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30 août 2019 5 30 /08 /août /2019 05:24

 

Alors que les coûts de production sont en train d’augmenter sensiblement et durablement, le prix des bovins de boucherie est orienté à la baisse dix mois après le vote de  la loi EGALIM à travers laquelle le président Macron promettait aux éleveurs qu’il serait possible de construire les prix  en tenant compte des coûts de production. Comme si cela ne suffisait pas, les accords de libre échange  avec le Canada et les pays du Mercosur sont de nature à accroître les difficultés  des éleveurs français.

 

Les déversements de paille et de fumier devant les permanences  de plusieurs députés du groupe La République En Marche (LaREM) ont marqué le milieu de l’été. Ces députés ont approuvé par leur vote l’accord de libre échange  conclu avec le  Canada. Ils l’ont fait au moment ou la Commission européenne, en toute fin de mandat, venait de conclure un autre accord de libre échange, cette fois avec les quatre pays de Mercosur que sont l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. Tous ces pays veulent augmenter leurs exportations de produits agricoles en  Europe à la faveur de  la baisse, voire de la suppression, des droits de douanes sur les viandes bovines, porcines et de volailles, ainsi que sur les céréales,  le sucre de canne et l’éthanol.

Des prairies transformées en paillassons

Mis en cause par l’action des paysans, des députés du groupe LaREM ont tenté de minimiser les conséquences du seul accord  avec le Canada, en oubliant le contexte dans lequel ils l’ont majoritairement  approuvé. Or, cette approbation est intervenue au moment où plusieurs facteurs aggravants sont en train de fragiliser l’élevage  en France. Le premier de ces facteurs est la sécheresse  qui a transformé les prairies en paillassons  dans la plupart de nos régions d’élevage. Il en résulte  une augmentation du prix de revient de chaque kilo de viande bovine et ovine, comme d’ailleurs de chaque litre de lait  de vache, de brebis et de chèvre. Car il faut entamer dès l’été et l’automne les réserves de fourrages prévues pour l’hiver et augmenter les achats de nourriture du bétail durant les mois à venir faute de pouvoir  en produire assez sur sa ferme.

Un veau laitier vendu 100€ contre 180€ en 2018

Parallèlement, la consommation de viande à tendance à diminuer au fil des ans tandis que l’offre risque d’augmenter dans les prochains mois. En effet, certains éleveurs diminueront la taille de leur troupeau afin de réduire les achats d’aliments. Cette « décapitalisation » risque  de prendre de l’ampleur dans les prochaines semaines alors que les cours sont déjà trop bas. En ce mois d’août,  à Bourg-en-Bresse,  le kilo de vache de réforme de race mixte cote  3% de moins que l’en dernier à pareille époque. A Châteaumeillant, le broutard charolais de dix mois vendu à l’exportation pour l’engraissement cote 7% de moins que l’an dernier à la même date. Du côté des veaux mâles laitiers de race Prim’ Holstein destinés à l’engraissement, le prix moyen d’un animal de 50 à 60 kilos est actuellement de 100€ au lieu de 150€ en juin 2019 et 180€ en juillet 2018.

Dans leur dernier bulletin  d’information, « Les entreprises  française de la viande » indiquent ceci :  « A l’aval, malgré les bonnes intentions affichées pendant les Etats Généraux de l’Alimentation, le prix semble  plus que jamais rester la seule variable d’arbitrage  des acheteurs (…). A  l’export, vu le niveau très bas des cours mondiaux, il est illusoire  de vouloir  rivaliser avec les marchés préemptés par les pays  à l’activité exportatrice industrialisée (…) Sur le marché intérieur, la compétition est tout  aussi intense. Approvisionner  et satisfaire notre propre marché   est devenu un défi à relever chaque jour. Car  dans l’assiette des Français, la viande  est de plus en plus allemande, espagnole, polonaise,  irlandaise ect. Les distorsions de concurrence  pénalisent les entreprises françaises  engagées dans la meilleure réponse aux attentes  sociétales (sécurité sanitaire, qualité, traçabilité, proximité, bien-être animal), alors même que les Français optent massivement  pour le meilleur prix sans ergoter ».

La situation particulière de la France

Pour saisir  le bien fondé de cet argumentaire, il faut connaître la situation particulière de l’élevage bovin en France. Notre pays nourrit d’un côté 3,7 millions de vaches laitières  et de l’autre près de 4 millions de vaches de races à viande, comme la charolaise et la limousine. La viande de ces dernières est de meilleure qualité que celle des laitières. Mais  la viande   des laitières de réforme coûte moins cher  et alimente aussi bien les rayons des grandes surfaces que la restauration collective, fut-ce en faisant croître les importations dans le but de faire baisser les cours.

Telles est la réalité du marché européen de la viande   aggravée par la mondialisation des échanges  près de deux ans  après le discours du président Macron à Rungis  le 11 octobre 2017. Ce jour-là il avait posé la question suivante : « Quels sont aujourd’hui nos défis ? Nous avons les défis du prix qui touchent tous les acteurs de la chaîne (…) Celui de la souveraineté alimentaire  qui est un objectif que nous devons poursuivre  à l’échelle du pays, mais plus largement  de l’Europe. Celui aussi de la santé de nos concitoyens ». Dans ce même discours, Emmanuel Macron faisait cette promesse aux paysans : « Nous modifierons la loi pour  inverser cette construction du prix qui doit pouvoir partir qui doit pouvoir partir des coût de production».

Du fait des conséquences durables des sécheresses de 2018 et de 2019,  les coûts de production de la viande et du lait des herbivores  sont en hausse sensible  et durable. Mais les prix de marché ne suivent pas cette hausse des coûts. Ils sont en baisse concernant la viande. Dit autrement, la loi EGALIM voté définitivement  par la majorité parlementaire le 2 octobre  2018 n’a pas été conçue  pour tenir compte des coûts de production concernant la formation des prix. Il n’est donc pas étonnant  que le monde paysan demande des comptes aux députés du groupe LaREM.               

Gérard Le Puill

 

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30 août 2019 5 30 /08 /août /2019 05:23

 

À l’exception de quelques photos célèbres qui montrent des femmes fusil en bandoulière dans les rues de Paris, quand on imagine les bataillons qui viennent libérer la ville en août 1944, on visualise des soldats masculins. Les raisons de cet « oubli » sont multiples.

Si vous vous rendez au 6, place Petit-Pont, dans le 5e arrondissement de Paris, vous y trouverez la plaque que Béatrice Briant, boulangère et cheffe de groupe des FFI, a dédiée aux hommes qui ont défendu le fortin de la Huchette avec elle. Et pourtant, ce n’est pas son nom à elle qui est entré dans l’imaginaire collectif. On connaît le nom des héros de la Libération de Paris, moins celui des héroïnes. Les plaques commémoratives qui jalonnent les avenues de la capitale les évoquent, qu’elles soient tombées au combat ou qu’elles aient offert ces plaques pour leurs camarades tombés à leurs côtés.

Un exemple de rôle assuré par les femmes dans la Résistance et le combat pour la Libération est celui d’agente de liaison. Dans l’Humanité du 25 août 2014, Cécile Rol-Tanguy, aujourd’hui âgée de 100 ans, raconte le mois d’août 1944 semblable au reste de son engagement, une évidence pour elle : elle accompagne son mari, l’épaule dans la préparation de l’insurrection. Le 15 août, il lui « demande de venir à Montrouge avec la machine à écrire et sa mitraillette ». Quatre jours plus tard, il lui envoie une voiture pour qu’elle le rejoigne à l’établissement de l’état-major à Denfert-Rochereau. Elle y part sans hésiter, avec tout son matériel de secrétariat, et y restera jusqu’à la fin de la déroute allemande.

Les femmes qui prennent les armes sont souvent mal considérées

Rita Thalmann, pionnière de l’histoire du genre et spécialiste des femmes durant la Seconde Guerre mondiale, a mis en évidence l’oubli de ces dernières dans l’historiographie de la Résistance. Dans la revue Clio (1), elle expose les raisons de cette absence de représentation, qui touche toutes les périodes historiques, mais particulièrement celles de conflits. Il faut dire que, hors d’une romance et d’une sexualisation peu réalistes de l’image de la combattante, les femmes qui prennent les armes sont souvent mal considérées. Thalmann dresse dans son article le portrait de la combattante : elle doit réussir à accéder à une formation au maniement des armes, ce qui est beaucoup plus difficile que pour un homme, qui bénéficie de la formation du service militaire. Elle doit également ne pas avoir de famille à charge pour ne pas déroger au carcan patriarcal qui la maintient dans son rôle de mère et d’épouse, « développant, par voie de conséquence, un plus grand besoin de sécurité et un sens souvent profond de culpabilité chez celles que leur action de résistance obligeait à s’éloigner des leurs pour les protéger de la répression ou privait (…) d’être ou de devenir mères ».

Enfin, son statut juridique, qui la place sous l’autorité quasi inéluctable d’un homme, père, frère ou mari – et « en faisait des marginales de la vie publique » –, est souvent un frein conséquent à sa mobilité, donc à sa capacité d’engagement. C’est pourquoi la plupart des femmes ne sont pas directement au front durant les combats d’août, mais construisent des barricades, assurent le ravitaillement, l’exfiltration et le soin des blessés, ou encore des rôles de messagères, et que la plupart de celles qui combattent sont très jeunes, des veuves ou des étrangères qui ont fui la marche allemande sur l’Europe de l’Est, le franquisme espagnol ou le fascisme italien.

L’historienne Rita Thalmann déplore le manque de recherches universitaires sur le sujet

Certaines figures de combattantes se détachent tout de même des photographies de la Libération. L’une d’entre elles, Simone Segouin, dite Nicole, qui s’est déjà illustrée durant la libération de Chartres quelques jours plus tôt, suit le général de Gaulle dans sa route vers Paris et prend part à l’insurrection, ce qui lui vaut le grade de sous-lieutenante, mais rien de plus à la sortie de la guerre. Une autre, Anne Marie Dalmaso, dite Annita, est l’une des femmes décorées à l’issue des combats. Durant ceux qui eurent lieu place de l’Hôtel-de-Ville, cette jeune femme d’origine italienne, membre des Équipes nationales, groupe de jeunes dédié originellement au secours des victimes de bombardements, s’illustre avec ses compagnons dans les combats du centre de Paris.

Enfin, la plus connue est sans doute la communiste Madeleine Riffaud. Adolescente au début de la guerre, elle s’engage dans la Résistance et mène, à seulement 20 ans, des assauts sur des contingents ennemis durant l’insurrection parisienne. Elle survit à la fin de la guerre, devient grand reporter et passe le reste de sa vie là où elle l’a commencée : au milieu de conflits à travers le monde. Mémoire vivante des femmes combattantes et résistantes, au même titre que Cécile Rol-Tanguy, l’ancienne journaliste de l’Humanité défend toujours les mêmes positions à 94 ans qu’à 20 ans sur les barricades parisiennes.

L’historienne Rita Thalmann déplore encore, dans son article, le manque de recherches menées par des universitaires, mais surtout espère « que les historiennes des nouvelles générations auront à cœur de rendre un nom, un visage, à celles qui se sont engagées au péril de leur vie pour défendre la liberté et la démocratie dont elles bénéficient aujourd’hui ». Ses attentes sont peut-être trop hautes pour l’histoire à la française d’un point de vue ministériel : le chapitre « Femmes dans la Résistance » vient d’être supprimé des programmes d’histoire-géographie au lycée, alors qu’il était déjà réservé à feu les sections littéraires.

(1) Lire « L’oubli des femmes dans l’historiographie de la Résistance », revue Clio, 1995.

Daphné Deschamps

 

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30 août 2019 5 30 /08 /août /2019 05:22

 

Au deuxième trimestre, les actionnaires ont empoché 513,8 milliards de dollars. Un nouveau record. Les entreprises françaises se sont montrées très généreuses.

L’indécence n’a plus de limites. Après un record l’an dernier, les dividendes mondiaux n’en finissent pas de grimper, atteignant, au deuxième trimestre, 513,8 milliards de dollars (462,93 milliards d’euros), selon une étude menée par le fonds de gestion Janus Henderson Investors.

Bien que ces chiffres astronomiques donnent le vertige, cette nouvelle salve est toutefois révélatrice du ralentissement économique mondial. D’autant que « les dividendes sont un indicatif tardif de la santé des sociétés », explique le fonds dont le portefeuille d’actifs gérés est de 316 milliards d’euros. Après une progression de 14,3 % au deuxième trimestre de l’an dernier et de 7, 8 % au premier trimestre, le 1,1 % de croissance enregistré d’avril à juin montre que la rémunération du capital financier marque sérieusement le pas, en enregistrant son taux « le plus faible en plus de deux ans ». Alors que, depuis 2015, les dividendes mondiaux du deuxième trimestre n’ont cessé de croître.

L’Hexagone est « de loin » le pays en Europe où les rentiers sont les mieux rémunérés

Au bord de la récession, pénalisée par la faiblesse de sa monnaie face au dollar – les effets de change ayant entraîné une baisse de 2,9 points des dividendes mondiaux –, l’Europe est « particulièrement touchée ». Car, même si les actionnaires devraient empocher près de 170 milliards de dollars (153 milliards d’euros), les dividendes affichent une chute de 5,3 %, contre une hausse de 9,2 % au premier trimestre. « Le ralentissement économique mondial est particulièrement notable en Europe, ce qui a une incidence sur les bénéfices et, par conséquent, limite la capacité des sociétés européennes à augmenter leurs dividendes », explique Janus Henderson. En Allemagne, par exemple, alors que l’activité a viré au rouge, plusieurs constructeurs automobiles allemands, BMW et Daimler en tête, dont les bénéfices ont été affectés par la morosité du secteur, ont réduit leur distribution de dividendes.

La France fait ici figure d’exception. Avec 51 milliards de dollars versés et une croissance de 3,1 % contre 1,1 % pour le reste du monde, l’Hexagone est « de loin » le pays en Europe où les rentiers sont les mieux rémunérés. Une performance hexagonale qui tient à l’allégement de l’imposition sur les dividendes à la suite de la réforme de 2018 avec la mise en place d’un taux unique, la flat tax, à 30 %. Et qui, comme en 2018, a fortement incité les chefs d’entreprise à verser d’avantage de dividendes. Puisque, pour un dividende de 10 000 euros par exemple, le contribuable percevra 7 000 euros désormais après taxation, contre 5 980 euros en appliquant le système d’imposition progressif d’avant 2018.

À l’image du Vieux Continent, la région Asie-Pacifique, hors Japon, a vu la croissance de ses dividendes plonger dans le rouge (-2,9 %). « Un quart des sociétés de Hong Kong de notre indice ont réduit leurs dividendes, dont China Mobile. Il s’agit là d’un pourcentage bien plus important que sur les autres principaux marchés, reflétant le ralentissement de l’économie chinoise », observe Janus Henderson.

La première économie mondiale devrait entrer en récession en 2020 selon des prévisions économiques

Aux États-Unis, alors que 38 % des économistes pronostiquent une entrée de la première économie mondiale en récession en 2020 (34 % en 2021), le « rythme de progression » de versement de dividendes, avec 4,4 % contre 8,1 % le trimestre précédent, a été « le plus lent en deux ans ».

Dans ce contexte, Janus Henderson a toutefois rassuré ses clients. Après avoir rappelé que « les dividendes sont bien moins volatils que les bénéfices », le fonds de gestion a maintenu pour l’année 2019 ses prévisions, assurant un pactole record de 1 430 milliards de dollars de dividendes, soit une hausse annuelle de 4,2 %.

Clotilde Mathieu

 

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30 août 2019 5 30 /08 /août /2019 05:20
LES LIENS ENTRE SERVICES ET INDUSTRIE : L'APPROCHE MARXISTE ("Progressises" - Avril mai Juin 2019 - revue PCF)
LES LIENS ENTRE SERVICES ET INDUSTRIE : L'APPROCHE MARXISTE ("Progressises" - Avril mai Juin 2019 - revue PCF)
LES LIENS ENTRE SERVICES ET INDUSTRIE : L'APPROCHE MARXISTE ("Progressises" - Avril mai Juin 2019 - revue PCF)
LES LIENS ENTRE SERVICES ET INDUSTRIE : L'APPROCHE MARXISTE ("Progressises" - Avril mai Juin 2019 - revue PCF)
LES LIENS ENTRE SERVICES ET INDUSTRIE : L'APPROCHE MARXISTE ("Progressises" - Avril mai Juin 2019 - revue PCF)
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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 14:09
Maria Teresa Leon en meeting antifasciste - photo L'Humanité

Maria Teresa Leon en meeting antifasciste - photo L'Humanité

Maria Teresa Leon Les mots brûlent
Mercredi, 28 Août, 2019

Lanceurs d'alerte en 1939 27/29. Secrétaire de l’Alliance des écrivains antifascistes espagnols, responsable de la protection du trésor artistique, créatrice de deux revues, auteure de vingt ouvrages (romans, nouvelles, poésie, pièces de théâtre), de centaines d’articles, de scénarios, Maria Teresa Léon reste méconnue. Comme Tina Modotti, sa pareille, son talent, son courage et sa beauté enflammaient les cœurs et les esprits.

 

«Jour glacé. En novembre, arrivèrent au siège de l’Alliance des intellectuels les camions chargés d’expédier en lieu sûr les œuvres du Prado, les Ménines de Velasquez, le Charles Quint du Titien. Leur escorte, les soldats du cinquième régiment et des bataillons motorisés, les attendait. » Dans Memoria de la Melancolia, Maria Teresa Leon raconte le sauvetage des trésors artistiques sous le bombardement. Scène hallucinante : d’un mur du Prado à l’autre, Alberti décrit les Goya, les Greco, les Zurbaran, les Velasquez, comme s’ils étaient là.

« Elle a surgi devant moi, blonde, belle, forte et haute telle la vague qu’une mer imprévue projetait sur ma poitrine », écrit Rafael Alberti. Elle l’épousera « pour devenir la queue de la comète », mais ceux qui l’ont connue ne l’ont jamais oubliée. Ni Ehrenbourg, qui l’avait vue s’adresser à de jeunes miliciens en débandade pour les convaincre de repartir au front, ni Octavio Paz, qu’elle engagea dans l’armée républicaine. Il a fallu quarante ans pour redécouvrir Tina. Combien de temps encore Maria Teresa sera-t-elle ignorée ? Thème récurrent de son œuvre, l’écriture contre l’oubli, car vivre et se souvenir étaient pour elle la même chose.

La jeune femme fait évacuer les tableaux du Greco à Tolède, ceux d’Illescas, de l’Escurial

Fille de militaire, de la grande bourgeoisie de Burgos, elle est aussi la nièce du savant Ramon Menende Pidal et de Maria Goyri, première diplômée de l’université, amis de Machado. À 16 ans, sa fugue amoureuse fait scandale. S’ensuit le mariage, un désastre. Mœurs implacables : quand Maria Teresa part, elle est déchue de ses droits sur ses deux fils. Elle ne les reverra pas avant des années.

À Madrid, elle vend des voitures, fréquente le Lyceum Club, qui réunit progressistes et féministes. Amie intime de Lorca, elle édite la Belle du mal amour, qui dénonce l’injustice, le sort des femmes : « Réveillons-nous madame. C’est douloureux. Les lèvres me cuisent. Les mots brûlent. Qu’il est dur d’utiliser sa liberté pour dénoncer l’absence de liberté. »

Après leur rencontre, Maria Teresa et Alberti adhèrent au Parti communiste, voyagent, sont les intimes de Picasso, Neruda, Alejo Carpentier, Chagall, Aragon et Elsa Triolet, rencontrés à Moscou chez Lili Brick. De retour à Madrid, Maria Teresa crée la revue Octobre, « pour la défense de l’URSS, contre le fascisme ». Quand éclate la révolte des mineurs des Asturies, en 1934, le couple est à Moscou, au premier congrès des écrivains. En Espagne, leur maison est fouillée. Le Parti communiste les envoie aux États-Unis, puis au Mexique et à Cuba, où Maria Teresa multiplie conférences et articles pour alerter sur le danger fasciste.

Le coup d’état les surprend à Ibiza. Retour précipité à Madrid où Maria Teresa supplie Garcia Lorca de ne pas retourner à Grenade. Alors que l’épouvante s’étend, dès fin juillet 1936, sous les bombes, la jeune femme fait évacuer les tableaux du Greco à Tolède, ceux d’Illescas, de l’Escurial. À la fin de la guerre, les franquistes récupéreront 20 000  œuvres acheminées à Genève.

Secrétaire de l’Alliance des écrivains antifascistes, Marie Teresa organise les réunions de 1937 (Paris, Valence), qui culminent avec le congrès de Madrid pour la défense de la culture. Il réunit la fine fleur des arts et des lettres d’Europe et d’Amérique latine.

La jeune femme fonde et anime la revue El Mono Azul, crée les Guérillas du théâtre. Si la Barraca de Lorca avait sillonné toute l’Espagne et ses hameaux de paysans analphabètes, les Guérillas amènent au front Calderon de La Barca, Cervantès, Lorca, Molière, Tchekhov. Dernière représentation à Valence au départ des Brigades internationales. Elles sont là les grandes, Maria Teresa et Tina, entourant la Passionaria, une armée tout-terrain à elles seules. Sur scène, Maria Teresa incarne l’Espagne de la cantate : « Sur mon habit doré de blé et de soleil, s’étend un manteau de sang et d’horreurs. »

Après la guerre, le couple est hébergé à Paris chez Picasso et Neruda, puis chassé par Pétain. Une junte militaire les chassera d’Argentine bien plus tard. À Rome, dès 1974, Maria Teresa écrit et lutte contre la maladie d’Alzheimer. Elle n’aura conscience ni de la mort du « funéralissime » ni de son retour en Espagne, après trente-huit ans d’exil. En 1988, on l’enterre à Majadahonda, le village où le Cubain Pablo de la Torriente Brau donna sa vie à l’Espagne. Aïtana Alberti, sa fille, qui vit à Cuba, dispute à l’oubli sa mémoire douloureuse.

Maïté Pinero
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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 13:36

Le comité de soutien morlaisien de Vincenzo Vecchi va se rassembler à 18h devant la mairie de Morlaix le vendredi 30 août. Il appelle à sa libération. Pour rappel, Vincenzo Vecchi est actuellement en prison à Vezin. Le militant altermondialiste de 46 ans a été condamné en Italie à 11 ans et 8 mois de prison pour participation aux manifestations contre le G8 à Gênes en 2001, et sous le coup d'un mandat d'arrêt européen, Vincenzo Vecchi s'est réfugié en 2011 à Rochefort-en-Terre (56). Il avait été arrêté le 8 août. Plus récemment, vendredi 23 août, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes a demandé un supplément d'information concernant le mandat d'arrêt international décerné à l'encontre de Vincenzo Vecchi.

Communiqué du comité de soutien morlaisien de Vincenzo Vecchi, Le Télégramme - 28 août 2019

Le PCF soutient cet appel au rassemblement.

Vincenzo qui vit à Rochefort en Terre (Morbihan) depuis 8 ans, sans aucune histoire et complètement intégré à la vie locale, est arrêté par la police. Son arrestation à lieu sous mandat d’arrêt européen. Il est emmené au centre de détention de Vézin le Coquet, pour une procédure d’extradition.

Vincenzo avait participé tout d’abord en 2001 à Gênes à la manifestation contre le G8 et en second lieu en 2006 à Milan à une manifestation anti-fasciste non autorisée. Ce sont ces 2 faits qui lui sont reprochés par la justice italienne.

De nombreux militants avaient été arrêtés à Gênes et une quinzaine de personnes avaient été condamnées à des peines lourdes (8 à 15 ans fermes) sous le chef d’inculpation officielle de « Dévastation et saccage ».  Vincenzo en faisait partie. Devant cette inculpation injuste et disproportionnée, il décide d’échapper à la prison et arrive alors à Rochefort en terre.

Le PCF apporte son soutien à Vincenzo VECCHI et à la lutte entamée pour sa libération

 

Communiqué du PCF Bretagne – Vincenzo Vecchi ne doit pas être extradé en Italie.

Le PCF Bretagne apporte son soutien à Vincenzo Vecchi qui ne doit pas être extradé en Italie.

Vincenzo Vecchi, citoyen italien vivant depuis 8 ans à Rochefort-en-Terre, militant altermondialiste et antifasciste, a été condamné en Italie à 11 ans et 8 mois de prison en vertu d’une loi inique pour participation aux manifestations contre le libre-échange et le capitalisme financier au G8 à Gênes en 2001. La répression féroce de ces manifestations par le gouvernement de Berlusconi avait été caractérisée à l’époque par Amnesty International comme « la plus grande violation des droits humains et démocratiques dans un pays occidental depuis la Seconde Guerre mondiale»: un jeune homme, Carlo Giuliani, avait été abattu et des centaines d’altermondialistes tabassés, blessés, torturés ou détenus arbitrairement.

Et pourtant Vincenzo Vecchi est convoqué ce mercredi 14 août à la chambre d’instruction de Rennes qui pourrait décider de son extradition dans l’Italie de Salvini, où les droits humains sont de plus en plus bafoués et où il deviendrait un prisonnier politique, un prisonnier d’opinion.

10 manifestants du contre-sommet du G8 à l’issue des violences déclenchées par la police et les brigades spéciales du gouvernement avaient été condamnés à des peines de 6 à 15 ans en recourant au délit de « dévastation et saccage ». Un élément du Code pénal italien, introduit par les fascistes de Mussolini en 1930, et remis au goût du jour par Berlusconi, qui permet, dans les faits, au nom de la notion de simple « concours moral » aux événements, de sanctionner avec des peines de 8 à 15 ans de prison la simple présence et la participation à des manifestations considérées comme insurrectionnelles.

Il faut dire que la justice italienne reproche aussi à Vincenzo Vecchi la participation à une manifestation interdite contre l’extrême-droite à Milan en mars 2006.

Ce serait une entorse grave aux droits de l’homme et au droit d’asile d’extrader Vincenzo Vecchi en Italie, dans un contexte où l’extrême-droite a pris le pouvoir et en abuse sans respect des droits humains.

Le PCF Bretagne soutient Vincenzo Vecchi et se félicite de l’élan rencontré par son comité de soutien et du rassemblement citoyen en solidarité avec lui à 9h devant la cour d’appel de Rennes le mercredi 14 août.

 

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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 13:36

Nous avons appris avec peine le décès de notre camarade Arlette Redou ces derniers jours.

Arlette était originaire du Lot, comme son mari, Jean, conseiller municipal à Blars, décédé à 88 ans en mai 2017.

Elle a été adhérente de la section de Morlaix pendant plusieurs années et vivait à Ploujean, avant son retour dans le Lot, en 2016.

Les camarades du PCF Morlaix peuvent témoigner de la profonde gentillesse et humanité de Arlette et Jean.

Notre camarade Jean-Luc Le Calvez, trésorier de section, avait continué à prendre des nouvelles de Jean et d'Arlette, puis d'Arlette.

Nous adressons à sa famille, à ses amis et ses proches nos sincères condoléances et rendons hommage à Arlette pour ses engagements au service d'un monde plus juste.

Décès de notre camarade Arlette Redou, qui a partagé sa vie et son engagement entre le Lot et Morlaix
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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans ACTUALITE NATIONALE DU PCF LA VIE LOCALE
29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 08:47
Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel dans les Pyrénées Orientales en soutien à la ligne de fret ferroviaire Perpignan-Rungis avec Laurent Brun, de la CGT Cheminots
Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel dans les Pyrénées Orientales en soutien à la ligne de fret ferroviaire Perpignan-Rungis avec Laurent Brun, de la CGT Cheminots
Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel dans les Pyrénées Orientales en soutien à la ligne de fret ferroviaire Perpignan-Rungis avec Laurent Brun, de la CGT Cheminots
Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel dans les Pyrénées Orientales en soutien à la ligne de fret ferroviaire Perpignan-Rungis avec Laurent Brun, de la CGT Cheminots
Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel dans les Pyrénées Orientales en soutien à la ligne de fret ferroviaire Perpignan-Rungis avec Laurent Brun, de la CGT Cheminots

SAUVONS LE TRAIN DES PRIMEURS
Alors que le président Macron tente de donner des leçons au Brésil sur les feux en Amazonie, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel s'est rendu en début de semaine à Perpignan, accompagné d'une délégation de cheminots et de militants communistes, pour lui rappeler qu'en France c'est le frêt ferroviaire qui brûle. La fermeture du Perpignan-Rungis est un véritable désastre social et écologique.

"La forêt amazonienne brûle mais le fret ferroviaire français aussi ! Nous voulons sauver le Train des Primeurs: 305 trains et 140 000 t de fruits et légumes transportés de Perpignan vers Rungis. Sinon, c’est 30 camions par jour en plus !! Avec Laurent Brun, Secrétaire Général CGT Cheminots, des élus régionaux d’Occitanie et du Val de Marne et les communistes des Pyrénées Orientales, nous étions sur place et nous ferons des propositions à la ministre. Nous sommes aussi allés soutenir les urgences de l’Hopital de Perpignan en grève depuis juin". Fabien Roussel

Photos Page Facebook de Fabien Roussel: Fabien Roussel

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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 08:36
Les militants communistes de Morlaix seront présents sur le marché de Morlaix le samedi 31 août

Pour aller à la rencontre des habitants, distribuer des tracts pour la fête de l'Humanité (Rouge Finistère), et pour le référendum ADP, vendre des vignettes bon de soutien de la fête de l'Humanité (28€ pour les 3 jours au lieu de 40€, prix commercial), proposer l'adhésion au Parti communiste, les militants communistes de Morlaix seront sur le marché de Morlaix, avec un point fixe devant la mairie, le samedi 31 août.

 

Les militants communistes de Morlaix seront présents sur le marché de Morlaix le samedi 31 août
Les militants communistes de Morlaix seront présents sur le marché de Morlaix le samedi 31 août
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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 07:52
Heimat, l’œuvre monumentale du réalisateur allemand Edgar Reitz - la critique cinéma d'Andréa Lauro pour le Chiffon Rouge
Heimat, l’œuvre monumentale du réalisateur allemand Edgar Reitz - la critique cinéma d'Andréa Lauro pour le Chiffon Rouge

Heimat, l’œuvre monumentale du réalisateur allemand Edgar Reitz

par Andréa Lauro

Heimat : un projet monumental, sans doute l’une des plus vastes expériences de cinéma à cheval sur les deux millénaires.

Un titre sous lequel il est possible de couvrir une grande partie de la production (un total d’environ cinquante-sept heures de film) du réalisateur et scénariste Edgar Reitz, classe 1932, figure clé du Nouveau Cinéma Allemand, qui a attiré l’attention de la critique et du public international au milieu des années 80, grâce à la première partie de ce projet : Heimat, titre-événement du Festival de Venise 1984, où il fut présenté hors compétition et suscita l’enthousiasme immédiat de la critique. Diffusé comme un série à épisodes sur la télévision allemande et projeté dans les salles italiennes, Heimat peut être considéré comme un équivalent moderne de la tradition romanesque européenne : un film-fleuve magistral divisé en onze épisodes (plus de quinze heures de durée totale) pour raconter, avec une approche inédite, l’histoire de l’Allemagne du vingtième siècle.

Plus précisément, Heimat couvre la période allant de 1919, à la fin de la Première Guerre mondiale, à 1969, avec un épilogue en 1982, et met en scène les événements des habitants de Schabbach, un village imaginaire du Hunsrück : une petite communauté rurale dont l’existence coule avec calme et apparente immobilité, loin des clameurs et des tragédies qui caractériseront le sort de l’Allemagne du XXe siècle. À la République de Weimar, la montée du nazisme, les persécutions antisémites, la Seconde Guerre mondiale et la division de l’État allemand Reitz et son co-auteur Peter F. Steinbach opposent une dimension quotidienne et « privée », représentant des expériences, des amours, des déceptions et des espoirs des hommes et des femmes de Schabbach. Au cœur du récit, il y a surtout trois familles, les Simon, les Wiegand et les Schirmer, à l’intérieur desquelles se succèdent les différentes générations.

Dans le village de Schabbach on identifie donc la signification de heimat, c’est-à-dire la "patrie" : la patrie dans laquelle au début de Heimat, dans l’épisode intitulé La nostalgie du voyage, Paul Simon retourne à son pays natal après le service militaire; la patrie que neuf ans plus tard, en 1928, le même Paul abandonnera, pour traverser l’Océan Atlantique, sans donner aucune explication à la jeune épouse, Maria Wiegand. Maria devient une figure centrale autour de laquelle tournent presque tous les autres personnages, dont les destins respectifs s’entremêlent et se déconnectent.

C’est la mémoire qui maintient et renforce le sens de continuité entre la génération des pères et la génération des enfants, entre passé, présent et futur, et c’est la mémoire qui garantit la survie du concept même de "patrie" entre une décennie et l’autre. Heimat se révèle donc quelque chose de plus qu’une simple histoire familiale.

Réalisé en 1992, composé de treize épisodes pour une durée de plus de vingt-cinq heures, Heimat 2 - Chronique d'une jeunesse est un formidable exemple de roman de développement personnel totalement centré sur Hermann Simon, fils de Maria Simon et de l’ingénieur Otto Wohlleben, auquel était déjà consacré un épisode entier de Heimat, Hermännchen : situé entre 1955 et 1956, Hermännchen racontait l’éducation sentimentale de Hermann adolescent avec un prodigieux talent pour la musique, éperdument amoureux de la plus mûre Klärchen Sisse. Heimat 2 reprend le fil de l’existence de Hermann à partir de quatre ans plus tard, en 1960, lorsqu’à l’âge de vingt ans Hermann arrive à Munich pour étudier la musique; au contact d’un milieu bohème, parmi de jeunes musiciens et intellectuels en herbe, Hermann trouvera à Monaco une nouvelle patrie et s’attachera sentimentalement à la violoncelliste Clarissa Lichtblau.

Chronique des ferments culturels et sociaux des années 60 (la série s’ouvre en 1960 avec Le temps des premières chansons et se termine en 1970 avec L’art ou la vie avec un parcours narratif qui évoque le cycle cinématographique de François Truffaut sur la vie et les amours d’Antoine Doinel (ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la Nouvelle Vague a influencé de façon déterminante la production de Reitz).

Douze années s’écouleront lorsque, en 2004, Edgar Reitz reprendra en main le sort d’Hermann Simon dans Heimat 3 – Chronique d'un tournant historique, le troisième chapitre de la trilogie de Heimat, articulé en six films pour presque douze heures de durée. Encore une fois, les événements individuels des personnages se situent dans le cadre de l’histoire de l’Allemagne du XXe siècle : le premier film, Le peuple le plus heureux du monde, s’ouvre en 1989, au moment de la chute du Mur de Berlin, événement fatidique précédant la prochaine réunification des deux Allemagnes, tandis que le dernier, Adieu à Schabbach, se termine onze ans plus tard, en 2000, à l’aube d’un nouveau millénaire, en accomplissant une réflexion plus que jamais stimulante et problématique sur le passage du temps, sur les liens entre les générations, sur l’importance de ses racines et sur l’incessante confrontation entre l’Homme et l’Histoire.

Le quatrième film, Heimat : Chronique d’un rêve, tout en s’insérant dans une ligne de continuité idéale avec la précédente trilogie, elle se distingue fortement de Heimat pour s’offrir au public comme une vision surprenante et inédite. À la progression chronologique fait contrepoids un retour au passé, au village de Schabbach pendant la période de deux ans comprise entre 1842 et 1844. Ce n’est pas un simple préquel, mais un nouveau récit de formation qui est en même temps un rêve de liberté incontournable : celui du très jeune Jakob Simon. Fils du forgeron du pays, Johann Simon, et de son épouse Margarethe, Jakob se tourne vers un avenir à construire : un avenir qui passe par la connaissance, l’étude de la nature et des langues, l’apprentissage du vocabulaire des peuples d’Amérique du Sud, "terre promise" dans laquelle Jakob aspire à s’installer.

Le passage de Jakob de l’adolescence à l’âge adulte, opposé par un père incapable de comprendre la soif de culture de son fils, et les rythmes de cette petite communauté de paysans et d’artisans, marqués par la succession des saisons, sont rendus avec des images par une mise en scène au charme ineffable et à l’extraordinaire pouvoir évocateur : des impeccables scénographies, qui reconstruisent un village du milieu du XIXe siècle avec un sens du réalisme et une attention aux détails étonnants, au magnifique noir et blanc de la photographie.

La curiosité intellectuelle de Jakob devient les clés d’accès pour une perspective plus profonde et plus consciente de la réalité elle-même et de ses couleurs, les couleurs que seul Jakob semble capable de percevoir. Jakob, qui soulève un regard débordant d’émerveillement vers la nature, est un personnage emblématique d’une modernité naissante : modernité entendue non pas comme acceptation des traditions et des valeurs de la civilisation des pères, mais comme le courage d’aller, avec la pensée, les yeux et le cœur, au-delà des frontières de sa patrie familiale.

En ce sens, le camée du grand Werner Herzog, autre pilier du demi-siècle de cinéma allemand, prend une valeur fondamentale, dans le rôle d’Alexander von Humboldt, célèbre naturaliste et explorateur qui, en visite à Schabbach, après avoir reçu une lettre de Jakob, il laisse à son fervent admirateur un message qui sonne comme un impératif moral : "Restez fidèle à la science!".

C’est le sceau d’une œuvre d'une beauté immense, d'un voyage inoubliable.

Andréa Lauro, pour le Chiffon Rouge - 24 août 2019

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