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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 04:47
Commande massive de masques pour la grande distribution - communiqué de la section du PCF Carhaix-Huelgoat

Communiqué de la section du PCF Carhaix-Huelgoat

L’indignation est à la hauteur du scandale. La grande distribution a stocké depuis 5 semaines 500 millions de masques chirurgicaux.

Alors que les professionnel(le)s de santé en sont dépourvu il est ahurissant, violent, que ces enseignes, sans vergogne, les mettent sur le marché.

Le fric toujours le fric ! Où sont leurs belles envolées, remerciant ceux et celles qui sont en première ligne, les assurant de leur soutien.

Décidément aujourd’hui est comme hier et augure mal de demain.

Les communistes de la section PCF de Carhaix Huelgoat appellent les consommateurs à boycotter l’achat de ces masques. L’État devrait intervenir et saisir ces stocks car le manque de masques est toujours d’actualité pour le personnel soignant.

Pour les communistes, face au risque sanitaire, la santé n’a pas de prix : L’Etat doit prendre en charge la gratuité des masques.

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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 06:12
Notre Finistère - supplément à l'Humanité -  22 novembre 1964 article sur les 20 ans de la Libération de Quimper - Théo Le Coz représentait la section PCF de Quimper en octobre 1944 à un meeting pour la Libération de Quimper en présence de Eugène Hénaff, membre du Comité Central du PCF, de Marcel Cachin et d'Alain Signor

Notre Finistère - supplément à l'Humanité - 22 novembre 1964 article sur les 20 ans de la Libération de Quimper - Théo Le Coz représentait la section PCF de Quimper en octobre 1944 à un meeting pour la Libération de Quimper en présence de Eugène Hénaff, membre du Comité Central du PCF, de Marcel Cachin et d'Alain Signor

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

89/ Théo Le Coz (1900-1976) 

Né le 22 juillet 1900 à Concarneau (Finistère), mort en août 1976 à Quimper (Finistère) ; employé de bureau ; résistant communiste FTP du Finistère puis des Côtes-du-Nord ; secrétaire politique du PCF clandestin dans les Côtes-du-Nord en 1944  ; membre pour le PCF du comité départemental de Libération des Côtes-du-Nord (mai 1944-novembre 1944).

Jeune, Théo Le Coz est l'ami de Théophile Le Rose, le père de Pierre Le Rose,  qui succéda à son père à la tête de la voilerie artisanale et familiale employant cinq ouvriers, et fut lui-même militant communiste. 

Frère de Joseph Le Coz, un important militant communiste et CGTU de Concarneau interné par Vichy de juin 1940 à son évasion en décembre 1942, Théodore Le Coz adhéra au PCF en 1940. Il contribua rapidement à l’organisation du PCF clandestin et du Front national (vers la fin 1941) à Quimper. Il participa à plusieurs actions des FTP du Finistère avant d’être muté dans les Côtes-du-Nord pour des raisons de sécurité à la suite d’arrestations à Quimper (affaire de l'hôtel de la Tour d'Auvergne).

Théo Le Coz est muté dans les F.T.P des Côtes du Nord, puis devient responsable politique dans notre département pour le P.C.F. Au début de l’année 1944 devient membre du CDL, plus connu sous son pseudonyme Jean Louis. « Toujours souriant dans les périodes dangereuses comme dans les heures calmes »

A la fin de 1943 ou au début de 1944, Théo Le Coz, « Jean-Louis », devint l’un des principaux responsables politiques du PCF après la vague d’arrestations du SPAC, la police anticommuniste de Vichy, qui désorganisa le PCF clandestin. Le parti était alors dirigé par Louis Picard, Yves, présenté dans le comité de patronage de la liste communiste en novembre 1946, comme le « responsable interdépartemental du PC dans l’illégalité » tandis que Théodore Le Coz était « le secrétaire départemental du PC dans l’illégalité ».

Lors de son départ des Côtes-du-Nord pour le Finistère, le 18 novembre 1944, L’Aube nouvelle parlait du « sympathique Jean-Louis » comme du « secrétaire fédéral dans la clandestinité ». Au nom du PCF, il remplaça en mai 1944 Jean Le Parenthoën*, envoyé dans la Sarthe, au CDL clandestin et continua de siéger après la libération des Côtes-du-Nord dans le CDL élargi. Son frère Joseph Le Coz appartenait lui au Comité départemental de Libération du Finistère. Théodore Le Coz avait contribué à fonder L’Aube nouvelle, l’hebdomadaire du PCF.

En novembre 1944, Théodore Le Coz regagna le Finistère, étant remplacé depuis octobre au CDL par son camarade finistérien, l’instituteur Pierre Moalic. Il aurait alors assumé des responsabilités au bureau fédéral du PCF du Finistère, selon Eugène Kerbaul, notamment comme directeur de La Bretagne Ouvrière, Paysanne et Maritime. Théo Le Coz est membre du bureau fédéral du PCF à la Libération dans le Finistère.

L’Aube Nouvelle évoque en ces termes le départ de Le Coz des Côtes du Nord : «  Jean-Louis, le sympathique Jean -Louis, de son vrai nom Théodore Le Coz, Finistérien, aujourd’hui de retour à Quimper, où il dirige l’hebdomadaire de la fédération communiste du P.C.F, a laissé, pendant son séjour dans les Côtes du Nord, le souvenir d’un excellent camarade. Secrétaire fédéral dans la clandestinité, il est peu de communes des Côtes du Nord qu’il n’ait visitées. Tous ses amis ( et il sont nombreux) ainsi d’ailleurs que les adversaires politiques qu’il a connus, lui ont gardé leur estime, voire une affection particulière. Si , sous sa bonhomie souriante, il savait être ferme, c’est qu‘en toute occasion il restait le communiste conscient de ses responsabilité »

Le journal communiste publié à la Libération dans le Finistère est d'abord "L'Aurore" dont Théo Le Coz sera le directeur jusqu'en septembre 1946. Il avait pu se faire la main avec "L'Aube Nouvelle". En 1964, il témoigne au Supplément de l'Huma Notre Finistère (25 octobre 1964): "... Moi un journaliste. Mais il a bien fallu s'y mettre... C'est ça que le Parti fait de ses gars". Le journal est imprimé à Landerneau. Le 9 septembre 1944, par exemple, "il stigmatise les profiteurs, ceux qui volent la Résistance, ces officiers de classe qui, venus la dernière heure, veulent commander ou discréditer les F.T.P.F: attentistes hier, diviseurs aujourd'hui". Le journal témoigne aussi des actes de résistance du peuple et des militants communistes pendant l'occupation. Depuis le siège de la fédération à Quimper, dans les locaux de la rue Théodore Le Hars, Théo Le Coz, Alain Cariou, Gaby Paul, Jean Le Berre, transfuge du Morbihan, parcourent les routes du département pour recueillir des témoignages. Chaque semaine, Théo Le Coz transporte les articles à imprimer à Landerneau.  

Mais en 1953, il ne figurait plus dans les organismes de direction. Après guerre, Théodore Le Coz milita à Quimper, en particulier à l’Amicale laïque (président d’honneur), fut trésorier départemental des délégués à l’Éducation nationale et vice-président du comité France-URSS.

"Théo Le Coz militait à la section de Quimper à la cellule Texier avec Jean-François Hamon, il me semble qu'il en était trésorier à mon arrivée à Quimper. Il avait aussi un gros CDH qui rayonnait sur les quartiers du Moulin Vert et du Manoir des Salles. Dans cette cellule il côtoyait aussi notre camarade Alain Le Bec toujours adhérent de notre section, qui est marié à la petite-fille de Pierre Gueguin. Alain fut pendant de longues années le président de l'Amicale laïque de Quimper" (Yvonne Rainero). 

A partir de l'article du Maitron: Le Coz, Théodore, pseudonyme Jean-Louis

https://maitron.fr/spip.php?article107773, notice LE COZ Théodore. Pseudonyme Jean-Louis par Christian Bougeard, version mise en ligne le 13 novembre 2010, dernière modification le 5 septembre 2011.

 

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 89/ Théo Le Coz (1900-1976)

Le Télégramme de l'Ouest et de Brest, Journal républicain du matin, 29 novembre 1944

Quimper

"Meeting communiste

-

Le dimanche 26 novembre, le parti communiste a tenu un meeting dans la salle des fêtes. Plusieurs milliers de personnes y assistaient. 

M. Théo Le Coz, de la section de Quimper, présente Alain Signor, membre du comité central, qui s'évada du camp de Saint-Augeau, dans le Cantal, en 1940, et dirigea l'insurrection de Marseille lors du débarquement allié. 

M. Alain Cariou, membre du C.D.L (Comité Départemental de Libération) et du bureau régional du parti, entretient l'assemblée du problème du ravitaillement général, qui laisse à désirer, des collaborateurs dont les biens devraient être confisqués au profit de la nation, de la commission des profits illicites qui fera, sans faiblir, l'épuration économique. Il exalte le courage de nos vaillants F.F.I et s'élève contre la menace de saisie du journal communiste "L'aurore". 

M. Signor déclare que son parti a toujours travaillé à l'union de tous les Français. Il rappelle les atrocités commises par les boches et dit que les troupes françaises doivent aller à Berlin pour poser de sévères conditions de paix et libérer nos prisonniers et nos déportés. Il demande à chacun de travaille à l'amélioration des conditions économiques du pays et réclame l'augmentation des salaires et des retraites, la suppression des trusts et la disparition du chômage. Il fait appel au patriotisme de tous pour souscrire à l'emprunt.

M. Signor s'élève contre la décision du gouvernement de désarmer les gardes civiques républicaines et de procéder à des élections en l'absence des prisonniers et des déportés. Il préconise la préparation des Etats généraux dans toutes les villes et communes. Des assemblées réunissant des patriotes seraient chargées, sur la base du programme de la Résistance, d'établir des cahiers de la Renaissance française et de désigner les délégués aux États généraux de leur commune. Ceux-ci désigneraient leurs délégués au département: ces derniers, à leur tour, enverraient des délégués aux Etats généraux de la Renaissance française qui se réuniraient à Paris. 

Après un appel de M. Signor en faveur de son parti et le vote des deux résolutions, l'assemblée se sépare au chant de la "Marseillaise".

 

A lire aussi:

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1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 80/ Théophile Kerdraon ( 1891-1984)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 79/ André Guéziec (1922-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 78/ Jean Kérautret (1918-1942) et Vincent Guivarc'h (1918-1942)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 52/ Yves Le Meur (1924-1981)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

 

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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 05:34
Décès de la militante communiste Paulette Sarcey, résistante de la M.O.I, juive, survivante de la déportation et militante de l'humanité et de la mémoire

Paulette Sarcey-Szlifke épouse Swiczarczyk (changé en Sarcey), Martine en résistance, vient de nous quitter. Juive, communiste, résistante, elle aimait la France, les autres, l'humanité et était une femme que j'admirais infiniment. A son fils, Claude Sarcey et sa famille, ses camarades de MRJ-MOI, de L'UJRE, et du PCF, toutes mes pensées affectueuses.

Catherine Vieu-Charier, 4 mai 2020
https://maitron.fr/spip.php?article175389

https://www.telerama.fr/…/le-temoignage-bouleversant-de-pau…

 

Nous regardions il y a 9 jours encore son témoignage émouvant, témoignage de la solidarité entre camarades communistes juifs résistants de la MOI qui se retrouvaient à Drancy, dans le documentaire de Jean-Patrick Lebel sur le camp de transit et de concentration de Drancy, "Cité de la Muette" tourné en 1983, mis en accès libre pour la journée du souvenir des victimes de la déportation le 26 avril 2020...  

https://vimeo.com/278189683

 Cité de la muette de Jean-Patrick Lebel

Cité de la Muette est le premier documentaire consacré au camp de Drancy, principal centre d’internement des juifs français et étrangers avant leur extermination en Europe de l’Est durant la Seconde Guerre mondiale. Le film ausculte les lieux de l’internement et donne la parole à des témoins encore jeunes, dont beaucoup livrent leur expérience pour la première fois devant une caméra.

Ces entretiens, captés entre 1982 et 1983 par Dominique Chapuis (chef-opérateur de Shoah de Claude Lanzmann), constituent de précieux matériaux pour l’histoire de la résistance communiste et juive. Paulette Sarcey, résistante au sein d’un groupe de jeunes communistes de la M.O.I. (Main d’œuvre immigrée), y raconte son parcours militant avec un remarquable sens du récit.

Mardi, 5 Mai, 2020 - L'Humanité
Disparition. Paulette Sarcey, le combat obstiné de la résistance

Rescapée d’Auschwitz, la militante communiste et compagnon d’arme sous l’Occupation d’Henri Krasucki, est décédée à l’âge de 96 ans.

 

Née le 11 avril 1924 à Paris, Paulette Szlifke vient d’avoir 16 ans quand Pétain signe l’acte de capitulation de la France le 22 juin 1940 et se voit octroyer les pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale le 10 juillet de la même année. Issue d’une famille ouvrière d’émigrés polonais fuyant la misère et les persécutions antisémites arrivée en France l’année qui précéda sa naissance – son père Froïm, ouvrier du cuir, militant syndicaliste et communiste, avait déjà fait de la prison dans son pays ; sa mère, Jenta Przepiorka, travaillait dans la confection –, Paula fréquente les milieux syndicalistes et communistes de la Main-d’œuvre immigrée (MOI) du quartier de Belleville dans les années 1920 et 1930.

Le foulard rouge des « pionniers » noué autour du cou, elle participe aux fêtes et soirées des salles de la Mutualité ou de la Bellevilloise et vend à la criée, tous les dimanches au métro Belleville, le journal  Mon Camarade à côté de son père vendant la Naïe Presse, quotidien progressiste et antifasciste d’expression yiddish. Elle participe aux actions de solidarité auprès de l’Espagne républicaine.

C’est au cours de l’été 1940 qu’elle crée, avec Henri Krasucki et Pierre Beckerman, le premier « triangle » de résistance clandestine du 20e arrondissement, qui manifestera contre l’Occupation et le gouvernement Pétain-­Laval, le14 juillet 1941, habillé de bleu-blanc-rouge. « Nous faisions des lancers de tracts sur les marchés, dans les cinémas de quartier, dans les usines et les métros. Les gens les ramassaient mais ne les lisaient pas sur place. On faisait aussi des actio ns spectaculaires. On brûlait des poteaux indicateurs le soir. Dans la rue des Panoyaux, à l’occasion du 25 anniversaire de l’Armée rouge, on a accroché un drapeau rouge le long d’un fil électrique. Il est resté deux jours. Ce sont les pompiers qui l’ont décroché », témoigne-t-elle dans un entretien publié dans l’Humanité du vendredi 9 février 2007.

Responsable des jeunes de la MOI avec Henri Krasucki sur la capitale, elle est arrêtée par les policiers français des brigades spéciales avec son compagnon d’arme le 23 mars 1943 alors qu’ils occupaient une planque située près de la porte de Bagnolet. Internée à Drancy, déportée à Auschwitz-Birkenau le 23 juin, elle sera libérée par les Soviétiques début mai 1945 après une « marche de la mort » qui l’avait conduite à Ravensbrück puis à Neustadt.

« Son idée, c’était de témoigner de ce qui s’était réellement passé »

« Tout au long de sa vie, elle a continué de militer et puis surtout de procéder à un travail de mémoire, participant à des débats dans des collèges et dans des lycées et, en particulier, en écrivant un livre, Paula survivre obstinément (Tallandier, 2015), témoigne son fils Claude Sarcey : son idée, c’était de témoigner de ce qui s’était réellement passé en rappelant notamment que ce ne sont pas les Allemands qui l’avaient arrêtée mais la police française et en insistant sur des aspects éducatifs qui sont quelquefois édulcorés dans les enseignements scolaires. Toujours avec ce sentiment qu’il fallait privilégier la Résistance quand c’est nécessaire.»

Mariée en 1946 avec Max Swiczarczyk, membre des FTP-MOI et des Bataillons du ciel parachuté en juin 1944 en Normandie qui participa à toutes les batailles de la Libération jusqu’à la prise du nid d’aigle d’Hitler à Berchtesgaden, Paulette obtint avec son mari le droit, en 1968, de « franciser » (Sarcey) leur nom… difficile à prononcer.

Jérôme Skalski
Décès de la militante communiste Paulette Sarcey, résistante de la M.O.I, juive, survivante de la déportation et militante de l'humanité et de la mémoire

«  À mon retour d’Auschwitz, le 22  mai 1945, j’ai eu la chance inouïe de retrouver à Paris ma famille miraculeusement épargnée. Je n’ai ni oublié, ni pardonné et j’ai tenu parole : j’avais promis à mes camarades de déportation de tout raconter. Aujourd’hui, souvent inquiète pour l’avenir, je suis heureuse que mon histoire puisse être lue par tous. »

Paulette Sarcey

 

Paulette Sarcey, rescapée des camps

Revenue vivante d'Auschwitz, Paulette Sarcey témoigne et livre ses souvenirs de jeune résistante, juive et communiste, devenue le matricule 46650 au camp de la mort.

Paulette Sarcey et ses amies s'étaient fait une promesse: si l'une d'entre elles réchappait à l'enfer d'Auschwitz, il lui faudrait témoigner. 

Dire les semaines d'internement au camp de Drancy; le voyage de deux jours et deux nuits dans la promiscuité et la puanteur des wagons à bestiaux; la sélection, dès l'arrivée au camp, entre les déportés aussitôt envoyés vers les chambres à gaz et les autres, condamnés à la faim et au froid, à la maladie et aux coups; l'errance sur les routes glacées de Pologne et d'Allemagne, après l'évacuation du camp. 

Paulette, 91 ans, a tenu parole. Toute sa vie, elle a raconté, encore et encore, ses souvenirs de jeune résistante, juive et communiste, devenue le matricule 46650 à Auschwitz. "Maman, écris", lui ont demandé ses enfants. C'est chose faite.

 

Radio. Communiste, juive, résistante, elle témoigne sur RFI
Vendredi, 24 Janvier, 2020

La marche du Monde www.rfi.fr, à partir d’aujourd’hui Diffusé dimanche 26 janvier à 11 h 10 sur l’antenne de RFI
Paulette Sliwka-Sarcey a plus de 95 ans et a vécu l’horreur de la déportation à Auschwitz-Birkenau, en 1943. Un témoignage saisissant sur l’univers concentrationnaire.

 

«Nous , nous étions un groupe, une organisation. Il y avait toujours quelqu’un pour soutenir l’autre. Pour survivre, et témoigner. » Paulette Sarcey, au micro de Valérie Nivelon, raconte ses années de résistance et de déportation. Et c’est bouleversant, tant sa voix sonne clair, tant ses souvenirs sont précis dans l’horreur, mais aussi dans la pudeur. Ses paroles sont pour RFI le moyen de célébrer le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz.

Paulette Sarcey est née en 1924 à Paris, dans le quartier de Belleville, de parents juifs polonais persécutés pour leurs opinions communistes dans leur pays d’origine. Elle joue dans la rue, elle participe aux patronages fondés par son père et d’autres militants. Quand les nazis débarquent à Paris, elle refuse de porter l’étoile jaune. Et entre dans la clandestinité, avec un groupe de militants, dont Henri Krasucki, alors son compagnon. Ils étaient 27 membres : ils ne sont plus que 6, à son retour d’Auschwitz, en 1945. Leurs missions : balancer des tracts dans les cinémas, saboter des entreprises…

Et ce que raconte Paulette Sarcey, c’est la façon dont elle a survécu, après que son réseau a été trahi : par la solidarité avec les membres de son groupe, d’abord à Drancy, puis dans le convoi, le 23 juin 1943, qui envoie ces hommes, ces femmes et ces enfants vers l’horreur. Mais elle dit aussi la force de la solidarité quand l’espoir est réduit à néant, les sabotages dans le camp, les dons de nourriture aux plus faibles, les chaussures et la gamelle qu’on doit protéger pour survivre. Avec au cœur cette force du collectif, qui se renoue à l’intérieur du camp. Elle évoque son hébétude devant la liberté retrouvée, aussi. Et cette force de combattre, qui la porte jusqu’à aujourd’hui.

L’intégralité de l’entretien avec Paulette Sarcey ainsi que le film Cité de la Muette, qui en reprend quelques extraits, sortiront en DVD fin janvier dans une coédition Ciné-Archives et Périphérie.
Caroline Constant

 

Paulette Sarcey dans les années 1980, lors d’un témoignage sur la Résistance (photo Maitron)

Paulette Sarcey dans les années 1980, lors d’un témoignage sur la Résistance (photo Maitron)

 

https://maitron.fr/spip.php?article175389

Paula, épouse SWICZARCZYK, changé en SARCEY ; dénommée Martine par les Brigades spéciales]

Née le 11 avril 1924 à Paris (XIIe arr.) ; résistante PCF-MOI et JC ; déportée ; militante parisienne de l’UJRE, de l’AADJF et du PCF ; employée à la CCE (Commission centrale de l’Enfance) de l’UJRE, puis d’autres entreprises de la mouvance communiste.

 

Les parents de Paulette Sarcey, Froïm Szlifke et Jenta Przepiorka, tous deux issus de familles juives de la banlieue de Varsovie, s’établirent en France en 1923, juste après leur mariage. Lui était en effet connu comme militant communiste dans son pays d’origine et avait déjà fait de la prison. Son beau-père lui conseilla d’émigrer, comme le faisaient alors un grand nombre de personnes de leur communauté originaires d’Europe de l’Est. Quand leur fille Paula naquit à l’hôpital Rothschild, ils habitaient dans une pauvre chambre d’hôtel du quartier du Marais, rue du Bourg-Tibourg, puis ils se fixèrent durablement au bas de Belleville, 14 rue de Vaucouleurs dans le XIe arrondissement. La petite fille suivit sa scolarité dans l’école primaire du boulevard de Belleville. C’est là qu’elle apprit le français, car dans la famille, on ne s’exprimait qu’en yiddish. Un jeune frère, Robert, naquit en 1934.

Alors que la mère travaillait comme finisseuse dans la confection au service de divers petits patrons, le père était ouvrier du cuir. Il avait commencé comme chausseur piqueur de tiges, puis il se spécialisa dans la confection de vêtements, d’abord dans un local de la rue Saint-Maur, puis au 34 rue de Vaucouleurs. Il exerçait surtout des responsabilités au syndicat CGT des Cuirs et peaux, et fréquentait assidument l’Arbeiterorde du 10 rue de Lancry, lieu de ralliement de la communauté yiddishophone. Il militait également au « groupe de langue » yiddish mis en place par le PCF, et diffusa dès sa parution le journal Naïe Presse fondé par les militants de cette mouvance. La mère gardait le contact avec sa famille restée en Pologne et sa fille l’y accompagna une fois en visite alors qu’elle était encore toute jeune.

L’enfance de Paulette Szlifke fut heureuse, selon son témoignage, animée notamment par les « patronages » de leur communauté et affinité politique. Même si l’appellation communiste n’y était pas mise en avant, les « pionniers » portaient un foulard rouge et les animateurs étaient tous communistes. Parmi celles qui ont marqué Paulette, elle cite Régine Grimberg, Lili Berger, Alice Blum, ou la chorégraphe Halina Edelstein, avec qui elles montaient des spectacles qu’elles donnaient dans les fêtes et soirées des salles de la Mutualité ou de la Bellevilloise. Elle-même vendait à la criée, tous les dimanches au métro Belleville, le journal des pionniers, Mon Camarade, aux côtés de son père qui proposait Naïe Presse. L’été, les enfants partaient dans les colonies de vacances du Secours rouge à l’île de Ré. Ils participaient à des rassemblements politiques, au Mur des Fédérés par exemple, organisaient des collectes en faveur des enfants des républicains espagnols…

La guerre venue, Paulette fut impressionnée par l’arrivée des soldats allemands, entrés par la porte des Lilas, avec le bruit des bottes résonnant sur les pavés de la rue du Faubourg-du-Temple. Au cours de l’été 1940, une femme inconnue d’elle, Annette, dont elle apprit plus tard qu’elle était l’épouse de Jean Kerbel, vint lui demander si elle « voulait faire quelque chose ». Elle répondit positivement, et peu après un jeune homme se présenta avec des projets d’actions concrètes. C’était Henri Krasucki, un garçon de son âge, qui appartenait avant-guerre au groupe de pionniers de la Bellevilloise dans le XXe arrondissement. Avec Pierre Bekerman, ils constituèrent le premier « triangle » clandestin du XXe arrondissement qui fut opérationnel dès le mois de septembre. Avec des moyens de fortune, tels que des petites imprimeries destinées aux enfants et des feuilles de papier-pelure, ils préparaient des papillons qu’ils affichaient un peu partout, des tracts qu’ils déposaient sous les paillassons ou jetaient à la volée depuis le métro aérien ou les balcons des cinémas. Ils y dénonçaient le régime de Vichy, le rationnement et les pénuries. À un match de football important qui se déroulait au stade de Colombes, ils participèrent à un lâcher de pigeons porteurs de rubans bleu-blanc-rouge, déçus de n’avoir pas réussi à capturer eux-mêmes un de ces volatiles. Avec son camarade Koszitski, munis de journaux et d’une bouteille d’alcool, ils brûlèrent en plein jour un poteau indicateur allemand place Martin-Nadaud. Ils étaient aussi parmi les manifestants contre l’Occupation et le gouvernement Pétain-Laval, le 14 juillet, habillés de bleu-blanc-rouge, ou le 13 août 1941, quand deux jeunes furent fusillés après avoir été pris au métro Strasbourg-Saint-Denis. Ils tentèrent de récidiver au métro République pour le 150e anniversaire de la bataille de Valmy.

Les JC parisiens ayant connu de nombreuses chutes, les jeunes juifs de la MOI étaient de plus en plus sollicités. Paulette Szlifke reçut ainsi des tracts, imprimés cette fois, émanant du PCF, des mains d’un jeune communiste. Elle cohabitait alors avec Henri Krasucki, tout en restant en relations étroites avec leurs parents respectifs, et ils étaient désormais responsables des jeunes de la MOI sur l’ensemble de la capitale.

Après une traque et des filatures minutieuses des policiers français des Brigades spéciales, suite à l’infiltration d’une jeune fille de la rue des Immeubles industriels qui était en contact avec eux, 57 personnes furent arrêtées, soit la quasi-totalité de leur groupe, parmi lesquels Henri Krasucki, sa mère Léa, et Roger Trugnan*, un des amis d’enfance de Paulette. Elle-même fut cueillie le 23 mars 1943 dans la planque qu’elle partageait avec Henri Krasucki, au 8 rue Stanislas-Meunier près de la porte de Bagnolet. Les policiers venaient d’arrêter son compagnon, sorti avant elle, et la perquisition qui suivit ne laissait aucune ambiguïté sur leurs activités. La famille Szlifke était heureusement à l’abri, les parents cachés dans leur atelier, le petit frère placé dans la Sarthe. Un des rares rescapés des jeunes de la MOI, Robert Endewelt, eut la charge de reconstituer leur organisation démantelée.

Les militants arrêtés furent très rudement maltraités, torturés. Paulette Szlifke subit ces brutalités pendant huit jours au siège de la Brigade spéciale, jusqu’à ce que, incapable de marcher, trainée devant le commissaire qui commandait à ses bourreaux, elle se prétendit malade sur le conseil d’une autre détenue, et demanda à voir un médecin. Elle fut emmenée à l’Hôtel-Dieu voisin, où elle put demander à celui qui l’ausculta de la sauver. Il la fit transférer à l’hôpital Rothschild en prétextant une imaginaire salpingite aigüe. Une fois là, elle put correspondre avec son responsable Adam Rayski, à qui elle communiqua un rapport sur les circonstances de leur chute.

Un médecin de l’hôpital l’opéra d’une appendicite qui devait lui permettre de bénéficier des semaines de convalescence propices à l’organisation de son évasion. Mais le 18 mai, des policiers allemands vinrent la chercher dans une Citroën noire pour la conduire à Drancy avec une autre détenue, la mère de leur camarade Sam Radzinski. Elle y retrouva ses amis, à l’exception de Krasucki et deux autres qui avaient été transférés à Fresnes, mais qui les rejoignirent peu après en vue de leur déportation. Celle-ci s’opéra depuis la gare du Bourget le 23 juin 1943 par le convoi 55.

Arrivés à Auschwitz-Birkenau deux ou trois jours plus tard, hommes et femmes furent séparés, la majorité gazés immédiatement, mais Krasucki, sa mère, Paulette et plusieurs de leurs camarades, dont Trugnan et Radzinski, furent affectés à des commandos de travail. Dès le début, ils avaient compris le système d’extermination et ne se faisaient pas d’illusion sur leurs chances de survie, d’autant qu’ils étaient eux-mêmes affectés à cette sinistre besogne. Paulette, avec Régine Grimberg, eut aussi à s’occuper d’enfants et nourrissons polonais du camp, dont bien peu survécurent. Elle assista aux pendaisons des quatre filles impliquées dans la révolte du Sonderkommando qui détruisit deux des quatre crématoires en septembre 1944. Elle dut sa survie à la résistance intérieure du camp organisée par le Comité international clandestin, qui assurait une solidarité efficace ; son principal contact y était Marie-Claude Vaillant-Couturier ; elle resta jusqu’au bout aux côtés de Léa Krasucki.

À l’approche de la fin de la guerre, en janvier 1945, elle survécut encore à la « marche de la mort » jusqu’à Ravensbrück. Parquées sans aucune nourriture dans des baraques à Neustadt sur l’Elbe, les rescapées furent prises en charge par les Soviétiques début mai 1945, et par les Américains le lendemain. Beaucoup moururent encore d’avoir avalé trop précipitamment de la nourriture aux cuisines après que des Français d’un camp voisin, qui pourtant les avaient mises en garde, avaient les premiers cisaillé les barbelés qui les enfermaient. Après de longues pérégrinations à travers l’Allemagne dévastée, les survivantes arrivèrent à Lille le 20 mai, y subirent un contrôle sanitaire et d’identité ; on leur remit un manteau et un pécule. Le 22 mai elle était à l’hôtel Lutetia, et le 23 chez ses parents. Ils ne furent que six survivants des 57 qui avaient été arrêtés avec elle.

Le samedi suivant, elle se présenta au local du Parti et des Jeunesses communistes, rue Julien-Lacroix. Elle y découvrit l’existence de l’UJRE (Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide) et sa section de jeunes, l’UJJ, qui allait bientôt se fondre dans la nouvelle UJRF (Union de la jeunesse républicaine de France).

Paulette Sarcey considère qu’elle n’a pas eu trop de difficultés à se réinsérer. Sa famille avait survécu, sa santé n’était pas trop ébranlée, et son moral pas du tout. Elle reprit ses activités militantes, en s’engageant notamment comme permanente dans l’Amicale des anciens déportés juifs de France, créée dès le retour des premiers déportés. Marceau Vilner en était le président ; ils siégeaient dans un ancien local nazi qui leur avait été attribué au 9 rue Guy-Patin, avant une installation plus durable au 120 rue Vieille-du-Temple puis au 14 rue de Paradis. D’emblée, elle s’occupa en particulier des colonies de vacances de la CCE (Commission centrale de l’enfance) de l’UJRE. Elle encadra ainsi la première qui fut organisée pour les petits orphelins juifs rescapés, en juillet 1945.

Dans les années d’immédiat après-guerre, Paulette Szlifke retrouva un camarade d’enfance, Max Swiczarczyk, né et grandi dans le XIXe arrondissement voisin du sien. Son père avait émigré aux États-Unis juste avant la guerre ; sa mère, ses deux frères et lui avaient pu rejoindre la zone Sud. De là, les deux aînés passèrent en Espagne, au Maroc, et après maints tracas parvinrent à rallier Londres où ils s’engagèrent dans les FFL. Après la guerre, grâce à la nationalité américaine acquise par le père, la famille se réunit outre-Atlantique. Max, qui avait été démobilisé en 1946, mena de brillantes études d’économie à New York, qui lui permirent d’occuper des emplois importants dans l’expertise d’entreprises aux quatre coins du monde. Paulette le rejoignit aux États-Unis, ils se marièrent, leur fille y naquit en 1950. Mais la jeune femme ne se faisait pas à la vie américaine, et au bout de trois ans, la famille regagna Paris. Le couple eut encore un garçon, né en 1956.

Après avoir d’abord vécu dans un minuscule taudis du XIe arrondissement, puis dans un beau studio du XXe, Paulette Swiczarczyk et sa famille profitèrent d’un échange pour s’installer en 1959 dans un trois-pièces à Montreuil, dans le quartier excentré de Bel-Air. Elle devait rester attachée à cette ville de solide tradition communiste, profitant en 1968 d’un nouvel échange pour un appartement de quatre pièces proche de la Croix de Chavaux, qu’elle ne devait plus quitter. Cette même année, pour résoudre la difficulté de prononciation de leur nom polonais, Max et Paulette obtinrent le droit de le franciser en Sarcey.

À Montreuil, bien intégrés à la vie locale, les Sarcey restèrent simples militants d’une cellule locale du PCF, mais elle continua à s’investir très activement dans les organisations d’anciens résistants et déportés, multipliant les témoignages et les entretiens. Elle travailla aussi quelques années dans diverses entreprises d’obédience communiste, la Sorice notamment, dont le directeur, Maurice Lubczanski, un autre de ses amis d’enfance, avait résisté et milité comme elle.

Son mari Max Sarcey mourut le 14 juillet 2003, mais Paulette Sarcey, à 90 ans révolus, continue à témoigner avec constance des engagements et épreuves de sa jeunesse. Dans les années 1967-1968, elle s’était vu décerner l’ordre de la Légion d’honneur, la médaille militaire et la croix de guerre avec palmes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175389, notice SARCEY Paulette [née SZLIFKE Paula, épouse SWICZARCZYK, changé en SARCEY ; dénommée Martine par les Brigades spéciales] par Marc Giovaninetti, version mise en ligne le 9 septembre 2015, dernière modification le 14 mai 2016.
 
Lire aussi:

DISPARITION. ROBERT ENDEWELT, COMBATTANT DU PARIS POPULAIRE (L'HUMANITE, 18 octobre 2018)

 

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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 05:33

 

Vous trouverez ci-dessous le courrier que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a fait parvenir à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances.

 

 

Monsieur le Ministre,


La pandémie de Covid-19 plonge notre pays, depuis plusieurs semaines, dans une crise sanitaire, économique et sociale sans précédent. Face à de tels désordres, la mobilisation par l'Etat de moyens financiers exceptionnels s'impose, mais elle doit aussi s'accompagner de solides garanties. Comment imaginer en effet que l'engagement de la nation toute entière puisse profiter, d'une quelconque façon, à ceux qui sapent délibérément, par leurs manœuvres d'évitement fiscal, le pacte républicain ? Ce serait inadmissible pour nos concitoyens, auxquels on promet déjà de devoir payer la facture d'un chaos dont ils ne sont pas responsables.


C'est la raison pour laquelle la simple circulaire, qui recommande de ne pas délivrer d'aides de trésorerie aux entreprises ayant une filiale dans un des pays de la liste française des paradis fiscaux, n'est pas à la hauteur de ces attentes.


Pourquoi cette injonction est-elle insuffisante ? D'abord parce qu'elle ne s'inscrit pas dans un cadre législatif, le seul à même de garantir un contrôle démocratique. Ensuite parce qu’elle ne concerne qu’une partie des aides, report des charges et prêts garantis en particulier, à l'exclusion du chômage partiel. Enfin, parce que la liste française des paradis fiscaux est une sorte de conte pour enfants aux yeux des experts de l'optimisation fiscale. Ainsi, parmi les 12 pays qui aident le plus les entreprises à échapper à l’impôt en France, seuls les Bahamas et les Îles Vierges figurent sur notre liste, tandis que le Luxembourg, l'Irlande, les Bermudes ou Jersey, pour ne citer qu'eux, échappent toujours à nos radars.


Renforcer le contrôle de ces aides publiques exceptionnelles suppose donc d'imaginer de nouvelles mesures, plus contraignantes. C'est pourquoi nous proposons que chaque multinationale qui souhaite bénéficier d’un quelconque soutien de l’Etat publie un reporting public de ses activités dans chaque pays. Elle devra y mentionner à chaque fois le montant du chiffre d’affaires, celui du bénéfice ainsi que le nombre de salariés. Cette procédure offrira ainsi un droit de regard réel du citoyen sur les aides aux entreprises versées par l’Etat.


Ensuite, à défaut de modifier plus profondément la liste française des paradis fiscaux, comme nous le proposons depuis de nombreuses années, il serait logique qu’elle soit au moins, comme le prévoit la loi, alignée sur la liste européenne, qui comprend aujourd’hui les Îles Caïmans.


Enfin, nous demandons d'exclure des aides de l’Etat toute entreprise qui possède une filiale dans un pays dont le taux d'impôt sur les sociétés est inférieur à 20% et qui n’est pas capable de prouver que cette activité présente une substance économique réelle. L'adoption de telles dispositions permettrait, j'en suis convaincu, de renforcer notre cohésion nationale tout en répondant à un impérieux besoin de justice fiscale.


Dans cet esprit, je souhaite également que nous puissions travailler à l'instauration d'un prélèvement à la source des bénéfices des multinationales ayant des filiales dans des paradis fiscaux. Cela se pratique déjà dans certains pays ou régions et nous permettrait de récupérer de précieuses recettes avant qu'elles ne s'envolent indument.


En vous remerciant de l'attention portée à ces propositions et dans l'attente de votre réponse, je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l'assurance de ma haute considération.


Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 05:28

 

La crise sanitaire confirme la nécessité de développer les modes de transports les moins polluants et, à ce titre, d'investir massivement dans le rail en France

 

 

 

Le Covid 19 a ainsi des conséquences encore plus graves dans les agglomérations où la pollution de l'air favorise les maladies respiratoires chroniques.

C'est justement au moment où ce besoin d'investissements dans le rail est plus que jamais nécessaire que la SNCF voit son chiffres d'affaires amputé de 800 millions d'euros sur son activité  « voyageurs » presqu'à l'arrêt avec la pandémie. Or, c'est cette même activité qui doit en partie financer l'activité réseau, dans le cadre de la transformation de l'entreprise en Société anonyme, imposée par l'actuel gouvernement.


L'Etat a aujourd'hui une responsabilité plus grande encore pour financer le réseau, sa modernisation, et le développement de l'activité fret, notamment dans l'activité container et wagon isolé.
Avec seulement 9% de part de marché pour le fret ferré, la France est loin derrière des pays comme les Pays Bas ou encore l'Autriche, dont 30 % du fret passe par le train !

La SNCF a grands défis à relever : organiser et développer les transports des voyageurs en pleine pandémie et augmenter l'activité fret de notre pays.

Autant d'activités qui nécessitent des moyens humains et financiers. Et des investissements publics massifs, à hauteur de 7 milliards d'euros, utiles pour l'emploi comme pour l'environnement.


Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 06:00
Manifestation du Front Populaire à Concarneau

Manifestation du Front Populaire à Concarneau

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère:

88/ René Lijour (1900-1979) et Lucie Lijour née Le Goff(1909-1986)

Lire aussi:

La Résistance et les communistes à Concarneau (à partir des notes et archives de Pierre Le Rose)

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

Né le 25 octobre 1900 à Beuzec-Conq (Finistère), mort le 27 décembre 1979 à Riec-sur-Belon (Finistère) ;  Réné Lijour fut ouvrier aux conserveries, puis sabotier ; militant syndicaliste, militant communiste et résistant.

René Lijour était le fils d’un sabotier et d’une cultivatrice. Il fut ouvrier aux conserveries Bonduelle de Bannalec (Finistère) où il dirigea une grève en 1920. Devenu sabotier, membre de la CGTU puis de la CGT réunifiée, il participa à la fondation de la cellule communiste locale. Devenu membre du comité régional du Parti communiste de 1935 à 1939, il fut secrétaire de la section de Bannalec de 1936 à 1939.
Pendant l’Occupation, il participa à la réorganisation du Parti communiste dans la clandestinité, il appartenait au triangle de direction, avec Eugène Le Bris et Eugène Le Caignec, du secteur de Concarneau (Finistère). Devenu FTP, il fut condamné à mort par contumace en 1942.

Alphonse Duot fils (témoignage repris par Pierre Le Rose): "la section du Parti de Concarneau aidé par les J.C entreprend dès l'arrivée des nazis dans l'été 40 des actions de sabotage. René Lijour paie de sa personne et entraîne les jeunes. Trolez, Y. Le Gall, Ch. Tocquet entre autres participent au déboulonnage des voies ferrées, à la destruction des lignes téléphoniques. Des soldats nazis sont victimes de cette ardeur vengeresse et plus d'un trouvera dans le port une fin prématurée. La nuit est quelquefois trouée d'explosions insolites qui réveillent les Concarnois. C'est la grue de la gare qui saute, ou bien un transformateur ou un poteau supportant la haute tension. Les explosifs sont pris à l'ennemi. Les chantiers sont mis en coupe réglée. Des groupes prennent le titre de "terroristes patriotes". En septembre et octobre 42, une trentaine de membres du groupe commandé par René Lijour sur Concarneau sont arrêtés.

Après, courant 42:  Tollec Fanch. Interné Rennes. Libéré; Touchard Fanch. Interné Rennes. Libéré; Kerledou André. Interné Rennes. Libéré; Louarn Victor. Déporté; Jourden Esprit. Mort en déportation; Berthou Joseph. Fusillé à Thouars; Carduner. Mort à Dachau; Daoudal. Fusillé au Mont-Valérien (le dépôt d'armes des T.P se trouvait chez ce camarade); Le Lay Alain. mort à Auschwitz - Le 25 septembre 1942, sont arrêtés les résistants communistes de la région de Concarneau: Serre Jacques; Le Caignec Eugène père; Touchard Fanch; Kerledou André fils; Dréano Joseph; Rioual Arthur; Guiffant Louis; Loch Mathias; Rossignol Jean - Puis le 27 septembre:

Le Bris Eugène fusillé (affaire Le Bras, juge de Nantes); Lijour Lucile, déportée; Breton Françoise déportée; Bodéré Marie-Jeanne internée; Baudry (agent de liaison) fusillé au Mont-Valérien; Huon frères internés; Thomas Yves: déporté. Et Fin septembre: Tocquet Charles. interné; Louarn Théo. Mort en déportation; Trichard Yves. Tué au combat ; Le Gall Yves. Mort en déportation; Le Gall Joseph. Interné; Péron Louis. Interné

Dolliou Charles. Interné; Trolez Jean. Déporté; Bourbigot Jean. Déporté.

C'était un coup très dur porté à la Résistance. René Lijour avait réussi à s'échapper et à disparaître dans la nature et quelques camarades avaient passé entre les mailles du filet, mais l'organisation était détruite.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés fut créée et alimentée par des dons en argent et en espèce. La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot, qui avait déjà servi d'agent de liaison avant la rafle de septembre 1942. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération. Il y a chez ceux qui sont en liberté la volonté de poursuivre le combat de leurs frères arrêtés, déportés, abattus, torturés, exécutés. Il y a la volonté de la population d'exprimer son hostilité au nazisme, il y a la confiance née des premiers revers de l'armée nazie. Stalingrad, de Novembre 42 à février 43, stimule la combativité des français. 

En septembre 1943, quelques jeunes concarnois, en contact avec les étudiants de l'Ecole Primaire Supérieure (E.P.S) de Quimperlé, constituent le premier groupe de F.T.P, rattaché à la "compagnie Sous-Marin Curie". 

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français).

Du coup les choses prirent une autre tournure. Les conseils de René Lijour et ses indications permirent d'envisager la reprise du combat armé. Mais il fallait élargir le combat à d'autres que les communistes et pour cela créer le Front National et sa force militaire les F.T.P.F. René Lijour, Pierre Le Rose, Robert Jan, Alphonse Duot fils, Louis Trichard s'y emploient. Alphonse Duot fils et Pierre Le Rose créent un groupe de Jeunesse communiste. Il commença sans tarder et tracts et journaux sortirent de notre presse clandestine, une simple pierre humide (ils insistaient sur les problèmes de ravitaillement de la population).  De là devait sortir le journal "L'étincelle" appelant la population à renforcer et soutenir la Résistance.

L'étincelle: journal de la Résistance communiste de Concarneau, Mai 1944- Juin 1944: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose


René Lijour s’était marié à Riec-sur-Belon (Finistère) le 27 octobre 1925 avec Marie-Joséphine, dite Lucie, Le Goff, née le 27 octobre 1909 à Riec-sur-Belon, arrêtée en septembre 1942 et déportée à Ravensbrück.

Site Mémoire de guerre sur les déportés du Finistère:

LIJOUR née LE GOFF Lucie, née le 6 octobre 1909 à Riec-sur-Belon (29). Commerçante, domiciliée 24 avenue de la Gare à Concarneau, épouse de l'un des chefs du parti communiste à Concarneau, réputée "propagandiste active des idées subversives, au courant des faits et geste". Arrêtée le 27 septembre 1942, elle est écrouée à Quimper. Elle est déportée de Paris, gare de l’Est, le 13 mai 1944 vers le KL Ravensbrück. Autre lieu de déportation:  Zwodau . Rescapée.


Lucie Lijour fut conseillère municipale communiste de Concarneau de 1945 à 1953. Elle est décédée à Riec-sur-Belon en décembre 1986.

Lire aussi:

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1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 84/ Marc Scouarnec (1894-1968)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 83/ Germain Bournot (1915-2007)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 82/ Michel Nédelec (1940-2009)

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1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 80/ Théophile Kerdraon ( 1891-1984)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 79/ André Guéziec (1922-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 78/ Jean Kérautret (1918-1942) et Vincent Guivarc'h (1918-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 77/ Emile Le Page (1922-1942) et Pierre Jolivet (1921-1942)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 76/ Louise Tymen (1925-2015)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 75/ Yves Giloux (1921-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 74/ André Garrec (1922-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 73/ Frantz Boucher (1924-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 72/ François Echardour (1925-1988)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 71/ Marie Le Manchec (1914-1999)

100 ans d'engagements communistes en Finistère: 70/ Charles Moigne (1894-date de décès inconnue)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 69/ Jean Le Tréis (1884-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 68/ François Tanguy (1925-1987)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes: 67/ François Tournevache (1919-1993)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 66/ Jos Quiniou (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 65/ François Gaonac'h (1901-1978)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 64/ Paul Lespagnol (1949-2003)

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1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 62/ Le docteur Tran

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 61/ Jean-Marie Plonéis (1934-2018)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 60/ Guillaume Bodéré

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 56/ Pierre Cauzien (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 55/ Albert Jaouen (1909-1976)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 52/ Yves Le Meur (1924-1981)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 05:47

 

Laurent Ziegelmeyer est élu du personnel du Groupe Sanofi

La pandémie de Covid-19 révèle les besoins en termes de collaboration internationale dans le secteur du médicament. Malgré l’existence de géants pharmaceutiques nationaux, l’industrie pharmaceutique française ne prend clairement pas sa part dans la mise en commun internationale des moyens techniques et humains permettant de répondre aux besoins de toutes les populations.

 

La rentabilité avant tout

La gestion par la rentabilité est assassine pour les pays du Sud, également néfaste pour les travailleurs et travailleuses du Nord. Pendant des années, on a considéré ici ou là que l’industrie pharmaceutiques avait surtout des effets négatifs pour les malades de pays pauvres. Les effets de cette politique pour les populations du « Sud » sont effectivement édifiants : Les médicaments sont trop chers, handicapant lourdement toute politique de santé publique. Les maladies « non-rentables » sont négligées. Seul 1 % des 1 393 molécules sorties entre 1975 et 1999 concernait les maladies spécifiques de ces pays. Certains traitement ont devenus tellement anciens que des résistances se sont développées et u’ils sont devenus inefficaces.

Il est d’ailleurs légitime de se poser la question suivante : si le Covid-19 n’avait touché que les pays pauvres, y aurait-il autant d’essais lancés dans le monde pour trouver un traitement ? On peut en douter.

La crise sanitaire liée au coronavirus démontre – si on devait encore le faire – que dans les pays riches aussi, la politique de ces groupes a un impact très fort. Cette mainmise du privé pose aussi de nombreuses questions dans les pays du « Nord ». Quel accès aux médicaments pour les populations les plus pauvres en constante augmentation ? Comment sont fixés les prix de ces médicaments et leur implication dans le financement de la protection sociale ? Comment un gouvernement peut-il élaborer une ambitieuse politique de santé si l’industrie pharmaceutique va à son encontre ?

La pandémie montre bien qu’il est temps de remettre sur la table des propositions sur l’industrie pharmaceutique. Tout d’abord, faisons la différence entre les dirigeants de ces grands groupes qui comme leurs actionnaires se gavent (le terme est faible) et les salarié·e·s qui, d’abord et avant tout, veulent contribuer à améliorer la santé ! Cette crise montre bien que le médicament, le vaccin ne sont pas des produits comme les autres. Dans cette période, on peut arrêter de fabriquer des « Playmobils », pas des médicaments !

En plus de toutes celles et ceux en première ligne contre le virus, il y a les salarié·e·s de l’industrie pharmaceutique qui travaillent sur le Covid-19, mais continuent aussi à produire les autres médicaments, car toutes les autres maladies n’ont pas arrêté de sévir !

Cette crise montre bien que les seuls intérêts privés ne peuvent régler la situation, que la puissance publique doit jouer un rôle car la question c’est la coopération pour combattre ce virus, et non la compétition. Il ne s’agit pas d’imposer aux laboratoires de faire l’aumône mais bien de donner à chaque humain le droit à la santé. Cela repose les questions du médicaments : pour qui, pour quoi faire, avec quelle industrie pharmaceutique ?

Prenons un exemple de la gestion aujourd’hui : l’usine Famar en région Lyonnaise, seule à produire de la chloroquine est en redressement judiciaire ! Faisons aussi un peu d’histoire : en 2003, Aventis, descendant direct de Rhône Poulenc et Roussel Uclaff, a vendu ce site à l’entreprise grecque Famar. Cette entreprise, prise dans d’énormes difficultés, a été reprise par le fonds américain KKR. KKR a placé cette usine en redressement judiciaire et les 11 autres usines de Famar sont en cours de vente à la découpe.

On pourrait aussi évoquer le nombre de principes actifs produits en Chine et en Inde aujourd’hui, comme la paracétamol, mettant en danger notre souveraineté sanitaire.

Enfin, sur la recherche, Sanofi a décidé de fermer le centre d’Alfortville il y a un an. Malgré la pandémie, le plan continue d’être mis en œuvre. Rien que dans ce groupe, les effectifs de recherche en France ont fondu de moitié en 10 ans ! Ces différents exemples montrent bien que dans ce domaine, on ne peut pas faire confiance au privé. Alors oui, un pôle public de recherche et de production pharmaceutique est indispensable dans notre pays. « Impossible ! » vont hurler les libéraux et les patrons de cette industrie. Ils ont la mémoire courte.

 

L’expérience des nationalisations

Les nationalisations des années 1980 ont conduit à un changement de propriétaire mais logique est resté identique

Prenons Sanofi, dont les origines généalogiques sont principalement partagées en trois :

- Rhône Poulenc, nationalisée au début des années 1980, ce qui a sauvé l'entreprise

- Roussel Uclaff, où l'Etat a eu jusqu'à 40% du capital

- Enfin Sanofi, filiale pharmaceutique du pétrolier Elf, qui était une entreprise publique

C’est donc bien l’argent public qui a permis la constitution de ce groupe. Un pôle public pharmaceutique est possible, indispensable et nécessaire, mais avec une gestion qui à la différence des années 1980 devra prendre en compte l'avis des salarié·e·s et les besoins de santé ici et ailleurs !

Nous venons de le voir, en France dans les années 1980, nous avons connu une nationalisation d’une partie de l’industrie pharmaceutique. Cela n’a pas empêché des scandales comme l’Oltipraz, traitement contre la bilharziose découvert chez Rhône-Poulenc, mais jamais produit. Cela n’a pas permis non plus la constitution d’un grand pôle pharmaceutique permettant de répondre aux besoins de la population. En fait, c’était une entreprise « publique », mais gérée selon les critères de rentabilité du privé. La nationalisation avait permis de sauver Rhône-Poulenc, mais jamais il n’y eut la moindre réflexion sur un autre type de gestion.

 

Utiliser le pôle public de recherche, de production et de distribution

Un tel pôle serait utile pour imposer une autre gestion démocratique et fondée sur les besoins des populations.

Il s’agit tout d’abord de débattre de la notion de propriété intellectuelle et de son appropriation. Les brevets dans le domaine de la santé ne sont qu’une confiscation pour des intérêts lucratifs. On peut d’ores et déjà évoquer quelques caractéristiques à transformer d’urgence : la durée excessive des brevets, leur « systématicité » quel que soit le médicament, leur application identique au « Nord » et au « Sud »...

 

Le médicament n’est pas un produit comme les autres.

Il faut considérer le médicament comme partie intégrante de la politique de santé, comme un bien public, au même titre que l’eau, l’énergie... La recherche, la production et la distribution pharmaceutique ne doivent donc pas être régies comme aujourd’hui, sous le contrôle exclusif de quelques grands groupes privés. Il apparaît clairement la nécessité d’un réel contrôle public. Cela ne veut pas dire automatiquement nationalisation.

Ce contrôle public peut s’articuler autour d’une intervention sur la demande, d’une véritable transparence sur le médicament, d’une réelle politique du prix, et enfin de la place que doit occuper la puissance publique.

Tout d’abord, on peut évoquer la mise en place d’un véritable conseil du médicament, indépendant des industriels, qui puisse établir des priorités, en lien avec les ONG et les associations de malades. Les conclusions de ce conseil devraient servir d’orientations tant à la recherche publique, qu’à l’industrie privée.

Comment ? Les aides publiques seraient soumises à ces orientations, et on peut imaginer également l’obligation pour les trusts d’utiliser une partie de leurs bénéfices à des recherches et des productions utiles et indispensables. Aujourd’hui si on prend Sanofi, d’un côté la moitié des bénéfices sont versés aux actionnaires, et de l’autre ils touchent depuis des années près de 150 millions d’aides publiques, comme le crédit impôt recherche, sans obligation. Ils ont quand même supprimé 3 000 postes de chercheurs en 10 ans en France. Le dernier plan est en cours, avec la fermeture du site d’Alfortville !

D’autres pistes peuvent être évoquées : fonds alimenté par une taxe sur ces bénéfices, fonds de soutien à la recherche publique et à des initiatives de solidarité internationale. On pourrait imaginer aussi un dispositif utilisant le fonds évoqué (ou d’autres ressources) pour assurer un financement à des programmes dans le cadre des priorités du conseil avec comme condition l’absence de brevet, faisant de ces molécules des biens publics. Réfléchissons également à un mécanisme permettant que des molécules efficaces mais abandonnées ne restent pas dans les tiroirs des laboratoires. Ces produits sont souvent brevetés, il est temps de réveiller ces brevets dormants !

On peut penser enfin à la réquisition on des unités de fabrication on qui ne sont pas utilisées afin de produire les médicaments faisant défaut aujourd'hui. Reprenons l’exemple de l’usine Famar à côté de Lyon. Le terme de réquisition peut faire "peur", mais est-il plus effrayant que cette logique actuelle de l'industrie, faite de mépris pour les malades du « Sud » et de destruction de l'emploi au «Nord» ?

On le sait, le privé de toute façon ne voudra pas travailler sur tout. Se pose donc clairement la constitution d’un pôle public du médicament !

La constitution d’un grand pôle public de recherche et de production pharmaceutique est nécessaire, mais avec un mode de gestion qui ne soit pas calqué sur le privé, pôle public géré par les chercheurs, les salariés, impliquant les syndicats, les associations de malades, les ONG, dans le cadre du débat démocratique. Ce pôle public serait ouvert sur les collaborations internationales notamment avec le Sud (le transfert technologique étant, pour moi, l’avenir dans ces pays), ouvert également aux collaborations public/privé, mais sur une base d’égalité et non pas dans un cadre de domination du privé, comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui.

Il est temps de sortir le médicament, ce bien public, de la logique capitaliste !

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 05:33
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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 15:42
Hubert Wulfranc, un des trois députés communistes de Seine-Maritime avec Sébastien Jumel et Jean-Paul Lecoq (photo Assemblée Nationale)

Hubert Wulfranc, un des trois députés communistes de Seine-Maritime avec Sébastien Jumel et Jean-Paul Lecoq (photo Assemblée Nationale)

INTERVIEW. Ce député de Seine-Maritime propose d’augmenter le SMIC à 1 300 euros dès juillet

Hubert Wulfranc, député de Seine-Maritime, fait une proposition de loi pour un SMIC à 1 300 euros dès juillet 2020 pour relancer le pouvoir d'achat des Français après la crise.

Publié le 2 Mai

Pour Hubert Wulfranc, député de Seine-Maritime, augmenter le Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) de 8,5 %, soit passer de 1 196 euros net à 1 300 euros dès le 1er juillet 2020, est une solution pour endiguer la crise économique qui se profile après la crise sanitaire du Covid-19.

Encarté au Parti communiste français, le député a fait une proposition de loi en ce sens avec son groupe à l’Assemblée nationale. Explications.

76actu : Face aux discours alarmiste des entreprises, proposer une augmentation du SMIC peut paraître contradictoire. Qu’en dites-vous ?
Hubert Wulfranc : J’ai bien conscience de cet argument. Et pourtant, une augmentation du SMIC à 1 300 euros, alors que la consommation a baissé de 30 % pendant le confinement, pourrait être une contribution majeure à la reprise économique en redonnant du pouvoir d’achat aux Français et en relançant la consommation. C’est un véritable enjeu de redressement du pouvoir d’achat des salariés.

« Ce serait juste socialement et efficace économiquement »

Pensez-vous vraiment que les entreprises ont les moyens de payer un SMIC à 1 300 euros ?
L’effort considérable des pouvoirs publics pour permettre aux entreprises de redémarrer dans des délais convenables ne doit pas mettre de côté les salariés.

Par rapport à la situation, notre proposition ne nous paraît pas inconcevable, bien au contraire. Passer de 10,15 euros de l’heure à 11 euros nous apparaît juste socialement et efficace économiquement. On ne peut pas applaudir ces soignants, ces caissières, ces agents d’entretien… tous les soirs à nos fenêtres sans leur mettre un peu de bifteck dans l’assiette. Ce ne serait pas sérieux.

Tous ces gens qui ont tenu le pays pendant la crise sont ceux qui sont les plus mal payés. On entend parler de primes ici et là mais ce ne sera pas pour tout le monde. Alors, pour nous, augmenter un peu le SMIC, c’est la meilleure solution.

Justement, pour le Parti communiste, augmenter de SMIC de 1 300 euros, c’est plus faible que ce que vous demandez d’habitude. Pourquoi ?
Oui, effectivement, notre proposition cadre est un SMIC à 1 500 euros. Le SMIC n’a pas été réellement augmenté depuis 2006. Il y a eu une petite bricole en 2012, mais c’est tout. 

Mais dans le contexte actuel, nous avons décidé de faire une proposition adaptée à la situation, qui est possible de mettre en place dès maintenant. On espère que notre proposition sera discutée courant mai 2020.

https://actu.fr/politique/interview-ce-depute-seine-maritime-propose-daugmenter-smic-1-300-euros-juillet_33346642.html?fbclid=IwAR2HjArgqSp01xdVHulIlv3dSlZRo9MnZiFqP5bcWJtLlhXR7y5d2opBnMQ

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 15:34
Interview de Marie-Georges Buffet dans Ouest-France, 3 mai - Par Yannick Le Coquil: le monde du sport devra changer
Marie-Georges Buffet : « Le monde du sport devra changer… »

Ministre de la Jeunesse et des Sports de juin 1997 à mai 2002, aujourd’hui députée de la Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet livre son sentiment sur la situation actuelle.

Que vous inspire la situation actuelle, pour le monde du sport ?

Je pense surtout à ces clubs amateurs qui, en avril, en mai, en juin, n’ont pas pu ou ne pourront pas entreprendre les initiatives qui leur permettaient de faire entrer de l’argent dans les caisses. Comme les tournois par exemple. Ils vont se trouver en difficulté extrême. Je vais donc demander, et je ne serai pas la seule en tant que députée, un fonds spécial de la part de l’État. On me dit aussi que certaines familles réclameraient le remboursement du dernier trimestre des cotisations. Cela mettrait encore en difficulté ces clubs. C’est pour cela qu’il est essentiel que l’État, à travers le ministère des Sports, fasse un geste important pour aider ces clubs amateurs.

Et pour évoquer plus spécifiquement le football, qu’en est-il de la Ligue 1 et la Ligue 2 ?

Je pense d’abord aux clubs de National, qui sont certainement au niveau financier les plus en péril. On me dit même que certains refuseraient une montée pour ne pas prendre de risques. Quant aux clubs pros de Ligue 1, voire de Ligue 2, on a déjà alerté il y a plusieurs années que leur situation est trop dépendante des droits de retransmissions. Là, on le voit bien. Quand les diffuseurs menacent de ne pas payer… Cette crise touche directement le cœur du problème. Leur équilibre financier repose énormément sur ces droits, et donc leur potentiel quant aux transferts. On va donc avoir dans le foot, mais aussi dans d’autres sports, une élite professionnelle qui va se trouver fragilisée. C’est le moment pour ces ligues professionnelles de repenser leur modèle économique.

Dans quel sens ?

Comme cela peut être le cas dans d’autres pays, ouvrir un peu plus à une participation plus large, plus populaire, avec les acteurs sociaux notamment. Travailler peut-être plus le rapport avec le public, créer des animations autour des événements qui permettent d’avoir des activités financières en lien avec la venue du public. Il est aussi peut-être temps d’assagir ces budgets en instituant des salaires maximum. Et en repensant la question des transferts. Mécaniquement, les droits télés vont baisser. Il faudra alors bien que les clubs revoient leur système de salaires et de transferts.

Quid de la taxe sur les paris sportifs, sur les droits télé… dite taxe « Buffet » (1) ?

Tout cela va extrêmement baisser dans la mesure où les médias refusent de payer les droits, que les paris sont à l’arrêt. Il ne faudrait pas que ces taxes qui étaient dédiées au sport amateur soient diminuées. Il faut que l’État assure au minimum le même montant que cette année, sinon ça sera une catastrophe.

Que vous inspire l’idée d’une Ligue fermée, notamment évoquée par Michel Seydoux, l’ancien président de Lille ?

Si on tombe dans le modèle anglo-saxon des ligues fermées, cela signifie que le sport professionnel va quitter le giron fédéral, avec les toutes conséquences que cela induira. On aura une NBA bis dans le foot, voire dans le rugby, ou autres ? Quid du développement du sport amateur dans ces disciplines ? Comment fait-on une vraie mutualisation des moyens dans le sport parce que si les Ligues professionnelles sortent et font leurs Ligues privées dans certains sports, ça veut dire qu’on l’arrête purement et simplement l’aide vers les pratiques du niveau amateur. C’est extrêmement dangereux.

Cela peut-il amener à une vraie fracture entre ces deux mondes ?

Exactement. On a la chance en France d’avoir le sport professionnel qui est toujours inscrit dans le giron fédéral. Ce qui permet à la fois un contrôle éthique dans le sport en général, le respect des codes, des règles, et aussi je le redis la mutualisation. C’était le but de la taxe que j’avais instituée. Ça avait fait hurler à l’époque, mais elle existe et elle permet de financer le sport amateur. On devrait même aller plus loin aujourd’hui. Faire en sorte que le sport professionnel aide encore plus le sport amateur. Si on sort les Ligues du giron amateur, ça ne peut qu’être très négatif.

Que pensez-vous du report du Tour ce France fin août ?

Même s’il est retardé, je suis d’abord très heureuse que le Tour de France puisse avoir lieu. Je pense qu’il y aura quand même du monde. Ça sera un moment fort pour indiquer que l’on veut vivre, et revivre. Que toute activité peut enfin reprendre.

Celle du report des Jeux olympiques en 2021 est-elle une décision logique selon vous ?

J’ai surtout trouvé qu’elle était tardive. Heureusement qu’ils ont pris cette décision. Parce qu’il y aurait eu un problème d’équité. Tous les pays n’ont pas vécu la pandémie au même moment. La préparation des athlètes aurait été inégale. Ensuite il faut s’imaginer les athlètes dans une situation aussi difficile et angoissante, leur préparation en aurait forcément été grandement altérée. Je pense donc que c’est une décision de sagesse que d’avoir ainsi reporté les Jeux d’un an. Cela permet d’espérer être alors clairement sorti de la pandémie. Tous les athlètes pourront alors être vraiment prêts.

Cette crise peut-elle amener à plus de sobriété ?

Elle devrait le faire, dans le domaine du sport professionnel, oui ! On constate bien l’extrême fragilité du modèle actuel. J’ai entendu plusieurs dirigeants de clubs en parler, ce que je dis est partagé par d’autres. Il faut que l’on ait une vraie réflexion en ce sens. Le ministère des Sports devrait sans doute prendre en charge cette réflexion avec les ligues professionnelles et les fédérations. Quel modèle du sport professionnel adopter dans les années à venir ? Quels objectifs doit-il se fixer dès aujourd’hui ?

Le « sport spectacle » a engendré des dérives, comme le dopage par exemple ? En 1998, alors que vous veniez d’être nommée au ministère, il y avait notamment eu l’affaire Festina…

Oui, mais il faut surtout parler de marchandisation extrême du sport. Que le sport soit un spectacle, ça n’est pas un défaut, bien au contraire. On a plaisir à voir un spectacle sportif, parce que c’est beau. L’effort, le dépassement de soi… Non vraiment, ce n’est la question du spectacle sportif, mais celle de la marchandisation extrême qu’il faut se poser. Je pense en effet que, quelque part, la crise en montre les limites. Elle doit être complètement revisitée.

Cela implique-t-il aussi la tenue de compétitions internationales de moindre envergure ?

Je pense qu’il y avait déjà eu un premier tournant, pour que les événements sportifs soient moins ambitieux, et surtout prennent davantage en compte le développement durable, notamment au niveau des déplacements. Cela commençait à se poser dans les appels d’offres faits par les fédérations internationales et par le CIO (comité international olympique). Je pense qu’il faut vraiment activer cela. J’ai envie de dire qu’il faut peut-être arrêter le jeu pervers entre les fédérations internationales, le CIO et les États. Parce que tant que certains États seront prêts à tout pour obtenir l’organisation d’un événement sportif, même s’il y en a de moins en moins, le mouvement international sportif n’a pas trop à se gêner sur les conditions, les critères, les obligations… Bien souvent, des États autoritaires se servent du sport pour des raisons géopolitiques.

Les grands événements doivent donc perdurer ainsi ?

Il faut bien sûr maintenir les grandes compétitions car c’est aussi la rencontre d’hommes et de femmes venus de la terre entière. Mais il faudrait créer une agence internationale en charge d’arbitrer de façon saine l’attribution des grands événements sportifs. Que cela évite ce que l’on a connu, comme les dessous-de-table, les pressions politiques. Comme l’agence mondiale antidopage, elle pourrait être placée sur l’égide de l’Unesco afin d’assainir l’organisation des grands événements sportifs.

Un meilleur équilibre entre pros et amateurs, sports majeurs et plus confidentiels, cela vous paraît-il utopiste ?

Il faut évidemment pousser dans ce sens. On est dans les discours entre sport santé, sport lien social… Mais moi j’ai envie de dire : le sport tout court. Le plaisir du sport. Il faut aussi prendre en compte que les ressources publiques, que ce soit au niveau des collectivités territoriales ou de l’État, ne cessent de se rétrécir. Il faut donc créer, à l’intérieur même du mouvement sportif, une plus grande solidarité. Et j’ai envie de dire envers les pratiques amateurs, mais aussi celles qui n’ont pas de grande visibilité médiatique.

En tant qu’ancienne ministre des Sports, et même avant les derniers événements, le sport vous faisait-il autant vibrer ?

(Souffle)… D’abord le sport en France reste encore l’affaire des bénévoles, c’est déjà un bon point. Dans beaucoup de ses pratiques, dans beaucoup de ses niveaux. Il existe encore des présidentes et présidents de fédé qui sont issus d’un parcours amateur. Je trouve que c’est une richesse. Il y a aussi beaucoup d’athlètes qui sont des citoyennes, des citoyens, qui prennent la parole sur des sujets divers. Il y a aussi tous ces mômes qui continuent à jouer… Et puis il y a les grandes compétitions, avec la recherche des records et de la victoire. Oui bien sûr, il y a des dérives. Mais celles que l’on connaît dans le sport, ce sont celles que l’on connaît aussi dans la société. Quand on triche dans le sport, c’est que l’on triche aussi dans la vie. Quand on est prêt à marcher sur son voisin ou son collègue pour obtenir quelque chose, dans le sport on peut imaginer que… En luttant dans les dérives dans le sport, on cherche aussi à améliorer la société. Peut-être que je suis utopiste, mais je pense que le sport peut encore apporter de vraies valeurs.

Cette crise va-t-elle fondamentalement changer la face du sport ?

Pas spontanément. J’entends bien les discours sur l’après. Il faudra ceci, il faudra cela… Oui en effet il faudra des choses dans la pratique sportive, notamment comme je l’ai dit dans la marchandisation. Encore faut-il qu’il y ait la volonté humaine. La crise passée, les nouvelles habitudes peuvent reprendre, dans tous les domaines de la société. S’il n’y a pas une vraie prise de conscience et une réelle volonté politique de se dire on arrête, on se met autour de la table, on discute, on élabore un nouveau projet. Sinon on retombera inévitablement dans les mêmes travers.

(1) La taxe Buffet, inscrite dans la loi de finances de décembre 1999, institue une contribution prélevée sur les cessions de droits de diffusion télévisuelle des compétitions sportives. Elle impose aux organisateurs de compétitions diffusées en France de reverser au Centre national pour le développement du sport 5 % du montant des droits TV perçus, afin de soutenir l’ensemble de la filière sportive.

 

Interview de Marie-Georges Buffet dans Ouest-France, 3 mai - Par Yannick Le Coquil: le monde du sport devra changer
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