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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 12:02
Décès du chanteur kabyle algérien Idir: l'hommage de l'Humanité (Rosa Moussaoui) et du PCF (Pierre Dharréville)
Dimanche, 3 Mai, 2020
Disparition. Idir, l’amour des siens et le goût des autres

Le musicien kabyle, pionnier de la world music, s’est éteint samedi soir à Paris, à l’âge de 70 ans. Il laisse des combats et des mélodies berbères aux accents universels.

 

C’est un fils de berger qui a bercé et fait danser le monde entier. Le chanteur Idir s’est éteint samedi à Paris, à l’âge de 70 ans, loin de ses collines et des montagnes du Djurdjura qui n’ont jamais cessé de l’inspirer. Cet homme humble, discret, généreux, d’une gentillesse exquise, incarnait mieux que quiconque l’ancrage revendiqué dans une culture en même temps que le goût des autres, du grand large.

Rien, au départ, ne destinait ce Kabyle à une carrière musicale : c’est tout à fait par hasard que l’étudiant en géologie qu’il était alors fut appelé à remplacer au pied levé la célèbre chanteuse Nouara dans une émission de Radio Alger, en 1973. Ses ballades conquirent immédiatement les cœurs et l’une d’elle, A vava inouva, fit le tour du monde, annonçant la grande vague de la world music. Cloîtré dans une caserne, il ne découvrit ce succès fulgurant qu’au sortir de son service militaire. Cette berceuse, traduite dans sept langues, tient du conte et recrée comme au coin du feu l’atmosphère des veillées d’antan. Elle donna, à l’époque, un écho planétaire à sa langue piétinée par un régime autoritaire qui tenait la diversité culturelle pour une hérésie.

« On était fiers, on recevait Fidel Castro, Che Guevara, on était portés par le vent de l’histoire, mais, d’un autre côté, notre culture maternelle n’avait aucune existence légale »

Dans un rare entretien au quotidien algérien El Watan, Idir s’en expliquait par ces mots, en 2013 : « On était fiers, on recevait Fidel Castro, Che Guevara, on était portés par le vent de l’histoire, mais, d’un autre côté, notre culture maternelle n’avait aucune existence légale, alors qu’elle devait venir en premier. Dans les années 1950, il y a eu une tentative de faire de la musique ouverte. Les gens faisaient du jazz, c’était l’époque des rythmes exotiques, de la rumba. Nous, on a été élevés au biberon de la folk song des années 1970. C’était l’époque de Cat Stevens, Joan Baez, Simon and Garfunkel, Moustaki. »

Porte-voix d’un refus sans concession de l’obscurantisme 

 L’homme n’avait cure des contrats, de l’argent ; sa ballade ne lui rapporta pas un sou : il fut escroqué par des producteurs. Vint ensuite l’exil puis une longue éclipse artistique, avant son retour et la sortie d’une compilation, en 1991. L’Algérie allait plonger dans le cauchemar d’une décennie de sang ; lui, le cœur toujours de l’autre côté de la Méditerranée, marchait au coude à coude avec les siens, porte-voix malgré lui d’un refus radical de l’obscurantisme. En marge du monde du show-business, Idir était homme à prendre son temps. En 1999, puis en 2007, ses albums « Identités » et « La France des couleurs » rencontrèrent un large public. Il s’y faisait le chantre du métissage, de l’hybridité, du partage, donnant corps à une communauté d’artistes invités à tramer avec lui des duos tirés au cordeau. Manu Chao, Zebda, Maxime Le Forestier, Gnawa Diffusion, Paco El Lobo, Tiken Jah Fakoly, Gilles Servat, Karen Matheson et bien d’autres se prêtèrent au jeu. Dix ans plus tard, il mêlait encore sa voix à celles d’Aznavour, Cabrel, Chedid ou Lavilliers pour célébrer la chanson française

Pour la génération qui a grandi avec ses chansons, il était devenu une légende. Mustapha Amokrane, du groupe Zebda, se souvient avoir failli chavirer d’émotion en partageant pour la première fois avec lui la scène de la Cigale, à Paris, à la fin des années 1990. « Quelques années auparavant, nous avions repris avec le collectif 100 % collègues certaines de ses chansons devant des publics de punks déchaînés, torses nus. On leur chantait des berceuses kabyles, et ça les transportait, c’était fou », raconte-t-il. Le Toulousain décrit un artiste « plein d’humour, d’une grande érudition, musicale, politique, historique », ravi de voir réinterprété son patrimoine musical.

Il rêvait son pays au pluriel

Discret, doux, attachant, le musicien était un homme de conviction et d’engagement. Il déclinait rarement une invitation à offrir ses mots, ses mélodies à une juste cause. Depuis le printemps 1980 et la répression du premier printemps berbère, jamais son soutien ne fit défaut aux prisonniers politiques, à ceux qui luttent pour la démocratie, la liberté, la justice sociale, la reconnaissance de leur singularité culturelle. Il n’était pas dans l’incandescente insurrection d’un Matoub Lounès ; ces deux-là partageaient pourtant les mêmes combats. « Je préfère élever la voix sans hausser le ton », disait-il simplement, lui qui aimait à peser ses mots. Idir aura attendu trente-huit ans pour se produire à nouveau en Algérie, en 2018, à l’occasion de Yennayer, le nouvel an berbère. Sans autre nationalité, il se sentait profondément algérien ; habité par l’amour de sa langue et de sa terre natale, il rêvait son pays pluriel, ouvert au monde et à lui-même.

« Cet homme de rencontre et de partage a su faire entrer des gens de tous les horizons dans son imaginaire »

« Tout en puisant dans la tradition kabyle, il a ouvert la musique algérienne à la modernité, à l’universel. Avec lui s’est opérée une césure. Sans connaître sa langue, un vaste public a littéralement ressenti ses chansons, empreintes d’émotion. Cet homme de rencontre et de partage a su faire entrer des gens de tous les horizons dans son imaginaire. Mais il n’avait rien de naïf : ses choix esthétiques tenaient à des choix politiques assumés », analyse aujourd’hui l’historienne Naïma Yahi, spécialiste des musiques d’Afrique du nord.

Alors qu’une fibrose pulmonaire lui coupait déjà le souffle, il disait, l’an dernier, avoir trouvé une « bouffée d’oxygène » et des « instants de grâce » dans le soulèvement de son peuple. « J’ai tout aimé dans ces manifestations : l’intelligence de cette jeunesse, son humour, sa détermination à rester pacifique », confiait-il. Fils et petit-fils de poétesses écoutées bien au-delà de leur contrée, cet aède kabyle a su embrasser l’universel. Ses mélodies se fredonnent aujourd’hui partout, comme un legs au monde.

Idir : "Il était une grande voix du monde" (Pierre Dharréville)

Élégante et raffinée la voix d’Idir s’est tue. Il était une grande voix du monde, une grande voix de l’Algérie, une grande voix de la Kabylie, une grande voix de la France.

La chanson perd un de ses beaux poètes. Idir a été un militant du bonheur et de la justice en Algérie et en France, ses deux terres d’attache. Il a éminemment participé de la connaissance des musique berbères si proches des sonorités celtes et a ainsi témoigné de l’universalité de la musique, qui rapproche les peuples et nourrit la compréhension mutuelle. Il aimait chanter avec d’autres, pour que les mots soient partagés. Idir était un artiste courageux et libre, humble et fédérateur. Dans la douceur de ses mélopées on prenait confiance en l’humanité. Nous adressons à sa famille et ses proches nos condoléances émues, celles des communistes français.

Pierre Dharréville
Député - 13ème circonscription des Bouches-du-Rhône
Délégué du PCF à la culture
 
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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 06:37
Les associations de parents d'élèves des écoles publiques de Morlaix demandent la mise en place de conseils d'école pour définir les conditions de réouverture des écoles

"Par courrier adressé au maire, les associations de parents d’élèves des écoles publiques de Morlaix demandent la mise en place de conseils d’école pour définir les conditions de réouverture des établissements. «… Pour traiter au mieux l’ensemble des questions relatives à l’organisation de la réouverture des écoles primaires et maternelles, nous souhaiterions que la mairie associe les parents des enfants des écoles publiques morlaisiennes, par le biais des conseils d’école. Cette instance, qui réunit les enseignants, les parents et le personnel communal, nous paraît la plus appropriée, pourrait y être associés la PMI et les infirmiers et infirmières scolaires. Nous pensons que cette concertation, assurée en respect des mesures de confinement, permettrait de garantir la prise en compte de l’ensemble des aspects de cette reprise particulière et serait à même de garantir la sécurité de nos enfants, du personnel municipal, du personnel enseignant, de nos familles et de la collectivité… »"

Le Télégramme, 2 mai 2020

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 06:23
communiqué du SNUipp-FSU 29 (2 mai 2020)  : "rentrée" des classes du 12 mai:  stop au mensonge!

Voici un communiqué de presse important du SNUipp-FSU 29, syndicat majoritaire dans le premier degré nationalement et dans le Finistère,  sur les conditions de la rentrée des classes imposée au 12 mai.

Communiqué du SNUipp-FSU 29 : stop au mensonge.

2 mai 2020

La reprise de l’école devrait être une bonne nouvelle, elle devait signifier la fin de la phase aiguë de
la crise sanitaire. Elle était attendue par toutes et tous.
La date du 12 mai a été annoncée de façon unilatérale, contre même l’avis du conseil scientifique,
de l’OMS… Partout les directions d'école et les équipes tentent de l’organiser, alors même que
pour l’heure, rien n’est très clair entre les discours au sommet de l’État et les déclinaisons que
cherche à poser le recteur. Dans certaines communes, les mairies n’ont pas encore pris contact avec
les directeurs et directrices qui naviguent à vue, alors même que la responsabilité de cette reprise
leur incombe.
Le protocole sanitaire nous oblige à faire respecter les gestes barrières et le respect du mètre de
distance entre les enfants. Si nous devons adapter l’accueil dans une perspective de crise durable,
nous exigeons qu’un discours de vérité soit tenu aux enseignants et aux familles. Exiger d’enfants
de rester à 1 mètre les uns des autres, de ne pas utiliser les jeux de classe, de rester sans bouger,
induit une maltraitance contraire aux droits de l’enfant. C’est aller contre leur nature même. Ça sera
une école sans que le maître ou la maîtresse puisse consoler un chagrin, sans que l’AVS d’un élève
puisse l’aider à organiser son travail, sans secret glissé à l’oreille, sans échange de carte de jeu, sans
jeu de ballon sur la cour, … Ce n’est pas tenable.
En l’absence de la possibilité d’assurer la santé et la sécurité de tous, le SNUipp-FSU 29 demande
de reporter cette rentrée afin de laisser à chaque équipe la possibilité de la préparer correctement.
Dans la précipitation actuelle, le protocole de reprise ne pourra être respecté à 100% en ce qui
concerne les gestes barrières et la distanciation.
Donner la responsabilité d’une éventuelle contamination à un enseignant qui ne pourra pas respecter
un protocole intenable, procure un malaise extrême dans notre profession. Si les gestes barrières
étaient suffisants nous n'aurions pas eu besoin de nous confiner pendant 2 mois .
En imposant une rentrée mal préparée et dans un délai contraint, les autorités devront prendre la
responsabilité de l’impossibilité du respect de l’ensemble des gestes barrières induite par une
reprise des cours. Nous voulons un discours de vérité pour assurer les personnels de la prise en
charge des responsabilités de l'Etat, que le protocole sanitaire ne soit pas un parapluie qui décharge
son concepteur au détriment du personnel. L'état doit prendre des engagements vis à vis de notre
protection et nous assurer de son entière responsabilité.
Le SNUipp-FSU au niveau national a pris soin de déposer une alerte sociale à compter du 11 mai et,
afin d’éviter tout retour précipité, il accompagnera les enseignants et enseignantes sur les modalités
d’usage du droit de retrait et du droit d’alerte.

 

Sabrina Manuel, secrétaire départementale SNUipp-FSU 29

et Antoine Gauchard

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 05:57

À 10 jours du déconfinement, que pensez des mesures gouvernementales ? En direct de l’hôpital de Creil avec Loïc Pen, médecin urgentiste, responsable départemental de la CGT, le point sanitaire et l’état d’esprit des soignants au lendemain du 1er mai.

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 05:53

Tournons la page de 40 années de destruction des services publics et hôpitaux.

Les jours d'après doivent être sociaux, écologiques et solidaires !

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 05:29

 

Jean-François Bolzinger est directeur de la revue Progressistes

 

Le XXIe siècle connait une crise planétaire majeure avec la pandémie du COVID 19. Adepte de la stratégie du choc, le néolibéralisme utilise chaque crise pour tenter d’élargir son champ d’exploitation et de domination.

 

Légalisation de l’exceptionnel

Lors de chaque sortie de crise, il cherche à transformer les décisions exceptionnelles ou temporaires en mesures ordinaires et permanentes. Le 11 septembre 2001 ainsi que les attentats de ces dernières années lui ont servi à généraliser les aspects antiterroristes dans sa politique, à militariser la police, à réduire les libertés individuelles et réprimer des manifestations hostiles. La crise financière et économique de 2008 lui a servi à pousser plus avant la domination de la finance et le financement, par les peuples et les collectivités publiques, du développement des marchés financiers et de l’enrichissement des 1 % qui constituent les classes dominantes aujourd’hui.

La pandémie du COVID 19 est un drame planétaire. En Occident, des systèmes de santé performants ont été détruits pour faire la part belle à la gestion privée. Ceci a créé une situation d’impréparation gigantesque à une pandémie largement annoncée. Les propos de Bill Gates lors de sa conférence Ted en 2015 sur les risques majeurs de pandémie et sur le niveau d’impréparation pour y faire face sont rétrospectivement vertigineux par leur précision.

Contrairement aux chocs et crises précédentes, cette crise sanitaire et économique arrive à un moment où les contestations et les alertes se sont multipliées sur la planète. Sur tous les continents, des populations souvent les plus jeunes rejettent les inégalités, l’autoritarisme et la corruption. Du Chili au Liban, de l’Algérie aux États-Unis, de l’Australie à la France… Partout le néolibéralisme est acculé sur les questions sociales et écologiques, climatiques, féministes, démocratiques…

Les cultures, les situations environnementales, les rapports de force politiques, économiques et sociaux, partout différents, vont peser lourd dans la suite.

 

Etatisme autoritaire de marché

La spécificité de la France tient au fait que contrairement à la plupart des pays, les luttes ont dépassé la société civile et ont mobilisé le monde du travail. Depuis 2016, les différentes composantes du mouvement social se relaient, se conjuguent sur le terrain et sur le net. Loi El Khomri (en fait déjà une loi Macron), deuxième loi travail, mouvement des cheminots en 2018 suivi du mouvement des gilets jaunes puis du mouvement syndical sur les retraites… Ces mobilisations peuvent être considérées comme des éléments d’un processus révolutionnaire.

La présidence d’Emmanuel Macron incarne parfaitement l’étatisme autoritaire de marché, forme de pouvoir que s’est donné le néolibéralisme qui ne fait plus cas de la démocratie ni de l’État de droit. Parlement, corps intermédiaires, justice n’ont plus droit de cité ; une bonne illustration en est aussi la réforme territoriale actuelle et le rôle des préfets. Les forces de l’ordre- armée, police- et la communication sont les seuls outils du pouvoir central tout entier au service de la classe dominante. L’exemple des Etats-Unis est encore plus frappant. Peu importe la vérité des faits et des actes de Trump, seul prévaut le rapport de force politique qui sert ceux qui pilotent les marchés financiers.

 

Société civile et monde du travail

Le mouvement social en France a montré des atouts et certaines limites encore à lever. Le mouvement des gilets jaunes, par manque de conscience politique sur la réalité du néolibéralisme, s’est certes soldé par des primes et des aides fiscales ne transformant pas fondamentalement le système salarial et social. Ceci-dit, la nouveauté des formes d’action et de vie démocratique, l’utilisation du numérique, le renouvellement permanent des porte-parole, l’ancrage territorial… ont émergé des profondeurs du pays autour d’un contenu d’exigence de hausse du pouvoir d’achat, de lutte contre la désertification rurale, de nécessité de service public de proximité, de refus des inégalités, d’un désir de mieux vivre et d’être respecté.

Les mouvements syndicaux dans la santé, chez les cheminots et pour les retraites ont été soutenu par les deux tiers de la population. Là encore la détermination et l’innovation dans les formes d’action et la bataille d’idées ont marqué les esprits : nouveauté des formes de grève, progrès dans l’appréhension du numérique pour impliquer l’opinion publique, recherche d’initiatives efficaces et symboliques de la réalité de travail : dépôt de blouses blanche chez les soignants, de codes du travail chez les inspecteurs du travail, de robes d’avocats, démissions administratives de centaines de médecins hospitaliers…

Un obstacle à lever est la mobilisation dans le secteur privé au-delà des cercles syndiqués. Au chantage à l’emploi s’ajoute la question de l’impact de la grève, c’est-à-dire du non-travail pour une majorité de salariés fonctionnant aux objectifs plus qu’au temps décompté. Le caractère de masse nécessaire pour des luttes efficaces suppose un niveau de bataille d’idées beaucoup plus conséquent. Ceci renvoie à l’absence actuel de débat, d’intervention, d’activité politique dans le travail et l’entreprise.

La politique ne peut être réduite à la gestion du secteur public (20 % de la population active) et à un discours macro-économique extérieur sur les entreprises privées, laissant ces dernières sous l’entier contrôle du patronat. L’intérêt général les concerne pourtant totalement. Le développement de l’intervention dans le secteur privé s’avère décisive.

 

S’attaquer au mode de gestion néolibéral

Le « Wall Street Management » est le support de fonctionnement des entreprises, porté par le néolibéralisme. Issu de la logique privée, il s’est diffusé ensuite dans le secteur public et la gestion de toute la société. Cherchant à tayloriser la part intellectuelle du travail, il s’appuie sur la fixation d’objectifs individuels quantitatifs et de court-terme liés au seul résultat financier, faisant fi du professionnalisme, du travail bien fait.

Ce Wall Street Management englobe les organisations du travail à flux tendu, les stocks zéro, la sous-traitance en cascade, le remplacement de la prévention des risques par la gestion des risques au nom de l’optimisation financière. Il est l’outil de la politique de baisse forcenée du prix du travail. Ce mode d’organisation des entreprises et de la société, conduit à des drames humains considérables tels les suicides au travail, à des accidents graves tel AZF, à des désastres écologiques et des gâchis économiques.

Ayant développé ce mode de gestion dans toutes les sphères de la société et notamment dans le secteur de la santé, le néolibéralisme est rattrapé par la pandémie actuelle qui dévoile son caractère nocif de la manière la plus dramatique. En quelques années le néolibéralisme a mis à mal les systèmes de santé de nombre de pays. En France, Il a détruit 100 000 lits en 20 ans, orchestré le manque de moyens humains et matériels (masques, tests, respirateurs…), provoqué l’arrêt des recherches sur les vaccins, cassé les chaînes de production de médicaments, amenant une perte de souveraineté criante. La désindustrialisation du pays se paye ici au prix fort.

Les mesures de sauve-qui-peut que le gouvernement est obligé de prendre dans la lutte contre la pandémie démentent son propre discours refusant de considérer la santé comme un bien public. Chacun selon lui est détenteur d’un capital santé dont il est le seul responsable. Cette idéologie qui fonde le démantèlement programmé de la sécurité sociale montre ici son inanité.

 

Le néolibéralisme rattrapé par la pandémie

La puissance des mouvements sociaux qui ont précédé l’épidémie en France – notamment dans la dernière année le mouvement sur les retraites pour une protection sociale solidaire, ainsi que le gigantesque mouvement dans la santé – font que le confinement n’a pas arrêté le processus de contestation, de recherche de solidarité et d’alternative.

La défiance et le discrédit envers le pouvoir et les principaux médias se sont au contraire accentués. Des initiatives de solidarité et de fraternité se sont développées dans le combat même contre la pandémie. L’utilisation du numérique à d’autres fins que la logique marchande a marqué des points. Les informations syndicales sur les droits et la protection des travailleurs ont empli les réseaux sociaux. Les innovations de plates-formes et logiciels numériques coopératifs ont explosé.

Du lien social se crée en plein confinement. Les échanges transversaux permis par le numérique explosent. Les réflexions et propositions pour « l’après » se multiplient. L’expérience du télétravail, heureuse découverte pour les uns et enfer pour les autres, bouleverse la manière de travailler pour beaucoup.

La mobilisation pour les soignants a battu son plein. Les actes d’entraide se sont multipliés augurant d’autres valeurs que celle de l’incurie néolibérale.

L’appel puis la pétition d’organisations syndicales et sociétales comme la CGT, la FSU, Solidaires, Oxfam, ATTAC…, se positionnant « pour que le jour d’après soit en rupture avec le désordre néolibéral », marque une volonté unitaire de ne pas laisser les tenants du néolibéralisme imprimer leurs réponses économiques et financières comme sortie de crise.

Dans l’urgence de trouver des solutions au drame de la pandémie se jouent, pendant le confinement même, des batailles importantes pour la suite : financement de l’hôpital par appel au don ou par le financement public, limitation du travail aux activités essentielles ou pas, priorité à la protection des travailleurs ou à l’économie….

 

Retour du lien social

Le retour de l’humain est aujourd’hui manifeste, les démarches citoyennes articulées autour du « produire et consommer autrement », de la défense du service public, des problématiques environnementales et sociales trouvent dans la crise encore plus de consistance avec la convivialité et les initiatives de proximité qui se développent.

Le manque d’alternative politique apparaît au grand jour. Rien ne serait pire que d’en rester à des dénonciations ou stigmatisations de quelques dirigeants ou à des appels incantatoires, des vœux pieux de changement. Il n’y a aucune automaticité au changement de société quelle que soit la violence de la crise. Seule l’action humaine est décisive. C’est elle qui fait l’histoire.

La façon dont le pouvoir gère la crise sanitaire tient compte de deux aspects :

– gérer au mieux la casse consécutive à la non-préparation à une telle pandémie, sa difficulté étant que son arme favorite qu’est la communication se heurte au réel de la crise sanitaire ;

– anticiper la crise économique à venir en programmant un déchaînement ultralibéral et une surexploitation forcenée appuyée sur le chantage à l’emploi et aux fermetures d’entreprises.

C’est parce que le pouvoir est conscient du potentiel de contestation et de changement existant qu’il accentue, dans la gestion de la crise, les marqueurs libéraux de sa politique : état de guerre, restriction des libertés et des droits, lancement d’une étude par la caisse des dépôts et consignation sur la privatisation du système de santé, mise en cause des RTT et des congés payés…

Dans la sortie de la crise sanitaire, les rapports de force développés avant et pendant la crise sont les meilleurs atouts pour forcer à tirer les enseignements en gagnant des débats et interventions publiques visant la réorientation des choix structurants du pays. Le sentiment que « ça ne peut plus durer comme ça » et qu’il faut modifier notre rapport au monde est largement répandu.

Une lucidité collective s’est construite sur l’importance du système de santé et de l’hôpital public ; elle est montée sur l’enjeu du service public en général. L’enjeu de souveraineté en matière de production industrielle est apparu au grand jour avec les carences de matériel ou de médicaments liés aux délocalisations. L’idée d’un investissement conséquent dans la recherche, d’une industrie écologique dont le pays ait la maîtrise, fait son chemin.

Des axes de conquête sont aussi à promouvoir notamment en termes de droits démocratiques. Le droit d’alerte sans sanction, garanti collectivement est une donnée importante pour la suite. L’exercice de ce droit se montre précieux pendant la pandémie pour la protection des travailleurs.

 

La guerre sociale et écologique est devant nous

Retourner la stratégie du choc contre le capital est possible dans la mesure où le rapport de forces social et sociétal poursuit son développement en lui disputant la sortie de crise. Cela se joue à partir du terrain, dans la vie civile comme dans la vie de travail, avec la construction de perspectives pour notre pays, pour l’Europe et pour la planète.

Il est paradoxal que l’Union Européenne justifiée au départ comme le moyen d’éviter la guerre montre aujourd’hui ses limites face à la mort. Le néolibéralisme l’a éloignée d’une Europe de nations solidaires qu’attendent les peuples.

Chacun sait que d’autres crises sont devant nous. La déréglementation climatique est lourde de dangers. Citons par exemple le dégel du permafrost qui peut libérer de nouveaux virus.

Comme les syndicats et associations, le monde politique est attendu sur ses actes unitaires et de transformation pour nourrir une mobilisation, un réveil citoyen et du monde du travail d’ampleur dès la sortie du confinement.

En développant une plate-forme numérique d’échanges sur « sciences, travail, environnement » complémentaire à sa production papier, la revue Progressistes entend apporter sa contribution au développement d’une telle dynamique.

Le défi écologique oblige à se poser différemment les questions, le féminisme également, mais nul changement profond ne s’opèrera sans que le mode d’exploitation et de domination ne soit extirpé à sa racine, dès l’acte de travail.

Impossible encore hier, des échanges et rassemblements des salariés sur et au plus près du lieu de travail, autour des enjeux politiques liés à leur travail et leurs entreprises sont aujourd’hui possible. La sortie du confinement est une invitation à ce que les salariés reprennent la main sur leur travail et leur outil de travail, sur les orientations stratégiques de leurs entreprises et administrations, en liaison avec les usagers, les consommateurs et les populations.

Au-delà des initiatives nationales et locales de la société civile, cette politisation des enjeux du travail est sans doute une clé pour enclencher des dynamiques unitaires solides de renouveau d’une gauche transformatrice de la société.

 

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 05:13
Photo d'Eugène Le Bris publiée par le maitron: https://fusilles-40-44.maitron.fr/spip.php?article156904

Photo d'Eugène Le Bris publiée par le maitron: https://fusilles-40-44.maitron.fr/spip.php?article156904

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère:

87/ Eugène Le Bris (1913-1943)

Source: Jean-Pierre Ravery - Maitron en ligne des fusillés: https://fusilles-40-44.maitron.fr/spip.php?article156904

Né le 12 juin 1913 à Lanriec (Finistère), fusillé le 29 janvier 1943 terrain militaire du Bêle à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; marin ; militant communiste ; résistant FTPF.

Fils de Corentin Pierre Marie Le Bris et de Victorine née Joffrézic, ménagère, Eugène Le Bris était mécanicien dans la Marine marchande.
Il avait adhéré au Parti communiste français (PCF) en 1936 à bord d’un cargo qui transportait des armes soviétiques entre Mourmansk et les ports de l’Espagne républicaine pour le compte de « France Navigation ».
En 1939, la mise sous séquestre de la compagnie par le gouvernement Daladier le priva de travail et le ramena à Concarneau (Finistère).
Il y devint rapidement l’une des chevilles ouvrières du PCF clandestin. Il était membre du triangle de direction avec René Lijour et Eugène Le Caignec jusqu’à son affectation à l’Organisation spéciale (OS) en mars 1942.
Pierre Le Rose écrit:

"En juillet 40, à Concarneau, le triangle de direction du Parti Communiste clandestin est constitué et tient sa première réunion au bois de Kerguerès. Il comprend René Lijour, Eugène Le Caignec et Joseph Berthou.

A Concarneau, le travail de propagande, la diffusion des tracts notamment, ne s'arrêtera jamais. Mais dès cet été 1940, les actions de sabotage contre les installations allemandes commencent. René Lijour paie de sa personne et entraîne les jeunes. Yves Le Gall (qui mourra à Rennes en revenant de déportation), Jean Trolez, entre autres, Eugène Le Bris participent à de nombreuses opérations: déboulonnage des voies ferrées (en mai 1942) et à la destruction des lignes téléphoniques (à l'initiative de Charles Tocquer, responsable des jeunes). Des soldats nazis sont attaqués. La nuit est parfois troué d'explosions: c'est la grue de la gare qui saute (en août 1942), ou bien un transformateur ou un poteau à haute tension."

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

Eugène Le Bris allait se distinguer dans l'Organisation spéciale par son audace exceptionnelle. Selon Eugène Kerbaul, « c’est lui qui abattra le premier Allemand descendu à Concarneau, au Cabellou », un acte de résistance dont l’auteur resta ignoré des polices françaises et allemandes.
Mais après l’avoir arrêté, elles allaient lui en imputer beaucoup d’autres. À commencer par l’exécution du juge d’instruction Le Bras le 9 septembre 1942 en plein palais de justice de Nantes lors du coup de main qu’Eugène Le Bris avait organisé pour délivrer son camarade Raymond Hervé. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami.

Par une étrange ironie du destin, ce dernier allait provoquer sa chute deux semaines plus tard.
 
Le 26 septembre en fin d’après-midi, Eugène Le Bris, Raymond Hervé et Jean-Louis Prima avaient attaqué la recette des PTT de Kerentrech-Lanester (Morbihan) pour y récupérer des fonds destinés à leur organisation.
 
Mais Raymond Hervé était arrêté un peu plus tard aux abords de la gare de Lorient par des gardiens de la paix, au terme d’une lutte acharnée. Le lendemain vers 17 heures, le commissaire Mitaine, représentant la « section spéciale des affaires judiciaires à caractère politique » de Lorient, téléphonait à son collègue du service des Renseignements généraux (RG) de Quimper, Henri Soutif, pour l’informer qu’il avait fini par arracher au jeune résistant le nom de l’un de ses complices, Eugène Le Bris, « un individu dangereux et armé, auteur probable de l’assassinat de Nantes [...] susceptible de se trouver à son domicile à Lanriec, près de Concarneau ».
 
Accompagné du commissaire Jouannic de Concarneau, des inspecteurs Le Marchand et Le Roy de son service, et d’une escouade de gendarmes commandés par le chef d’escadron Poignant et le capitaine Le Thomas, le commissaire Soutif réussissait à capturer Le Bris dans une petite ferme isolée au bout d’un chemin de terre.
 
Plusieurs armes à feu chargées étaient saisies, parmi lesquelles le pistolet utilisé contre le juge Le Braz.
 
Sévèrement battu et bientôt transporté à Lorient pour être confronté à Raymond Hervé, Eugène Le Bris allait connaître un long calvaire. Dans une déposition recueillie le 5 janvier 1945, une secrétaire du service des RG de Quimper, Mlle Marie Philippe, devait témoigner : « je l’ai vu à Lorient et à Quimper, il a certainement été torturé, ainsi qu’Hervé d’ailleurs [...]. Chaque fois que j’ai vu Le Bris, il se trouvait couché, à la suite des nombreux coups qu’il avait reçus ».

Dans le rapport de synthèse qu’il transmit au préfet du Finistère le 24 octobre 1942, le commissaire Soutif récapitulait les actions imputées à Eugène Le Bris :
 
« En mars 1942 : cambriolage d’un dépôt d’explosifs de l’organisation Todt au lieu-dit Rouz au passage en Lanriec en compagnie de Huon Pierre. Il a tenté de faire sauter les explosifs qu’il ne pouvait pas emporter mais n’y est pas parvenu. Fin avril 1942 : cambriolage du dépôt d’explosifs de la firme Heller à Quimperlé en compagnie de Prima (en fuite), Marc Jean (en fuite), Abalain Albert (arrêté) et Corre Pierre (en fuite). 1er mai 1942 : sabotage à l’Anse de Lin près de Concarneau d’un poste de relais téléphonique. Vers le 15 juin 1942 : sabotage d’un pylône en béton de la ligne électrique Concarneau-Quimperlé. 9 septembre 1942 : coup de main à Nantes sur le cabinet d’instruction no 1 et meurtre du juge d’instruction Le Braz. Sabotage au mois de septembre 1942 d’une pelle mécanique allemande dans la cour de la gare de Concarneau. Cambriolage à Concarneau de l’usine Teysonneau en mars 1942. Mars 1942 – vol de sucre et de conserves aux usines Cassegrain de Concarneau. 30 avril 1942 – cambriolage du bureau de l’armement Charrier à Beuzec-Conq en vue de se procurer une machine à écrire destinée au Parti communiste sur ordre du sieur Lijour (en fuite). 24 septembre 1942 – cambriolage en compagnie d’Hervé de la mairie de Beuzec-Conq. Vol important de tickets d’alimentation, d’une machine à écrire et de cachets à empreintes humides officielles. Le 26 septembre 1942 – coup de main sur le bureau de poste de Kerantrach-Lanester. »
 
Secondés par la gendarmerie et la 13e brigade de police judiciaire, les RG arrêtèrent dans cette affaire une cinquantaine de cadres du PCF, du Front national et des FTP dans les régions de Quimper, Lorient, Brest et Nantes. En outre, plusieurs containers d’armes et d’explosifs fournis aux FTP par les services spéciaux britanniques furent saisis.
 

Pierre Le Rose: En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat. Outre Eugène Le Bris sont arrêtés:  Alain Le Lay, mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn. Sont arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere. René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée. Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

 


Livrés aux Allemands, Eugène Le Bris et la plupart des résistants capturés comparurent devant un tribunal de guerre qui siégea au palais de justice de Nantes du 15 au 28 janvier 1943. Il était présidé par le colonel Dr. Hanschmann. Le procureur était une « vedette » de la justice militaire allemande en France, le Dr. Gottloeb. Cinq avocats français, maîtres Guineaudeau, Lerat, Lauriot, Mouquin et Pascal, étaient censés assister les quarante-cinq accusés (parmi lesquels deux femmes). La traduction d’une partie des débats fut assurée par Edmond Duméril.
Selon les notes prises par ce dernier, le réquisitoire du Dr Gottloeb visa explicitement à criminaliser la Résistance française, à un moment où la Wehrmacht était sur le point de subir une défaite historique à Stalingrad et où les jeunes Français rejoignaient en masse les maquis pour se soustraire au service du travail obligatoire en Allemagne : « il ne s’agit pas de criminels dévoués à une idée, mais bien d’assassins, de bandits organisés, que l’attaque de l’Allemagne contre la Russie rend dangereux. Leurs chefs enrôlent des jeunes gens pour se camoufler en patriotes afin de ne pas être reconnus comme communistes. Leur devise est celle de la terreur, alors que le vrai soldat allemand est entré dans la lutte pour libérer l’Europe et son pays du communisme. Ils ont mérité la mort ! » La presse collaborationniste fit chorus, comme Le phare qui titra son compte-rendu du procès : « La civilisation occidentale épure... »
Trente-sept condamnations à mort furent finalement prononcées pour « actes de franc-tireur », ainsi que trois peines d’emprisonnement et trois acquittements faute de preuves (deux des « acquittés », Roger Guédon et Ernest Le Goff, furent déportés). Le cas des deux femmes, Renée Losq et Marie Michel, fut renvoyé à un complément d’enquête mais elles furent elles aussi déportées.
Eugène Le Bris et huit autres des condamnés furent exécutés le 29 janvier 1943, quatre jours avant l’expiration du délai de grâce officiel, sur le terrain militaire du Bêle à Nantes. Vingt-cinq de leurs camarades subissaient le même sort le 13 février. Les trois derniers étaient fusillés à leur tour le 7 mai.
Eugène Le Bris a été reconnu Mort pour la France le 16 février 1945 (rectifié le 20 février 1947pour l’orthographe du nom de sa mère Joffrézic et non Jaffrézic) et homologué sergent FFI.
Après la guerre, le nom d’Eugène Le Bris fut attribué à une rue de Concarneau et gravé sur le monument aux morts du cimetière de Lanriec dans cette ville.
 
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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 10:01
Alphonse Duot, dit Fachoda, sera maire de Concarneau par interim au lendemain des deux conflits mondiaux (photo publiée par Ouest-France dans un article du 15 août 2015)

Alphonse Duot, dit Fachoda, sera maire de Concarneau par interim au lendemain des deux conflits mondiaux (photo publiée par Ouest-France dans un article du 15 août 2015)

Les Communistes de Beuzec-Conq, commune limitrophe de Concarneau et attachée à elle après-guerre par Alphonse Duot, au début des années 30 probablement

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Le Front Populaire à Concarneau - Archives Pierre Le Rose

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Jeunes communistes à Concarneau (à la Libération probablement) - Archives Pierre Le Rose

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86/ Alphonse Duot (1874-1964)

Sources: Maitron - articles de Claude Geslin et Gilles Pichavant - et hommage de Pierre Le Rose 

Article du Ouest-France, 15 août 2015

Né le 5 septembre 1874, mort le 4 décembre 1964 à Concarneau (Finistère) ; militant socialiste, maire de Concarneau en 1918-1919, puis à la Libération, après avoir présidé le Comité Local de Libération, défenseur de l'adhésion à la IIIe Internationale au sein des socialistes finistériens, il mit en place la section communiste de Concarneau en 1921.

Article du Ouest-France, 15 août 2015: " Né le 5 septembre 1874, les racines d'Alphonse Duot sont attachées à une lignée de marins installés en Ville-Close depuis le XVIIe siècle. En juin 1896, il embarque sur le sardinier l'Héroïne, puis, quelques années plus tard, sur les Trois Mousquetaires. À l'âge de 24 ans, il en devient le patron. En 1898, la possession de Fachoda au Soudan, à des milliers de kilomètres de Concarneau, donne lieu à un incident diplomatique anglo-français. Marqué par cet événement, le jeune homme baptise son bateau Héros de Fachoda. Dès lors, les Concarnois ne connaîtront plus Alphonse Duot que sous le surnom de Fachoda. Comme l'ensemble de ses congénères, Duot est profondément marqué par la pauvreté qui règne à Concarneau au début des années 1900, à une époque où la sardine se fait de plus en plus discrète dans les filets des pêcheurs. Cette situation de crise l'incite, avec d'autres marins, à créer en 1905 la première coopérative de pêche, dont le siège est en Ville-Close, à l'emplacement du Musée de la pêche. Au plus fort de la crise, il écrit au député pour lui dépeindre une situation qu'il juge des plus critiques. « Le fourneau économique n'étant pratique que pour quelques familles, mais pour les marins étant obligés de rester en mer pendant deux à trois jours, et n'ayant pas de pain pour y aller, c'est bien triste car nous vous ferons remarquer qu'il y a un grand nombre de familles refusées par leur boulanger de ne leur faire aucune avance. » Il a l'idée d'organiser une fête de bienfaisance et s'adresse à M. Chatelard, le chef de la société musicale l'Indépendante de Concarneau. « Le syndicat de marins pêcheurs dont je suis le président ayant l'intention d'organiser une fête dans le genre de celle qui a été donnée l'année dernière par les ouvriers boîtiers, je viens solliciter de votre bienveillance le concours pour cette fête, à titre gracieux de la Société musicale dont vous êtes le chef », fait savoir en 1903 l'ardent défenseur des marins."

Marin-pêcheur, Alphonse Duot défendait les marins, et il fut donc, en 1905, le fondateur de la première conserverie de marins-pêcheurs. Il fut de longues années le Président actif de la Fédé-Coop des marins-pêcheurs, et, jusqu'à la fin de sa vie, son président d'honneur... Défenseur des travailleurs, c'est dans la lutte de classe contre les usiniers et les gros patrons qu'il fallait devenir un élu. Il siégeait avec Jean Rospars, bien avant la première guerre mondiale, dans la première municipalité de Concarneau. En 1917, après sa démobilisation, Alphonse Duot sera élu maire par le Conseil municipal. Il fera montre de ses talents d'administrateur-ouvrier au service de la population.  Entre temps, Alphonse DUOT avait fait la guerre. Blessé aux Dardanelles en 1916, il prendre la guerre en horreur et entendra en 1917 l'appel de Lénine et de la Révolution d'Octobre. Sa haine de la guerre, son amour du socialisme libérateur en fait un ardent propagandiste en faveur de l'adhésion du Parti Socialiste à la IIIe Internationale

Élu, le 19 février 1911, deuxième adjoint au maire socialiste de Concarneau, Duot passa premier adjoint le 12 mai 1912. Du 15 septembre 1918 au 20 décembre 1919, il fit fonction de maire. Devenu communiste, fondateur de la section concarnoise du Parti Communiste avec Jean Rospars, il ne fut pas réélu au conseil municipal.
Il se consacra dès lors à son métier - patron de petite pêche - et aux œuvres coopératives.
De 1905 à 1938, il fut membre du conseil d’administration de la coopérative des Patrons-pêcheurs et, de 1938 à 1957, son président.

Il s'implique dans les mouvements grévistes en 1928, dans la lutte pour l'unité qui devait, en 1934-1935, face au fascisme naissant, aboutir au Front Populaire. Dans cette période, le Parti acquit le siège au Conseil général, puis, en 1935, dans l'unité avec le Parti socialiste et les républicains de gauche, le conseil municipal.

Alphonse DUOT devint l'adjoint au maire de Pierre Gueguin. Les années suivantes allaient montrer combien ces communistes, ces internationalistes, allaient se trouver parmi les meilleurs patriotes.

En 1939, le Conseil municipal est dissous. Si la police oblige Alphonse DUOT à débaptiser le "Lénine", son bateau, il l'appellera "La Marseillaise", associant sa foi de communiste à l'amour de la République Française et de ses traditions révolutionnaires.

La loi de Vichy du 16 novembre 1940 permet d'"épurer" plusieurs communes bretonnes de personnalités de gauche (Saint-Brieuc, Dinan, Saint-Malo, Saint-Servan, Fougères, Vannes), dont Concarneau. Le maire de Concarneau Pierre Guéguin avait déjà été destitué en octobre 1939 par l'Assemblée Nationale du Front Populaire qui avait levé l'immunité des élus communistes après le pacte de non agression germanosoviétique, en même temps que 316 autres maires communistes, et 2778 élus communistes déchus de leur mandat.

Jean Rospars, arrêté par les Français, sera livré aux Hitlériens et ira en camp de déportation en Allemagne (il mourra des suites de sa déportation en 1948). PIERRE GUEGUIN sera fusillé à Châteaubriand. Des dizaines de communistes et jeunes communistes concarnois donnent leur vie dans la Résistance. Alphonse DUOT deviendra le Président du Comité local de libération clandestin. En 1944, au mois d'août, le Conseil municipal remis en place, élit Alphonse Duot maire de la Libération (le 3 septembre 1944). Il saluera au nom de Concarneau, le défilé des troupes de la Résistance. Il ne vit pas son mandat renouvelé le 18 mai 1945.

Il devra, par la suite, faire face aux difficultés de l'Administration de guerre, s'attacher aux durs problèmes du ravitaillement. Il contribuera, par la fusion de Concarneau et de Beuzec, à la création du grand Concarneau que nous connaissons aujourd'hui.

Car Alphonse DUOT avait le souci du développement du Port, de son activité économique, au service des travailleurs. Et, en organisant les marins dès 1905, il voyait loin, il voyait la nécessité pour ceux qui peinent de s'unir s'ils ne veulent pas voir le fruit de leur travail accaparé par une poignée d'hommes. Il appartenait au conseil d’administration de la caisse locale du Crédit maritime. Président de la Fédération des coopératives maritimes de 1947 à 1957, il devint à cette date président honoraire.

Alphonse Duot père est décédé en décembre 1964.

Le supplément à l'Humanité, "Notre Finistère", consacre un article à ses obsèques le 18 décembre 1964:

CONCARNEAU

Alphonse Duot, vétéran du Parti communiste français, n'est plus

Une foule nombreuse l'a conduit à sa dernière demeure

Alphonse Duot, une figure concarnoise populaire et aimée des travailleurs, est mort. Le vieux lutteur s'est éteint dans sa 91e année. Plus de 60 ans de vie militante au service de la classe ouvrière et de la cité.

La population a rendu à ce vétéran l'hommage mérité. De tous les horizons l'on est venu s'incliner devant la dépouille mortelle de l'homme droit, honnête, à la vie irréprochable. Dans la foule qui l'accompagne au cimetière, l'on remarque ses compagnons de lutte: MARC SCOUARNEC, maire de Guilvinec; Jos PENCALET, ancien maire de Douarnenez, une forte délégation de Lesconil, etc... Ses compagnons de lutte sont là aussi avec PIERRE LE ROSE, secrétaire de section. Madame ROSPARS, dont le mari est décédé des suites de la déportation, fut avec Alphonse DUOT, un des fondateurs du Parti Communiste Français. Au cimetière, ce fut PAUL LE GALL, secrétaire fédéral, membre du Comité Central du Parti Communiste Français, qui rendit l'ultime hommage...  Au cours d'une séance, le vendredi, au "Celtic", PIERRE LE ROSE avait fait l'éloge funèbre d'Alphonse Duot et retracé sa vie et ses luttes. C'est cette allocution que nous reproduisons intégralement ci-dessous. 

UN MILITANT EXEMPLAIRE.

"Ce soir, notre section du Parti est en deuil. Tôt ce matin, notre vieux camarade, vétéran du Parti, doyen de la section, Alphonse DUOT est mort; il y a deux mois, il venait d'achever la 90e année d'une vie bien remplie, entièrement consacrée à la lutte pour le bonheur des hommes.

Nous perdons en lui l'un des fondateurs de notre section de Concarneau avec Jean Rospars.

Venu tout jeune aux idées du socialisme, il était, au début du siècle, un militant de la section du Parti Socialiste de Jules Guesde et de Jean Jaurès. N'isolant pas les grandes idées à la pratique révolutionnaire,  à une époque où les travailleurs n'étaient nulle part au pouvoir, Alphonse DUOT était un ardent défenseur des revendications. 

Marin-pêcheur, il défendait les marins, il fut aussi, en 1905, le fondateur de la première conserverie de marins-pêcheurs.

Il mettait ainsi, dans les conditions de l'époque, en application dans la vie ses principes d'union, de collaboration et de solidarité des travailleurs en face du Patronat.

Il fut de longues années le Président actif de la Fédé-Coop des marins-pêcheurs, et, jusqu'à la fin de sa vie, son président d'honneur... Défenseur des travailleurs, c'est dans la lutte de classe contre les usiniers et les gros patrons qu'il fallait devenir un élu. Il siégeait avec Jean Rospars, bien avant la première guerre mondiale, dans la première municipalité de Concarneau. En 1917, après sa démobilisation, Alphonse Duot sera élu maire par le Conseil municipal. Il fera montre de ses talents d'administrateur-ouvrier au service de la population. 

Entre temps, Alphonse DUOT avait fait la guerre. Blessé aux Dardanelles en 1916, il prendre la guerre en horreur et entendra en 1917 l'appel de Lénine et de la Révolution d'Octobre. Sa haine de la guerre, son amour du socialisme libérateur en fait un ardent propagandiste en faveur de l'adhésion du Parti Socialiste à la IIIe Internationale.

Ses efforts furent récompensés. A Tours, la Fédération du Finistère votera l'adhésion avec la majorité des congressistes. Avec Jean Rospars, il sera l'un des fondateurs de notre section concarnoise du Parti Communiste.

Mais la lutte va continuer: Contre l'occupation de la Rhur, contre la guerre du Maroc. Mouvements grévistes en 1928, lutte pour l'unité qui devait, en 1934-1935, face au fascisme naissant, aboutir au Front Populaire. Dans cette période, le Parti acquit le siège au Conseil général, puis, en 1935, dans l'unité avec le Parti socialiste et les républicains de gauche, le conseil municipal.

Alphonse DUOT devint l'adjoint au maire de Pierre Gueguin. Les années suivantes allaient montrer combien ces communistes, ces internationalistes, allaient se trouver parmi les meilleurs patriotes.

En 1939, le Conseil municipal est dissous. Si la police oblige Alphonse DUOT à débaptiser le "Lénine", son bateau, il l'appellera "La Marseillaise", associant sa foi de communiste à l'amour de la République Française et de ses traditions révolutionnaires.

Jean Rospars, arrêté par les Français, sera livré aux Hitlériens et ira en camp de déportation en Allemagne. PIERRE GUEGUIN sera fusillé à Châteaubriand. Des dizaines de communistes et jeunes communistes concarnois donnent leur vie dans la Résistance. Alphonse DUOT deviendra le Président du Comité local de libération clandestin. En 1944, au mois d'août, le Conseil municipal remis en place, élit Alphonse Duot maire de la Libération. Il saluera au nom de Concarneau, le défilé des troupes de la Résistance. 

Il devra, par la suite, faire face aux difficultés de l'Administration de guerre, s'attacher aux durs problèmes du ravitaillement. Il contribuera, par la fusion de Concarneau et de Beuzec, à la création du grand Concarneau que nous connaissons aujourd'hui.

Car Alphonse DUOT avait le souci du développement du Port, de son activité économique, au service des travailleurs. Et, en organisant les marins dès 1905, il voyait loin, il voyait la nécessité pour ceux qui peinent de s'unir s'ils ne veulent pas voir le fruit de leur travail accaparé par une poignée d'hommes.

Vieux compagnon de Marcel Cachin qu'il revoyait avec plaisir à nos fêtes de la Bretagne, Alphonse DUOT avait gardé l'esprit jeune, en bon communiste. Il n'y a pas si longtemps, il égayait encore, par ses chansons, les réunions de remise de cartes de sa cellule, la cellule Fabien".

Le fils d'Alphonse Duot, Alphonse Duot fils,  participa en 1939 à la restructuration, dans la clandestinité, du parti communiste interdit par le gouvernement Daladier. Sous l’occupation allemande, propagandiste résistant, il diffusa les publications clandestines du PCF et du Front national de la Résistance, notamment L’étincelle, organe du Parti communiste et des J.C, l’Insurrectionnel, bulletin du Front National. Il participa à la création des FTPF à Concarneau, et prit part aux actions contre l’occupant. En 1943 il fut désigné comme responsable de la section du PCF clandestin pour la région concarnoise, reconstituée à la suite des arrestations de 1942. Il participa à la création des milices patriotiques du secteur, qui joueront un rôle important dans la libération de Concarneau. Membre du Comité Local de Libération (clandestin) de Concarneau dont son père était le président, et Pierre Le Rose le secrétaire. Il y représenta le PCF. A la Libération, il fut le secrétaire de la section communiste de Concarneau, et membre du comité fédéral du Finistère pendant de nombreuses années. Il mourut le 29 octobre 1982 à Louviers (Eure)

Lire aussi sur les communistes de Concarneau:

La Résistance et les communistes à Concarneau (à partir des notes et archives de Pierre Le Rose)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

 

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 86/ Alphonse Duot (1874-1964)

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot

manuscrit d'Alphonse Duot présent dans les archives de Pierre Le Rose, écrit en 1964
(recopié pour le Chiffon Rouge et l'intérêt des lecteurs et passionnés d'histoire d'aujourd'hui par Ismaël Dupont)

Depuis 1944, on a tenté dans les livres et dans la presse d'écrire une histoire objective des combats pour la libération de notre ville dans lier ces combats à celui permanent des patriotes qui pendant quatre ans sacrifièrent tout pour la libération du territoire national. Il nous apparaît nécessaire de combler quelques lacunes qui laissent dans l'ombre par exemple l'action des F.T.P.F pendant l'occupation dont les trois compagnies du bataillon La Tour d'Auvergne de Quimper participeront aux combats pour la libération de Concarneau. 

D'où venaient les F.T.P.F? 

Quelle a été leur action? 

Tout d'abord, un point d'histoire. Après la déclaration de la guerre le 3 septembre 1943, le Parti Communiste Français est dissous, les municipalités communistes dissoutes et remplacées par des délégations spéciales. La municipalité communiste-socialiste de Concarneau dont le maire P. Guéguin est aux armées est dissoute. Une délégation spéciale le remplace dirigée par M. Scalar (en mai 40, arrestation de Jos Le Coz Scouazec gérant de "la Bretagne").  En juin 40, c'est l'invasion, le jeudi 18, les troupes nazies font leur entrée dans une ville déserte, les habitants s'étant calfeutrés chez eux pour ne pas assister à ce drame qui les laisse accablés, désemparés. Au cours des semaines qui suivent c'est le retour au foyer de ceux qui ont pu échapper aux camps de prisonniers, parmi eux des militants du PCF qui n'ont rien perdu de leur courage malgré la défaite. Parmi eux Alain Le Lay, le plus brave, le plus estimé de toute la population. Il faut faire quelque chose. "La France ne sera jamais un peuple d'esclaves" viennent de proclamer M. Thorez et J. Duclos. Alors commence un combat où les meilleurs devaient tomber.   

Parallèlement au travail de propagande qui ne s'arrêtera pratiquement jamais, la section du Parti aidé par les J.C entreprend dès l'arrivée des nazis dans l'été 40 des actions de sabotage. René Lijour paie de sa personne et entraîne les jeunes. Trolez, Y. Le Gall, Ch. Tocquet entre autres participent au déboulonnage des voies ferrées, à la destruction des lignes téléphoniques. Des soldats nazis sont victimes de cette ardeur vengeresse et plus d'un trouvera dans le port une fin prématurée. La nuit est quelquefois trouée d'explosions insolites qui réveillent les Concarnois. C'est la grue de la gare qui saute, ou bien un transformateur ou un poteau supportant la haute tension. Les explosifs sont pris à l'ennemi. Les chantiers sont mis en coupe réglée. Des groupes prennent le titre de "terroristes patriotes".

Pendant ce temps, Alain Le Lay va, vient, visite les sections et organise le combat. La liaison avec Paris est assurée par Venise Gosnat dit Père Georges. Mais les armes manquent cruellement, cela gêne l'action des premiers F.T.P¨.F.

Cependant la police de Vichy vient d'arrêter l'ancien maire (notre camarade) Pierre Guéguin et l'instituteur Marc Bourhis. Transférés au camp de Chateaubriand, ils périront le 22 octobre de la même année dans la sablière tragique avec 48 autres patriotes. La population est saisie d'une émotion intense et dès la nouvelle connue, une manifestation spontanée se déroule au cimetière devant les tombes des familles.

La haine de l'ennemi s'accentue et les actions des F.T.P.F sont mieux comprises et soutenues par la population qui n'a jamais été neutre comme l'a déclaré dans un rapport Y. Aubert qui a remplacé Scalar à la tête de la délégation spéciale, le développement du mouvement F.T.P.F le prouvera par la suite.

En 42 a eu lieu une grève des ouvrières des usines pour obtenir de l'huile et des conserves: utilisation des délégués prévus par la Charte du travail de Vichy.

Au printemps 42, "Père Georges" prend contact directement avec René Lijour, lui annonce que des armes vont arriver par mer à bord d'un sous-marin anglais qui attendra aux Glénans que les résistants viennent en prendre livraison.

Le mot de passe est donné. Contact pris avec Bodéré Guillaume et son camarade Baudry agent de liaison qui sera fusillé plus tard au Mont-Valérien. Les deux résistants se font connaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les deux résistants se font connaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers sont pris en charge et débarqués sur la côte bigoudène où Lijour, Eugène Le Bris et Fauglas viendront les prendre pour les entreposer à la ferme Daoudal à Melguen. Ce camarade sera également fusillé au Mont-Valérien.

Des parachutages seront également annoncés. René Lijour et plusieurs camarades dont les noms échappent après 20 années d'histoire se rendront plusieurs fois sur les lieux sans succès. Mais le combat continue. Carduner de Pont-Minaouet tente de faire sauter le pont du même nom. Il sera arrêté lui aussi et mourra. Madame Le Breton sera arrêtée et déportée.

Joseph Berthou syndicaliste et résistant du même groupe sera arrêté à cette époque et fusillé à Thouars. Eugène Le Bris se rendra à Nantes où son camarade *** arrêté doit être jugé. D'une audace folle, il pénétrera dans le bureau du juge Le Bras au moment de l'interrogatoire de son camarade. Il délivrera celui-ci après avoir abattu le juge. Mais ses imprudences ont compromis sa sécurité et celle du groupe insuffisamment cloisonné.

En septembre 42, ils seront arrêtés tous deux. Quelques jours plus tard, alors que Concarneau vit encore sous l'émotion de la découverte d'un immense trafic de marché noir entre les établissements Provost-Barbe et l'organisation Todt, une grande rafle de la police de Vichy fidèle collaboratrice de la Gestapo permet l'arrestation de presque tous les membres de l'organisation. La date de l'arrestation d'Alain Le Lay nous est imprécise après si longtemps mais il mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Voici la liste des membres du groupe Lijour arrêtés en septembre et octobre 1942:

(Notes annexes: 

courant 42: 

Tollec Fanch. Interné Rennes. Libéré

Touchard Fanch. Interné Rennes. Libéré

Kerledou André. Interné Rennes. Libéré

Louarn Victor. Déporté

Jourden Esprit. Mort en déportation

Berthou Joseph. Fusillé à Thouars

Carduner. Mort à Dachau

Daoudal. Fusillé au Mont-Valérien (le dépôt d'armes des T.P se trouvait chez ce camarade). 

Le Lay Alain. ? 

25 septembre 1942: 

Serre Jacques

Le Caignec Eugène père

Touchard Fanch

Kerledou André fils

Dréano Joseph

Rioual Arthur

Guiffant Louis

Loch Mathias

Rossignol Jean

27 septembre:  

Le Bris Eugène fusillé (affaire Le Bras, juge de Nantes)

Lijour Lucie déportée

Breton Françoise déportée

Bodéré Marie-Jeanne internée

Baudry (agent de liaison) fusillé au Mont-Valérien

Huon frères internés

Thomas Yves: déporté

Fin septembre: 

Tocquet Charles. interné

Louarn Théo. Mort en déportation

Trichard Yves. Tué au combat 

Le Gall Yves. Mort en déportation. 

Le Gall Joseph. Interné

Péron Louis. Interné

Dolliou Charles. Interné

Trolez Jean. Déporté

Bourbigot Jean. Déporté.

Thomas Yves. Mort en déportation

6 octobre:

Le Caignec F.: interné à Compiègne. Evadé en décembre 43

Tous ces camarades firent parti du groupe T.P (Terroristes Partisans) par la suite appelé groupe Lijour, 1er responsable dès 1940 et même avant. Le Lay Alain par la suite.)

 

C'était un coup très dur porté aux T.P et à la Résistance, mais René Lijour avait réussi à s'échapper et à disparaître dans la nature et quelques camarades avaient passé entre les mailles du filet, mais l'organisation était détruite. Pendant quelques mois seule la propagande nazie fonctionna. Remi Nédellec était en contact avec Quimper et les tracts nous parvenaient. Le cheminot François Le Beux du dépôt de Quimper nous en fournissait également. Il nous faisait rire en nous racontant les bons tours qu'il faisait aux nazis, expédiant les wagons qui leur étaient destinés dans les directions les plus insolites. Il devait mourir tragiquement lors d'une attaque de l'aviation anglaise en février 1944.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés fut créée et alimentée par des dons en argent et en espèce.

Et bientôt le contact fut rétabli avec René Lijour. Mme Duot qui avait déjà servi d'agente de liaison avant la rafle de septembre 42 reprit du service et assura le contact.

Du coup les choses prirent une autre tournure. Les conseils de René Lijour et ses indications nous permirent d'envisager la reprise du combat armé.

Mais il fallait élargir le combat à d'autres que les communistes et pour cela créer le Front National et sa force militaire les F.T.P.F. Je posai la question à Robert Jan qui avait également fait partie du groupe Lijour et qui quoique en contact avec Le Bris n'avait pas été arrêté. Nous convînmes de la nécessité d'accélérer la réorganisation de la résistance aux Nazis d'autant qu'après Stalingrad, l'espoir était revenu dans la population et le moment favorable pour une telle opération. Je contactai Louis Trichard frère d'Yves Trichard qui devait être tué dans les combats de la Libération.

Ce dernier me conseilla de voir Pierre Le Rose dont il me dit beaucoup de bien. Dans les circonstances de l'occupation et de la clandestinité, il était hasardeux de contacter une personne inconnue sans avoir reçu de solides garanties, aussi je me fis donner l'accord de P. Le Rose pour cette entrevue avec Le Trichard. Au premier contact je sentis tout de suite que ça allait marcher. J'avais eu de la chance, j'avais saisi le bon chaînon. Nous convînmes de la création d'un groupe de Jeunesse communiste et du travail à faire. Il commença sans tarder et tracts et journaux sortirent de notre presse clandestine, une simple pierre humide (ils insistaient sur les problèmes de ravitaillement de la population).  De là devait sortir le journal "L'étincelle" appelant la population à renforcer et soutenir la Résistance.

L'étincelle: journal de la Résistance communiste de Concarneau, Mai 1944- Juin 1944: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

Des journaux destinés aux jeunes, les appelant à la lutte armée. Celle-ci fut immédiatement envisagée avec les moyens dont nous disposions. Le groupe des 8 jeunes communistes se transforma en commando F.T.P.F. Il y avait là outre P. Le Rose dit Michel ou Pierre Humide, Dédé le Craz dit Fredo, Yves Le Moal dit Losse (à moelle évidemment) et gloire locale actuelle de la gouache et de l'aquarelle. Nous étions arrivés fin 43 et ce groupe où se trouvait également le regretté Henri Joncourt, tué depuis en Algérie, commença ses actions de commando. Au même moment Fanch Caignec faisait son apparition imprudente à mon avis à Concarneau. Il venait de s'évader du camp de Compiègne où il était en instance de départ pour les camps de la mort. Je craignais pour sa sécurité mais la police de Vichy commençait à sentir tourner le vent et ne voulu pas l'inquiéter. Il nous fut d'un grand secours pour le recrutement de nouveaux éléments qui permirent un développement extraordinaire des F.T.P.F. Tout ceci était fait malgré tout avec un maximum de prudence et le cloisonnement était sévère. Nous pratiquions l'organisation en triangle qui nous permit cette fois d'arriver à la Libération sans trop de casse.

Pour René Lijour j'étais Arsène, pour P. Le Rose dit Michel, j'étais Henri flexible, pour le regretté Félix Delorn j'étais Maurer. J'ai souvent souri en le trouvant en conversation avec un jeune, et en l'entendant me parler confidentiellement d'un certain Henri flexible mystérieux et grand mamitou de la résistance. Toute modestie mise à part. 

Puis tout devint plus facile, relativement s'entend. J'eus le contact avec l'état major F.T.P.F du Finistère par Louis Stéphan dit commandant André, prisonnier évadé qui avait repris le combat. Nous nous rencontrions le plus souvent dans la nature, dans le champ d'un fermier ami comme chez Fanch Touchard de Colguen, avec des responsables régionaux. Jacob Quillen assistait parfois à ces entrevues où nous faisions le point sur la situation et étudions l'état et l'organisation de nos forces. André vint également me voir chez moi et sur mon lieu de travail. Le problème qui se posait était l'armement de toutes nos recrues. Les parachutages de Kernabat auxquels participaient nos F.T.P.F ne nous permettaient pas d'équiper les 2 compagnies que nous avions recrutés et la récupération d'armes sur l'ennemi était assez limitée. Ici j'ouvre une parenthèse pour dire que nous avons passé des journées, Félix Delorn et moi, à enregistrer les adhésions à notre mouvement. Pour trouver à chacun un nom de guerre, désigner les chefs de groupe. Félix était passionné pour ce travail. Il avait encore une autre corde précieuse à son arc, il réparait avec art toutes les armes endommagées qu'on lui envoyait. Parfois de la fenêtre de notre PC de la rue de l'Alma nous voyiions passer une patrouille nazie dans la rue des Ecoles que nous dominions. Nous avions quelques alertes de ce genre. 

Un jour de printemps 44, nous fûmes surpris de voir à Concarneau Jos Le Coz qui avait été libéré d'un camp d'internement de la zone Sud. Je vis immédiatement René Lijour qui m'incita à la plus grande prudence, Jos pouvant à son insu servir d'appât pour la Gestapo. Pourtant il pouvait nous être d'une grande utilité connaissant pas mal de monde, de jeunes en particulier. Je gardais le contact avec lui et nous rendit les services qu'on attendait de lui sans que je lui ai révélé les détails de notre organisation. Après tant d'années, avec le recul nécessaire pour juger objectivement la situation en ces temps là, il ne m'en voudra pas de ces "cachotteries".

Dans le courant de 43 lors d'une attaque de l'aviation anglaise contre un convoi nazi ancré sur rade de Concarneau, un gros cargo chargé de matériel militaire de toute sorte avait été touché gravement. Les nazis essayèrent de le remorquer jusqu'à Lorient afin de le réparer, mais il coula dans les parages des Glénans. Nous pensâmes à tirer profit de cette affaire et contactâmes Charlot Le Cras qui, scaphandrier en ce temps là, était chargé par la société qui l'employait de visiter l'épave pour étudier les possibilités de récupération. Il fut convenu que tout ce qui était armement léger serait récupéré par nous, Charlot se faisait fort de nous le procurer. En effet à quelques temps de là il nous prévint que sa mission était accomplie, qu'un lot de mitraillettes et de munitions nous attendait signalé au-dessus de l'épave par une bouée reliée par un filin au paquet d'armes bien arrimé. 

Felix et notre gentil camarade Auguste Le Rose dit "la poitrine" qui possédait un canot se rendirent sur les lieux, trouvèrent la bouée, tentèrent de soulever la charge sans résultat. Ils revinrent plusieurs fois et abandonnèrent devant l'inutilité de leurs efforts. C'était une occasion manquée d'armer nos F.T.P.F dont l'effectif se montait maintenant à deux compagnies. Entre temps, j'eus la visite des responsables régionaux du Parti et des F.T.P.F. Le "père Henri" cheminot du dépôt d'Auray et Leduc, entrepreneur à Plestin-les-Grèves, capitaine F.T.P.F à qui il arriva une aventure invraisemblable. Arrêté par les nazis, ils lui firent un simulacre d'exécution, puis ... le relâchèrent. S'ils avaient su qui ils tenaient entre leurs mains, les choses évidemment auraient tourné autrement. Nos réunions clandestines avec Pierre Le Rose se poursuivaient. Nous discutions outre de l'organisation armée, du contenu de nos journaux polycopiés qui étaient diffusés dans la population. Les actions de commandos inquiétaient et gênaient l'ennemi et ses complices. Vint le 6 juin et le débarquement allié. L'ennemi aux abois, ses lignes de communication coupées à tout instant par la Résistance. Il fallut entrevoir des actions plus larges et transformer la guerilla en insurrection. Les groupes de commandos avaient vécu. Il fallait mettre sur pied de véritables unités militaires. Pierre me posa le problème de l'armement dont nous disposions qui permettait d'équiper une compagnie. Mais vu les effectifs dont nous disposions, c'est deux compagnies que nous aurions dû équiper. Mais nous dûmes limiter nos ambitions au nombre d'armes dont nous disposions. Ainsi naquit la 5ème Cie F.T.P.F du bataillon La Tour d'Auvergne. Le reste des effectifs en réserve fut appelé provisoirement Milice Patriotique, son rôle initial faute d'armes étant destiné au barrage des voies de communications par abattis d'arbres, etc...

Il fallut songer sérieusement à la libération tant attendue. Rétablir la légalité et la démocratie.

Un comité local de libération fut constitué avec à sa tête Alphonse Duot ancien premier adjoint de Pierre Guéguin. Si je m'en souviens bien, les premières réunions eurent lieu à la campagne. Le bois de Kerneac'h vit se dérouler une de nos réunions où nous discutâmes des points d'un programme que nous voulions établir pour l'avenir de Concarneau. Les noms des participants à ces réunions champêtres m'échappent mais je me souviens parfaitement de l'ultime réunion qui eut lieu au Café Lancien des Sables Blancs où le programme fut mis au point et adopté. Il y avait là Alphonse Duot adjoint au maire, futur maire de la Libération, François Herlidan du parti socialiste, Le Bris du parti radical, Julien Larsouneur, syndicaliste et responsable clandestin des syndicats, R.Jan, Felix Delorm, P. Le Rose et moi-même.

(Note d'Alphonse Duot en marge: Le programme attachait une importance particulière à un retour à la légalité républicaine par le moyen de l'insurrection (mise en place du conseil municipal et aux problèmes du ravitaillement - au concours de la population - en opposition aux conceptions gaullistes: Phily; seuls les gens aux brassards dans la rue. Insister sur les efforts pour élargir le CLL et le Conseil Municipal. Les problèmes de l'Union des groupes armées). 

Ceci se passait le dimanche après-midi, 6 août. Le 8 août, Quimper était libéré. Une compagnie F.T.P.F de Concarneau (la 5ème) avait pris part aux combats pour la libération de cette ville.

Le jeudi 10 dans la matinée, si mes souvenirs sont exacts, 2 destroyers prennent position près de la bouée du cochon et se mettent à tirer sur les fortifications allemandes, le port, la ville et ses environs. Dans les rues, c'est l'affolement. Tout se vide en un instant. Je vais aux nouvelles, croisant sur mon chemin Robert directeur de l'hospice qui n'a pas l'air dans son assiette. J'arrive au coin de la rue Bayard et du Boulevard Bougainville suivi par mon oncle Dédèle et Jean Flâtrès. Mal nous en prend. Un des bateaux a dirigé son feu sur nous. Je rebrousse chemin à toute vitesse précédé de Jean Flâtrès. Nous faisons un petit pas de course et nous nous plaquons au sol. Il était temps. Un obus de fort calibre vient d'éborgner le coin de l'usine Azéma et le mur qui lui faisait face dans la rue Bayard. Des éclats volent dans tous les coins. Je sens un choc à la fesse droite. Un éclat miniature m'a touché. Je me retourne, la rue est noire de fumée et sent la poudre. J. Flatrès et moi prenons nos jambes à notre cou et détalons. Mais mon oncle un peu plus haut est blessé; fracture ouverte de la jambe. Il perd du sang en abondance. Nous le transportons chez lui, établissons un garrot et une gouttière faite de planches de barils de rogue. Le Dr Crescence arrive aussitôt et le fait transporter à l'hôpital. Il boitera le reste de sa vie.

Le 12 août, 2 compagnies F.T.P.F, la 3ème et la 5ème, prennent position au nord de Concarneau conjointement avec une compagnie F.F.I de Rosporden commandée par le capitaine Mercier. Le 13 août, le capitaine OTTO, commandant la garnison allemande, décrète l'état de siège et fait placarder un avis selon lequel il incendiera la ville si la Résistance attaque. Des habitants commencent à évacuer. Les troupes nazies sont bloquées. Elles ne peuvent plus s'enfuir que par la mer. Le 16 dans la journée les chars américains arrivent. Ils sont accompagnés d'une ou deux batteries d'artillerie.

Le lendemain matin 17 les chars et l'artillerie bombardent les positions allemandes en ville. Quelques éléments d'infanterie amorcent une attaque soutenue par les chars. Deux Cie F.T.P.F et des éléments de la milice patriotique participent à l'action et pénètrent prudemment en ville ou l'on se bat autour de la Kommandantur. Louis Guillerme, Georges Le Coz, René Rioual détruisent un petit poste aux abords du Q.G allemand. G. Le Coz est blessé par éclats de grenade et nous aurons malheureusement à déplorer la perte de Doumard (?) de la 3e Compagnie tué aux Sables-Blancs. Mais les chars américains se replient et les F.T.P.F sont obligés de décrocher. 

Cette action aura permis malgré tout de faire quelques dizaines de prisonniers et de récupérer du matériel qui va permettre d'équiper la milice patriotique qui devient du coup 7ème Cie F.T.P.F. Des éléments de cette Cie ont attaqué avec les Américains la casemate du quai Est mais se sont également replié.

Quelques jours plus tard, notre agente de liaison Lisette Jaffrézic faisant preuve d'un grand courage ira distribuer aux allemands des tracts les appelant à la reddition.

Elle nous ramènera plusieurs prisonniers. Le 17 toujours à l'issue de la reddition des allemands en position au Dorlett à Kernéac'h et Kéraudron nos hommes ont vite fait de récupérer les armes. La police vichyste qui a abandonné ses (?) mais pas son état d'esprit arrive un peu tard pour le même travail et pour des fins moins patriotiques. Cependant, elle a arrêté Eugène Le Rose qui avait récupéré un fusil mitrailleur. En compagnie de Louis Moalie, de Felix Debour, de Jo Beux, nous tentons de transporter une mitrailleuse lourde et son armement, lorsqu'une patrouille d'agents se jette sur nous.

Les agents Le Doux et Le Grand me mettent un revolver sur la figure menaçant de me descendre si je mets mon projet à exécution. Je leur crie mon indignation et j'ordonne à Moalic d'enlever le ressort récupérateur de l'arme afin qu'elle ne puisse pas servir contre nous. Un camion à cheval qu'ils sont allés chercher emporte une arme qui nous aurait été précieuse. A la lecture d'un rapport de l'époque je précise qu'il y avait plusieurs armes et munitions, une centaine d'allemands s'étant rendu à ces endroits. Quelques heures plus tard en ville où les rues sont désertes nous nous heurteront encore à une patrouille d'agents conduite par le commissaire Jouarnic. Nous leur rappelons les reproches précédents et la même scène honteuse recommence. Le Doux, Le Grand et Trolez me mettent leur revolver sur la figure. Ils sont blêmes de rage et sans l'imminence d'un revirement de la situation j'ai l'impression qu'ils iraient jusqu'au bout de leur geste. Nous rejoignons la Milice Patriotique qui s'organise. Yves Furic en a pris le commandement en l'absence de Felix Delorm qui avait été chargé de cette tâche. Quelques jours plus tard il sera remplacé par Albert Autret de Quimper. Félix et moi-même deviennent ses adjoints. Nous prenons position à la ferme de Kéraudron derrière les talus et la chicane qui barre la route à hauteur du château d'eau. Le fermier nous fait don d'un fusil-mitrailleur et de munitions qu'il a subtilisées. Paul Choisnet et Moalic sont alternativement servants. Je suis pourvoyeur. Quelques rafales partent par ci par là. C'est assez calme.

Et soudain l'enfer fond sur nous. Les Allemands tirent de toutes leurs pièces des obus de tous calibres, fusants et percutants, arrosant Kerneac'h, Kéraudron, Minven où tout le bétail sera anéanti. Cela dure 4 heures. Nous décrochons et remontons le long des talus vers le poteau vert où se trouve notre cantonnement. La 5ème Cie qui était derrière nous fait comme nous et se met à l'abri. Nous n'avons aucune perte ni aucun blessé. C'est miracle. Mais mon mitrailleur qui marche devant moi fusil à l'épaule déclenche malencontreusement la gâchette de son arme. Une rafale s'ensuit passant à quelques centimètres de ma tête. J'en frémis encore. 

Le problème de la subsistance se pose. Henri Serre employé à la Mairie de Beuzec et qui fait partie de notre troupe y pourvoira le premier jour. Ensuite nous nous débrouillerons. Théodore Vidarment se défendra très bien dans son rôle de pourvoyeur de nourriture. Nous sommes plus de 200 à la Cie. 

Le lendemain 18, reddition du capitaine Otto commandant de la place. L'artillerie américaine - il y a une batterie juste aux abords de notre cantonnement - et les chars - ils sont 5 ou 6 - recommencent le bombardement de la ville. Vers 18h, des groupes d'habitants commencent à arriver évacuant Concarneau. Dans la soirée un sérieux bombardement allemand a lieu provoquant des incendies en ville. Cattegrain, Rödel, quelques maisons particulières sont en flammes. Nous regardons navrés ce spectacle. Un appui sérieux des chars nous permettrait d'éviter la destruction de la ville dont les allemands semblent avoir décidé le sort.

Louis Moalic a toujours sur le coeur l'histoire de la mitrailleuse lourde. Profitant de l'évacuation de la population, il se glisse en ville, entre au commissariat revolver au poing, se fait remettre l'arme qu'il charge sur un camion rempli d'évacués. Il la camoufle ainsi que les munitions avec des objets divers. Il est accueilli par les F.T.P.F avec stupéfaction et respect. C'est un beau coup. L'arme servira sur le front de Lorient pendant tout le siège. C'est à cette époque que se situe également la fin d'un individu qui faisait une navette constante entre nos lignes et probablement la Kommandantur. Une balle perdue a mis fin à sa carrière. 

Le 20 les chars et l'artillerie américains se replient. Les F.T.P.F soucieux d'éviter à la ville un sort tragique amorcent une attaque. Tout le bataillon est dans l'affaire, mais l'artillerie nazie se déchaîne clouant les compagnies au sol. Le repli est ordonné. Des patrouilles seront envoyées ici ou là. Quelques accrochages sans dégâts se produiront.

Charly interprète à la Kommandantur nous harcèlera avec un camion équipé de plaques de blindage et sur lequel est monté un canon à tir rapide. Il arrosera sans répit les talus de Kéraudron, de Kernéac'h et de la Maison Blanche. Au cours de ces incursions, Louis Tudal sera grièvement blessé à la cuisse.  

Quatre jours se passent ainsi en escarmouches. Dans la nuit du 24 au 25 de fortes explosions venant de la ville se font entendre. Nous sommes saisis d'angoisse à la pensée que les allemands sont en train de la détruire. Quelques instants plus tard nous subissons un court mais violent bombardement. Puis c'est le silence, à l'aube une patrouille de la 7ème Cie F.T.P.F commandée par le gentil Paul Sabersmann, ukrainien déserteur de l'organisation Todt et audacieux diable, pénètre dans la ville vide de ses habitants. Plus tard nous voyons quelqu'un monter la côte qui mène à nos positions et qui fait de grands gestes des bras. C'est un pompier. Germain Bourdon si je ne m'abuse, mais mes souvenirs sont flous.

Alors c'est la descente en masse sur une route jonchée de débris, les fils à haute tension cisaillés par la mitraille et pendant lamentablement. Nous nous attendions à trouver une ville à moitié en ruines. Apparemment il n'en était rien, mais le port avait souffert. 

Nous primes immédiatement notre cantonnement à l'hôtel de la Mer. Le lendemain avec une voiture de notre Cie, je filai vers une destination connue de moi seul.

René Lijour m'accueillis avec un sourire quand je lui annonçai que l'épreuve était terminée et que je venais le chercher. Il avait attendu longtemps ce moment de joie un peu amère car depuis 2 ans il n'avait plus de nouvelles de sa femme Lucie déportée à Ravensbrück. Ce n'est que beaucoup plus tard qu'il aurait l'occasion de serrer dans ses bras celle qui fut si courageuse au moment décisifs.     

Quelques jours plus tard Concarneau, sa population retrouvée, arborait un air de fête. Les Libérateurs de la ville allaient recevoir un hommage mérité. En défilant avec les camarades de la 7ème Cie F.T.P.F sous les acclamations de la foule en délire, mes pensées allaient à mes camarades de combats, qui levés avant le jour nous avaient montré le chemin de la lutte et l'exemple du sacrifice. Grâce à eux nous connaissions enfin des heures de joie. 

 

Alphonse Duot

ancien responsable du Front National

Adjt au commandant de la 7ème Cie F.T.P.F

    

     

                                   

 

 

  

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
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Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

 

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 09:39
Jeudi, 23 Avril, 2020 - L'Humanité
Une dure bataille pour faire vivre l’Humanité

Par Patrick Le Hyaric, directeur de L'Humanité

 

Vous êtes nombreuses et nombreux à répondre à notre appel « souscription-spéciale-crise » pour L’Humanité. Nous vous en remercions d’autant plus chaleureusement que nous subissons en ce moment, comme l’ensemble de la presse, un choc d’une violence inconnue depuis très longtemps.

Ce contrecoup sévère, effet de l’actuelle épidémie, est dû à la fermeture d’un nombre important de points de vente et aux difficultés rencontrées ces dernières semaines par la distribution postale. La diminution moyenne des ventes de journaux avoisine 25% tandis que les pertes de recettes publicitaires atteignent 80%. A ceci s’ajoute depuis quelques heures la cessation des paiements de notre entreprise-coopérative de distribution de la presse, Presstalis. Ceci va dégrader encore nos résultats car les ventes de journaux et de hors-séries de ces dernières semaines risquent de ne pas nous être payées. De nouveaux journaux, notamment Paris-Normandie la semaine dernière, sont placés en redressement judiciaire. 

Si cette crise venait à se poursuivre, c’est tout un pan de démocratie qui tomberait en lambeaux. L’Etat doit donc s’en préoccuper avec plus de diligence. Des aides exceptionnelles doivent être décidées sans tarder au risque de nouveaux sinistres. La demande d’informations, au-delà de celle fournie en continue par des chaînes d’informations, de contenus journalistiques élaborés, documentés, fiables est extrêmement importante dans l’ensemble de la population. La presse écrite qui permet le développement et le traitement des faits, des analyses diversifiées, est plus que jamais un outil démocratique, citoyen, culturel pour réfléchir en homme ou femme libre. C’est d’autant plus vrai dans l’actuel contexte ou tant de contradictions exposées, tant de faits cachés, tant d’uniformité des options politiques à la télévision et à la radio créent une situation malsaine tendant à écarter le citoyen, le travailleur de la délibération publique.

Tout en respectant les prescriptions sanitaires, nos équipes se battent avec détermination et courage pour vous permettre d’accéder a des informations vérifiées, tout en prenant le parti du monde du travail et de la création, des soignants, tout en relayant les actions de solidarité qui se déploient dans tout le pays et au-delà. Les équipes de journalistes sont en lien constant avec des médecins, des infirmières, des chercheurs, comme avec les inspecteurs du travail et les avocats, avec les ouvriers et leurs syndicats comme avec les créateurs. Ils travaillent avec constance et professionnalisme pour que vous disposiez avec notre plateforme humanité.fr, L’Humanité-Dimanche, L’Humanité, ou Travailler Au Futur (travailleraufutur.fr) d’un ensemble de lieux où vous pouvez accéder à des informations, à des actions, à des débats et des propositions alternatives utiles pour penser et agir sans attendre.

Les soutiens financiers que nous recevons constituent donc un fort encouragement. Il est indispensable pour affronter cette période, alors que le plan de continuation de L’Humanité adopté par le tribunal de commerce de Bobigny le 27 décembre 2019 est forcément mis à mal. La souscription « spéciale crise » en cours est un moyen de faire face à nos dépenses courantes. Nous sommes également heureux d’accueillir de nouveaux abonnés notamment sur notre plate forme numérique. Qu’ils n’hésitent pas à nous faire part de leurs opinions et propositions pour améliorer encore nos journaux et revues. 

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Les dangers qu’encourt la civilisation humaine sont apparus ces derniers temps avec un éclat blafard. Environnement, capacités humaines, accumulations des armes, solidarités, tout passe au broyeur du mode de développement capitaliste. Même la mort se déploie aujourd’hui dans des conditions que l’on aurait hier crues inimaginables, sans dernière visite, sans au revoir, sans communion. Le contraire de ce qui différencie l’homme de l’animal. Et l’utilité sociale des humbles reste, malgré la promesse révolutionnaire, inversement proportionnelle à leur distinction. Que vaut aujourd’hui un actionnaire, non pas l’homme mais la fonction, au regard d’une aide-soignante, d‘un enseignant, d’un paysan, d’un éboueur ? Ce monde malade marche sur la tête. Nous travaillerons à le remettre sur pied et sur ses pieds.

Mener le procès des ravages en cours, dresser l’acte d’accusation des révoltantes impérities des pouvoirs politiques et économiques est bien sûr nécessaire. Mais bien insuffisant au regard de l’immensité de la tâche qui incombe aux générations actuelles et futures : celle d’offrir un destin à cette humanité si vulnérable, somme toute récente, et engagée dans une effrayante course à l’abime vers les ravins du calcul égoïste, de la guerre, de l’imaginaire desséché et qui, détruisant son environnement, concourt à la libération de nouveaux virus et se condamne elle-même à plus ou moins brève échéance, si ce n’est au prix d’une inhumaine humanité. Cette affaire est celle de la jeunesse, des créateurs, des travailleurs, de cette immensité asservie et dissimulée sous le trône de l’argent.

C’est à cette ambition élevée mais sincère que nos journaux s‘attachent à répondre. Ils y répondent en mobilisant des moyens sans commune mesure avec ceux dont disposent nos confrères adossés à des groupes financiers ou industriels. Le contexte n’est certes pas favorable à la presse indépendante et les bouleversements numériques menés par des cartels ogresques placent nos journaux dans une situation délicate. Relever comme nous le souhaiterions ce défi réclame des investissements en matériels et compétences que notre incessible indépendance nous empêche pour l’heure de réaliser. Et cette période de confinement aura sûrement hâté la modification latente des modes de lectures. Nous y répondons avec notre plateforme numérique, malgré toutes les embûches et sans illusion aucune sur un introuvable modèle économique du numérique pour la presse indépendante imprimée.

L’atout, la force de L’Humanité réside dans la communauté de celles et ceux qui y travaillent, de ses lectrices et lecteurs, de ses amis, de celles et ceux qui y collaborent, de tous ceux qui souhaitent s’engager pour faire grandir une civilisation supérieure. C’est à elles et à eux que nous nous adressons une fois encore pour que vive L’Humanité, et avec elle les combats qui nous sont si chers. Car c’est bien à « la réalisation de l’humanité » comme le proclamait Jean Jaurès, à ce que nous nommons une « visée communiste », que nous travaillons ardemment et passionnément.

A vrai dire, nous n’avons pas vraiment le choix. Le désastre guette et nous oblige. C’est en ce sens que nous ouvrirons dans les jours à venir nos pages aux penseurs comme aux syndicalistes, aux responsables d’associations comme aux écrivains, aux travailleurs de l’ombre comme aux créateurs ou à des élus pour qu’ils et elles exposent leur vision d’un autre avenir. Ces contributions éclaireront, enrichiront, nourriront les débats, les réflexions, les actions pour défricher les chemins de nouveaux futurs. Nous ne souhaitons pas nous borner à « l’après coronavirus » comme nous y commande le pouvoir, mais penser les voies et le projet pour « remettre le monde à l’endroit » en aidant à faire fleurir les germes d’émancipation qui sillonnent malgré tout notre si précieuse humanité.

Publié dans l'Humanité du 9 avril

Publié dans l'Humanité du 9 avril

Publié dans l'Humanité du 9 avril

Publié dans l'Humanité du 9 avril

L'Humanité relance tous les jeudi depuis début avril une parution des contributeurs de la souscription permanente et de la souscription exceptionnelle pour permettre au journal de tenir pendant la crise du Covid-19 qui conduit à une réduction des recettes publicitaires et des ventes en kiosque et maison de la presse.

Voici les amis et lecteurs de l'Humanité qui ont contribué par leurs dons dans le Finistère dernièrement dont le nom a été publié (Listes publiées les 9, 16, 23 avril, 30 avril par l'Humanité): 

Paul Abily 200

Yvette Andolfatto 150

Françoise et Serge Anne 100

Gaston Balliot 500

Françoise et Roland Bagnis 100

Daniel et Annick Bouquin Coquillon 1000

Jules Bouedec 100 et 100

Josette Brenterch 50

Lucienne Brigand 1000

Yann Boucher 150

Christian Cadiou 30

Jean-Paul et Denise Cam 100 et 100 et 300

Alain Cariou 50

CGT Multipro 100

CGT syndicat retraités pêche 50

Yves Clorennec 100 et 60

Hervé Colimard 50

José Corre 200, 200, 200, 200, 300

Serge Da Silva 20

Jean-Marie Defosse 100

Jacques Delvigne 100

Jerôme Desplats 10

Michel Deude 100, 100, 100, 100

Yves Dilhuit 50

Camille Donnard 200

Jean Dréan 100

Jacques Dronval 30

Jeanne Gourmelen 200

Maden Gruat 10

Michel Gruel 200

Pascal Guéguen 15 et 15

Fernande Guéguen 200

Suzanne Guivarch 100

Jacqueline Gunter 200

Jean Guyomarch 100

Jean-Pierre Guyon 50

Remi Hamon 30

Marie Helou 300

Mireille Hervy 50

Denise Huellou 15

Anne-Marie Jannic 500

Bernard Jasserand 200

Louis Kergourlay 200

Jean-Pierre Kergourlay 300

Jean-Noël Keruzoré 150

Anne-Marie Kéruzoré 150

Ginette Launay 50, 50, 50 et 50

Marie-Thérèse Laurent 50

Jeanne Le Berre 50

Raymond Le Bot 100

Christian Le Bras 15

Marie-Thérèse Le Bras 100

Joseph Lechat 30

Guy Le Dantec 100

Marcel Ledez 100

Suzanne et Georges Le Duff 300

Patrick Le Goas 10

Christian Le Goff 50

Marie-Hélène Le Guen 60 et 100 et 60

Thierry Le Guennou 100

Olivier Leny 100 et 200

Michel Le Roux 100, 200, 200, 250

Michel Lespagnol 300

Daniel Lezenven 100, 100

Jacques Mahé 150

Guy et Maguy Maillot 100

PCF Finistère 50

Pierre Martinon 200

Marie-Hélène Marzin 50 et 50

Marie-Claude et Robert Moal-Le Sech 150

Madeleine Monfort 100

Lucien Muller 200, 200

François Xavier Nau 100

Lucienne et Jean-Marc Nayet 150

André Nuiaouet 100

Françoise Parchemin 50

Guislaine Peron 300 et 150

Sylvie Peron 100

Gilbert Phelep 50 et 50

Catherine Pietri 100

Michel et Yvette Prigent 100

Joseph et Marie-Renée Prima 200

Gabriel Provost 100

Patrick Quelaudren 100 et 100

Jacques Rannou 100

Daviel Ravasio 25

Gilbert Sinquin 100

Michel Sintic 100

Marie-Claire et Jo Tual 100

Jean-Louis Weber 50

 

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 09:04
Révélation. Décryptage du protocole sanitaire pour la reprise de l’école (L'Humanité, 30 avril, Olivier Chartrain)
Révélation. Décryptage du protocole sanitaire pour la reprise de l’école

L’Humanité a pu consulter le projet de protocole sanitaire national, exigé pour encadrer le retour des élèves et des enseignants en classe, et qui doit être officialisé le 1er mai. Il laisse en suspens au moins une question, capitale : qui va, in fine, décider qu’un établissement peut ouvrir ou pas ?

 

Il était attendu, ce fameux protocole sanitaire national, véritable vade-mecum destiné à cadrer les conditions de la réouverture des établissements scolaires ! La plupart des syndicats avaient fait de son établissement un préalable absolu à tout retour en classe. Jeudi 30 avril, à la veille de la publication prévue du document définitif, c’est une version de travail qui a commencé à circuler et que l’Humanité a pu se procurer.

Un texte ultra-complet, mais difficilement applicable

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce texte d’une bonne cinquantaine de pages est ultra-complet. De l’accueil des élèves à la désinfection des locaux, de la gestion des circulations à l’intérieur des établissements à l’organisation des enseignements dits « spécifiques » (sports, ateliers, arts plastiques, sciences, musique…), de la cantine aux récréations, des sanitaires à l’aménagement des salles de classe… tout, ou presque, est envisagé. On notera tout de même que la question des internats, dont certains collèges sont dotés, ne figure pas dans le document que nous avons pu consulter – alors qu’elle pose des problèmes spécifiques comme, par exemple, l’existence fréquente de couchages collectifs.

« C’est plutôt positif » apprécie Frédérique Rolet, co-secrétaire général du Snes-FSU (principal syndicat du secondaire), « même si nous aurions préféré une autre méthode que celle qui a consisté à se précipiter pour annoncer des dates de reprise, avant même de présenter le protocole. » Du côté du Snuipp-FSU (primaire), qui a déposé un droit d’alerte le 29 avril, « on a le protocole, on ne va pas s’en plaindre » concède sa porte-parole, Francette Popineau, avant de tempérer aussitôt : « Mais il va être difficilement applicable ».

Un maximum de 15 élèves... dans une classe de 50 m2

Sans entrer dans le détail des 50 pages, quelques principes se dégagent. Il est acté – c’était une autre demande des syndicats – que les personnels (enseignants ou non-enseignants) présentant des facteurs de risque n’auront pas à reprendre les cours en présentiel. Ils pourront en revanche continuer à assurer des cours à distance. Pour les élèves, il est demandé aux familles de prendre la température des enfants chaque matin (mais aussi le soir, au retour) et de les laisser à la maison dès lors que celle-ci atteint ou dépasse 37,8 °C.

Le respect, en toutes circonstances, de la distance sanitaire d’un mètre minimum entre toute personne est érigé en principe absolu, «  dans tous les contextes et tous les espaces (arrivée et abords de l’école, récréation, couloirs, préau, restauration scolaire, sanitaires, etc.) ». Pour y parvenir, les salles de classe devront être réaménagées : pas de tables en vis-à-vis, par exemple. Un effectif maximal de 15 élèves par classe est fixé, dans une salle de 50  m2. « Il va falloir trouver des salles » objecte Francette Popineau, « car peu de classes font cette taille. » Le Snuipp aurait préféré, comme en Belgique, que l’on fixe une norme de 4 m 2 par personne (élèves et adultes), ce qui aboutirait à des effectifs de « 10 élèves par classe en élémentaire, et 5 ou 6 en maternelle. » Pour le Snes également, cet effectif de 15 par salle est trop élevé.

Autre souci : la coordination des transports scolaires

Pour éviter le « brassage », les entrées, sorties et récréation devront être décalées sur le principe d’une classe à la fois, et les circulations à l’intérieur des locaux organisées et fléchées afin d’éviter les croisements. Avec les goulets d’étranglement que constituent les entrées dans nombre d’établissements, la chose promet d’être plus facile à dire qu’à faire… Autre souci : la coordination des transports scolaires avec ces horaires d’entrée et de sortie décalés.

Dans le même ordre d’idée, ce ne seront plus les élèves qui se déplaceront d’une salle à l’autre entre chaque cours au collège, mais les enseignants. Le port du masque « grand public » est rendu obligatoire pour tous les adultes, fourni par leur employeur, qu’il s’agisse de l’État ou des collectivités locales. Obligatoire aussi pour les collégiens, mais il revient cette fois aux familles de se les procurer même si, au départ, les établissements doivent recevoir des stocks permettant d’en fournir à ceux qui n’en auront pas. En élémentaire, les enfants «  peuvent en être équipés s’ils le souhaitent et s’ils sont en mesure de le porter dans des conditions satisfaisantes  ». En maternelle, le port du masque est exclu. Tous les établissements seront aussi dotés de masques FFP1, afin d’équiper les élèves qui présenteraient des symptômes pendant la journée. Ceux-ci devront être isolés et pris en charge par l’infirmière scolaire… s’il y en a une.

Le lavage des mains posera aussi, à n’en pas douter, des problèmes. Il est prescrit à l’arrivée, à chaque entrée en classe, avant et après les récréations, avant et après tout passage aux toilettes, après avoir touché des objets ou des surfaces possiblement contaminés et enfin, après tout éternuement (dans le coude). De la difficulté à faire respecter une telle contrainte aux plus jeunes au manque de sanitaires et de points d’eau dans de nombreux établissements, que la possibilité d’utiliser du gel hydroalcoolique « sous la surveillance d’un adulte » ne palliera pas toujours, de nombreux paramètres risquent de faire obstacle au respect de cette règle.

Aux collectivités locales, l'organisation de l'entretien des locaux et de la restauration scolaire

Voilà pour les prescriptions les plus usuelles. Il faut y ajouter l’obligation d’un double nettoyage quotidien (nettoyage classique plus désinfection) des locaux, auquel s’ajoute l’obligation de désinfecter « plusieurs fois par jour » toutes «  les zones fréquemment touchées  » (sanitaires, poignées de portes, rampes, supports pédagogiques…) que les collectivités locales sont priées d’organiser. On doute que les effectifs actuels de personnel de mairie ou départemental présents dans les établissements suffisent à l’assurer. D’autant que la restauration scolaire repose sur les mêmes. Sur ce point, le projet de protocole recommande de «  privilégier la restauration en salle de classe sous la surveillance d’un adulte sous forme de plateaux ou de paniers repas. » Mais il n’exclut ni la possibilité de demander aux élèves d’apporter leurs repas ni, à l’opposé, la réouverture des cantines – avec dans ce cas une organisation stricte.

Qui veillera à l'application du protocole ? On ne sait pas...

Point capital : là où l’ensemble des prescriptions du protocole ne pourraient être respectées, l’établissement n’ouvrira pas. « Mais qui va vérifier si c’est applicable ou pas dans chaque établissement ? », demande Claire Guéville. « Le protocole répète « on veille à… » Mais qui c’est, ce « on » ? » s’interroge Francette Popineau. « Le texte n’est pas clair sur qui décide » poursuit-elle. « Jean-Michel Blanquer ne nous a pas apporté de réponse sur ce point » complète sa collègue du Snes. Toutes deux demandent deux choses. Premièrement, du temps : « Du temps pour que les équipes des établissements se préparent avant la rentrée des élèves », côté Snes et « du temps pour pouvoir tout mettre en place » côté Snuipp. Francette Popineau envisage le retour des élèves de primaire au mieux pour le 18 – alors qu’il est prévu le 12, selon les annonces du gouvernement (la journée du 11 étant consacrée à la prérentrée des enseignants). Deuxièmement, la validation du protocole par les instances représentatives du personnel, conseils d’école et conseils d’administration. Au Snuipp on va plus loin : « C’est à la commission de sécurité qu’il revient de valider le dispositif pour chaque établissement », martèle Francette Popineau. Sinon, entre collectivités locales, les directions des écoles et des établissements et les inspections académiques, la balle de la décision risque de rebondir longtemps.

Olivier Chartrain
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