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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 19:14
 Communist'Art: Soy Cuba - Un film de Michail Kalatozov, une émotion visuelle incroyable qui laisse enchantés et déconcertés - la chronique cinéma d'Andréa Lauro
 Communist'Art: Soy Cuba - Un film de Michail Kalatozov, une émotion visuelle incroyable qui laisse enchantés et déconcertés - la chronique cinéma d'Andréa Lauro

« Soy Cuba » - Un film, une émotion visuelle incroyable qui laisse enchantés et déconcertés

À Cuba, le cinéma est arrivé en janvier 1897 grâce à Gabriel Veyre, représentant des Frères Lumière. La première projection eut lieu à La Havane et le mois suivant le premier film fut tourné sur l’île : la simulation de l’intervention des pompiers dans une ville.

En 1898, après la fin de la guerre hispano-américaine, fut réalisé le premier court-métrage El brujo desapareciendo œuvre de l’acteur José Esteban Casasús, suivi des films d’Enrique Díaz Quesada, le cinéaste le plus significatif de l’époque du muet, auteur de nombreux documentaires et du premier long métrage cubain Manuel García, rey de los campos de Cuba (1913). Sa production massive a été détruite en 1923 par un incendie quelques mois après sa mort. Le travail de Ramón Peón a également été remarquable. Mais le cinéma hollywoodien monopolisait le secteur de la distribution, facteur qui s’accentua avec l’ascension du pouvoir de Fulgencio Batista qui gouverna sans cesse l’île, protectorat USA, de 1933 à 1959.

Ce n’est pas par hasard que le véritable développement du cinéma cubain a eu lieu seulement après la Révolution dirigée par Fidel Castro et Ernesto « Che » Guevara, qui avaient montré plus d’un intérêt pour le septième art, faisant reprendre leur action dans les années de la révolution par Julio García Espinosa. En 1959 fut fondé l’ICAIC (Institut cubain de l’Art et de l’Industrie Cinematográficos), l’Institut du cinéma d’État né pour organiser, établir et développer l’industrie cinématographique, et produire et distribuer les films cubains. L’ICAIC, dirigé par Alfredo Guevara, collabore avec des cinéastes européens (dont l’italien Cesare Zavattini) et soviétiques (dans la période de plus grande collaboration entre les deux pays). De l’une de ces collaborations est né le film cubain le plus important et connu, Soy Cuba dirigé par le soviétique Michail Kalatozov.

Auteur de Letjat zhuravli (Quand passent les cigognes, 1957), Palme d’or au Festival de Cannes en 1958, Michail Konstantinovic Kalatozov (Tbilissi, 28 décembre 1903 – Moscou, 27 mars 1973), le moins staliniste parmi les réalisateurs soviétiques, eut l’idée de tourner un film sur Cuba dès 1961 à la suite de sa première rencontre avec le Directeur de l’ICAIC Alfredo Guevara.

Soy Cuba (littéralement Je suis Cuba) a pris forme lorsque Fidel Castro même a commandé le film pour célébrer les fastes du système politique cubain et les horreurs de l’ancien régime de Batista. Ils ont également travaillé au projet le poète soviétique Evgenij Aleksandrovic Evtušenko et l’écrivain cubain Enrique Pineda Barnet qui ont édité le scénario, Carlos Fariñas qui a composé la musique poignante et Sergey Urusevsky méticuleux directeur de la photographie qui avait déjà travaillé avec Kalatozov pour Quand passent les cigognes. Après quatorze mois de travail et la collaboration de Mosfilm de Moscou, le film est sorti dans les salles.

Suite à un bref prologue, présenté par la « voix de Cuba » (la voix est de Raquel Revuelta) qui accompagnera tout le film, Soy Cuba raconte quatre histoires de violences et d’abus qui se déroulent dans les derniers jours du régime de Batista. Dans la première, la jeune Maria (Luz María Collazo) est contrainte par la misère de se prostituer avec les riches Américains, entre alcool et night-clubs; dans la deuxième, le pauvre paysan Pedro (José Gallardo), informé que la terre qu’il cultive a été vendue à United fruits, met le feu à toute la plantation; dans la troisième histoire, Enrique (Sergio Corrieri, puis membre du Comité Central du Parti Communiste Cubain et député) renonce à tuer le chef de la police, qui ensuite le tue lâchement lors d’une manifestation. Dans le quatrième et dernier épisode Mariano, qui vit dans la Sierra avec sa famille, se joint aux barbudos après la mort de l’un de ses quatre enfants.

Influencé par le Cinema Novo brésilien, le néoréalisme italien, la nouvelle vague française et les images d’Orson Welles, Kalatozov (s’accordant de larges nuances artistiques) réalisa un chef-d’œuvre en enregistrant la ferveur politique du moment. Pure distillation de cinéma, habilement embellie par une photographie expérimentale qui convertit chaque image en une exception visuelle, le film a été agrémenté par la technique soviétique, des cadres « obliques », des longs et « acrobatiques » plans séquence, inoubliable la reprise de l’enterrement de l’étudiant montrant la douleur d’un pays entier.

Le réalisateur déclara qu’il voulait réaliser une fresque exhaustive, quelque chose, si ce n’est pas trop ambitieux, comme les Rougon-Macquart d’Émile Zola, mais la première et unique coproduction Cuba-URSS fut vivement critiquée à sa sortie. Les cubains rebaptisèrent le film No soy Cuba en voyant une représentation stéréotypée de leurs habitudes, tandis que les soviétiques le trouvèrent assez peu révolutionnaire. Le film fut ainsi retiré de la circulation et marqué comme expérience de propagande avortée.

Soy Cuba, joué par des acteurs non professionnels, a été redécouvert trente ans plus tard, en 1992, au Telluride Film Festival dans le Colorado lorsque deux hauts représentants de la New Hollywood, Martin Scorsese et Francis Ford Coppola, ils l’ont qualifié de chef-d’œuvre et ont réussi en 2005 à le remettre dans les salles. Les raisons pour lesquelles il fut attaqué à l’époque, les innovations artistiques, devinrent les mêmes pour la redécouverte.

L’histoire, le « making of » et l’accueil du film sont racontés dans le documentaire Soy Cuba, le mammouth sibérien (2004) dirigé par le réalisateur brésilien Vicente Ferras qui recueille les témoignages des protagonistes de l’époque aujourd’hui étonnés de la réévaluation. Comme le critique américain James Hoberman l’a dit, le film a été ressuscité d’un oubli de décennies, comme un mammouth réapparaît après des millénaires dans la glace sibérienne.


Depuis, le cinéma cubain a produit des milliers de films, parmi des longs-métrages, des documentaires, des dessins animés; il a fait émerger des réalisateurs de renommée internationale comme Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío (Fraise et Chocolat), Humberto Solás (Lucía), Daniel Díaz Torres (Alice in Wondertown), mais Soy Cuba, film qui a failli être effacé des pages de l’histoire du cinéma, reste un aperçu d’un monde qui n’existe plus. Tourné en pleine guerre froide, il décrivit la dictature de Batista, souligna « l’infaillibilité » de Castro, dénonça le capitalisme. Il montra plus simplement combien l’idée même de la Révolution peut être belle.

Andréa Lauro


lire aussi:

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Michail Kalatozov

Michail Kalatozov

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 15:47

Déclaration de Ian Brossat

« Je souhaite ce soir remercier très chaleureusement les centaines de milliers d’électrices et les électeurs qui nous ont fait confiance.
C’est une belle campagne qui s’achève, après 12 ans d’absence à une élection nationale.
C’est une campagne que nous avons voulue sincère, combative, fidèle aux combats et aux valeurs de la gauche. En dépit de nos efforts, il arrive que la marche soit parfois trop haute pour être franchie du premier coup. Ce soir, nous n’atteignons pas encore nos objectifs.
Première leçon. L’extrême-droite arrive en tête de ce scrutin. Rappelons-nous, il y a encore 10 ans, la liste du Front National ne dépassait pas les 6%. Le score d’aujourd’hui est le résultat d’un pari perdu, un pari forcément perdant et dramatique pour notre pays.
Cette stratégie, c’est celle d’Emmanuel Macron, qui impose aux Français ce face-à-face avec Marine Le Pen pour assurer sa survie politique. Non, ce n’est pas un duel comme on cherche à nous le faire croire, c’est un duo mortifère pour notre pays et pour la démocratie.
Deuxième leçon. La gauche a également sa part de responsabilités. Je prends ma part de responsabilité, il ne s’agit pas de se dédouaner. Ce soir, la gauche est affaiblie, tout est à reconstruire.
J’ai l’intime conviction que l’avenir passe par l’humilité, le travail collectif, le respect mutuel, le refus de la tentation hégémonique. Ecoutons-nous, respectons-nous, travaillons ensemble.
Et soyons clairs: cette reconquête des coeurs et des esprits ne sera possible que dans la rupture avec le libéralisme. Reconstruire une gauche digne de ce nom en France, c’est à cet objectif que le Parti Communiste doit consacrer tous ses efforts, dans les semaines à venir.
A tous les communistes, à celles et à ceux venus d’autres horizons et qui nous ont rejoint, je voudrais vous témoigner de ma profonde gratitude. Être vôtre candidat, vous représenter, fut un honneur et un privilège.
Je voudrais dire à chacune et chacun de nous ce soir : le combat continue — il continue partout, il continue toujours. Je voudrais remercier chaleureusement Fabien Roussel, ainsi que tou.te.s mes colistier.e.s et particulièrement Marie-Hélène Bourlard.
Ce soir, demain, cette semaine, dans les prochains mois : conservons en nous ce formidable état d’esprit et cette énergie qui fut le nôtre durant cette campagne. Faisons-les vivre ! Conservons-en nous cette joie d’être ensemble, cette envie, ce bonheur de nous être retrouvés.
La 2e chose que je vous demande et j’en terminerai ainsi : dans cette période politique trouble, n’oublions jamais que nous n’avons aucun adversaire à gauche. Conservons la bienveillance qui fut la nôtre, cette envie sincère de tendre la main, de réussir le rassemblement demain. »

 

Déclaration de Fabien Roussel :

Au soir de ce scrutin, la domination des forces réactionnaires, marquée par le score élevé du Rassemblement national qui arrive en tête, deux ans après le séisme de 2017, doit interpeller toutes les forces de gauche. Cette situation est très grave pour l'avenir de la France. L'aspiration à un changement de politique, pourtant largement majoritaire en France et en Europe, ne s'exprime pas pour le moment en faveur d'une issue politique de progrès social et démocratique.
La responsabilité première de la progression du RN incombe à Emmanuel Macron qui a tout fait depuis plusieurs mois pour installer un face-à-face avec le parti de la haine. Non seulement LREM connaît un échec, mais en faisant ce choix ainsi qu'en mettant en œuvre une politique néolibérale, profondément antisociale, le Président de la République aura offert au RN un regain de crédit politique. Ce jeu cynique a un prix catastrophique : il met en danger la République au moment même où des formations autoritaires et xénophobes viennent d’obtenir des résultats préoccupants dans plusieurs pays d’Europe. Nous n’en sommes que plus inquiets de la place qu’ont pris, dans la campagne électorale, les propos démagogiques ou mensongers, les discours racistes et les appels à la stigmatisation des réfugiés.
Les estimations connues à cette heure indiquent une forte hausse de la participation par rapport à ce qui était attendu. Cela n'efface pas pour autant la crise démocratique dans laquelle s’enfonce, depuis des années, notre pays. Plusieurs dizaines de millions d’électeurs.trices, notamment dans les catégories populaires comme parmi les jeunes et dans l’électorat de gauche, ne se sont pas sentis concernés, laissant ainsi la droite, qu’elle soit macroniste ou LR, et l’extrême-droite rafler l’essentiel des sièges au Parlement européen.
Malgré la très belle campagne de Ian Brossat et de ses colistier.e.s, la participation des militant.e.s du PCF et de République et Socialisme, ainsi que de citoyen.ne.s de tous horizons, le score de notre liste Pour l'Europe des gens contre l'Europe de l'argent est en deçà de nos espérances. Les propositions que nous avons portées, notre travail de terrain pour promouvoir les exigences populaires, notre respect de toutes les forces de gauche constituent un atout pour construire une alternative de gauche à la politique d’Emmanuel Macron.
Du fait d’un mode de scrutin inique, qui élimine toute liste ayant obtenu moins de 5 %, notre résultat ne nous permet pas d’envoyer des députés au Parlement européen. Ces élus manqueront pour conduire les combats plus que jamais indispensables pour construire l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent. Ce combat ne s’en poursuivra pas moins, avec nos partenaires du Parti de la gauche européenne et du groupe de la Gauche unitaire européenne, dans les luttes et les batailles qu’il faudra mener contre le néolibéralisme et le nationalisme qui menacent l’Europe et la France.
La grande leçon de ce scrutin est donc le besoin de reconstruire la gauche, afin d’ouvrir une issue à la grave crise que vit notre pays.
Au total, les différentes listes s’en réclamant, qui étaient divisées sur la question européenne, atteignent à peine un tiers des suffrages exprimés. Il convient maintenant de travailler au rassemblement. C’est le sens de l’appel solennel que nous lançons ce soir à l’ensemble des forces de gauche, à leurs électrices et à leurs électeurs.
Notre pays est en proie à une colère profonde devant les inégalités que provoquent des politiques au service exclusif de la finance et du capital. Rien n’est plus indispensable que d’empêcher son dévoiement en proposant à notre peuple une perspective de progrès social et de justice, d’égalité et de fraternité retrouvées, de démocratie et de défense des équilibres écologiques menacés par un capitalisme cupide. C’est la seule manière de faire renaître un espoir majoritaire et de pouvoir battre, en même temps, le président des ultra riches et ses faux adversaires d’extrême droite.
Dans le respect de notre diversité, nous devons, nous pouvons construire un large rassemblement sur des propositions de gauche en rupture avec les politiques néolibérales. Nous pouvons construire et obtenir des avancées importantes et attendues avec les salarié.e.s en lutte dans les entreprises, leurs organisations syndicales, de nombreux citoyen.ne.s mobilisés dans le mouvement des gilets jaunes et les actions pour le climat, le mouvement associatif. Nous pouvons mettre en échec le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites, comme les reculs démocratiques contenus dans les réformes institutionnelles en préparation, gagner ensemble une augmentation générale des salaires et des pensions, une sécurité sociale étendue, un plan d’urgence pour les services publics, le retour sur les privatisations imposées aux Français à commencer par celle d’ADP, une lutte déterminée contre l’évasion fiscale et pour une autre utilisation de l'argent public, des banques et des entreprises. Le PCF prendra toute sa part dans ce travail de reconstruction de la gauche. Nous proposons à toutes les forces de gauche et écologistes de se rencontrer rapidement pour échanger sur les initiatives à prendre et nous appelons nos concitoyens à s'appliquer dans cette reconquête.
Passons ensemble à l’action. Commençons ainsi à esquisser l'union populaire qui pourra demain changer le destin du pays et de l'Europe. C’est avec détermination que le Parti communiste français s’engage dans la bataille pour la transformation sociale.

 

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 15:39

 

Au soir de ce scrutin, la domination des forces réactionnaires, marquée par le score élevé du Rassemblement national qui arrive en tête, deux ans après le séisme de 2017, doit interpeller toutes les forces de gauche. Cette situation est très grave pour l’avenir de la France. L’aspiration à un changement de politique, pourtant largement majoritaire en France et en Europe, ne s’exprime pas pour le moment en faveur d’une issue politique de progrès social et démocratique. La respon­sabilité première de la progression du RN incombe à Emmanuel Macron qui a tout fait depuis plusieurs mois pour installer un face-à-face avec le parti de la haine. Non seulement LREM connaît un échec, mais en faisant ce choix ainsi qu’en mettant en œuvre une politique néolibérale, profon­dément antisociale, le président de la République aura offert au RN un regain de crédit politique. Ce jeu cynique a un prix catastrophique : il met en danger la République au moment même où des formations autoritaires et xénophobes viennent d’obtenir des résultats préoccupants dans plu­sieurs pays d’Europe. Nous n’en sommes que plus inquiets de la place qu’ont pris, dans la campa­gne électorale, les propos démagogiques ou mensongers, les discours racistes et les appels à la stigmatisation des réfugiés. Les estimations connues à cette heure indiquent une forte hausse de la participation par rapport à ce qui était attendu. Cela n’efface pas pour autant la crise démocra­tique dans laquelle s’enfonce, depuis des années, notre pays. Plusieurs dizaines de millions d’électeurs.trices, notamment dans les catégories populaires comme parmi les jeunes et dans l’électorat de gauche, ne se sont pas sentis concernés, laissant ainsi la droite, qu’elle soit macroniste ou LR, et l’extrême-droite rafler l’essentiel des sièges au Parlement européen.

Malgré la très belle campagne de Ian Brossat et de ses colistier.e.s, la participation des militant.e.s du PCF et de République et Socialisme, ainsi que de citoyen.ne.s de tous horizons, le score de notre liste Pour l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent est en deçà de nos espérances. Les propositions que nous avons portées, notre travail de terrain pour promouvoir les exigences populaires, notre respect de toutes les forces de gauche constituent un atout pour construire une alternative de gauche à la politique d’Emmanuel Macron. Du fait d’un mode de scrutin inique, qui élimine toute liste ayant obtenu moins de 5%, notre résultat ne nous permet pas d’envoyer des députés au Parlement européen. Ces élus manqueront pour conduire les combats plus que jamais indispensables pour construire l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent. Ce combat ne s’en poursuivra pas moins, avec nos partenaires du Parti de la gauche européenne et du groupe de la Gauche unitaire européenne, dans les luttes et les batailles qu’il faudra mener contre le néolibéralisme et le nationalisme qui menacent l’Europe et la France.

La grande leçon de ce scrutin est donc le besoin de reconstruire la gauche, afin d’ouvrir une issue à la grave crise que vit notre pays. Au total, les différentes listes s’en réclamant, qui étaient divi­sées sur la question européenne, atteignent à peine un tiers des suffrages exprimés. Il convient maintenant de travailler au rassemblement. C’est le sens de l’appel solennel que nous lançons ce soir à l’ensemble des forces de gauche, à leurs électrices et à leurs électeurs. Notre pays est en proie à une colère profonde devant les inégalités que provoquent des politiques au service exclusif de la finance et du capital. Rien n’est plus indispensable que d’empêcher son dévoiement en proposant à notre peuple une perspective de progrès social et de justice, d’égalité et de fraternité retrouvées, de démocratie et de défense des équilibres écologiques menacés par un capitalisme cupide. C’est la seule manière de faire renaître un espoir majoritaire et de pouvoir battre, en même temps, le président des ultra riches et ses faux adversaires d’extrême droite.

Dans le respect de notre diversité, nous devons, nous pouvons construire un large rassemblement sur des propositions de gauche en rupture avec les politiques néolibérales. Nous pouvons cons­truire et obtenir des avancées importantes et attendues avec les salarié.e.s en lutte dans les entre­prises, leurs organisations syndicales, de nombreux citoyen.ne.s mobilisés dans le mouvement des gilets jaunes et les actions pour le climat, le mouvement associatif. Nous pouvons mettre en échec le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites, comme les reculs démocratiques contenus dans les réformes institutionnelles en préparation, gagner ensemble une augmentation générale des salaires et des pensions, une sécurité sociale étendue, un plan d’urgence pour les services publics, le retour sur les privatisations imposées aux Français à commencer par celle d’ADP, une lutte déterminée contre l’évasion fiscale et pour une autre utilisation de l’argent public, des banques et des entreprises. Le PCF prendra toute sa part dans ce travail de reconstruction de la gauche. Nous proposons à toutes les forces de gauche et écologistes de se rencontrer rapide­ment pour échanger sur les initiatives à prendre et nous appelons nos concitoyens à s’appliquer dans cette reconquête.

Passons ensemble à l’action. Commençons ainsi à esquisser l’union populaire qui pourra demain changer le destin du pays et de l’Europe. C’est avec détermination que le Parti communiste français s’engage dans la bataille pour la transformation sociale

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 05:42
Européennes: tant de raisons de ne pas se laisser voler l'élection et de voter Ian Brossat- L'Humanité, le journal de Jaurès, 24 mai 2019
Européennes: tant de raisons de ne pas se laisser voler l'élection et de voter Ian Brossat- L'Humanité, le journal de Jaurès, 24 mai 2019
Européennes. Six raisons de ne pas se laisser voler l’élection
Vendredi, 24 Mai, 2019 - L'Humanité

C’est « l’élection européenne la plus importante depuis 1979 », serine à l’envi Emmanuel Macron. Si elle l’est, ce n’est pas seulement pour les raisons qu’il donne – lui ou le chaos –, mais parce que l’occasion est unique de réorienter une Union européenne que l’austérité néolibérale a menée à l’impasse.

D’ici à dimanche, 427 millions de personnes sont appelées aux urnes pour renouveler leurs représentants au Parlement européen. Une élection qui intéresse peu, mais qui aura pourtant des conséquences concrètes sur la vie quotidienne. En France, plus d’un électeur sur deux qui compte se déplacer entend « sanctionner » Emmanuel Macron. Le chef de l’État, affaibli depuis novembre et la traduction par les gilets jaunes de la crise sociale qui couve, veut éviter que ce scrutin ne se transforme en référendum et ne compromette ainsi la fin de son quinquennat. D’où l’énergie déployée par l’exécutif pour tenter de réduire cette élection à une opposition entre nationalistes et « progressistes », usurpant passablement le vocable, mais jouant d’un danger bien réel, avec une poussée de l’extrême droite redoutée dimanche dans nombre de pays. L’enjeu pourtant dépasse ce clivage artificiel, qui évacue les urgences sociales et les alternatives au néolibéralisme, qui a pourtant conduit l’Europe dans l’impasse. L’UE s’invite dans nos assiettes, conditionne nos emplois, pèse sur notre avenir. À l’heure de se prononcer, l’Humanité décline les enjeux de ce scrutin.

Tournant - Redonner des couleurs à l’Europe sociale

L’Union européenne est au pied du mur. L’impasse des politiques néolibérales, du dogme de la concurrence et de l’austérité, incapables de répondre aux aspirations sociales, démocratiques et écologiques, explique le désamour des peuples européens à l’égard d’institutions soumises aux lobbies et intérêts des multinationales. L’affaiblissement des souverainetés populaires a encouragé la fièvre nationaliste et raciste. Mais cette situation est loin d’être une fatalité. À Strasbourg, chaque voix comptera. Lors du précédent mandat, les directives de libéralisation du rail sont passées à 22 voix près. Or, la future Assemblée aura à se prononcer sur des dossiers cruciaux, notamment un nouvel accord commercial avec les États-Unis, une sorte de traité transatlantique bis. De même, Emmanuel Macron et d’autres responsables nationaux entendent renforcer l’Europe de la défense, à savoir organiser un pilier européen d’une Otan sous domination américaine. Si rien n’est fait, cette législature pourrait être celle d’une nouvelle étape de vassalisation de l’Europe envers Washington. Mais l’heure est aussi à tourner la page des politiques d’austérité. Sur fond d’affaiblissement des deux poids lourds du Parlement, le Parti populaire européen (PPE, conservateur) et les socialistes et démocrates, la majorité austéritaire du Parlement pourrait pourtant se renforcer avec l’apport des centristes et des macroniens de l’Alliance des démocrates et libéraux en Europe (Alde), voire des Verts.

Colère sociale - Des ronds-points aux bulletins

L’abstention pourrait atteindre, dimanche, un nouveau record, notamment chez les classes populaires. Les 1 % les plus riches, eux, n’oublieront pas d’aller voter. Si les mobilisations des gilets jaunes ont permis l’irruption de la colère sociale dans le débat public, elle doit pouvoir se traduire dans les urnes, sous peine de laisser les mains libres aux libéraux. Les macronistes ont bien tenté la récupération, mais leurs listes « gilets jaunes » – une première tentative avec Jacline Mouraud, puis une deuxième avec Ingrid Levavasseur – ont capoté. Résultat : les GJ, divisés, sont présents sur plusieurs listes. De gauche, ce qui se comprend au vu de leurs revendications (sur le rétablissement de l’ISF, la hausse du Smic, le conditionnement voire l’arrêt du crédit d’impôt compétitivité-emploi, etc.), mais de droite extrême ou d’extrême droite aussi. Marine Le Pen a eu beau jeu de leur lancer cet appel, depuis Villeblevin (Yonne), le 21 mai : « Le moyen pacifique et démocratique de pouvoir obtenir quelque chose (...), c’est d’aller voter pour la seule liste capable de battre celle d’Emmanuel Macron, celle du Rassemblement national ! » En se positionnant favorablement uniquement sur le référendum d’initiative populaire (qu’il entend manipuler sur la question migratoire), le parti d’extrême droite se relooke à peu de frais en « working class hero », en évacuant totalement le volet social – qui l’emporte sur les autres attentes – du mouvement. Car, il faut mettre en parallèle les revendications portées sur les ronds-points et le refus de Marine Le Pen d’y accéder pour se rendre compte de l’arnaque. Si certaines figures du mouvement ont appelé fort justement à « battre Macron » dans les urnes à cause de sa politique antisociale, ceux qui n’ont pas fixé leur choix feraient bien de relire les programmes pour ne pas faire pire que mieux en glissant un bulletin contraire à leurs attentes dans l’urne dimanche.

Extrême droite- Pas de carte blanche à Le Pen et ses alliés

« Si on veut voter contre Macron, le vote utile, désormais, c’est le vote Rassemblement national ! » proclamait tranquillement l’animateur Olivier Truchot, la semaine dernière, sur BFMTV. Il faut dire que journalistes et sondeurs se sont démenés pour surjouer le duel progressistes-nationalistes imaginé par le RN d’une part, LaREM d’autre part, emmenant le parti d’extrême droite à marquer des points, notamment sur l’immigration. À l’issue du débat sur LCI, le 20 mai, le directeur opinions de Harris Interactive, Jean-Daniel Lévy, osait dire qu’un point distingue le RN des autres formations politiques : « Quand Marine Le Pen ou les représentants du RN parlent, on les comprend. » Un exemple ? « Nous avons en France 10 millions de pauvres, 6 millions de chômeurs et un Français sur trois qui n’arrive plus à se soigner correctement. (…) Nous assumons d’être élus par les nôtres et de faire de la politique pour les nôtres d’abord », a déclaré la tête de liste RN, Jordan Bardella, au meeting de Villeblevin. On voit la cible se dessiner. Mais quand on sait qu’en 2015, au pic de la crise de l’accueil, les migrants représentaient 0,2 % de la population européenne globale, on a du mal à « comprendre » comment ceux qui parlent sur les plateaux télé d’un FN « new look » n’entendent pas le Front national des années 1980, et son « Les Français d’abord ». Un slogan d’ailleurs décliné dans plusieurs pays, où l’extrême droite pourrait parvenir en tête du scrutin et constituer un groupe influent autour du Rassemblement national et de la Ligue du ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini. Certains partis dits de la droite traditionnelle comme le Fidesz hongrois ou les conservateurs autrichiens de l’ÖVP pourraient leur tendre la main pour mener en Europe une politique toujours moins solidaire et toujours plus anti-migrants.

Quinquennat - Mettre un Carton rouge à Emmanuel Macron

En s’impliquant personnellement dans la bataille, Emmanuel Macron en a fait un référendum pour ou contre lui. De fait, le scrutin de dimanche peut permettre aux citoyens de sanctionner sa politique. D’autant que le président pense que la crise sociale, mise en lumière par les gilets jaunes, est derrière lui. Au point de décréter qu’ils n’ont « plus de débouché politique ». À l’inverse, le chef de l’État estime ne pas avoir à « rougir de son bilan » dans son interview à la presse régionale, mardi. « Le pouvoir d’achat n’a jamais augmenté de cette manière depuis douze ans, (…) les emplois industriels sont recréés » (en fait, 8 000 créés depuis 2016), a-t-il égrené, loin de la réalité sociale du pays. « Le chômage est au plus bas depuis dix ans », avance-t-il également. Il a juste retrouvé son niveau de 2009, à peine sous les 9 %. On est loin encore de l’objectif de 7 % qu’il s’était fixé pour la fin de son mandat. Le 26 mai, selon le score de la majorité et du rapport de forces à gauche, l’occasion est donnée aux électeurs de peser sur la fin d’un quinquennat, dont les deux premières années ont été marquées par une violence inouïe envers les classes populaires.

Écologie - Feu vert pour une préoccupation grandissante

Portée de façon inédite dans le cadre d’élections européennes, l’écologie aura été une thématique phare de cette campagne. Pas une liste qui la snobe – quitte, pour certaines, à opter pour un « greenwashing » ostentatoire. Reste que, en la matière, l’Union a de nombreuses cartes à jouer, et son Parlement les moyens de peser sur les décisions. Son vote unanime, en 2018, contre la pêche électrique, technologie mortifère au service de la surpêche, en est un exemple éloquent. Non seulement les députés ont, sous impulsion de la GUE et d’EELV, pris à contre-pied un projet de la Commission, mais ils l’ont acculée à aller dans leur sens : un an plus tard, celle-ci validait l’interdiction. Leur rôle sera tout aussi déterminant lors du prochain mandat. Redéfinition des objectifs de réduction de gaz à effet de serre pour les rendre cohérents avec l’accord de Paris, réorientation de la politique agricole commune… l’agenda écologique sera chargé. En matière de climat, singulièrement, des décisions structurelles sont en jeu. Elles porteront, entre autres, sur le ciblage des financements accordés aux entreprises par la BCE, laquelle continue de financer à hauteur de 112 milliards d’euros par an les secteurs les plus polluants, ou sur le soutien aux pays membres dépendants du charbon, afin qu’ils puissent rapidement opérer une transition énergétique socialement soutenable.

Vie quotidienne - l’UE s’occupe de vous, occupez-vous d’elle

Paradoxe, l’élection européenne mobilise traditionnellement peu en France, considérée comme une élection intermédiaire entre deux présidentielles. L’Union s’invite pourtant dans le quotidien des Français : quand une loi n’est pas la transposition en droit français d’une directive européenne, elle est inspirée d’injonctions suscitées à Bruxelles… Le « semestre européen » est ainsi une procédure méconnue de surveillance des politiques structurelles, sociales, budgétaires et macroéconomiques des États membres de l’UE, qui règle le calendrier européen comme du papier à musique. Par des recommandations spécifiques aux États, la Commission et le Conseil européens les poussent à aller toujours plus loin dans la dérégulation sociale. Y sont examinés tous les « obstacles au commerce », ce qui inclut les différences de réglementation qui nous protègent sur les plans sanitaire, social et environnemental. Un exemple : l’importation de saumon transgénique, autorisée au Canada, est interdite en Europe. Mais il n’y a pas d’obligation d’étiquetage du saumon OGM au Canada, lequel pourra, avec l’accord UE-Canada, qui, en supprimant les droits de douane, rend le saumon canadien attractif, se retrouver dans votre assiette, sans que vous le sachiez.

Marie-Noëlle Bertrand, Gaël De Santis, Grégory Marin et Lionel Venturini
Européennes: tant de raisons de ne pas se laisser voler l'élection et de voter Ian Brossat- L'Humanité, le journal de Jaurès, 24 mai 2019
Européennes: tant de raisons de ne pas se laisser voler l'élection et de voter Ian Brossat- L'Humanité, le journal de Jaurès, 24 mai 2019
Maryam Madjidi à Brest à la Petite Librairie rue Danton, avril 2019

Maryam Madjidi à Brest à la Petite Librairie rue Danton, avril 2019

Ils soutiennent la liste Ian Brossat
Vendredi, 24 Mai, 2019

Henri Peña-Ruiz, Baptiste Talbot, Maryam Madjidi, Hélène Langevin-Joliot,Didier Daeninckx, Josiane Balasko,Florent Guéguen, Jacques Fournier.

Henri Peña-Ruiz, Philosophe, écrivain, maître de conférences à Sciences-Po Paris
« Ian Brossat fait honneur à la politique et au communisme. Il mène brillamment campagne en faisant le pari de l’intelligence et de la culture. Dans “communisme”, il y a commun. Commun à tous les êtres humains. Au-delà des amalgames injustes qui ont tenté de disqualifier l’idéal communiste, il est grand temps de rappeler ce sens du bien commun, de l’intérêt général et de la solidarité qu’implique la notion de communisme. Souvenons-nous du Front populaire, de la résistance au nazisme, puis de la Libération, avec l’œuvre inoubliable d’Ambroise Croizat, ministre communiste qui créa la Sécurité sociale. Oui, le Parti communiste français a joué un rôle décisif dans l’histoire de notre pays. Notamment pour promouvoir le progrès social. Aujourd’hui, face à la morgue de classe de M. Macron et à sa politique dévastatrice pour les plus démunis, il nous faut un Parti communiste fier de son histoire et décidé à jouer un rôle moteur dans le rassemblement des forces de progrès.… Au Parlement européen, les élus communistes ne manqueront pas de combattre une économie dévoyée par des financiers indifférents au sort des laissés-pour-compte. Il est temps de refonder l’Europe sur la justice sociale et la responsabilité écologique, sans oublier la laïcité, idéal d’émancipation plus actuel que jamais. Je souhaite un beau succès à Ian Brossat et à sa liste pour que la France de notre regretté Jean Ferrat parle haut et fort à Bruxelles. »

Baptiste Talbot, Fonctionnaire territorial, militant CGT
« Le scrutin du 26 mai est une échéance majeure pour faire entendre les exigences du monde du travail. Voter le 26 mai, c’est une forme de lutte, c’est l’occasion de porter la nécessité de rompre avec les politiques mortifères actuellement à l’œuvre en France et en Europe. Dans son Appel aux fonctionnaires, Ian Brossat a fermement affirmé son attachement au statut des fonctionnaires et à une fonction publique forte. Pour l’avenir du service public, pour peser dans la bataille en cours pour le retrait du projet de loi gouvernemental sur la fonction publique, je voterai dimanche pour la liste conduite par Ian Brossat. »

Maryam Madjidi, Écrivaine, prix Goncourt du premier roman
« Pourquoi je vous invite à voter pour notre liste ? Parce que nous avons plus que jamais besoin d’une alternative au système capitaliste. Notre liste est cette alternative, ce garde-fou contre cette Europe libérale que le PCF a toujours refusée. Il est urgent aujourd’hui de construire une union européenne qui soit fidèle à l’idée que nous nous faisions de l’Europe à sa création, à savoir une union des peuples, une solidarité entre les États, une garantie solide des services publics et une protection digne et solidaire envers les travailleurs immigrés, les réfugiés, les exilés. Je vous invite à voter pour notre liste parce que les Françaises et les Français, les Européennes et les Européens méritent mieux que cette union non pas des peuples mais des lobbyistes et des milliardaires. Il est temps de briser cette puissance de l’argent au profit d’une justice fiscale et sociale. Notre liste est à l’image de tous ces gens qui travaillent, qui paient leurs impôts, qui militent pour une solidarité envers les plus démunis, qui refusent que le monde de demain soit uniquement gouverné par une poignée de riches qui ont la ferme intention de s’enrichir encore et encore sur le dos de celles et ceux qui ne récoltent jamais ou alors très peu le fruit de leur travail. Je vous invite à voter pour notre liste au nom de notre humanité, cette humanité qui fait notre grandeur, qui fait notre dignité. »

Hélène Langevin-Joliot, Physicienne, petite-fille de Marie et Pierre Curie
« L’avenir des peuples de l’Union européenne dépend pour beaucoup de l’usage qui sera fait des savoirs scientifiques et des technologies. Produire ces savoirs et les maîtriser suppose un effort public considérable, une recherche publique et des formations post-bac à un niveau bien supérieur à l’actuel, alors que les gouvernements de droite et du Parti socialiste ont supprimé plus de 1 500 postes au CNRS en quelques années. (…) Les réussites scientifiques européennes le montrent : c’est par la coopération et non par la mise en concurrence des peuples que nous trouverons des solutions aux défis que nous affrontons. La liste dirigée par Ian Brossat porte un projet cohérent à cet égard, fondé sur le soutien à la recherche publique, son besoin de liberté, de temps long, de dialogue avec la société pour l’usage des technologies. »

Didier Daeninckx, Écrivain
« La première raison de mon vote en faveur de Ian Brossat tient à la personnalité du candidat, à la clarté de son propos politique, au fait qu’il se soit abstenu d’attaquer les autres têtes de liste de notre camp si divisé. Une attitude qui préserve l’avenir et les chances d’une nécessaire et urgente reconstruction de ce qu’il faut continuer à nommer la gauche. Je suis sensible aussi à la composition de cette liste qui donne sa juste part au monde du travail.

J’ai également été attentif à son affirmation d’une Europe du partage et non de l’exclusion, une Europe créatrice de richesses responsables, une Europe qui fasse contribuer les plus riches et qui ne lésine pas sur la lutte contre la faramineuse évasion fiscale. Une Europe qui ne cède en rien aux mirages du souverainisme, qui se révèle trop souvent comme le masque du nationalisme. Auteur de Missak, un roman consacré à Manouchian, je me souviens que, dès 1939, des dizaines de milliers d’apatrides, de juifs exilés, d’Italiens et d’Espagnols pourchassés, faisaient la queue pour s’engager dans l’armée française afin de combattre les fascismes européens. Parmi eux, Missak et ses compagnons arméniens. J’aime que, contre les négateurs, Ian Brossat le rappelle avec force. »

Josiane Balasko, Actrice
« Le 26 mai, j’aimerais essayer de vous convaincre d’aller faire entendre votre voix. Vous n’êtes pas forcément communiste et je ne le suis pas non plus. Mais, à travers mes différents engagements associatifs, j’ai souvent pu voir la présence de femmes et d’hommes communistes, et j’ai pu voir les valeurs qui les animaient, des valeurs populaires, jamais populistes. J’ai pu voir leur sincérité, j’ai pu voir leur disponibilité dès lors qu’il s’agit de défendre les plus modestes. C’est pourquoi j’ai décidé d’aller voter pour la liste de Ian Brossat. Parce que je crois que nous avons plus que jamais besoin de députés sincères, clairs, combatifs, à l’image de leur belle campagne. Surtout, en votant pour la liste de Ian Brossat, nous pouvons faire élire Marie-Hélène Bourlard, entrée à l’usine à l’âge de 16 ans, qui fut ouvrière du textile pendant 43 ans dans le Nord. Avec l’aide de nous toutes et de nous tous, Marie-Hélène Bourlard peut devenir la toute première femme ouvrière à entrer au Parlement européen depuis quarante ans. »

Florent Guéguen, Directeur d’une fédération d’associations de lutte contre l’exclusion
« Sur le continent le plus riche du monde, 86 millions d’Européens-es vivent en dessous du seuil de pauvreté, quand le nombre de personnes sans abri explose dans toutes les grandes capitales européennes. Dans ce contexte d’urgence sociale, les mal-logés, les chômeurs et les classes populaires ont besoin d’une gauche de combat fidèle à ses valeurs, qui lutte contre ces inégalités inacceptables et qui redonne un espoir aux millions de précaires. Avec ses propositions de Smic européen à au moins 60 % du revenu moyen, de clause de non-régression sociale et de réinvestissement dans les services publics, c’est la liste de Ian Brossat qui incarne cette volonté de conquête sociale. Je voterai aussi pour Ian car sa liste s’engage sans ambiguïté en faveur de l’accueil des personnes migrantes, qui fuient la guerre et l’extrême pauvreté, en assumant des sanctions financières contre les États qui ne respectent pas leur devoir de solidarité. Envoyons au Parlement européen des femmes et des hommes qui défendront fidèlement l’intérêt des ménages les plus modestes face à l’Europe de l’argent et des marchés financiers !

Jacques Fournier, Conseiller d’État honoraire, ancien secrétaire général du gouvernement, ancien PDG de la SNCF et de GDF.
« Je voterai pour la liste de Ian Brossat. Cette annonce pourra surprendre : Ian Brossat, adjoint au maire chargé du logement à la ville de Paris, est à la tête de la liste du Parti communiste, à laquelle les sondages ne donnent que fort peu de chance d’atteindre le seuil des 5 % qui permet d’avoir des élus.

Je n’ai jamais été anticommuniste. Mais j’ai fait en France, depuis le congrès d’Épinay en 1971, le choix du socialisme. J’y suis toujours resté fidèle et je ne le renie pas. Je persiste à penser que c’est autour d’un PS rénové et ragaillardi que pourra revenir au pouvoir un gouvernement de la gauche en France.

Trois des promoteurs des listes en présence le 26 mai sont issus du Parti socialiste, mais aucune de ces listes n’en porte le drapeau. Jean-Luc Mélenchon s’est lancé, avec la France insoumise, dans une démarche mégalomaniaque dont les excès deviennent insupportables. Benoît Hamon a cru que son succès relatif dans les primaires du PS lui donnait, avec Génération(s), un destin national qui se dérobe sous ses pieds. Olivier Faure, plus modestement, a essayé de reconstruire la maison, mais il a estimé ne pouvoir le faire qu’en allant chercher sur la place publique – que l’on me pardonne ce jeu de mots – le pion qui lui manquait.

Je pense, depuis longtemps déjà, qu’il faut donner un sérieux coup d’éperon à la monture européenne. J’ai cru, en votant Hollande en 2012, que la France allait s’engager dans une démarche résolue de remise en cause du traité d’austérité budgétaire, qui interdit aux pays membres de s’engager dans la voie de ce que j’appelle l’économie des besoins. Comme beaucoup d’autres, j’ai été déçu. L’Europe doit être non pas le vecteur de l’assujettissement de notre continent à la mondialisation capitaliste, mais le ferment d’une orientation nouvelle que son histoire et sa culture lui permettent de dessiner. Un vote pour la liste conduite par Raphaël Glucksmann, quelle que soit la considération que l’on peut avoir pour la personne de son chef de file, et même si l’on y trouve plusieurs de mes amis du PS, n’aurait pas cette portée. Je ne pense pas que les socialistes français soient en mesure d’infléchir la ligne, beaucoup trop attentiste à mes yeux, du groupe dans lequel ils entreraient s’ils arrivent à franchir le seuil des 5 %. C’est pourquoi, pour ce scrutin bien particulier, je préfère apporter mon suffrage à une liste se réclamant de la gauche radicale européenne. »

« Je suis très fier d’être sur une liste avec des gens de combat »
Vendredi, 24 Mai, 2019

Franck Sailliot

Ancien délégué CGT chez ArjoWiggins

Long et intense, une campagne européenne ? Certes, mais pas de quoi effrayer Franck Sailliot. Avec ses camarades, il a occupé pendant trois ans et demi l’usine ArjoWiggins de Wizernes (Pas-de-Calais). « On est resté jour et nuit, et on a fini par trouver un repreneur. Un industriel local. On s’est battu pour empêcher le démantèlement de l’outil de production et sauver un maximum d’emplois. Un de gagné, c’est toujours ça », apprécie Franck. À Pôle emploi depuis février, l’ancien délégué syndical du groupe et responsable national Filpac continue de se mobiliser. Il est 19e sur la liste du PCF pour les élections européennes, conduite par Ian Brossat. « J’ai hésité à dire oui au début. J’avais en tête l’exemple d’Édouard Martin, de Florange, raconte Franck. Mais le site de Wizernes, lui, n’a pas fermé. La machine a redémarré et la première bobine est sortie vendredi dernier. Et puis j’ai évidemment demandé aux gars d’Arjo ce qu’ils en pensaient. Je ne pouvais pas décider sans eux. Ils ont dit oui très vite, avec un grand sentiment de fierté. » Un peu comme s’ils étaient tous sur la liste. « Elle est composée à 50 % d’ouvriers, ça peut être que bénéfique. Ce qui me motive, c’est que j’ai bien vu les groupes de l’industrie papetière faire du lobbying à Bruxelles pour assouplir les normes sociales et environnementales. Arjo faisait aussi du dumping avec ses autres sites en Europe. Du coup, ça me semble une bonne idée d’interdire les délocalisations à l’intérieur de l’Union », apprécie-t-il. S’il bat la campagne avec le PCF, Franck n’oublie jamais les « copains » d’Arjo et continue à les soutenir sur des sites occupés. « On était leader mondial sur le papier haut de gamme. On faisait aussi des billets, du calque, des serviettes, des cartes grises, des lettres, du papier aquarelle. En 2008, quand Pascal Lebard a pris la tête du groupe, il s’est mis à tout saboter. On s’est battu partout pour les gars, les familles, les usines et les villes. J’en retiens que, quand tout s’écroule, il faut se battre : la lutte paie toujours. Et je suis très fier d’être sur une liste aujourd’hui avec des gens de combat. »

Aurélien Soucheyre
Européennes: tant de raisons de ne pas se laisser voler l'élection et de voter Ian Brossat- L'Humanité, le journal de Jaurès, 24 mai 2019
« L’université pour toutes et tous ne doit pas rester qu’un rêve »
Vendredi, 24 Mai, 2019

Lucie Martin

Étudiante, benjamine de la liste

Elle est la benjamine de la liste, mais n’en est pas moins déterminée. Au contraire, du haut de ses 19 bougies soufflées pendant la campagne, Lucie Martin veut à la fois se faire porte-voix d’une jeunesse précarisée et sonner le tocsin contre l’abstention massive dans sa tranche d’âge. Originaire d’un village du nord de l’Isère, « un peu à la campagne », l’étudiante s’est engagée à l’UEC, son bac en poche. Alors qu’elle s’apprête à rejoindre les bancs de Sciences-Po à Grenoble, c’est l’injustice de la réforme Parcoursup qui la pousse dans la rue et à s’engager plus encore. « J’étais scolarisée dans un lycée privé et l’un de mes profs nous a dit qu’on n’avait pas de soucis à se faire parce qu’on était dans un établissement bien coté, alors qu’au même moment, mes amis scolarisées dans des lycées de banlieue, par exemple, enchaînaient refus et vœux en attente. On prend vite conscience alors de ce qu’injustice veut dire », raconte la candidate. Issue d’une famille où « on ne parle pas trop politique », l’étudiante raconte comment elle s’est rendu compte que « beaucoup d’idées reçues sur le PCF sont fausses » en rencontrant ses militants ; elle espère le démontrer à son tour. Alors, quand seulement 24 % des 18-24 ans seraient décidés à voter dimanche, son message est clair pour ceux tentés de ne pas se rendre aux urnes : « On peut changer les choses mais pour ça il faut agir ! » résume-t-elle. Ces réformes contre lesquelles lycéens et étudiants se sont mobilisés ne tombent pas totalement du ciel, estime-t-elle : « Le processus de Bologne, qui aboutit aujourd’hui à la sélection, à la hausse des frais d’inscription, nous vient de l’Europe. Il faut créer un rapport de forces pour combattre ces logiques, sinon l’université pour toutes et tous restera un rêve. » Si on lui avait dit, il y a quelques mois, qu’elle prendrait la parole en meeting devant plus de 500 personnes, la « timide » Lucie n’y aurait pas cru. Mais l’enjeu importe trop. « À l’instar du Smic, je veux défendre un salaire étudiant au niveau européen, insiste-t-elle. Il est insupportable que tant d’étudiants échouent à cause du job qu’ils sont contraints de prendre pour financer leurs études ou abandonnent carrément pour avoir les moyens de vivre. » J. H.

« C’est au Parlement européen que s’écrit toute ma profession »
Vendredi, 24 Mai, 2019

Stanislas Baugé

Chauffeur routier et membre de la fédération CGT des transports

«Je me suis assis et je l’ai relu deux trois fois… » Stanislas Baugé part dans un éclat de rire en racontant le SMS reçu par Marie-Pierre Vieu, eurodéputée sortante, qui lui propose alors de faire partie de la liste PCF. Le chauffeur routier de 38 ans, transporteur d’hydrocarbures, a évidemment hésité, lui qui a des journées bien remplies par ses heures de conduite, couplées à son mandat à la fédération CGT des transports. Mais le Charentais fait vite le lien avec cette nouvelle aventure politique, lui à qui on a souvent dit qu’il « ne (pouvait) pas marcher sur une seule jambe ».

De ses rencontres avec la ministre des Transports, Élisabeth Borne, aux blocages, il est partout. « Quand il a quelque chose en tête, il va jusqu’au bout, nous dit Jean-Pierre, chauffeur routier de 51 ans qui le connaît depuis quinze ans. Toute la semaine, il peut être à Paris pour son mandat à la CGT et revenir le samedi pour la manifestation. Heureusement que sa femme (avec qui il a deux enfants – NDLR) comprend son engagement… » C’est avec la Fédération européenne des travailleurs des transports qu’il a été amené, l’année passée, à se rendre au Parlement européen pour travailler sur le paquet mobilité, muni uniquement de ses « tripes » et de ses « convictions », précise-t-il avec malice, en référence aux lobbies présents à Bruxelles. C’est là qu’il rencontre Marie-Pierre Vieu, pour qui Stanislas est « quelqu’un de très humain dans un métier très dur », qui fut « l’une des chevilles ouvrières pour gagner le vote des élus ». Lui tance cette « Europe libérale » qui aurait bien besoin de plus de travailleurs dans ses instances : « On a pris l’habitude de dire “c’est à cause de l’Europe’’. Mais c’est là qu’il faut être, c’est là que s’écrit toute notre profession. On ne peut pas faire sans l’Europe, alors autant bien l’écrire. » Car, un combat l’occupe : celui contre le dumping social. Désocialisation, temps de conduite qui explosent, manque d’hygiène et de moyens pour se soigner… il pense tout de suite aux routiers polonais : « C’est eux qui trinquent. »

Audrey Loussouarn
Le parti communiste bousculera-t-il la gauche jusque dans les urnes ?
Vendredi, 24 Mai, 2019

La campagne de « l’Europe des gens » et de sa tête de liste Ian Brossat a marqué les esprits et changé la donne à gauche. Il lui reste à transformer l’essai, dimanche.

Peu l’ont vue venir mais, dans la dernière ligne droite, nombreux sont ceux à avoir jugé la campagne de Ian Brossat comme la « révélation » de ces européennes. Une expression entendue sur France 2, quand les Inrocks s’interrogent sur « le retour de l’idée communiste ? », ou Libération estime que « le communiste a surpris son monde »… Le tournant médiatique prend corps début avril avec le premier débat de France 2. Le grand public découvre alors un candidat loin des clichés entretenus sur les communistes et dont les punchlines marquent les esprits. Une, ce soir-là, retient particulièrement l’attention : « Quand je vous entends, Madame Loiseau, expliquer que vous êtes fière d’avoir divisé par 10 le nombre de migrants, vous devriez regarder vos pompes parce que pendant ce temps-là, il y a des gens qui sont morts en Méditerranée. Deux mille en 2018 », lance l’élu parisien à la candidate LaREM. Immigration, mais aussi justice fiscale et sociale, pouvoir d’achat… la clarté du discours et des propositions est saluée. En parallèle, les sondages progressent… lentement.

Mais la campagne communiste ne repose pas sur cette seule percée et compte d’abord sur ses propres forces, s’appuyant sur des militants ravis de retrouver leur couleur après de multiples élections sans candidat communiste. Monté sur le ring comme « chef de file » dès juin, c’est lors d’un congrès tendu en novembre 2018 que Ian Brossat devient officiellement « tête de liste » du PCF avec la double mission de mobiliser les communistes et d’éviter la dispersion à gauche. Les « mains tendues » hivernales aux autres partis n’évitent pas la constitution de six listes au printemps, mais la mobilisation militante, elle, est au rendez-vous. Un enthousiasme qui permet une campagne de proximité tous azimuts et au candidat de donner la réplique à France 2, mi-mai, lorsque la chaîne le relègue une seconde fois hors du casting des « principaux candidats » : « Nous sommes la force politique qui réunit le plus de monde dans ses meetings. » Place publique-PS, par exemple, réunissait mardi dernier 500 personnes à Lhomme (Sarthe) avec l’appui de Martine Aubry, quand 1 000 écoutaient Ian Brossat à Denain, près de Valenciennes.

Si elle crée la surprise, la liste pour « l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent » grimpe dans les sondages, sans pour l’heure franchir le seuil fatidique des 5 % (jusqu’à 4 % dans un sondage OpinionWay la semaine dernière, mais plus généralement environ 3 %). Une pente ascendante, contrairement à Génération.s, qui ne permet pas toutefois de rattraper PP-PS (autour de 5 %) ni EELV et FI (entre 7 % et 9 %). Reste que la participation des sympathisants de gauche n’est évaluée, jusqu’à présent, qu’à 44 % (selon Ipsos et le Cevipof, contre 53 % à droite). Une abstention moins élevée dans cet électorat pourrait changer la donne. Dans la dernière ligne droite, le possible gain de voix de Ian Brossat inquiète d’ailleurs ses concurrents. « Il faut donner la force à une force. (…) Et la force, c’est nous ! » a martelé Jean-Luc Mélenchon lors d’un point presse, dimanche .

Si le candidat communiste ne veut pas entrer « dans le petit jeu des bisbilles », il ne s’est pas privé de l’argument du vote « rentable » mercredi soir sur France 2 : « Avec 5 %, vous vous doterez de 5 députés d’une gauche combative, sincère, authentique. 5 députés européens de plus pour la gauche. 5 députés européens de moins pour Mme Le Pen et M. Macron. Ça vaut le coup. »

Julia Hamlaoui
Élections européennes. Nico Cué, un rouge métal wallon pour la Commission
Vendredi, 24 Mai, 2019

Candidat de la gauche européenne au poste de Juncker, le syndicaliste FGTB promène sa gouaille ouvrière et ses valeurs forgées à l’usine sur tout le continent.

Le 1er janvier dernier, à 62 ans, c’est à la retraite que Nico Cué devait partir. Puis, en fait, non, rien ne s’est passé comme prévu : depuis cinq mois, il sillonne l’Europe, de l’Espagne à la Grèce, en passant par la France et l’Italie. Il a suffi d’un coup de fil, ou deux, de l’Allemand Gregor Gysi, du Français Pierre Laurent ou de l’Espagnole Maite Mola – tous trois dirigeants du Parti de la gauche européenne (PGE), qui rassemble une trentaine de formations politiques d’obédience ­communiste et plus si affinités – pour convaincre cette figure du syndicalisme belge de présenter sa candidature, en duo avec la Slovène Violeta Tomic, à la présidence de la Commission européenne au nom de ce courant de la gauche la plus authentique en Europe. Et le voilà qui, avec son verbe haut et sa gouaille ouvrière, court le continent pour dénoncer l’austérité, la financiarisation de l’économie, le dumping, pour rejeter la xénophobie et le racisme, pour en appeler à la justice et à l’harmonisation par le haut.

Comme une évidence, pour Nico Cué, entre atavisme familial et surtout convictions sociales. En 1962, après de grandes grèves dans les mines de charbon des Asturies, qui secoueront la dictature franquiste, son père, syndicaliste et communiste, est, pour échapper à la prison ou à un sort pire encore, contraint à l’exil. Il arrive à Liège, en Belgique. Son épouse, Nico, ses frères et ses sœurs le rejoindront un an plus tard. Rappelant aujourd’hui qu’il a lui-même été un « illégal », le fils de républicain espagnol ne manque jamais une occasion de répéter : « L’immigration est une chance, j’en suis la preuve ! » À la fin de son adolescence, après la mort de son père dans un accident de voiture, le gamin milite un temps dans la jeunesse communiste espagnole de Liège – son seul engagement partisan connu… Car, chez Nico Cué, la prise de conscience est passée d’abord par la condition ouvrière et l’engagement syndical.

Des actions syndicales menées à l’échelle européenne

Après des études techniques, il rentre à 19 ans à la Fabrique nationale, une usine d’armes appartenant à la région wallonne. Il adhère directement au syndicat Fédération générale du travail de Belgique (FGTB) et deviendra vite l’un des délégués du site, avant de devenir pendant vingt ans le secrétaire général de la puissante fédération des métallos. Daniel Richard, secrétaire régional de la FGTB pour ­Verviers-Ostbelgien, et beau-frère de Nico par ailleurs, souligne : « C’est un des rares syndicalistes belges qui ait occupé les fonctions les plus élevées en ayant, au départ, travaillé en usine. Toutes ses convictions ont été nourries par cette histoire, cette expérience. Il a toujours été très attaché à la formation militante, très porté sur l’éducation populaire, parce qu’il en a lui-même bénéficié. Au cœur de cette ­formation, il y avait le matérialisme ­dialectique, c’est quelque chose qui l’a construit et qu’il a transmis ensuite, car cela donne de l’efficacité, de la puissance, c’est une arme dans les luttes sociales. »

À la tête des métallos FGTB de Wallonie-Bruxelles – une fédération qui compte plus de 60 000 adhérents –, Nico Cué n’a jamais ménagé sa peine pour articuler les actions à l’échelle européenne, quand ça s’imposait, comme lors de la dernière crise de la sidérurgie en 2012-2013 avec le jeu de Lakhsmi Mittal, qui opposait les bassins industriels entre eux, ou dans les instances syndicales avec l’animation du groupe d’Annecy fédérant les syndicalistes les plus engagés sur des bases antilibérales, des commissions ouvrières (CCOO) espagnoles à la CGIL italienne et à la CGT française.

Comme bon nombre de ses camarades en Wallonie, le syndicaliste se tient sur une ligne de crête entre régionalisme et internationalisme. Une position qui ­s’explique dans un pays où les Flamands, très néolibéraux, dominent le champ politique et imposent leurs vues à des francophones, traditionnellement ancrés à gauche. Mais à la différence, cette fois, de nombre de ses « frères de lutte » qui s’engagent toujours sur les listes PS, Nico Cué revendique depuis toujours l’« indépendance syndicale », et ça n’a rien d’un paradoxe au moment où lui-même ­participe à la compétition électorale, indirectement, toutefois, car il n’est pas candidat aux européennes. Yannick Bovy, qui a longtemps travaillé à ses côtés à la FGTB, le décrit comme un « électron libre, très attaché à sa cohérence personnelle ». « Il donne sa confiance et, quand il la donne, il ne la retire jamais, développe-t-il. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, faire confiance au PS en tant que tel, ça peut être compliqué : il y a de l’hypocrisie, des retournements possibles. Il ne supporte pas la duplicité, il maintient en toutes circonstances ses positions idéologiques comme ses valeurs humaines. Il ne se laissera jamais placer en position de sujétion, car, même dans la radicalité, il aime la nuance, et déteste le sectarisme. Ni dieu, ni césar, ni tribun : c’est aussi le fond anarcho-syndicaliste qui remonte toujours chez lui. »

Nico Cué n’est donc ni au PS, longtemps hégémonique chez les francophones et toujours marqué à gauche au sein de la social-démocratie européenne – c’est la Wallonie dirigée par un socialiste qui a mené la fronde contre l’accord de libre-échange avec le Canada (Ceta) –, ni au PTB, la force de gauche radicale en ­ascension fulgurante en Belgique, alliée du PGE et dont le candidat en position d’être élu au Parlement européen viendra grossir les rangs de la GUE-NGL.

« Nous sommes l’une des digues face à l’extrême droite »

« Avec 1,5 million de syndiqués en Belgique, la FGTB représente en vérité la gauche dans son ensemble, et nous pouvons être très critiques avec les socialistes quand c’est nécessaire, explique Nico Cué à l’Humanité. Les libéraux ne s’y trompent pas en prenant systématiquement notre syndicat pour cible. Nous sommes l’une des digues face à eux et à l’extrême droite, qui n’a aucune chance, soulignons-le, d’avoir des élus en Wallonie, et je crois bien qu’elle va tenir plus que jamais lors de ces élections ! »

À la veille du scrutin, depuis Kalavryta, un village du Péloponnèse martyrisé par les nazis en décembre 1943 – près de 500 hommes âgés entre 16 et 70 ans y ont été exécutés –, Nico Cué confie, par téléphone, sa fierté de participer à la lutte contre la montée présentée comme inexorable des néofascistes en Europe. « En me lançant dans la bataille, je redoutais une campagne molle et un peu morne, confie encore le syndicaliste. Mais ce n’est pas du tout ce qui s’est passé : que ce soit en France avec Ian Brossat, à Barcelone avec Ada Colau ou, comme ces derniers jours, en Grèce, l’ambiance de cette campagne est réellement grisante et enthousiasmante. Il est possible, et indispensable, de changer cette Europe et de rompre avec ses orientations libérales ! » Rien ne se passe comme prévu. Sans doute, au bout du compte, à l’automne prochain, Nico Cué ne remplacera-t-il pas Jean-Claude ­Juncker au Berlaymont. Mais sa retraite n’approche pas pour autant…

Thomas Lemahieu
Espérance(s)
 
Le retour de l’idée communiste dérange…
 
 
Passé? Le père du bloc-noteur répétait souvent: «Une grande idée ne meurt jamais, à condition de la faire vivre.» Héritiers d’une longue tradition politique, comme poussés dans le dos par des forces que rien, pas même les trahisons à l’Idée, n’a pu abattre, nous conservons, nous innovons, avec en tête notre fil d’Ariane – la lutte pour la justice sociale et la dignité des plus faibles – reposant sur l’union sacrée du populaire et du régalien, la moins mauvaise des définitions possibles, sur le long terme, de «notre» gauche. Telle est notre aventure collective, la nuque raide, quand des brouillons de vie deviennent des copies au propre, quels que soient les mécomptes et la rouille déposée sur Billancourt qui n’en finit pas de désespérer ceux qui espèrent encore... Curieux moment, n’est-ce pas, pour nous autres, souvent considérés comme «hommes et femmes du passé», certainement pas du «passif»? Alors qu’un certain candidat issu des seuls rangs communistes casse la baraque au point de susciter un engouement médiatique nouveau, dans l’attente de son score définitif qui enverra ou non des députés européens de combat, voilà que ressurgit cette peur ancrée dans les classes du haut, jamais avares d’injures à l’heure des étincelles. Cette semaine, dans l’Humanité, l’écrivain Pierre-Louis Basse, qui a de la mémoire et des Lettres de noblesse à n’en plus finir, lui le biographe de Guy Môquet, déclarait avec fierté qu’il voterait, ce dimanche, Ian Brossat «avec les deux mains». Et il ajoutait ce que nous ne saurions mieux dire, comme pour contresigner son acte d’engagement, qu’il agirait ainsi au nom d’une idée qu’il qualifie de «retour», une idée que même les tyrans ne sont pas parvenus à défigurer: «L’idée communiste, figurez-vous, ça n’est rien d’autre que le rappel d’un combat et d’une espérance pour les plus démunis, pour la culture, la santé, l’éducation de nos enfants et petits-enfants. Plus que jamais, l’idée communiste épouse la cause des premiers chrétiens précipités dans la fosse aux lions. Je vais y aller franco.»
 
Cadavre? La campagne du candidat en question, et derrière lui tous ceux qui s’y impliquent, s’avère tellement marquante, bien au-delà des cercles en apparence concernés par ce regain de crédibilité, que la formule de Fabien Roussel «PCF is back», d’abord entendue comme une boutade sinon un doux rêve, provoque désormais craintes et inquiétudes. L’angoisse du rouge: vieille histoire. La panique des perspectives d’un autre rapport des forces: réflexe pavlovien des puissants, qui redoutent que le programme du Conseil national de la Résistante ressorte (vraiment) de l’oubli et remette sur les rails cette République sociale tant souhaitée par le grand Jaurès et ses successeurs authentiques. Raison pour laquelle, depuis quelques jours, la détresse des haineux n’a plus de limite. Quoi? Des communistes sont toujours là? Et en plus ils le revendiquent? Et ils annoncent même du changement dans la reconstruction de la gauche à-venir? Dans le Figaro, nous lisons: «Le communisme français, un cadavre qui bouge encore, hélas!» Belle évidence. Mais il y a toujours pire, quand l’anticommunisme se déchaîne. Jusqu’à un obscur éditorialiste de RMC qui ose affirmer que le PCF avait «complètement collaboré» avec les nazis. Nourris par la fange de l’inculture et du négationnisme, les crachats des histrions n’atteignent pas ceux qui savent le prix du sang et du sacrifice. Depuis, Libération et les Inrockuptibles, pour ne citer que ces deux organes de presse, ont livré les témoignages d’historiens (des vrais), tous indignés par ce honteux révisionnisme. L’idéologie conduit à tout; et leur peur est idéologique. Nous avons l’habitude: éternel recommencement. Mais qui dit «éternel recommencement» dit surtout «recommencement». Un vent nouveau se lève. L’idée vit. Et l’hypothèse de cette idée trouble maints esprits. Le bloc-noteur, qui pense toujours à sa filiation philosophique dans les grandes occasions, n’aura pas à écrire: «Mon père était tellement communiste que, quand il est mort, le communisme est mort avec lui.» D’ailleurs il ne l’écrira jamais. Au nom du père et du fils, des aïeux et des descendants!
[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 24 mai 2019.]
 
Européennes: tant de raisons de ne pas se laisser voler l'élection et de voter Ian Brossat- L'Humanité, le journal de Jaurès, 24 mai 2019
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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 05:38
6 raisons de voter Ian Brossat le 26 mai - par Maxime Cochard

La question européenne a toujours engendré de profonds débats au sein de la gauche, entre ceux qui acceptaient cette Union européenne libérale et ceux qui en rejetaient les traités fondateurs. Les élections européennes sont à un seul tour et à la proportionnelle intégrale. Pourquoi choisir la liste « Pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent » conduite par Ian Brossat le 26 mai ?

Raison n°1 : le seul parti qui ne s’est jamais trompé sur l’Europe

Les électeurs de gauche hésitants peuvent faire crédit au PCF d’être un repère dans ce débat européen. Car beaucoup de partis et de responsables politiques, à gauche, se sont illusionnés. On nous avait promis l’Europe sociale, on nous avait juré que les traités européens permettraient enfin de construire une union politique, avec une harmonisation des droits par le haut. Nous avons assisté à l’exact inverse. En 2015, le peuple grec, qui a voté démocratiquement pour rompre avec l’austérité, a été écrasée par 27 gouvernements coalisés. Ceux qui avaient anticipé la catastrophe dès le traité de Maastricht en 1992 sont peu nombreux. Les communistes sont de ceux-là. On ne trouvera pas dans notre bouche les contes de fées et les fausses promesses européennes qui ont tant déçu les couches moyennes et populaires.

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Raison n°2 : le solide bilan des eurodéputés PCF sortants

De l’avis général, Patrick Le Hyaric, Marie-Pierre Vieu et Marie-Christine Vergiat ont mené le combat avec constance et courage à Strasbourg et à Bruxelles durant la mandature qui vient de se clore. Ils ont arraché des victoires, comme le maintien du fonds européen d’aide aux plus démunis, ou le coup d’arrêt au détricotage des droits des chauffeurs routiers. Ils ont également pesé de tout leur poids sur les dossiers écologiques, comme le signale Le Monde dans le bilan de la mandature.

Au sein du groupe de la Gauche Unie Européenne, qui rassemble à ce jour une cinquantaine de députés sur 751, les parlementaires communistes de demain, comme ceux d’aujourd’hui, seront de tous les combats, sans ambiguïté ni renoncements. Ils travailleront toujours à construire de vastes alliances internationales pour faire progresser les droits des peuples, et à l’émergence d’une véritable force de gauche sur la scène internationale.

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Raison n°3 : la seule liste qui compte 50% d’ouvriers et d’employés

Avec la victoire d’Emmanuel Macron en 2017, on a vu débarquer dans nos institutions une multitude de chefs d’entreprise, de banquiers ou de membres des milieux d’affaire sur les bancs de l’Assemblée nationale. Le gouvernement d’Édouard Philippe compte une quinzaine de millionnaires. Et après, on s’étonne de la déconnexion du pouvoir en place et de son incapacité à mener une politique conforme aux intérêts de la majorité des Français ? Chaque liste prétend représenter le peuple mieux que la concurrente. Mais une seule liste compte plus d’une moitié d’ouvrier.e.s et d’employé.e.s. Ce n’est pas une petite question. Bien d’autres listes qui prétendent rendre leur voix aux petits ou représenter les gilets jaunes sont en réalité composées de cadres politiques aux carrières déjà bien remplies.

La liste conduite par Ian est la seule à permettre l’élection de la première députée européenne ouvrière depuis plus de 30 ans. La voix de Marie-Hélène Bourlard détonne. Dans l’arène politique, on n’est plus habitué à entendre ces hommes et ces femmes qui ont travaillé à l’usine, qui connaissent la réalité des petits salaires, des horaires fractionnés, et des batailles contre les plans sociaux. L’élection de Marie-Hélène Bourlard serait une énorme victoire symbolique. Et d’abord face à ceux qui font mine de se plaindre à tout bout de champ de la disparition des membres des catégories populaires dans les parlements, mais qui ne font strictement rien pour y remédier. Notre bulletin de vote rouge peut faire événement !

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Raison n°4 : la seule liste qui permet d’élire quatre eurodéputés qui ne lâcheront rien

Ian Brossat était encore un relatif inconnu il y a quelques semaines. Mais durant cette campagne, il a surpris et émergé en montrant une chose : sa constance à ne rien céder face aux représentants d’Emmanuel Macron et de l’extrême droite. Il a mouillé la chemise pour démasquer un à un les mensonges du Président, de ses ministres, et des petits télégraphistes qui relaient la bonne parole élyséenne. Dans cette campagne, il a montré qu’il sera un parlementaire européen intraitable, à la voix forte, prêt à mouiller la chemise, à ne rien laisser passer, à lancer l’alerte chaque fois que nécessaire. Il l’a du reste déjà fait en lançant une bataille contre la multinationale californienne Airbnb, qui piétine la loi française et le fisc pour maximiser ses profits. Il le fera demain encore mieux au Parlement européen, et nul ne peut douter qu’il sera un élu utile aux salarié.e.s de notre pays.

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Ian n’est pas tout seul. Il est entouré d’hommes et de femmes de grande valeur. J’ai parlé de Marie-Hélène Bourlard, qui s’est battue contre les délocalisations des usines textiles du Nord, et contre Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France et propriétaire du groupe LVMH pour lequel elle travaillait. Mais je voudrais citer aussi Anthony Gonçalves, médecin cancérologue, Loïc Pen qui s’est battu contre la fermeture de la maternité de Creil, Elina Dumont, ancienne SDF et grande gueule engagée contre le mal-logement, Maryam Madjidi, qui défend avec passion la cause des réfugiés… Il y en a beaucoup d’autres, des salariés en lutte et des syndicalistes comme Nacim Bardi ou Benjamin Amar. Notre liste a reçu le soutien de beaucoup de personnalités, comme mon amie Josiane Balasko que je ne remercierai jamais assez. Mais pas seulement. Elle est soutenue par 100 militants de la métallurgie, 300 cheminots, plus de 2000 élus locaux. Autant de citoyens qui veulent des parlementaires européens de combat !

Lorsque nous avons commencé cette campagne, la liste du PCF était donnée à 1 % dans tous les sondages. Elle est désormais toute proche de la barre fatidique des 5 % (4 % dans le dernier sondage OpinionWay). C’est la seule liste de gauche à avoir connu une telle progression dans les intentions de vote. Donner sa voix à Ian Brossat, c’est un vote utile : pouvoir faire élire directement au moins quatre députés de gauche au Parlement européen.

 

Raison n°5 : la seule perspective de reconstruire une gauche rassembleuse

La liste du PCF s’est singularisée par une chose : elle a tendu la main au reste de la gauche. Ça, toutes les listes le disent. Mais la liste de Ian Brossat est la seule à avoir refusé d’agresser quiconque à gauche. Nous nous sommes soumis au devoir de ne pas taper sur nos petits camarades, et nous l’avons respecté scrupuleusement. On ne peut pas en dire autant de tout le monde. Et si nous l’avons fait, c’est parce que nous savons qu’après le 26 mai, il faudra reconstruire la gauche. Une gauche à même d’exercer à nouveau des responsabilités locales et nationales. Nous n’avons pas l’intention de laisser le pays continuer à vivre au rythme du faux duel entre Macron et Le Pen.

Beaucoup de personnalités d’autres partis ont appelé à voter Ian Brossat ou lui ont témoigné leur soutien. Je pense à des parlementaires européens sortants, issus d’autres partis comme le PS ou les radicaux de gauche. Je pense aussi à des militants et sympathisants, venus par exemple de Génération.s et de la France Insoumise. Ce qu’ils apprécient, c’est justement que le PCF met le rassemblement non seulement au cœur de son discours, mais aussi au cœur de ses actes. Notre parti dirige 800 municipalités et un département. Il sait travailler dans l’unité et constituer des alliances. Le travail de Ian à Paris comme adjoint au logement dans une municipalité rose-rouge-verte en est une preuve. Cet apport est primordial pour que demain la gauche se relève.

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Raison n°6 : la seule belle surprise de la campagne !

Enfin, comment ne pas le souligner ? La campagne de Ian Brossat est la seule belle surprise de cette élection européenne. Ce ne sont pas seulement les communistes qui le disent. Nous avons reçu de très nombreux messages de toute la gauche, et même au-delà. Des messages de sympathie, d’encouragements, de soutiens, d’hommes et de femmes agréablement surpris par l’arrivée d’un vent nouveau, prêts à voter PCF pour la première fois.

Cela s’est vu dans nos meetings. Grâce au dévouement de nos militants (quel autre parti peut se targuer d’une telle fidélité, d’une telle constance dans l’engagement, d’un tel cœur à l’ouvrage de la part de ses membres ?), nous avons accueilli des milliers de personnes dans tout le pays. Au cours d’une élection pourtant réputée inintéressante, éloignée des préoccupations des Français, et difficile pour nous ! La presse s’est fait l’écho de cette percée : « La révélation Ian Brossat redonne le sourire au PCF » (L’Opinion), « Autour de Brossat, il est en train de se passer quelque chose » (Libération), Ian Brossat a « crevé l’écran », « la tête de liste PCF rayonne depuis quelques jours » (Le Monde)… Dans un monde politique qui, il faut bien le dire, ne donne guère matière à sourire, nous pouvons être fiers d’avoir su incarner cette étincelle de nouveauté et d’optimisme pour la suite.

Personnellement, j’ai rencontré des dizaines de personnes grâce à cette campagne, aussi bien dans le 14e arrondissement de Paris que partout ailleurs. Des rencontres qui font d’ores et déjà de ce printemps 2019 une réussite, un moment inoubliable de construction politique et de fraternité militante. C’est un acquis précieux ! Alors puisqu’il nous reste quelques jours de campagne, lançons nos dernières forces : prenons notre téléphone, appelons tous nos amis, tous nos contacts, tous ceux qui hésitent. Faisons passer le message. Le 26 mai, on vote pour Ian Brossat. Il a été la surprise positive de cette élection, avec une campagne pleine de propositions et d’imagination. Nous pouvons donc également créer la surprise dans les urnes. Et redonner le sourire au peuple de gauche !

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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 20:52
Avec Ian Brossat à Denain le 21 mai

Avec Ian Brossat à Denain le 21 mai

Photos de la campagne européenne de Glenn Le Saoût, candidat sur la liste de Ian Brossat dans le Finistère pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent
Avec Fabien Roussel, Cindérella Bernard, Marie-Hélène Bourlard, Camille Lainé, à Denain, 21 mai

Avec Fabien Roussel, Cindérella Bernard, Marie-Hélène Bourlard, Camille Lainé, à Denain, 21 mai

Au meeting du Relecq-Kerhuon le 1er février avec Ian Brossat et Cindérella Bernard

Au meeting du Relecq-Kerhuon le 1er février avec Ian Brossat et Cindérella Bernard

Au meeting du Relecq-Kerhuon le 1er février avec Ian Brossat et Cindérella Bernard

Au meeting du Relecq-Kerhuon le 1er février avec Ian Brossat et Cindérella Bernard

Au meeting du Relecq-Kerhuon le 1er février avec Ian Brossat et Cindérella Bernard

Au meeting du Relecq-Kerhuon le 1er février avec Ian Brossat et Cindérella Bernard

Avec Patrick Le Hyaric, député européen, Cindérella Bernard, Vincent, le patron de C'est Ici à Roscoff, pour notre réunion publique sur le Brexit à Roscoff debut mars

Avec Patrick Le Hyaric, député européen, Cindérella Bernard, Vincent, le patron de C'est Ici à Roscoff, pour notre réunion publique sur le Brexit à Roscoff debut mars

Avec Patrick Le Hyaric, député européen, Cindérella Bernard, pour notre réunion publique sur le Brexit à Roscoff debut mars

Avec Patrick Le Hyaric, député européen, Cindérella Bernard, pour notre réunion publique sur le Brexit à Roscoff debut mars

A Ploufragan (22) en avril avec Marie-Hélène Bourlard et Cindérella Bernard

A Ploufragan (22) en avril avec Marie-Hélène Bourlard et Cindérella Bernard

A Ploufragan (22) en avril avec Marie-Hélène Bourlard et Cindérella Bernard

A Ploufragan (22) en avril avec Marie-Hélène Bourlard et Cindérella Bernard

A Plourin-les-Morlaix le 18 mai avec Lassana Bathily, président du comité de soutien de Ian Brossat, et Cindérella Bernard

A Plourin-les-Morlaix le 18 mai avec Lassana Bathily, président du comité de soutien de Ian Brossat, et Cindérella Bernard

Photos de la campagne européenne de Glenn Le Saoût, candidat sur la liste de Ian Brossat dans le Finistère pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent
Avec Lassana Bathily à Quimper (photo Ronan Larvor- Le Télégramme)

Avec Lassana Bathily à Quimper (photo Ronan Larvor- Le Télégramme)

A Quimper avec Marie-Pierre Vieu, députée européenne, Laurent Brun, et de nombreux syndicalistes: Jean-Marc Cléry, Yann Foucher, Marie Le Berre, ainsi qu'Alain Bergeot

A Quimper avec Marie-Pierre Vieu, députée européenne, Laurent Brun, et de nombreux syndicalistes: Jean-Marc Cléry, Yann Foucher, Marie Le Berre, ainsi qu'Alain Bergeot

Photos de la campagne européenne de Glenn Le Saoût, candidat sur la liste de Ian Brossat dans le Finistère pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent
Photos de la campagne européenne de Glenn Le Saoût, candidat sur la liste de Ian Brossat dans le Finistère pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent
A Rennes, au meeting de Ian Brossat, devant 1000 personnes, début avril

A Rennes, au meeting de Ian Brossat, devant 1000 personnes, début avril

A Rennes, au meeting de Ian Brossat, devant 1000 personnes, début avril

A Rennes, au meeting de Ian Brossat, devant 1000 personnes, début avril

A la fête du Viaduc à Morlaix le 1er mai

A la fête du Viaduc à Morlaix le 1er mai

A la fête du Viaduc à Morlaix le 1er mai

A la fête du Viaduc à Morlaix le 1er mai

A la fête du Viaduc à Morlaix le 1er mai

A la fête du Viaduc à Morlaix le 1er mai

Avec Maryam Madjidi, candidate sur la liste de Ian Brossat, écrivaine, prix goncourt du premier roman pour Marx et la poupée, militante pour le droit d'asile, à Brest

Avec Maryam Madjidi, candidate sur la liste de Ian Brossat, écrivaine, prix goncourt du premier roman pour Marx et la poupée, militante pour le droit d'asile, à Brest

Avec Maryam Madjidi, candidate sur la liste de Ian Brossat, écrivaine, prix goncourt du premier roman pour Marx et la poupée, militante pour le droit d'asile, à Brest

Avec Maryam Madjidi, candidate sur la liste de Ian Brossat, écrivaine, prix goncourt du premier roman pour Marx et la poupée, militante pour le droit d'asile, à Brest

Le 21 septembre, nous lancions notre campagne d'affichage sur le kiosque de Morlaix

Le 21 septembre, nous lancions notre campagne d'affichage sur le kiosque de Morlaix

Avec Lassana Bathily et Cindérella Bernard à Paris, avant le meeting de Denain le 21 mai

Avec Lassana Bathily et Cindérella Bernard à Paris, avant le meeting de Denain le 21 mai

photo Jean-Marc Nayet - réalisation de l'affiche Atelier Caradec

photo Jean-Marc Nayet - réalisation de l'affiche Atelier Caradec

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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 19:14
Ian Brossat, meilleur espoir masculin des élections européennes (Vanity Fair, 23 mai 2019)

Au premier débat des européennes, organisé le 4 avril sur France 2, personne ne l’attendait vraiment… Il fut finalement celui qui marqua le plus les esprits. Devant son poste de télévision, même Aurore Bergé, députée LREM pourtant acquise à Nathalie Loiseau, dut le reconnaître : « Brossat de loin le meilleur à gauche », tweeta-t-elle. À gauche seulement ? Entouré de candidats plus expérimentés, au caractère bien trempé, Ian Brossat était étonnamment comme un poisson dans l’eau.

Le phénomène Brossat
Cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas entendu parler des communistes. Aux deux dernières consultations européennes, le PCF s’était rallié à une coalition du Front de gauche. De même aux deux dernières élections présidentielles, il soutenait alors Jean-Luc Mélenchon. Cette fois, le parti – qui a été le premier de France après la Seconde Guerre – a voulu de nouveau concourir sous ses propres couleurs. Les militants sont donc de retour et de plus en plus galvanisés à chaque meeting. L’explication de ce phénomène, que regarde surprise – voire méfiante – la classe politique ne tient qu’à un seul homme : Ian Brossat, adjoint d’Anne Hidalgo chargé du logement et tête de liste PCF pour ce scrutin européen.

Le fanion communiste ne fait plus peur. Bien avant les électeurs, ce sont surtout les médias qui ont adhéré à Ian Brossat. Au-delà des quotas de parole imposés par le CSA, on l’invite sur les plateaux, sachant pertinemment qu’il participera au show, à coups de petites répliques et de bons mots. « Nathalie Loiseau, c’est un peu la Richard Virenque de la politique, elle était candidate à l’insu de son plein gré », a-t-il par exemple lancé sur franceinfo. Certains de ses passages télé tournent même en boucle sur les réseaux sociaux. Comme quand, sur Public Sénat, il avait mouché un éditorialiste du Figaro. Celui-ci lui reprochait d’être complice des GAFAs, qu’il dénonce pourtant : « Vous utilisez Facebook. Vous utilisez Google. Vous pourriez aussi ne pas collaborer avec ces géants d’Internet. » Ce à quoi Brossat avait répondu : « Regardez : des tas d'éditorialistes du Figaro qui dénoncent le fonctionnement de la sécurité sociale, utilisent la sécurité sociale. Si vous voulez qu'on joue à ce petit jeu-là, ce sera contradiction pour contradiction. »

Ian Brossat est si à l’aise qu’il commence à faire peur à ses concurrents – certains diront « camarades » – de gauche. Benoît Hamon, pourtant ancien candidat à une présidentielle, pourrait bien se faire dépasser par ce nouvel arrivant. La France insoumise, de son côté, commence à s’inquiéter de voir plusieurs de ses voix s’envoler pour le PCF, son ancien allié. Même la liste Place publique/Parti socialiste se méfie de lui, puisque dans ses rangs, certains se laissent – sans le dire – séduire. Lors d’une promenade dans le XIe arrondissement de Paris, l’ancien président François Hollande a même félicité des militants communistes qui tractaient : « Il faut reconnaître que vous faites une très belle campagne. Peut-être même la meilleure campagne à gauche », leur a-t-il assuré. Et d’ajouter : « Il a l’avenir votre candidat », sachant parfaitement que ce compliment ne serait pas sans conséquence.

Parmi ses soutiens, Ian Brossat peut aussi compter sur une célébrité de choix : Josiane Balasko. L’actrice a même accepté de prêter sa voix au clip officiel de campagne.

Dimanche 23 mai, au soir des résultats, Ian Brossat pourrait-il créer la surprise ? Selon les sondages, il dépassera difficilement les 3% mais lui assure qu’il atteindra les 5%. C’est en effet une barre cruciale à franchir si l’on veut placer quelques-uns de ses candidats au Parlement européen. Pour cela, il devra, dans l’isoloir, convaincre au-delà de l’électorat communiste traditionnel. Il devra ravir, au dernier moment, des électeurs de la gauche qui n’étaient pas jusqu’alors acquis à son parti. Peu importe la conclusion, Ian Brossat pourra au moins se féliciter d’être la révélation de cette élection, encore plus que les inconnus de la nouvelle génération, à l’instar de Manon Aubry et Jordan Bardella.

Vanity Fair, 23 mai 2019

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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 19:11
Contre le tandem Macron-Le Pen: Ian Brossat! - Patrick Le Hyaric, L'Humanité, 23 mai 2019
Contre le tandem Macron-Le Pen : Ian Brossat !
Jeudi, 23 Mai, 2019

Par Patrick Le Hyaric.

 

Ceux qui, président de la République en tête, ont placé l’extrême droite sur un piédestal au cours de cette campagne pour l’élection des députés européens porteront une lourde responsabilité devant l’Histoire.

Ce n’est pas l’avenir de la construction européenne qui les préoccupe, mais la mise en place d’une stratégie pour sauver les puissances d’argent et tenter d’enfermer nos concitoyens dans une venimeuse tenaille qui bouchera pour longtemps toute perspective d’amélioration de la vie des gens et de transformation écologique pour sauver l’humanité des périls qui la menacent.

Ceux qui, au lendemain du second tour de l’élection présidentielle, ont théorisé l’effritement de l’extrême droite sont les mêmes qui, depuis, n’ont cessé de lui donner de l’oxygène. Jusqu’à ces derniers mois où le complexe médiatico-politique s’est jeté corps et âme dans une entreprise d’assimilation du mouvement des gilets jaunes à l’extrême droite, comme pour signifier que cette dernière était le vote naturel d’une France en colère, elle qui n’a jamais défendu ni l’augmentation de la rémunération du travail, ni combattu les paradis fiscaux pas plus que le glyphosate, et encore moins soutenu les organisations syndicales.

Et, depuis quelques jours, ceux-là mêmes qui réclament une armée européenne sous commandement de l’Otan, qui ont approuvé le traité de libre-échange avec le Canada, s’apprêtent à en signer un nouveau avec les États-Unis, qui ont bradé une partie d’Alstom à General Electric, applaudi à la fusion Bayer-Monsanto, laissé l’Union européenne devenir le terrain de jeu profitable aux multinationales nord-américaines du numérique, courbé l’échine devant l’extraterritorialité du droit états-unien, et ne disent mot quand le président des États-Unis se dresse contre la création d’un État palestinien, font mine de découvrir que l’envoyé spécial de M. Trump est le conseiller politique des extrêmes droites en Europe.

Ces dangereuses patte-pelus seraient bien plus crédibles si elles avaient agi pour défendre les intérêts européens, solidarisant les travailleurs et les populations, au lieu d’encourager par tous les moyens la concurrence délétère à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union européenne. Le président de la République serait plus crédible si à la table du Conseil européen il ne signait pas les mêmes textes que MM. Salvini et Orban, s’il n’avait pas abandonné les migrants de l’Aquarius à leur sort, et s’il ne soutenait pas le recul des crédits du Fonds social européen au profit d’un embryon d’armée européenne et d’une police nouvelle chargée de chasser les réfugiés au large de la Méditerranée.

Ce sont ceux qui nient le pluralisme politique dans cette campagne qui ont à la fois affaibli l’idée européenne et fait le lit de l’extrême droite.

Ce sont eux qui ont refusé le verdict du référendum de 2005 et cachent aux yeux des citoyens que le fameux pacte budgétaire qui organise les actuelles politiques d’austérité n’a plus de validité juridique.

Ce sont eux qui ont concocté une mécanique médiatique infernale qui valorise la parole d’extrême droite en minimisant les voix alternatives.

Ce jeu politicien, dont l’objectif est de roder le numéro de duettiste en vue de la prochaine élection présidentielle, n’est pas seulement une impasse. Il porte en lui les germes du renforcement de la guerre économique, l’inquiétant cliquetis des armes et la victoire possible de ceux que l’on prétend combattre, comme déjà chez certains de nos voisins. Cela mérite que chacun regarde de plus près ce qui se jouera dans les urnes dimanche ; regarde de plus près la liste conduite par Ian Brossat pour une Union des peuples libres et solidaires, condition du progrès social, démocratique et écologique sur notre continent. Une liste qui, en dépassant le seuil de 5 %, renforcera toute la gauche et qui contribue dès aujourd’hui au bénéfice de tous à lui redonner couleurs et valeurs.

Chacune, chacun peut utiliser ce vote le plus résolument anti-Macron et anti-extrême droite. Les actes du Parti communiste parlent pour lui. Il a été la seule force politique à avoir rejeté tous les traités ultralibéraux, notamment celui de Maastricht.

Un ouvrier qui hésite encore, un employé qui aspire à vivre mieux, un cadre soucieux de l’efficacité sociale et écologique, un paysan qui n’en peut plus de la baisse des prix, un créateur attaché à l’exception culturelle, un militant de la paix, un retraité, un gilet jaune qui s’est mobilisé pour la justice sociale et fiscale et pour que la voix des humbles soit entendue et écoutée, dispose dimanche prochain d’une liste qui lui ressemble et qui rassemble en son sein des candidates et candidats issus du monde du travail et de la création, celle de Ian Brossat.

Il reste encore quelques heures pour faire exploser le scénario concocté à l’Élysée et au château de Montretout. C’est de notre avenir qu’il est gravement question.

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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 19:10
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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 18:54
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