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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 19:20
Non à la ratification du CETA - Appel à rassemblement demain, samedi 13 juin, à Morlaix, à 11h devant le kiosque

 Non à la ratification du CETA

 Le "CETA", traité de libre échange entre l'UE et le Canada, sera soumis pour ratification aux députés et sénateurs le mardi 17 juillet 2019. 

 Le collectif du pays de MORLAIX  « Stop CETA » rappelle que la signature de ce traité permettra aux canadiens de vendre en France des produits qui ne sont pas soumis au principe de précaution. Ce sont 65 000 tonnes de viandes canadiennes issues de bovins engraissés au maïs OGM, aux farines animales et aux antibiotiques qui arriveront en Europe. Cette arrivée massive de produits alimentaires ne respectant pas les normes européennes, ne sera pas soumis à un étiquetage permettant de les identifier. Les conséquences de ce traité sont connues : une importation de biens et de services des deux côtés de l’Atlantique qui va générer davantage de gaz à effet serre en raison de l'augmentation du transport maritime extrêmement polluant.  Le réchauffement va s’accélérer.  Le CETA est en totale contradiction avec les engagements pris par la France pour lutter contre le changement climatique. Ce traité est d'autant plus cynique que le Canada vient de s'engager dans un nouveau programme d'exploitation pétrolière favorisant ainsi le réchauffement climatique. 

C'est pourquoi, nous demandons à nos parlementaires de voter contre cet accord climaticide et nous vous invitons à nous  rejoindre le samedi 13 juillet à 11h au kiosque place des otages, pour protester contre la ratification de ce traité.

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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 05:21
« HOMARD M’A TUER » (L'HUMANITE - 11 juillet 2019 - Maurice ULRICH et Gérard LE PUIL)

Le billet de Maurice Ulrich.

Aïe. On  a attribué hier à Woody Allen, une phrase d’Alphonse Allais, journaliste et écrivain, connu pour son humour caustique. « C’est curieux comme  l’argent aide à supporter la pauvreté ». Woody Allen, d’où notre moment d’égarement, ayant remarqué que « l’argent est préférable à la pauvrete, ne serait-ce que pour des raisons financières ». Ce n’est pas François de Rugy qui va nous démentir, dont les  dîners somptueux organisés à l’Hötel de Lassay avec son épouse, journaliste à Gala, étaient sans aucun doute un moyen de supporter sa dure condition de président de l’Assemblée nationale. Mais ça fait désordre et  si Homard ne l’a pas «tuer» selon une formule devenue célèbre, il est un peu atteint. D’autant que nombre de questions se posent désormais au regard de la souffrance animale quand au sort réservé aux savoureux et conséquemment, malheureux,  crustacés. On apprend du même coup que certains de nos vertueux confrères étaient présents aux agapes. On se doute bien que c’étaità l’insu de leur plein gré. Pourrait-il en être autrement? 

 

 

"Homard m'a tuer" à l'Hôtel de Lassay  - Gérard LE PUIL

François De Rugy pourra-t-il rester au ministère de la Transition écologique et solidaire après les révélations sur les repas fastueux qu’il organisait à l’hôtel de Lassay quand il présidait l’Assemblée nationale ? Ce matin, une partie de la presse suggère que non et Stanislas Guérini, délégué général de La République En Marche, a déclaré sur France 2 que « si ce sont des dîners strictement privés, alors il faut rembourser ». Ce matin aussi, on apprenait que, suite aux révélations de Médiapart, François de Rugy avait demandé à sa directrice de cabinet, Nicole Klein, de quitter ses fonctions, pour cause de non-occupation d’un appartement HLM dont elle était locataire à Paris. Pour le reste, le slogan « homard m’a tuer » remporte un franc succès sur les réseaux sociaux.

 

Sur les 28 éditoriaux de la presse quotidienne que l’Agence France Presse passe en revue ce jeudi matin, 13 sont consacrés aux repas fastueux organisés par François De Rugy quand il était président de l’Assemblée nationale avant de succéder à Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique et solidaire. Peut-être y en aura-t-il davantage demain. Car, ce matin, les repas organisés par l’ancien président de l’Assemblée nationale à l’hôtel de Lassay font dire à Stanislas Guérini, délégué général de LaREM, la chose suivante sur France 2 : « Si ce sont des dîners strictement privés, alors il faut rembourser, ce n’est pas normal d’utiliser les moyens de l’Assemblée nationale pour des dîners privés… ». Ce matin aussi, on apprenait que la directrice de cabinet du ministre de la Transition écologique et solidaire a quitté ses fonctions à la demande de son patron pour une histoire de non-occupation d’un logement HLM dont elle était locataire à Paris.

« Austérité pour les autres et bonheur pour les siens »

Mais revenons à la presse. Dans La Marseillaise  Léo Purguette évoque « un modèle de sobriété heureuse en actes. Austérité pour les autres et bonheur pour les siens (…) candidat écologiste à la primaire de la gauche avant de trahir son serment pour rallier Emmanuel Macron et s’asseoir au perchoir, l’actuel ministre de l’Écologie est une parfaite incarnation du nouveau monde promu par le président de la République. À moi le homard, à toi la salade pourrait-on résumer. L’histoire ne dit pas si François De Rugy a remis à la consigne ses bouteilles de Cheval Blanc 2 001 ou de Mouton-Rothschild 2 004 dépassant les 500 euros… ».

Dans le Courrier picard, Jean-Marc Chevauché ironise en ces termes : « Rugy qualifie les soirées de dîners de travail. Il arrive même à le dire sans rigoler. On travaille mieux le ventre vide. Rugy n’a pas l’air de le savoir. Homards et grands crus, ça doit peser sur les neurones ». Dans Sud Ouest, Yves Harté cite le principal argument de défense de François De Rugy qui a déclaré que « ces dîners servaient pour rester en contact avec la vie réelle ». Et le confrère de faire état de cette interrogation : « Des homards pour prendre le pouls de la France après l’année que nous venons de passer ? C’est une curieuse vision d’exploitation sociétale ».

Déjeuner de mariage à l’hôtel de Lassay

Dans l’Union, Sébastien Lacroix rappelle que François De Rugy « n’en est pas à son coup d’essai » avec cette révélation de Médiapart en rappelant ces deux informations : « Alors président de l’Assemblée, il avait organisé son déjeuner de mariage à l’Hôtel de Lassay. Précédemment, il avait fait une note de frais pour quatre appareils à raclette multicolores ainsi que trois jeux de spatules ».

Alors que le gouvernement dont François De Rugy est le numéro deux en titre ne cesse d’imposer des sacrifices aux chômeurs, aux retraités, aux paysans, aux artisans et aux salariés d’une façon générale, plusieurs éditorialistes jugent sévèrement le système de défense du ministre de la Transition écologique et soi-disant « solidaire ». Dans la Nouvelle République du Centre-Ouest Denis Daumin écrit que « le ministre de l’écologie passe pour un goinfre, au propre comme au figuré. Le jour où la proposition de loi contre le gaspillage est présentée au Conseil des ministres, ça pose une vilaine petite tache au revers de sa veste moirée ». Dans l’Alsace, Laurent Bodin insiste en ces termes : « Il y a ces dîners en famille et entre amis mais aussi cette fête de la Saint-Valentin faisait déjà suite à un repas de mariage ». Et de poursuivre : « François De Rugy pourra chercher tous les prétextes : l’ancien écologiste n’a pas été à la hauteur de sa fonction, ni fait preuve de l’exemplarité exigée. Grandement fragilisé, le ministre de la Transition écologique et solidaire aura bien du mal à rester en poste ».

Philippe Bourg appuie aussi là où ça fait mal quand il écrit dans le Républicain Lorrain : « Contesté par les Verts, moqué pour ses retournements de veste, soupçonné de mollesse, le successeur de Nicolas Hulot vient encore de perdre une bonne proportion de crédibilité. La lutte contre le dérèglement climatique, la transition énergétique et la défense de la biodiversité ont besoin d’un porte-voix efficace, déterminé et incontestable. Elles héritent d’un pâle héraut plombé par ses excès de table ».

Cette perte de crédibilité du ministre est également mise en avant par Cécile Cornudet qui écrit dans les Échos : « Le gouvernement ne vient-il pas d’annoncer une taxation des billets d’avion et de présenter un projet de loi sur l’économie circulaire ? La malice aurait pu conduire à évoquer cette ombre qu’Élisabeth Borne, Brune Poirson et Emmanuelle Wargon font bien souvent à leur ministre de tutelle qu’est François De Rugy. Mais pour cela, il aurait fallu qu’on nous aide. Qu’on ne revive pas ces épisodes désespérants de responsables politiques oubliant la colère des Français, et sortant des vins et des mets trop chers pour être digérés par le plus grand nombre ».

Les précédents Gaymard, Cahuzac et Fillon

Dans Paris-Normandie, Baptiste Laureau, rappelle quelques précédents dont l’appartement de 600m2 payé par le contribuable qui fit démissionner le chiraquien Hervé Gaymard du ministère de l’Économie. Plus tard ce fut le socialiste Jérôme Cahuzac coupable d’évasion fiscale, sans oublier les emplois fictifs de Pénélope Fillon qui ont permis à Emmanuel Macron de devenir président de la République.

Pour mémoire, on rappellera ici que la cave de la présidence de l’Assemblée nationale, sise à l’Hôtel de Lassay, fut abondamment approvisionnée en grands vins de Bordeaux durant les années où Jacques Chaban-Delmas, ancien maire de Bordeaux, présidait la chambre des députés. Elle fut, dira-t-on plus tard, sérieusement appauvrie quand cette présidence revint à Laurent Fabius de 1988 à 1992, puis de 1997 à 2000. Une partie de la presse parla même de « socialisme hôtelier » quand elle évoquait les relations que nouait le président de l’époque en vue de se faire investir comme candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle. Sans jamais y parvenir finalement face à Lionel Jospin et plus tard Ségolène Royal.

 

 

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 14:33

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 14:26

 

Les temps ont changé. En janvier dernier, un sondage indiquait que deux Français sur trois approuvaient une réforme des retraites « Macron », présentée comme plus égalitaire et moins complexe, avec « un système par points où un euro cotisé donnera les mêmes droits ». Le pouvoir insistait alors sur les thèmes de justice et d’équité, tout en sachant que l’opinion publique n’est pas satisfaite du système actuel, mis à mal par les contre-réformes successives des dernières années.

Retraites : face à un pouvoir en difficulté, le potentiel de mobilisation est considérable

Patatras. Un récent sondage (1) montre, d’une manière saisissante, combien le climat s’est modifié. Aujourd’hui, quasiment la moitié des sondés se dit « opposée » à la réforme voulue par E. Macron. Les interrogations sur l’âge réel de départ à la retraite et les inquiétudes sur le niveau des pensions sont installées dans le pays. L’irruption du thème « travailler davantage » a eu un effet de souffle. La défiance s’est installée. Beaucoup de personnes soupçonnent une arnaque, un piège : « il faudra travailler plus longtemps », « le montant des pensions va diminuer »...

E. Macron et le gouvernement ont donc modifié la méthode et le calendrier. Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, présentera ses recommandations le 18 juillet. Le calendrier, qui prévoyait une réforme votée à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine, n’est plus d’actualité. Alors qu’Emmanuel Macron refusait, en janvier 2018, « les approches comptables qui rognent des droits sans avoir de nouvelles perspectives », le gouvernement prépare une réforme des paramètres, dès le prochain budget de la Sécurité sociale, pour faire des économies en accélérant l’allongement de la durée de cotisations (réforme Touraine de 2014) dès 2020. Il n’y aura donc pas une mais deux réformes. Ce dispositif va créer de la confusion et faire grandir la défiance. Le potentiel de mobilisation est très certainement considérable. Les communistes peuvent y contribuer, dès cet été, par des échanges politiques permettant de dire les dits et les non-dits des réformes Macron. Notre collectif de travail a produit une première note aidant à un premier décryptage. Un modèle de tract, en réaction aux annonces de J.-P. Delevoye et aux projets gouvernementaux pour le PLFSS 2020, sera disponible le 20 juillet.

“L’ambition d’une nouvelle innovation sociale et démocratique”

Quoi d’autre que l’arnaque Macron ? Ayons l’ambition d’une nouvelle innovation sociale et démocratique. Parlons d’un enjeu de société et de civilisation en répondant à un triple défi : l’augmentation de la part des plus de 60 ans dans la population, l’allongement de la durée de vie, l’aspiration à une autre vie. À l’opposé du système Macron, nous proposons un système de retraites à prestations définies, avec un âge de départ connu, garantissant la solidarité entre les salariés, notamment en matière de pénibilité et de durée de carrière. Chacun peut ainsi connaître les droits dont il disposera à 60 ans, sans vivre dans la crainte d’une réduction de la valeur du « point retraite ».

Il est donc nécessaire et possible de consacrer plus de richesses aux pensions versées à un nombre croissant de retraités et aux dépenses visant à préserver la santé et l’autonomie des personnes âgées quand le pouvoir entend plafonner les dépenses pour les retraites à l’actuel 14 % du PIB. Or, un prélèvement sur les revenus financiers des entreprises et des banques, une modulation des cotisations sociales patronales, une modulation de l’impôt sur les sociétés, une réorientation du crédit bancaire et de la politique monétaire pourraient permettre de mobiliser entre 70 et 90 milliards d’euros de ressources à consacrer chaque année au financement des retraites.

Et pour quelle vie à la retraite ? Alors que E. Macron vise un véritable hold-up sur les plus belles années à la retraite, celles en bonne santé, nous proposons un nouveau cycle de vie pour décider de sa vie, pour un nouveau développement humain, pour une nouvelle utilité sociale, non marchande, pour celles et ceux qui le souhaiteront. C’est aussi la question essentielle de la garantie de conditions de vie digne avec un véritable service public de nouveau type, à l’opposé des projets de « silver economy » qui cherchent à élargir l’emprise du marché.

La prochaine Université d’été sera un temps fort sur ces enjeux avec une séance plénière, un débat avec les forces politiques de gauche et deux ateliers. D’autres rendez-vous seront proposés lors de la Fête de l’Humanité. Préparons les conditions d’un front politique et social le plus large. Le PCF va agir en ce sens. Les membres du collectif de travail peuvent être sollicités pour animer des débats dans les fédérations et les sections.

Olivier Dartigolles, membre du CEN, en charge de l’animation de la campagne sur les retraites.

1. Les Français et la réforme des retraites, Elabe, Les Échos, Radio Classique, Institut Montaigne du 4 juillet 2019. Cliquez ici pour obtenir les résultats détaillés du sondage.

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 14:21

 

Dans le cadre de la mobilisation contre le projet de General Electric de délocaliser la filière française de turbine à gaz en Hongrie, en Pologne et aux États-Unis, je me suis rendu à Belfort mardi 9 et mercredi 10 juillet.
 

Avec Olivier Marleix (LR) et Bastien Lachaud (LFI), nous avons rencontré l'intersyndicale des salarié.e.s, les élu.e.s locaux, et des acteurs économiques. J'ai également été reçu par des représentants de la vallée de l'énergie, de la chambre de commerce, et des PME et TPE du département.

Soupçons d'optimisation et fraude fiscales de GE : Fabien Roussel saisit le Parquet National Financier

Dans le cadre de la mobilisation contre le projet de General Electric de délocaliser la filière française de turbine à gaz en Hongrie, en Pologne et aux États-Unis, je me suis rendu à Belfort mardi 9 et mercredi 10 juillet.
Avec Olivier Marleix (LR) et Bastien Lachaud (LFI), nous avons rencontré l'intersyndicale des salarié.e.s, les élu.e.s locaux, et des acteurs économiques. J'ai également été reçu par des représentants de la vallée de l'énergie, de la chambre de commerce, et des PME et TPE du département.
A l'issue de ces rencontres, l'intersyndicale, les élu.e.s locaux, et les députés ont décidé de mettre en demeure l'État de faire respecter l'accord signé en novembre 2014 entre le ministre de l'économie et la direction de GE. Dans l'attente, l'ensemble des participants demandent la suspension du plan de licenciement de GE.

En outre, j'ai décidé de saisir le Parquet National Financier au sujet des soupçons d'optimisation et fraudes fiscales pratiquées par les filiales de GE avec celle basée en Suisse.
Le plan de suppression de 1044 emplois à Belfort, dont 792 dans le secteur de la turbine à gaz n'est pas acceptable. Il intervient de surcroît après un premier renoncement de GE à créer 1000 emplois en France. L'amende due de 50 millions d'euros est dérisoire au regard du chiffre d'affaire de la multinationale.
L'État ne peut plus demeurer silencieux. Il en va de sa responsabilité de faire respecter les engagements de GE, et de convoquer en urgence le comité de pilotage prévu à l'article 5 de l'accord de 2014. Dans l'attente, il doit exiger de GE le retrait du plan de suppression d'emplois.
Dans cette négociation, l'État dispose de leviers importants. Il peut prévoir une amende extrêmement forte et dissuasive pour non respect des engagements pris. Il peut également décider, avec d'autres acteurs de la filière tels Alstom, de reprendre l'activité à GE.
Il en va de la préservation d'une filière industrielle stratégique pour la transition écologique et pour la souveraineté nationale, car c'est à terme toute l'activité turbine à gaz française qui est menacée de délocalisation.

Il en va également de l'avenir d'un Territoire entier de la République, car c'est l'ensemble du tissu économique et social qui est menacé. Pas moins de 3000 salarié.e.s sont employé.e.s par la centaine de PME industrielles liées à GE, dont le chiffre d'affaire a déjà diminué de manière significative.
Le PCF appelle l'État à définir sa stratégie en matière de politique industrielle et particulièrement dans sa filière énergétique. Les enjeux sont colossaux pour l'emploi au service du développement des territoires, mais aussi pour la recherche et les outils de production permettant de lutter efficacement contre les dérèglements climatiques. Si notre pays affiche l'ambition pour son industrie d'atteindre 15% du PIB, il doit s'en donner les moyens.

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 09:26
Apostrophe. Le mirage du capitalisme vert ( L'HUMANITE -10 juillet 2019)

Certains crieront à l’alliance contre nature.

 

Certains crieront à l’alliance contre nature. Mais pour les principaux intéressés, c’est une question de « pragmatisme », comme le dit Emmanuel Macron, qui invite aujourd’hui le monde de la finance à l’Élysée pour s’engager en faveur du climat. Huit des plus grands fonds privés mondiaux (parmi lesquels Blackrock, Goldman Sachs, BNP Paribas…), pesant ensemble 15 000 milliards de dollars, ont répondu présent. Il faut dire qu’ils ont tout à y gagner. Ces fonds, qui tirent leurs principales ressources de l’exploitation d’hydrocarbures, « comprennent qu’en intégrant le risque du changement climatique dans leurs investissements, ils peuvent être plus rentables », fait ainsi valoir Lawrence Yanovitch, le coordinateur du groupe de travail fonds souverains du One Planet Summit… On comprend mieux la sortie d’Emmanuel Macron, regrettant que Total ait renoncé à sponsoriser les jeux Olympiques de 2024 faute d’accord avec Paris : « Si Total peut mettre de l’argent pour aider à financer des Jeux verts, et mettre de l’argent pour aider à financer la transition, c’est une bonne chose. » Tout est dit !

Alexandra Chaignon

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10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 11:45
Photo Jean-Yves Cabon - Réunion de constitution de la coordination 29 pour un référendum sur la privatisation des aéroports de Paris et contre cette privatisation

Photo Jean-Yves Cabon - Réunion de constitution de la coordination 29 pour un référendum sur la privatisation des aéroports de Paris et contre cette privatisation

Constitution d'une coordination du Finistère pour un référendum sur la privatisation d'ADP.

L'essentiel des partis et mouvements de gauche avaient été invités par le PCF à une réunion d'échanges le mercredi 3 juillet à Brest, local du PCF, rue Berger, 18h30 – 20h, ainsi que des syndicats et des associations susceptibles de s'engager dans la bataille pour que puisse se tenir un référendum contre la privatisation d'ADP.

Étaient présents des représentants du PCF Finistère, du PS Finistère, de FI Brest, du NPA, de Ensemble! Finistère, de Attac, de Solidaires, des Citoyens pour le climat et des Jeunes pour le Climat. L'UDB était excusée. Génération.s nous a fait savoir depuis qu'ils s'associaient à l'appel.  

Nos buts: aider à la sensibilisation des citoyens du Finistère sur les conséquences lourdes d'une privatisation d'ADP, mais aussi d'une défaite de Macron et de son gouvernement sur ce projet d'inspiration ultra-libérale. Participer à une collecte de signatures efficace dans le Finistère pour le référendum. Veiller à ce que des coordinations locales puissent se créer dans le plus de territoires possible du département, que des réunions publiques unitaires aient lieu, des distributions de flyers communes contre la privatisation d'ADP et pour le référendum. Aider à ce qu'un maximum de vœux puissent être votés dans les municipalités et communautés de communes du Finistère. Une conférence de presse commune aura lieu à Brest vendredi prochain, 12 juillet.  

Création d'une coordination 29 pour un référendum sur la privatisation d'ADP

Coordination ouverte aux citoyens et soutenue actuellement par Attac, Citoyens et Jeunes pour le climat, Ensemble !, FI Brest, PCF, PS, Solidaires, Génération.s… avec un appel qui peut être signé par les organisations qui le souhaitent.

Texte constitutif

de la Coordination 29 pour un référendum d'initiative citoyenne sur la privatisation d'ADP

Coordination créée le 3 juillet 2019

 

Le Président de la République et le Gouvernement veulent privatiser complètement les Aéroports de Paris (ADP) – qui gèrent Roissy Charles de Gaule, Orly, Le Bourget – un groupe dont l’État est actuellement actionnaire à 50,6 %. La privatisation d'ADP a été votée par la loi Pacte au printemps 2019. Outre ADP, elle prévoit aussi la vente de ENGIE et de la Française des Jeux, des barrages hydro-électriques. Ils rapportent à eux tous presque un milliard d'euros par an à l’État : 173 millions de dividendes pour l’État l'an passé pour ADP! C'est de l'argent qui peut être ré-investi dans le Service Public.  ADP est la deuxième valeur boursière détenue par l’État après EDF.

 

Ce projet soulève une très forte opposition dans tout le pays.

 

La maîtrise publique de nos plus grands aéroports nationaux est un enjeu d'intérêt national avec une forte dimension stratégique, économique et sécuritaire. 86 % des aéroports dans le monde sont sous contrôle public, dont 100 % aux États-Unis.

Si ADP est privatisé :

- quel impact sur l'aménagement du grand Paris ? ADP gère actuellement une réserve foncière immense qui tombera entre les mains des spéculateurs immobiliers sans préoccupation écologique, et les prix des terrains vont exploser.

- quelles conséquences sur une augmentation des coûts des prestations pour les compagnies aériennes et les usagers, sur leur adaptation aux nouveaux impératifs de lutte contre le dérèglement climatique ? Nous ne pouvons pas laisser les actionnaires décider d'un domaine si vital pour notre avenir.

Pour privatiser, l’État devra payer les actuels actionnaires minoritaires d'ADP à hauteur de 1 milliard. Parmi eux, le groupe Vinci, qui est candidat au rachat ! ADP est le principal hub d’Air France, la privatisation fera courir des risques à la compagnie national. Elle s'accompagnerait de lourdes menaces sur les conditions de travail des salariés de l'entreprise.
Les compagnies aériennes se sont déclarées défavorables à la privatisation car elles craignent une augmentation des coûts pour elles et donc une répercussion sur les prix des billets. L'association internationale du transport aérien a en effet mené une étude sur près de 90 aéroports internationaux qui confirme que les aéroports privatisés sont plus chers que ceux restés dans le giron public

Deux exemples devraient inciter le président de la République
à renoncer à ce projet :

- les autoroutes françaises bradées aux multinationales pour un prix de 14,5 milliards d'euros inférieur de 40% probablement à la valeur réelle, concession qui a déjà permis à ces sociétés d'empocher 28 milliards d'euros depuis 14 ans et d'engranger des profits astronomiques sur le dos des citoyens qui paient deux fois les infrastructures : comme usagers avec les péages, et comme contribuables avec les investissements de départ. C'est un véritable racket organisé. Veut-on la même chose pour les aéroports?

- le précédent de la vente de l'aéroport de Toulouse organisée
en décembre 2014 par Emmanuel Macron, ministre de l'économie et des Finances. Vendu pour 308 millions d'euros à un groupe privé sans aucune expérience en matière aéroportuaire et composé à 51% d''une entreprise publique chinoise et à 49% d'un fonds d'investissement de Hong Kong domicilié dans un paradis fiscal - les îles vierges britanniques - il a été revendu 200 millions d'euros plus cher après que les actionnaires en aient vidé les caisses. Cette privatisation a été épinglée par la Cour des comptes.

Suite à la démarche des groupes parlementaires PCF, FI, PS, et de parlementaires LR, la représentation nationale a réussi à imposer un Référendum d’Initiative Partagée (RIP) sur la reconnaissance du caractère de « service public national » des aérodromes parisiens, proposition d'un RIP validé le 9 mai dernier par le Conseil Constitutionnel. Il faudra réunir avant le 12 mars 2020 4,7 millions soutiens à la loi cosignée par 248 parlementaires de gauche et de droite qui consacre ADP comme un service public national, donc non cessible au privé.

Si ces 4,7 millions de signatures sont recueillies, le gouvernement se trouvera l'obligation de consulter les Français sur ce projet. Il va être possible de s'opposer à une nouvelle privatisation et au bradage du patrimoine public au profit exclusif des intérêts privés.

Comment le président et son gouvernement peuvent-ils ainsi privatiser complètement des groupes stratégiques rentables gérant des infrastructures stratégiques sans même consulter les Français, alors qu'ils n'ont reçu aucun mandat pour cela ? Ce serait un déni de démocratie.

A l'inverse, l'obtention du référendum par une très forte mobilisation des Français pourrait constituer une victoire politique majeure contre les logiques néo-libérales et capitalistes de privatisation des services publics.

C'est un enjeu de maîtrise publique d'un secteur essentiel pour notre pays, un enjeu de démocratie.

 

Citoyens, mobilisons-nous tous ensemble pour que partout dans le Finistère comme dans le reste du Pays une dynamique populaire se mette en place en faveur du référendum sur la privatisation d'ADP!

 

Coordination ouverte aux citoyens et soutenue actuellement par :

Attac, Citoyens et Jeunes pour le climat, Ensemble ! , France Insoumise Brest, Parti Communiste Français, Parti Socialiste, Génération.s, Solidaires, EELV, FSU 29

Le nombre d'organisations signataires est appelé à évoluer.

 
www.referendum.interieur.gouv.fr
 
Le lien pour le CERFA ADP.
 
 
Les conseils pour signer en ligne sur signons.fr !
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10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 09:17
Pollution. La Bretagne se noie encore sous les algues vertes - L'Humanité, 8 juillet 2019, Alexandra Chaignon
Lundi, 8 Juillet, 2019
Alexandra Chaignon

Envahie d’algues vertes, la plage du Bon Abri, à Hillion (Côtes-d’Armor), a dû être fermée pour éviter tout accident. Romi/REA

Envahie d’algues vertes, la plage du Bon Abri, à Hillion (Côtes-d’Armor), a dû être fermée pour éviter tout accident. Romi/REA

Toxiques et nauséabondes, les « laitues de mer » continuent de proliférer malgré les plans d’action qui se succèdent. Un phénomène qui pourrait être jugulé par un changement de modèle agricole.

Chaque année, c’est le même scénario : entre mai et juillet, des tonnes d’algues vertes prolifèrent sur le littoral breton, notamment dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). « Elles sont arrivées avec six semaines d’avance et six plages sont fermées », relevait en fin de semaine dernière André Ollivro, coprésident de l’association Halte aux marées vertes. Conséquence directe de cette prolifération intense : l’usine de Launay-Lantic, chargée du traitement des algues vertes dans la baie de Saint-Brieuc, frôle la saturation et a dû fermer en urgence, les riverains se plaignant d’odeurs insoutenables.

Le phénomène n’est certes pas nouveau mais il s’amplifie depuis l’après-guerre, et particulièrement depuis les années 1970 et l’intensification de la production agricole : il est d’ailleurs établi que c’est bien la fertilisation agricole qui est responsable à plus de 90 % des flux de nitrates qui enrichissent les cours d’eau, puis engraissent les algues vertes. Quant à sa précocité, elle s’explique par les conditions météorologiques particulières cette année : des milliers de fragments d’algues insuffisamment dispersés l’hiver dernier, un printemps lumineux et chaud, puis de fortes précipitations en juin ont fait grimper le débit des cours d’eau, donc l’apport de nitrates, qui favorisent le développement de ces « laitues de mer », particulièrement toxiques. Car en pourrissant, ces ulves produisent un gaz – le sulfate d’hydrogène – qui à concentration élevée peut s’avérer mortel en quelques minutes.

Par année, quelque 50 000 tonnes d’algues vertes sont ramassées

Il aura fallu attendre 2009 et le décès d’un homme de 48 ans qui a succombé au pied de son camion de ramassage d’algues, puis la mort d’un cheval, intoxiqué par des ulves en décomposition, pour que les pouvoirs publics lancent un plan de lutte contre les algues vertes dans les huit baies touchées. Chaque année, quelque 50 000 tonnes d’algues vertes sont ainsi ramassées par camions. Une partie est épandue sur les terres agricoles, pourtant déjà saturées en azote, l’autre partant dans des stations de traitement et de compostage spécifiques. Et pour éviter les accidents, certains maires ferment carrément leurs plages, comme à Hillion.

« Depuis dix ans, il y a une baisse de la concentration en nitrates des cours d’eau, observe Sylvain Ballu, responsable du suivi des marées vertes au Centre d’étude et de valorisation des algues (Ceva), basé à Pleubian (Côtes-d’Armor). Mais les nappes phréatiques mettent des années à se décharger de ces nitrates. » Pour les défenseurs de l’environnement, qui reconnaissent que la qualité de l’eau s’améliore, on est encore loin du compte pour ne plus avoir de marées vertes en Bretagne. « Il faut que le plan algues vertes (qui repose sur une adhésion volontaire des agriculteurs – NDLR) devienne obligatoire pour changer d’agriculture et aider les reconversions. Il faut donner plus de moyens financiers et de soutiens agronomiques », assène André Ollivro, néanmoins conscient des « efforts » de la profession.

Face à cette crise sanitaire et environnementale, les militants écologistes appellent dans un premier temps à baisser le plafond de fertilisation azotée des parcelles et, ensuite, à un changement de pratiques, et même une « révolution agricole ». Financés par de l’argent public via l’Agence de l’eau, l’État, la région et les départements, les plans s’apparentent, pour France Nature Environnement, à « une série de rustines sur une chambre à air en bout de course. Ces financements conséquents (55 millions d’euros pour le plan de lutte contre les algues vertes 2017-2021) pourraient être mieux utilisés, au profit notamment de l’expérimentation des changements de modèles à l’échelle territoriale ». Alimentation des élevages par des cultures locales, élevages biologiques ou fermiers, circuits courts, retour de l’herbe pâturée, diminution du maïs et arrêt d’engrais azotés chimiques, couverture des sols toute l’année… autant de mesures à même de faire baisser le taux de nitrate dans les eaux… et donc d’endiguer les marées vertes.

En attendant, sur le terrain, la situation devrait s’améliorer, pronostique Sylvain Ballu : « Les conditions sèches vont diminuer les débits des rivières et couper le robinet des nitrates. »

https://www.humanite.fr/pollution-la-bretagne-se-noie-encore-sous-les-algues-vertes-674564

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10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 09:08
De quoi Libra, la monnaie Facebook, est-elle le nom ? Yann Le Pollotec PCF 10 juillet 2019

En juin 2019, Facebook annonçait la création de sa propre crypto-monnaie (1), qui aurait cours début 2020 et qui porte le nom de « Libra », en référence à l’unité de mesure du poids des pièces dans l’Empire romain : tout un symbole. Libra est lancé en partenariat avec 28 entreprises, fonds financiers, services de payement et ONG dont Visa, Mastercard, PayPal, Uber, Ebay, Booking, Spotify, l’opérateur de télécom britannique Vodafone et le français Iliad (2).

Facebook ne battra pas monnaie à proprement parler car il ne s’agit pas de création de monnaie ex nihilo mais d’un moyen de payement assis sur un panier de devises existantes. Si Libra voit effectivement le jour, Facebook va offrir ce moyen d’échange à ses plus de 2,7 milliards d’utilisateurs dans le monde, en créant la première crypto-monnaie grand public. Il deviendra, presque à l’égal des grandes banques centrales, un « tiers de confiance » à l’échelle planétaire. Il est probable qu’Amazon et Google (3) emboîte rapidement le pas à Facebook et crée à leur tour leur propre crypto-monnaie (4).

Officiellement pour Facebook, il s’agit d’offrir « une devise et une infrastructure financière mondiales simples, au service de milliards de personnes » en particulier », y compris en visant le marché des « 1,7 milliard d’adultes dans le monde (…) encore exclus du système financier et de l’accès à une banque traditionnelle, alors qu’un milliard d’entre eux possèdent pourtant un téléphone portable et que près d’un demi- Mais pour comprendre le véritable objectif que recherche Facebook, et qui va bien plus loin que celui de concurrencer le système bancaire traditionnel, il faut revenir à la jeune histoire des plateformes numériques capitalistes mondialisées. Ces plateformes sont nées sur les ruines du krach boursier de 2000 provoqué par l’éclatement de la bulle Internet en l’absence de modèle économique viable. Elles se sont développées sur la captation des données à leur profit et ont créé de véritables modèles économiques monopolistiques. Elles ont accumulé après la crise financière de 2008 une immense capitalisation boursière grâce aux milliers de milliards que les banques centrales ont injectés dans les circuits financiers. En accaparant la valeur produite par le travail de transformation des données, elles visent au monopole et à la rente. Leur stratégie est d’enfermer les usagers dans leur propre univers, ce qui est en contradiction totale avec la promesse initiale d’Internet d’une interconnexion de réseaux décentralisés où chacun était de manière égalitaire producteur et consommateur d’information. Elles sont en train de détruire Internet de l’intérieur. milliard ont accès à Internet » (5).

Ainsi Facebook à mis en place en Afrique un service d’accès gratuit à Internet par satellite, mais il ne donne accès qu’aux services et qu’aux applications de Facebook et de ses partenaires (6). Des intelligences artificielles de Google lisent tous vos mails envoyés sur Gmail et analysent vos requêtes sur son moteur de recherche, afin de vous proposer des offres commerciales vous correspondant. Amazon a l’ambition de faire passer par lui toute notre consommation, qu’il s’agisse de la nourriture, des biens manufacturés ou des biens et services culturels. Pour cela il entend installer des objets connectés comme ses enceintes Alexa chez nous afin d’enregistrer et d’analyser en permanence notre comportement. Ce qui est visé : la disparition de tous les réseaux de distribution ou leur soumission à Amazon. Dans le dispositif de l’univers Facebook, Libra servira à accumuler de précieuses données financières personnelles qui pourraient rendre Facebook incontournable en matière d’évaluation des risques de crédit.

“Un pouvoir qui n’est pas qu’économique”

Les firmes mondialisées du capitalisme de plateforme ont acquis un pouvoir qui n’est pas qu’économique. En ayant accès en temps réel à des milliards de données personnelles, au graphe social de chacun, elles connaissent mieux que les États et parfois que les individus eux-mêmes, leurs goûts, leurs désirs, leurs passions, leurs déplacements, leurs phobies, leurs angoisses, leurs addictions, leurs capacités d’interactions sociales, leurs états de santé. Cet accès et cette capacité de traitement de milliards de données personnelles et de relations entre ces données leur donnent à l’échelle mondiale un pouvoir gigantesque qui est de nature politique. On parle même maintenant d’identité numérique, voire d’État civil numérique qui serait à discrétion de ces plateformes. Ainsi on aurait une identité Facebook ou Amazon comme on a un état civil par l’État Français ou comme on avait un certificat de baptême de l’Église sous l’ancien régime. Ces plateformes deviennent des tiers de confiance à l’instar des notaires, des États, des banques à l’échelle planétaire.

Ces plateformes n’ambitionnent pas que de faire des profits ; elles ont une vision du monde libertarienne où chacun est entrepreneur de sa propre vie, pour paraphraser Michel Foucault. Facebook finance la congélation d’ovocytes de leurs salariées afin «de favoriser l’emploi des femmes et les aider à mieux maîtriser leur carrière ». Google, avec sa filiale Calico, a l’ambition de « tuer la mort ». Inspiré par le transhumanisme, Google est persuadé que l’homme et l’ordinateur vont fusionner afin de fonder une nouvelle humanité. Son PDG a déclaré : « Si nous nous y prenons bien, nous pouvons résoudre tous les problèmes du monde. » Ainsi une nouvelle idéologie est née sur les ruines des « États providences » : le « solutionnisme » (7). C’est-à-dire la croyance que chaque problème relèverait de comportements individuels et qu’à chacun de ces problèmes correspondrait une application technologique.

Le solutionnisme est un symptôme d’une grande misère de la politique. Misère d’une pratique de la politique réduite à la communication, incapable de produire du sens, de penser mondial, et renonçant à résoudre les problèmes de l’humanité. Misère de la politique, parce qu’avec le numérique, les questions de pouvoir, de participation et de représentation se posent de manière radicalement nouvelle.

Les plateformes numériques en elles-mêmes n’ont aucune valeur. Ce qui leur donne de la valeur ce sont les données qu’elles exploitent ainsi que les interactions entre ses utilisateurs. Uber n’investit pas dans les transports, ni Airbnb dans l’hôtellerie. Google ne crée pas d’informations et Youtube ne tourne pas de vidéo.

Le nuisible n’est pas la plateforme mais l’asservissement au capitalisme. Le capitalisme de plateforme doit être attaqué sur tous les fronts à la fois : lois antitrusts et démantèlement, fiscalité, protections collectives des données personnelles, droit des travailleurs, et l’alternative avec le coopérativisme de plateforme et des plateformes conçues comme des communs numériques mondiaux assurant des missions de service public comme Wikipédia.

Construire un modèle alternatif au capitalisme de plateforme devient un enjeu politique majeur de civilisation qui appelle une société communiste.

Yann Le Pollotec, responsable de la commission Révolution numérique

 

1. Une crypto monnaie est un système de paiement électronique en pair à pair. Pour en savoir plus : https://blockgeeks.com/guides/fr/quest-ce-que-la-crypto-monnaie/

2. C’est-à-dire le groupe de Xavier Niel, propriétaire de Free.

3. https://courscryptomonnaies.com/actualite/google-blockchain

4. Le groupe a déjà déposé discrètement trois noms de domaines significatifs : amazonethereum.com, amazoncryptocurrency.com et amazoncryptocurrencies.com

5. https://libra.org/fr-FR/white-paper/?noredirect=fr-FR#introduction

6. L’Inde a justement interdit ce service d’accès gratuit de Facebook car il limitait l’accès à l’ensemble d’Internet.

7. Néologisme inventé par Evgeny Morozov : « L’aberration du solutionnisme technologique pour tout résoudre cliquez ici ». Éditions Fyp

 

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10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 08:51
 Le peintre Mariano Otero excellait dans les portraits de femmes, à la sensualité généreuse. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Le peintre Mariano Otero excellait dans les portraits de femmes, à la sensualité généreuse. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Le peintre rennais, célèbre pour ses baigneuses et danseuses de tango, était un portraitiste des femmes hors pair. Espagnol exilé sous Franco, c’était aussi un artiste engagé.

Les Rennais ne croiseront plus le peintre Mariano Otero, qui se rendait à vélo, sept jours sur sept, à son atelier. À Rennes, où il vivait, et à Dinard, où la galerie Vue sur mer exposait le peintre depuis 27 ans, tout le monde connaissait ses baigneuses aux formes généreuses et ses danseuses de tango. À 77 ans, le peintre d’origine espagnole, qui ne passait pas un jour sans dessiner, s’est éteint d’une maladie foudroyante, entouré de sa femme, de ses filles et de son frère Antonio.

C’est pour rejoindre son père, Républicain espagnol exilé à Rennes sous Franco, que le jeune Mariano Otero était arrivé dans la capitale bretonne, en 1956, à l’âge de 14 ans. Trop jeune pour s’inscrire en école d’art, il obtient bientôt une dérogation et devient le plus jeune diplômé des Beaux-arts de France. Avec son frère Antonio, qui épousera la peintre Clotilde Vautier, ils réaliseront leurs premières expositions à trois.

Artiste engagé

Les convictions antifascistes de son père ne quitteront pas Mariano Otero. Dans les années 1960-1970, membre de l’union des étudiants communistes, il réalisera de nombreuses affiches militantes : contre la dictature au Chili, pour Amnesty international ou la défense des immigrés.

« C’est un artiste engagé politique et humaniste, son œuvre se comprend à travers l’histoire de l’Espagne déchirée » , expliquait Delphine Durand, docteure en histoire de l’art, lors d’une conférence sur le thème Mariano, peintre de l’exil, qui a fait salle comble le 2 avril, à Rennes.

Admirateur des portraits en clair-obscur de Velázquez, mais aussi de Goya et de Picasso, Mariano Otero était très attaché à la culture espagnole. Il avait fondé, en 1999, le centre culturel espagnol à Rennes.

Portraitiste des femmes

C’était avant tout un portraitiste des femmes hors pair, dont il excellait à transcrire la sensualité généreuse et un peu mystérieuse, en particulier au pastel. C’est par elles qu’il s’était lancé en peinture. « J’ai réalisé le portrait de ma mère, ma sœur, mes petites amies, confiait-il en avril, à Ouest-France. Jusqu’à Marie-Alice, mon modèle privilégié, devenu ma femme. »

Le festival du film britannique de Dinard ne s’y était pas trompé, en lui confiant la réalisation de son affiche à plusieurs reprises. On se souvient notamment de ses baigneuses au maillot reprenant le drapeau britannique.

« Paris, Londres, New York et bien sûr Madrid : notre galerie a vendu ses œuvres dans le monde entier, souligne Thierry Dobé, son galeriste dinardais. Il était sans doute trop figuratif pour les musées, dont il n’a pas cherché la reconnaissance. Ce n’est pas cela qui l’intéressait. »

Actif jusqu’au bout, Mariano Otero s’en est allé après avoir mis la dernière main à deux nouvelles expositions de ses œuvres, prévues en août, à Roscoff et à Dinard.

 

Mariano Otero, dans son atelier, quartier Cleunay. | ARCHIVES

Mariano Otero, dans son atelier, quartier Cleunay. | ARCHIVES

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