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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 09:15
Éric Vuillard « La peine infligée à Vincenzo Vecchi est faite pour terroriser »
Lundi, 21 Octobre, 2019

Justice.  Membre du comité de soutien à l’ex-altermondialiste italien, le romancier Éric Vuillard interpelle sur le sens d’une sanction de douze ans de prison, dissèque les failles dans les mandats d’arrêt européens et appelle la justice française à ne pas s’y soumettre.
 

 

Lauréat du prix Goncourt en 2017, Éric Vuillard ne connaissait pas personnellement Vincenzo Vecchi, arrêté début août à Rochefort-en-Terre dans le Morbihan, détenu depuis et menacé d’extradition vers l’Italie. C’est une amie qui l’a alerté sur le sort de ce quadragénaire, condamné en 2012 à douze ans de prison pour sa participation aux mobilisations contre le G8 de Gênes, en 2001, et à une manifestation dénonçant un rassemblement néofasciste à Milan, en 2006. Le romancier est immédiatement devenu un des membres actifs du comité de soutien mis sur pied par les copains et les voisins de Vincenzo Vecchi en Bretagne. À quelques jours d’une audience décisive, jeudi 24 octobre, à Rennes, il lance un vibrant appel : pour lui, dans cette affaire, tout illustre la sombre conjonction entre la répression du mouvement social et le recul des libertés individuelles que nous refusons collectivement de regarder en face depuis une vingtaine d’années.

Deux mandats d’arrêt européens ont été émis par l’Italie à l’encontre de Vincenzo Vecchi, le premier pour les faits de Milan en 2006 et le second pour le contre-G8 de Gênes en 2001. Dans les deux cas, le jeune homme, à l’époque, a été condamné sur la base d’un délit de « dévastation et saccage » introduit par les fascistes dans les années 1930… Pour quelles raisons, d’après vous, la justice française ne peut-elle pas entériner ces condamnations ?

 

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Éric Vuillard Ces condamnations s’appuient sur un principe, celui de l’incrimination collective, totalement étranger à notre droit. Normalement, la responsabilité pénale est personnelle : on ne peut être traduit en justice que pour des faits que l’on a commis soi-même. Il faut donc prouver, par des témoignages ou d’autres moyens, que la personne a commis un délit ou un crime. Mais Vincenzo Vecchi a été condamné sur d’autres bases, en vertu de dispositions du Code pénal italien datant de Mussolini. D’après ces textes, il suffit d’être identifié sur les lieux où se sont produits des dévastations et des pillages pendant une manifestation. À travers une simple photographie, si on croit vous identifier près d’une vitrine cassée, vous pouvez être reconnu coupable. De cette façon, on arrête et on condamne n’importe qui. C’est une manière de faire peur aux gens, de les empêcher de manifester. Si la France admettait la validité de ces mandats d’arrêt européens, cela signifierait qu’elle reconnaîtrait ce droit-là, totalement contraire à nos principes. Pour que ces deux mandats d’arrêt européens soient valables, ils devraient satisfaire au principe de la double incrimination : il faudrait que les deux droits nationaux, à la date des faits, soient assez semblables, c’est-à-dire que le même type d’infraction puisse aboutir, en France comme en Italie, au même type de condamnation. Or, en France, en 2001 ou en 2006, l’incrimination collective n’existe pas ; les magistrats français ont donc la possibilité de casser ces mandats d’arrêt européens.

Autre élément très problématique dans cette affaire, soulevé par le comité de soutien : Vincenzo Vecchi a déjà purgé la peine visée par l’un des deux mandats d’arrêt européens…

Éric Vuillard Absolument. Lors de la dernière audience, le 26 septembre, la défense a produit un document de la justice italienne prouvant que Vincenzo Vecchi a purgé la peine à laquelle il a été condamné pour sa participation à la contre-manifestation antifasciste de Milan en 2006. Il a fait sept mois de prison et le reste sous la forme d’une assignation à domicile. Ce document rend caduc le mandat d’arrêt portant sur les événements de Milan. En toute logique, la justice italienne aurait dû le retirer mais, au lieu de cela, elle a tenté de le justifier de façon assez alambiquée. L’idée est de faire passer Vincenzo Vecchi pour un récidiviste. Condamné pour la manifestation de Milan en 2006, il aurait « récidivé » au G8 de Gênes… en 2001 ! La justice italienne dévoie l’usage du mandat d’arrêt européen : elle admet que la peine est purgée, mais elle maintient ce mandat d’arrêt afin de tenter de justifier la peine de douze ans de prison qui concerne l’autre mandat d’arrêt, celui portant sur les événements de Gênes. Mais maintenir un mandat d’arrêt européen pour une peine déjà purgée, cela revient à détourner la procédure, à la corrompre.

À près de vingt ans du contre-G8 de Gênes, ce qui frappe également – et la menace d’extradition de Vincenzo Vecchi l’illustre –, c’est le décalage étourdissant entre les peines extrêmement lourdes infligées, en 2012, à une poignée de manifestants, dont Vincenzo Vecchi, et l’absolution pour les responsables policiers et politiques qui ont orchestré une répression sanglante…

Éric Vuillard Oui, à Gênes, la répression policière a été extrêmement violente. En 2017, le chef de la police italienne a lui-même reconnu que les policiers s’étaient rendus coupables d’« actes de torture ». Pour qu’un chef de la police en arrive à ce genre d’aveu, c’est que la répression a été hors normes. Et malgré la violence de celle-ci, malgré cet aveu, ce qui frappe, c’est l’asymétrie des peines. Pour les faits de Gênes, Vincenzo Vecchi est menacé d’une peine de douze ans de prison, alors que, dans les rangs de la police, les sanctions les plus sévères ont consisté en une suspension de la fonction publique pendant cinq ans. Pourtant, un manifestant est mort, tué par balles, des centaines de manifestants ont été grièvement blessés et il y a eu des actes de torture… Du côté des manifestants, les peines les plus lourdes concernent des attaques contre les biens, des enseignes saccagées, des vitrines cassées, des projectiles lancés. D’un côté, des dégâts matériels ; de l’autre, un mort. En principe, les sanctions les plus sévères punissent les violences physiques. Et là, c’est l’inverse.

Ce qui m’a particulièrement troublé ces dernières semaines, c’est l’effet qu’une lourde peine, douze ans de prison, peut avoir sur ceux qui en entendent parler. Douze ans de prison. C’est si considérable que cela crée une sorte d’effroi qui entrave la réflexion et interdit presque de s’identifier. Cet homme a bien dû commettre quelque chose, se dit-on, car un pays démocratique comme l’Italie ne condamnerait pas à une telle peine de prison pour rien. Eh bien, si !

Mais la littérature peut nous éclairer sur ce mécanisme, car elle vise à défaire ces réactions spontanées. Avec Jean Valjean, Victor Hugo déconstruit la crainte que l’on peut avoir du bagnard. Les peines lourdes ne sont pas toujours liées à un crime de sang. On peut n’avoir volé qu’une miche de pain. Ce n’est pas une fiction, c’est un fait divers dont Hugo s’est inspiré. Et il faut mille deux cents pages au XIXe siècle pour défaire la figure du bagnard, il faut nous faire traverser mille deux cents pages pour dissiper nos préjugés.

Or, avec Vincenzo Vecchi, nous avons affaire à une incrimination héritée de la période mussolinienne, cette incrimination est contraire aux principes élémentaires du droit, elle permet de condamner quelqu’un sans preuve, sur de simples photographies qui témoignent seulement qu’il était présent à la manifestation. Dans cette affaire, déclarer que « la peine est disproportionnée » ne convient pas, cette peine est délirante. Elle est faite pour terroriser.

À travers les menaces qui pèsent aujourd’hui sur Vincenzo Vecchi, vous appelez à ne pas nous « accoutumer au pire ». Qu’entendez-vous par là ?

Éric Vuillard Nous vivons une progressive destruction des libertés publiques. Chaque loi qui, depuis vingt ans, assure renforcer la sécurité de tous est une nouvelle atteinte aux droits fondamentaux. Ce qui arrive à Vincenzo Vecchi s’inscrit dans un mouvement de fond. Cette séquence s’est ouverte après le 11 septembre 2001. Mais Matteo Salvini, vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur en Italie, au moment où l’affaire Vecchi est relancée, ajoute à cette réduction de nos droits une tonalité encore plus inquiétante. Après la Seconde Guerre mondiale, nous avons vécu, pendant des décennies, en nous interrogeant sur la destruction des principes fondamentaux tout au long de l’entre-deux-guerres. Bien sûr, il ne s’agit pas du tout de dire que la situation actuelle nous amènera aux mêmes catastrophes. Mais, depuis la guerre, nous tâchions de regarder ce passé en face, nous tâchions de comprendre ce qui était arrivé pendant la montée du fascisme. Ce qui nous faisait défaut, c’était l’expérience de ce délitement. Notre trouble se manifestait souvent ainsi : « Comment a-t-on pu s’accommoder d’une telle dérive ? » C’était la question que nous nous posions. On ne saisissait pas bien le type de conscience ou de consentement à l’œuvre. On ne comprenait pas comment ces glissements s’étaient opérés… À présent, la situation s’est inversée : depuis près de vingt ans, on fait l’expérience d’une lente dégradation de nos libertés, des principes du droit, des droits fondamentaux.

Il est désormais possible d’assigner à résidence sans l’intervention du juge, l’état d’urgence a été prolongé deux années entières, une incarcération peut continuer alors qu’on a purgé sa peine, et la dénonciation moyennant rétribution a été pratiquée à grande échelle. Et puis, nous avons tous vu ces 150 enfants à genoux, les mains sur la tête, avec des policiers tout autour, et nous avons seulement qualifié cela d’« image choquante ». Ainsi, ce que l’on voyait auparavant sans le vivre, on le vit désormais sans le voir !

Qu’attendez-vous de la justice française dans l’affaire Vecchi ?

Éric Vuillard Il me semble que les magistrats français ont les moyens juridiques de ne pas se plier aux exigences de l’Italie : il y a la double incrimination que j’évoquais. C’est un moyen parmi d’autres. Les magistrats sont comme tout le monde, comme les écrivains, comme les journalistes : nous sommes responsables des décisions que nous prenons. Le droit, c’est un système de normes que l’on interprète. Prendre une décision qui fasse que, dans le droit français, n’entre pas la possibilité d’une incrimination collective, cela relève de leur responsabilité. Aux magistrats de ne pas se soumettre et de s’en tenir aux principes de leur discipline, protéger avant tout les libertés publiques, en interprétant le droit dans ce sens. Cela relève de leur liberté.

Éric Vuillard  Écrivain, auteur de la Guerre des pauvres, l’Ordre du jour et 14 Juillet (Actes Sud)

Entretien réalisé par Thomas Lemahieu

En frapper un pour en éduquer cent

Près de cent ans d’emprisonnement : c’est la peine globale que la Cour de cassation italienne a validé, en 2012, à l’encontre de dix manifestants présents à Gênes lors du contre-G8 de 2001, alors que tous les responsables politiques et policiers d’un véritable massacre – Carlo Giuliani, abattu par un gendarme, des centaines de blessés graves, humiliations, voire tortures – avaient, eux, bénéficié de classements sans suite ou de sanctions administratives… Vincenzo Vecchi, installé à Rochefort-en-Terre (Morbihan) depuis, fait partie de ces boucs émissaires. Lui-même a écopé de douze ans de prison : comme les autres, identifié après les événements sur la base de photos, il a été reconnu coupable de « dévastation et saccage », un délit introduit par les fascistes dans le Code pénal italien et réactivé par la droite depuis le début des années 2000, dans lequel la simple présence sur les lieux des incidents peut suffire, au nom du « concours moral », à justifier une dizaine d’années de prison ferme…

Éric Vuillard - La peine infligée à Vincenzo Vecchi est faite pour terroriser (L'Humanité, 21 octobre 2019)
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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 08:58
Penser avec Marx aujourd’hui, tome IV : « Le communisme » ?, première partie Lucien Sève La Dispute, 670 pages, 40 euros

Penser avec Marx aujourd’hui, tome IV : « Le communisme » ?, première partie Lucien Sève La Dispute, 670 pages, 40 euros

Essai. La métamorphose pour une visée communiste marxienne
Lundi, 21 Octobre, 2019

Dans son quatrième tome de Penser avec Marx aujourd’hui, le philosophe Lucien Sève s’attache à faire vivre le communisme au présent, ce qui nécessite une lutte de classe de haute intensité.

«Faire à nouveau rêver du communisme. » C’est sur ces mots que s’achève le nouveau livre de Lucien Sève. Pour y parvenir, faire retour sur « la visée communiste marxienne », à laquelle, chose étonnante, peu d’ouvrages se sont confrontés sérieusement. Marx et Engels vont déterminer le contenu de la visée communiste en l’opposant nettement au socialisme. C’est l’une des thèses majeures du livre de Lucien Sève : chez Marx et Engels, socialisme et communisme renverraient à deux courants distincts. Le socialisme s’accommoderait de la différenciation hiérarchique des statuts et des revenus, le communisme viserait la complète égalité sociale, c’est-à-dire la société sans classe. Le socialisme miserait sur l’État et sur sa capacité à transformer la société d’en haut, le communisme poserait la nécessité du dépérissement de l’État, entendue comme transformation et appropriation par le plus grand nombre des pouvoirs publics, etc.

Le futur est déjà présent à l’état d’esquisse

Autre thèse décisive, le communisme est compris comme une « visée » et non comme un « projet ». Marx s’est toujours refusé à faire du communisme un idéal, il le définit comme le « mouvement réel qui met fin à l’état de choses actuel ». Qu’est-ce à dire ? Que le futur est déjà présent à l’état d’esquisse. Il faut déceler les potentialités révolutionnaires du présent et lutter pour qu’elles deviennent réelles. Il faut être capable de déceler par exemple, au cœur de la grande industrie sous commandement capitaliste, la possibilité historique d’une diminution du temps de travail. Plutôt que de forcer l’histoire, donc, tenter de « l’orienter du dedans, à partir de son trajet à elle ». On pourrait penser aujourd’hui à ce qui s’annonce dans la révolution numérique. Outre le développement des forces productives, Marx voit dans le développement de l’individualité humaine un présupposé décisif du passage à une autre société. L’histoire témoigne en effet, sur le long terme, d’une immense métamorphose de la façon d’être homme en société. De « l’animal-troupeau » de l’humanité tribale à l’époque de Marx, l’individualité s’est enrichie, elle a accédé à plus d’autonomie, ce qui laisse entrevoir la possibilité de l’auto-émancipation et de l’autogouvernement. Reste que l’approfondissement de l’initiative individuelle est entravé par le capitalisme, qui ne permet qu’à une infime minorité d’y accéder pleinement.

Mais dire que le communisme doit s’ébaucher dès à présent ne signifie pas, insiste Lucien Sève à la suite de Marx, que l’histoire nous y conduit de toute nécessité. Les esquisses émancipatrices n’éclosent pas spontanément, elles supposent pour devenir réalité une lutte de classe de haute intensité. Ce qui ne veut pas dire action insurrectionnelle de courte durée. Marx et Engels se départirent très vite de cette vision de la transformation. La révolution est un processus de longue haleine, toute une époque d’évolutions révolutionnaires, de luttes violentes ou non, de rapports de forces.

Mais, et c’est un point central pour Lucien Sève, si les présupposés historiques du passage à une autre société ne sont pas donnés, alors aucune transformation ne peut être à l’ordre du jour. Le risque est alors de céder à la tentation volontariste de forcer l’histoire pour faire advenir le nouveau. « Marx et Engels ont vu fondamentalement juste » quant à ce qu’il fallait viser, mais ils se sont mépris sur les délais et les difficultés. Le futur que le Manifeste prétendait imminent « était impossible à atteindre avant longtemps ».

«Nous sommes illettrés »

À partir de cette double préoccupation, visée communiste d’une part et « maturité objective » du passage à une autre société d’autre part, Lucien Sève propose une lecture du court XXe siècle. Lénine se situe de plein droit dans la visée communiste marxienne. Mais Lénine va faire preuve d’une impressionnante lucidité en comprenant rapidement « l’immaturité historique du com munisme ». Les présupposés du passage au communisme n’existaient pas en Russie. Les forces productives étaient dans un état de délabrement extrême ; l’individualité était encore insuffisamment développée : « nous sommes illettrés », « nous ne sommes pas assez civilisés », ne cessait-il de répéter. Le temps n’était donc pas encore venu où la gestion des affaires publiques allait être accessible au premier venu. La Russie de Lénine ne pouvait être communiste.

Les régimes socialistes qu’on trouvera ailleurs et après se caractériseront plutôt par leur non-communisme, estime Lucien Sève, même s’ils pouvaient présenter parfois ici ou là certaines avancées sociales. Rien de la visée communiste marxienne ne s’y retrouve, ni le développement de forces productives de haut niveau, ni la promotion de l’individualité, ni le dépérissement de l’État. Si bien que désigner ces régimes et la visée marxienne d’un même mot relève pour Lucien Sève d’une falsification.

Florian Gulli Professeur de philosophie
Essai. La métamorphose pour une visée communiste marxienne (Florian Gulli - lundi 21 octobre - L'Humanité)
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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 08:52
Infographie Humanité - 18 octobre 2019

Infographie Humanité - 18 octobre 2019

Inégalités. Sous le quinquennat Macron, 9 millions de pauvres en France
Vendredi, 18 Octobre, 2019

Une étude de l’Insee met en avant une augmentation du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. La plus forte progression depuis 2010, selon l’institut.

 

C’est la fin d’un secret de Polichinelle. Les réformes économiques et fiscales du gouvernement creusent les inégalités et accroissent la pauvreté. C’est ce que démontre une note de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) parue mercredi 16 octobre, intitulée « Estimation avancée du taux de pauvreté et des indicateurs d’inégalités ». Dans son étude, l’institut fait une évaluation du coefficient Gini, un outil statistique qui permet de calculer les écarts de revenus. En 2018, l’indice de Gini progresse de 0,005 point pour atteindre 0,294. C’est la première fois qu’autant de Français vivent sous le seuil de pauvreté depuis 2010.

Comment expliquer cette tendance sombre ? La hausse de l’indice de Gini est le fruit de la réforme du prélèvement forfaitaire unique (PFU), la flat tax qui limite à 30 % la taxation sur tous les revenus du capital. Cet allègement fiscal a généré un gain de 1 000 euros au profit des 5 % « les plus aisés », précise la note. Grâce au PFU, les versements des dividendes en 2018 ont largement grimpé à hauteur environ de 60 %, selon l’Insee. Rien qu’avec ces deux mesures, cet indice grimpe de 0,004 point. Le PFU est donc un mécanisme bien huilé pour aggraver les inégalités. Contrairement aux promesses du gouvernement, ces gains n’ont pas été réinvestis dans « l’appareil productif ». Point important, l’étude de l’Insee ne prend pas en compte les effets de la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune.

Les plus bas revenus sont les grands perdants des politiques économiques et fiscales

À cette hausse des inégalités, s’ajoute la progression de la pauvreté. Cette augmentation est surtout portée par la baisse des APL dans les logements sociaux, selon l’Insee. Une diminution qui « aurait le plus fort effet sur l’évolution du taux de pauvreté (+0.4 point environ) », relève l’étude. Toutefois, cette hausse est à relativiser car elle ne prend pas en compte la baisse des loyers. Le taux de pauvreté est calculé seulement sur les revenus, une diminution des dépenses n’étant pas prise en compte. L’Insee estime ainsi que l’indice de pauvreté s’élève à 14,3 %, soit 0,2 point de plus qu’en 2017. Au total, pas moins de 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en 2018.

Les plus bas revenus sont les grands perdants des politiques économiques et fiscales. « Les mesures sur les prélèvements, comme la baisse de la taxe d’habitation, la bascule CSG/cotisations et l’extension du crédit d’impôt pour l’emploi de salariés à domicile aux retraités, bénéficieraient davantage aux ménages au-dessus du seuil de pauvreté », indique la note. Ces dispositifs « contribueraient donc à la hausse du seuil et du taux de pauvreté », ajoute l’Insee. Que ce soit la hausse de 50 euros en 2018 de l’allocation adulte handicapé, ou celle de l’allocation de solidarité pour les personnes âgées, revalorisée de 30 euros, ces mesures n’améliorent pas la situation des plus fragiles. Et les coupes successives dans les prestations sociales sont trop importantes pour compenser les pertes de revenu. « Avec 2 milliards mobilisés par an, la stratégie de lutte contre la pauvreté n’est pas à la hauteur des enjeux sociaux, c’est deux fois moins que les cadeaux fiscaux aux plus riches… Nous avons une pauvre politique pour les pauvres », a résumé Louis Maurin, fondateur de l’Observatoire des inégalités.

Les ultra-riches, eux, voient leur revenu en hausse de 2 % en 2020

Même si le gouvernement a lâché quelques miettes pour calmer les colères des gilets jaunes, les mesures fiscales annoncées restent favorables aux plus riches. C’est ce que souligne la nouvelle étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) de l’École d’économie de Paris, qui s’est penchée sur « les impacts du budget 2020 sur les ménages et les entreprises ». Pour les Français situés entre les 3 % et les 20 % les plus riches, le revenu augmente à hauteur de 1 %. Les ultra-riches, eux, voient leur revenu en hausse de 2 % en 2020, soit un gain de près de 4 500 euros. Le ruissellement promis par Emmanuel Macron fonctionne donc à merveille, pour les plus aisés.

Lola Ruscio
Inégalités. Sous le quinquennat Macron, 9 millions de pauvres en France (Lola Ruscio, L'Humanité, 18 octobre 2019)
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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 08:44
Irène Frachon au débat de la fête de l'Huma Paris le 11 septembre 2016 sur l'espace PCF Bretagne sur le médicament avec Christiane Caro, Fabien Cohen

Irène Frachon au débat de la fête de l'Huma Paris le 11 septembre 2016 sur l'espace PCF Bretagne sur le médicament avec Christiane Caro, Fabien Cohen

Irène Frachon au débat de la fête de l'Huma Paris le 11 septembre 2016 sur l'espace PCF Bretagne sur le médicament avec Christiane Caro, Fabien Cohen

Irène Frachon au débat de la fête de l'Huma Paris le 11 septembre 2016 sur l'espace PCF Bretagne sur le médicament avec Christiane Caro, Fabien Cohen

 Irène Frachon : « J’ai échappé de peu à la tromperie de Servier »
Jeudi, 17 Octobre, 2019
Alexandre Fache

Procès. Appelée à témoigner, mercredi, au procès du Mediator, la lanceuse d’alerte Irène Frachon a raconté son combat pour révéler un scandale sanitaire qui n’aurait jamais dû exister.

Les douze ans de combat d’Irène Frachon contre le Mediator du groupe Servier, depuis la première victime identifiée dans son service de pneumologie de l’hôpital de Brest, en 2007, jusqu’au mégaprocès qui se tient depuis le 23 septembre, et pour au moins six mois, au palais de justice de Paris, annonçait une audience fleuve, mercredi, à l’occasion du témoignage de la lanceuse d’alerte. Le moins que l’on puisse dire est qu’on n’a pas été déçu. Pas moins de trois heures se sont ainsi écoulées avant que la présidente, Sylvie Daunis, n’accorde une première pause, dans cette audience démarrée un peu après 13 h 30, devant une salle comble. Trois heures pendant lesquelles Irène Frachon est revenue méthodiquement sur sa découverte d’un scandale sanitaire parmi les plus retentissants que la France ait connus… et ses difficultés à le faire émerger, du fait du « déni inébranlable de Servier » et de l’attentisme coupable de l’Agence du médicament.
À l’audience, la pneumologue avait beaucoup de choses à dire

Pantalon beige et veste marron, la pneumologue est arrivée dans la salle 2.01 du palais de justice de Paris avec une petite valise à roulettes et une clé USB pour projeter des documents. « Je vais vous raconter comment je me suis inquiétée de la toxicité du Mediator et comment, en obtenant ou pas des documents, j’ai eu la confirmation de cette toxicité », a-t-elle résumé, en prévenant que son exposé serait sans doute « plus technique et plus complet » que celui couché par écrit dans son livre, publié en 2010, Mediator 150 mg, Combien de morts ? Technique, c’est sûr, son témoignage l’aura été, quand, à coups de schémas et de tableaux projetés sur l’écran de la salle – barbares pour le commun des mortels –, la pneumologue tentera d’expliquer les mécanismes d’action destructeurs des dérivés de la fenfluramine, dont deux furent retirés du marché (Isoméride et Pondéral) en 1997 en France, quand un troisième, le Mediator, allait poursuivre douze ans de plus sa carrière mortelle.

« Ça va, je ne vais pas trop vite ? » s’inquiétera à plusieurs reprises Irène Frachon en regardant la présidente, Sylvie Daunis. « Je vous préviendrai », répondra la magistrate une première fois, avant, deux heures plus tard, d’avouer : « Euh, non là ça ne va plus, on n’arrive plus à noter. » C’est que la pneumologue, dont l’histoire a été adaptée à l’écran en 2016 dans la Fille de Brest, mais aussi au théâtre dans la pièce Mon cœur, mise en scène en 2017, avait beaucoup, beaucoup de choses à dire. Après un petit exposé sur sa vision de la médecine, l’intérêt de la pharmacovigilance et ce qu’est une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), cette maladie rare devenue sa spécialité, Irène Frachon a raconté les prémices de sa salutaire découverte. « En 1990, j’arrive dans le service de pneumologie de l’hôpital Antoine-Béclère, LA référence en France pour les HTAP. J’ai été très frappée de voir l’inquiétude qui régnait dans ce service. » Les médecins voient arriver des cas de plus en plus nombreux de jeunes femmes touchées par cette maladie. Une véritable épidémie. Un article est publié en 1993, sans conséquence. « Servier ne veut rien entendre. Et les autorités de santé sont pétrifiées », constate Irène Frachon. Ça ne sera pas la dernière fois.

Et quand le groupe Servier ne veut rien entendre, il a des moyens bien à lui de le faire savoir, a aussi rappelé mercredi la lanceuse d’alerte. « Ses menaces étaient incroyables », a-t-elle raconté, citant les cas de ce journaliste du Parisien, Éric Giacometti, ou d’une juriste belge, soutiens de victimes de ces produits, qui ont reçu « des photos de leurs enfants devant leur école ». « Après ça, la juriste belge a complètement disparu du dossier », note Irène Frachon, qui évoque aussi les pratiques de « harcèlement » du groupe, de « falsification » des traductions de la littérature médicale ou, plus largement, de « pressions » sur l’ensemble de la chaîne de pharmacovigilance.
« Aujourd’hui, je suis comme les victimes, inconsolable »

Suffisamment pour exonérer l’Agence du médicament (Afssaps à l’époque), elle aussi au banc des accusés dans ce procès ? Certes pas. « La première fois que j’ai été reçue là-bas, en juin 2009, après mes alertes, on m’a dit de “faire court”, se souvient Irène Frachon. J’ai quand même suggéré qu’il fallait envisager le retrait du Mediator. On m’a dit : “Mais madame, on ne retire pas comme ça un médicament !” »

Cinq mois plus tard, la pneumologue obtiendra pourtant l’interdiction du produit de Servier, abattant un à un les obstacles mis sur sa route par le laboratoire et son allié alors au garde à vous, l’Agence du médicament. « La puissance de ce laboratoire faisait qu’il ne fallait pas trop y toucher », tente d’expliquer aujourd’hui la pneumologue, qui rappellera aussi, à l’audience, que « dénoncer ce scandale (l’avait) marginalisée de manière majeure dans le monde médical ».

Pressée par le tribunal d’en terminer avec sa déclaration liminaire, Irène Frachon a conclu, hier, par ces mots inquiets : « J’ai échappé de très peu à la tromperie de Servier. Ça me fait froid dans le dos de voir à quoi cela a tenu, à très peu de choses. Aujourd’hui, je suis comme les victimes, inconsolable. Des victimes qui ne pourront pas parler ici parce que Servier a acheté leur silence, en conditionnant les indemnisations à ce silence. J’espère que ce procès tardif sera utile pour protéger les patients face à la firme Servier. »
Alexandre Fache

Lire aussi:

Irène Frachon: Servier était plus puissant que l’Agence du médicament (Rozenn Le Saint, Médiapart, 22 septembre 2019)

Irène Frachon - 17 octobre 2019: J'ai échappé de peu à la tromperie de Servier (Alexandre Fache, L'Humanité, 17 octobre 2019)
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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 07:42
Municipales. La « liste de gauche » officialise

Il y a quelques jours, Matthieu Guillemot, élu d’« Une vraie gauche pour Carhaix », indiquait dans nos colonnes que « des pourparlers étaient d’actualité en vue de la constitution d’une liste de gauche » aux élections municipales de mars 2020 à Carhaix. Ce dimanche, un communiqué officialise la candidature de cette liste. « Soutenue par le Nouveau parti anticapitaliste, le Parti communiste, la Parti socialiste et la France insoumise dans un premier temps, cette liste de gauche a pour ambition de doter Carhaix et la communauté de communes d’élus à l’écoute des populations », est-il écrit.

« Dans un respect mutuel et sans hégémonie de l’une des composantes », cette liste se veut « ouverte à tous ceux et toutes celles qui ont à cœur les valeurs de gauche » avec l’objectif de gérer la commune « dans un souci social et écologique ». Elle entend par ailleurs œuvrer « avec l’ensemble des associations et être un interlocuteur soucieux d’un dialogue franc et respectueux ».

La liste, dont le nom sera dévoilé ultérieurement, indique qu’elle présentera les grandes lignes de son programme, dans les prochaines semaines et promet qu’elle « aura à cœur de gérer dans l’intérêt de toutes et de tous ».

Au moins deux autres listes seront en lice aux élections municipales de mars 2020 : celle du maire sortant Christian Troadec et la liste « Un temps d’avance pour Carhaix-Plouguer » menée par Jérôme Yvinec.


Contact
carhaixment.a.gauche@orange.fr

Élection municipale de 2020.

Communiqué

La presse s’en est fait l’écho. En mars 2020 une liste de gauche était envisagée. C’est chose faite.

Soutenue par le NPA, le PCF, le PS et la F.I, dans un premier temps, cette liste a pour ambition de doter Carhaix-Plouguer et la communauté de communes d’élus à l’écoute des populations.

Dans un respect mutuel et sans hégémonie d’une des composantes, cette liste se veut ouverte à tous ceux et toutes celles qui ont à cœur les valeurs de gauche.

L’objectif étant de gérer la commune dans un souci social et écologique. Cette liste de gauche entend œuvrer avec l’ensemble des associations et d’être un interlocuteur soucieux d’un dialogue franc et respectueux.

Dans les prochaines semaines, cette liste dévoilera les grandes lignes de son programme. Avec une pratique démocratique, cette liste aura à cœur de gérer dans l’intérêt de toutes et de tous.

Contact : carhaixment.a.gauche@orange.fr

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 13:43
Devoir de mémoire: commémoration des fusillés de Châteaubriant, communistes et cégétistes, ce 20 octobre
Devoir de mémoire: commémoration des fusillés de Châteaubriant, communistes et cégétistes, ce 20 octobre

On oublie pas :

Le 22 octobre 1941, dans la carrière de Châteaubriant, 27 résistants tombaient sous les balles des pelotons d’exécution hitlériens.
Les 27 de Châteaubriant étaient des élus, des militants communistes, des dirigeants de la CGT.

Le plus jeune, le lycéen Guy Môquet, avait 17 ans. Ils avaient été arrêtés par la police française et choisis par le ministre de l’Intérieur de Pétain, le sinistre Pucheu, sur demande des autorités locales de la collaboration avec l’ennemi.

Parmi ces martyrs, deux montargois tombèrent sous les balles nazies, tous deux militants communistes, résistants : Raymond Laforge, instituteur à l’école Pasteur pédagogue du mouvement Freynet à Montargis et Raymond Tellier, élu d’Amilly artisan imprimeur rue du Loing à Montargis.

L’hommage que nous leur rendons, chaque année, rappelle le sens de l’engagement et du sacrifice qui fût le leur et celui de tous leurs camarades de la Résistance.

Un car partait du Finistère, de Concarneau, ce matin.

Nous n'oublierons jamais! : le 22 octobre 1941, à Châteaubriant, 27 otages choisis par Vichy pour être fusillés par l'armée allemande parce qu'ils étaient communistes et cégétiste

"A propos d'une ignominie: être dignes des 27": Pierre Le Rose rend hommage à Pierre Guéguin et Marc Bourhis, fusillés de Chateaubriant concarnois (L'Unité, journal communiste de Concarneau, novembre-décembre 1979)

Devoir de mémoire: commémoration des fusillés de Châteaubriant

Dimanche 20 Octobre 2019 aura lieu la commémoration de Châteaubriant.

Il y a 78 ans, le 22 octobre 1941, 50 résistants sont fusillés par l’armée allemande sur ordre du Führer Adolf Hitler, en représailles de la mort du Feldkommandant de Nantes, Karl Hotz, tué deux jours plutôt par des résistants français. Ce jour-là, à Châteaubriant, ce sont 27 résistants que l’armée allemande fusille.

 

Parmi eux, le célèbre Guy Moquet, âgé seulement de 17 ans, Jean Grandel, Maire de Gennevilliers, ou encore Jean-Pierre Timbaud, grand responsable de la CGT… L'écho de leur assassinat dépassa les frontières françaises, allant jusqu'à provoquer des réactions auprès de Churchill et Roosevelt. Ce jour-là, avec ce massacre, les nazis et le gouvernement français pensaient faire taire toute résistance, mais ce fut le contraire, beaucoup décidèrent de franchir le pas et entrèrent en résistance.

Cette cérémonie, organisée depuis la libération, rassemble des témoins de la seconde guerre mondiale, mais aussi des actrices et acteurs de la mémoire venu·e·s de toute la France.

 

A l'heure où le Parlement Européen adopte un texte mettant sur le même plan nazisme et communisme, rendant illégale "l'apologie du communisme", à l'heure où certain.e.s récupèrent l'histoire de la résistance pour justifier leur théorie nauséabonde, ou encore pour expliquer l'abandon de leurs alliés d'autrefois à l'ennemi... à l'heure où tout repère idéologique se perd, il est primordial que les communistes ne désertent pas le terrain mémoriel : c’est l'histoire de la France, mais c’est aussi notre histoire.

En effet, l'Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt a été créée par le MJCF, le PCF et la CGT. Depuis sa création, elle n'a cessé de faire vivre les valeurs de la résistance, et la mémoire de celles et ceux qui ont combattu, trop souvent au péril de leur vie, pour un idéal de société, que nous défendons encore aujourd'hui.

Se souvenir ce n'est pas ressasser le passé, c'est construire une société plus juste, en sachant d'où l'on vient. Car comme le disait Karl Marx "celui qui ne connait pas l'histoire est condamné à la revivre".

Devoir de mémoire: commémoration des fusillés de Châteaubriant, communistes et cégétistes, ce 20 octobre
Devoir de mémoire: commémoration des fusillés de Châteaubriant, communistes et cégétistes, ce 20 octobre
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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 13:17
Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Ce samedi midi, à l'appel du collectif Rojava du Pays de Morlaix une trentaine de personnes se sont rassemblées sur le kiosque place des Otages. A Brest, 150 personnes ont manifesté place de la Liberté samedi après-midi.

Pour que vive le Rojava: Stop Erdogan!

La situation du Rojava est catastrophique. Les combats ont atteint un niveau de brutalité exceptionnel comme en témoignent le nombre de victimes civils et militaires et l'exode des 160 000 déplacés dont 70 000 enfants annoncés par l'ONU. Le Rojava pacifiste, féministe, démocratique et progressiste agonise entraînant dans sa chute une nouvelle phase de violence en Syrie, au Moyen-Orient mais aussi dans le monde.

Les Etats-Unis de D. Trump parachèvent depuis le 13 octobre leur désengagement, livrant les populations et les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) au feu de l'armée turque et à la sauvagerie de ses supplétifs djihadistes. Des villageois sont exécutés froidement alors qu'une dirigeante kurde a subi le martyr avant de succomber. Certains djihadistes sont parvenus à s'enfuir des camps de rétention sous contrôle kurde et s'engagent déjà aux côtés d'Ankara ou rejoignent les cellules de Daesh.

Face à cette situation, les FDS et le commandement des YPG ont dû faire appel, sous les auspices de la Russie, au régime syrien qui a dépêché l'envoi de contingents à la frontière turque.

Pour les Kurdes, contraints et forcés, l'objectif de cet accord est d'empêcher la transformation du Rojava en djihadistan et "de sauver la vie de millions de Kurdes. Il s'agit d'un compromis douloureux mais entre le compromis et le génocide du peuple kurde nous choisissons la vie".

Bachar al-Assad se frotte les mains et capitalise ainsi l'affaiblissement des Kurdes qu'il qualifiait voici peu de "traîtres". Le tyran de son peuple entend briser l'expérience d'autonomie démocratique en rétablissant sa féroce autorité dont les Kurdes ont déjà payé un lourd tribut.

L'engrenage guerrier s'amplifie et peut dégénérer à tout instant.

Si les protestations internationales d'ampleur sont à souligner, elles demeureront inefficaces si elles en restent là. R.T. Erdogan continuera à avoir les mains libres. Il faut donc tout faire pour stopper cette offensive criminelle en tenant compte du rapport de force mouvant pour imposer un cessez-le-feu, l'arrêt des combats et le départ de la Turquie du sol syrien.

Notre mobilisation doit répondre avant tout aux demandes des Kurdes exprimées par Ilham Ahmed, co-présidente du Conseil démocratique syrien. Pour elle "seule l'ONU peut empêcher que notre précieux projet de démocratie ne soit réduit en poussière" (The Independant, 11 octobre 2019).

Les Kurdes exigent l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne sachant que, pour l'instant, seuls les Etats-Unis, qui ont les trahis, sont en capacité de l'imposer alors qu'ils sont sur le retrait.

La France et l'Union européenne doivent poursuivre leur aide aux Kurdes mais aussi:

  • retourner devant le Conseil de Sécurité de l'ONU pour faire reconnaître le rôle des Kurdes dans la lutte contre Daesh et entériner l'autonomie démocratique en les plaçant sous protection internationale.
  • établir un dialogue avec la Russie dans la perspective d'une paix durable dans laquelle les droits des Kurdes seront préservés.
  • frapper la Turquie par des sanctions radicales et cela commence par un véritable embargo sur les armes, y compris celles dont les commandes sont déjà enregistrées, et l'inscrire dans la durée. Tous les contrats et accords de coopération doivent être rompus.
  • geler les avoirs personnels d'Erdogan.
  • avec le HCR protéger les réfugiés qui fuient les combats en aidant les pays d'accueil (Liban, Irak) et leur garantir un accueil digne en Europe s'ils le souhaitent.

La situation appelle à une grande responsabilité. La No Fly Zone oui mais en aucun cas un engagement militaire qui ne ferait qu'ajouter la guerre à la guerre. L'urgence est de rassembler les pays qui expriment leur opposition à l'intervention turque mais aussi avec la Russie.

Le désastre actuel réside également dans les capitulations successives de la France et des pays de l'Union européenne face à l'arrogance et à la dictature de R.T. Erdogan. Externaliser et confier le sort des migrants à la Turquie a justifié toutes les bassesses et les turpitudes. Personne n'ignorait la volonté de R.T. Erdogan de "dé-kurdifier" l'est de l'Euphrate et de procéder à un nettoyage ethnique comme cela a été le cas à Afrin. Comment prétendre méconnaître le mépris de la justice, du droit, des institutions et la destruction de la démocratie quand des milliers de démocrates croupissent dans les prisons turques dont le leader kurde S. Demirtas? Comment donner du crédit au président R.T. Erdogan honni par une frange croissante de sa population et sanctionné par les urnes?

Il est temps qu'un vaste débat s'ouvre dans le pays et au Parlement sur la politique internationale et de défense de la France, mais aussi sur son rôle et sa place au sein de l'OTAN. Que fait la France au sein du Commandement intégré de cette organisation?

Le Parti communiste français (PCF) ne ménagera pas ses efforts de solidarité avec le peuple kurde, avec la population de Rojava. Il est à leurs côtés, indéfectiblement, pour mettre un terme à la guerre, épargner les souffrances des populations, imposer leurs droits légitimes, l'intégrité souveraine d'une Syrie démocratisée.

 

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 13:05
Jeudi 31 octobre - Quel avenir pour la Palestine? - Leïla Shahid et Claude Léostic à la fac Ségalen de Brest à 18h30

Invitation de l'AFPS de Brest

Après le Festival du Livre de Bretagne de Carhaix, LEILA SHAHID restera pour quelque jours en Finistère. Celles et ceux qui n'auront pas pu l'écouter  (ce qui est toujours passionnant !) à Carhaix, pourront se rattraper le JEUDI 31 OCTOBRE à BREST où, elle est invitée par les Groupes AFPS de Brest et Morlaix pour une "conversation publique" sur l'avenir de la Palestine. Un échange qui se fera à la fois avec le public et notre amie CLAUDE LEOSTIC, présidente de l'AFPS de Brest. Un rendez-vous à ne surtout pas manquer pour lequel nous organiserons un covoiturage à partir de Morlaix.

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 12:58
COMMUNIQUE DE PRESSE
 
SNCF : "Plutôt que de polémiquer, le gouvernement et la SNCF doivent assurer la sécurité des usagers" (Fabien Roussel)
 
Le gouvernement et la direction de la SNCF font le choix de la polémique en dénonçant le droit de retrait des cheminots, suite à l'accident qui a provoqué 12 blessés dans un TER dont  le conducteur était seul à pouvoir assurer la sécurité de tous les voyageurs.
 
Au lieu de mettre en justice les cheminots, la SNCF ferait mieux de se préoccuper d'assurer la sécurité des usagers. C'est la seule chose qui devrait compter !
 
Ce droit de retrait est l'ultime moyen pour les cheminots, malheureusement, pour se faire entendre concernant ce choix terrible de la SNCF de faire circuler des trains avec un seul agent à son bord.
 
Cela fait des mois qu'ils interpellent leur direction et le gouvernement.
 
Le mépris et les provocations de leur direction sont insupportables .
 
Le gouvernement et le premier ministre feraient mieux de donner des moyens à la SNCF plutôt que de dénoncer des cheminots qui défendent un service public des transports sûr et garanti.
 
Dans cette période de tension, nos amis cheminots ont besoin de tout notre soutien.  Expliquons aux usagers les raisons de cette colère .
 
Résistons tous ensemble !
 
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF,
 
Paris, le 19 octobre 2019
SNCF : Plutôt que de polémiquer, le gouvernement et la SNCF doivent assurer la sécurité des usagers (Fabien Roussel)
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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 12:51
Brexit : L'opposition parlementaire inflige une nouvelle défaite à Johnson (PCF)
 
L'opposition parlementaire, au premier rang de laquelle figure Jeremy Corbyn, vient d'infliger une nouvelle défaite à Boris Johnson. L'accord que le premier ministre a négocié avec l'Union Européenne ne pourra être
approuvé par le Parlement qu'avec la totalité du paquet législatif d'application du Brexit, ce qui implique une nouvelle extension du Brexit.
 
Boris Johnson et les conservateurs sont seuls responsables de cette situation. Le Brexit ne peut pas être le prétexte à de nouvelles régressions sociales et écologiques après de nombreuses années d'une
politique extrêmement brutale d'austérité menée par Tony Blair et les gouvernements conservateurs. L'accord tel qu'il est proposé aujourd'hui ouvre la porte à de nouvelles remises en cause des droits des
travailleurs, des normes environnementales et des règles de sécurité alimentaire ; il rend possible la mise en coupe réglée de la sécurité sociale britannique, déjà fortement attaquée par les conservateurs, par
les intérêts privés, notamment états-uniens.
 
Boris Johnson doit maintenant obtempérer, sinon il portera la responsabilité d'un approfondissement de la crise.  
 
Les heures et les jours qui viennent vont être déterminants. Le PCF réaffirme sa solidarité avec Jeremy Corbyn et la gauche politique et sociale britannique qui se mobilise actuellement contre la politique
conservatrice qui n'a pour seul objectif que d'infliger de nouvelles régressions au peuple de Grande-Bretagne.  
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 19 octobre 2019.
Brexit : L'opposition parlementaire anglaise emmenée par Jeremy Corbyn inflige une nouvelle défaite à Johnson (PCF)
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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
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