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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 17:04
« Cent ans d’avenir »

En 2020, le Parti communiste fêtera ses 100 ans : cent ans de combats, cent ans d’alliances populaires, cent ans de résistances, cent ans de recherches, cent ans de conquêtes, cent ans d’ambitions, cent ans d’inventions…

Ce centenaire, il est celui de toutes celles et tous ceux qui ont milité dans ce parti, qui ont voté pour ce parti, qui ont souscrit pour ce parti, qui ont rêvé avec ce parti, qui ont lutté avec ce parti. Il est celui de tous ceux qui savent que le visage de la France d’aujourd’hui ne serait pas le même si des millions d’hommes et de femmes - métallos et artistes, cheminots et scientifiques, mineurs et instits, paysans et artisans… - n’avaient pas décidé d’agir avec le Parti communiste pendant ces dix décennies.

Il est celui des nouvelles générations qui arrivent dans un monde sans qu’on leur ait dit le souffle des batailles d’hier : pour la paix entre les peuples, pour la liberté et la décolonisation, pour la République et l’égalité, pour la Sécurité sociale, pour la retraite à soixante ans, pour la libre disposition de leur corps par les femmes, pour la réduction du temps de travail, pour un statut de la fonction publique, pour une grande recherche publique, pour la culture…

Il est celui de notre peuple qui cherche si difficilement une issue dans ce monde qu’il sait défiguré et menacé par la tyrannie capitaliste.

Le Parti communiste va donc animer, pendant toute l’année 2020, une grande année centenaire, tournée vers le plus grand nombre.

Dans une note du 16 avril 2019, la banque Natixis n’explique-t-elle pas que dans les années 1950, 1960 et 1970, les entreprises étaient obligées de « partager des revenus », en faveur des salariés car le taux de syndicalisation de ceux-ci était fort et le Parti communiste français à son apogée ? Belle variante actualisée de la fameuse formule d’Yvon Chotard, vice-président du CNPF (ancêtre du MEDEF) dans les années 1970 et 1980 : « On ne fait pas la même politique avec un PCF à 20 % et à un PCF à 10 % ». Il faudra donc parler de la richesse et de la pluralité de cette empreinte laissée par cent années d’activité communiste organisée.

La question ne se pose pas qu’en des termes mémoriels - même si la mémoire est un combat qui parle d’avenir - mais bien au présent, à l’heure où le PCF paraît, au plan électoral en tout cas, en difficulté et où les partis sont questionnés.

C’est bien pour le présent et à partir des enjeux du présent, que le PCF va organiser cette série d’événements. À l’heure où la conscience écologique se renforce et où le rejet du capitalisme reste fort mais sans alternative jugée massivement crédible, ce centenaire devra poser en grand la question du communisme pour notre siècle.

Ce centenaire, nous voulons qu’il ait cette couleur communiste si singulière : pleinement populaire, pleinement politique, pleinement culturelle. Avec des temps forts nationaux et des déclinaisons dans tous les territoires, il s’agira de donner à voir en grand cent ans de combats communistes, cent ans d’avenir.

Guillaume Roubaud-Quashie, membre du Comité exécutif national.

Collectif national de préparation du centenaire

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 16:55
Hôpitaux :  Il faut que l’État décrète l’état d’urgence  réclament les sénateurs communistes - mercredi 29 mai, Guillaume Jacquot (Public Sénat)
Hôpitaux :  Il faut que l’État décrète l’état d’urgence  réclament les sénateurs communistes - mercredi 29 mai, Guillaume Jacquot (Public Sénat)
Hôpitaux : « Il faut que l’État décrète l’état d’urgence » réclament les sénateurs communistes

mercredi 29 mai, Guillaume Jacquot (Public Sénat)

Heurtés par les orientations du gouvernement et par les conditions de travail des personnels soignants, les sénateurs du groupe communiste proposent leur propre « loi santé », qu’ils déclineront en partie sous forme d’amendements en séance à partir du 3 juin.

 

 « Nous ne faisons plus de qualité, mais de l’abattage. » La phrase est symptomatique des services de santé sous tension. C’est l’un des nombreux témoignages recueillis par les parlementaires communistes, au cours de leur « tour de France » des hôpitaux et des Ehpad. Au total, 120 établissements visités pendant 15 mois, pour prendre le pouls d’une profession « en souffrance ».

À cinq jours du début de l’examen dans l’hémicycle du Sénat du projet de loi de réorganisation du système de santé, porté par la ministre Agnès Buzyn, le groupe communiste promet de batailler contre les orientations de la réforme. « La philosophie de ce texte est de dire que ce n’est pas tant une histoire de moyens, mais de réorganisation », regrette la sénatrice du Val-de-Marne, Laurence Cohen. Cheffe de file de son groupe dans l’examen de ce projet de loi, elle dénonce « un refus politique d’accorder des moyens à la politique de santé ».

Le futur label des « hôpitaux de proximité » est clairement dans leur viseur, car, à ce stade de la navette parlementaire, ces derniers n’incluront pas de maternités, et les services de chirurgie (pour les actes programmés) seront optionnels. Le PCF refuse que ces établissements soient des « coquilles vides » et conduisent à des « regroupements ». Les habilitations accordées par le projet de loi au gouvernement pour définir le champ d’action des hôpitaux de proximité, sont aussi un principe largement dénoncé dans leurs rangs.

82 amendements au projet de loi d’Agnès Buzyn

Le groupe sénatorial a déposé 82 amendements sur le projet de loi. Certains « demanderont la suppression d’un certain nombre d’articles ».

Les contre-propositions sont sur la table. En lien avec leurs homologues députés, les sénateurs communistes ont élaboré une proposition de loi, qui se veut un projet « alternatif » à la réforme du gouvernement. Il s’agit une proposition de loi-cadre, autrement dit, un texte avec des orientations générales. Celles-ci ont été définies en lien avec les professionnels du monde de la santé, insistent les communistes. Le texte sera soumis à la délibération du Sénat lors d’une prochaine semaine d’initiative parlementaire.

Moratoire sur les fermetures de services et d’établissements

Dans un contexte de mouvement social prolongé dans de nombreux hôpitaux – services d’urgences en tête – les deux groupes parlementaires du PCF réclament des mesures immédiates et profondes. « Il faut que l’État décrète l’état d’urgence. C’est maintenant, en 2019, qu’il faut s’occuper des gens », demande le député Alain Bruneel, en référence au plan « Ma Santé 2022 ».

Les communistes voient dans leurs 86 propositions et idées une « boîte à outils », dont une partie sera défendue en tant qu’amendements sur le projet de loi santé. Parmi les mesures qu’ils défendront, on retrouve notamment une redéfinition du rôle des hôpitaux de proximité, en élargissant ses missions, et des créations de « centres de santé » adossés à chaque établissement pour un meilleur maillage du territoire. Le groupe communiste veut également instaurer un moratoire sur les fermetures de lits, de services ou d’établissements. « On prend au mot le président de la République ».

Autre idée sur laquelle le groupe mise beaucoup : l’amélioration de la « démocratie sanitaire », en développant la concertation et en faisant en sorte que les professionnels, les syndicats, les élus, mais aussi les usagers, aient davantage voix au chapitre. La sénatrice Laurence Cohen propose par exemple d’instaurer un droit de veto pour que ces interlocuteurs puissent s’opposer aux décisions des ARS (agences régionales de santé), qu’elle compare à des « super préfets » ne répondant qu’au ministère.

« On discutera des moyens à l’automne. Ne faisons pas l’inverse »

Dans la lutte contre les déserts médicaux, qui fait l’objet de débats entre sénateurs de la majorité sur les solutions à retenir, le groupe communiste penche pour des mesures de régulation à l’installation. « Le système de liberté d’installation produit des inégalités de couverture du territoire dramatique », souligne le sénateur Pierre Laurent. « Il faut une régulation. Des mesures incitatives ou coercitives ? On peut en débattre », explique le sénateur de Paris. Lui et ses camarades espèrent être entendus dans l’hémicycle. « Nos collègues, quelles que soient leurs sensibilités vivent dans des territoires, ruraux ou urbains, où il manque des médecins », constate Laurence Cohen.

Mais la sénatrice pointe aussi les « contradictions » à l’œuvre à l’intérieur du palais du Luxembourg. « À l’automne, quand on vote les budgets, ils votent pour les budgets austéritaires », dénonce-t-elle. Son groupe a déjà listé des pistes pour financer ses propositions, notamment le recrutement de 100.000 emplois dans l’hôpital, et autant dans les EHPAD. Deux sources importantes de financement, régulièrement épinglées par les communistes, sont déjà identifiées : la fin des réductions de cotisations patronales (qui ont pris la suite du CICE) et des allègements de cotisations sociales sur les bas salaires.

« On discutera des moyens à l’automne. Ne faisons pas l’inverse, c’est-à-dire une loi pour rentrer dans le cadre d’une enveloppe budgétaire », explique Pierre Laurent.

 

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 13:26

Compte-rendu du conseil municipal du 28 mai 2019 - Par Roger Héré, conseiller municipal d'opposition PCF

 

Début du conseil : 19h.

Cette nouvelle séance du conseil municipal est motivée par le renouvellement de la délégation de service public de la piscine sous la forme d'un avenant au contrat du 12 septembre 2000.

1° Compte rendu du conseil du 14 mai 2019:

Pour les mêmes raisons que d'habitude (absence de réel compte-rendu des débats) l'opposition s'abstient sur ce point, Joëlle Huon faisant remarquer une nouvelle fois qu'il ne s'agissait que d'un relevé de décisions et non d'un véritable compte-rendu.

2°Tarifs de la piscine, ALSH, relais des jeunes

Proposition de modification des tarifs : augmentation de 1% (1,5% pour le tarif relais des jeunes qui n'avait pas été revu l'an passé).

Accord

3° Tarifs scolaires, locations de salles

Augmentation de 1%.

Accord

4° tarif de la location de la sono au Foyer rural

Un équipement de sonorisation ayant été installé au Foyer rural, Mme Maire propose un tarif de location de l'équipement à 50 €, à l'exception des utilisateurs réguliers pour lequel la location est proposée à 50 € pour l'année.

Accord

5°Ecomusée

Mme le Maire propose une offre de cartes postales à 0,50 € l'unité.

Accord

6° Allocations scolaires

La majorité propose une allocation scolaire de 45,66 € par enfant dans les écoles publiques et de 677,34 € par enfant pour l'école Ste Marie.

Joêlle Huon demande des précisions sur les coûts constatés dans le public pour justifier l'allocation versée par élève dans le privé.

En l'absence de chiffres très précis l'opposition s'abstient sur ce point.

7° Déplacements des écoles

Il est proposé une allocation de 165,82 € par classe pour 2019/2020. Les versements seront faits en septembre 2019 aux APE et OGEC.

Accord

 

8° subventions aux associations

La majorité propose d'augmenter de 1% la plupart des subventions versées en 2018.

Pour les subventions versées par l'ancienne commune du Ponthou, elle aligne la situation sur celle de Plouigneau, et en particulier ne renouvelle pas les subventions au collège de Guerlesquin (50 € par élève) et à l'école de Plouégat Moysan (500 € par enfant).

A la demande de l'opposition (Joëlle Huon et Roger Héré) la subvention versée à l'association Addeski (lutte contre l'illettrisme) est maintenue, alors que la majorité avait prévu de la supprimer, et elle est portée à 56 €.

L'opposition s'abstient sur l'ensemble du projet.

 

9° Répartition des amendes de police

Mme le maire propose deux dossiers pour être financés par ce fonds : La sécurisation de l'entrée de l'école de Lannelvoez et les aménagements et la signalétique à St Didy et au centre-bourg (rues du 9 août et du 11 novembre).

Accord

 

10° Halte garderie

Mme le Maire propose de maintenir pour 2019 la participation de 16 000 € versée en 2018,

Accord

 

11° Avenant au contrat de délégation de service public (DSP) de la piscine

Alors que la DSP votée en 2000 s'achevait en 2020, la majorité a présenté un projet d'aménagement et d'agrandissement de la piscine pour 1 147 000 € proposé par l'exploitant, en contre partie duquel elle propose d'allonger la DSP existante de 8 ans (achèvement en 2028).

Pour l'opposition, Dominique Guizien, s'il indique comprendre l'intérêt économique du projet, demande pourquoi celui-ci a lieu juste avant le renouvellement de la DSP. Il demande des précisions sur la diminution de la redevance annuelle versée par la commune, et il craint qu'à un moment donné la commune ne soit contrainte de verser des aides en compensation de pertes d'exploitation.

Roger Héré s'étonne que ce projet ait été totalement ficelé par avance, et sans qu'à aucun moment le conseil municipal n'ait été amené à en discuter, alors que l'opposition demandait régulièrement des précisions sur le sujet depuis plus de deux ans et qu'à chaque fois il était répondu évasivement "On verra, pour l'instant il n'y a rien de fait".

Il aurait souhaité disposer de tous les éléments financiers, de l'expertise et du contenu des discusions avec l'exploitant, et ce dans un tout autre délai que quelques jours avant le conseil qui doit en délibérer.

Joëlle Huon pose la question de la question de la légalité du renouvellement de la DSP dans ces conditions (8 ans) et précise que la date du projet figurant sur le document présenté au conseil était du 12/11/2018, ce qui laissait largement le temps à la majorité d'en faire état au conseil bien avant cette fin de mai 2019.

B. Le Vaillant a répondu que l'on verrait bien ce qu'en dirait l'autorité administrative.

R. Héré lui rétorque que compte tenu de l'importance du dossier, la moindre des choses aurait été de prendre tous les renseignements nécessaires bien avant, ce que confirme D. Guizien.

L'opposition s'abstient sur ce point.

 

12° décisions prises par délégations du conseil

Pas de remarques.

Fin du conseil  20 h

 

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 11:19
Cécile Brulin, sénatrice communiste de Seine-Maritime, défend les cinémas indépendants

Cécile Brulin, sénatrice communiste de Seine-Maritime, défend les cinémas indépendants

Le 28 mai 2019,  les sénateurs ont débattu en séance publique sur l’avenir du cinéma français.

 

« Il est urgent d’agir, pour l’égalité territoriale autant que pour l’avenir du cinéma. Une piste serait de prendre en compte la diversité des lieux de diffusion dans les critères d’implantation des nouvelles salles de cinéma » a affirmé Céline Brulin, Sénatrice de Seine-Maritime (Groupe CRCE).

Son intervention : 

La France a le parc de salles le plus important et le plus dense en Europe, grâce en partie à son réseau de salles indépendantes. Or celles-ci font face à la concurrence des multiplexes situés en périphérie, ce qui contribue à la dévitalisation des centres-villes.

La raréfaction de l’offre culturelle concourt au sentiment d’abandon des territoires, d’autant que le cinéma est la sortie culturelle la plus populaire, ce qui lui donne une place centrale dans l’accès à la culture. Il est essentiel de préserver les salles indépendantes dans les villes moyennes.

En 2016, le CNC rappelait que le cinéma d’art et d’essai pouvait être porteur d’une dynamique éducative et culturelle, s’il était accompagné. Il est urgent d’agir, pour l’égalité territoriale autant que pour l’avenir du cinéma. Une piste serait de prendre en compte la diversité des lieux de diffusion dans les critères d’implantation des nouvelles salles de cinéma.

 

Franck Riester, ministre. – Une salle sur deux est une salle d’art et d’essai ; une salle sur deux est située dans une commune de moins de 10 000 habitants. Le CNC investit 8 millions d’euros par an pour aider ces salles dans les centres-villes. Cependant, il faut aussi les moderniser et favoriser l’accès des personnes à mobilité réduite.

La Médiatrice du cinéma a pour rôle de protéger les salles d’art et d’essai face à la concurrence des multiplexes dans l’accès aux films. Le CNC organise un tour de France des salles d’art et d’essai pour les aider à mieux gérer leur cinéma en achetant mieux, en valorisant leurs événements, leur présence sur Internet et sur les réseaux sociaux.

En mai 2016, le CNC a signé une avancée majeure qui favorisera l’accès des salles d’art et d’essai des petites villes et zones rurales aux films primés. Nous travaillons à un futur plan d’action 2019-2021 pour ces salles.

Cécile Brulin : « Nous vous alertons aussi sur les petites salles non classées Art & Essai dans les villes moyennes. »

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 07:50
Corentin Celton, un héros (communiste finistérien) oublié des Bretons (Le Télégramme, Serge Rogers, dimanche 26 mai 2019)
Corentin Celton, un héros (communiste finistérien) oublié des Bretons (Le Télégramme, Serge Rogers, dimanche 26 mai 2019)
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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 04:54
Passage en force pour casser les statuts dans la Fonction Publique - la Macronie se croit tout permis, Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 29 mai
La Macronie se croit toujours tout permis
Mercredi, 29 Mai, 2019

Les députés LaREM s’estimaient hier renforcés par le résultat des européennes, et autorisés à réformer seuls la fonction publique et le règlement de l’Assemblée.

L’extrême droite est arrivée en tête des élections européennes en France dimanche soir ? « Ne mégotons pas là-dessus », affirme Gilles Le Gendre. Mais cet échec à peine évoqué, le président du groupe LaREM à l’Assemblée nationale énumère très vite ses motifs de satisfaction liés à ce scrutin. « La voie est dégagée pour pouvoir mettre en œuvre la feuille de route fixée par le président de la République à la fin du grand débat national », a-t-il apprécié hier, juste avant que le Parlement ne reprenne ses travaux. Au menu, le vote de la réforme de la fonction publique. « Nous sommes dans l’acte II du quinquennat. Notre méthode est d’être à l’écoute des Français, d’associer les corps intermédiaires et les syndicats », insiste Gilles Le Gendre. Quelques minutes plus tôt, de nombreux fonctionnaires manifestaient devant le Palais Bourbon pour dire leur rejet de cette réforme qui fait l’unanimité contre elle au sein des organisations syndicales. Interrogé à ce sujet, Gilles Le Gendre ne tremble pas une seconde. « S’il y a un texte qui s’est fait dans la négociation, c’est bien celui-là, pendant 18 mois », assène-t-il, avant de regretter la « posture » des syndicats, et de louer le travail d’Olivier Dussopt, secrétaire d’État chargé de la réforme. « C’est un artiste. Vous aurez le plus grand mal à trouver un syndicaliste qui dise du mal de sa personne », assure-t-il.

Passé le vote de ce texte (par 351 voix contre 156), qui organise le recrutement massif de contractuels dans la fonction publique, rompt avec le modèle du fonctionnaire citoyen et fait entrer toujours plus le privé dans l’organisation de l’État, les députés macronistes se sont attaqués à la réforme du règlement de l’Assemblée nationale. À entendre Gilles Le Gendre, l’ambition est de « réinventer la relation entre l’exécutif et la majorité », et de se livrer à une « élévation du niveau de jeu à l’Assemblée ». Il est pourtant prévu que le temps de parole alloué aux explications de vote soit divisé par deux, et que les amendements puissent être votés uniquement en commission. « Les députés de la majorité décident seuls de comment nous allons travailler », s’indigne Jean-Christophe Lagarde (UDI). « LaREM veut un mécanisme parlementaire robotique, un peu comme sa majorité », tance David Habib (PS), quand Elsa Faucillon (PCF) s’inquiète de la transformation de l’Assemblée en « chambre de contrôle, au lieu d’être un lieu de démocratie délibérante ».Loin d’entendre ces alertes, les députés LaREM considèrent toujours qu’ils ont pleinement mandat pour faire ce qu’ils veulent, seuls. « Nous sommes la force politique qui est légitime à faire barrage aux extrémistes et qui est capable d’apporter des solutions aux problèmes subis par les Français », tranche Gilles Le Gendre. La majorité a même réservé une standing ovation hier au premier ministre Édouard Philippe lorsqu’il s’est levé pour la séance de questions au gouvernement.

Nathalie Loiseau se pose en rempart « aux nationalistes et aux populistes »

La tête de la liste LaREM pour les européennes, Nathalie Loiseau, a elle aussi eu droit a des applaudissements nourris après avoir été citée. Se proclamant remparts « aux nationalistes et aux populistes », s’estimant « présents au rendez-vous de l’urgence climatique », raillant les députés LR au motif que ce parti est tombé dimanche à 8,5 % et ignorant une gauche fragilisée, la majorité a passé la journée à danser tout sourire au-dessus du volcan. Et les députés de gauche s’interrogeaient tous sur la façon de briser le mano à mano électoral entre LaREM et le RN sur lequel Macron compte surfer à chaque occasion.

Aurélien Soucheyre AVEC CYPRIEN CADDeO
Stephane Peu

Stephane Peu

Fonction publique

L’Assemblée nationale vote « une loi d’extinction de la fonction publique » (Stephane Peu, député communiste, Groupe de la Gauche démocrate et républicaine)

L’Assemblée nationale a adopté mardi 28 mai 2019 en première lecture le projet de loi sur la fonction publique qui entend donner plus de « souplesse » à un secteur souvent « victime de rigidités », avec notamment un recours accru aux contractuels.

 

Le texte a été voté par 351 voix contre 156 et 53 abstentions. Se sont abstenus des députés de l’UDI ainsi que les élus du RN. Ont voté pour, les députés LREM et Modem. Tous les députés GDR, LFI et PS ont voté contre. Pour les LR  une partie s’est abstenue  et 5 ont voté pour.

« Nous pourrions utilement rebaptiser votre texte « loi d’extinction de la fonction publique » tant elle met à mal notre conception française et républicaine de la fonction publique, enviée dans le monde entier » a dénoncé Stéphane Peu dans l’explication de vote du Groupe de la Gauche démocrate et républicaine

L’explication de vote en intégralité :

« Votre texte met à mal la conception française et républicaine de la fonction publique, un modèle dont la grandeur et l’originalité sont remarquées, sinon enviées, dans le monde entier. Vous affaiblissez une fonction publique fondée sur la neutralité, qui garantit de servir l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers ; une fonction publique entrée dans la modernité au sortir de la dernière guerre mondiale, lorsqu’il fallut reconstruire, à partir de ses services publics, une nation démocratique faisant le choix du progrès, de la liberté et de l’égalité, contre l’obscurité et la barbarie.

Mesurez, chers collègues, que c’est dans ce contexte si particulier, au sortir de l’occupation nazie et de la collaboration vichyste, que s’est construit le statut moderne de notre fonction publique. Bâti autour de trois principes, l’égalité, la neutralité et la responsabilité, ce statut crée un fonctionnaire-citoyen qui n’est pas le « rouage impersonnel de la machine administrative », pour reprendre les mots du ministre de l’époque du général de Gaulle, Maurice Thorez.

Oui, cette fonction publique a su évoluer, notamment sous l’impulsion d’Anicet Le Pors, à l’orée des années 1980, pour être l’outil d’une France moderne, décentralisée, organisée autour de collectivités s’administrant librement dans l’intérêt de tous.

Oui, cette grande fonction publique s’est montrée capable de répondre aux exigences de développement de nos services publics dans tant de domaines : se soigner, s’éduquer, se déplacer, communiquer, être protégé, défendu… Tant de besoins essentiels pour nos vies !

Les Français d’ailleurs le savent bien, eux qui, confrontés à une paupérisation accrue, à des inégalités entre les territoires toujours plus profondes, réclament aujourd’hui massivement plus de services publics. Ils savent bien que l’action publique et l’esprit républicain qui l’anime sont parmi les vecteurs les plus fiables de la cohésion sociale et territoriale.

Le statut de fonctionnaire n’est pas un privilège. Il est l’expression et l’incarnation des valeurs essentielles à la vitalité de notre République : la primauté de l’intérêt général, l’affirmation des principes d’égalité, de laïcité et de probité.

Malheureusement, votre texte tourne le dos à ces valeurs. Vous choisissez d’opérer un glissement du privé vers le public. C’est votre obsession : quand vous ne confiez pas au privé les missions du public, vous injectez dans le public les méthodes du privé. C’est l’esprit et la lettre de votre projet de loi que l’État soit « géré comme une entreprise » – pour reprendre la formule d’Emmanuel Macron.

Tel est le sens du recours massif aux contractuels. Or, pour nous, c’est le concours qui doit rester la règle d’entrée dans la fonction publique, parce qu’il garantit le principe d’égalité au détriment de l’entre-soi, des réseaux d’influence et du clientélisme. Il garantit à chacun de nos concitoyens la possibilité de faire valoir ses compétences et il préserve l’action publique des conflits d’intérêts qui contreviennent à l’intérêt général.

Il en est de même du pantouflage et du rétro-pantouflage, c’est-à-dire de ces allers-et-retours entre public et privé, ou du recours à des contractuels notamment sur les postes à haute responsabilité, entretenant ainsi la confusion des finalités du public et du privé.

Comme dans le privé, avec les contrats de chantier, vos contrats de projet, qui peuvent être rompus avant terme et qui ne donnent lieu ni à la titularisation ni à un CDI, réduiront de facto l’indépendance de l’agent face aux pressions économiques et politiques.

Comme dans le privé, vous introduisez le détachement d’office et l’usage de la rupture conventionnelle – une véritable arme de destruction massive pour satisfaire la véritable ambition de ce projet de loi, à savoir supprimer à terme 120 000 postes de fonctionnaires, soit un plan social inégalé dans le secteur public.

Comme dans le privé, vous supprimez les CHSCT et réduisez les prérogatives des commissions administratives paritaires. En réalité, votre texte est la « loi Travail » de la fonction publique. Méthodiquement, vous adaptez notre société et ses règles républicaines au seul modèle auquel vous croyez : une société marchande.

Ce week-end, les nationalistes et les démagogues ont encore avancé leurs pièces dans l’Europe tout entière. À la lumière de ces résultats, fragiliser les fondements de notre République apparaît encore plus dangereux.

Pour toutes ces raisons, le groupe GDR votera contre ce texte »

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 16:39
Adresse de Glenn Le Saoût, candidat finistérien du PCF sur la liste L'Europe des gens contre l'Europe de l'argent après les Européennes du 26 mai

Adresse de Glenn Le Saoût, candidat finistérien du PCF sur la liste "L'Europe des gens contre l'Europe de l'argent" après les Européennes du 26 mai:

" Que la déception fut grande pour nous dimanche soir en voyant les résultats.
 
Nous ne parvenons pas à remplir notre objectif de faire élire 4 députés européens communistes malgré les grands espoirs des dernières semaines soulevés par notre belle campagne collective et la visibilité grandissante que nous ont procuré les excellentes prestations de Ian Brossat.  Ces députés vont manquer aux travailleurs, à la défense des services publics, des droits humains, face à un Parlement européen grandement préempté par l'extrême-droite nationaliste et la droite néo-libérale.

Nous avons néanmoins trouvé écho chez 8 068 personnes dans le Finistère et nous pouvons en être fièr-e-s. Bien que faible en pourcentage compte tenu notamment de la participation importante aux Européennes, le nombre de vote pour le PCF est en augmentation au niveau du Finistère de 40% par rapport aux législatives de 2017, passant de 5 649 voix à 8 068 voix.

Au niveau national 565 717 électeurs et électrices ont voté pour notre liste conduite par Ian Brossat. C'est loin de nos espoirs mais c'est un point d'appui pour nos luttes et pour rebâtir à gauche. 
 
Je tenais à remercier nos électeurs, les membres de notre comité de soutien, nos militants.
 
A remercier aussi la fédération du Finistère du PCF qui m'a témoigné sa confiance tout au long de cette campagne. Il est vrai qu'à 20 ans, représenter notre département (qui je me suis rendu compte est vraiment grand) sur une campagne aussi importante était une lourde tâche.
 
J'ai tenté malgré mon travail de réussir avec vous cette campagne. J'ai tenté également à chaque instant de répondre à vos invitations. Comme j'aime le dire, nous avons "labouré le terrain" de Roscoff à Quimper et de Carhaix à Brest. Une campagne ou nous avons vu sur notre territoire Ian Brossat au Relecq Kerhuon, Patrick Le Hyaric à Roscoff, Maryam Madjidi à Brest et Morlaix, Marie Pierre Vieu Laurent Brun à Quimper, ou bien encore notre désormais très grand ami Lassana Bathily.
 
Cette campagne nous a permis de montrer un nouveau visage, de la fierté du projet que nous portons à chaque instant ! Celui d'un monde meilleur ou l'humain triomphe sur la finance. Ce message payera tôt ou tard.
 
Tout au long de cette campagne j'ai pu constater les efforts sans relâche des camarades. Sur les marchés, dans le collage, au porte à porte et même dans les repas de famille..
 
Vos précieux conseils et vos messages de soutiens ainsi que votre bienveillance durant la campagne ont vraiment été une base importante pour moi.
 
Il existe malgré tout deux échecs. Le premier reste celui du rassemblement des forces de gauche. Il est grand temps de reconstruire cette gauche pour faire barrage au duel LREM RN et à la politique ultra libéral engager depuis trop longtemps. L'autre échec et non des moindres reste la montée effrayante du RN. Nous avons combattu, nous combattons et nous combattrons toujours ses idées et les personnes qui les véhiculent.
 
Je souhaitais également remercier Cinderella Bernard avec qui nous avons échangé tout au long de cette campagne et avec qui nous avons tissé des liens très forts.
 
Glenn Le Saoût
 
" ... C'est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L'Internationale,
Sera le genre humain.."
 
Adresse de Glenn Le Saoût, candidat finistérien du PCF sur la liste L'Europe des gens contre l'Europe de l'argent après les Européennes du 26 mai

Dans le Finistère, quelques communes mettent la liste de Ian Brossat et du PCF à plus de 5%. Merci à nos électeurs dans ces communes et partout dans le Finistère d'avoir fait le choix d'une gauche de courage et de justice sociale : 

La Feuillée: 9,21%

Scrignac: 8,71%

Berrien: 8,55%

St Jean du Doigt: 5,88%

Lanmeur: 5,87%

Guimaëc: 5,45%

Le Guilvinec: 5,41%

Plougonven: 5,29%

A Plouégat-Guerand (4,9%), Plounéour Menez (4,81%), nous touchons la barre des 5%

Dans des communes plus importantes du Finistère, à Quimper, nous sommes à 2,34% (530 voix), Brest à 2,32% (926 voix), Douarnenez à 3% (179 voix), Concarneau à 2,41% (208 voix), Morlaix à 3,6% (187 voix), Rosporden à 4,49% (137 voix), Landerneau à 1,94% (109 voix), Carhaix à 4,29% (121 voix), Quimperlé à 2,67% (117 voix), Le Relecq Kerhuon à 3,39% (169 voix). Beaucoup trop loin du compte.... 

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 16:31

L’agence de secours de l’ONU avertit d’une crise le mois prochain sauf si les pays donateurs apportent 60 millions de  dollars (53,6 millions €)

Jennifer Rankin pour le Guardian à Bruxelles – 15 mai 2019

Plus d’un million de personnes risquent de souffrir de la faim à Gaza le mois prochain sauf si les donateurs internationaux  comblent avec 60 millions de dollars (53,6 millions €) un trou noir largement créé par des coupures de l’aide aux réfugiés palestiniens par l’administration Trump, a dit une agence de l’ONU.

L’office de Secours et de Travaux pour les Réfugiés Palestiniens, de l’ONU, (UNWRA) qui fournit de la nourriture à plus d’un million de personnes dans la bande de Gaza, fait appel à l’UE, aux États du Golfe, et à de grandes économies émergentes comme la Russie et la Chine pour qu’ils « s’engagent fermement » sur 60 millions de dollars d’ici le milieu de juin pour empêcher la famine.

« Nous sommes dans une situation critique en termes de livraison de nourriture » dit Matthias Schmale, le directeur des opérations de l’UNWRA à Gaza. « Nous avons plus d’un million de personnes qui reçoivent des livraisons alimentaires trimestrielles et nombre de ces personnes ne survivraient pas vraiment sans cet apport, chaque trimestre.

S’exprimant à Bruxelles avant une réunion de représentants européens, Schmale a dit que « la raison la plus immédiate » de ce trou dans le financement a été la perte du soutien des États Unis.

Les USA ont annoncé en 2018 qu’ils coupaient tout financement à l’UNWRA, une perte brutale de la part de celui qui était le premier donateur de l’agence jusque là, ayant apporté 360 millions de dollars en 2017 (321,6 millions €).

Schmale a dit que cela aurait été « une autre histoire » si les USA avaient réduit progressivement leur financement, même si cela eût été « malheureux et triste ». Mais la disparition des fonds du jour au lendemain a causé des ravages, forçant l’UNWRA à pratiquer des coupes sévères sur les programmes de santé et d’emploi dans la bande de Gaza.

L’agence a coupé son budget d’aide à la santé mentale de 50% dans la seconde moitié de 2018, ce qui a réduit la disponibilité du soutien aux enfants dans cette région déchirée par la guerre. Elle a aussi fait des coupes dans un programme qui crée du travail à court terme pour la population de Gaza, une bouée de sauvetage dans une économie où le taux de chômage est de 53%. En 2018, 10 139 personnes ont bénéficié de contrats de travail de courte durée, soit 48% de moins que l’année précédente.

L’UE est passée au rang de premier donateur à l’UNWRA, avec un supplément de ressources venant de la plupart des pays membres – l’Allemagne, le Royaume Uni et la Suède ont fait les contributions les plus importantes en 2018. Mais Schmale n’a pas observé un rôle significatif joué par ce bloc pour construire la paix dans cette région, bien qu’il ait félicité la cheffe de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini.

 Il a dit : « Ce que j’entends beaucoup à Gaza est que les USA, à cause de leur comportement visiblement erratique, ne sont plus considérés comme un intermédiaire crédible. L’UE a perçu un capital politique (mais) les États membres sont trop préoccupés d’eux-mêmes pour qu’on attende de l’UE qu’elle joue un rôle ».

L’UNWRA, créée en 1949 pour apporter un secours de court terme aux réfugiés palestiniens après le conflit arabo-israélien de 1948, gère les écoles, les hôpitaux et les services sociaux dans cinq zones dont la Cisjordanie, la Jordanie, le Liban et la Syrie.

C’est un renfort important pour Gaza soumise à un blocus total aérien, terrestre et maritime depuis 2007. L’impasse politique, le conflit avec Israël et les divisions au sein des faction palestiniennes ont laissé le territoire en ruines au plan économique, sans services de santé et sociaux, avec presque aucun accès à de l’eau potable et seulement quatre ou cinq heures d’électricité par jour.

 Aucune paix n’étant en vue, une génération grandit à Gaza qui n’a connu qu’un territoire fermé et n’a jamais rencontré un Israélien.

« C’est une course contre la montre » a dit Schmale, suggérant que des enfants sans espoir se tournent vers l’extrémisme. « Malgré leur expérience, les enfants – par internet pour la plupart – sont connectés au reste du monde (et) ils rêvent de l’avenir mais… cela ne va pas de soi. Si le blocus continue, cela changera, c’est pourquoi je comprends les parents palestiniens : ils sont soucieux pour leurs enfants ».

Traduction SF pour l’Agence Media Palestine

fresque murale à Béthleem (mission AFPS Morlaix 2015)

fresque murale à Béthleem (mission AFPS Morlaix 2015)

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 15:47
Ian Brossat : La gauche doit s’assumer fièrement et se rassembler (L'Humanité, 28 mai 2019)
Ian Brossat : « La gauche doit s’assumer fièrement et se rassembler »
Mardi, 28 Mai, 2019

Entretien. Ian Brossat fut l’une des révélations de la campagne, mais sa dynamique ne s’est pas concrétisée. Avec 2,49 % des voix, le PCF n’a plus d’eurodéputés. 

Votre campagne a été marquée par une belle dynamique, saluée unanimement, même chez vos adversaires politiques. Avec 2,49 %, elle ne s’est pas traduite dans les urnes. Comment analysez-vous ce score décevant ?

Ian Brossat Le surcroît de participation a bénéficié à l’extrême droite. C’est le résultat de la stratégie délibérée d’Emmanuel Macron. L’électorat de gauche était désorienté par les divisions et très volatil. Un quart des votants se sont finalement décidés dans l’isoloir. Nous avons eu du mal à apparaître dans la dernière semaine, où les grosses machines électorales étaient au contraire invitées sur tous les plateaux télé. Certes, en montrant de nouveaux visages au cœur de la gauche, nous avons gagné de nombreuses voix nouvelles, mais d’autres qui avaient fait confiance aux candidats locaux du PCF durant les législatives ont privilégié le vote utile pour ce scrutin national. Résultat, malgré une belle dynamique, nous sommes en dessous de nos objectifs.

Cela faisait quinze ans que le PCF n’était pas parti sous ses propres couleurs aux élections européennes. La marche des 5 % était-elle trop haute ?

Ian Brossat J’aurais tant voulu ramener une victoire. Mais il faut voir d’où l’on vient. Il est clair que les élections nationales sont plus difficiles pour nous que les élections locales, où le travail formidable de nos élus est reconnu. La marche des 5 % est profondément antidémocratique, elle était d’autant plus élevée pour les formations de gauche que la droite macroniste et l’extrême droite ont écrasé le débat politique. Pour autant, nous n’avons pas fait tout cela pour rien : désormais, le PCF a repris pied sur la scène nationale et a montré qu’il portait des idées utiles. Nous avons beaucoup appris lors de cette campagne. L’expérience sera très précieuse pour la suite.

En dépit de cette déception, pensez-vous avoir semé des graines pour l’avenir ?

Ian Brossat À l’évidence. Nous avons attiré la sympathie, l’intérêt. Beaucoup ont porté sur nous un regard neuf. Tous n’ont pas voté pour nous dimanche dernier, bon nombre d’entre eux ont hésité et ont au final choisi de porter leur voix sur une liste donnée à plus de 5 % dans les derniers sondages. Mais tout cela existe et ne peut pas être balayé d’un revers de main. Nous devons préserver en nous l’état d’esprit positif et l’énergie qui ont été les nôtres durant cette campagne.

L’ensemble des formations de gauche, excepté EELV, sortent très fragilisées de ce scrutin, avec un rapport de forces dangereusement favorable à la droite macroniste et au RN. Vous avez appelé dès hier soir à « reconstruire une gauche digne de ce nom en France ». Par quoi cela doit-il passer selon vous ?

Ian Brossat La gauche doit s’assumer fièrement et se rassembler. S’assumer fièrement : la gauche de demain doit placer au cœur de son projet la justice sociale et l’urgence écologique, et pour cela la rupture claire avec le libéralisme. Se rassembler car, sinon, le risque est grand de voir le scénario mortifère de la bipolarisation entre libéraux et fachos s’ancrer durablement dans notre pays. Pour y parvenir, les formations de gauche doivent se garder de toute tentation hégémonique, avoir la modestie de tendre la main encore plus qu’hier. J’ai l’intime conviction que l’avenir passe par l’humilité, le travail collectif et le respect mutuel. Écoutons-nous, respectons-nous, travaillons ensemble. Dans cette période politique trouble, n’oublions jamais que nous n’avons aucun adversaire à gauche. Préservons la bienveillance qui fut la nôtre, préservons cette envie sincère de tendre la main, de réussir le rassemblement demain.

entretien réalisé par T. M
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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 15:00
Après les élections législatives en Israël. L’extrême droite israélienne pousse- t-elle à la politique de la terre brûlée ?
Lundi, 27 Mai, 2019

rappel des faits La victoire du Likoud de Netanyahou et de ses alliés aux élections législatives israéliennes d’avril laisse présager une nouvelle fuite en avant du régime dans sa politique d’écrasement de la Palestine.
Taoufiq TAHANI
Efraim Davidi

Netanyahou se moque des états d’âme de la communauté internationale

Taoufiq TAHANI

Président d’honneur de l’AFPS

« Tant que je serai premier ministre, il n’y aura pas d’État palestinien. » Ces paroles ont été constantes chez Netanyahou et plus particulièrement à la veille des élections car elles lui ont toujours porté chance. Mais cela n’a rien d’étonnant, c’est tout simplement conforme à la charte de son parti, le Likoud.

La communauté internationale, qui s’inquiétait « officiellement » de l’absence de toute volonté de paix de la part des dirigeants israéliens, n’a pris aucune mesure pour les contraindre à respecter le droit international et les différentes résolutions de l’ONU et du Conseil de sécurité. Pourtant, la résolution 2334, adoptée en décembre 2016 à l’unanimité de 14 voix moins une ­abstention, celle des États-Unis présidés encore pour quelques jours par Barack Obama, exigeait de nouveau d’Israël qu’il « arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est ».

Par ce vote, les pays européens et autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU voulaient sauver Israël de la folie de ses dirigeants. Dans les chancelleries occidentales, on entendait souvent dire que l’abandon de la solution à deux États ouvrirait la voie à deux autres solutions qui mettraient en péril l’État d’Israël.

Soit un seul État démocratique sur l’ensemble de la Palestine historique avec l’égalité des droits pour tous ses citoyens, soit un statu quo qui conduirait nécessairement à une situation d’apartheid. Or, l’écrasante majorité de la classe politique israélienne est farouchement opposée à la solution d’un seul État démocratique car elle estime que les Palestiniens seraient rapidement majoritaires. Netanyahou, qui se moque des états d’âme de la communauté internationale, surtout depuis l’élection de Donald Trump, a décidé de pousser son avantage au maximum pour, d’une part, rendre la solution à deux États impraticable (en accélérant la colonisation et la judaïsation de Jérusalem), d’autre part, officialiser et institutionnaliser l’apartheid israélien avec la loi « État-nation du peuple juif ».

Le calcul de Netanyahou est très simple. Comme le plan de paix de Trump n’a aucune chance de passer et comme il ne sait pas ce qui va se passer aux élections américaines de 2020, il a décidé d’annexer le maximum de territoires et de cantonner la population palestinienne dans des bantoustans sans aucune perspective viable et à la merci des aides de la communauté internationale. Aides souvent accompagnées de pressions et d’humiliations.

Netanyahou sait également qu’il peut compter sur des « amis » de plus en plus nombreux à accéder au pouvoir dans leur pays et qui rêvent d’avoir des relations privilégiées avec l’État d’Israël. La victoire de Bolsonaro a été pour lui la meilleure nouvelle après celle de Trump. Mais il y a aussi ses amis de l’extrême droite européenne qui empêchent maintenant l’adoption par l’Europe de toute mesure contre la politique israélienne, aussi symbolique soit-elle. Dans un récent tweet, Netanyahou a souhaité la victoire aux européennes du Néerlandais Geert Wilders, de l’Italien Matteo Salvini, du Hongrois Viktor Orban et du Britannique Nigel Farage… mais il n’a pas cité Marine Le Pen ! Serait-il satisfait de la politique actuelle de la France ?

Netanyahou mène une politique dévastatrice depuis dix ans, celle de la terre brûlée. Il multiplie les déclarations racistes vis-à-vis des Arabes d’Israël, il incite à la violence contre les Palestiniens, il participe activement à la déstabilisation de toute la région… Mais le plus inquiétant, c’est que l’Europe et la France semblent s’adapter à cette politique.

Le seul signal politique qui pourrait donner à réfléchir à Netanyahou pour qu’il reconsidère sa politique diabolique, c’est la reconnaissance de l’État de Palestine dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale… Mais ça ne semble pas inscrit dans l’agenda de Macron. À nous d’agir pour faire que cela le soit.

Vers un gouvernement sous le signe de l’annexion

Efraim Davidi

Dirigeant du Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité – Parti communiste d’Israël)

L’élection législative israélienne anticipée du mardi 9 avril désigna le vainqueur : l’ancien et nouveau ­premier ministre, Benyamin Netanyahou, tout-puissant leader du parti d’extrême droite Likoud.

Ce parti devrait garder la main pour la formation d’un gouvernement, tant est vive sa coalition avec divers partis de droite et religieux, plus extrémistes encore. Tous (Likoud inclus), partisans de l’accélération de la colonisation et la plupart du temps d’une annexion au plus tôt de 60 à 100 % des territoires palestiniens occupés de Cisjordanie, écrasent de loin ce qui reste des partisans d’une reconnaissance des droits politiques des Palestiniens et d’un partage des territoires contrôlé par Israël en deux États souverains. Cette coalition des droites nationalistes, religieuses et coloniales a recueilli 65 sièges (sur 120) à la Knesset, le Parlement israélien.

Avec les résultats des élections, il paraît que le projet colonial israélien dans les territoires occupés palestiniens connaît un tournant historique. Jusqu’ici les autorités israéliennes, y compris Netanyahou depuis son fameux discours de 2009, faisaient mine d’accepter la perspective dite des deux États pour deux peuples. Certes, elle accélérait la colonisation – le quotidien israélien Haaretz a donné, l’an dernier, le chiffre de 700 000 colons juifs, 470 000 en Cisjordanie et 230 000 à Jérusalem-Est –, mais elle maintenait formellement un flou juridique autour du statut des territoires occupés. La Paix maintenant a recensé 2 100 nouveaux logements en cours de construction en 2018, soit près de 200 de plus que la moyenne des dix dernières années. En 2017, l’accélération avait été encore plus forte : elle était alors de 20 %, dit Brian Reeves, directeur du développement et des relations extérieures de la Paix maintenant. « Ce à quoi on assiste, c’est ce qu’on appelle l’effet Trump. Depuis que Donald Trump a été élu, Israël a – à raison – considéré que les États-Unis ne joueront plus un rôle dissuasif pour contenir la politique de colonisation », explique-t-il.

Si la colonisation s’est accélérée depuis l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche, elle se faisait déjà à un rythme soutenu depuis 2009. La Paix maintenant relève que le nombre de colons israéliens en Cisjordanie a augmenté de près de 30 % depuis le retour de Benyamin Netanyahou à la tête du gouvernement : ils sont 120 000 de plus qu’il y a dix ans. « On se demande déjà aujourd’hui si la solution à deux États est morte, s’interroge encore Reeves. La question est la volonté politique. À quel moment même le dirigeant le plus courageux ne sera plus en mesure de se retirer des colonies, tout en conservant sa coalition. » Pour le directeur du développement et des relations extérieures de la Paix maintenant, à ce rythme de développement, il ne faut plus que quelques années pour enterrer pour de bon la solution à deux États. Netanyahou et ses amis bâtisseurs du « Eretz Israel » (Grand Israël) ont décidé, violant ouvertement cinquante années de résolutions des Nations unies, d’enterrer la solution dite des deux États  au profit d’un seul : un État d’apartheid, où les Palestiniens annexés ne jouiraient pas des droits politiques, à commencer par le droit de vote. Mais ces extrémistes le savent : leur fuite en avant pourrait susciter, à terme, des réactions négatives de l’opinion publique.

Si l’absence d’alternative à gauche a poussé les Israéliens toujours plus vers la droite, cette évolution a des limites : selon une enquête d’opinion, la moitié des sondés n’estiment pas « normal » de poursuivre la colonisation de la Cisjordanie et 53 % s’opposent à son annexion ; plus de la moitié se prononcent pour la création d’un État palestinien dans les territoires occupés.

Jérusalem, 2015

Jérusalem, 2015

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