Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 06:46
Les vers éternels de Mahmoud Darwich, voix de la résistance palestinienne (Anne Berthod, Télérama, 17 septembre 2018)

Pour commémorer les dix ans de sa disparition, l’IMA et le festival Arabesques célèbrent les écrits du poète palestinien. Voix de l’exil, de la résistance et de la paix, il fut le plus grand poète contemporain de langue arabe. De Paris à Montpellier, son œuvre est à (re)découvrir à l’occasion d’un festival hommage et d’un récital. 

Il n’a jamais écrit de chanson mais remplissait des stades en déclamant des vers et de la prose : dix ans après sa mort, le festival Arabesques et l’Institut du monde arabe célèbrent le Palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008), immense poète contemporain. « Il était une couleur de notre drapeau, un artiste et un leader romantique : par ses valeurs humanistes, libertaires et politiquement engagées, il était le Federico García Lorca du monde arabe », résume le oudiste Adnan Joubran. Le 23 septembre, le trio Joubran participera notamment à une grande soirée hommage avec une dizaine d’artistes (Souad Massi, Magyd Cherfi, ex-Zebda, Kamilya Jubran…) : un plateau hétéroclite, à l’image d’un héritage qui continue d’inspirer les jeunes générations. « Il est le seul dans le monde arabe à s’être ancré dans les métriques anciennes de la poésie classique avec un vocabulaire aussi actuel »,rappelle la chanteuse et oudiste Kamilya Jubran. De la même façon, la Palestine était son socle, mais ses thématiques étaient universelles : « le poète des vaincus » était un apatride, qui nous parlait d’exil (presque trente ans passés entre Beyrouth, Moscou, Tunis, Le Caire et Paris), de résistance et de paix. Lyrique et poignante, son œuvre ne faisait qu’une avec sa vie d’homme. En voici les figures clés.

La mère… patrie

« J'ai la nostalgie du pain de ma mère, du café de ma mère, Des caresses de ma mère… Et l'enfance grandit en moi… » : ainsi commence Oummi, fameuse ode à sa mère (1966). Enfant de Galilée, Mahmoud Darwich a connu l’exil à 6 ans, quand sa famille a fui Saint-Jean-d’Acre, devenu israélien après 1948, pour le Liban. A leur retour, un an plus tard,« Akko » était devenu une ville juive et les Arabes ne pouvaient plus se déplacer sans autorisation – l’adolescent a souvent atterri en prison pour avoir bravé l’interdiction. C’est ce traumatisme qu’il exorcise adulte quand il parle de sa mère, symbole d’une enfance brisée et d’un foyer confisqué : à travers elle, le poète file la métaphore palestinienne de la patrie perdue, mais dit aussi la douleur de l’exil.

Marcel Khalifé

Chanté, rapé, samplé, Mahmoud Darwich a souvent été mis en musique, mais jamais autant que par le Libanais Marcel Khalifé, dont la chanson Oummi, par exemple, fut l’un des premiers hits. C’est grâce à ce « Bob Dylan du Levant », figure de proue de la chanson contestataire dans les années 1970, que Darwich, figure de l’intelligentsia peu connue alors du grand public, a pu avoir une telle résonnance. L’ami Khalifé a si bien porté ses mots qu’en 1999 il a été poursuivi par un tribunal à Beyrouth pour avoir cité le Coran dans la chanson O mon père, je suis Joseph, adaptée d’un de ses poèmes. Quelque deux mille fans chantèrent la chanson incriminée dans une manifestation de soutien, et le chanteur fut relaxé.

Yasser Arafat

« Aujourd'hui, je suis venu porteur d'un rameau d'olivier et du fusil du combattant de la liberté. Ne laissez pas tomber le rameau d'olivier de ma main », déclare Yasser Arafat à l’ONU en 1974. Le discours est signé Darwich, journaliste militant qui va devenir la plume de l’OLP. Il s’impose comme son leader spirituel avec Une mémoire pour l’oubli, récit (le seul de son œuvre) du siège de Beyrouth (1982), et entre même au comité exécutif. Il rompt avec l’organisation en 1993, déçu par les accords d’Oslo. Ses vers, toutefois, resteront des slogans. Jusqu’en 2011, quand Mahmoud Abbas déposera à l’ONU la demande de reconnaissance de la Palestine, sur ces mots :« Debout ici. Assis ici. Toujours ici. Eternels ici. »

Rita

Romantique avant tout, Darwich n’a jamais eu pour ambition d’être la voix du nationalisme arabe. Lui voulait être un poète de l’amour. La mystérieuse Rita, dont le nom a fait le tour du monde arabe grâce à Marcel Khalifé, est évoquée dès les premiers recueils (La Fin de la nuit, Les oiseaux meurent en Galilée…). En 1995, Darwich raconte enfin l’histoire de cette danseuse juive (nommée Tamar dans la réalité), rencontrée autrefois au bal du Parti communiste israélien, dont il était adhérent. La guerre des Six-Jours (1967) aura eu raison de leur intense idylle…« Entre Rita et mes yeux : un fusil. Et celui qui connaît Rita se prosterne. Adresse une prière. A la divinité qui rayonne dans ses yeux de miel. » Rita incarne l’amour impossible. A travers elle, Darwich, toujours très métaphorique, pleurait à la fois la femme et sa terre bafouée.

L’absente

Opéré trois fois du cœur, Mahmoud Darwich avait pressenti sa mort. De Murale(2003) à Présente Absence (2006), son septième et avant-dernier recueil, il entame un dialogue intime avec elle. L’absente est cette mort qu’il tente d’apprivoiser. C’est aussi l’exilé, le déraciné, l’ami assassiné, l’impossible patrie, dont l’absence, au quotidien, fait présence. S’adressant dans Présente Absence à son moi à différents âges, Darwich fait le bilan poétique d’une vie d’errance et d’espoir : une sorte de testament, publié deux ans avant sa mort. Ecrits dans une prose magnifique (ce qui reste exceptionnel dans son œuvre), ces trente et un poèmes constituent une véritable élégie, entre fragments de mémoire vive et douloureuse mélancolie.

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 06:42
Eva Illouz, sociologue israélienne : L’état d’Israël contre le peuple juif (Haaretz)

Israël s’aligne sur un régime nationaliste, voire antisémite, un régime après l’autre. Où cela mène-t-il la communauté juive mondiale?

Par Eva Illouz, 13 septembre 2018 

Un tremblement de terre secoue discrètement le monde juif.

Au 18ème siècle, les juifs ont commencé à jouer un rôle décisif dans la promotion de l’universalisme, car l’universalisme leur a promis le rachat de leur soumission politique. Grâce à l’universalisme, les Juifs pouvaient en principe être libres et égaux à ceux qui les avaient dominés. C’est pourquoi, dans les siècles qui ont suivi, les Juifs ont participé à un nombre disproportionné de causes communistes et socialistes. C’est aussi pour cette raison que les Juifs étaient des citoyens modèles de pays tels que la France ou les États-Unis, avec des constitutions universalistes.

L’histoire des Juifs en tant que promoteurs des valeurs des Lumières et des valeurs universalistes touche à sa fin. Nous sommes les témoins stupéfaits des nouvelles alliances entre Israël, les factions orthodoxes du judaïsme dans le monde entier et le nouveau populisme mondial dans lequel l’ethnocentrisme et même le racisme occupent une place indéniable.

Lorsque le Premier ministre Netanyahu a choisi de s’aligner politiquement avec Donald Trump avant et après l’élection présidentielle américaine de 2016, certaines personnes pourraient encore lui donner le bénéfice du doute. Certes, Trump s’était entouré de gens comme Steve Bannon, l’ancien directeur de Breitbart News, qui était très sensible au racisme et à l’antisémitisme, mais personne n’était certain de la direction que prendrait la nouvelle présidence. Même si Trump refusait de condamner les éléments antisémites de sa base électorale ou du Ku Klux Klan, qui l’avait soutenu avec enthousiasme, et même si cela lui prenait beaucoup de temps pour se dissocier de David Duke, nous n’étions pas encore certains de la présence d’antisémitisme dans le discours et les stratégies de Trump (d’autant plus que sa fille Ivanka était convertie au judaïsme).

Mais les événements de Charlottesville en août 2017 ne permettaient plus de douter. Les manifestants néo-nazis ont commis des actes de violence contre des contre-manifestants pacifiques, tuant une femme en fonçant dans une foule avec une voiture (acte rappelant la technique des attentats terroristes en Europe). Trump a réagi aux événements en condamnant à la fois les néo-nazis et les suprémacistes blancs et leurs opposants. Le monde a été choqué par sa confusion entre les deux groupes, mais Jérusalem n’a pas objecté. Encore une fois, l’observateur indulgent (ou cynique) aurait pu interpréter ce silence comme l’obéissance réticente d’un vassal envers son suzerain (de tous les pays du monde, Israël reçoit le plus d’aide militaire des États-Unis). On était en droit de penser qu’Israël n’avait pas d’autre choix que de collaborer, malgré les signes extérieurs de l’antisémitisme du dirigeant américain.

Cette interprétation n’est toutefois plus tenable. Avant et après Charlottesville, Netanyahu a courtisé d’autres dirigeants qui ne sont pas touchés par l’antisémitisme ou qui lui sont carrément sympathiques, et sur lesquels Israël n’est pas dépendant économiquement. Ses concessions vont jusqu’à participer à une forme partielle de négationnisme.

Prenons le cas de la Hongrie. Sous le gouvernement de Viktor Orban, le pays montre des signes troublants de légitimation de l’antisémitisme. En 2015, par exemple, le gouvernement hongrois a annoncé son intention d’ériger une statue pour commémorer Balint Homan, un ministre de la période de l’Holocauste qui a joué un rôle décisif dans l’assassinat ou l’expulsion de près de 600 000 Juifs hongrois. Loin d’être un incident isolé, quelques mois plus tard, en 2016, une autre statue a été érigée en hommage à Gyorgy Donáth, l’un des architectes de la législation anti-juive pendant la Seconde Guerre mondiale. Il n’était donc pas surprenant d’entendre Orban employer des paroles antisémites lors de sa campagne de réélection en 2017, notamment contre Georges Soros, milliardaire-philanthrope juif hongro-américain qui soutient les causes libérales, notamment celle des frontières ouvertes et de l’immigration. En réanimant le cliché antisémite sur le pouvoir des Juifs, Orban a accusé Soros d’avoir l’intention de saper la Hongrie

Qui Netanyahu a-t-il choisi de soutenir? Pas la communauté juive hongroise inquiète qui a protesté amèrement contre la rhétorique antisémite du gouvernement Orban; il n’a pas non plus choisi de soutenir le Juif libéral Soros, qui défend des causes humanitaires. Au lieu de cela, le Premier ministre a créé de nouvelles lignes de faille, préférant les alliés politiques aux membres de la tribu. Il a soutenu Orban, la même personne qui ressuscite le souvenir d’antisémites sombres. Lorsque l’ambassadeur israélien à Budapest a protesté contre l’érection de la statue tristement célèbre, il a été publiquement contredit par Netanyahu.

À ma connaissance, le gouvernement israélien n’a jamais officiellement protesté contre les tendances et les affinités antisémites d’Orban. En fait, quand l’ambassadeur israélien à Budapest a essayé de le faire, il a été calmé par Jérusalem. Peu de temps avant les élections hongroises, Netanyahu a pris la peine de se rendre en Hongrie, donnant ainsi un « certificat casher » à Orban et l’exonérant de l’opprobre attaché à l’antisémitisme et à l’approbation des personnalités actives dans la Shoah. Lorsque Netanyahu s’est rendu à Budapest, la Fédération des communautés juives lui a offert une réception glacée, tandis qu’Orban lui a réservé un accueil chaleureux. Pour renforcer leur amitié touchante, Netanyahu a invité Orban à se rendre en Israël en juillet dernier, le recevant d’une manière habituellement réservée aux alliés nationaux les plus dévoués.

La relation avec la Pologne est tout aussi surprenante. Pour rappel, la Pologne est gouvernée par le parti nationaliste Droit et justice, qui a une politique intransigeante contre les réfugiés et semble vouloir éliminer l’indépendance des tribunaux à travers une série de réformes qui permettraient au gouvernement de contrôler le pouvoir judiciaire. En 2016, le gouvernement dirigé par Droit et justice a éliminé l’organisme officiel chargé de traiter les problèmes de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance, arguant que l’organisation était devenue «inutile».

Encouragés par cette déclaration et par d’autres déclarations et politiques gouvernementales, les signes de nationalisme se sont multipliés au sein de la société polonaise. En février 2018, le président Andrzej Duda a déclaré qu’il signerait une loi interdisant d’accuser la nation polonaise d’avoir collaboré avec les nazis. Accuser la Pologne de collusion dans l’Holocauste et d’autres atrocités nazies serait désormais passible de poursuites. Israël a d’abord protesté contre la législation proposée, mais en juin, Benjamin Netanyahu et le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, ont signé un accord exonérant la Pologne de tous les crimes contre les Juifs pendant l’occupation allemande. Israël a également adhéré à la décision de la Pologne d’interdire l’expression «camp de concentration polonais». De plus, Netanyahu a même signé une déclaration stipulant que l’antisémitisme est identique à l’antipolonisme et que seule une poignée de tristes Polonais étaient responsables de la persécution des Juifs – pas la nation dans son ensemble.

À l’instar de la droite américaine, hongroise et polonaise, Israël veut restaurer la fierté nationale non entachée par les critiques «auto-haineuses». Comme les Polonais, Israël mène depuis deux décennies une guerre contre le récit officiel de la nation, tentant de faire disparaître des manuels scolaires des faits incommodes (comme le fait que les Arabes ont été activement chassés d’Israël en 1948). Afin d’annuler les critiques, le ministère de la Culture d’Israël prévoit désormais un financement des institutions créatives sur la loyauté envers l’Etat. Comme en Hongrie, le gouvernement israélien persécute des ONG comme Breaking the Silence, un groupe dont le seul péché a été de donner aux soldats un forum pour dénoncer leurs expériences dans l’armée et s’opposer à la violence des colons contre les Palestiniens ou à l’expropriation des terres en violation du droit international. Expurger les critiques de la vie publique (tel qu’exprimé en interdisant l’entrée dans le pays des partisans du BDS, en refusant le financement des compagnies de théâtre ou des films critiques envers Israël, etc.) est une expression du pouvoir d’État direct.

En ce qui concerne les réfugiés, Israël, comme la Hongrie et la Pologne, refuse de se conformer au droit international. Depuis près d’une décennie, Israël n’a pas respecté les conventions internationales sur les droits des réfugiés, même s’il est signataire de ces conventions : l’État a détenu des réfugiés dans des camps et les a emprisonnés et déportés. Comme la Pologne, Israël tente de supprimer l’indépendance de son système judiciaire. Israël se sent à l’aise avec l’extrême droite antidémocratique des États européens, tout comme on se sent à l’aise avec un membre de la famille qui rote et b, perdant tout sens de l’auto-contrôle ou des manières à table.

Plus généralement, ces pays partagent aujourd’hui un noyau politique commun très profond: la peur des étrangers aux frontières (il faut cependant préciser que les peurs des Israéliens sont moins imaginaires que celles des Hongrois ou des Polonais); des références à la fierté nationale non entachée par un passé douteux, faisant des critiques des traîtres à la nation; l’interdiction des organisations de défense des droits de l’homme et la contestation les normes mondiales fondées sur des principes moraux. Le triumvirat Netanyahu-Trump-Poutine a une vision et une stratégie bien définies: créer un bloc politique qui saperait l’ordre international libéral actuel et ses principaux acteurs.

Dans un article récent sur Trump pour Project Syndicate, le spécialiste juridique Mark S. Weiner a suggéré que la vision politique et la pratique de Trump suivaient (quoique sans le savoir) les préceptes de Carl Schmitt, le juriste allemand qui a rejoint le parti nazi en 1933.

«À la place de la normativité et de l’universalisme, Schmitt propose une théorie de l’identité politique fondée sur un principe que Trump apprécie sans doute profondément dans sa carrière pré-politique : la terre», a écrit Weiner. « Pour Schmitt, une communauté politique se forme lorsqu’un groupe de personnes reconnaît qu’elles partagent un trait culturel distinct qui, selon elles, mérite d’être défendu de leur vie. Cette base culturelle de la souveraineté est en fin de compte ancrée dans la géographie distinctive… qu’un peuple habite. En jeu, il y a des positions opposées sur la relation entre identité nationale et droit. Selon Schmitt, le nomos de la communauté [le mot grec pour «loi»] ou le sens d’elle-même qui découle de sa géographie, est la condition philosophique de sa loi. Pour les libéraux, en revanche, la nation se définit d’abord et avant tout par ses engagements juridiques. »

Netanyahu et ses semblables souscrivent à cette vision schmittienne du politique, subordonnant les engagements juridiques à la géographie et à la race. La terre et la race sont les motifs secrets et manifestes de la politique de Netanyahu. Lui et sa coalition ont, par exemple, mené une politique d’annexion lente en Cisjordanie, soit dans l’espoir d’expulser ou de soumettre les 2,5 millions de Palestiniens qui y vivent, soit de les contrôler.

Ils ont également radicalisé la judéité du pays avec la loi très controversée de l’État-nation. Jouer avec les dirigeants antisémites peut sembler contredire la loi de l’État-nation, mais elle est motivée par la même logique d’état et de logique schmittienne selon laquelle l’État ne se considère plus comme un représentant de tous ses citoyens, mais vise à étendre son territoire, à augmenter son pouvoir en désignant des ennemis, à définir qui appartient ou pas, à restreindre la définition de la citoyenneté, à durcir les limites du corps collectif et à saper l’ordre libéral international. La ligne qui relie Orban à la loi sur la nationalité est l’expansion pure et simple du pouvoir de l’État.

Courtiser Orban ou Morawiecki signifie avoir des alliés au sein du Conseil et de la Commission européenne, ce qui aiderait Israël à bloquer les votes indésirables, à affaiblir les stratégies internationales palestiniennes et à créer un bloc politique qui pourrait imposer un nouvel ordre international. Netanyahu et ses amis ont une stratégie et tentent de remodeler l’ordre international pour atteindre leurs propres objectifs nationaux. Ils comptent sur la victoire finale des forces réactionnaires pour avoir la liberté de faire ce qu’ils veulent à l’intérieur de l’État.

Mais ce qui est le plus surprenant, c’est que pour promouvoir ses politiques illibérales, Netanyahu est prêt à snober et à rejeter la plus grande partie du peuple juif, ses rabbins et intellectuels les plus reconnus, et le grand nombre de Juifs qui ont soutenu par de l’argent ou l’action politique, l’Etat d’Israël. Cela suggère un changement clair et indéniable d’une politique basée sur le peuple à une politique basée sur la terre.

Pour la majorité des Juifs à l’extérieur d’Israël, les droits de l’homme et la lutte contre l’antisémitisme sont des valeurs fondamentales. Le soutien enthousiaste de Netanyahu aux dirigeants autoritaires et antisémites est l’expression d’un changement profond dans l’identité de l’État en tant que représentant du peuple juif dans un État qui vise à promouvoir sa propre expansion en saisissant des terres, en violant le droit international, exclusion et discrimination. Ce n’est pas le fascisme en soi, mais certainement l’une de ses caractéristiques les plus distinctives.

Cet état de fait est inquiétant mais il est également probable que deux évolutions intéressantes et même positives se produisent. La première est que, de la même manière qu’Israël s’est libéré de son «complexe juif» – abandonnant son rôle de chef et de centre du peuple juif dans son ensemble – beaucoup ou la plupart des Juifs vont maintenant se libérer de leur complexe israélien, comprenant finalement que les valeurs d’Israël et les leurs sont profondément en conflit. Le 13 août 2018, le président du Congrès juif mondial, Ron Lauder, cité dans le New York Times, était sur le point de désavouer Israël, en est un puissant témoignage. Lauder était très clair : la perte du statut moral d’Israël signifie qu’il ne pourra pas exiger la loyauté inconditionnelle de la communauté juive mondiale. Ce qui était vécu dans le passé par de nombreux Juifs comme un conflit intérieur se résorbe lentement : beaucoup ou la plupart des membres des communautés juives accorderont leur préférence à leur engagement envers les constitutions de leurs pays, c’est-à-dire aux droits humains universels.

Israël a déjà cessé d’être le centre de gravité du monde juif et, à ce titre, il ne pourra compter que sur le soutien d’une poignée de milliardaires et des ultra-orthodoxes. Cela signifie que dans un avenir prévisible, l’effet de levier d’Israël sur la politique américaine sera considérablement affaibli.

Le trumpisme est une phase transitoire de la politique américaine. Les Latinos et les démocrates de gauche seront de plus en plus impliqués dans la politique du pays et, comme ils le font, ces politiciens auront de plus en plus de difficultés à justifier le soutien américain continu aux politiques israéliennes odieuses aux démocraties libérales. Contrairement au passé, cependant, les Juifs ne les forceront plus à regarder ailleurs.

Le deuxième développement intéressant concerne l’Europe. L’Union européenne ne sait plus quelle était sa mission. Mais les Netanyahus, les Trump, les Orbans et Morawieckis aideront l’Europe à réinventer sa vocation : le bloc social-démocrate de l’UE aura pour mission de s’opposer à l’antisémitisme et à toutes les formes de racisme des valeurs pour lesquelles nous, Juifs et non-Juifs, sionistes et antisionistes, avons tant lutté. Israël, hélas, n’est plus parmi ceux qui combattent ce combat.

Une version plus courte de cet article a paru dans le Monde.

Eva Illouz

Traduction : CSPRN

Source : Haaretz

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 05:38

L'éditorial de Maurice Ulrich. 

C’est une pitoyable mise en scène ou plutôt une mascarade.

« Il faut arrêter d’emmerder les retraités », aurait dit le président de la République. C’était à la suite de la velléité de Christophe Castaner, dont on peut se demander si elle n’était pas téléguidée, d’alléger les droits de succession pour les plus modestes en alourdissant un peu ceux des plus riches. Ce sont donc ces derniers qui s’en tirent mais l’effet d’annonce est ailleurs : ne plus emmerder les retraités. Et Édouard Philippe d’annoncer, hier matin sur France Inter, que 300 000 d’entre eux seraient exemptés de la hausse de la CSG avec un mécanisme confus. Possible, mais la réalité demeure.

Au total, comptait la députée PS Valérie Rabault dans un des débats de la Fête de l’Humanité aux côtés de François Ruffin (FI) et de Pierre Dharréville (PCF), 13 millions de retraités vont voir leur pension gelée ou presque dès l’an prochain, alors que 8 millions ont déjà subi la hausse de la CSG depuis le 1er janvier. Pour l’immense majorité d’entre eux, ce sera au total un demi-mois de retraite en moins !

C’est un véritable racket de celles et ceux qui ont le plus souvent cotisé pendant toute une vie de travail et c’est une rupture du contrat social comme de la confiance dans l’équité de l’État. La cotisation pour la retraite avait en quelque sorte valeur d’engagement de la collectivité, de même que l’alignement sur l’inflation. Et ce serait, a redit Édouard Philippe, pour que « le travail paye ». On peut l’entendre de deux façons. D’une part, que c’est aux retraités de contribuer aux salaires des actifs dans le même temps que l’on baisse les cotisations sociales des entreprises et que l’ISF a été supprimé. D’autre part, d’une manière beaucoup plus perverse, que ceux qui ne travaillent plus n’ont pas à être trop payés. « La forme, a pu dire Victor Hugo, c’est le fond qui monte à la surface. » La méthode tout comme les propos du président et d’Édouard Philippe signent une vision idéologique incroyablement réactionnaire. Pour eux, les retraités sont à charge pour les entreprises et ceux qui réussissent. Encore un pognon de dingue. On peut donc les braquer. Mais c’est à double s

 

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 05:37
Partager cet article
Repost0
21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 12:25

 

Alors qu’Emmanuel Macron assure que le travail se trouve très facilement en France, l’étude de la CGT chômeurs vient démontrer que la moitié des annonces est illégale sur le site Internet de Pôle emploi, particulièrement dans l’hôtellerie et la construction.

Trouver du travail en traversant la rue. Depuis cette saillie d’Emmanuel Macron à un horticulteur demandeur d’emploi ce week-end, l’indignation n’en finit pas. Selon le chef de l’État, débusquer un job serait d’une simplicité enfantine. Et ceux qui n’y arrivent pas de mauvaise foi. Les statistiques sont pourtant têtues : plus de 6 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi, mais sur le site de l’opérateur public, seules 650 000 offres sont disponibles. Et parmi ce modeste volume d’emplois, tous sont loin d’être légaux. Si Pôle emploi estimait en 2017 que 9,3 % des offres étaient non conformes, une étude de la CGT chômeurs basée sur 1 708 annonces analysées le 30 et le 31 août avance le chiffre renversant de 50,17 % d’offres réputées illégales.

LES PRIVÉS D’EMPLOI SOUPÇONNÉS DE TRAÎNER DES PIEDS

« De nombreuses propositions ne répondent clairement pas au référentiel de Pôle emploi, observe Tennessee Garcia, secrétaire général de la CGT chômeurs. Mais l’important pour Emmanuel Macron, c’est de faire dégonfler les chiffres du chômage, qu’importe la qualité des annonces. Il demande aux privés d’emploi de travailler à n’importe quel prix et se sert d’eux comme des boucs émissaires pour masquer la réalité. » Dans les villes de Marseille (3e arrondissement), Lyon (8e arrondissement), Montreuil, Nantes et Rennes, les secteurs de la construction, de l’hôtellerie-restauration-animation, de l’industrie, des services à la personne et enfin du commerce ont été passés au crible. Deux de ces secteurs, pourvoyeurs d’offres d’emploi, avaient justement été cités dimanche dernier par Emmanuel Macron. Sur un ton péremptoire, le locataire de l’Élysée avait incité le jeune chômeur à mettre ses aspirations professionnelles de côté : « Si vous êtes prêt et motivé, dans l’hôtellerie, les cafés et la restauration, dans le bâtiment, il n’y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens. » Mais ce discours culpabilisant pour les privés d’emploi, soupçonnés de traîner des pieds et contraints de prendre le premier job qui leur tombe sous la main, ne résiste aux faits. D’après la CGT chômeurs, dans le 3e arrondissement de Marseille, 16 % des annonces dans l’hôtellerie-restauration-animation étaient illégales, et 41 % dans la construction.

UN CONTRAT D’INTÉRIM D’UNE DURÉE DE 24 HEURES D’AFFILÉE

Même constat vertigineux au sein du 8e arrondissement de Lyon : 62 % des offres sont non conformes dans la construction et 38 % dans l’hôtellerie-restauration. Ou encore à Rennes, où 51 % sont hors légalité dans l’hôtellerie et 23 % dans le bâtiment.

Ces offres illégales prennent différentes formes : mission d’intérim à la place d’un CDI, durée de contrat non indiquée ou contradictoire, incohérence de métiers, du temps de travail, temps partiel avec nombre d’heures non précisé (60 % dans cette catégorie), annonces évaporées dans la nature… Parmi les exemples les plus abracadabrantesques : un contrat d’intérim d’une durée de 24 heures d’affilée en tant que serveur dans un banquet, la vente d’un café-restaurant comme sur leboncoin.fr, ou encore un poste de conseiller clientèle à distance censé être à Marseille mais basé à la fois à Belfast et à Sofia.

Les annonces sont aussi parfois mal classées : des annonces de baby-sitting se trouvent dans les services funéraires, de la maintenance industrielle est placée dans le secteur de la propreté. Comme le souligne Tennessee Garcia, « on a beaucoup de contrats d’intérim de six mois qui se révèlent d’une semaine quand on appelle pour vérifier. Fait un peu nouveau : des annonces redirigent les demandeurs d’emploi vers des sites mandataires où ils doivent s’inscrire, pour de l’aide au devoir par exemple. Le temps partiel est aussi en explosion ». Quant au CDI, il est plus que jamais en voie de disparition sur le site de Pôle emploi. Dans le panel (hors Nantes et Rennes), 66,2 % des offres sont des contrats précaires (CDD, intérim et temps partiels). Parmi elles, 22 % seulement sont légales.

MARCHÉ DU TRAVAIL. DERRIÈRE LES DISCOURS SIMPLISTES, LA RÉALITÉ DES OFFRES D’EMPLOI BIDON (L’HUMANITE - Jeudi, 20 Septembre, 2018 - Cécile Rousseau)

Benjamin, du comité CGT chômeurs de Marseille, a repéré une de ses annonces ultracourtes. « Une commune proposait ainsi six CDD en animation sportive pour un total de 21 heures. Cela veut dire que les personnes auraient des contrats de moins de quatre heures par semaine, on ne peut pas vivre avec ça », tance le jeune chômeur. Si le site Internet de Pôle emploi héberge nombre d’annonces considérées comme « bidon », c’est que 60 % d’entre elles proviennent de 130 opérateurs privés (dans l’étude, cette part atteint les 75 %).

Depuis 2015 et l’entrée en scène de ces agrégateurs, le contrôle de Pôle emploi sur les offres n’est plus systématique, voire très faible. Mais plutôt que de renforcer le rôle de l’opérateur public en la matière, le gouvernement préfère serrer la vis aux demandeurs d’emploi. À travers la loi avenir professionnel, les brigades de conseillers chargés de surveiller les chômeurs vont passer de 200 personnes à 600 d’ici à 2019.

LES CRITÈRES DE PÉNALISATION ET DE RADIATION ONT ÉTÉ DURCIS

Comme l’explique Vladimir Bizet-Guilleron, coordinateur technique de l’étude et conseiller syndiqué à la CGT chômeurs, « la première mission de Pôle emploi est pourtant d’être le garant des offres légales. On n’est pas sur le site Internet d’une boîte privée, mais bien sur l’opérateur en charge du service public de l’emploi. Il faut réorienter les conseillers dédiés au flicage des chômeurs vers le contrôle de ces offres ». L’exécutif a aussi rigidifié la définition de l’offre raisonnable d’emploi (ORE), qui stipule qu’après un refus le demandeur d’emploi pourra être sanctionné. Désormais, les critères ne seraient plus fixés nationalement mais redéfinis, en théorie, avec le conseiller Pôle emploi. « Comment peut-on parler d’offre raisonnable d’emploi quand l’offre n’est pas légale ? questionne Vladimir Bizet-Guilleron. La seule offre raisonnable qui vaille est celle qui intéresse le demandeur d’emploi ! »

Les critères de pénalisation et de radiation pour manquements ont également été durcis. Enfin, le président souhaite que la prochaine négociation sur l’assurance-chômage aille encore dans le sens d’un renforcement des obligations des chômeurs. Un soupçon permanent en forme d’insulte pour les premiers concernés. Sommé d’aller servir des plats ou de manier la truelle sur les chantiers, l’horticulteur a fini par tacler Emmanuel Macron : « Il est encore dans le monde des Bisounours. (…) Lui, il rêve. Il est président, mais il ne s’occupe pas des personnes qui sont au chômage. »

Cécile Rousseau

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 10:57

Pierre Dharréville, député PCF : « Quand j’entends les chiffres du Plan Santé annoncés par Macron, je crains qu’il ait oublié le chéquier de l’autre côté de la rue. »

Pierre Darhéville au centre, député communiste des Bouches-du-Rhône

Pierre Darhéville au centre, député communiste des Bouches-du-Rhône

Plan Santé : Emmanuel Macron nous donne rendez-vous dans 10 ans !

mercredi 19 septembre 2018

Pierre Dharréville a réagi au Plan santé. Pour lui, le Président de la République refuse de répondre à l’État d’urgence. Le député des Bouches-du-Rhône formule des propositions :

Après avoir disserté sur le plan pauvreté, le Président de la République a aussi disserté sur le plan santé préparé par le gouvernement. Omniprésent, omniscient, omnichef, il cherche par tous les moyens à se faire pardonner ses dérapages et sa politique antisociale.

Peine perdue. Le réel a rattrapé la majorité En Marche : ce plan santé qui n’était pas prévu, qui a été plusieurs fois reporté était devenu incontournable.

C’est ce que nous disons depuis le début de notre Tour de France des hôpitaux : 
cette crise aiguë appelle un plan d’urgence et un plan de long terme pour reconstruire notre système de santé public.

1- Former des professionnels

Les annonces contiennent des mesures nécessaires, à commencer par la fin du numérus clausus que nous demandons depuis des années. Mais à condition que cela s’accompagne d’une ambition et de moyens pour former plus de médecins, notamment généralistes, et plus de personnel médical dans les années qui viennent.

Avec la volonté de mieux mailler le territoire. Qu’en sera-t-il ? La première revendication des personnels, dont la souffrance atteint des sommets, est d’avoir des collègues.

Nous exigeons un grand plan de formation et d’embauche de personnels de santé. La mise en place des assistants médicaux interroge : nous disons depuis longtemps que le travail effectué par des non-médecins dans les centres de santé doit être pris en charge, mais nous nous refusons à voir le temps de présence médicale dont bénéficie le patient réduit, y compris pour ne pas affaiblir la qualité de diagnostic de notre système de santé.

Nous proposons de donner une bonne impulsion au développement de centres de santé.

2- Mobilier les ressources nécessaires

Le léger desserrement du verrou de l’ONDAM, toujours bon à prendre, chiffré à 400 millions d’euros est nettement en dessous des besoins : c’est plus de 4 milliards qu’il faudrait pour simplement maintenir l’offre de soins existante à son niveau actuel. L’ONDAM serait augmenté de 2,5% quand il faudrait au moins qu’il le soit de 4,5%.

En réalité, Emmanuel Macron a oublié son chéquier de l’autre côté de la rue. Il fait des contorsions sur les transformations du système pour ne pas débloquer le financement nécessaire. Les hôpitaux sont des organismes vivants dont les transformations, quand elles sont souhaitables, ne peuvent se faire sans moyens.

La mise en cause de la Tarification à l’activité, que nous réclamons depuis sa création parce qu’elles est un redoutable accélérateur de la marchandisation de soins, doit aller beaucoup plus loin et le financement au parcours ne doit pas être l’occasion de limiter les consultations pour les patients concernés.

3- Arrêter la casse

Nous nous opposons à ce que ce plan constitue une nouvelle occasion d’organiser la confusion entre public et privé, comme cela semble devoir être le cas avec les Groupements hospitaliers de territoire. Il faut développer puissamment la réponse publique. Or, il y a du renoncement dans les choix du gouvernement.

Nous demandons un moratoire sur les fermetures d’hôpitaux, de services et de lits, avec de nombreux acteurs du système de santé. Cette logique destructrice est en train de produire de nombreux dégâts dans nos territoires, du renoncement aux soins et des drames silencieux. Nous refusons de voir des hôpitaux transformés en dispensaires pour personnes âgées. Tout cela n’apporte d’ailleurs aucune solution pour les EHPAD. La dette des hôpitaux, résultat des systèmes de tarification désastreux, doit être restructurée à l’échelle nationale pour en finir avec les vives tensions quotidiennes de gestion qui empêchent les établissements de penser leur avenir. Et la taxe sur les salaires prélevée par l’Etat doit y être supprimée.

4- Garantir le droit à la santé en développant la sécurité sociale

Nous proposons une véritable ambition d’aller vers la prise en charge à 100% par la sécurité sociale des soins intégrant le développement du tiers-payant. Un plan santé véritable doit s’appuyer sur la force remarquable des personnels et sur les formidables atouts que compte notre système de santé, pour mobiliser la société tout entière. De grandes mobilisations sont en cours et des rendez-vous importants sont annoncés. Le plan qui vient d’être annoncé ne permettra pas de faire face à la crise de l’hôpital et du système de soins. Je présenterai avec mes collègues à l’issue de notre tour de France des hôpitaux, un plan santé autrement plus ambitieux. Nous avons déjà pris beaucoup de retard, il y a urgence à changer d’ère pour la santé dans notre pays.

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 10:00
Pierre Dharréville

Pierre Dharréville

Ne laissons pas piller la sécurité sociale !

Les dernières orientations que le gouvernement a laissé filtrer dans la presse confirment les vives critiques que j’avais émises lors du premier acte de la casse de la sécurité sociale l’année dernière. En effet, l’exécutif aurait décidé de ne plus compenser les exonérations de cotisations sociales.
Première mauvaise nouvelle : il y aura de nouvelles mesures d’exonération de cotisations sociales (mesures dont l’efficacité n’a jamais été prouvée) qui viennent porter atteinte à l’autonomie de la sécurité sociale. 
Deuxième mauvaise nouvelle : ces exonérations viendront en direct amputer le budget de la sécurité sociale, ainsi privée de moyens indispensables et condamnée à gérer une enveloppe insuffisante décidée hors du système paritaire. 
L’Etat a des devoirs à l’égard de la sécurité sociale. Le prétendu retour à l’équilibre des comptes a un prix : plutôt que d’aller chercher les recettes nécessaires, on l’a fait reposer sur les assurés sociaux. Les coupes claires dans les remboursements, dans le financement des hôpitaux, les manques dans le financement de l’autonomie, les attaques contre le niveau des versements et en particulier contre les pensions de retraites ou les insuffisances des indemnités pour maladies professionnelles et accidents du travail...
L’année dernière, les cotisations salariales ont déjà été supprimées pour être remplacées par l’impôt à travers la CSG. Le gouvernement veut désormais se servir directement dans la caisse.
L’objectif est clair : continuer de briser notre système de protection sociale basé sur les droits pour en faire une caisse de secours gérée par l’Etat, dans la confusion des budgets. La part des richesses consacrées à la protection sociale doit être protégée des velléités de main basse de la part de gouvernements qui voudraient y trouver des ressources pour financer de nouveaux cadeaux aux grands propriétaires. Elle doit être sanctuarisée : les moyens existent d’une sécurité sociale forte. 
Ne laissons pas piller la sécurité sociale.

Pierre Dharréville, 10 septembre 2018

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 06:00
Fermeture de 4 classes dans les écoles morlaisiennes :  Madame Sandrine Le Feur, depuis la Lune où vous semblez perchée, faites vos comptes … (Ismaël Dupont, élu communiste de Morlaix)
Fermeture de 4 classes dans les écoles morlaisiennes :

Madame Sandrine Le Feur, depuis la Lune où vous semblez perchée, faites vos comptes …
 

Il ne manque pas de saveur, le communiqué de presse du 13 septembre où Sandrine Le Feur, députée macroniste de Morlaix (LREM), répond au communiqué de l'opposition de gauche morlaisienne qui mettait en cause ses votes à l'Assemblée pour le budget de l'éducation et son manque de soutien aux écoles publiques morlaisiennes touchées par des fermetures de poste.

Il serait même réjouissant comme monument de tartufferie s'il ne témoignait pas d'une indifférence complète et tragique au sort des enfants des écoles concernées, celles de Émile Cloarec et Gambetta au premier chef.

C'est en effet que Sandrine Le Feur, telle l'élève de Pangloss du Candide, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

La gauche (le gouvernement PS en réalité) fatiguait, selon ses dires, les enfants avec la réforme des rythmes scolaires. Macron renforce sans doute leur capacité de concentration et d'apprentissage avec des classes en triple ou quadruple niveaux à plus de 30 élèves !

Alors que des logiques d'austérité et de désinvestissement dans le service public d'éducation président à une réduction de moyens (comparativement aux effectifs scolaires) pour l'Education nationale, que ne saurait cacher la mesure d'affichage des CP à 14 élèves dans les zones urbaines les plus sinistrées socialement. Une mesurette de discrimination positive cache-misère qui était déjà la technique d'affichage de Nicolas Sarkozy dont Jean-Michel Blanquer était un des plus zélés serviteurs. Avec un art consommé du paradoxe ou de l'antiphrase qui n'est pas sans rappelé la novlangue de 1984 de George Orwell, alors que l'inspection académique s'engouffre dans chaque brèche pour récupérer des postes, indifférente aux profils spécifiques des écoles, Sandrine Le Feur nous reproche de « faire des comptes d'épiciers », d'être « prisonniers d'une logique comptable ».

Ceux « qui se disent de gauche », « prisonniers d'une logique comptable » ?

Ben voyons !

Est-ce depuis le camp de ceux qui suppriment l'ISF, diminuent l'impôt sur les sociétés, assomment les retraités, les chômeurs, les précaires, les services publics, accélèrent la privatisation et le démantèlement de la SNCF, de la sécurité sociale, qu'on va décider de ce qui est de gauche et de ce qui ne l'est pas ?

Est-ce une logique comptable que de compter les élèves dans une classe pour voir que le compte n'y est pas en terme de condition de vie collective, de travail pour l'enseignant, et de capacité à prendre en compte les besoins spécifiques des élèves, pour fermer des postes ?

Sandrine Le Feur peut bien justifier la fermeture de 4 classes dans les écoles publiques morlaisiennes dont elle semble se moquer éperdument. Ce qu'elle ne peut pas faire, c'est tordre le cou à la logique et faire passer ceux qui défendent l'intérêt des enfants et des apprentissages avant les logiques de rigueur budgétaire et de réduction des dépenses publiques comme des pinailleurs obsédés des chiffres.

Mais si elle veut qu'on parle chiffres.

Parlons-en !

A l'école Gambetta, par exemple, il y avait 88 élèves en tout l'an passé, 91 cette année.

De quoi justifier la fermeture d'une classe et d'un poste, sans doute, surtout quand l'école compte de nombreux élèves en dispositif Ulis et des enfants dont le français n'est pas la langue maternelle en grand nombre !

Une CE2-CM1-CM2 à 37 élèves, si on envisage l'inclusion de 7 élèves en dispositif ULIS, avec des locaux absolument inadaptés où les élèves n'ont pas d'espace pour se mouvoir. Il faut voir les élèves dans leur classe Madame Le Feur.

Ce que les chiffres de l'inspection académique ne révèlent pas à ceux qui n'ont ni imagination ni expérience du terrain, c'est le quotidien des élèves et de leurs enseignants dans ces conditions.

Un CP-CE1 à 24 élèves, dont 3 élèves en ULIS et 3 enfants qui commencent tout juste à apprendre le français.

Une maternelle avec 30 élèves inscrits sur 3 niveaux, 26 présents pour le moment, mais entre 3 et 10 inscrits qui pourraient arriver à partir de janvier. Les gamins vont sans doute finir à 32 en 2019.

A Corentin Caër, memes tra, une maternelle avec une trentaine de gamins et un triple niveau.

Alors voilà, la gauche « fatiguait » les élèves avec la réforme des rythmes scolaires (qui avait un but diamétralement opposé, faut-il le rappeler) et la majorité de droite de Macron dégrade sans le moindre scrupule leurs apprentissages dans les écoles les plus populaires avec des classes à effectifs surchargés à triple niveau où l'on conjugue souvent les difficultés mais où l'école est si essentielle pour la réussite des enfants.

Il est beau votre nouveau monde, Madame Le Feur!

En tout cas, il ne semble pas fait pour tout le monde.

Ismaël Dupont, conseiller municipal d'opposition à Morlaix, membre de la commission Enseignement.

le 18 septembre 2018

Fermeture de classes. La réponse de Sandrine Le Feur à la gauche

Publié le 13 septembre 2018

Dans un communiqué, la gauche morlaisienne disait « s’insurger » des fermetures de classe à Morlaix, évoquant Jean-Jaurès, Corentin-Caër, Gambetta et Émile-Cloarec. Et interpellait vivement Sandrine Le Feur, la députée, la jugeant « silencieuse » sur le sujet. Cette dernière a souhaité répondre, également par le biais d’un communiqué :

« La gauche « s’insurge » ? Il eut été salutaire qu’elle s’émeuve de la fatigue des enfants, lorsqu’elle imposait, à marche forcée, des rythmes scolaires inadaptés ! », démarre l’élue de la quatrième circonscription, qui enchaîne : « Il est assurément paradoxal que des élus, qui se disent de gauche, nous livrent, une nouvelle fois, une analyse reposant exclusivement sur une logique comptable. Cette lecture des réalités scolaires ne regarde que les fermetures et passe habilement sous silence les créations de postes (un poste supplémentaire à Pleyber-Christ, un autre à Plouégat-Moysan), prévus dans la carte scolaire de ce printemps. Et de nouveaux ajustements à la rentrée pour ouvrir un quatrième poste à Guerlesquin et un sixième à Plouezoc’h ».

Progression du taux d’encadrement

Sandrine Le Feur de prendre la défense du gouvernement, rappelant que « l’éducation, en particulier dans le premier degré, est une priorité. Je salue la réactivité des services académiques, injustement montrés du doigt par ces élus de gauche qui vont jusqu’à soupçonner la direction académique d’opérer une « purge » ».

L’élue de rappeler, enfin, que « plus que le nombre de classes, c’est le taux d’encadrement des élèves qui importe. À cet égard, il est utile de rappeler que, pour la deuxième année consécutive, le taux d’encadrement des élèves a progressé dans le Finistère, désormais l’un des départements de France où le nombre d’enseignants par élèves est le plus élevé ». De conclure : « L’éducation de notre jeunesse est un sujet trop important pour le réduire à des comptes d’épicier ».

https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/fermeture-de-classes-la-reponse-de-sandrine-le-feur-a-la-gauche-13-09-2018-12077795.php

 

Lire aussi:

Fermetures de classes, effectifs trop chargés: une rentrée qui s'annonce compliquée dans certaines écoles publiques morlaisiennes

Fermeture de classes. La gauche s’insurge (Le Télégramme – 13 septembre 2018)
 

Les huit élus d’opposition de gauche à Morlaix s’insurgent contre la fermeture, à la rentrée, de quatre classes dans les écoles publiques morlaisiennes. « Voilà l’école de la réussite de tous dans le « nouveau monde ». C’est une sinistre plaisanterie ! », écrivent-ils.

Dans son communiqué, l’opposition tient à manifester « sa solidarité vis-à-vis des enfants, des parents d’élèves, des enseignants et personnels des établissements touchés par la purge sans précédent que l’inspection académique, et par là le ministère, a infligé à quatre de nos écoles publiques : Jaurès, Corentin-Caër, et surtout Gambetta et Émile-Cloarec ». Concernant cette dernière, qui aura des classes à quadruple niveau, « du délire », elle pointe le risque de condamner l’école publique de Ploujean, « que la mairie a soutenu, depuis des années, dans un contexte difficile et qui est importante à conserver dans ce village de Morlaix ». Estimant que toute la place est faite à l’école privée, les élus de gauche rappellent qu’à Gambetta, il y aura aussi une classe à triple niveau, avec 33 enfants.

« Mépris » pour l’école de la République

« N’est-ce pas du mépris ?, s’interrogent-ils. Le mépris du travail de l’équipe enseignante, le mépris des familles qui continuent à faire le choix de la mixité sociale et de l’école de la République, le mépris des enfants de ce quartier populaire ». Selon eux, l’éducation, et l’école, maternelle et primaire, doivent être des priorités absolues (…). Si le Président Macron faisait moins de cadeaux fiscaux aux grosses entreprises et aux plus riches, il trouverait des moyens pour donner des ambitions et des capacités à remplir ses missions à l’école publique (…). Qu’en pense notre députée, extrêmement silencieuse sur ce sujet, comme sur la suppression des emplois chez Hop ! Morlaix, la crise à l’hôpital et tant d’autres dossiers ? A-t-elle été élue pour voter des budgets qui détériorent profondément les services publics ? »

 

 

 

Quatre classes supprimées dans les écoles publiques morlaisiennes, des écoles fragilisées, avec des classes à gros effectifs et à plusieurs niveaux. 

 

Voilà donc l'école de la réussite de tous dans le « nouveau monde » de Macron ?

 

Une sinistre plaisanterie !

 

L'opposition de gauche à Morlaix tient à manifester sa solidarité vis-à-vis des enfants, des parents d'élèves, et des enseignants et personnels des quatre écoles touchées par la purge sans précédent que l'inspection académique (avec les moyens réduits alloués par le rectorat, et en dernier ressort, par le ministère de l'éducation – éducation sélective et à géométrie variable plus que nationale désormais...) a infligé à quatre de nos écoles publiques : Jaurès, Corentin Caër, et surtout Gambetta et Emile Cloarec à Ploujean, ces deux dernières écoles qui sont grandement fragilisées par ces décisions de l'inspection académique.

 

Malgré la mobilisation des parents et personnels pour des moyens permettant la réussite de tous les enfants dans des écoles populaires, maintenir les suppressions annoncées des 3 postes dans les écoles de Jaurès, Corentin Caër et Gambetta ne suffisait pas.

 

Morlaix n'était pas assez sacrifié comme cela !

 

Il a fallu que l'inspection académique aille plus loin et ferme une des trois classes à Emile Cloarec, prenant le risque de condamner l'école publique de Ploujean, qui dispose pourtant d'installations excellentes, que la mairie a soutenu depuis des années dans un contexte difficile et qui est importante à conserver dans ce village de Morlaix.

 

A croire qu'on veut laisser toute la place à l'école privée ! Comment les parents vont-ils pouvoir s'accommoder de classes à quadruple niveau ! C'est du délire.

 

Et à Gambetta, une classe à triple niveau avec trente-trois gamins, dont beaucoup pour qui l'école peut-être le vecteur essentiel de réussite, est-ce bien raisonnable ?

 

N'est-ce pas du mépris ? Le mépris du travail de l'équipe enseignante, le mépris des familles qui continuent à faire le choix de la mixité sociale et de l'école de la République, le mépris des enfants de ce quartier populaire.

 

Pour les élus de gauche à Morlaix, l'éducation, et l'école maternelle et primaire, sont des priorités absolues pour une société qui fonctionne bien, avec des futurs citoyens libres, éclairés, responsables et intégrés, capables de choisir leur destin.

 

Si Macron faisait moins de cadeaux fiscaux aux grosses entreprises et aux plus riches, il trouverait des moyens pour donner des ambitions et des capacités à remplir ses missions à l'école publique, pour intégrer les ULIS dans des conditions convenables, faire progresser tous les jeunes.

 

Qu'en pense Madame la députée Sandrine Le Feur, extrêmement silencieuse sur ce sujet là comme sur la suppression des emplois chez Hop ! Morlaix, la crise à l'hôpital et tant d'autres dossiers ? A t-elle été élue pour voter des budgets qui détériorent profondément les services publics et pour enfiler des perles?

 

Les 8 élus d'opposition de gauche au conseil municipal de Morlaix:

 

Elisabeth Binaisse, Jean-Pierre Cloarec, Ismaël Dupont, Hervé Gouédard, Sarah Noll, Valérie Scattolin, Claire Thomas, Jean-Paul Vermot

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 05:54
Conseil Municipal de rentrée de Morlaix le jeudi 20 septembre à 19h: découvrez l'ordre du jour, les questions orales et motion de l'opposition

Le prochain Conseil Municipal de la ville de Morlaix aura lieu le jeudi 20 septembre à 19h.

A l'ordre du jour :

- Programme action coeur de ville – signature de la convention cadre pluriannuelle

- Pass commerce artisanat – convention de financement

- Convention d'occupation de la salle socioculturelle de Ploujean

- Rapport d'activité 2017 de la DSP stationnement d'Indigo (ex Vinci)

- Dispositif d'aide financière pour la destruction de nids de frelons asiatiques pour les années 2017 et 2018

- Fourniture et acheminement de gaz naturel pour le CCAS de Morlaix

- Marchés fournitures services techniques

- Prestation d'entretien et de nettoyage des locaux et de la vitrerie du patrimoine de Morlaix

- Maintenance des barrières, portails automatiques

- Mise à disposition du coordinateur jeunesse de la ville de Morlaix au profit de l'école des Hautes études en santé publique pour le projet de recherche nommé Jeunes en TTTrans

- Convention de participation aux frais de restauration scolaire – communes de Morlaix et St Martin des Champs

- Mise à disposition d'un bâtiment communal (le Mille-Club de la Madeleine) au profit d'Amnesty International

- Convention d'objectifs entre la Ville de Morlaix et l'association Bretagne Vivante-SEPNB pour l'éducation et la sensibilisation à l'environnement

- Mise à disposition d'un bâtiment communal au profit de l'association Club des Pêcheurs à la Mouche

- Convention de mise à disposition de locaux communaux au profit de l'espace de vie sociale « la courte échelle »

- Lotissement communal rue de Réo – demande d'autorisation d'aménager

- Installation classée – consultation du public sur la création d'un élevage porcin biologique au lieu- dit Keradennec à Plouigneau par l'EARL des Fougères - avis sur le projet (1355 cochons prévus, plans d'épandage qui prennent sur la commune de Morlaix)

- Fonds d'intervention pour l'habitat

- Actualisation du tableau des effectifs des personnels

- Convention de mise à disposition de matériels de compostage par Morlaix Communauté au profit du pôle Petite enfance

- Conventions avec la CAF

 

Questions orales et motions présentées par les 8 élus de l'opposition de gauche :

 

- Question orale posée par les élus de l’opposition au conseil municipal du 20/09/18

 

Quels investissements d'avenir ?

 

A l'heure où la majorité nous dévoile enfin ses projets d'investissement pour l'avenir de la ville, on peut s'interroger sur certaines priorités qui sont données dans le grand jeu des arbitrages financiers.

 

Le contexte national avec les baisses de dotations de l'Etat impose aux communes une maîtrise accrue des dépenses. Agnès Le Brun et son équipe affirment avoir redressé la barre et remis à flot les finances de la ville, c'est leur leitmotiv. Ils peuvent donc se permettre d'investir sur de grands projets d'avenir (musée, tiers lieu, funiculaire).

Cependant en dehors de ces équipements, la majorité n'est-elle pas en train d'oublier que le plus important des investissements d'avenir qu'un territoire puisse faire réside dans sa jeunesse. En l'occurrence, au niveau de sa compétence, c'est sur la petite enfance que nous devrions investir.

 

Pourtant voilà 3 ans que la majorité demande aux équipes du pôle petite enfance de faire des économies.

En 2017, se sont 70 000€ d'économie qui ont été demandée. Des économies conséquentes qui ont pu être réalisées grâce à la bonne volonté des directions sur le budget matériel.

En 2018, la demande a été faite de maîtriser la charge salariale. Dans un secteur où les normes en matière de nombre d'encadrants sont extrêmement réglementées pour des raisons évidentes de sécurités, et alors que les équipes gagnent en ancienneté, il n'est pas difficile de comprendre que cela coince.

 

La crèche collective fonctionne à flux tendu sur un nombre de postes tout juste au dessus du minimum imposé par la réglementation. En effet, Le taux d'encadrement minimum exigé par la PMI est de 11.34 et la crèche est à un taux de 11.60. 0.26 de plus que le minimum ce qui correspond à quelques heures seulement. Ce qui signifie qu'il n'y a presque aucune marge pour permettre aux agents de prendre leurs RTT ou congés annuel et pallier les arrêts quand ils arrivent.

Dès lors, ce sont les équipes qui travaillent en tension et qui ne peuvent prendre les temps de repos nécessaire dans des métiers extrêmement énergivores ; ce sont les activités et sorties annexes qui sont annulées ; ce sont les directrices qui remplacent pour assurer les normes de sécurité et le bon fonctionnement de cet espace d'accueil et d'éducation de nos enfants. Et cela au détriment du temps de direction indispensable au bon fonctionnement d'une structure.

Les exemples ne manquent pas : des directrices qui sont sommées de remplacer tous les postes lorsqu'ils sont défaillant (que ce soit en cuisine ou en accueil des enfants), des sorties estivales réduites car elles demandent plus de taux d'encadrement que le nombre de postes limité ne permet plus, des temps de rencontres qui ne peuvent plus avoir lieu comme les papotines par manque de disponibilités et avec cela un intervenant extérieur pourtant bénévole qui est remercié.

 

Pourtant, la crèche collective est portée et animée par une équipe en or, porteuse d'un projet humaniste et bienveillant, très à l'écoute des enfants et de leurs parents. Nombreux sont celles et ceux qui ont pu trouver auprès de cette équipe, une écoute attentive, rassurante et guidante dans leur rôle de parent.

 

Dans un courrier en date du 25 juin 2018 une quarantaine de parents écrivaient à Madame le Maire pour faire part de leurs inquiétudes quant à la prise en charge de leurs enfants. Tout en rappelant leur entière confiance et leur soutien à l'équipe de la crèche collective qui se retrouve elle-même victime de cette politique de maîtrise des dépenses notamment de fonctionnement.

Votre réponse évoque la pérennisation d'un demi-poste de remplacement supplémentaire. Une phrase somme toute équivoque puisque vous pérenniser un poste déjà existant et qu'il n'est donc pas en supplément. En réalité, c'est un poste supplémentaire qu'il faudrait ajouter à celui que vous proposez de pérenniser pour permettre à l'équipe de fonctionner correctement et leur assurer la possibilité de prendre les temps de repos qui leur sont dû.

De même, vous évoquez une subvention versée à la crèche collective en constante augmentation depuis 3 ans. En dehors du fait qu'il nous paraît étonnant que la mairie verse une subvention à son propre équipement. Nous n'avons pu vérifier ces chiffres car les demandes que nous vous avons faites par mail et lors de la commission pour avoir les budgets du pôle et de la crèche collective n'ont pas été satisfaites.

Enfin, vous abordez la question du projet pédagogique qui devra faire l'objet d'une révision à la demande de la CAF. Mais la CAF demande la révision du projet social et non du projet pédagogique. Le projet social est du ressort du politique qui définit par là ce que la ville souhaite pour la petite enfance. Or, les directives données aux directrices quant à la gestion des ressources humaines, qui ont pour conséquences directes la qualité du travail en équipe et donc l'accueil de nos enfants démontre votre méconnaissance de la petite enfance.

 

Alors, pourquoi vouloir détériorer cet outil formidable, en déconstruisant un projet qui avait pris le temps de se construire dans l'écoute et la bienveillance. Pourquoi vouloir détériorer cet équipement aussi précieux pour nos enfants et donc l'avenir de notre territoire ? Pourquoi une politique budgétaire si stricte lorsque l'on parle d'humain, d'éducation, de co-éducation ? Pensez vous que le malaise ressenti par les équipes n'a pas de conséquences sur nos enfants ? Pourquoi ne pas investir dans ce poste supplémentaire ? Car à quoi bon investir dans des musées, des tiers lieux, des funiculaires si l'on oublie nos enfants ?

 

- MORLAIX,VILLE PRUDENTE ?A VOIR !

Question orale de l'opposition – Conseil municipal d'opposition 20 septembre 2018

 

Après la parution en 2018 des résultats peu flatteurs pour Morlaix, du baromètre cyclable, la ville a engagé avant l'été une campagne de marquage au sol des zones à 30 km/h, des sas vélo, la réfection des certains passages piétons ce que nous à l'instar des cyclistes et piétons morlaisiens, apprécions à leur mesure. Nous vous remercions pour ce premier pas dans la volonté de faire côtoyer sereinement les usagers mais il reste tant à faire !!

Combien de passages piétons effacés, défaillants, invisibles à cause d'obstacles ou de stationnements, de cheminements dégradés, de sections dangereuses ?

Combien de voitures en circulation ou en stationnement illégal dans les rues piétonnes (bornes d'accès hors d'usage depuis des années) ?

Combien d'incivilités tant pour le stationnement que pour la vitesse (exemple : rue de Paris avec un enrobé très roulant et un espace restreint par le stationnement latéral soit autorisé soit sauvage) ?

Pourquoi la matérialisation des sas vélo est-elle incomplète ?

Pourquoi les itinéraires de la véloroute sont-ils différents selon le sens de traversée de la ville alors qu'il serait simple d'instaurer le double sens cyclable, allée du Poan Ben pour offrir un itinéraire sûr et agréable ?

Comment la gare routière place Cornic fonctionne-t-elle sans accident alors qu'elle se trouve au coeur d'un parking et qu'aucun passage protégé ne permet de faire la liaison avec le reste de la ville ?

Comment s'accorder avec les communes voisines (rue G Le Normand à Plourin et rue J Jaurès à SMDC) en l'absence d'un schéma global de déplacement à l'échelle de l'agglomération ?

 

Cette campagne de marquage n'a pas fait l'objet d'actions de sensibilisation à la sécurité routière alors que la ville dispose d'outils de communication importants (Morlaix magazine, site internet, panneau lumineux, affiches et flyers, etc...) et que la présence de la prévention routière financée par la municipalité se réduit à une seule journée publique !

Il est nécessaire d'agir sur les comportements pour que ces modifications soient pleinement acceptées et non pas subies avec rancoeur.

En attendant un futur aménagement de la voie d'accès au port, les habitants et voyageurs à pied ou à vélo doivent se débrouiller comme ils le peuvent pour rejoindre la gare ferroviaire, au centre d'un trafic intense soit plus de 10 000 véhicules/jour rue Carnot (cela n'a pas de lien avec une rocade incomplète).

Alors que la plan vélo vient d'être annoncé au niveau national (50 millions €/an pendant 7 ans) il importe de se positionner de manière exemplaire pour aboutir à une

cohabitation bénéfique à tous. L'opportunité c'est maintenant !

 

Motion de soutien aux écoles Emile Cloarec, Léon Gambetta, Jean Jaurès, Corentin Caër, aux enfants, parents d'élèves et personnels de ces écoles.

Présentée par les 8 élus d'opposition de gauche.

 

Les élus du Conseil Municipal de Morlaix tiennent à manifester leur solidarité avec les enfants, les parents d'élèves, les enseignants et personnels des quatre écoles publiques touchées par des suppressions de postes et de classes en cette rentrée 2018 : Jean Jaurès, Corentin Caër, et surtout Gambetta et Émile Cloarec à Ploujean, ces deux dernières écoles qui nous paraissent grandement fragilisées par ces décisions de l'inspection académique motivées par des critères strictement comptables qui ne devraient pas être l'unique entrée pour inspirer les décisions en matière d'éducation.

Malgré la mobilisation des parents et personnels pour des moyens permettant la réussite de tous les enfants dans des écoles populaires, maintenir les suppressions annoncées des trois postes dans les écoles de Jean Jaurès, Corentin Caër et Léon Gambetta, décision déjà incompréhensible, ne suffisait pas.

Il a fallu aller plus loin et fermer une des trois classes à l'école Émile Cloarec que la mairie de Morlaix a pourtant soutenu depuis des années dans un contexte difficile et à la sauvegarde de laquelle nous sommes tous vivement attachés.

Comment les parents vont-ils pouvoir s'accommoder de classes à quadruple niveau, d'effectifs élevés alors même que la qualité des conditions d'enseignement dans ces écoles primaires et maternelles aux profils spécifiques est très importante pour tous les enfants?

A l'école Gambetta, par exemple, une classe à triple niveau CE2-CM1-CM2 avec entre 30 et 37 élèves, une maternelle à 30 élèves, dont beaucoup pour qui l'école peut-être le vecteur essentiel de réussite, est-ce bien raisonnable ?

On est loin d'une volonté de favoriser la réussite de tous les enfants à l'école et soutenir des écoles qui font un travail essentiel.

Pour nous, l'école maternelle et primaire sont des priorités absolues afin d'assurer l'égalité des chances, et de contribuer à former des futurs citoyens libres, éclairés, responsables et intégrés, capables de choisir leur destin et de trouver une bonne intégration professionnelle.

Nous demandons à l'inspection académique de revoir sa position, au moins sur la fermeture des postes dans les écoles Léon Gambetta et Émile Cloarec.

Quatre postes supprimés dans les écoles publiques de Morlaix la même année, c'est du jamais vu, c'est inconcevable et parfaitement inacceptable.

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 05:36
photo Ouest-France

photo Ouest-France

Les salariés ont débrayé ce lundi 17 septembre. Sur le site de Morlaix (Finistère), 23 postes administratifs sont supprimés. La direction promet des reclassements, mais cela implique de quitter la région.

Il y a d’abord eu « de la colère », lors de l’annonce, soudaine, de la suppression de 23 postes administratifs à Hop ! Morlaix. « Un vrai coup de massue », dit une salariée. Puis du « dégoût », de « l’abattement », indiquent d’autres salariés, ce lundi 17 septembre. Tous ont participé à un débrayage devant les grilles du site, à Ploujean.

De croix ont été plantées, en référence « à ce site qui est en train de mourir », glisse une gréviste. Sur l’une d’elles, a été affiché le détail des postes supprimées, dans le cadre d’un PSE, plan de sauvegarde de l’emploi. Et qui concerne « des personnes qui, pour beaucoup, ont plusieurs dizaines d’années d’ancienneté dans la boîte, chez Brit Air, puis Hop ! depuis la fusion en 2016 », déplore Marie-Odile Kerdraon, déléguée syndicale à la CFDT

À Morlaix, certains services perdent des postes, d’autres sont supprimés. C’est le cas de la paie. Ils sont trois à y travailler, et autant à devoir quitter leur place pour le 30 juin prochain.

Parmi eux, il y a Laurence, 57 ans et 12 ans chez Hop !. « On est vraiment écœurés. On a beaucoup donné, notamment depuis un an, avec le changement de logiciel. » Une de ses collègues cite « les 70 heures semaines, incluant parfois le samedi. Tout cela pour la bonne cause : essayer de pérenniser la paie, qu’on savait menacée. »

« J’ai toute ma vie ici »

La direction de Hop ! promet « de mettre en place un dispositif de reclassement et d’accompagnement afin de limiter au maximum l’impact social. Des solutions seront proposées à chaque salarié concerné ».

« Mais dans notre cas », reprend Laurence, les seules possibilités sont à Paris. Hors de question pour ces salariés. « J’ai toute ma vie ici », dit l’une. « Je ne peux pas laisser seule ma mère de 82 ans », soupire une autre.

« Se former à un nouveau métier »

Au « revenu-management » aussi, c’est la douche froide. Trois postes supprimés sur trois, dans ce service « chargé d’optimiser la recette des vols ». Ce qui est d’autant plus compliqué, expliquent Marine, Carole et Severine, « c’est que nous compétences sont bien spécifiques. Il va falloir qu’on se forme à un nouveau métier… »

Ce service quitte Hop ! pour repartir à Air France, la maison mère. « On est chargés du reparamétrage pour le 31 août, date à laquelle on ne s’en occupera plus. Ce qui veut dire qu’on prépare la mort de notre emploi… »

Au service comptabilité, sept postes sur 14 sont supprimés, via « des transferts de compétences vers Nantes. Mais il ne devrait pas y avoir de places pour nous là-bas, à part peut-être la création d’un poste de trésorier ». Et de citer, localement, « un bassin d’emploi tellement désastreux… »

Au planning, ce sont quatre postes en moins sur un effectif de 25. « Pourtant, on n’était pas en sureffectif », glisse l’une des salariés, citant « les nombreuses heures supplémentaires. On commençait seulement à retrouver une organisation depuis la fusion ».

Tous pointent les réductions de postes progressives depuis plusieurs années. « Une centaine de postes en moins depuis 2013 », expliquait Valérie Scattolin, déléguée Unsa. Avec une crainte qui semble partagée par tous : « Que cela continue. » Actuellement, le site morlaisien emploie quelque 300 personnes. « À l’époque de Brit Air, il y en a eu jusqu’à 500 ».

En soutien, lundi matin, on pouvait croiser Thierry Piriou et Yves Moisan, président et vice-président de Morlaix communauté, « par solidarité et pour réfléchir à l’avenir », indiquent les syndicats. Il y avait aussi Jean-Michel Parcheminal, maire de Plounéour-Ménez, « où des salariés habitent ».

72 postes au total

L’intersyndicale réfléchit à la suite de la mobilisation. Un comité d’entreprise est prévu jeudi 20 septembre. Ainsi qu’une visite de la direction, le 25 septembre.

Au total, le projet de réorganisation prévoit, sur l’année 2019, la suppression de 120 postes sur ses quatre sites principaux (Rungis, Montreuil, Nantes, Morlaix) et la relocalisation de 48 postes à Nantes et Clermont-Ferrand.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/suppressions-de-postes-hop-morlaix-les-salaries-entre-colere-et-abattement-5972732
 
 
 
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011