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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 19:44
Les Jeunes Communistes du Nord Ouest de Paris collent les murs de la capitale pour construire notre avenir !

Les Jeunes Communistes du Nord Ouest de Paris collent les murs de la capitale pour construire notre avenir !

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 19:37
Congrès du PCF: l'heure des choix ( Cédric Clérin, L'Humanité - Jeudi 27 septembre 2018)
CONGRÈS DU PCF : L’HEURE DES CHOIX
Jeudi, 27 Septembre, 2018

Les communistes choisissent du 4 au 6 octobre, leur « base commune ». Un première option importante en vue d’un congrès extraordinaire qui doit redessiner le parti en profondeur.

Pour les communistes, l’heure des choix approche. Le congrès extraordinaire entre dans sa phase décisive. Les adhérents du PCF doivent, désormais, choisir le texte qui leur servira de base d’une discussion qui se clôturera la 25 novembre , lors du Congrès national. Le texte élaboré par le Conseil national ainsi que 3 textes alternatifs sont soumis au vote. Comment remettre les idées communistes à l’ordre du jour et refaire du PCF une force politique de premier plan ? Voilà les questions auxquelles chacun des textes tente de répondre. « Pour faire la révolution, nous avons aussi besoin de la nôtre », disait encore Pierre Laurent lors de la Fête de l’Humanité.

Rendre le communisme visible
« La question est de ré-identifier ce que l’on entend par communisme », selon Guillaume Roubaud-Quashie, qui a coordonné le travail du Conseil national pour sa proposition de base commune, « Le communisme est la question du XXIe siècle ». « Notre congrès s’inscrit dans le paradoxe du moment : l’urgence de dépassement du capitalisme est presque palpable, mais nous avons subi un revers électoral très sérieux », analyse-t-il. Il y a en fait deux paradoxes pour les communistes : pour la première fois depuis 1969, le candidat qu’ils ont soutenu à la présidentielle de 2017 a obtenu près de 20 % des suffrages mais, faute d’accord politique, les candidats communistes aux législatives ne réalisent que 2,79 % des voix, score historiquement bas, tout en faisant élire 4 députés de plus qu’en 2012.

« L’effacement » explique les difficultés actuelles du PCF pour les rédacteurs du texte « Reconstruire le parti de classe, donner la priorité au rassemblement dans les luttes » qui se veut en rupture avec les 3 autres. Il est soutenu par Emmanuel Dang Tran, plusieurs fois candidat à la tête du parti, et le réseau Vive le PCF, classé comme orthodoxe. Pour Dominique Negri, membre du PCF dans l’Isère, « il faut en finir avec la politique de liquidation-mutation-effacement et reconstruire un parti de classe ». « L’effacement » est également dénoncé par les signataires du texte « Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle ». Ce texte est notamment soutenu par plusieurs parlementaires, les animateurs de la section économique du PCF, les dirigeants de la fédération du Pas-de-Calais (qui présentaient leur propre texte lors des derniers congrès), le réseau Faire vivre le PCF – réputé identitaire –, et quelques anciens soutiens de Robert Hue. Pour Frédéric Boccara, économiste et l’un des rédacteurs du texte, « la question est : “Est-ce qu’on continue en améliorant un peu les choses ou est-ce qu’on réoriente la stratégie du parti ?” » Pour lui, le PCF doit faire le bilan de ses stratégies des dernières années, et notamment celle du Front de gauche, qui ont conduit à son « effacement ».

Une analyse que ne partage pas Frédérick Genevée, historien, promoteur du texte « Se réinventer ou disparaître, pour un printemps du communisme », qui se situe dans la lignée des « rénovateurs » dans le PCF. « Ce n’est pas qu’une question stratégique, mais une question beaucoup plus radicale qui nous est posée, tous les PC du monde sont confrontés à de profondes difficultés », argue-t-il. «je crois cependant qu’un parti communiste a une pertinence et le communisme une actualité.»

Sans être d’accord sur le constat, les communistes dans leur diversité se posent la question : que faire ? Pour Guillaume Roubaud-Quashie, « il faut ré-identifier le communisme autour de 3 axes : d’abord, sur le fait d’être les porteurs de l’idée que le grand nombre qui produit les richesses doit être celui qui décide. Ensuite, sur la question écologique qu’on ne peut pas penser en fermant les yeux sur le capitalisme. Et, enfin, sur la question de l’épanouissement des individus contre le patriarcat et le racisme, qui sont des combats essentiels qui ne nous sont pas forcément associés dans la société ».

Que faire  ?
Pour Frédéric Boccara, il s’agit pour le PCF de s’affirmer et d’« arrêter de croire que le rassemblement passe par l’effacement de nos propositions. Des idées comme la BCE abondant un fonds de développement des services publics ou la lutte contre le coût du capital sont de nature à rassembler ». Pour les économistes communistes, la proposition de sécurité d’emploi ou de formation est également au cœur d’un projet communiste pour transformer le marché du travail.

« Il faut sortir du carcan de l’Union européenne qui détermine toute notre politique, dénonce, pour sa part, Dominique Negri. Nos propositions doivent attaquer le cœur de la politique de l’UE et celle de Macron en demandant, par exemple, le monopole public sur le transport des voyageurs et du fret. »

Du côté du « printemps du communisme », on cherche à élaborer « une nouvelle fonction révolutionnaire pour le PCF », basée sur des « évolutions révolutionnaires » que l’on trouve chez Marx, puis chez Jaurès : « Il ne s’agit pas seulement de cumuler les réformes, mais, à partir des mouvements progressistes de la société, de proposer des réformes qui soient en elles-mêmes des ruptures qui permettent d’avancer vers une autre société. Et ce dans tous les domaines, sans hiérarchie des luttes », décrit Frédérick Genevée. Pour l’historien, « cela pourrait commencer par les sujets écologiques, on ne peut plus être le parti du tout-nucléaire et de Notre-Dame-des-Landes ».

Comme souvent, la question de la stratégie électorale fait débat. Pour Marie-Christine Burricand, qui soutient le « manifeste », le PCF doit travailler « à présenter des candidats à toutes les élections pour porter nos propositions », regrettant 2017 et la candidature Mélenchon. Il faut construire une « unité populaire et politique agissante en mettant au défi les forces politiques sur les réponses aux questions posées par les luttes », estime, pour sa part, Frédéric Boccara. « Des alliances, pourquoi pas ? Mais pour quoi faire ? On voit où a mené l’union de la gauche. Pour s’allier, il faut des positions très claires », revendique Dominique Negri. Pour le soutien du « printemps », il faut au contraire cons­truire « un front commun qui permette la convergence des forces antilibérales » au premier rang desquelles la France insoumise. Le Conseil national propose de son côté la mise en place de fronts de luttes divers, « parce que le spectre des gens à rassembler n’est pas toujours le même en fonction du sujet », et d’un « forum national politique » qui permettrait débats, campagnes et constructions programmatiques ou électorales communes sans frontières fixes.

Enfin, la question de l’organisation du parti est, elle aussi, en débat à l’heure de l’émergence des « mouvements » politiques. « Nous voulons un parti et pas un mouvement », dit, sans ambages, Marie-Christine Burricand, pour qui « il faut consacrer plus de temps et d’énergie à la reconstruction d’une organisation, à commencer par les cellules et les sections ». Le texte appuie aussi sur l’implantation dans l’entreprise. « Il est essentiel d’être sur le front de classe et donc dans les entreprises », abonde Dominique Negri.

Innovations
Du côté du Conseil national, comme du « printemps », on regarde plus volontiers vers des innovations organisationnelles : « Il faut un parti beaucoup plus horizontal, des fonctions moins centralisées et des commissions élues par les communistes », relève Frédérick Genevée. Pour Guillaume Roubaud-Quashie, « notre force militante est l’une des plus importantes du pays, il faut réussir à la rendre plus efficace ». Pour le professeur d’histoire, « une nouvelle plateforme numérique doit nous permettre d’être plus efficaces sur les réseaux sociaux et davantage en prise avec ce que les adhérents veulent faire de leur parti ». La base commune du Conseil national propose également « la mise en place de réseaux d’initiative permettant à des personnes de s’investir sur une question précise et donc pour le PCF d’être utile au plus grand nombre ».

Le vote des communistes, du 4 au 6 octobre, doit donc décider d’une première orientation pour le PCF. Les adhérents pourront, ensuite, amender le texte jusqu’au Congrès national, du 22 au 25 novembre, et choisir le Parti communiste qu’ils veulent pour demain.

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 07:41
Le communisme est la question du XXIe siècle - pourquoi je soutiendrai la base commune du Conseil National, par Ismaël Dupont

Le rôle d'une base commune pour nos congrès est de constituer un socle rassembleur à partir duquel les adhérents, les sections, et les fédérations pourront travailler pour l'amender et le compléter afin de donner au Parti Communiste une feuille de route pour les années à venir. 

La base commune doit être le résultat d'un travail collectif approfondi, s'appuyer sur les débats des camarades, permettre de poursuivre le débat dans un cadre unitaire et avoir une ambition de rassemblement des communistes et d'efficacité pour le déploiement de l'action des communistes. 

Je crois que c'est le cas pour la proposition de base commune votée par le Conseil National du PCF du 2-3 juin dernier: "Le communisme est la question du XXIe siècle"

Cette proposition de base commune rédigée en grande partie par Guillaume Roubaud-Quashie, historien et jeune dirigeant du Parti Communiste chargé du secteur Formation, responsable de l'excellente revue du projet communiste, Cause commune, et animateur de l'Université d'été du Parti Communiste, traduit bien me semble t-il les nouvelles ambitions du Parti Communiste qui, au regard du monde que crée sous nos yeux le capitalisme financier et tous les monstres qu'il produit, est convaincu d'avoir encore une vocation historique et un combat d'avenir.

"Le communisme est la question du XXIe siècle" est un texte qui a du souffle, qui donne de l'espoir et qui expose assez bien, je crois, ce qui fait la raison d'être de l'engagement communiste, sur un plan subjectif comme sur un plan objectif.

Cette proposition de base commune prend à bras le corps les défis de notre temps, et en premier lieu celui de la crise écologique, mais aussi la crise culturelle et intellectuelle liée à l'aliénation capitaliste et à la transformation des rapports sociaux selon des critères de type marchand.   

C'est un texte souple et ouvert, qui traduit les paradoxes et contradictions de la situation présente, les virtualités et les freins pour le combat émancipateur des communistes, qui dit certain de nos échecs sans chercher à cliver ni s'enfermer dans des formules simplificatrices très faciles à établir après coup, quand la messe est dite. 

C'est un texte qui procède d'un travail collectif, qui s'appuie sur les compte rendus de débats des communistes et leurs contributions avant la conférence nationale de novembre 2017, sur les dépouillements du questionnaire rempli par plus de 10 000 adhérents et sympathisants communistes. 

C'est un texte qui permet de poursuivre un certain nombre d'orientations très positives du Parti Communiste dans le domaine de la production d'idées, de la formation, de l'éducation populaire, des solidarités concrètes, du travail d'invention en matière de militantisme et d'organisation de terrain. 

C'est un texte qui veut réunir pour et non contre, qui s'appuie sur la confiance entre nous et en notre capacité collective à relancer un Parti Communiste avec une image et une utilité renouvelées et des fondamentaux intacts, remis au goût du jour en lien avec les enjeux des dominations et exploitations contemporaines, et non sur la défiance, l'amertume, ou l'envie de rejouer le match. 

C'est un texte qui part des possibles existants sans être dans l'incantation ou la nostalgie. 

La structuration du texte en thèses liées les unes aux autres dans un rapport progressif le rend aisément discutable, point par point, et je trouve aussi que les fenêtres de discussion ouvertes aux débats des communistes, pour avoir le débat en grand même après l'adoption de la base commune sur le bilan de nos expériences de rassemblement passées, la stratégie, le rôle de nos directions, était une très bonne idée pour produire du commun sans nier les différences d'appréciation dans le Parti et le besoin de bilan critique examinant toutes les questions importantes, sans tabous. 

Peut-être que les questions de ces fenêtres de discussion sont parfois formulées de manière un peu alambiquées ou restrictives mais, derrière, elles ouvrent véritablement au débat et permettent d'avoir ces débats et de prendre des décisions de congrès tout en s'entendant sur un fond commun politique. 

C'est pourquoi comme beaucoup de communistes, je regrette qu'il y ait autant de textes alternatifs proposés au vote des adhérents du 4 au 6 octobre. Pour moi, ce congrès extraordinaire ne devait pas se construire de manière ordinaire, avec chacun occupant son couloir, mais viser à poser les bases de manière rassemblée, sans éviter aucun débat mais sans figer non plus des oppositions factices, d'une nouvelle ambition communiste. Notre Parti perd beaucoup de son efficacité, de sa cohérence et de son unité en fonctionnant selon un principe de tendances ou de courants. 

Que dit d'important le texte "le communisme est la question du 21e siècle"? 

Il part déjà d'un paradoxe que nous devons reconnaître pour tenter de le surmonter: celui d'une "urgence de communisme" et d'une "crise de l'organisation en France et dans le monde", d'un hiatus entre ce que nous percevons comme nos valeurs et les ressorts de notre engagement, qui peuvent être partagés par beaucoup de nos concitoyens, et l'image que renvoie le communisme généralement: "Nous voulons porter de manière offensive notre communisme, dans un contexte où ce que nous mettons derrière ce mot coïncide trop peu avec ce que le grand nombre entend par là".

Il y a donc tout un travail de réancrage de notre combat dans la sémantique contemporaine, les préoccupations populaires, et les enjeux sociaux et économiques actuels, cela signifie la nécessité de nouvelles formulations et d'un travail d'éducation populaire, si on veut être écoutés et œuvrer efficacement à atteindre nos objectifs. 

Quels sont-ils, nos objectifs?

L'"écommunisme", "l'Humain d'abord": "la boussole doit être celle du bien-vivre, du développement durable de l'humanité, de la réponse à ses besoins, potentiels, et aspirations, incluant nécessairement la dimension écologique". 

Nous voulons "libérer l'activité et l'esprit des hommes de la sphère marchande capitaliste", refuser tous les faux clivages que le système crée pour se perpétuer, "les divisions culturelles, ethniques, religieuses artificielles, les théories du choc des civilisations". 

Pour cela, cela suppose une ambition de combattre et dépasser le capitalisme, et d'étendre les logiques d'appropriation par le grand nombre. "Le PCF a subi des revers historiques. Il doit produire toute la nouveauté que l'époque appelle". Il doit produire ce "communisme de nouvelle génération" par quoi nous entendons "démocratie poussée jusqu'au bout et orientation révolutionnaire visant à sortir de la société de classe et à relever jusqu'au bout le défi écologique". 

Pour cela, nous devons révolutionner notre parti pour redevenir le "parti de la politisation populaire", "le parti de masse de ceux qui ne veulent pas se laisser exploiter, dominer, aliéner. Le Parti de la jeunesse, parti féministe de notre temps, engagé dans les lieux de travail, les quartiers populaires, acteur des solidarités concrètes". 

Nous ne resterons pas entre nous mais allons continuer à créer "des réseaux d'initiatives ouvrant la porte à des non-adhérents". Le cœur de notre démarche est de joindre l'initiative communiste et des fronts d'unité populaire.   

En effet, aucun changement social majeur ne pourra se faire sans renforcer le mouvement populaire et la conscience de classe. Cela ne se décrète pas mais se travaille dans les luttes. 

La thèse n°20 de la proposition de base commune du Conseil National - "Le communisme est la question du 21e siècle" est importante, reprenant, à l'encontre notamment des conceptions romantiques du combat révolutionnaire comme "grand soir" de la "prise de pouvoir politique" décisive: 

"Notre stratégie communiste s'ancre dans les luttes concrètes pour engager le dépassement du capitalisme. C'est dans les luttes concrètes, sur tous les terrains, que se construisent les possibilités d'un dépassement réel du système capitaliste. C'est dans le mouvement réel, dans ces luttes et dans le combat pour y porter des alternatives que s'ancre notre stratégie révolutionnaire, ce processus multiforme fait de succès partiels mais aussi de possibles reculs, de victoire à longue portée et de ruptures, d'élévation progressive des objectifs de conquête à mesure que se construisent et évoluent les rapports de force". 

C'est l'évolutionnisme révolutionnaire créateur déjà théorisé par Jaurès, dépassant l'alternative réforme/révolution. 

Le cœur de notre stratégie dans "le communisme est la question du 21e siècle" est, face à "un capitalisme incapable de répondre aux besoins de développement humain, producteur de crises et de catastrophes écologiques, anthropologiques, culturelles, sociales, internationales", de travailler à l'unité populaire et à la politisation populaire, à travers le développement de "la conscience de classe et l'alliance de toutes celles et ceux qui ont intérêt à l'extinction des dominations".

"Le noyau de notre option stratégique est la mise en mouvement consciente du plus grand nombre pour des objectifs de conquête. Nous rejetons toutes les options autoritaires et délégataires qui viseraient à ce qu'un leader ou une organisation entraîne des masses réduites à l'état passif". 

Nous mettons en avant 5 transformations révolutionnaires constitutives de notre projet communiste:

- 1. ouvrir la porte au communisme dans la production et le travail.  

- 2. engager la révolution écologique

- 3. faire reculer les dominations patriarcales, combattre le racisme et les nationalismes

- 4. protéger et développer les services publics. 

- 5. prendre le pouvoir sur l'argent.

Cette proposition de base commune n'est pas très précise sur l'aspect programmatique mais renvoie à notre programme de 2017 "La France en commun", qu'il faudra très certainement retravailler et enrichir. 

"Le communisme est la question du 21e siècle" entend que nous restions "pleinement communistes, pleinement rassembleurs pour de nouvelles majorités communistes". 

L'un n'empêche pas l'autre, évidemment.

Comment ce texte qualifie t-il la situation politique française actuelle? Des forces du capital qui se recomposent autour de la nouvelle synthèse capitaliste néo-libérale de Macron, l'effondrement du PS en 2017 qui marque le "discrédit du projet social-démocrate", le "quinquennat Hollande qui a abîmé comme jamais l'idée de gauche", l'affaiblissement de la référence à l'idée de gauche dans notre peuple. "La géographie de la gauche s'en trouve d'autant plus chamboulée que la principale d'entre elles, la FI, refuse de s'en réclamer, usant de références multiples et variables dont celles de "populisme" et du "dégagisme". Pour autant, les forces sociales qui la soutiennent sont majoritairement issues du mouvement de la gauche antilibérale qui s'est amplifié à partir de 2005, et que nous avons contribué à développer. D'autres forces, dans le giron de la social-démocratie, comme le mouvement Génération.s de Benoît Hamon, apparaissent. Aujourd'hui, les repères politiques de celles et ceux que nous ambitionnons de rassembler sont éclatés et mouvants. La gauche sociale et politique est clairement diverse... Son rassemblement est nécessaire mais n'y suffira pas. Notre travail de rassemblement se reconstruira d'abord autour de contenus forts répondant aux exigences populaires".         

La thèse n°33 affirme que nous avons vocation à être présents à toutes les élections, y compris les élections présidentielles. Elle qualifie notre campagne des européennes de mai 2019 "avec un contenu de classe - portant les intérêts populaires contre ceux de la finance- et internationaliste - mettant en avant le besoin d'une France libre de dire non et à l'offensive pour construire sans attendre les coopérations de développement commun à géométrie choisie". Pour les élections municipales de 2020, il est écrit que "des rassemblements très larges sont possibles sur la base de projets promouvant la commune, les services publics, la démocratie locale, élaborés au plus près des citoyennes et des citoyens (...). Bien avant la constitution de listes, c'est autour de projets locaux et d'une bataille nationale contre les plans de liquidation et l'asphyxie financière du pouvoir communal que nous voulons engager sans attendre le combat". 

Toute la fin du texte de la proposition de base commune du CN " Le communisme est la question du 21e siècle", insiste sur les transformations du PCF à poursuivre et amplifier pour refaire du PCF un parti de masse et de proximité, sans prétendre que nous partons de rien ou d'une situation désastreuse. En effet, si nous avons perdu des dizaines de milliers d'adhérents depuis 2008, nous restons le deuxième partie de France en nombre d'adhérents et de militants, bien souvent la seule force militante organisée dans beaucoup de localités, et notre parti rajeuni, renouvelé, reste une force essentielle même s'il s'est affaibli, avec une capacité de production intellectuelle, et un ancrage véritable, dans beaucoup d'endroits, dans le monde salarial, syndical, et les quartiers populaires. 

Nous devons viser des dizaines de milliers d'adhésions supplémentaires d'ici le centenaire du Parti communiste en 2020, en continuant à être le parti de l'éducation populaire, de la formation, des solidarités concrètes, de l'honnêteté et de l'ancrage quotidien sur le terrain.  

Le texte se fait aussi écho à des insatisfactions et des fortes attentes des adhérents communistes: "Les attentes des communistes envers leurs directions sont fortes: l'aptitude à impulser des initiatives nationales et locales qui contribuent au rayonnement des idées communistes, à conduire des batailles dans la durée et les évaluer, à générer un travail collectif... Concernant notre parole nationale, en particulier, les communistes demandent plus de clarté, de visibilité, de cohérence dans les choix effectués et plus d'efficacité et de combativité". Le texte prévoit de réduire le nombre de membres du Conseil National du PCF et d'augmenter l'efficacité de cette instance de direction, de mieux coordonner les campagnes nationales et les initiatives des fédérations, de repenser des réseaux d'initiatives sur le plan départemental et national. 

Et les autres textes? Les textes alternatifs? 

Pour ma part, j'élimine déjà clairement le texte alternatif n°3 ("PCF: Reconstruire le Parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes"), un texte anti-européen qui se revendique d'une vision passéiste du marxisme-léninisme, tendance sectaire et "mao", qui accuse des décennies de directions communistes de trahison vis-à-vis de la classe ouvrière, de volonté de "liquidation", un texte qui se pose en procureur sans rien proposer et qui est de toute façon très marginal par rapport au PCF et à ses adhérents. 

J'élimine aussi très vite le texte alternatif n°1 "Se réinventer ou disparaître! Pour un printemps du communisme" (texte soutenu par Fréderick Genevée, Franck Mouly, Elsa Faucillon) car même s'il a des passages théoriquement très intéressants sur la visée communiste et notre projet de société, il propose pratiquement un rapprochement avec France Insoumise qui n'est pas possible dans les conditions actuelles où Mélenchon et ses amis souhaitent plutôt nous balayer du paysage politique et ont une volonté hégémonique plutôt que de vouloir construire dans le rassemblement, d'égal à égal. Ce texte fait d'ailleurs silence sur les dérives idéologiques, populistes, de plusieurs leaders de France Insoumise, sinon du mouvement lui-même, et sur son éloignement vis-à-vis du marxisme, de la lutte des classes, de l'idée de gauche et de progrès social, au profit du clivage élites-peuple. Les réorganisations profondes du PCF que ce texte propose, vers plus "d'horizontalité", l'implication des non-adhérents dans les prises de décision, l'autonomie des sections pour se fondre dans des collectifs locaux et départementaux, semblent calquées sur la transformation de notre parti en mouvement de type FI et pourraient préparer sa désintégration, à mon sens. Le fait de refuser sa position prééminente au combat anti-capitaliste dans notre combat communiste par rapport à d'autres combats sociétaux me semble caractériser un certain renoncement intellectuel marxiste et révolutionnaire. 

Le texte alternatif n°2 "Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle" qui réunit des soutiens très hétéroclites (des "orthodoxes" du parti à d'anciens proches de la ligne Robert Hue, d'anciens opposants au Front de Gauche, la commission économique du Parti qui fonctionne depuis des années en "tendance", et des parlementaires au demeurant excellents comme  Chassaigne, Eric Bocquet, Fabien Roussel) est un texte que je trouve dans l'ensemble bien écrit, avec des passages exprimés clairement et fortement, notamment sur l'analyse du capitalisme mondial, les contradictions de la situation économique actuel, notre ambition de transformation économique, les bases de notre pensée marxiste. 

Par contre, il est très ambigu sur l'Europe, réunissant des partisans et des opposants à la construction européenne, même si au PCF personne ne défend l'Europe telle qu'elle est et dans le cadre des traités existants. 

Il met en cause toutes les stratégies de rassemblement conduites depuis 20 ans, 2008, au profit d'une vision d'un parti d'avant-garde, qui se mettrait en avant des masses pour les conduire et les éclairer, oubliant un peu vite les espoirs et les élans de politisation qu'a créés par exemple le Front de Gauche. 

Il accuse les directions successives depuis 20 ans, et particulièrement l'actuelle, dont plusieurs signataires du texte dont pourtant partie, d'avoir contribué à un effacement du parti, d'avoir été gagnées par le renoncement, d'avoir fait des choix qui ont destabilisé et destructuré notre parti.

C'est un peu facile à mon sens. On ne tient pas compte dans ces appréciations sommaires du contexte complexe, des autres acteurs, des incertitudes de la prise de décision dans le moment, d'une évolution imprévisible de la situation politique, et d'une volonté de réaliser l'unité populaire pour servir les intérêts du plus grand nombre, battre les libéraux, la droite et l'extrême-droite, qui a toujours animé la direction du parti.

Il accuse la proposition de base commune du CN "de ne pas formuler clairement les termes du débat", ce qui est très largement injuste à mon avis. Les avis proposés par ce texte sur un plan idéologique et de projet assez proche du texte du CN pour l'essentiel auraient pu être défendus dans le cadre des fenêtres de discussion du texte "Le communisme est la question du 21e siècle". 

Mais l'objectif du texte et de ses signataires, au demeurant assez hétérogènes politiquement, semble être de changer la tête du PCF, de réorienter notre parti dans le sens d'un nouveau parti guide, d'avant-garde, qui risque à mon sens dans ce cas de rompre avec l'ambition de rassemblement à gauche et de se replier sur lui-même, et je ne crois pas que ce soit une recette magique pour reprendre des forces. 

A côté d'éléments théoriques et programmatiques que je trouve bien formulés et souhaiterais voir intégré à la base commune, ce  texte a des dimensions identitaires, nostalgiques, incantatoires (par exemple quand il parle de relancer notre implantation en entreprise), et il donne des leçons quand beaucoup de ses signataires et défenseurs n'ont pas toujours participé sur le terrain ou au CN à donner de la vigueur à l'action et la parole communiste ces dernières années. 

Certaines de ses affirmations par rapport au "communisme" chinois sur les réussites duquel on devrait plus réfléchir, ou à la dédiabolisation de l'URSS, s'opposent de mon point de vue à l'effort entrepris depuis des années pour situer l'horizon d'émancipation communiste auquel nous nous référons dans un cadre démocratique exclusif. Je ne suis pas d'accord non plus pour considérer que le choix du renouvellement du parc nucléaire serait le seul parti raisonnable pour réduire nos énergies carbonées et faire face au dérèglement climatique. 

Surtout, à mon avis, si ce texte alternatif a assurément les chances les plus sérieuses de concurrencer la base commune du CN "Le communisme est la question du 21e siècle", ses défenseurs qui mènent une campagne très offensive dans le Parti pour ce texte et pour changer de direction risquent en même temps de fragiliser notre bien le plus précieux, notre capacité à nous rassembler dans l'action et la riposte aux mauvais coups du capital et des libéraux.     

Je ne pense pas, en dépit de ses qualités dans certains passages d'analyse ou de formulation du projet communiste, que ce texte puisse être une base rassembleuse pour mettre en mouvement les communistes dans leur diversité et une mise en ballotage possible du texte de la direction nationale, même si les débats dans les sections et les fédérations sont souvent sereins et sans animosité (ce que ne reflètent pas les débats du CN), pourrait fragiliser encore notre parti dans un moment où nous avons besoin d'être unis, offensifs, rassembleurs, constructifs. 

Ismaël Dupont - le 23 septembre 2018     

     

        

  

 

 

     

  

 

 

  

 

 

Le communisme est la question du XXIe siècle - pourquoi je soutiendrai la base commune du Conseil National, par Ismaël Dupont
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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 06:02

 

Le gouvernement s’est félicité hier d’un retour à l’équilibre des comptes de la Sécurité sociale pour 2019. Mais la flopée d’exonérations de cotisations qu’il a consentie sape les recettes de la Sécu et la condamne à l’austérité.

À la barre du projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) : Gérald Darmanin, le ministre de l’Action publique et du Budget, et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Deux ministres heureux. « Le trou de la Sécurité sociale est en passe d’être résorbé. Ce n’était pas arrivé depuis 2001 », s’est autosatisfait le ministre du Budget, hier matin, lors de la présentation du projet de budget de la Sécu 2019, louant au passage « les efforts consentis par les Français, les gouvernements successifs et les gestionnaires des caisses ». « C’est une très bonne nouvelle pour les jeunes. Nous consolidons et pérennisons notre système de protection sociale », s’est réjouie la ministre de la Santé, ne lésinant pas sur les « ambitions du gouvernement » : « investir dans le système de santé » et « protéger les plus fragiles ».

Sans chiffre à l’appui, Agnès Buzyn a décliné une nouvelle fois les axes de la réorganisation du système de santé présentés mardi dernier par le président Emmanuel Macron. Et confirmé une série de promesses : la transformation de la CMU-C, l’entrée en vigueur progressive du reste à charge zéro pour certains soins dentaires, d’optiques et les audioprothèses, un coup de pouce pour la garde d’enfants handicapés, l’allongement du congé maternité pour les femmes des secteurs libéral et indépendant. Mais, prévient la commission des comptes de la Sécu : « sans mesures nouvelles, le déficit replongera à 3 milliards d’euros l’an prochain ».

Car tel est le hic dans ce projet de PLFSS. Une flopée d’exonérations de cotisations sociales salariales mais surtout patronales vont être soustraites aux ressources des caisses de la Sécurité sociale dès le mois de janvier 2019. L’ensemble des cotisations sociales des salariés baissera de 1,45 % à compter du 1er octobre. Les cotisations sur les heures supplémentaires et complémentaires disparaissent début janvier.

UNE AUSTÉRITÉ QUI A ENCORE DE BEAUX JOURS DEVANT ELLE

La transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) en allégement de cotisations entrera également en vigueur. Les entreprises y gagneront 20 milliards d’euros en trésorerie. La Sécurité sociale, quant à elle, devra s’en remettre à l’État, qui a prévu de se montrer chiche. Le gouvernement a, en effet, prévu de revoir les modalités de compensation des exonérations qu’il décide. « Les règles de partage du financement des prélèvements obligatoires entre l’État et la Sécurité sociale seront rénovées », est-il indiqué dans le document de présentation du PLFSS. « À compter de 2019, les baisses seront supportées par la sphère à laquelle le prélèvement est affecté. » Explication de texte : « Le financement de l’exonération de cotisations des heures supplémentaires, par exemple, estimée à 600 millions d’euros, sera supporté par la Sécurité sociale. » Et si en 2019, l’État compensera en totalité les allégements de cotisations induites par la transformation du Cice, ce ne sera plus le cas les années suivantes. « Il est certain qu’une nouvelle répartition des relations entre l’État et la Sécurité sociale devra être rediscutée, sachant que 30 % du budget de la Sécu relève déjà de l’impôt et qu’Emmanuel Macron est favorable à peu d’impôts et peu de cotisations », a commenté Gérald Darmanin.

Côté Sécurité sociale, si les comptes sont au clair, l’austérité a encore de beaux jours devant elle. L’augmentation de 2,3 % à 2,5 % de l’Ondam, l’objectif de dépenses de santé pour 2019, ne permettra toujours pas de répondre aux besoins de tous, sachant que les dépenses naturelles de santé, du fait de la démographie en progression et du vieillissement de la population, augmentent de 4,5 % par an. Les 400 millions d’euros supplémentaires concédés par Emmanuel Macron risquent donc de faire long feu face à une inflation à 2,3 % (fin août 2018) et au ralentissement de l’activité économique.

DES ÉCONOMIES POUR 3,8 MILLIARDS D’EUROS

Plutôt avares sur les chiffres, les deux ministres n’ont pas contesté l’objectif « d’économies » de 3,8 milliards programmé. Agnès Buzyn a notamment ciblé la mutualisation des achats des hôpitaux publics, la maîtrise des dépenses de médicaments et des actes médicaux, la diminution des indemnités journalières pour les arrêts de travail de courte durée et le développement de l’ambulatoire « moins cher que les lits d’hospitalisation », a-t-elle concédé. Pas de quoi rassurer les hôpitaux exangues, dont la dette dépasse désormais le milliard d’euros.

Dans la ligne de mire du gouvernement, les dépenses de médicaments et les actes médicaux.

Sylvie Ducatteau

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 05:59

 

Le président de la République s’est penché sur la très grande pauvreté. Mais outre un jeu de bonneteau budgétaire, le chef de l’État a surtout confirmé son attachement à une politique génératrice d’inégalités.

L’annonce du plan de lutte contre la pauvreté était la dernière (et énième) tentative d’Emmanuel Macron pour se débarrasser de cette image de « président des riches » qui plombe indéniablement son quinquennat depuis l’été 2017. Cette fois, c’était promis, le chef de l’État allait se pencher sur les misères de son peuple et, pour reprendre le titre de l’essai paru en 1844 du futur Napoléon III, « éteindre le paupérisme ». Toutes les cordes de la rhétorique compassionnelle, de la dénonciation du « scandale de la pauvreté » à la « grande leçon » que donnent les pauvres aux autres ont été déployées pour l’occasion. Mais qu’en est-il en réalité ?

A priori, l’enveloppe paraît non négligeable : 8 milliards d’euros, soit 2 milliards par an. Mais il faut immédiatement placer un chiffre en face de celui-ci : les trois milliards d’euros par an que l’État va économiser par la baisse de la valeur réelle (y compris l’inflation) des allocations sociales et des pensions. Parallèlement, la réactualisation de la revalorisation des aides personnelles au logement va réduire les versements de 1,7 milliard d’euros. Autrement dit, pour financer la lutte contre la pauvreté, le gouvernement va piocher dans les revenus des personnes un peu moins pauvres. La redistribution ne s’opère qu’à l’intérieur des classes populaires. Et il est même possible que certains bénéficiaires des mesures annoncées ce jeudi soient aussi les victimes des décisions budgétaires du gouvernement.

Ces 2 milliards d’euros par an ne peuvent donc pas s’entendre comme étant des mesures de redistribution en net et quand ils le seraient, ce serait une redistribution à l’intérieur de la partie la plus basse de la société. Il en va de même du fameux « revenu universel d’activité » qui sera mis en place en 2020. Une récente étude a montré qu’une telle création baisserait les revenus de 3,5 millions de foyers et augmenterait ceux de 3,3 millions de foyers. Les premiers paieront ainsi pour les seconds… Un autre exemple ? Les 100 000 « contrats d’insertions par l’activité » sur le quinquennat sont mis en avant dans ce plan alors même que l’année 2019 sera celle de la suppression de 100 000 emplois aidés (en un an) après la suppression de 130 000 en 2018...

C’est donc un jeu de bonneteau budgétaire auquel le gouvernement se livre où la priorité mise sur l’extrême pauvreté est financée par la contribution des personnes un peu moins malchanceuses. Ce que propose Emmanuel Macron, c’est donc un écrasement des différences en bas de l’échelle sociale et une explosion des inégalités avec le haut de cette échelle sociale. Car, alors que l’on se livre à ce tour de passe-passe budgétaire sordide, l’argent public va couler à flot pour les plus aisés et les entreprises.

La suppression de l’ISF continue d’augmenter de quelque 16 milliards d’euros sur le quinquennat les ressources des ultra-riches qui peuvent aussi désormais compter sur le « bouclier fiscal » du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital (environ 9 milliards d’euros sur le quinquennat). De plus, 38 milliards d’euros, soit près de vingt fois le montant prévu par le plan pauvreté, vont être versés au titre du CICE et des baisses de cotisations l’an prochain aux entreprises, sans demande de compensation et alors que le taux de l’impôt sur les sociétés continue de baisser.

EMMANUEL MACRON, PLUS QUE JAMAIS PRESIDENT DES RICHES (Médiapart - 13 septembre 2018 - Romaric Godin)

Impact des mesures socio-fiscales du budget à l’horizon fin 2019 (par rapport à 2017). © OFCE

La politique économique et budgétaire d’Emmanuel Macron est donc plus que jamais une machine à creuser les inégalités. L'OFCE avait largement documenté les effets néfastes de cette politique sur les inégalités, même après prise en compte des mesures tardives en faveur des ménages : fin 2019, les revenus des plus riches augmentaient de 2,2 % par rapport à 2017 et ceux des plus pauvres de 0,2 % (avant l'effet du quasi-gel des transferts sociaux). Les ordonnances sur le code du travail, et les réformes qui les ont précédées, font pression sur les salariés pour qu’ils acceptent des rémunérations plus faibles. Selon les chiffres du ministère du travail, rien que pour les entreprises de moins de 50 salariés, 946 accords ont été signés, et pour 90 % d'entre eux afin d'obtenir des augmentations de temps de travail ou des réductions salariales. Trente-sept ruptures conventionnelles de contrats de travail ont été validées et 17 autres sont en cours de validation pour un nombre de salariés que le ministère refuse de communiquer. Tout cela pèse sur le niveau et les conditions de vie des salariés. Et on en a vu les effets directs macroéconomiques avec une croissance des salaires du privé de 1,4 % au premier semestre, soit une baisse réelle. Parallèlement, les CDD de moins d’un mois se multiplient.

 

Alimenter le marché avant tout

Sortir de la grande pauvreté pour aller vers la précarité et la pauvreté relative en travaillant : voilà le choix que propose Emmanuel Macron. On dira que « c’est mieux que rien » et cela le serait effectivement si le choix était entre cette politique et rien. Mais ce n’est pas le cas, puisque l’action redistributive de l’État est fortement freinée et que, par ailleurs, la politique de transferts massifs aux entreprises peine à créer suffisamment d'emplois. Car pour s'insérer par l'emploi, il faut qu'il y ait de l'emploi. Or, malgré les flots d'argent se dirigeant vers les entreprises et la suppression de l'ISF au 1er janvier, les créations d'emplois ont fortement ralenti au deuxième trimestre 2018.

Mais le chef de l’État ne change rien. Il a redit qu’il « tenait » à « cette image de premier de cordée ». « Tirer sur la corde pour qu’il aille moins vite n’aidera pas les autres qui sont en bas », a-t-il martelé. Étrange image : en allant plus vite alors que ceux qui sont en bas n’avancent pas, le premier de cordée risque d’emporter l’ensemble des grimpeurs. Et dans ce cas, il faut impérativement le ralentir ! Mais Emmanuel Macron voit les choses autrement, il pense que, plus vif, le premier de cordée est capable, tout seul, d’aller vite et ainsi de faire monter tout le monde. Toute la pensée sociale du président de la République est ici résumée : l’impôt redistributif est un fardeau qui empêche la création de richesses, laquelle ruisselle ensuite vers le bas de l’échelle sociale. Et toute l’erreur du chef de l’État est précisément dans l’erreur de cette image à laquelle il tient tant.

Évolution des inégalités dans plusieurs pays développés. © Our World In Data

Car tout tend à prouver qu’effectivement, une politique de croissance fondée sur l’affaiblissement de la redistribution est hautement dangereuse. Le cas suédois, tant prisé par ailleurs par l’hôte de l’Élysée, en est un exemple frappant : la politique de la droite menée en 2006 à coup de baisses d’impôts sur les hauts revenus et de flat tax sur les revenus du capital a mené à une explosion des inégalités qui inquiète jusqu’à l’OCDE et se reflète dans la situation politique de ce pays.

Si Emmanuel Macron persévère malgré tout dans cette voie, ce ne peut être qu’en raison de sa structure idéologique. Celui qui aimait tant à se présenter comme pragmatique refuse de constater ce fait avéré depuis trente ans : l’enrichissement global d’une société qui s’accompagne d’un creusement des inégalités est nuisible non seulement à l’économie mais aussi à la cohésion sociale. Il pense, lui, que cet enrichissement profitera in fine à tous dès lors que chacun souhaite participer à l’activité, autrement dit veut travailler.

En conséquence, c’est moins la pauvreté en tant que telle qui intéresse Emmanuel Macron que la création d’un socle minimum permettant à chacun d’être en capacité de participer au marché du travail. Tout devient alors cohérent : on peut prétendre lutter contre la grande pauvreté et faire les poches des retraités et des bénéficiaires d’allocations sociales. Ce qui compte, c’est que les pauvres puissent entrer sur le marché. Lequel, en tant que révélateur de la vérité, fera de ces gens ce qu’ils méritent d’être : travailleur pauvre ou « Mozart » (pour reprendre l’image du président de la République). L’assignation de destin est remplacée par la libre concurrence sur le marché du travail.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : au-delà de quelques rares « Mozart » qu’on pourra toujours arborer comme des trophées, l’essentiel des gens qui sortiront de la grande pauvreté demeureront dans la pauvreté relative où ils rejoindront des gens un peu plus pauvres qu’avant. Et ils travailleront pour des gens de plus en plus riches. Car ainsi va la concurrence libre et non faussée, et partout où cette politique a été mise en place, la pauvreté a progressé. Et cela sera d'autant plus vrai qu'en France, par la prime d'activité et la baisse des cotisations centrées sur le Smic, on entretient des créations d'emplois centrées sur les bas salaires. Et si, de plus, il n'y a pas assez de création d'emplois, il ne restera plus qu'à partager la misère. Pour réduire vraiment les inégalités, il faut plus de redistribution entre les classes sociales, pas moins comme le propose le gouvernement.

Le projet présidentiel est donc pleinement cohérent, c’est un projet profondément néolibéral au sens strict du terme. L’État est là pour permettre un fonctionnement parfait du marché : d’un côté, il augmente les profits des entreprises et les revenus des plus riches pour provoquer des embauches, de l’autre, il crée la participation de tous au marché du travail. D’où cette priorité donnée à la lutte contre la très grande pauvreté pour permettre à ces personnes de revenir vers le marché du travail. La pensée néolibérale est un libéralisme de règles où s’applique souvent la contrainte afin de permettre au marché de jouer son rôle. Et c’est bien là la vision présidentielle qui a accompagné son (faux) « revenu universel d’activité » d’une obligation de travail ou d’activité. Autrement dit, désormais le pauvre ne sera digne d’être secouru que s’il accepte de participer au marché du travail.

En cela, Emmanuel Macron reprend la vieille idée du « workfare » popularisée par Richard Nixon en août 1969 et qui conditionne au travail les allocations sociales. C’est aussi le but de la revalorisation de la prime d’activité : récompenser ceux qui ont trouvé leur place dans le marché. Comme l’ancien président étasunien, Emmanuel Macron pourrait dire : « ce dont nous avons besoin, c’est moins de welfare et plus de workfare », autrement dit moins d’allocations sociales inconditionnelles et plus d’allocations soumises à l’activité. Cette vision s’appuie sur une individualisation des responsabilités. Nul n’est dans la grande pauvreté par hasard, c’est forcément le fruit d’un refus du travail ou d’une inadaptation au marché. L’État se doit, avec autorité s’il le faut, de corriger ce qui est perçu comme une entrave au bon fonctionnement du marché.

Lentement mais sûrement, Emmanuel Macron continue donc de miner de l’intérieur le système social français pour intégrer le pays dans l’ordre néolibéral. Son adversaire, c’est plus que jamais la solidarité nationale et la redistribution. Ces deux piliers qui ont pourtant permis à la France de résister à la crise et de maintenir un niveau d’inégalités qui, partout, se creusait. Là encore, l'OFCE a récemment bien documenté cette réalité. La lutte contre la pauvreté n’est donc pour Emmanuel Macron qu’un prétexte au déploiement de son offensive idéologique contre l’État social français. Plus que jamais, ce président reste celui des riches et des inégalités.

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 05:57

Ahed Tamimi, la jeune militante devenue une icône mondiale de la résistance palestinienne, lance un appel aux jeunes de France à la Fête de l'Humanité.

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:42
Fermeture de classe, effectifs surchargés - Communiqué des parents d'élèves de Gambetta qui appellent à un rassemblement de soutien le vendredi 5 octobre

Communiqué des parents d'élèves de l'APE de l'école Gambetta envoyé par Sébastien Portier. Ils ne lâchent rien, et ont bien raison. Nous serons avec eux le vendredi 5 octobre:

Dès l'annonce de la fermeture de postes dans les écoles morlaisiennes, en février 2018, les représentants des parents d'élèves se sont mobilisés.

Dès Février, les parents de l'école Gambetta alertaient sur les conditions déplorables d'apprentissage à venir pour la rentrée 2018/2019.

Il y a eu de nombreuses actions positives menées, et de nombreuses alertes lancées dans la presse. Ces réactions et actions ont d'ailleurs été soutenues par une large majorité d'élus de tout bord (Motion voté à l'unanimité au conseil municipal par exemple), sur l'ensemble du territoire du Pays de Morlaix.

L'Inspection d'Académie est restée sourde aux inquiétudes des parents et des élus ainsi que muette puisqu'elle n'a pas jugé utile de leur répondre. Elle n'a en rien pris en compte les inquiétudes des parents, des enseignants, des élus. Elle se moque des particularités de l'école Gambetta (Nombreux enfants allophones notamment).

Les représentants des parents d'élèves n'ont pas souhaité réagir dès la rentrée 2018/2019 des classes et ont préféré attendre les différentes réunions de rentrée afin de décrire le plus précisément et avec honnêteté la situation dans l'école Gambetta.

Les réunions de rentrée ont eu lieu. La situation alarmante crainte dès l'annonce de la fermeture est, aujourd'hui, une réalité terriblement cruelle pour les enfants, les parents et les enseignants. 
Les élèves de l'école primaire publique Gambetta, citoyens en devenir de la République Française, étudient dans des conditions qui ne respectent pas l'équité des chances et compromettent l' acquisition des savoirs fondamentaux qui leur permettront pourtant d'être des citoyens à part entière.

Classe de maternelle (TPS, PS, MS, GS) : 30 inscrits. 26 enfants présents pour le moment. De nouvelles inscriptions et arrivées sont attendues en Janvier et en Avril, comme les années précédentes. Il est plus que probable que cette classe atteigne au second trimestre 35 à 37 élèves.

CP-CE1 : 24 élèves. Dans ce groupe classe, on compte 3 enfants ULIS, et 3 enfants qui ne parlent pas encore le Français.

Enfin dans la classe Tri-niveaux CE2 – CM1- CM2 : 30 élèves / 37 élèves avec l'inclusion des ULIS. L'inclusion des ULIS est d'ailleurs devenue matériellement impossible, alors que c'est la raison d'être des ULIS.

Nous arrivons à un total de 91 élèves (contre 88 en fin d'année dernière). En connaissant la grande variabilité des arrivées à l'école Gambetta, il est certain que les conditions vont encore s'aggraver.

Les représentants des parents veulent aussi rappeler les nombreux investissement effectués dans l'école pour le bien être des enfants (90 000 € pour la cour de récréation par exemple, et le maintien du poste d'ATSEM supplémentaire.

Les représentants de parents d'élèves invitent les élus à se rendre, pendant la classe, à l'école Gambetta pour voir les conditions réelles d'apprentissage des élèves, futurs citoyens.
Enfants et parents attendons le maximum de soutien de nos Elus Municipaux, de notre Maire, de nos Conseillers Départementaux, de notre Sénateur, mais aussi de notre Députée. Nous espérons que tous répondront à cette invitation, afin de pousser l'Inspection d'Académie à reconsidérer sa position inique et à réouvrir une classe.

Nous demandons un rendez vous d'urgence avec l'Inspecteur de la circonscription.
Les représentants de parents de l'école Gambetta ont mené des actions ces derniers mois. Devant la surdité et l'indifférence de l'Inspection d'Académie, un vaste appel à manifester est lancé auprès de tous les Morlaisiens, habitants du territoire et élus, qui se sentent concernés par l'avenir des enfants des écoles de la République. Venez soutenir la réussite scolaire de tous les enfants, pour le vendredi 5 octobre à 18h 15, devant l'école Gambetta.

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:41
photo Ouest-France

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Ouest-France
Morlaix. Les parkings gratuits à la gare, c’est bientôt fini

En novembre, les parkings courte et longue durées seront munis de barrières. Il faudra donc payer. Les abonnés TER auront leur parking dédié. Reste l’inconnue du parking des riverains.

Quels sont les différents types de parkings à la gare ?

Dans le cadre du chantier du pôle d’échange multimodal, le stationnement à la gare a été repensé. Au sud, on trouve un parking courte durée de 41 places ; au nord, un parking longue durée de 200 places. Au nord, se situe également un parking dit KorriGo (71 places), réservé aux abonnés du TER. Enfin, les riverains ont leur parking théoriquement dédié, au sud-ouest (62 places).

Qu’est-ce qui va changer ?

À partir du mois de novembre, les parkings gérés par l’Agglo deviendront payants. Le parking pour les abonnés du TER, géré par la Région, devrait également être opérationnel à cette période. Selon Nathalie Bernard, vice-présidente aux transports à Morlaix communauté, « cette mise sous barrière est attendue des usagers. Les voitures ventouses, c’est compliqué quand on veut prendre son train… ».Ismaël Dupont (PCF), n’a « pas eu le même son de cloche ». Il plaide pour le maintien de la gratuité, « afin de développer le transport en commun ». Pour éviter l’occupation abusive, « pourquoi pas des barrières gratuites, mais limitées dans le temps ? »

À noter que pour le parking des riverains, censé être accessible par barrière et badge, cela ne bouge pas pour le moment, « la ville de Morlaix, gestionnaire, ayant décidé d’attendre un peu ». Agnès Le Brun, maire, précise : « Ça ne bougera pas tant qu’on n’aura pas eu une concertation collective associant partenaires, gestionnaires et usagers. »

Combien ça coûtera ?

Pour le parking KorriGo, c’est compris dans le prix de l’abonnement de train. Concernant les parkings gérés par Morlaix communauté, la tarification se fera au quart d’heure, avec un seuil de gratuité. 

Qui se charge des travaux ?

Un marché a été conclu pour quatre ans avec la société Effia stationnement. Elle est en charge de la pose des barrières, de la maintenance, mais aussi de la gestion des parkings. Effia récoltera, pour le compte de l’Agglo, les recettes. Concernant la pose de barrières pour le parking KorriGo, c’est la Région qui s’en occupe.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-les-parkings-gratuits-la-gare-c-est-bientot-fini-5991066

Conseil de Communauté de Morlaix-Co du 26 septembre: compte rendu de Ouest-France, Delphine Van Hauwaert: Morlaix, les parkings gratuits, c'est bientôt fini!

Départ, innovation, missions évangéliques... Le conseil en bref

Serge Le Pinvidic s'en va

Il était le Monsieur budget de l'Agglo depuis 17 ans. "Un travail dans la discrétion mais essentiel" a salué Thierry Piriou, président. Serge Le Pinvidic quitte ses fonctions de vice-président aux finances, "en raison de contraintes familiales". "Je continuerai à me tenir informé des progrès de la construction communautaire", sourit celui qui conserve son mandat de conseiller municipal de Saint-Martin des Champs. L'adjoint saint-martinois Marc Le Rousic le remplacera dans l'enceinte communautaire. 

Urbanisme: ça va dans le bon sens.

Début 2020, Morlaix Communauté sera doté d'un plan local d'urbanisme et d'habitat à l'échelle des 27 communes. Les grandes orientations ont été évoquées en conseil mercredi. Parmi celles-ci, un objectif de hausse de la population (+ 7000 habitants) d'ici 2040 ou encore un renforcement des centralités (villes et bourgs). Pour les élus présents dans la salle, tout cela va dans le bon sens. A l'image d'Ismaël Dupont (PCF) pour qui "on est vraiment dans une cohérence territoriale avec les enjeux écologiques". Allusion à un autre objectif, visant à diviser par deux la consommation de foncier. 

Missions évangéliques

Lors du débat sur les grandes orientations du PLUI-H, Ismaël Dupont relevait également: "Il est écrit dans le document que les besoins ne sont pas couverts en matière d'aire pour accueillir les grands passages". François Girotto, chargé de l'habitat, connaît bien le sujet. Chaque été, c'est le même casse-tête pour accueillir les missions évangéliques. En juin-Juillet a été testé à deux reprises l'accueil sur un terrain de 4 hectares à Langolvas, en face de la caserne des pompiers. Avec succès assure l'élu, qui confie: "On réfléchit à pérenniser ce terrain. Si cette zone était aménagée, elle pourrait aussi servir à d'autres activités". 

Un "Open Lab" pour innover 

"En lien avec l'Université de Bretagne Occidentale (UBO), il prévu de créer un espace au sein de la Manu, tout à la fois lieu de fabrication, d'accompagnement de projets et d'interactions " indique Yves Moisan, vice-président à l'économie. L'Open Lab serait sur le modèle de l'Open Factory brestois où chacun peut innover au moyen d'outils traditionnels et de machines à commande numérique: imprimantes 3 D, fraiseuses numériques, scanners 3D... "C'est un lieu magique, dans l'émulation, s'enthousiasme Sarah Noll. A Morlaix, des acteurs ne sont plus prêts que pour ça!" lE conseil a validé le financement d'une étude de faisabilité (25 000€) qui sera menée pendant 6 mois par l'UBO Open Factory. 

D.V.H    

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:40

 

Pour rendre le territoire attractif, de nombreux élus estiment qu’il faut désormais résonner à l’échelle du Pays de Morlaix.

 

Le débat autour du projet d’aménagement et de développement durables (PADD) de Morlaix communauté, ce mercredi, lors du conseil communautaire de rentrée, s’est conclu sur une belle unanimité. Ne reste plus qu’à le concrétiser. Et à envisager un éventuel rapprochement avec les collectivités voisines.

Le débat qui s’est tenu ce mercredi, à la CCI, à l’occasion du conseil communautaire de rentrée, était d’importance pour l’avenir de Morlaix communauté. Dans le cadre de l’élaboration du plan local d’urbanisme intercommunal, les élus devaient discuter des orientations générales du projet d’aménagement et de développement durables (PADD). C’est Marc Madec, vice-président en charge de la question, qui a présenté ce document cadre qui servira « à inventer notre territoire ».

Quatre axes de travail

Le Saint-Thégonnecois a d’abord listé les observations et sujets d’inquiétudes remontés des communes composant la collectivité : la volonté de dynamiser les centralités, particulièrement celle de Morlaix ; l’économie et l’organisation des zones d’activités économiques ; des doutes sur l’objectif de 0,4 % de croissance de la population, soit 7 000 habitants de plus, d’ici 2040 ; le développement du tourisme ; le numérique et le développement de la fibre optique ; la gestion des eaux pluviales ; le maintien de la qualité de vie et des activités dans le milieu agricole, et enfin des inquiétudes sur la prise en compte des spécificités du territoire. Après quoi, il a rappelé les quatre axes d’aménagement et d’urbanisme qui avaient finalement été retenus dans ce PADD : construire l’aménagement d’un territoire à 27, inventer un territoire attractif, développer l’économie du XXIe siècle et promouvoir un habitat durable et diversifié.

Une année de travail

« Il s’agit d’un outil.

Il y aura des traductions sur le terrain », a rassuré Marc Madec, en précisant qu’il faudrait « poser les crayons en novembre 2019 » pour que le PLUIH aboutisse avant 2020. Les élus ont donc une année de travail devant eux. En attendant, ils ont unanimement reconnu la qualité du projet. Yves Moisan (Plouézoc’h) s’est ainsi satisfait de constater une volonté de centralité, lui qui appelle de longue date à la création d’un Grand Morlaix. Sarah Noll (Morlaix) et Yvon Le Cousse (Plougonven) y sont aussi allés de leurs éloges : « C’est une belle ambition pour le territoire ». Quant à Jean-Michel Parcheminal (Plounéour-Ménez), il a demandé une vigilance accrue sur la désertification rurale, tandis qu’Hervé Richard (Taulé) souhaitait que le conseil se penche sérieusement sur les zones d’activités économiques, génératrices d’emplois.

« Parler d’une seule voix »

Ismaël Dupont (Morlaix) a aussi approuvé les objectifs du PADD, estimant que la collectivité était « sur de bons rails ». Il s’est néanmoins interrogé sur son « obsolescence programmée, si on pense déjà à une agglomération de 120 000 habitants ». Une référence à l’interview de rentrée du président Thierry Piriou dans nos colonnes. « C’est trop tôt pour voir plus grand », a-t-il soufflé. Ce à quoi Thierry Piriou a répondu qu’il fallait travailler à rendre cohérents les projets de territoire de Morlaix communauté, du Haut-Léon et du pays de Landivisiau. « Est-ce que ça aboutira un jour à une communauté de 120 000 habitants ? Je n’en sais rien. Mais il faut s’interroger là-dessus si on veut peser ». « Parler d’une seule voix, au niveau du pays, ce serait mieux », a abondé Yves Moisan, suivi par Marc Madec : « Certainement qu’à un moment, il faudra réfléchir à une autre échelle ».

Parkings du PEM. La tarification au quart d’heure des parkings publics de la gare gérés par Morlaix communauté a été votée. Toutes les barrières seront posées d’ici le mois de novembre. Le parking de la ville, lui, restera encore gratuit quelque temps. Ce barriérage permettra de lutter contre les voitures ventouses. Ismaël Dupont, qui défend la gratuité des transports en commun, a voté contre cette délibération.

Hop !. La présentation du rapport d’activité 2017 sur la délégation de service public à l’aéroport de Ploujean a été reportée. Ce qui n’a pas empêché les élus de débattre de l’avenir de Hop ! sur le site. La collectivité n’est pas décisionnaire mais travaille ardemment sur le sujet ont rappelé Thierry Piriou et Yves Moisan, qui ont salué l’exemplarité de l’intersyndicale.

Phare de l’île noire. Les élus ont voté l’attribution d’une subvention de 20 000 € à l’Afpa dans le cadre de l’aménagement du phare de l’île Noire en gîte insolite (250 000 € HT). Une convention doit être signée entre le service des Phares et Balises (gestionnaire du feu) et le Conservatoire du littoral. Dès lors, la collectivité demandera à ce dernier une autorisation d’occupation temporaire du site pour les travaux.

Open Lab. Le conseil a approuvé le principe d’une mission d’étude de faisabilité de six mois pour la création d’un Open Lab. Elle est confiée à l’UBO Open Factory, pour un montant de 25 000 €. Cet Open Lab, lieu de formation, de fabrication, d’accompagnement de projets et d’interactions, s’installerait à terme à la Manu. Mais des événements seront organisés sur le territoire pendant la mission.

Démission de Serge Le Pinvidic. Après avoir travaillé aux côtés de quatre présidents, Serge Le Pinvidic, vice-président aux finances, a annoncé sa démission de Morlaix communauté pour raisons personnelles. Il reste élu à Saint-Martin-des-Champs.

https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/le-conseil-en-bref-27-09-2018-12091193.php?vptoken=17a79d3b3207e45ee362e0a94f602506af3f1241

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:24
Salah Hamouri pourrait être libéré dimanche 30 septembre

l'Humanité : "La détention administrative, sans charge, de Salah Hamouri, avocat franco-palestinien incarcéré depuis plus d’un an, doit se terminer ce dimanche. Plus de 400 jours de prison infligés à un homme sans qu’aucune charge lui ait été signifiée ! La marque d’une démocratie ? C’est pourtant ce qui arrive à Salah Hamouri, avocat franco-palestinien. Il a été arrêté le 23 août 2017, à son domicile de Jérusalem-Est. Le dispositif habituel de Jeep et de soldats. La démonstration de force d’une armée d’occupation. Emmené et menotté au petit matin, Salah Hamouri est en prison depuis lors. Il est en détention administrative."

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