Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 06:38

 

 

300 euros d'augmentation pour toutes et tous
100 000 emplois dans les hôpitaux et 100 000 dans les Ehpad


Alors que le gouvernement Macron, ses ministres et experts en tout genre, ont fait preuve de non anticipation, d’incurie et de gestion calamiteuse de la grave crise sanitaire qui percute notre pays et sa population, les personnels soignants, médicaux et non médicaux des hôpitaux, des Ehpad et des soins ambulatoires, ont fait face avec responsabilité, compétences et créativité. Sans protection, sans matériels voire médicaments, elles et ils ont pris les affaires en main, notamment en multipliant les lits de réanimation par deux, alors même que notre système hospitalier, affaibli, déstructuré, manquant de tout depuis de nombreuses années n’était pas le mieux préparé à accueillir des milliers de malades de ce virus inconnu jusqu’alors.


Pendant des mois elles et ils n’ont eu de cesse de manifester, réclamer haut et fort des lits, des emplois, une reconnaissance salariale. Le PCF les a entendu·e·s avec un premier plan d’urgence et un projet de loi déposé par ses parlementaires, en novembre 2019.


Face au silence assourdissant du gouvernement, ils et elles n’ont pas cessé leurs actions jusqu’à la démission de 1 200 responsables médicaux de leurs fonctions administratives.


En novembre 2019, le Premier ministre présente en grande pompe avec A. Buzyn, son « plan urgence hôpital » qui ressemble à une habituelle entreprise de communication : comme nous le demandions au début de l’année, le gouvernement s’engage à verser l’intégralité des sommes mises en réserve, soit 400 millions. Il débloquera 260 millions au début de la crise du Covid-19. Il donne « un coup de pouce » à l’Ondam, soit 300 millions pour 2020. Il concède des primes annuelles selon « l’engagement et l’investissement des personnels », et prévoit de reprendre un tiers de la dette globale des hôpitaux sur trois ans, soit 10 milliards.


Cela ne fait pas le compte ! D’autres choix sont possibles et urgents : l’argent existe !

L’ARGENT POUR L’HÔPITAL, PAS POUR LE CAPITAL !


Cette exigence, reprise par de plus en plus de voix parmi les personnels et la population, entre en résonance avec l’engagement de Macron, le 13 mars dernier, de mettre en place « un vaste plan d’investissement et de revalorisation des carrières » pour l’hôpital. « En même temps », il commandait une note à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui préconisait de favoriser le secteur privé et la e-santé !!

 

Sur le terrain, la mise en oeuvre de la loi « ma santé 2022 » se poursuit en pleine crise du Covid-19 : les plans de suppressions de lits et d’emplois, l’opportunité de fermer des services réaffectés provisoirement aux malades du virus, des services d’urgence, de chirurgie, des maternités, des services psychiatriques. Une nouvelle prime de 1 500 euros fait hoqueter de
colère les soignants « au front » !


Maintenant et pas le « jour d’après », la démocratie doit s’imposer à tous les niveaux. Les hospitalier·e·s, les élu·e·s dans les villes, les associations, seul·e·s ont fait acte de responsabilité, de prises d’initiatives et de compétences pour faire face au désastre sanitaire. ENSEMBLE, elles et ils sont seul·e·s qualifié·e·s pour faire des propositions à la hauteur des besoins et de l’intérêt général.


Les plans régionaux de santé sont disqualifiés : ils doivent être remis à plat et élaborés démocratiquement, à partir de la réalité d’aujourd’hui, dans toutes les régions et les bassins de vie.


Le gouvernement vient de faire adopter une loi de finance rectificative de 110 milliards d’euros, à seul effet de relancer la « machine infernale » de la croissance financière.

Au plan européen, 1 000 milliards sont prévus par la BCE pour soutenir la valeur des titres boursiers.


Les premiers enseignements de la crise sanitaire, avant le déconfinement qui n’a pas d’autre objectif que de remettre tout le monde au travail, nous imposent de créer les conditions du « plus jamais ça ! ».

Des mesures doivent être prises dès ce déconfinement

A/ Création d’emplois et de formations


• Un plan de création de 100 000 emplois et de titularisation de tou·te·s les contractuel·le·s dans les hôpitaux.


• Un plan de création de 100 000 emplois dès cette année dans les Ehpad pour aller vers un·e salarié·e pour un·e résident·e, soit 300 000 postes à créer en 3 ans.
• Une augmentation de 65 points d'indice pour la fonction publique, pour un équivalent de 300 € net à l'indice moyen. Au-delà et dans le même temps, il est indispensable de réaliser une refonte des grilles indiciaires pour que celles et ceux qui sont sur « la brèche » voient leur rémunération enfin réévaluée en compensation de leur place indispensable dans la société...
• Une augmentation de tous les quotas de formation pour cette rentrée 2020 et un recrutement de 12 000 étudiant·e·s en médecine par an, dès cette année.
• Reconstitution des équipes soignantes, en préservant conditions de travail, de sécurité et de qualité des soins, sur la base d’une collaboration au sein des services et le pouvoir décisionnel des instances représentatives.


B/ Moratoire


• Un moratoire sur toutes les fermetures et restructurations au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT).
• Réinstallation des lits réquisitionnés pour le Covid-19 à leur finalité d’origine et des personnels afférant.
• Maintien des unités de réanimation créées et répartition selon les besoins des territoires.
• Ce moratoire doit permettre une élaboration démocratique de l’évaluation des besoins et des projets médicaux entre organisations syndicales, élu·e·s, et associations citoyennes d’usager·e·s.


C/ Desserrement de la contrainte financière


• Il faut en finir avec les « plans de retour à l’équilibre financier » (PREF), et avec la dette des hôpitaux.
• Reprise de la totalité des 30 milliards de dette hospitalière par la CDC et refinancée auprès de la Banque centrale européenne.

D/ Investissements


La pénurie de masques, de protections, d’appareils respiratoires, voire de seringues révèlent la situation tendue des hôpitaux, aussi bien pour les achats que les investissements courants.


• Reconstitution des réserves hospitalières sous l’autorité des équipes soignantes.
• Par ailleurs, la crise sanitaire a montré l’exigence de reconstituer des filières industrielles pour préserver l’accès en toute autonomie à des biens de santé aussi essentiels que des masques et des appareils respiratoires.
• Evaluation, avec les professionnel·le·s des différentes disciplines médicales, des besoins de production et de contrôle nécessaires au bon fonctionnement de notre système de santé.


E/ Engager la création d’un pôle public du médicament


En lien avec les recherches engagées autour des traitements et du vaccin du Covid-19, il y a urgence à les soustraire à la loi du profit.


Conjointement aux ressources publiques nécessaires (et non pas par des dons des entreprises du CAC 40 !) pour relancer la recherche des CHU, la situation sanitaire d’aujourd’hui et de demain rend indispensable la maîtrise publique et collective de la production et de la distribution des traitements et vaccin utiles à l’éradication du virus. Des choix politiques s’imposent pour engager la création d’un pôle public du médicament au service d’une politique de santé publique.


• Dans l’immédiat, renégociation du prix des médicaments achetés par les pharmacies centrales hospitalières.


Ces premières propositions, imposées par la nouvelle situation sanitaire et pour faire face à l’ensemble des besoins de santé de la population clairement affaiblie, doivent faire l’objet d’un PLFSS 2020 rectificatif et d’un nouveau débat de la loi de finance rectificative portant les besoins de l’économie à 110 milliards d’euros.

Déblocage immédiat de 10 milliards pour les hôpitaux, les Ehpad !

Partager cet article
Repost0
14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 05:26

 

Le confinement obligé a été le révélateur frappant d’aspects négatifs de nos sociétés sur la préservation de la planète et des écosystèmes. L’obligation de remiser nos voitures au garage a fait fortement baisser les émissions de CO2 ainsi que la pollution de l’air. Même conséquences écologiques pour la forte réduction de l’activité industrielle.

 

 

Le confinement obligé a été le révélateur frappant d’aspects négatifs de nos sociétés sur la préservation de la planète et des écosystèmes. L’obligation de remiser nos voitures au garage a fait fortement baisser les émissions de CO2 ainsi que la pollution de l’air. Même conséquences écologiques pour la forte réduction de l’activité industrielle.

C’est une bonne nouvelle pour la lutte contre le réchauffement climatique. L’amélioration de la qualité de l’air est aussi une bonne nouvelle pour la santé de nos concitoyens (cette pollution provoquant une surmortalité non négligeable). Cependant, il y a fort à parier que ces aspects paradoxalement positifs de la crise sanitaire ne soient que provisoires si le jour d’après ne change pas radicalement nos modèles de sociétés.

Comment doit-on envisager un après écologique … sachant que ne se perpétueront ni un confinement généralisé, ni    une industrie réduite à l’indispensable survie ?

Il convient d’avoir des propositions pour révolutionner notre société, nos modes de production, dépasser un système capitaliste obnubilé par l’argent, sur-exploiteur des ressources naturelles et impliqué dans la dégradation de la planète. Car ce même système capitaliste, mis en accusation par nombre de nos concitoyens, va préparer sa défense, proposer des solutions pour accroitre sa main mise sur la planète et accroitre ses profits, comme il en est capable avec le réchauffement climatique où le droit à émettre du CO2 se négocie sur les marchés financiers.

Ainsi, même un Macron, chaud partisan de l’argent- roi, défenseur du temple capitaliste, empêtré dans les contradictions du système et sa mise en accusation, s’oblige à des entorses aux lois du marché en relocalisant des productions. Je pense aux masques qui ne sont plus que rarement produits en France quand l’essentiel provient de pays à bas coûts salariaux, et, dans ce cas, de la Chine.

C’est un bel exemple de ce qu’il faudrait généraliser demain pour combiner protection de nos concitoyens et de la planète. Relocaliser ! Produire local ! C’est mettre en place des circuits courts. Circuit court ne vaut pas que pour les produits agricoles, l’alimentation. Cela vaut pour l’industriel également : il est indispensable de faire décroître fortement le transport de marchandises sur des milliers de kilomètres, déplacements engendrés par les logiques de délocalisation des productions et de dumping social, fiscal et donc de dumping environnemental. A titre d’exemple, le caractère ubuesque de la chaîne de valeur qui conduit à faire décortiquer au Vietnam des crustacés écossais, puis les faire fumer à Madagascar pour finalement les vendre dans des magasins en Europe…

 

Les circuits courts sont un des moyens de réduire l’empreinte carbone exorbitante que représentent les transports. Cette logique écologique est couplée à des vertus sociales en termes de création d’emplois. Ces circuits courts doivent être combinés à un effort d’investissement, de développement vigoureux dans les modes de transports les plus propres ! Pour le transport des personnes, il faut aller vers une réduction du transport individuel en voiture, en favorisant le ferroviaire, les transports en commun, le co-voiturage, le vélo et la marche à pied. Pour le transport des marchandises, ferroviaire, fluvial et maritime (cargos à voile) doivent être favorisés au détriment du tout camion et des avions.

A l’objectif, idéalisé par certains, d’une société totalement décroissante qui prendrait le risque de ne pas répondre à des besoins fondamentaux des sociétés humaines (vaincre la faim et la pauvreté, améliorer la santé, rénover thermiquement des logements …), il convient de plaider pour une décroissance des activités inutiles et une croissance de ce qui est utile socialement. Il convient de plaider pour des relocalisations, une production agricole et industrielle de proximité, en investissant dans la recherche pour que les process agricoles comme industriels soient respectueux de l’environnement, et n’épuisent pas les ressources. A l’obsolescence programmée, concept certifié capitaliste, destiné à accentuer la vente de nouveaux produits pour faire de nouveaux profits, préférons l’économie circulaire qui implique éco-conception des produits, réparation, économie des ressources pour les produire. Il faut imaginer une société qui produise, si elle se donne les moyens de produire propre et de produire utile.

Voilà quelques pistes de réflexions qui n’épuisent pas le sujet !

Alain Pagano, membre du CEN, responsable de la commission Écologie.

 

 

Partager cet article
Repost0
14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 05:16
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes: 98/ Rosine Kersulec (1894-1985)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes:

98/ Rosine Kersulec (1894-1985)

Rosine Kersulec, Taupin de son nom de jeune fille, est née à Scaër le 31 octobre 1894. Elle est décédée en janvier 1985.

Paysanne dans sa jeunesse, elle devient bouchère. Elle adhère au PCF en 1936 à Scaër dans la cellule qui se crée où elle restera longtemps la seule femme adhérente au Parti dans la localité. 

En 1939, elle participe au passage à la clandestinité du PCF interdit par le gouvernement Daladier. Sous l'occupation allemande, propagandiste résistante, elle diffuse les publications du PCF, du Front National de Libération, des F.T.P, etc.

En 1942, elle participe à des actions des F.T.P et pratique l'hébergement de résistants en mission.

C'est la mère de François Kersulec, né le 26 novembre 1921 à Scaër, boucher et cafetier, qui adhère à la JC en 1936, puis au PCF. François devient membre du bureau régional (Finistère-Morbihan) des JC de 1937 à 1939, membre du comité de section de Quimper du PCF, à laquelle est rattachée la cellule de Scaër. Elle 1938, il devient secrétaire de la cellule unique de Scaër qui compte 80 membres. Contacté par Venise Gosnat et Alain Le Lay, il diffuse au début de la guerre les publications de la J.C, du PCF, du Front National.

En 1941 Louis Larnicol fut sanctionné par le régime de Vichy en raison de ses convictions communistes et fut muté par mesure disciplinaire à Berné (Morbihan). Il n’en continua pas moins ses activités, réunissant chez lui des camarades et des résistants, en particulier son cousin Alain Le Lay, secrétaire régional du parti communiste clandestin pour le Finistère-Nord et le Morbihan. Le couple Larnicol cachait à son domicile des résistants recherchés par la Police française et la Police allemande dont ils ne connaissaient que les pseudos, en particulier François Kersulec, pseudo Jérôme, de Scaër (Finistère), qui participait activement à la Résistance avec sa mère, Rosine Kersulec. François Kersulec a été condamné par contumace par la section spéciale de la Cour d'Appel de Rennes à 15 ans de travaux forcés et 20 ans d'interdiction de séjour, le 24 octobre 1941. Il est resté planqué chez les Larnicol jusqu’à sa condamnation par contumace à 15 ans de travaux forcés et 20 ans d’interdiction de séjour pour « distribution de tracts ». Il fut ensuite pris en charge par Alain Le Lay qui lui trouva une planque plus éloignée de Scaër. Louis Larnicol, instituteur communiste, fils d'un marin-pêcheur de Plobannalec-Lesconil, résistant FTP-FFI, fut exécuté sommairement le 11 juin 1944 à Pont-l’Abbé (Finistère). Le 9 juin 1944 au matin, les fermes de Brézéan furent encerclées par une unité de la Wehrmacht qui se livrait à des actions de représailles après la capture le 6 juin de quatre soldats allemands par des résistants de Plomeur (Finistère). Louis Larnicol fut capturé avec six de ses camarades. Il fut incarcéré avec eux à Pont-L’Abbé (Finistère) dans l’École Saint-Gabriel réquisitionnée par la Wehrmacht qui y avait installé la Kommandantur, une caserne et une prison. Il y fut exécuté au cours de la nuit du 10 au 11 juin 1944.
Le 11 juin 1944, très tôt le matin, Pierre Le Moigne qui était lui aussi détenu dans la prison Saint-Gabriel, a aperçu la dépouille de Louis Larnicol gisant dans une écurie. Selon son témoignage recueilli par Christian Larnicol, Louis Larnicol aurait eu un geste de rébellion envers un de ses geôliers et aurait été immédiatement abattu sans aucune sommation.

En août 1941, Alain Le Lay l'emmène chez les Goasguen à Brest. Avec Charles De Bortoli, sur les chantiers du bâtiment, il réalisera des sabotages et des action de propagande. Début 42, il quitte Brest et est versé dans les FTP à Scaër, qui compteront 700 combattants à la Libération. Après la guerre, il se rend en région parisienne, milite à Champigny-sur-Marne où il tient un café.     

Quand à Rosine Kersulec, arrêtée, elle fut déportée "Nuit et brouillard" à Ravensbrück dont elle revint en 1945. Elle part en déportation de Fresnes le 19 avril 1944, son premier lieu de déportation est Lauban. Elle rejoint Ravensbrück le 14 octobre 1944 et Mauthasen le 7 mars 1945.

Source Eugène Kerbaul

Monument d'hommage aux déportés de Ravensbrück au Père-Lachaise à Paris

Monument d'hommage aux déportés de Ravensbrück au Père-Lachaise à Paris

Monument d'hommage aux déportés de Mathausen au Père-Lachaise à Paris

Monument d'hommage aux déportés de Mathausen au Père-Lachaise à Paris

Article du Ouest-France, 8 avril 2015, où une résistante morbihannaise parle de Rosine Kersulec avec laquelle elle a été déportée.

Survivante de Mauthausen, Mimi sera décorée

Dimanche 26, journée nationale des Déportés, l'une des survivantes du camp de concentration recevra la légion d'honneur. Elle vit à Lanester depuis 1948, mais c'est dans le Finistère, qu'elle a été arrêtée en 1944.

La lettre est signée de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Elle annonce à Marie-Thérèse Kerhervé, dite Mimi, épouse Le Bihannic, qu'elle va être nommée chevalier de la légion d'honneur. « Il voulait que j'aille chercher la médaille à Paris, mais le train et piétiner toute la journée... Je préfère la recevoir ici. » À Lanester où elle habite depuis 1948.

À côté de la liasse de lettres de félicitations émanant de personnalités, la missive annonce : « Cette distinction vient récompenser l'engagement et les qualités dont vous avez fait preuve au cours du second conflit mondial. » L'engagement, c'est celui de sa famille, à Querrien, près de Quimperlé, qui hébergeait trois patriotes français et espagnols. « Pour une poignée d'argent, une copine d'école nous a dénoncés », se souvient Mimi.

Le 29 mai 44, à 5 h du matin, les Allemands pénètrent en force dans la maison. « Heureusement les patriotes avaient déjà quitté la ferme ». Les Allemands se rabattent alors sur le père et la fille Mimi, 17 ans, qu'ils emmènent à la prison de Quimperlé. Le père est libéré au bout de quinze jours, pour s'occuper de la ferme.

Pas Mimi. Fin juin, elle est emmenée en Allemagne, comme prisonnière politique. Pendant près d'un an, elle sera « bringuebalée de camp en camp, jusqu'à Mauthausen. En vrac dans les camions » pour construire les routes, déneiger des pistes par moins 35°C, pousser les avions pour les faire décoller, nettoyer les obus dans des bacs d'acide, dans les caves. « Ils n'étaient pas aimables ! » Une chance pour elle : « Je venais de la ferme, j'étais solide, et surtout on était un groupe de copines à s'épauler. » Ce qui lui permet de résister aux privations, aux coups.

Enfin, le 22 avril 45, « les camions de la Croix Rouge Internationale sont venus nous chercher » un peu avant la libération par les Américains. Les survivantes passent un bref séjour à Paris. « C'était autour du 1er mai, raconte Mimi. Je dis aux copines : je vais vous offrir du muguet. T'as pas un sou, disent-elles. Je suis sortie dans la rue, on portait encore nos manteaux avec le numéro dessus, les cheveux rasés, on n'avait que les os. Une vendeuse de fleurs a pleuré en me voyant et elle m'a tout donné. J'ai fait la distribution aux copines. On était contentes. »

« Il ne reste que moi »

Quand elle arrive chez elle, au village de Boudiguen, seul le chat reconnaît cette ombre qui marche. « Je pesais 32 kg ». Elle met de longs mois pour recouvrer ses forces Elle veut raconter, mais ses propos font peur. « Les gens me disaient : c'est pas vrai ce que tu racontes ».

Alors en 1948, elle épouse « un gars de Lanester, réfugié à Querrien », et le suit là-bas.

« Il ne reste que moi »

Depuis, elle n'a eu de cesse de témoigner, de raconter dans les écoles, dans les réunions d'anciens déportés, ce que tant de livres ont décrit depuis. « On s'est souvent retrouvé avec mes copines, on a longtemps correspondu, surtout avec Irène, Pilar, Louise, Rosine Kersulec, qui était bouchère à Scaër. Elles sont toutes mortes maintenant. Il ne reste que moi ».

Soixante-dix ans ont passé depuis la Libération. À 88 ans, Mimi a gardé l'oeil vif et le geste sûr. « Et je fais tous les jours le tour des deux étangs, trois quarts d'heure de marche, sans canne », ponctue-t-elle d'un rire sonore. Dimanche 26, elle sera honorée par les élus, les Anciens Combattants et toute la population.

 

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 97/ Marie Mahé (1911-2000)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 96/ Germaine Le Lièvre, Geneviève dans la résistance brestoise (1911-1945)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 94/ Marie Miry née Calvarin (1905-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 93/Virginie Bénard (1920-2014)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 92/ Evangéline Dollet dit "Yvette" née Yvinec

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 91/ Joseph Laot (1920-2001)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 90/ Les fusillés de Lesconil, de la Torche et de Poulguen (Juin 1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 89/ Théo Le Coz (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 88/ René Lijour (1900-1979) et Lucie Lijour, née Le Goff (1909-1986)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 87/ Eugène Le Bris (1913-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 86/ Alphonse Duot (1874-1964)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 85/ Alain Signor (1905-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 84/ Marc Scouarnec (1894-1968)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 83/ Germain Bournot (1915-2007)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 82/ Michel Nédelec (1940-2009)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 81/ Eric Texier (1902-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 80/ Théophile Kerdraon ( 1891-1984)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 79/ André Guéziec (1922-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 78/ Jean Kérautret (1918-1942) et Vincent Guivarc'h (1918-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 77/ Emile Le Page (1922-1942) et Pierre Jolivet (1921-1942)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 76/ Louise Tymen (1925-2015)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 75/ Yves Giloux (1921-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 74/ André Garrec (1922-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 73/ Frantz Boucher (1924-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 72/ François Echardour (1925-1988)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 71/ Marie Le Manchec (1914-1999)

100 ans d'engagements communistes en Finistère: 70/ Charles Moigne (1894-date de décès inconnue)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 69/ Jean Le Tréis (1884-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 68/ François Tanguy (1925-1987)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes: 67/ François Tournevache (1919-1993)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 66/ Jos Quiniou (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 65/ François Gaonac'h (1901-1978)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 64/ Paul Lespagnol (1949-2003)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 63/ Jean-Marie Le Scraigne (1920-2016)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 62/ Le docteur Tran

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 61/ Jean-Marie Plonéis (1934-2018)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 60/ Guillaume Bodéré

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 58/ Guy Laurent (1940-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 56/ Pierre Cauzien (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 55/ Albert Jaouen (1909-1976)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 54/ Pierre Hervé (1913-1993)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 52/ Yves Le Meur (1924-1981)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

Partager cet article
Repost0
13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 12:03
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 97/ Marie Mahé (1911-2000)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 97/ Marie Mahé (1911-2000)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 97/ Marie Mahé (1911-2000)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 97/ Marie Mahé (1911-2000)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 97/ Marie Mahé (1911-2000)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

97/ Marie Mahé (1911-2000), une femme maire de Kernevel en 1945

Née le 15 novembre 1911 à Auray (Morbihan), morte le 18 janvier 2000 à Rosporden (Finistère) ; commerçante ; maire communiste de Kernével (Finistère) (1945-1947).

Née Tessier, Marie Mahé tenait un commerce puis un café dans un hameau à 3 km du bourg de Kernével. Son mari, sabotier, fut prisonnier de guerre.
Elle aida la Résistance locale en transportant des munitions.

Plusieurs résistants originaires de Kernével ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale : Roger Kerjose, 20 ans, fut l'une des 18 victimes tuées par les Allemands le 15 juillet 1944lors des combats de Kernabat (en Scaër) et Quillien (en Tourc'h) ; Yves Hervé, tué lors des combats pour la libération de Rosporden le 5 août 1944.

Sympathisante communiste, Marie Mahé fut élue à la tête de la municipalité en 1945, au deuxième tour du scrutin, par le Conseil Municipal de Kernével.

En 1945, cinq maires finistériennes sont élues sur dix-neuf en France. Leur point commun : l’histoire les a quelque peu invisibilisées.  De la même manière qu'il avait présenté et faire élire la première conseillère municipale de France, à Douarnenez, Joséphine Pencalet, le Parti communiste dans le Finistère fit élire une des 19 premières maires de France. 

Entre 1945 et 1946, le PCF Finistère se félicite d'avoir gagné 25 000 voix aux élections dans le département. Lors des élections législatives à la proportionnelle, le Parti communiste recueille 70 000 voix dans le Finistère en mars 46 (2 députés), 105 800 voix en novembre 1946 (3 députés sur 10 dans le Finistère). Un Parti de 14 000 adhérents dans le département en 1946-1947: 14 500 cartes du PCF ont été placées aux sections dans le Finistère, et 13 261 cartes réglées, contre 1800 adhérents pour le PCF Finistère en 1937. 

"L'audience du Parti était très grande dans le Finistère à la Libération. On évaluait les adhérents à 10 000 ou 12 000. Les cartes étaient placées aux réunions publiques au lendemain de la libération. L'organisation ne suivait pas. Mais dans les localités importantes (Brest, Morlaix, Quimper, Douarnenez, Concarneau), les cellules avaient des Bureaux et des activités réelles. Le premier pointage réel que j'ai pu faire en Avril 47 (je venais d'avoir la responsabilité de l'organisation fédérale) faisait apparaître plus de 7000 adhérents. Nous avons vu jusqu'à 12 000 personnes à nos fêtes fédérales (fête de la Bretagne, notre journal, avec Marcel Cachin; 40 000 personnes à Brest sur le cours d'Ajot avec Maurice Thorez le 6 juillet 1947). Parallèlement, les JC (44-45) puis l'UJRF (à partir d'avril 45) comptaient entre 9 et 10 000 adhérents (jeunes venus des FTP, jeunes filles très nombreuses). Les jeunes prenaient leurs responsabilités pour organiser les activités ( 400 Jeunes Communistes à Quimper, 200 à Concarneau, mêmes chiffre à Douarnenez; organisations existant dans les localités rurales du Centre Finistère, Riec sur Belon, etc...). Les meetings des JC rassemblaient autant et parfois plus d'auditeurs que le Parti. Ce sont les JC (garçons et filles) qui ont vite fourni les cadres du Parti (peut-être au détriment de l'organisation des jeunes)".

La direction du PCF milite pour la reconnaissance politique des femmes: "Les femmes viennent de plus en plus à la vie politique. Il faut les organiser et laisser de côté les préjugés encore tenaces sur l'infériorité de la femme qui ne sont pas dignes de communistes" (livret de la 10e conférence fédérale du PCF Finistère en mai 1947)

Un document exceptionnel sur le Parti Communiste dans le Finistère au début de la IVe République: le livret de la 10ème conférence fédérale du Parti Communiste à Brest en mai 1947 (archives Jean-Claude Cariou)

L'audience du Parti Communiste à la libération dans le Finistère

Habitant loin de la mairie, sans moyen de locomotion, Marie Mahé abandonna ses responsabilités municipales en 1947.

Elle évolua dit-on vers le Parti socialiste et fut à l'origine de la fusion de Kernevel avait Rosporden en 1974. A Kernevel, les maires communistes sont devenus une tradition électorale de la commune, d'abord indépendante, ensuite autonome et associée à Rosporden. Il y eut après Marie Mahé, René Nicolas, artisan-forgeron, fils d'agriculteurs, ancien FTP, conseiller général de Bannalec et maire communiste de Kernével entre 1949 et 1977.

En 1974, la commune fusionna par association avec Rosporden et René Nicolas demeura maire délégué PCF de Kernévél dans la municipalité de Joseph Postic. Les élus communistes s’opposèrent lors du référendum à l’application de la loi Marcellin concernant la fusion par association qui l’emporta de justesse par 54 % des suffrages exprimés

Puis Francis Dufour, instituteur, maire communiste entre 77 et 98, et enfin Jacques Rannou, cheminot et responsable CGT, maire délégué communiste de Kernevel entre 1998 et 2008, puis à partir de 2016, réélu à 75% dans sa commune contre une liste de droite en 2020. 

Sources:

Maitron en ligne

Page wikipédia sur Kernevel

Archives Pierre Le Rose et Jean-Claude Cariou

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 96/ Germaine Le Lièvre, Geneviève dans la résistance brestoise (1911-1945)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 94/ Marie Miry née Calvarin (1905-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 93/Virginie Bénard (1920-2014)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 92/ Evangéline Dollet dit "Yvette" née Yvinec

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 91/ Joseph Laot (1920-2001)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 90/ Les fusillés de Lesconil, de la Torche et de Poulguen (Juin 1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 89/ Théo Le Coz (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 88/ René Lijour (1900-1979) et Lucie Lijour, née Le Goff (1909-1986)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 87/ Eugène Le Bris (1913-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 86/ Alphonse Duot (1874-1964)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 85/ Alain Signor (1905-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 84/ Marc Scouarnec (1894-1968)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 83/ Germain Bournot (1915-2007)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 82/ Michel Nédelec (1940-2009)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 81/ Eric Texier (1902-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 80/ Théophile Kerdraon ( 1891-1984)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 79/ André Guéziec (1922-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 78/ Jean Kérautret (1918-1942) et Vincent Guivarc'h (1918-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 77/ Emile Le Page (1922-1942) et Pierre Jolivet (1921-1942)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 76/ Louise Tymen (1925-2015)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 75/ Yves Giloux (1921-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 74/ André Garrec (1922-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 73/ Frantz Boucher (1924-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 72/ François Echardour (1925-1988)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 71/ Marie Le Manchec (1914-1999)

100 ans d'engagements communistes en Finistère: 70/ Charles Moigne (1894-date de décès inconnue)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 69/ Jean Le Tréis (1884-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 68/ François Tanguy (1925-1987)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes: 67/ François Tournevache (1919-1993)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 66/ Jos Quiniou (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 65/ François Gaonac'h (1901-1978)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 64/ Paul Lespagnol (1949-2003)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 63/ Jean-Marie Le Scraigne (1920-2016)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 62/ Le docteur Tran

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 61/ Jean-Marie Plonéis (1934-2018)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 60/ Guillaume Bodéré

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 58/ Guy Laurent (1940-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 56/ Pierre Cauzien (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 55/ Albert Jaouen (1909-1976)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 54/ Pierre Hervé (1913-1993)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 52/ Yves Le Meur (1924-1981)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

Partager cet article
Repost0
13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 12:03
L'URSS, la Russie et les peuples soviétiques oubliés des hommages aux combattants contre l'Allemagne Nazie - entre révisionnisme à la botte de Washington et ignorance crasse de l'histoire!
L'URSS, la Russie et les peuples soviétiques oubliés des hommages aux combattants contre l'Allemagne Nazie - entre révisionnisme à la botte de Washington et ignorance crasse de l'histoire!
L'URSS, la Russie et les peuples soviétiques oubliés des hommages aux combattants contre l'Allemagne Nazie - entre révisionnisme à la botte de Washington et ignorance crasse de l'histoire!

"Quelle est la nation qui a le plus contribue à la défaite de l'Allemagne ?": la question posée par l'IFOP aux français de 1945 à 2015, et l'évolution spectaculaire des réponses. https://www.ifop.com/…/la-nation-qui-a-le-plus-contribue-a…/
👉 En 1945, pour 57%, c'est l'URSS, ce qui est conforme à la réalité historique.
👉 En 2015, pour 54%, ce sont les USA.
🔴 A méditer : sur la "fabrication de l'opinion" par un matraquage idéologique peu soucieux d'une connaissance et d'un travail historique sérieux.

 

C'est une sinistre farce qui ne fait que s'aggraver d'année en année.

Modelés par leur conformisme atlantiste, des années de propagande de guerre froide, le cinéma hollywoodien, et une vision de nos intérêts comme étroitement liés à ceux de l'hégémonie du capitalisme américain, politiques et journalistes français accréditent la fable selon laquelle se seraient essentiellement l'effort de guerre américain (qu'il ne s'agit pas de nier ni de minimiser) et les sacrifices des soldats d'outre-Atlantique, qui auraient libéré la France et l'Europe de la domination nazie.

Rappelons simplement quelques évidences: pour un soldat américain tué en Europe face aux Nazis, 60 soldats soviétiques le furent!

C'est parce que l'Union Soviétique a résisté aux Nazis dès 1941 après que ses populations aient été saignées par l'offensive allemande et son cortège de barbarie, notamment l'extermination systématique des populations juives (la Shoah par balle auprès des gigantesques fosses communes) et déclenché sa contre-offensive, au prix de 22 millions de morts au moins, que des débarquements ont été possibles en Italie, en Provence, puis en Normandie.

De Gaulle, Churchill, et Roosevelt  le savaient bien. Comme les collaborateurs qui dirigeaient la France asservie et mobilisaient les pro-Nazis dans la LVF. 

Tous les Français de 1945 aussi, même ceux qui étaient peu suspects de sympathies pour les communistes, mais depuis, l'idéologie pro-atlantiste a imprégné les médias, les manuels, les discours des communicants politiques et des ministères, au départ comme un mensonge conscient aux grosses ficelles, ensuite comme un révisionnisme souvent involontaire lié à l'efficacité de cette "propaganda war".   

L'an passe Macron n'avait pas invité les autorités russes au 75e anniversaire du débarquement.

La focalisation sur le débarquement allié de Normandie comme cause première et quasi unique de la libération de la France et de la défaite de l'Allemagne nazie est une erreur historique.

Il n'aurait pas été possible, les contemporains les moins suspects de sympathies avec les soviétiques le disent, sans la résistance et la contre offensive de l'URSS. La résistance populaire intérieure est elle-même dans le même temps souvent mise au second plan dans les discours officiels par rapport à la France libre et à la résistance du général de Gaulle qui s'est pourtant largement appuyé dessus.

Pas un résistant communiste au panthéon alors que c'était largement la moitié des effectifs de la Résistance armée intérieure. D'où la nécessité d'un travail de mémoire permanent pour restituer la réalité des faits, empêcher l'oubli et les maquillages de l'histoire.

Je pense aussi à tout le discours qui vise à mettre au premier plan des bavures ou des exécutions expéditives de la Résistance dans les mois sanglants de la Libération, ou encore des exactions de l'armée d'occupation soviétique en Allemagne. Sans nier systématiquement les faits, certains sont avérés et indignes, ils sont souvent invoqués avec des arrière-pensées de relativisation de l'effort des uns et des autres, et des crimes des alliés des nazis, collaborateurs, qui ont été nombreux d'ailleurs à se refaire une virginité après la guerre.

Lors de l'hommage à Rol-Tanguy à Morlaix pour les 111 ans de sa naissance le 12 juin 2019 à Morlaix et les 75 ans de la Libération, je rappelais:

"Nous saluons bien sûr tous les Résistants dans la diversité de leurs sensibilités et de leurs actions, des circonstances de leur entrée dans l'action clandestine et patriotique. C'est à eux qui nous devons d'avoir gardé intact une flamme d'espoir et de dignité dans les années sombres de la libération et d'avoir rendu possible le retour de la liberté et de la démocratie en France, mais aussi le retour de la Paix qui était leur horizon.

Nous saluons aussi aujourd'hui particulièrement la résistance intérieure et populaire, et la résistance communiste, pas toujours mise au premier plan dans les discours mémoriels et l'approche de l’État. C'est un euphémisme...

Pas un seul résistant communiste au panthéon !...

Et Hollande et Macron sont loin de corriger l'oubli et l'injustice. Est-ce normal quand on connaît leur poids dans les effectifs de la résistance, dans la lutte armée intérieure, et le lourd tribut qu'ils ont payé, entre les dizaines de milliers de fusillés, de torturés et de déportés de l'OS et des FTP, des FTP-MOI que commanda Rol-Tanguy en région parisienne en 1942?

Martha Desrumaux, Marie-Claude Vaillant Couturier, Danielle Casanova, Charlotte Delbo, Missak Manouchian, Guy Moquêt, Rol-Tanguy, il n'y avait que l'embarras du choix... Et pourtant, on a préféré honoré la résistance gaulliste, socialiste, bourgeoise... Comme si les communistes ne devaient pas entrer dans la grande histoire de la nation française, comme s'il fallait minimiser leur apport à la libération... De la même manière, on ne parle que de l'appel du 18 juin à la Résistance alors que d'autres appels ont eu lieu au printemps et à l'été 40, notamment celui de Charles Tillon.

Et toujours ce discours lancinant, mensonger et révisionniste pour minimiser le sens et le caractère patriotique et national de la Résistance communiste en prétendant qu'elle n'a débuté qu'à l'été 41 après l'invasion de l'URSS, voir, comme dernièrement Riolo face à Ian Brossat dans une émission de RMC, en prétendant que les communistes étaient des collaborateurs au début de la guerre!

Ce qui est faux bien sûr. Le simple fait de dénoncer la politique collaborationniste, réactionnaire et anti-démocratique de Vichy et de garder une activité communiste était un acte de résistance en 40-41 à l'heure où le PCF était interdit et très fortement réprimé, sous le dernier gouvernement de la 3e République déjà dirigé par Daladier… De nombreux militants, syndicalistes, l'ont payé de leur vie, dont les fusillés de Châteaubriant, le jeune Guy Moquêt.

Même minimisation d'ailleurs, en bonne logique (anti-communiste), de l'apport des soviétiques à la libération de l'Europe, malgré leurs 22 millions de morts et les victoires décisives obtenus à un prix exorbitant pour stopper les Nazis. Est-il normal de n'attribuer qu'aux alliés américains et anglais de l'OTAN la libération de la France ? Un débarquement réussi en Europe de l'ouest et une progression pour libérer le territoire français étaient-ils envisageables sans la progression des soviétiques et leur contre-offensive en Europe de l'est ? Pourquoi ne pas avoir invité le chef d’État russe, quoiqu'on en pense par ailleurs, aux cérémonies du débarquement ?"

Ismaël Dupont

Hommage à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, en gare de Morlaix, place Rol-Tanguy, 12 juin 2019: photos de Pierre-Yvon Boisnard et discours d'Ismaël Dupont, articles du Télégramme et du Ouest-France

Littérature soviétique - Carnets de guerre de Vassili Grossman (Calmann-Lévy, présenté par Antony Beevor et Luba Vinogradova) - Suivi de Treblinka

Lundi, 11 Mai, 2020 - L'Humanité
Geneviève Darrieussecq ne connaît pas l'Histoire

La secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées oublie l’Union soviétique dans l’hommage aux pays qui ont vaincu les nazis. Et le sacrifice de millions de personnes.

 

Le 8 mai, date anniversaire de la victoire sur les nazis, la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, s’est fendue d’un tweet dans lequel elle tient « particulièrement à saluer nos alliés. Leur contribution à la victoire sur l’Allemagne nazie et à la fin de la #2GM en Europe a été à la hauteur de leurs sacrifices. Immense. » Elle poursuit : « La France n’oubliera jamais ce qu’elle leur doit. La paix et la liberté. » Elle accompagne son tweet de drapeaux. Celui des États-Unis, de la Grande-Bretagne, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Dramatique ! Membre du gouvernement de la France, elle occulte le sacrifice de l’Union soviétique, qui a perdu 20 millions de personnes dans sa lutte contre le IIIe Reich, dont l’Armée rouge a planté son drapeau sur le toit du Reichstag, à Berlin. Elle oublie également la lutte essentielle de la Résistance française, alors qu’Henri Rol-Tanguy, chef communiste des FFI de Paris, avait reçu, en compagnie du général Leclerc, la reddition allemande. La secrétaire d’État nie aussi, en l’omettant, l’apport de tous ces combattants venus de ce qui était encore les colonies françaises.

De deux choses l’une. Soit Geneviève Darrieussecq ne connaît pas l’Histoire, ce qui serait profondément dramatique de la part d’une personne détenant un poste ministériel. Soit elle a sciemment biffé l’apport déterminant de l’Armée rouge dans la victoire contre l’horreur nazie, ce qui serait proprement scandaleux. Dans tous les cas, il y a quelque chose d’inquiétant à cette (re)lecture, voulue ou non, de l’Histoire qui fait des Américains les grands libérateurs de l’Europe. On ne s’étonnera pas de savoir que, sur sa page Facebook, la Maison-Blanche ne mentionne que les États-Unis et la Grande-Bretagne comme vainqueur des nazis, ce qui lui vaut une protestation de la Russie. Geneviève Darrieussecq a, depuis et sans explication, retiré son tweet mensonger.

Pierre Barbancey
Le Télégramme - 11 mai 2020 - Sans avoir la moindre sympathie pour Vladimir Poutine et son régime, comment ne pas être indigné par le révisionnisme de l'administration Trump qui nie la contribution décisive de l'URSS et des citoyens soviétiques, avec leurs 22 a 27 millions de morts, dans la victoire contre l'Allemagne nazie? Une telle négation de l'histoire est juste scandaleuse, une guerre a la vérité!

Le Télégramme - 11 mai 2020 - Sans avoir la moindre sympathie pour Vladimir Poutine et son régime, comment ne pas être indigné par le révisionnisme de l'administration Trump qui nie la contribution décisive de l'URSS et des citoyens soviétiques, avec leurs 22 a 27 millions de morts, dans la victoire contre l'Allemagne nazie? Une telle négation de l'histoire est juste scandaleuse, une guerre a la vérité!

Partager cet article
Repost0
13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 09:11

 

La domination monétaire des États-Unis, basée sur la centralité du dollar, s’est imposée après 1944 face aux projets alternatifs de structuration du système monétaire international, notamment face au plan Keynes de 1943, pourtant toujours d’actualité.

L’unilatéralisme du système monétaire « international » octroie à la puissance émettrice de la monnaie dominant les échanges internationaux, les États-Unis, un avantage lui permettant d’influencer les politiques économiques des pays faisant usage du dollar. En l’absence d’une monnaie proprement internationale, les participants aux échanges utilisent des monnaies nationales (en fait, seulement un petit nombre de monnaies nationales) pour procéder aux paiements internationaux. Ils sont aujourd’hui largement incités à faire usage de la monnaie américaine.

 

Le poids de l’acquisition de liquidité internationale

En raison de cette situation, les participants aux échanges s’exposent à un certain nombre de problèmes, particulièrement dans les pays sous-développés : problèmes liés à l’accès à la liquidité, avec des pénuries qui se manifestent durant les périodes de crise ; problèmes d’accès aux infrastructures de paiement en cas de sanctions dont la puissance émettrice de la monnaie peut faire usage. L’un comme l’autre sont utilisés par les États-Unis pour aligner les pays dépendants du dollar sur sa politique économique ou sur sa politique étrangère.
Le problème de l’acquisition de liquidité internationale n’est pas nouveau. Un effort s’impose de fait à l’ensemble des pays contraints d’utiliser une monnaie étrangère pour accéder aux échanges internationaux. Cette contrainte peut être expliquée selon la logique suivante : imaginons une entreprise située en Malaisie et ayant besoin de dollars américains nécessaires à ses importations de biens d’équipement et à sa trésorerie. L’entreprise va emprunter un montant P de dollars. Elle devra rembourser, à échéance, le principal plus les intérêts du prêt. Grâce aux dépenses d’investissement de biens d’équipement et à la mise en route de la production, l’entreprise va exporter et générer des revenus, avec lesquels elle pourra rembourser le prêt. Il faut donc que ces revenus soient supérieurs aux dépenses liées au remboursement du prêt (intérêts et principal). Cette contrainte de survie induit une pression compétitive qui pèse sur les marges de manœuvre du pays. Elle est d’autant plus pesante que les pays sont en concurrence sur les marchés d’exportations.
Le problème de l’accès à la liquidité apparaît clairement dans les épisodes de crise économique, qui donnent lieu à des rapatriements brutaux de capitaux et à un gel des crédits interbancaires. La crise de 2008 en a donné un fameux exemple. Elle était avant tout une crise dont l’épicentre était l’économie américaine, mais la crise de confiance du système bancaire américain a généré de graves dysfonctionnements dans le financement du commerce international. Certains pays, comme la Corée du Sud, qui n’auraient pas dû subir les effets – ou très peu – de la crise des subprimes ont été victimes d’une pénurie de dollars.

L’hégémonie monétaire des États-Unis contre le plan Keynes de 1943 (Revue PCF « Cause Commune » -  Adrien Faudot)

Ayant eu très tôt conscience du problème de la rareté de la monnaie internationale, dès Bretton Woods, les gouvernements ont créé des institutions pour essayer de réallouer la liquidité. La tentative de l’économie mondiale de se doter d’institutions telles que le Fonds monétaire international, créé en 1944 par les accords de Bretton Woods ou d’instruments tels que les droits de tirages spéciaux (DTS), créés en 1969, pour redistribuer la liquidité internationale, se heurte à l’impossibilité de connaître à l’avance les besoins en liquidité générés par les échanges internationaux. Ce problème avait déjà été démontré par Keynes, lorsque celui-ci cherchait à défendre son plan.

Dans le cadre du système hérité de Bretton Woods, ces manquements résultent des préférences américaines en la matière. Alors que le plan Keynes prévoyait un système de découverts automatiques autant que de besoin pour les échanges internationaux, les États-Unis souhaitaient conserver à des fins de domination la main sur les leviers d’allocation de la monnaie « internationale ».

Pour se prémunir des épisodes de pénurie de liquidités, les autres pays doivent développer des stratégies complexes. Beaucoup tentent d’éviter toute pénurie en développant des stratégies d’accumulation de réserves de change, à travers des politiques mercantilistes. Cette stratégie est pénible à mettre en œuvre car elle demande des efforts considérables aux populations, et la concurrence internationale rend ses résultats incertains.

« Alors que le plan Keynes prévoyait un système de découverts automatiques autant que de besoin pour les échanges internationaux, les États-Unis souhaitaient conserver à des fins de domination la main sur les leviers d’allocation de la monnaie “internationale”. »

Une autre solution, réservée à un nombre réduit de pays, est de signer des accords de swaps (technique financière consistant en un échange de crédits) avec la Réserve fédérale, afin de se prémunir de tout risque de pénurie. Ces accords se sont développés à la suite de la crise des subprimes. Ils sont représentés dans le schéma de la page précédente. Les États-Unis se trouvent ainsi au centre d’un réseau de coopération entre banques centrales ayant pour but de maintenir constant l’approvisionnement en dollars. L’octroi des lignes de crédit par la banque centrale américaine dépend de critères politiques (exemple de l’Inde ou du Chili non retenus, contrairement au Mexique, ou au Brésil), la Réserve fédérale ne jouant le rôle de prêteur en dernier ressort international que pour une liste restreinte de pays alliés.

 

Les difficultés d’accès aux infrastructures de paiement

Venons-en au second problème, l’accès aux infrastructures de paiement. Les systèmes monétaires actuels reposent sur un système de paiement hiérarchisé. Les établissements bancaires créent la monnaie à l’occasion des opérations de crédit, et passent par leur compte à la banque centrale pour les règlements interbancaires. Les banques centrales fournissent les moyens de paiement interbancaires et assurent le bon déroulement des opérations. Points de passage obligés pour l’accès au système de paiement, elles imposent également des normes et des conventions, conditionnant l’accès au système. Les banques commerciales sont tenues de les respecter, faute de quoi elles pourraient se voir privées des opérations interbancaires, ce qui reviendrait à les exclure du système et conduirait à leur liquidation immédiate.

« La crise de 2008 était avant tout une crise dont l’épicentre était l’économie américaine, mais la crise de confiance du système bancaire américain a généré de graves dysfonctionnements dans le financement du commerce international. »

Or les institutions du dollar américain, qui centralisent les comptes et exécutent les paiements, appliquent les lois américaines. Dans ce cadre, lorsque l’OFAC (Office of Foreign Assets Control) place sur liste noire une série d’établissements, voire les entités d’un pays entier, il devient impossible pour tout acteur relié aux systèmes de paiement américains de maintenir des relations commerciales avec ces entités. La banque BNP-Paribas en a fait les frais en 2014 en payant une amende record de 8,9 milliards d’euros, après avoir été traduite en justice pour avoir réalisé des transactions avec des entités figurant sur la liste noire de l’OFAC (Iran, Soudan, Cuba).

Cette arme est punitive, mais aussi dissuasive. Si la France décidait de reprendre son commerce avec l’Iran, les entités françaises se verraient rapidement interdire l’accès non seulement au marché américain mais aussi aux systèmes de paiement en dollars, c’est-à-dire au marché mondial. La France a donc choisi de suivre la diplomatie américaine et de se retirer de fait de l’accord de Vienne. Bien sûr, au-delà de la dimension monétaire et du système de paiement, la puissance militaire et économique américaine a certainement joué un rôle important. Ainsi, en dépit du lancement du mécanisme de compensation INSTEX, qui devrait permettre de poursuivre des transactions avec des firmes iraniennes en contournant le dollar, les entreprises françaises se sont tout de même retirées d’Iran, ce qui montre que l’impérialisme états-unien a d’autres cordes à son arc.

 

Refonder le système monétaire sur des bases réellement internationales

Dans le contexte actuel, le plan Keynes avance des propositions intéressantes pour refonder le système monétaire sur des bases réellement internationales et émancipées de la domination unilatérale du dollar, au-delà même des objectifs politiques poursuivis par Keynes (défenseur des intérêts britanniques).
Le plan prévoit la création d’une chambre de compensation en monnaie internationale (bancors) pour les paiements interbancaires internationaux, avec des découverts automatiques pour les pays débiteurs. Les problèmes de liquidité seraient résolus puisque la création de bancors ne serait pas conditionnée à des dépôts préalables de la part des pays membres. La chambre de compensation agirait comme une agence centrale assurant le financement du commerce international, le temps que s’opèrent les rééquilibrages entre débiteurs (importateurs nets) et créditeurs (exportateurs nets).

« Si la France décidait de reprendre son commerce avec l’Iran, les entités françaises se verraient rapidement interdire l’accès non seulement au marché américain mais aussi aux systèmes de paiement en dollars, c’est-à-dire au marché mondial. »

Concernant le pouvoir de contrôle de l’infrastructure de paiement, l’instauration du plan Keynes pourrait être aussi l’opportunité de séparer le système des paiements internationaux de la portée directe des appareils gouvernementaux nationaux. Il s’agirait de créer un organe dont la direction serait élue par ses nations membres et partagée par celles-ci. De cette manière il serait impossible, pour un membre, de décider de manière unilatérale qu’un autre membre soit exclu des paiements internationaux.
Puisque l’International Clearing Bank serait en quelque sorte « la banque centrale des banques centrales », il s’agirait ici d’appliquer le principe de distanciation qui caractérise déjà les systèmes bancaires domestiques, en vertu duquel les banques commerciales se plient, par une sorte de soumission volontaire, à la banque centrale au-dessus d’elles.

Il est tout à fait concevable d’imaginer un système de prise de décision interne à la chambre de compensation suivant les principes du multilatéralisme, à l’image des organismes onusiens aujourd’hui. L’établissement de la chambre de compensation et son succès devraient reposer sur des règles internationales s’imposant à tous.
Au demeurant, la mise en œuvre du plan Keynes devrait très largement freiner les aspects les plus négatifs de la dynamique de la globalisation financière. Le plan Keynes devra s’accompagner de contrôles pour assurer que les flux internationaux soient comptabilisés et intégrés dans la matrice de la chambre de compensation, ce qui faciliterait la lutte contre l’évasion fiscale ou le blanchiment.

On voit ainsi que, dans l’optique de proposer un système monétaire véritablement international et multilatéral, le plan Keynes est toujours d’actualité, et peut même aider à résoudre des problèmes pour lesquels il n’a pas été conçu. 

 

Adrien Faudot est économiste. Il est maître de conférences à l’université Grenoble Alpes.

Accords bilatéraux de swaps entre banques centrales, en octobre 2015. Les États-Unis ont contracté des accords importants permettant d’assurer avec les banques centrales des pays signataires l’approvisionnement en dollar américain. D’autres pays, à l’image de la Chine, ont signé des accords similaires pour favoriser l’accès à leur monnaie respective.

Source : S. Bahaj et R. Reis, « Central bank swap lines », Credit, Banking and Monetary Policy, BCE, Francfort, 23 octobre 2017.

Cause commune n° 16 • mars/avril 2020

 

Partager cet article
Repost0
13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 06:27
Gestion du Covid à Morlaix - Y'a des questions que j'me pose, des questions que j'me pose - Billet d'Ismaël Dupont, 10 mai 2020

"Y'a des questions que j'me pose, des questions que j'me pose"...

chante Sanséverino dans Frida.

Et bien moi aussi, y'a des questions que j'me pose par rapport à la gestion de la crise du Corona virus par Agnès Le Brun et la gestion de la politique municipale par une équipe majoritaire qui aurait pu ne pas être la même le 22 mars pendant la période du confinement et du Covid.

1/ L'omniprésence médiatique du maire sert-elle la cause de la démocratie et des intérêts locaux de Morlaix?

Agnès Le Brun est sur tous les médias audiovisuels en tant que vice-présidente de l'association des maires de France en charge des questions scolaires mais, dans sa ville, une ville moyenne où tout le monde se connaît et pourrait échanger, les élus et les gens paraissent si loin... si loin.

Depuis plusieurs mois, la commission Enseignement du Conseil Municipal n'a pas été réunie.

J'ai fait personnellement une demande au dernier Conseil Municipal pour qu'elle puisse être réunie au moins par viséo conférence (on est moins de 10) pour discuter en amont des conditions de la reprise des écoles morlaisiennes le 12 mai, être informé des scénarios, des arguments, du positionnement des écoles et des instits.  

C'est le minimum que l'on peut attendre en étant membre d'une commission municipale qui devrait prendre toute son importance dans cette période-là! 

Déjà qu'elle n'a pas été réunie pour échanger sur les moyens de contrarier la carte scolaire prévoyant la destruction d'un poste à l'école Gambetta.

Mais on ne m'a pas répondu sur le coup en conseil municipal, et il ne s'est rien passé depuis.

Agnès Le Brun gère tout en ligne directe semble-t-il, son adjoint à l'éducation et à la culture, Georges Auregan, semble transparent, contourné en tout cas en maintes occasions depuis des années, et les deux commissions qu'il gère paraissent complètement vidées de leur substance, mais pas contre ça n'empêche pas Mme Le Brun de pontifier à la radio ou à la télé sur la gestion de la reprise des écoles. 

Les associations de parents d'élèves des écoles publiques de Morlaix demandent la mise en place de conseils d'école pour définir les conditions de réouverture des écoles

Ne faudrait-elle pas que Madame Le Maire donne déjà l'exemple dans sa ville et à la communauté d'agglomération?

Chargée des questions d'enseignement à l'AMF, très bien... Mais une commission Enseignement de la ville de Morlaix qui ne se réunit quasiment jamais...

Une demande légitime des conseils d'école et des parents d'élèves d'être consultés sur les conditions de la reprise du 12 mai dans les écoles primaires qui a été balayée avec une remarque caustique sur l'arrivée de la proposition le 1er mai au soir dans la presse et sur les réseaux sociaux, sans même une réponse directe.

Et une commission Enseignement Supérieur qui vaut à Mme Le Brun depuis 12 ans une vice-présidence confortable à la communauté d'agglomération (et les indemnités qui vont avec même si elle n'en fait jamais mention quasiment dans ses présentations officielles et électorales) qui est la commission communautaire, et de loin, qui a été le moins réunie les 6 années précédentes (à peine plus d'une fois par an), ce que M. Thierry Piriou, président de Morlaix-Co, a indiqué à mots couverts lors du dernier conseil communautaire, alors que Morlaix Communauté était une nouvelle fois critiqué par Madame Le Brun qui fait partie de ses vice-présidents, de son exécutif.     

2/ Union sacrée pendant la crise du Covid-19?

Cela fait deux mois que les sacs jaunes s'entassent dans certaines rues et carrefours de Morlaix sans que la ville ait pu trouver un accord avec Morlaix-Communauté pour régler la question, ce qui pouvait se faire avec la mise à disposition provisoire d'une benne par Morlaix Communauté, solution acceptée par toutes les autres communes de Morlaix-Communauté, mais Morlaix préfère laisse pourrir la situation en repoussant la faute sur la "méchante communauté" qui a la compétence déchets mais ne voudrait pas assumer ses responsabilités en débarrassant les sacs jaunes avec ses agents (en l'absence de fonctionnement du centre de tri pendant le Covid 19). En attendant la ville ressemble à un dépotoir dans plusieurs endroits. C'était le même sketch pour la gestion des encombrants... Morlaix-Communauté chargée de tous les maux, à l'origine de tous les problèmes de Morlaix, c'était aussi le discours d'Agnès Le Brun et de ses colistiers sur le marché, en campagne (sur le thème: notre fric part à Morlaix-Communauté qui le gère n'importe comment, imaginez vous tout ce que Morlaix a perdu, c'est pour ça que ça va mal, alors que plusieurs dizaines de millions d'euros ont été investis à Morlaix depuis 6 ans pas Morlaix-Communauté, dans l'intérêt de l'ensemble du territoire: Maison du tourisme, Manu, SEW, Espace des Sciences, rénovation de l'habitat social, pôle gare...).

Cela fait 6 ans que cette guéguerre politicienne empoisonne la région de Morlaix, et empêche la ville de Morlaix et Morlaix-Communauté de travailler en bonne intelligence pour l'intérêt commun du pays de Morlaix.

Or, il est établi que la communauté d'agglomération conservera une majorité de gauche pour les 6 ans à venir. Veut-on prolonger ces pinaillages permanents et stérilisants pour l'action publique pendant 6 ans encore, au risque de voir Morlaix continuer à décliner avec à une gestion polycéphale par un couple qui, sinon se déteste plus ou moins cordialement, du moins se dispute souvent par posture politicienne : une maire de droite et une majorité d'agglo de gauche. Je n'ose imaginer les conséquences d'une réélection d'Agnès Le Brun... En revanche, si Morlaix Ensemble gagne la ville, notre majorité municipale pourrait construire de manière plus apaisée les nécessaires conditions d'une reprise économique et d'un soutien aux acteurs économiques, d'une planification sanitaire, sociale et écologique avec Morlaix-Co. 

Pour ce qui est de l'opposition de gauche à Morlaix, nous ne sommes mis au courant en amont presque de rien, ne sommes associés à aucune décision, et sommes toujours mis devant le fait accompli malgré nos propositions de services réitérées dans cette période qui aurait besoin de rassemblement, ce pourquoi nous n'avons guère polémiqué dans la presse depuis deux mois même si parfois l'envie nous démangeait de souligner certaines impostures et instrumentalisations.

Pour exemple de notre esprit constructif, sur la solidarité vis-à-vis des familles morlaisiennes les moins aisées, nous avons fait des propositions de construction en commun de solutions pour construire cette solidarité auprès des parents d'enfants scolarisés à travers cette question orale au dernier conseil municipal:

Conseil municipal de Morlaix du jeudi 23 avril 2020 - Covid-19 et solidarité : Suspension de l'activité des cantines scolaires pendant la fermeture des écoles: continuer à aider les familles avec de faibles ressources financières.

Question orale présentée par les élus Elisabeth Binaisse, Ismaël Dupont, Hervé Gouédard, Valérie Scattolin, Claire Thomas, Jean-Paul Vermot

Conseil municipal du jeudi 23 avril 2020

Covid-19 et solidarité :
Suspension de l'activité des cantines scolaires pendant la fermeture des écoles: continuer à aider les familles avec de faibles ressources financières.

Nous voudrions que l'on puisse apporter à Morlaix, comme dans d'autres communes de France et du Finistère, une aide directe pour l'alimentation des enfants aux familles qui bénéficient d'habitude de tarifs de cantine à coût subventionné sur critères sociaux dans le cadre des tarifs dégressifs mis en place depuis des décennies dans les cantines scolaires des écoles de Morlaix.

En effet, pour ces familles qui font déjeuner depuis le 16 mars leurs enfants à tous les repas, pendant ce qui aurait dû constituer normalement la période scolaire, le confinement occasionne des surcoûts significatifs, amplifiés encore peut-être par une tendance à la hausse de certains prix en grande distribution, là où auparavant leurs enfants pouvaient manger dans le premier degré pour entre 1€ et 2€/repas pour les tranches 1, 2, 3 du quotient familial (entre – 287 et 551). Ces trois tranches de quotient familial correspondent à la majorité des enfants qui mangent dans les écoles publiques du premier degré de Morlaix et dont les revenus des parents permettent de bénéficier d'une aide municipale importante pour les repas des enfants.

Puisque la crise du Coronavirus induit plus de solidarité, et pas moins, il est normal que la ville n' « économise » pas sur cette aide qu'elle verse d'habitude pendant la crise du Covid-19. Si elle continue à payer bien évidemment le personnel de la cuisine centrale et des écoles, la ville fait déjà un peu d' « économies » sur les achats d'aliments. Bien sûr, un repas n'est jamais facturé au coût réel de fabrication et une Mairie n'est jamais à l'équilibre sur ce poste de dépense mais ce n'est pas non plus le rôle d'un service public à vocation sociale. Dès lors, il nous semble aussi logique que la ville de Morlaix, dans la continuité de sa politique sociale habituelle, apporte une aide alimentaire directe pour l'alimentation des enfants scolarisés dans les écoles qui dépendent d'elle, une aide qui doit être rétroactive et prendre en compte toute la période scolaire ordinaire pendant laquelle les écoles ont été fermées, à destination des familles aux revenus les moins élevés qui ont des enfants scolarisées dans le premier degré.

A titre d'exemple, à Brest, pour les aides alimentaires, sont concernées, dans les écoles publiques, les familles ne payant pas la cantine et celles payant le tarif le plus bas. Pour les enfants ne payant pas la cantine, l'aide représente 150 € par enfant pour 6 semaines jusqu' à fin avril, 5€ par jour  par enfant, 5 jours par semaine. Pour les enfants payant le tarif le plus bas, 120€ par enfant pour 6 semaines jusqu' à fin avril ,4€ par jour et par enfant , 5 jours par semaine. A Brest, le dispositif est mis en place aussi pour Diwan et les écoles privées sous contrat, mais sous réserve de prendre contact avec le CDAS pour voir si elles sont éligibles. Les chèques alimentation sont distribués directement dans les boîtes aux lettres des familles concernées par des agents municipaux. Le budget global pour les 6 semaines s' élève à 300 000 € pour la ville de Brest pour 1300 enfants dont les familles sont aidées. Il sera très certainement prolongé … Le chèque-alimentation est accepté par la majorité des enseignes de supermarché en dehors de LIDL et Leader Price. Les enseignes ne rendant pas la monnaie ,il est recommandé de faire l' appoint ou de les utiliser en une seule fois pour payer l'intégralité des courses. Cette initiative a été soutenue par l'ensemble des groupes politiques brestois. Au Relecq Kerhuon, de la même manière, la ville a décidé de verser un chèque de 150€ par enfant pour compenser les frais qu'occasionnent aux familles aux revenus modestes cette crise sanitaire. Cette initiative vise à accompagner les familles des quotients familiaux 1, 2 et 3. Ces 150€/mois (avec effet rétroactif sur Mars, donc 225€ pour Mars-Avril) sont dépensés dans l'intégralité des commerces du Relecq-Kerhuon (Boulangeries, primeurs, poissonnerie, supermarché, traiteurs etc...) et sont divisibles par 5, 10 ou 50€. Il s'agira de dépenser chaque chèque intégralement à chaque fois. Le tissu commercial de la ville s'est montré volontaire pour cette initiative. Le coût pour la collectivité a été estimé à 63 000€ pour Mars-Avril puis 42 000€ par mois complet d'école. Au total ce sont 282 enfants qui vont être concernés par cette mesure au Relecq-Kerhuon.

Comme le chômage, la précarité, les difficultés sociales, les bas salaires et le chômage partiel, le ralentissement de l'activité, ont un impact encore plus fort pendant cette crise du Covid-19 sur une population morlaisienne qui connaît à une forte proportion une situation économique et sociale fragile, et un impact négatif qui est amené malheureusement à se prolonger un certain temps, la ville de Morlaix devrait selon nous se diriger vers un dispositif d'aide aux familles dont les enfants sont scolarisés dans le premier degré avec des modalités à construire ensemble.

Plusieurs scénarios peuvent être envisagés et discutés. Il serait possible soit d'apporter une aide forfaitaire unique aux familles qui bénéficient des tarifs les plus bas (tranche 1, 2, 3), soit une aide proportionnelle, touchant peut-être plus de famille, en fonction du quotient familial et du niveau de soutien habituel de la mairie sur les tarifs de cantine.

Nous vous demandons Madame le Maire s'il est possible de définir de manière très rapide sur une base trans-partisane à l'intérieur d'un groupe de travail réuni très vite, des critères consensuels pour cette aide à effets retroactifs pour les familles ayant des enfants scolariés dans les écoles maternelles et primaires de Morlaix.

Agnès Le Brun et sa majorité ont décidé avant même que ça puisse être discuté en conseil municipal d'une aide a minima touchant les familles de 60 à 65 enfants scolarisés dans les écoles publiques pour un coût pour la ville de 5000€ à peine, même pas équivalent de l'aide apportée dans le cadre des tarifs dégressifs subventionnés de cantine d'habitude et encore moins des économies réalisés sur les repas qui ne sont plus servis dans les cantines, avec des aides allant de 50€ à 150€ en une fois (et non tous les mois), pour une dotation moyenne de 80€ de chèques pouvant être dépensée pour des courses alimentaires dans les magasins morlaisiens.

C'est un effort de solidarité de la collectivité bien moindre que ce que nous proposions, voulions, et avions envisagé pour notre part avec une aide qui aurait être attribuée aux parents de 150 à 200 enfants d'école primaire, et pour un montant plus élevé comparable à celui de Brest et du Relecq-Kerhuon (150€ par enfant), municipalités de gauche qui déploient une vraie politique sociale contre les conséquences du Covid sur les inégalités. Par ailleurs, cette aide arrive bien tardivement... 

Sur la question de l'accueil petite enfance à Morlaix, nous avons proposé aussi d'être associés à la réflexion sur la gestion des problématiques pendant le temps du Covid, sur la sortie du confinement: Réflexion collective sur les conditions de réouverture de la crèche collective et de la crèche familiale municipale, garanties sanitaires chez les assistantes maternelles de la ville de Morlaix, sécurisation et continuité de revenus pour ces fonctionnaires territoriaux contractuels malgré la perte de nombre d'enfants à garder pendant le Covid.

Résultat, vous ne le devinez sans doute désormais: on ne nous a associés à rien. 

Nous apprenons par la bande qu'il n'y aura pas de garderie dans les écoles le matin et le soir, que la crèche collective du Pôle Petite enfance continuera à être fermé ( notamment car deux puéricultrices n'ont pas été reconduites dans leur contrat), qu'il n'y a toujours pas de protocole sanitaire et d'instruction claire de la ville pour les assistantes maternelles de la ville de Morlaix, qu'on demande aux assistantes maternelles de nettoyer et désinfecter leurs locaux, tout le linge  et tous les jouets chaque soir bénévolement et à leurs frais, qu'on ne donne pas de masques aux membres de leur famille qui vivent dans leur maison, pas plus qu'on ne donne de masques aux parents pour les enfants. Aucune communication ni décision sur les compensations à la perte de revenus des assistantes maternelles de la ville de Morlaix.

On apprend aussi par la bande que la ville de Morlaix ne versera probablement pas de primes à ses fonctionnaires territoriaux qui ont assuré la continuité du service public comme le gouvernement avait semblé le prévoir (sans le financer mais c'est une bataille à mener sur le relèvement des dotations d'Etat aux collectivités et une troisième loi de finances rectificative) pendant l'épisode du confinement sans qu'il y ait eu de réelle discussion là-dessus malgré notre question posée sur ce point lors de la seule réunion informelle d'échanges que nous ayons eu en dehors du Conseil Municipal du 16 avril, 10 jours avant, par viséo conférence.  

Nous avons également demandé à être associés à des échanges avec les structures culturelles et associatives pour évaluer leurs pertes liées aux mesures de sécurité et de santé publique de la période du confinement, total ou partiel, et discuter d'un plan de soutien de la collectivité. Aucune nouvelle. 

Moralité: Agnès Le Brun exclut les élus de gauche de toute participation à la réflexion, à la concertation, aux choix et concentre sur elle et deux trois personnes autour d'elle, pas forcément élus d'ailleurs, tout le processus de décision, sans rendre de compte à quiconque ni mettre en débat.

Et pourtant, de nombreuses questions sont posées.

Par exemple, sur la reprise des écoles, pour éviter des fonctionnements à géométrie variable, pour que cela puisse convenir aux parents (que leurs enfants n'aient pas cours en décalé), pour mobiliser d'autres moyens de la ville (animateurs, structures jeunesse, éducateurs) ou des associations pour retravailler à la socialisation et à la rupture de l'isolement des enfants au moment de la sortie du confinement le 12 mai. De toutes ces questions, nous aurions aimé en parler dans le cadre d'instances de concertation et d'échanges officielles de la ville, fusse par viséo-conférence, mais elles ne se réunissent pas... 

3/ Agnès Le Brun suspend sa campagne?

Elle l'a fait officiellement dans la presse le jeudi 12 mars, annulant son meeting du vendredi, et rétrospectivement elle prétend qu'elle aurait arrêté sa campagne bien avant encore, pour se préparer à affronter la crise du Covid-19, en élu responsable et visionnaire, encourageant même ses électeurs à ne pas venir voter le 15 mars, ce qui expliquerait qu'elle soit arrivée en seconde position derrière la liste d'union de la gauche Morlaix Ensemble conduite par Jean-Paul Vermot, au 1er tour, et ce malgré la présence d'une autre liste de gauche qui a fait tout de même près de 20%, son électorat âgé ne s'étant soi-disant pas déplacé...

Elle a ainsi martelé à la télé, sur les radios, le soir et le lendemain du 15 mars que les résultats du 1er tour des élections municipales n'étaient pas significatifs...

Il y a eu cette interview hallucinante de mauvaise foi d'Agnès Le Brun le 30 mars 2020 sous le titre: "La question de la sincérité du scrutin au premier tour est posée"...

La question du journaliste: Comment se sont déroulés les jours entourant l’annonce du report du second tour des élections municipales ?

Réponse d'Agnès Le Brun: "Dans les jours précédant le 1er tour, nous avons été beaucoup sollicités par les habitants qui manifestaient leur crainte d’aller voter. Pour ma part, le message aux administrés était déjà très clair : ne venez pas, restez chez vous ! J’avais fait le choix de suspendre ma campagne le 27 février et de me concentrer sur la mise en place du plan communal de sauvegarde. Depuis le soir du 1er tour, il n’y a plus aucune réunion physique entre les élus. J’ai mes adjoints au téléphone quotidiennement, nous communiquons à distance. Nous continuons à travailler chaque jour au fonctionnement des services essentiels à la vie de nos habitants et à protéger les plus fragiles".

https://elections.legibase.fr/actualites/interview/la-question-de-la-sincerite-du-scrutin-au-premier-tour-est-posee-108038         

Comment peut-on mentir avec autant d'aplomb?

Agnès Le Brun aurait demandé aux Morlaisiens de ne pas venir voter!!!

Tout est bon pour expliquer sa défaite lors de la première manche. 

Et pourtant, la réalité, c'est qu'à Morlaix les bureaux de vote où la participation a été la moins forte sont ceux des quartiers populaires ( Gambetta 36% de participation; Zoé Puyo 38%; Kerfraval 39%; La Madeleine 40%; Jean Jaurès 43%) et ce sont ces bureaux sont ceux qui votent le plus à gauche.

Et inversement, à Ploujean et au centre-ville, où l'on vote le plus à droite aux municipales (proportionnellement), la participation a été plus forte (49% à Ploujean, 53% de participation au bureau 1 de la mairie). Il y avait le 15 mars manifestement l'expression claire d'un besoin d'alternance et d'un désir de gauche à Morlaix (56,5% de l'électorat cumulé de Morlaix Ensemble et de Morlaix Alternative Citoyenne), et une liste de gauche que les électeurs ont mis en position de tête (Morlaix Ensemble) car ils lui reconnaissaient un projet, une campagne, une tête de liste crédible.

C'est vrai notamment dans les quartiers les plus populaires de Morlaix où Morlaix Ensemble, liste d'union de la gauche (citoyens engagés, PS, PCF, Génération-s), réalise ses meilleures scores:
49% à La Boissière pour Morlaix Ensemble contre 34% à la liste Agnès Le Brun
47% à La Madeleine pour Morlaix Ensemble contre 31% à la liste Agnès Le Brun
44% à Kerfraval contre 33% à la liste Agnès Le Brun

C'est l'expression aussi des échecs d'Agnès Le Brun en matière économique depuis 12 ans, de la limitation, du manque d'ambition et d'inventivité de sa politique sociale et du sentiment qu'ont souvent les habitants du plateau qu'il n'y a que le centre-ville et certaines catégories de la population qui comptent vraiment pour la droite aux responsabilités depuis 12 ans à Morlaix.

Des projets du musée et d'un ascenseur enterré mal financés qui vont coûter des millions d'euros à charge des contribuables, et en attendant, quelles projets sociaux, de vie quotidienne, économiques pour les quartiers populaires de Morlaix?

Depuis deux mois, donc Agnès Le Brun n'est plus en campagne, mais elle fait en sorte qu'il n'y ait que les élus de sa majorité, voire même ses colistiers, qui assurent pour le compte de la mairie le contact avec les personnes isolées vulnérables, les personnes âgées, et les services de solidarité vis à vis de ces citoyens plus exposés potentiellement aux conséquences du confinement. Les propositions de service des élus d'opposition ont été ignorées...

Depuis deux mois, Mme Le Brun communique de manière extrêmement personnalisée sur tout ce qui a trait à la gestion de la crise du Covid à Morlaix.

Il faut ouvrir les journaux où sa photo s'affiche quasiment chaque jour ou regarder la vidéo de ses interventions sur le site et la page Facebook de Morlaix pour avoir les informations.

Difficile d'avoir des infos sur les dispositions prises dans et par la ville sans passer par le filtre de "Super Agnès", en campagne permanente pour refaire son retard sous couvert de combat contre le Covid-19.

Nous avons demandé une information plus objective, moins incarnée, moins politicienne en conseil municipal, peine perdue...

Et quand on distribue les masques aux personnes âgées, il faut que Madame le maire soit là pour le faire en personne, et que les photographes et caméras soient là pour retransmettre l'évènement...

Le pompon, c'est quand Agnès Le Brun est venu se faire photographier lors d'un passage éclair de 20 minutes à la salle polyvalente de Ploujean où avait lieu l'atelier de fabriques de masques avec les bénévoles... dont certains d'ailleurs sont membres de la liste Morlaix Ensemble.

Les masques alternatifs distribués aux personnes âgées (pourquoi d'ailleurs simplement aux personnes âgées, les protections fonctionnent bien quand tout le monde porte des masques, et les masques devraient être distribués gratuitement pour tous?) ne semblent d'ailleurs pas correspondre aux normes AFNOR de protection impliquant 2 épaisseurs minimum de tissus quand fabrication artisanale et non pas une comme ça a été le cas sur les masques distribués la semaine dernière. D'autres défauts remontent depuis la distribution en main propre d'un masque par personne de plus de 65 ans, en présence de Madame le Maire, en échange de la remise de la carte d'identité: effilochage, jeu de bride trop lâche rendant le masque non conforme, forme de masque non validée par le document AFNOR SPECS76 -001.  On ne remet certainement pas en cause le travail dévoué des bénévoles qui ont fait les masques, c'est mieux que rien, mais on peut se demander si l'objectif est vraiment atteint, surtout quand on veut les distribuer de préférence  aux personnes fragiles !!! De manière générale, les équipements de santé publique demandent une fabrication dans des conditions professionnelles et devraient à notre sens être pris en charge massivement et dans des conditions égales pour tous les citoyens, tous les territoires, par l’État, au moins financièrement, avec des productions qui peuvent être locales et décentralisées, mais certifiées conformes, tandis que là chacun se débrouille au petit bonheur la chance et en s'appuyant sur les bonnes volontés, bénévoles bien souvent. 

Ceux-ci ont été photographiés aussi par le correspondant du Télégramme, mais ce ne sont pas ces photos qui ont été choisies mais celle du maire de Morlaix, photographiée en gros plan, alors qu'elle n'a évidemment pas participé elle-même à l'atelier couture... 

J'ai demandé en Conseil Municipal que la gestion des initiatives de la ville dans la période du Covid soit co-animée plus démocratiquement et collectivement en associant l'opposition et que la communication soit moins personnalisée autour d'Agnès Le Brun et de son équipe pour des raisons électoralistes alors qu'on pourrait être toujours dans l'entre deux-tours des élections municipales, mais peine perdue, force est de constater que l'occasion du Covid-19 suite au 1er tour des élections est trop belle pour certains...

Espérons que les Morlaisiens sauront dégager le bon grain de l'ivraie, faire la part entre un volontarisme et un travail effectifs de la municipalité et du maire dans la gestion du COVID, que nous ne contestons pas dans sa réalité, que nous avons salué même si si tout ne nous semble pas également légitime, et les effets d'instrumentalisation médiatique politicienne, et ne pas oublier qu'il y a 12 ans de gestion de la ville avant cette crise du Covid qui l'ont affaiblie de manière importante, de sorte que seule une alternance politique, avec un projet prenant à bras le corps les difficultés de la vile, peut donner des chances à un rebond de Morlaix.

Ismaël Dupont, 10 mai 2020

Partager cet article
Repost0
13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 06:07
Pourquoi Trump a besoin de faire de la Chine son bouc émissaire - Par Bruno Odent, L'Humanité - 12 mai 2020
Mardi, 12 Mai, 2020
Pourquoi Trump a besoin de faire de la Chine son bouc émissaire

Critiqué pour sa gestion des crises sanitaire et économique qui ravagent son pays, le président en campagne pour sa réélection multiplie les invectives et les accusations contre la Chine pour détourner l’attention, au risque de l’escalade.

 

Donald Trump ne cesse de hausser le ton à l’égard de la Chine, au risque d’alimenter de dangereuses tensions internationales. Il est allé jusqu’à accuser Pékin d’avoir sciemment laissé échapper le Covid-19 d’un laboratoire de Wuhan pour affaiblir les États-Unis et le monde occidental. De multiples études scientifiques invalident désormais formellement cette thèse. Mais qu’importe, le locataire de la Maison-Blanche et son secrétaire d’État, Mike Pompeo, insistent. Quoi qu’il en soit de l’origine du virus, « l’épidémie, martèle désormais Trump, aurait dû être arrêtée à la source qui était la Chine, mais ça n’a pas été le cas ». Le recours à l’agitation du « complot contre l’Amérique », un standard de l’extrême droite populiste états-unienne qui inspira le fameux écrivain Philip Roth, est actionné pour trouver un bouc émissaire aux menaces que fait peser la gestion de la crise par l’administration Trump sur la vie et l’emploi des citoyens des États-Unis.

Trump revoit sa ligne de campagne pour sa réélection en novembre

Pékin est montré du doigt dans un pays qui déplore dans la pandémie aujourd’hui au moins 80 000 victimes, quelque 1,3 million d’infections avérées et qui compte plus de 30 millions de chômeurs, soit un niveau qui renvoie à celui atteint lors de la Grande Dépression dans les années 1930. L’accusation doit détourner l’attention des responsabilités écrasantes du président dans la gestion de la crise sanitaire et dissuader d’interroger l’incurie d’un système de santé odieusement inégalitaire comme celle d’un contre-modèle social qui fait le plus souvent des salariés une simple variable jetable pour le patronat et les stratèges de Wall Street, obnubilés par leur priorité absolue au principe de retour de rentabilité pour l’actionnaire (shareholder value).

Donald Trump avait fait des performances de l’économie son principal argument pour sa réélection à la présidence en novembre prochain. Les crises sanitaire et économique ont totalement réduit à néant cette ligne de campagne. D’où le forcing auquel il se livre avec la complicité des gouverneurs républicains pour une réouverture rapide de l’économie, au mépris du risque d’une nouvelle flambée de la pandémie et de dizaines de milliers de victimes supplémentaires.

Fébrile, Trump tente de jouer de toute la panoplie de son répertoire, fort étendu au demeurant, de démagogue pour garder la main. Avant la Chine, il s’en est pris ainsi récemment à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à qui il a annoncé, en pleine pandémie, qu’il couperait les vivres en l’accusant d’avoir trop tardé à sonner l’alerte parce qu’inféodée à des intérêts chinois… déjà.

La Maison-Blanche a misé sur le Pentagone pour négocier

Les migrants venus du Mexique sont abonnés de longue date à cette fonction de boucs émissaires, indispensables à la narration politique (story telling) du magnat de l’immobilier. Il use de ce registre au parfum xénophobe à chaque occasion. Mais, surtout, quand il affronte un passage délicat, comme à la veille des élections de mi-mandat en 2018 où le Parti républicain était donné en perte de vitesse. Cette fois, au nom de l’état d’urgence sanitaire, il n’a plus seulement décidé d’étendre et de fortifier son mur de la honte à la frontière sud du pays, mais de carrément interdire toute immigration « pour, dit-il, préserver l’emploi des Américains ».

Loin de se réduire aux dérapages peu contrôlés d’un personnage versatile, ces attaques sont en parfaite cohérence avec une ligne stratégique nationale-libérale aussi précise qu’élaborée. Ce qui rehausse encore les dangers des dissensions croissantes avec la Chine. Donald Trump a beaucoup misé sur le Pentagone pour négocier, dans le cadre de la « diplomatie du deal » qu’il appelle de ses vœux, un retour ou une consolidation de l’hégémonie contestée de l’hyperpuissance. Il a augmenté coup sur coup, depuis son accession au pouvoir, les budgets militaires de 10 %. Ce qui fait des États-Unis le pays dont les dépenses d’armements équivalent à celles des dix puissances qui les suivent, Russie, France, Grande-Bretagne et Chine comprises. Il a consolidé sa force de frappe nucléaire qu’il prétend maintenant banaliser pour un éventuel usage hors dissuasion. Et il a pu achever le « pivot », entamé par Barack Obama, du déplacement du centre de gravité des forces armées états-uniennes sur la planète, du Moyen-Orient vers les pourtours de la Chine.

Un soutien inconditionnel de Washington à Taïwan

Trump met également de l’huile sur le feu d’une relance de la guerre commerciale en menaçant d’instaurer de nouvelles « taxes punitives » sur les importations chinoises. Les stratèges du national-libéralisme au sein de l’administration, comme l’économiste Peter Navarro, ont théorisé depuis des années un rééquilibrage, coûte que coûte, des échanges commerciaux entre les deux pays au profit des États-Unis. Trump a interdit ou fait interdire, par certains des plus dociles de ses alliés occidentaux, toute livraison de matériel par le géant chinois des télécommunications Huawei. Et il a manifesté une intransigeance encore plus autoritaire le 1er Mai dernier en bannissant, au nom de la sécurité nationale des États-Unis, tout achat d’équipements « conçus, développés, fabriqués ou fournis » par des entités agissant sous le contrôle « d’adversaires étrangers ». Ambiance.

Cette exacerbation des frictions fait craindre que l’escalade ne finisse par déboucher sur une véritable conflagration militaire. « La Chine ne sera pas l’Irak », a prévenu, durant le week-end dernier, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Pékin, en allusion directe aux capacités de ripostes martiales de l’empire du Milieu.

La virulence des attaques du président des États-Unis est d’autant plus préoccupante qu’elle bénéficie d’une approche quasi consensuelle des élus de l’opposition démocrate sur la question chinoise. Le Congrès a ainsi adopté à l’unanimité au Sénat comme à la Chambre des représentants, où les membres du parti de Joe Biden sont majoritaires, une loi approuvée par le président qui réaffirme un soutien inconditionnel de Washington à Taïwan. Soit une véritable provocation à l’égard de Pékin, qui ne cesse de réaffirmer que l’île est partie intégrante de la Chine.

Bruno Odent
Partager cet article
Repost0
13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 06:02
Inde : pour les travailleurs, le monde d’après est un brutal recul (Lina Sankari, mercredi 13 mai 2020)
Mercredi, 13 Mai, 2020
Inde : pour les travailleurs, le monde d’après est un brutal recul

Dans une volonté d’attirer les investisseurs européens et américains, plusieurs États sabordent le droit du travail. A coups de «mesures barbares» dénoncées par la Centrale des syndicats, la course au moins-disant social est lancée.

 

Laboratoire de la haine confessionnelle, l’Uttar Pradesh est désormais la petite officine de la casse sociale en Inde. L’État septentrional, dirigé par le moine extrémiste hindou Yogi Adityanath, a décidé de suspendre, le 6 mai dernier et pour trois ans, trente-cinq lois de protection des travailleurs au prétexte de relancer l’économie et de ne pas laisser au bord de la route les migrants qui ont quitté New Delhi à l’annonce du confinement. Selon le ministre du Travail de l’État, Swami Prasad Maurya, seules quatre dispositions législatives devraient survivre au capitalisme autoritaire qui se dessine dans un pays où les ouvriers des petites usines n’ont déjà pas de contrat de travail et où les inspections sont rares : l’une sur le BTP, deux autres sur les accidents du travail et le paiement régulier des salaires et la dernière sur le travail forcé. Les lois relatives au paiement des primes et au versement des prévoyances deviennent toutefois caduques. Il en va de même pour les lois relatives aux syndicats et au règlement des conflits dans l’entreprise, les contrats de travail, la santé et la sécurité.

Des «conditions esclavagistes»

L’opposition n’a pas tardé à réagir : « Détruire la main-d’œuvre revient à détruire la croissance économique. L’agenda diabolique du BJP (Parti du peuple indien au pouvoir - NDLR) doit être combattu et vaincu pour sauver l’Inde », s’est indigné le secrétaire général du Parti communiste d’Inde-marxiste (CPI-M), Sitaram Yechury. Dans un même mouvement, la Centrale des syndicats indiens (Citu) a dénoncé « des mesures barbares qui visent à imposer des conditions esclavagistes aux travailleurs qui créent réellement la richesse du pays brutalement pillée par les capitalistes et les grandes entreprises ».

4 heures de travail en plus par jour sans augmentation

Le Madhya Pradesh et le Gujarat, également dirigés par le BJP, et le Rajasthan, où le Congrès a la majorité, ont pris des dispositions similaires, dont certaines devront passer par le niveau fédéral avant validation. Les syndicats s’inquiètent déjà de voir une majorité d’États s’engager dans cette course au moins-disant social afin de ne pas faire fuir les investisseurs. Le Madhya Pradesh a ainsi fait passer le temps travail journalier de huit à douze heures sans augmentation de salaire. Grâce à un assouplissement de la loi sur le travail contractuel, les entreprises locales auront la possibilité d’embaucher et de licencier « à leur convenance » mille jours durant. Enfin, les entreprises ne sont plus tenues de respecter les normes de sécurité industrielle et les nouveaux ateliers seront exemptés des règles basiques d’accès aux toilettes ou de congés payés. Mieux, ils n’auront plus besoin d’informer le ministère du Travail en cas d’accident.

Profiter de la défiance à l’égard de la Chine

Cette vague antisociale précède les desiderata du patronat. Vendredi dernier, lors d’une réunion au ministère du Travail, la Confédération de l’industrie indienne a demandé que les salariés qui ne regagneraient pas leur poste faute de mesure de sécurité ou de la poursuite du confinement soient sanctionnés. Le ministre de tutelle a simplement indiqué travailler à de nouvelles dispositions législatives. Derrière cette attaque contre le droit du travail, une bataille du capital indien contre les capitaux européens et américains qui ont suspendu leurs commandes du jour au lendemain du fait de la crise du Covid-19. Le patronat indien se veut à l’initiative afin de faire revenir les investisseurs, voire d’en attirer de nouveaux à la faveur de la défiance qui touche désormais la Chine.

Lina Sankari
Partager cet article
Repost0
13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 05:56
Risque d’extinction de communautés indigènes en Amérique latine - Rosa Moussaoui - L'Humanité, 7 mai 2020

Jeudi, 7 Mai, 2020

 « Risque d’extinction » de communautés indigènes en Amérique latine

Rosa Moussaoui - L'Humanité

Les peuples autochtones, déjà affectés par une grande vulnérabilité sociale, économique et sanitaire, sont les plus exposés à la pandémie. Elle se conjugue, pour le pire, à des crimes environnementaux en plein essor.

Il est apparu plusieurs fois en larmes à la télévision, décrivant des « scènes de film d’horreur ». Ce mercredi, Arthur Virgilio, maire de Manaus, la capitale de l’Amazonie brésilienne, submergée par la pandémie de Covid-19, a encore lancé un déchirant appel au monde : « Pendant des décennies, nous avons joué un rôle important pour la santé de la planète, en conservant 96 % de notre forêt d’origine. Maintenant, en retour, nous avons besoin de personnel médical, de ventilateurs, d’équipements de protection, de tout ce qui peut sauver les vies de ceux qui protègent la grande forêt. » Jusqu’ici, l’État d’Amazonas, le plus touché du Brésil, a enregistré, selon les chiffres officiels, 649 décès dus au coronavirus. Le système de santé public est au bord de l’effondrement : plus de 95 % des lits en réanimation sont occupés et la région présente le taux de létalité le plus haut du pays.

Comme redouté, les populations indigènes, déjà affectées par une grande vulnérabilité sociale, économique et sanitaire, sont les plus exposées à la pandémie et à ses conséquences. Certaines communautés en danger interdisent désormais l’entrée de leur territoire aux étrangers, mais le sort des indigènes vivant en zone urbaine, dans la pauvreté, est tout aussi préoccupant. C’est en fait une véritable crise humanitaire qui s’installe.
Pauvre et isolée, l’Amazonie colombienne, touchée à son tour

Depuis l’épicentre brésilien, le coronavirus s’est frayé un chemin dans la forêt, propagé par les intrus : orpailleurs clandestins, pilleurs de bois et grileiros qui profitent de la suspension des patrouilles pour défricher des terres qu’ils accaparent. Pauvre et isolée, l’Amazonie colombienne, touchée à son tour, détient déjà, aux confins sud du pays, le funeste record du taux de Covid-19 le plus élevé, avec 30 cas pour 10 000 habitants. Un bilan probablement sous-évalué, faute de moyens de dépistage. « Ici, il n’y a pas d’eau potable, le système de santé est très précaire. Si le virus se propage, les morts seront inimaginables », se désespère Arley Canas, un Inga vivant dans la réserve d’Uitiboc. L’Organisation nationale indigène de Colombie va jusqu’à redouter un « risque d’extinction » des populations autochtones. L’inquiétude est particulièrement vive pour les communautés isolées. « L es indigènes qui vivent en isolement volontaire sont spécialement vulnérables aux maladies infectieuses, du fait qu’ils n’ont aucune immunité face à la majorité de ces maux », résume Claudette Labonte, une porte-parole de la Coordination des organisations indigènes du bassin amazonien.

    Voir aussi : Brésil. À Manaus, "on se croirait dans un film d'horreur"

La crise sanitaire présente ravive, de ce point de vue, une mémoire douloureuse : celle de la colonisation bien sûr, avec des peuples décimés par les maladies apportées par les conquérants, mais aussi celle des années 1960 et 1970, quand la varicelle, la rougeole et la ­coqueluche, propagées par l’expansion des plantations d’hévéa, semaient la mort, tuant, dans certains villages, jusqu’à la moitié de la population.
Une gigantesque fuite de pétrole brut prive d’eau et de pêche 27 000 indigènes

Pour ces communautés fragilisées, la crise sanitaire se conjugue aujourd’hui pour le pire avec la destruction de leur habitat et des crimes environnementaux en plein essor. Encouragée par Bolsonaro avec son projet de loi qui « propose la libération des territoires autochtones pour l’exploitation des minéraux et des ressources en eau », la déforestation, au Brésil, bat son plein. D’après les données relevées par satellite, elle est en hausse de 71,2 % par rapport à la même période en 2019. Dans un autre registre, en Équateur, plusieurs dizaines de communautés indigènes viennent de saisir la justice contre les entreprises pétrolières et l’État, après une gigantesque fuite de pétrole brut qui a pollué la rivière Napo, un affluent de l’Amazone, privant d’eau et de pêche 27 000 indigènes des ethnies kichwa et shuar, en pleine crise sanitaire.

Avant la pandémie, déjà, les peuples autoch­tones étaient engagés dans une lutte historique pour leur survie . « Il y a longtemps, notre maison a été envahie par des gens qui ne pensaient qu’à la richesse. Ils sont entrés et nous ont tués avec des maladies que nous ne connaissions pas, écrit Francineia Fontes, du peuple Baniwa, dans un texte publié par Amazonia Real. Nous sommes originaires de cette terre et nous sommes fiers d’appartenir à des peuples qui luttent pour délimiter leurs territoires, ­résistent et continuent d’exister. Avec ou sans pandémie, nous continuerons. »

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011