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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 09:07
Photo CGT - 10 décembre: Anne-Véronique Roudaut. 14 000 personnes à manifester dans les rues du Finistère - ici c'est Brest

Photo CGT - 10 décembre: Anne-Véronique Roudaut. 14 000 personnes à manifester dans les rues du Finistère - ici c'est Brest

Photo CGT - 10 décembre: Anne-Véronique Roudaut. 14 000 personnes à manifester dans les rues du Finistère - ici c'est Quimper

Photo CGT - 10 décembre: Anne-Véronique Roudaut. 14 000 personnes à manifester dans les rues du Finistère - ici c'est Quimper

Nous étions 14 000 manifestants aujourd’hui dans le Finistère. Le mouvement continue d’être massif.

L’intersyndicale CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES du Finistère après la journée de mobilisation d’aujourd’hui 10 décembre appellent l’ensemble des travailleuses et travailleurs du Finistère à élargir la mobilisation, à reconduire et faire grève contre le plan Macron sur les retraites.
Les déclarations du premier ministre, lors d’une réunion avec députés LREM, aujourd’hui sont très claires : “il n’y aura pas d’annonces magiques”.

Autrement dit, il reconnaît que le mouvement est installé et qu’il s’élargit.

L’intersyndicale du Finistère appelle à faire grève et manifester le jeudi 12 décembre 2019 à:

– Brest: 11h Place de la Liberté, une AG suivra à 14h à la Maison du Peuple;
– Quimper: 11h Place de la Résistance;
– Morlaix: 11h Place des Otages;
– Carhaix: 11h Champs de Foire;
– Quimperlé: 10h30 Coat Kaër.

 

Mercredi 11 décembre à 12h30, un pique-nique est organisé à Brest devant la permanence LREM (28 bvd Gambetta).
Venez nombreux.ses!

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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 09:06
Municipales, Morlaix Ensemble : Forum Morlaix et ses associations, mercredi 11 décembre à 18h30 à l'Auberge de Jeunesse. Venez partager, échanger, débattre avec nous
Municipales, Morlaix Ensemble : Forum Morlaix et ses associations, mercredi 11 décembre à 18h30 à l'Auberge de Jeunesse. Venez partager, échanger, débattre avec nous
 
Nous vous attendons nombreux à l'auberge de jeunesse mercredi prochain, 11 décembre, à 18h30 pour échanger sur les nouvelles relations a envisager entre la municipalité de Morlaix et ses associations.
Municipales, Morlaix Ensemble : Forum Morlaix et ses associations, mercredi 11 décembre à 18h30 à l'Auberge de Jeunesse. Venez partager, échanger, débattre avec nous
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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 09:00

La responsabilité du préfet Lelarge est en cause, comme celle du gouvernement et des élus macronistes. Depuis quelques années, les jeunes, étudiants, lycéens, jeunes travailleurs, en lutte contre la domination néo libérale et les représentants politiques du monde financier sont l'objet de violences d'état immédiates et inacceptables, visant à étouffer dans l’œuf, en cassant les jeunes et les meneurs, la révolte de la jeunesse.

Les communistes du Pays de Brest et du Finistère sont choqués par le choix de la violence effectué par l'autorité préfectorale. En faisant intervenir violemment les forces de l'ordre au sein de la bibliothèque universitaire en dehors de toute demande effectuée par la présidence de l'université la préfecture se situe dans l'illégalité.
Nous tenons à apporter aux personnels universitaires , aux étudiants et à leurs élus et organisations syndicales toute notre solidarité.Ce choix de bafouer les franchises universitaires montre la volonté du gouvernement de refuser le débat démocratique.

Brest. Le président de l’université « estomaqué » après l’intervention musclée des CRS

En dehors de situations d’urgence absolue, et cela depuis presque 800 ans, les forces de l’ordre ne peuvent intervenir sur un site universitaire que sur réquisition du président, rappelle Matthieu Gallou, président de l’Université de Bretagne occidentale, après l’intervention musclée de ce mardi matin, à Brest (Finistère).

Dans un communiqué de presse, adressé mardi en fin de matinée aux rédactions, l’association étudiante Une Alternative pour l’UBO réagit « à l’intervention de CRS au sein de la bibliothèque universitaire (BU) et au matraquage d’étudiants ».

« Ce matin, à la suite d’une action pacifiste contre la réforme des retraites, un groupe d’étudiants a été poursuivi par un groupe de CRS jusque dans la bibliothèque universitaire, relate l’association. Ils se sont fait matraquer devant un personnel choqué qui a dû intervenir pour protéger les étudiants. »

« Cette intervention des forces de l’ordre s’apparente davantage à une opération de répression politique du mouvement social », estime l’association. Considérant qu’elle est « intervenue en dehors de toute autorisation du président de l’UBO », elledemande « que toute la lumière soit faite sur cet événement et que le président de l’UBO réaffirme son autorité au sein des murs de l’UBO en y interdisant les interventions de ce type ».

La « vive émotion » du président de l’université

Matthieu Gallou, président de l’université de Bretagne occidentale (UBO), n’a pas tardé, lui non plus, à réagir. Dans un courrier adressé à ses collègues, il confie « avoir appris avec une vive émotion l’intervention policière musclée qui a eu lieu ce mardi matin dans le hall de la BU Lettres de Brest. »

« Je tiens tout d’abord à exprimer ma profonde sympathie à l’égard des personnels et usagers de la BU, particulièrement choqués par cette intervention, poursuit le président de l’UBO. J’ai immédiatement saisi le sous-préfet de Brest pour lui demander des explications, afin de faire la lumière sur ces faits qui ne correspondent pas à des usages remontant à presque 800 ans. Ceux-ci prévoient qu’en dehors de situations d’urgence absolue, les forces de l’ordre ne peuvent intervenir sur un site universitaire que sur réquisition du président. »

« Le maintien de l’ordre universitaire est une lourde responsabilité, mais je tiens, sous le contrôle de la loi et de nos instances, à l’exercer pleinement, et à garantir ainsi le plein exercice des libertés académiques. »

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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 06:16

 

À la veille d’une nouvelle journée d’action contre la mise en place d’un système de retraite par points que l’on peut qualifier de perdant-perdant, la clarté progresse dans les têtes sur le machiavélisme d’Emmanuel Macron, des membres du gouvernement et des parlementaires de la République en Marche. Car la précarité de l’emploi continue de progresser dans le pays, ce que confirme l’Observatoire des inégalités. Or, plus il y aura des actifs en galère, plus ils auront plus tard des retraites de misère.

Petit à petit, la clarté se fait sur les arguments changeants mais toujours machiavéliques du gouvernement qui continue de seriner que la retraite par points serait le système le plus équitable qui soit, dès lors que chaque euro cotisé donnerait les mêmes droits pour tous. Chacun comprend, de mieux en mieux, que quiconque aura subi plusieurs licenciements suivis de périodes de chômage durant sa vie professionnelle aura aussi été conduit à accepter des emplois moins payés que ceux perdus précédemment. Il aura donc un déficit de points transformables en droits à pension au moment de prendre sa retraite.

La forte mobilisation du 5 décembre a conduit les médias audiovisuels à donner la parole aux responsables syndicaux qui appellent à une nouvelle journée d’action demain 10 décembre. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a ainsi pu expliquer à plusieurs reprises que le calcul de la pension sur les dix meilleures années de la carrière des salariés du privé par la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) était le système qui corrigeait le mieux les inégalités.

 

Ce que donnait le calcul sur des dix meilleures années

Ce système donnait, jusqu’en 1993, une pension de base égale à 50 % du salaire des dix meilleures années de la carrière du salarié. Il était donc calculé sur les 40 meilleurs trimestres pour un total de 150 nécessaires pour donner droit à une pension complète. La réforme Balladur a progressivement porté le calcul sur les 25 meilleures années, soit 100 trimestres sur un total de 160. Ce calcul a fait baisser les pensions de tous les salariés du privé qui ont pris leur retraite depuis 1994, la perte étant plus forte chaque année. Elle est devenue maximale pour toutes les personnes nées en 1948 et après. Le système par points ne ferait qu’aggraver cette situation et augmenter en France le nombre de retraités pauvres. Mais, comme le ridicule ne tue pas, Aurore Bergé, députée LaREM des Yvelines et ancienne militante du parti Les Républicains, a prétendu ce matin sur BFMTV que ce système par point favoriserait les femmes et les agriculteurs !

 

L’emploi baisse dans plusieurs régions françaises

Nous sommes dans une France où le taux de chômage reste élevé en France tandis que l’emploi est de plus en plus précaire. Mais il faut parfois lire certains documents entre les lignes pour faire percer la vérité. Dans un « focus » rendu public la semaine dernière, l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) nous dit, qu’en 2018, « l’emploi n’augmente plus partout, il baisse à la Réunion, en Bourgogne-Franche-Comté, dans le Centre-Val-de-Loire et le Grand Est (…) Cet infléchissement est surtout imputable au ralentissement de l’activité économique (…) Le ralentissement de l’emploi provient de l’emploi salarié qui constitue près de 90 % de l’emploi total. L’emploi salarié augmente de 154 000 emplois en 2018, soit plus de deux fois moins qu’en 2017 (323 000). En revanche, l’emploi non salarié accélère en 2018 (71 000 en 2018 contre + 15 000 en 2017). Les assouplissements apportés au régime de la microentreprise, notamment le doublement des plafonds de chiffre d’affaires à compter de janvier 2018, expliqueraient ce regain de dynamisme », lit-on dans ce focus.

L’INSEE ne donne aucun chiffre sur le revenu de ces créateurs d’entreprise. Mais la note nous informe qu’en 2018, « le tertiaire marchand continue de porter la hausse de l’emploi, même si sa progression est moins forte qu’en 2017 ». La note précise également que la « décélération est imputable à l’emploi salarié » tandis que « l’emploi non salarié, au contraire, accélère nettement ». L’INSEE n’évoque pas le revenu tiré de ces nouveaux emplois non salariés. Hier soir, l’émission « Zone Interdite » de M6 a suivi le parcours de plusieurs de ces nouveaux créateurs et créatrices d’entreprises dans la restauration et le commerce. Tous se sont endettés à des niveaux beaucoup plus élevés qu’ils ne l’avaient envisagé au départ et aucun n’était certain de dégager un revenu décent et régulier à la fin de l’enquête. Voilà qui n’est pas de nature à assurer une retraite décente aux hommes et aux femmes qui créent leur entreprise sans être certains de pouvoir cotiser pour une future retraite.

 

Le Mal-emploi frappe 8 millions de personnes en France

Voilà qui nous renvoie au communiqué publié le 6 décembre par « l’Observatoire des inégalités ». Il nous dit que « 8 millions de personnes subissent le mal-emploi en France. Le mal-emploi comprend les chômeurs, les salariés précaires et les personnes souhaitant travailler mais non comptabilisées dans les chiffres du chômage. Il touche une personne sur quatre parmi les adultes qui ont un emploi ou qui en cherchent un ». Selon Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, « Le mal-emploi constitue une forme d’« insécurité sociale » qui nourrit une peur du lendemain, quand une majorité de salariés disposent de la stabilité d’un contrat à durée indéterminée ». La note dit aussi que le mal-emploi « est alimenté par la faiblesse des créations d’emplois et la flexibilité croissante du droit du travail ».

Il est alors facile de comprendre que quiconque sera souvent passé par ce « mal-emploi » durant sa vie active aura, avec la retraite par points fondée sur le même droit pour tous pour chaque euro cotisé, une retraite de misère après une vie de galère.

 

Gérard Le Puill

 

RAPPEL

 

Ce mardi 10 décembre nous accueillerons Gérard LE PUILL à 18 h dans notre local (2 Petite Rue Callac – Morlaix) pour une nouvelle séance des Mardis de l'Education Populaire.

Gérard LE PUILL est journaliste à l’Humanité et essayiste, spécialiste des questions d’environnement, d’agriculture et d’écologie.

Il interviendra sur le thème « Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale? ».

Il est l’auteur de différents ouvrages : 

 

- Devant l'urgence climatique, bousculons les politiques (éditions du Croquant)

 

- Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et après

 

- L'écologie peut encore sauver l'économie

 

- Réinventons l'économie dans un monde fini

 

 

Ces conférences sont gratuites et ouvertes à tous.

 

 

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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 06:08

 

Premier gestionnaire d’actifs au monde, BlackRock a des vues sur l’épargne française, « une des plus élevées d’Europe ». À la faveur de la loi Pacte, première étape pour dynamiter la retraite par répartition, le fonds américain dispense ses recommandations au gouvernement.

Officiellement, le gouvernement jure qu’il veut défendre la retraite par répartition. Mais en coulisses, les assureurs et les financiers ne se privent pas de lui dispenser leurs conseils « éclairés », auxquels il prête la plus grande attention, pour faire éclater le système. La réforme des retraites, pour les financiers, doit être l’occasion de mettre en œuvre un système par capitalisation, qui, jusque-là, n’a pas réussi à s’implanter en France, en dépit des divers mécanismes instaurés depuis quinze ans (dispositifs Madelin, Perco, Perp). Elle doit leur permettre de mettre enfin la main sur une épargne « parmi les plus élevées d’Europe » qui leur échappe jusqu’à présent.

Parmi les plus influents, il y a BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs au monde. Le fonds a de grandes ambitions en France manifestement. « Fin 2017, seuls 130 milliards d’euros avaient été collectés dans ces produits [d’épargne retraite – ndlr], ce qui est décevant par rapport à l’épargne déposée en liquidités (1 500 milliards d'euros), les produits d'assurance-vie en euros (1 600 milliards d’euros) ou les investissements directs/indirects en actifs non financiers (plus de 7 600 milliards d’euros) », relève-t-il dans une note publiée en juin 2019. Bref, une situation misérable pour les financiers à laquelle il convient de remédier au plus vite.

Cette note, rédigée « à destination du gouvernement français », est faite pour lui suggérer la façon dont il convient d’écrire la loi et les règlements pour que les choses changent, qu’enfin la capitalisation s’installe en France. Le premier pas pour le gestionnaire américain d’actifs vient d’être franchi victorieusement avec la loi Pacte. « Un élément majeur de la réforme de l’épargne retraite en France », proclame-t-il.

Adoptée en avril et promulguée en juin, cette loi, sans qu’on en prenne toujours garde, est bien le premier étage de la fusée visant à mettre à terre le système par répartition existant, avant la réforme proprement dite. Elle vise « à combler les lacunes structurelles des régimes d'épargne retraite volontaire existants. Elle permet à l'épargnant : de bénéficier d'un allègement fiscal pour les cotisations versées en réduisant sa base imposable sur le revenu, d’accéder à son capital avant la retraite dans certains cas prédéfinis […], de transférer son patrimoine à une entité plus concurrentielle sans frais de transfert après cinq ans », se félicite BlackRock. Ce qui revient à contourner tout ce qui relève des principes d’égalité et de solidarité : la Sécurité sociale, le fisc et le droit sur les successions.

Mais pour que ce dispositif prospère, il convient que l’État prenne les bonnes dispositions. Dans sa grande bienveillance, BlackRock a lui-même rédigé les principales règles que le gouvernement se doit de suivre, « pour réussir la réforme de l’épargne retraite » : « 1) Améliorer par voie de décrets d’application et d’ordonnance la lisibilité du régime avec un corpus de règles communes destiné à faciliter la portabilité de l’épargne retraite. 2) S’inscrire dans le cadre du nouveau règlement européen qui instaure le produit paneuropéen d’épargne retraite individuelle (PEPP) 3) Pérenniser le dispositif législatif et les incitations fiscales de long terme en renforçant le rôle d’un tiers indépendant ayant pour mission d’évaluer le coût et l’efficacité des réformes dans la durée. »

 

Quand BlackRock recommande, tout gouvernement écoute. Avec quelque 7 000 milliards de dollars d’actifs gérés, le fonds a accumulé un poids immense dans les décisions du monde (voir notre enquête). Biberonné à l’argent des banques centrales, il a acquis depuis la crise de 2008 une place sans précédent : la FED et la BCE font appel à lui pour évaluer les banques. Il a l’oreille de nombre de gouvernements, ayant su trouver des relais puissants dans pratiquement tous les pays et institutions européennes. L’ancien président de la banque suisse, Philipp Hildebrand, est ainsi devenu vice-président de BlackRock. Ancien responsable de la CDU, Friedrich Merz est le représentant du fonds américain en Allemagne. Et cela ne l’a pas empêché à l’automne 2018 de briguer – en vain – la succession d’Angela Merkel à la tête de la CDU.

Mais il semble que BlackRock a développé une relation toute particulière en France ces dernières années. Et pas seulement parce qu’il est actionnaire de toutes les entreprises du CAC 40. Avant même l’élection d’Emmanuel Macron, Larry Fink, co-fondateur et président de BlackRock, se passionnait pour le futur président. En avril 2017, avant le premier tour de la présidentielle, il n’hésitait pas à expliquer sur Fox News sa vision de la présidentielle française et tout le bien qu’il pensait d’Emmanuel Macron – qu’il semble déjà bien connaître –, destiné, selon lui, à devenir le futur président pour le « plus grand bien de la France et de l’Europe ». Macron « bluffe l’homme le plus puissant de Wall Street », écrira quelques semaines plus tard Challenges.

 

En tout cas, Larry Fink a le droit à un traitement spécial. Dès la fin juin 2017, alors que les élections législatives sont à peine achevées, le président de BlackRock est le premier dirigeant financier à être reçu à l’Élysée, le jour même où le gouvernement présente sa réforme du marché du travail. Il y reviendra moins de trois mois après pour participer au lancement de la campagne voulue par Emmanuel Macron pour attirer les investisseurs étrangers. Depuis, Larry Fink est de tous les programmes élyséens : en faveur de la « finance verte », « pour un capitalisme plus inclusif », « pour la lutte contre le changement climatique ». Il est invité au moins une fois par an dans les palais nationaux, à l’Élysée ou Versailles selon les circonstances.

BlackRock, présidé en France, par Jean-François Cirelli (ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée sous Chirac, PDG de GDF, puis vice-président de GDF-Suez devenu Engie), a porte ouverte dans les ministères. Il est associé à toutes les réflexions sur la réforme de l’épargne, au point que Thierry Martel, directeur général de Groupama (groupe mutualiste) s’est énervé de l’alignement de Bercy sur les vues du gestionnaire d’actifs. Très désireux de faire plaisir, le gouvernement a demandé à l’agence française de développement d’investir avec BlackRock dans les énergies renouvelables dans les pays en développement. Sans y voir le moindre problème.

Dans le même souci de créer un partenariat « gagnant-gagnant », le gouvernement a invité Jean-François Cirelli, en tant que représentant de BlackRock, à siéger au comité Action publique 2022, afin de prodiguer ses conseils sur les missions de l’État. Car si le gouvernement peut tout à fait se passer de l’avis de la société civile sur la façon dont doivent évoluer les politiques publiques, il ne saurait faire l’impasse sur les lumières de la finance.

Fraude fiscale et fuite des capitaux

En retour, les dirigeants de BlackRock ne cessent de chanter les louanges de la politique d’Emmanuel Macron (lire ici ou ). En juillet 2018, le fonds a annoncé choisir Paris plutôt que Londres pour y installer un centre de gestion alternative à destination de l’Asie et de l’Europe. L’annonce a permis au ministre des finances, Bruno Le Maire, qui rêve de transformer Paris en City en profitant du Brexit, de se féliciter de cette victoire, marquant le succès de sa politique d’attractivité en faveur du monde financier.

Dans les faits, le siège est resté à Londres, ainsi que toute la gestion ; BlackRock compte à peine soixante salariés en France. Mais cette annonce lui a permis de décrocher en un temps record, soit moins de trois mois, l’autorisation de créer une société de gestion alternative par l’Autorité de marchés financiers. Et de peser sur les choix futurs sur les règles de l’épargne.

Car, en la matière, BlackRock a des opinions très arrêtées : les règlements sur la gestion de l’épargne en France sont beaucoup trop prudents. Il faut en finir avec les obligations sur les placements en titres d’État ou en immobilier, imposées pour assurer aux épargnants de retrouver leur épargne investie. Place à la finance moderne, aux ETF (exchange trade funds), aux plateformes électroniques de gestion.

Hasard, c’est justement les points forts de BlackRock. Celui-ci a développé toute une gestion d’actifs basée sur la reproduction des indices boursiers, où tout se négocie et s’échange à la nanoseconde, à partir d’un système électronique, Aladdin. « Le risque de perdre tout ou partie du capital existe », avertissent en préambule nombre de plateformes de gestion alternative. Mais cela ne semble pas gêner BlackRock. Au contraire.

Depuis le début de la crise financière, le fonds a volé de succès en succès grâce à l’afflux des liquidités apportées par les banques centrales, ce qui a permis une explosion des indices boursiers. Attiré par ces performances, l’argent afflue, ce qui lui rapporte toujours plus de commissions de gestion. Si à un moment la crise survient, il n’a aucune responsabilité à l’égard de ses clients, puisque, à l’inverse des assureurs, il n’y a pas de garantie sur le capital épargné. Et si vraiment tout tourne mal, il sera toujours temps de demander secours aux États pour le renflouer, au nom de la détresse des épargnants, au nom du « too big to fail » (trop gros pour faire faillite).

C’est cette gestion risquée de l’épargne que le gouvernement français accepte de soutenir dans sa promotion de la capitalisation. Officiellement, cela est censé aider le développement de l’épargne productive et le financement des PME. Mais les demandes de BlackRock au gouvernement vont tout à fait dans un sens opposé. Les produits d’épargne retraite, promus dans le cadre de la loi Pacte, doivent s’inscrire, recommande le gestionnaire, dans le cadre de la directive Juncker sur l’épargne paneuropéenne. Dans ce cadre, « la liste des investissements éligibles aux dispositifs d’épargne salariale gagnera à être étendue aux SICAV de droit étranger. […] Un grand nombre de gestionnaires d’actifs ont des gammes de fonds domiciliées au Luxembourg ou en Irlande, qui sont aujourd’hui exclues de cette offre. » Intérêt : ces fonds sont non imposables. En d’autres termes, il faut faciliter l’évasion fiscale et la fuite des capitaux. Sans que cela fasse frémir un seul responsable.

 

Le gouvernement en premier assiste, voire encourage, la dégradation systématique des finances publiques à tous les niveaux. La loi Pacte prévoit déjà que les souscripteurs des nouveaux plans de retraite par capitalisation pourront déduire leur placement dans la limite de 10 % des revenus imposables. Comme cette mesure est destinée en priorité aux tranches supérieures, le manque à gagner risque d’être important. Dans son étude d’impact présentée avec le projet de loi, le gouvernement le chiffre à 1,1 milliard d’euros en 2019 et 1,2 milliard en 2020. Des chiffres sans doute sous-estimés. La mesure viendrait s’ajouter à la suppression de l’ISF et de la flat tax sur les revenus du capital.

 

Mais il faut ajouter à cela la deuxième mesure visant à dynamiter la retraite par répartition de l’intérieur : l’abaissement des cotisations retraite sur les très hauts salaires. Jusqu’à présent, les cotisations sur les retraites sont perçues jusqu’à des salaires de 27 000 euros par mois, soit huit fois le plafond de la Sécurité sociale. Dans le cadre de sa réforme, le gouvernement prévoit que les cotisations obligatoires sur les salaires seront perçues jusqu’à 10 000 euros par mois, soit trois fois le plafond de la Sécurité sociale. Au-delà, il y aurait juste une cotisation de « solidarité » de 2,8 %. « Par rapport au système actuel, c’est une énorme baisse de cotisation pour les salaires entre 120 000 et 250 000 euros par an. C’est le nouveau “super Macron des riches” », s’indigne l’économiste Thomas Piketty.

Selon les premières estimations, cet abaissement des cotisations sur les plus hauts salaires représenterait un manque à gagner de quelque 3 milliards d’euros. Des milliards que l’exécutif souhaite orienter vers les plans par capitalisation. Il paraît pourtant que ce dernier est très préoccupé par l’équilibre financier du système de retraite.

Dans l’esprit de BlackRock, ce dynamitage de la retraite par répartition, de la solidarité entre les générations, ne doit pas s’arrêter là. Après les hauts salaires, il convient de poursuivre l’œuvre et de l’étendre à tous. Dans le cadre de son chapitre « Faciliter ou prévoir la mise en place d’incitations comportementales pour accroître le niveau des contributions volontaires », il préconise ainsi une série de mesures qui s’apparentent aux mutuelles rendues obligatoires pour la santé, qui sont en train de prendre le pas sur l’assurance-maladie : « L’épargnant devrait se voir proposer par défaut une contribution automatique à son plan en pourcentage de son revenu mensuel, à un niveau de base compatible avec l’effort d’épargne considéré comme minimal (par exemple 5 %) ; cette contribution automatique par défaut pourrait être associée à un dispositif d’augmentation automatique dans lequel le taux d’épargne augmente progressivement à chaque augmentation de revenu du salarié. De cette manière, une part croissante des augmentations dont bénéficiera l’individu sera affectée à son épargne retraite, sans que cela soit une contrainte trop forte pour l’individu, qui voit son salaire augmenter. »

La finance pourrait ainsi préempter une partie toujours plus grande des salaires et le gouvernement en finir avec la Sécurité sociale. Tout un programme. Et BlackRock l’a rédigé pour nous.

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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 16:23

Réforme des retraites : Quels intérêts défend vraiment Mr Delevoye ? (Fabien Roussel - PCF)

Acte 1 : le 1er octobre, en toute discrétion, de nouveaux produits d'épargne retraite sont mis sur le marché, en application d'une ordonnance sur la loi PACTE

(https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A13526). La porte est désormais ouverte à des fonds de pension pour gérer du plan épargne retraite, comme la multinationale américaine Black Rock, qui ne se prive pas de le faire savoir aussitôt à ses clients !(https://www.blackrock.com/fr/intermediaries/literature/brochure/viewpoint-french-retirement.pdf)

Acte 2 : En décembre, le gouvernement annonce une réforme par points qui va niveler par le bas le niveau des pensions, en droite ligne avec la prévision du Comité d'orientation des retraites « d'une baisse de la pension moyenne relative au revenu d'activité moyen qui varierait entre 33,1% et 38,7% en fin de période de projection contre 51,3% actuellement » (page 83 du rapport). Les Français sont ainsi vivement incités à épargner de leur côté pour protéger le niveau futur de leur retraite.

Acte 3 : Les Français découvrent aujourd'hui que Jean-Paul Delevoye avait « oublié » de déclarer ses liens avec le monde de l'assurance privée. Qu'un haut commissaire en charge de privatiser notre système de retraites oublie de déclarer de tels liens d'intérêt, c'est un peu comme si un ministre du Budget avait oublié de déclarer son compte en Suisse. La boucle est bouclée.

Une question se pose : Monsieur Delevoye, quels intérêts défendez vous vraiment ?

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

Paris, le 9 décembre 2019.

Réforme des retraites : Quels intérêts défend vraiment Mr Delevoye ? (Fabien Roussel - PCF)
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 16:18
Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  mardi de l’éducation populaire avec Gérard Le Puill, journaliste à L'Humanité, essayiste: Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale?  :
Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  mardi de l’éducation populaire avec Gérard Le Puill, journaliste à L'Humanité, essayiste: Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale?  :
Parti Communiste Français

Section de Morlaix

2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr                                                Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/                          

 

 

Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  Les mardis de l’éducation populaire.

 

Ce mardi 10 décembre nous accueillerons Gérard LE PUILL à 18 h dans notre local (2 Petite Rue Callac – Morlaix).

Gérard LE PUILL est journaliste à l’Humanité et essayiste, spécialiste des questions d’environnement, d’agriculture et d’écologie.

Il interviendra sur le thème « Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale? ».

Il est l’auteur de différents ouvrages : 

 

- Devant l'urgence climatique, bousculons les politiques (éditions du Croquant)

 

- Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et après

 

- L'écologie peut encore sauver l'économie

 

- Réinventons l'économie dans un monde fini

 

 

Ces conférences sont gratuites et ouvertes à tous.

 

Mardi de l'éducation populaire suivant:

Maurice Le Moine, journaliste (Monde Diplomatique) sur le Venezuela, la Bolivie, et les destabilisations des Etats-Unis et de l'oligarchie de droite en Amérique Latine: le mardi 14 janvier

 

Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  mardi de l’éducation populaire avec Gérard Le Puill, journaliste à L'Humanité, essayiste: Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale?  :
Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  mardi de l’éducation populaire avec Gérard Le Puill, journaliste à L'Humanité, essayiste: Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale?  :
Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  mardi de l’éducation populaire avec Gérard Le Puill, journaliste à L'Humanité, essayiste: Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale?  :
Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  mardi de l’éducation populaire avec Gérard Le Puill, journaliste à L'Humanité, essayiste: Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale?  :
Nos derniers mardis de l'éducation populaire:
 
Janvier 2018, le philosophe Jean-Michel Galano sur la philosophie de Karl Marx
 
Mars 2018, Greg Oxley sur la Révolution Française
 
Avril 2018, l’écrivaine Maha Hassan sur la littérature, la révolution et la guerre en Syrie
 
Mai 2018, le journaliste Gérard Le Puill sur l’agriculture et le réchauffement climatique
 
Mai 2018, encore, l’ingénieur Yann Le Pollotec sur la révolution numérique
 
Juillet 2018, Marie-Noëlle Postic et Lucienne Nayet sur l’antisémitisme et son histoire
 
Novembre 2018: l’essayiste, romancier et journaliste Valère Staraselski sur le thème: « Aragon, entre littérature et politique, la liaison délibérée ».
 
Décembre 2018: la sociologue et romancière Anne Guillou, auteur chez Skol Vreizh en 2018 de « Une embuscade dans les Aurès »: La Guerre d’Algérie (1954-1961), blessures intimes.
 
Janvier 2019: Dominique Noguères, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme, avocate, sur l'enjeu de la justice et des réformes de la justice
 
Février 2019: conférence de l’historien Pierre Outteryck  sur la belle figure de Martha Desrumaux, résistante, déportée, dirigeante du mouvement ouvrier, communiste et cégétiste, du Nord
 
Mars 2019. Retour de Palestine avec nos trois camarades de l'AFPS, en mission de solidarité au camp de réfugiés de Jalazone: François Rippe, Thierry Seigland, Yann Crenn
 
Avril 2019: Maryam Madjidi, écrivaine prix Goncourt du premier roman, prix étonnants voyageurs 2018, sur "Marx et la poupée" et sa jeunesse de réfugiée iranienne, fille de militants communistes chassés par la dictature islamiste en Iran.
 
Mai 2019: l'historien Jean-Paul Sénéchal sur le Front Populaire dans le Finistère
 
Juin 2019: 1917-1920: Histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire confronté à la guerre, en chansons, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant. "De la première guerre mondiale à la création du PCF, éléments d'histoire et de contexte". 
 
Juillet 2019: Bérénice Manac'h sur "Le livre de Nella": une jeunesse dans une famille de réfugiés italiens communistes et dans l'URSS de Staline
 
Mardi 15 octobre: un visionnage collectif du film de Gilles Ballastre « Main basse sur l'énergie » suivi par un débat animé par Bernard JASSERAND sur les enjeux du démantelement du service public de l'énergie et de l'énergie en France en général.
 
Mardi 26 novembre: Saskia Hellmund sur les 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA le 26 novembre
Maurice Le Moine sur le Venezuela le mardi 14 janvier
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 16:07
 La section du Pays de Morlaix du PCF salue l'exceptionnel succès de la mobilisation du 5 décembre contre le projet de réforme des retraites du président Macron.
La section du Pays de Morlaix du PCF salue l'exceptionnel succès de la mobilisation du 5 décembre contre le projet de réforme des retraites du président Macron.

« Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions» certifiait noir sur blanc M. Macron dans son programme présidentiel. Devenu président, il déclare au contraire : « Il faudra travailler plus longtemps car on vit plus longtemps » Quant au niveau des pensions, dans son nouveau système, la valeur du point ne sera jamais garantie car elle est fixée par décret à partir des aléas des marchés financiers. Dans beaucoup de métiers, cela se traduira par une baisse des pensions de 30 à 40%, qui affectera davantage encore les femmes.

En instaurant une règle d’or budgétaire interdisant le déficit du nouveau système, alors que les dépenses pour les retraites seront plafonnées à 14% des richesses produites, dans un contexte où le vieillissement de la population nécessiterait de hisser l’effort à 17%, le niveau des futures pensions va forcément diminuer. C’est donc bien un départ en retraite différé de plusieurs années et une baisse drastique des pensions qui attendent nos concitoyens, quel que soit leur statut.

Ces mesures s’insèrent dans un dispositif global comprenant les ordonnances contre le code du travail, le démantèlement des services publics, la transformation du CICE en 20 milliards d’exonérations annuelles de cotisations patronales. Elles ont pour objectif fondamental de nourrir les exigences de profit du capitalisme financier. Et les 240 000 milliards de retraites socialisées, plus de 10% du PIB, représentent un immense frein à cette entreprise. La mainmise sur ce magot, avant de s’attaquer à celui de la Sécurité sociale, est une condition essentielle pour donner au capital le pouvoir exclusif sur le financement des besoins humains.

L’instauration d’un système par points a pour vocation fait basculer la philosophie générale d’un système fondé sur la solidarité intergénérationnelle et interprofessionnelle où les actifs contribuent à la retraites des anciens, vers une logique du chacun pour soi, où chacun cotisera pour lui-même sans égard pour la collectivité.
Les communistes mettent toutes leurs forces dans la bataille pour faire retirer cette contre-réforme et construire, sans attendre, une alternative crédible à ces politiques.

Une vraie réforme des retraites, progressiste, solidaire et juste, est possible : retraite à 60 ans à taux plein, soit 75% des revenus d'activité - en incluant les périodes de formation, de chômage, d'implication familiale – avec des départs anticipés à 55 ans tenant compte de la pénibilité du travail, des sujétions de service public, et pas une retraite inférieure au SMIC.

À condition de mettre fin aux exonérations sans condition comme le CICE, de faire cotiser les revenus financiers au même taux que les salaires, d’appliquer l'égalité salariale femmes-hommes.

La section du PCF du pays de Morlaix appelle à porter à nouveau très haut les mobilisations le 10 décembre pour que Macron retire son projet.
 
Nous voulons une autre réforme, progressiste, solidaire et juste.

Soyons très nombreux à nous joindre à la manifestation intersyndicale de ce mardi 10 décembre à 11 h place des Otages à Morlaix
 La section du Pays de Morlaix du PCF salue l'exceptionnel succès de la mobilisation du 5 décembre contre le projet de réforme des retraites du président Macron.
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 16:00
Les paysans et l’opinion publique. À qui profite « l’agribashing » ?
Vendredi, 6 Décembre, 2019

Par Paul Ariès Politologue et auteur

 
 

Mea culpa. J’expliquais jusqu’à présent que l’« agribashing » était un contre-feu allumé par les défenseurs d’un système agricole industriel aux abois. Je soutiens toujours qu’un certain syndicalisme agricole, qui a accompagné le productivisme, fait de cette notion un cache-sexe masquant sa propre responsabilité, mais j’ai pu constater, ces derniers mois, le développement d’une diabolisation du monde agricole, et pas seulement de l’agriculture intensive. J’ai pu entendre, dans des salons bio, des militants s’en réjouir en expliquant que les exploitants agricoles ne pourront plus désormais polluer sans susciter la colère et des réactions de la part du reste de la population.

J’ai peur que les choses ne soient malheureusement pas aussi simples que le croient certains écologistes. J’ai même peur que l’écologie, lorsque ce n’est pas la faim dans le monde, ne soit instrumentalisée pour imposer, sans le dire, un nouveau modèle alimentaire, encore plus industriel que celui de la révolution verte. L’opinion publique, désinformée, ayant rompu toute attache avec le monde rural, cède aux simplifications. Paysans insultés parce qu’encombrant les chaussées avec leurs engins, paysans mis en cause parce qu’ils pratiquent des épandages et pas nécessairement de produits chimiques, mais de lisiers ou de boue d’épuration, paysans obligés de s’excuser parce que leur moissonneuse-batteuse produit de la poussière, paysans-artisans, producteurs de fromages et de viandes bio, vilipendés et qualifiés d’assassins ! Le gouvernement dit avoir pris la mesure du phénomène puisqu’il souhaite étendre à tout le territoire l’Observatoire contre l’agribasching, expérimenté dans la Drôme, sous l’autorité du préfet du département et du procureur général de Valence.

Certains croient s’en tirer à bon compte en évoquant seulement la méconnaissance crasse de beaucoup d’urbains et de néoruraux (notamment des retraités) au sujet de l’agriculture en général et de l’élevage en particulier, mais les faits autorisent une autre analyse. Demandons-nous, pour ne pas manger idiot, à qui profite l’agribashing, car je ne suis pas certain que ce soit aux consommateurs ni aux paysans, qui vivent déjà d’autres types d’agriculture, agroécologie, agroforesterie, permaculture, agriculture biologique, etc. Ceux qui ont tout à gagner à la confusion actuelle, ce sont ceux qui ont déjà choisi d’utiliser les biotechnologies pour imposer l’agriculture cellulaire.

Ne nous leurrons pas, tout est prêt, la technoscience, les brevets déposés par milliers, les investissements, il ne manque plus que l’acceptation par les mangeurs, en faisant que le phénomène de dégoût ne concerne plus les laboratoires agro-industriels, mais l’agriculture. C’est ainsi que ceux qui pensent s’opposer efficacement au système agricole industriel peuvent, sans le vouloir, voir leur critique récupérée… Combien d’amis écolo ne rêvent-ils pas de fermes urbaines, symbole de la réconciliation des villes et des campagnes, vecteur d’une relocalisation souhaitable, mais ce qui se profile, ce sont des fermes-usines verticales, totalement hors-sol, robotisées, aseptisées. Regardons comment la peur de la radioactivité, après l’accident nucléaire de Fukushima, n’a pas profité à l’agriculture biologique et aux Amap, mais à des firmes, comme Toschiba, qui se sont lancées dans la production végétale dans des usines closes et aseptisées, sous contrôle électronique constant, avec la possibilité de produire des « légumes augmentés », artificiellement, par exemple, en vitamine C. Ces gratte-ciel pseudo-écolo réinventent une agriculture de proximité mais high-tech et non plus paysanne. Ces fermes-usines surfent aussi sur le rejet des pesticides et insecticides car, bénéficiant d’un environnement totalement artificiel, elles n’en ont plus besoin.

C’est ainsi que notre combat nécessaire contre les pesticides pourrait se retourner contre nous et les paysans ! Les maires qui prennent des arrêtés interdisant les pesticides à moins de 150 mètres des habitations et locaux professionnels ont incontestablement raison, s’il s’agit de provoquer l’État à la réflexion et à l’action, y compris en transformant les procès relatifs aux arrêtés municipaux en procès contre les pesticides. Mais qui peut croire qu’instaurer des zones sans pesticide puisse être la solution sur le plan sanitaire, mais également pour changer de système agricole. L’idée même d’établir un cordon sanitaire entre un monde paysan nécessairement « impur » et un monde urbain subitement « pur », entre des activités productrices malsaines et une consommation qui ne demanderait qu’à devenir miraculeusement saine, est particulièrement dangereuse, parce qu’elle alimente, d’un côté, le fantasme d’un agribasching généralisé et, d’un autre côté, la méfiance envers tous les paysans. C’est pourquoi l’alternative n’est pas seulement entre une zone de sécurité de 10 mètres ou de 150 mètres, mais dans une sortie progressive des pesticides chimiques, ce qui suppose de commencer par interdire les substances les plus dangereuses (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques, perturbatrices endocriniennes) et de soutenir les paysans pour qu’ils puissent changer collectivement de pratiques…

Autre exemple de dévoiement de la sensibilité écologique : face aux craintes liées à l’empoisonnement des sols, on vient d’échapper pour sept ans à l’interdiction de la bouillie bordelaise (mélange de cuivre et de soufre), interdiction qui aurait porté un coup fatal aux vins biologiques, mais aussi à de nombreuses autres productions issues de l’agriculture biologique, principalement les pommes de terre ou les pommes…

Au même moment, des start-up se lancent dans la fabrication de faux vins synthétiques (sans raisin). Comment ne pas songer, également, à la campagne savamment orchestrée contre les fromages au lait cru, alors que les dernières études épidémiologiques établissent qu’ils ne sont pas responsables de plus d’accidents que les autres et qu’ils le sont beaucoup moins que les produits laitiers ultratransformés. Pendant ce temps, des firmes développent des substituts de fromage, des fromages sans lactose, sans protéines de lait, notamment pour des pizzas… Qui ne s’inquiéterait pas enfin des méfaits de la pêche industrielle, mais, plutôt que de favoriser une pêche durable, comme la pratique le label Poiscaille, d’autres firmes se lancent dans la fabrication cellulaire de faux fruits de mer et de faux poissons… Méfions-nous que le consommateur lambda ne finisse par associer l’écologie à l’agriculture cellulaire et non pas à la défense des multiples formes d’agriculture paysanne.

Les paysans et l’opinion publique. À qui profite l’agribashing? - Par Paul Auriès, L'Humanité, 6 décembre 2019
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 15:57
Razmig Keucheyan : « Abolir la civilisation du jetable favoriserait l’égalité »
Vendredi, 6 Décembre, 2019

Dans son dernier essai, les Besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme, le sociologue se penche sur la prolifération, à l’ère du capitalisme néolibéral, de biens matériels dont la consommation est aliénante et la production, néfaste pour l’environnement. Il esquisse une théorie critique en puisant dans l’héritage marxien.

 

« De quoi avons-nous besoin ? » Voilà, dites-vous, la question du siècle. Pourquoi poser l’équation dans ces termes, quand le capitalisme, dans sa configuration néolibérale, se montre incapable de satisfaire les besoins fondamentaux de pans entiers de l’humanité ?

Razmig Keucheyan Avec la crise environnementale, l’une des contradictions principales du capitalisme apparaît au grand jour. D’un côté, des centaines de millions de personnes à travers le monde ne mangent pas à leur faim, autrement dit ce besoin vital n’est pas satisfait. Des besoins vitaux autrefois satisfaits, comme respirer un air non pollué, le sont de surcroît de plus en plus difficilement. D’un autre côté, dans les sociétés les plus riches, la production de biens matériels atteint des niveaux vertigineux. Nombre de ces biens matériels ne répondent à aucun besoin réel. Le capitalisme est un système productiviste et consumériste : il produit toujours davantage de marchandises en moins de temps, en dehors de toute autre considération. Les consommateurs que nous sommes doivent dès lors consommer ces marchandises, afin de laisser la place aux suivantes. Et ainsi de suite à l’infini. Mais ce productivisme et ce consumérisme vont de pair avec un approfondissement des inégalités, à la fois dans et entre pays. Le capitalisme, on le voit, est un système absurde.

Vous distinguez les besoins « radicaux » des besoins « artificiels » suscités et entretenus par le productivisme et le consumérisme capitalistes. Mais vous distinguez encore les besoins légitimes des besoins insoutenables qu’il faudra renoncer à assouvir. Où se situe la frontière ? Quels critères et quelles procédures peuvent déterminer la légitimité d’un besoin ?

Razmig Keucheyan Prenons l’exemple du voyage. Ce n’est pas un besoin vital car on peut vivre sans voyager. Mais voyager est un besoin que beaucoup considèrent aujourd’hui essentiel : cela ouvre l’esprit et permet de faire la rencontre de cultures nouvelles. Les jeunes sont encouragés à voyager, il y a même un programme européen pour cela, le programme Erasmus. Le voyage se démocratise dans la seconde moitié du XXe siècle. En soi, c’est incontestablement un progrès. Mais la massification du voyage a un inconvénient majeur : l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Les avions low cost, notamment, rendent ce moyen de transport accessible à davantage de personnes mais, sur le plan environnemental, ils sont désastreux. Il faut donc à la fois réguler, et par là même permettre l’invention d’autres imaginaires du voyage, des imaginaires qui soient soutenables, tout en restant démocratiques. Il n’est bien sûr pas question d’en revenir à une situation où le voyage serait réservé à une élite. Il faut aussi réorganiser l’économie afin de limiter les voyages professionnels polluants. L’interdiction des vols internes, et leur remplacement par le train partout où cela est possible, serait un début. Tout cela suppose une transformation d’ampleur de nos sociétés, je ne le sous-estime pas. Du fait que notre modèle n’est plus soutenable, cette transformation se fera de toute façon, la seule question est de savoir si elle sera maîtrisée ou chaotique.

Quel levier le système actionne-t-il pour « naturaliser » des besoins dont le fondement est historique et culturel ?

Razmig Keucheyan Vous connaissez la célèbre campagne publicitaire « Marlboro Man » : le cow-boy solitaire sur son cheval qui contemple l’horizon une cigarette à la bouche. Cette campagne a ceci de paradoxal qu’elle ne parle pas du produit lui-même, la cigarette. Elle décrit au consommateur le type de personne qu’il deviendra s’il se met à fumer des Marlboro. Ce procédé publicitaire inventé dans les années 1960 s’est généralisé depuis. Dans les innombrables publicités pour les voitures que l’on nous impose, on parle très peu de la voiture elle-même. On vend l’« aventure » qui ira avec le fait de posséder telle ou telle marque. La publicité met donc en circulation des identités sociales auxquelles les consommateurs aspirent. C’est l’une des voies par lesquelles elle convainc l’individu que l’achat de la marchandise répond à un vrai besoin. Ce lien entre marchandise et identification doit être soumis à critique. Cela, notamment en encadrant strictement la publicité, qui a véritablement colonisé notre vie quotidienne.

Votre livre s’ouvre sur la disparition de la nuit, de l’obscurité que fait reculer la pollution lumineuse. Comment les logiques marchandes ont-elles pu affecter jusqu’aux expériences existentielles, comme la contemplation d’un ciel étoilé ?

Razmig Keucheyan Le marxisme a bien mis en évidence le fait que le capitalisme n’est pas seulement un système économique. Il affecte toutes les dimensions de nos existences, y compris celles en apparence les plus éloignées de l’économie. Pierre Dardot et Christian Laval appellent ainsi « cosmo-capitalisme » la tendance de ce système à influencer jusqu’à notre environnement matériel, le « cosmos ». C’est précisément ce que démontre la pollution lumineuse, une forme de pollution qui fait l’objet d’une prise de conscience croissante de nos jours. L’éclairage artificiel, qui se généralise au XIXe siècle, est à l’origine clairement un progrès. Il permet le développement de la vie nocturne, une temporalité nouvelle de la vie sociale, qui n’existait pas auparavant. Sortir entre amis ou se balader en amoureux la nuit, par exemple, seraient difficilement concevables sans éclairage artificiel. Pensez à tout ce que l’éclairage permet en termes d’enrichissement des sociabilités. Pourtant, passé certains niveaux, la lumière artificielle se transforme en nuisance : elle empêche par exemple la synthèse de la mélatonine, dite « hormone du sommeil », et occasionne ainsi des troubles du sommeil chez nombre de personnes. La prolifération des écrans aggrave encore cette tendance. La pollution lumineuse conduit également à une disparition progressive du ciel étoilé. Les niveaux de luminosité que l’on rencontre dans les pays développés aujourd’hui font que la Voie lactée est de moins en moins visible. Le développement économique effréné que nous connaissons influe donc sur le cosmos lui-même.

Vous ne manifestez aucune hostilité au progrès technique : vous soutenez que des besoins néfastes peuvent devenir soutenables. Par quel procès, à quelles conditions ?

Razmig Keucheyan Les smartphones font aujourd’hui l’objet de nombreuses critiques, et à juste titre. Le rythme de leur renouvellement, à grand renfort de marketing, est très élevé. Ils contiennent en outre des composants dont l’extraction est nocive à la fois pour l’environnement et les populations des régions concernées. En même temps, les smartphones ont donné lieu à des formes de sociabilité nouvelles. Ils permettent par exemple, grâce aux appareils photo qu’ils contiennent, de « documenter » son existence de manière originale, de garder une trace d’instants importants, de les partager avec son entourage instantanément. L’appareil photo le permettait déjà mais le smartphone approfondit cette tendance. Ce n’est pas le smartphone en lui-même qui est nocif, mais la manière dont il est produit et vendu aujourd’hui. Dans le livre, je défends l’idée que, pour être soutenables, nos besoins doivent être universalisables. Quand on délibère sur la satisfaction d’un besoin, à l’échelle individuelle ou collective, il faut toujours se demander si ce besoin pourrait être satisfait pour le plus grand nombre. Par exemple, le niveau de consommation d’un citoyen américain n’est pas universalisable car, si tout le monde consommait autant, la planète serait ravagée en peu de temps. Un besoin universalisable est un besoin tel qu’il pourrait en principe être satisfait pour tout le monde, tout en étant respectueux des écosystèmes.

« De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins » : la crise écologique fait-elle disparaître cet horizon désigné par Louis Blanc et repris par Marx dans sa Critique du programme de Gotha ?

Razmig Keucheyan Au contraire, Marx avait parfaitement conscience que le capitalisme suscite en permanence des faux besoins. C’est même l’un des sens du concept d’aliénation chez lui. L’aliénation désigne en effet l’ensemble des besoins artificiels générés par le capitalisme. La critique de l’aliénation à laquelle se livre Marx consiste à s’interroger sur ce que sont les « vrais » besoins. Pour Marx, c’est toujours en dernière instance l’individu qui sait ce que sont ou ne sont pas ses « vrais » besoins. Mais c’est l’individu émancipé du consumérisme capitaliste. Pour que l’individu soit vraiment libre, libre de construire ses besoins comme il l’entend, le capitalisme doit être dépassé. « À chacun selon ses besoins » signifie que, dans le monde d’après le capitalisme, les « vrais » besoins seront la mesure de la richesse, une richesse qui ne sera plus déterminée par la logique du marché mais par des individus enfin libres.

Il faut, dites-vous, étendre l’anticapitalisme aux objets, en luttant pour l’émergence de biens « durables » et même « émancipés » propres à gripper l’infernale accélération de la rotation des marchandises. Quelles seraient les caractéristiques de ces « biens émancipés » ?

Razmig Keucheyan Le marxisme ne s’est jamais beaucoup intéressé aux objets eux-mêmes, alors que son matérialisme lui aurait permis de le faire. J’ai essayé de développer cette piste. L’idée est que les objets doivent être intégrés à la lutte des classes. Le capitalisme produit des objets jetables, afin d’en créer de toujours nouveaux. Les profits des capitalistes dépendent de ce renouvellement constant des marchandises, et donc du raccourcissement de leur durée de vie. Les anticapitalistes, au contraire, doivent lutter en faveur d’un accroissement de la durée de vie des objets, en agissant sur la qualité des matériaux, mais aussi sur la durée de la garantie des biens. Des enquêtes démontrent que plus vous allongez la garantie, plus la personne qui possède l’objet a tendance à le faire réparer plutôt qu’à en acheter un neuf. Plus l’entreprise qui le produit est incitée à mettre sur le marché des biens de qualité, sinon, les frais de réparation deviendraient trop élevés. L’allongement de la durée de la garantie est une mesure simple mais elle permet de lutter contre la rotation rapide des marchandises. Un ensemble d’associations, emmenées par les Amis de la Terre, militent actuellement en faveur de cette mesure.

Pendant la crise grecque, certains revendiquaient l’horizon d’une « vie austère » choisie, contre l’austérité imposée par l’Union européenne. Vous en appelez, vous, à un « communisme du luxe ». N’y a-t-il pas entre ces termes une contradiction irréconciliable ?

Razmig Keucheyan Dans les sociétés capitalistes, les inégalités de classe s’appuient sur des hiérarchies d’objets. Aux classes dominantes les objets robustes, performants, de qualité, bref, ce qu’on appelle le « haut de gamme ». Aux classes populaires les objets jetables, c’est-à-dire le « bas de gamme ». Pierre Bourdieu appelle « distinction » la façon dont les classes dominantes se différencient symboliquement des classes populaires. La distinction s’effectue notamment par les objets : au volant du dernier modèle de voiture le plus cher, on devient « quelqu’un ». Le communisme du luxe est une hypothèse politique : qu’arriverait-il si on imposait par la loi, c’est-à-dire par le rapport de forces, des objets « haut de gamme » pour tous ? Qu’arriverait-il si on abolissait la civilisation du jetable ? Cela aurait d’abord des effets bénéfiques pour l’environnement, car cela ralentirait le rythme de renouvellement des marchandises. Mais cela favoriserait aussi l’égalité, car les inégalités de classe ne pourraient plus s’appuyer sur des différences de qualité des biens. Bien sûr, les inégalités ne seraient pas pour autant abolies. Mais elles perdraient l’une de leurs assises. Tout le propos de mon livre est de dire que la transition écologique est l’occasion de répondre à la question sociale. La lutte des classes et l’écologie, c’est la même chose, en ce sens que toute écologie sérieuse doit placer au cœur de son programme le dépassement du capitalisme.

Razmig Keucheyan

Les Besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme, de Razmig Keucheyan. Éditions Zones, 208 pages, 18 euros.
 
Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
Abolir la civilisation du jetable favoriserait l’égalité - Le sociologue Razmig Keucheyan s'entretient avec Rosa Moussaoui, L'Humanité, 6 décembre 2019
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