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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 05:44

 

La pandémie a failli en avoir raison. Au vrai, elle lui a bien arraché quelques plumes. Reste pourtant qu'elle sera là, fidèle au poste, le dernier week-end d'août : l'université d'été des communistes. Ramenée à une journée, peuplée de masques et pleine de gels hydro-alcooliques, elle suivra les recommandations sanitaires à l'œuvre dans notre pays (hors Puy du Fou…). Ainsi, les personnes qui ne partagent pas le même foyer ne pourront s'asseoir côte à côte pendant les ateliers. Mais la fraternité sera bien au rendez-vous : il ne peut en être autrement quand des centaines de communistes se retrouvent. Et puis, il y aura la buvette tenue par la fédération du Nord, le grand banquet conclusif à deux pas de la plage de Malo-les-Bains…

 

 

Il est vrai que la période n'appelle pas à faire moins de politique mais, au contraire, sensiblement davantage. Écouter, échanger, penser pour riposter, proposer, agir en meilleure connaissance et avec une efficacité enrichie par la réflexion collective : telle demeure la ligne de l'événement.

Nous savons bien, cependant, que la situation présente va tenir à l'écart de la mer du Nord un certain nombre de camarades qui y seraient venu en temps normal. Nous allons renforcer dans cet esprit la dimension numérique de la journée - déjà présente dans les éditions passées avec ces dizaines de vidéos disponibles via

 YouTube https://www.youtube.com/playlist?list=PLmvbRi37dHo9qKj5ToLJva-z8p04vlCx7.

De ce point de vue, la page Facebook de l'université d'été restera précieuse cette année encore : https://www.facebook.com/UniversiteDeteDuPcf/

Beaucoup de questions ont été posées sur le programme, élaboré dans les circonstances particulières de l'été 2020. Disons qu'il placera les communistes sur le terrain des réponses à la crise que nous vivons. Ce sera l'allocution de rentrée du secrétaire national. Ce sera le grand débat « Quel mode de production pour le XXIe siècle ? » ancré dans les réalités contemporaines et les mobilisations déjà à l'œuvre. Fabien Roussel et Philippe Martinez, notamment, y participeront. Ce sera aussi le temps consacré à cette refondation de l'hôpital dont l'absolue nécessité a paru au grand jour à des millions de nos concitoyens ces derniers mois. Ce sera encore un moment d'analyse et de riposte. Face aux projets de démembrement de la République avancés par Jean Castex, nous poserons en grand la question « Fédéralisme ou République ? » avec Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat, et des représentants des grandes forces politiques de progrès. Riposte encore avec le thème de la « dette » qui, après les milliards soudainement dégainés, est à présent brandi par le gouvernement comme arme définitive pour faire baisser toutes les têtes et réduire au silence toutes les revendications. Plus globalement, c'est l'âpre bataille idéologique en cours que traitera Patrick Le Hyaric, directeur de L'Humanité.

Un des intérêts d'être un parti, c'est de pouvoir mettre au pot commun les expériences menées ici ou là. C'est ce que nous ferons, à partir de ce précieux observatoire des municipales, avec Olivier Sarrabeyrouse, Michèle Picard et Patrice Bessac, maires de Noisy-le-Sec, Vénissieux et Montreuil. Jean-Daniel Lévy, pour Harris Interactive, apportera également un éclairage.

Je ne peux être complet mais je voudrais signaler qu'à Malo, le 29 août, on parlera Europe, racisme mais aussi poésie, avec Olivier Barbarant, ou dialectique, après la mort de Lucien Sève et à l'approche du bicentenaire de celle d'Engels. Les anniversaires malmenés seront également présents : celui d'Elsa Triolet, décédée il y a 50 ans ; le centenaire du Parti communiste, bien sûr, avec la présentation du nouveau programme national des réjouissances, un aperçu des expositions qui vous attendent et de premiers débats sur le sujet, avant le lancement en bonne et due forme, à Tours, début octobre.

Il est encore temps de s'inscrire et de prendre car ou train pour le rendez-vous de Malo !

Inscriptions : https://www.pcf.fr/journee_dete_2020

Questions : universite-ete@pcf.fr

 

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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 05:42

Ces derniers jours, le nombre de cas de coronavirus est reparti à la hausse, atteignant un nouveau record depuis le mois de mai, mois du déconfinement. Des départements sont à nouveau classés en « zone de circulation active » et certains Ehpad se reconfinent déjà.

 

 

L’urgence est là : il faut tout faire pour empêcher une reprise de l’épidémie. Or que fait le gouvernement pour notre protection, pour renforcer le système de santé ? Alors que le Premier ministre a affirmé sa volonté d’« étendre le plus possible l'obligation du port du masque dans les espaces publics », nous exigeons avant tout la gratuité des masques. « Quoi qu’il en coûte » !

Quant à l’hôpital public et aux Ehpad, la mascarade du Ségur de la santé est une honte. La réalité, c’est que les soignant·e·s auront les plus grandes difficultés face à une deuxième vague épidémique car épuisé·e·s par le travail au sein d’établissements toujours sous-dotés en moyens matériels et humains. C’est là aussi une exigence : le gouvernement doit entendre les revendications des personnels, des syndicats, des collectifs qui émergent et rouvrir les négociations.

Soyons également mobilisé·e·s pour que la rentrée scolaire ne renforce pas la crise éducative et ouvre au contraire le chemin d’une école ambitieuse et émancipatrice pour toutes et tous. Le protocole sanitaire élaboré en catimini cet été doit d’urgence être révisé pour garantir la sécurité sanitaire, un pré-recrutement massif de personnels, à commencer par les enseignant·e·s doit être décidé et des moyens débloqués pour permettre un enseignement en groupes réduits qui ne laisse aucun·e élève sur le bord du chemin.

En matière de santé comme d’éducation, la seule préoccupation du gouvernement est de limiter la dépense publique. Car il s’agit de la mettre au service d’un tout autre objectif : la relance des profits malgré la crise économique !

Si nous n’avons pas encore les détails du plan de relance qui sera présenté la semaine prochaine, le ministre de l’Economie a cependant profité de l’été pour annoncer les nouveaux cadeaux aux actionnaires qu’il contient. Après les milliards d’euros d’aides publiques aux grands groupes qui licencient, Bruno Le Maire a confirmé une baisse de 20 milliards d’euros en deux ans des impôts de production, notamment de la CVAE !

Voilà la réponse du pouvoir au chômage atteint un niveau historique, aux plus de 275 plans de licenciements soi-disant « de sauvegarde de l’emploi » ont eu lieu depuis mars dernier avec plus de 43 000 emplois supprimés ! Cette réalité appelle une toute autre politique qui transforme notre mode production pour placer l’humain et la planète au cœur de tous les choix. Une planète abîmée un peu plus cet été par la décision gouvernementale de lever partiellement l’interdiction des néonicotinoïdes.

Après notre projet de sortie de crise adopté avant l’été et que nous mettrons largement en débat dans les mois qui viennent, le Conseil national du PCF des 5 et 6 septembre sera l’occasion de lancer une campagne nationale sur l’emploi. D’ores et déjà, vous pouvez signer la pétition nationale.

L’enjeu d’un projet de société alternatif au projet capitaliste qui aggrave la crise sera au cœur de l’édition inédite 2020 de la fête de l’Humanité qui pour raison sanitaire prendra ses quartiers dans plusieurs lieux d'Ile-de-France, et en direct sur fete.humanite.fr les 11,12 et 13 septembre prochains. Le journal et cette fête inédite ont besoin de notre soutien. Diffusons massivement le bon de soutien de 25 euros dont 5 euros reversés au secours populaire !

Igor Zamichiei, coordinateur de l’exécutif national

 

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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 09:51
Il appartient au peuple malien de décider seul de son avenir (PCF)
COMMUNIQUE DE PRESSE
 
 
Il appartient au peuple malien de décider seul de son avenir (PCF)
 
 
Le coup de force conduit par des officiers supérieurs de l'armée malienne marque une nouvelle étape dans le délitement total de la situation du pays. Le président de la République, Ibrahim Boubakar Keïta, qui a été arrêté, a annoncé sa démission, celle du gouvernement et la dissolution du Parlement. Quant aux militaires, qui ont procédé également à la neutralisation de la presque totalité de l'état-major et à l'incarcération de personnalités civiles, ils annoncent une transition civile censée conduire à des élections. Ils ont reçu le soutien d'une partie de l'opposition organisée autour du mouvement M5-MFP, coalition d'hommes politiques, de représentants de la société civile et de religieux.
 
Cette intervention d'une partie des militaires est le résultat d'une dynamique de mécontentement profond face à la crise sécuritaire, sociale et politique dont la lutte contre le djihadisme n'est qu'un aspect.
Depuis des décennies, le peuple malien subit des politiques libérales et d'ajustements structurels entravant toutes politiques publiques de développement, aggravant les inégalités et la misère. La corruption
généralisée, la gabegie, nourrissent le ressentiment et la colère sociale face à l'enrichissement éhonté de la classe dirigeante. Les droits humains y sont constamment bafoués par des régimes autoritaires soutenus à bout de bras par des puissances étrangères et notamment la France. Rien n'est fait pour traiter les causes de ce désastre alors que la situation sociale ne cesse de s'aggraver.
 
Par ailleurs, le pouvoir en place, totalement discrédité, était largement contesté depuis les récentes législatives. L'opposition avait dénoncé les fraudes massives donnant lieu à des manifestations pacifiques d'ampleur. Celles-ci ont été durement réprimées dans le sang, faisant plus d'une vingtaine de morts parmi les protestataires sans que cela n'émeuve les protecteurs du régime.
Ces impasses s'exacerbent avec la déstabilisation conduite par des entreprises de violence liées au banditisme et aux groupes armés djihadistes. Ces organisations continuent à gagner en influence, montent
en puissance, en effectifs et étendent leur implantation. De toute évidence, l'hyper-militarisation avec notamment la présence croissante des forces armées françaises ne produisent pas l'effet escompté et
marque ses limites en raison de l'absence de perspectives politiques.
Les attaques se multiplient, éprouvant massivement l'armée malienne. En son sein, la grogne monte face aux revers, à la pression des combats, aux problèmes de solde alors que les fonds alloués aux forces armées ont
accéléré une corruption devenue insupportable. L'indifférence à leur sort de la part des autorités politiques mais aussi la dénonciation d'exactions contre les civils notamment dans le village d'Ogossagou, ont
contribué à ce coup de force alors que les militaires étaient jusqu'à présent restés en dehors de la contestation.
 
Ainsi, les solutions promues par la communauté internationale et plus particulièrement Paris, avec ses ingérences multiples, ses politiques d'austérité et la militarisation exclusive conduisent à l'échec et au
chaos politique.
Comme le réclament les Maliens, il n'y a pas d'autres alternatives que le dialogue entre les forces sociales et politiques pour trouver une issue à la crise. Il appartient aux Maliens de décider seuls de leur avenir pour rester maîtres de leur destin. L'absence de développement génère le désespoir et nourrit les forces réactionnaires et régressives qui se positionnent à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Il y a
urgence d'une transition ouvrant une perspective de paix durable. Le Parti communiste français est aux côtés du peuple malien afin de bâtir une coopération solidaire fondée sur le progrès social et le respect des
droits humains et démocratiques.
 
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 19 août 2020.
 
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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 08:31
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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 06:26
Déclaration de la Fédération du Finistère: Pollution de l'Aulne (20 août 2020)

Déclaration de la Fédération du Finistère: Pollution de l'Aulne
 

L'eau du robinet n'est plus bonne à consommer dans cinquante communes du département.

L'usine d'eau potable de Coatigrac'h, à Châteaulin a relevé une concentration élevée en ammoniaque

Des résidus de méthanisation provenant de la centrale de production de biométhane de Châteaulin, exploitée par le groupe Vol-V, sont à origine de cette pollution qui touche des milliers de foyers.

La préfecture du Finistère a pris un arrêté pour restreindre l'usage de l'eau dans 50 communes dont celle de Chateaulin, Crozon, une large partie du Pays Bigouden notamment.

Les communes impactées et leurs habitants se voient dans l'obligation de se procurer pour les besoins alimentaires de l'eau en bouteille.On imagine sans peine le coût de ces achats imprévus pour les familles te les collectivités territoriales.

L'enquête diligentée permettra d'établir certainement les responsabilités dans cet invraisemblable accident

Mais dès à présent la société en charge de la centrale de méthanisation doit s’engager à prendre en charge les dépenses des particuliers et des collectivités locales liées à la pollution dont les équipements qu'elle gère sont à l’origine.

Brest le 20 août 2020.

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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 05:54
Plan de relance - Crise sanitaire - Propositions des parlementaires communistes adressées au Premier ministre
Plan de relance - Crise sanitaire - Propositions des parlementaires communistes adressées au Premier ministre
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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 05:45

 

Les jeunes payent un lourd tribut depuis l’arrivée de la crise économique. Occupant les postes les plus précaires, ce sont eux les plus touchés par la montée du chômage. Les plans de licenciements, la diminution des missions d'intérim, la suppression d’emplois saisonniers… L’été fut rude pour une grande partie des jeunes. La rentrée ne s’annonce pas moins compliquée. Aux suppressions d’emplois vont s'ajouter les 750 000 jeunes ayant fini leur formation arrivant sur un marché de l’emploi dégradé et quasi-saturé à compter du mois de septembre.

 

 

De plus en plus de jeunes vont se retrouver sur le carreau avec peu, voire aucune source de revenu pour celles et ceux qui n'auront pas encore travaillé. La précarité qui est déjà une réalité quotidienne pour de nombreux jeunes va s’aggraver au fil des mois. Dans ce contexte, les annonces de réformes du gouvernement risquent d’aggraver encore plus ce phénomène de précarisation.

Face à la montée du chômage chez les jeunes, Jean Castex a annoncé un grand plan de secours pour la jeunesse. Celui-ci s'intitule un jeune est égal à une solution. Un joli slogan pour masquer une réalité bien moins attrayante.

Dans ce plan de secours, figure une prime à l’embauche des jeunes pour les entreprises. Un simple CDD de trois mois pour un jeune de moins de 26 ans suffira à décrocher ladite prime. Jean Castex propose comme perspectives pour les jeunes une société de petits boulots. Mais le pire est à venir. Dès le mois de septembre, le Premier ministre a annoncé la création de 100 000 missions de service civique afin d’endiguer le chômage chez les jeunes. Nous sommes ici bien éloignés de l'objectif originel des services civiques qui devaient permettre « d'encourager l'engagement » des jeunes. Mais cela ne choque désormais plus personne, tant ce contrat a été dévoyé de sa mission d’origine. Si bien qu’aujourd’hui, le premier consommateur de ces emplois déguisés est l’Etat et plus particulièrement l'Education nationale. Ce contrat n’est en réalité ni plus ni moins qu’un contrat pour les moins de 25 ans avec le droit du travail en moins et rémunéré en dessous du smic. Le plan du gouvernement « un jeune une solution » vise à multiplier les contrats précaires pour les jeunes. Nous sommes bien éloignés des aspirations des jeunes.

Ce gouvernement ne s’inscrit pas en rupture avec le précédent comme l’avait annoncé Emmanuel Macron lors du remaniement. Bien au contraire, celui-ci s’inscrit dans la droite ligne du précédent et continue les mêmes politiques libérales qui nous ont amenés à cette crise économique. Ce sont ces réformes qui ont entrainée la destruction de l’industrie en France et fragilisé par là même notre économie ; qui ont détruit toutes formes de sécurité de l'emploi en ubérisant le travail et en cassant le code du travail. Ce sont toutes ces réformes libérales qui nous ont amenés à cette crise et nous n’en sortirons pas en faisant la même politique. Les emplois plus ou moins déguisés mais toujours plus précaires nous mènent droit dans le mur et offrent comme seul horizon pour la jeunesse un travail et une vie précaire.

Les jeunes communistes dénoncent le manque d’ambition et de perspective pour les jeunes. Nous le revendiquons depuis l’arrivée de la crise économique : nous ne paierons pas la crise.

L’urgence doit être à un projet politique ambitieux pour la jeunesse. Ce projet doit s’accompagner aussi bien de mesures immédiates de protection sociale que de mesures à plus long terme favorisant une sécurité de l’emploi et de la formation pour l’ensemble des jeunes.

C’est autour de ce projet que les jeunes communistes vont dès la rentrée militer pour permettre une éducation de qualité et gratuite sur l’ensemble du territoire pour toutes et tous. C’est également dans ce sens que nous militerons tout au long de l’année pour gagner de nouveaux droit au travail pour les jeunes notamment en revendiquant l’interdiction des licenciements à cause de la Covid-19 et l’interdiction des rémunérations en dessous du smic.

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 08:30

Ambroise Croizat est né en 1901 dans la vallée de la Tarentaise, en Savoie.

Son père, originaire de Chambéry, est ferblantier dans la métallurgie et « travaille douze heures par jour, face à l'éclat des fours, sept jours sur sept (la loi sur l'attribution du congé hebdomadaire ne date que du 13 juillet 1906), le visage et les mains brûlés par les ébarbures de métal en fusion » (Michel Etiévent, Ambroise Croizat ou l'invention sociale). Ils travaillent d'abord à Notre-Dame de Briançon et vivent dans une maisonnette de deux pièces bien exigües pour une famille de cinq, mais c'était le lot commun du peuple à l'époque. En 1906, son père, ayant récemment adhéré au Parti Ouvrier Français et à la CGT est un des meneurs d'une grande grève organisée après un accident de travail ayant causé la mort de huit ouvriers. Il est licencié et doit embaucher à Ugine, dans une autre usine, dont il sera à nouveau chassé pour activités syndicales.

Ambroise Croizat commence à travailler à treize ans comme apprenti ajusteur-outilleur dans une usine de Lyon.

A 19 ans, au sortir de la guerre, il adhère à la Jeunesse socialiste qui rejoint la III ème Internationale et prend vite des responsabilités dans le Syndicat CGTU des Métaux. Dans les années 1920, Ambroise Croizat milite contre le militarisme, pour une paix plus juste avec l'Allemagne, contre le colonialisme et la guerre du Rif au Maroc, quand Pétain et Franco s'associent pour éliminer les insurgés dans les montagnes du Nord du Maroc. En 1926, il devient permanent du PCF à Paris, puis secrétaire général de la Fédération CGTU des métaux, pour laquelle il organise des grèves partout en France pour les salaires, la réduction du temps de travail, contre le chômage. En 1934, le PCF et la CGTU lancent une stratégie de Front Populaire face à la montée de la menace fasciste et la tentative de coup d'état du 6 février 1934. Les mots d'ordre de la gauche unifiés sont « Pain, Paix, Liberté ». L'unité de la CGT sera finalement réalisée le 1er mars 1936, deux mois avant l'arrivée du Front Populaire au pouvoir.

Aux élections législatives du 28 avril 1936, Croizat, candidat communiste, devance le candidat socialiste sortant de 900 voix environ dans la circonscription de Plaisance, 14e arrondissement de Paris puis il est élu député avec trois mille voix d'avance sur le candidat de droite.

« Devant la porte de l'usine,

Le travailleur soudain s'arrête.

Le beau temps l'a tiré par la veste,

Et comme il se retourne

Et regarde le soleil,

Tout rouge, tout rond,

Souriant sous un ciel de plomb,

Il cligne de l'œil

Familièrement:

Dis-donc camarade soleil,

Tu ne trouves pas

Que c'est plutôt con

De donner une journée pareille

A un patron? »

A l'image de ces Paroles de Jacques Prévert, l'été 1936 est lumineux.

Dès la victoire du Front Populaire, un vaste mouvement de grèves avec occupations d'usines traverse la France. Le but est autant d'aider le gouvernement face au patronat que de le pousser à entreprendre les profondes réformes réclamées depuis longtemps par la classe ouvrière. Tout commence à l'usine Bréguet-Le Havre, une usine de construction d'avions, le 9 mai, à l'initiative des métallos. Croizat est présent sur place. Il encourage le mouvement qui s'étend à l'ensemble de la métallurgie: dès le 14 mai, les ouvriers de Block à Courbevoie, de Lavalette à Saint-Ouen, d'Hochkiss à Levallois prennent en main leurs usines. Les 33 000 travailleurs de Renault à Billancourt les rejoignent le 28 mai. Le mouvement s'étend aux grands magasins pour paralyser, fin mai, la France entière. Partout, on prend possession des ateliers. On y entretient l'outil, on y découvre les loisirs et la culture. Le 7 juin s'ouvrent les discussions qui aboutiront aux Accords de Matignon qui donneront à la classe ouvrière les congés payés, les 40 heures, les conventions collectives, le libre exercice du droit syndical.. Dans les entreprises, les salaires augmentent de 15 à 40%, doublent parfois. Une énorme flambée syndicale accompagne le mouvement.

Le 25 novembre 1936, à la tribune du Congrès d'unité de la Fédération des métaux, Croizat dresse un premier bilan: « En mars dernier, nous étions 40 000, en juin 100 000, aujourd'hui 700 000, repartis en 725 syndicats. A Lyon, de 1000 adhérents en trois syndicaux lors de l'unité, le syndicat unifié enregistre aujourd'hui 25 000 cartes. Marseille passe de 600 à 15 000 adhérents, Bordeaux de 300 à 10 000, dans le Haut Rhin, 97% des ouvriers se sont syndiqués. Partout, les métallos ont été à la pointe du mouvement et s'enorgueillissent aujourd'hui de l'avoir déclenché. La France vit de belles heures. Jamais de son histoire, le mouvement ouvrier n'aura connu de telles conquêtes. En un mois a té réalisé ce que trente législatures n'étaient jamais parvenues à accomplir. Le patronat a cédé mais restons vigilants. Tout reste à faire. Dans chaque secteur, chaque entreprise, il faut maintenant défendre et faire germer les acquis obtenus. Tout dépendra du syndicat, de sa puissance. Tout dépendra de nous, et de nous seuls...  ».

Depuis mai 1936, Croizat siège à la « Commission spéciale » du gouvernement qui a été chargée d'élaborer les réformes et veille à leur application sur le terrain. En 1937, il inaugure des maisons de repas, des parcs de loisirs, des colonies de vacances pour la classe ouvrière. Mais dès février 1937, le gouvernement, sous la pression du patronat, décide d'une pause dans les réformes. La guerre civile en Espagne, et le refus de Blum et du gouvernement, sous la pression anglaise notamment, de venir en aide à la République assiégée par les fascistes, éloigne les communistes de leurs alliés socialistes et radicaux. Le 12 novembre 1938, le gouvernement Daladier publie une série de décrets-lois qui instaurent la baisse des salaires, déjà fortement grignotés par l'inflation (50% en 2 ans), des impôts nouveaux et surtout la fin de la semaine des 40 heures, qualifiée pour l'occasion de « loi de paresse et de trahison nationale ». Entre ces parlementaires qui vont remettre la République dans les mains de Vichy et l'UMP actuelle, la comparaison s'impose... Daladier le capitulard s'écrie déjà tel un Jean-François Copé, reprenant le discours haineux des privilégiés vis à vis de la classe populaire: « Cette loi est responsable de tous les maux de l'économie. On ne peut avoir une classe ouvrière à deux dimanches et un patronat qui s'étrangle pour faire vivre le pays ». En novembre 1938, suite à de grandes grèves ouvrières suivies de licenciements arbitraires et d'états de sièges policiers, le gouvernement envoie les troupes devant les entreprises. Le 1er décembre 1938, 36 000 ouvriers sont licenciés dans l'aéronautique et les arsenaux, 8000 dans la chime et l'autombile. Plus de la moitié sont des responsables syndiquaux CGT. Dans son modeste appartement du 79, rue Daguerre où il vit depuis 1936, Croizat rédige son édito: « Le 30 novembre, le patronat a opéré le savant triage qu'il attendait. Il tient sa revanche sociale sur 1936. Des femmes ont faim, des enfants ont froid. L'homme n'est plus au travail. Partout, les consignes ont été données par les patrons revanchards. Des listes noires circulent. Les sous-traitants des grandes entreprises ont été sommés de ne pas embaucher des ouvriers licenciés sous peine de voir leurs commandes supprimées. La haine est partout. Ils ont défendu leurs outils parce qu'ils croyaient en la grandeur de la France, en ses traditions de dignité, en cet espoir que mai 1936 avait fait éclore. Plus que jamais, nos solidarités vont vers eux. C'est eux, la France. Cette France bafouée par ceux qui ne rêvaient que de revanche ».

Le mouvement ouvrier est décapité. Début 1939, avec l'aval de Daladier, Hitler s'empare de la Tchécoslovaquie. Le pacte germano-soviétique signé à l'été 1939, les communistes, contre lesquels on avait déjà prévus des mesures de rétorsion en cas de conflit avant la connaissance du pacte, sont jetés en pâture. Le 27 août, l'ensemble de la presse communiste est interdite. Le 26 septembre, le PCF est dissous. 666 élus sont déchus.

Le 7 octobre 1939, Croizat est arrêté sur les marches de l'Assemblée Nationale, puis enfermé à la Prison de la Santé avec d'autres députés communistes, dont le père de Guy Môquet, bientôt fusillé à Chateaubriand, Prosper. L'extrême-droite réclame purement et simplement la loi martiale pour les communistes. En Janvier 1940, Croizat fait parti des 36 députés communistes condamnés à 5 ans de prison au terme d'un simulacre de procès, sous l'impulsion des anciens collègues de l'Assemblée Nationale, dont certains appartenaient à la majorité du Front Populaire.

En octobre 1941, Croizat est au côté de Prosper Môquet quand le député communiste apprend l'assassinat de son fils Guy, arrêté le 13 octobre 1940 alors qu'il distribuait des tracts, le plus jeune des otages cégétistes ou communistes fusillés à Châteaubriand. Dans son ouvrage « Le temps des illusions », le chef de cabinet de Pétain révéla, quelques temps plus tard, que le nom de Guy Môquet ne figurait pas sur la liste des otages de Châteaubriand. Le ministère de l'Intérieur l'avait « rajouté ».

En avril 1941, Croizat et ses camarades communistes sont envoyés en prison en Algérie, où ils vivent dans des conditions de détention très dures. Le débarquement allié à Alger a lieu le 8 novembre 1942 mais les députés communistes ne sont libérés que le 5 février 1943, après trois ans d'enfermement. Les communistes dérangent, inquiètent. Les Américains craignent qu'une fois libérés, ils ne deviennent vite les principaux animateurs de la politique anti-vichyste et soulèvent entre autre le problème du droit à la Liberté des pays du Maghreb. Et de fait, une fois libéré, Ambroise Croizat contribue à réorganiser le mouvement communiste et le syndicat au Maghreb, à tel point qu'en janvier 1944, la CGT affiche 120 000 adhérents en Afrique du Nord. Dès août 1943, dans un discours devant un public d'ouvriers, il parle de cette France nouvelle qui naîtra de la Libération: « Redonner à la Nation sa grandeur et aux travailleurs la place qu'ils méritent par leur effort et leur sang versé sera notre tâche. Les larmes et la mort n'auront pas été vaines. Elles accoucheront d'une France nouvelle, celles des nationalisations et de la Sécurité Sociale ».

En septembre 1943, Ambroise Croizat rejoint, au titre de la CGT clandestine, l'Assemblée Consultative instaurée autour du Conseil National de la Résistance créé par De Gaulle à Alger le 3 juin 1943. Il préside la commission du Travail. C'est là que va prendre vie le programme du Conseil National de la Résistance. «Véritable déclaration des droits nouveaux, charte des futures grandes réformes nées dans la nuit et le feu du maquis. (Michel Etiévent).

Le lien de la résistance aux conquêtes sociales de la Libération, c'est d'abord un contexte politique: c'est la gauche et les communistes qui à partir de 1943 constituent les gros bataillons de la résistance armée intérieure tandis que même la résistance de droite ou de centre-droit se déporte vers la gauche en voyant le patronat et la droite traditionnelle s'enfoncer dans la collaboration en France occupée et en mesurant combien l'unité de la Résistance, qui ne peut se faire que sur un projet politique commun, est précieuse pour gagner et la guerre et préparer l'après-guerre, éviter une soumission de la France aux probables vainqueurs américains. C'est aussi une donnée existentielle: la lutte forge et se nourrit du rêve, de l'exigence, de l'optimisme: elle est surtout le fait d'hommes jeunes qui rêvent d'un pays neuf débarrassé des injustices, des faillites démocratiques et sociales de l'avant-guerre, celles-ci s'étant encore aggravées pendant l'occupation. Dans la douleur, la soif de vivre est immense: c'est elle qui permet d'endurer en attendant des lendemains meilleurs, de s'astreindre à une discipline de fer, de consentir au sacrifice de sa vie en sachant qu'il prépare un monde meilleur, que le combat ne sera pas vain. « La souffrance engendre les rêves, écrit Michel Etiévent, et les rêves parlent tout haut ». Et l'auteur de citer De Gaulle lui-même, homme d'ordre qui a cette époque considère la réforme sociale et morale de la France inéluctable: « Impossible de ne pas entendre la voix profonde du peuple comme on entend la rumeur de la mer... La France délivrée ne voudra ni reprendre la route de l'abîme, ni demeurer dans celle de l'esclavage. D'avance, elle a choisi un chemin nouveau. Elle aura subi trop d'épreuves pour ne pas être résolue à de profondes transformations. Elle veut que cesse un régime économique dans lequel les grandes sources de la richesse nationale échappaient à la Nation, où la conduite des entreprises excluait la participation des organisations des travailleurs ».

 

Le Conseil National de la Résistance, né le 27 mai 1943 grâce aux efforts de Jean Moulin notamment, chargé par le général de Gaulle de travailler à unifier la résistance intérieure et à la soumettre à l'autorité du général, à l'époque rival de Giraud, soutenu par les américains et même les anglais en sous-main, trace les contours de son programme révolutionnaire par l'ampleur et le caractère structurel des réformes proposés, même s'il ne met pas à bas le capitalisme, se contentant de le neutraliser en partie et de créer de nombreuses espaces de socialisation des richesses, est arrêté le 15 mars 1944. Il paraît en zone sud sous le nom simple et magnifique « Les jours heureux » et décline au futur liberté, démocratie économique, solidarité, avec pour fondement L'humain et l'intérêt général d'abord. « Mettre définitivement l'homme à l'abri du besoin, en finir avec l'indignité, la souffrance, le rejet, l'exclusion ». Les mots esquissent les grandes réformes qui fondent une nouvelle République de citoyens ayant conquis une égalité fondamentale. L'invention sociale est en marche: « Instaurer une véritable démocratie économique et sociale impliquant l'éviction des féodalités économiques et financières de la direction de l'économie... Retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sol-sol, des compagnies d'assurance et des grandes banques... Droit d'accès dans le cadre de l'entreprise aux fonctions de direction et d'administration pour les ouvriers et participation des travailleurs à la direction de l'économie... Droit au travail... Liberté de pensée et d'expression ».

Le chantier s'ouvre à la Libération avec une classe ouvrière grandie par engagement dans la résistance, une CGT à cinq millions d'adhérents, un parti communiste à 27% des voix... Le « Parti des Fusillés », premier parti de France, a acquis le prestige et l'autorité d'un parti national, d'autant que les groupes FTP ont accepté de rendre les armes pour que s'installent les commissaires de la République et l'autorité des lois plutôt que celles des maquis. En Octobre 1945, 5 millions de voix se portent aux législatives sur les communistes, qui obtiennent 151 députés à l'Assemblée Nationale. Le 13 novembre 1945, De Gaulle, chef du gouvernement provisoire, fait appel à cinq communistes. Aucun grand ministère régalien mais Charles Tillon au ministère de l'armement, François Billoux à l'Economie Nationale, Marcel Paul à la Production Industrielle, tandis que Maurice Thorez se voit confier un ministère d'état et qu'Ambroise Croizat hérite du travail et de la Sécurité Sociale.

 L'ordonnance qui crée la Sécurité Sociale paraît le 4 octobre 1945. La protection sociale, qui relevait jusque là des « Assurances sociales » (loi du 5 avril 1928, combattue par les patrons d'entreprises jusqu'à la nouvelle loi du 1er juillet 1930), ne protégeait contre la maladie qu'une faible partie des salariés et de leurs ayant droit. A peine un tiers de la population française... Le système était anarchique, avec une multitude de caisses patronales, confessionnelles, syndicales, mutuelles, concurrentes entre elles et n'offrant pour la plupart qu'une protection aléatoire. Pour les retraites (loi de 1910), la couverture est dérisoire ou inexistante. Pas plus d'un million de Français en bénéficient, alors que 5 millions d'entre eux pourraient y prétendre et n'ont pour seuls recours que la charité et leurs économies. 

 

"Désormais, analyse Michel Etiévent, la sécurité sociale devient un droit fondamental, universel, obligatoire et solidaire et non un mécanisme d'assurance couvrant un risque. Dans l'esprit d'Ambroize Croizat, la Sécurité Sociale devait couvrir tous les travailleurs, salariés ou non (loi du 22 mars 1946). Les non-salariés (petits commerçants, professions libérales et artisans notamment) refusèrent par la voix de leurs responsables, qui n'acceptaient pas de se laisser assimiler à de "vulgaires prolétaires". Beaucoup le regretteront. 

Le nouveau système va "digniser" l'ensemble autour de quatre mots clefs: 

L'unicité: une institution unique, obligatoire, couvrira désormais l'ensemble des domaines de la protection sociale, des "risques sociaux", dit-on à l'époque (maladie, vieillesse, décès, invalidité ainsi que les accidents du travail, gérés jusque-là par les assurances privées). "L'ambition, déclarait Croizat à l'Assemblée, le 20 mars 1946, est d'assurer le bien-être de tous, de la naissance à la mort. De faire enfin de la vie autre chose qu'une charge ou qu'un calvaire". 

L'universalité: la couverture est étendue à tous les citoyens, avec la volonté de généraliser à court terme le nouveau système. Et ceci malgré l'opposition de certaines professions qui refuseront de s'y intégrer....

La solidarité: c'est la pierre angulaire du système. Solidarité inter-générations, solidarité actifs-inactifs, malades bien-portants. Le tout financé par les richesses créées dans l'entreprise. En ce qui concerne le financement de l'institution, les propos de Croizat sont d'une modernité brûlante: "Outre le fait que cela grèverait fortement les contribuables, disait-il, faire appel au budget de l'Etat serait subordonner l'efficacité de la politique sociale à des considérations purement financières qui paralyseraient les efforts accomplis". 

Démocratie enfin, et c'est là "l'exception française" car seule une gestion par les intéressés eux-mêmes peut garantir que la santé restera un droit fondamental pour tous. Là encore, les mots du ministre sont novateurs: "Pour la première fois, l'appareil nouveau met la gestion de l'intérêt des travailleurs dans les mains des travailleurs eux-mêmes. Ceci est d'autant plus important car l'assurance (et particulièrement pour les accidents du travail) relevait jusqu'à ce jour de compagnies commerciales et, pour les allocations familiales, d'une gestion purement patronale". 

L'ordonnance n'avait fait qu'énoncer les principes. Il restait à bâtir l'édifice. Ce sera l'oeuvre principale de Croizat. Entouré d'une équipe au sein de laquelle on retrouve entre autres, Marcel Willard, Jean Briquet, Maurice Patinaud, Marcel Lamour, Le Quéré, Henri Raynaud, le "bâtisseur de la Sécu" y consacrera l'essentiel de ses deux années de ministère. Deux ans d'un chantier immense, rendu possible par l'élan de solidarité et le nouveau rapport de forces politiques qui suit la Libération. Tout est à faire, substituer à l'immense fatras des 1093 Caisses diverses et organismes privés un système cohérent, décentralisé, bâti autour de 138 Caisses primaires d'assurance-maladie et 113 caisses d'allocations familiales, essentiellement gérées - au début tout du moins- par les travailleurs...".. 

En mai 1946, grâce aux efforts d'Ambroise Croizat, une loi accorde une pension de retraite à tous les salariés âgés de plus de 65 ans. Quand Croizat quittera le gouvernement en mai 1947, le montant des retraites sera majoré de 130 à plus de 200%. 4 millions de français bénéficient de la retraite.

Croizat présente ainsi dans un discours à l'Assemblée Nationale le 4 août 1946 le sens de son action gouvernementale:

"La sécurité sociale, née de la terrible épreuve que nous venons de traverser, appartient et doit appartenir à tous les Français et à toutes les Françaises, sans considération politique, philosophique ou religieuse. Ce qu'elle donne aux Français ne résulte pas de la compassion ou de la charité, elle est un droit profond de la nature humaine. Elle sera, nous en sommes sûrs, d'une portée considérable à long terme. Elle permet d'espérer, en raison des perfectionnements postérieurs qui pourront lui être apportés, voir la France et la République se placer au premier rang des nations du point de vue du progrès social...".

Le travail de Croizat au ministère du travail ne s'arrête pas là. Le 25 février 1946, il fait voter la loi sur la majoration des heures supplémentaires (25% entre 40 et 45h, 50% au-delà, 100% les dimanches et jours fériés). Il fit de même pour l'augmentation des primes et le travail de nuit et du dimanche. C'est également Croizat qui fixe la durée des congés payés à un mois pour les jeunes de moins de 18 ans et à 3 semaines pour la classe d'âge entre 18 et 21 ans. Il est également à l'origine d'un vrai service public de l'emploi, de la refonte d'une grande partie du Code du Travail, de la revalorisation des rentes des mutilés du Travail et des vieux mineurs, de la création d'un Conseil national du Travail chargé d'examiner les projets relatifs à la législation sociale, mais également d'innover en la matière. Il engage un vaste chantier dans le domaine de la formation professionnelle pour libérer l'enseignement technique de la tutelle patronale ou confessionnelle. Grâce à ses efforts et à ceux de Maurice Thorez, de nouveaux statuts de la fonction publique sont adoptées. "On y trouve des avancées extraordinaires comme la reconnaissance intégrale du droit syndical, la participation des syndicats à la gestion du personnel, la démocratisation du recrutement, l'égalité des sexes pour l'accès à la promotion dans les services publics". On développe la prévention des accidents et des maladies du travail en créant la médecine du travail, les ancêtres des comités hygiène et sécurité. On attribue pour la première fois un rôle économique et décisionnel aux comités d'entreprise. En avri 1946, Croizat propose d'instituer l'égalité de salaire entre homme et femme: "Si l'égalité politique est une victoire partielle, l'égalité économique est une victoire complète" dit-il alors. 

" Aux côtés de Marcel Paul, complice de longue date, il se battra avec acharnement pour imposer le statut des mineurs (14 février 1946) et celui du personnel du gaz et de l'électricité (22 juin 1946). Il cosignera d'ailleurs ces documents, qui vont transformer les conditions matérielles, sociales et culturelles des agents de ces deux services publics. On retrouve en effet, dans les deux statuts, des avancées considérables: sécurité d'emploi, protection sociale de haut niveau, unicité de traitement, activités sociales gérées par les travailleurs eux-mêmes, 1% des recettes d'EDF pour les électriciens et les gaziers".

Pour faire comprendre et obtenir une mise en oeuvre concrète de ces mesures en contournant les obstacles et les difficultés, Croizat effectue des centaines de déplacements, aussi bien à Paris qu'en province. Il y démontre sa capacité d'écoute et son humilité, en même temps que son sens de l'efficacité et du travail bien fait.

Cette profond mouvement de rénovation sociale de la société française pour l'universalité de l'accès au droit et la souveraineté du travail va pourtant s'interrompre.

En 1946, le patronat redresse la tête, sabote l'application du programme du CNR. Les tensions au sein du gouvernement croissent. Droite et socialistes freinent les nationalisations ou remettent en cause les statuts des mineurs, des gaziers et électriciens, des cheminots et des travailleurs de chez Renault... Ils entament la guerre d'Indochine. Le blocage des salaires et la flambée des prix créent un climat social tendu. Les pressions des Américains sur le gouvernement s'accentue pour faire sortir les communistes.

L'éviction a lieu le 5 mai 1947. Le motif est la solidarité trop voyante des communistes aux revendications des ouvriers de Renault. En réalité, dans un contexte de début de guerre froide, les Américains monnayent leur aide à la France contre une marginalisation des communistes.  

Evincé du gouvernement, Croizat reprend à plein temps la tête de la Fédération CGT de la métallurgie. En cette année charnière, les grèves contre le blocage des salaires et la vie chère se multiplient: mineurs, métallos, dockers, ouvriers de chez Renault. "La police intervient. Elle embarque, incarcère. Partout, au coeur des carreaux de Lorraine ou du Pas de Calais, la violence s'installe. A Firminy, dans le bassin de la Loire, la grève lancée le 4 octobre 1948 tournera à l'émeute entre mineurs et CRS pour la possession du puits". 2 mineurs sont tués par balle.

Croizat tonne en décembre 1947 dans l'Union des métallurgistes: "Ce gouvernement n'a pas hésité à faire tirer sur les grévistes, à employer des gaz lacrymogènes, en un mot, à mettre tout en oeuvre pour venir à bout de la résistance ouvrière. Rien n'a été ménagé. On a utilisé des mesures répressives et spéculé à fond sur la misère et la faim des valeureux combattants... Si Hitler n'a pas réussi à mater le peuple, ce n'est pas Jules Moch et ses sbires qui y parviendront".  

Plus tard, en 1950, Croizat bataille contre le plan Schuman et le projet de Communauté du Charbon et de l'Acier avec l'Allemagne. Il y voit un projet de mise sous tutelle américaine, de réduction de l'indépendance industrielle de la France. Il remet aussi en cause les cadences et la productivité imposés par le patronat dans les industries.

En juillet 1950, Croizat, déjà éprouvé par un cancer du poumon, perd son fils, ouvrier électricien de 26 ans, dans un accident du travail à Lyon.

 Croizat meurt le 12 février 1951 après une opération qui n'a pas suffit. Son cortège funèbre, le 17 février 1951, rassemble des centaines de milliers de personnes venus lui rendre hommage.

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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 06:27
Frédéric L’Aminot, adjoint chargé des affaires scolaires, est un passionné de jardinage. Il se rend régulièrement aux jardins partagés autour du château d’eau, près de la caserne des pompiers de Morlaix. (Le Télégramme/Yann Clochard)

Frédéric L’Aminot, adjoint chargé des affaires scolaires, est un passionné de jardinage. Il se rend régulièrement aux jardins partagés autour du château d’eau, près de la caserne des pompiers de Morlaix. (Le Télégramme/Yann Clochard)

Le Télégramme, Yann Clochard, 19 août 2020

Fréderic L'Aminot, le militant de Kerfraval 

Engagé dans le monde du syndicalisme, Frédéric L’Aminot connaît déjà les rouages politiques. À la mairie de Morlaix, son expérience sera précieuse en tant qu’adjoint aux affaires scolaires.

Derrière ses larges épaules se cache un cœur tendre. N’allez pas croire que de Frédéric L’Aminot, 47 ans, se laisse marcher sur les pieds. Il s’est toujours engagé dans divers combats pour l’intérêt commun. Père de deux garçons, il a présidé l’association de parents d’élèves de l’école Jean-Piaget puis du collège Mendès-France. Un passé plus qu’utile pour le nouvel adjoint au maire de Morlaix, chargé des affaires scolaires.

Originaire de Plouescat, il est arrivé à l’âge de 14 ans dans la Cité du viaduc. « J’ai toujours habité dans les quartiers du plateau, dit-il. Pors-ar-Bayec et aujourd’hui Kerfraval ». Après des études d’électrotechnicien au lycée Tristan-Corbière, il devient ouvrier chez Celtys, filiale du groupe Quéguiner, à Landivisiau. Là-bas, il fait ses débuts dans le monde du syndicalisme. « J’ai monté une section de la CGT et j’en suis le délégué syndical. Avant la vie politique, j’ai surtout une vie syndicale ».

« Sauver l’école de Ploujean »

Lors de manifestations à Morlaix, il rencontre Ismaël Dupont et Jean-Luc Le Calvez. Il rejoint la liste du front de gauche, battu au premier tour des municipales, en 2014. Avant d’intégrer l’union de gauche, en 2020, avec Morlaix Ensemble. « J’ai suivi le mouvement. J’ai rencontré des personnes qui ont entériné mon choix. Jean-Paul Vermot m’a proposé le poste d’adjoint aux affaires scolaires. Je n’ai pas hésité longtemps ».

Le Morlaisien se réjouit de travailler avec Edith Fer, conseillère déléguée. « En tant qu’enseignante, elle apportera la vision des professeurs. Et moi, celle des parents d’élèves ». L’adjoint promet notamment de « sauver l’école de Ploujean qui ne demande qu’à vivre ». Un combat de plus qu’il espère bien remporter.

 

en complément
Le portrait chinois de Frédéric L’Aminot
Frédéric L’Aminot, adjoint chargé des affaires scolaires, est un passionné de jardinage. Il se rend régulièrement aux jardins partagés autour du château-d’eau, près des pompiers de Morlaix.

Si vous étiez un lieu ?

Les jardins partagés du château d’eau. C’est peu connu. J’aime venir me vider la tête, penser à autre chose. Et on apprend beaucoup de choses. Le fait de cultiver mes légumes, au moins, je sais d’où ça vient.

Si vous étiez un monument ?

Peut-être la Manufacture. Il y a une sacrée histoire de lutte syndicale, contre la fermeture. C’est un monument qui va revivre et on se demande pourquoi on ne l’a pas fait avant.

Si vous étiez un quartier ?

Mon quartier, Kerfraval ! Il mélange toute la société avec une école et un collège pas loin.

Si vous étiez une couleur ?

Le rouge, pour la couleur de la lutte.

Si vous étiez une chanson ?

Les chansons du groupe Merzhin, je les aime toutes. Je suis le groupe depuis le début, je suis allé à beaucoup de concerts.

Si vous étiez un animal ?

Ce serait un félin. J’aime rebondir. Et il ne faut pas me pousser à bout. J’étais peut-être un peu timide mais mon expérience syndicale m’a permis de régler ce problème.

Si vous étiez un objet ?

Une bêche parce que j’aime jardiner.

Si vous étiez un livre ?

« Germinal », d’Émile Zola. Il m’a marqué, je l’ai eu au bac de Français. On revient toujours à la même chose : la lutte des classes.

Si vous étiez un film ?

Je suis fan de la saga « Star Wars », même si certains sont plus mauvais que d’autres. Quand on regarde les plus anciens, on se demande comment ils ont réussi à faire des effets spéciaux.

 

Lire aussi:

Valérie Scattolin, pilote du commerce et du tourisme (LE TELEGRAMME – 12 août 2020)

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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 06:26

Lyonnaise d’origine, Valérie Scattolin a emménagé il y a peu dans une rue proche de la Manu, une bâtisse qu’elle admire. (Le Télégramme/Adrien Masson)

 

Le troisième volet de notre série sur les nouveaux adjoints au maire de Morlaix est consacré à Valérie Scattolin en charge, entre autres, du commerce et du tourisme. Un visage déjà connu du côté de Hop ! Morlaix.

Depuis l’annonce de la suppression de Hop ! Morlaix à l’horizon 2023, Valérie Scattolin, 54 ans, est une des figures de la contestation des salariés morlaisiens. Au point que son rôle d’adjointe au tourisme, au commerce et l’animation du centre-ville puisse être oublié. Deux fonctions qui sont pourtant liées pour Valérie Scattolin puisque son engagement politique lui est venu de celui qu’elle avait pour les salariés de son entreprise. Elle est élue au comité social et économique de Hop ! depuis 2005 et déléguée du syndicat Unsa depuis la fin des années 2000. En 2014, alors qu’une loi contraint les partis politiques à présenter autant d’hommes que de femmes aux élections, Valérie Scattolin se lance en politique avec « grand intérêt ». Celle qui se dit curieuse intègre la liste du Front de gauche pour les municipales aux côtés d’Ismaël Dupont, (aujourd’hui premier adjoint). La liste est battue et Valérie Scattolin ne rentre pas au conseil municipal. Mais en 2017, après un désistement, elle intègre l’opposition pour trois ans. « Je n’étais pas trop pour au début, mais ça m’a permis d’acquérir une expérience ». Elle a ensuite pris sa carte au Parti communiste français en 2019, avant de se lancer dans la campagne pour les municipales aux côtés de Jean-Paul Vermot.

Atterrissage à Morlaix en 1999

Au départ, Valérie Scattolin voulait travailler dans le secteur du tourisme. Après un voyage d’un an aux États-Unis pour perfectionner son anglais, elle se tourne vers l’aéronautisme à Lyon, sa ville d’origine. Elle enchaîne les postes avant de postuler chez Brit Air à Morlaix alors qu’elle travaillait pour la compagnie dans le Rhône. La Lyonnaise pose donc ses bagages à Morlaix en 1999. Elle trouve la ville « parfaite pour une mère célibataire avec une fille âgée d’une dizaine d’années. On y trouve tout et c’est une ville animée ». La quinquagénaire toujours souriante qui assure avoir le sens du contact aimerait que tout le monde trouve sa place dans la ville, en voiture, à vélo ou à pied. Elle-même cycliste et installée depuis peu dans le quartier de la rue Villeneuve, la nouvelle adjointe profite des nouvelles pistes cyclables. Elle s’inspire de ce qui se fait de bien dans les autres villes, et apprécie particulièrement, « le tracé au sol pour les lieux à visiter à Nantes ».

Consciente qu’elle pourrait perdre son emploi d’ici la fin de son mandat, Valérie Scattolin assure qu’elle pensera à une reconversion en temps voulu. Il est inenvisageable pour elle d’accepter un poste trop éloigné de Morlaix car elle souhaite aller au bout de son mandat.

En complément:

Portrait chinois de Valérie Scattolin

Si vous étiez un livre ?

« Le Petit prince » car c’est un livre de Saint-Exupéry donc en lien avec l’aviation et c’est aussi en lien avec la transmission aux jeunes.

Si vous étiez une artiste ?

Jeanne Added, j’aime beaucoup cette artiste. Je l’ai vu plusieurs fois en concert et notamment dans des concerts secrets dans le cadre de Panorama. On était vraiment tout proche d’elle.

Si vous étiez un film ?

« Le Cinquième élément », car c’est le futur avec ce qui pourrait arriver de mieux et de pire. C’est à nous de faire en sorte que ça soit le meilleur qui arrive.

Si vous étiez un animal ?

Un chat. J’en ai deux et je trouve qu’ils sont vraiment calmes et reposants. Ça me fait plaisir quand je les retrouve.

Si vous étiez un lieu ?

Le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. C’est un très beau quartier où j’ai vécu plus de 15 ans.

Si vous étiez un quartier de Morlaix ?

Ça serait la Manufacture. C’est une beauté architecturale et elle témoigne aussi de l’histoire ouvrière de la ville de Morlaix.

Si vous étiez un monument ?

Le château du Taureau. J’ai eu la chance de passer un week-end sur l’île Louët et de le voir de près. C’est aussi un symbole de la baie de Morlaix que ce soit côté Trégor comme du côté Léon.

Si vous étiez un objet ?

J’hésite entre le téléphone et le vélo car je suis très connectée. Mais je vais quand même dire le vélo car depuis que j’ai déménagé dans le quartier de la rue Villeneuve il y a un mois, je fais beaucoup de déplacements à vélo.

Si vous étiez une couleur ?

Le mauve. C’est ma couleur fétiche, c’est reposant, vif et lumineux.

 

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