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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 06:07

150 personnes ont participé hier à la manifestation des Retraités à l'appel de l'intersyndicale hier 8 octobre à Morlaix. Une mobilisation déterminée à contrer la réforme des retraites de régression sociale de la droite macroniste. Nous publions ci-joint les photos de Pierre-Yvon Boisnard et les interventions de Jean-Yvon Ollivier (CGT) et Daniel Ravasio (FSU).

Jean-Yvon Ollivier et Daniel Ravasio - prises de parole manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Jean-Yvon Ollivier et Daniel Ravasio - prises de parole manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Jean-Yvon Ollivier et Daniel Ravasio - prises de parole manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Jean-Yvon Ollivier et Daniel Ravasio - prises de parole manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Jean-Yvon Ollivier et Daniel Ravasio , avec Marie-Hélène Le Guen - prises de parole manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Jean-Yvon Ollivier et Daniel Ravasio , avec Marie-Hélène Le Guen - prises de parole manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

manif pour les retraites 8 octobre 2019 Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

PRISE DE PAROLE 8 Octobre 2019

L'automne est arrivé à petit pas ; tout au moins dans notre Finistère… pourtant le climat social, lui, ne s'est pas refroidi.

Partout dans le pays les salariés les privés d'emploi, les retraités expriment leur mécontentement, se rassemblent et s’engagent dans l’action collective.

Les revendications qui les poussent à agir peuvent, peut-être, nous apparaître différentes : salaires, emplois, avenir de l’entreprise, retraite… Pourtant elles portent toutes le même sceau, celui du refus de la précarité et d'être les laissés-pour-compte d'un gouvernement hors-sol.

C'est bien ce que nous avons dénoncé dans nos actions à l'appel de 9 organisations syndicales et associations de retraités depuis l'annonce de la hausse de 1,7 points de la CSG au 1er janvier 2018. Depuis et sans discontinuer en 2018 et au printemps 2019 nous avons connu des actions des retraités d'un niveau jamais égalé dans notre pays et je dirais surtout dans notre département  du Finistère.

En point d'orgue de ces actions le 20 juin dernier, les retraités vous nous, tous ensemble, ont adressé plus de 200 000 cartes pétitions au Président de la République dont plus de 1000 signées par les retraités du Finistère, pour exiger :

  • l’annulation de la hausse de la CSG pour tous les retraités,

  • le retour à l’indexation des pensions sur l’évolution des salaires, une mesure immédiate de revalorisation de 3 % compensant la baisse récente de pouvoir d’achat des retraités,

  • le maintien et le développement des services publics de proximité.

Durant toute cette période, face à la détermination des retraités, Macron a dû reculer trois fois.

Une première fois en relevant à 1 200 € le montant du revenu fiscal du foyer de retraités à partir duquel s’applique la hausse de la CSG.

Une deuxième fois en relevant ce montant à 2000 €.

Enfin en nous promettant le retour à une revalorisation des pensions pour tous en 2021 ?

Ces décisions n’ont rien à voir avec de la compassion ou à une adhésion à la justice sociale.

Non, il fallait apaiser la colère des retraités qui ont massivement manifesté contre la hausse de la CSG en 2018 et 2019 et colère reprise par l’envahissement des ronds-points par les gilets jaunes.

La colère était pleinement justifiée et l’est toujours, car le compte n'y est pas.

Souvenez-vous, nous avons crié ensemble dans la rue à l'injustice ici même depuis des mois car, pendant qu'il augmentait la CSG et gelait nos retraites et pensions le président accordait aux plus riches de notre pays des cadeaux fiscaux inédits :

-suppression de l’ISF, réduction de la fiscalité sur les dividendes et le capital, laxisme face à la fraude fiscale, qui s’élève en France à près de 100 milliards par an.....

Et pendant ce temps le gouvernement détruit l’Administration chargée du contrôle fiscal et supprime le service public de proximité pour les contribuables et les collectivités territoriales !

Nous étions déjà et nous sommes toujours aujourd'hui dans un contexte de régression sociale sans précédent conduite sur tous les fronts :

-droit du travail,

-éducation,

-formation professionnelle,

-assurance chômage... Etc

Et c'est dans ce contexte que Macron et son gouvernement s'attaquent aujourd'hui à un des piliers héritiers des conquêtes sociales arrachées en 1945 : notre système de retraite

Soyons clairs nous ne sommes pas face à une simple réforme, une réforme de plus des systèmes de retraites, mais bien face à celle qui entérinerait leur fin, entraînant avec elle un changement radical du modèle social hérité des ordonnances de 1945, par la mise en place d'un régime unique qui entraînerait la fin des régimes spéciaux et la fin du statut des fonctionnaires.

Une réforme qui si elle était appliquée rendrait inutile toute discussion à l'avenir sur les règles de la retraite puisque le système préconisé par le Haut-Commissaire, Jean-Paul Delevoye, prévoit un système par points avec un ajustement automatique des retraites sur les possibilités financières ?

Avec l’Europe qui exige un plafonnement à 15% du PIB pour l’ensemble des retraites…

Un tel changement idéologique aura des conséquences désastreuses pour les travailleurs.

Au-delà de la mise en cause totale de notre système c'est un coup fatal porté à la sécurité sociale dans son ensemble en déconnectant le système de retraite du travail.
Après deux ans de soi-disantes concertations ; le 18 juillet dernier Jean Paul Delevoye qui a depuis rejoint la table du conseil des Ministres a présenté ses préconisations sur la future loi.

Et en même temps, pour reprendre la formule préférée de Macron, il déclare vouloir engager une nouvelle phase de concertation sur les propositions retenues dans son rapport.

Retenues par qui ?... Vous avez compris par le gouvernement.

Cela permet à la Ministre de la santé de déclarer que la réforme des retraites par points viendra en débat après les élections municipales de mars 2020 au lieu de l’automne 2019!

Au final on nous propose un «nouveau débat citoyen ». ???

Tiens ça ne vous rappelle rien ?

En d’autres termes comment enfumer correctement les citoyens ?

Macron a confisqué ce débat il y a quelques jours à Rodez, on l’a vu : Parler sans rien dire ! Parlez sans rien dévoiler des conséquences de ce funeste projet !

La méthode ne trompera personne : prendre le temps sur ce projet sans donner de véritables échéances sinon bien après les élections municipales vise à recueillir d’abord plus de voix des citoyens pour la République en Marche.

Ce report lui permettrait de rendre plus présentable une réforme dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2025!

Les sondages nous disent que 79% des français ont peur de ne pas disposer d'un revenu suffisant à la retraite.

Ce n'est pas en décortiquant le projet Delevoye qu'ils seront rassurés.

Alors soyez persuadés que nous resterons attentifs aux décisions qui seront prises, particulièrement dans le cadre du projet de Loi sur le financement de la sécurité sociale de 2020 et de celles à venir, d'ici 2025.

« CECI DIT ... LE POUVOIR D’ACHAT DES RETRAITÉS EST EN CHUTE LIBRE DEPUIS 25 ANS COMME LE RELATE

LE JOURNAL ECONOMIQUE LES ECHOS SUR LA FOI DU RAPPORT DU CONSEIL D'ORIENTATION DES RETRAITES DE JUIN 2019.

Et de l'avis de plusieurs observateurs, la réforme des retraites que veut nous imposer MACRON va conduire à une baisse systématique du montant des pensions des futurs retraités mais aussi quand la conjoncture sera défavorable, des retraites actuelles.
Nous disons STOP

Le gouvernement ne peut plus rester sourd aux différents rassemblements de retraités qui ont eu lieu depuis des mois.

Après la journée d'action interprofessionnelle du 24 septembre, cette journée du 8 octobre 2019 à l’initiative des organisations de retraités, doit être le marqueur d'une première mobilisation nationale et le début d’un processus de lutte contre le projet de retraite par point voulu par Macron-Delevoye qui remet en cause le fondement même de notre contrat social
 

TOUS ENSEMBLE RETRAITES ET ACTIFS EXIGEONS UNE RETRAITE DÉCENTE !

Macron s’attaque aux droits des retraités, aux droits des chômeurs comme à ceux des futurs pensionnés qui seront concernés par la réforme des retraites par points en 2025.

Il veut même reculer de 7 ans l'âge où on pourra toucher une pension de réversion.

Le moment est venu de riposter, tous ensemble

 

LES RETRAITÉS D'AUJOURD'HUI ET DE DEMAIN DOIVENT POUVOIR VIVRE COMME ILS LE MÉRITENT

Ce gouvernement prétend vouloir honorer le travail mais il méprise les 40, 42, 45 ans de travail des retraités qui ont construit leur droit à une retraite qui leur permette de vivre normalement.

Or, la plupart sont désormais obligés de réduire toutes les dépenses qui font le quotidien de leur vie et les aides qu’ils apportent à leurs enfants et petits-enfants.

Les retraités ne placent pas leurs pensions dans les paradis fiscaux, leurs dépenses représentent 48 % de la consommation, 51 % du logement, 50 % de la communication, 50 % des achats d’automobiles et 22 milliards dans le tourisme en 2018

Porter atteinte au pouvoir d’achat des retraités c’est aussi pénaliser lourdement l’économie et compromettre l’activité des entreprises et la création d’emplois.

Les retraites sont un des piliers de notre système de Sécurité Sociale instauré en 1945 ; elles sont principalement financées par les cotisations sociales : richesses créées par les travailleurs qui leur sont redistribuées et qui échappent au capital.

Cet état de fait, le patronat ne l'a jamais accepté et a toujours trouvé des gouvernements complices pour s'attaquer à ce système auquel les français sont attachés.

Macron, par le grand plan de réforme de l'action publique présenté en 2017, prépare une réduction de la superficie de l’état et au travers de son projet des retraites, veut en finir avec le système de protection collective solidaire, universel et égalitaire.

La réforme future des retraites et la revalorisation à minima des pensions participent d'un même objectif : la baisse des retraites et des pensions pour les actifs d'aujourd'hui mais aussi celle des retraites et pensions pour les retraités actuels.

Avec le système par points, c'est le retour aux assurances sociales des années 1930 c’est la mort annoncée de la Sécu, déjà bien mise à mal par les nombreuses réformes passées.

Pourtant de l'argent il y en a, pour maintenir et améliorer notre système de retraites par répartition, il suffit de nous réapproprier les dizaines de milliards qui sont détournés chaque année en dividendes, exonérations et autres cadeaux fiscaux par les riches et le patronat tels le CICE et le pacte de responsabilité et j'en passe... ! Et en retour soumettre à cotisations les revenus financiers.

 

.Quelques rappels chiffrés : Le CICE et le pacte de responsabilité : 35 milliards d'€ , les exonérations de cotisations sociales patronales : plus de 25 milliards d'€ !, la création d'un million d'emplois : 13 milliards d'€ !, l'égalité salariale femmes/hommes : plus de 10 milliards d'€ pour la Sécurité Sociale en 2020 !, la lutte contre le travail dissimulé : 6 milliards d'€ !, et soumettre à cotisations les revenus financiers.

 

Inutile de vous dire que ce n'est pas ce que pense le gouvernement qui ose nous dire aujourd'hui que, si la sécurité sociale revient dans le rouge ce serait, en partie, à cause des « cadeaux » faits aux retraités en 2019... C’est tout simplement intolérable

Cela dit les oppositions grandissantes à la réforme des retraites semblent effrayer le gouvernement qui ne s'attendait pas à un tel tollé.

Raison de plus pour ne pas laisser la place à un nouveau débat citoyen coûteux avec des perspectives plus que nocives sur l’enjeu de la retraite et du financement de la protection sociale.

Nous avons ouvert la brèche ces derniers mois, aujourd'hui nous manifestons tous ensemble pour :

- La suppression de la hausse de la CSG et la fin du gel des pensions pour toutes les retraites et pensions, avec rattrapage des pertes subies au 1er janvier 2020.

- Pouvoir partir à 60 ans avec une retraite pleine et entière

- La revalorisation de toutes les pensions en fonction de l’évolution des salaires.

- Un minimum de pension à hauteur du SMIC pour une carrière complète.

- Le maintien et l’amélioration des pensions de réversion.

- L’embauche immédiate de 40 000 personnes comme le demande le personnel des EHPAD et des soins à domicile, qui nous rejoignent dans cette journée d'action du 8 octobre.

  • La prise en charge de la perte d’autonomie à 100 % par la Sécurité sociale et l’ouverture d’un droit universel dans le cadre d’un grand service public de l’aide à l’autonomie.

 

Dans un pays aussi riche du travail de ses salariés et de ses retraités que la France, ces revendications ne sont ni excessives, ni utopiques, elles correspondent à l’urgence des besoins exprimés par l’immense majorité de la population et aux moyens dont dispose la France, et c'est par notre ténacité comme nous avons su le faire ces derniers mois que nous élargirons notre mouvement revendicatif pour gagner sur ces revendications de plus en plus portées par les retraités face au mépris de MACRON et de son gouvernement.

Alors ce n'est pas le moment de baisser la garde, tous ensemble nous ne lâcherons rien !

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 05:57
Rassemblement pour Afrin l'an passé  à Morlaix - photo Jean-Marc Nayet

Rassemblement pour Afrin l'an passé à Morlaix - photo Jean-Marc Nayet

NON À L’INVASION TURQUE AU ROJAVA

 

Rassemblement à Morlaix Samedi 12 octobre 2019 à 12 heures au kiosque

ou le jour de l’invasion au kiosque à 18 heures

Depuis plusieurs semaines, le président turc, R.T. Erdogan déclare ouvertement que son pays va envahir le Rojava pour écraser la révolution kurde qui est un espoir de paix et de fraternité pour tout le Moyen-Orient. Si la Turquie envahit le Rojava, on peut s’attendre à des massacres encore pires que ce qu’on a vu à Afrin.

Ce dimanche 6 octobre, l’administration américaine a annoncé que «les troupes américaines stationnées en Syrie allaient se retirer des abords de la frontière turque car la Turquie va bientôt mettre en œuvre une opération prévue de longue date dans le nord du pays. » (Huffingtonpost)

La Turquie désormais responsable de tous les combattants capturés de l’EI dans la région

«Le gouvernement des États-Unis a pressé la France, l’Allemagne et d’autres pays européens, d’où viennent beaucoup des combattants de l’EI [État Islamique ou DAECH] capturés, de les reprendre, mais ils ne veulent pas et refusent”, a dit la Maison Blanche. “La Turquie va maintenant être responsable pour tous les combattants de l’EI dans la zone, capturés dans les deux dernières années”, a-t-elle ajouté. »(Huffingtonpost)

L’annonce de retrait est confirmée par ANF qui écrit ce matin que : « les forces de la coalition internationale auraient commencé à se retirer des postes d’observation frontaliers de Serêkaniyê et Girê Spî, dans la région de l’Euphrate.»

Cette annonce est un nouveau coup mortel porté aux Kurdes et tous les peuples de la Syrie du Nord et d’Est qui veulent vivre ensemble, réunis autour d’un projet démocratique, sans être à la merci des dictateurs sanguinaires – dont Bashar al-Assad – qui hantent la région depuis des décennies.

Nous sommes de nouveau témoin de la solitude des Kurdes encerclés de toutes parts et dont les bourreaux sont soutenus à la fois par la Russie de Poutine et les États-Unis de Trump. Mais les Kurdes ont déclaré ne pas attendre les bras croisés devant cette nouvelle boucherie annoncée par la Turquie et ont ajouté qu’ils se battraient jusqu’à leur dernier souffle – tout en sachant qu’ils n’auront pas les mêmes armes que la Turquie qui fait partie de l’OTAN…

Vous avez vu l’invasion d’Afrin, les massacres et le nettoyage ethnique qui y ont été commis ? Alors, imaginez ce qui se passera au Rojava, où 6 millions de civils kurdes, arabes, arméniens, turkmènes sans défense risquent d’être chassés de leurs terres, en cas d’invasion turque.

 

Le PCF Pays de Morlaix et Finistère soutient les initiatives de soutien au peuple kurde et à l'expérience démocratique et progressiste du Rojava syrien contre l'impérialisme ethniciste, islamiste et fasciste de Erdogan. 

Communiqué du PCF, 8 octobre 2019:

Après plusieurs mois de menaces, d'intimidations et de bruits de botte, la Turquie vient de lancer une nouvelle offensive criminelle contre le Kurdistan de Syrie. Le Rojava a proclamé son autonomie lors du soulèvement populaire de 2011 mettant en œuvre des expérimentations démocratiques, pacifistes, féministes et anticapitalistes.

Les Kurdes de Syrie avec les forces arabes ont aussi constitué la principale force armée, alliée de la coalition internationale, pour lutter contre l'Etat islamique.

La Turquie d'Erdogan ne pouvait l'accepter, elle qui impose une chape de plomb dictatoriale sur son peuple et n'a de cesse de briser les aspirations à vivre libre du peuple kurde.

La Turquie d'Erdogan a pour cela apporté son soutien aux organisations islamistes et s'est engagée dans une politique d'extension territoriale en Syrie (Afrin) et en Irak. Cette agression, sans aucune légalité internationale, aura des conséquences dramatiques:

- Des troupes turques et leurs supplétifs se livrent déjà à des crimes contre les droits humains.

- Ankara opère un nettoyage ethnique pour chasser les kurdes de leurs terres comme elle l'a fait avec les Arméniens.

- Elle ouvre un nouveau foyer de guerre qui renforcera l’État islamique.

Le PCF condamne solennellement cette invasion et appelle le gouvernement de la France à saisir en urgence le Conseil de sécurité. Les Kurdes doivent être placés sous protection internationale pour éviter de criminels massacres alors qu'ils incarnent la paix et la démocratie au Moyen-Orient. Le PCF s'associe à toutes les initiatives de solidarité.

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 05:48

«Dès lors qu’un sans-abri a avec lui un bien mobilier, matelas, tente ou chariot, il pourra entrer dans le champ de la loi ». Et donc se voir infliger une amende de 500 euros !

C’est ce que permettrait désormais, comme l’a révélé le journal « L’Humanité », un article de loi voté en catimini dans la nuit.

Elections municipales obligent, le pouvoir et sa majorité, incapables de relever le défi de la misère sociale, flattent sans vergogne les idées nauséabondes dans lesquelles se vautrent la droite et l’extrême-droite, en tentant de criminaliser la pauvreté.
Le pouvoir d’Emmanuel Macron cherche ainsi à dédouaner sa politique de commis des grandes fortunes et de la finance, du capital. Une politique qui creuse jusqu’à la plus totale indécence les inégalités sociales.
En vérité, la population de France est indignée, profondément indignée face à l’explosion de la grande pauvreté et à l’inhumanité du pouvoir et des classes dirigeantes.
Quand une banque, à Paris, procède à l’installation de 40 potelets métalliques pour interdire à un sans-abri de s’y réfugier, elle est contrainte d’y renoncer devant les protestations des riverains, des associations et des élus.
L’image de la salle de la honte aux urgences de l’hôpital Lariboisière, où sont entassées de jeunes mamans avec leurs nourrissons dans des conditions de précarité abjectes, indigne le personnel et la population. Comme le sort fait aux jeunes mineurs isolés, aux centaines, milliers de personnes vivant sous tente, dans des abris de fortune, au bord du périphérique parisien.
L’exclusion choque profondément la population. Mais pas le pouvoir, sa majorité et la droite  qui, alors que le 115 est saturé, que les centres d’hébergements sont combles, votent à l’Assemblée comme au Sénat un plan d’économie sur 4 ans de 57 millions sur les « ressources » des centres d’hébergements et de réinsertion.
En vérité le système capitaliste et son pouvoir ne sont pas en échec dans la lutte contre la pauvreté. Ils s’en nourrissent. La grande pauvreté est le revers innommable de la course folle au profit, au fric.
La criminalisation de la pauvreté est une arme de destruction massive des solidarités et des valeurs républicaines. Elle rend malade et précarise toute la société.
Quand en 1985, Coluche lance « Les Restos du cœur », dans son esprit, ça n’était pas censé durer. Les « Restos » vont engager cet automne leur 34e campagne.
Le 9 juillet 1849 Victor Hugo affirmait à l’Assemblée nationale : « La misère est une maladie de la société, comme la lèpre est une maladie de l’homme. Elle peut disparaître comme la lèpre, oui. »
Cent soixante-dix ans plus tard, n’est-il pas temps enfin, de déclarer la guerre, une guerre totale à la pauvreté ‘et non aux pauvres). L’éradication de la grande pauvreté doit être un objectif immédiat, la cause prioritaire de notre société. A quoi sert, sinon, qu’elle soit si évoluée ?

Guerre aux pauvres - Pierre Laurent, sénateur de Paris et président du Conseil National du PCF, dénonce la criminalisation de la pauvreté par la majorité macroniste (8 octobre 2019)
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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 05:00
Avec une offensive de l'armée turque au Rojava contrôlé par les Kurdes, la résurgence des groupes terroristes menacera directement l'Europe (Khaled Issa, interviewé par Rosa Moussaoui, L'Humanité, 8 octobre 2019)
Khaled Issa « La résurgence des groupes terroristes menacera directement l’Europe »
Mardi, 8 Octobre, 2019

Représentant en France du Kurdistan syrien, Khaled Issa met en garde contre les graves conséquences d’une offensive turque dans le nord-est de la Syrie.
 

 

Khaled Issa est  Représentant en France du Kurdistan syrien

Comment expliquer cette nouvelle volte-face du ­président des États-Unis, avec le retrait des forces américaines du nord-est de la Syrie et le feu vert donné à l’offensive planifiée de la Turquie dans cette région ?

Khaled Issa C’est une question à poser aux Américains. Nous avons pourtant accompli avec eux un ­travail extraordinaire dans le cadre de la coalition (contre l’« État ­islamique » - NDLR). Il faut rappeler que la France fut le premier État à nous soutenir dans notre résistance contre Daech ; elle est ensuite ­devenue, dans le cadre de cette coalition internationale, un appui déterminant pour défaire ces terroristes. Mais le travail n’est pas terminé. Il existe encore des cellules dormantes. Si la force qui s’est ­battue contre Daech est affaiblie, le terrain sera propice pour la ­résurgence de l’« État islamique ». D’autant que certaines puissances régionales, à commencer par la Turquie, ont offert leur appui à Daech et à d’autres groupes intégristes. Ce n’est un secret pour personne : les autorités turques entretenaient avec ces terroristes de très bonnes relations. Leurs menaces sont une façon de voler à leur secours. Le paradoxe, c’est qu’on abandonne au milieu du chemin la force qui a ­contribué à leur défaite.

Le communiqué de la Maison-Blanche confie explicitement à Ankara le sort des djihadistes détenus dans le nord-est de la Syrie, sous la garde des Forces démocratiques ­syriennes. Quelles peuvent être les conséquences d’un tel choix ?

Khaled Issa Nous avons payé un lourd tribut à cette guerre. Nos garçons, nos filles sont tombés au combat. Plus de 11 000 jeunes gens ont sacrifié leur vie à cette lutte contre Daech. Les prisonniers sous notre garde ont été arrêtés sur notre territoire, leurs victimes sont des habitants de cette région. Au lieu de nous soutenir dans le cadre d’une coopération nationale en vue de les juger, on les remet à une puissance régionale qui les appuyait. C’est très paradoxal. Nous ne trouvons pas qu’il soit juste de confier ces terroristes à Ankara. Nous pensons que les autorités turques vont les recycler, comme ils ont déjà recyclé de nombreux éléments en fuite, qu’ils ont installés à Afrin. Ces choix conduiront à une dé­stabilisation totale de la région. En fait, Erdogan utilise ces terroristes pour faire chanter les pays européens. Lorsqu’il menace de laisser passer des réfugiés vers l’Europe, il sous-entend qu’il laissera aussi la voie libre aux terroristes. Si cette région échappe au contrôle de notre administration, de nos forces, la résurgence des groupes terroristes et de la violence ­menacera directement la sécurité en Europe.

Ankara veut empêcher l’installation à ses frontières d’une zone autonome kurde. L’offensive turque vise-t-elle, ­par-delà les Kurdes, l’expérience politique initiée dans le nord-est de la Syrie ?

Khaled Issa Il y a dans le nord-est de la Syrie des Kurdes, des Arabes, des Assyro-Chaldéens, des Turcomènes, des Tcherkesses, une ­mosaïque de communautés et de confessions. Nous avons mis en place une administration dans des conditions très difficiles mais c’était la zone la plus stable, celle où la guerre civile, les conflits entre communautés ont été évités. Les menaces planant aujourd’hui sur cette administration, sur les Forces démocratiques syriennes, éloignent les perspectives de paix pour la région, pour la Syrie. Elles font aussi planer de graves dangers sur la stabilité internationale.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
Syrie. Le revirement de Trump déstabilise ses alliés
Mercredi, 9 Octobre, 2019 - l'Humanité

Après avoir annoncé le retrait de ses forces, le président américain recule, mais sans s’opposer vraiment à une attaque turque contre les forces kurdes.

 

La politique américaine au Moyen-Orient avait-elle besoin d’un discrédit de plus ? Lundi soir, le président Trump est revenu sur sa décision, prise la veille, de retirer les soldats états-uniens stationnés en Syrie, accordant un blanc-seing à la Turquie pour une offensive contre les forces kurdes. En réalité, explique un haut responsable américain qui requiert l’anonymat, il s’agirait d’un redéploiement de 50 à 100 éléments des forces spéciales « vers d’autres bases » du pays et non d’un retrait pur. Ce repli stratégique viserait ainsi à protéger les boys, qui « ne doivent pas courir le risque d’être blessés, tués ou capturés si les Turcs passent la frontière et engagent des combats avec les forces kurdes locales », selon ce dirigeant. Et d’insister : « Le fait qu’on les déplace ne constitue pas un feu vert » à Ankara.

Pour autant, le déplacement des soldats américains ne peut laisser de doute sur le fait que Washington n’opposerait aucune résistance, quoi qu’en dise Trump, à l’entrée de l’armée turque, par ailleurs membre de l’Otan, en Syrie. « Si la Turquie fait quoi que ce soit dont j’estime, dans ma grande et inégalable sagesse, que cela dépasse les bornes, je détruirai et anéantirai complètement l’économie de la Turquie », a tweeté le locataire de la Maison-Blanche. Durant l’été 2018, les deux chefs d’État s’étaient déjà affrontés sur le terrain économique, entraînant une chute brutale de la livre turque. À la suite de la détention par Ankara d’un pasteur américain, Donald Trump avait exigé la mise en place d’importantes taxes douanières sur l’acier et l’aluminium turcs.

La France pourrait se retrouver seule face aux forces turques

La Turquie, qui a déjà mené deux offensives en Syrie, la première en 2016 contre le groupe « État islamique » (EI) et la deuxième en 2018, à Afrine, contre les Unités de protection du peuple (YPG) kurdes, a indiqué lundi avoir achevé les préparatifs en vue du lancement de son opération militaire. Elle entend ainsi préserver sa frontière des YPG, qu’elle considère comme la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé par Ankara sur la liste des organisations terroristes. Ankara espère également installer à terme dans cette « zone de sécurité » les 3,5 millions de réfugiés syriens présents sur son territoire.

Pour se prémunir d’une intervention, la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) aurait creusé des tranchées et des tunnels à Ras al-Aïn, Tal Abyad et près de Kobané, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) basé à Londres. La France, qui dispose actuellement de cinq bases au Rojava, le Kurdistan syrien, pourrait également se retrouver seule face aux forces turques. Paris a ainsi exhorté Ankara à « éviter une initiative » – chaque mot est pesé – qui nuirait à la lutte contre l’EI alors même que la restructuration de l’organisation est en cours. La diplomatie française a en outre plaidé pour que la détention des djihadistes étrangers, parmi lesquels des ressortissants français, dans les camps du Nord-Est syrien reste « sûre ». Lundi, lors d’un entretien avec son homologue turc, le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Djavad Zarif, a exprimé son « opposition » à une action en Syrie. Allié du président syrien Bachar Al Assad, Téhéran n’a jamais procédé au retrait du corps des Gardiens de la révolution, comme l’exigeaient un temps les États-Unis. Là encore, le camouflet est net.

Lina Sankari
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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 19:23

La section du Pays de Morlaix du PCF soutient l’appel à manifester mardi 8 octobre à 10 h 30 devant la CNAM rue de Brest à Morlaix lancé par les organisations syndicales de retraités.

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 a été dévoilé.

La logique libérale de casse se pérennise.

Alors que les pertes cumulées de pouvoir d’achat des pensions sont de plus de 30% en 25 ans, en 2020, les retraités percevant moins de 2001€ brut verront leur pension de base revalorisée seulement de 1% dégressivement jusqu’à 2014 €, les autres se contenteront de 0,3%.

La réforme Delevoye, comme toutes celles des dernières années, n’a qu’un seul mot d’ordre : travailler plus, cotiser plus.

Nous ne pouvons l’accepter mais nous ne voulons pas non plus en rester au statu quo. Car notre système de retraite par répartition a été affaibli.

La contribution du monde du travail est toujours plus importante, tandis que celle du capital n’a cessé de diminuer. Nous voulons une réforme qui rééquilibre le financement de la protection sociale et qui impose au capital de participer à relever le défi de l’allongement de la durée de la vie. Pour nous, c’est une chance, pas un problème. Permettre à ceux qui ont travaillé toute une vie de partir dès 60 ans, c’est leur permettre de profiter de cette deuxième partie de la vie et, aux plus jeunes, de trouver du travail.

Alors qu’il multiplie les cadeaux aux multinationales et à la finance, au point que la France est championne d’Europe pour les dividendes versés aux actionnaires, Macron n’a eu de cesse de s’en prendre au pouvoir d’achat des retraites, déjà malmené par ses prédécesseurs.

S’il a dû concéder quelques reculs devant les mobilisations des retraité-e-s, notamment en annulant pour une partie d’entre eux la hausse de la CSG, cela ne fait pas le compte.

Et il n’a pas renoncé à son objectif de continuer à raboter les ressources des seniors comme en témoigne la tentative pour le moment avortée de s’en prendre aux déductions liées aux aides à domicile.

Les retraité-e-s sont aussi confrontés à la casse des services publics de proximité, à la crise de l’hôpital public et de l’accès à la santé, alors que l’espérance de vie en bonne santé ne dépasse pas 62,5 ans pour les hommes, en dessous de la moyenne européenne, et 64,9 ans pour les femmes.

Et les 4 milliards d’euros que Macron et ses député-e-s, s’apprêtent à ponctionner dans le budget de la Sécu annoncent de nouvelles souffrances dans les hôpitaux et les EHPAD, de nouveaux drames, alors qu’il faudrait financer les centaines de milliers d’emplois nécessaires.

Les revenus financiers, les dividendes, les placements… ces centaines de milliards aujourd’hui perçus comme des salaires par les familles les plus riches doivent être soumis à cotisations au même titre que le revenu de chaque salarié sur sa fiche de paie. Nous pourrions ainsi récupérer tout de suite 30 milliards d’euros.

La section du Pays de Morlaix du PCF soutient l’appel des syndicats de retraités à manifester mardi 8 octobre à 10 h 30 devant la CNAM rue de Brest à Morlaix
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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 06:04
Le mouvement qui se veut unitaire, avec la participation de la CGT, FO, la CFTC, la FSU, Solidaires, la CFE – CGC, Ensemble et Solidaires, les retraités de la Fonction Publique et Loisirs et Solidarité des Retraités (Le Télégramme / Antoine Rolland)

Le mouvement qui se veut unitaire, avec la participation de la CGT, FO, la CFTC, la FSU, Solidaires, la CFE – CGC, Ensemble et Solidaires, les retraités de la Fonction Publique et Loisirs et Solidarité des Retraités (Le Télégramme / Antoine Rolland)

Les organisations syndicales et associations de défenses des retraites organisent un mouvement national le 8 octobre. La manifestation morlaisienne partira symboliquement des locaux de la CPAM, à 10 h 30.

Ils veulent faire entendre leur « colère sourde ». Différents syndicats s’allient pour manifester ensemble, au niveau national et local, pour les retraites, le mardi 8 octobre. À Morlaix, exceptionnellement, la manifestation partira de la Caisse primaire d’assurance maladie, 36 rue de Brest, à partir de 10 h 30. « Un symbole pour dénoncer la baisse récurrente des pensions, expliquent les syndiqués. En trois ans, on nous a prélevé un mois de pension, c’est trop ».

Le mouvement unitaire veut mettre la pression sur le gouvernement avant le vote du budget de la Sécurité sociale. Les organisations réclament, entre autres, la suppression de la hausse de la CSG, et la fin du gel des pensions, leur revalorisation en fonction de l’évolution des salaires, le maintien des pensions de réversion, et l’embauche de 40 000 personnes dans les Ehpad ou en tant qu’aide à domicile.

Nous ne sommes pas un poids pour la société, il faut nous laisser vivre.


 

Pensions et réforme des retraites, même combat


 

Les différents choix fiscaux des derniers mois ont laissé des traces. « Nous soutenons nos parents, nos enfants voire nos petits-enfants, s’indigne Alexandre Betti, de la CFE-CGT. Nous ne sommes pas un poids pour la société, il faut nous laisser vivre ».

Après la manifestation du 24 septembre contre la réforme des retraites, ce sont donc cette fois-ci les actuels retraités qui vont battre le pavé. Même si, ils tiennent à préciser, les deux combats sont complémentaires. « De nombreux retraités étaient dans la rue le 24 septembre », avance Jean-Yves Olivier, de la CGT cheminots, à la retraite. Eux-mêmes dénoncent le passage au système à point, « un coin dans le système de répartition », selon Roger Héré, de la CGT. « On n’attendra pas la réforme en 2025 pour défendre nos pensions. Actifs et retraités ont un intérêt commun à se battre ensemble ».

Retraités. Manifestation le 8 octobre pour les pensions (LE TELEGRAMME – 3 Octobre 2019)
Retraités. Manifestation le 8 octobre pour les pensions (LE TELEGRAMME – 3 Octobre 2019)
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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 05:40

 

Neuf organisations de retraités annoncent leur mobilisation le 8 octobre, pour peser sur les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale 2020.

La rentrée parlementaire est scrutée attentivement par les retraités. En premier lieu, le vote du prochain projet de loi de finances décidera de la revalorisation, ou non, des pensions. C’est la raison première de l’appel à la manifestation de ce 8 octobre, par neuf organisations nationales – la CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, UNRPA Ensemble et Solidaires, LSR, et les retraités de la fonction publique. La piste vers laquelle le gouvernement s’oriente, d’indexer les pensions à l’inflation pour les retraites inférieures à 2 000 euros et rien pour les supérieures, va continuer à amputer le pouvoir d’achat. « On rappelle que c’est l’indice des salaires qui devrait servir de référence. Utiliser l’indice des prix est une rupture d’égalité, assure Didier Hotte, secrétaire général adjoint de Force ouvrière UCR. Depuis que c’est le cas, le pouvoir d’achat des retraités est en baisse constante, ce que confirme chaque année le Conseil d’orientation sur les retraites. » Non seulement les pensions n’augmentent pas assez, mais d’autres décisions ont allégé les portefeuilles. À commencer par la hausse récente de la CSG, mais aussi la suppression de la demi-part, la création d’une taxe à 0,3 % sur les retraites…

Entre 120 et 150 rassemblements

Les neuf organisations s’inquiètent aussi fortement du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). « Nous sommes très concernés par la situation des urgences, en grève, des hôpitaux en général, mais aussi des aides à domicile et des Ehpad. Le taux d’encadrement est partout très inférieur aux promesses, poursuit Didier Hotte. On reprend à notre compte la demande de création de 40 000 postes dès cette année dans les services d’urgences, portée par les travailleurs de ce secteur. » La mobilisation du 8 octobre va d’ailleurs croiser celle des Ehpad et des services d’aide à la personne. Elles pourront fusionner localement, car les retraités prévoient entre 120 et 150 rassemblements. « Bien sûr que nous sommes solidaires avec ces travailleurs, mais nous nous battons pour notre pouvoir d’achat », insiste Jean-Pierre Floret, de la CGT retraités. Voilà pourquoi, à Paris, le cortège devrait relier Montparnasse à Matignon, siège du premier ministre, alors que la manifestation des Ehpad se concentrera devant le ministère de la Santé. Les neuf organisations ont toutefois cosigné un courrier à Agnès Buzyn. « Comment peut-on envisager de fermer 30 à 50 % de lits en gériatrie à l’AP-HP alors que 7 % de la population d’île-de-France a plus de 75 ans ? » interpelle la lettre.

« On n’a pas oublié qu’il y a une élection municipale qui vient ! »

D’autres courriers ont été adressés aux maires et à leurs représentants au sein des associations des maires de France et des maires ruraux. Plusieurs soutiens ont d’ailleurs déjà été reçus. « Il ne faut pas sous-estimer notre influence politique, met en garde Jean-Pierre Floret. C’est nous qui faisons vivre beaucoup de communes. Il y a beaucoup d’élus locaux retraités et, en plus, nous sommes 17 millions et nous votons en majorité. » Didier Hotte rebondit : « On n’a pas oublié qu’il y a une élection municipale qui vient ! »

Sur le plan national, les progrès sont plus rares. « Nous n’avons aucune nouvelle de la loi grand âge, déplore Marylène Cahouet de la FSU. Agnès Buzyn s’était engagée à ce qu’il y ait l’inscription de moyens supplémentaires dans le PLFSS, mais a bien prévenu que ce serait un simple redéploiement, donc on ne s’attend pas à grand-chose. » Les neuf organisations ont d’ores et déjà prévu de se retrouver avec des délégations de toute la France, le 21 novembre, à la bourse du travail, pour faire un point sur l’ensemble de ces mobilisations.

Pierric Marissal

 

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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 05:38

 

Le député de Seine-Maritime Hubert Wulfranc demande la création d’une mission d’information. « Secret des affaires », affaiblissement des CHSCT… Il dénonce des choix politiques qui fragilisent la sécurité industrielle.
 

 

Hubert Wulfranc

Député PCF de Seine-Maritime

Vous avez interpellé hier le premier ministre, après être intervenu dès vendredi auprès du préfet pour lui signaler des « dysfonctionnements majeurs » dans la gestion de la crise. Quels sont-ils ?

Hubert Wulfranc Les maires ont été livrés à eux-mêmes sans informations, ni directives précises de la préfecture, alors qu’ils devaient faire face à l’inquiétude, voire à la panique des habitants. L’incendie s’est déclaré à 2 h 40, mais aucune information n’a par exemple été communiquée aux élus de la rive sud (Grand-Couronne, Saint-Étienne-du-Rouvray et Oissel-sur-Seine), pourtant limitrophes de l’usine Lubrizol. Aucune consigne claire ne leur est parvenue dans la journée, qu’il s’agisse de la scolarisation des enfants, de la méthodologie à appliquer dans les établissements recevant du public. De nombreux maires ont donc pris des mesures disparates qui ont parfois tourné à la cacophonie du fait d’informations parcellaires, voire contradictoires. Tout cela a participé à ce climat de défiance qui règne aujourd’hui.

Six jours après l’incendie, habitants et paysans sont toujours aussi inquiets des risques sanitaires. Que demandez-vous concrètement aux autorités ?

Hubert Wulfranc Les études d’impact opérées sur la qualité de l’air, de l’eau et des sols ne sont pas suffisantes. Il faut engager très rapidement des enquêtes supplémentaires qui doivent être co-construites avec les élus et les organisations professionnelles, tous ceux qui sont confrontés au problème. Le cahier des charges doit être élaboré très rapidement de manière à consolider, nuancer, voire infirmer les premières études officielles placées sous l’autorité des services de l’État. L’autre exigence majeure, c’est le suivi sanitaire individualisé, immédiat et durable des salariés, du secteur public comme du privé, qui ont été aux avant-postes de cette catastrophe, directement exposés aux fumées. C’est pour toutes ces raisons que j’ai demandé hier la création d’une mission d’information pour recueillir des témoignages, des éclaircissements complémentaires qui permettraient de prendre des mesures opérationnelles. Il faut aussi assurer une indemnisation rapide pour les agriculteurs.

En 2013, l’usine Lubrizol avait été condamnée pour « négligence » à 4 000 euros d’amende, après une fuite de gaz sur le site. Récemment, le préfet a pourtant donné son feu vert à des augmentations de capacité sans évaluation environnementale. Ce drame était-il évitable ?

Hubert Wulfranc Il faut attendre les conclusions des différentes enquêtes. Mais il est certain que ce drame s’inscrit dans un contexte où le gouvernement actuel a fragilisé les outils de prévention, que ce soit par l’affaiblissement des CHSCT et de l’autorité environnementale ou la loi sur le secret des affaires votée en juin dernier. Et puis, les sanctions infligées aux industriels en cas de défaillance dans leur usine sont très insuffisantes. Tous ces choix politiques du pouvoir macronien contreviennent aux défis sociaux et environnementaux.

Faut-il revoir les règles d’implantation de ces usines sensibles, comme l’a suggéré Bruno Le Maire ?

Hubert Wulfranc L’industrie pétrochimique a-t-elle sa place dans notre pays ? Oui, bien évidemment. Car, s’il ne s’agit pas d’exporter les risques, voire de les aggraver, dans les pays en voie de développement pour satisfaire des égoïsmes locaux de courte vue, l’enjeu, c’est donc d’imposer aux industriels des règles beaucoup plus strictes en matière de prévention des risques.

Entretien réalisé par Maud Vergnol

 

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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 05:35

 

Le régime de Nicolas Maduro ne reculerait ni devant le mensonge, ni devant les tripatouillages médiatiques, ni devant les manipulations multiples, nous assène-t-on quotidiennement. Un festival de « fake news » se tiendra même le 7 novembre prochain à Caracas. Le jury sera placé sous la présidence du quotidien espagnol « El País », celui-là même qui contrôle les éditions latino-américaines « Santillana », cette même entreprise qui fournit les manuels scolaires aux jeunes chiliens.

« El País », réticent depuis longtemps aux « fake news », préfère désormais s’impliquer et apporter une aide humanitaire aux peuples dans la misère. Le journal « El País » est en période d’apprentissage. Il a eu besoin de 7 mois pour publier une autocritique dans les médias de Tlaxcala. Le directeur espagnol du « País » a publié le 29 septembre 2019 (selon le site « Politika ») que l’information envoyée de Mexico était relative à une fausse nouvelle diffusée (à l’insu de son plein gré, sans doute) par « El País » en février dernier, il affirmait que le gouvernement vénézuélien « avait brûlé des camions d’aide humanitaire » à la frontière avec la Colombie. Cela nous rappelle les bébés roumains et le massacre de Timisoara.

L’information, envoyée depuis les bureaux mexicains du « País », fut légitimée par un éditorial du 25 février au sujet de « l’aide humanitaire au Venezuela ». « El País » affirmait : « Le régime a tombé le masque et montre son visage le plus répugnant, en brûlant des camions chargés de médicaments et d’aliments. » Le « Défenseur du lecteur », dans sa réponse, 7 mois plus tard, frise l’indécence et le ridicule en prétendant que les journalistes « étaient pris par d’autres informations d’importance », comme les coupures d’électricité au mois de mars dans ce même Venezuela. Le « Défenseur du lecteur » doit quand même présenter ses excuses au lectorat.

Le journal « El País », issu de l’antifranquisme tardif et de la « Transition » est aujourd’hui une sorte d’organe du PSOE, défenseur acharné du « système libéral ». Et tant pis si pour cela, il lui faut de nombreuses « fake news »... La liberté d’information fiable reste encore à conquérir. En Espagne comme en France.

 

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5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 15:01

 

C’était hier au siège de la FNSEA. Avec Richard Giradot, président de l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) et Dominique Chargé , président de Coop de France qui structure les coopératives agricoles, Christiane Lambert, présidente du syndicat paysan, présentait à la presse un texte commun intitulé « Pacte productif 2025 ». L’ambition affichée par les trois organisations est d’agir ensemble « pour une filière agricole et agroalimentaire française à la hauteur des enjeux de demain » pour reprendre le titre du document de remis aux journalistes. Mais le texte occulte les aspects les plus déterminants du contexte. 

Au premier abord, il y a dans ce document le constat de la situation actuelle et la volonté des trois organisations de travailler ensemble pour remonter la pente. Le constat est plutôt préoccupant. On y lit ceci dès les pages 4 et 5: « En 2000, la France était le 3ème pays exportateur de produits agricoles et agroalimentaires. Aujourd’hui notre pays est au 6ème rang mondial, dépassé successivement par l’Allemagne en 2006, le Brésil en 2011 et la Chine en 2013 (…) En valeur, la part des exportations alimentaires françaises dans les exportations totales de la zone euro s’est ainsi réduite de 6 points depuis le début des années 2000, en passant de 22% en 2001 à 16% en 2019».

Le texte omet de rappeler, qu’en 2004 et 2007, les pays d’Europe centrale à bas coûts de main d’œuvre sont entrés dans l’Union européenne. Sans avoir intégré la zone euro , la plupart d’entre eux sont des exportateurs de produits agricoles bénéficiant des bas coûts de main dans la vaste zone de libre échange qu’est le marché commun agricole. Voilà qui explique pour une bonne part les raisons du constat suivant en page 6 de ce document : « En France, de 1997 à 2017, les surfaces de légumes ont diminué de 14% (hors légumes secs) alors qu’elles ont progressé de 40% en Allemagne et de 25% aux Pays Bas. Au niveau des fruits, depuis 2010, les surfaces de vergers français ont enregistré une baisse de 7% toutes productions confondues et plus particulièrement de 29% pour les vergers de pêchers et 19% pour les vergers de pruniers ».

 

Des travailleurs détachés sous payés en Allemagne et en Espagne 

Ce recul peut avoir plusieurs explications qui se cumulent. Les travailleurs saisonniers, détachés et mal payés des pays d’Europe centrale sont nombreux en Allemagne, au Pays Bas et en Espagne, ce qui réduit le prix de la cueillette et du conditionnement. Parallèlement, les centrales d’achat des grandes enseignes françaises de la distribution importent plus que de besoin dans le seul but de créer une demande inférieure à l’offre sur le marché franco-français des fruits et légumes et au delà. Cela a pour conséquence de faire chuter les cours à la production, ce qui ne favorise pas l’installation des jeunes quand les anciens partent en retraite. Mais le document des trois organisations n’en dit pas un mot.

Du coup, il fait état d’un « coût du travail toujours élevé malgré des politiques récentes d’allègement des charges», en page 13 du document. Viennent à l’appui de cette affirmation les explications suivantes : « Dans les industries agroalimentaires, sur les dix dernières années, au sein de la zone euro, c’est en France que les charges employeurs ont augmenté le plus vite. Elles pèsent aujourd’hui jusqu’à 13% de la valeur ajoutée contre 10% pour l’ensemble de la zone euro. De manière plus spécifique, dans les filières où le déficit se creuse (fruits, légumes, volaille porc), le coût de la main d’œuvre a une influence particulièrement déterminante. L’hétérogénéité des règlementations sociales, particulièrement importante entre pays européens en matière de coût du travail peut constituer un premier élément de cette différenciation de coût. Le salaire minimum dans les secteurs agricoles, les cotisations patronales, l’hétérogénéité des règles sociales (licenciements procédures d’embauche, etc. ), sont autant de facteurs qui pèsent sur la compétitivité de certaines filières en France » nous disent d’une même voix l’ANIA, Coop de France et la FNSEA.

 

Les vraies raisons du manque de main d’œuvre dans l’agroalimentaire 

Faut-il alors aligner le salaire minimum de notre pays sur ce qui se pratique en Pologne, en Roumanie ou en Bulgarie ? Le texte commun ne le dit pas. En page 14, cette fois, il reconnaît que « les employeurs agricoles et agroalimentaires rencontrent des difficultés en matière de recrutement et de fidélisation des salariés. En 2018, 11% d’offres n’étaient pas pourvues. Et la situation semble se dégrader en 2019 : 16% d’offres non pourvues pour les six premiers mois de l’année. Pour l’industrie agroalimentaire 21.000 emplois ne trouvent pas preneur chaque année», lit-on dans ce texte commun.

Dès lors, on peut raisonnablement penser que précariser davantage les salariés et réduire encore leur rémunération ne facilitera pas les embauches sur les chaînes d’abattage de volaille, ou d’emballage des tomates et des pommes. Sans oser demander la baisse du SMIC, FNSEA, ANIA et Coop de France affirment que « pour continuer à produire (…) le secteur agricole a besoin d’être soutenu parce qu’il est en concurrence avec des pays européens ayant fait des choix différents » . Il faudrait donc « amplifier et pérenniser la dégressivité de l’allègement de charges patronales pour les salaires compris entre 1,2 et 1,6 SMIC » et autres mesures du même type.

 

Sortir les patrons de la seringue en y mettant leurs salariés

Occultant le fait que la grande distribution les maintient « dans la seringue » et que le vote de la loi Egalim le 2 octobre 2018 par la majorité parlementaire ne leur permettra pas d’en sortir, le document commun de ces trois organisations plaide pour que l’on fasse entrer les salariés de l’industrie agroalimentaire comme ceux de l’agriculture dans cette même seringue. Moyennant quoi, le document nous dit en page 18 que l’ambition commune des trois organisations est de « stopper le hausse des importations et augmenter de 60% les exportations de produits agricoles et alimentaires à l’horizon 2030». On reste ici dans une logique de concurrence mondiale mortifère qui , entre les importations massives de nourriture du bétail , d’engrais et de carburants par les pays membres de l’Union européenne pour ensuite exporter des produits finis , voire des animaux vivants vers des pays lointains, occulte totalement l’augmentation du bilan carbone de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire en France et en Europe. 

Mais cette question n’est pas traitée dans ce document, pas plus que la pauvreté et la précarité d’un nombre croissant de salariés qui a débouché durant l’automne 2018 par le mouvement des « gilets jaunes » , lesquels n’en pouvaient plus de travailler dur et d’avoir des fins de mois difficiles en même temps.

 

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