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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 20:10
Congrès du PCF - débats sur les textes proposés pour servir de base commune de discussion le 19 septembre et 4 octobre 2018 avant le vote des adhérents de la section de Morlaix
Congrès du PCF - débats sur les textes proposés pour servir de base commune de discussion le 19 septembre et 4 octobre 2018 avant le vote des adhérents de la section de Morlaix
Congrès du PCF - débats sur les textes proposés pour servir de base commune de discussion le 19 septembre et 4 octobre 2018 avant le vote des adhérents de la section de Morlaix
Congrès du PCF - débats sur les textes proposés pour servir de base commune de discussion le 19 septembre et 4 octobre 2018 avant le vote des adhérents de la section de Morlaix
Congrès du PCF - débats sur les textes proposés pour servir de base commune de discussion le 19 septembre et 4 octobre 2018 avant le vote des adhérents de la section de Morlaix
Congrès du PCF - débats sur les textes proposés pour servir de base commune de discussion le 19 septembre et 4 octobre 2018 avant le vote des adhérents de la section de Morlaix
Congrès du PCF - débats sur les textes proposés pour servir de base commune de discussion le 19 septembre et 4 octobre 2018 avant le vote des adhérents de la section de Morlaix

Assemblée générale des communistes à Morlaix avant le vote le mercredi 19 septembre sur le débat des 4 textes du Congrès présentés d'abord sans jugement dans leur contenu par 4 camarades -  Ismaël, Glenn, Roger et Lucienne - avant les débats sur les textes, fraternels et très intéressants.

Prochaine AG des communistes de Morlaix, le jeudi 4 octobre, pour l'ouverture du vote sur les 4 textes prétendant servir de base commune au Congrès.

Chez les communistes, la démocratie interne, c'est une réalité et ça se travaille. Photos Ismaël Dupont

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 20:05
Un colloque passionnant pour l'abolition des armes atomiques à Brest le samedi 29 septembre avec Paul Quilès, Jacques Fath, Bernard Ravenel
Un colloque passionnant pour l'abolition des armes atomiques à Brest le samedi 29 septembre avec Paul Quilès, Jacques Fath, Bernard Ravenel
Un colloque passionnant pour l'abolition des armes atomiques à Brest le samedi 29 septembre avec Paul Quilès, Jacques Fath, Bernard Ravenel
Un colloque passionnant pour l'abolition des armes atomiques à Brest le samedi 29 septembre avec Paul Quilès, Jacques Fath, Bernard Ravenel
Un colloque passionnant pour l'abolition des armes atomiques à Brest le samedi 29 septembre avec Paul Quilès, Jacques Fath, Bernard Ravenel
Un colloque passionnant pour l'abolition des armes atomiques à Brest le samedi 29 septembre avec Paul Quilès, Jacques Fath, Bernard Ravenel
Un colloque passionnant pour l'abolition des armes atomiques à Brest le samedi 29 septembre avec Paul Quilès, Jacques Fath, Bernard Ravenel
Un colloque passionnant pour l'abolition des armes atomiques à Brest le samedi 29 septembre avec Paul Quilès, Jacques Fath, Bernard Ravenel

Un colloque passionnant organisé par l'Université Européenne de la Paix et le CIAN 29 (collectif pour l'interdiction des armes nucléaires, avec une participation du Mouvement de la Paix et d'autres organisations syndicales et politiques, comme le PCF) à la Maison des Syndicats à Brest sur le nécessaire processus d'abolition des armes atomiques, avec des interventions très intéressantes de Bernard Ravenel, ancien responsable de l'AFPS (nucléarisation et dénucléarisation au Moyen-Orient), Jacques Fath, ancien responsable Relations Internationales du PCF, et Paul Quilès, ancien ministre socialiste de la défense, défenseur très engagé de la sortie de l'arme nucléaire et de la doctrine de dissuasion. Prochaine étape; réussir le rassemblement régional du dimanche 14 octobre devant l'Ile Longue au port du Fret à Crozon, organisé par le mouvement de la Paix, avec l'appui de plusieurs associations, organisations syndicales et politiques, dont le PCF en Bretagne, comme sur les autres lieux de manifestation ce jour là.

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 19:58
Chantiers du Congrès du PCF: ça travaille sur la communication dans le Finistère

Chantiers du congrès du PCF de novembre 2018. 
Chez les cocos, ça travaille même le dimanche, mais sans se priver des bonnes choses. Réunion de travail informelle sur la communication du PCF 29 avec Gladys, Yann, Gérald, Julia, Dominique, Isabelle, Ismaël. 
Objectifs: 
- Renforcer notre lien vivant aux adhérents (téléphone, prises de contacts plus régulières, lien humain) et particulièrement les nouveaux adhérents et les adhérents isolés. 
- Construire un réseau d'initiatives sur ce sujet. 
- Développer les initiatives de formation pour les adhérents et d'éducation populaire. 
- Expérimenter des initiatives de solidarité concrète step by step dans le Finistère et aider nos camarades d'autres départements pour leurs initiatives.
- Rationaliser et étendre notre communication interne et externe. 
- Organiser une visite guidée et commentée à Fabien, au Père Lachaise et au mur des fédérés en car pour nos nouveaux adhérents finistériens. 
- Poursuivre et systématiser notre présence dans les lieux où les gens vont, et particulièrement dans les contextes festifs: Vieilles Charrues, Festival du Bout du Monde, fête du Bruit, Astropolis, Jeudis du port, Panoramas, Foire St Michel ...

La fédération du PCF, 5 rue Henri Moreau à Brest

La fédération du PCF, 5 rue Henri Moreau à Brest

Chantiers du Congrès du PCF: ça travaille sur la communication dans le Finistère
Chantiers du Congrès du PCF: ça travaille sur la communication dans le Finistère
Chantiers du Congrès du PCF: ça travaille sur la communication dans le Finistère

Tu l'as vu, notre fédé PCF Finistère, partagée entre la rue Henri Moreau et la rue André Berger, du nom de deux jeunes résistants communistes brestois fusillés par les nazis et arrêtés par la police française aux ordres de l'occupant et du régime de collaboration. 
Les communistes mobilisés contre Macron, pour l'éducation populaire, pour le désarment nucléaire! 
Les communistes que beaucoup de médias et nos adversaires enterrent un peu vite ont encore une très forte activité dans de nombreux territoires: dans le Finistère, nous avons fait une quarantaine d'adhésions depuis début 2018, dont pas mal de jeunes. La vie du Parti s'appuie sur 6 locaux dans le Finistère, un journal gratuit régulier tiré à 30 000 exemplaires, comme de nombreux autres journaux locaux, et parmi nos 850 adhérents, une bonne partie sont à pied d'oeuvre toutes les semaines dans le département.  

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 18:29
Non Jean-Luc Mélenchon, le vivre et travailler au pays n'est pas une exigence qu'on peut appliquer aux réfugiés dans l'urgence de leur dénuement et que les bobos s'arrogeraient pour eux seuls

Sur France 3, Mélenchon a justifié le fait de ne pas signer le manifeste de Politis, Médiapart, et Regards pour l'accueil des Migrants en disant qu'il y avait «un petit côté mondain à tout ça». La mondanité des belles âmes des beaux quartiers qui s'indignent de l'accueil qu'on réserve aux réfugiés et du sort que l'Europe leur réserve en fermant ses frontières. L'accusation sent le réchauffé et la démagogie contre ceux qui défendent les migrants en oubliant nos pauvres ou nos travailleurs bien de chez nous.

Le leader de France Insoumise est revenu sur l'idée que les défenseurs de l'accueil digne des migrants pourraient se désintéresser des conditions de développement, de travail, de vie des pays d'origine, des politiques pour réduire les inégalités internationales et le chaos des guerres qui expliquent la nécessité de s'exiler.

Comme si la situation des Syriens, des Afghans, des Soudanais, des Erythréens, des Maliens, auraient pu s'améliorer très nettement dans le court terme avec d'autres politiques internationales.  

«Je ne suis pas d’accord pour qu’on renonce à traiter les causes de l’immigration: vivre et travailler au pays ce n’est pas juste pour les bobos en France, (...) c’est une aspiration humaine partout», a dit Jean-Luc Mélenchon, en appelant à «combattre les raisons qui poussent les gens à partir».

Personne ne viendra dire qu'il ne faut pas agir pour éviter les raisons de l'exil, forcément douloureux, mais donner cet argument pour justifier la restriction dans l'accueil des étrangers et des réfugiés, ou encore l'argument que l'immigration serait voulue par le patronat (comme si Orban, Salvini, Trump, et consorts mettaient en place des politiques contre le patronat, c'est de la malhonnêteté intellectuelle et de l'opportunisme politique qui peut mener très loin, et très bas. 

Dans un post précédent sur Tweeter, qu'il a retiré assez vite, Mélenchon égratignait quatre médias qui lui sont plutôt favorables depuis des années - Médiapart, Politis, Regards, L'Humanité - en les accusant de le piéger par ce manifeste. 

La stratégie électoraliste et populiste de Mélenchon, qui a soutenu Sahra Wagenknecht  au sein de Die Linke avant qu'elle fonde son parti anti-migrants, mène à un brouillage très fort des principes de la gauche de gauche. Elle ne fait pas en tout cas honneur au personnage.  

Publié sur la page Facebook de Rosa Moussaoui, journaliste à l'Huma, à lire absolument dans la revue Ballast, une interview passionnante et importante du philosophe Jacques Bidet : 


« Le patronat n’attend pas les immigrés pour « faire pression ». À l’international, le grand levier de mise en concurrence est la délocalisation. Pour ce qui n’est pas délocalisable (bâtiment, restauration, etc.), une main-d’œuvre « irrégulière » peut faire l’affaire ; mais dès qu’elle est régularisée, l’affaire cesse d’être juteuse.
Face à la migration, le patronat joue sur deux tableaux. D’une part, il tend à favoriser la venue de personnels hautement qualifiés et cependant — étant de nationalité étrangère ou détenteurs de diplômes moins reconnus — en moindre capacité d’exiger les mêmes conditions d’emploi que les nationaux : voilà ce qu’on appelle élégamment « l’immigration choisie ». D’autre part, il cherche à profiter de l’arrivée, par les chemins de l’exil, de personnes éventuellement moins bien préparées et dont on pourra dénier les compétences pour les réduire à des conditions d’emploi misérables. Les mesures qui sont proposées par les pouvoirs publics sous prétexte d’endiguer leur flot supposé ont principalement pour objectif et pour effet de fixer cette population dans une situation sociale incertaine, clandestine ou marginale, pour les rendre plus exploitables. Sur ce point, comme sur d’autres, je me permets de renvoyer au bel article de Roger Martelli, publié sur le site de Regards. Il est clair qu’une politique populaire d’émancipation ne peut pas s’inscrire dans cette perspective d’endiguement. Car les effets de ces mesures sont les mêmes, qu’elles soient arrêtées au nom de la gauche ou au nom de la droite. On ne peut lutter contre la « mise en concurrence » que par des législations qui permettent aux exilé·e·s, économiques ou politiques, de jouir des mêmes droits sociaux et politiques que les nationaux. »

Revue Ballast: 

Socialismes et immigration : les divergences ne sont pas seulement d’actualité. En 1845, Engels avançait que l’immigration irlandaise à contribué, en Angleterre, à « abaisser le salaire et avec lui la classe ouvrière elle-même» ; un demi-siècle plus tard, Jean Jaurès faisait l’éloge du « socialisme douanier » pour mieux « protéger la main d’œuvre française contre la main d’œuvre étrangère » bon marché ; au début des années 1910, Lénine évoquait, pour s’en féliciter cette fois, la « transmigration des peuples » créée par le capitalisme : si le leader communiste convenait volontiers du fait que les capitalistes « exploitent de la façon la plus éhontée les ouvriers émigrés », il estimait que seuls « les réactionnaires » pouvaient s’en offusquer tant celle-ci, brouillant les étroits cadres chauvins, contribuait à rassembler les ouvriers du monde entier dans une perspective, à terme, révolutionnaire. Une analyse de Marx est ainsi fréquemment mobilisée au sein de la gauche anticapitaliste — partagée qu’elle est, pour le dire à grands traits, entre sa volonté d’accueillir inconditionnellement, d’abolir les frontières, d’encadrer, de réguler ou de dénoncer les mouvements migratoires : « l’armée de réserve » du capitalisme. Un concept tiré du chapitre 25 du Capital. Mais que recouvre-t-il vraiment ? Que devient le « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » ? Pour y voir plus clair, nous avons posé la question au philosophe Jacques Bidet, coauteur du Dictionnaire Marx contemporain et exégète marxiste.

Récemment, de par certains articles et pétitions parus dans la presse suite aux déclarations de Sarah Wagenknecht en Allemagne, ou de responsables de la France Insoumise, le grand public à pu se rendre compte des nuances voire des désaccords au sein de la gauche anticapitaliste quant à la question de l’accueil des migrants. Revenait plusieurs fois l’expression « armée de réserve du Capital ». Pouvez-vous nous replacer le contexte de cette expression de Marx, ce que cela recouvre ?

Chez Marx, la notion d’« armée de réserve » désigne ces fractions de la classe ouvrière qui se trouvent en surnombre par rapport aux besoins momentanés du capital, mais qui sont éventuellement disponibles pour être exploitées. Cette théorie de la « surpopulation relative » est exposée dans le Livre 1 du Capital1. Marx distingue une surpopulation flottante : ce sont les personnes que les capitalistes peuvent embaucher quand ils en ont besoin et licencier en cas contraire, et qui se trouvent alors renvoyées sur des espaces de survie précapitalistes, ruraux ou familiaux. Ce concept se relie à l’idée qu’il y a dans le capitalisme une tendance historique à l’élévation de la productivité et qu’il en découle, dans les diverses branches, par à-coups successifs et plus massifs en cas de crise, des phases de surnombre temporaire de salariés, « surnuméraires » au regard de l’objectif de la maximisation du profit. L’armée de réserve est donc ce qui permet à l’ogre capitaliste de digérer à son rythme la force de travail dont il a besoin sur le chemin de l’accumulation. Mais il existe aussi une « surpopulation latente », notamment rurale, en situation économique précaire, susceptible d’être, au besoin, intégrée à ce mode d’exploitation. Une « surpopulation stagnante », autour de la grande industrie, par exemple dans le travail à domicile, qui n’a même pas la perspective d’occuper un jour un emploi stable. Au-delà, c’est le lumpenprolétariat, qui survit misérablement sans être intégré dans un circuit de production : vagabonds, mendiants, prostituées, infirmes, etc. Dans ce chapitre, Marx argumente notamment contre Malthus : contre sa « loi », supposée naturelle, de surpopulation. Pour Marx, les grands mouvements de population à l’époque moderne sont le fait des mécanismes du capitalisme et des interventions impérialistes. Ainsi en va-t-il des relations entre l’Angleterre et l’Inde (ruine mortifère des petits producteurs), ou l’Irlande, sa première colonie, réservoir de main-d’œuvre à bon marché2. Analysant la Guerre de Sécession, il met en contraste l’alliance des capitalistes anglais — mobilisés pour le maintien de leur approvisionnement en coton — avec les esclavagistes du Sud (leurs partenaires dans le capitalisme global), et la solidarité des ouvriers anglais avec l’insurrection émancipatrice venue du Nord — et cela en dépit de la concurrence à attendre de cette armée d’esclaves, futurs prolétaires3. C’est sur cette base, évidemment, qu’il faut reprendre ces questions. Si la migration touche aujourd’hui plus de 60 millions de personnes à l’échelle mondiale, c’est là le contrecoup, sur un champ de bataille ouvert par la colonisation et la mise en dépendance, d’une agression globale multiforme des centres financiers sur les richesses et populations du « Sud global », croisée à une militarisation qui prolifère en affrontements guerriers incessants. C’est là l’arrière-fond sur lequel se posent ces questions de « concurrence », que l’on ne peut inclure dans leur seule dimension économique.

 

Quelle est la pertinence, en 2018, de ce que Marx décrivait ; sachant que la conséquence qui est aujourd’hui invoquée, c’est la « pression à la baisse sur les salaires » ?

 

Certains découvrent aujourd’hui que, contrairement à ce qu’on peut lire dans certains manuels élémentaires de marxisme et aussi à ce qu’un certain sens commun pourrait imaginer, le « mode de production capitaliste » ne suppose pas la « reproduction de la force de travail ». En effet, n’ayant d’autre logique que le profit, n’ayant aucune vocation à « reproduire la société » au sens où celle-ci est faite de la vie des gens, ni à reproduire la vie en général, il lui est parfaitement indifférent que certains disparaissent et soient remplacés par d’autres, moins exigeants. Or, il doit cependant faire face à un corps de travailleurs salariés héritiers de « luttes séculaires ». Si donc il lui apparaît possible de les affaiblir en les remplaçant, partiellement du moins, par de nouveaux venus ou de nouvelles venues qui n’ont pas immédiatement la même capacité de s’organiser, c’est là une opportunité dont il s’empare spontanément. Mais ce qu’il vise frontalement c’est la désorganisation du salariat dans son ensemble, sa pulvérisation : tel est l’objectif des politiques de sous-traitance, des lois-travail et autres job acts aujourd’hui mis en vigueur un peu partout dans le monde selon une logique de financiarisation, marchandisation et dérégulation. C’est essentiellement sur cette grande opération de police qu’il compte pour faire baisser les salaires et précariser les emplois. Le patronat n’attend pas les immigrés pour « faire pression ». À l’international, le grand levier de mise en concurrence est la délocalisation. Pour ce qui n’est pas délocalisable (bâtiment, restauration, etc.), une main-d’œuvre « irrégulière » peut faire l’affaire ; mais dès qu’elle est régularisée, l’affaire cesse d’être juteuse.

Face à la migration, le patronat joue sur deux tableaux. D’une part, il tend à favoriser la venue de personnels hautement qualifiés et cependant — étant de nationalité étrangère ou détenteurs de diplômes moins reconnus — en moindre capacité d’exiger les mêmes conditions d’emploi que les nationaux : voilà ce qu’on appelle élégamment « l’immigration choisie ». D’autre part, il cherche à profiter de l’arrivée, par les chemins de l’exil, de personnes éventuellement moins bien préparées et dont on pourra dénier les compétences pour les réduire à des conditions d’emploi misérables. Les mesures qui sont proposées par les pouvoirs publics sous prétexte d’endiguer leur flot supposé ont principalement pour objectif et pour effet de fixer cette population dans une situation sociale incertaine, clandestine ou marginale, pour les rendre plus exploitables. Sur ce point, comme sur d’autres, je me permets de renvoyer au bel article de Roger Martelli, publié sur le site de Regards. Il est clair qu’une politique populaire d’émancipation ne peut pas s’inscrire dans cette perspective d’endiguement. Car les effets de ces mesures sont les mêmes, qu’elles soient arrêtées au nom de la gauche ou au nom de la droite. On ne peut lutter contre la « mise en concurrence » que par des législations qui permettent aux exilé·e·s, économiques ou politiques, de jouir des mêmes droits sociaux et politiques que les nationaux.

Outre l’accusation de naïveté et de posture morale, on peut entendre qu’assouplir l’accueil des migrants signifierait que l’on cède aux exigences du patronat. Est-ce effectivement donner un levier supplémentaire aux forces capitalistes pour détruire les acquis sociaux ?

Assouplir l’accueil des migrants, c’est leur permettre de bénéficier eux aussi de ces « acquis sociaux ». C’est donc renforcer le camp de ceux qui peuvent prendre conscience qu’il faut se solidariser face au patronat et qui acquiert ainsi un peu plus de capacité de le faire. Le patronat les préfère sans papiers et sans droits, introduisant ainsi une « division au sein du peuple ». Une division perverse. Serait-ce là une posture « morale » ? Mais peut-on se passer de morale ? Et pourquoi la morale serait-elle naïve ? Je n’ai pas, personnellement, de théorie morale à proposer, mais je suis tout prêt à entendre les moralistes. Le problème est plutôt que l’on ne saurait légitimer l’emploi de la force au nom de la morale, laquelle n’a de sens que si elle est librement vécue. Par contre, on peut, pour lutter contre l’oppression, faire appel à des normes de droit inscrites dans des textes internationaux, que les grandes puissances, pour maintenir une façade « libérale » ou « sociale », se voient obligées de signer. Car, même si elles s’empressent le plus souvent d’oublier leurs signatures, ce sont là des engagements qui peuvent se retourner contre elles dans l’espace public. En ce sens, le droit possède une puissance subversive, à condition que l’on s’en empare avec force. Et il existe, bien au-delà, tout un ensemble de droits à faire reconnaître.

Quels pourraient en être les principes ?

Assurément, des principes mondiaux et non simplement internationaux. La solidarité internationale ne peut en effet s’argumenter désormais qu’à partir de l’idée que le monde est également à nous tous. En langage plus rigoureusement écologiste : la nature environnante n’est nullement « à nous », mais sous notre égale responsabilité quant à l’usage qui peut en être fait. Paradoxalement, ce sont les capitalistes qui donnent l’exemple, considérant que le monde est à eux, ce qui est corroboré par le droit qu’ils ont de s’approprier — par une simple procédure d’achat — n’importe quelle parcelle, sauf rapport de force en leur défaveur. Il y a donc une réalité du droit mondial. Mais, si tel est le droit reconnu, pourquoi ne vaudrait-il pas tout autant pour l’ensemble des humains, y compris pour ceux qui sont dépourvus de privilèges de propriété ? Pourquoi seraient-ils moins fondés à prétendre « circuler » à travers le monde que ne le sont les capitalistes, qui circulent par capitaux interposés ?

« La solidarité internationale ne peut s’argumenter désormais qu’à partir de l’idée que le monde est également à nous tous. »

Toute migration, cependant, bouleverse les dispositifs d’appropriation des territoires, à comprendre comme des territoires socialisés par des communautés. À quelles conditions la migration sera-t-elle légitime ? Il me semble que la seule argumentation universellement recevable ne soit celle qui part du plus grand bénéfice pour les plus mal lotis. Personne ne peut publiquement prétendre avoir droit à une situation meilleure que celle d’autrui — c’est là un point énoncé depuis Spinoza, selon moi irrécusable. On admettra que les personnes menacées dans leur pays — dans leur sécurité ou leur intégrité — par des mécanismes politiques ou économiques, soient absolument fondées à faire valoir leur droit de se rendre ailleurs. Et l’on peut pousser très loin le raisonnement dans cette direction. Mais on doit aussi considérer l’idée que toute personne a droit à une nation, à une identité nationale capable de fonder une solidarité concrète, établie autour de « biens communs », et donc à ne pas voir son territoire national envahi par d’autres populations. On peut aussi argumenter sur les droits des nations les plus pauvres face aux nations les plus riches — sans parler des pillages dont ils font l’objet. Le débat actuel se développe au croisement de ces diverses considérations. Il reste pourtant à savoir dans quelles conditions concrètes de tels principes, dont on perçoit aisément les tensions auxquelles ils donnent lieu, sont à considérer.

Jaurès, que l’on cite souvent lors de ces débats, ne parlait-il pas d’un « socialisme douanier », visant « à protéger la main d’œuvre française » afin « de ne pas substituer l’internationale du bien-être à l’internationale de la misère » ?

Il faudrait se reporter aux diverses conjonctures historiques et aux divers contextes rhétoriques dans lesquels ont pu jouer tels ou tels arguments. Je connais un peu mieux le cas français, notamment le rôle qu’y a joué le parti communiste — auquel j’ai autrefois appartenu, tout au long de la décennie 1970… voici un demi-siècle —, où l’internationalisme a largement prédominé. Dans l’après-guerre, les travailleurs algériens ont adhéré massivement à la CGT (où ils se retrouvaient dans une proportion plus grande que les ouvriers français), défilant au premier mai sous leurs propres couleurs, nationalistes, du moins jusqu’en 19554. Après cette date, avec la guerre de libération en Algérie, la solidarité ouvrière ne pourra plus prendre la même forme. Les luttes populaires qui suivent dans les années 1960 culminent en 68 par le relèvement de 35 % du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti), avec mensualisation, ce qui concernait une majorité d’ouvriers spécialisés maghrébins. Dans les années 1970, la problématique du Programme commun de gouvernement entre les socialistes et communistes se réfère, chez ces derniers du moins, à des accords entre les organisations syndicales de l’ex-colonie (algérienne) de l’ex-métropole (française). « L’union du peuple de France », chère au PCF, n’est pas mise en avant comme une union du peuple français : les familles de « travailleurs immigrés », comme on les appelle alors, en font manifestement partie, intégrées au « communisme municipal » (HLM, dispensaires, écoles, sports, etc.) dans un esprit anti ghetto favorable aux métissages. On ne peut pas en tirer la conclusion que tout ait été parfaitement clair. Le diable nationaliste, hypocrite, se cache dans les détails.

 

 

N’y a-t-il pas une faiblesse de la tradition marxiste concernant l’articulation entre la circulation des biens, des services… et des personnes ? Quelles pourraient être les principes d’une stratégie internationaliste de régulation des migrations ?

Je ne suis pas à proprement parler un « marxologue », un spécialiste de la pensée de Marx : j’essaie de pousser plus loin son travail, de reprendre sa théorie en la corrigeant, de la reconstruire sur une base plus large, m’appuyant aussi sur d’autres sources théoriques. En l’occurrence, il y a bien là, en effet, une faiblesse de la tradition marxiste. Marx a très bien montré de quelle façon une classe dominante s’approprie les moyens de production et par là dispose d’un vaste pouvoir social. Mais, quoiqu’il soit le pionnier de l’analyse critique de l’impérialisme, il n’a pas su analyser de façon aussi rigoureuse ce qu’il en est de l’appropriation d’un territoire par une communauté, qui est pourtant un phénomène corrélatif. La lutte de classe, avec ses superstructures juridico-politiques, est d’abord un phénomène qui se déroule au sein d’un État-nation, c’est-à-dire au sein d’un territoire approprié par une nation, où les dominants eux-mêmes n’ont pas tout pouvoir. Mais, entre les nations, on n’est plus dans le cadre d’une lutte autour d’institutions publiques, dont les diverses classes se disputent le contrôle et cherchent à modifier la nature. Mais entre les nations, on n’est plus dans le cadre d’une lutte autour d’institutions publiques, où les diverses classes se disputent leur contrôle et cherchent à modifier leur nature. À cette échelle, ce n’est pas « la lutte » qui prévaut, c’est « la guerre », du moins en dernière instance. L’étranger est donc un ennemi potentiel. Dès lors, l’idée que « les prolétaires n’ont pas de patrie » est à considérer avec prudence. Ils ont certes de bonnes raisons de considérer que leur patrie par excellence est l’humanité, de choisir la cause commune contre leur propre nation si elle opprime les autres. Mais ils ont de fait, comme les capitalistes — même si c’est d’une toute autre façon —  partie liée à leur base matérielle nationale. Le clivage capital/travail ne suffit pas à rassembler les « prolétaires » du monde entier. Reste en effet la question « nationale », qui, à la différence de la question de la « migration », est un vrai « problème » : celui de la communauté nationale et du communautarisme spontané de la nation.

Le populisme de gauche semble faire le grand écart entre des propositions idéologiques, en mettant en avant la question sociale et la prise en compte des questions plus étroitement nationales.

« Cherchant le plus court chemin en direction du peuple électeur, le populisme de gauche tend à s’accommoder de l’opinion commune formatée »

La ligne générale, face aux migrations, est donnée d’en haut. Il est essentiel à la classe dominante que le peuple prenne peur. En l’occurrence, sa stratégie a pour impératif de faire passer la question migratoire pour un problème central, qui annoncerait un danger vital. Il apparaît pourtant que le flux dont on parle est relativement minime au regard de l’immense population européenne : 2,5 millions à nos portes, dit-on, pour 500 millions d’habitants. La décision prise par Merkel, d’ouvrir plus largement les portes, découlait de considérations pragmatiques, dans une Allemagne menacée de vieillissement et manquant de main-d’œuvre. Ces humains qui nous arrivent, sont pour la plupart, dans la force de la jeunesse. Les pays dans lesquels ils cherchent à se fixer n’ont rien payé, ni pour les élever, ni pour les éduquer, ni pour les former ; et il faudra attendre encore longtemps avant que ne pèsent les coûts de leur vieillissement. Ils sont prêts à travailler beaucoup sans trop exiger. De quoi se plaindrait-on, là-haut ? En réalité, cela ne leur suffit pas. Car encore faut-il qu’ils apparaissent dans le paysage comme un problème, un énorme « problème », dont l’objet réel est de masquer le fait que les fléaux qui s’abattent sur la classe populaire — les pressions sur le salaire et l’emploi — dérivent des politiques du capital. Dès lors que l’on se représente que l’ensemble des médias (TV, numérique, presse en tout genre) est pour l’essentiel, hormis les chaînes nationales (dont on sait ce qu’on peut en attendre), la propriété du grand capital (dont on connaît aussi le savoir-faire), on peut en tirer la conclusion : il convient de produire, jour après jour, le mirage du péril migratoire. L’immigration devient le bouc émissaire.

Cherchant le plus court chemin en direction du peuple électeur, le populisme de gauche tend à s’accommoder de l’opinion commune ainsi formatée. Il a bien sûr par-devers lui un second discours, toujours disponible au nom de la défense de « nos valeurs ». Et cette belle conviction s’annonce comme d’autant plus méritoire qu’elle se donne face au « problème » que serait celui de l’immigration. Il ne rejoint pas, certes, le discours du populisme de droite qui dénonce une menace pesant non seulement sur nos emplois et notre santé — en dépit du fait que c’est bien la politique néolibérale qui ruine le droit du travail, qui remplace les hôpitaux par des cliniques privées à prix fort, etc. —, mais aussi également notre culture et notre identité. Mais il lui fait en quelque sorte écho, dans la mesure surtout où il se trouve discrètement associé à un certain concept de « laïcité » qui vire à l’identitaire et qui semble être surtout là pour faire de l’ombre à l’Islam, une religion perçue comme étrangère, et comme telle vaguement dangereuse.

(Extrait d’une peinture de Piero Dorazio)

Le populisme de gauche se rapporte plus globalement à un certain essentialisme national. La formule « Eux et Nous » se prête admirablement à cette opération. Le « Eux » figure ce petit pourcentage dominant (1 %, 3 %, 4 %, capitalistes et acolytes réunis ? peu importe) qui détiendrait le pouvoir économique, et au service duquel se sont placés les grands partis traditionnels. Le reste, c’est « Nous ». Ce « Nous », opposé à une certaine « oligarchie », à une « caste », catégorie si évidente qu’elle nous dispense de faire des analyses de « classe ». Mais ce « nous » d’en bas, c’est aussi « Nous, les Français », rapportés à notre roman national. Il ne s’agit plus bien sûr du « nous » de conservation, colporté par les chantres de la droite. Il nous revient plutôt par la remémoration de notre passé progressiste, voire révolutionnaire. Une tradition glorieuse. Cet essentialisme constitue le contexte idéologique, prégnant à droite mais aussi latent dans le populisme de gauche, qui nourrit la poussée souverainiste que l’on voit aujourd’hui monter en puissance. Je renvoie ici aux analyses du politologue Philippe Marlière. La solidarité de gauche proclamée avec les exilés n’empêche pas l’esprit populiste de s’arc-bouter sur les frontières. Le « nous » qu’il nous faut proclamer rassemble tout le peuple d’en bas, d’ici et d’ailleurs, et ceux qui en sont solidaires. Il se dresse contre les dominations, mais il interpelle aussi, conscient que, devant l’horizon aveugle de la mondialisation néolibérale, une part d’entre « eux » a sa vraie place avec « nous ».

À lire vos derniers articles, vous n’adhérez pas à cette orientation politique et stratégique. La difficulté à penser les migrations (et donc les frontières des États-nations) viendrait-elle (en partie) de cette recomposition entre ce « Eux » et « Nous » ?

« Le nous qu’il nous faut proclamer rassemble tout le peuple d’en bas, d’ici et d’ailleurs, et ceux qui en sont solidaires. »

Pour y voir plus clair, je me permettrai de solliciter les ressources sémantiques du « ballast ». Car je m’aperçois que dans mon livre récent5, j’utilise cette métaphore pour illustrer deux thèses essentielles. La première c’est qu’une classe est une masse. Une classe dominante ne domine que si elle est en même temps dirigeante, et il y faut une masse de gens. Les capitalistes ne disposent que de la logique aveugle du profit. La classe dominante ne peut donc diriger que si elle comporte un autre registre, celui où prévaut non pas le privilège de propriété, mais un privilège d’expertise ou de direction socialement reconnues. C’est l’autre volet de la classe dominante, celui de « l’autorité compétente », dont Bourdieu et Foucault entre autres, ont montré comment elle s’exerce et se reproduit comme mécanisme de classe. Une vaste population (dont les statistiques courantes tracent plus ou moins les contours en termes de « cadres et professions intellectuelles supérieures »), sur laquelle cependant la classe populaire exerce aussi une grande influence et un pouvoir d’attraction. Elle n’a pas vocation naturelle à être au service du capital. Elle a même su gouverner (et dominer…) pour son propre compte dans les régimes dits du « socialisme réel ». Mais elle est, pour une part du moins, disponible pour un autre destin. Et ce n’est qu’à la condition d’en gagner une partie décisive à sa cause que le camp du peuple d’en bas peut atteindre lamasse critique lui permettant de faire reculer le capital. Bref, pour faire le poids, le volume ne suffit pas. Compte tout autant la composition subtile de l’amalgame. C’est là la première vérité, chimico-physique, duballast.

La seconde thèse du ballast concerne l’équilibre dynamique de la classe populaire, qui doit réaliser son unité en dépit du fait que ses modes d’action et d’organisation forment un ensemble assez chaotique et contradictoire. La conclusion à laquelle je parviens est que l’organisation commune à construire ne peut avoir ni la forme-parti, ni la forme-mouvement. Elle doit intégrer ces configurations dynamiques — et d’autres comme celle du « commun » ou celles de la révolte ponctuelle sur un enjeu local, ou de l’engagement pour une bonne cause singulière — dans une forme-association, croisant les traditions marxiste et anarchiste. L’organisation aurait, bien sûr, une dimension nationale (projetée sur des solidarités internationales, sur des espaces communautaires plus larges, tels celui de l’Europe), parce que c’est à ce niveau que le peuple peut le plus effectivement peser dans la confrontation sociale et politique, faire bouger les lignes. Elle serait fondée sur de puissantes associations locales, responsables dans le temps, où cohabiteraient, sous l’égide non pas d’un programme entièrement défini, mais d’une perspective radicale d’émancipation, tous ceux et celles ou qui s’y reconnaissent, militant, ou non, dans des partis, mouvements, syndicats, associations ou autres collectifs (ce sont là autant de biens communs à préserver). Tout le pouvoir en bas serait reconnu à ces associations locales. En bas, là où sont aussi les plus exploités, les pauvres, les migrants, etc. La chose est infiniment complexe, mais c’est en ce sens que je milite. L’unité ne serait pas attendue de compromis entre poids lourds au sommet, mais d’une inter-reconnaissance à la base, entre gens et courants divers qui ont tout à s’apprendre. La lutte politique s’organiserait ainsi de bas en haut. Le navire, ainsi chargé par le fond, pourrait avancer, dans le roulis et le tangage, grâce au lest qui assure son équilibre et lui permet de tenir bon en direction du but. C’est là la seconde vérité, marine, du ballast.

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 17:37
Marie-George Buffet sur France Info: on est en train d'assécher le mouvement sportif et de tuer une politique publique
Budget des sports : "On est en train d'assécher le mouvement sportif et de tuer une politique publique"

Marie-George Buffet pointe sur franceinfo vendredi la baisse du budget des Sports de "7%" en 2018 et de "plus de 6% en 2019", alors que le ministère a fixé l'objectif de "trois millions de licenciés en plus" avec les JO de 2024.

"On est en train d'assécher le mouvement sportif et de tuer une politique publique en direction de la pratique sportive", a dénoncé vendredi 21 septembre sur franceinfo Marie-George Buffet. La député du Parti communiste français (PCF) de Seine-Saint-Denis est rapporteur du budget 2019 sur le sport et la vie associative, alors que la Fête du sport est lancéece vendredi sur fond de baisse des moyens dévolus au ministère. Une pétition a été lancée par le Comité olympique et sportif français pour demander plus de moyens pour le sport français.

franceinfo : Êtes-vous en colère face à la baisse des moyens annoncée ?

Marie-George Buffet Oui, je suis en colère. Le sport, ce sont des milliers de bénévoles, des gens qui prennent sur leur temps pour encadrer l'association, y compris au niveau des fédérations. Il y a aussi du savoir-faire au niveau du ministère des Sports. On est en train de détruire cela, alors qu'il suffirait de faire un effort minime au niveau budgétaire, pour que tout cela reprenne du sens et pour que le sport continue à se développer. On est en train d'assécher le mouvement sportif et de tuer une politique publique en direction de la pratique sportive puisque le ministère n'aura plus les moyens de son intervention.

Nous avons obtenu les Jeux olympiques et paralympiques en 2024. On nous a dit, 'c'est formidable'. On aura trois millions de licenciés en plus, c'est l'objectif, 80 médailles, c'est le deuxième objectif. Et en même temps, on baisse le budget des Sports pour 2018 de 7% et on veut le rebaisser de plus de 6% pour 2019. On se propose de supprimer la moitié des conseillers techniques et sportifs : 1 600 postes en moins. On ne peut pas répondre simplement par les structures privées marchandes, par la pratique autonome. On a besoin du mouvement associatif sportif. On a besoin d'une politique publique du sport pour que chacun et chacune ait accès au sport, mais aussi pour qu'on ait du haut niveau, pour qu'on ait des filières, pour que le mouvement sportif ait les moyens de vivre.

Êtes-vous contre la privatisation du sport ?

Oui, parce que nous avons besoin d'encadrement de qualité. Le sport, ce n'est pas n'importe quoi. On touche au corps, on touche au dépassement de soi, on touche à la compétition et au respect de l'autre. Cela demande de la vie associative, de l'encadrement, des techniciens, des médecins qui veillent à la santé des athlètes. Le sport, c'est une organisation qui a besoin de moyens.

De quel budget le sport a-t-il besoin aujourd'hui pour remplir ses objectifs ?

D'abord, il faut que le budget de la nation lui fasse une plus grande part. Nous sommes aujourd'hui à 0,13% du budget de la nation. C'est ridicule. La revendication du mouvement sportif, c'est d'aller à 1%. Ce n'est rien. Nous sommes dans des sommes autour de 400 millions. Par rapport au budget de la nation, ce sont des broutilles. C'est pour cela que c'est un non-sens d'aller encore diminuer ces moyens alors qu'on se félicite d'avoir les JO (jeux olympiques) et les JOP (jeux paralympiques). Il faut que les taxes qui avaient été mises en place pour le mouvement sportif, comme celles sur la Française des Jeux, à la taxe qu'on appelle "Buffet" sur les droits de retransmissions sportives, ne soient pas plafonnées comme elles le sont aujourd'hui. 

 

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 17:22
Le 9 octobre, mobilisé.e.s contre la politique de Macron pour de nouvelles conquêtes sociales !

Le 9 octobre.... Ensemble faisons raisonner nos voix pour que cesse cette politique et sélection et de casse des droits sociaux au travail et des services publics !
Rdv à 10h30 devant la mairie de Morlaix !

Appel CGT, FO, FSU, SUD-Solidaires

 

Le 9 octobre, mobilisé.e.s contre la politique de Macron

pour de nouvelles conquêtes sociales !

 

 

La situation sociale de notre pays est très alarmante : poursuite de la casse industrielle, privatisations à tout va pour des intérêts financiers, dégradation considérable de la situation des retraité.e.s, casse du service public, chômage et précarité en hausse, attaques sur le logement social, protection sociale mise à mal, blocage des salaires, etc.

 

Au même moment tout va bien pour les actionnaires qui ont touché 57 milliards de dividendes en 2017 et 46 milliards pour les seuls premiers mois de 2018.

 

Oui, Macron est bien le « Président des riches » et des patrons !

 

Selon des sondages : 68 % des Français pensent que Macron mène une mauvaise politique économique.

 

Face à cette situation l’heure est à la défense des fondements de notre modèle social

et à la conquête de nouveaux droits.

 

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires considèrent que la situation n’est pas inéluctable et que d’autres choix sont possibles. Il faut passer du rejet de cette politique à une mobilisation pour construire une société plus juste.

 

Ensemble, nous voulons nous battre :

 

  • pour une augmentation des salaires et des pensions,
  • pour une protection sociale et des retraites dignes de notre siècle,
  • pour une autre répartition des richesses au service de toutes et tous et pas d’une minorité,
  • pour des créations d’emplois partout dans le privé et dans le public,
  • pour une réduction du temps de travail,
  • pour des conditions de travail respectueuses des femmes et des hommes.

 

 

C’est pourquoi, les organisations signataires appellent à faire du 9 octobre prochain une journée de grèves, de mobilisation et de manifestations.

 

Mardi 9 octobre grèves, manifestations dans le Finistère

 

 

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 17:04
Salah Hamouri: l'avocat franco-palestinien enfin libre après 403 jours de prison sans motif d'arrestation connu?
Salah Hamouri: l'avocat franco-palestinien enfin libre après 403 jours de prison sans motif d'arrestation connu?

Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF)
Notre ami et camarade Salah Hamouri enfin libre ! Après 403 jours sans raisons passés dans les geôles israéliennes, Salah a été libéré ce matin ! C'est avec une grande joie que nous accueillons sa libération !

 

RFI, avec l'AFP

L’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, 33 ans, a été libéré de prison dimanche après plus d'un an de détention administrative en Israël. Il lui est interdit de célébrer sa libération et de participer à des activités militantes pendant 30 jours. Il a rejoint le domicile familial à Jérusalem-Est.

Dans leur maison située dans un faubourg de Jérusalem-Est, les parents de Salah Hamouri, ont mis de la musique en fond sonore, même si l’avocat franco-palestinien a interdiction de fêter sa libération. Après 13 mois de prison, il fait son retour sous des cris de surprise, rapporte notre correspondante à Jérusalem, Marine Vlahovic.

Soupçonné de conduire des « activités illégales » en Cisjordanie et à Jérusalem et placé en détention administrative, c’est à dire sans inculpation, ni vrai procès, le trentenaire dénonce une arrestation arbitraire.

« Il n’y a rien qui explique pourquoi ils sont venus. Ils n’y a aucune charge. Rien. »

Désormais libre, Salah Hamouri a un objectif : retrouver sa femme française et son fils, qui sont interdits de territoire par Israël depuis bientôt deux ans.

 

« Le retour de ma femme et de mon enfant, c’est un deuxième combat pour moi, parce que je sais bien que le seul but pour les Israéliens c’est de se débarrasser de moi. Ils veulent m’obliger à sortir du pays. Ça je ne veux pas, c’est une décision définitive pour moi. Moi je reste là. Ils me manquent beaucoup, mais malgré cela, le moral ça va. Et j’espère que pour le reste des prisonniers, ils vont sortir au plus vite. »

Selon des organisations de défense des droits des prisonniers, 450 palestiniens sont incarcérés en Israël sous le régime de la détention administrative.

Emprisonné à plusieurs reprises

Salah Hamouri avait été arrêté à Jérusalem le 23 août 2017 et maintenu en détention administrative. L’avocat a passé la quasi-totalité de sa détention dans une prison du Néguev dans le sud d'Israël.

« La liberté est un sentiment indescriptible », a confié Salah Hamouri après sa libération, affirmant son innocence et regrettant que la France n'ait pas « fait assez pour obtenir sa libération ».

Le président français Emmanuel Macron avait évoqué à plusieurs reprises le cas de Salah Hamouri avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, selon le Quai d'Orsay.

Les accusations portées contre Salah Hamouri sont restées confidentielles comme c'est généralement le cas pour les détentions administratives. Le service de sécurité intérieure, le Shin Beth, n'a pas encore réagi aux raisons de sa détention.

L'avocat de Salah Hamouri, Me Mahmoud Hassan, a indiqué que son client avait notamment dû payer une caution de 3 000 shekels (709 euros) lors de sa libération.

Né à Jérusalem de mère française et de père palestinien, Salah Hamouri a déjà été emprisonné à plusieurs reprises, dont une longue incarcération entre 2005 et 2011. Il avait été libéré en décembre 2011 dans le cadre d'un échange de prisonniers et avait toujours clamé son innocence.

 

Salah Hamouri: l'avocat franco-palestinien enfin libre après 403 jours de prison sans motif d'arrestation connu?
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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 06:31
Notre parti doit redevenir celui de tous les exploités et dominés - Pierre Laurent, entretien à L'Humanité, jeudi 27 septembre
Entretien avec Pierre Laurent. 

Réalisé par Julia Hamlaoui et Maud Vergnol

L'Humanité, jeudi 27 septembre 2018

Politique de Macron, ubérisation et exploitation, élections à venir, communisme du XXIe siècle, congrès du PCF. En pleine offensive macroniste et à sept mois des prochaines élections européennes, le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, s'explique sur les enjeux du congrès du PCF qui aura lieu du 23 au 25 novembre. 

 

Après avoir frappé vite et fort pendant la première année du quinquennat, le pouvoir macroniste montre des signes de faiblesses. Le rapport de forces politique s’annonce-t-il plus favorable pour contrer les coups, notamment sur la réforme des retraites à venir ?

Pierre Laurent : Oui, le pouvoir est fragilisé, bien qu’il soit toujours aussi arrogant. Il perd peu à peu son soutien populaire. Les Français comprennent qu’avec Macron, ce sont toujours les dividendes qui gagnent, jamais les salaires, jamais les services publics, et que dans leur ‘immense majorité ils seront toujours les perdants de cette politique. Les luttes peuvent s’intensifier. Pour qu’elles se renforcent  et remportent des victoires, nous allons travailler à faire grandir des solutions progressistes dans ces luttes. Pour les retraites par exemple, qui vont être une bataille majeure, nous démontrerons  que les richesses existent pour permettre à chacun d’accéder à 60 ans à une retraite digne. Qui sait que les revenus financiers des entreprises et des banques,  342 milliards d’euros en 2017,  ne paient aucun euro au financement de la protection sociale ? Qui sait que si on appliquait réellement l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, on résoudrait durablement le problème du financement des retraites pour les décennies à venir ?

 

Les  élections européennes, premier scrutin depuis la présidentielle, seront décisives face à la poussée de  l’extrême droite. Comment le PCF aborde cette échéance ? 

Nous refusons le piège dans lequel on veut nous enfermer: ou Macron, ou Le Pen. Macron, c’est l’homme des politiques européennes actuelles: la mise en concurrence des travailleurs qui tirent sans cesse les conditions sociales vers le bas pour servir les appétits de profits des grands groupes, avec déréglementation et privatisation à la clé. Ces politiques provoquent un rejet de l’idée européenne que les extrêmes- droite essayent d’exploiter. Mais Orban et Salvini,  ce n’est pas la sortie du libéralisme ! C’est le libéralisme sans la démocratie avec plus de guerres entre les peuples: ce qu’ils appellent eux même l’ « illibéralisme ». Nous combattrons les uns comme les autres. Nous mènerons campagne contre les logiques de dumping social au cœur des traités européens. Macron ne  subit pas ces politiques, il est, comme ses prédécesseurs, un des décisionnaires. Et, là encore, nous proposerons des solutions. A la Fête de l’Humanité, j’ ai annoncé la tenue  début 2019 d’ Etats généraux du progrès social et écologique en Europe. Nous ne laisserons pas tuer l’idée de la coopération et du progrès partagé, car c’est l’avenir pour les peuples et la planète. Nous voulons élire le maximum  de députés qui se battent sur ces bases, et pour cela  unir les gauches européennes au Parlement européen.

 

Ces Etats généraux s’adressent-ils aussi à la gauche française ?

Pierre Laurent : Nous sommes entrés dans cette campagne en désignant un chef de file communiste, Ian Brossat, avec la volonté de faire gagner des idées qui desserrent l’étau dans lequel Macron veut nous enfermer.  Nous mènerons cette campagne en tendant la main à toutes les forces de gauche qui veulent construire avec nous ces solutions en France comme en Europe. Donc oui, les Etats généraux seront ouverts à toutes les forces de la gauche française.

 

Le PCF tient son congrès extraordinaire dans moins de deux mois, après une séquence électorale qui a balayé une grande partie du paysage politique. Dans un tel contexte, quel est l’état de vos forces  et quelle est l’ambition générale de ce congrès ?

 

Pierre Laurent  : Les forces militantes du PCF sont intactes. Elles ont traversé la tempête politique de 2017 et fait la démonstration dans l’année écoulée de leur capacité à être présentes dans toutes les mobilisations sociales. Le succès exceptionnel de la fête de l’Humanité est aussi le résultat de cette énergie militante. Mais l’enjeu de notre congrès n’est pas de préserver cette force, c’est de la remettre à l’offensive dans la nouvelle période politique. Nous voulons remettre à plat toutes les conditions de notre bataille, pour nous redonner un cap clair et durable. Le congrès doit avancer dans trois directions. D’abord celui d’une initiative communiste renouvelée, avec de la confiance dans nos idées. Nous savons souvent anticipé sur le diagnostic des crises capitalistes, mais nous devons mieux travailler avec la société pour construire des solutions de progrès social et écologique. Ensuite, notre stratégie n’a de valeur que si elle allie l’initiative communiste à une grande capacité de rassemblement, l’œil rivé sur le mouvement du peuple lui-même. Enfin, nous devons faire preuve de novation et d’audace car il y a des  défis nouveaux  qui prennent une ampleur considérable: l’écologie, la révolution numérique, les migrations, la libération mondiale des femmes. Nous avons besoin de transformations de la pensée et de l’activité des communistes. Certains camarades privilégient plutôt un de ces aspects sur l’autre. Pour ma part, je pense que nous retrouverons une place majeure dans la vie politique nationale qu’en étant capable d’articuler ces trois dimensions.

 

« Communisme de nouvelle génération », « communisme du XXIe siècle », « écommunisme »…de nombreuses formules ont cherché ces derniers temps à redéfinir le projet communiste….En quoi « le communisme est la question du 21 è siècle », comme vous l’affirmez ?

 Pierre Laurent : Il y a effectivement beaucoup d’effervescence et d’idées autour de cette question du communisme, et c’est d’ailleurs nouveau que notre congrès y consacre autant de temps. On observe aussi que le retour de Marx, des idées de mise en commun, n’ont jamais été autant d’actualité dans la société et une partie de la jeunesse. Pour ma part, j’affirme que le XXIe siècle posera la question d’un nécessaire dépassement du système actuel. Le capitalisme se montre aujourd’hui incapable de répondre aux grands défis de l’humanité. Ce système ne tombera pas comme un fruit mur, il peut perdurer en  générant plus de chaos, d’ inégalités, d’inhumanités. Il peut même entraîner la planète à la catastrophe écologique. C’est pourquoi des millions de gens se poseront la question d’inventer un autre mode de développement. Nous sommes dans ce moment historique où les anticipations de Marx sur le dépassement du système capitaliste trouvent une actualité toute particulière. Etre capable de dire ce que nous entendons par communisme dans ce moment historique, et que peut-être d’autres appellent autrement, peut permettre de créer des convergences et des rapports de forces capables de  changer progressivement le cours du monde.

 

Explosion du salariat, ubérisation, chômage de masse, précariat… La « classe ouvrière » ne semble plus être un concept opérant pour penser et organiser la lutte des classes.  Comment le PCF compte faire évoluer son logiciel idéologique ? 

Pierre Laurent : La lutte de classes n’a jamais été aussi vive. La concentration extrême du capital, permise conjointement par la mondialisation du capital et la main mise sur  la révolution numérique, conduit à l’exploitation concurrentielle de tous les travailleurs du monde. Les  exploités sont sans cesse plus nombreux et plus divers , ce sont les ouvriers, mais aussi quantité de travailleurs des services, des travailleurs intellectuels. Pour asseoir leur domination, les capitalistes jouent à fond des divisions entre les travailleurs. Le Parti communiste doit mettre au cœur de son projet la reconstruction de l’unité politique du salariat, de la conscience des conditions d’exploitation et de l’indispensable dimension internationaliste de ce combat. Si nous voulons, par exemple,  faire de la révolution numérique un objet d’émancipation et non un objet de domination piloté par les Gafam, il faudra faire travailler ensemble des scientifiques, des créateurs de start up, des ouvriers, des techniciens,des ubérisés, des salariés et des citoyens utilisateurs, pour produire des idées nouvelles sur l’utilisation de ces technologies. J’ajoute que les luttes contre les dominations étendent sans cesse leur champ d’action, écologie, féminisme, marchandisation du vivant… Nous ne sommes plus seulement le parti de la classe ouvrière mais le parti de tous les exploités et de tous les dominés en France, en Europe et dans le monde.

 

Les enjeux de ce congrès suscitent de nombreux débats internes,  portant notamment sur  la stratégie. La séquence électorale de 2017 cristallise beaucoup de mécontentements. Quels enseignements en tirez-vous ?

Pierre Laurent : Depuis la présidentielle de 2017, la crainte existe d’un effacement du PCF et cela soulève un débat sur la conduite de notre stratégie de rassemblement. Prenons cette question, puisqu’elle fait débat. D’abord, ne sous-estimons pas le combat de  nos adversaires pour  organiser notre effacement. Université d’été, Fête de l’Humanité, journées parlementaires… ces trois événements de nature différente mais tous réussis subissent le même traitement: ils sont  passés sous silence par les décideurs du monde politique et médiatique. Nous devons riposter unis à ce déni de démocratie. Ensuite, il y a ce qui tient à nos propres responsabilités. Nous avons construit le Front de gauche parce que nous avions compris après 2005 qu’une nouvelle gauche à vocation majoritaire devait naître. La faillite du quinquennat Hollande nous a donné raison. Notre ambition était et reste une gauche nouvelle qui construit son combat sur les questions sociales et écologiques dans un affrontement déterminé avec les logiques du capital. Le Front de gauche a ouvert une voie et sans cela  nous serions peut-être dans la situation de l’Italie. Mais c’est vrai aussi que l’idée dégagiste a été plus forte pour le moment que l’idée de la reconstruction d’un projet unitaire de changement. Or le dégagisme n’est pas un ciment d’espoir surtout quand cette idée est aussi utilisée par Macron et Le Pen. C’est vrai que cela doit nous conduire à mieux lier le contenu  de l’initiative communiste à  la construction de fronts d’unité populaire, sans lâcher ni l’un ni l’autre.  Ce débat stratégique est sain et nécessaire.

 

Plusieurs dirigeants communistes rappellent depuis quelques semaines « l’esprit unitaire » de vos adhérents. Craignez-vous des divisions? 

Pierre Laurent : Les communistes sont intelligents, ils comprennent parfaitement que dans cette situation se diviser serait impardonnable. Aboutir à des choix clairs en préservant notre unité, c’est l’exigence majeure qu’ont exprimé les communistes lors de la consultation préparatoire à notre congrès. Le conseil national de notre parti a souhaité pour cela une base commune ouverte, non pas pour arriver au congrès avec des choix mi-chèvre mi-chou mais pour permettre à la discussion des communistes d’aboutir à du commun dans l’unité. Le vote, début octobre,  pour choisir, parmi les quatre proposés, le texte sur lequel nous travaillerons jusqu’au congrès sera important de ce point de vue.

 

Vous avez dit votre disponibilité pour rester à la tête du PCF, pourquoi souhaitez vous un nouveau mandat?

Pierre Laurent : Quand je suis devenu secrétaire national, c’est avec l’ambition de refaire du Parti communiste une force majeure. Depuis  huit ans, je mesure chaque jour  combien c’est possible car la disponibilité est grande dans le parti et dans la société. Mais je mesure aussi les difficultés et la ténacité dont il faut faire preuve. J’ai envie de me consacrer encore pleinement à cette bataille, en ayant  conscience de ce qu’il faut corriger ou carrément changer, notamment dans le fonctionnement de la direction nationale.  Conduire dans la durée l’effort de redressement du PCF, son renouvellement nécessaire,  tout en garantissant l’unité des communistes, c’est le sens que je donne à cette disponibilité. Maintenant, ce sont les  communistes qui décideront, sur cela comme sur le reste. A eux de choisir.

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 05:34
ETRE DE GAUCHE FACE A L’IMMIGRATION

MIGRANTS Ainsi donc, une partie de la gauche européenne dite de «transformation sociale » ne cacherait pas son inclination pour l'Allemande Sahra Wagenknecht, une des principales figures de Die Linke et à l'origine d'un nouveau mouvement, Aufstehen (« Debout »), qui, certes, ambitionne de pousser les partis à replacer la question sociale au cœur des débats, mais en s'appuyant, en grande partie, sur la question de l’immigration pour y parvenir. Passons sur la visée politique consistant à ne pas laisser ce terrain idéologique aux extrêmes droites – cela répugne le bloc-noteur –, venons-en au sujet de fond. Car celui-ci semble hanter Sahra Wagenknecht. Ne dénonçait-elle pas, en 2016, «l'ouverture incontrôlée des frontières ? Et si elle continue de s'opposer au durcissement du droit d'asile, elle estime néanmoins que « plus de migrants économiques signifient plus de concurrence pour décrocher des jobs dans le secteur des bas salaires» et qu' « une frontière ouverte à tous, c'est naïf ». Cette vaste problématique polémique, qui lui valut d'être désavouée par Die Linke, a depuis dépassé la frontière.

Une interview dans l’Obs de Djordje Kuzmanovic, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, le confirme. L'orateur national de la France insoumise y déplore ainsi «la bonne conscience de gauche» qui empêcherait « de réfléchir concrètement » à la question migratoire. Son objectif affiché : «Ralentir, voire assécher, les flux migratoires» par le recours au fameux «protectionnisme solidaire ». Et il ajoute : « Lorsque vous êtes de gauche et que vous avez sur l'immigration le même discours que le patronat, il y a quand même un problème. »

L'historien Roger Martelli, dans une tribune publiée sur le site de Regards, dénonce l'argument en ces termes : « N'est-on pas en droit de s'étonner plus encore quand, se réclamant de la gauche, on tient des propos qui pourraient être taxés de proches du discours d'extrême droite ? »

 

MIGRATIONS Mais que se passe-t-il ? Tenter de (re)conquérir l’électorat populaire perdu à l'extrême droite, pourquoi pas. Mais de là à croire que le mouvement social critique parviendra à enrayer la poussée des pires idées identitaires en flirtant avec une part de ses discours...

Primo : peut-on affirmer que le capitalisme contemporain valorise la libre circulation des personnes, tels les marchandises et les capitaux ?

Roger Martelli répond : «Dans la pratique, la force de travail est la seule "marchandise" qui ne circule pas en pleine liberté. En fait, l'objectif fondamental du capital est de maximiser la compétition par la réduction globale des coûts salariaux. (...) Ce sont les masses laborieuses d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine qui pèsent le plus en faveur de la réduction relative de la masse salariale. Les migrants le font à la marge. »

Explication simple. En intégrant des zones de niveaux salariaux plus élevés, les masses laborieuses nourrissent plutôt une tendance inverse à la hausse, comme le démontre actuellement l'Allemagne. Secundo : le «protectionnisme solidaire » ne sonne-t-il pas comme un oxymore ? Dirait-on du capitalisme qu'il puisse être«solidaire » ou «partageux» ?  Mauvaise blague. Le protectionnisme vire vite souverainisme – il est rarement du côté du peuple et débouche sur la désillusion et le ressentiment. « La bataille n'est pas avant tout locale, nationale ou supranationale, écrit Martelli. Elle est à la fois locale, nationale et supranationale. (...) Ce ne sont pas les migrations qui sont au cœur du marasme vécu mais le trio infernal de la concurrence, de la gouvernance et de l’obsession identitaire. » Reste donc l'essentiel : ce que signifie être de gauche face à ces migrations, dont on exagère l'ampleur, surtout en France, sachant qu'elles constitueront toujours un fait social dont les effets ne dépendent pas de leur volume mais des politiques d'accueil et de l'environnement social. Alors ?

 

Face à la mondialisation de la finance globalisée, face aux replis identitaires, assumons la mondialité du développement et l'universalité des droits – l'internationalisme en somme. Ce n'est pas avoir une « bonne conscience de gauche »; c'est être de gauche.

 

Jean-Emmanuel Ducoin (Journal L’Humanité)

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en complément :

Migrants africains : la fable de « l'invasion »

Une étude tord le cou à une idée fausse. L'envolée démographique de l'Afrique subsaharienne ne submergera pas l'Europe.

 

La population africaine va exploser

Vrai. L'Afrique subsaharienne – ensemble de l'Afrique hors Maghreb, Libye et Egypte – devrait représenter 22 % de la population mondiale vers 2050, au lieu de 14 % aujourd'hui. Selon les projections démographiques de l'Onu, cette partie du globe devrait compter 2,2 milliards d'habitants dans une trentaine d'années, contre 970 millions actuellement.

 

La « jeune Afrique » va se ruer vers le « Vieux continent »

Faux. Dans une étude que vient de publier l'Institut national d'études démographiques (Ined), le démographe François Héran démontre que l'hypothèse d'un afflux migratoire vers l'Europe ne tient pas la route. Le scénario d'une Europe peuplée à 25 % d'immigrés subsahariens, en 2050, relève de la «rumeur ». Ils occuperont une place, certes grandissante dans les sociétés du Nord, mais resteront très minoritaires : environ 4 % de la population.

En France, ces immigrés avoisineraient 3 % de la population, contre 1,5 % aujourd'hui.

ETRE DE GAUCHE FACE A L’IMMIGRATION

Les Africains émigrent beaucoup

Faux. L'Afrique subsaharienne émigre peu, comparée aux autres régions. Comment l'expliquer ? C'est un phénomène connu de longue date des économistes ? plus un pays est pauvre, moins ses habitants ont de chances de migrer au loin. Lorsqu'un Africain quitte son pays d'origine, il s'installe, dans 70 % des cas, dans un pays voisin.

 

L'immigré ruine la protection sociale

Faux. « Les migrants sont aussi des producteurs, des consommateurs, des contribuables et des cotisants », rappelle François Héran.

 

Source : Journal Ouest-France

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 05:29
La nouvelle économie du système de santé : la défaite du patient ? (Philippe Batifoulier est économiste. Il est professeur à l’université Paris 13-Villetaneuse./ Revue PCF • Cause commune n° 6 - juillet/août 2018)

Par Philippe Batifoulier

 
Si la Sécurité sociale joue un rôle fondamental dans l’amélioration de l’espérance de vie et des conditions de vie, les inégalités sociales de santé, les inégalités territoriales comme les barrières financières d’accès aux soins installent une importante fracture sanitaire. Le développement de l’assurance sociale privée vient encore accentuer ces inégalités, tandis que le management à la performance qui sévit à l’hôpital porte préjudice aux patients et renforce la souffrance au travail des soignants.

Philippe Batifoulier revient sur les effets délétères de ces différentes formes de privatisation et invite à construire la démocratie en santé.

 

Parce que des maladies ont été vaincues ou maîtrisées, nous vivons plus longtemps qu’au début du siècle dernier. Ce progrès considérable est très largement imputable à la Sécurité sociale. Les découvertes médicales aussi importantes soient-elles ne soignent pas si les malades ne peuvent pas se les payer. C’est la Sécurité sociale qui a permis l’accès à la pénicilline, aux antibiotiques, ou à la streptomycine contre la tuberculose. En France, la mortalité par infection a diminué de moitié entre 1945 et 1950 quand on a généralisé la Sécurité sociale, soit bien plus vite que de 1925 à 1945.
L’extension de la couverture sociale ne fait pas que reculer la mort, elle permet de vivre mieux le présent au-delà de l’accès au progrès médical. Il suffit de penser à ce que serait notre quotidien si notre salaire mensuel était amputé du temps de l’arrêt de travail pour cause de maladie. L’épidémie de grippe ou l’angine, pour ne citer que des « petits risques », auraient des effets catastrophiques sur le paiement du loyer ou des emprunts.


Ce que l’extension de la prise en charge solidaire des soins a fait, le retrait de la Sécurité sociale peut le défaire. Aujourd’hui en France et pas seulement aux États-Unis, la maladie est pour beaucoup une épreuve financière. Il faut parfois s’endetter pour payer des soins ou des dépassements d’honoraires. […]

La fracture sanitaire : une réalité solidement installée

La santé est un monde où les inégalités sont particulièrement fortes. Les inégalités d’état de santé, tout d’abord, obéissent à un fort déterminisme social et les conditions sociales d’existence s’inscrivent durement dans les corps. Au sein d’une vie plus courte (car leur espérance de vie est moindre), les plus modestes auront davantage de problèmes de santé que les plus aisés. Ces inégalités sociales de santé se doublent d’inégalités territoriales, synthétisées par l’expression « déserts médicaux » qui décrivent l’existence de difficultés pour certains patients d’accéder à un médecin. Si ces inégalités ont des causes médicales tenant à la liberté d’installation des médecins et à un nouveau modèle médical plaidant pour un temps de travail maîtrisé, elles ont surtout des racines sociétales. Les déserts médicaux sont des déserts globaux et témoignent de l’abandon de certains territoires par la république. Quand la poste, la gare ou l’école ont disparu, il est particulièrement difficile de maintenir le cabinet médical.
À ces inégalités s’ajoutent les barrières financières d’accès aux soins qui rendent ceux-ci coûteux pour certains malades et entraînent des renoncements et des retards de soins. Les obstacles financiers sont, pour une large part, imputables à la couverture complémentaire parce que certains en sont démunis et parce qu’elle est inégalement distribuée dans la population. Toutes ces inégalités n’agissent pas en sens contraire, les unes venant atténuer les autres. Au contraire, elles se cumulent. Ce sont ceux qui ont l’état de santé le plus dégradé qui sont le moins couverts par une couverture complémentaire et qui ont le plus de mal à accéder à un médecin. La fracture sanitaire est solidement installée. […]

Le développement de l’assurance privée : une stratégie inégalitaire et coûteuse

Le développement de l’assurance santé privée (mutuelles, assurances à but lucratif, institutions de prévoyance) s’inscrit dans la vision de la protection sociale comme un coût pour les finances publiques. Il vise à réduire les dépenses publiques de santé, mais pas les dépenses totales de santé, si elles trouvent un financement auprès d’un opérateur privé, ou par les ménages eux-mêmes. Il s’agit de transformer des prélèvements obligatoires publics en prélèvements obligatoires privés dans la mesure où les frais de santé sont des dépenses contraintes pour les ménages. La disposition d’une assurance privée (mutuelle ou autre) n’est pas vécue comme un luxe, mais comme une nécessité quand le ménage a les moyens d’y souscrire.[…]
La privatisation du financement du soin est inégalitaire et inefficace, mais aussi dangereuse, car elle nuit à la santé publique. Quand la Sécurité sociale ne rembourse pas ou plus et que l’assurance privée est trop chère pour les patients, les maladies progressent. Le renoncement aux soins conduit à des retards et c’est une chimère de croire que les déremboursements ne concernent que des soins superflus. Ils touchent aussi les plus essentiels.

À l’hôpital, la culture du résultat s’oppose à la culture de service public

Une autre privatisation sévit à l’hôpital. Elle porte moins sur le financement, car les taux de prise en charge publics y restent élevés. Elle concerne la délivrance du soin et repose sur la capacité du secteur public à se conformer aux règles du secteur privé. Cette privatisation est portée par le nouveau management public pour lequel il n’y a jamais de problèmes de moyens et de pénurie de personnel, mais uniquement des problèmes d’organisation. La réorganisation du travail médical se fait au nom de la réalisation de gains de productivité. L’hypothèse fondamentale est qu’il existe des marges d’amélioration au niveau des acteurs pour atteindre les meilleurs résultats possibles avec des ressources budgétaires identiques.
Selon cette conception, la bonne gestion n’a pas de lieu ni de frontière : elle est universelle. Les personnels sont invités à se former à ce management à la performance, même si un traitement rapide des dossiers ou des soins pénalise les patients précaires ou si l’application de standards de séjours ignore les différences sociales. La culture du résultat s’oppose à la culture de service public. Piloter un hôpital avec les mêmes références qu’une entreprise privée heurte les personnels qui y résistent souvent. L’hôpital est devenu l’un des lieux emblématiques de la souffrance au travail. […]

Il est aussi devenu peu hospitalier en dépit du dévouement des soignants. Les assurances santé privées ont été valorisées alors qu’elles sont plus coûteuses et plus inégalitaires que la Sécurité sociale. Le système de santé s’est largement retourné contre le patient parce que la santé est plongée dans un désert politique où les choix qui sont faits au nom du patient sont très peu discutés et souvent présentés comme inévitables ou indiscutables. Si on juge la démocratie dans le domaine de la santé par la place que joue le patient dans la prise de décision, alors force est de reconnaître le déficit démocratique. Le patient semble souvent écarté de décisions qui le concernent au premier chef, en matière de financement tout particulièrement. Des médicaments inutiles ou pire dangereux sont très bien remboursés alors que les lunettes ou les prothèses auditives ne le sont pas. Le recul de la démocratie dans la santé se conjugue avec le recul de la Sécurité sociale dans la prise en charge du soin. Le patient ne peut plus être privé d’un débat auquel il a droit puisqu’il s’agit de sa santé.

 

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