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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 05:41

 

Arnaque ou insouciance poussée à l’absurde par l’idéologie start-up ? Une jeune pousse spécialisée dans la santé a réussi à tenir près de dix ans, à peser 10 milliards, sans avoir réussi à produire quoi que ce soit.

Tout a commencé comme un conte de fées moderne. Une brillante jeune fille de 19 ans, en deuxième année de chimie à la prestigieuse université de Stanford, située en plein au cœur de la Silicon Valley, décide de tout plaquer pour lancer sa start-up dans la santé, Theranos. Elle n’a aucune compétence médicale, juste une idée et, selon la mythologie californienne, cela suffit.

 

Pour quelques gouttes de sang, les billets verts affluent

Nous sommes en 2003, et Elizabeth Holmes dépose un brevet pour un outil à brancher sur son téléphone portable qui, en recueillant quelques gouttes de sang au bout du doigt de l’utilisateur, peut effectuer des centaines de tests sanguins. Hormis la totale inconnue de sa faisabilité, l’idée peut séduire les plus téméraires des « business angels » de Californie. Son argument : si vous n’investissez pas dès le début, vous risquez de passer à côté du d’une révolution dans la médecine. Son autre promesse de récupérer et monétiser les données de santé issues de millions de tests sanguins fait que les billets verts affluent vite. Une importante chaîne de pharmacie (plus de 8 000 enseignes) signe un accord pour distribuer les produits quand ils seront prêts, renforçant la crédibilité du projet. Elizabeth Holmes commence à être invitée dans de nombreux médias, son histoire fascine et, pour une start-up technologique, tout le monde comprend le discours qu’elle rabâche à longueur de plateaux : beaucoup de diagnostics se font via des tests sanguins, qu’elle promet de rendre plus rapides, plus fiables et moins chers.

 

L’avatar de Steve Jobs à la tête d’une Licorne, Theranos

Pour rassurer les investisseurs, elle s’entoure d’un conseil d’administration composé de vieux hommes blancs reconnus, mais qui n’y connaissent rien en médecine. Elle débauche des cadres chez Apple et imite autant que possible Steve Jobs, le fondateur de la marque à la pomme, qui a acquis à sa mort en 2011 une aura quasi mystique de génie de la Silicon Valley. Elle va jusqu’à porter le même uniforme, son éternel pull à col roulé noir.

À l’orée 2013, après plusieurs années de développement, pas l’ombre d’un Mini Lab – le nom de son produit – à l’horizon. Les investisseurs s’agitent. La start-up devenue licorne (dépassant le milliard de dollars de capitalisation) assure que des tests sont faits, qu’ils sont concluants. Dans les bureaux de Theranos, rien ne filtre, les services sont cloisonnés, les salariés ont la stricte interdiction de communiquer.

Mini-Lab, une illusion qui rapporte des millions

On apprendra plus tard que ces tests sanguins ont été effectués le plus souvent avec les outils de concurrents, qu’aucun des prototypes créés n’a jamais produit de résultat correct. L’un des mantras de l’idéologie start-up est « Fake it, till you make it », soit « Faites semblant que ça marche jusqu’à ce que vous y arriviez ». Elizabeth Holmes a peut-être poussé le bouchon un peu loin. Cette même année 2013, elle annonce avec assurance la commercialisation du Mini-Lab avant décembre. C’est l’effervescence. Elle fait la couverture de Forbes pour être la plus jeune milliardaire du monde à ne pas avoir hérité de sa fortune, estimée à 4,5 milliards de dollars. Theranos, elle, pèse plus de 9 milliards. Près d’un million d’États-Uniens réservent le produit dans les pharmacies.

 

Wall Street Journal révèle la surpercherie

À sa sortie, le Mini-Lab ne fonctionne pas : impossible de réussir tous ces tests avec si peu de sang. Elizabeth Holmes achète des centaines de machines à Siemens, qu’elle ordonne à ses ingénieurs de modifier pour faire illusion. Et son charisme fait le reste jusqu’à fin 2014, lorsque John Carreyrou, journaliste d’investigation spécialisé dans la santé du Wall Street Journal, décide d’enquêter et de dévoiler la supercherie. Un travail au long cours d’autant plus complexe que le propriétaire du journal, Rupert Murdoch, avait investi 125 millions dans Theranos. L’entreprise a fermé définitivement ses portes en septembre 2018. Elizabeth Holmes, elle, attend son procès, repoussé à cause du Covid. Elle risque jusqu’à 20 années de prison. Mais elle fascine toujours : Hollywood a déjà prévu l’adaptation de son histoire au cinéma.

 

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 05:38

 

Frappés de plein fouet par la suppression de taxes et le coronavirus, les départements et régions risquent de perdre 7,3 milliards d’euros.

Une bombe sociale à retardement est amorcée dans le financement des collectivités locales. En 2020, ces dernières vont essuyer des pertes de recettes à hauteur de 7,3 milliards d’euros, selon un rapport du député LaREM Jean-René Cazeneuve, publié le 29 juillet. Le choc est provoqué par une baisse des recettes fiscales (5,2 milliards) et tarifaires (2,3 milliards) et des surcoûts liés au Covid-19 (3,6 milliards). Un immense manque à gagner pour les territoires, alors que les besoins ne cessent d’augmenter avec la crise sociale, et la légère reprise de l’épidémie. Des pots cassés, il risque d’y en avoir, et les services publics rendus aux habitants pourraient en pâtir, avec à la clé une montée des inégalités. « Les régions subiront des pertes de recettes qui, si elles devraient rester contenues en 2020, seront importantes en 2021 et impacteront leurs capacités d’investissement », précise également le document. Pour le député LaREM, il « convient donc d’envisager de nouvelles interventions de l’État lors du projet de loi de finances pour 2021 ». Interpellé par les élus locaux au début de la crise sanitaire, l’État avait fini par débloquer, en juin, une enveloppe de 4,5 milliards d’euros. Ce jeudi, Jean Castex a également annoncé le déblocage d’une enveloppe de 600 millions d’euros à destination des régions, afin de préserver leurs capacités d’investissement après la crise. Des sommes jugées largement insuffisantes par les collectivités, qui demandent toujours au gouvernement un plan de soutien massif.

Lola Ruscio

 

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 14:21

 

Deux terribles explosions, d'origine pour le moment inconnue, viennent de frapper le port de la capitale libanaise. Beyrouth compte près de 30 morts et plus de 2500 blessés. Ce drame intervient pendant que le pays connait une tourmente politique, économique, sociale et financière sans précédent. Cette nouvelle tragédie éclate alors que la colère du peuple libanais ne cesse de s'exprimer face à la corruption et la gabegie des élites politiques qui plongent les populations dans la misère tandis que la Covid-19 montre des signes de regain. Le Liban doit aussi faire face aux conflits régionaux, aux menaces d'Israël et aux ingérences étrangères qui accroissent l'instabilité.

En ces circonstances dramatiques, le Parti communiste français (PCF) exprime sa profonde tristesse, partage le deuil du peuple libanais et lui exprime sa solidarité totale dans cette nouvelle épreuve.

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 14:17

 

La fuite de Juan-Carlos de Bourbon, ancien chef de l’Etat espagnol par la grâce de Franco, soupçonné de corruption, est un acte honteux qui montre à quel point un monarque se considère comme au-dessus des lois.

 

 

L’immunité accordée au chef de l'Etat et l'institution monarchique elle-même vont à l'encontre des exigences de justice, de démocratie et d'égalité. A plus forte raison dans un pays frappé par des crises économiques et sociales successives dont est victime la population.

Saint-Just disait fort justement qu’on ne peut pas régner innocemment.

 

Le PCF réaffirme avec force et solennité sa solidarité avec les communistes et la gauche d’Espagne, avec tous ceux et celles qui militent pour ouvrir un large débat sur le modèle d’Etat en Espagne et pour la IIIe République. Une République, solidaire et plurinationale, garantissant à tous et toutes les droits sociaux, civils et politiques, la même justice pour toutes et tous et la souveraineté du peuple, est plus que jamais à l’ordre du jour.

Viva la tercera Republica !

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 05:45

 

Le film de Fritz Lang saisit l’avènement d’une civilisation urbaine, l’entrée dans l’âge des foules, la tyrannie du taylorisme. Dans une ville du futur clivée entre un univers ouvrier souterrain et des possédants tutoyant le ciel.

Il s’est projeté d’un siècle dans le futur pour peindre le Berlin de son temps, celui du mitan des années 1920, avec son abîme séparant la vie de jouissance des possédants de l’implacable labeur des ouvriers plongés dans une effroyable misère, au lendemain d’une révolution assassinée. Metropolis, ce n’est pas seulement une dystopie : c’est un miroir tendu par Fritz Lang à son époque. Dans cette œuvre d’anticipation, le récit importe moins que le monde façonné par le cinéaste allemand. Luis Buñuel jugeait d’ailleurs l’intrigue tramée par la scénariste et compagne du réalisateur, Thea von Harbou, triviale et ampoulée, « d’un romantisme suranné » ; il lui préférait le « fond plastico-photogénique » du film, digne, selon lui, du « plus merveilleux livre d’images ». Le générique, d’emblée, esquisse un fascinant univers de rouages et de pistons, machinerie folle, insatiable, ininterrompue. À l’ombre des gratte-ciel et des cheminées crachant vapeurs et fumées, une grille se lève. Deux bataillons d’ouvriers se croisent, le temps d’une relève, au pas cadencé, en uniformes gris, têtes baissées, corps raides, bonnets frappés d’un numéro de matricule. Cet univers carcéral, concentrationnaire, est comme une stupéfiante préfiguration du nazisme : dans son Histoire du cinéma, Georges Sadoul raconte l’histoire d’un déporté gravissant en 1943 le monumental escalier du camp d’extermination de Mauthausen. À l’un de ses compagnons, il lança : « Connais-tu le film Metropolis ? » Le film a fasciné Adolf Hitler et son ministre de la propagande, Goebbels, qui offrit même à Fritz Lang de devenir le cinéaste officiel du régime, après avoir fait interdire le Testament du docteur Mabuse. « C’est nous qui décidons qui est juif et qui ne l’est pas », aurait-il dit au réalisateur, qui feint d’accepter avant de prendre aussitôt la fuite. Von Harbou, elle, fit allégeance aux nazis en 1933…

Dans les usines de la cité futuriste, les horloges ont dix heures : le temps du travail, avant que les ouvriers ne rejoignent leur antre souterrain, obscur, hérissé de barreaux. À la surface, un tout autre monde, scintillant celui-là, se prélasse à la lumière du jour, dans les floraisons baroques d’extravagants jardins. Les corps y sont déliés, les visages, épanouis. Les deux univers entrent en collision lorsque surgit Maria, pacifique figure de la réconciliation entre les classes, entourée d’enfants dépenaillés, pieds nus, aux visages maculés. L’apparition embrase l’esprit de Freder Fredersen, fils choyé du maître de Metropolis, qui finit par rejoindre les lugubres entrailles de la ville, où les machines dictent aux hommes, jusqu’à l’épuisement ou la mort, leurs lois et leurs cadences infernales. Ces engins de malheur lui apparaissent sous les traits d’un Moloch avide, dévorant goulûment ses proies.

Dans le monde d’en haut, les plus fortunés comptent eux aussi le temps… et les profits. Autour d’une moderne tour de Babel, la ville, tentaculaire, dense, verticale, part à l’assaut du ciel, se fond dans le mouvement perpétuel qu’elle orchestre. Son architecture annonce le brutalisme d’après guerre ; sur ses routes suspendues que survolent les avions, le flux des véhicules ne connaît pas de trêve. Dans les catacombes de Metropolis se jouent des scènes plus archaïques. En prêtresse antique, entourée de croix et de bougies, Maria y prêche, dans un chaos rocheux creusé d’abris troglodytiques, la fraternité universelle. De cavernes en grottes, elle sera traquée par Rotwang, savant fou qui, sur ordre du maître de Métropolis, fera d’un inquiétant androïde féminin de son invention le double maléfique de la jeune femme. Sous ses traits, le robot sèmera la discorde et le désordre, avant de finir sur un bûcher. L’ordre rétabli, la véritable Maria décrète que le cœur (Freder) doit assurer la médiation entre le cerveau (le Maître) et les bras (les ouvriers). Fritz Lang lui-même a renié l’épilogue réconciliateur de cette œuvre de science-fiction : « La conclusion est fausse, je ne l’acceptais déjà pas quand je réalisais le film », confiait-il, en insistant plutôt sur sa tentative de capturer « le rythme bourdonnant du progrès inouï de la civilisation ». Metropolis saisit l’avènement d’une civilisation urbaine, l’entrée dans l’âge des foules, la tyrannie du taylorisme, les contrastes entre des mondes sociaux. Son esthétique et ses protagonistes inspireront des œuvres au fond plus tranchant : au cinéma, les Temps modernes, de Chaplin, et au théâtre, Sainte Jeanne des abattoirs, de Bertolt Brecht, qui résonne comme une réponse communiste à l’illusoire concorde bénie par Maria.

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 05:38

 

L’ordonnance chargée de mettre en musique la lutte contre l’habitat indigne doit entrer en vigueur en janvier prochain. L’Humanité a eu connaissance de ce texte qui comporte des reculs pour les locataires et des cadeaux aux propriétaires.

En théorie, ça devait être une vraie avancée. Adoptée à l’automne 2018, la loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, dite loi Elan, promettait des outils pour faciliter la lutte contre l’habitat indigne. L’ordonnance de mise en application, qui a été discutée début juillet et devrait être adoptée en Conseil des ministres en septembre, laisse pourtant les acteurs du secteur perplexes, voire franchement inquiets. « Cette loi est destinée à simplifier l’action des pouvoirs publics. Mais du point de vue des occupants, elle pose de nombreuses questions. D’une part, cela ne leur évitera pas d’être pris dans une partie de ping-pong entre les autorités compétentes, qui se renvoient la balle. De l’autre, il n’y a aucune garantie qu’il n’y ait pas une régression de leurs droits », résume Samuel Mouchard, responsable de l’espace solidarité habitat de la Fondation Abbé-Pierre (FAP), qui reçoit et accompagne des victimes de marchands de sommeil.

Une dilution des responsabilités

Premier point d’incompréhension, l’absence d’un acteur unique et intelligible en matière de lutte contre l’habitat indigne. L’objectif de l’ordonnance tel qu’il est annoncé dans la loi est « d’harmoniser et de simplifier les polices administratives », c’est-à-dire les différentes réglementations qui s’appliquent. À l’heure actuelle, il en existe treize, sept agissant au nom du Code de la construction et de l’habitation et cinq au titre du Code de santé publique. Veiller au respect des premières règles est du ressort du maire, quand celles liées à la santé relèvent de la responsabilité de l’État. Cette dilution des responsabilités complique la recherche de solutions. En mai 2019, le député PCF Stéphane Peu avait déposé une proposition de loi pour « établir clairement la répartition des responsabilités entre État, collectivités et établissements publics afin d’éviter l’effet ping-pong » et faire de l’État le seul garant de la lutte contre l’habitat indigne.

L’ordonnance proposée par le gouvernement ne résout pas ce problème. En regroupant l’ensemble des réglementations dans une seule police, comme l’avait proposé en mai 2017 un rapport du député LaREM du Val-d’Oise Guillaume Vuilletet, elle devrait néanmoins faciliter le travail de ceux qui sont chargés de mettre en œuvre les mesures contre les marchands de sommeil. « Avec cette simplification, on peut espérer que les procédures seront plus rapides », commente Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au logement (DAL). Pour autant, les responsabilités restent divisées et les démarches toujours aussi complexes pour les locataires. « Il n’y a plus qu’une législation, mais les acteurs restent les mêmes, déplore Samuel Mouchard.  Cela veut dire que les occupants de ces logements vont continuer à ne pas savoir vers qui se tourner, avec un risque que celui qui est interpellé, le maire ou la préfecture, se dise incompétent. On a raté l’opportunité de faciliter les démarches des victimesen leur offrant un interlocuteur unique. »

Un cadeau aux marchands de sommeil

Une autre disposition du texte s’apparente à un véritable cadeau offert aux marchands de sommeil. La suspension immédiate et automatique des loyers suite à un arrêté d’insalubrité sur les parties communes, aujourd’hui en vigueur, y est supprimée. L’ordonnance stipule que « lorsque l’arrêté de mise en sécurité porte exclusivement sur les parties communes d’une copropriété, les loyers ne cessent d’être dus que pour les logements devenus inhabitables ». Cette disposition est un retour en arrière. « La suspension des loyers est un des outils les plus efficaces de lutte contre l’habitat insalubre. Cette mesure joue autant un rôle de prévention auprès des propriétaires qu’un rôle de protection auprès des locataires », a rappelé, le 30 juillet, Ian Brossat, adjoint PCF en charge du logement à la mairie de Paris, dans une lettre adressée à la nouvelle ministre du Logement, Emmanuelle Wargon. La question n’est pas un point de détail. Dans une grande partie des logements indignes, ce sont avant tout les parties communes qui sont touchées, les propriétaires veillant à maintenir dans un état acceptable les appartements pour pouvoir les louer. Autre problème, avec cette nouvelle réglementation, non seulement les propriétaires négligents vont continuer à toucher des loyers, mais ils pourront les cumuler avec des aides à la réhabilitation .

À la place de la suspension des loyers, un outil simple et efficace de pression sur les propriétaires, le gouvernement prévoit la mise en place d’un système d’astreintes financières. « Le problème, c’est que celles-ci sont aléatoires. Il faut saisir la justice, obtenir une décision. Toutes les municipalités n’ont pas les moyens de le faire, et il y a toujours un risque qu’au bout d’un certain temps, le juge les diminue », explique Jean-Baptiste Eyraud. Ce système va aussi pénaliser les propriétaires occupants. Alors que la perte des loyers ne les concernait pas, ils seront désormais soumis à l’astreinte au même titre que les propriétaires bailleurs. Cette disposition est d’autant plus injuste que dans les immeubles insalubres, les propriétaires occupants ont souvent des revenus modestes et peinent déjà à faire face aux charges de copropriété. Ils se retrouvent aussi souvent otages d’autres propriétaires indélicats qui refusent de payer leur part de l’entretien des parties communes. Ces pas en arrière sont en contradiction avec la volonté affichée par l’ex-ministre du Logement Julien Denormandie de mener « une véritable guerre aux marchands de sommeil ».

Vers une régression des droits des occupants ?

S’ils semblent une bonne idée, la simplification et le regroupement des textes de loi inquiètent aussi. « Vouloir rendre les procédures plus lisibles, c’est bien, mais il faut être vigilant et s’assurer que cela n’aboutira pas à une régression des droits des occupants. Le système actuel est complexe, mais il est complet parce qu’il répond à des situations et des problématiques très diverses. Nous avons l‘impression que dans l’ordonnance, les problématiques de santé sont désormais passées au second p lan. C’est un problème quand on sait que beaucoup de situations d’habitat insalubre, surtout les moins visibles, ont des conséquences graves sur la santé », estime Samuel Mouchard. Dans le même ordre d’idées, l’absence de précision concernant l’application des droits des occupants – droit à bénéficier de travaux, droit à être hébergé, à être relogé – en cas de procédure d’urgence est un autre motif d’inquiétude. Certains acteurs du secteur évoquent aussi le risque que la nouvelle législation, en étant trop imprécise et pas assez contradictoire, ouvre la voie à de nombreuses contestations de décisions devant les tribunaux.

Reste la très concrète question du temps. Il aura fallu un peu moins de deux ans entre la rédaction de la loi Elan et celle de l’ordonnance de mise en application. Il n’y aura en principe que quatre mois entre l’adoption de l’ordonnance et son application, prévue en janvier 2021. « Le timing est court pour arriver à former les personnels des structures de l’État et des collectivités locales sur le nouveau texte. Nous avons, du coup, des inquiétudes sur sa mise en œuvre. Il y a un risque de temps de latence dans le traitement des arrêtés. Si les formations sont insuffisantes, il y a aussi un risque de voir se multiplier les recours en justice. Il est nécessaire de laisser a ux acteurs le temps de comprendre les subtilités du texte et de s’organiser », souligne Cécile Guerin-Delaunay, chargée de mission conduite de projets de territoire à la fédération Soliha, principale association de réhabilitation de l’habitat.

En principe, le texte de l’ordonnance n’est pas définitif. Alerté par les associations et les acteurs du secteur, le gouvernement a indiqué qu’il allait revoir sa copie. Il a deux mois pour redresser la barre et montrer que sa volonté de lutter contre l’habitat indigne est plus qu’un affichage.

Camille Bauer

 

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 05:30

 

Troisième projet de loi de finances rectificative pour 2020 : explication de vote

Je veux d’abord, au nom du groupe CRCE, remercier l’ensemble du personnel du Sénat, dont le professionnalisme nous permet de travailler dans des conditions vraiment excellentes.

L’examen de ce troisième PLFR a donné lieu à de nombreux débats d’idées, que nous avions déjà eus, pour nombre d’entre eux, les années précédentes.

Nous devons revoir totalement notre système de fiscalité. Le débat a montré qu’il n’y avait pas de roue de secours aux logiques économiques et financières qui sont celles tant de la majorité actuelle que des majorités précédentes. Mes chers collègues, nous sommes face à un cocktail explosif, du fait de la dégradation des indicateurs sociaux et économiques et des tensions internationales.

Je pense sincèrement – je le dis en toute humilité – que nous ne sommes pas à la hauteur des enjeux et des défis qui sont devant nous. Pas grand-chose n’a changé. Il y a même des insolences. Ainsi, les cinq premières fortunes disposent d’un patrimoine équivalant au déficit de 2020 !

M. Philippe Dallier. Avant, c’était les cent familles ; maintenant, c’est les cinq familles...

M. Pascal Savoldelli. Notre collègue Julien Bargeton défend la politique du Président de la République, et c’est normal, mais il y a tout de même 460 milliards d’euros de déficit ! Les indicateurs sont extrêmement préoccupants.

Pour notre part, nous pensons que nous ne sommes pas engagés sur un nouveau chemin menant à plus d’égalité sociale et territoriale et d’innovation environnementale. Rien, dans les décisions prises aujourd’hui, ne nous prouve le contraire. Alors que les collectivités territoriales demandaient 7,5 milliards d’euros, seulement 4,5 milliards d’euros leur ont été donnés. Aucune des exonérations sociales qui ont été accordées aux entreprises n’est assortie de conditions. Nous avons été incapables d’imaginer la moindre recette innovante pour l’État.

Notre groupe a tout de même un motif de satisfaction, celui d’avoir obtenu, avec votre concours, mes chers collègues, la taxation des Gafam à la mesure de leurs immenses profits. Nous sommes heureux d’avoir arraché 150 millions d’euros pour la recherche scientifique. Nous nous réjouissons également de la promotion de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, via les exonérations sociales.

M. le président. Veuillez conclure, mon cher collègue.

M. Pascal Savoldelli. Nous ne voterons pas ce troisième PLFR. La confiance, pour nous, n’est pas une concession à la pares

 

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 12:42
Triste nouvelle : notre camarade Yvette, épouse de Michel PRIGENT, est décédée.
Michel et Yvette étaient, sont des militants d'une grande générosité.
Elle va nous manquer.

Ses obsèques se sont déroulés le jeudi 30 juillet.

 
 

Roger HERE, son camarade Ignacien et 1er adjoint de la nouvelle municipalité de Plouigneau, a lu, à cette occasion un texte hommage à Yvette PRIGENT

 

 

 

Yvette,

 

Il me revient le difficile privilège de t’adresser ces quelques mots d’adieu.

 

Avec toi, notre amie, notre camarade, c’est une figure Ignacienne qui s’efface, mais non sans laisser les traces d’une vie active et passionnée…

 

Une mémoire vivante aussi qui disparaît, car rien de ce qui a fait la vie de la commune de Plouigneau et du Trégor finistérien ne t’échappait, et en particulier  quand il s’agissait de questions  politiques.

 

Beaucoup t’ont connue à Plouigneau depuis des lustres, et pensent tout naturellement que tu es Ignacienne de naissance, pure souche,...Eh bien pas du tout !

 

D’autres pensent que tu es née à Plouégat Moysan… Eh bien pas davantage non plus !

 

Non, car comme bon nombre de bretonnes et bretons tu es née à Paris, le 17 octobre 1937, dans le 15ème...un quartier qui n’est plus aujourd’hui celui de prolétaires, tu dois bien l’admettre.

 

Car ton papa avait un emploi chez Renault, à Billancourt, ceci explique cela !

 

Cependant, en raison de problèmes de santé, les médecins conseillent à ton papa un retour en Bretagne. Et te voilà arrivée à Plouégat (Moysan bien sûr).

 

C’est là que grandit le petit « garçon manqué » que tu étais, selon l’expression populaire de l’époque, sportive et dégourdie, ne ratant aucune occasion de grimper aux arbres, paraît-il. C’est donc à Plouégat Moysan que la petite Yvette Derrien a grandi.

 

Prof de gym ! tu voulais devenir prof de gym ! Mais une angine mal soignée est venue contrarier tes projets. Tu me l’a redit plusieurs fois ces dernières années, et la dernière fois que tu me l’as rappelé c’était il y a quelques semaines seulement. Un événement marquant pour toi, car cette maladie, les médecins te l’ont confirmé, fut la source de tes ennuis cardiaques qui ne te quitteront plus  tout le reste de ton existence jusqu’à son achèvement mardi dernier.

 

Adieu donc le rêve de prof de gym, adieu aussi la perspective de rentrer dans les PTT qui te fut refusée pour ces raisons de santé.

 

Tu te résous donc à monter à Paris, ta ville de naissance, pour chercher du travail.

 

Et tu es embauchée à l’imprimerie « Archer contact » à Montreuil en 1957. Tu avais 20 ans !

 

C’est au cours de cette même année 1957, à 20 ans que tu adhères aussi au Parti Communiste Français auquel ta fidélité sera sans interruption et sans faille aucune (63 ans de parti, rien que ça!).

 

Il faut dire que tu as été élevée dans une famille coco. Le papa l’était bien sûr, mais bien d’autres aussi, dont par exemple le tonton Roger (Roger Geffroy) qui a d’abord été un résistant, agent de liaison FTP, au maquis de Saint Laurent, puis un fidèle compagnon d’armes (au sens politique s’entend) de Jacques Duclos.  Michel m’a même  dit que tu as participé à certaines des ces campagnes politiques. Evidemment, avec de tels formateurs, c’est sûr, ton engagement ce sera du solide !

 

Nous voici maintenant en 1960 ; et un événement très important survient dans ta vie : la naissance de ton fils Eric.

 

Tu travailles toujours à Montreuil, mais les circonstances de la vie, un divorce en 1965, font que tu reviens à nouveau vivre à Plouégat (Moysan bien sûr).

 

Après quelques boulots, tu participes à la création de Négobeurreoeuf en 1967 à Plouigneau (Négo comme négoce, beurre comme beurre et œuf comme œuf, tout simplement (nul besoin de décrire plus amplement  l’activité) où tu occupes un emploi de secrétaire.

 

C’est durant ces années qu’un jour, à un bal chez Brignou à Plouigneau à Pen ar C’hra (entrée du bourg)  tu fais la connaissance d’un ouvrier boulanger qui travaille à Morlaix, rampe Saint Nicolas. Un militant aussi, un syndiqué à la CGT !  Un gars sympa, gentil, serviable, pétri de qualités et bonne pâte aussi...normal après tout pour un boulanger ! Le gars se prénomme Michel. Tu vas l’épouser en 1970 et prendre son nom : Prigent ! Et désormais on t’appellera : Yvette Prigent !

 

Vous vous installez route nationale à Plouigneau, en location dans un appartement, et peu après Michel adopte Eric comme son propre enfant.

 

Votre vie sera commune désormais, et même fusionnelle.

 

En 1972 vous construisez une maison lotissement Coat an Lem à Plouigneau (Kerjean actuellement)

 

Unis dans la vie, vous l’êtes aussi dans les activités professionnelles (Michel a changé de métier et est devenu lui aussi salarié de Négobeurreoeuf comme chauffeur laitier) et unis aussi dans la vie militante qui va rythmer vous jours, vos semaines, vos années.

 

Un engagement sans compter, même après 1974, année où opérée une première fois du coeur tu dois cesser ton activité professionnelle et te trouves placée en invalidité.

 

Beaucoup de campagnes militantes tous les deux ensemble, avec de nombreux camarades communistes et sympathisants qui ne manquaient pas dans le secteur. Tous gardent en mémoire par exemple la campagne menée avec René Le Nagard, conseiller général communiste du canton de Plouigneau, contre les troupes de droite du notable Tilly de Guerlesquin, bataille épique paraît-il aux dires de plusieurs.

Que d’anecdotes de ces actions où tu te trouvais toujours au centre poussant sans relâche à la mobilisation.

 

Ces activités se poursuivent encore lorsque Michel se met à son compte en 1983 comme transporteur routier et que vous déménagez définitivement au 23 rue de la libération. Le hangar servira aussi à stocker le matériel pour les fêtes de l’Huma  à La Courneuve, mais aussi pour la fête de l’Huma Bretagne à Lanester. Il en a vu passer des cocos de tous les coins du Finistère et de Bretagne ce hangar-là !

 

Et pas seulement le hangar car la maison accueillait aussi les réunions des communistes de la localité et de la section, dans lesquelles tu étais toujours présente et active.

 

Tout était rouge dans la maison, du sol au plafond et de l’étage à la cave, ...les bouteilles aussi parfois à la fin des réunions...et même les joues des participants quand ils sortaient. Mais de cela il y a prescription aujourd’hui.

 

En 1990 ce fut la naissance de ta chère petite fille Manon, qui malgré son handicap, adorait venir passer des vacances chez sa mamie et son papi, tous les deux chéris. Elle adorait s’installer à l’avant du camion où elle trônait fièrement, position où elle pouvait dominer les automobilistes et les passants, tout comme plus tard dans le camping-car.

 

Avec ce camping-car , une fois que Michel eût pris sa retraite en 2004, vous avez sillonné les routes de France, les mêmes que Michel fréquentait en tant que transporteur, mais en visitant les régions cette fois, ce qui n’était pas du tout la même chose. Et invariablement dans votre périple il y avait une étape à la fête de l’Huma.

Ce furent de belles années. Des habitudes bien ancrées qui ne cesseront que lorsque tu seras devenue trop fatiguée, mais ça ne fait pas si longtemps.

A ce propos, Ismaël Dupont, secrétaire de la fédération du Finistère du PCF qui regrette de ne pas pouvoir être présent aujourd’hui, car il est éloigné de la région depuis une semaine, m’a chargé de l’associer, ainsi que toute la fédération du Finistère du PCF,  à l’hommage à Yvette. Il m’indique ainsi, je le cite « Yvette était avec Michel un pilier du stand du Finistère à la fête de l’Huma Bretagne et de La Courneuve. Yvette était une militante communiste très expérimentée, convaincue et généreuse. A leur contact on avait accès à tout un vécu militant. La force de leur amour leur a permis d’affronter des épreuves de vie très dures, comme la mort d’Eric. Yvette va beaucoup nous manquer. Nous pensons très fort à toi Michel, et serons à tes côtés pour que tu gardes la force et le goût de vivre. »

 

Ta santé déjà fragilisée par les multiples conséquences de tes problèmes cardiaques, fut encore plus altérée lorsque tu perdis ton fils Eric en août 2014. Ce fut un choc terrible.

 

Quatre ans plus tard c’est ton frère Martial qui s’en allait.

 

Ainsi donc les épreuves ne t’auront pas épargnée. Mais jusqu’au bout tu auras été une lutteuse, physiquement mais aussi intellectuellement.

 

Et en cette année 2020, un événement est venu secouer la commune de Plouigneau. La liste #ChangeonsPlouigneau est venue mettre fin à la main mise de la droite sur la commune depuis 40 ans. La gauche à Plouigneau et des communistes au conseil municipal ! Enfin ! As-tu dit !

 

Mais tu n’auras pas, hélas, connu très longtemps cette situation car tu t’en es allée tout juste deux mois après l’installation du nouveau conseil municipal.

 

Mais tu peux partir avec la satisfaction du devoir accompli. Car aujourd’hui c’est une vaillante camarade qui nous quitte, et dont le souvenir restera pour longtemps très vivace dans nos mémoires et dans nos coeurs.

 

Alors, au nom de tous, de toutes celles et tous ceux qui t’ont aimée, avec qui tu as lutté, combattu, partagé tes idées et tes convictions, je t’adresse, chère Yvette, ce salut respectueux, sincère et fraternel.

 

Adieu notre chère amie, adieu chère camarade.

 

 

 

 

 

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 08:50

 

L'éditorial de L'Humanité Dimanche du 30 juillet au 5 août 2020.

La raison voudrait non seulement qu’on mette définitivement au placard la contre-réforme des retraites mais aussi qu’on revienne à la retraite à 60 ans pour permettre aux centaines de milliers de jeunes en âge de travailler de remplacer celles et ceux qui auraient droit à une retraite bien méritée. De même, une réelle diminution du temps de travail hebdomadaire permettrait de créer des centaines de milliers d’emplois. Les crédits publics qui viennent en aide aux grandes sociétés devraient être conditionnés à cette nécessité : faire de la place aux jeunes. Ce n’est pas le choix du pouvoir qui, derrière son projet « un jeune, une solution », utilise la pandémie pour accentuer encore le reformatage du droit du travail tout en faisant bénéficier les entreprises d’un nouveau cadeau royal.

Le premier ministre ne s’en est pas caché, promettant « un dispositif exceptionnel de réduction des coûts du travail ». De fait, le pouvoir utilise la situation pour exonérer les employeurs de cotisations sociales pour toute embauche temporaire d’un jeune jusqu’à la valeur de deux Smic. Cela fait plus de quatre décennies que ces recettes sont appliquées. Résultat : le chômage, la précarité, les inégalités augmentent à la vitesse d’un cheval au galop et les actionnaires se régalent. En vérité, le pouvoir et ses soutiens veulent profiter de l’angoisse et de la peur qu’engendre la crise sanitaire pour faire des jeunes des appendices corvéables de la machine et des pions du grand patronat. Pas un jour ne passe sans que celui-ci ne réclame la réduction de la dépense publique. Voici pourtant que, dans le plan gouvernemental, l’État prendra en charge la valeur des cotisations ainsi perdues pour les caisses de protection sociale. Autrement dit, ceux qui n’ont pas de mots assez durs contre l’emploi public inventent le financement public de l’emploi privé !

Le grand patronat va utiliser ce dispositif comme un effet d’aubaine pour toucher des subventions publiques et accentuer la concurrence en vue de diminuer les rémunérations du travail. La jeunesse devient ainsi le nouveau terrain d’expérimentation du remodelage capitaliste par la mise en concurrence exacerbée entre travailleurs expérimentés et jeunes entrant dans les entreprises. Cette division sera d’autant plus accentuée que la contre-réforme scélérate de l’assurance-chômage empêche chaque jeune qui n’a pas travaillé continûment durant six mois d’être indemnisé.

Le conditionnement à une activité durant deux ans devrait être levé pour qu’un jeune puisse bénéficier du revenu de solidarité active. Une distinction devrait être faite entre l’aide aux petites entreprises et aux artisans et celles aux grandes sociétés bénéficiant déjà d’avantages fiscaux sans contrepartie. Ajoutons qu’avec la Banque publique d’investissement, il serait possible de se donner des moyens pour aider les entreprises qui s’engagent dans des initiatives d’embauches durables et de formations correctement rémunérées.

Au-delà, l’accès au travail des jeunes devrait s’inscrire dans un véritable plan sur plusieurs années tirant les leçons d’une crise sanitaire qui n’en finit pas. Celle-ci pose des défis potentiellement riches en millions d’emplois. La reconquête industrielle et agricole et le déploiement d’une économie de la mer en lien avec une alimentation de qualité adossés à une stratégie de transition environnementale réclament autant de formations que de travail. De grands projets sont nécessaires pour développer les transports publics en ville comme à la campagne, pour consolider la SNCF et l’aider à impulser le fret ferroviaire, pour rénover et construire des logements à prix abordables, aider collectivités locales et associations à monter des projets urbains soucieux de l’environnement, pour une restauration scolaire de qualité, ou une agriculture urbaine riche en emplois et formations. L’avenir ne passe pas par la flexibilité et la précarité du travail mais par une sécurité de vie dont celle du travail et des formations, incluant une garantie de rémunération.

Patrick Le Hyaric, Directeur de l'Humanité

 

 

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 08:47

 

106ème  anniversaire de sa mort

Café du Croissant, Paris – 31 juillet 2020

Allocution de Patrick le Hyaric, directeur de l’Humanité

Mesdames, Messieurs les élus,

Chers amis,

Chers camarades,

Merci à chacune et chacun d’avoir répondu à cette invitation à nous réunir pour ce moment d’hommage et de recueillement en la mémoire de Jean Jaurès, homme de combat, homme de lumière et de paix assassiné ici même, il y a 106 ans, par une incarnation du nationalisme et de l’obscurantisme.

Jaurès attablé ici même et assassiné d’une balle tandis que les puissances continentales peaufinaient, dans le secret des chancelleries, les plans du carnage fondateur de ce siècle de fer et de sang dont Jaurès pressentait, bien seul en France avec quelques camarades socialistes, le cruel avènement.

Une fois l’horrible besogne accomplie, il n’y avait pour le gouvernement qu’à attendre quelques heures pour faire sonner clairons et trompettes et envoyer toute une génération mourir au champ d’honneur. Ce qui advint et valut à cette élite bourgeoise et militaire, coupable et corrompue, l’éternel déshonneur.

Se souvenir de Jaurès, c’est essayer de comprendre, encore et toujours, comment l’impensable fut possible, comment des peuples pétris de culture et de progrès technique, embarqués dans la grande aventure moderne, purent se prêter à un tel massacre. Comment la raison qui prétendait guider les pas des grandes nations put abdiquer si facilement pour laisser place à une épreuve dépassant alors tout entendement.

Le jour de son assassinat, Jaurès publiait dans l’Humanité un éditorial intitulé « Sang-froid nécessaire ». Ce fut sa dernière trace écrite.

Alors que le tourbillon de la haine alimenté par le poison nationaliste faisait tourner la tête des millions de Français et d’européens, le député et journaliste en appelait au « sang-froid ». Quelle incroyable sagesse, alors que nul autre n’avait autant conscience que lui du gouffre qui menaçait d’avaler la civilisation européenne !

« De grâce, écrivait-il, qu’on garde partout la lucidité de l’esprit et la fermeté de la raison. »

« Pour résister à l’épreuve, il faut aux hommes des nerfs d’acier ou plutôt il leur faut une raison ferme, claire et calme. C’est à l’intelligence du peuple, c’est à sa pensée que nous devons aujourd’hui faire appel si nous voulons qu’il puisse rester maître de soi, refouler les paniques, dominer les énervements .»

C’est une grande constante chez Jaurès que de vouloir, en toute occasion, laisser la raison, l’analyse, l’intelligence présider à l’action. Toujours dans ce dernier éditorial, il résumait cette ambition par le jumelage de l’« héroïsme de la patience et l’héroïsme de l’action ».

Ce refus de se laisser étourdir par « le venin de la polémique » était déjà inscrit dans l’éditorial fondateur de l’Humanité, rédigé en 1904.

C’est une leçon, un fil conducteur que nous nous attachons à tisser dans un monde où l’obscurantisme et la vaine polémique s’entretiennent l’un l’autre.

Dans un monde dominé par les pulsions morbides d’un capitalisme mondialisé qui fait de l’argent la fin et le commencement de toute chose, une valeur et un but en soi.

Dans un monde arrimé à la course au profit généré par des marchés financiers, complètement disjoints de l’économie réelle, de la production, des besoins humains et du respect de la nature. Un monde où l’individualisme asséchant et la compétition brutale règnent en maitre et écrasent les aspirations individuelles comme collectives.

Un monde, enfin, où l’invective tient lieu de morale, l’opinion de vérité, le raccourci de pensée, et l’hallali de procès.

Oui le capitalisme dans sa phase actuelle enfante des monstres obscurs qui peuplent les palais présidentiels à travers le monde des Etats-Unis à l’Europe, de la Turquie au Brésil. Et toute la perversité du moment tient aux faux choix imposés aux peuples de choisir entre cette peste et un prétendu moindre mal qui n’a pour seule fonction que de sauver le système.

D’autres monstres naissent là où les êtres humains n’ont d’autre horizon que la guerre et la pauvreté, n‘opposant à la misère que l’archaïsme religieux et ses dogmes imposés par la violence. D‘autres, enfin, infiltrent les consciences en propageant sur les réseaux sociaux ou les chaines d’information continue, ces médias aux mains des puissances numériques et financières, la haine de l’autre.

Chers amis,

Jaurès eut l’idée de baptiser son journal, avant que son ami Lucien Herr ne lui propose heureusement pour titre l’Humanité, « Lumière ». « Lumière » car il voulait indiquer la filiation de son entreprise éditoriale avec la longue tradition philosophique et politique par la force de laquelle s’écroula le monde d’ombres de l’Ancien Régime et qui combattit ses survivances après la grande Révolution pour fonder, contre les préjugés et sur l’universelle raison, la liberté, l’égalité et la fraternité des hommes et des femmes qui composent notre humanité, quel que soient leurs nations, leurs origines ou leurs couleurs de peau.

Cette tradition sur laquelle vint se greffer le socialisme puis le communisme, espérances universelles qui prolongeaient le combat pour une humanité réconciliée en l’inscrivant dans le mouvement réel, celui d’un antagonisme fondamental instauré par le mode de production et de développement capitaliste.

C’est encore cette volonté de forger l’action collective sur la raison qui présida aux débats sur la loi de séparation des Eglises et de l’Etat et aux combats pour  une éducation universelle et laïque. «  La République, écrivait-il en 1906, est le seul gouvernement qui convienne à la dignité de l’homme, car elle seule met en jeu la raison et la responsabilité de tous ».

De cet héritage, nous sommes toujours comptables. Le faire fructifier aujourd’hui est l’une des conditions pour redonner à la politique, c’est à dire à la possibilité même d’une action collective, sa grandeur et ses potentialités. C’est faire échouer l’éclatement des sociétés aussi bien que leur unité guerrière, versants d’une même pièce frappée du sceau de puissances d’argent. C’est donner à la classe des travailleuses et des travailleurs la possibilité de fonder une société enfin débarrassée des dominations et des illusions qui les emprisonnent et les divisent.

Oui, temps obscurantistes quand un nationalisme purulent essaime sous toutes les latitudes, prospère sur les injustices, les dépossessions, la négation de la démocratie et de la souveraineté populaire instruits par la mondialisation capitaliste. Temps obscurantistes quand ce nationalisme prétend s’affirmer comme alternative, parfois maquillé en « souverainisme », cette version rabougrie et frelatée de la souveraineté.

Aux esprits tentés par la propagande chauvine, Jaurès écrivait en 1898 : « Lorsque des échauffés ou des charlatans crient : “ La patrie au-dessus de tout ”, nous sommes d’accord avec eux s’ils veulent dire qu’elle doit être au-dessus de toutes nos convenances particulières, de toutes nos paresses, de tous nos égoïsmes. Mais s’ils veulent dire qu’elle est au-dessus du droit humain, de la personne humaine, nous disons : Non !

Non, elle n’est pas au-dessus de la discussion. Elle n’est pas au-dessus de la conscience. Elle n’est pas au-dessus de l’homme. Le jour où elle se tournerait contre les droits de l’homme, contre la liberté et la dignité de l’être humain, elle perdrait ses titres. Ceux qui veulent faire d’elle je ne sais quelle monstrueuse idole qui a droit au sacrifice même de l’innocent, travaillent à la perdre. »

C’est à cette conception de la nation que nous en tenons toujours. Une nation qui ne se définit pas seulement par ses frontières, pas seulement par son histoire, encore moins par le sang de celles et ceux qui le peuplent, mais avant tout par les principes universels qu’elle édicte et proclame, par l’égalité et la souveraineté qu’elle garantit au peuple qui la compose, et la liberté qu’elle entend laisser aux  peuples qui l’entourent.

Quelle honte d’en appeler à la nation française pour refuser l’accueil des réfugiés qui fuient guerre et misère jusqu’à risquer leurs vies dans les eaux de notre mer commune ou dans les cols de nos montagnes.

Quelle bêtise d’en appeler à la nation pour défendre je ne sais quelles racines religieuses, je ne sais quel antique terroir opposé aux rivages inconnus.

Quel contresens d’invoquer ses mannes pour refuser l’égalité à celles et ceux qui n’ont pas la couleur de peau ou la religion de ses ancêtres.

Quel sinistre détournement, encore, que de vider le 14 juillet de toute sa signification révolutionnaire pour en faire la fête du prince et de son armée.

« On sait ce que signifie pour eux le patriotisme et la patrie : réaction sociale au dedans, violence hypocrite au dehors » prévenait Jaurès.

On comprend aisément ce qui effrayait et continue d’effrayer les classes possédantes et qu’elles ont parfaitement saisi : oui, la nation française porte dans ses fondements mêmes le dépassement du capitalisme. Jaurès l’avait bien saisi qui, toute, sa vie, travaillât à faire éclore ce qu’il nommait indistinctement socialisme ou communisme dans le sillage des conquêtes révolutionnaires et républicaines, empruntant à Marx et Engels le concept si fécond d’ « évolution révolutionnaire ».

« Les grands ouvriers de révolution et de démocratie qui travaillèrent et combattirent il y a plus d’un siècle ne nous sont pas comptables d’une œuvre qui ne pouvait s’accomplir que par plusieurs générations. Ils ont donné à la France et au monde un si prodigieux élan vers la liberté que, malgré la réaction et les éclipses, le droit nouveau a pris définitivement possession de l’histoire » écrivait-il en 1904.

Et en portant le dépassement du capitalisme, la nation porte son propre dépassement: «  [La patrie] n’est pas le but ; elle n’est pas la fin suprême. Elle est un moyen de liberté et de justice. Le but, c’est l’affranchissement de tous les individus humains. Le but, c’est l’individu » précisait Jaurès.

Oui, la nation française dans ses fondements révolutionnaires porte en elle le progrès social et démocratique, comme l’internationalisme. Les citoyens qui la composent supportent d’autant moins que le capital financiarisé impose sa mainmise sur son destin comme sur celui du monde.

Une mainmise que la crise sanitaire aura révélée dans toute sa crudité et cruauté. L’épreuve que nous traversons est de celles qui poussent autant à la réflexion qu’à l’action. Car c’est toute la construction des sociétés en classes antagonistes que la crise sanitaire et les mesures de confinement auront révélé.  C’est toute l’absurdité d’un mode de production arrimé à la recherche du profit à tout prix et qui écrase autant les hommes que la nature qui nous a sautés aux yeux.

Comment accepter qu’un système économique ne puisse fonctionner qu’au prix excessivement élevé d’une démultiplication de marchandises qui, pour bon nombre d’entre elles, ne répondent à aucun besoin social et n’ont d’autre fonction que de gonfler le profit des entreprises fondé sur la surexploitation des êtres humains et de la nature.

Comment se satisfaire  qu’un brusque coup d’arrêt de cette machine infernale ait pour conséquence de faire basculer dans la misère des millions de travailleurs, que le sort de l’immense majorité soit lié aux impératifs d’un système dirigé par une infime minorité ?

La crise sanitaire aura, malgré les drames et les morts, montré une chose fondamentale : toute l’importance des protections collectives et des conquêtes du salariat par la classe ouvrière et ses organisations syndicales et politiques, et grâce auxquelles nous avons évité de bien plus grands drames : assurance publique contre le chômage, sécurité sociale, contrat de travail et protections sociales : voilà l’antidote, voilà le vaccin contre le virus capitaliste !

C’est bien dans la coopération, la solidarité, la mise en commun et le droit social que se situe la République et non dans ces rappels à l’ordre, ces violences policières qui frappent les classes populaires et les mouvements sociaux, cette précarité, cette concurrence.

La pandémie aura tout autant montré la terrible inversion instituée par le capital : à l’inverse de la promesse bourgeoise de 1789 selon laquelle « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune », la crise nous a montré que les travailleurs les plus essentiels au fonctionnement de la société, celles et ceux qui furent appelés en première ligne et au sacrifice pour soigner, éduquer, assurer la production et l’acheminement de nos biens et services sont les plus mal considérés et rémunérés. Et dans bon nombre de ces métiers, c’est sans étonnement que les femmes et les travailleurs immigrés ou enfants d’immigrés sont les plus représentés et par conséquent les plus exploités.

Alors que la crise redouble d‘intensité à la faveur de la crise sanitaire, l’Humain doit pouvoir gagner la souveraineté sur son travail. « Tout individu humain a droit à l’entière croissance. Il a donc le droit d’exiger de l’humanité tout ce qui peut seconder son effort. Il a le droit de travailler, de produire, de créer, sans qu’aucune catégorie d’hommes soumette son travail à une usure et à un joug » écrivait Jean Jaurès en 1901. Il ajoutait, quatre ans plus tard : « La société d’aujourd’hui, qui met le travail d’un côté, le capital de l’autre, enfante le désordre et l’agitation. Elle ne trouvera son équilibre que dans la souveraineté du travail organisé ».

Souveraineté du travail organisé, voilà ce que nous devons collectivement gagner contre la jungle libérale, le détricotage des protections collectives et l’affaiblissement du salariat.

Nous refusons l’infâme projet de mise en concurrences des jeunes avec les travailleurs. Nous refusons la casse de l’assurance chômage comme nous refusons la destruction du système solidaire de retraites par répartition. Toutes ces entreprises ne visent qu’à renforcer les privilèges de la grande propriété et des actionnaires, faisant stagner la République dans sa préhistoire.

Quand la plupart des titres de presse s’évertue toujours à couvrir non pas le travail mais le capital, à raconter par le menu les mouvements capitalistiques, les destinées de puissants, les fusions et les acquisitions ou la valse des actionnaires, le journal que Jean Jaurès nous lègue continue de sonder les réalités du travail, « par le bas », à éclairer le quotidien des travailleuses et des travailleurs manuels et intellectuels, celui des créateurs , leurs luttes comme leur savoir-faire, l’aliénation qu’il subissent comme l’émancipation qu’ils conquièrent.

Les importants mouvements en cours à travers le monde, appellent l’égalité réelle, le respect de chacune et de chacun, une véritable sécurité humaine dans un monde harmonieux, une sécurité du vivant, une sécurité de vie émancipée. Bref une société et un monde qui doivent se préparer au post-capitalisme.

Chers amis, ce que Jaurès appelait socialisme, coopératisme ou communisme  n’est autre que la réalisation de la promesse révolutionnaire et républicaine, l’extension des droits politiques au champ économique et la prolongation de l’universalisme humaniste par sa mise en question permanente.  Prenons garde à ne devoir, à nouveau, nous attacher à rétablir les droits politiques alors que l’abstention culmine de scrutins en scrutins et que les discriminations entravent l’exercice de la citoyenneté.

Cet horizon, chers amis, n’est atteignable que par l’organisation politique des producteurs. Elle n’est possible qu’en remplaçant la guerre économique  par la coopération, qu’en conjurant le spectre des guerres militaires que l’incroyable prolifération des armes sur l’ensemble du globe rendrait insoutenables.

Travail souverain, paix, coopération, nature préservée, continuation et perfection de l’idée républicaine, tels sont les enjeux et les combats que l’Humanité, son journal, notre journal, continue, fidèle à sa mémoire, de mettre à la disposition de ses lecteurs chaque jour et chaque semaine. De toutes les œuvres et réalisations de Jean Jaurès, l’Humanité reste la seule vivante et palpable chaque jour. Et comme sa pensée et son action, ce journal ne demande qu’à être investi par vos espoirs et vos combats.

Chers amis,

Cette année aura été pour l’Humanité une année difficile. Comme tous les journaux nous avons pâti des mesures de confinements, à peine sortis du tribunal de commerce et alors que nous avions élaboré un plan de continuation sérieux et solide.

Et nous avons relevé ce défi grâce au dévouement des équipes de l’Humanité, grâce à l’engagement de nombreuses lectrices et lecteurs et d’amis qui ont apporté leurs idées, leurs énergies, leur soutien financier. D’autres encore qui ont monté des actions pour faire découvrir nos journaux et réaliser des abonnements.

C’est désormais notre fête, cet évènement monumental que nous offrons à des dizaines de milliers de participants chaque année, qui subit les contrecoups de cette épreuve collective.

L’interdiction qui nous est faite de tenir des concerts et des rassemblements de plus de 5000 personnes nous a conduits, la mort dans l’âme, à imaginer une fête de l’Humanité autrement.

Nous savons combien ce grand moment culturel, politique, fraternel et festif est important, crucial même, pour des dizaines de milliers de citoyens à la recherche d’une alternative, gourmands de débats, pressés chaque année de se retrouver au cœur de ce rassemblement à nul autre pareil.

C’est ce besoin de se retrouver, de réfléchir et de débattre qui nous a conduits à tenir malgré tout la fête. Mais autrement, à travers une dizaine de lieux de la région parisienne qui accueilleront dans les limites imposées par les normes sanitaires débats, initiatives et moments artistiques, relayés par une plateforme numérique dédiée et à disposition de chacune et chacun.

Une fête autrement placée sous le signe de la résistance et de la contre-proposition alors que la crise sanitaire est l’occasion pour le grand patronat et ses fondés de pouvoir au gouvernement d’accélérer la destruction du modèle social hérité des luttes ouvrières et de la République sociale.

Cette fête est avant toute chose un outil à disposition du mouvement social, du mouvement culturel et de la pensée. Il est de notre responsabilité de la tenir, d’offrir ce lieu d’expression et de mobilisation au moment où le capital redouble de violence contre le monde du travail. Au moment où la jeunesse qui, chaque année, peuple ses allées devient la variable d’ajustement de ce que les capitalistes appellent le « marché de l’emploi » phagocyté par le pouvoir actionnarial, et fait l’objet d’un odieux chantage et d’une détestable mise en concurrence avec l’ensemble des salariés.

Elle sera, à la rentrée, le lieu de l’égalité réelle, pour que la République soit en toute chose fidèle à sa promesse d’émancipation. Elle sera la chambre d’écho du puissant mouvement contre le racisme et pour l’égalité, la liberté et la dignité des femmes. La figure de Gisèle Halimi, immense militante du droit des femmes et figure décisive de leur libération et de la lutte anticoloniale qui vient de nous quittés, y sera célébrée.

Elle sera le lieu du procès de la double exploitation des humains et de la nature, des solutions urgentes pour conjurer le péril climatique qui menace à si brève échéance notre commune humanité.

Oui, la fête de l’Humanité sera cette année encore et malgré tout, le lieu de convergence des espoirs, des idées, des actions pour construire l’émancipation. Nous vous invitons dès maintenant à acheter et diffuser le bon de soutien que nous allons éditer en partenariat avec le Secours Populaire français qui nous fait l’honneur de s’associer à nous pour cette édition spéciale et auquel nous reversons 5€ en soutien à leurs actions de solidarité envers les enfants.

Nous vous donnons rendez-vous les 11, 12, 13 septembre. Car comme l’indique notre fête cette année, « notre Humanité est plus forte que tout ! »

Je vous remercie de votre attention.

 

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