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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 05:50

 

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93

Même si l’analogie à une guerre n’est pas la meilleure manière de qualifier la lutte contre l’épidémie du coronavirus, elle peut nous aider à mettre en évidence la difficulté du gouvernement à savoir utiliser le bon arsenal, c’est-à-dire les bonnes armes au moment opportun. L’emballement sur le port du masque « obligatoire » en extérieur dans certaines zones est l’exemple typique d’une dispersion des forces sans coordination. Ici c’est le préfet qui décide, ailleurs c’est le maire qui le devance pour montrer à sa population qu’il est vraiment plus efficace que les services de l’État, puis les ARS annoncent l’arrivée de renforts qui n’arrivent pas et enfin le premier ministre se déplace sur le front pour voir les troupes. Troupes qu’il serait plus simple de doter en une seule fois du même équipement de protection : il aurait été ainsi plus efficace et surtout plus rapide de préconiser le port général du masque en intérieur et en extérieur à partir du moment où l’on se trouve dans un local ou un lieu où on est en contact rapproché et fréquent avec d’autres personnes.

Mais, pour mener une guerre, le gilet pare-balles ne suffit pas, il faut aussi des armes avec les munitions en quantité suffisante. Et c’est là que se pose le problème de la capacité à réaliser des tests de manière massive dans les zones les plus impactées. Pourquoi par exemple les 300 000 habitants de la Mayenne n’ont-ils pas été testés immédiatement pour détecter les personnes contaminées sachant que plus de 50 % des personnes infectées ne présentent aucun signe de la maladie ? Le seul moyen de neutraliser l’ennemi est en effet de le débusquer et de le neutraliser, à savoir isoler immédiatement les personnes porteuses du virus pour casser les chaînes de contamination.

En fait, la communication brouillonne du gouvernement sur les masques constitue un nouvel écran de fumée pour masquer le fait qu’il ne dispose pas du stock d’armes dont nous avons besoin. Alors que 700 000 tests par semaine nous étaient promis lors du déconfinement, les laboratoires ne sont capables d’en réaliser deux mois plus tard qu’à peine 500 000. Le constat est clair : la stratégie est encore et toujours dictée par la gestion d’une pénurie de moyens.

Nous sommes face à une nouvelle preuve de l’incurie de notre gouvernement qui est incapable d’organiser la mobilisation des troupes au bon moment, de les équiper avec du matériel adapté et de les envoyer sur la zone prioritaire du front. Rappelons-nous les grandes défaites de l’histoire quand les renforts ne sont pas arrivés au bon moment, que les équipements et les armes n’étaient pas adaptés et surtout que les chefs ont été incapables de prendre les bonnes décisions au bon moment !

 

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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 05:43

 

Résistant et syndicaliste, le dernier témoin du congrès de Tours s’est éteint ce jeudi 30 juillet à l’âge de 109 ans.

Né en 1911, c’est à l’âge de 9 ans que François Rochex assiste, alors qu’il accompagne son père, en décembre 1920, dans la salle du Manège de Tours, au congrès fondateur du Parti communiste français. Dans la salle, sous les banderoles « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » et « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous », ainsi que sous deux portraits géants de Jean Jaurès, 370 délégués dont Marcel Cachin, Paul Vaillant-Couturier, Léon Blum, Jules Guesde ou encore Jean Longuet vont décider du sort de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) par une motion la ralliant par 3 252 voix sur 4 671 à l’Internationale communiste.

Dans la salle également, Clara Zetkin et Ho Chi Minh. Au menu de la transformation de la SFIO discréditée ralliée au léninisme et à la révolution russe et soviétique, le centralisme démocratique, l’internationalisme, la lutte pour la libération des peuples opprimés, la lutte contre le révisionnisme social-démocrate, le rôle dirigeant de la classe ouvrière, la nécessité du parti d’avant-garde uni à un syndicalisme de classe, la dictature du prolétariat, le dépérissement de l’État, l’égalité de droits des hommes et des femmes et la société sans classes. Les « réformistes » de la SFIO, minoritaires, garderont « la vieille maison ».

Dans l’interview qu’il accordera à l’Humanité en 2018, François Rochex s’amuse de l’enfant qu’il était : « À cette époque-là, on ne parlait pas aux enfants comme on le fait aujourd’hui. Mon père ne m’a pas dit qu’il m’emmenait au congrès de Tours, ni ce qu’il s’y passait. Je me souviens surtout du voyage en train ».

Une dizaine d’années plus tard, c’est un jeune homme conscient qui s’engage dans le combat antifasciste. Militant au mouvement Amsterdam-Pleyel, créé en 1933 par Henri Barbusse et Romain Rolland, il fait le coup de poing contre les Croix-de-Feux dans les années 1930. En 1936, militant à la CGT, il participe aux grèves et aux manifestations du Front populaire.

Arrêté pour ses actions antifascistes le 16 juillet 1941 par la police française avant d’être remis aux mains de l’occupant allemand, il est interné au camp de Royallieu à Compiègne, le Frontstalag 122 de triste mémoire, où plusieurs milliers de personnes transiteront avant d’être déportées, à partir de 1942, vers les camps de concentration ou d’extermination nazis.

Libéré en novembre 1941, François Rochex s’engage dans la Résistance dans la région de Creil et se rapproche bientôt du Parti communiste français.

« Il recueillait et transmettait des renseignements sur des entreprises gérées par les Allemands et sur la base aérienne de Creil », explique sa fille Nellie Rochex : « Des choses toutes simples comme la récupération des armes parachutées, des actions de sabotage ou le sauvetage d’aviateurs. »

« Il insistait souvent sur le fait que dans la Résistance les hommes n’auraient rien pu faire sans leurs femmes ainsi que sur le rôle des femmes en général dans le mouvement », souligne la militante féministe et communiste, élue du PCF à Nogent-sur-Oise.

François Rochex avait rejoint l’Ehpad de Mouy dans l’Oise en 2018 « parce qu’il se sentait fatigué ». Un dernier hommage lui sera rendu, sans fleurs ni couronnes, le lundi 10 août à 11 heures au crématorium de Méru dans l’Oise.

 

Découvrez François Rochex, lors de son entretien vidéo avec l'Humanité en 2018 :

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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 05:40

 

En Saône et Loire, berceau de la race bovine charolaise, les prairies ressemblent à des paillassons et les ruisseaux sont à sec dans un nombre croissant de cantons ruraux. Il s’agit de la quatrième sécheresse estivale en six ans. Au point qu’il devient difficile d’installer des jeunes alors que la moyenne d’âge des éleveurs est de 53 ans. Alors que la pandémie du coronavirus nous alerte aussi sur l’importance de la souveraineté alimentaire, le pouvoir politique semble totalement indifférent face aux difficultés de la profession agricole qui s’aggravent dans la plupart des régions.

La météo nous annonce des journées de grande chaleur, tandis que plus de 60 départements de la France métropolitaine sont déjà soumis à des restrictions d’eau. Nous avons, dans plusieurs articles récents, fait état des conséquences de la sécheresse printanière pour l’élevage et la production céréalière. Une fin d’automne 2019 trop pluvieuse pour réussir les semis d’hiver, suivie d’un printemps trop sec en de nombreuses régions, a débouché sur une récolte de blé et d’orge inférieure de 20 % à la moyenne des cinq années précédentes. Mais, depuis déjà plusieurs semaines, c’est l’élevage à l’herbe qui devient de plus en plus coûteux pour les paysans. Les prairies ressemblent désormais à des paillassons et cette situation va durer. Le prix des fourrages qu’il faut acheter pour compenser le manque d’herbe est en hausse sensible, ce qui augmente aussi le prix de revient de chaque litre de lait et de chaque kilo de viande dans l’immense majorité des fermes.

 

Quatre années de sécheresse sur six en Saône-et-Loire

Dans le département de la Saône-et-Loire, berceau de la race bovine charolaise, la sécheresse de cet été succède à celle de l’été dernier, laquelle succédait à celle de 2018, tandis que celle de 2015 avait également été sévère. Quand on traverse ce département en train ou en voiture, les vaches de couleur crème et leurs veaux font partie du paysage. Elles paissent sur des prairies naturelles souvent pentues avec des haies arborées. Qualifiées de « zones intermédiaires » dans le langage des agronomes, ces terres herbagères sont difficilement convertibles pour produire des céréales, faute de disposer d’une fertilité suffisante pour avoir des rendements couvrant les coûts de production. Voilà pourquoi, l’élevage des bovins allaitants est l’activité la plus appropriée. Mais, malgré le maintien en France de la prime annuelle à la vache allaitante payée par le budget agricole de l’Europe, tirer un revenu de l’élevage de bovins allaitants devient de plus en plus difficile. Les sécheresses récurrentes y sont pour beaucoup. Surtout quand les prix des animaux sont orientés à la baisse. Sur le marché de Châteaumeillant le 20 juillet dernier, les « broutards » vendus à des engraisseurs étrangers cotaient 2,66 € le kilo vif, contre 2,75 € un an plus tôt et 2,95 € en juillet 2018.

 

Jusqu’à 30 000 € de dépense en fourrages cette année

L’Agence France Presse (AFP) donnait la semaine dernière la parole aux éleveurs de Saône-et-Loire. Installé sur la commune de Trivy, Jean-Michel Rosier faisait le constat suivant : « Avant c’était exceptionnel. Maintenant on a des sécheresses tous les ans. Encore un peu et on va devenir comme le Sahel. Une charolaise, normalement ça broute l’herbe verte dix mois sur douze. Mais maintenant, on doit leur donner du fourrage dix mois sur douze ». Selon Christian Béjard, président de la FDSEA en Saône-et-Loire, le surcoût en fourrage pour 2020 par rapport à une année normale sera entre 15 000 et 30 000 € par exploitation. Une telle dépense peut priver de nombreux éleveurs du moindre revenu, sauf à « décapitaliser ». Cette pratique consistera à vendre cette année, pour la boucherie, des vaches que l’on aurait préféré garder pour faire naître un autre veau l’an prochain. Ce processus est déjà en cours. En quatre ans, le cheptel de vaches allaitantes du département est passé de 230 000 têtes à 200 000 seulement.

Du coup, installer des jeunes devient difficile alors que la moyenne d’âge des éleveurs de charolaises est de 53 ans en Saône-et-Loire, selon Christian Decerle, président de la Chambre d’agriculture du département. Lui se fait du souci pour la relève et affirme que de plus en plus d’éleveurs se posent des questions sur l’avenir de leur profession. Ce qui se passe en Saône-et-Loire vaut aussi pour d’autres départements de la Bourgogne-Franche-Comté. Mais c’est également le cas sur des nombreuses zones d’élevage dans les grandes régions Auvergne Rhône-Alpes, Nouvelle Aquitaine, dans une partie de l’Occitanie et même des Pays de la Loire. Les deux principales causes des difficultés de l’élevage allaitant dans ces régions sont le changement climatique et les accords de libre-échange que l’Europe négocie avec des pays tiers.

 

Agir pour préserver notre souveraineté alimentaire

Alors que les sécheresses augmentent les coûts de production chez nous, les contingents d’importation de viandes bovines dédouanées en provenance de pays tiers mettent une pression permanente sur les cours en France, ce qui ne cesse de réduire le revenu des éleveurs français. Malgré cela, la Commission européenne serait proche de conclure deux accords de libre-échange avec l’Australie et la Nouvelle Zélande. Avec, là encore, des contingents d’importations accrus de viande bovine et de viande ovine à droits nuls. Ces négociations se déroulent avec l’accord des pays membres de l’Union européenne dont la France.

En France, le président de la République a pourtant parlé de souveraineté alimentaire à plusieurs reprises face aux conséquences du coronavirus sur le commerce mondial. De son côté la « Convention citoyenne », mise en place à la demande d’Emmanuel Macron suite à ses débats dans le pays, insiste sur la nécessité de prendre en compte les objectifs de l’accord de Paris sur le climat « dans les négociations commerciales ». Elle demande la « mise en place de sanctions pour les États récalcitrants » et des « clauses environnementales dans les négociations d’accord commerciales »

Mais, alors que les incendies criminels repartent en Amazonie en vue de faire croître l’élevage de bovins et la production de soja pour l’exportation, la France n’a toujours pas dit clairement qu’elle mettra son veto à l’accord de libre-échange signé en juin 2019 entre la Commission européenne et le Mercosur. On voudrait ruiner l’élevage bovin en France que l’on ne s’y prendrait pas autrement.


 

Gérard Le Puill

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 14:16

 

Alors que depuis plusieurs semaines, les plans sociaux s’accumulent à un rythme inédit, projetant dans l’angoisse des milliers de salariés, déjà durement éprouvés par la pandémie liée au Covid-19, l’entreprise Verallia, spécialiste de la production de verre, licencie 198 salariés, ferme un four de production à Cognac et distribue, en même temps, 100 millions d’euros de dividendes ! En pleine crise, le gouvernement doit interdire ce choix honteux du groupe qui privilégie les dividendes et préfère licencier.

 

 

La situation du groupe est pourtant loin d’être critique. Verallia affiche en effet un chiffre d’affaires florissant de 2,5 milliards d’euros et une croissance de 9%. Le cynisme de l’entreprise est tel que l’avant veille de l’annonce du plan de restructuration, le 10 juin 2020, le conseil d’administration votait le versement d’un dividende de 100 millions d’euros aux actionnaires, dont 55 millions au fonds d’investissement américain Apollo, 7,5 millions à la Banque Publique d’Investissement, 4,9 millions aux 40 cadres dirigeants de Verallia et 2,1 millions pour le seul PDG, Michel Giannuzzi. Un dirigeant qui augmente par ailleurs son salaire de 20%, passant de 875 000 euros à 1,1 million annuel.

Dans ces conditions, l’annonce d’un tel plan social, « dans le but d’accélérer la réduction des coûts », sonne comme une véritable provocation, socialement irresponsable. Fleuron de notre industrie verrière, riche de plus de deux cents ans d’histoire dans notre pays, Verallia et ses salariés méritent mieux qu’une gestion exclusivement financière et tournée vers le profit à court terme.

Les syndicats ont d’ailleurs formulé de nombreuses propositions pour développer l’entreprise. Innover, monter en gamme, reconquérir des marchés abandonnés, accompagner les marchés d’avenir ou encore se positionner résolument sur le bio.

Alors que notre pays ambitionne de s’engager dans une reconquête industrielle à long terme, il serait incompréhensible de laisser un tel groupe, florissant et porteur d’avenir, détruire ainsi des emplois et des savoir-faire.

C’est la raison pour laquelle j’ai interpellé Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, afin qu’une médiation entre les salariés et les dirigeants soir rapidement organisée pour empêcher ces licenciements. Dans l’attente, ces suppressions d’emplois ne doivent pas être autorisées.

 

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 08:38

Les Finisteriens manifestaient hier, 6 août, pour le désarmement nucléaire au Ménez Hom et a Crozon a l'occasion du sinistre anniversaire des 75 ans du bombardement nucléaire américain de Hiroshima.

Le Parti communiste soutenait et appelait a ce rassemblement, comme chaque année, pour ratifier le traité de désarmement nucléaire international.

Voici quelques photos de notre camarade de Carhaix Daniel Laporte sur ce rassemblement avec des visages bien connus des luttes pacifistes finisteriennes.

Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.
Il y a 75 ans avaient lieu les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Pour commémorer cette attaque, « Le mouvement de la paix » a organisé, le 6 août, une Caravane de la paix.

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 05:42

 

*Laurent Brun est Secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots

Le texte ci-dessous est une tribune écrite par le syndicaliste Laurent Brun, dans laquelle il ne mâche pas ses mots à l’égard de la politique ferroviaire actuelle. Outre ses critiques sur la question à l’encontre du gouvernement actionnaire majoritaire de la SNCF , il esquisse ici un plan de relance massif du secteur ferroviaire

Je vais me concentrer sur ce que je connais : le ferroviaire… Plus d’un mois après l’annonce du déconfinement, manifestement, les usagers ont encore un peu peur de se retrouver dans les espaces clos que sont les trains. La fréquentation remonte plus doucement que prévu et pour ceux qui ont le choix, ils semblent privilégier la voiture individuelle. Cette situation est renforcée par un pétrole « bon marché », ce qui devrait durer avec la baisse de l’activité économique. Je ne m’arrêterais pas sur ce point, qui mériterais à lui seul un développement (paradoxe du marché libre : il favorise la pollution en cas de ralentissement économique). 

Je reste donc sur la logique de « relance »… première mesure impérative : il faut redonner confiance aux usagers. Ce qui saute immédiatement aux yeux dans les gares, c’est que malgré la faible fréquentation, les files d’attentes sont de retour (amplifiées par la distanciation). C’est le résultat d’une application typique du R/D (Recettes sur Dépenses). On reprend donc les mesures de gestion classiques : moins d’activité = moins de personnel. Mais du coup on recréait les files d’attente et ce n’est pas du tout rassurant. Donc l’une des premières mesures devrait être au contraire de bannir les attroupements en mettant du personnel en surnombre à la vente.  Pour les trains de l’été c’est la même logique. La SNCF a expliqué qu’un TGV n’est rentable qu’à partir d’un remplissage de 70%. Donc on va probablement tenter de remplir les trains à mort en juillet et août pour retrouver la profitabilité antérieure. La suppression de TGV va dans ce sens la. Et ce faisant, la fraction de la population la plus craintive ne remettra pas les pieds dans nos trains. Il faudrait au contraire rester dans une offre excédentaire, au moins jusqu’à la fin de l’année.  Évidemment, du point de vue économique c’est délicat. C’est là que l’Etat et son plan de relance économique pourrait intervenir avec une aide financière temporaire qui le permette. Il devrait aussi remettre en cause (ou au moins reporter) sa logique d’ouverture à la concurrence, car il est clair que la SNCF ne sera pas incitée à prendre des mesures coûteuses pour rassurer ses usagers dans une situation où elle risque de se faire tailler des croupières par des compagnies concurrentes… pour l’instant les mesures sanitaires ou autres peuvent être amorties sur l’ensemble du réseau ferroviaire… c’est une forme de solidarité nationale qui persiste malgré la destruction des outils les plus importants dans les dernières réformes (péréquation tarifaire notamment)… il ne faudrait pas rentrer dans la logique infernale du fret ! 

Au-delà du court termes, le plan de relance ferroviaire devrait marquer une rupture avec la situation antérieure pour redonner envie aux usagers de croire dans le train, et en convaincre de nouveaux de changer de mode de déplacement. C’est une occasion inespérée de report modal. Au-delà de la remise en cause de la concurrence évoquée plus haut, il convient de ré examiner les choix récents : le rapport Duron sur les infrastructures (quoi qu’on en pense par ailleurs) présentait 3 scenarii :  1) la concentration des investissements sur un périmètre réduit de lignes et l’abandon du reste (2,4 milliards d’euros par an) ;2) des investissements sur l’ensemble du réseau (3 milliards d’euros par an) ;3) des investissements supérieurs pour accélérer la réalisation des travaux et résoudre plus rapidement les problèmes des usagers (4milliards d’euros par an). Le gouvernement a choisi le scénario que je qualifierait de « 1,5 » soit 2,7 milliards d’euros par an, mais il a en outre imposé à la SNCF de les assumer presque exclusivement sur ses fonds propres comme au joyeux temps de la construction des LGV, grâce à un mécanisme pervers de « dividende » versé par SNCF Voyageurs à SNCF Réseau. L’une des mesure les plus significative en faveur du rail serait donc de passer au scénario 3, et que ce soit l’Etat qui assume en totalité le financement de ces investissements.  En apportant 4 milliards par an pendant 20 ans au système ferroviaire :  – il rééquilibrerait la situation avec le mode routier (dont la collectivité finance 100% des infrastructures),- il permettrait de résoudre plus rapidement les problèmes d’infra qui empoisonnent la vie des usagers et des cheminots,- il permettrait à SNCF Réseau de dégager 2 milliards par an pour améliorer encore le service public (retour à une politique de prévention dans la maintenance, arrêt de là sous-traitance, réouverture immédiate des petites lignes…). Dans le mécanisme de financement des TER c’est l’Etat qui paye les sillons à la place des Régions, il pourrait donc aussi demander la baisse du prix des sillons pour ré-attribuer cette somme sous forme de dotation aux régions afin qu’elles puissent faire face à la perte de recette liée à la crise…- et il dégagerait SNCF voyageurs de ces obligations (dividende) ce qui lui permettrait d’améliorer le service offert (réserves de personnels pour pallier les incidents, présence humaine dans les gares et les trains…) et pourquoi pas de créer de nouveaux droits (réduction de 90% sur un aller retour par an pour chaque français au titre du droit aux vacances… ce qui ferait découvrir le train à beaucoup de gens et encouragerait le tourisme intérieur)… 

Évidemment, on ne peut pas parler de plan de relance sans aborder le FRET… les cheminots (y compris ceux des EF privées) ont assurés : 60 à 70% des trains ont continué à rouler pour assurer l’approvisionnement de la nation. Mais toutes les compagnies sont dans un état critique. Cela vient à un moment où l’Union Européenne a déjà fait le constat de l’impasse de la libéralisation et a donc autorisé discrètement l’année dernière les États membres à recommencer à subventionner le FRET. Donc le Gouvernement en profite et va annoncer une aide publique de 100 à 150 millions d’euros. Ce sont bien les subventions qui vont maintenir la pérennité de l’activité. Mais cela ne va permette que la consolidation des trafics actuels, en aucun cas un report massif de la route sur le rail, dont nous avons pourtant cruellement besoin. Il est donc temps d’abandonner la concurrence, de fusionner toutes les compagnies privées moribondes dans la SNCF, et de mettre en place une politique plus ambitieuse de report modal, planifiée, coordonnée avec tous les acteurs (ports, Marchés d’Interêt National, grands logisticiens…). La CGT fera des propositions concrètes sur ce point très bientôt.  Alors je terminerai par ce que va faire le Gouvernement… Même si il ne nous parle pas (nous ne sommes que de pauvres salariés, lui il parle avec les patrons), nous entendons des choses… Et pour l’instant, c’est plutôt tout le contraire de ce qu’il faudrait : il a imposé à SNCF Voyageurs de verser en juillet un dividende de 760 millions d’euros à SNCF Réseau. Ils ne veulent pas reconnaître l’aberration de cette mesure issue de la réforme de 2018 donc ils poussent à ce qu’elle soit respectée, quitte à tout casser autour. 

Ce faisant, le message qu’ils envoient à la SNCF est : débrouillez-vous pour tenir vos objectifs financiers malgré la crise, donc pressurez à nouveaux vos salariés, réduisez les investissements pour vos usagers (sauf si ça touche les multinationales du BTP, dans ce cas vous maintenez les chantiers comme le CDG Express), revenez à des conditions de transport dégradées, mais payez ce dividende !Il se murmure aussi que certaines filiales pourraient être vendues… sont-ce celles dont nous n’avons que faire car pas ferroviaires et trop éloignées pour représenter un intérêt de coopération ? Non, ce serait celles qui détiennent du capital ferroviaire en France (on parle de Ermewa, filiale SNCF à 100%, qui est un loueur de matériel roulant et possède aujourd’hui les wagons fret par exemple…). Nous sommes décidément bien restés dans l’ancien monde. Le nouveau ne viendra que par nos luttes ! Alors préparons nous, syndiquons-nous, organisons-nous, il faut que ça chauffe !

 

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 05:39

 

Peter Thiel est le lien entre le transhumanisme et les libertariens radicaux. Ce milliardaire veut la fin de toute régulation, pour sauver l’humanité par la technologie et se débarrasser de sa plus grande peur : la mort.

L’homme qui vivra 1 000 ans n’est sûrement pas né. Mais s’il l’est, ce sera probablement Peter Thiel. En tout cas, il a pris toutes ses dispositions pour. Il finance la Fondation Sens, qui veut cultiver des organes tout neufs nés de cellules souches, à transplanter dans le corps des riches. Il est proche d’Ambrosia, une start-up de biotechnologie qui, contre 8 000 dollars, vous transfuse un litre de sang de jeune – de 16 à 25 ans.

Puis il a placé des fonds dans Calico, start-up fondée par les créateurs de Google, qui entend stopper le vieillissement par manipulation génétique. Il s’intéresse aussi à la possibilité de transférer sa conscience dans un avatar virtuel. Et si rien n’est prêt au crépuscule de sa vie, toutes les dispositions sont prises pour le cryogéniser. En attendant, Peter Thiel suit un strict régime « paléo », composé exclusivement de viandes maigres, de noix et de baies et se gave d’hormones de croissance.

Père de la PayPal Mafia aux côtés d’Elon Musk

C’est qu’il a déjà 52 ans, ce pionnier de la Silicon Valley. Il n’est pas ingénieur ni informaticien, mais un « business angel ». Il est pourtant considéré par beaucoup comme l’âme politique de la baie de San Francisco. Il était trentenaire lorsqu’il a financé le lancement de PayPal, avec un certain Elon Musk. Ils sont les pères de ce qu’on a appelé plus tard la PayPal Mafia. Y sont passés les futurs créateurs de YouTube, LinkedIn, Yelp, Tesla, Space X… Lorsque Ebay rachète l’entreprise, Peter Thiel réinvestit ses gains dans leurs projets. Son plus gros coup reste d’avoir prêté 500 000 dollars à Mark Zuckerberg en 2004, qui s’apprêtait à lancer Facebook. Sa mise a été multipliée par 3 000. Sa fortune était faite.

Conseiller au numérique de Donald Trump

Sa première publication politique date de ses études de droits, dans les années 1980, à Stanford. Les milieux universitaires débattaient alors de discrimination positive. Thiel publie une charge expliquant que seule l’excellence compte et que l’ouverture de l’université aux minorités ethniques et aux femmes et leurs « différences biologiques évidentes » selon lui, fera irrémédiablement baisser le niveau. Des idées qui l’ont mené à devenir le conseiller au numérique de Donald Trump lors des élections de 2016, au cours desquelles il déclarait : « Je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient encore compatibles. » Car ce qui domine aujourd’hui dans sa pensée politique est surtout un élitisme doublé d’un libertarianisme radical.

Pour lui, toute institution publique est une contrainte dont il faut se débarrasser. Surtout, il veut abolir toutes ces lois qui limitent les expérimentations sur le vivant et sa quête d’immortalité. « Nous sommes engagés dans une course à mort entre la politique et la technologie, a-t-il expliqué dans son livre l’Éducation d’un libertarien. Le sort de notre monde dépend d’un seul individu, d’une personne, qui sera capable de bâtir et diffuser des outils technologiques favorisant la liberté et permettant un monde plus sûr pour l’épanouissement du capitalisme. »

Une forteresse autosuffisante en Nouvelle-Zélande

Pour ce programme aussi, Peter Thiel investit sa fortune. Il fonde le Seasteading Institute, à la tête duquel il place Patri Friedman, le petit-fils de Milton. Le but étant de créer sur les eaux internationales des océans des villes flottantes délivrées de tout État et de toute régulation, où la créativité, la science et certainement l’eugénisme auront libre court. « Oubliez les entreprises start-up, assure Thiel, la prochaine frontière ce sont les pays start-up. » Malgré tout, quelques craintes habitent le milliardaire. Et si, à cause de l’intelligence artificielle, il n’y avait plus d’emplois et que les pauvres se révoltaient ? Et si les pires scénarios du réchauffement climatique se réalisaient ? Alors Peter Thiel a acheté une vaste ferme dans les hauteurs de la Nouvelle-Zélande, qu’il transforme en forteresse autosuffisante. La PayPal Mafia y a réservé des chambres. Il n’y manque plus que des stocks d’azote liquide pour cryogéniser cette nouvelle aristocratie, juste au cas où.

 

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 05:35

 

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, sur l’initiative collègue Éric Bocquet et à la demande du groupe CRCE, nous examinons aujourd’hui l’avenant à la convention fiscale entre notre pays et le Luxembourg, un texte qui en précise les modalités d’application pour 107 000 de nos travailleurs frontaliers.

Cet avenant ne change rien au fond de cette convention, entrée en vigueur le 19 août 2019, et dont l’objectif affiché était de mieux lutter contre l’évasion et l’optimisation fiscales : elle comporte notamment une clause anti-abus générale contre les montages ayant un objectif principalement fiscal.

Seulement, une fois encore – c’est la raison pour laquelle nous avons demandé un retour à la procédure d’examen normale – s’agissant du Luxembourg, de telles dispositions ne sauraient être examinées dans la précipitation et regardées par le petit bout de la lorgnette, car ce petit État de 600 000 âmes, niché au cœur de l’Europe, pays fondateur du marché commun et de l’Union européenne, présente quelques caractéristiques fiscales qui méritent que l’on s’y attarde.

Mme Nathalie Goulet. C’est vrai !

M. Pierre Laurent. Citons, d’abord, l’existence au Luxembourg de ports francs, espèces de bunkers surprotégés, inaccessibles sauf aux initiés, où sont stockées des œuvres d’art à la valeur vertigineuse. Sacha Guitry, grand amateur d’art, aimait dire qu’il existait deux types de collectionneurs : les collectionneurs « vitrine » et les collectionneurs « placard ». Avec les ports francs, on est plutôt dans la seconde catégorie.

Mme Nathalie Goulet. Excellent ! (Sourires.)

M. Pierre Laurent. L’anonymat des propriétaires est la règle. Nombreux sont les clients des ports francs qui créent une société offshore domiciliée dans les îles Vierges britanniques ou dans toute autre juridiction de ce type, et louent un box sous le nom de cette compagnie.

Il faut également noter que le Luxembourg a fait l’objet de poursuites judiciaires de la part de la Commission européenne, pas plus tard qu’au mois de mai dernier au sujet des lois visant à empêcher le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale.

Mme Nathalie Goulet. Absolument !

M. Pierre Laurent. En mai 2018, l’Union européenne a pris de nouvelles dispositions ayant pour but de contrôler les actifs financiers de responsables politiques et d’entreprises. Or il se trouve que le Luxembourg fait partie des États membres qui n’ont pas encore complètement mis en œuvre ces mesures.

L’exécutif européen a instamment demandé au Grand-Duché de modifier une loi permettant aux entreprises de réduire leurs charges fiscales au-delà de ce qui est autorisé dans le cadre des règles de l’Union, dans la mesure où cela réduit les ressources fiscales dans les autres États membres.

Le Luxembourg est un pays de 600 000 habitants qui accueille autant d’investissements directs à l’étranger que les États-Unis et beaucoup plus que la Chine, indication donnée par un rapport du FMI l’an dernier. La valeur de ces investissements atteindrait 4 000 milliards de dollars. Une très grosse partie de cet argent est stockée dans des coquilles vides créées par des multinationales, sans activité réelle au Luxembourg, des véhicules financiers spécifiques, dont la seule raison d’être est de bénéficier d’une fiscalité plus clémente.

Enfin, nous nous devons de citer les révélations récentes de deux lanceurs d’alerte français à propos d’un groupe national majeur, le troisième groupe d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) en France, qui a envoyé au moins 105 millions d’euros au Luxembourg entre les mois de mars 2017 et mars 2019. Il s’agit là encore d’une histoire de montages financiers complexes, impliquant des sociétés-écrans et d’autres coquilles vides, qui s’imbriquent les unes dans les autres.

L’opacité de ces structures offre à leurs promoteurs une source d’enrichissement défiant l’entendement du citoyen ordinaire. Le troisième groupe du marché des Ehpad français est ainsi détenu par une société basée au Luxembourg, « un paradis fiscal parmi les plus agressifs au monde » selon l’organisation non gouvernementale Oxfam. Quand on sait que les aides publiques allouées aux Ehpad sont passées en dix ans de 5 à 10 milliards d’euros par an en France, on comprend que nos impôts financent ainsi des structures à l’opacité redoutable.

Mme Nathalie Goulet. Eh oui !

M. Pierre Laurent. Mes chers collègues, chacun comprendra que, dans ces conditions, et au vu de ces éléments, mon groupe ne peut s’en tenir à l’examen d’un avenant. Il exprime son plus grand scepticisme quant à la valeur d’un engagement du Luxembourg au bas d’une convention fiscale bilatérale.

Ce débat est une nouvelle occasion de poser des questions sur la politique de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales de notre pays et de l’Union européenne au moment où l’on cherche tant d’argent en Europe. Quand on pense qu’on a entendu les Pays-Bas, sur lesquels il y aurait aussi beaucoup de choses à dire en matière d’évasion fiscale, donner des leçons de rigueur à l’Europe tout entière durant des semaines… Je ferme la parenthèse.

Mme Nathalie Goulet. Très bien !

M. Pierre Laurent. Avec beaucoup d’autres, nous disons qu’il est urgent d’engager un processus pour affranchir l’Union européenne et ses relations commerciales des paradis fiscaux. Le groupe CRCE votera contre la signature de cette convention fiscale entre la France et le Luxembourg, aux fondements de laquelle l’avenant que nous examinons aujourd’hui ne change rien.

 

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 14:26

L'Etat veut taxer les mutuelles pour combler le trou de la sécu

Les complémentaires santé ont économisé 2,6 milliards d'euros de remboursements pendant la crise sanitaire, conséquence de l'arrêt des soins.

L’État veut à présent récupérer une partie de cette somme.

L'objectif :

Éponger une partie des pertes de l'assurance-maladie, qui devrait atteindre 31 milliards d'euros en 2020.

Pourquoi ne pas étendre ce mécanisme de solidarité aux grandes entreprises, qui ont bénéficié des aides de l'Etat sans contreparties sociales ?

Pendant la crise sanitaire, les complémentaires santé et les mutuelles ont accumulé la coquette somme de 2,6 milliards d'euros, conséquence de l'arrêt des consultations et du renoncement aux soins pendant le confinement. Pour compenser les pertes de la sécurité sociale, qui prévoit un déficit de 31 milliards en 2020, le gouvernement pourrait en taxer une part via une contribution exceptionnelle dès le mois de décembre. Les modalités n'ont pas été définies, même si, selon Les Echos, l'administration de la Sécurité sociale explore la piste d'une contribution sur la même assiette que la taxe de solidarité additionnelle (TSA), prélevée sur les contrats d'assurance-santé.

Alors on peut se demander pourquoi un tel mécanisme de solidarité n'est-il pas mis en place pour les grandes entreprises, qui bénéficient des aides de l'Etat sans contrepartie ?

Pourquoi ne pas taxer le capital ? En 2017, 280 milliards ont été versés par les entreprises à leurs actionnaires. Une contribution de 3 % sur ces dividendes permettrait de dégager près de 8,5 milliards d’euros (14 milliards d’euros avec une contribution au taux de 5 %).

Pour la CGT, les solutions pour financer la sécurité sociale ne manquent pas :

augmenter les salaires (1% d’augmentation représente 3,6 milliards de cotisations supplémentaires) ;

créer de l’emploi (2,4% d’emplois en plus c’est 9 milliards de cotisations sociales en plus et 7 milliards d’économies pour l’assurance chômage) ;

mettre fin aux exonérations de cotisations sociales patronales.

"Il y a un problème de financement de la Sécurité sociale. Notre système est bon, mais le robinet qui alimente le financement de la Sécu est de plus en plus fermé. On fait de plus en plus d'exonérations de cotisations sociales, notamment aux employeurs et aux grands groupes"

analysait Philippe Martinez, au micro de RTL, le 17 juillet 2020.

Le CICE, attribué sans condition, représente 22 milliards en moins pour les caisses de la sécurité sociale.

Le coût de ces exonérations de cotisation sociale s'élève à 90 milliards d’euros par an, selon la Cour des comptes.

Mais dans ce contexte de crise sanitaire et économique, le gouvernement a choisi de ménager le patronat et les actionnaires au détriment de notre modèle social.

Gérald Darmanin, alors ministre de l'Action et des Comptes publics (aujourd'hui remplacé par Olivier Dussopt), avait annoncé le 24 mai que le gouvernement allait exonérer de 3 milliards d'euros de cotisations sociales des entreprises de secteurs affectés par la crise sanitaire, comme la restauration, le tourisme, l'hôtellerie, la culture ou le sport.

Sans aucune contrepartie sociale ni garantie pour l'emploi.

Cette décision a été entérinée par la troisième loi de finance rectificative, adoptée par le parlement le 23 juillet.

 

 

 

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 05:50

 

L’Humanité, avec sa plateforme numérique l’Humanité.fr, prend l’initiative de solliciter des contributions pour repenser le monde et inventer des alternatives, avec l’ambition d’être utile à chacune et à chacun. Cette démarche sera prolongée par la publication d’un hors-série à la fin de l’été et l’organisation de grands débats publics.

Aujourd’hui : « Le pouvoir au peuple », par Jean-Claude Bauduret, ingénieur retraité, syndicaliste.

 

 

« La loi est l’expression de la volonté générale ! » proclame notre Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (art. 6) et celle, universelle, de 1948 : « La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics » (art. 21).

Mais il arrive que cette volonté du peuple soit contredite par ses « représentants ». L’histoire de la construction européenne est incontestablement et sans ambiguïté significative de ce point de vue.

Les Irlandais, consultés par référendum, comme l’exige leur Constitution, disent non au traité de Nice en 2001, non à celui de Lisbonne en 2008. En 2005, les Français et les Néerlandais disent également non  par référendum à la Constitution européenne, reprise intégralement dans le traité de Lisbonne, mais, à chaque fois, les pouvoirs politiques résultant d’élections « démocratiques » trouvent le moyen de faire approuver largement ces dispositions par les parlementaires élus censés représenter les citoyens !

Tirage au sort ou élection

La question de la représentation du peuple pour remplacer l’arbitraire de la monarchie ou du pouvoir colonial se posa dès le début des révolutions américaine (1784) et française (1789). Elle opposa, d’une part, les partisans du tirage au sort – largement utilisé dans la première démocratie au monde connue, la démocratie athénienne qui fut pratiquée pendant deux siècles, jusqu’à la conquête de la Grèce par Philippe de Macédoine –, d’autre part, les partisans de l’élection, moyen pacifique largement utilisé dans l’histoire de l’Europe et de l’Asie pour choisir son chef. Les partisans de l’élection obtinrent une victoire si écrasante que le tirage au sort ne subsista qu’en justice, pour la désignation des jurés populaires. L’argument principal était que l’on reconnaissait plus volontiers l’autorité de quelqu’un que l’on avait choisi.

Notre démocratie est dite représentative, le vote donne à l’élu gagnant le pouvoir de décider à la place de ses électeurs, mais l’article 27 de notre Constitution lui interdit de les consulter auparavant. Si ses électeurs désapprouvent ses votes, ils ne peuvent qu’attendre les prochaines élections pour faire un autre choix.

Notre démocratie est délégataire

En fait, notre démocratie n’est pas « représentative », elle est délégataire. La science, en l’occurrence les statistiques, donne une autre définition de la représentativité. Un échantillon obtenu par tirage au sort issu d’une population est dit représentatif de celle-ci lorsqu’il présente les mêmes caractères que la population, dans les mêmes proportions, à une incertitude près, d’autant plus petite que l’échantillon est important. Les statistiques sont largement utilisées dans la recherche médicale, dans le marketing, notamment pour le lancement commercial d’un produit et en politique dans les enquêtes d’opinion, notamment pour ajuster les discours électoraux ! Mais les statistiques n’ont jamais été mises au service des citoyens. Or il est possible, par tirage au sort, de constituer un échantillon représentatif de la population. Ainsi, avec 600 tirés au sort pour 40 millions d’électeurs, les votes seraient identiques à ceux de la population française, à plus ou moins 4 % près.

Favoriser le débat

Faut-il pour autant remplacer le Parlement par une assemblée de 600 citoyens tirés au sort ? Cela serait une erreur car un autre élément entre en ligne de compte : le débat démocratique, moment privilégié de l’évolution des idées, particulièrement intense en période préélectorale et qui fait que la loi peut autoriser aujourd’hui ce qui était interdit dans le passé et inversement.

Mais, comme dans la plupart des démocraties occidentales, notre Parlement est constitué de deux chambres et l’élection du Sénat ne donne lieu à aucun débat démocratique. Le remplacer par une chambre de 600 citoyens tirés au sort permettrait ainsi la confrontation des élus du peuple non plus avec des personnalités élues par d’autres personnalités, mais avec une « France en miniature ». Bien d’autres changements sont envisageables pour une VI e République démocratique, comme le référendum révocatoire d’initiative citoyenne, les conférences ou conventions de citoyens, l’observatoire des engagements, mais l’institution d’une chambres des citoyens, qui nécessiterait de plus amples développements, est fondamentale. En plus de deux siècles, nulle part dans le monde n’est advenue une démocratie basée exclusivement sur des élections.

 

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