Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 07:01

Fabien Roussel secrétaire national du PCF et député du Nord a présenté ses vœux pour l'année 2020 lundi 13 janvier 2020 au siège du Conseil national du PCF

 

 

Mesdames et messieurs les ambassadeurs Mesdames et messieurs les parlementaires

Mesdames et messieurs les représentants des forces politiques, des organisations syndicales et associatives,

Mesdames et messieurs les journalistes,

Mesdames et messieurs qui êtes présents ou qui nous regardez, Cher·e·s ami·e·s, cher·e·s camarades,

Bonne année, bonne santé́ à toutes et tous !

L’année 2020 aura forcément pour nous une saveur particulière. D’abord parce qu’elle débute avec un mouvement social historique dans notre pays, d’une longueur et d’une ampleur inédites. Mais aussi parce qu’elle marque le centenaire de notre parti.

Oui, que 2020 soit une année d’espoirs et de conquêtes, même si elle démarre de la plus inquiétante des façons, par la folie guerrière des hommes, par la diplomatie de la gâchette et celle de la tension permanente.

Je pense aujourd’hui à toutes ces familles qui ont perdu un proche dans le Boeing abattu
« par erreur » par l’armée iranienne. Comment ne pas être en rage contre ces puissants, armés jusqu’aux dents, qui font de notre planète une véritable poudrière prête à exploser ! Et au final ce sont toujours les innocents, les peuples qui paient.

Oui, la paix dans le monde est aujourd’hui menacée. Comme jamais. Et nous attendons des pays membres permanents du Conseil de sécurité́ de l’ONU qu’ils agissent en tant que tels afin de rétablir la paix et fassent émerger des solutions politiques dans les conflits du monde.

Ce n’est pas l’état d’esprit qui domine en Russie, en Europe ou chez le Président des Etats Unis qui a brisé l’accord international sur le nucléaire iranien et qui souffle maintenant sur les braises du Moyen-Orient.

Le PCF restera d’ailleurs toujours mobilisé pour défendre le peuple kurde, face à l’offensive du Président Turc et aux côtés du peuple palestinien auquel la communauté́ internationale nie toute possibilité́ d’avoir un État libre et indépendant. C’est d’ailleurs notre fierté d’organiser, ici, dans quelques jours, une conférence commune avec nos camarades du Parti communiste israélien.

Nous attendons du Président de la République qu’il porte la voix originale de la France, celle de la paix et du respect de la souveraineté́ des peuples, cette voix indépendante et non alignée qui a fait sa force.

Nous devons affirmer que notre pays refusera toute escalade guerrière, sous quelque forme que ce soit.

Il y a d’ailleurs un vent d’espoir qui souffle dans le monde à travers ces mouvements qui, ces derniers mois, ont dénoncé́ la corruption, la perte de pouvoir d’achat, ou des reformes porteuses de reculs, d’exigences insupportables du FMI.

Je pense à ces mouvements populaires, inédits, qui ont émergé́ au Liban, en Irak, en Algérie, en Haïti, en Egypte, en Indonésie, en Roumanie ou encore dans toute l’Amérique latine, où des foules descendent dans la rue pour porter d’autres choix de société́, pour exprimer leurs espoirs d’une vie meilleure.

Parfois, la simple hausse d’un ticket de métro, celle du litre d’essence ou une affaire de corruption ouvre la voie à des mobilisations énormes, permettant à la jeunesse, au monde du travail d’exprimer leur soif de dignité́, de démocratie.

Je pense aussi à ces manifestants américains qui défilent devant la Maison Blanche pour dénoncer l’impérialisme de leur pays.

C’est là que souffle le vent du changement, le souffle d’un siècle nouveau, plus juste, plus humain, exigeant avant tout de faire respecter la dignité́ de chacun.

Les communistes français seront aux cotés de ces peuples, aux côtés de celles et ceux qui refusent les coups d’Etat comme en Bolivie, aux côtés des progressistes contre l’extrême droite brésilienne, aux côtés des Chiliens, des Colombiens, des Iraniens pour les soutenir contre la répression féroce qui s’abat sur eux.

Nous serons aussi du côté́ du peuple cubain qui subit un durcissement sans précédent de l’embargo américain, asphyxiant injustement tout un peuple. Nous travaillons, avec d’autres, à une campagne nationale contre ce blocus insupportable imposé par les Etats-Unis.

Permettez-moi de citer Albert Camus dont nous fêtons cette année le 60e anniversaire de la disparition

« Il n’y a ni justice ni liberté́ lorsque l’argent est roi ».

Et c’est cette même exigence de justice et de liberté́ qui s’exprime dans notre pays.

Il y a un an, c’était le surgissement des « Gilets jaunes », rythmé par d’innombrables conflits sociaux dans la santé, la justice, à la SNCF, pour nos services publics, pour le climat. C’était aussi le mouvement « Me too » et les mouvements féministes contre les violences faites aux femmes, pour l’égalité professionnelle.

Et depuis des mois, la colère gronde à nouveau et elle monte de partout : personnels hospitaliers, enseignants, pompiers, policiers, étudiants, retraités, avocats, agriculteurs, fonctionnaires... Tous expriment avec force le même besoin de justice sociale et fiscale, de prise en compte de l’urgence sociale et écologique.

C’est tout simplement l’exigence d’un autre modèle de société́ qui grandit dans notre pays.

Ce mouvement, que certains voudraient voir s’arrêter séance tenante, s’inscrit dans une longue et belle lignée. 36, 68, 95 autant de grands mouvements sociaux qui ont permis de gagner la semaine de 40 heures, les congés payés, des augmentations massives des salaires et la conquête de nouveaux droits pour les travailleurs à l’entreprise.

Ces combats et ces victoires soulignent le rôle décisif de l’engagement des travailleurs, de la jeunesse, pour le progrès et le bien-être de la nation.

C’est le même esprit qui grandit dans notre pays depuis plusieurs mois.

Et je voudrais saluer l’engagement des militants syndicaux, de leurs responsables, des salariés qui prennent tellement de coups, que ce soit à la télé́ ou sur les piquets de grève. Je voudrais particulièrement saluer toutes ces organisations syndicales qui tiennent bon, qui écoutent la base et ne cèdent pas aux sirènes du libéralisme ! 8 syndicats sont unis dans ce combat, voilà la force de ce mouvement !

Oui, avec eux, nous demandons le retrait de la réforme Macron.

Car la main tendue du gouvernement n’est pas franche, elle est même bien molle. L’annonce d’un retrait provisoire de l'âge pivot pour 2027 est une mauvaise manœuvre.

Oui, c’est une manœuvre, car d’un côté le gouvernement dit retirer « provisoirement » l’âge pivot, mais il confirme dans sa lettre aux syndicats, et dans son texte de loi, l’instauration d’un âge d’équilibre.

Je cite la lettre du Premier ministre : « C’est la raison pour laquelle le projet de loi prévoira que le système universel comporte un âge d’équilibre. » Cet âge d’équilibre, qui permettra de faire valoir ses droits à la retraite, est donc maintenu comme étant l’une des variables d’ajustement de leur retraite par points.

Cet écran de fumée autour de l’âge pivot ou d’équilibre ne doit pas masquer le fond de la réforme.

LaREM, en fait, ça veut dire La Retraite En Moins.

Le fond de cette réforme c’est la baisse des pensions, dans le public comme dans le privé, en calculant les pensions à partir des pires années au travail alors qu’aujourd’hui seules les meilleures sont retenues.

Leur réforme, c’est aussi voler les caisses autonomes de nombreuses professions comme celles des avocats qui dénoncent, en plus, le risque de perdre leur indépendance en étant demain liés à des banques ou des assurances pour assurer leur retraite complémentaire.

C’est fragiliser les cadres avec ce plafond de 10 000 euros par mois et creuser un déficit de 4 Mds d’euros par an.

Je voudrais d’ailleurs souligner cette mobilisation des cadres, des avocats, des médecins, des kinés et de toutes ces professions libérales qui est suffisamment inédite pour dire que ce mouvement est loin d’être fini.

De la même manière, la mobilisation exceptionnelle du monde de la culture, de Radio France à l’Opéra de Paris, est là pour montrer, avec tellement de beauté́, que de nombreuses filières sont concernées.

Bref le fond de la réforme, c’est la fin de tous les régimes existants pour mettre les Français à un seul régime : le régime sec, un régime à l’américaine.

Et avant toute étude d’une telle réforme, d’un texte de loi, la moindre des choses est de se mettre d’accord avant sur son financement comme sur ses objectifs !

C’est pourquoi nous voulons l’ouverture d’une véritable conférence sociale mettant au cœur les salaires, l’emploi et le financement de notre système de protection sociale,
en mobilisant toutes les richesses produites par notre pays et garantissant des droits nouveaux et des retraites dignes pour tous les retraités !

Et nous, forces de gauche, nous avons une responsabilité́ énorme : celle de porter tous les espoirs qui s’expriment actuellement, celle de montrer qu’il y a d’autres choix et des propositions.

C’est le sens du travail que nous avons engagé́, ensemble, depuis plusieurs semaines. C’est un exercice pratique, concret, touchant à un piler de notre modèle social, celui des retraites.

C’est l’esprit qui a animé́ cette pétition rassemblant toutes forces de gauche avec des responsables syndicaux, des personnalités, demandant d’ouvrir un vrai dialogue.

Nous voulons aller plus loin qu’une simple opposition. Nous avons l’ambition de dire ce que nous proposons, de nous engager sur ce qui nous rassemble, sur ce que nous avons en commun, sur ce que nous ferions, demain, si nous étions en responsabilité́.

Nous voulons montrer qu’ensemble nous pouvons porter des propositions de gauche dignes de ce siècle et, derrière cela, un autre modèle de société́.

C’est ce que les syndicats nous ont dit à chaque fois : unissez-vous, travaillez ensemble, montrez qu’il y a d’autres choix de société́ en France que celle ultra libérale de Macron ou celle de l’extrême droite.

Oui, c’est à cela que nous travaillons et c’est la seule issue pour offrir une alternative de gauche : celle de travailler sur des propositions concrètes, portées ensemble et en phase avec le mouvement social. Sur quelle autre base que celle-là̀ pourrions-nous nous mettre d’accord demain ? C’est à l’épreuve de cette réalité́ et de propositions construites avec celles et ceux qui luttent que nous pouvons forger notre unité.

Ces propositions visant à améliorer notre système de retraite actuel, vous les découvrirez prochainement.

Minimum contributif, pénibilité́, financement, tout cela sera mis à disposition de tous et en premier lieu des forces syndicales et de toutes celles et ceux qui luttent. Car nous voulons montrer que des propositions de gauche, porteuses de solidarité, existent et qu’elles peuvent être mise en œuvre rapidement.

Nous travaillons ensemble en respectant les différences de chacun, en ayant chacun aussi nos propres propositions.

Le PCF a présenté́ sa propre réforme des retraites. Car nous voulons aussi aller plus loin, montrer qu’il est urgent de produire autrement, de créer des richesses en respectant les êtres humains et la planète.

En somme, il ne s’agit pas seulement de mieux répartir les richesses, les fameuses parts du gâteau, mais aussi de travailler à une autre recette de ce gâteau.

C’est dans ce sens que s’inscrit notre proposition de modulation des cotisations sociales en fonction des politiques des entreprises en faveur de l’environnement, de l’emploi, de l'égalité́ salariale femme-homme.

Quand le CAC40 distribue 60,2 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires, nous disons qu’il y là certainement matière à travailler pour répondre aux besoins de notre société́. Depuis 2011, ce sont plus de 500 milliards d’euros qui ont été́ distribués par ces multinationales françaises. Et 0 % de cotisations à notre système de retraite.

Nos propositions sont sur la table, celles des forces de gauche le seront bientôt. Elles ne demandent qu’à être complétées, enrichies.

Le gouvernement dit que les Français n’aiment pas les réformes. Nous disons que si, mais quand elles sont justes pour toutes et tous.

Et c’est d’ailleurs une grande réforme qui a instauré́ la Sécurité́ sociale. Elle fut conduite par Ambroise Croizat, ministre communiste, dans le gouvernement du général de Gaulle. Et cette réforme-là, ils ont réussi à la faire avec l’unanimité́ du pays, malgré́ une France exsangue et en ruine.

Alors oui j’en appelle aux Françaises et aux Français, à nos concitoyens pour qu’ils soient encore plus nombreux à s’engager dans les jours qui viennent et notamment les 14, 15 et 16 janvier prochains.

Après deux ans et demi d’une politique aussi généreuse à l’égard des privilégiés, le temps du changement est venu.

Et c’est dans cet esprit que nous célébrerons cette année notre belle histoire, tout en nous projetant vers l’avenir.

L’année du centenaire du Parti communiste sera marquée par une multitude d’évènements nationaux et locaux organisés dans tout le pays.

Il se conjuguera avec celui du 40e anniversaire de l’inauguration, en 1980, de notre siège en présence de George Marchais et d’Oscar Niemeyer.

Nous voulons célébrer 100 ans d’histoire mais aussi 100 ans d’avenir. Et pour cela, nous déclinerons toutes nos initiatives, tous nos rendez-vous avec ces mots qui résument, pour nous, le communisme d’aujourd’hui : l’Humain et la planète d’abord !

Une série de manifestations rythmera cet anniversaire tout au long de l’année, en commençant notamment par :

- Une exposition inédite d’affiches originales du PCF qui retracera un siècle de conquêtes sociales et de solidarité́ internationaliste.

- Puis avec une semaine nationale d’initiatives, de portes ouvertes dans tous nos sièges du 15 au 21 juin et avec une grande fête du Centenaire, ici même, le dimanche 21 juin.

- Avec tout au long de l’année des rencontres, des débats en région sur l’actualité́ du communisme dans ce nouveau siècle.

Et c’est à l’automne 2020, à l’approche de la date anniversaire de décembre, que se dérouleront deux évènements majeurs :

- Une exposition célébrera les liens historiques tisses entre l’art, la culture et le PCF.

Et je vous annonce que les Français pourront venir visiter, dès le 18 septembre, ici même, la Joconde, pas celle de Leonard de Vinci, mais celle à moustache de Marcel Duchamp, offerte par Louis Aragon à Georges Marchais. Il y aura bien-sûr d’autres tableaux signés par les plus grands.

Cette exposition se conjuguera avec une création numérique de l’artiste Miguel Chevalier, spécialement conçue en hommage aux cent ans du PCF, clin d’œil d’un artiste contemporain à l’histoire de notre parti.

Enfin l’année se clôturera par un grand évènement festif et populaire placé sous le signe de l’internationalisme, le 12 décembre. Ho Chi Minh, Nelson Mandela, les Brigades internationales, les luttes d’indépendance anticoloniales, Angela Davis seront à l’honneur.

Car oui, ces combats pour la paix et l’amitié́ entre les peuples sont toujours d’actualité́ !

L’idéal communiste, en plus d’être un engagement pour la paix, porte l’idée de mettre en commun nos savoirs, nos richesses afin de les mettre au service de tous, de l’être humain et de la planète, au service d’une société́ fraternelle et solidaire.

Il est le soulèvement de la vie, qui se renouvelle en permanence, à la chaleur des combats, pour en finir avec l’exploitation et les dominations.

Ce projet de société́ est d’une incroyable modernité́.

Né en 1920, sur les braises de la Première Guerre mondiale, il continue à agir cent ans plus tard.

Je voudrais saluer l’action des députés et sénateurs communistes pour leur travail et leur courage dans ce Parlement toujours plus minoré.

Saluer les 7 000 élu·e·s communistes, toujours désintéressés, reversant une grande part de leurs indemnités, toujours présents dans les combats du quotidien. C’est autre chose que Balkany ou Dassault.

Saluer les 100 000 adhérentes et adhérents du PCF qui font de notre parti un des premiers de France pour sa force militante. Vous êtes autant d’hommes et de femmes qui font vivre le rêve d’une société́ meilleure, présents aujourd’hui auprès des grévistes, actifs demain pour défendre la paix et la solidarité́, toujours là pour faire vivre notre belle fête de l’Humanité́ et tous ces rendez-vous militants, festifs et culturels qui fait de notre parti un parti unique en France !

Saluer le journal l’Humanité́, mais aussi La Marseillaise, Liberté́ Hebdo et toutes celles et ceux qui, à travers ces journaux et cette presse libre, nous aident à porter un autre regard sur l’actualité́.

Le Parti communiste sera toujours le parti du monde du travail et de la création, cette force politique qui permet à la jeunesse et à la classe ouvrière, à ceux qui produisent les richesses, de se former et de s’organiser, en étant présent dans toute la France, dans les villes et les villages, dans les facs, les usines et les bureaux.

Et nous faisons nôtre ce slogan "L’Humain et la planète d’abord », qui résonne comme le nouveau programme des Jours Heureux que nous rêvons de bâtir tous ensemble.
En y associant la planète, nous voulons affirmer notre volonté́ de sortir du capitalisme pour répondre au défi climatique, pour stopper ses ravages insupportables et visibles de tous les coins de la planète comme aujourd’hui en Australie.

Oui, nous plaidons pour une véritable révolution écologique, à réaliser ici, en France, en Europe, avec un effort sans précédent sur les transports, le logement, l’énergie, l’abandon des traités de libre-échange, la relocalisation des productions, une fiscalité́ au service d’une économie décarbonée...

Nous demandons la mise en place d’un Fonds écologique, doté de 100 milliards d’euros, alimenté en partie par la BCE et des prêts à taux 0.

Prendre le pouvoir sur l’argent, sur la création de la monnaie, comme dans la Casa De Papel, c’est à ce niveau qu’il faut placer la barre. « Injection dé Liquidités », comme le dit El Professor !

Mais une telle ambition ne se décide pas d’en haut.

C’est pourquoi cette année 2020 sera aussi pour nous l’occasion, à travers plusieurs rendez- vous, sur l’écologie, la mondialisation, le monde du travail, le féminisme, et bien d’autres, d’écrire le manifeste pour un communiste du 21e siècle. Oui, nous serons bien présents dans le débat politique en France dans les années qui viennent.

Et j’en profite pour dire un dernier mot sur les élections municipales à venir.
Je formule le vœu d’une très large participation de nos concitoyens à cette élection.

C’est là que s’exerce la démocratie dans la plus grande proximité́. C’est là que se construisent les rassemblements les plus divers, les plus à l’image de la société́, de la population, et c’est là que se construisent les programmes les plus proches des besoins.

Les communistes ont toujours été́ présents lors de cette élection et nous avons su montrer, dans l’histoire, notre apport dans chaque ville où nous avons été́ en responsabilité́.

Les conseils de quartiers et la démocratie participative, les MJC, les centres de santé, les politiques en faveur du logement, du transport, la politique culturelle, sportive, ouverte à toutes et tous, voilà̀ notre marque de fabrique dans l’histoire de ce pays.

Une ville avec un maire communiste est une ville qui s’engage pour tous ses habitants, tous ses quartiers, sans privilégier une part de la population au détriment d’une autre.

C’est une ville qui s’engage contre les inégalités et pour des services publics accessibles à tous, c’est une ville qui s’engage pour l’emploi et parle autant aux syndicats qu’aux chefs d’entreprises pour les aider à investir.

C’est une ville qui défend les droits de chacun, dans le respect des différences et de la diversité́ d’une population. C’est une ville qui s’engage pour défendre les droits des femmes et pour le respect de chaque citoyenne et citoyen du monde.

C’est une ville fraternelle, solidaire, unie, n’hésitant pas à s’engager pour mener des actions qui la dépasse, contre la réforme des retraites aujourd’hui ou pour la paix dans le monde.

Cet engagement, nous le portons dans nos gènes et nous souhaitons le transmettre lors de cette prochaine élection.

Nous nous battrons jusqu’à bout pour le rassemblement le plus large à gauche, au service des habitants mais aussi pour battre la droite et l’extrême droite qui fracturent notre pays.

Oui je formule le vœu que nos concitoyens décident d’élire le plus grand nombre possible de majorités de gauche et, comme je l’avais dit en septembre dernier, si la gauche est unie, si la gauche sait porter ensemble des projets construits avec les habitants, sans arrière-pensées mais avec plein de sincérité́, alors elle peut gagner.

Pour conclure, je voudrais simplement citer ce début du poème de Paul Éluard :

« Je connais tous les lieux où la colombe loge

Et le plus naturel est la tête de l’homme.

L’amour de la justice et de la liberté́

A produit un fruit merveilleux

Un fruit qui ne se gâte point

Car il a le goût du bonheur. »

Cher·e·s ami·e·s, cher·e·s camarades, gardons ce goût du bonheur, pour nous tous, pour

l’avenir de nos enfants.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 06:38

 

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » Cette citation, entrée dans l’Histoire, a aussi dorénavant une dimension prémonitoire. Après le gigantesque brasier qui a consumé la forêt amazonienne l’année dernière, c’est au tour de l’Australie de partir en cendres ! Et certains experts de pronostiquer que cela se reproduira dans d’autres zones de la planète.

Drame humain avec des dizaines de morts. Émotion. Solidarité aux Australiens, dans un pays où l’assurance habitation n’est hélas pas toujours la règle.


Drame pour la biodiversité, particulièrement fragile dans un contexte insulaire, avec de nombreuses espèces qu’on ne trouve que dans cette partie du globe (on pense aux marsupiaux, notamment) qui sont menacées d’extinction après la disparition de millions d’individus (et probablement un milliard).


Drame pour le climat qui voit s’accentuer les émissions de CO2 résultant de l’incendie. Et cela alors que 2019 vient d’être classée 3e année la plus chaude en France, confortant toujours un peu plus la réalité du réchauffement climatique.


Alors que l’Australie subit en ce moment des températures caniculaires et une sécheresse forte, facteurs favorisant les incendies, le climato-scepticisme n’est plus de mise. L’inaction climatique n’est plus permise. Elle conduit à ce type de drames. Et pourtant, ironie du sort, le Premier ministre conservateur australien est climato-sceptique, et critiqué par son peuple pour son inaction. Les Australiens le payent au prix fort ! Le capitalisme est mis en cause, se préoccupant plus du profit à tout prix, quitte à mettre en péril ressources naturelles et populations.


Dans ce contexte de montée planétaire des préoccupations environnementales, Macron tente de redorer son blason vert. D’un côté, il n’écoute pas son peuple, en faisant la sourde oreille sur la question des retraites mais, de l’autre, se veut à l’écoute des citoyens qui planchent sur des solutions écologiques, en leur promettant un référendum ou l’application de lois qui seraient issues des travaux de la convention citoyenne pour le climat. Duplicité démocratique. Et les doutes sont permis sur cette promesse au regard de la politique actuelle négative du gouvernement en matière d’écologie. D’ailleurs Greenpeace ne se prive pas de critiquer cette politique et fustige, à juste titre, que Macron n’assume pas ses propres responsabilités.


En effet, lutter contre le réchauffement climatique devient urgent. On ne comprend donc pas bien pourquoi Macron va tirer au sort des citoyens pour travailler aux solutions climatiques (si ce n’est pour faire de la com’ et renvoyer à des solutions individuelles qui ne questionnent pas l’incongruité du système capitaliste pollueur) mais n’écoute pas les suggestions d’associations environnementales, des syndicats ou des partis politiques qui proposent des solutions pour changer le système et des solutions d’applications immédiates. On pourrait, sans attendre, prendre des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique, ce qui demande sur la durée de réelles politiques publiques… mais manifestement la volonté politique réelle manque !
Alors, en cette nouvelle année 2020, il faut faire un vœu collectif : mettre nos forces en commun pour construire une alternative politique à Macron, un changement de politique réellement écologique et social.

 

Alain Pagano

Membre du CEN,

Responsable de la commission Écologie

 

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 05:05
Ouest-France
Morlaix. Les manifestants s’invitent à France mobilités à Langolvas

Publié le 14/01/2020

L’union locale de la CGT avait appelé à la mobilisation à l’entrée du parc des expositions de Langolvas près de Morlaix, qui accueille mardi 14 janvier l’étape bretonne du dispositif France mobilités.

Une cinquantaine de manifestants étaient présents à l’ouverture

 

Une cinquantaine de manifestants étaient présents à l’ouverture | OUEST-FRANCE

Une cinquantaine de manifestants étaient présents mardi 14 janvier à l’ouverture du parc des expositions de Langolvas près de Morlaix, qui accueillait des conférences et des tables rondes dans le cadre du dispositif France mobilités. L’intersyndicale (CGT, FSU, Sud et FO) de Morlaix s’est mobilisée pour l’occasion. L’idée était de réserver un comité d’accueil syndical à Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État aux transports. Sauf qu’il n’était pas là.  Sa venue était en projet, mais on savait depuis quelque temps qu’il ne viendrait pas, ce n’est pas une annulation de dernières minutes, indique-t-on à la Préfecture de la région.

Des membres de la CGT finances publiques et du centre hospitalier ont toutefois pu échanger quelques minutes avec la maire de Morlaix Agnès Le Brun, qui participait à l’événement.

Trois jours d’action

"La CGT appelle à trois toujours de mobilisation cette semaine", explique Florence Héré, responsable départementale pour la CGT. Ce mardi, donc, à Langolvas, mercredi, des actions sont prévues dans le département, puis jeudi, avec le rassemblement prévu à 11 heures places des Otages à Morlaix.

Ce qu’Édouard Philippe a annoncé n’est pas suffisant, le report de l’âge pivot ne nous satisfait pas. C’est un tour de passe-passe : âge pivot, âge d’équilibre ! Nous voulons un vrai débat sur le financement des retraites où nous pouvons porter des propositions, poursuit-elle.

Ligne Morlaix-Roscoff

Les cheminots étaient également mobilisés, concernant le maintien et le développement de la ligne Morlaix-Roscoff.  La voie a été coupée lors des inondations de juin 2018, cela a été un prétexte pour arrêter la circulation, expose un représentant syndical des cheminots de Morlaix, inquiet pour maintien générales des petites lignes du réseau SNCF.

Le maintien de la ligne Morlaix Roscoff a été évoqué par les cheminots | OUEST-FRANCE

Des représentants de Brest, Quimper et Saint-Brieuc étaient aussi attendus sur place. Les syndicats appellent à élargir et massifier le mouvement.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-les-manifestants-s-invitent-france-mobilites-langolvas-6689131

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 11:16

 

Le gouvernement a achevé la rédaction de son avant-projet de loi "instituant un système universel de retraite" par points, qu'il a transmis au Conseil d'Etat. Avant son passage en Conseil des ministres, prévu le 24 janvier, l'Humanité en décrypte les principaux articles.

Le projet de loi « instituant un système universel de retraite » est désormais public. En 64 articles, le texte détaille le contenu et les modalités de mise en œuvre du régime de retraite unique par points et confirme les craintes exprimées par ses opposants. De la valeur du point à l’âge pivot en passant par la pénibilité et l’ouverture du système de retraites aux fonds de pensions vautours, le projet de loi donne du grain à moudre à celles et ceux qui, depuis le 5 décembre, combattent une réforme régressive. Décryptage.

 

Pas de garantie sur la valeur du point

« Les valeurs d’acquisition et de service du point seront déterminées par le conseil d’administration de la Caisse nationale de retraite universelle, en tenant compte des projections financières du système. La valeur du point ne pourra pas baisser (…). Les valeurs d’acquisition et de service seront fixées par défaut en fonction de l’évolution annuelle du revenu moyen par tête (…). Toutefois, à tit re transitoire, des modalités de montée en charge seront prévues (…) afin notamment de ne pas nuire à l’équilibre du système. » (Article 9)

C’était l’un des gros sujets de controverse de la réforme des retraites : le point sera-t-il la variable utilisée pour baisser les pensions ? En réponse, le premier ministre s’était engagé, le 11 décembre, à inscrire dans la loi une « règle d’or précisant que la valeur du point ne pourra pas baisser ». Un mois plus tard, la promesse est réduite à peau de chagrin : si, à son article 55 sur le pilotage financier du système, l’avant-projet de loi gouvernemental prévoit bien que « les taux de revalorisation » du point « ne peuvent pas être inférieurs à l’évolution des prix », il ne garantit pas le taux de rendement de 5,5 % annoncé (un point acheté 10 euros devait rapporter 0,55 euro par an à la retraite). L’article 9 précise ainsi qu’avant 2045, la revalorisation du point devra être comprise entre l’évolution des prix et celle du revenu moyen. Et ce n’est qu’à partir de 2045 que la règle « par défaut » sera d’indexer la valeur du point sur le revenu moyen… sauf si « un décret détermine un taux différent ». Concrètement, cela signifie que le prix d’achat du point pourrait monter sans que sa valeur de service suive le même rythme (c’est-à-dire le montant de la pension auquel il donne droit). C’est ce qui est arrivé à l’Agirc-Arrco. Conséquence, le rendement du point chuterait, et la pension avec.

 

Un âge pivot évolutif

« Le système universel de retraite fonctionnera autour d’une référence collective, correspondant à l’âge auquel les assurés pourront partir à “taux plein”, et autour de laquelle s’articulera un mécanisme de bonus/malus : l’âge d’équilibre. (…) Les coefficients de majoration et de minoration seront à la main du conseil d’administration de la Caisse nationale de retraite universelle. À défaut, lors de l’entrée en application du système universel de retraite, ils seront fixés par décret à 5 % par an (…). L’âge d’équilibre sera fixé par une délibération du conseil d’administration de la Caisse nationale de retraite universelle en tenant compte des projections financières du système. À défaut, l’âge d’équilibre évoluera à raison des deux tiers des gains d’espérance de vie à la retraite. » (Article 10)

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’âge pivot ne disparaît pas du projet de loi gouvernemental. Il en demeure même l’un des rouages essentiels. Le « recul » du gouvernement ne porte que sur l’instauration d’un âge d’équilibre dans le système actuel. Concernant le futur système, l’âge d’équilibre a bien pour objectif « d’inciter les Français à partir plus tard » en retraite. Il articule le principe d’une décote, dès lors que l’on part avant, et d’une surcote dès lors que l’on part après. Il sera fixé en fonction « des projections financières du système », ce qui en fait une parfaite variable d’ajustement. En outre, il pourra évoluer en fonction des gains d’espérance de vie afin de respecter l’équation consacrée par le rapport Delevoye : deux tiers de vie active pour un tiers de vie à la retraite. Si l’article 23 du projet de loi sacralise l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, le coefficient de majoration et de minoration – comprenez le taux de la décote et de la surcote – sera quant à lui fixé « par décret à 5 % par an ». Ce qui revient, en réalité, à rendre l’âge légal de départ virtuel puisque associé, automatiquement, à une décote importante.

 

Le gel des pensions

« Les modalités d’indexation des retraites resteront fixées sur l’inflation (…). Le conseil d’administration de la Caisse nationale de la retraite universelle pourra toutefois prévoir un autre taux de revalorisation pour garantir le respect de la trajectoire financière pluriannuelle (…). En tout état de cause, le niveau des pensions est garanti dans le temps : aucune baisse des retraites ne sera p ermise. » (Article 11)

En apparence pas de changement : les retraites une fois liquidées continueront d’évoluer comme aujourd’hui, c’est-à-dire que leur montant sera revalorisé comme les prix, et non comme les salaires. Notons que cela n’enrayera pas une certaine chute du pouvoir d’achat des retraités au fil du temps par rapport aux actifs, les prix progressant en moyenne moins vite que les salaires. Mais surtout, l’article 11 énonce, en même temps que cette règle d’indexation, la possibilité d’y déroger. Dans les faits, on pourra aussi bien donner un coup de pouce aux retraites que les geler en cas de non-respect de la trajectoire financière du système universel, qui prime en toutes circonstances. L’article précise certes qu’ « aucune baisse des retraites ne sera permise » : le « coefficient de revalorisation » interdit en effet toute évolution négative du montant des retraites. Mais le gel des pensions correspondra bien à une baisse de leur valeur réelle rapportée aux prix.

 

Cumul emploi-retraite : vers le travail sans fin

« Afin d’accroître l’attractivité du dispositif de cumul emploi-retraite, le présent article simplifie fortement le dispositif et le rend plus attractif. Il sera désormais permis aux assurés partis à la retraite de s’ouvrir de nouveaux droits à la retraite lorsqu’ils exercent une activité. (…) L’amélioration du dispositif du cumul emploi-retraite est prévue dès le 1er  janvier 2022, sans attendre l’entrée en vigueur du système universel. » (Article 26)

Travailler en tant que retraité et continuer à accumuler des droits, c’est la nouveauté du projet gouvernemental, qui entend faciliter et développer, dans son système universel, mais également dans le système actuel, le cumul emploi-retraite. Ainsi le projet de loi prévoit-il l’acquisition de droits supplémentaire calculés « à partir de l’âge d’équilibre » (le fameux âge pivot encore une fois mentionné) pour les personnes ayant déjà liquidé leurs droits à la retraite mais qui poursuivraient une activité professionnelle. Permis aujourd’hui mais strictement encadré et plafonné, le cumul emploi-retraite sera, en outre et « dès 2022 », considérablement facilité. Dans un contexte où près d’un retraité sur deux n’est plus en activité au moment de son départ en retraite et où le chômage et la précarité dans l’emploi des jeunes sont alarmants, le gouvernement entend ouvrir la porte au travail à vie.

 

Les départs anticipés à 60 ans de plus en plus virtuels

« Le dispositif de carrières longues sera maintenu. (…) Il ouvre le droit à un départ en retraite dès 60 ans aux assurés ayant commencé tôt leur activité (avant l’âge de 20 ans) et ayant effectué une carrière longue. Comme aujourd’hui, le bénéfice de ce dispositif reposera sur la durée d’activité (…). (La retraite) sera calculée avec un âge d’équilibre abaissé de deux années ; toutefois, la possib ilité de surcoter ne sera pas ouverte avant l’âge d’équilibre de droit commun. » (Article 28)

Partir à 60 ans dans le régime universel pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans, la belle affaire ! Examinons chaque condition. Primo, l’âge pivot sera « abaissé de deux années » : en clair, cela signifie 10 % de décote en cas d’âge d’équilibre baissé à 62 ans au lieu de 64 ans. Et comme l’âge d’équilibre est amené à évoluer à raison des deux tiers des gains d’espérance de vie, il atteindrait, selon les hypothèses du rapport Delevoye, 66,25 ans pour la génération 1990 pour les carrières « normales », et donc 64,25 ans pour les carrières longues : la décote dépasserait 21 % en cas de départ à 60 ans… Enfin, il faudra avoir cumulé une durée d’activité de 516 mois (ce que le futur système assimile à une « carrière complète »), c’est-à-dire 43 années pour la génération 1975 : il faudra donc avoir commencé à travailler avant l’âge de 17 ans. Et comme cette durée évoluera elle aussi « comme l’âge d’équilibre », il faudrait pour la génération 1990 avoir travaillé 44,25 ans pour pouvoir partir à 60 ans, c’est-à-dire avoir commencé à travailler à 15 ans et demi à peine… En clair : cette possibilité deviendra purement virtuelle.

 

Une reconnaissance très appauvrie de la pénibilité

« Que l’on exerce une fonction pénible dans le secteur privé ou dans un service public, ceci doit ouvrir à tous les mêmes droits. Le présent article étend dans le système universel de retraite aux agents publics civils et aux assurés des régimes spéciaux, à l’exception des marins et des militaires, le bénéfice du compte professionnel de prévention (C2P). (…) Le dispositif continuera de permettre u n départ en retraite au plus tôt à compter de 60 ans en fonction du nombre de points affectés à cette utilisation, avec une diminution à due proportion de l’âge d’équilibre. » (Article 33)

C’est sans doute l’un des sujets qui va accaparer les négociations ces prochaines semaines. La prise en compte de la pénibilité au travail sera « un des piliers de l’universalité », répète à l’envi le gouvernement. Pourtant, si le projet de loi étend les six facteurs de risques aujourd’hui reconnus aux salariés du régime général à ceux de la fonction publique et à ceux des feus régimes spéciaux (à l’exception des marins et des militaires), l’exécutif refuse de réintroduire dans le calcul de la pénibilité les quatre critères supplémentaires mis en place sous François Hollande et supprimés dès 2017 à l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron (port de charges lourdes, postures pénibles, exposition aux produits chimiques dangereux et vibrations mécaniques). Une prise en compte de la pénibilité qui permettra « au plus tôt » un départ anticipé à 60 ans « minimum », moyennant, en sus, une décote. Pour faire passer la pilule de la régression des acquis, le gouvernement fait valoir l’abaissement du seuil du travail de nuit – qui passe de 120 à 110 nuits travaillées par an.

 

Les départs anticipés restreints dans la fonction publique

« Le présent article fixe les règles de retraite spécifiques aux fonctionnaires qui concourent à des missions publiques de sécurité, de surveillance ou de contrôle. Sous réserve d’avoir effectivement effectué des missions comportant une dangerosité particulière, pendant une durée fixée par décret, ces agents pourront partir plus tôt à la retraite. Si ces conditions ne sont pas réunies, leurs condi tions de départ à la retraite seront celles de droit commun. » (Article 36)

Le projet de loi enterre discrètement le dispositif des catégories actives. Ce système permet aujourd’hui aux agents de la fonction publique exerçant un métier particulièrement pénible de partir à la retraite de manière anticipée, 5 ou 10 ans avant l’âge légal (soit à 57 ou 52 ans). Dans le détail, plus de 700 000 personnes en bénéficient aujourd’hui, parmi lesquelles : les policiers, les surveillants pénitentiaires, les douaniers, les égoutiers ou les personnels hospitaliers (aides-soignants, paramédicaux, etc.). Dans son projet de loi, le gouvernement assure que certains fonctionnaires pourront continuer à bénéficier d’un départ anticipé, mais ne précise ni l’âge du départ en question, ni la durée d’exposition nécessaire pour en bénéficier, puisque cette dernière sera fixée ultérieurement par décret. Impossible de savoir combien d’agents y auront droit. La pénibilité dans la fonction publique est pourtant bien réelle. Selon la Dares, près de 83 % des agents du secteur hospitalier sont soumis à des contraintes posturales et articulaires, et plus de 53 % soulèvent régulièrement des charges.

 

La mort des régimes dits « spéciaux »

« L’intégration des assurés des régimes spéciaux au système universel de retraite doit se faire dans le cadre d’une transition, qui éteint très progressivement les spécificités dont pouvaient se prévaloir leurs bénéficiaires, notamment en matière d’âge de départ anticipé. Le présent article habilite ainsi le gouvernement à déterminer par ordonnance les règles de transition en matière d’âge de dépa rt à la retraite et d’âge d’équilibre applicables aux anciens assurés des régimes spéciaux. » (Article 39)

Sans surprise, le projet de loi confirme ce qu’Édouard Philippe avait déjà énoncé : la fin des régimes spéciaux. Tous les cotisants de ces régimes, qui d’ailleurs surcotisent, seront désormais affiliés à l’assurance-vieillesse du régime général. Sous couvert de « stricte équité dans les efforts réalisés par les assurés », le gouvernement foule aux pieds la compensation, via un départ anticipé à la retraite, de la pénibilité des métiers. L’exécutif entend aller vite sur les périodes de transition d’un régime à l’autre, et se donne le dernier mot sur « les modalités de convergence (…) dans le cadre d’une période de transition qui ne pourra excéder vingt ans ». Les travailleurs indépendants et les professions libérales sont également concernés, sans exception. Pour les professions libérales, la période de transition est fixée à 15 ans maximum et sera ouverte dès 2025.

 

Un minimum de retraite à 85 % du Smic… en théorie

« Afin de garantir une retraite adéquate à tous les assurés ayant longtemps travaillé sur des rémunérations modestes, le présent article prévoit un minimum de retraite accordé à compter de l’âge de référence. Ce dispositif garantira aux assurés ayant effectué une carrière complète une retraite nette égale à 85 % du Smic net. » (Article 40)

C’est l’un des grands leurres de la réforme, confirmé dans cet article. Promis dès 2003 pour application en 2008, le minimum de retraite à 85 % du Smic n’a jamais vu le jour. Et il risque de rester une chimère pour nombre de retraités modestes, en raison des conditions posées pour y prétendre : « Effectuer une carrière complète », c’est-à-dire, selon les critères retenus par la loi, justifier d’une durée d’activité de 516 mois (soit 43 années) pour la génération 1975, durée qui pourra être prolongée pour les générations postérieures des deux tiers des gains d’espérance de vie, selon la même règle que celle fixée pour l’âge d’équilibre. Et justifier, pour chacune de ces années, d’un total de points au moins égal à celui que rapportent 600 heures payées au Smic. S’il manque des points, le minimum de pension théorique sera « proratisé », diminuant ainsi son montant.

 

Les droits des chômeurs pénalisés

« Les périodes de chômage donneront lieu à l’acquisition de points sur la base des indemnités versées à ces assurés au titre de ces périodes, notamment l’allocation de retour à l’emploi (…). Ceci constituera une avancée majeure par rapport au système actuel, qui est fondé sur la validation de trimestres assimilés. » (Article 42)

En attribuant des points de retraite aux allocations chômage, le gouvernement se vante d’un grand progrès « au titre de la solidarité ». Pourtant, dans le système actuel, le calcul sur les 25 meilleures années – ou les 6 derniers mois pour la fonction publique – neutralise de fait ces périodes « d’interruption d’activité involontaire ». Les quelques points de retraite cumulés pendant les périodes de chômage par exemple ne sauraient, en réalité, annuler les effets sur le montant de la pension, de la prise en compte de la carrière complète. Déjà lourdement pénalisés par la réforme de l’assurance-chômage, les privés d’emploi se retrouvent ainsi doublement sanctionnés. Pour ce qui est de la prise en compte des congés maladie, le projet de loi demeure flou étant donné qu’il renvoie à la publication d’un décret ultérieur, le seuil de jours d’arrêt cumulés annuellement ouvrant droit à des points de retraite.

 

Un recul des droits familiaux

« Le présent article prévoit la mise en place d’un dispositif unique de majoration en points de 5 % accordée par enfant et dès le premier enfant. (…) Les parents auront toutefois la possibilité de se partager cette majoration (…). Une majoration supplémentaire de 1 % sera attribuée à chaque parent d’au moins trois enfants (…). Les parents pourront attribuer d’un commun accord cette majoration tota le de 2 % à un bénéficiaire unique. » (Article 44)

Mettre fin aux inégalités en matière de droits familiaux : c’est l’un des axes de communication du gouvernement pour vendre sa réforme. Malgré les semaines de contestation, et de contre-argumentaire démontant, entre autres, une quelconque amélioration des droits familiaux dans le futur système, le gouvernement, sur ce point, n’a bougé qu’à la marge. Le projet de loi prévoit ainsi une majoration de la pension de 5 % dès le premier enfant, alors que le système actuel octroie 10 % de majoration à partir du troisième enfant à chaque parent. En apparence plus favorable, le nouveau dispositif en balaie un autre : la majoration de la durée d’assurance qui fixe des gains de trimestres au titre de la maternité et de l’éducation des enfants, à 8 dans le secteur privé et 2 dans la fonction publique. L’ajout récent dans le projet de loi d’une majoration supplémentaire de 1 % attribuée à chaque parent d’au moins trois enfants ne suffit pas à compenser les pertes induites par le passage à l’universalité.

 

Réversion pour les veuves et veufs : certains y perdront

« La retraite de réversion sera attribuée à partir de l’âge de 55 ans. Elle ne sera pas soumise à condition de ressources. (…) Elle sera fixée de telle sorte que la retraite de réversion majorée de la retraite de droit direct du conjoint survivant corresponde à 70 % des points acquis de retraite par le couple. Elle sera attribuée sous condition de durée de mariage et de non-remariage après le décè s. (…) Une ordonnance précisera les modalités de garantie des droits pour les conjoints divorcés. » (Article 46)

Le projet de loi gouvernemental bouleverse profondément les règles en vigueur actuellement et relatives à la réversion. Initialement prévu à 62 ans, le droit à perception d’une pension de réversion pour les veuves et les veufs a finalement été abaissé – sur la base des règles actuelles du secteur privé – à 55 ans. Les concernés du secteur public sont en revanche grands perdants puisque aucune limite d’âge n’était jusqu’alors exigée. Aujourd’hui soumise à conditions de ressources (dans le secteur privé), la réversion ne le sera plus dans le futur système. Par contre, si aujourd’hui les épouses/époux, ex-épouses/ex-époux peuvent y prétendre, les droits à la réversion ne seront plus ouverts que sous conditions de durée de mariage et de non-remariage après le décès. Le nouveau dispositif ne s’appliquera en outre qu’aux « conjoints survivants des conjoints décédés qui auront été intégrés au système universel ». En d’autres termes, les nouvelles règles n’entreront en vigueur que très progressivement à partir de 2037.

 

Un pilotage guidé par la contrainte budgétaire

« Tous les cinq ans, (…) le conseil d’administration de la Caisse nationale de la retraite universelle propose une trajectoire financière du système de retraite sur un horizon de quarante ans. Il doit toutefois dans ce cadre respecter une “règle d’or” imposant l’équilibre du système sur la première période de cinq ans. Le conseil d’administration détermine à cette fin les paramètres permettant de mettre en œuvre la trajectoire financière (modalités d’indexation des retraites, évolution de l’âge de référence, revalorisation des valeurs d’achat et de service, taux de cotisation et le cas échéant, produits financiers des réserves). Chaque année (…), le conseil d’administration de la Caisse nationale de la retraite universelle propose d’ajuster les paramètres pour assurer le respect de la règl e d’or (…). Si la délibération du conseil d’administration ne respecte pas ces conditions d’équilibre, la loi de financement de la Sécurité sociale de l’année fixe une nouvelle trajectoire. » (Article 55)

L’article 55 est la clé de voûte de la réforme : il soumet le pilotage du régime à un impératif principal qui l’emporte sur tous les autres, l’équilibre des finances. Sous l’empire de cette « règle d’or », tous les paramètres touchant à l’indexation des pensions, à l’âge effectif de la retraite, à la valeur du point, donc au niveau des pensions, sont transformés en simples variables pour atteindre cet objectif d’équilibre budgétaire. Le conseil d’administration du régime universel, où siégeront les représentants des salariés et ceux des employeurs, verra ainsi sa mission étroitement cadrée et surveillée de près par l’autorité politique, qui pourra reprendre la main à tout moment par décret pour le gouvernement ou via le vote de la loi de financement de la Sécurité sociale, côté Parlement.

 

Un financement aléatoire de la solidarité

« Cet article prévoit la prise en charge de l’ensemble des dépenses de solidarité du système universel de retraite par le fonds de solidarité vieillesse universel. Ses ressources sont constituées, en cohérence avec la nature de ses dépenses, de l’ensemble des recettes fiscales des régimes vieillesse actuels. » (Article 58)

La création du Fonds de solidarité vieillesse universel, ou FSVU, s’accompagne d’une clarification des circuits de financement qui n’est pas sans danger pour les politiques de solidarité assurant la redistribution et la correction des inégalités à l’intérieur du système de retraite. Les compensations pour les périodes de chômage, de maladie, de maternité, ou encore les pensions de réversion seront désormais financés entièrement et exclusivement par l’impôt, et non par les cotisations sociales. Cette fiscalisation de la partie solidaire du système, outre qu’elle déresponsabilise les entreprises en coupant le lien entre le financement des prestations de retraite et le travail producteur de richesses, met ces politiques à la merci des arbitrages des gouvernements, ouvrant la porte à leur possible remise en cause.

 

La porte ouverte aux fonds de pension

« Le présent article ratifie trois ordonnances relatives aux dispositifs de retraite supplémentaire. (…) Le secteur de l’assurance est appelé à se mobiliser, afin que le recours à ces véhicules se généralise (…). L’ordonnance n° 2019-766 du 24 juillet 2019 portant réforme de l’épargne retraite (…) vise à renforcer l’attractivité de l’épargne retraite. » (Article 64)

Le Figaro sonnait récemment la charge contre l’Humanité accusée d’être à l’origine d’une campagne de « suspicion » injustifiée à l’encontre du gestionnaire d’actifs américain BlackRock, que nous désignions il y a quelques semaines dans nos colonnes comme l’un des principaux intéressés à la réforme des retraites. Pour le quotidien conservateur, « la polémique BlackRock n’est en réalité que le dernier avatar en date de l’association poisseuse “Macron-Rothschild” ». Pas concernés par la réforme, les gestionnaires de fonds de pension à l’instar de BlackRock ? L’article 64 du projet de loi est pourtant un appel explicite au « secteur de l’assurance » à « se mobiliser » pour « généraliser » et « renforcer l’attractivité » des plans d’épargne retraite privés. Il ratifie pour cela des ordonnances prises dans le cadre de la loi Pacte votée au printemps, et qui transposent elles-mêmes des directives européennes libéralisant le commerce de ces produits. Véritable cheval de Troie législatif rangé dans les dispositions diverses en fin de texte, il vient dans la suite logique de l’article 13, qui limite le calcul des cotisations et des droits à la retraite aux salaires jusqu’à 10 000 euros par mois (contre 27 000 euros dans le système actuel). Au-delà de ce plafond, les cotisations baissent de 28 % à 2,8 %, libérant l’espace pour la capitalisation et les fonds de pension.

 

Décryptage réalisé par Marion d’Allard et Sébastien Crépel

 

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 11:14

 

Hier soir, un Premier ministre à la fois nerveux et ennuyeux tentait de vendre aux téléspectateurs de France 2 une retraite par points délestée provisoirement de son âge pivot  à 64 ans. Ce matin,  les éditorialistes commentent majoritairement ce retrait pour ce qu’il est : une manœuvre politicienne  pour tenter de briser la grève qui dure depuis plus de 40 jours.

 

Sur les 19 éditoriaux  dont l’Agence France Presse publie  des extraits ce lundi matin, 13 sont consacrés à la réforme des retraites et à la dernière manœuvre  de  Matignon, via le retrait provisoire de l’âge pivot  de 64 ans pour percevoir une retraite sans décote. Dans Midi Libre, Olivier Biscaye  écrit à ce propos : « En quelques semaines, Edouard Philippe  se sera distingué. Le Premier ministre a contribué  avec un certain talent à épaissir le brouillard sur les retraites  (…) Il n‘est pas d’avantage certain   que son  intervention dimanche soir au JT  de France 2 ait aidé à y voir plus clair. A ce rythme, on va finir  par se demander si c’est une réforme utile  que le chef du gouvernement entendait faire».

Dans  La Montagne, Florence Chedotal ironise en ces termes : «Trouvez-moi comment  équilibrer le système des retraites sans augmenter le coût du travail ni baisser les pensions. Vous avez trois mois pour rendre votre copie ! Faute de quoi, l’âge pivot, sorti par la porte et gardé bien au chaud, pourrait revenir par la fenêtre». Elle ajoute que « l’expérience fâcheuse  de l’assurance chômage  devrait toutefois motiver les partenaires sociaux, même si les marges de manœuvre ne sont pas folles ». Pascal Coquis, formule la même opinion  avec d’autres mots quand il écrit dans les Dernières Nouvelles d’Alsace: «Il y a ce proverbe chinois, usé jusqu’à la corde, qui dit que quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt. C’est  un peu la même chose pour la réforme des retraites et l’âge pivot… » . Pascal Coquis ajoute qu’en retirant l’âge pivot aujourd’hui  le Premier  ministre « range simplement dans sa poche le chiffon rouge qu’il agitait devant les syndicats « réformistes ». Mais au fond, il ne lâche rien .Sauf  sur quelques éléments de langage ».

Montrer à l’électorat de droite qu’on tient bon

 Car nous dit Bertrand Meinnel  dans le Courrier Picard, « trouver une issue  semble devenu la seule chose encore importante. Il importe de marquer des points dans l’opinion. C’est l’objectif du courrier d’Edouard Philippe, proposant une avancée partielle et provisoire; et qui ne règle rien  sur le fond d’une réforme peu convaincante  et mal préparée». Dans le Républicain Lorrain, Pierre Fréhel constate qu’il y a « un tel relent « d’en même temps » dans le petit cadeau offert à la CFDT  que l’on aurait plutôt tendance à y voir une façon  pour le boxeur Edouard Philippe  de sortir d’un mauvais pas ». C’est aussi l’avis  de Bruno Dive quand il écrit dans Sud-Ouest : « Pour le Premier ministre, il s’agissait de montrer à l’électorat de droite  qu’il tenait bon sur l’équilibre financier et les mesures d’âge; pour le secrétaire général de la CFDT, il fallait donner des gages à une base parfois plus radicale que lui (notamment à la SNCF) et tenir les deux bouts de la chaîne, entre contestation et cogestion ».

La pression syndicale ne sera pas de trop

Dans le journal l’Opinion, très marqué à droite, Nicolas Beytout met en exergue les objectifs  politiques d’Emmanuel Macron et les intérêts économiques du patronat en ces termes : « Le Président peut cocher la case « retraite à points» , le Premier ministre tient le principe  de sa mesure d’équilibre des comptes, la CFDT a réussi à faire plier l’exécutif  et à faire disparaître toute référence directe à un « âge pivot » et le MEDEF a obtenu l’engagement d’Edouard Philippe qu’il n’y aura pas  d’augmentation  des charges sociales  des employeurs ». Un point de vue assez voisin est formulé par Les Echos, le journal que la famille Beytout a vendu au milliardaire  Bernard Arnault  voilà une douzaine d’années. Cécile Cordunet y relève que « dans la bataille pour l’opinion de droite,  l’exécutif veut montrer qu’il n’a renoncé qu’à un mot -« âge pivot »-, pas à l’essentiel. Depuis ses vœux, le chef de l’Etat anticipe aussi ce moment et martèle qu’il continuera les réformes(…) Si Emmanuel Macron ne doit pas se couper de sa gauche  pour un futur second tour  présidentiel, c’est à droite qu’il a le plus à perdre, puisque c’est là que se trouvent ses soutiens. Un socle peut muter une fois, il l’a prouvé, sans doute pas deux ».

Le « socle »  qui a soutenu Macron tout en se réclamant de la gauche apprend à ses dépens  pour qui gouverne  l’actuel président. C’est peut-être en raison de ce constat  que l’on peut lire ces phrases sous la plume de Laurent Joffrin  dans Libération : « Il reste beaucoup à faire  pour préserver les intérêts des futures retraités, corriger les injustices potentielles, sans pour  autant négliger l’équilibre  du système à long terme pour lequel le MEDEF devra faire les concessions nécessaires. La pression syndicale ne sera pas de trop  pour aboutir in fine  à une réforme qui, pour une fois, ne soit pas une régression mais un progrès».

Ce qui implique de continuer le combat !

 

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 11:10

 

Après son « compromis » bâti avec le gouvernement, la CFDT a basculé, le week-end du 11 janvier, dans le camp néolibéral. Car le projet de loi confirme que le futur système des retraites sera réduit à la gestion des conséquences, sur les pensionnés, de la politique de compétitivité.

Pour saisir la nature du « compromis » trouvé entre la CFDT et le gouvernement samedi 11 janvier, il faut interroger sa signification sur le fonctionnement futur du système de retraite. Quel a été le vrai prix à payer par la centrale de Belleville pour le « retrait provisoire » de l’âge pivot dans le système actuel ? Il est plus élevé qu'on peut le penser, car ce qui a été accepté, bien davantage qu’une question technique sur les retraites, c’est un projet d’ensemble, économique et social.

 

La « règle d’or » financière : un nouveau carcan pour le système des retraites

Pour obtenir sa victoire symbolique, la CFDT a effectivement accepté un cadre très précis de gestion du système d’assurance-maladie, puisque le syndicat a décidé de conclure ce compromis une fois connus les deux projets de loi (organique et ordinaire). Il n’y a donc aucune ambiguïté possible sur ce qui a été rejeté et ce qui a été accepté.

Or, deux éléments clés ont été adoptés par la centrale de Belleville qui risquent rapidement de se transformer en pièges. Le premier, c’est la « règle d’or » financière, présente dans l’article 1 de la loi organique, qui interdit tout déficit sur cinq années consécutives, quelle que soit la situation macroéconomique. Ce cadre est très restrictif. En effet, l’ampleur des chocs conjoncturels oblige souvent le système à afficher un déficit plus large en raison de la baisse des recettes liée à la hausse du chômage. Comme le rappelle l’économiste Henri Sterdyniak dans une note publiée lundi 13 janvier, le déficit du système des retraites a été, durant la période 2009-2013, de 0,6 % du PIB. Avec, rappelons-le, un PIB qui a reculé de 2,2 % en 2009, forcément beaucoup plus que le montant des prestations à payer aux retraités.

Cette capacité d’absorption de la crise n’était pas anecdotique pour l’économie française. D’abord, parce qu’elle entraîne une dégradation relativement modérée des comptes publics. Mais surtout parce qu’elle permettait de maintenir les revenus des retraités et, ainsi, d’amortir les effets de la crise sur la consommation des ménages. Elle jouait le rôle de « stabilisateur automatique » qui ne peut fonctionner que si on laisse filer les déficits.

Une fois la croissance revenue, les recettes suivent et le déficit se résorbe. Entre 2016 et 2018, le régime général de l’assurance-vieillesse a ainsi affiché un excédent cumulé de 2,9 milliards d’euros. Avec la nouvelle règle d’or, c’en sera terminé : en cas de crise, il faudra trouver des solutions rapides de réduction des déficits. Cela induira des mesures rapides. Mais il faudra aussi dégager des excédents à la mesure des déficits causés par la crise. Autrement dit : cette règle d’or signifie une austérité permanente et la mort d’un des principaux stabilisateurs automatiques de l’économie française.

Car la CFDT a accepté, dans ce compromis, un autre élément en forme de piège : elle a agréé aux conditions du retour à l’équilibre financier en 2027 « sans augmentation du coût du travail ». En acceptant cette condition, la CFDT reconnaît l’impossibilité d’ajuster le système par les recettes.

Certes, cette concession est limitée au système actuel. Sauf que la règle d’or financière, elle, s’applique dès 2025 à l’ensemble du système des retraites, autrement dit pas seulement au système par points. Certes, l’autre condition est le refus de « baisser les pensions ». Mais que signifie ce terme ? S’agit-il de préserver un niveau nominal ou réel ? S’agit-il de préserver un taux de remplacement des salaires ? Il existera de nombreux moyens d’ajuster par le montant des pensions le système. Dans ce cas, les retraités seront sans doute amenés à compléter leur retraite par des emplois. Le projet de loi ordinaire contient, au reste, et sans surprise, dans son article 25, des mesures pour améliorer « l’attractivité du cumul emploi-retraite ».

Inévitablement, c’est bien l’allongement de la durée de cotisation ou de l’âge légal pour l’ancien régime par annuités qui permettra d’équilibrer, en cas de crise, l’ensemble du système des retraites. Autrement dit : on a abandonné l’âge pivot pour prendre des mesures d’allongement de la durée du travail, seule possibilité qui sera laissée à la conférence de financement.

Or, cet allongement de la durée du travail comme le cumul emploi-retraite n’ont qu’une fonction macroéconomique : augmenter « l’armée industrielle de réserve » en faisant pression sur le marché du travail et donc sur les salaires d’embauche. Le système des retraites est désormais axé sur cette seule obsession qui, in fine, risque de réduire les revenus réels des travailleurs et des retraités.

 

Une gouvernance très encadrée

Et c’est ici que se referme le second piège : celui de la gouvernance future du système. La CFDT soutient un système par points au nom de l’universalité du régime revendiquée par les fondateurs de la Sécurité sociale. Mais ces derniers se sont toujours refusé à un système étatisé : de 1945 à 1967, ce sont les salariés seuls qui ont géré le système. Or, le projet de loi crée bel et bien un système où l’État a le dernier mot.

On pourrait y voir un élément positif, dans la mesure où l’État pourrait incarner l’intérêt général issu du débat démocratique. Mais cela relève de la naïveté à plus d’un titre. En réalité, le système universel de retraite tel qu’il apparaît dans le projet de loi semble plusieurs fois verrouillé pour empêcher toute hausse des cotisations et des dépenses liées aux retraites.

Certes, l’article 55 du projet de loi évoque formellement la possibilité pour le conseil d’administration de la caisse nationale de retraite universelle (CNRU) de jouer sur le taux des cotisations d’assurance-vieillesse pour rééquilibrer financièrement le système. Mais cette option semble la moins probable. D’abord, parce que la gestion de ce conseil d’administration est paritaire et que le patronat français refuse tout relèvement du coût du travail au nom de la compétitivité externe. Ce n’est pas là un processus nouveau. Lorsque le paritarisme a été établi en 1967, c’était bien pour faire valoir les intérêts du patronat et donc préserver les taux de marge. Si néanmoins, on parvenait à imposer, à force de lutte, une telle augmentation, il surgirait immédiatement une deuxième difficulté : c’est le gouvernement qui prend la décision par décret « après avis du Comité d’experts indépendants ».

Or, ce Comité ignore la représentation syndicale. C’est pourquoi, en langage néolibéral, il est « indépendant ». Il ne l’est pourtant ni de l’État, ni d’une certaine idéologie, puisqu’il sera constitué, selon l’article 56, de quatre membres nommés par le président de la République (le président de ce Comité), celui de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Conseil économique, social et environnemental, ainsi que deux membres de la Cour des comptes. Encadré par cette dernière institution, ce comité sera clairement là pour fermer la porte à toute tentation de hausse des dépenses et des cotisations. C’est d’ailleurs lui qui fixera le cadre à long terme de l’action de la CNRU. C’est un des moyens les plus courants du néolibéralisme pour encadrer les décisions politiques : avoir recours à ces conclaves d’experts chargés de faire respecter la bonne route sous couvert d’expertise indépendante et de vision « rationnelle ». Dès lors, et c’est bien l’objet de ce type de comités, on voit mal l’État aller contre les experts. 

Et c’est là le dernier verrou : l’État n’est pas, à notre époque, le simple reflet de choix démocratiques. Il est encadré par des contraintes qui en font une puissance au service du capital, puisque les intérêts de ce dernier sont perçus comme l’intérêt général (à travers des phrases comme « ce sont les entreprises qui prennent les risques et créent des emplois »). Les limites de déficit, les divers comités « indépendants », l’incapacité à jouer sur la politique monétaire, la nécessité de fixer des orientations pluriannuelles des finances publiques (qui s’impose au cadre de la CNRU selon l’article 55) sont autant d’éléments qui renforcent et assurent cette tendance. Les tentatives avortées de sortie du cadre, de l’expérience de 1981 à celle de Syriza en Grèce, soulignent combien les choix de l’État, lorsqu’il veut briser ce cadre, sont contraints par les investisseurs et la compétition internationale. Seule la démocratie sociale représenterait alors un vrai contre-pouvoir. Et on a vu combien ce projet réduit cette dernière.

Dès lors, on parvient à ce paradoxe typique du néolibéralisme : l’étatisation conduit à une dépolitisation des choix économiques et sociaux. En centralisant les retraites sous le contrôle de règles financières contraignantes et de gardiens « indépendants », on ôte la capacité du système à prendre des choix alternatifs.

 

Les syndicats, limités à la gestion du désastre

Mais cela va encore plus loin. Car le dernier piège se referme avec l’article 3 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale de 2020 voté l’automne dernier. Cet article met fin au principe de la loi Veil de 1994 qui établissait la compensation de toutes les baisses de cotisations par l’État. Le gouvernement peut désormais, sans en aviser les partenaires sociaux, décider de réduire les cotisations sociales et choisir ou non de les compenser.

Or, l’article 1 du projet de loi organique sur les retraites, s’il fixe le cadre financier par la règle d’or, ne donne aucune garantie sur les ressources. On ne rétablit pas le principe de la compensation. Si donc, comme c’est hautement probable, le gouvernement poursuit sa politique de compétitivité-coût par la baisse du coût du travail, le conseil d’administration du CNRU sera chargé d’ajuster le système par des mesures qui font payer les retraités ou les futurs retraités. Ce sera d’abord l’allongement de la durée du travail grâce à l’âge d’équilibre qui reste bien dans le projet de loi pour le système par points et imposera ainsi un système de bonus/malus. L’âge d’équilibre augmentera avec l’espérance de vie (article 10).

Ce sera ensuite la baisse du taux de remplacement des retraites par rapport au dernier salaire. De ce point de vue, le projet de loi en son article 9 offre certes une garantie en promettant une évolution positive des taux d’acquisition et de service (ou de conversion) des points acquis. Mais c’est en réalité une faible protection. D’ici à 2045, les deux taux seront compris entre l’inflation et celle du revenu moyen par tête. À partir de 2045, ils seront par défaut égaux au revenu moyen par tête. On assure que cette situation est meilleure que la revalorisation à l’inflation actuelle.

Mais il existe trois réserves. D’abord, les retraites de l’ancien système continueront à être revalorisées au niveau de l’inflation, ce qui va concerner pendant longtemps une grande majorité des retraités (les premières pensions issues en partie du système par points arriveront en 2037). Ensuite, la revalorisation au salaire moyen est la règle en Allemagne et cela n’a pas empêché une forte chute du taux de remplacement des salaires et même une baisse de la moyenne des pensions versées pour deux raisons : l’éclatement du marché du travail et la modération salariale. Les réformes du marché du travail vont donc jouer contre les futurs retraités.

Enfin, l’article 9 prévoit que le gouvernement aura finalement la main sur les taux d’acquisition et de service « en l’absence d’approbation » d’une délibération du CA de la nouvelle caisse de retraite universelle. Bref, l’État pourra, pour financer sa politique de compétitivité, réduire le taux de service du point.

Autrement dit : le système de retraite qui sera en place dès 2022 sera un système géré par les coûts et uniquement par les coûts. C’est d’ailleurs le vrai intérêt du système par points dit à cotisations définies. Les cotisants ignorent absolument le montant de leurs pensions et le taux de remplacement jusqu’au moment de leur retraite. C’est donc ce critère qui sert de variable d’ajustement. Pour s’en convaincre, on rappellera que les régimes complémentaires par points existant en France ont vu leur taux de remplacement se réduire d’un tiers entre 1993 et 2018.

Le système est centré sur l’équilibre financier et non sur le maintien du niveau de vie des retraités qui n’est pas évoqué dans le projet de loi. Et comme les syndicats n’auront aucune maîtrise, ni aucune garantie sur les ressources, ils ne seront que les gérants du désastre ou les accompagnateurs de l’ajustement du système par les retraités.

Accepter un tel système revient donc purement et simplement à accepter cette logique : le maintien d’un coût du travail faible permettra de créer assez d’emplois et de richesses pour équilibrer le système sans baisser le niveau de vie des retraités. C’est donc un aveu de confiance dans la logique de la politique de l’offre et de la défiscalisation du capital comme politique économique. Cette confiance semble étrange. Les cas suédois et allemand montrent que les retraités ont fait les frais de cette logique avec l’explosion du risque de pauvreté chez les personnes âgées de ces deux pays. C’est pourtant le choix implicite de la CFDT.

De ce point de vue, le gouvernement a remporté samedi 11 janvier une éclatante victoire. Car s’il a, pendant des mois, multiplié les concertations et chercher des compromis, ce n’est pas réellement par hésitation ou incertitude sur la réforme elle-même. Le projet de loi publié le 10 janvier reprend très largement les conclusions du rapport Delevoye dont les grands principes étaient en réalité prêts dès 2017.

Cette recherche du compromis ne visait donc pas à modifier le projet, mais en réalité, à faire accepter une politique économique centrée sur la compétitivité externe et la protection du capital aux syndicats. Son modèle, c’était la concertation suédoise de 1991-1992 qui avait débouché sur le système qui a constitué l’inspiration de la réforme française. Cette concertation avait créé un large consensus, allant de la droite jusqu’aux syndicats, autour de la nécessité de la stabilité financière et de la préservation du coût du travail. Mais, malgré son adhésion au système par points, la CFDT ne pouvait accepter officiellement des mesures d’économies puisqu’elle défendait une réforme de « justice sociale ». C’était sa position en novembre dernier. Dès lors, elle rejetait effectivement une logique qui est celle de la gestion par les coûts. Avec la tragicomédie de « l’âge pivot », sa position a changé.

En acceptant de discuter de mesures d’économies dans le cadre restrictif de l’équilibre financier sur cinq ans, d’une gouvernance encadrée et de la préservation du coût du travail, la confédération bascule ouvertement dans le consensus néolibéral. Jadis, le réformisme entendait contraindre le capitalisme à améliorer le sort des travailleurs. Il a aujourd’hui un autre sens : accepter de soumettre davantage les travailleurs à la loi du capital en espérant que ce dernier se montrera reconnaissant. Mais cette victoire du gouvernement pourrait n’être qu’une victoire à la Pyrrhus dans un pays qui n’est pas dupe des intentions de l’exécutif.

 

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 06:05
Pierre Berthelot (document sur le site internet de l'ANACR 29: site des amis de la résistance du Finistère: http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com)

Pierre Berthelot (document sur le site internet de l'ANACR 29: site des amis de la résistance du Finistère: http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère
 
14/ Pierre Berthelot (1924-1986)
 
Une rue va bientôt porter son nom à Brest. A la demande des associations suivantes: l' Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance  ANACR; la Fédération Nationale des Déportés Internés et Patriotes FNDIRP; l'Association Républicaine des Anciens Combattants ARAC; la Fédération Nationale des Combattants Volontaires de la guerre 1939- 1945 et des forces de la Résistance; l' Association Nationale des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire; l' Amicale des Anciens Déportés du Camp de Oranienbourg Sachsenhausen et ses Kommandos; le Comité de Brest du souvenir des Fusillés de Châteaubriant...
 
Pendant la Deuxième guerre mondiale, notre camarade Pierre Berthelot a eu un rôle important dans la Résistance.
 
Né le 16 janvier 1920 à St Ségal dans le Finistère.
 
Il a été adopté par la Nation le 23 janvier 1924 suivant jugement du Tribunal civil de Châteaulin, en tant que fils d'un grand blessé de guerre. Son père Louis Berthelot, Officier de la Légion d'Honneur,  Médaille Militaire, Croix de Guerre 1914/1918, Croix de Guerre 1939/1945 , était revenu du front  amputé d'une jambe.
 
Pierre est entré à l'Arsenal de Brest en 1935.
 
Il est engagé volontaire pour la durée de la guerre le 17 JUIN 1940 à Brest.
 
Embarqué le 18 JUIN 1940 à Brest à bord du pétrolier ravitailleur rapide " le Tarn", avec toute la Flotte de Guerre, il prend la mer direction l'Angleterre. Sous la mitraille des avions allemands, au milieu des mines flottantes, près du Conquet, il voit l'aviso "le Vauquois" exploser, se couper en deux au contact d'une mine dérivante lâchée la veille par des avions allemands. Plusieurs de ses camarades travaillant avec lui à l'Arsenal de Brest périrent avec environ 132 autres marins. Ordre fût donné de changer de cap ! Direction le Maroc !
Devant St Nazaire , le cuirassé "Jean Bart "rejoint la Flotte. Son Commandant , le Capitaine de Vaisseau Ronac'h avait réussi l'exploit de faire sortir le cuirassé du fin fond de l'arsenal.
Malgré les tirs de l'aviation ennemie le "Tarn " ravitailla en munitions, en mazout  et en eau le  "Jean Bart ".
Après  Casablanca avec Georges Abalain , frère de Albert , tous les deux du Pont de Buis comme Pierre Berthelot , Toulon et les Camps de Jeunesse du côté de Aix en Provence, à Meyrargues, puis à Gap,
en janvier 1941, Albert Abalain vint du Pont de Buis en Finistère  jusqu'à Gap dans les Hautes Alpes (près de 1200 kms ), contacter son frère Georges Abalain et Pierre Berthelot pour qu'ils quittent leur camp de jeunesse.
Ils se firent libérés le 30 janvier 1941 et rejoignirent le Finistère pour combattre l'occupant nazi et ses collaborateurs français.
Au Pont de Buis, son père Louis Berthelot et Albert Abalain (fusillé au Mont Valérien avec 18  de ses camarades le 17 septembre 1943 ) avait créé un groupe de Résistance du Parti Communiste Français,les futurs Francs Tireurs et Partisans (FTPF ) .
Après de nombreuses actions offensives avec ses camarades, Venise Gosnat Responsable inter régional des FTPF pour la Bretagne le nomma  responsable de la direction des opérations armées des Francs Tireurs et Partisans  (FTPF ) pour le Sud Finistère, avec Jean Louis Prima et Pierre Corre (fusillés en 1943).
 
Organisateur de nombreux attentats ....
Vol d'explosifs à la Poudrerie nationale de Pont de Buis, dans les entreprises de carrière ... Destruction par explosifs du téléphérique de la poudrerie nationale du pont de Buis . Envoi de valises d'explosifs à ses camarades dans tout le Finistère, le Morbihan et les Côtes du Nord. Vol de métaux pour la revente.
Destructions de dépôts de fourrage de l'armée allemande dans les gares.
Attaques de perceptions , bureaux de poste, pour se procurer de l'argent, des tickets d'alimentation afin de subvenir aux besoins de son organisation de Résistance et  acheter du ravitaillement pour nourrir les  camarades entrés dans l'illégalité et les familles des emprisonnés. Fabrication , distribution de tracts ,et inscriptions murales contre le gouvernement de Pétain et l'armée d'Occupation....
C'est Pierre Berthelot qui approvisionnait  en  explosifs  ses camarades brestois. A chaque envoi , 50 kilos de dynamite, 2 valises de 25 kilos .
Les FTP ont fait la plupart de leurs attentats avec cette dynamite.
 
Arrêté le 21 octobre 1942 à Landévénnec, transféré à la gendarmerie de Argol , puis  au commissariat de St Martin à Brest, il est incarcéré à la prison de Pontaniou. Torturé par des policiers français sous le portrait de Pétain, en présence et sous l'autorité du juge Piton du tribunal de Rennes, il nia farouchement toute participation à la Résistance.
Le 20 janvier 1943 il est transféré de Brest au camp de Royalieu à Compiègne au Front Stalag 122 sous administration allemande.
Le 24 janvier 1943 il est déporté au camp de concentration de Oranienbourg  Sachsenhausen dans le même train que 230 femmes venant du camp de Romainville: Danielle Casanova, Marie Claude Vaillant Couturier qui témoigna au procès des criminels de guerre nazis à Nuremberg,  Hélène Langevin , fille du Professeur  Paul Langevin, épouse de Jacques Solomon, Maï Politzer ,épouse de Georges Politzer (Jacques Solomon et Georges Politzer ont été fusillés le 23 mai 1942 au Mont Valérien), Charlotte Delbo, Suzanne Momon ,la mère de Gilbert Brustlein, qui avec Pierre Georges (plus connu sous le nom de Fabien ) participa à l'attentat du métro Barbès, puis à l'exécution de Karl Hotz Feld Kommandant de la place de Nantes avec 2 autres militants communistes ,Marcel Bourdarias et Spartaco Guisco.
Les 4 wagons des femmes furent détachés à Halle et dirigés vers Auschwitz .
Le train des 1600 hommes continua vers Berlin et le sinistre camp de Oranienbourg Sachsenhausen .
Pierre Berthelot a été transféré au camp de Dachau le 18 juillet 1944.
Libéré le 27 mai 1945, il est rapatrié le 28 mai 1945 à Paris hôtel " Lutétia " .
Pierre Berthelot en raison de sa bravoure a reçu de nombreuses distinctions et décorations:
 
Chevalier de la Légion d'Honneur
Croix de Guerre avec Palme et Citation à l'Ordre de l'Armée
Croix du Combattant Volontaire
Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
Croix du Combattant
Médaille de la Déportation et de l'Internement pour faits de Résistance
Médaille de la France Libérée
Médaille des Bléssés Militaires
Médaille Commémorative de la Guerre 1939/1945 avec Barrette  "Engagé volontaire"
 
Il est mort pour la France le 7 avril 1986 à Brest  des séquelles de sa Déportation.
 
Pierre Berthelot est revenu des camps  Grand Invalide de Guerre à la suite des privations et des sévices subis.
 
Lire aussi:

Lire aussi les articles précédents de la série:

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 06:29
photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Michel Tudo

photo Michel Tudo

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Michel Tudo

photo Michel Tudo

photo Michel Tudo

photo Michel Tudo

photo Michel Tudo

photo Michel Tudo

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

Près de 600 personnes ont arpenté les rues de Morlaix ce samedi matin contre le maintien de la réforme des retraites.

Diaporama : Morlaix Samedi 11 janvier 2020, manifestation intersyndicale contre la réforme des retraites

400 personnes manifestaient à Carhaix, plus de 500 à Quimper, et 1500 à Brest pendant ce temps.

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 06:10

Nos camarades de la commission féministe du PCF Finistère étaient Place de la Liberté pour informer les Brestois.es. sur l’enjeu féministe de la réforme des retraites : des discussions intéressantes et 250 tracts distribués .

En France, aujourd’hui, 6ème puissance économique mondiale, les Françaises sont plus pauvres que les français et la réforme des retraites ne va pas améliorer les choses !

70% des travailleurs pauvres sont des femmes !

L’écart moyen des salaires entre les femmes et les hommes en France aujourd’hui est de 25 % et de 15% même à temps complet ! 

70% des allocataires du minimum vieillesse sont des femmes (868 €)

Tous régimes confondus de retraites, la pension de femmes est en moyenne de 1123 € contre 1933 € pour les hommes.

Les femmes partent plus tard que les hommes à la retraite à taux plein car elles stoppent leurs carrières pour les enfants, subissent le temps partiels…

La retraite est le miroir grossissant des inégalités salariales !

La réforme des retraites de Macron propose de calculer le montant de la retraite sur l’ensemble de la carrière (au lieu de 25 ans aujourd’hui dans le secteur privé) : c’est mécanique ! Cela  va diminuer les pensions et décupler les inégalités

Pour les femmes, notre autonomie financière est garante de notre liberté !

Le PCF demande au président Macron d’abandonner son projet de réforme des retraites……

Cantinières, femmes de ménages, assistantes maternelles, caissières, aide soignantes, infirmières, AVS, assistantes de vie, travailleuses précaires de tous domaines, ingénieures ou directrices, révoltons nous toutes ensemble !

Pour une société juste, permettant à chaque être humain, émancipé-e, de se développer pleinement, librement et décider de sa vie, rejoins, rejoignez le PCF !

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 05:30
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

13/ Albert Abalain (1915-1943)

Article de Jean-Pierre Besse pour le Maitron des fusillés de la seconde guerre mondiale en ligne: http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr

Né le 13 janvier 1915 à Quimerch (Finistère), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; pensionné, réformé de la marine ; communiste ; résistant FTPF dans le Finistère.

Fils d’un poudrier et d’une ménagère, Albert Abalain était pensionné à 100 % de la Marine et domicilié à Pont-de-Buis-lès-Quimerch (Finistère). Il adhéra au Parti communiste français (PCF) en 1936, milita à la Confédération générale des travailleurs (CGT) et participa à la reconstruction du PCF clandestin ainsi qu’à des actions menées à l’Arsenal de Brest (Finistère). Il entra très tôt dans la résistance armée communiste et selon certaines attestations contenues dans son dossier à Caen, il aurait été chef départemental des FTP du Finistère et membre de l’état-major FTP. Il fut arrêté le 1er octobre 1942 en gare de Châteaulin (Finistère) par la police française après le démantèlement du groupe FTP de Lorient (Morbihan). Le rapport de la gendarmerie de Châteaulin, en date du 1er octobre, signalait : « Suite à l’attentat dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1942 contre la caserne Frébaud à Lorient [...] des renseignements reçus du commandant de section de Lorient, Abalain réformé 100 % de la marine et domicilié chez ses parents ne serait pas étranger à cette affaire. Sur le quai nous remarquons un individu correspondant au signalement. » Il fut arrêté en possession de papiers qui le domiciliaient à Hauteville (Ain), d’une somme d’argent et de faux-papiers. Il réussit à s’évader mais fut repris au petit matin du 2 octobre près du pont SNCF à Pont-de-Buis. Incarcéré au château de Brest puis détenu par le Service de police anticommuniste (SPAC) à Lorient du 8 au 12 octobre 1942, il fut à nouveau enfermé au château de Brest puis à la prison Jacques-Cartier de Rennes (Ille-et-Vilaine) à partir de janvier 1943 avant d’être transféré à Fresnes (Seine, Val-de-Marne) le 28 juillet 1943. Il fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand Gross Paris (Abt B) le 28 août 1943 pour « sabotages par explosifs et attaques à [sic] l’armée allemande ». Le rapport de gendarmerie déjà cité nous donne le signalement suivant : « 1 m 70, cheveux blonds, yeux bleus, nez rectiligne, visage ovale. » Il a été fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien.
Abalain figure sur le monument aux morts de Pont-de-Buis-lès-Quimerch, ville où vivaient, après la guerre, sa mère, Jeanne née Veignant (veuve), et ses frères. Le site des plaques commémoratives le dit « fusillé au Mont-Valérien avec dix-huit autres militants communistes de Brest ». Le fichier départemental du Finistère le donne bien comme fusillé au Mont-Valérien le 28 septembre et la presse locale donne la même information.
Homologué à titre posthume au grade de capitaine FFI en décembre 1947 avec attribution de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance en 1948, il eut, à titre, la carte de Combattant volontaire de la Résistance (CVR) en décembre 1953 et la Légion d’honneur en juin 1955.
 
Extraits de missive de juillet 1943, quelques jours avant son exécution. 
« Je n'ai aucun espoir de sauver ma vie, l'officier instructeur m'a déclaré que je serais fusillé. Cela ne m'effraie pas, je mourrai brave en communiste, je suis fier d'avoir lutté pour l'indépendance de mon pays et de sauver de l'esclavage le peuple de France. Ceux qui m'ont livré aux Allemands, des policiers français ou soi-disant tels, ceux qui se sont fait les pourvoyeurs de cours martiales, auront à rendre des comptes, un jour, de leur conduite répugnante. Ce que j'ai pu souffrir par eux, vous ne le saurez jamais. Impossible d'imaginer le sadisme de ces chiens de garde du capitalisme. Privés de soins, de nourriture, cravaché jour et nuit, exposé durant des nuits durant aux courants d'air du mois de novembre, sans paillasse et sans couverture, dans une cellule si petite qu'il n'est pas possible de remuer pour tenter de se réchauffer. J'imaginais mal, avant mon arrestation, que les Français puissent se conduire ainsi avec les bons patriotes. La justice est en marche, là-bas du côté de l'Est de l'Europe où les héros de l'Armée Rouge infligent aux fauteurs de guerres capitalistes de sévères pertes. »
 
 
Lire aussi:
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011