fait des choses importantes dans la dernière période (lancement du forum de la gauche progressiste, affirmation de son rôle au niveau international avec par exemple l’établissement de relations avec la gauche américaine) mais a du mal à trouver sa place dans la campagne des Européennes. Extrêmement utile comme « ministre des affaires étrangères » de la gauche européenne mais rôle pour la gauche européenne elle-même ?
- Forum de la gauche progressiste : c’est la grande nouveauté de ces dernières années, à populariser davantage en France, mais le cadre se structure peu à peu et a pris son indépendance par rapport au PGE.

Les cadres auxquels on ne participe pas :

Maintenant le peuple/Plan B : deux contradictions majeures :

    Maintenant le peuple : les intérêts de la FI (donner à Jean-Luc Mélenchon un cadre alternatif au PGE et initialement peut être aussi à la GUE) ne correspondent pas à ceux des partis qui en sont membres et qui peuvent poursuivre dans leurs pays des politiques qui ne correspondent pas à la stratégie de la FI en France = mais utiliser Jean-Luc Mélenchon comme une « étiquette » pour se prévaloir du soutien de quelqu'un qui a fait 17% à l’élection présidentielle en France (cf documents de campagne de l’ARV pour les Européennes)

    Plan B = deux conceptions :

  • Une conception étroite Plan A/ Plan B (Plan B = sortie des traités = sortie de l’UE réaffirmée par A. Corbière cette semaine).
  • Une conception large : celle des Suédois : conférence du plan B à Stockholm large (ex : avec le SF qui n’est pas du tout pour la sortie des traités et de l’UE !) mais qui est également utilisé comme « étiquette ».

Les cadres qui peuvent émerger :

- CC de Syriza d’un nouveau regroupement européen avec la gauche européenne, les Verts, la social-démocratie ; à partir de l’expérience du progressive caucus au PE : opposition à l'extrême droite et aux conservateurs mais dans une orientation politique peu définie.

Et nous ?

    = rôle et importance du PGE, de la GUE et du forum européen, chacun dans leur rôle = déclaration commune PCF/Die Linke du 8 avril.

    Surtout dans le contexte où nous ne savons pas quelle place nous aurons au PE après les élections :

    GUE : fonctionnement confédéral où tout le monde peut s’y retrouver

    Développement du forum européen

    Retravailler le rôle du PGE en « interne » pour ses partis membres à l’occasion du prochain congrès.

    Mettre en avant que nous ne sommes pas seuls en Europe durant la campagne.

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 04:56
Orly : Ian Brossat en guest-star de la manifestation contre la privatisation d’ADP (Bartolomé Simon, Le Parisien, 18 avril 2019)

Une heure après l’inauguration du nouveau bâtiment de jonction, syndicats et élus manifestaient contre la privatisation d’ADP. Parmi eux, le candidat aux européennes du PC, Ian Brossat.

Ce jeudi midi, une vague « rouge » a déferlé sur Orly. Un cortège composé de 300 élus et de l’intersyndicale des salariés d’Aéroports de Paris a défilé devant les terminaux, s’échouant en face du bâtiment de jonction inauguré plus tôt dans la matinée par le Premier ministre Edouard Philippe.

Alors que le gouvernement a officiellement acté la privatisation du groupe ADP, les manifestants militent pour la mise en place d’un référendum sur la question. « Les Val-de-Marnais y répondront non par milliers », estime Christian Favier, président du conseil départemental du Val-de-Marne

« Une question européenne »

A ses côtés figurait Ian Brossat, candidat du parti communiste aux élections européennes de 2019. L’ancien maire-adjoint de Paris fait étape ce jeudi dans le département. D’un passage au centre d’hébergement d’urgence pour migrants d’Ivry, à la visite du chantier de la ligne 15 sud à Champigny, sans oublier les hospitaliers d’Emile-Roux à Limeil, le candidat est de toutes les « luttes » val-de-marnaises.

Ce midi, la lutte se jouait à Orly. « Je suis venu assurer mon plein soutien aux manifestants », indique Brossat. À l’instar de la problématique des réfugiés, évoquée à Ivry, l’élu considère que la privatisation d’ADP est aussi « une question européenne » car « liée à la politique d’austérité ».

Ce matin, Edouard Philippe a évacué la polémique sur la privatisation. Motif invoqué : le « contexte » lié à l’incendie de Notre-Dame. Il a néanmoins souligné que l’essentiel des revenus d’ADP venait du commerce, secteur « moins » stratégique que la gestion des frontières, dont l’Etat gardera le contrôle.

Bartolomé Simon, Le Parisien, 18 avril 2019

 

 

Orly : Ian Brossat en guest-star de la manifestation contre la privatisation d’ADP (Bartolomé Simon, Le Parisien, 18 avril 2019)
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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 04:45
Tribune libre solidarité. Pas un Kurde ne doit mourir sur notre sol
Mercredi, 17 Avril, 2019

Tribune publiée dans l'Humanité: Pas un Kurde ne doit mourir sur notre sol

Signataires : Ariane Ascaride, Josiane Balasko, Rony Brauman, Pierre Laurent, Gérard Mordillat, Robin Renucci.

Nous sommes en colère car, en 2019, sur le sol de notre pays, des femmes et des hommes, des militants de la cause kurde pourraient mourir dans l’indifférence générale alors même que les combattants kurdes étaient encore salués il y a quelques jours quand est tombé le dernier bastion de l’État islamique, à Baghouz en Syrie.

Ils combattent pour notre liberté en Syrie et en Turquie, où populations et militants kurdes résistent avec courage à la dictature d’Erdogan. Ils viennent de lui infliger un cinglant désaveu lors des élections municipales du 31 mars, en réélisant toutes les municipalités kurdes que le dirigeant d’Ankara avait destituées, jetant leurs maires en prison.

Des milliers de Kurdes croupissent dans les geôles d’Erdogan. Le 8 novembre 2018, la députée Leyla Güven a entamé une grève de la faim. Sa vie ne tient aujourd’hui qu’à un fil. Des milliers d’autres prisonniers mènent à présent cette grève de la faim au péril de leur vie. Huit sont déjà décédés. Qui en parle ?

Depuis trois ans, leur dirigeant, Abdullah Öcalan, ne reçoit plus aucune visite de sa famille, ni des avocats. Les grévistes demandent la fin de ce régime d’isolement et la reprise d’un processus de négociations entre le pouvoir turc et les Kurdes.

En France, à Strasbourg, 14 militants kurdes, hommes et femmes, ont rejoint ce mouvement de grève de la faim depuis le 17 décembre. Leur vie est à leur tour en danger. Le silence des autorités françaises et européennes, comme des médias, est injustifiable. Il peut contribuer à l’irréparable, la mort d’une, d’un ou de plusieurs d’entre eux. Nous ne l’acceptons pas.

Nous lançons un appel au réveil des consciences. Les Kurdes qui montent au front pour notre liberté doivent être secourus et entendus. Nous demandons au gouvernement français d’aller les rencontrer sur place à Strasbourg. Nous appelons les médias à rompre le silence, à informer sur leur action et à faire entendre leurs revendications. Nous appelons tous les démocrates de France à se mobiliser pour que cesse l’indifférence qui peut aujourd’hui leur coûter la vie.

Faudra-t-il la mort d’un des 14 militants kurdes, grévistes de la faim à Strasbourg depuis près de 120 jours, pour que se réveille la France des droits humains ?

Tribune libre solidarité. Pas un Kurde ne doit mourir sur notre sol - L'Humanité, 17 avril: tribune signée par Pierre Laurent, Ariane Ascaride, Josiane Balasko, Gérard Mordillat, Robin Renucci, Rony Brauman
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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 04:30

 

Ventes d'armes : La France doit stopper ses ventes d'armes aux pourvoyeurs de guerres (PCF)

 

Une note classée « confidentiel-Défense » émanant de la Direction du renseignement militaire vient de confirmer que les armes françaises vendues aux pays du Golfe sont utilisées dans le conflit yéménite.

Elles ont provoqué des destructions massives, martyrisé et affamé des populations entières et entraîné de terribles crimes de guerre. Le peuple yéménite est aujourd'hui confronté selon l'ONU à l'une des pires crises humanitaires de notre histoire.

Ainsi la France viole, en toute connaissance de cause, le traité international sur le commerce des armes (TCA) dont elle est signataire. Pire, le gouvernement persiste à nier l'évidence, encouragé par l'opacité des transactions et l'absence de débats parlementaires, et se permet d'arguer d'un usage strictement défensif de ces armes.

Le volume d'armes exportées au Moyen-Orient n'a jamais été aussi important. Il nourrit les conflits locaux, aggrave les tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran, et favorise l'internationalisation des antagonismes. Ces armes peuvent aussi se retrouver dans les mains des affidés djihadistes des pétromonarchies.

Le Parti communiste français (PCF) a dès octobre 2018 (http://international.pcf.fr/node/108790) plaidé pour un embargo à effet immédiat des ventes d'armes françaises aux membres de la coalition conduite par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis au Yémen.

L'exception française qui consiste à priver la représentation nationale, le Parlement, des décisions en matière de ventes d'armes doit cesser ; et le PCF s'associe à la demande d'une enquête parlementaire sur les ventes d'armes françaises et leur utilisation au Yémen.

Le PCF dénonce le cynisme du gouvernement français et l'appelle solennellement à une cessation des ventes d'armes et à une rupture des contrats de maintenance avec tous pays en guerre comme avec les régimes qui utilisent ces armes contre leur propre peuple : pays du Golfe, Égypte, Azerbaïdjan... La responsabilité de la France est de mettre tous les moyens diplomatiques et politiques en œuvre pour un cessez-le-feu au Yémen, le secours à la population et la mise en œuvre d'un véritable processus de paix.

Pascal Torre et Lydia Samarbakhsh

Parti communiste français
Paris, le 18 avril 2019

Ventes d'armes : La France doit stopper ses ventes d'armes aux pourvoyeurs de guerres (PCF)
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