Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 16:34
Réforme des Retraites - Collèges et lycées publics: 75% de grévistes parmi les enseignants!!!

Mobilisation historique dans les collèges et lycées.
75% de grévistes ce matin.
Ce projet de réforme des doit être retiré !

Et 80% de grévistes dans l’académie de Rennes. Du jamais vu qui montre que les enseignants ont bien compris combien ils allaient perdre avec la retraite par points.

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 07:02

 

Le rapport du haut commissaire aux retraites a jeté les bases du projet que le gouvernement peaufine derrière le paravent des « concertations ». À l’opposé de l’« égalité » et de l’« universalité » prétendues, le système à points créerait les conditions d’une régression des droits jamais vue.

C’est le credo à la mode chez les soutiens du président de la République et du gouvernement. Comme il n’y a pas de texte de loi déposé à ce jour sur les retraites, manifestants et grévistes n’auraient aucune raison valable de se mobiliser. Le projet de réforme existe pourtant bel et bien : le rapport rendu en juillet par le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, « pour un système universel » à points, en a jeté les bases. C’est ce document qui sert de socle à la pseudo-« concertation » engagée par le gouvernement. Le chantier ouvert par Emmanuel Macron et Édouard Philippe ne part pas d’une feuille blanche, contrairement à ce que leurs hésitations stratégiques peuvent laisser croire. Pour preuve, le refus opposé, en septembre, à la demande du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, de « repartir de zéro » dans les discussions et de prendre en compte les propositions syndicales. Même si tout n’est pas ficelé, les grandes lignes du « système universel », qui « s’appliquera au plus tôt aux personnes nées en 1963 et après », sont désormais bien lisibles. À condition d’en décrypter le sens par-delà les slogans trompeurs. L’Humanité apporte sa contribution en dix-sept points au travail de révélation des dangers de ce projet.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« La comptabilisation en points favorisera l’égalité de traitement de tous »

Désintox C’était le grand argument de campagne présidentielle d’Emmanuel Macron : demain, dans le système universel à points, un euro cotisé donnera les « mêmes droits pour tous ». Le slogan était censé répondre à l’injustice des règles différentes en vigueur dans les 42 régimes existants, selon le recensement de Jean-Paul Delevoye. Mais, derrière cette apparente « égalité de traitement », il y a la réalité des inégalités de parcours professionnels et de salaires qui, si elles ne sont pas en partie corrigées par des droits plus avantageux accordés aux plus faibles, se reproduisent à la retraite. Le principe de la réforme par points est en effet de bâtir des retraites qui soient le « reflet » des carrières, or celles-ci sont très disparates d’un individu à l’autre. Certes, des mécanismes de solidarité pour compenser les périodes de chômage, maladie ou maternité sont prévus, mais le rapport Delevoye est peu explicite sur ce volet (voir plus loin). Et de toute façon, le contrat de « l’égalité de traitement » est rompu d’emblée : en effet, du fait du projet d’instaurer une « décote » et une « surcote » (bonus-malus) autour d’un « âge pivot », deux personnes ayant une carrière et des cotisations identiques, mais un âge différent d’un an seulement au moment de partir en retraite, n’auront pas les mêmes droits.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« Un système plus avantageux pour les petites rémunérations et les carrières heurtées »

Désintox Le rapport Delevoye part d’un postulat de départ qu’il n’entend pas discuter : par nature en quelque sorte, un système qui permet d’accumuler des droits à la retraite (les points) sur tous les salaires serait plus avantageux que le système actuel, qui ne prend en compte qu’une partie des salaires. Dans le système par trimestres cotisés, il faut en effet cumuler 150 heures travaillées pour valider un trimestre ; et en-dessous de ce seuil, les cotisations ne se transforment pas en droits pour la retraite. Mais la pension, elle, s’établit sur la moyenne des 25 meilleures années de salaires, et non sur tous les salaires : en neutralisant les plus faibles, la retraite doit donc s’en trouver théoriquement augmentée. Dans les faits, pour les carrières longues et ascendantes, c’est le cas. C’est moins vrai pour les carrières hachées et courtes, qui ne laissent pas le « choix » des années de salaire à prendre en compte. C’est ce qui fait dire au Conseil d’orientation des retraites (COR) – et à Jean-Paul Delevoye - que cette règle agit « en défaveur des assurés à carrière courte ». Cela rend-il le système Delevoye forcément meilleur ? Non, car, ajoute le COR : « L’idée de prendre en compte l’intégralité des salaires de la carrière (…) serait globalement moins favorable aux assurés ». En clair, les inégalités seraient réduites… par le nivellement des pensions vers le bas ! Mais, cela, Jean-Paul Delevoye se garde bien de le dire.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« La valeur du point ne pourra pas baisser »

Désintox Le haut-commissaire aux retraites le répète partout, tout le temps : il n’y a aucune inquiétude à avoir pour le niveau de sa retraite, car la valeur du point ne baissera pas. Un bel engagement… que les concepteurs du système sont en réalité incapables de tenir. Primo, parce que la valeur du point sera amenée à être revalorisée chaque année, étant l’un des « leviers », avec l’âge de départ, à la disposition du conseil d’administration de la future caisse de retraite universelle pour gérer le régime (voir plus loin). Si la revalorisation « par défaut tiendra compte de l’évolution du revenu moyen », une autre règle pourra s’y substituer au regard de « la situation du système », et notamment des objectifs budgétaires fixés par le Parlement. Mais, au-delà de ce flou entretenu, Jean-Paul Delevoye joue sur la confusion qui entoure la « valeur du point » : l’indexation promise sur les salaires concerne en premier lieu la valeur accumulée des cotisations transformées en un « capital » de points durant toute la carrière. Mais si la pension s’appuie sur ce stock de points, elle dépend aussi d’une autre valeur : le « rendement » attribué à chaque point. Par exemple, au démarrage, il est proposé que le point coûte 10 euros à l’achat et rapporte 0,55 euro de pension annuelle, soit 5,5 % de son« prix » d’achat. Or ce rendement ne sera réellement arrêté que l’année précédant le départ en retraite. Si la valeur d’achat des points monte, mais pas la pension qui lui est associée, le rendement chute… et les retraites avec. C’est ce qui pourrait arriver avec ce système en cas de crise, comme l’a explicitement admis Jean-Paul Delevoye.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« 100 % des actifs seront couverts »

Désintox Tout le monde cotisera au nouveau régime par répartition, universel et obligatoire : qui dit mieux en matière de solidarité ? Ça, c’est l’affichage. Mais, dans les faits, c’est un peu différent : certes, tous les salariés cotiseront… mais sur la part de leurs revenus n’excédant pas la limite de trois fois le« plafond » de la Sécurité sociale. Qu’est-ce que cela signifie ? Le « plafond » de la Sécurité sociale est une valeur de référence, fixée chaque année et qui sert à calculer les prestations sociales. En 2019, il est de 40 524 euros annuels (3 377 euros par mois). Pour chaque salarié, les cotisations à la retraite seront donc payées sur une base maximum d’environ 10 000 euros de salaire par mois (120 000 euros par an). Les pensions étant proportionnelles aux cotisations versées, ceux qui gagnent des revenus au-delà de cette limite et veulent améliorer leur retraite seront donc incités à aller placer leur argent dans des fonds d’épargne privés, ou fonds de pension… Ça tombe bien, la loi Pacte, votée en avril, a prévu un régime fiscal très allégé pour ces placements. Jusqu’alors, les très hauts salaires cotisaient dans le système solidaire jusqu’à huit fois le plafond de la Sécu (324 192 euros par an) via la retraite complémentaire Agirc-Arrco, ce qui laissait peu de place au marché des retraites par capitalisation pour se développer.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« Des points attribués en cas de chômage, maternité, invalidité »

Désintox Dans le système actuel, les salariés peuvent, sous certaines conditions, valider des trimestres qui comptent pour leur future retraite en cas de chômage, de maternité, d’invalidité ou de maladie. Dans le futur système universel, ces politiques de solidarité seraient « harmonisées » et transformées en points de retraite supplémentaires. Le rapport Delevoye y voit « une avancée par rapport au système actuel », dans la mesure où le gain de trimestres est sans effet pour les salariés ayant travaillé suffisamment d’années pour prétendre au taux plein. Ce raisonnement ne tient pas compte de l’allongement des durées de cotisation à la retraite introduit par les réformes successives : avec bientôt 42, et même 43 années exigées pour le taux plein, impossible d’obtenir le compte si l’on ne bénéficie pas de trimestres en cas de maladie, de chômage ou de maternité. Surtout, le rapport Delevoye promet l’acquisition de points « sur la base » des revenus du travail, mais ne les chiffre pas : impossible de savoir si le niveau de la solidarité, essentielle dans la réduction des inégalités, sera équivalent ou non à l’existant. Enfin, il prévoit de financer ces dispositifs « par l’impôt » et non par la cotisation, ce qui les rend entièrement dépendants des ajustements budgétaires des gouvernements.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« Les droits à la retraite constitués dans les anciens régimes seront garantis »

Désintox Le rapport Delevoye a beau assurer que « les droits à la retraite constitués (…) avant le 1er  janvier 2025 seront garantis à 100 % », la plus grande vigilance est de mise. Car il est aussi précisé que, « par souci de lisibilité, ces droits seront transformés en points du nouveau système ». Les droits acquis seront donc bien conservés… mais des pertes ne sont pas à exclure avec l’adaptation des règles d’un système à l’autre. L’exemple qui figure dans le rapport n’est pas rassurant : une salariée née en 1980 se verrait appliquer, au moment du changement de système, une « proratisation » de ses droits sur la base des anciennes règles. Ainsi, pour le calcul de sa pension, on prendrait en compte ses 13 meilleures années de salaire perçues avant la réforme… Sauf que, dans l’ancien système, ces années-là n’auraient peut-être pas toutes été retenues en bout de carrière parmi les 25 meilleures années de salaire. Les années les mieux rémunérées sont en effet peut-être encore à venir. Autre point délicat : la valeur des points issus de la conversion des droits acquis dans les régimes antérieurs sera-t-elle soumise au flou des règles de revalorisation du nouveau système ?

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« Le maintien d’avantages spécifiques » à certaines professions

Désintox On en a peu parlé : certains « avantages spécifiques » seraient maintenus dans le nouveau système pour les professions qui bénéficiaient jusqu’alors d’un taux de cotisation réduit. Il s’agit principalement des artistes, des marins et des journalistes. En effet, si on applique à ces professions qui cotisent moins que les autres le principe d’ « un euro cotisé donne les mêmes droits à tous », cela se traduirait par une baisse de leurs pensions. Le rapport Delevoye estime donc « légitime de financer par le budget de l’État la prise en charge » des points manquants. Sur le principe, cela semble solide… mais attention, danger : qui dit prise en charge par l’État dit remise en cause possible de ces droits à chaque loi budgétaire votée par le Parlement !

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« Un âge légal de départ maintenu à 62 ans »

Désintox C’est l’une des grandes promesses du candidat Macron de 2017 : l’âge légal de la retraite « restera fixé à 62 ans »… sur le papier. Le rapport Delevoye reprend la proposition sans même faire semblant d’y croire : s’il sera toujours formellement possible de partir à 62 ans, « le système universel incitera au prolongement de l’activité », affirme le projet. Pour cela, il est proposé de fixer un « âge pivot », sur le modèle de ce qui existe pour les retraites complémentaires à points Agirc-Arrco. Dans un premier temps, cet « âge pivot » serait fixé à 64 ans : un malus de 5 % par an (une « décote ») serait appliqué à ceux qui partent avant cet âge, un bonus équivalent (une « surcote ») récompenserait ceux qui partent plus tard. En frappant les futurs retraités au portefeuille, beaucoup n’auront d’autre choix que d’attendre les 64 ans pour partir, même en cas de chômage, fréquent chez les seniors… La tendance est, il est vrai, déjà présente dans le système actuel, depuis l’introduction des réformes qui allongent la durée de cotisation. Mais il est encore possible, pour ceux qui ont validé tous leurs trimestres, de partir à 62 ans à taux plein. Demain, ce sera impossible dans tous les cas avant 64 ans. Et cet « âge pivot » progressera avec l’espérance de vie : selon les prévisions du rapport, il serait repoussé à 66,25 ans pour la génération 1990 !

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« Une transition entre l’emploi et la retraite facilitée »

Désintox C’est une idée chère à la CFDT, revue et corrigée par le gouvernement. Car, en fait de passage en douceur entre le travail et la retraite sur le modèle de la cessation progressive d’activité, c’est le travail sans fin qui se profile à l’horizon, sous la forme de la généralisation du cumul emploi-retraite. Le rapport du haut-commissaire aux retraites préconise ainsi « la possibilité de reprendre une activité sans plafond ni limite après sa retraite au taux plein et d’acquérir de nouveaux droits » pour compléter cette même retraite, ce qui était jusqu’alors impossible. La perspective se dessine alors plus nettement : les retraités continueront de travailler demain pour compléter leurs droits, devenus insuffisants pour vivre de leur pension au terme de leur « première » carrière.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« Un minimum de retraite fixé à 85 % du Smic »

Désintox Cette avancée sociale… est inscrite dans la loi depuis plus de dix ans ! La loi sur les retraites de 2003 avait en effet fixé l’objectif pour 2008 d’un minimum de retraite à 85 % du Smic net pour une carrière complète… En vain. Attention à la méprise : il ne s’agit pas du minimum vieillesse (qui est un minimum social versé à toute personne âgée sans ressources, et sans condition de périodes cotisées), mais du « minimum contributif », c’est-à-dire de la retraite plancher acquise au bout d’une vie de cotisation. Ces 85 % du Smic – soit environ 1 000 euros actuels – seraient donc conditionnés à la réalisation d’une carrière complète : 43 années d’assurance pour la génération 1973, durée qui pourra se prolonger dans le futur – le rapport pose l’hypothèse de 44,25 ans pour la génération 1990… Versé à l’« âge pivot » (64 ans en 2025, et jusqu’à 66,25 ans pour la génération 1990 selon le rapport), ce minimum sera « proratisé » en cas de carrière incomplète : les 1 000 euros sont un montant maximal théorique. Enfin, ce progrès pour les plus modestes a un revers : il est en quelque sorte la « contrepartie » que lâche le gouvernement à l’écrasement programmé de l’ensemble des pensions pour les contenir dans les 14 % du PIB, en dépit de l’augmentation du nombre de retraités. Cela signifie que demain, le minimum serait certes (un peu) relevé, mais beaucoup plus de retraités seraient réduits à ce niveau de pension. Et ça, c’est une régression.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« Des départs anticipés maintenus » pour les carrières longues

Désintox Le projet de réforme Delevoye promet de maintenir le dispositif pour « carrières longues », qui permet à ceux qui ont commencé de cotiser avant l’âge de 20 ans de partir à la retraite dès 60 ans, au lieu de 62 ans dans le droit commun. Pour eux, il n’y aura pas de décote en cas de départ avant l’âge pivot fixé à 64 ans, et ils auront même droit à une surcote s’ils prolongent leur activité après 60 ans. Un progrès ? Pas vraiment… Car un loup se cache dans le tableau : il est en effet proposé que, même dans un système à points qui abolit la référence aux annuités de cotisation, ce droit soit conditionné, comme le minimum retraite (voir ci-dessus), à une durée d’assurance égale à une carrière complète, soit 43 années pour la génération 1973, durée qui « pourra être prolongée pour les générations les pus jeunes ». Le rapport pose ainsi l’hypothèse d’une durée de 44,25 ans pour la génération 1990. Dans ce cas, commencer de travailler avant 20 ans ne suffira pas : il faudra dans les faits avoir débuté à 15 ans et demi pour prétendre partir à 60 ans… Un droit virtuel, en somme.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

Pénibilité : des « règles communes » pour tous

Désintox Le projet Delevoye propose en quelque sorte le « marché » suivant aux salariés : l’extinction des départs anticipés dans les « régimes spéciaux » de retraite et la fonction publique contre l’accès de tous les salariés exposés à des tâches pénibles, dans le public comme dans le privé, au compte professionnel de prévention (C2P). Celui-ci accorde des points de pénibilité (à ne pas confondre avec les points de retraite) en fonction de critères (travail de nuit, répétitif, dans le bruit, le froid ou la chaleur, etc.). Ces points de C2P peuvent donner droit, dans certains cas, à une retraite anticipée de deux ans maximum par rapport à l’âge légal. Dans ce troc, les salariés des « régimes spéciaux » et les fonctionnaires dits de « catégorie active » ont beaucoup à perdre : leur pénibilité était reconnue par des dispositions spécifiques (pour les cheminots, agents RATP, fossoyeurs, égoutiers, éboueurs, infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, etc.), même si celles-ci ont été largement affaiblies par le report de l’âge de départ (de 50 à 52 ans et de 55 à 57 ans, en fonction des métiers) et, surtout, l’allongement de la durée de cotisation alignée sur le droit commun (jusqu’à 43 ans pour le taux plein pour la génération 1973). Dans le régime universel, leur âge de départ sera aussi aligné sur la règle commune : dès 62 ans en théorie, plutôt à 64 ans en pratique (âge pivot), et « c’est dans le cadre du C2P » que « la pénibilité sera prise en charge ». Une maigre compensation.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« Une majoration de 5 % par enfant »

Désintox Une « avancée majeure pour les femmes », proclame le rapport Delevoye à propos de la réforme des droits familiaux proposée à l’occasion du passage à la retraite par points. La majoration de 5 % par enfant accordée à l’un des parents dès la première naissance – contre une majoration unique de 10 % à partir de trois enfants dans le régime de base actuel, mais attribuée à chaque parent –, une avancée, vraiment ? Pour qu’on y croie, les services du haut-commissaire passent rapidement sur le vrai recul majeur qui se cache dans le dispositif : la disparition du gain de trimestres comptant pour la retraite. En plus des majorations de pension déjà existantes, le système par annuités prévoit l’octroi de huit trimestres d’assurance pour chaque enfant (dont quatre trimestres obligatoirement accordés à la mère) dans le régime général des salariés du privé, et deux trimestres à la mère dans la fonction publique (avec possibilité d’interruption d’activité comptabilisée dans la durée d’assurance). Dans un système à points, ces droits sont supprimés. Et il n’est pas prévu, en l’état du rapport, de les compenser par l’attribution de points supplémentaires. De toute façon, pour le haut-commissaire, ces trimestres n’étaient « pas toujours utiles », les parents pouvant acquérir toutes leurs annuités par le travail… Les femmes aux « carrières courtes et hachées », censées bénéficier de la réforme, apprécieront. La nouvelle majoration de pension de 5 % dès le premier enfant ne compensera pas toujours cette perte. Avec trois enfants, les familles perdront même sur les deux tableaux : majoration de pension (15 % à répartir entre les parents, contre 10 % à chaque parent) et de trimestres (jusqu’à six annuités pour la mère).

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« Des pensions de réversion harmonisées »

Désintox Avant la présentation du rapport, des documents de travail avaient provoqué l’émoi, en laissant entendre que les pensions de réversion des veuves et veufs pourraient être supprimées. L’enjeu est d’importance : à elles seules, elles diminuent l’écart de pensions entre les femmes et les hommes de 15 points (25 % de moins pour les femmes après réversion, contre 40 % sans la réversion). Le rapport du haut-commissaire confirme que le principe sera maintenu, mais selon « une logique différente » : la conjointe ou le conjoint survivant « conservera 70 % » du total des pensions du couple, sans condition préalable de ressources. Aujourd’hui, la réversion est soumise à des plafonds de revenus, la veuve ou le veuf qui y a droit conservant 50 à 60 % de la pension du décédé, en plus de sa propre pension. Les effets de ce changement sont complexes et ne feront pas que des gagnants. Il favoriserait les couples aux pensions les plus inégales entre conjoints, mais dès que l’écart serait de moins de 50 %, « la pension de réversion baisserait », a calculé Christiane Marty, de la Fondation Copernic. Et « la baisse serait d’autant plus importante que les deux conjoints ont des pensions proches ». Exemple pour un couple avec deux pensions de 1 000 euros (dont 30 % de retraite complémentaire) : le survivant perdrait 158 euros par mois de réversion (400 euros de réversion dans le futur système, contre 558 dans l’actuel).

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« un pilotage garantissant le niveau de vie des retraités  »

Désintox Avec le futur système universel des retraites, fini les réformes « paramétriques » engagées périodiquement par les gouvernements pour corriger les déséquilibres financiers du système. Car qui dit réforme dit débat public, voire mouvement social et risques politiques, pour des mesures dont l’effet se fait sentir souvent des années plus tard… Le régime universel a été pensé pour éliminer ces désagréments : « Afin (…) d’assurer un meilleur pilotage de nos retraites, c’est un système qui s’adapte aux évolutions du monde du travail et de la société et qui sait faire face aux incertitudes économiques ou démographiques qu’il faut mettre en place », affirme le rapport Delevoye. Le régime à points permet cela. Il donne les leviers nécessaires – valeur du point, « âge pivot », règle de revalorisation des pensions – à un petit cénacle pour piloter le système en fonction d’un impératif principal : le maintien de « la trajectoire des finances publiques » édictée par les lois de finances. Principale variable d’ajustement : le niveau des pensions, dont il est déjà décidé que le poids est « conçu pour respecter l’enveloppe projetée » par le Conseil d’orientation des retraites (COR), soit 14 % du PIB maximum. Le conseil d’administration devra ainsi « délibérer chaque année sur les leviers à sa disposition » pour « tenir compte des éventuels écarts » avec les prévisions budgétaires Ce pilotage s’effectuera « dans le respect d’une règle d’or » interdisant les déficits sur des périodes de cinq ans. Dans ce cadre, « le conseil d’administration aura la possibilité de proposer une autre règle de revalorisation » du point que l’évolution des salaires. Ainsi, les retraites seront en réforme permanente, mais cela se fera discrètement, via un simple réglage de la valeur du point.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« une clarification financière »

Désintox Avec la fiscalisation croissante du système de protection sociale, qui va de pair avec le recul de la part des cotisations sociales au nom de la « baisse du coût du travail », les circuits de financement des retraites sont aujourd’hui enchevêtrés entre de multiples taxes. Dans le régime projeté par le rapport Delevoye, ces circuits sont simplifiés à l’extrême : la part dite contributive du système – qui correspond aux prestations proportionnelles à la contribution de l’assuré – serait financée par les cotisations. Quant au volet des dépenses de solidarité – à l’instar des points attribués en cas d’interruption d’activité ou des minima de retraite –, il serait « exclusivement financé par des mesures fiscales », via la création d’un Fonds de solidarité vieillesse (FSV) « universel ». En clair : le financement de ce qui relève de la redistribution serait transféré sur les contribuables, les entreprises ne prenant à leur compte, via la part des salaires affectée aux cotisations, que la part dite contributive. Au bout de cette logique, il y a la fragilisation du cœur redistributif du système des retraites, à la merci des arbitrages budgétaires des gouvernements.

 

Ce que le gouvernement vous raconte

« une redistribution vers les retraités les plus modestes »

Désintox Le rapport Delevoye l’assure : le projet de réforme opérerait une vaste redistribution des richesses. « 40 % des assurés ayant des retraites faibles » bénéficieraient « d’une hausse importante de leur retraite », souligne le document, qui s’appuie sur les « simulations réalisées » à partir des pistes exposées. Cette affirmation appelle deux remarques. Primo, le haut-commissaire n’a fourni aucune des données de base et des formules utilisées pour ses calculs, en dépit des demandes en ce sens du collectif citoyen Nos retraites (reformedesretraites.fr). Il faudrait donc croire ses hypothèses sur parole. Secundo, le rapporteur s’est même cru autorisé, dans la comparaison des systèmes sur des « cas types » de carrières, à tordre les paramètres actuels des retraites avec pour effet de les désavantager face au projet de réforme. Les durées de cotisation appliquées aux générations les plus jeunes (1980 et 1990) pour une retraite à taux plein ont ainsi été délibérément augmentées au-delà du seuil légal en vigueur, à 43,5 années, voire 44,25 ans « pour tenir compte des gains d’espérance de vie », ce qui, en soi, exigerait une réforme des retraites ! Un croisement des sources entre le rapport Delevoye pour le futur régime universel, d’une part, et le Conseil d’orientation des retraites pour les effets du système actuel, d’autre part, tel que l’a effectué le collectif Nos retraites (voir notre infographie page III), donne des résultats bien différents. Pour une carrière au Smic par exemple, la chute de pension avoisinerait les 20 %. Très loin de la redistribution annoncée 

 

Décryptage réalisé par Sébastien Crépel

 

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 06:59

 

Il est tout à fait possible de financer un système de retraite plus juste, source de progrès social, grâce à des cotisations plus égalitairement réparties.

Le financement du régime de retraite est un problème comptable artificiellement créé. Les solutions sont nombreuses et permettraient de financer un retour de la retraite à 60 ans, avec un revenu de remplacement net équivalent à 75 % du revenu net d’activité (primes incluses), calculé sur la base des 10 meilleures années et indexé sur les salaires, ce que revendique le PCF dans sa proposition de réforme des retraites.

Revenus financiers les Faire cotiser comme les salaires

Alors que les salaires sont soumis à l’impôt et aux cotisations, les dividendes, touchés par les actionnaires et entreprises, sont uniquement soumis à la flat tax. Pourtant, en leur appliquant le même taux de prélèvement que la cotisation employeur, 10,45 %, cela rapporterait, dans un premier temps, 31 milliards d’euros à la branche vieillesse de la Sécurité sociale, car selon l’Insee, les revenus financiers se sont élevés en 2018 à près de 300 milliards d’euros. Cette proposition portée par le PCF aurait le double intérêt de financer de manière pérenne le système de retraite, mais aussi de dissuader les entreprises de placer leurs profits sur les marchés financiers, et de les pousser à les investir pour créer des emplois et pour former les salariés. Une mesure particulièrement pertinente pour le CAC 40, qui verse, chaque année, environ 50 milliards de dividendes. Ainsi, selon Oxfam, pour 100 euros de profit dans ces entreprises, 67,40 sont reversés aux actionnaires.

Réserves Débloquer de nouvelles ressources tout de suite

Le gouvernement se focalise sur l’horizon 2025 et assure que si rien ne bouge, le régime des retraites sera déficitaire d’au moins 0,3 point de PIB. Bien que cela soit un artifice comptable tout à fait discutable, si on prend le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) au mot, des solutions simples existent pour passer ce cap. Le régime des retraites dispose ainsi de réserves, autour de 130 milliards d’euros stockés, soit 5,6 points de PIB, amplement suffisants pour passer 2025. « À cette date, on aura fini de rembourser la dette sociale, soit 16 milliards d’euros par an, qu’on pourra allouer aux retraites », propose aussi Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic. Troisième possibilité, il suffirait d’augmenter d’un point les cotisations patronales sur cinq ans, soit seulement 0,2 % par an. Les solutions ne manquent pas pour combler le déficit artificiel du COR.

Salaires Miser dessus : la solution pour le long terme

Augmenter les salaires, comme faire baisser le chômage, entraîne mécaniquement une hausse des cotisations, donc un régime des retraites en bonne santé. Réaliser l’égalité salariale femmes-hommes – déséquilibre d’environ 20 % (soit 450 euros par mois) malgré des promesses répétées – permettrait de générer une hausse des cotisations de 11 milliards d’euros, selon les projections de Christiane Marty, qui travaille sur le dossier depuis des années. Autre piste, réduire le chômage de masse à 7,4 % permettrait de dégager 10 milliards d’euros en hausse de cotisations. Alors qu’Attac a calculé qu’investir fortement dans la transition énergétique permettrait de créer 1 million d’emplois, les prévisions du COR préfèrent tabler sur la suppression de 80 000 postes de fonctionnaires et le gel du point d’indice. « Une revalorisation du salaire minimum entraînerait une remontée mécanique de l’ensemble des cotisations, assure aussi Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac. Tout cela relève simplement d’une volonté politique. »

Pierric Marissal

 

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 06:25

Les communistes de Plouigneau ont souhaité une liste de large rassemblement à gauche pour les prochaines municipales de mars 2020.

Ce sera chose faite avec la liste   #changeons Plouigneau   qui rassemblera, outre le PCF, le PS, le GRAM et des citoyens non encartés politiquement. La liste a également le soutien de Génération S.

 Vous êtes invités à participer à la première réunion publique de la liste qui aura lieu vendredi prochain à 19 h salle Tabarly à Plouigneau,  sous la forme d’un bilan de l’action des élus de l’actuelle opposition municipale, et de la détermination d’idées-forces pour la construction d’un projet pour Plouigneau, conforme aux attentes des citoyens et à construire démocratiquement avec eux.”

MUNICIPALES PLOUIGNEAU - “ #changeons Plouigneau
Partager cet article
Repost0
4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 20:01
Municipales: Les colistiers et soutiens de la liste Morlaix Ensemble (Génération.s, PCF, PS, citoyens) iront à la rencontre des habitants du quartier de Kernéguès le samedi 7 décembre 2019 de 10h à 12h
Partager cet article
Repost0
4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 17:22

Déclaration commune des organisations politiques du Finistère

 
 

 Nous soutenons les mobilisations pour des retraites solidaires

 
Les organisations politique du Finistère :

 Ensemble Finistère !

 Union Démocratique Bretonne Pays de Brest

 Génération's Brest

 Europe Ecologie Les Verts Brest

 La France Insoumise Brest

 Parti Communiste Français Finistère

 Parti Socialiste Finistère

 apportent leur soutien à la mobilisation pour des retraites solidaires,

 contre le projet du Président de la République et du Gouvernement.

 
Le projet du gouvernement n’est pas encore entièrement défini dans ses moindres détails, mais les grands principes qui sont annoncés comme intouchables (instauration de la retraite à points, limitation des pensions à un montant fixe du Produit Intérieur Brut, allongement de la durée de travail) justifient amplement une opposition résolue.

Ces principes constituent une remise en cause radicale de ceux qui ont fondé notre système de protection sociale, basé sur la solidarité.

Cette nouvelle attaque, qui fait suite à beaucoup d’autres, vise à détruire de nouveaux éléments de solidarité, afin d’ouvrir davantage encore d’« opportunités » aux multinationales de la finance.

Car ce projet aboutirait globalement à faire baisser les pensions de 20 à 25 % pour une carrière professionnelle identique, menant droit au développement des retraites complémentaires par capitalisation.

 
Ce projet comporte une attaque frontale contre les cotisations sociales et la gestion des retraites par les salarié·e·s et leurs représentant·e·s.

Nous combattons la main mise de l’État sur les budgets de la protection sociale, qui retire aux salarié·e·s encore un peu plus de pouvoir sur leur existence.

 
Le système actuel est partiellement redistributif, il corrige en partie les inégalités de salaires, ce qui lui donne une dimension solidaire.

L’instauration d’un système de « retraites à points » entièrement contributif augmenterait encore les inégalités de pension, en faisant dépendre plus étroitement le montant des pensions des salaires perçus au cours de toute la vie, y compris les plus bas.

 
Toutes celles et tous ceux qui auront connu des carrières hachées et la précarité en pâtiraient.

Les femmes, dont les carrières professionnelles sont plus fréquemment interrompues, en seraient les premières victimes.

Les jeunes sont particulièrement ciblés, alors qu’une des pistes du gouvernement pour essayer d’éteindre la contestation serait de n’appliquer le système par points qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail…

Et avec la suppression du calcul sur la base des 25 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public, un·e étudiant·e qui redouble une année sera pénalisé·e dans le calcul de sa pension, pour un redoublement vieux de 40 ans !

 
 

Qu’il passe par l’élévation de l’age légal, de l’age « pivot » ou par l’augmentation de la durée de cotisation, l’allongement de la durée de travail pour pouvoir bénéficier d’une retraite pleine serait nuisible pour l’emploi, il irait à l’encontre de la santé des travailleurs et des travailleuses et il entraînerait une baisse des pensions pour toutes celles et tous ceux qui ne pourront pas remplir les conditions attendues.

 
La limitation du total des pensions à un montant fixe du Produit Intérieur Brut conduirait inévitablement à une baisse des pensions puisque le nombre de retraité·e·s augmentera, à moins de compter sur une croissance économique importante qui semble a priori difficile à concilier avec les exigences de l’urgence écologique.

 
L’instauration de retraites à points vise à équilibrer automatiquement le système par la baisse des pensions en mettant fin à tout niveau garanti des pensions : personne ne pourra savoir combien il touchera une fois à la retraite, puisque le montant du point sera redéfini sans arrêt.

 
Le système actuel est loin d’être parfait et nos organisations portent des propositions diverses pour l’améliorer.

Mais nous réaffirmons notre attachement à des retraites solidaires.
Rien n’impose le passage à des retraites à points, rien n’impose un allongement du temps de travail au cours d’une vie, rien n’impose la baisse programmée des pensions.

C’est pourquoi nous soutenons la mobilisation initiée par un ensemble d’organisations syndicales dès le 5 décembre et nous participerons à la mobilisation qui s’engage.

 
Finistère, le 1er Décembre 2019

 
Partager cet article
Repost0
4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 07:03
PROPOSITIONS DU PCF POUR UNE REFORME DES RETRAITES DIGNE DU 21eme SIECLE
PROPOSITIONS DU PCF POUR UNE REFORME DES RETRAITES DIGNE DU 21eme SIECLE
PROPOSITIONS DU PCF POUR UNE REFORME DES RETRAITES DIGNE DU 21eme SIECLE
PROPOSITIONS DU PCF POUR UNE REFORME DES RETRAITES DIGNE DU 21eme SIECLE
PROPOSITIONS DU PCF POUR UNE REFORME DES RETRAITES DIGNE DU 21eme SIECLE
PROPOSITIONS DU PCF POUR UNE REFORME DES RETRAITES DIGNE DU 21eme SIECLE

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 06:56

 

L'éditorial par Maurice Ulrich. 

Les deux tiers des « Français » ne lui font aucune confiance sur cette question des retraites. Toutes et tous sont concernés, toutes et tous commencent à y voir plus clair et à faire leur compte en s’apercevant qu’il n’y est pas, parfois dans des propositions considérables, comme pour les enseignants, pour ne prendre que cet exemple.

Ne soyons pas coincés. On peut saluer l’artiste. En arrivant dimanche à son séminaire gouvernemental quand le thermomètre flirtait avec le zéro, en veste et en chemise au col largement ouvert, le premier ministre a bien fait passer le message. Cool, détendu, « même pas peur »… Un peu surjoué peut-être, au risque de prendre du mal. On galèje, mais en réalité la comédie gouvernementale est navrante pour l’intelligence et la démocratie.

Qui peut croire sérieusement que c’est à quatre jours de la mobilisation qui s’annonce que les ministres allaient se mettre au point sur une réforme dont on nous dit qu’elle a été discutée pendant des mois et dont la lettre floue ne masque pas la logique claire : mettre en cause le système actuel en baissant les pensions, sans toucher en quoi que ce soit, comme le soulignait hier matin l’économiste Thomas Piketty sur France Inter, aux inégalités et aux écarts de revenus entre les premiers de cordée et la masse des Français ?

Les Français, justement. Nous sommes en pleine manipulation du langage. Il y aurait donc, d’un côté, des salariés déterminés coûte que coûte à défendre leurs privilèges, voire au prix du blocage du pays, et, de l’autre « les Français », appelés à se préparer à survivre ? Rien de moins. Relayée jusqu’à plus soif dans les médias, c’est la stratégie de déni du gouvernement, pour tenter de diviser les salariés, opposer grévistes et manifestants au pays fantasmé des « usagers », et surtout conjurer la réalité à laquelle il est confronté. Les deux tiers des « Français » ne lui font aucune confiance sur cette question des retraites. Toutes et tous sont concernés, toutes et tous commencent à y voir plus clair et à faire leur compte en s’apercevant qu’il n’y est pas, parfois dans des propositions considérables, comme pour les enseignants, pour ne prendre que cet exemple. En affectant la sérénité, en semblant presque se mentir à eux-mêmes, le gouvernement, le premier ministre et le président sont dans une surenchère de l’irresponsabilité. La comédie ne suffit pas. 

Par Maurice Ulrich

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 06:54

 

Après la démission forcée d’Evo Morales, des élections se tiendront le 20 mars prochain dans le pays andin. Le temps pour le gouvernement « de facto », issu du coup d’État, de s’installer. Par Maïté Pinero ex-correspondante de l’Humanité à Cuba.

Sous pression, menacés à travers leurs familles, sénateurs et députés du Movimiento Al socialismo (MAS) majoritaires dans les deux assemblées, ont résisté pendant dix jours. Le 23 novembre - lendemain des obsèques des victimes de la répression à Senkata, où alors qu’ils observaient une minute de silence, les cercueils des victimes étaient la cible de tirs - ils ont accepté la démission d’Evo Morales et de nouvelles élections. Elles auront lieu le 20 mars 2020, ce qui laisse le temps au gouvernement « de facto » de s’installer. 

José Luis Fernando Camacho, le dirigeant des Comités civiques de Santa Cruz, organisateur des violences qui ont accompagné le coup d’État, le premier à entrer au palais présidentiel pour y déposer la bible, celui qui était aux côtés de Jeanine Añez lorsque l’état-major de l’armée lui a remis son écharpe, s’est déclaré candidat. La droite traditionnelle, dont le représentant Carlos Mesa, arrivait en seconde position le 20 octobre, se voit supplanté après avoir servi de marchepied à l’extrême droite. 

Les organisations ouvrières, la Cob (Confédération ouvrière de Bolivie), paysannes, comme la CSUTCB  (Confédération syndicale unique des travailleurs des champs de Bolivie) qui, le 10 novembre, avaient appelé fédérations départementales et Unions régionales à encercler La Paz, ont levé les blocages en échange de la suppression du décret exonérant l’armée de toute responsabilité pénale dans la répression. 

Les paysans ont regagné leurs communautés où, en 2003, était né un grand mouvement populaire, contre le FMI, la Banque mondiale, les multinationales pour exiger la nationalisation du gaz. Le 6 juin 2005, la mobilisation obtenait la démission du déjà président Carlos Mesa et, le 22 janvier 2006 voyait l’intronisation du président Evo Morales, (53, 7% des suffrages) un Aymara, syndicaliste paysan, cultivateur de coca. 

 

UN REGIME STABLE, REUSSI

 

En quatorze ans de pouvoir, la Bolivie était devenue un État plurinational, arborant deux drapeaux dont la Wiphala, reconnaissant et promouvant les langues indigènes (Aymara, Quechua, Guarani). Au référendum de janvier 2009, 58,7% des suffrages approuvaient la constitution de « l’État unitaire social de droit communautaire plurinational ». La nationalisation du gaz (1 er mai 2006) permettait de financer un système unique de santé gratuit, de réduire l’extrême pauvreté de 38 à 15% et la mortalité infantile (soins gratuits aux femmes enceintes), de délivrer la « renta dignidad » (pensions de retraite), de déclarer le pays libre d’analphabétisme et de devenir, après Cuba, celui consacrant le plus haut pourcentage du PIB à l’éducation. Les banques étaient obligées de consacrer 60% de leurs ressources à l’investissement productif et à la construction de logements sociaux. 

Le système économique bolivien était salué comme le plus réussi et le plus stable : inflation éliminée,  taux de chômage le plus bas d’Amérique du sud, augmentation du salaire réel, diminution de moitié de la dette extérieure.  Entre 2006 et 2019, le PIB passait de 9 milliards à plus de 40 milliards.

Pour la première fois, la conception que les Amérindiens ont de la terre, transmise par les générations passées et que nous devons transmettre aux générations futures, s’imposait : le Parlement votait une loi (2010) qui reconnait des droits à la Pacha Mama, la terre mère.

La découverte de gisements de lithium (70 % des réserves mondiales) encore inexploités et que le gouvernement envisageait de nationaliser assurait une nouvelle prospérité. Comment l’oligarchie bolivienne, les multinationales  et l’administration Trump pouvaient-elles laisser passer une telle manne ?

Aujourd’hui, à Cochabamba, El Alto, Sucre, Potosi, en dehors de toute enquête officielle, la population compte ses morts, ses disparus, ses emprisonnés. On attend les rapports des missions dépêchées, très tard, par la Commission des droits de l’homme de l’ONU, la Commission interaméricaine des droits de l’homme qui se disent submergées par les témoignages.

 

MILLE DEMONS

 

Le mouvement associatif argentin a envoyé à La Paz une mission de quarante personnes (juges, avocats) parmi lesquelles le fils de Perez Esquivel, prix Nobel de la paix. Agressés dès l’aéroport, menacés par le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo (« qu’ils prennent garde, nous les suivons, nous les surveillons ») la mission a écourté son séjour. Cependant, au cours d’une première conférence de presse, la mission s’est avouée « traumatisée » par les témoignages et les preuves recueillies. « Ils ont ouvert la boite de Pandore et mille démons en sont sortis » a déclaré le chef de la délégation.

Le coup d’État a mis en chasse des meutes racistes qui ont donné libre cours à leur soif de vengeance contre les indigènes qui leur avaient ravi les richesses et le pouvoir pendant 14 ans. Le châtiment infligé à Patricia Arce, la maire de Vinto, obligée de marcher pieds nus sur des tessons de bouteille, tondue et aspergée de peinture rouge, est un exemple de leur sauvagerie. Traque à la pollera, les jupes froncées des femmes, viols de mineurs dans les casernes, opposants précipités des hélicoptères, les premiers témoignages bouleversent les Argentins qui n’ont pas oublié les crimes de la dictature. 

Les hôpitaux publics refusent de soigner les blessés, ce qui vient corroborer le témoignage d’Aiver Guarana, seul médecin à soigner les blessés à Senkata, le 19 novembre, et qui n’avait vu arriver aucune ambulance, aucune équipe de secours. Des accusations pour lesquelles, il fut aussitôt arrêté. 

REPARTITION DU BUTIN 

Traque et arrestations des responsables et militants du Mas se poursuivent, gage sans doute des « garanties démocratiques » des futures élections. 

Les putschistes disposent de trois mois pour les préparer sur mesure, à la taille de leurs appétits. En attendant ce « gouvernement de transition » s’arroge des pouvoirs régaliens : relations diplomatiques rompues avec le Venezuela, rétablies avec les Etats-Unis et Israël, renvoi des médecins cubains, retrait de l’Alba, l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, traité de commerce et de solidarité qui promeut l’intégration et la paix dans le continent.

Les privatisations sont entamées. Les directions de soixante-huit entreprises publiques ont déjà été remplacées. Le butin est en voie de répartition. Jeanine Anez a signé le nomination de Mario Renato Nava , gérant du « grupo empresarial de inviertos nacionales Vida SA » entreprise appartenant à José Luis Camacho, à la tête du Sin (servicio de impuestos nacionales) chargé de collecter les impôts.  

 

LES MENSONGES DE L’OEA

 

Preuves et accusations se multiplient contre l’Organisation des Etats Américains, (OEA) financée à 60% par les États-Unis. Son secrétaire général, Luis Almagro, conspué sous les cris de « assassin » a dû quitter l’université d’Asunción (Paraguay) où il devait prononcer une conférence.

Malgré les demandes, dont celle du Celag (Centre d’études latino-américain de géopolitique), l’OEA est incapable d’annoncer la date à laquelle serait publié son rapport définitif sur les élections du 20 octobre. Son rapport préliminaire ne mentionnait que des « irrégularités », devenues fraude massive dans la bouche d’Almagro. Des organismes internationaux dont le Center for economic and Policy research, basé à Washington, contestent le panel retenu et ses conclusions. Ils affirment que même si les quelques milliers de voix contestées étaient reportées sur le candidat adverse, Evo Morales arriverait largement en tête.

Ces conclusions sont reprises par James Galbraith, Mark Weisbrot, qui figurent parmi les personnalités des universités de Harvard, Cambridge, Sao Paulo, l’Unam de Mexico, Chicago, Austin, New-Delhi qui le 2 décembre, ont publié une tribune libre dans The Guardian pour demander à l’OEA « de retirer les accusations qui ont servi de justification au coup d’État ».

Les signataires s’adressent au Congrès des États-Unis afin qu’il ouvre  « une enquête sur le rôle de l’OEA et s’oppose au coup d’État soutenu par l’Administration Trump ». Ils recommandent aussi aux journalistes de rendre compte des conclusions des experts indépendants au lieu de se limiter à répercuter les accusations de l’OEA. 

Ils remarquent que « personne n’a crié à la fraude, le 16 novembre, quand, en Louisiane, le candidat démocrate John Bel Edwards, en seconde position toute la nuit  durant le dépouillement, a finalement gagné les élections avec 2,6% d’avance, résultat obtenu après dépouillement de la région de nouvelle Orléans ». 

 

L’UNION EUROPEENNE EN ACCUSATION

 

Le rôle du « ministère des colonies », l’OEA, n’est pas le seul mis à découvert. L’Union européenne est mise en accusation. Elle avait financé l’achat du système électronique permettant le comptage des votes, ses observateurs étaient présents mais n’ont rien dit quand les premières accusations ont surgi. 

Le représentant de l’UE, Léon de La Torre et les ambassadeurs occidentaux étaient présent lors de massacres de Cochabamba et de Senkata. Ils n’ont rien dit non plus, s’entretenant aimablement avec Jeanine Añez et faisant pression sur le Parlement. 

L’UE a permis à l’Administration Trump de tirer les ficelles tout en demeurant en coulisses. Elle a fait le sale boulot, cela s’est vu, cela se sait. 

Le Parlement européen a refusé d’inclure les termes de coup d’état dans l’ordre du jour de sa réunion sur la situation en Bolivie. Sa responsable des relations extérieures, Fédérica Mogherini a justifié la reconnaissance du gouvernement de Jeanine Anez, arguant qu’il fallait « éviter un vide du pouvoir ». 

Le vote du Parlement intervient quelques semaines après celui de la motion anticommuniste qui falsifie l’histoire en rendant le camp socialiste responsable de la seconde guerre mondiale. Discrétion sur la répression en Bolivie, sur l’expulsion de journalistes, la censure des médias, mais le Parlement vote le 27 novembre une résolution qui condamne Cuba pour l’arrestation d’un délinquant multirécidiviste, José Luis Ferrer. La résolution prévient que « le dialogue politique et de coopération avec Cuba peut être suspendu si les violations des Droits de l’homme continuent ». Comme en écho, le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, accusait le 2 décembre Cuba et le Venezuela  de « séquestrer »  les manifestations en Colombie, au Chili, Equateur et Bolivie. Il prévenait que « l’Administration aidera les gouvernements à éviter que ces manifestations deviennent des soulèvements ». 

Aujourd’hui en Amérique Latine, les responsables politiques, les analystes commencent à débattre sur la tragédie bolivienne, recherchent et énumèrent les causes : les erreurs du gouvernement ? Sa sous-estimation de la virulence de l’oligarchie, de l’impérialisme? La structure du Mas ? 

En Europe, le rôle de l’Union, de nos gouvernements, ne fait pas encore partie du débat. Il n’en reste pas moins qu’en Amérique Latine au moins, le visage de la vieille Europe des lumières s’efface. A sa place, se dessine celui de démocraties hypocrites et menteuses qui s’érigent en modèle, donnent des leçons au monde entier et couvrent un régime raciste et ses crimes de lèse humanité. Ailleurs pour le moment. 

En Bolivie, le jeune candidat du Mas à la présidentielle, Andronico Rodriguez, 29 ans, est retourné parmi les siens, chez les paysans producteurs de coca, dont il est l’un des responsables syndicaux. C’est là, à Cochabamba,  que tout avait commencé... Sur ces terres que la Pacha Mama a dotées d’un éternel printemps.

 

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 06:51

 

Ce matin, pour la seconde journée des travaux de la COP 25 à Madrid, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a prévenu que « l’année 2019 marque la fin d’une décennie de chaleur exceptionnelle, de recul des glaces et d’élévation record du niveau de la mer à l’échelle du globe, en raison des gaz à effet de serre produits par les activités humaines ». Voilà qui dément l’optimiste des déclarations faites hier par Édouard Philippe et par le nouveau président de l’Europe Charles Michel. Même les frites belges affichent désormais un bilan carbone désastreux. Surtout quand elles sont exportées en Colombie.

Hier, tandis que dans plusieurs départements du sud de la France on commençait à mesurer l’ampleur des dégâts causés par la pluie, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a ouvert les travaux de la COP 25 de Madrid par un discours. Il a interpellé les représentants des pays signataires de la COP21 de Paris en ces termes : « Voulons nous rester dans l’histoire comme la génération qui a fait l’autruche, qui flânait pendant que le monde brûlait ? », a-t-il interrogé  , avant d’ajouter que « ce qui manque toujours c’est la volonté politique ».

Le temps d’effectuer un « saut de puce » à Madrid, le Premier ministre français Édouard Philippe lui avait répondu par avance dans une tribune publiée par le Huffington Post dont la presse hexagonale a extrait cette banalité : « Le seul effondrement qui nous menace pour l’instant, c’est celui de nos volontés. Or quand je vois la formidable mobilisation des jeunes générations, la rapidité de certains changements, l’importance que la préservation de l’environnement prend dans le débat public, je me dis que l’humanité est loin d’avoir dit son dernier mot ».

Le premier ministre de la France ne semble pas avoir constaté que les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter depuis la conférence de Paris sur le climat, y compris en Europe et en France. Quant aux conséquences dévastatrices du réchauffement, c’est vers les Philippines que les regards se tournent depuis quelques heures avec le passage du typhon Kammuri avec des pluies diluviennes et des vents soufflant jusqu’à 230 km/h.

Charles Michel, un drôle de champion de la transition verte

Encore plus optimiste que le Premier ministre de la France, l’ancien Premier ministre belge Charles Michel, désormais président du conseil européen, a déclaré à Madrid : « Nous serons les champions de la transition verte. Nous avons eu la révolution industrielle, la révolution technologique, il est l’heure de la révolution verte ». Jusqu’à présent, les délocalisations massives de productions des pays européens les plus développés vers les pays à bas coûts de main-d’œuvre – dont l’énergie électrique provient essentiellement de la combustion du charbon - démentent quotidiennement le discours de Charles Michel sur la révolution verte au sein de l’Europe.

Mais une information publiée dans l’hebdomadaire le « Loiret agricole et rural » du 29 octobre dernier nous raconte une histoire belge pas du tout verte. Elle concerne Charles Michel dans ses anciennes comme dans sa nouvelle responsabilité. Elle nous dit que « Bruxelles attaque les mesures antidumping colombiennes sur les frites ». On y apprend que la Colombie met des droits de douane « compris entre 3 % et 8 % » sur les frites congelées « en provenance de Belgique, d’Allemagne et des Pays Bas ». Le journal ajoute que ces droits de douane en hausse « affectent près de 85 % des exportations communautaires de frites congelées à destination du marché colombien, ce qui représente plus de 19 millions d’euros par an ».

Cécilia Malmström, la commissaire en charge du commerce, a pris les choses en main. Dans un premier temps, elle laisse 60 jours aux autorités colombiennes pour trouver un accord, faute de quoi, l’Europe aura recours au tribunal arbitral de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). On notera ici, que la Commission ne dit jamais rien chaque que Donald Trump menace de taxer différents produits français dont le champagne et les objets de luxe comme c’est encore le cas depuis hier.

Bilan carbone de la frite européenne dans une assiette colombienne

Mais revenons à nos frites. Elles sont produites à partir des pommes de terre que les Européens ont découvertes en Amérique du sud en 1583 par l‘explorateur espagnol Piedro Cieza de Leon. 150 ans plus tard, Antoine-Augustin Parmentier les fit cultiver en France. Cette culture ne pose donc pas de problème en Colombie. Dans les pays proches de l’Équateur, on peut même en produire à plus de 2000 mètres d’altitude.

Les circuits courts étant un atout pour réduire les émissions de CO2, cultiver en Colombie les frites que mangeront les Colombiens dans les prochaines décennies participerait à la lutte contre le réchauffement climatique. Car les frites cultivées, récoltées, congelées et conditionnées en Europe avant un voyage de plusieurs milliers de kilomètres avec le maintien de la chaîne du froid jusqu’en Amérique du sud ont, au final, un bilan carbone très élevé. Dans un premier temps, il faut transporter les patates du champ à l’usine en utilisant des camions. Dans un second temps on les transforme en frites congelées et mises en sachets. Dans un troisième temps, elles sont réembarquées dans des camions frigorifiques jusqu’au port d’embarquement. La chaîne du froid est ensuite maintenue pour traverser l’océan tandis que des camions frigorifiques vont prendre le relais au débarquement et rouler sur des milliers de kilomètres pour amener les frites européennes dans les magasins des villes et des villages colombiens. Voilà qui mériterait que l’on calcule le bilan carbone d’une assiette de frites européennes rendue en Colombie avant de traduire ce pays devant le tribunal arbitral de l’OMC.

L’absurdité de la théorie des avantages comparatifs face au climat

Mais la frite belge présente aussi un bilan carbone supérieur à la moyenne européenne. De par ses fonctions successives, l’ancien premier ministre Charles Michel le sait mieux que quiconque. La filière belge produit en France une partie sans cesse croissante des pommes de terre transformées en frites congelées pour l’exportation. Avant de transformer 5 millions de tonnes de patates en frites, il faut trouver des terres pour les cultiver et ces terres sont aujourd’hui trop rares en Belgique. Du coup, les industriels belges de la pomme de terre les font produire en France dans des fermes céréalières. Il suffit que la location de la parcelle pour cultiver des patates rapporte plus au fermier que d’y semer du blé ou de l’orge pour que l’on trouve facilement des parcelles pour les tubercules dans le Nord-Pas-de-Calais comme en Picardie. Au moment de la récolte, tracteurs et camions ramènent des milliers de tonnes de patates de la France aux usines belges avec, là encore un bilan carbone en hausse pour chaque assiette de frites.

Avec la mondialisation des échanges et le maintien en vigueur, sur fond de dumping social, fiscal et environnemental, de la théorie des avantages comparatifs conceptualisée par David Ricardo voilà plus de deux siècles, on ne voit guère comment il sera possible de freiner réchauffement climatique dans les prochaines années. Mais rien ne prouve qu’un tel sujet puisse être abordé à Madrid d’ici le 13 décembre.

Gérard Le Puill

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011