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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 06:32
Droit du travail. De nouveaux reculs pour la protection des salariés (Loan Nguyen, L'Humanité, 27 avril 2020)
Lundi, 27 Avril, 2020
Droit du travail. De nouveaux reculs pour la protection des salariés

Le gouvernement a adopté la semaine dernière plusieurs dispositions visant notamment à réduire les délais d’information-consultation des CSE.

 

Alors que le gouvernement, par la voix d’Édouard Philippe, a promis ce dimanche vouloir « coconstruire le déconfinement » avec les maires, les syndicats et le patronat, la réalité des mesures prises laisse penser le contraire. Après une première salve d’ordonnances et de décrets dérogatoires au Code du travail fin mars, le gouvernement continue dans la voie de l’assouplissement pour préparer la reprise. Mercredi, l’exécutif a adopté une ordonnance (n° 2020-460) permettant à l’employeur de réduire le délai d’information-consultation des comités sociaux et économiques (CSE) et des expertises sur les mesures liées à l’adaptation au Covid-19 jusqu’au 31 décembre 2020. Actuellement d’un mois (voire de deux ou trois mois en cas de recours à une expertise), cette période pourrait être raccourcie à huit jours, ont rapporté plusieurs médias. Une durée pour l’instant ni confirmée ni infirmée par le gouvernement et qui devrait être fixée par décret cette semaine.

Les licenciements économiques collectifs sont relancés

En tout état de cause, le principe fait déjà grincer des dents du côté des syndicats. « C’est précisément l’inverse qu’il aurait fallu faire. On voit bien dans les décisions de justice qui ont été rendues, notamment dans le cas d’Amazon, que l’employeur ne peut pas décider de n’importe quoi tout seul. Si on veut préparer une reprise qui se passe dans de bonnes conditions de travail et sanitaires, il faut que cela soit fait en s’appuyant sur les salariés et leurs représentants, et q u’ils aient le temps de le faire sérieusement », estime Céline Verzeletti, membre du bureau confédéral de la CGT, qui déplore une nouvelle fois que « le gouvernement se soumette aux exigences du patronat pour réenclencher la machine le plus vite possible ». « Si le dialogue social ne peut plus se tenir, il risque d’y avoir beaucoup plus de conflits lors de la reprise. Et, dans ce cadre, la CGT mettra tous les moyens au service des salariés pour lancer des procédures devant les tribunaux ou qu’ils exercent leur droit de grève et leur droit de retrait », précise la dirigeante syndicale.

« “Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises.” S’il est apparu indispensable en 1946 de le proclamer à la 8e  place dans les principes politiques, écono miques et sociaux particulièrement nécessaires à notre temps, et de le maintenir depuis dans notre socle constitutionnel, pensez-vous justifiable de le bafouer de la sorte aujourd’hui, en catimini, par ordonnance, sans même respecter l’article 1 du Code du travail qui prévoit une concertation avec les partenaires sociaux avant toute réforme du droit du ­ travail ? » s’est de son côté indigné vendredi le Syndicat des avocats de France dans une lettre ouverte à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet.

Dans le même temps, le gouvernement a décidé de permettre aux employeurs de relancer notamment les licenciements économiques collectifs et les ruptures conventionnelles en enjoignant par décret vendredi à l’administration du travail de reprendre l’instruction de ces procédures. Celles-ci étaient gelées depuis le 12 mars, en application de l’ordonnance du 25 mars. Sans attendre la fin du confinement, ce décret est donc d’application immédiate. En revanche, en relançant l’action de l’inspection du travail, ce décret permet aussi à l’administration de regagner ses pouvoirs coercitifs. « C’est notamment le cas des mises en demeure à l’adresse des employeurs, qui, depuis l’ordonnance du 25 mars, ne prenaient effet qu’au 24 juin », souligne Simon Picou, responsable national de la CGT du ministère du Travail.

Loan Nguyen
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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 06:25
Racisme et violences dans la police, ce n'est pas la généralité mais c'est intolérable! - Emilien Urbach, Les policiers, le bicot et la Seine (L'Humanité, 28 avril)
Mardi, 28 Avril, 2020
Ils n’ont pas honte !. Les policiers, le « bicot » et la Seine

L’IGPN a été saisie à la suite de vidéos montrant des agents tenir des propos racistes lors d’une arrestation à L’Île-Saint-Denis.

Alors que les tensions entre police et habitants se sont accentuées dans les quartiers populaires pendant le confinement, des vidéos choquantes, postées par les journalistes Nadir Dendoune et Taha Bouhafs, circulent depuis dimanche sur les réseaux sociaux. Des policiers en service y tiennent des propos racistes d’une rare violence et rient à gorge déployée pendant que, de leur fourgon, retentissent les cris d’un homme apeuré. Ils viennent de le repêcher et de l’interpeller. Il avait sauté dans la Seine « pour les fuir », précise le journaliste de Là-bas si j’y suis.

Les policiers ont été filmés, ­dimanche, peu avant 2 heures du matin, depuis le balcon d’un appartement situé sur L’Île Saint Denis (Seine-Saint-Denis). « Un bicot comme ça, ça nage pas », entend-on dans la bouche d’un des agents. « Ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied », répond un autre hilare. « Mais lui, il s’est jeté direct à la Seine, ce con », entend-on encore. Puis : « Il va passer un mauvais moment. » S’ensuivent des cris et des rires. « Des nostalgiques de l’époque où la police noyait des Algériens dans la Seine ! » n’hésite pas à écrire Taha Bouhafs en publiant sa vidéo.

Christophe Castaner, le ministre de ­l’Intérieur, qui doit déjà faire avec les cinq morts lors de contrôles de police recensés entre le 8 et le 15 avril, a réagi, hier, sur Twitter. Indiquant que l’IGPN avait été saisie, il juge « l’indignation légitime » et ajoute que « le racisme n’a pas sa place dans la police républicaine ». Le préfet de police de Paris a demandé la suspension de deux policiers mis en cause et selon le quotidien Le Parisien « le ministère de l’Intérieur réfléchit par ailleurs à suspendre le commissaire du district d’Asnières qui dirigeait ce soir-là l’intervention policière ». ​​​​​​​Contacté par l’Humanité, Anthony Caillé, secrétaire national de la CGT ­police, assure pourtant que ce type de comportements est récurrent sur le terrain. « Ils sont le fait d’une minorité d’agents très agissants, indique le syndicaliste. Le plus inquiétant est que cela ne choque plus grand monde. » Et d’ajouter : « Rien n’est mis en place par les pouvoirs publics pour lutter contre ce phénomène. »

Émilien Urbach
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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 18:03
Ouest-France
Pays de Morlaix. Le Secours populaire a besoin d’argent et lance un appel aux dons

Publié le

Depuis le début du confinement, le Secours populaire du pays de Morlaix (Finistère) distribue de l’aide alimentaire à environ 300 familles. « Les réserves commencent à manquer », alerte l’association.

Les bénévoles du comité du Secours populaire du pays de Morlaix peinent à servir de l’aide alimentaire à près de 300 bénéficiaires.

 

Les bénévoles du comité du Secours populaire du pays de Morlaix peinent à servir de l’aide alimentaire à près de 300 bénéficiaires. | OUEST-FRANCE

Depuis quatre semaines, les équipes du Secours populaire travaillent sans relâche pour venir en aide aux plus précaires dans la crise inédite que nous traversons. « Les bénévoles accueillent régulièrement 250 familles et apportent une aide alimentaire vitale, » indique Élisabeth Peron, la responsable du comité du pays de Morlaix.

Face à un afflux de nouvelles demandes, « environ quarante familles, » l’association lance une alerte : « Les réserves alimentaires s’épuisent. » Habituellement, le comité fonctionne sur ses propres ressources financières, avec le soutien de ses fidèles donateurs et partenaires. Mais depuis la mi-mars, le vestiaire est fermé, une braderie prévue a dû être annulée, et la séance théâtrale au Roudour a été supprimée. « Toutes ces rentrées d’argent nous manquent cruellement. C’est pourquoi nous faisons appel à la générosité de chacun. »

Les donateurs pourront bénéficier d’une défiscalisation de 75 %. Par exemple : un don de 30 € par chèque reviendra finalement à 7,50 € au donateur, après la déduction fiscale. Les chèques peuvent être adressés au Comité du Secours Populaire du Pays de Morlaix, 27, rue de la Carrière, 29 600 Morlaix.

https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/pays-de-morlaix-le-secours-populaire-besoin-d-argent-et-lance-un-appel-aux-dons-6817736

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 17:56
Air France : les milliards d’argent public seront cher payés par les salariés (L'Humanité, Stephane Guérard, 27 avril 2020)
 
Près de 10 000 postes ont été supprimés par Air France lors de la dernière décennie.
 
Lundi, 27 Avril, 2020
Air France : les milliards d’argent public seront cher payés par les salariés

L’État, premier actionnaire du groupe, a assorti les prêts et garanties de prêts consentis à de nouvelles restructurations sociales. Un plan de départs volontaires est sur le tarmac. Les exigences environnementales sont, elles, plus évanescentes. Explications.

 

Pour les salariés d’Air France, le « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron risque de leur coûter très cher. Au lendemain de l’annonce par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire du déblocage de 7 milliards d’euros de prêts directs ou bancaires garantis par la puissance publique, le directeur général de la compagnie aérienne n’a pas fait mystère, samedi, du donnant-donnant assorti à ce plan d’aides par l’État français, actionnaire majeur du groupe (14,3 % des parts, quasi au même niveau que les Pays-Bas). « La première étape consisterait donc à proposer des plans de départs volontaires, a expliqué Ben Smith, patron d’Air-France/KLM, au site des Échos. L’étape suivante serait d’offrir à ceux qui resteront dans le groupe des plans de formation et des possibilités de mutation en rapport avec nos besoins. »

Un huitième plan de suppression de postes en dix ans

Les représentants des salariés ont sûrement été heureux d’apprendre de la bouche de leur grand directeur que ce huitième plan de suppression de postes en dix ans « se fera de toute façon en très étroite concertation avec les partenaires sociaux, comme nous le faisons depuis (mon) arrivée ». Jeudi dernier, le sujet n’était pas à l’ordre du jour du Comité social et économique central conduit par Anne Rigail, directrice générale de la compagnie française. C’est que, depuis, le calendrier s’est emballé. Vendredi, Bruno Le Maire annonçait donc le plan « historique » pour « sauver notre compagnie nationale », composé de 4 milliards de prêts bancaires garantis à 90 % par l’État et de 3 milliards de prêt direct de l’État. Ces mesures « pour sauver les 350 000 emplois directs et indirects qui vont avec » doivent encore recevoir le feu vert de la Commission européenne. Mais ce soutien « n’est pas un chèque en blanc », a prévenu le ministre de l’Économie. « Nous avons fixé des conditions à Air France. Des conditions de rentabilité car c’est l’argent des Français, donc il faut qu’Air France fasse un effort pour être plus rentable, et des conditions écologiques. Air France doit devenir la compagnie aérienne la plus respectueuse de l’environnement de la planète. » Pour pousser à la roue, Bruno Le Maire a laissé entendre que l’État participerait à un renforcement des fonds propres de la compagnie, au même titre que le gouvernement néerlandais, qui a lui aussi promis de 2 à 4 milliards d’euros de cash à KLM.

Cette fois, l’exécutif a clairement choisi d’user de la crise pour hâter la restructuration

Début avril, le gouvernement estimait que, de la prise de participation à la nationalisation, tous les scénarios étaient possibles pour venir en aide au transporteur aérien. Ce dernier ne tourne plus depuis le début du confinement qu’à 3 % de son activité normale, perd 25 millions d’euros par jour malgré le recours massif au chômage partiel (76 % des salariés) et n’entrevoit qu’un retour à 80 % de son activité pour 2021. Cette fois, l’exécutif a clairement choisi d’user de la crise pour hâter la restructuration de la compagnie. Celle-ci sera avant tout sociale. Ben Smith a reçu pour mandat de donner un coup d’accélérateur à son plan, présenté l’an dernier, de suppression de 400 postes, essentiellement en région et au détriment de sa filiale HOP !, dont la fin devrait être précipitée, mais aussi dans les fonctions support non opérationnelles, avec recours accru à la sous-traitance. En revanche, cette restructuration n’aura de vert que son emballage. Les 20 milliards d’euros de soutien gouvernemental aux grandes entreprises, dont Air France, ont été suffisamment dénués de contreparties environnementales pour que les injonctions de Bruno Le Maire à l’égard du transporteur soient vite oubliées. Le remplacement des vieux et polluants A340 et A380 par des A350 et A220 moins gourmands est prévu de longue date. Mais si Air France a pour mission d’élaguer dans ses destinations desservies par ailleurs par le TGV, Ben Smith a bien l’intention d’user d’Orly et des bases de Montpellier, Bordeaux, Nantes, Nice, Marseille et Lyon comme tremplins pour la filiale à bas coût Transavia. On est donc loin de la demande de la CFDT de mise en cohérence de l’avenir du groupe avec les enjeux d’aménagement du territoire, de transport multimodal et de rupture avec des politiques publiques « qui ont encouragé et favorisé le développement du modèle low cost ». On est encore plus loin de l’appel de la CGT à la « nationalisation verte d’Air France, permettant la préservation des emplois et une adaptation aux exigences environnementales ».

Pour ce qui est des conditions environnementales, lire aussi notre article : Lobbying. Covid-19, la bonne excuse anti-écolo des groupes français

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 15:37
Pour l'indépendance de l'Inspection du travail et la réintégration immédiate d'Anthony Smith

 

Depuis le 15 avril 2020, Anthony Smith, inspecteur du travail du département de la Marne, ancien secrétaire général de la CGT-TEFP et membre de son bureau national, représentant des inspecteurs·trices du travail au Conseil national de l’inspection du travail, ne peut plus exercer ses missions de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs·euses.

Il a en effet été mis à pied par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et fait l’objet d’une procédure disciplinaire.

 

Que lui est-il reproché ?

Selon le ministère du Travail, d’avoir «[méconnu] de manière délibérée grave et répétée les instructions de l’autorité centrale du système d’inspection du travail concernant l’action de l’inspection durant l’épidémie de Covid-19».

En fait, après le rappel des obligations légales resté sans effet, d’avoir initié sans l’aval de sa hiérarchie une procédure de référé afin que soit prescrite notamment l’utilisation de masques pour les salarié·es d’une structure d’aide à domicile, particulièrement exposées au Covid-19 du fait de leur activité, et d’avoir adressé des lettres de rappel de la réglementation à d’autres entreprises de son secteur demandant là encore notamment la fourniture d’équipements de protection individuelle pour les travailleurs·euses.

 

Depuis le début de la crise sanitaire que nous traversons, l’orientation du gouvernement est la poursuite de l’activité économique à tout prix, et quel qu’en soit le coût pour les salarié·es.

L’Inspection du travail est perçue comme un obstacle à cette orientation, qu’il s’agit de mettre au pas.

A cette fin, le ministère du Travail est prêt à toutes les dérives et n’hésite pas à violer allégrement les textes nationaux et internationaux, notamment la convention numéro 81 de l’Organisation internationale du travail, qui rend les agent·es de l’inspection du travail indépendant·es «de toute influence extérieure indue» et leur confère le droit de décider librement de leurs interventions et des suites qu’ils y donnent.

Or l’article L 4732-1 du code du travail prévoit bien que l’inspecteur du travail peut décider seul de saisir le juge des référés.

 

La mise à pied d’Anthony Smith, intervenue à la demande directe de l’employeur visé par l’assignation en référé et de responsables politiques locaux, dont le président du conseil départemental, est un condensé de ces dérives et de la politique à front renversé que mène le gouvernement.

Plutôt que de sanctionner, le rôle du ministère du Travail devrait être de protéger les agent·es qui, dans ces circonstances difficiles, agissent conformément au droit du travail pour préserver la santé des salarié·es.

C’est pourquoi nous, responsables politiques, syndicalistes, militant·es associatif·ves, féministes, artistes, intellectuel·les, exigeons ensemble la réintégration immédiate d’Anthony Smith et l’abandon de toute procédure disciplinaire à son encontre.

Nous affirmons que dans ces circonstances exceptionnelles ou des centaines de milliers de salarié·es exposent quotidiennement leur santé et leur vie, l’Inspection du travail doit avoir les moyens de contrôler en toute indépendance le respect des règles de santé et de sécurité.

 

Premiers signataires :

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT ; 

Benoît Teste, secrétaire général de la FSU ; 

Cécile Gondard-Lalanne, porte-parole de l’union syndicale Solidaires ; 

Estellia Araez, présidente du Syndicat des avocats de France ; 

Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature ; 

Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne ; 

Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac ; 

Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes ; 

Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l’homme ; 

Caroline De Haas, militante féministe ; 

Bernard Thibault, représentant des travailleurs au conseil d’administration de l’OIT ;

Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis ; 

Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, sociologues, anciens directeurs de recherche du CNRS ; 

Nicolas Silhol, réalisateur (du film Corporate) ; 

Jean-Luc Mélenchon, président du groupe LFI à l’Assemblée ; 

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière ; 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF ; 

Olivier Faure, premier secrétaire du PS ;

 Christine Poupin, porte-parole du NPA.

 

Liste complète des 145 signataires >>>>> pdf>

 

La tribune sur Libération : https://www.liberation.fr/debats/2020/04/27/pour-l-independance-de-l-inspection-du-travail-et-la-reintegration-immediate-d-anthony-smith_1786532

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 15:27
Déconfiner la démocratie : lettre ouverte des députés communistes à Richard Ferrand

Déconfiner la démocratie : lettre ouverte à Richard Ferrand

Monsieur le Président,

Depuis maintenant six semaines notre Assemblée fonctionne dans le cadre du confinement décidé par le Président de la République. Six semaines que notre Assemblée se réunit dans l’hémicycle à effectif très réduit, dans le respect des consignes fixées par l’ARS, pour l’exercice des questions au Gouvernement et pour légiférer. Six semaines que notre chambre travaille avec la visioconférence pour assurer sa mission de contrôle.

Il est temps désormais de dresser un bilan et de poser des jalons pour améliorer l’exercice de notre démocratie, plus que jamais précieuse en ces temps bouleversés. La gravité de la situation n’appelle pas l’effacement des députés, élus pour faire face par tous les temps.

À notre grand désarroi, nous constatons que chaque jour qui passe assigne toujours plus notre Assemblée à un rôle de chambre d’enregistrement. Les mesures de confinement malmènent au quotidien notre démocratie et, notamment, l’exercice du contrôle du Gouvernement qui incombe aux représentants du peuple. J’en veux pour preuves les plus flagrantes les délais non respectés pour rendre public les avis du Conseil scientifique ou la décision de faire débattre le Parlement, en urgence absolue, du plan de déconfinement du Gouvernement sans même lui laisser le temps d’en prendre connaissance. Lenteur insupportable pour informer le Parlement et précipitation coupable pour écarter les représentants du peuple de l’élaboration du plan de déconfinement, pourtant une étape majeure du traitement de la crise. Cautionnerez-vous plus longtemps, M. le Président, cette piètre mise en scène de démocratie ? Notre démocratie ne mérite-t-elle pa

s de laisser au peuple et à ses représentants le temps de proposer, le temps d’amender ? Nous lui devons au moins cela, à l’heure où il n’en peut plus des injonctions annoncées sans concertation, des injonctions souvent contradictoires le mettant dans l’incapacité de comprendre comment cette crise est gérée depuis des semaines ?

Les députés dans leur ensemble ont accepté toutes les dérogations à notre règlement pour permettre l’application stricte des consignes sanitaires, sans pour autant vous donner un blanc-seing pour réduire à la portion congrue leur pouvoir de contrôle. C’est hélas ce qui est en train de se produire.

Cette mission de contrôle et de proposition est, pourtant, l’un des pouvoirs essentiels du député et elle doit, dans le cadre de l’urgence sanitaire, s’exercer pleinement et ne peut se satisfaire des règles existantes, dont s’accommode la majorité. C’est un fait entendu par tous les amoureux de la démocratie, le contrôle de l’action du Gouvernement prend tout son sens lorsqu’il est exercé sans complaisance et de manière impartiale. Dans le cas contraire, cet exercice n’a plus de raison d’être. Or, les observateurs de notre vie parlementaire déplorent au quotidien l’humiliation que subit notre démocratie. Ils s’insurgent devant les auditions menées dans un formalisme ronronnant, que ce soit dans le cadre de la mission Covid-19 ou des commissions permanentes, où se succèdent les interventions des membres de la majorité prenant soin de ne pas bousculer le Gouvernement tandis que celles des membres de l’opposition sont, de fait, réduites à une peau de chagrin. Force est de constater que nous n’obtenons pas les réponses essentielles aux questions légitimes que tous nos concitoyens se posent.

Cette évolution n’est malheureusement pas surprenante. La réforme constitutionnelle du Gouvernement, avortée lors de l’affaire Benalla, et votre réforme du règlement avaient pour premier objectif d’étouffer le pouvoir législatif au profit du pouvoir exécutif. Aujourd’hui, votre choix de bouleverser les règles de fonctionnement de notre Assemblée dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire vient servir, que vous le souhaitiez ou non, la même logique.

Les pouvoirs du Parlement sont ainsi gravement affaiblis, rendant illusoire la fonction de contrôle et l’équilibre des pouvoirs entre exécutif et Parlement. Dans ce cadre et dans le contexte exceptionnel que nous vivons, le renforcement des droits accordés à l’opposition est essentielle pour revaloriser le Parlement et ainsi renforcer la démocratie. Il est indispensable à la résolution de la crise sanitaire.
Il est désormais urgent, M. le Président, dans le cadre des restrictions imposées à notre Assemblée, de déconfiner notre démocratie.

Nous mettons pour cela à votre disposition une série de mesures applicables immédiatement et facilement, pour revaloriser le rôle du Parlement et cesser de nourrir la défiance de l’opinion publique à l’égard de notre Assemblée.

Démocratiquement,

▶️ Propositions d’urgence pour déconfiner la démocratie

* Constitution par l’Assemblée nationale de son propre comité scientifique, afin de gagner en expertise et de renforcer le poids de la chambre basse dans le contrôle de la politique gouvernementale. Chaque Président de groupe pourra y nommer une personnalité, ainsi que chaque président de commission permanente et le Président de l’Assemblée nationale.

* Établir un droit d’interpellation, limité par groupe. Très utilisé sous la IIIe République et plus particulièrement durant la Première Guerre mondiale, le droit d’interpellation permettait à tout parlementaire d’interroger le Gouvernement, en séance, sur la politique mise en œuvre. L’instauration de ce nouveau droit, proposé ici sous une forme différente de celle qui existait durant la IIIe République, nous semble plus consistant et pertinent que les questions orales sans débat. Il renforcerait les capacités de contrôle du Parlement.

* Donner plus de temps de parole à l’opposition dans le cadre de ses missions de contrôle du Parlement (le temps de parole dans les commissions permanentes et dans la mission Covid).

* Réunir à nouveau les commissions permanentes avec la présence physique au minimum des membres des bureaux avec la représentation de chaque groupe. Audition par chaque commission permanente des ministres sur leur action dans le cadre de la gestion de la crise et accorder, de droit, à chaque groupe le choix de deux personnes à auditionner.

* Prévoir l’audition régulière du Défenseur des droits à l’Assemblée nationale et éventuellement d’autres acteurs pertinents (CNDH, Contrôleur général des lieux de liberté) en matière de libertés publiques, afin de s’assurer que du respect des droits fondamentaux durant l’état d’urgence sanitaire.

* Compte tenu de l’importance prise par le conseil scientifique, exiger de la part des membres qui le composent une déclaration d'intérêts et la signature d’une charte de déontologie, afin de se prémunir de tous conflits d’intérêts potentiels.

* Suspendre la limitation du nombre des questions écrites et réduire les délais de réponses pour que les parlementaires soient en mesure de répondre aux nombreuses demandes exprimées par la population. À l’heure actuelle, en ce qui concerne les députés, les réponses des ministres doivent être publiées dans les deux mois suivant la publication des questions. Ce délai de rendu est incompatible avec l’état d’urgence sanitaire et les impératifs de la crise.

* Transformer la commission des affaires européennes en commission permanente, afin de faire un point régulier sur les politiques mises en place - ou non - par l’Union européenne pour lutter contre la propagation du Covid-19. Ce changement de statut aurait le mérite de se justifier dans le temps, avec les batailles économiques et politiques qui ne manqueront pas de survenir après la crise, au niveau européen.

▶️ lire la lettre ouverte en ligne : http://www.groupe-communiste.assemblee-nationale.fr/…/monsi…

Covid-19 : Nombre de nos concitoyens subissent les lourdes conséquences de la crise, nous proposons des mesures économiques d'urgence pour les protéger.

Pour lire nos 75 propositions ➡️ https://bit.ly/3clrZDY

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 15:13
Turquie: Hier guitariste, aujourd’hui je suis devenu terroriste . La lettre d'Ibrahim Gökçek, en grève de la faim
Dimanche, 26 Avril, 2020
Turquie. « Hier guitariste, aujourd’hui je suis devenu terroriste ». La lettre d'Ibrahim Gökçek, en grève de la faim
Ibrahim Gökçek, bassiste de Grup Yorum, est en grève de la faim depuis 314 jours ce 26 avril. Amaigri, ne pesant plus que 40 kilos, il est maintenant à l’article de la mort. Il a néanmoins transmis une lettre à l’Humanité . Une adresse au monde entier pour dénoncer les accusations portées contre lui, expliquer son combat et faire partager son espoir. Il rappelle le souvenir de son amie, la chanteuse du groupe, Helin Bölek, en grève de la faim elle aussi et qui a succombé le 3 avril dernierDes propos terribles et émouvants.
 

Helin Bölek, la chanteuse de Grup Yorum, décède d'une longue grève de la faim pour protester contre les atteintes aux libertés et droits humains de Erdogan

LA LETTRE D’IBRAHIM GÖKÇEK

« Hier j’étais guitariste, aujourd’hui je suis devenu terroriste »

Depuis ma chambre, dans un quartier-bidonville d’Istanbul, je regarde par la fenêtre le jardin. En sortant à l’extérieur, je pourrais voir un peu plus loin le Bosphore d’Istanbul. Mais voilà, je suis alité, et je ne pèse plus que 40 kilos. Mes jambes n’ont plus la force de porter mon corps. Pour le moment, je ne peux qu’imaginer le Bosphore.

Je suis sur scène, avec attachée au cou par la sangle étoilée que j’aime le plus, ma guitare… En face de moi, des centaines de milliers de personnes, poings levés, chantent “Bella Ciao”. Ma main gratte les cordes de la guitare comme si c’était la plus douée au monde… Mes jambes sont vigoureuses… Je pourrais parcourir dans Istanbul de long en large. 

Ces deux affirmations sont réelles… Les deux sont miennes, elles sont notre réalité. Parce que je vis en Turquie et que je suis membre d’un groupe qui fait de la musique politique. Et donc, mon histoire représente la grande histoire de mon pays… Aujourd’hui cela fait 310 jours que je ne mange plus. Disons que “je m’exprime par la faim” ou encore, “ils m’ont pris ma guitare basse et pour m’exprimer j’utilise comme instrument mon corps”. 

Je m’appelle Ibrahim Gökçek… Depuis 15 ans, je joue de la guitare basse dans “Grup Yorum”. Le Grup Yorum, créé il y a 35 ans par 4 étudiants, a une histoire en dents de scie à l’image de celle de la Turquie. Cette histoire nous a amenés jusqu’à aujourd’hui dans une grève à la vie à la mort pour pouvoir à nouveau faire des concerts. 

L’une des nôtres, ma chère camarade Helin Bölek, s’est éteinte le 3 avril, au 288ème jour de sa grève de la faim illimitée. C’est moi qui ai repris le flambeau. Vous allez dire, “pourquoi les membres d’un groupe musical font-ils une grève de la faim jusqu’à la mort? Pourquoi préfèrent-ils un moyen de lutte aussi affreux que la grève de la faim illimitée?”. 

Notre réponse est dans la réalité brûlante qui a conduit Helin à sacrifier sa vie à l’âge de 28 ans et qui me pousse à assumer de fondre de plus en plus chaque jour: 

Nous, nous sommes nés dans les luttes pour les droits et les libertés menées en Turquie à partir de 1980. Nous avons sortis 23 albums pour réunir la culture populaire et la pensée socialiste. 23 albums vendus au total à plus de 2 millions d’exemplaires. Nous avons chanté les droits opprimés en Anatolie et dans le monde. Dans ce pays, tout ce qu’ont vécu ceux qui luttaient pour leurs droits, les opposants, ceux qui rêvaient d’un pays libre et démocratique, nous aussi qui chantions leurs chansons, avons vécu les mêmes choses: nous avons été mis en garde à vue, emprisonnés, nos concerts ont été interdits, la police a envahi notre centre culturel et a brisé nos instruments. Et pour la première fois, dans la Turquie de l’AKP, nous avons été mis sur la liste des “terroristes recherchés” avec récompenses en prime. 

C’est la raison pour laquelle aujourd’hui, j’ai décidé, ce qui doit vous paraître surprenant, de renoncer à manger. Parce que, malgré la qualification qui a été mise sur ma tête, je ne me sens absolument pas être un terroriste. 

La raison pour laquelle nous avons été mis sur cette « liste de terroristes » est la suivante: nous parlons dans nos chansons des mineurs qui sont obligés de travailler au plus bas sous terre, des ouvriers assassinés par les accidents du travail, des révolutionnaires tués sous la torture, des villageois dont on détruit l’environnement naturel, des intellectuels qui sont brûlés, des maisons détruites dans les bidonvilles, de l’oppression du peuple kurde et aussi de ceux qui résistent. Parler de tout cela, est considéré en Turquie comme du “terrorisme”. Ceux qui considèrent depuis 30 ans que le socialisme à l’échelle internationale n’est plus de mise, se trompent en pensant qu’un art comme le nôtre n’a pas de public. Nous avons donné les concerts réunissant le plus grand large public de l’histoire de la Turquie et des artistes de Turquie. Dans le stade Inönü à Istanbul, 55000 spectateurs ont chanté d’une seule voix des chants révolutionnaires. Et moi sur scène j’ai accompagné avec ma guitare cet extraordinaire choeur de 55000 personnes pour le dernier de nos concerts intitulé “Turquie indépendante”, organisé avec entrée libre, il y avait près de 1 million de personnes. Durant 4 années consécutives, nous avons invité sur notre scène les progressistes et les artistes de Turquie, et dans un nos de concert, Joan Baez est montée sur scène avec une des guitares cassées par la police dans notre centre culturel.

Le Grup Yorum a toujours été victime de la répression à l’arrivée de chacun des pouvoirs en Turquie. Mais après l’état d’urgence déclaré en 2016 par l’AKP, et l’augmentation de la pression sur toutes les catégories du peuple, des journalistes, des progressistes, des universitaires, nous avons compris qu’une répression pire encore nous attendait. Un matin à notre réveil, nous avons constaté que 6 d’entre nous avaient été mis sur la “liste des terroristes”. Mon nom figurait sur cette liste. Un guitariste qui avait participé 5 ans plus tôt à un concert qui avait regroupé plus d’un million de personnes était devenu un terroriste recherché avec récompense en prime. L’AKP au pouvoir, à chaque crise, intensifie ses agressions et s’attaque à des couches de plus en plus larges de la population.

Après la publication de cette liste, en deux ans, notre centre culturel a subi neuf assauts de la police. Pratiquement tous nos membres ont été emprisonnés au point qu’il n’y avait plus aucun membre du Grup Yorum en liberté. Nous étions donc dans l’obligation pour continuer à faire des concerts de surmonter cet interdit d’ engager de nouveaux musiciens. Nous avons ainsi organisé des concerts via internet avec des jeunes issus de nos choeurs populaires. Et parallèlement, contre ces attaques, nous avons dû faire des communiqués de presse et des pétitions. Cela n’a pas arrêté ces attaques. En février 2019, j’ai été arrêté lors d’une descente dans notre centre culturel et en mai 2019, nous avons entamé notre grève de la faim pour « la levée de l’interdiction de nos concerts, l’arrêt des assauts contre notre centre culturel, pour la libération de tous les membres emprisonnés de notre groupe et l’annulation des procès entamés contre eux, ainsi que pour que nos noms soient effacés de la liste des terroristes ». Par la suite, avec Helin Bölek, nous avons transformé notre action en grève illimitée de la faim. Cela signifiait que nous ne renoncerions pas à cette grève de la faim jusqu’à ce que nos revendications soient acceptées. Au prix même, si nécessaire, de la mort.

Pendant la durée de nos procès, Helin et moi avons été libérés mais malgré le soutien populaire et celui des progressistes, des artistes, des députés, le gouvernement a refusé d’entendre nos revendications. Aux députés qui lui rendaient visite, Helin avait répondu, “qu’ils nous promettent l’autorisation de faire un concert, et j’arrêterai la grève de la faim illimitée”. Cette promesse n’est pas venue. Et même plus, nous avons été empêchés par le gouvernement d’organiser ses funérailles conformément aux souhaits de Helin. Désormais Helin repose dans un cimetière à Istanbul, recouverte d’une robe blanche. La chambre à côté de la mienne est vide, quant à moi, qui depuis un certain temps, vit dans un lit, je ne sais pas où va aboutir mon voyage. La bataille qui se livre dans mon corps se soldera-t-elle par la mort? Ou alors par la victoire de la vie?

Ce que je sais avec le plus de force dans ce combat, c’est que, jusqu’à la satisfaction de nos revendications, je m’accrocherai à la vie dans cette marche vers la mort.

Ibrahim Gökçek

 
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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 05:00
1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 83/ Germain Bournot (1915-2007)
1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 83/ Germain Bournot (1915-2007)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère:

83/ Germain Bournot (1915-2007)

Germain Bournot fut une personnalité très estimée du Relecq-Kerhuon, où il a été élu pendant plusieurs mandats, et une grande figure du parti communiste et de la CGT dans le Finistère. C'est aussi un héros de la résistance, ce que les gens ne savaient pas forcément autour de lui, car il était discret sur le sujet. Ronan Tanguy et René Le Ven l'ont interviewé et filmé en 2005 pendant plus d'une heure et demi l'année du décès de sa femme Marie-Louise, et cette vidéo permet de restituer ce que fut la vie très riche d'engagements de ce camarade qui adhère au PCF à la Libération. Cet homme modeste dont le nom a été donné à une très belle salle du Relecq-Kerhuon (où a eu lieu le meeting finistérien des européennes de Ian Brossat en 2019) a été nommé chevalier de la légion d'honneur, a reçu plusieurs citations au mérite de la Résistance intérieure. 

Le témoignage de Ronan Tanguy, ancien secrétaire de section du PCF au Relecq-Kerhuon, ancien élu communiste du Relecq-Kerhuon, trésorier du PCF Finistère, ami de Germain Bournot surtout:

"1978, le 2 mai, ma famille emménage au Relecq-Kerhuon. J’avais entendu parler de Germain Bournot que j’ai eu le bonheur de rencontrer lors d’une réunion du parti communiste, fin mai de cette année. Peu à peu, au cours de notre militantisme partagé, tant à la CGT qu’au PCF, j’ai appris à connaître Germain. D’ailleurs, à l’époque, il était impossible, communiste habitant Le Relecq-Kerhuon, de passer à côté de Germain sans le voir… une incertitude planait sur cet homme : il avait deux prénoms : Germain et Joseph. Marie-Louise, son épouse, l’appelait Joseph, une bonne partie de sa famille aussi, mais Germain était son premier prénom d’état civil. De ce fait, tous les actes officiels de sa vie prenaient en considération ce prénom de Germain. Joseph était le prénom du mari de sa marraine, mort pendant la guerre 14/18 et une erreur d’inscription à l’état civil a inversé l’ordre choisi par la famille.

Lorsque je l’ai connu, germain était conseiller municipal majoritaire. Le maire, communiste, de 1977 à 1983 fut Guy Liziar. Notre germain-Joseph organisait toutes les fêtes du PCF : celle du Kerhorre (journal local du PCF), la fête de l’unité à Brest, la fête de l’huma à La Courneuve. Marie-Louise, son épouse, l’accompagnait (le précédait souvent) dans l’organisation de ces évènements, sans désemparer. Germain était trésorier de section et cheville ouvrière de l’acquisition du local de section au début des années 1970.

Germain parlait très peu de son activité de résistant pendant la guerre 39/45, mais je savais qu’il avait joué un rôle très important dans ce conflit, en qualité de résistant.

Il a fallu que je le tarabuste longtemps pour qu’il accepte de raconter sa vie, après le décès de Marie-Louise, malheureusement. Il a fini par accepter de nous dévoiler Sa vérité, sans fard, sans faux-fuyant… De toute façon je n’aurais pas eu de mémoire suffisante pour restituer ces vies, celle de Germain-Joseph et de Marie-Louise, celle de Marie-Pierre, de Régine, de Claudie (leurs filles), de Jean-Luc (leur fils), de l’amour inconditionnel que Germain portait à ses petits-enfants…..

Notre engagement commun a fait que nous sommes tombés en amitié, que je le conduise à Glomel, sa commune de naissance, quand sa vue ne lui permettait plus de conduire et que je réussisse à imposer à la majorité de droite, fin 2007, de donner son nom à la salle municipale des associations de Kergleuz, au Relecq-Kerhuon, ce qu’elle accepta sans trop se faire bousculer : l’homme transcendait les oppositions, comme tous les grands hommes".

 

Germain Bournot est né dans les Côtes d'Armor à Glomel, près de Rostrenen, dans le centre-Bretagne, le 21 août 1915, pendant la guerre. Le fils de sa marraine ayant été tué au début de la guerre, celle-ci voulut donner à son filleul le même nom: Germain. Mais ses parents eux, appelaient leur fils Joseph, comme tous ses camarades d'école et plus tard ses collègues et amis. Ses parents étaient cultivateurs et bretonnants et Germain ne connaissait pas un mot de français en arrivant à l'école à sept ans.

Pourtant, à douze ans, il aura son certificat d'étude avec mention Bien. Il doit malgré tout quitter l'école et il travaille dans la ferme de ses parents jusqu'à ses 18 ans. Il s'engage alors en juillet 1934 au 34 ème Régiment d'Artillerie d'Afrique basé à Tunis.

Pour s'y rendre, il quitte pour la première fois son "trou" (sic) du centre-Bretagne, prend le train pour Paris, puis pour Marseille, voyage dans la cale du paquebot. Ses premières semaines au régiment en Tunisie sont dures: il n'a quasiment rien à manger. Il perd 13 à 14 kg, et finit par rentrer à l'hôpital, pour trois mois, puis en convalescence pour trois autres mois. De retour à Tunis, il n'est pas reçu dans le peloton des Brigadiers mais travaille comme chauffeur faisant office d'ordonnance pour un colonel. "Là, j'ai vu comment on exploitait les arabes", témoigne t-il devant Ronan Tanguy et René Le Ven. Les autres ordonnances du colonel sont tunisiens, l'un d'entre eux par exemple est un instituteur qui fait son service militaire, et ils se sentent humiliés de faire ce qu'on leur demande comme tâches domestiques. Germain Bournot a alors la conviction que "ça ne durera pas longtemps en exploitant les gens de cette façon là".

Le Front populaire -

En 1936, Germain revient à Glomel. Il avait passé un examen pour rentrer dans la gendarmerie à Tunis mais il fait finalement sa demande pour rentrer dans la SNCF et il est reçu, nommé chef d'équipe à Landerneau le 30 avril 1937. Il adhère tout de suite à la CGT: on le charge de distribuer La Tribune des Cheminots. C'est l'époque du Front populaire, la semaine de travail est passée de 48h à 40h: 6h40 par jour, 6 jours par semaine, avec 20 mn de pause pour le casse-croûte. La compagnie ferroviaire devient SNCF le 1er janvier 1938. Germain est nommé homme d'équipe principal à la gare de Guingamp.

La drôle de guerre et la débâcle -

En septembre 1939, Germain est mobilisé, il est intégré à un régiment d'artillerie léger qui stationne d'abord à la caserne du Colombier à Rennes, puis dans la campagne, non loin de Rennes, où l'on dort sur les paillasses d'un moulin et s'entraîne aux canons de 75 tractés par des matériels de l'armée américaine datant de la guerre 14-18 qui vont s'avérer très peu commodes, avançant à faible allure (50 km maximum) pour transporter chaque pièce, lourde de 1400 kg. Germain va vivre avec son régiment le très rude hiver 1939-1940 cantonné au nord de la ligne Maginot, dormant dans des granges à divers endroits. Les troupes françaises restent dans l'attentisme pendant qu'on laisse Hitler occuper ses troupes à envahir la Pologne puis se concentrer sur l'attaque de la France une fois le "travail" fini à l'est. Les soldats cherchent bien à couper quelques lignes de barbelé de la ligne Siegfried, et des mines allemandes traîtresses explosent 100 mètres derrière les barbelés où l'on envoie les éclaireurs quand on les touche, actionnés par des systèmes agissant à distance. Finalement, l'armée française envoie des cochons réquisitionnés vers les barbelés.

Le 8 mai 1940, Hitler attaque la Belgique et la Hollande, au nord de la ligne Maginot, pour la contourner. L'Armée française envoie ses troupes d'élites s'enfoncer dans le plat pays à la rencontre des Allemands, désorganisant ses défenses. Les blindés allemands rentrent par la poche de Sedan, comme d'habitude. Germain reste dès jour à les attendre le canon pointé sur la courbe d'une route, un tank allemand arrive puis repart devant le feu, sans qu'on sache s'il a été touché. Puis vient l'ordre de retrait dans la débandade. Les officiers ne sont plus là. On descend vers le sud, sans armes ni ordre pour combattre. L'aviation italienne voyant les français battus rentre en action et bombarde les colonnes de réfugiés civils et les soldats en déroute pendant la débâcle, dans le plus grand chaos. Après avoir traversés la Loire, Germain et ses camarades jettent le porte-canon inutile qu'ils tractent sur la plateforme de leur camion dans un fossé et installent sur la plateforme des piétons réfugiés, femmes, enfants, civils, militaires en déroute.

Germain éprouve un grand malaise quand il entend Pétain demander l'armistice sans condition après que les députés réunis à Bordeaux lui aient accordé, aux trois quart d'entre eux, les pleins pouvoirs. On s'est rendu sans continuer la lutte, sans qu'une partie des troupes ait été mises en situation de combattre réellement, alors qu'on pouvait transférer l'Assemblée et le gouvernement à Alger dans notre empire colonial pour continuer la lutte. En tant que cheminot, il est démobilisé le 14 juillet 1940, et prié de retourner à son poste de travail en Bretagne, qui fait désormais partie de la zone occupée. Germain Bournot rencontre ses premiers soldats allemands de près à Langon, sur la ligne de démarcation, à 30 km de Bordeaux. Avec ses compagnons, il se fait houspiller à Redon par une restauratrice qui reproche aux soldats de 1940 leur lâcheté et à Guingamp par des Cheminots, vétérans de la guerre 14, qui lui font le procès d'avoir détallé devant les Allemands. Ils l'accueillent avec la formule railleuse "Ah, voilà le lapin!!!".

La résistance

Meurtri par la défaite et l'humiliation de s'être rendu sans pouvoir défendre sa patrie, Germain va adhérer très vite à la Résistance. Il l'explique pour cinq raisons dans son témoignage devant Ronan Tanguy et René Le Ven:

1. Une revanche à prendre

2. 2 millions de prisonniers dont nous avons la responsabilité de hâter le retour

3. "Notre pays pillé par les Allemands: la bonne viande part pour l'Allemagne, les monceaux de rutabagas pour les Parisiens"   

4. le leader communiste et cégétiste des cheminots Pierre Sémard fusillé par les Allemands avait donné avant de mourir des consignes de résistance à l'ennemi: "Cheminots, ne faites rien qui puisse aider l'ennemi".

5. la défense des valeurs de la République, de la Commune et de 1789: Pétain rayait la devise de la République des édifices publics et des billets de banque, transformant en "Famille, patrie, travail" le "Liberté, égalité, fraternité". 

C'est à Guer, dans le Morbihan, où il est nommé au début de la guerre, que Germain Bournot va commencer à résister activement. Il est mis en contact avec un réseau de Résistance et de Renseignement dépendant de Londres et doit rendre compte régulièrement grâce à l'observation des voies à Guer et des registres en gare des mouvements militaires allemands sur le chemin de fer breton à partir de ce qu'il constate ou apprend des parcours (qu'il connaît jusqu'à Argentan). Relevé des trains, du nombre de wagons, des tonnages, armes transportées, régiments, itinéraires, etc. Il prend des notes dans un petit carnet, revient aux abords de la gare, même quand il n'est pas en service.

En avril 1942, il fait dérailler un train transportant des munitions. Ramassé et interrogé au camp militaire de Coëtquidan où sont basés les Allemands, il a eu le temps précédemment de rouler et fumer la feuille de papier à cigarette où il avait noté les informations du jour pour son contact. L'intervention du chef de gare "allemand", un autrichien anti-nazi qui s'était débrouillé pour ne pas servir dans la Wehrmacht, va le sauver et il sera relâché.

Fin 42, Germain Bournot reçoit une convocation pour le Travail Obligatoire en Allemagne, travailleur forcé prioritaire du fait de son statut de célibataire sans enfant. Il lui faut se présenter à Vannes à la mi-décembre 1942. Pour échapper au STO, il se marie en vitesse avec sa fiancée Marie-Louise. Le maire de Kerfeunten à Quimper d'où est originaire Marie-Louise veut bien les arranger. Le problème: Marie-Louise est mineure, il lui manque 6 jours pour atteindre ses 21 ans! Les parents accordent une dérogation à condition qu'on se marie à l'église un peu plus tard. C'est chose faite bientôt avec un mariage célébré avec quelques parents et amis à l'hôtel de la Tour d'Auvergne à Quimper avant que le couple ne rejoigne Guer. A Guer, Germain Bournot fait partie d'un réseau FFI qui s'est structuré peu avant, avec à sa tête un cheminot originaire de Granville, M. Touzé. Ce réseau dépend des services anglais. Un lieutenant arrive de Londres en civil, parachuté pour instruire les membres du groupe de résistance et leur expliquer le mode opératoire des parachutages d'armes et d'argent, leur expliquer comment se servir des armes, des grenades. Le parachutage doit avoir lieu le 9 décembre 1943 dans une ferme du département d'Ille-et-Vilaine, non loin de Guer. Le container restera coincé dans un arbre avant qu'on aille les chercher. Les armes et l'argent doivent servir pour plusieurs maquis. 

La réunion préparatoire avait eu lieu avec une quinzaine de résistants de la région de Guer chez la directrice de l'école publique. Un châtelain du coin qui appartenait au groupe de résistance était arrivé là avec un jeune homme inconnu, qui allait s'avérer être un traître, un milicien du groupe Darnand engagé par les Allemands pour démanteler les réseaux de Résistance. D'abord, le groupe ne veut pas l'accueillir mais le châtelain insiste en disant qu'il répond de cet homme. On finit par l'admettre et le traître va rejoindre Rennes et l'état-major des services de renseignement de l'armée allemande et dénoncer le groupe. Germain apprend qu'un de ses camarades résistants, un plombier dont le commerce et le domicile avaient été identifiés par le milicien, est arrêté à Guer, par le milicien lui-même accompagné par des allemands. L'identité de Germain n'est pas connue du milicien mais ils ne vont pas tarder à l'apprendre. Germain va donc voir un supérieur hiérarchique à Rennes, un inspecteur de la SNCF d'origine alsacienne servant aussi dans la Résistance, qui le mute dans le Finistère. Germain et Marie-Louise quittent Guer de manière expéditive avec une partie de leurs bagages simplement et s'installent à Quimper, Germain travaillant à la gare de Bannalec.

C'est là-bas que le 11 novembre 1943, Germain sauve un résistant qui venait de faire sauter un wagon de munitions allemand et qui avait été touché par la balle d'une sentinelle. Profitant du fait que le soldat soit parti chercher du renfort, Germain réussit à prendre en charge le résistant, à le mettre à l'abri et à le faire soigner. Il sera rattrapé et fusillé plus tard malheureusement comme les résistants dénoncés du groupe de Guer vont être envoyés en déportation, peu d'entre eux en revenant. Le 6 janvier 44, Germain est prévenu par un cheminot de Rennes que les Allemands sont sur sa trace et vont venir l'arrêter. Il s'enfuit pendant la nuit après avoir croisé en gare les soldats Allemands arrivés par le train à Bannalec pour l'arrêter et avoir été couvert dans sa fuite par le chef de gare. Germain fuit par les champs en suivant la voie jusqu'à la gare de Rosporden où il est pris en charge dans un train pour Quimper par des camarades cheminots résistants qui le croyaient arrêté par les Allemands. Grâce à la famille de sa femme, Marie-Louise, dont le frère est également engagé dans la Résistance - la première fille de Germain et Marie-Louise était née le 29 octobre 1943 - Germain va obtenir de faux papiers d'identité fabriqués à l'île-Tudy dans le pays bigouden: pendant la fin de la guerre, Germain Bournot s'appellera Joseph Le Gall, cultivateur. Il se cache dans une ferme à Lampaul-Guimiliau, puis auprès de son oncle, chef de gare à Plomodiern, mais ne peut pas rester chez eux dans cette zone côtière où la soldatesque allemande est très présente. Après avoir dormi 3 ou 4 nuits dans un champ d'orge il décide de rentrer dans son village natal de Glomel, où la résistance contrôle la région et l'a pratiquement libérée déjà, et là-bas, Germain Bournot se met à disposition de la Résistance. Il est en réserve lors de la bataille de Paule, puis, apprenant la Libération de Quimper, il rejoint à pied Quimper depuis Paule et le centre-Finistère. Il voit les FFI remettre à l'endroit les panneaux de signalisation qu'ils avaient déplacés pour faire en sorte que les troupes allemandes envoyées en Normandie lutter contre les alliés perdent du temps. 

Il arrive tellement épuisé à Quimper qu'il ne participe même pas aux réjouissances de la Libération.  Pendant sa période de clandestinité, l'inspecteur de la SNCF Alain de Quimper et l'assistante sociale de la SNCF avaient fait en sorte que sa femme Marie-Louise touchent 3/4 de son salaire en déclarant qu'il était "supposé ramassé par la Gestapo" alors qu'ils savaient qu'il était au maquis. 

- La Libération et l'adhésion au Parti communiste, le militantisme à la CGT

En septembre 1945, Germain Bournot est personnellement félicité par le Général de Gaulle: "vous avez été de l'équipe volontaire des bons compagnons qui ont maintenu le pays dans la guerre et dans l'honneur".

Il reçoit la Croix de Guerre avec une déclaration signée du Général Juin: "un grand patriote résistant de la première heure qui a livré des renseignements sur le trafic militaire allemand" et s'est signalé par plusieurs actes de bravoure.

Germain Bournot entretemps a repris son poste à Guer où il a trouvé son logement occupé avec l'accord de sa logeuse par des réfugiées parisiennes. Il adhère au Parti communiste en 1945 pour "faire avancer la condition des plus déshérités, sinon on laisse passer sa vie sans être utiles ni laisser aucune trace de son passage". Il est muté à la gare de Questembert où il dirige le syndicat CGT des Cheminots, qui dans un pays de droite, est le syndicat ultra-majoritaire, ne laissant pas s'installer FO ni progresser la CFTC, grâce à la ligne rassembleuse de Germain Bournot qui refuse le sectarisme, son trésorier de section CGT ayant par exemple ses enfants à l'école privée. Germain se plait à Questembert où le syndicat l'occupe beaucoup. Il organise le bal de l'orphelinat des chemins de fer. Il cherche finalement à se rapprocher de Quimper, où ses beaux-parents sont malades, avec sa femme Marie-Louise.

Il est nommé chef de station à Combrit, où il exerce pendant deux ans, puis dans une petite gare près de Douarnenez. Il y tombe malade d'épuisement, seul à assurer le trafic des trains transportant les légumes, alors très nombreux à passer entre Douarnenez et Quimper, et passe quelques mois dans un sana.

1966: l'arrivée à Brest et à la section PCF du Relecq-Kerhuon

En 1966, pour permettre à sa fille Marie-Pierre de continuer ses études, il décide de se rapprocher de la région brestoise, et il arrive au Rody et à la gare de Brest. Il prend contact avec le syndicat CGT de Brest et la section communiste de Kerhuon alors animée par Pierre Le Pape, les Besson. Ses enfants les plus jeunes, Jean-Luc, Régine, Claudie, vont à l'école dans les baraques à Sainte Barbe. Il est élu au comité des œuvres sociales de la SNCF pour le Nord-Finistère et s'occupe de l'amélioration du confort des logements dans les petites gares. Il forme aussi beaucoup d'apprentis de 14-15 ans. Il est passionné par la transmission de son savoir-faire. Malgré tout, il est bloqué dans son avancement de carrière car il a fait grève, un fait inédit, en tant que petit chef de gare au début des années 60 et est perçu à raison comme un "rouge". En 1968, c'est lui qui lancera la grève générale à la SNCF en gare de Brest. Il est sous-chef de gare à la gare de Brest depuis le 1er mai 1967.

Au Relecq-Kerhuon, il va être trésorier de la section du PCF jusqu'à l'achat du local rue Gambetta, CDH de l'Humanité - il avait une tournée où il vendait Pif et l'Humanité Dimanche -, il s'occupe des fêtes de section et des fêtes de l'Unité du PCF à Brest, rassemblant à l'époque des milliers de personnes, et de la fête de l'Humanité où la section du Relecq-Kerhuon à son stand.

Il sera conseiller municipal avec la délégation des Anciens Combattants, organise les classes de neige offertes aux CM2 des écoles publiques avec la municipalité de Guy Liziar. Il participe à la création du comité local du Secours Populaire avec Christiane Paul, et à la création du cercle celtique au centre nautique de la baraque. 

Germain Bournot laisse une trace durable dans la commune du Relecq-Kerhuon et apparaît aux adhérents qui l'ont connu comme un militant d'une grande humanité et générosité.                   

Les filles de Germain et Marie-Pierre Bournot sont toujours militante à la section communiste du Relecq-Kerhuon et la plus jeune, Claudie Bournot Gallou, qui a été candidate aux Régionales pour le PCF en 2015, est adjointe au maire PCF au Relecq-Kerhuon. 

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 55/ Albert Jaouen (1909-1976)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 54/ Pierre Hervé (1913-1993)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 52/ Yves Le Meur (1924-1981)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 13:31
Cocos, confinés et actifs: Annie Bergot Le Calvez à Morlaix

Avec toute la générosité de son caractère, Annie Bergot Le Calvez n'est pas du genre à rester inactive.

Notre amie et camarade, retraitée des Finances publiques, militante de la CGT puis du Parti communiste, venait de passer cinq mois intenses de campagne électorale avec "Morlaix Ensemble" au moment où la crise du Covid-19 a fait pleine irruption dans nos consciences et nos vies avec le début du confinement imposé à toutes et tous.  C'est elle avec Hervé Gouédard et Yvon Laurans qui avait organisé les tours de présence des assesseurs de "Morlaix Ensemble" dans les bureaux de vote le 15 mars, élection qui s'est déroulé dans un contexte inédit, étrange et anxiogène.

Bien que non éligible sur la liste (elle qui a déjà fait plusieurs mandats dans la majorité PS-PCF et l'opposition à Morlaix), Annie apportait, comme Hervé Gouédard, son expérience et son pragmatisme, son dynamisme et son franc-parler, à tel point qu'elle est devenue clairement un pilier et un repère de notre collectif uni par une belle fraternité, une sympathie et une complémentarité entre des personnalités différentes aux expériences et formations très diverses. Elle continue pendant ce mois et demi de confinement à beaucoup soutenir les uns et les autres, à réagir aux expressions de chacun et à témoigner des ressentis qui s'expriment chez les Morlaisiens sur la messagerie interne du groupe.

Mais surtout Annie s'investit comme tout au long de l'année pour la Ligue contre le Cancer, où elle milite comme bénévole depuis 11 ans, en tant qu'écoutante et bénévole à l'atelier travaux manuels.

Tous les jours, elle appelle des gens pour rompre l'isolement, discuter, elle garde le lien avec eux dans cette période angoissante où parfois on a l'impression qu'on ne meurt plus que du coronavirus et qu'il n'y a plus que ça qui existe.

Elle fait des courses aussi régulièrement pour une dame de 93 ans. Elle continue à militer pour la défense de l'hôpital public du pays de Morlaix et le comité des usagers dont elle est la trésorière adjointe en relayant des informations, allant les chercher à la source, en frappant les casseroles tous les soirs à vingt heures dans son quartier avec ses voisins, en confectionnant des banderoles pour soutenir l'hôpital public avec Jean-Luc, son mari. Elle s'occupe aussi de maintenir le lien avec ses enfants et petits-enfants, avec sa tante de Ploujean, personne âgée isolée, et, avec David Guyomar, autre colistier de Morlaix Ensemble, son voisin du quartier Penlan, ils discutent beaucoup et prennent les contacts avec les voisins pour créer les bases d'une association de quartier regroupant Coat Congar, l'Orée du Bois et Penlan, avec plein d'idées d'animations et de temps de vie sociaux pour faire vivre le quartier après le déconfinement.   

Voici une expression d'Annie Bergot Le Calvez datant de ce jour qui dit la nécessité d'un engagement social durable et du bénévolat bien au-delà de l'urgence de la crise du Covid-19, à quoi l'on ne peut pas ramener non plus tous les défis sociaux du moment:

"Le début de l’annonce du Covid 19, aura vu surgir un grand élan de solidarité autour et parmi nous.

Des personnes se mettant tout de suite à la disposition des associations caritatives, pour venir en aide aux plus vulnérables et aux plus démunis. C’est beau, c’est généreux, c’est indispensable dans l’instant, mais n’oublions pas l’après.

Bénévole depuis plus de 10 ans, auprès de personnes atteintes du cancer ou de leurs proches, force est de constater que nous avons toujours de plus en plus de mal à trouver des personnes souhaitant donner un peu de leur temps, de leur bonne volonté et de l’écoute.

Confinée, je pense à Vous, que nous n’avons pas vues depuis bientôt 2 mois. Vous qui subissez la double peine, la maladie et le confinement. Vous qui souffrez de ne pouvoir nous rencontrer, d’échanger entre vous vos espoirs et vos angoisses, avec nous bénévoles de toujours, avant, pendant et après le confinement.

Des bénévoles, il y en a toujours eu et il en faudra encore plus. Dans tous les domaines, caritatif, culturel, sportif, social, scolaire…

Nous bénévoles sommes et seront toujours là, après que cette grave épidémie soit passée. Nous retrouverons la liberté , le droit et le pouvoir de se retrouver ensemble.

ANNIE BERGOT LE CALVEZ MORLAIX"

 

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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 06:49
La presse touchée en plein cœur par l’épidémie de Covid-19 - Caroline Constant - L'Humanité, 24 avril 2020
Vendredi, 24 Avril, 2020
La presse touchée en plein cœur par l’épidémie de Covid-19

Le confinement porte un coup sévère à la presse, déjà largement fragilisée. De quoi s’inquiéter car sa bonne santé est un indice du niveau de démocratie d’une société.

 

Sans sport, difficile de réaliser des journaux sportifs. Sans calendrier culturel, difficile de réaliser des journaux culturels. En plein confinement, difficile de réaliser des journaux, quels qu’ils soient. Mais aussi de les trouver : la crise de la presse, déjà latente avant l’épidémie de Covid-19, prend des allures inquiétantes depuis la mi-mars.

Et les chiffres de l’OJD, tombés ce jeudi pour le mois de mars, confirment peu ou prou un besoin d’information en même temps qu’un sérieux problème de diffusion : ainsi, le Parisien/Aujourd’hui, sur mars, a perdu 15,93 % de lecteurs sur la période et le Figaro 6,06 %, l’Équipe 14,64 % et la Croix 4,10 %. Les seuls qui gagnent des lecteurs papier sur le mois de mars sont le Monde (+11,55 %) et Libération (+0,60 %). D’autres quotidiens, comme la Marseillaise, ont durant cette période suspendu leur parution papier. Idem pour Siné Mensuel ou Grazia, dans des registres différents. Et pour affronter économiquement la période, alors que l’information est dense, tous les journaux, y compris l’Humanité et l’Humanité Dimanche, ont baissé leur pagination. Ou modulé leur parution, comme France Football ou Voici, hebdomadaires devenus bimensuels pour affronter le choc.

Lire aussi : Une dure bataille pour faire vivre l’Humanité

Un carnage économique

Parce que la presse se vend moins, et pour cause : 40 % des kiosques, et tous les Relay, sont fermés à Paris. En région, 90 % des points de vente fonctionnent, mais connaissent des problèmes d’approvisionnement. La Poste, qui a décidé, sur la période, de réduire le nombre de tournées, ne distribuait plus les journaux aux abonnés que trois fois par semaine, contre six fois hors épidémie, d’où des désabonnements. Le rythme de distribution postale est revenu à quatre jours depuis mercredi et devrait passer à six jours le 11 mai. Le quotidien Paris-Normandie, qui était déjà dans une situation très précaire, est une des premières victimes officielles de ce carnage économique : il se retrouve en liquidation judiciaire, avec une prolongation d’activité de trois mois. Par ailleurs, la presse, qui est structurellement financée par la publicité, a vu ses recettes fondre comme neige au soleil : tous les secteurs de l’automobile, du luxe notamment, se sont désinvestis. Un amendement LaREM proposait, via Aurore Bergé, en début de semaine, de faire un crédit d’impôt aux sociétés qui accepteraient de relancer leur budget communication. Il a été refusé. Idem pour la proposition des élus communistes, présentée par André Chassaigne, qui ont proposé une taxation sur les Gafa pour financer la presse écrite dans cette crise. Le ministre de la Culture, Franck Riester, auditionné jeudi dernier à l’Assemblée nationale, a répondu qu’il était en lien avec Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, pour proposer, « d’ici quelques semaines », un plan de sauvetage de la presse écrite. On n’en sait guère plus pour le moment.

Presstalis en cessation de paiements

Or, il y a urgence. Dans le même temps, Presstalis, qui gère la distribution de la presse, s’est déclaré lundi en cessation de paiements auprès du tribunal de commerce de Paris. Une audience de début de procédure devrait se tenir ce vendredi ou mi-mai si le tribunal estime que la société peut tenir financièrement jusque-là. L’administratrice judiciaire, Hélène Bourbouloux, a proposé un plan de redressement aux éditeurs : sur les 120 millions dont a besoin Presstalis, la moitié serait fournie par l’État, l’autre par les actionnaires, en échange de leurs investissements dans la messagerie. Au sort de Presstalis sont liés les distributions de journaux, mais aussi le sort de 900 salariés qui refusent, avec le SGLCE-CGT, les trois scénarios de sortie de crise assortis d’une casse sociale certaine.

La presse indépendante en danger

Parce que, forcément, la crise systémique du secteur s’accompagne aussi de difficultés sociales majeures. En premier lieu, les plus fragiles des salariés, les pigistes, qui ont été, dans nombre de rédactions, les premiers à être débauchés. Les précaires, chez les journalistes, constituent 49 % de la masse salariale, ce qui donne une idée de l’ampleur du problème. Le gouvernement, sous la pression des syndicats, a fait passer un décret pour qu’ils puissent bénéficier du chômage partiel. Même si les sites Internet des journaux connaissent des bonds extraordinaires, la chute de la publicité et des abonnements papier, plus chers, les met dans des situations économiques compliquées. Et c’est évidemment la presse indépendante qui risque d’en payer le prix fort, puisque la plus fragile et sans grand argentier pour la renflouer.

« Que seront la liberté, le pluralisme et la fiabilité de l’information d’ici à 2030 ? La réponse à cette question se joue aujourd’hui », alertait Reporters sans frontières, ce mercredi. Et la crise de la presse rejoint celle des libertés publiques, estime Christophe Deloire, le président de RSF : « La crise sanitaire est l’occasion pour les gouvernements autoritaires de mettre en œuvre la fameuse  “doctrine de choc” : profiter de la neutralisation de la vie politique, de la sidération du public et de l’affaiblissement de la mobilisation pour imposer des mesures impossibles à adopter en temps normal. » En France comme ailleurs.

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