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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 09:01
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

26/ Gabriel Paul (1918-2015)

Article du Maitron - Christian Bougeard

Né le 27 janvier 1918 à Brest (Finistère), mort le 20 décembre 2015 ; ouvrier à l’arsenal de Brest ; cadre communiste dans la Résistance ; secrétaire fédéral du PCF du Finistère en 1945 ; député communiste du Finistère (1945-1958) ; conseiller municipal de Brest.

Fils de cheminot, titulaire d’un brevet supérieur obtenu à l’école primaire supérieure de Brest, Gabriel Paul devint ouvrier à l’arsenal de Brest. Il commença sa carrière militante en adhérant et en militant activement à la CGT en 1936. L’occupation allemande en juin 1940 et la mainmise de la Kriegsmarine sur le port et l’arsenal de Brest poussa Gabriel Paul à s’engager dans la Résistance, animée principalement par le PCF clandestin à l’arsenal. Il diffusa la propagande du PCF et du Front national (tracts, journaux) et adhéra au parti clandestin en 1942. Après le réunification clandestine de la CGT, Gaby Paul participa à la reconstitution d’un syndicat clandestin à l’arsenal puis à la mise sur pied d’un UL clandestine à Brest, chargée de préparer des grèves insurrectionnelles à la Libération, stratégie impossible à mettre en oeuvre du fait du repli de milliers de soldats allemands dans la forteresse de Brest et du siège des armées américaines jusqu’en septembre 1944. Dès 1943, à la suite de vagues d’arrestations — en octobre 1942, selon le témoignage de Gabriel Paul, le PCF serait tombé à une trentaine de membres à Brest — ou de mutations de responsables dans d’autres régions, Gaby Paul entra dans le triangle de direction du PCF de l’agglomération brestoise dont il devint le responsable politique en octobre 1943.

En mai 1944, il fut muté comme responsable « masse » de la direction départementale du PCF du Morbihan avant d’être rappelé le 20 juin 1944 dans le Finistère pour y assumer les plus hautes responsabilités politiques dans la période insurrectionnelle, d’abord comme secrétaire départemental à l’organisation puis comme secrétaire politique. Selon Eugène Kerbaul, Daniel Trellu, instituteur communiste, responsable des FTP du Finistère, nomma Gaby Paul commandant FTP le 21 juin 1944. A ce poste il opéra dans secteur de Laz/Trégourez/St Thois où il y fut chargé par les FTP d’organiser les maquis et les parachutages.Il agit pour que les groupes FTP ne soient plus oubliés dans ces parachutages. Il participa aux combats dans la région de Scaër où les allemands attaquèrent le maquis avant que les nouvelles armes reçues ne soient réparties. Gaby échappa de justesse à l’arrestation.

A la Libération, Gaby Paul fut nommé au Comité Départemental de Libération du Finistère, et y retrouva Alain Cariou, résistant FTP dans le Cap Sizun. Il contribua à relancer l’administration, par la mise en place des délégations spéciales en attendant les élections municipales de 1945, l’économie et l’organisation du ravitaillement, la lutte contre le marché noir, le relogement des populations dans le contexte des ruines comme celles de Brest.

Après la Libération, Gabriel Paul participa à la réorganisation légale de la fédération communiste du Finistère et fut élu, à 27 ans, en mars 1945 secrétaire fédéral dans le premier comité fédéral de 24 membres, instauré sous la houlette de Alain Signor, un dirigeant d’avant-guerre. En avril 1945, la fédération du Finistère comptait 8 922 adhérents, 11 200 en décembre 1945, 13 000 à la fin de 1946. Durant cette période, Gabriel Paul, laissa la responsabilité politique de la fédération à Alain Cariou, secrétaire fédéral de 1945 à 1947. Le parti ne le présenta aux élections municipales, ni aux élections cantonales à Brest, en avril et en septembre 1945, mais Gabriel Paul figurait en deuxième position, derrière Pierre Hervé, membre de l’Assemblée consultative, sur la liste communiste le 21 octobre 1945. L’ouvrier de l’arsenal Gabriel Paul fut élu député du Finistère à la 1ère Assemblée constituante (22,7 % des voix, deux sièges sur neuf). A Brest, l’implantation électorale de la gauche était forte, même si le MRP arrivait en tête, confirmée par la victoire du Oui (54,5 % des voix) lors du référendum constitutionnel du 5 mai 1946. En juin 1946 puis en novembre 1946, Gabriel Paul fut réélu député du Finistère, en deuxième position, le PCF emportant un troisième siège sur dix, pour Alain Signor, en novembre. En octobre 1947, Gabriel Paul entama aussi une carrière d’élu municipal communiste de Brest, siégeant dans l’opposition au maire RPF Alfred Chupin, réélu en avril 1953 et en mai 1954 dans des municipalités dirigées par le sénateur MRP Yves Jaouen. Le 15 mars 1959, au second tour, Gabriel Paul figurait en deuxième position sur la liste d’union de la gauche brestoise conduite par le conseiller général (SFIO), Robert Gravot, qui fut battue par la liste d’union des droites de Georges Lombard (indépendants, MRP-UNR).

À la fin des années 1940, Gabriel Paul fit preuve de fidélité à l’égard de ligne du parti notamment lors de l’éviction de Pierre Hervé qui démissionna de son siège de député le 15 juin 1948, remplacé par Marie-Yvonne Lambert. La guerre froide et la stalinisation du parti provoquèrent une crise politique au sein de la fédération du Finistère. En effet, lors de la conférence fédérale de février 1949, présidée par Jeannette Vermersch en personne, une véritable « purge » frappa le comité fédéral. Vingt quatre nouveaux membres remplacèrent les sortants et le bureau fédéral fut renouvelé avec notamment la promotion de Daniel Trellu qui remplaça Marie-Yvonne Lambert comme secrétaire fédéral, tandis que le député Alain Signor était écarté du comité central du PCF. La direction centrale dénonçait apparemment le « sectarisme laïque » de la fédération du Finistère qui expliquerait la perte d’influence du Parti. Mais, il s’agissait aussi d’écarter Ernest Miry, secrétaire général de l’UD CGT, ce qui intervint en juin 1949 car il refusait de faire son autocritique, et de régler des conflits de personnes très exacerbés s’abritant derrière des luttes de lignes au sein de la direction finistérienne. Dès 1948, Gabriel Paul avait participé, avec trois autres communistes brestois, à une réunion du bureau politique à Paris pour tenter de clarifier la situation. Mais en 1950, au moment où la lutte contre la « déviation titiste » faisait rage dans le Finistère, les parlementaires Gabriel Paul et Marie-Yvonne Lambert furent aussi critiqués, pour cause d’investissement insuffisant. De nombreuses exclusions et autocritiques eurent lieu dans les années 1950-1952. En 1952, Daniel Trellu fit son autocritique et reconnut des pratiques sectaires. La fédération fut à nouveau ébranlée par l’affaire Tillon-Marty. Néanmoins, Gabriel Paul, fut réélu en deuxième position, derrière Alain Signor, sur la liste communiste (20,9 % des voix) aux élections législatives de juin 1951.

En 1950, Gabriel Paul épousa Christiane, une vendeuse brestoise, militante communiste, responsable de l’Union des femmes françaises (UFF). Elle était secrétaire départementale de l’UFF du Finistère, membre de la direction nationale et adhérente du PCF depuis 1946. De 1948 à 1951, elle siégea au comité fédéral du Finistère et de nouveau en 1959.

Gaby Paul accompagna la grande grève des travailleurs de l’État en 1951 et joua un rôle décisif à l’Assemblée Nationale pour la promulgation du décret du 22 mai 1951 qui alignait les salaires des travailleurs de l’État sur ceux des métallurgistes de la région parisienne. C’était un ami de Pierre Cauzien, grièvement blessé aussi le 17 avril 1950 et amputé d’une jambe, le témoin principal de Kris et Etienne Davodeau, les auteurs de la BD "Un homme est mort".

Dans les années 1950-1968, Gabriel Paul assuma des responsabilités importantes dans les instances dirigeantes de la fédération du Finistère du PCF. En 1953-1954, Gabriel Paul était membre du comité fédéral ; en 1956-1957 il siégeait au bureau fédéral et en juin 1959, il figurait comme deuxième secrétaire fédéral du Finistère dans les organigrammes du parti. En juin 1961 et juin 1962, Gabriel Paul était en troisième position au secrétariat, secrétaire à la propagande, militant du mouvement de la paix et de la CGT de l’arsenal mais en 1964-1967, il n’était plus membre que du bureau fédéral, responsable du travail des élus et en mai 1968 du comité fédéral.

En janvier 1956, Gabriel Paul avait été réélu député du Finistère en conduisant cette fois la liste communiste (18,6 % des voix) qui conserva deux sièges avec l’entrée à l’Assemblée nationale de Alphonse Penven, un agriculteur, maire et conseiller général du Huelgoat. Mais en novembre 1958, Gabriel Paul perdit son siège à Brest. Huit candidats s’affrontaient au premier tour. Distancé de 350 voix par Robert Gravot (SFIO), Gabriel Paul se désista en sa faveur au second tour qui dans une quadrangulaire vit l’élection de l’indépendant de droite Georges Lombard avec 21 voix d’avance sur le socialiste. Dès lors, l’ancien député communiste retrouva un emploi de secrétaire comptable à l’arsenal, selon la profession de foi des élections municipales de 1959, même si les documents internes du parti le considéraient toujours comme « ouvrier ».

Aux élections législatives de 1977, lorsque l’union de la gauche remporta les élections municipales à Brest, Gabriel Paul redevint conseiller municipal dans la municipalité Besret (PS). Il fut vice-président de la Communauté urbaine de Brest, chargé des transports jusqu’en 1983. Dans les années 1980, Gabriel Paul, prit part à la crise interne qui affecta le parti PCF à Brest. En 1989, il se définissait comme communiste réformateur, de même que son épouse Christiane.

Gabriel Paul est mort le 20 décembre 2015, à l’âge de 97 ans.

Article du Maitron - Christian Bougeard

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article148587, notice PAUL Gabriel dit « Gaby » par Christian Bougeard, version mise en ligne le 29 août 2013, dernière modification le 8 décembre 2018.
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 08:57
Comment Macron passe à l'attaque contre les chômeurs et leurs droits - Dossier de l'Humanité, jeudi 23 janvier - Cécile Rousseau et Mélanie Mermoz
Pôle emploi. 47 % d’offres illégales et « la misère à perpétuité »
Jeudi, 23 Janvier, 2020

Alors que les privés d’emploi sont au premier rang des victimes de la réforme de l’assurance-chômage et de celle des retraites, la CGT chômeurs a recensé une offre sur deux illégale sur le site Internet de Pôle emploi. De quoi renforcer encore la colère des précaires.

 

Un chiffre coup de poing dans un contexte social explosif. 47 % des offres sur le site de Pôle emploi sont illégales (46,61 %). C’est le constat dressé par la CGT chômeurs lors de sa troisième enquête nationale basée sur 1 521 offres sélectionnées à Paris (sur un jour) et en Seine-Saint-Denis (sur une semaine). Selon ces résultats, dévoilés par l’Humanité, presque une annonce sur deux serait donc non conforme dans les secteurs du commerce, du secrétariat-assistanat et du conseil-étude passés au peigne fin pendant deux jours par les militants répartis entre Montreuil (Seine-Saint-Denis) et Lorient (Morbihan). En cette période de régression sociale inédite, ce chiffre attise encore la colère des plus précaires visés par la réforme ultraviolente de l’assurance-chômage réduisant leurs droits de manière drastique, mais aussi par le projet de loi leur promettant des pensions microscopiques. Ce volume d’offres d’emploi « bidon » très important, recensé par la CGT chômeurs entretient cette spirale de la pauvreté tout au long de la vie d’après Pierre Garnodier, secrétaire général de la CGT chômeurs : « Onze millions de privés d’emploi et précaires vont se retrouver condamnés à la misère à perpétuité. Il n’y a pas assez de boulot et, parmi ces offres, la moitié sont illégales. Ça va être compliqué de travailler suffisamment pour prétendre à une retraite digne de ce nom. Les chômeurs seniors sont déjà dans des situations difficiles, on va tous avoir des décotes de 10 % avec leur âge d’équilibre.  »

Dans cette étude, les métiers du commerce et du secrétariat, déjà frappés par les petits contrats, se révèlent aussi un vivier d’annonces non conformes, avec respectivement 61 % et 45 % d’offres illégales à Paris. Sur l’ensemble du corpus analysé, 233 annonces n’existent pas ou ont un lien mort, 204 d’entre elles comportent une incohérence du lieu de travail : elles sont classées à Paris alors qu’elles sont en réalité en banlieue ou… à Marseille. 47 sont des contrats non raccords avec l’énoncé. Par exemple, un CDI est proposé alors qu’il s’agit d’une mission d’intérim ou d’un CDD. « On n’a pas pu tout vérifier, mais je soupçonne que cela soit beaucoup plus fort que cela », précise Vladimir Bizet-Guilleron, militant de la CGT chômeurs et conseiller Pôle emploi. « Les plateformes privées jouent sur le fait que, plus tu affiches un CDI, plus cela va attirer le candidat. On a trouvé des licornes. Il y avait une proposition de franchise pour un commerce dans les contrats à durée indéterminée, on n’avait encore jamais vu ça (140 offres illégales traitant de la vente de commerce ont été recensées – NDLR) ! »

Des offres au doute raisonnable

Autres cas frappants, un CDI de trois mois, mais aussi des horaires non précisés pour un temps partiel à foison, des mentions susceptibles d’induire en erreur… « L’annonce qui m’a le plus marquée, c’était un CDI d’hôtesse d’accueil qui, en creusant pendant un moment, se transformait en alternance de formation et de stage, sans que cela soit dans la même ville ! » déplore Chrystèle Savatier, de la CGT chômeurs de Loire-Atlantique qui s’inquiète pour l’avenir. « J’ai élevé mes deux enfants, j’ai pris des congés parentaux, je n’ai eu que des postes en CDD depuis un licenciement économique il y a dix ans. Entre le chômage et les retraites, c’est vraiment la double peine ! La seule chose qu’il nous reste, c’est la lutte ! » Alors que le contrôle des six millions de chômeurs a été renforcé via l’offre raisonnable d’emploi (ORE) depuis janvier 2019, seules 605 462 annonces étaient en ligne, hier, sur le site de Pôle emploi. Et donc loin d’êtres toutes conformes. « Certaines personnes pourraient se retrouver radiées pour avoir refusé des offres précaires et bidon notamment sur critères géographiques, rappelle Pierre Garnodier , cela touche en priorité les femmes. »

Comme l’assène Vladimir Bizet-Guilleron : « Nous sommes dans une fraude à grande échelle. On peut parler d’offres illégales et mensongères. Ce qui se passe à Pôle emploi, c’est comme le steak de cheval chez Spanghero, il y a tromperie sur la marchandise. » L’enjeu de la véracité des annonces de Pôle emploi est crucial selon le syndicat, dans un contexte où les privés d’emploi subissent une pression maximale pour accepter n’importe quel job. Avec le changement du mode de calcul du salaire journalier de référence au 1er avril, nombre de chômeurs vont voir leurs allocations baisser. Des droits rognés qui se retrouveront ensuite dans le montant des pensions car le projet de loi sur les retraites prévoit de baser leur calcul sur les indemnités perçues.Les conseillers de l’ex-ANPE militent depuis des années pour un contrôle humain renforcé sur les annonces issues des plateformes privées avant publication. 49 % des offres jugées illégales dans cette étude ne sont, en effet, pas traitées directement par l’opérateur public. Pour Yoan Piktoroff, délégué syndical de la CGT Pôle emploi, « les offres sont régies par intelligence artificielle dans un état d’esprit “start-up”. Elles devraient passer systématiquement par nous pour être validées, car le logiciel ne fait pas son travail. Il faudrait plus d’agents consacrés à cette tâche ». L’année passée, la CGT chômeurs avait trouvé sensiblement le même résultat d’une offre sur deux illégale. Contacté, Pôle emploi, qui n’a pas donné suite, estimait en 2018 qu’elles étaient moins d’une sur dix. Alors que le mouvement contre le changement de société imposé par Emmanuel Macron se poursuit depuis le 5 décembre, la CGT chômeurs appelle à généraliser ces vérifications d’offres d’emploi dans les unions locales et départementales.

Cécile Rousseau
Réforme des retraites : le coup de point asséné aux chômeurs
Jeudi, 23 Janvier, 2020

Plus juste, le régime par points ? Pas vraiment pour les chômeurs. Retouchée par la réforme, la base de calcul de leurs niveaux de pension sera défavorable aux travailleurs ayant connu des périodes sans emploi.

 

Dans les mathématiques macroniennes, les réformes s’additionnent et leurs conséquences se multiplient. Pour les chômeurs, le résultat sera clairement catastrophique. Si le gouvernement vante la dimension « solidaire » et « juste » de sa réforme, notamment pour les salariés aux carrières discontinues, les travailleurs précaires et privés d’emploi risquent pourtant de figurer parmi les grands perdants de la réforme des retraites.

Tout d’abord parce que le montant des retraites sera calculé sur l’intégralité de la carrière et non plus comme actuellement pour les salariés du privé sur les vingt-cinq meilleures années. Pour tous ceux qui ont connu des épisodes de chômage dans leur vie – et ils sont nombreux – le montant des pensions va logiquement baisser. Cette baisse sera d’autant plus dramatique que le projet de réforme des retraites prévoit que le calcul du nombre de points accumulés sera sur la base des indemnités touchées. Actuellement, dans le régime général, les chômeurs bénéficient de la validation des trimestres pendant lesquels ils sont indemnisés et le revenu pris en compte pour les retraites complémentaires est le salaire touché avant le licenciement. Dans le nouveau système, la validation des trimestres disparaît, l’article 42 du projet de réforme des retraites prévoit que c’est sur la base des indemnités perçues par les chômeurs et notamment de l’allocation de retour à l’emploi (ARE) que sera déterminé le nombre de points. Or, celle-ci est en moyenne de 62 % du dernier salaire et ceci devrait encore baisser.

Une baisse de 30 à 50% des indemnités est à craindre

« Avec la réforme de l’assurance-chômage, les salariés aux carrières discontinues vont voir leurs indemnités chuter », dénonce Jean-Paul Domergue, responsable plaidoyer de l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNFC). Le décret du 26 juillet 2019 a, en effet, modifié les règles d’indemnisation : depuis le 1er novembre, pour ouvrir des droits, il faut avoir travaillé six mois au cours des vingt-quatre derniers mois, contre quatre au cours des vingt-huit derniers mois auparavant (excepté pour les plus de 53 ans), et pour recharger ses droits, il faudra avoir travaillé six mois et non un. Pire encore, à partir d’avril 2020, le mode de calcul de l’indemnisation indemnités ne sera plus basé sur les seuls jours travaillés, mais sur le revenu mensuel du travail. « Nous craignons une baisse de 30 à 50 % des indemnités », avertit Pierre Garnodier, secrétaire du comité national CGT des travailleurs privés d’emploi et précaires. Ce sera autant de points en moins au moment de la retraite. « Le décret du 26 juillet 2019 condamne 11 millions de travailleurs privés d’emploi et précaires à la misère. La réforme des retraites les condamne maintenant à la misère à perpétuité. »

Autre point épineux, la situation des demandeurs d’emploi non indemnisés qui représentent tout de même 63 % des demandeurs d’emploi toutes catégories confondues (1) et dont la proportion devrait encore, avec les nouvelles règles d’assurance-chômage, augmenter. Actuellement, comme le rappelle l’association SNFC dans son communiqué de presse du 23 décembre 2019, les périodes de chômage non indemnisées sont validées à hauteur de dix-huit mois (et jusqu’à cinq ans pour les demandeurs d’emploi de plus de 55 ans), elles n’ouvriront droit à aucun point dans le nouveau régime. Cette évolution est particulièrement dramatique pour les chômeurs seniors qui voient leur situation se dégrader au fil des réformes repoussant l’âge de départ à la retraite. Par rapport à 2010, le nombre de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) âgés de 60 à 64 ans a plus que doublé et celui des bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) a, lui, été multiplié par cinq.

Aux périodes non indemnisées, s’ajoute la décote

Dernier problème et non des moindres, les chômeurs qui atteignent l’âge légal de départ à la retraite risquent d’être exposés à une décote. Actuellement, les chômeurs indemnisés qui parviennent à l’âge légal cessent de toucher leurs indemnités s’ils peuvent accéder à leur retraite à taux plein. S’ils partent en retraite entre 62 et 64 ans, ils sont toutefois exposés pour une durée de trois ans à un malus de 10 % concernant les retraites Agirc-Arrco. Seuls ceux qui touchent l’ASS au moment de la liquidation de leur retraite n’y sont pas soumis. Il en serait de même après la réforme s’ils liquident leur retraite avant le fameux âge d’équilibre. « Rien pour le moment n’indique toutefois dans le projet de loi que ce malus sera limité dans le temps », s’inquiète Jean-Paul Domergue, qui souligne n’avoir eu, suite au communiqué de presse de l’association soulevant ce point, aucune information rassurante du ministère. Interrogé sur l’impact de la réforme des retraites pour les chômeurs, celui-ci n’a souhaité faire aucun commentaire sur ce sujet. Du fait de leurs pensions très faibles, les anciens chômeurs risquent pour survivre de devoir grossir les rangs des 500 000 retraités qui cumulent emploi et retraite !

(1) Chiffres Dares du 6 septembre 2019.
Mélanie Mermoz
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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 08:53
Violence, mépris, autoritarisme : La drôle de " démocratie" à l'ère Macron
Vendredi, 24 Janvier, 2020

Enfermer la négociation avec les syndicats dans le cadre de « principes » gravés dans le marbre à l’avance, exiger du parlement un blanc-seing sur des points clés de la réforme, estimer que deux mois de grèves sont dûs à un manque de « pédagogie »... ne sont pas synonymes en Macronie de déni de démocratie. Pour bien faire passer le message, le président s’est emporté  au micro de Radio J, dans l'avion du retour d'Israël jeudi soir, caricaturant au passage les critiques qui lui sont adressées : « Mais allez en dictature ! », a-t-il lancé. Et le chef d’Etat de poursuivre fustigeant  des «discours politiques extraordinairement coupables », affirmant que la France est devenue une dictature et justifiant de ce fait selon lui la violence politique et sociale : «  Une dictature, c'est un régime ou une personne ou un clan décident des lois. Une dictature, c'est un régime où on ne change pas les dirigeants, jamais. Si la France c'est cela, essayez la dictature et vous verrez! La dictature, elle, justifie la haine. La dictature, elle, justifie la violence pour en sortir. Mais il y a en démocratie un principe fondamental: le respect de l'autre, l'interdiction de la violence, la haine à combattre ». Pas un mot en revanche sur la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, qui déclarait sur le plateau de BFM le week-end dernier : « Si provoquer de la violence, c’est faire les réformes pour lesquelles vous avez été élus, ça je l’assume »... 

 

Le projet de loi portant sur la réforme des retraites est présenté ce vendredi en Conseil des ministres. Le gouvernement a un calendrier bien précis en tête et entend faire adopter le texte au plus vite, au plus grand mépris de ce que veulent les Français. Après avoir méprisé les partenaires sociaux et les manifestants, il entend mettre aux ordres l’Assemblée nationale pour qu’elle lui laisse les mains libres avant le premier tour des élections municipales, fixé au 15 mars.

1 Mépris de la rue, mépris des syndicats

«  La démocratie, ce n’est pas la rue. » Cette petite phrase d’Emmanuel Macron, prononcée sur la chaîne américaine CNN en septembre 2017, en pleine réforme du Code du travail, n’était pas passée inaperçue. D’entrée de jeu, elle avait donné le ton de son mandat et de sa pratique du pouvoir. Un ton arrogant, d’un chef d’État sûr de sa vérité et de sa légitimité, qui a dicté la stratégie du gouvernement face au mouvement social contre la réforme des retraites.

Cela s’est vu lors des négociations syndicales, d’abord. Le gouvernement, malgré le rapport de forces, les millions de gens dans la rue et plus de 40 jours de grève, n’a rien voulu entendre. Lors de ses vœux du 31 décembre, le président avait donné la marche à suivre, après avoir disserté sur l’esprit de la réforme : « J’attends du gouvernement d’Édouard Philippe qu’il trouve la voie d’un compromis rapide dans le respect des principes que je viens de rappeler. » Autrement dit, circulez, il n’y a rien à négocier, sauf si vous êtes déjà d’accord avec le texte.

Le gouvernement s’est ensuite attelé à isoler la CGT, « qui ne veut pas discuter », et à flatter la CFDT, ce « partenaire réformiste », pour diviser le front syndical. Tout ça pour finalement ne laisser qu’un rachitique osselet à ronger à la centrale syndicale dirigée par Laurent Berger : le retrait – provisoire – de l’âge pivot d’ici 2027, reporté normalement à une prochaine conférence de financement de la réforme des retraites, mais reste bien en place l’« âge d’équilibre » au cœur de la réforme. Sur le fond de sa réforme, l’exécutif aura donc fait la sourde oreille face à la colère de la rue comme à celle des syndicats, y compris les plus proches de ses idées.

2 Une Assemblée nationale niée dans son rôle

Après avoir réduit au minimum les marges de négociation avec les syndicats et muselé le « dialogue social », le gouvernement s’apprête à lancer l’offensive au Parlement. Tout est fait pour que la loi soit adoptée le plus rapidement possible. D’abord, l’examen se fera en procédure accélérée, à partir du 17 février, ce qui limitera au maximum la navette parlementaire entre l’Assemblée et le Sénat, et les possibilités d’amendements.

Ensuite, il y a le choix de créer ad hoc une commission dédiée à la réforme des retraites. Dépossédant, au passage, la commission des Affaires sociales. «C’était pourtant le lieu naturel d’examen de ce texte, dénonce Pierre Dharréville, député communiste et membre de cette commission. Le gouvernement et les macronistes veulent mettre en place une commission à leur main pour cadenasser le débat. Rien ne justifie d’infliger un tel acte d’autorité et de désavouer ainsi le fonctionnement de l’Assemblée nationale.  » Cette commission de circonstance permet en effet de changer le casting des députés et d’introduire des VRP obéissant à la réforme, Guillaume Gouffié-Cha, Jacques Maire ou encore Nicolas Turquois.

Enfin, pour accélérer encore plus la procédure, le gouvernement évoque un recours à des ordonnances, c’est-à-dire des textes législatifs émanant directement de l’exécutif. Ils devront être ensuite simplement validés par le Parlement. Une formalité dans un hémicycle ultradominé par la Macronie. « Ils veulent utiliser la procédure accélérée pour restreindre le débat et demander des ordonnances pour s’approprier les prérogatives du Parlement, résume Pierre Dharréville. Un calendrier réduit et contraint d’autant plus inquiétant que les députés de l’opposition n’ont pas encore eu accès aux résultats de l’étude d’impact de la réforme. «Cela s’inscrit dans le mépris vis-à-vis de l’Assemblée nationale, qui est vue par Emmanuel Macron comme une simple chambre d’enregistrement », complète le député insoumis Éric Coquerel.

D’après le Journal du dimanche, l’exécutif a même envisagé un recours au fameux « 49.3 », qui permet au gouvernement d’imposer un texte en mettant en jeu sa responsabilité (risque inexistant avec une majorité de 350 députés LaREM). Deux ministres, Élisabeth Borne et Muriel Pénicaud, ont finalement réfuté toute velléité du gouvernement à utiliser cet outil controversé. Mais la rumeur persiste à hanter les couloirs de l’Assemblée. «  Le 49-3 est d’abord un outil contre la majorité, admet Pierre Dharréville . Mais que le gouvernement l’évoque montre qu’il ne s’interdit rien et entend utiliser tous les leviers possibles pour passer en force. »

3 Chèque en blanc et fausses promesses

La Macronie a trouvé une parade rhétorique à toutes les accusations. Reprochez à un marcheur ses coups de canif dans le contrat démocratique et il vous renverra automatiquement à l’élection d’Emmanuel Macron au suffrage universel comme argument d’autorité. Exemple avec ce vif échange à l’occasion de la séance de questions au gouvernement du 21 janvier dernier. Au député PCF Pierre Dharréville qui reproche le « passage en force » de l’exécutif et son « déni de démocratie » sur la réforme des retraites, Édouard Philippe rétorque : « Le projet de création d’un système universel de retraite n’est pas sorti de je ne sais quel chapeau, il a été évoqué par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, il a été évoqué par les candidats pendant la campagne des législatives, et le peuple français a envoyé dans cette Assemblée une majorité de députés qui se retrouvent dans cette idée. C’est la souveraineté nationale qui s’est e xprimée. »

Dans le récit que se racontent les macronistes, l’élection d’Emmanuel Macron, ses 20,7 millions de voix au second tour et la victoire de LaREM aux législatives qui se sont tenues immédiatement après confèrent un blanc-seing au président de la République jusqu’en 2022. LaREM aurait été portée au pouvoir uniquement sur un programme auquel adhèrent pleinement une majorité de Français, et c’est ce programme que l’exécutif applique.

Et qu’importent les conditions particulières du scrutin, que le chef de l’État doive son score au vote-barrage contre Le Pen. Qu’importe aussi que, malgré une grève de plus de 40 jours, malgré les tentatives de diaboliser les grévistes, 61 % des Français restent pour le retrait de la réforme, selon un sondage Elabe publié mercredi. Qu’importe, surtout, que la réforme des retraites ne corresponde pas du tout au programme du candidat Macron. Car, s’il promettait effectivement la mise en place d’ «un système universel avec des règles communes de calcul des pensions », il jurait aussi : « Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions. »

Puisqu’il aime à singer Jacques Chirac, Emmanuel Macron pourrait bientôt faire sienne cette phrase de son prédécesseur : « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. » Car, avec l’âge pivot, on sait désormais qu’il faudra travailler plus longtemps, au moins jusqu’à 64 ans (l’âge légal étant à 62), pour toucher pleinement ses droits, et même jusqu’à 67 ans pour ceux nés après 1990. Quant au passage d’un calcul de la retraite sur les 25 meilleures années de carrière à un calcul sur l’ensemble de la carrière, il fait craindre un nivellement général par le bas des niveaux de pensions, tout comme l’encadrement de la part du PIB allouée aux retraites. Soit tout l’inverse de ce pour quoi la souveraineté nationale se serait exprimée.

Cyprien Caddeo
Violence, mépris, autoritarisme : La drôle de  démocratie à l'ère Macron (L'Humanité, 24 janvier 2020)
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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 08:37
Résumé du livre Babélio: Et si notre esprit fonctionnait encore quelques instants après notre mort biologique ? 10 minutes et 38 secondes exactement. C’est ce qui arrive à Leila, jeune prostituée brutalement assassinée dans une rue d’Istanbul. En attendant que l’on retrouve son corps, jeté par ses meurtriers dans une poubelle, ces quelques précieuses minutes sont pour elle l’occasion de se remémorer tous les événements qui l’ont conduite d’Anatolie jusqu’aux quartiers les plus mal famés de la ville. C’est ainsi que la romancière Elif Shafak retrace le parcours de cette jeune fille de bonne famille dont le destin a basculé et qu’elle nous raconte, à travers elle, l’histoire de tant d’autres femmes dans la Turquie d’aujourd’hui.

Résumé du livre Babélio: Et si notre esprit fonctionnait encore quelques instants après notre mort biologique ? 10 minutes et 38 secondes exactement. C’est ce qui arrive à Leila, jeune prostituée brutalement assassinée dans une rue d’Istanbul. En attendant que l’on retrouve son corps, jeté par ses meurtriers dans une poubelle, ces quelques précieuses minutes sont pour elle l’occasion de se remémorer tous les événements qui l’ont conduite d’Anatolie jusqu’aux quartiers les plus mal famés de la ville. C’est ainsi que la romancière Elif Shafak retrace le parcours de cette jeune fille de bonne famille dont le destin a basculé et qu’elle nous raconte, à travers elle, l’histoire de tant d’autres femmes dans la Turquie d’aujourd’hui.

Elif Shafak : « En Turquie, les droits des femmes n’ont cessé de régresser »
Jeudi, 23 Janvier, 2020

À l’occasion de la parution de 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange, la romancière turque Elif Shafak, qui vit à Londres, parle du combat des femmes et de la difficulté d’écrire dans un pays qui bafoue la démocratie.

 

Il faut beaucoup de talent et une grande confiance en la fiction pour commencer un roman par sa fin et la mort de son personnage principal. Portrait d’une femme libre dans une société patriarcale et autoritaire, 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange retrace la vie de Tequila Leila, une prostituée assassinée en 1990. Au plus près des sensations, Elif Shafak rend hommage à Istanbul à travers une galerie de personnages à la marge, unis par l’amitié et la solidarité.

Le roman est construit autour des 10 minutes et 38 secondes qui suivent la mort de Tequila Leila. Comment avez-vous eu cette idée ?

Elif Shafak J’ai lu avec intérêt des études scientifiques et médicales qui montrent une activité persistante du cerveau humain, dix minutes après que le cœur a cessé de battre. C’est très intrigant pour une romancière. Que se passe-t-il dans le cerveau ? Les morts se souviennent-ils ? Cela m’a donné la structure du livre. On sait dès le début que le personnage principal est mort. Son corps a été jeté dans une décharge, mais son cerveau fonctionne toujours et se souvient. Son histoire est reconstituée minute par minute.

Le livre s’appuie sur l’histoire vraie d’une vague de meurtres de prostituées à Istanbul en 1990…

Elif Shafak 1990 a été un tournant. À l’époque, il existait une loi qui réduisait la peine des violeurs s’ils arrivaient à prouver que leurs victimes étaient des prostituées. Dans la tête des législateurs, une prostituée ne pouvait pas être affectée par un viol, ni physiquement ni psychologiquement. Une forte mobilisation des femmes s’est élevée contre cette loi. Je crois que ça a été l’une des dernières victoires du mouvement des femmes en Turquie. Je voulais terminer là-dessus, car, depuis, les droits des femmes n’ont cessé de régresser à cause de l’accroissement du populisme, de l’autoritarisme, du nationalisme, de l’islamisme. Le sexisme, l’homophobie et le patriarcat n’ont fait qu’empirer. Les cas de violences faites aux femmes et le nombre de petites filles mariées de force ont augmenté. Il est urgent de changer les lois en Turquie.

Vos personnages sont des marginaux (prostituée, transgenre, immigré, révolutionnaire…), qui forment une famille de cœur. En avez-vous rencontré certains ?

Elif Shafak Ils sont inspirés par certaines personnes que j’ai rencontrées à Istanbul, où je me suis installée quand j’avais une vingtaine d’années. À la fin des années 1990, j’habitais rue Kazanci, près de la place Taksim. Historiquement, c’était un endroit peuplé par des minorités : des familles juives, des Arméniens, des Grecs, des chrétiens, mais beaucoup ont dû partir. Dans les années 1970, les minorités sexuelles s’y sont installées, puis en ont été chassées. Dans les années 1990, des artistes, des féministes y sont venus. J’avais pour voisins une vieille personne transgenre, un juif, un Grec, des gens issus de tous ces groupes qui avaient dû partir. Quand on vit dans une telle rue, on a le sentiment de tous être dans le même bateau. À Istanbul, rien n’est solide, tout est liquide. J’étais là-bas la nuit du tremblement de terre et je n’oublierai jamais cet épicier ultraconservateur qui ne parlait jamais aux gays, aux travestis. Quand nous sommes tous sortis dans la rue, ses mains tremblaient : il a ouvert un paquet de cigarettes et en a offert une à ma voisine transgenre, qui pleurait. Ils ont fumé l’un à côté de l’autre. Le lendemain, il a de nouveau refusé de lui parler, mais pendant quelques heures, il a mis de côté ses préjugés. Istanbul regorge d’histoires comme celle-là.

Vous abordez la question arménienne à travers la figure du grand-père de votre héroïne qui a collaboré avec le gouvernement contre les Arméniens…

Elif Shafak Beaucoup d’histoires que je raconte sont vraies. C’est toujours très difficile de parler du passé en Turquie, mais nous devons le faire. Quand j’ai écrit la Bâtarde d’Istanbul, en 2006, on m’a fait un procès. Ce roman, qui met en scène une famille turque et une famille arméno-américaine, parle de la mémoire, de l’amnésie et du génocide arménien. Quand il est sorti, des groupes nationalistes sont descendus dans la rue en crachant sur ma photo, en brûlant des drapeaux européens. Le procès s’est poursuivi pendant un an, j’étais enceinte à ce moment-là. C’était surréaliste car, pour la première fois, une œuvre de fiction était poursuivie en justice au motif qu’elle portait atteinte à l’identité turque. Mon avocat turc a dû défendre mon personnage de fiction arménien devant le tribunal. Au bout d’un an, mon personnage et moi avons été acquittés. J’aimerais vous dire que la situation s’est améliorée depuis, mais c’est loin d’être le cas. Cette année, mon travail a fait l’objet d’une enquête, menée par des procureurs, cette fois pour un soi-disant crime d’obscénité, parce que j’avais écrit sur des violences sexuelles, des discriminations de genre, des enfants maltraités. Ils ne veulent pas que les romanciers écrivent sur ces sujets.

Est-ce pour ces raisons que vous êtes partie vivre en Angleterre ?

Elif Shafak Je suis partie au Royaume-Uni il y a onze ans. Bien sûr, je suis très attachée à la Turquie, mais c’est devenu très compliqué pour les écrivains, les journalistes, les universitaires. Il est difficile d’écrire non seulement sur les tabous politiques, mais aussi sur la sexualité, sur les questions de genre. Dans un pays où la démocratie n’existe pas, l’espace de l’art et de la littérature se rétrécit.

Quand et comment avez-vous commencé à écrire ?

Elif Shafak J’ai commencé vers 8 ans. Je ne pensais pas devenir écrivain, mais je trouvais la vie très ennuyeuse. Je suis née à Strasbourg, et la première maison où j’ai vécu était pleine d’immigrés, d’étudiants de gauche qui fumaient des Gauloises, qui parlaient d’Althusser, de Sartre (plus que de Simone de Beauvoir), de la révolution… C’était un environnement très à gauche. Et puis, mes parents se sont séparés, mon père est resté en France et ma mère m’a emmenée en Turquie. Nous sommes allés vivre chez ma grand-mère, à Ankara, dans un environnement très patriarcal et conservateur. Nous n’avons pas pu nous y adapter parce que ma mère était une jeune divorcée, une mère célibataire. Ma grand-mère m’a élevée jusqu’à mes 10 ans. Pendant ce temps, ma mère est revenue à l’université, elle a appris les langues, est devenue professeure, puis diplomate, et ensemble nous avons beaucoup voyagé. J’étais suffisamment turque pour comprendre la culture, mais j’étais aussi à l’extérieur, au bord de la société. Les livres sont devenus mes meilleurs amis et l’écriture était presque un besoin vital.

Pourquoi écrivez-vous aujourd’hui en anglais ?

Elif Shafak J’ai écrit mes premiers romans en turc, puis je suis passée à l’anglais, il y a quinze ans. L’anglais m’a donné un autre espace, une autre zone de créativité. Je n’étais pas bilingue et il y a toujours un fossé entre le cerveau et la langue. Mais il ne faut pas se laisser intimider. Chaque nouvelle langue nous donne une couche supplémentaire de liberté. Quand j’écrivais en turc, j’essayais toujours de repousser les frontières de la langue car elle a été « turquifiée » et a rétréci. Certains mots ont été enlevés parce qu’ils n’étaient pas assez turcs. Nous avons perdu beaucoup de mots de vocabulaire. Si je veux parler du chagrin, de la mélancolie, c’est plus simple pour moi de l’exprimer en turc, mais si je veux exprimer l’humour, l’ironie, la satire, l’anglais est plus adapté. Je ne crois pas que nous, les Turcs, soyons très doués pour l’ironie.

L'Humanité - entretien de Sophie Joubert avec la grande romancière turque Elif Shafak: En Turquie, les droits des femmes n'ont cessé de régresser
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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 05:55
Radio. Paulette Sliwka-Sarcey: Communiste, juive, résistante, elle témoigne sur RFI
Radio. Communiste, juive, résistante, elle témoigne sur RFI
Vendredi, 24 Janvier, 2020

La marche du Monde www.rfi.fr, à partir d’aujourd’hui Diffusé dimanche 26 janvier à 11 h 10 sur l’antenne de RFI
Paulette Sliwka-Sarcey a plus de 95 ans et a vécu l’horreur de la déportation à Auschwitz-Birkenau, en 1943. Un témoignage saisissant sur l’univers concentrationnaire.

 

«Nous , nous étions un groupe, une organisation. Il y avait toujours quelqu’un pour soutenir l’autre. Pour survivre, et témoigner. » Paulette Sarcey, au micro de Valérie Nivelon, raconte ses années de résistance et de déportation. Et c’est bouleversant, tant sa voix sonne clair, tant ses souvenirs sont précis dans l’horreur, mais aussi dans la pudeur. Ses paroles sont pour RFI le moyen de célébrer le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz.

Paulette Sarcey est née en 1924 à Paris, dans le quartier de Belleville, de parents juifs polonais persécutés pour leurs opinions communistes dans leur pays d’origine. Elle joue dans la rue, elle participe aux patronages fondés par son père et d’autres militants. Quand les nazis débarquent à Paris, elle refuse de porter l’étoile jaune. Et entre dans la clandestinité, avec un groupe de militants, dont Henri Krasucki, alors son compagnon. Ils étaient 27 membres : ils ne sont plus que 6, à son retour d’Auschwitz, en 1945. Leurs missions : balancer des tracts dans les cinémas, saboter des entreprises…

Et ce que raconte Paulette Sarcey, c’est la façon dont elle a survécu, après que son réseau a été trahi : par la solidarité avec les membres de son groupe, d’abord à Drancy, puis dans le convoi, le 23 juin 1943, qui envoie ces hommes, ces femmes et ces enfants vers l’horreur. Mais elle dit aussi la force de la solidarité quand l’espoir est réduit à néant, les sabotages dans le camp, les dons de nourriture aux plus faibles, les chaussures et la gamelle qu’on doit protéger pour survivre. Avec au cœur cette force du collectif, qui se renoue à l’intérieur du camp. Elle évoque son hébétude devant la liberté retrouvée, aussi. Et cette force de combattre, qui la porte jusqu’à aujourd’hui.

L’intégralité de l’entretien avec Paulette Sarcey ainsi que le film Cité de la Muette, qui en reprend quelques extraits, sortiront en DVD fin janvier dans une coédition Ciné-Archives et Périphérie.
Caroline Constant
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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 05:45
Vues sur des colonies juives israéliennes dans la vieille ville d'Hébron

Vues sur des colonies juives israéliennes dans la vieille ville d'Hébron

Proche-orient. La Palestine a besoin de remettre les choses en l’État
Jeudi, 23 Janvier, 2020

Emmanuel Macron a rencontré Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas. Il parle d’antisémitisme pour qui nierait l’existence d’Israël comme État mais refuse toujours d’en reconnaître un pour les Palestiniens.

 

Présent en Israël pour la commémoration organisée à l’occasion du 75e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz, Emmanuel Macron a rencontré, hier, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, puis, à Ramallah, en Cisjordanie, le président palestinien, Mahmoud Abbas. Une façon pour le président français de respecter l’habituel équilibre voulu par Paris, qui veut qu’à une rencontre avec l’un s’ajoute une discussion avec l’autre. Il a pourtant semblé qu’un vent d’instrumentalisation soufflait au moment de ses entrevues israéliennes, d’abord avec son homologue Reuven Rivlin, puis avec Netanyahou. Ainsi, Rivlin a salué les efforts français pour juguler l’antisémitisme, dont la loi récemment votée par le Parlement assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme. Netanyahou y est allé encore plus franchement, affirmant que la menace nazie d’antan porte aujourd’hui un autre nom : celui de l’Iran, car la République islamique menace, par son programme nucléaire et balistique dit-il, l’existence même d’Israël. C’est là le fond de la nouvelle construction politique et diplomatique israélienne que Tel-Aviv impose, et sur son propre territoire avec la loi de l’État-nation du peuple juif votée en 2018, et à l’extérieur, les représentants israéliens se voulant ceux des juifs partout dans le monde. C’est ce qu’avait avalisé Emmanuel Macron lorsqu’en 2017 il avait invité Netanyahou aux commémorations de la rafle du Vél’d’Hiv.

La « négation » de l’existence d’Israël comme État est une nouvelle forme d’antisémitisme, a redit Emmanuel Macron. Et qu’est-ce que la négation de l’existence de la Palestine comme État ? La question n’a pas été posée, elle reste pourtant centrale alors que le processus de paix – si on peut encore parler de processus, voire de paix – est au point mort. Pour preuve, le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne n’a plus abordé ce problème depuis janvier 2018. Deux ans pendant lesquels il s’est pourtant passé beaucoup de choses qui ne relèvent plus seulement de la « politique du fait accompli », comme l’affirme l’Élysée à propos de la colonisation, tout en promettant pour les commémorations de ce jour, au mémorial de Yad Vashem un discours musclé contre l’antisémitisme.

En deux ans, les États-Unis ont accepté l’annexion du plateau du Golan syrien par Israël, reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et pensent que le processus de colonisation n’est pas contraire au droit international. Pour parachever le tout, le « plan du siècle » est présenté comme la panacée. Même s’il tarde à être présenté, on peut présumer qu’il s’agit surtout d’en finir avec la revendication palestinienne d’un État, le tout avec la complicité de la plupart des pays arabes.

Si l’on en croit le quotidien israélien Haaretz, Benyamin Netanyahou et Emmanuel Macron ont abordé, lors de leur entretien, les questions de l’Iran, du Liban, du Hezbollah ainsi que des développements en Libye à la lueur de l’intervention turque. Et la Palestine ? Sans doute l’ont-ils évoquée – comment faire autrement ? – mais on ne saura pas en quels termes. Le premier ministre israélien ne cache pourtant pas son intention d’annexer toute la vallée du Jourdain et quasiment 80 % de la Cisjordanie. Le président français aurait pourtant gagné, quelques heures avant son déplacement à Ramallah, à reprendre publiquement et à son compte les déclarations du représentant permanent de la France auprès des Nations unies.

« Les paramètres d’un règlement du conflit sont connus »

Nicolas de Rivière s’exprimait ainsi mardi devant le Conseil de sécurité : « La France appelle à relancer d’urgence un processus de paix crédible, alors que la détérioration de la situation sur le terrain constitue une source d’instabilité majeure. Nous le voyons notamment à Gaza, où la situation humanitaire est désastreuse (…), ainsi qu’à Jérusalem, où les démolitions, les expropriations et les atteintes au statu quo des Lieux saints se multiplient. » Le diplomate français poursuit en ces termes : « Les paramètres d’un règlement du conflit sont connus, des frontières basées sur les lignes du 4 juin 1967, avec des échanges agréés de territoires équivalents, négociés par les parties ; une solution juste, équitable et agréée au problème des réfugiés ; Jérusalem comme capitale des deux États ; des arrangements de sécurité qui permettent aux deux États de vivre côte à côte dans la paix et la sécurité. C’est sur cette base agréée par la communauté internationale que doivent reprendre sans plus attendre les négociations entre les deux parties afin d’en fixer la mise en œuvre. Il serait illusoire et dangereux de croire qu’une solution qui s’affranchirait de ces paramètres serait susceptible d’apporter une stabilité durable à la région, en premier lieu pour Israël. »

Les Palestiniens ont saisi la Cour pénale internationale

On voudrait penser que Nicolas de Rivière exprime là la position officielle de la France. La ligne de conduite qui vaut autant pour le président de la République que pour son ministre des Affaires étrangères. Pourtant, Emmanuel Macron semble s’en affranchir en expliquant : « Il ne s’agit pas pour la France aujourd’hui d’arriver avec une proposition sur la table, j’ai compris que d’autres en avaient, parfois attendues depuis longtemps. Quelque processus de paix que ce soit n’est possible que si les parties en présence veulent bâtir la paix, alors la France aidera et dans le rôle qui doit être le sien et sera le sien. »

À Ramallah, il est allé redire à Mahmoud Abbas son penchant pour la solution à deux États. Mais il ne fait aucun geste dans ce sens. Il a pourtant à sa disposition une mesure que redoute le gouvernement israélien : la reconnaissance officielle de l’État de Palestine. Alors que les Palestiniens ont saisi la Cour pénale internationale (CPI) pour enquêter sur d’éventuels crimes de guerre commis par Israël, Tel-Aviv argue que, la Palestine n’étant pas un État, elle ne peut pas se tourner vers la CPI !

Au sein de l’Union européenne, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, demande en vain que la question de la reconnaissance de l’État de Palestine soit discutée. Un diplomate européen affirme d’ailleurs que si la France accédait à cette reconnaissance « au moins six ou sept pays européens suivraient immédiatement ». Ce serait également un changement total pour l’examen de la question palestinienne. Il s’agirait alors de discussions entre deux États souverains, dont une partie du territoire de l’un est occupée par l’autre. Ce qui ne manquerait pas d’alimenter les débats en comparaison avec l’annexion de la Crimée par la Russie et la batterie de sanctions économiques prises par l’Union européenne à l’égard de Moscou. Outre la notion de justice – 72 ans après, les Palestiniens attendent leur État alors que celui d’Israël existe –, on voit bien qu’aujourd’hui seule une reconnaissance officielle pourrait mettre en échec la stratégie israélo-américaine de la force comme argument décisif en lieu et place du droit international. Encore faut-il le vouloir.

Pierre Barbancey
Proche-orient. La Palestine a besoin de remettre les choses en l’État - L'Humanité, Pierre Barbancey - et lettre ouverte du poète gazaoui Ziad Medoukh à Emmanuel Macron
N’est-il pas temps, pour la France, de reconnaître l’État de Palestine ?
Jeudi, 23 Janvier, 2020 - L'Humanité

Lettre ouverte au président Emmanuel Macron par Ziad Medoukh Universitaire, poète et citoyen de Gaza (Palestine)

Monsieur le Président,

Je vous adresse cette lettre, non pas en tant que professeur de français au département de français à l’université de Gaza (…) ni en tant que chercheur universitaire ou bien encore comme écrivain poète d’expression française, je vous écris en tant que simple citoyen palestinien qui vit le blocus, la souffrance et l’horreur dans cette prison à ciel ouvert de Gaza (…).

Mais un Palestinien souvent bloqué dans sa ville et empêché de sortir de sa cage pour participer à des conférences et colloques universitaires dans des pays francophones à cause du blocus impitoyable et ses fermetures des frontières qui relient la bande de Gaza à l’extérieur.

Un Palestinien qui garde espoir d’un lendemain meilleur, un lendemain de paix et de justice, et qui a décidé de rester très attaché à son pays et à sa ville natale, aux côtés de ces jeunes et ces enfants afin de les soutenir (…).

Un Palestinien qui a décidé de résister contre les mesures atroces de l’occupation par l’éducation et par l’enseignement de cette si belle langue : le français. Un Palestinien très attaché aux principes de démocratie, de liberté et des droits de l’homme, (…) inspirés de la Révolution française (…).

Les Palestiniens comptent beaucoup sur la France et sur l’Europe pour relancer le processus de paix en plein échec, à l’agonie plus exactement. Un processus de paix commencé à Oslo en 1993, alors que vingt-sept ans après les Palestiniens n’ont rien obtenu, bien au contraire, et ils voient leurs terres volées et colonisées jour après jour.

Je vous écris cette lettre au nom des enfants de Gaza qui sont privés de leurs loisirs et de la simple joie, des enfants qui apprennent dans des écoles et des classes détruites par les différentes agressions israéliennes. Même leurs rares centres culturels sont quasiment tous détruits suite à des bombardements israéliens.

Je vous adresse cette lettre au nom des jeunes Palestiniens qui ont entre 20 et 25 ans et qui n’ont jamais quitté leur ville ; des jeunes désespérés et qui souffrent du chômage, du blocus, et de l’absence de perspectives pour l’avenir.

Je vous envoie cette lettre au nom de ces familles palestiniennes en Cisjordanie qui souffrent de la colonisation, du mur de l’apartheid, des check-points de l’armée de l’occupation, et qui malgré tout cela envoient leurs enfants à l’école.

Je vous adresse cette lettre au nom des mères des enfants et jeunes palestiniens tués tous les jours soit en Cisjordanie, soit dans la bande de Gaza par les tirs de l’armée israélienne ; au nom des mères qui ne trouvent personne pour effacer leurs larmes ou clamer leur colère.

Soixante-douze ans après la décision de l’ONU, nous sommes encore et toujours occupés, humiliés et privés de nos droits. Le temps n’est-il pas venu, Monsieur le président, d’instaurer la justice dans notre région ?

(…) Le temps n’est-il pas venu pour que la France prenne une décision courageuse pour dire non à l’injustice, à l’oppression, et pour mettre fin à l’occupation ?

Aidez-nous, Monsieur le Président, par une décision courageuse, qui va sans doute encourager d’autres pays européens qui bougent sur ce sujet, à reconnaître notre État afin d’aider à mettre fin à la souffrance de toute une population civile et à réaliser les espérances et les revendications de tout un peuple.

Nous demandons un geste politique fort et utile à la France : nous lui demandons la reconnaissance de l’État de Palestine. Nous demandons de la France une décision pour la justice, car nous croyons qu’elle a une voie singulière à exprimer dans notre région.

Nous sommes pour une paix juste et durable, une paix qui passera avant tout par l’application des décisions internationales et par la création d’un État palestinien libre et indépendant.

Béthléeem

Béthléeem

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25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 07:07
A coeur ouvert, le journal de l'atelier citoyen santé du PCF Bretagne, n°4, janvier 2020
A coeur ouvert, le journal de l'atelier citoyen santé du PCF Bretagne, n°4, janvier 2020
A coeur ouvert, le journal de l'atelier citoyen santé du PCF Bretagne, n°4, janvier 2020
A coeur ouvert, le journal de l'atelier citoyen santé du PCF Bretagne, n°4, janvier 2020

"A cœur ouvert", le n°4 du journal de l'atelier citoyen santé du PCF Bretagne, vient de sortir, avec un dossier sur les personnes âgées, l'aide à l'autonomie, l'invisibilisation des personnes âgées dépendantes et des personnels qui s'en occupent dans notre société, et un compte rendu du débat de la fête de l'Humanité Bretagne avec Marie-George Bufffet et Eric Frégona. Bientôt distribué sur les lieux de santé en Bretagne.

J'ai eu l'honneur et le plaisir d'en réaliser l'éditorial sur une question qui nous tient à cœur: la place des personnes âgées dans la société et les moyens qu'on consacre à l'accompagnement humain des personnes âgées en perte d'autonomie.

Pour aller voir le site internet de l'atelier citoyen santé du PCF Bretagne animé par Christiane Caro et quelques autres camarades, avec une activité d'une régularité et d'une qualité remarquables: http://croizat-pcf.blogspot.com/

Ismaël Dupont

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25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 06:00
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

25/ François Bourven (1925-2010)

François Bourven, militant communiste du pays de Morlaix, le mari de Michèle Bourven, née Lacroix, notre camarade de la section du PCF Morlaix, comme ses enfants François Bourven (ancien secrétaire départemental du PCF Finistère, cheminot, responsable syndical) et Guillaume Bourven.

François Bourven est décédé le 11 mars 2010, à 85 ans.

Né en 1925, cultivateur à Plougonven, il est entré dans la résistance en Décembre 1943, dans un groupe FTPF du secteur de Scrignac commandé à l'époque par Armel Coant, lequel sera fusillé par les Allemands le 8 août 1944 à Rennes.

Le maquis de Scrignac était aussi organisé par Emile Le Foll, qui aida Michèle Bourven à porter plainte en 2010 quand elle reçut une lettre anonyme inspirée par des idées d'extrême-droite et /ou Breiz Atao pour salir la mémoire de son mari et celle de la Résistance après son décès.

De Décembre 1943 à Mars 1944, François Bourven a participé à des distributions de tracts et de journaux clandestins.

Le « maquis rouge » FTPF de Scrignac est particulièrement important. François Bourven l'intègre après l'exécution de l'abbé Perrot qui est suivie d'une intense activité de répression de la part des Allemands du Kommando de Landerneau dirigé par Schaad et de leurs auxiliaires miliciens et collaborateurs français, dont un certain nombre de nationalistes bretons du PNB. C'est par eux qu'Armel et Francis Coant, les deux cousins, sont arrêtés, torturés, avant d'être fusillés à Rennes.  

Puis il a participé à des activités barrages de routes, abattages d'arbres, sabotages de lignes téléphoniques ennemies pendant le débarquement des Alliés sur les Côtes Normandes, aux parachutages d'armes et munitions du 14 et du 21 juillet à St Mandez (Côtes du Nord) et au Vieux Moulin de Scrignac.

Il est de l'attaque d'un convoi allemand à Lémézec (Scrignac). Plusieurs Allemands sont tués et blessés. Il participe aussi à la Libération de la presqu'île de Crozon dans le secteur de Plougastel et Logonna Daoulas.

Engagé volontaire, il participe à la Libération de Lorient au sein du 118e RIMB avec 12 000 autres résistants des autres mouvements épaulés par l'armée américaine. Face à eux, pendant 6 mois, sur le Front de Lorient du 15 novembre 44 à mai 1945, 26 000 soldats de l'armée allemande, dont 2000 Russes, 285 Polonais et Tchèques.

Après-guerre, François Bourven devient cheminot à Paris, puis brocanteur, puis il se réinstalle à Plougonven, au Kermeur, où il exerce comme brocanteur. Il était adhérent à l'ANACR.  

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

François Bourven à la fête de l'Huma en costume breton (archives Michèle Bourven)

François Bourven à la fête de l'Huma en costume breton (archives Michèle Bourven)

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 14:30
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

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Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
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Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Photo Pierre-Yvon Boisnard 24 janvier 2019 manif contre la réforme des retraites Morlaix

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Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard
Manif du 24 janvier 2020 à Morlaix contre la réforme des retraites: 900 manifestants à la détermination intacte- Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard

900 manifestants à Morlaix...

2000 à Quimper

2500 à Lorient

5000 à Rennes

10 000 à Nantes

Et 400 000 à Paris selon la CGT

180 000 à Marseille selon la CGT

1200 à Laval

8000 à Albi

2000 à Epinal avec un gazage de la police en fin de manif

600 à Aurillac

5000 à Nancy

3500 à Foix

5000 à Poitiers

8000 à Toulon

5000 à Béziers

4500 à Montauban ...

 

Communiqué de l'intersyndicale du 24 janvier
 le 24 janvier 2020
 
Nos mobilisations seront victorieuses !

Jeudi 23 janvier, partout dans le pays, à l’appel de nos organisations syndicales, des manifestations éclairées par des flambeaux ont permis à beaucoup de continuer à exiger le retrait du projet de réforme des retraites. Dans le même temps, la grève se poursuit dans de nombreuses professions qui se mobilisent et multiplient les actions de dépôts des outils de travail dans des lieux symboliques ; les femmes organisent partout des initiatives pour visibiliser qu’elles sont les grandes perdantes de ce projet.


Cette journée du 24 janvier s’annonce d’ores et déjà comme un succès et loin de s’essouffler la mobilisation par la grève et par les manifestations poursuit son ancrage interprofessionnel porté par un soutien large et massif de la population.


Tout au long des jours prochains sur tout le territoire de nombreuses actions sont déjà programmées, interpellations de parlementaires, soirées de soutiens, débats, meeting, manifestations, etc. Notre mouvement s’étend et se renforce dans la durée avec énergie et volonté.


L’intersyndicale réclame plus que jamais le retrait du projet de réforme pour ouvrir des négociations constructives afin d’améliorer le régime actuel pour tous les secteurs professionnels et toutes les générations.


Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL et UNEF appellent à faire du mercredi 29 janvier, veille de la conférence de financement, une journée massive de grève et de manifestations interprofessionnelles et intergénérationnelles.

Elles appellent à poursuivre le renforcement et l’élargissement de la mobilisation en multipliant les initiatives les jeudi et vendredi qui suivent notamment avec des retraites aux flambeaux, des dépôts d’outils de travail, des assemblées générales, des initiatives en direction de la population.


Nos organisations décident de se revoir le 29 janvier pour décider ensemble des suites.


Paris, 24 janvier 2020

 

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 14:24
Grande mobilisation des enseignants ce vendredi 24 janvier à la manif de Morlaix contre la réforme des retraites
Grande mobilisation des enseignants ce vendredi 24 janvier à la manif de Morlaix contre la réforme des retraites
Grande mobilisation des enseignants ce vendredi 24 janvier à la manif de Morlaix contre la réforme des retraites
Grande mobilisation des enseignants ce vendredi 24 janvier à la manif de Morlaix contre la réforme des retraites
Grande mobilisation des enseignants ce vendredi 24 janvier à la manif de Morlaix contre la réforme des retraites
Grande mobilisation des enseignants ce vendredi 24 janvier à la manif de Morlaix contre la réforme des retraites
Grande mobilisation des enseignants ce vendredi 24 janvier à la manif de Morlaix contre la réforme des retraites

Un taux de grévistes historique au collège du Château: 21 collègues enseignants en grève sur 24, 8 collègues grévistes sur Mendès France, de nombreux collègues aussi de Tristan Corbière, de Carantec, de Saint-Pol de Léon, du premier degré. Les personnels de l'éducation nationale ne décolèrent pas et ne désarment pas contre Macron, sa réforme des retraites et sa casse des services publics. 

De belles banderoles avaient été réalisées par les collègues de Mendès France et du Château.

Photos Jean-Luc Le Calvez, 24 janvier 2020

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