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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 07:49
La gauche réussit à élaborer une plateforme commune (L'Humanité)
Jeudi, 23 Janvier, 2020

En l’absence des insoumis, treize organisations politiques de gauche et écologistes ont présenté, hier, à l’Assemblée nationale des propositions alternatives à la réforme du gouvernement.

 

Un mois de travail et, au final, une « plateforme commune » : six mesures en faveur des retraites, accompagnées de six autres mesures destinées à les financer. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, saluait à l’Assemblée nationale le résultat d’un processus initié au mois de décembre à Saint-Denis, lors d’un meeting rassemblant les forces de gauche contre la réforme des retraites. Depuis, d’autres rencontres avaient eu lieu, non seulement entre les organisations politiques, mais aussi avec les salariés en lutte depuis le 5 décembre.

Une motion de censure est envisagée

Ce processus a abouti à une plateforme de mesures en faveur des retraites sur lesquelles pas moins de treize organisations politiques de gauche ont réussi à se mettre d’accord. En présentant, hier, ce projet, seule la France insoumise était absente… Ce qui n’a pas empêché deux de ses députées, Clémentine Autain et Caroline Fiat, de participer à la conférence de presse aux côtés de Fabien Roussel, Olivier Faure (PS), Sandra Regol (EELV) et d’autres parlementaires de la gauche. « Nous ne sommes pas venues parler au nom de collègues », précisait Clémentine Autain, qui rappelait également que la France insoumise avait présenté son propre contre-projet de réforme des retraites. « Il s’agissait d’abord de voir ce qui nous rassemble », insistait Fabien Roussel. Olivier Faure, à l’intention des insoumis, soulignait que « nous restons ouverts à tous ceux qui le veulent ». Le même jour, le groupe GDR présentait ses vœux. La députée FI Mathilde Panot était dans l’assistance. La semaine dernière, les insoumis et les deux autres groupes de la gauche ne s’étaient pas entendus sur le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement. Pour autant, cette option est toujours envisagée. « Il y aura indéniablement une motion de censure, rappelait André Chassaigne, le président du groupe GDR. Mais nous le ferons en temps voulu. Pour l’instant, l’heure est à la mobilisation sociale. »

L’absence de FI n’entamait donc pas la satisfaction de pouvoir présenter une plateforme commune. Avec celle-ci, les treize organisations signataires proposent « six piliers pour de nouveaux droits ». D’abord, « améliorer le système par répartition », en opposition à « la substitution, même partielle, de cette solidarité publique par des démarches de capitalisation ». Ensuite, « garantir un droit à la retraite en bonne santé pour toutes et tous », en posant comme « exigence préalable la fin des mesures consistant à allonger la durée de cotisation ». « Notre système de retraite n’est pas en faillite, son déficit est creusé par la politique du gouvernement », assurent les parlementaires. La gauche propose également une « règle d’or », assurant « la parité du niveau de vie entre les retraités et les travailleurs, dans le public comme dans le privé », ainsi qu’une « meilleure prise en compte de la pénibilité ». Cinquième pilier, les partis politiques entendent garantir « une retraite minimum au niveau du Smic pour une carrière complète ». Et, pour les carrières incomplètes, ils se sont mis d’accord pour une « réforme du minimum vieillesse, pour qu’il ne soit pas en deçà du seuil de pauvreté » (1 040 euros). Dernier axe, enfin, l’égalité femmes-hommes : les élus considèrent qu’elle « implique de réduire la fracture salariale entre les hommes et les femmes ».

L’emploi des seniors « doit devenir une priorité »

Le dispositif prévoit en outre six « pistes de financement » : « mobiliser les fonds de réserve des retraites ou une partie des fonds de la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) qui seront disponibles à compter de 2024, au moment de l’extinction de la dette de la Sécurité sociale ». La plateforme réaffirme aussi « le financement par la cotisation sociale » et veut « interroger » l’utilité et l’efficacité des politiques d’allégements de cotisations sociales. Les treize organisations chiffrent à 66 milliards le coût de ces allégements dans les finances publiques. « Réfléchir à des ressources nouvelles » est la troisième piste de financement, visant notamment les revenus financiers : « S’ils cotisaient à l’assurance-vieillesse à un taux égal à celui des employeurs du secteur privé, ce serait 30 milliards de recettes à la clé. » Les élus veulent également maintenir « la cotisation à 28,1 % jusqu’à 27 000 euros de revenus par mois ». « Le projet du gouvernement table sur la perspective d’un chômage élevé », rappelait le sénateur (PCF) Pierre Laurent. Or, la « création d’emplois, notamment dans les services publics », est la cinquième piste de financement du système de retraite de ce projet commun. L’emploi des seniors, notamment, « doit devenir une priorité ». Enfin, la gauche compte financer ses mesures grâce à l’augmentation des salaires et l’application réelle de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

Maintenant que ces propositions sont sur la table, les partis signataires de la plateforme déposeront des amendements pour les mettre en œuvre lors du débat parlementaire. Même si, ainsi que chacun l’a souligné devant la presse, chaque formation reste libre de proposer son propre projet.

Diego Chauvet
La gauche (presque) unie propose les pistes d’une contre-réforme des retraites (Le Monde)

Treize formations, à l’exception de La France insoumise, ont présenté six mesures communes et des idées de financement pour répondre à la réforme du gouvernement.

L’adage est connu des militants : « Marcher séparément, frapper ensemble. » Ce mot d’ordre léniniste est appliqué aujourd’hui concernant la réforme des retraites par presque toute la gauche parlementaire – à l’exception notable du groupe La France insoumise (LFI) qui n’apprécie guère ce genre de réunions.

Mercredi 22 janvier, une grande partie de la gauche a présenté des contre-propositions communes autour d’une plate-forme. Il serait trop long d’égrener exhaustivement les treize organisations signataires du document, mais citons pêle-mêle : le Parti socialiste (PS), le Parti communiste (PCF), Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Les Radicaux de gauche, Génération.s ; Place publique, Ensemble ! et la Gauche républicaine et socialiste (deux formations satellites de LFI).

« Cette initiative découle du meeting commun de Saint-Denis, en décembre, a expliqué Fabien Roussel, le patron des communistes, lors d’un point-presse, mercredi 22 janvier, à l’Assemblée nationale. Cette plate-forme est issue d’un mois de discussions. Nous demandons le retrait de la réforme d’Emmanuel Macron, de véritables discussions pour étudier les propositions visant à améliorer le système actuel, sans le casser et sans mesures d’âge. » Sandra Regol, numéro 2 d’EELV abonde : « On tient au système par répartition, on veut l’améliorer. »

« Nous avons cherché un consensus à gauche et chez les écologistes. Il n’y a pas un seul chemin possible, il y a une autre voie que celle du gouvernement, nous présentons une alternative », a insisté, pour sa part, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, se référant au Conseil national de la Résistance. « C’est déjà significatif. C’est ce que l’on attend de nous pour qu’émerge une alternative », a complété le communiste Pierre Dharréville.

Ces contre-propositions s’articulent autour de six piliers. L’amélioration du système par répartition ; « la garantie d’un droit à la retraite en bonne santé », en refusant l’allongement de la durée de cotisation et tout âge pivot ; l’établissement d’une « règle d’or qui assure la parité du niveau de vie entre les retraités et les travailleurs, dans le public et dans le privé » ; une meilleure prise en compte de la pénibilité ; une retraite minimum au niveau du smic, et une égalité femmes-hommes effective dans les salaires et les pensions.

Sont adossées à ces mesures des pistes de financement. Les partis de gauche proposent ainsi, entre autres choses, de mobiliser les fonds de réserve des retraites ou une partie des fonds de la Caisse d’amortissement de la dette sociale. Ils veulent également « élargir l’assiette de financement aux revenus du capital, notamment les revenus financiers », ainsi que le maintien de la cotisation à 28,1 % jusqu’à 27 000 euros de revenus mensuels.

Plus petit dénominateur commun

Ce travail est une sorte de plus petit dénominateur commun entre des organisations qui sont loin de partager les mêmes options. Beaucoup de ces formations ont, d’ailleurs, publié leur propre projet de réforme. Les sujets qui fâchent sont absents (comme les régimes spéciaux ou la question de l’âge légal de départ à la retraite). Un seuil, donc, à partir duquel certains, notamment communistes et quelques socialistes, espèrent construire un programme commun. Même si cette envie n’est pas partagée par les Verts et encore moins par les « insoumis ».

Ce document arrive à un moment où la mobilisation s’essouffle et pourrait donc peiner à trouver un écho important. « Il n’est jamais trop tard ! Les Français refusent toujours majoritairement cette réforme. On donne du crédit à la possibilité d’avoir d’autres choix, veut croire, au contraire, Clémentine Autain, qui était présente au nom de son parti Ensemble ! et non de La France insoumise. On est loin d’être au bout du chemin, la bataille continue. » Celle de l’union aussi.

ABEL MESTRE, LE MONDE, 22 janvier 2020

 

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 07:23
Retraites: mobilisation du 24 janvier (Le Télégramme Morlaix, 23 janvier 2020)

L’appel à la grève a été lancé par l’intersyndicale regroupant la CGT, FO, FSU, Solidaires. Un mouvement soutenu par le Parti communiste. Une manifestation est prévue à partir de 11 h, sur la place des Otages, à Morlaix

Une nouvelle manifestation contre la réforme des retraites est prévue vendredi 24 janvier à Morlaix. Les écoles et le réseau de bus seront impactés par la grève.

Les enseignants de l’école Jean-Piaget ne désarment pas. Comme depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites, l’établissement sera impacté par cette nouvelle journée de grève, vendredi 24 janvier. Tous les enseignants seront grévistes. Un service minimum d’accueil a été prévu par la Ville de Morlaix. Idem à l’école du Poan Ben, qui comptera trois enseignants en grève.

Avec un enseignant gréviste dans les écoles Corentin-Caer et Émile-Cloarec, un service minimum sera assuré. L’école Jean-Jaurès ne devrait pas connaître de perturbations au contraire de celle de Gambetta, où il n’y aura garderie ni le matin, ni le soir, ni restauration scolaire pour les élèves de maternelles. Pour les autres écoles, les services de garderie et restauration seront assurés*.

 

Les lignes de bus 3 et 4 fermées

Du côté des transports sur le territoire de Morlaix communauté, cinq agents du réseau urbain de Linéotim seront en grève. La ligne 3, entre Le Launay et Ploujean, la ligne 4, entre Penlan et le centre commercial Géant Casino, ainsi que la ligne A1, pour les scolaires, ne circuleront pas. Les liaisons, le midi, de la ligne A, seront également annulées. « Mais tout le réseau interurbain fonctionnera normalement », assure-t-on chez Linéotim.

L’appel à la grève a été lancé par l’intersyndicale regroupant la CGT, FO, FSU, Solidaires. Un mouvement soutenu par le Parti communiste. Une manifestation est prévue à partir de 11 h, sur la place des Otages, à Morlaix. Un cortège devrait ensuite se former pour faire le tour de la mairie, jusqu’à la place Charles-De Gaulle.

Le Télégramme, 23 janvier 2020

 

 

* Dans le secondaire au collège du Château, il y aura 19 profs grévistes, au collège Mendès France, 7 profs grévistes (Note Chiffon Rouge)

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 07:10
Retraites, d'autres choix sont possibles: construire un débouché politique à gauche - Conférence de presse unitaire des partis de gauche, 22 janvier
Construire un débouché politique au mouvement social, c’est d’abord poursuivre le travail pour valoriser nos propres propositions et pour rassembler autour d’un projet alternatif.
À l’initiative de Fabien Roussel, un texte unitaire travaillé par 13 formations de gauche a été rendu public ce mercredi matin. Il formule des propositions communes en vue du débat parlementaire...

"Nous réaffirmons notre demande de retrait du texte du gouvernement", a souligné Fabien Roussel, lors de la conférence de presse de ce matin, réclamant de "véritables discussions pour améliorer le système sans le casser".

Accéder ici à la plateforme unitaire et au texte de propositions communes

Retraites : d'autres choix sont possibles ! (Plateforme unitaire)

PLATEFORME COMMUNE DES FORCES DE GAUCHE ET ÉCOLOGISTES

Signataires :

ENSEMBLE, EUROPE ECOLOGIE LES VERTS, GAUCHE DÉMOCRATIQUE ET SOCIALE, GAUCHE RÉPUBLICAINE ET SOCIALISTE, GÉNÉRATION.S, LES RADICAUX DE GAUCHE, NOUVELLE DONNE, PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS, PARTI SOCIALISTE, PLACE PUBLIQUE, POUR UNE ECOLOGIE POPULAIRE ET SOCIALE, RÉPUBLIQUE ET SOCIALISME, UNION DES DÉMOCRATES ET ECOLOGISTES.

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 06:17
Le bac Blanquer : un bac local dans des conditions indignes. Une seule solution : l’annulation des épreuves de janvier. Conférence de presse commune à Rennes du SNES FSU avec les parents de la FCPE le 22 janvier.

Le bac Blanquer : un bac local dans des conditions indignes. Une seule solution : l’annulation des épreuves de janvier. Conférence de presse commune à Rennes du SNES FSU avec les parents de la FCPE le 22 janvier.

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 06:07
photo d'Yves Autret - capitaine Pierre (site de l'ANACR Finistère)

photo d'Yves Autret - capitaine Pierre (site de l'ANACR Finistère)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

24/ Yves Autret  (1923-2017)

 

Voici la biographie d'Yves Autret écrite par Gilles Pichavant pour le Maitron: 

 

Né le 2 octobre 1923 à Saint-Segal (Finistère), ouvrier du bâtiment; syndicaliste CGT du Finistère; communiste; résistant FTPF.

 

Yves Autret naquit le 2 octobre 1923 à Saint-Segal.

 

Ayant adhéré au Parti Communiste en 1938, alors qu'il n'a que 15 ans, à la cellule de pont-de-Buis, rattachée à la section de Quimper.

 

En fin 1940 ou début 1941, sous l'occupation, il fut contacté par Fanch Merrien*, pour le PCF clandestin. Dès lors, il fut un diffuseur de journaux et de tracts clandestins, pour le PCF, la JC, puis le FN. Il participa à des actions directes  contre l'occupant avec [Maurice Cam->157353] — qui était un voisin, du même âge que lui, et avec qui il avait été à l'école primaire — et [Albert Abalain->142667].

 

Versés aux FTPF au printemps 1942, ils participèrent sous les ordres de Maurice Cam à l'incendie de l'émetteur en construction de Radio-Quimer'ch. Ils passèrent ensuite au maquis FTPF de Spézet-Saint-Goazec.

 

Yves Autret devint rapidement le "recruteur" départemental des FTPF. Au départ de Moreau*

Il intégra le triangle départemental des FTPF comme responsable aux effectifs, et resta jusqu'à la Libération au commandement départemental des FTPF sous le pseudonyme de Capitaine Pierre. Jeune chef FTP du Finistère, il participa aux combats de la Libération. Puis il participa aux exhumations des fosses de Mousterlin dans lesquelles on retrouva les corps de Maurice Cam, et de son neveu Guy Cam*, qui avaient été arrêtés puis fusillés ensemble, avec d'autres, sur les dunes de Mousterlin.

 

À la Libération Yves Autret continua son activité militante au PCF, et fut un temps responsable départemental et permanent du mouvement de la Jeunesse communiste pour le Finistère.

 

Devenu ouvrier du bâtiment, il adhéra à la CGT, et devint délégué syndical, et délégué du personnel, à la succursale brestoise de l'entreprise Rapt-et-Brice, grosse entreprise de travaux public. Dans les années 1950 et 1960 il y avait 160 syndiqués à la CGT sur 180 salariés dans cette succursale.

 

SOURCES: {1918-1945, 1640 militants du Finistère}, d’Eugène Kerbaul, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. — Archives familiale et témoignages d'Yves Autret

 

***

 

Yves Autret est décédé à 93 ans, en août 2017. Il était médaillé de la Résistance, Croix de guerre 1939-1945, Chevalier de la légion d'honneur.  
 
La fédération du Parti Communiste du Finistère, qui lui rend un vibrant hommage aujourd'hui, à son courage, à sa vie de conviction au service des idéaux les plus nobles, sera représenté pour lui dire un dernier adieu et un grand merci pour sa vie d'engagement.  
 
Avec Yves, capitaine Pierre, nous perdons le dernier représentant de l'état-major FTPF du Finistère encore parmi nous. Il avait 20 ans en 1944. C'était le chef départemental FTPF-FFI du Finistère. 
 
Il a fait parti du Comité Départemental de Libération, puis du Parti Communiste où il a milité de nombreuses années dans le Centre-Finistère, à Pont de Buis.  
 
Yves était membre du comité d'honneur de l'ANACR. Il ne participait plus aux réunions depuis 3 ans pour cause de maladie. 
 
La présidente de l'ANACR Finistère, Anne Friant Mendrès a écrit en 2005 avec Yves Autret quelques pages pour retracer son exceptionnel parcours et l'histoire de la résistance (communiste notamment) en Finistère sur le très bon site de l'ANACR.
 
Finistère: http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com 
 
C'est un témoignage absolument unique et passionnant dont nous reprenons les premières pages ici, la suite étant à lire sur la page suivante:  
 

Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h, février 2005.
Entretiens entre Yves Autret, capitaine Pierre dans la Résistance, et Anne Friant-Mendrès, fille d'un des camarades de Résistance de Yves.

 

En note, des biographies de militants du Finistère écrites par leur camarade Eugène Kerbaul en 1985. Elles complètent les informations données.

Pont-de-Buis l’ouvrière née de sa poudrerie fondée en 1688. La poudre à canon est destinée à Brest, le port de guerre du Ponant. Ses ouvriers sont les paysans des communes voisines. 
La cité s’est bâtie sur les dernières pentes montagneuses avant l'océan, au bord de la Douffine, affluent de l’Aulne, rivière qui traverse Châteaulin, la ville voisine.
Sous-préfecture du Finistère, célèbre par la présence de 1930 à 1933 d'un sous-préfet promis à un avenir héroïque, Jean Moulin, Châteaulin est un carrefour, ouvrant vers Carhaix à l'est, vers Crozon à l'ouest, à mi-chemin entre Brest et Quimper. Elle sera considérée comme un point stratégique par l'armée d'occupation. 

 

Pont-de-Buis, par sa poudrerie, sa population ouvrière, sa situation géographique ouverte sur tout le département par sa proximité avec Châteaulin, devient très tôt un centre de Résistance à l’Occupation Allemande et à la Collaboration de 1940 à 1944. 

1-Yves Autret.

Cette période de notre Histoire est aussi celle de l’entrée dans la vie du tout jeune homme que j’étais alors.La France est défaite par les armées allemandes. Philippe Pétain, né en 1856, Maréchal de la guerre 14-18, reçoit les pleins pouvoirs. Il conclut un armistice le 22 juin 1940 dans des conditions honteuses, laissant notre alliée, l’Angleterre, seule face à l’ennemi et entre dans une politique de collaboration avec l’Allemagne nationale-socialiste. La « Révolution Nationale », nom donné par Pétain à l’action de son gouvernement de Vichy, est à l’ordre du jour. Interdiction des grèves et promulgation du « Statut des Juifs » dès la fin de l’année 1940. 
Depuis septembre 1939, à la suite du Pacte Germano-Soviétique, le Parti Communiste est dissous.

Mais nous, nous ne doutons pas. Nous savons quel combat nous attend. La guerre d’Espagne et son issue tragique nous y a préparés. Staline veut gagner du temps pour s’armer en prévision de l’inéluctable affrontement entre fascisme et socialisme. Bientôt l’Union Soviétique sera à nos côtés. 

Le pays est occupé, dépecé, rationné, pillé. Beaucoup d’hommes sont prisonniers de guerre, et bientôt la jeunesse sera requise pour le Service du Travail Obligatoire en Allemagne. 
La Bretagne est en zone occupée. Toute la côte est en zone interdite. Brest est pour la Kriegsmarine une position stratégique de la plus haute importance. 
Nous entrons dans « le tragique des quatre années maudites »*. Le tout jeune homme que j’étais devra vite grandir. 

Pont-de-Buis. Il faut parler d’abord de la famille Berthelot, et en particulier du père, Louis Berthelot. Cet homme qui était une grande figure du mouvement syndical et politique avait appris à lire et à écrire en suivant la scolarité de ses enfants. Il n’était pas allé à l’école. Tout jeune, il était dans les bois à faire des sabots. Un homme formidable. Nous habitions le même quartier, une cinquantaine de mètre séparait nos maisons. Il avait perdu une jambe …et sa religion dans les tranchées. C’était un grand blessé de la guerre 14-18. Je le connaissais bien, et j’ai toujours eu pour lui la plus grande admiration. C’était un père attentif à l’éducation de ses enfants. Il les a formé aux valeurs progressistes et républicaines. Il connaissait les « Histoires de Yann et de Chann », et tous les soirs il les leur racontait. 
Ouvrier à la poudrerie, il était secrétaire des Anciens Combattants, militant syndical et politique. 
Il fut arrêté fin 42 ainsi que son fils Pierre par les flics de Châteaulin. Ils furent tous deux déportés. Ils revinrent des camps, mais l’épreuve fut si dure que sa femme en perdit la raison, ce dont souffrit beaucoup la plus petite, sa dernière fille. 
Il y avait aussi Maurice Cam, qui participera à mes côtés aux premiers sabotages, et Guy, son neveu.
Maurice était ouvrier aux écritures à l’arsenal. Il était avec nous aux Jeunesses Communistes. Il faisait partie du groupe de Brest. Quand ils ont été chassés de Brest, Guy et lui ont rejoint le maquis de Saint-Goazec-Spézet. 
Guy Cam a aussi laissé la vie dans ce combat.

Je vois toujours un frère de Maurice. Il vient là en vacances. 


2-L’Aigle d’Or

Yves Autret. Brest. 1941. Il faut parler de l’hôtel restaurant de l’Aigle d’Or, 57 rue Jean Jaurès à Brest.

Brest était en zone interdite, mais les Allemands avaient besoin de main-d’œuvre pour la construction de leur Mur de l’Atlantique et le port de guerre. Brest était un immense chantier. Les hommes démobilisés venaient y chercher du travail. 
« L’Aigle d’Or » était un restaurant ouvrier, où tous les copains se retrouvaient. Il y avait là Le Rest, Jean-Pierre Le Rest, un gars du bâtiment, de Quimerc’h . Il a disparu au cours d’un transport. 
Tous les gars de Pont-de-Buis fréquentaient cet hôtel. Il y avait là Albert Abalain, François Le Gall qui était ingénieur, Yves Gourmelon, mort des suites de tortures. « L’Aigle d’Or » était l’âme. Pierre Corre, tous les chefs se retrouvaient là. 
Je me rappelle que Pierre Corre descendait souvent chez Berthelot.
Il y avait aussi des Républicains Espagnols. Un fort groupe.* C’était un grand restaurant ouvrier. On y trouvait aussi des « Bretons émancipés de Paris.» Beaucoup ont été internés puis libérés. L’un d’eux, un Morvan de Douarnenez, dit « La Sardine », m’a servi de planque pendant toute l’occupation. 
J’aimerais savoir ce que sont devenues ces femmes qui tenaient le restaurant après la guerre. Elles sont allées voir les copains et leur porter des colis quand ils ont été arrêtés.

NOTE*Ils se sont évadés des CTE, Compagnies de travailleurs Etrangers, soumis par l’occupant à un travail de forçat pour la construction du mur de l’Atlantique et les travaux de la base sous-marine. Ils étaient détenus au Fort de Montbarey. Cf Eugène Kerbaul ( Chronique d’une section communiste de province) et le livre de Antonio Muñoz Zamora ( Mathausen 90 009) racontant « La Resistencia Española contra las hordas nazis en la ciudad de Brest »


NOTE: Eugène Kerbaul cite Claudette Jeanne Cormault dans son Dictionnaire Biographique :
« Née à Brest en 1910. Entre dans la Résistance au Front National et aux F.T.P.. Activité d’hébergement à Brest dans son hôtel de « L’Aigle d’Or », au 57 de la rue Jean Jaurès. Elle « planque » de nombreux résistants, dont Yves Gourmelon de Quimerc’h, Jean-Pierre Le Rest, qui échappera de peu à une arrestation sur ce lieu même. Elle cache aussi des armes, procure de faux papiers et des tickets d’alimentation aux résistants. 

 

4-En fin 1943, lors de la comparution devant le conseil de guerre allemand de Brest, du résistant communiste Jean Hénaff, elle réussit à prendre de ses mains les plans de la prison allemande de Pontaniou, établis pour préparer une évasion qui réussira le 25 octobre1943, libérant Hénaff et six autres résistants dont Jean Nicolas, qui fut tué au combat en juillet 1944 ». 

C’est Jean Nicolas qui « reçut de madame Cormault, aidée de son frère Philippe Le Cars et de sa belle-sœur Denise, une mallette à double fond contenant le matériel qui permit l’évasion du 25 novembre 1943 ». 


3-Les Jeunesses Communistes 

Yves Autret. Je m’occupais des Jeunesses Communistes: Nous avions été formés par les instituteurs. Notre groupe était très soudé. 
Je suis entré aux Jeunesses Communistes au moment de la guerre. 
Je me rappelle, en 37, en pleine guerre d’Espagne, un grand meeting organisé par Tanguy-Prigent et le Parti Communiste à Pleyben. Je suis parti à bicyclette avec Pierre Berthelot et Maurice Cam. J’avais quarante sous pour faire ma virée. Mon premier geste a été de mettre mes quarante sous dans le drapeau des Républicains Espagnols, le drapeau violet, jaune, rouge . 
Nous étions tous les trois à l’école. Nous avions passé le certificat d’études et nous préparions le brevet. 
Nos professeurs étaient des hommes très cultivés et de fervents républicains. 
Après le certificat d’études nous avions étudié l’antiquité, les civilisations égyptienne, grecque, romaine...

Pont-de-Buis a été une pépinière de normaliens et d’employés des P.T.T.I.(poste….). On en trouvait partout, à toutes les responsabilités. Hascouët, notre instituteur, était fier de nous. Même après la guerre il était fier de l’équipe qu’il avait formée. 
Nous avions un professeur de français sur Pont-de-Buis, François Merrien. Il donnait des cours le soir après la classe. C’était un normalien, un brillant élève et de surcroît un sacré beau garçon. Il devait avoir trois ans de plus que nous. Nous étions au parti avec lui. 
Il nous faisait étudier « Le Capital » de Marx. Nous lisions et commentions son œuvre. Prix, salaires, profits. Je crois sa pensée toujours d’actualité, seulement il faut que cela reste libre, consenti, compris. 
Du fait de l’existence de la poudrerie, nous comptions dans notre environnement des syndicalistes assez solides. 
Pont-de-Buis est tout de même le seul patelin où on a fait grève contre la guerre en 1940 ! Le responsable était Jean Masson, militant ouvrier qui mourra en camp de concentration. Cela concernait la poudrerie. Un comble dans une usine d’armement ! 

 

La suite de l'article écrit par Anne Friant-Mendrès à partir du témoignage d'Yves Autret à lire sur le site de l'ANACR: 

http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com/page221/styled-23/page579/index.html
 

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 06:00
Le samedi 25 janvier à l'auditorium Jean Moulin au Relecq-Kerhuon à 16h:  VŒUX du PCF Finistère
Voeux 2019 (photo Le Télégramme): Glenn Le Saoût, candidat finistérien aux Européennes sur la liste de Ian Brossat, Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF, Pierre-Yves Liziar, secrétaire de section du PCF Le Relecq-Kerhuon

Voeux 2019 (photo Le Télégramme): Glenn Le Saoût, candidat finistérien aux Européennes sur la liste de Ian Brossat, Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF, Pierre-Yves Liziar, secrétaire de section du PCF Le Relecq-Kerhuon

Voeux 2019 du PCF au Relecq Kerhuon

Voeux 2019 du PCF au Relecq Kerhuon

Voeux 2019 du PCF au Relecq Kerhuon avec la représentation de "Bonsoir m'amour" de la troupe du Théâtre de la Corniche: spectacle sur la première guerre mondiale

Voeux 2019 du PCF au Relecq Kerhuon avec la représentation de "Bonsoir m'amour" de la troupe du Théâtre de la Corniche: spectacle sur la première guerre mondiale

Le samedi 25 janvier

à l'auditorium Jean Moulin au Relecq-Kerhuon à 16h

(haut lieu de l'éducation populaire au Relecq-Kerhuon où René Vautier a présenté ses films lors de festivals organisés par la municipalité communiste d'alors et où la fédération organise ses vœux depuis 3 ans, avec l'an passé une représentation théâtrale de "Bonsoir m'amour" du Théâtre de la Corniche et l'année précédente, en 2018, une projection de films de Ciné-Archives: Front populaire en Bretagne et à Paris, pêche dans le pays bigouden)

VŒUX du PCF Finistère

La Fédération du Finistère du Parti communiste français et la section PCF du Relecq-Kerhuon convient leurs adhérents, sympathisants, les responsables syndicaux et politiques de gauche, les associations de solidarité, à la présentation des vœux du Parti communiste en Finistère pour une année de résistance et de succès utiles à la cause de l'humanité, du progrès social, et de l'écologie. 

2019 a été une année de renforcement pour la fédération PCF du Finistère avec l'arrivée de 75 nouveaux adhérents (60 nouvelles adhésions, auxquelles s'ajoute 15 arrivées de camarades d'autres départements). 

En 2020, pour l'année de notre centenaire, grâce à notre activité, nos engagements et notre combativité, le dynamisme de nos campagnes municipales que nous espérons gagnantes dans le maximum de communes du département, nous voulons et pouvons tendre vers les 1000 adhérents dans notre département. 

16h10-16h35: Discours de la fédération du PCF (Ismaël Dupont) et de la section du Relecq-Kerhuon (Pierre-Yves Liziar) à partir de 16h

puis, comme le PCF a dans ses fondamentaux en même temps que l'effort de compréhension du réel, la défense de la classe ouvrière, et la transmission culturelle et l'éducation populaire au contact des créateurs:

Visionnage collectif d'un film "La réparation navale, paroles d'ouvriers" de Fréderic Chignac

Une co-production France Télévisions / VD Prod’, Via Découvertes Films 

échanges sur le film, et à partir de 18h, apéritif convivial offert par la section du Relecq-Kerhuon pour fêter une nouvelle année 2020 de luttes, marquant aussi, pour nous, les 100 ans du Parti communiste français.

Nous prendrons des dons des personnes qui le souhaitent qui le souhaitent à destination de la caisse de grève et de solidarité des cheminots et de la CGT.

Ils s'ajouteront aux dons que le PCF a déjà décidé de réaliser (500€ pour la section de Brest, 1000€ pour la fédération, d'autres sections s'apprêtent aussi à faire des dons)... 

Voir présentation du film:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/emissions/la-france-en-docs-0/reparation-navale-brest-paroles-ouvriers-1089739.html

Autrefois poumon économique de la ville de Brest, la réparation navale est aujourd’hui devenue plus confidentielle à force de crises économiques et de plans sociaux successifs. Et pourtant elle reste bien vivante. Nous partons à la rencontre de ce qu’il reste de ce monde méconnu du grand public. Un univers à part, démesuré, avec ses codes, son histoire et même son propre langage, que nous font découvrir Gérard, Rodolphe, Jean-Claude, ou encore Eric. Qu’ils travaillent sur des navires militaires ou civils, chez DCNS ou chez DAMEN, ces hommes ont tous en commun la passion du métier. Ils nous ouvrent les portes de leur univers et nous font découvrir, par leurs témoignages, ce qu’il reste de cette tradition, de cette culture ouvrière.

Le samedi 25 janvier à l'auditorium Jean Moulin au Relecq-Kerhuon à 16h:  VŒUX du PCF Finistère
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23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 06:00
Des adhérents du PCF de Huelgoat en 2014:  Pierre Jaouen, avant-dernier à droite de la photo, aux côtés de Jean-Jacques Penven, secrétaire de section

Des adhérents du PCF de Huelgoat en 2014: Pierre Jaouen, avant-dernier à droite de la photo, aux côtés de Jean-Jacques Penven, secrétaire de section

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

23/Pierre Jaouen (1924-2016)

Pierre JAOUEN est décédé en 2016 Berrien. Il avait 92 ans.

Pierre Jaouen avait adhéré au parti en 1946, il a été membre du comité fédéral de 1953 à 1964, du bureau fédéral de 1954 à 1961 et du secrétariat fédéral de 1954 à 1959 il avait en charge ce que l'on appelait à l'époque "le travail parmi les paysans". Il a été pendant quelques années secrétaire de la section d'Huelgoat et de la cellule de Berrien.

Il a exercé plusieurs activités professionnelles, cultivateur, carrier et aussi abonneur au journal "La Terre": c'était le meilleur vendeur de "La terre" au niveau national pendant plusieurs années.

C'est au titre de cette dernière activité qu'il s'est fait connaitre et apprécier par les camarades et bien au delà dans toute la Bretagne; il connaissait en effet tous les petits villages de la campagne bretonne et finistérienne et le monde paysan. Cette fine connaissance nous était très précieuse pour contribuer au développement de nos idées. Pierre Jaouen a eu une influence déterminante pour l'implantation du PCF et des idées de transformation sociale en Centre-Bretagne.

"Je garde d'un militant discret, modeste, politiquement très fin et d'une grande efficacité" écrit Piero Rainero, ancien secrétaire départemental.

C'était un vieil homme malicieux et chaleureux qui avait encore toute sa tête, la fraîcheur des idées et sa motivation politique.

C'est un exemple du dévouement et de la chaleur humaine, du sens des réalités, qui ont permis le développement du communisme rural, particulièrement dans les terres de résistance qu'ont été les Monts d'Arrée.

Témoignage de Jean-Claude Cariou sur Pierre Jaouen:

" J'ai bien connu Pierre à deux périodes :dans mon enfance , il passait chez mes parents à Plogoff ,puis un peu à Brest, en tant que démarcheur"pro"de "La Terre" , mais que mon père le voyait surtout à la Fédé ,alors en baraque ,rue Duquesne à Brest , en face de l'emplacement occupé maintenant par l'hôtel des impôts.

Mon père n'avait plus de responsabilité fédérale quand Pierre a démarré ,en 1954. Il y avait 9 ans d'écart entre eux. Mes parents auraient eu 101 ans cette année. A propos de l'hebdo "La Terre" ,je me souviens du titre surmontant un dessin d'un cheval tirant une charrue. A l'époque,

ce n'était pas du folklore , mes grands-parents petits-paysans(fermes de 5/6 ha) dans le sud-Finistère, travaillaient ainsi dans les années 50. Mon père a "bossé" dans le secteur agraire à la fédé ;il y avait une influence réelle à la campagne (sauf dans le Léon) et le journal était bien fait, avec des rubriques pointues comme les droits juridiques , le bricolage ,...Je me souviens que le directeur était Waldeck Rochet , plus tard André Lajoinie il me semble..Mais ensuite ,les lecteurs non paysans ont plutôt choisi un hebdo polyvalent comme l'Huma- Dimanche , et La Terre a disparu avec la perte de l'électorat agricole (les petits)....et la crise de la presse écrite.

Plus tard ,j'ai vraiment rencontré Pierre dans des assemblées départementales du Parti ,à mon retour dans le Finistère... Il a envoyé une lettre très sympa à ma mère pour le décès de mon père en avril 1998. Enfin j'ai participé avec lui à plusieurs déplacements,encore il y a7/8ans, fin octobre ,à la cérémonie annuelle en souvenir des fusillés de Châteaubriant,à la carrière . Il montait dans le car brestois à Morlaix (parking du Géant)parfois le seul ! "

Témoignage de Jean-Victor Gruat (ancien maire de Brennilis et adhérent de la section PCF de Huelgoat, membre du Conseil Départemental du PCF) sur Pierre Jaouen:

" Pierre Jaouen était un grand bonhomme et un grand camarade, que j'ai eu le plaisir et l'honneur de côtoyer depuis de très nombreuses années - une bonne quarantaine - notamment par l’intermédiaire de son fils Jean-Pierre à qui va toute mon amitié et toute ma sympathie attristée.
Jean-Victor Gruat "

Témoignage de Piero Rainero, ancien secrétaire départemental du PCF:

"Je viens d'apprendre le décès d'un camarade qui a été l'un des dirigeants de la fédération il y a bien longtemps; Pierre JAOUEN de Berrien et que j'ai personnellement bien connu. Il avait 92 ans.

Ce camarade avait adhéré au parti en 1946, il a été membre du comité fédéral de 1953 à 1964, du bureau fédéral de 1954 à 1961 et du secrétariat fédéral de 1954 à 1959 il avait en charge ce que l'on appelait à 'époque "le travail parmi les paysans". Il a été pendant quelques années secrétaire de la section d'Huelgoat et de la cellule de Berrien.

Il a exercé plusieurs activités professionnelles, cultivateur, carrier et aussi abonneur au journal "La Terre". C'est au titre de cette dernière activité qu'il s'est fait connaitre et apprécier par les camarades et bien au delà dans toute la Bretagne; il connaissait en effet tous les petits villages de la campagne bretonne et finistérienne et le monde paysan. Cette fine connaissance nous était très précieuse pour contribuer au développement de nos idées. Je garde de lui le souvenir d'un militant discret, modeste, politiquement très fin et d'une grande efficacité.

Piero Rainero".

Jean-Jacques Penven a prononcé ce discours d'hommage très poignant à Pierre Jaouen mercredi 9 mars au funérarium de Carhaix, où "Ma France" de Jean Ferrat, l'Internationale et les paroles de Rafael Alberti ont donné une profondeur historique et émotionnelle à ces obsèques très émouvantes.

Voici l'hommage de Jean-Jacques Penven à Pierre Jaouen en mars 2016:

"Nous perdons un ami, un camarade, Pierre Jaouen

Sa prise de conscience politique commence le 6 janvier 1934 à 11 ans, au coup de force des fascistes contre la 3ème République de triste mémoire et qui allait déboucher sur 1936, ainsi qu'il le raconte dans quelques lignes qu'il a tracées sur son enfance. A ses dires, cette date allait être déterminante pour la suite de ses activités et de son engagement.

En effet Pierre était un homme politique engagé depuis la 2e guerre mondiale. Il adhère en 1945, à 21 ans, à l'Union des Jeunesses Républicaines de France, ancêtre de la Jeunesse Communiste, et ce, à l'insu de sa famille.

Il n'a pas fait le S.T.O. Service de Travail Obligatoire, pour soutien de famille suite au décès de son père.

Il existait encore des poches de résistance car l'armée allemande était encore présente par petits groupes sur notre territoire, ce qui l'a marqué pour son engagement futur.

De retour de son service militaire en 1946, il prend des responsabilités au Parti Communiste Français. Et c'est là qu'il rencontrera sa future femme Huguette. C'est aussi à cette époque qu'il commence à lire la presse communiste engagée (l'Humanité pas seulement) qui forgera son parcours, il lisait encore l'huma il y a à peine plus d'une semaine.

Pour des raisons familiales il quitte la ferme pour prendre une exploitation agricole à Camaret avec Huguette. Pour se moderniser en matériel agricole les banques (commices agricoles) tergiversent et refusent des emprunts en raison de son engagement politique, pour les mêmes raisons il n'arrive pas à écouler sa production. Cela le contraint à quitter la ferme de Camaret pour vivre à Berrien. Et là, il travaille dans les carrières de granit locales.

Pour ses engagements militants, il utilisait son vélo pour se rendre après son travail, la nuit, à des réunions, à des assemblées ou toutes autres manifestations. Il faisait souvent 20 à 30 kilomètres pour y participer.

Il a contribué à organiser, les ouvriers et surtout les carriers, en syndicat C.G.T. pour défendre leurs revendications et leurs acquis.

A cette époque il a bien sûr connu Alphonse Penven, maire de Huelgoat et ensembles ils menèrent des actions militantes.

Vers 1958 les conséquences de son engagement contre la guerre d'Algérie lui ont valu d'être poursuivi, perquisitionné, avec mise sous scellés de son automobile pendant 1 an. Heureusement cette période a coïncidé avec son embauche au journal La Terre, ce qui lui permit d'avoir une voiture de fonction, une 2 CV, et de démarcher de nombreux petits paysans et agriculteurs pour les abonner au journal. Il y est resté jusqu'à sa retraite en 1989.

Durant cette période, il organise et participe à organiser des fêtes populaires de La Terre à Berrien, Huelgoat. Il participe activement aux fêtes de l'Humanité à Paris avec son épouse Huguette avant son décès prématuré. Il est aussi membre du Bureau Fédéral du Parti Communiste du Finistère dans les années 60, avec Louis Leroux et Gabriel Paul de Brest qui nous a quitté il y a peu, et qui a été député communiste du Finistère avec Alphonse.

Pendant sa retraite il continue à militer au P.C.F. et à l'Union Locale C.G.T. de Huelgoat. Il a été responsable de la section Multiprofessionnelle des retraités C.G.T. ainsi qu'au Conseil Départemental du Finistère.

Pierre était de tous les combats et de toutes les luttes. Nul doute qu'il aurait battu le pavé ce midi, et demain 10 mars pour la défense des intérêts des retraités, comme il le faisait il y a à peine plus d'un an au lendemain des massacres de Charlie.

Nous t'adressons un dernier salut fraternel Pierre".

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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 14:11
Morlaix - Samedi 25 Janvier 2020: Journée Mondiale d'action contre la Guerre avec l'Iran et le respect  de l'accord sur le nucléaire iranien.

Samedi 25 Janvier 2020: Journée Mondiale d'action contre la Guerre avec l'Iran et le respect  de l'accord sur le nucléaire iranien.

 

Les actions illégales et irresponsables des USA et de L'Iran dans la période récente  illustrent bien la spirale de guerre qui peut se mettre en place à tout moment avec le risque d'embrasement général et de nouvelles guerres dévastatrices sur tout  le Moyen-Orient.

 L'urgence est à la mobilisation, et à mettre en place les moyens les plus appropriés : actions  publiques, tracts, rassemblements, etc..

 Appeler le  Président  de la République  pour qu'il agisse auprès des Nations- Unies pour relancer les discussions diplomatiques pour un règlement politique des conflits en cours, pour l'arrêt des  ventes d'armes à l'Arabie  Saoudite.
 Et surtout  pour la ratification du Traité d'Interdiction des armes nucléaires adopté à l'ONU le 7 Juillet 2017.
 Toutes et tous dans l'Action!!!

 Venez nombreux et passer le message à vos amis!
 Rassemblement le samedi 25/ 01 à 11H à Morlaix sur le parvis de la mairie
        "          et  le dimanche 26/01 à 11H  prés de l'Eglise St Louis à Brest

Le Mouvement de la Paix

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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 13:39
Immigration : Pour une politique migratoire de la France fondée sur le principe d'hospitalité (PCF)
Immigration : Pour une politique migratoire de la France fondée sur le principe d'hospitalité (PCF)
 
 
Un groupe d'une dizaine de personnalités cherchent à faire évoluer le débat sur les questions migratoires en France. Ils dénoncent la politique de la France qui peut s'assimiler à une « fabrique » de personnes sans droits et dénoncent le durcissement des politiques envers
les migrants en France.
 
Le PCF partage ce diagnostic et apprécie cette démarche qui vise à ouvrir ou nourrir un débat rationnel sur le sujet des droits des migrants en France. Mais simplifier les actes administratifs ne suffira pas à éviter les difficultés, ni les inégalités du droit à la circulation.
 
Le défi n'est pas de criminaliser les migrant-e-s ou les militant-e-s associatifs qui leur apporte leur solidarité mais de traiter enfin les causes profondes qui poussent des millions de femmes et des hommes à
risquer leur vie pour échapper aux conflits, à la pauvreté ou au réchauffement climatique. Il nous faut donc avancer sur la redéfinition de la politique migratoire de notre pays autour d'une politique internationale tournée vers la paix et autour de l'exigence de voie légales et sécurisés de migrations, fondée sur le droit international qu'aujourd'hui la France ne respecte pas.
 
Les personnes ni régularisables, ni expulsables, les sans-papiers doivent être régularisées au plus vite. Emmanuel Macron et son gouvernement doivent cesser d'instrumentaliser les enjeux migratoires
comme ils l'ont fait en octobre 2019 en ne voulant qu'hystériser le débat sans poser les vraies questions ni entendre les réponses des organisations de défense des droits humains, les spécialistes de ces
enjeux ou les associations de solidarité avec les migrants.
 
Il est urgent de remettre du droit, de l'égalité, de la justice, de l'humanité, c'est-à-dire du principe d'hospitalité, aux sources mêmes de la politique migratoire de la France - et de la coopération des pays
membres de l'Union européenne  dans ce domaine. Et si ce rapport permet d'ouvrir le débat sur de nouvelles bases, le Parti communiste français est prêt à y participer pleinement.
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 22 janvier 2020.
 
Immigration : Pour une politique migratoire de la France fondée sur le principe d'hospitalité (PCF)
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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 11:58
Carhaix. Maha Hassan vient porter la voix des Syriens (Ouest-France Carhaix, Anaëlle Berre, 22 janvier 2020)
Carhaix. Maha Hassan vient porter la voix des Syriens

Dans le cadre de la projection du film Pour Sama, le Grand Bleu invite l’autrice et journaliste Maha Hassan, originaire de Syrie, installée en France depuis 2004, pour un échange avec les spectateurs.

Ce jeudi, le cinéma le Grand Bleu projette, en partenariat avec Amnesty international, le film Pour Sama, de Waad Al-Kateab. Un film qui sera suivi d’un échange avec la journaliste et romancière Maha Hassan. Kurdo-Syrienne, l’autrice est arrivée en France, comme réfugiée politique d’abord, en 2004. Aujourd’hui Française, habitante de Morlaix, elle n’a de cesse de porter la voix du peuple syrien.

L’exil

Elle parle de l’exil, d’abord. «La souffrance» de tout quitter, de se « sentir comme un vagabond, sans avoir vraiment de pays. On n’est nulle part ». C’était d’ailleurs le thème du premier roman qu’elle a écrit en France, Cordon ombilical. La France c’est aussi le pays qui lui a donné « la liberté, le courage et la confiance de publier librement, ce que je ne pouvais pas faire en Syrie ».

L’intégration

Et puis Maha Hassan parle aussi de l’intégration, « un pacte qui doit se faire des deux côtés, rappelle-t-elle. En France, je me suis rendu compte qu’être Française sur le papier ne donne pas forcément le droit de se sentir l’égale au regard des autres… »

La guerre en Syrie

Sa parole, ses mots, elle les utilise aussi pour parler de la guerre. La guerre en Syrie. « En France, on voit encore Bachar Al-Assad comme un défenseur de la laïcité, mais c’est faux. Cette guerre, c’est une guerre contre le peuple syrien, et le peuple syrien, on ne l’entend pas ».

Pour Sama

Elle interviendra ce jeudi à Carhaix, au cinéma, après la projection du film Pour Sama. Une œuvre réalisée par Waad Al-Kateab, femme et journaliste syrienne. Elle a filmé le quotidien de la vie à Alep, pendant la guerre, avec en toile de fond ce questionnement qui tiraille : faut-il partir ? « C’est une voix honnête qu’elle porte, et qu’il faut entendre. Un petit exemple qui montre ce qu’est la vie pendant la guerre en Syrie. Qui rappelle que quand on part, ce n’est pas par plaisir », détaille Maha Hassan.

Ce jeudi 23 janvier, à 20 h, au cinéma le Grand Bleu.

Carhaix. Maha Hassan vient porter la voix des Syriens (Ouest-France Carhaix, Anaëlle Berre, 22 janvier 2020)
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