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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 05:41

 

Nommé quatrième ministre de l’Agriculture en trois ans au début de cet été après les passages successifs de Jacques Mézard, Stéphane Travert et Didier Guillaume à ce poste, Julien Denormandie  était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV ce lundi matin  à 8H30. Mais les questions du journaliste, habitué à polémiquer sur des sujets souvent secondaires, ont fait de sorte que les questions essentielles qui préoccupent le monde paysan n’ont pas pu être abordées lors de cet entretien.

Jean-Jacques Bourdin avait ses priorités ce lundi matin au moment d’interroger le ministre de l’Agriculture. Il voulait d’abord savoir si on allait bientôt pouvoir arrêter le ou les coupables des mutilations, voire de mise à mort, des chevaux, des poneys   et des ânes dans les prés. Le ministre a fait état de l’enquête en cours, laquelle avance, sans pouvoir en dire plus à ce stade. Bourdin l’a ensuite questionné sur l’interdiction de la chasse à la glu, voire à la tourterelle. Julien Denormandie a surtout évoqué les dégâts causés sur les cultures par les sangliers, trop peu chassés en France, ces dernières années.

Sans citer leurs noms, le troisième sujet mis en exergue par Jean-Jacques Bourdin avait trait à la pétition lancée le 2 juillet par le milliardaire Xavier Niel, avec Marc Simoncini et Jacques Antoine Granjon, afin de pouvoir consulter les Français par référendum pour interdire dans notre seul pays « l’élevage en cage, stalle ou boxe» des volailles des truies et des veaux. Le ministre a tenu à dire que c’était plus compliqué à faire qu’à dire, dans la mesure où les autres pays qui commercent avec la France ne prendraient pas une décision identique, ce qui lesterait les éleveurs français d’un handicap de compétitivité. Il a fait la même réponse à propos des dérogations qui vont être rétablies prochainement par une loi concernant l’usage des néonicotinoïdes sur les graines de betterave à sucre. A propos des abeilles sensibles à ce pesticide, il a précisé au passage que la betterave ne fleurit pas entre le semis au printemps et la récolte en automne. Ce n’est donc pas sur les feuilles de betteraves que les abeilles vont butiner à la belle saison, ce que trop peu de gens semblent savoir aujourd’hui.

En toute fin d’émission Jean-Jacques Bourdin a vaguement évoqué le revenu paysan, ce qui a conduit le ministre à reconnaître que la loi Egalim, votée en octobre 2018 par la majorité parlementaire, n’apportait jusqu’à présent que « des améliorations insuffisantes dans la plupart des cas » concernant le revenu des paysans. Il a aussi évoqué la situation des abattoirs en France dont beaucoup ne dégagent que de faibles marges, sans toutefois préciser qu’ils subissent en permanence la pression des enseignes de la grande distribution. Il reste que, du fait notamment des questions posées par le journaliste, cet entretien n’a pas permis d’éclairer les auditeurs et les téléspectateurs sur les difficultés que rencontrent aujourd’hui les hommes et les femmes qui travaillent dur pour nourrir leurs concitoyens.    

Des prix en baisse face à des coûts de production en hausse

Quand on observe l’évolution des prix agricoles au départ de la ferme durant ces derniers mois, un constat s’impose : ils sont en baisse d’une façon générale et cette baisse est parfois sensible. La fin de l’été et le début de l’automne sont les moments de l’année où intervient le sevrage et la vente des jeunes bovins des races à viande dont beaucoup sont exportés vivants en Italie, en Espagne et même de l’autre côté de la Méditerranée pour y être engraissés. Le 25 août dernier, à Moulins-Engilbert le broutard charolais ne cotait que 2,43€ le kilo vif contre 2,60€ l’an dernier à la même époque et  2,68€ il y a deux ans. Le prix moyen des 1.000 litres de lait de vache n’a été que de 338€ en moyenne depuis le début de cette année, alors qu’il était de 370€ en 2013 et 2014, juste avant la dérégulation des marchés provoquée par la décision européenne de supprimer à partir de 2015 les quotas de production par pays. Mis en place en 1984 après une crise de surproduction, les quotas avaient régulé la production laitière pendant 31 ans et permis aux producteurs de vivre décemment de leur métier. Le prix actuel de 338€ ne couvre pas toujours les coûts de production en cet été marqué par la sécheresse et le manque d’herbe dans les prairies.

Du côté des grandes cultures les choses ne vont pas mieux. En raison d’une fin d’automne 2019 trop pluvieuse et d’un printemps 2020 trop sec dans la plupart des régions, les rendements de blé tendre ont chuté de 25% en moyenne cette année par rapport à l’an dernier. Mais le prix de la tonne de blé rendue au port de Rouen pour l’exportation n’était que de 181€ le 25 août dernier contre 205€ deux ans plus tôt. A 175€ la tonne, le prix du maïs grain est presque aussi élevé que celui du blé. Mais c’est parce que les rendements vont être faible en raison du manque de pluie en France, mais aussi aux Etats Unis premier producteur mondial de maïs.

Difficultés aussi pour les légumes, les fruits et le vin

La sécheresse a également fait chuter les rendements dans les légumes qui se vendent sur les marchés ou qui sont transformés en conserves. Les petits pois cultivés pour les conserveries qui couvrent un millier d’hectares en France ont vu leur rendement chuter de 30% cette année en début de récolte du fait d’une succession de phénomènes climatiques comme la sécheresse, les vents desséchants, les orages de grêle, les attaques des pucerons. Dans les vergers, les tonnages de pommes produites cette année seront en recul de 9% par rapport à l’an dernier, selon les estimations d’Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture. Dans la variété «golden», la chute des rendements  atteindrait même 19%.

Alors que les vendanges ont déjà commencé avec des difficultés pour les recrutements de saisonniers et des coûts plus élevés imposés par les règles sanitaires, la situation financière des vignerons indépendants comme celle des viticulteurs qui livrent les caves coopératives en raisin s’est sensiblement dégradée cette année en raison de la fermeture prolongée des bars et des restaurants ainsi que des nombreux salons où les vignerons vendent une bonne partie des vins qu’ils produisent. On imagine aussi que la sécheresse et les coups de chaleur auront diminué les rendements cette année dans certaines zones viticoles.

Incertitudes concernant l’agriculture dans le « Plan de relance ».

Un récent communiqué de presse de la FNSEA débutait par le constat suivant : « Avec près de 80 départements impactés par le manque d’eau et subissant des restrictions d’usage, mais surtout des pertes agricoles similaires à 2016 dans la plupart des régions, la sécheresse aura marqué l’été 2020 dans un contexte économique déjà très affecté par la crise de la Covid-19. Facteur aggravant, la canicule de la seconde moitié du mois de juillet a accentué l‘assèchement des sols superficiels et provoqué des dommages irréversibles aux cultures ».

En toute fin d’entretien avec Julien Denormandie fut évoquée par Jean-Jacques Bourdin la part des financements revenant à l’agriculture dans le plan de relance. Le ministre a préféré ne rien dévoiler à ce sujet. Il a toutefois évoqué la nécessité de produire davantage de protéines végétales en France et en Europe afin de moins dépendre du Brésil. On peut aussi penser qu’un plan qui se veut économique et écologique en même temps devrait se pencher sur la gestion de l’eau. Dans un pays où l’alternance des inondations et des sécheresses est de plus en plus fréquente, la gestion de l’eau par la régulation du débit des rivières et des fleuves permettrait aussi de mieux assurer notre souveraineté alimentaire dans les prochaines décennies. C’est sans toute plus important que le référendum réclamé par le milliardaire Xavier Niel et ses acolytes.

 

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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 05:36

 

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

La question du port du masque et de son obligation continue a être le chiffon rouge agité par le gouvernement, accompagné de la menace d’un reconfinement généralisé. La stratégie du pouvoir depuis le début de la crise est erratique. Tout d’abord des mensonges pour cacher la pénurie, puis un débat ubuesque sur les lieux où s’applique l’obligation, utilisé pour échapper au vrai problème qui est la difficulté à se faire tester, pour arriver à une décision autoritaire et infantilisante de la généralisation de l’obligation, y compris dans la rue. Heureusement, nous avons échappé à l’aberration du masque pour les cyclistes et les joggeurs !

Si le nombre de personnes testées positives augmente fortement depuis deux semaines, il n’en va pas de même du nombre de malades. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas rester vigilants car nous en apprenons tous les jours avec cette épidémie et toutes les hypothèses, y compris les plus alarmistes, doivent être envisagées. Mais cela ne veut pas dire qu’il est nécessaire d’affoler la population et surtout de l’infantiliser, avec la menace de sanctions vis-à-vis de mesures qui n’apparaissent pas convaincantes au niveau de leur priorité pour lutter contre l’infection. En effet, aucune étude sérieuse n’a montré la réalité des contagions en milieu ouvert hormis quand la distanciation n’était pas respectée. La mesure essentielle est donc bien de respecter avant tout les distances et de porter le masque quand cela n’est pas possible. D’ailleurs, alors qu’aucune dérogation ne semble possible dans la rue, la ministre du Travail vient elle-même d’annoncer que des aménagements au cas pas cas seraient possibles en entreprise. Quelle logique, alors que nous constatons qu’un bon nombre de foyers, donc de lieux de contamination, sont justement situés en milieu professionnel !

Il serait bien plus utile pour obtenir une adhésion de la population aux mesures proposées en expliquant plutôt que qu’en imposant. Seule la conviction de la justesse des contraintes mises en place permettra d’obtenir une attitude adaptée et d’éviter les oppositions virulentes de groupes de personnes, souvent instrumentalisés par des organisations politiques dangereuses justement pour les libertés qu’elles disent défendre.

Face à une épidémie, il faut bien entendu prendre des mesures pour en limiter son extension, tout en restant humble, car c’est plus souvent son évolution naturelle plus que les mesures barrières qui aboutissent à son extinction. Aujourd’hui la stratégie doit être mutifactorielle : bien entendu le masque mais avec ses limites, surtout les tests et l’isolement le plus rapide des personnes contaminantes et surtout une capacité du système de santé à pouvoir répondre aux besoins, tant en ville qu’à l’hôpital. Or c’est sur cette dernière question que le bât blesse et que les moyens ne sont toujours pas à disposition. Car il s’agit bien d’éviter que le gens tombent malades, mais surtout d’être en capacité de les soigner quand il le sont. Or l’ampleur de la crise dans notre pays a été uniquement liée aux difficultés de nos hôpitaux à accueillir un afflux de patients, assez brutal dans le temps mais somme toute limité en nombre, car ils étaient exsangues du fait des politiques de restrictions budgétaires imposées depuis plus de 20 ans.

 

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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 06:43
Liban: Emmanuel Macron multiplie les ingérences pour assurer la pérennité d'un système corrompu et criminel - Analyses de Pascal Torre, Pierre Barbancey et interview Hanna Gharib, secrétaire du parti communiste libanais,
Liban: Emmanuel Macron multiplie les ingérences pour assurer la pérennité d'un système criminel

 

Dans la continuité du style post-colonial de sa première visite, Emmanuel Macron s'est de nouveau rendu au Liban. Alors que le pays s'enfonce dans la faillite, provoquée par une crise profonde et multidimensionnelle, la classe dirigeante s'efforce de survivre voire d'en sortir renforcée.

Depuis plusieurs mois, le Liban est confronté à une paralysie économique et financière aggravée par la pandémie de Covid-19. L'effondrement de la livre, la destruction de l'appareil productif et des infrastructures résultent de la corruption, de la gabegie de dirigeants politiques prédateurs et sectaires. L'explosion dévastatrice du port de Beyrouth qui a détruit une partie de la capitale témoigne de cette incurie. Partout la pauvreté extrême s'accroît tandis que les couches moyennes sont laminées. Pour contrecarrer la colère sociale qui ne cesse de s'exprimer, le système en place joue des rivalités confessionnelles, intensifie les dérives autoritaires de l’État et la répression des manifestations.

S'appuyant sur la détresse de la population et son désir de changement profond, E. Macron qui cherche à retrouver une influence au Moyen-Orient, multiplie les ingérences. Il a appelé de ses vœux la constitution d'un gouvernement d'"unité nationale" afin d'entreprendre les réformes austéritaires exigées par les institutions financières internationales dont le FMI. En dépit de ses proclamations pour bousculer l'appareil politique, E. Macron tente de consolider un système criminel que le peuple libanais rejette massivement. Tous les partis politiques libanais liés au pouvoir ne s'y sont pas trompés et ont répondu à cet appel en nommant comme premier ministre Mustapha Abid. Cette personnalité, issue du sérail, a la confiance des milieux financiers pour conduire quelques réformes permettant de débloquer les fonds internationaux dont les dirigeants actuels ont besoin pour gagner du temps et survivre sans toucher au système. Des milliers de manifestants ont dénoncé cette collusion entre Paris et la classe dirigeante.

Les organisations non confessionnelles et démocratiques, dont le Parti communiste libanais, s'efforcent aujourd'hui de transformer en force politique cette contestation en élaborant une plateforme alternative. La création d'un État laïc, civil et démocratique en constitue la pierre angulaire avec le développement d'une économie productive. Ces choix sont aussi une condition impérative pour mettre un terme aux ingérence turques et iraniennes qui ne manquent pas de s'exprimer.

Dans ce combat, le peuple libanais peut compter sur la solidarité sans faille du Parti communiste français.


Pascal TORRE
responsable adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

Liban. Macron sauve les partis confessionnels
Mardi 1 Septembre 2020 - L'Humanité

Quelques heures avant l’arrivée du président français à Beyrouth, un nouveau premier ministre a été nommé, actant ainsi la stratégie régionale de Paris. Décryptage.

 

Les tenants du pouvoir confessionnel au Liban ont eu chaud. Sur la sellette depuis le 17 octobre, avec un mouvement sans précédent réclamant la chute de ce régime communautaire, et plus encore depuis l’explosion meurtrière du 4 août, ils ne savaient plus vraiment comment s’en sortir. À tel point qu’aucun dirigeant de ces six grands partis n’avait osé mettre le nez dehors et se rendre sur les lieux du drame, au milieu d’une population meurtrie et en colère. Leur avenir ne tenait qu’à un fil. Soudain, comme par magie, eux jusque-là divisés en deux camps, mouvement du 8 mai d’un côté, mouvement du 14 mai de l’autre, se sont entendus en une journée pour nommer un premier ministre. Et ce juste quelques heures avant l’arrivée à Beyrouth d’Emmanuel Macron.

Mustapha Adib devient donc chef du gouvernement libanais. « L’heure est à l’action », a-t-il déclaré, s’engageant à constituer rapidement une équipe formée d’experts et de personnes compétentes qui mènerait « immédiatement des réformes ». Aucune surprise à attendre puisque ces réformes auront « comme point de départ un accord avec le Fonds monétaire international », a-t-il dit. Pas très étonnant.  Comme la nomination de cet homme, jusque-là ambassadeur en Allemagne, mais auparavant chef de cabinet du premier ministre Najib Mikati, un milliardaire de Tripoli (ville qui possède l’un des plus hauts taux de pauvreté au Liban), accusé par un procureur d’être impliqué dans des magouilles financières. C’est dire qu’en réalité, il vient du sérail.

La stratégie française se met donc en place avec la tentative de Paris de devenir l’élément clé de résolution des problèmes. L’ambassadeur de France au Liban était auparavant en poste en Iran. Emmanuel Macron se rend dès mercredi en Irak, où, selon nos informations, il devrait discuter avec le premier ministre irakien, Moustafa al-Kazimi, des relations économiques entre la France et l’Irak, et des tensions avec la Turquie. On prête au président français l’intention de proposer la tenue d’une conférence internationale consacrée à l’Irak. La France se positionnerait ainsi en médiateur entre Téhéran et Washington, deux acteurs largement présents en Irak. D’où cet investissement hors du commun au Liban, chacun des partis confessionnels ayant un pied (voire plus) dans la problématique régionale. Qui avec l’Iran, qui avec l’Arabie saoudite, qui avec les États-Unis. Et tous, en parole, avec la France (bien que celle-ci manœuvre pour que le secteur de l’énergie ne se retrouve pas dans les mains des proches du président Aoun), l’ombre de la Syrie planant comme il se doit, alors qu’Israël, ennemi déclaré du Hezbollah libanais, renforce et normalise à marche forcée ses relations avec un certain nombre de pays arabes.

Les contestataires libanais du 17 octobre (lire notre édition du 30 août) dénoncent les manœuvres en cours et ne se font aucune illusion. « C’est un compromis pour maintenir le régime, mais c’est un gouvernement qui ne répondra pas aux revendications du 17 octobre », dénonce Tarek Ammar, de Beirut Madinati. Cerise sur le gâteau, le président (chiite, comme le veut la Constitution) du Parlement, Nabih Berri, en poste depuis… 1992, appelle maintenant à « changer le système confessionnel (…) source de tous les maux » ! En rendant visite à la diva libanaise Fayrouz, dès son arrivée, hier soir, Emmanuel Macron pouvait effectivement avoir une attitude lyrique.

Photo Hanna Gharib, secrétaire général du Parti communiste libanais, L'Humanité, 30 août 2020

Photo Hanna Gharib, secrétaire général du Parti communiste libanais, L'Humanité, 30 août 2020

Hanna Gharib : « Il faut créer un État civil, laïque et démocratique »
Dimanche 30 Août 2020 - L'Humanité

Hanna Gharib, l’un des rares partis libanais non confessionnels, le parti communiste s’engage avec toutes les forces disponibles pour en finir avec ce système politique. Entretien avec Hanna Gharib, Secrétaire général du Parti communiste libanais. Envoyé spécial.

Quelle est la situation, quatre semaines après l’explosion ?

Hanna Gharib Pendant ces six années, il y a eu quatre gouvernements différents et deux parlements. Personne n’a accordé d’importance au transfert de ces substances chimiques du port de Beyrouth vers une zone non peuplée. Cette classe politique a tué les gens et a fait exploser le pays. Ils n’ont arrêté que des fonctionnaires, au lieu de s’en prendre aux vrais responsables. Personne ne veut assumer la responsabilité. Pourtant, il s’agit bien de corruption.

Le 8 août, une grande manifestation s’est déroulée. Nous étions avec ceux qui demandaient la fin du régime confessionnel, d’en finir avec l’élite au pouvoir, et qui se sont trouvés face aux forces de sécurité. Mais nous étions également avec ceux qui s’insurgeaient contre les interventions extérieures, comme l’ingérence du président français, Emmanuel Macron. Avec le soutien des États-Unis, celui-ci a proposé la formation d’un gouvernement d’union nationale. Ces trente dernières années, la France a soutenu tous les gouvernements libanais, pas seulement politiquement, mais également financièrement. Autant d’argent qui a fini dans les poches de ceux qui gouvernent.

Pourquoi Emmanuel Macron se rend-il au Liban ce lundi ?

Hanna Gharib Macron cherche à ce que la France retrouve une position forte au Moyen-Orient. Parce qu’il sait que bien d’autres forces internationales interviennent dans la région. Il faut évoquer le rôle des Américains, mais aussi des Iraniens. Maintenant, il y a la Turquie, qui s’agite beaucoup au Liban.

Avec les forces de la révolution du 17 octobre, nous lui préparons un bel accueil pour lui dire que nous sommes contre ses plans pour le Liban, que nous sommes contre un gouvernement d’union nationale qui permettrait aux mêmes de rester en place. Et, comme lorsqu’il est venu, le 6 août, nous exigerons de nouveau la libération du militant communiste Georges Ibrahim Abdallah, emprisonné en France depuis trente-six ans et qui est libérable depuis 1999.

Quelles sont les propositions, notamment de la part des forces issues ou qui ont participé aux manifestations du 17 octobre ?

Hanna Gharib Nous proposons d’abord la création d’un gouvernement qui permette d’aller vers une nouvelle ère. Celui-ci devrait être constitué de personnalités non membres de ces partis confessionnels au pouvoir et hors de l’élite politique. Un gouvernement qui puisse avoir des prérogatives législatives pour une période limitée. Qu’une nouvelle loi électorale soit édictée qui ne tienne plus compte des confessions et que le Liban soit considéré comme une seule circonscription dans le cadre d’un scrutin à la proportionnelle. Il convient également d’avoir un organe judiciaire réellement indépendant. Il faut que les juges puissent arrêter les véritables responsables. Et que, au lieu d’un État confessionnel, soit créé un État civil, laïque et démocratique. De plus, il faut réfléchir à la mise en place d’une économie productive et non plus basée sur les importations, ce qui permettrait de créer des emplois. L’émigration augmente, tout comme le chômage et le nombre de cas de Covid-19, mais le pouvoir d’achat diminue.

Ces questions avancent-elles parmi les forces du changement ? Qui discute ?

Hanna Gharib Depuis le début du mouvement du 17 octobre, nous avons fait des propositions autour de la construction d’un nouvel État, civil, laïque, démocratique. Il s’agit pour chacun de se positionner : qui est contre un État confessionnel et qui est pour ? Qui est pour un État de la justice sociale et qui est contre ? Qui considère Israël comme ennemi et qui ne le considère pas ?

Nous avons rencontré beaucoup d’obstacles, mais il y a des avancées. Nous avons ainsi pu organiser une « réunion du changement » avec cinq partis non confessionnels et des personnalités spécialisées en sociologie, en économie, d’anciens ministres, des journalistes… Il y a aussi une union de plusieurs forces, rassemblant notamment une cinquantaine de groupes de jeunes qui organisent des actions dans la rue auxquelles nous participons. Nous accordons aussi une place particulière aux questions sociales et donc aux relations avec les syndicats. Notre but est d’aider à ce que toutes ces forces, disparates mais ayant le même but, se regroupent.

Enfin, avec Charbel Nahas du mouvement Citoyennes et citoyens pour le changement, et le député nassérien Oussama Saad, nous travaillons à la mise en place d’une force porteuse d’un programme alternatif, qui serait celui du gouvernement non confessionnel et doté de pouvoirs législatifs que nous voulons mettre en place. Il nous faut maintenant être plus précis sur les organisations et les personnalités qui en feraient partie, afin d’en faire l’annonce publique. Ce qui serait une grande avancée pour le mouvement révolutionnaire, puisque cette proposition serait face à celle des partis confessionnels qui essaient de se mettre d’accord rapidement pour garder le pouvoir.

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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 06:28
Les Israéliens veulent expulser Salah Hamouri (L'Humanité, Pierre Barbancey, 4 septembre 2020)
Les Israéliens veulent expulser Salah Hamouri
Vendredi 4 Septembre 2020
Le ministre israélien de l’Intérieur veut annuler le titre de résident permanent de l’avocat franco-palestinien. Il est pourtant né Jérusalem où il a toujours vécu. Une mesure politique qui, si elle était appliquée, le contraindrait à quitter sa terre natale. Il est décidé, avec ses soutiens, à ne pas se laisser faire.
 

Les autorités israéliennes, une fois de plus, harcèlent Salah Hamouri. L’avocat franco-palestinien a été convoqué le 3 septembre au centre d’interrogatoire de Moskobiyeh, à Jérusalem. Là, une lettre signée du ministre de l’Intérieur, Aryé Deri, lui a été remise. Le ministre de Netanyahou y fait part de sa décision de retirer purement et simplement la carte de résidence permanente de Salah Hamouri, seul papier officiel lui permettant de vivre, chez lui, à Jérusalem.

Il invoque pour cela, ce que les Israéliens appellent la Loi sur l’Entrée (Law of Entry). Celle-ci, édictée en 1952 visait les personnes de nationalités étrangères désireuses d’obtenir un permis de résidence en Israël. Après l’occupation de Jérusalem-est en 1967 et l’annexion de ce territoire, les autorités israéliennes ont décidé d’appliquer cette loi aux Palestiniens vivant dans la partie orientale de la ville, en leur « offrant » le même statut que des étrangers, à savoir acquérir le statut de résident permanent ! Un statut qui, de plus, n’est pas automatiquement transmissible à ses enfants ou au conjoint non-résident et peut être annulé à la discrétion du Ministère de l’Intérieur. Cerise sur le gâteau, les Palestiniens ayant le statut de résidents permanents peuvent demander la nationalité israélienne. Ce que pratiquement aucun ne fait. D’abord parce que ce serait reconnaître l’occupation et partager l’idée que Jérusalem-est appartiendrait à Israël. Ensuite, acquérir cette nationalité oblige à faire serment d’allégeance à Israël, la puissance occupante. Depuis 1995, de nombreuses révocations du statut de résident ont eu lieu sous plusieurs prétextes, notamment en arguant que la résidence principale était faussement Jérusalem ou qu’ils étaient absents depuis trop longtemps. La construction du mur a également placé de nombreuses familles en dehors des nouvelles délimitations de Jérusalem qui se sont retrouvées arbitrairement en Cisjordanie. D’autres annulations ont eu lieu pour non-respect de «l’obligation minimale de loyauté envers l’État d’Israël ».

Le ministre israélien estime que Salah Hamouri utilise sa position de résident d’Israël pour agir contre cet État. Il évoque sa condamnation à sept ans de prison mais s’appuie aussi sur la détention administrative d’un an (en 2018-2019) alors qu’aucun procès n’a eu lieu et que les dossiers étant secrets, nul ne sait officiellement pourquoi celui qui est maintenant un avocat des droits de l’homme a été enfermé. On pourra également remarquer que ce ministre, Aryé Deri, né en 1959 à Marrakech, au Maroc donc, dénie à Salah Hamouri, né en 1985 à Jérusalem, en Palestine donc, de vivre sur la terre où il a vu le jour !

Autant dire que si cette mesure est appliquée, que le statut permanent de résident est annulé, Salah Hamouri sera obligé de quitter la Palestine. En effet, selon les accords d’Oslo, les Palestiniens de Jérusalem ne dépendent pas de l’Autorité palestinienne mais d’Israël. En clair, ils ne sont pas reconnus comme Palestiniens. Toute installation ailleurs qu’à Jérusalem où de quiconque n’est pas israélien, y compris à Ramallah, nécessite donc l’obtention d’un visa de la part d’Israël. Qui peut donc refuser. C’est déjà le cas pour l’épouse de Salah Hamouri qui ne peut plus se rendre ni en Israël ni dans les territoires palestiniens en vertu d’une décision discriminatoire.

Comme le fait remarquer l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) dans un article publié sur son site en 2017 : « Les révocations du statut de résident forcent souvent les habitants palestiniens de Jérusalem-Est – qui sont pourtant en théorie protégés par les obligations incombant à toute puissance occupante dans le cadre de la Quatrième Convention de Genève – à quitter le territoire dans lequel ils habitent. Cela constitue des transferts forcés quand elles provoquent un déplacement vers d’autres parties des Territoires Palestiniens Occupés et des déportations quand le déplacement se produit vers l’extérieur du pays. La Convention autorise de telles mesures uniquement à titre temporaire en cas d’« impérieuses raisons militaires » (art. 49). »

Israël, qui avait de nouveau arrêté Salah Hamouri le 30 juin alors qu’il se trouvait dans un centre médical pour y effectuer un test de Coronavirus, avait été contrainte de le relâcher sous la pression internationale, témoignant d’un dossier vide de preuves. La solution trouvée est maintenant d’empêcher Salah Hamouri de rester. Sans sa carte de résident permanent, il n’a plus comme pièce d’identité que son passeport français. Et voilà une nouvelle fois la « Loi sur l’Entrée » qui s’appliquerait à un homme qui est né là et y a toujours vécu ! Il a trente jours pour contrer cette mesure politique.

Communiqué du PCF:

A nouveau, Salah Hamouri subit les pressions du gouvernement israélien

Cette fois, il a reçu une lettre où le ministre de l'Intérieur, Arié Deri, du parti ultra orthodoxe Shass, lui notifie sa décision de lui retirer la carte de résidence permanente à Jérusalem.

L'obtention de cette carte est pour les Palestiniens de Jérusalem le seul moyen de pouvoir y vivre et y travailler; la lui retirer, c'est condamner Salah à l'expulsion vers la France alors qu'il est né à Jérusalem et qu'il y a construit sa vie.

Tous les prétextes sont bons pour vider Jérusalem-Est de ses habitants palestiniens et ces pratiques permettent au gouvernement israélien de continuer à coloniser cette partie de la ville en violation totale du droit international.

Le gouvernement français doit intervenir pour soutenir Salah Hamouri et exiger des autorités israéliennes que cessent toutes les intimidations et les pressions qui s'exercent sur lui.

La diplomatie française doit aussi arrêter de suivre aveuglement la stratégie Trump-Netanyaou en refusant leur plan unilatéral et en soutenant les Palestiniens pour la reconnaissance de leur droits conformément au droit international.

 

Parti communiste français
Paris, le 3 septembre 2020

Salah Hamouri en visite à Morlaix (photo Le Télégramme)

Salah Hamouri en visite à Morlaix (photo Le Télégramme)

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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 05:35

 

On les appelle les « rois de l’or gris ». Ce sont ces multimillionnaires qui, profitant de la défaillance de l’État en matière de maisons de retraite, ont multiplié les Ehpad privés dans les années 80/90. Ils s’appellent Yves Journel (Fabien Roussel en a fait état dans son intervention à Dunkerque), Dominique Pellé ou Jean-François Gobertier. Leur fortune personnelle s’élève respectivement à 750, 600 et 350 millions d’euros. La crise ? Vous avez dit la crise ? Un concept que ces gens semblent ignorer. Le dernier nommé, Gobertier, est connu pour collectionner les Harley, les voitures de luxe, les restaurants, les hôtels. C’est vrai qu’il accumule aussi les enquêtes préliminaires pour corruption, abus de biens sociaux et blanchiment. Remarquez : un roi de l’or gris, qui spécule sur les têtes blanches et soupçonné de blanchiment, on va dire qu’il y a là une certaine logique. 

Gérard Streiff

 

 

 

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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 05:31

 

Mesure phare du plan de relance, la baisse des impôts aux entreprises devrait atteindre 20 milliards d’euros sur deux ans.

Un plan de relance des profits. Sauf surprises peu probables, c’est ce que le gouvernement présentera ce jeudi. Sous couvert de retrouver le niveau de PIB d’avant le confinement, les mesures chiffrées à 100 milliards d’euros, dont la plupart sont déjà connues, donnent surtout satisfaction aux revendications patronales. Comme il l’a annoncé lors de l’université d’été du Medef le 27 août dernier, le premier ministre, Jean Castex, devrait confirmer une baisse des impôts des entreprises de 20 milliards d’euros sur deux ans qui s’ajoutera à la baisse du taux d’imposition sur les sociétés déjà inscrite dans la loi de finances. Ce nouveau cadeau devrait prendre la forme d’une diminution de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Cet impôt porte sur les richesses créées. Les entreprises ne s’en acquittent donc pas « avant même d’avoir commencé à produire », comme le prétend de manière éhontée le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. La mesure est censée profiter aux PME, mais les donneurs d’ordres auront tôt fait d’en récupérer l’essentiel en imposant une baisse des prix à leurs fournisseurs. À terme, cette baisse fragilisera un peu plus le financement des collectivités locales, à laquelle la CVAE contribue. Le plan de relance comprend également 6,5 milliards d’euros de mesures déjà annoncées d’allégement du « prix du travail » sous forme de prime de 4 000 euros pour l’embauche des jeunes de moins de 25 ans et de suppression des cotisations jusqu’à 2,5 fois le Smic.

Quelques 5 milliards d’euros iront à la SNCF

Les aides ciblant les entreprises véritablement en difficulté sont le parent pauvre du dispositif. Seuls 3 milliards d’euros devraient être mobilisés pour renforcer leurs fonds propres. De la même manière, « la priorité » gouvernementale à la relocalisation des productions ne serait dotée que d’un fonds de 1 milliard d’euros.

Côté demande, le plan de relance devrait comprendre une enveloppe de « 4 à 5 milliards d’euros », selon la ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon, affectée à la rénovation thermique des écoles et des Ehpad mais aussi des logements et sans condition de ressources. 5 milliards d’euros iront à la SNCF. Le plan de relance devait intégrer aussi les 6 milliards d’euros promis au système hospitalier lors du Ségur de la santé. Quant aux plus modestes, une aide de 1 000 euros pour l’achat de produits de première nécessité est évoquée. La lutte contre les licenciements n’est en revanche pas à l’ordre du jour. Aucune mesure n’est prévue pour empêcher les entreprises de réduire les effectifs pour restaurer leurs marges.

 

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 05:46

 

Le plan de relance, présenté ce jour par le Premier ministre, confirme le choix du Président et du gouvernement de relancer les profits plutôt que de répondre aux défis des crises sanitaire, économique et écologique.

Les grands gagnants du « jour d’après » sont le capital, les actionnaires des grands groupes, les fonds de pension, les banques qui continueront d’agir contre l’emploi et la transition écologique pour que tout continue comme avant… en pire ! Alors que notre pays compte plus de 6 millions de privé·e·s d’emploi, l’annonce de création de 160 000 emplois en 2021 apparaît d’autant plus faible que la logique du plan gouvernemental ne peut en rien la garantir.

Après les milliards d’argent public versés à de grands groupes qui licencient, la baisse des impôts dits de production coûtera 20 milliards aux Français·es sans aucune garantie sur l’emploi privé, les jeunes ne reçoivent d’autre promesse que celle d’emplois précaires, aucune création de postes ou de mise en formation significative n’est prévue dans les services publics essentiels que sont la santé, l’éducation et la culture est le parent pauvre du plan. Quant aux PME, TPE, artisans, ils sont condamnés à subir les stratégies mortifères des grands groupes.

En matière de transition écologique, le gouvernement avait déjà envoyé le pire signal avec la levée de l’interdiction des néonicotinoïdes qui provoquera des dégâts irréparables. Les annonces du plan de relance en matière de transports, d’énergie, de rénovation thermique sont en contradiction avec le soutien du gouvernement à la baisse du soi-disant « coût du travail » dans les grandes entreprises publiques et privées de ces secteurs : à la SNCF, à General Electric, chez Air France, les suppressions d’emplois se poursuivent.

A l’inverse de ce plan, les communistes proposent aux Français·es de construire « le système d’après » !

L’heure est à une révolution sociale et écologique de la production et au développement des services publics. Pour cela, il faut sécuriser, non les profits, mais sécuriser l'emploi, au lieu de conforter le chômage, développer la formation et les compétences au lieu de favoriser le capital financier, en engageant la marche vers un système donnant le droit et la liberté à chacun et chacune d’alterner entre période d’emploi et période de formation avec des droits et des revenus garantis.

Cette sécurité de l’emploi et de la formation, mettons-la en œuvre toute de suite pour les jeunes de notre pays, à commencer par les plus de 700 000 jeunes arrivant sur le marché du travail. Garantissons à chaque jeune une sécurité professionnelle dès la sortie de ses études, avec un emploi, un salaire ou une formation professionnelle, et cela pour toute la durée de sa vie. C’est la proposition des communistes en cette rentrée : pas un seul jeune au chômage ! Priorité à la jeunesse !

Le PCF lancera lors de son conseil national du 5 septembre une campagne nationale pour l’emploi. Il appelle à participer massivement à la journée d’action interprofessionnelle du 17 septembre et organisera, le 10 octobre, des rassemblements dans tout le pays pour une alternative au plan de relance gouvernemental. Dans le cadre de cette campagne nationale, le PCF appelle à la création de comités locaux pour l’emploi réunissant salarié·e·s, acteurs économiques et sociaux, syndicats, associations, habitant·e·s et élu·e·s : pour demander des comptes sur l’utilisation de l’argent des banques, des grands groupes, et l'argent public ; et pour porter des objectifs précis, chiffrés, de créations d’emplois, de formation pour les jeunes et pour tous les travailleurs tout au long de la vie, de développement des services publics, de productions utiles sur le plan social et écologique. Ces comités pourraient préfigurer de nouvelles institutions locales, des conférences permanentes pour l’emploi, la formation et la transformation écologique des productions.

C’est à ces objectifs que la société tout entière doit exiger que soit consacré l’argent qui coule à flot aujourd’hui sur le capital, à commencer par les milliers de milliards d’euros que la BCE déverse en ce moment sur les banques et sur les marchés financiers.

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 05:25

 

L’exécutif détaille ce jeudi matin son plan de 100 milliards d’euros. Emmanuel Macron et Jean Castex préparent aussi plusieurs réformes afin d’enterrer définitivement le monde d’après dès cet automne.

La présentation du plan de relance du gouvernement, sur RTL, marque une rentrée politique décidément très à droite pour la Macronie. Loin de relever les défis posés par le Covid, en s’attaquant à toutes les injustices mises en lumière, l’Élysée cherche à enterrer le monde d’après pour imposer des réformes qui risquent d’aggraver la crise.

Au moins, le gouvernement n’avance pas masqué : « C’est un plan de relance de l’offre et de l’investissement », a annoncé Jean Castex, lors des universités d’été du Medef. Sans surprise, le plan de relance sera donc de droite, en grande partie dirigé en faveur des grands patrons et des actionnaires. L’exécutif privilégie les cadeaux au capital au détriment des travailleurs et des ménages, au motif que leurs revenus auraient déjà été « préservés ». Le premier ministre fait ainsi fi des grandes inégalités économiques et sociales exacerbées par la crise sanitaire et de l’occasion historique de relancer l’économie à partir de la réponse aux besoins des populations et de la répartition des richesses créées.

 

Un plan de relance pro-CAC 40

Sur les 100 milliards d’euros mis sur la table, un tiers de la somme sera même consacré à la « compétitivité ». Comprendre, la baisse de la fiscalité des entreprises, qui n’auront à souffrir d’aucune conditionnalité sociale ou environnementale en contrepartie. Le tout après avoir déjà bénéficié de plus de 100 milliards liés au Cice sans pour autant créer le million d’emplois promis alors par Pierre Gattaz, ex-patron du Medef. Ces pertes de recettes massives pour l’État annoncent déjà la rigueur budgétaire à venir : le déficit devra « retrouver son niveau de fin 2019 d’ici à la fin du quinquennat », affirme Jean Castex. Les services publics, pourtant si utiles et d’autant plus en temps de crise, sont déjà dans le viseur.

Au plus fort de la crise, Emmanuel Macron n’avait plus assez de mots pour louer le travail indispensable des « métiers essentiels » : caissières, éboueurs, manutentionnaires, professeurs, chauffeurs livreurs… Ces femmes et ces hommes « que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal ». Si, à l’issue des négociations du Ségur de la santé, les personnels soignants, en première ligne pendant la crise, ont obtenu des revalorisations salariales qu’ils estiment d’ailleurs insuffisantes, les salariés de la deuxième ligne attendent toujours des actes. Mi-mai, Muriel Pénicaud, alors ministre du Travail, avait assuré que les branches professionnelles seraient convoquées afin de prendre en compte ces métiers « qui ont besoin d’être valorisés ». En septembre, toujours rien. Pis, ceux qui étaient aux avant-postes pendant le confinement, souvent précaires, vont recevoir en guise de récompense deux réformes particulièrement nocives que le gouvernement ne veut pas abandonner malgré les larges oppositions. Celle de l’assurance-chômage, dont certaines mesures sont reportées à 2021, et celle des retraites promise « avant la fin du quinquennat » par Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État en charge du dossier.

 

 

La grande diversion sur l’insécurité

La crise du Covid a mis en lumière toute la nocivité des choix politiques pris par Emmanuel Macron depuis son élection. Comment faire diversion, tout en préparant au passage le terrain pour 2022 ? En multipliant les déclarations sur l’insécurité et en promettant une loi contre les « séparatismes » pour la rentrée, comme le fait le premier ministre, Jean Castex. Son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, va encore plus loin, multipliant quotidiennement les provocations. Loin de porter jusqu’à présent des mesures concrètes pour lutter contre les incivilités et l’insécurité, il s’attelle méthodiquement à instiller un climat d’insécurité pour détourner les esprits du monde d’après à bâtir. Celui qui parle d’ « ensauvagement » de la société malgré des statistiques stables assène également qu’ « avoir le droit d’asile ne créer par le droit de mettre le bordel », dans le plus pur style sarkozyste. Si le droit à la sécurité doit bien sûr être garanti à tous, les coups de menton de l’exécutif visent surtout à masquer un « séparatisme » qu’il organise lui-même : celui des plus riches d’avec les pauvres.

 

Des territoires mis en concurrence

Dans les discours, Emmanuel Macron et son premier ministre, Jean Castex, ne cessent de louer les territoires. À les entendre, ils souhaiteraient confier un rôle toujours plus important aux maires, aux départements et aux régions pour relever la longue liste des défis posés par le Covid. Celui du respect des règles sanitaires, bien sûr, mais aussi celui de l’amortisseur social, de la relance économique et du débat citoyen. Problème : la loi 3D que concocte l’exécutif est une bombe à retardement pour les collectivités locales. Derrière son surnom se décline une volonté de « décentralisation, déconcentration et différenciation ». Officiellement, l’objectif serait de « faire confiance au terrain », mais la réalité du projet est tout autre.

Le gouvernement veut poursuivre à tout prix la mise en concurrence des territoires, qui donc fera des gagnants et des perdants, en les montant les uns contre les autres sur le terrain économique. Il souhaite aussi faire voler en éclats le principe d’unicité de la République en permettant de « différencier » les lois selon les territoires, au risque de rompre avec la promesse d’égalité. De quoi renforcer les conséquences négatives du Covid plutôt que d’y remédier. Enfin, le projet suscite l’ire des représentants des associations d’élus locaux, qui le trouvent trop « technique » et sans garantie de pouvoirs et moyens suffisants.

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 05:24

 

Alors que le gouvernement tente de survendre le « Plan de relance » qui sera publié demain, il n’est pas inutile de rappeler ce que le futur président Macron vint dire aux salariés de Whirlpool entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2017. D’autant que le quotidien « Les Échos », plutôt pro-Macron, vient de publier un article qui retrace les étapes du fiasco de la réindustrialisassions du site d’Amiens promise par le candidat Macron et totalement oubliée après son accession à l’Élysée.

Tandis que le « Plan de relance » du gouvernement prévoit d’évoquer certaines relocalisations de productions industrielles, il n’est pas inutile de revenir de sur ce que fut la première promesse non tenue d’Emmanuel Macron concernant l’emploi en France. Courant derrière Marine Le Pen entre les deux tours de l’élection présidentielle, il s’était rendu auprès des salariés de Whirlpool qui luttaient contre la fermeture du site d’Amiens, alors que la firme américaine délocalisait la production de ses lave-linge en Pologne. Fidèle à ses convictions d’ancien banquier et d’ancien ministre de l’Économie favorable aux décisions patronales, Emmanuel Macron déclara ce jour-là aux salariés en lutte : « Je ne suis pas en train de vous dire que je vais sauver vos emplois, parce que personne ne peut le faire dignement ». Évoquant la décision du groupe américain, il s’était contenté d’ajouter : « Ils ont une responsabilité compte tenu des dividendes qu’ils ont versés ».

Le quotidien « Les Échos » n’est pas du genre à cogner sur le patronat. Néanmoins, dans l’édition datée du 27 août dernier, Guillaume Roussange, correspondant de ce journal à Amiens, retrace, en page 20, ce que fut le fiasco de la réindustrialisation du site que promettait Emmanuel Macron. Notre confrère commence par rappeler que l’annonce de la fermeture datait de l’hiver 2017 et que les dirigeants de la firme justifiaient « la fermeture de l’unité amiénoise par des prix français de fabrication supérieurs de 7,5 % par rapport à la Pologne ». Un tel chiffre n’a rien de surprenant quand on sait que les salaires en Pologne sont trois fois plus bas qu’en France en moyenne. Mais, la Pologne étant membre de l’Union européenne, ses produits entrent en France sans le moindre droit à verser aux douanes.

 

Le fiasco du président du MEDEF de la Somme

Guillaume Roussange rappelait aussi que Whirlpool, en rachetant un peu plus tôt l’entreprise italienne Indesit, s’était retrouvé avec plusieurs sites en doublon. Dans un premier temps, trouver un repreneur pour le site d’Amiens s’avéra difficile. Dans un second temps, Nicolas Decayeux, président du MEDEF dans la Somme et producteur de boîtes aux lettres, s’engagea sur les 55,000 m2 libérés par Whirlpool afin d’y produire « des casiers connectés réfrigérés » pour le commerce de produits alimentaires commandés sur internet et livrés par de nouveaux esclaves. S’y ajoutaient une possible production de véhicules électrique et d’autres activités, dans le cadre d’un projet d’entreprise baptisé « XN », le tout devant permettre d’embaucher à terme 277 personnes.

Le correspondant des Échos indique qu’une centaine de personnes furent embauchées dans un premier temps avant de poursuivre en ces termes : « Las ! C’est déjà trop pour une activité dont la feuille de route semble de plus en plus confuse, et dont le carnet de commandes semble désespérément vide. Rapidement, les salariés donnent l’alerte sur l’inactivité patente de WN. La préfète de la Somme commande un audit indépendant qui révèle « l’impasse financière » de l’entreprise et recommande qu’elle se place sous la protection du tribunal de commerce ».

Ce projet avait obtenu 12 millions d’euros de fonds publics et privés. Mais il n’a finalement débouché sur rien. Pourtant, que ce soit Emmanuel Macron à l’Élysée, Édouard Philippe à Matignon, Bruno Le Maire à Bercy avec Gérald Darmanin en charge des comptes publics, ou encore Muriel Pénicaud au ministère du Travail, on ne trouve aucune trace d’intervention de ces cinq personnalités afin que soit tenue la promesse faite aux salariés de Whirlpool par Emmanuel Macron. Il leur avait pourtant dit : « Je serai là pour protéger un plan social qui défend vos intérêts ».

 

La « Révolution » vue par le candidat de patrons

Faut-il s’en étonner ? Non si on relit le livre programme publié en 2016 par Emmanuel Macron sous le titre « Révolution » (1). On peut y lire en pages 86 et 87 ces quelques phrases révélatrices de ses choix : « Nous devons apprendre à célébrer et à consacrer ceux qui réussissent dans tous les domaines (…) Pour que cet entreprenariat réussisse et se développe en France, je souhaite deux choses simples. D’abord une fiscalité qui récompense la prise de risques, l’enrichissement par le talent, le travail et l’innovation plutôt que la rente et l’investissement immobilier. Notre fiscalité, et j’inclus ici l’actuel impôt sur la fortune, ne dois plus pénaliser ceux qui réussissent de leur vivant et investissent dans les entreprises et dans l’innovation ».

Avant même l’élection d’Emmanuel Macron à l’Élysée, les dirigeants de Whirlpool appliquaient ses préconisations comme l’ont montré les « Paradise Papers », en révélant une note du cabinet de conseil Backer-McKenzie fournissant aux dirigeants de la firme ces éléments de langage : « En tant que compagnie cotée en Bourse nous avons la responsabilité envers nos actionnaires de gérer au mieux nos opérations mondiales et de fournir du retour sur investissement. Ce sont des activités d’optimisation fiscales et financières normale ».

Voilà une stratégie patronale qui cadre bien avec cette partie du texte citée plus haut et tirée du livre d’Emmanuel Macron. Là encore, faut-il s’en étonner ? Non, quand on se souvient que cet homme fut chargé de négocier des fusions acquisitions entre grandes firmes à la Banque Rothschild après avoir pris la lumière quand il rédigea le rapport de la Commission Attali demandé par Nicolas Sarkozy en 2007. À partir des préconisations de ce rapport, la droite vota en 2008 une loi qui permet toujours à la grande distribution de piller les paysans.

 

Un « pognon de dingue » empoché chez Rothschild

Chez Rothschild, en 2011, avant de devenir le conseiller économique de François Hollande à l’Élysée à partir du printemps 2012, Emmanuel Macron empocha un salaire annuel de 403 600 € auquel s’ajoutèrent 706 300 € de « bénéfices industriels et commerciaux » et encore 291 300 € provenant de « parts de dividendes dans les sociétés du groupe Rothschild ». Ainsi, sur une rémunération totale de 1,4 million d’euros perçus par Macron chez Rothschild en 2011, quelque 997 600 € provenaient d’une « fiscalité qui encourage la prise de risque », au détriment des salariés qui perdent leur emploi ; condition pour parvenir à « l’enrichissement par le talent » des patrons et de leurs serviteurs zélés comme le fut Macron chez Rothschild ! Devenu président de la République, il dénoncera en juin 2018 le « pognon de dingue » consacré aux minima sociaux dans un pays miné par le chômage et la précarité de l’emploi, une situation qui dure depuis et dont on a de bonnes raisons de redouter une forte dégradation dans les prochains mois.

Car, en dépit du « Plan de relance » annoncé demain, voire à cause de lui, on imagine que beaucoup de grands patrons et leurs proches collaborateurs seront tentés de profiter de la conjoncture incertaine pour mettre faire leurs préconisations rédigées en 2016 par Macron dans son livre programme. Sauf qu’il n’avait rien d’une révolution !

Gérard Le Puill

(1) Révolution, d’Emmanuel Macron, XO éditions

 

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 18:13
Désormais aux affaires, Ismaël Dupont compte donner un nouveau souffle à Morlaix. « On a du travail et on va le faire avec humilité ». (Le Télégramme/Gwendal Hameury)

Désormais aux affaires, Ismaël Dupont compte donner un nouveau souffle à Morlaix. « On a du travail et on va le faire avec humilité ». (Le Télégramme/Gwendal Hameury)

Lire aussi:

Portrait de Fréderic L'Aminot, nouvel adjoint aux affaires scolaires à Morlaix - Frédéric L’Aminot, le militant de Kerfraval (Le Télégramme, Yann Clochard, 19 août 2020)

Valérie Scattolin, pilote du commerce et du tourisme (LE TELEGRAMME – 12 août 2020)

Le sixième volet de notre série sur les adjoints est consacré à Ismaël Dupont, chargé des finances, des ressources humaines et de la police municipale. Un communiste amoureux de sa ville.

D’aucuns le craignaient, pendant la campagne des Municipales. Mais force est de constater que depuis l’élection du communiste Ismaël Dupont, les chars russes n’ont toujours pas débarqué en ville. « Je n’ai pas non plus planté de drapeau rouge sur la mairie, car je n’ai jamais eu la culture de l’arrogance ni du triomphalisme. J’ai mes idées, bien sûr, mais je suis avant tout au service des Morlaisiens. Y compris de ceux qui ne pensent pas comme moi. Je ne suis ni sectaire ni fanatique », réplique l’intéressé, premier adjoint chargé des finances, des ressources humaines et de la police municipale.


 

Première victoire politique

Âgé de 40 ans, ce père de deux enfants, professeur documentaliste au collège Mendès-France (il est professeur de philosophie à l’origine), est un amoureux de Morlaix, où il s’est installé il y a un peu plus d’une décennie. « Cette ville a tellement d’atouts ; elle me fait vibrer. Malheureusement, c’est aussi l’une des villes les plus malades de Bretagne. Elle a besoin d’un nouveau souffle », juge le natif de Vannes, qui a passé sa jeunesse entre le Morbihan et les terres léonardes paternelles. Un constat qui l’a poussé à s’engager au côté du socialiste Jean-Paul Vermot, lui, le secrétaire départemental du PCF, membre de son conseil national, qui avait tenté sa chance en solo, en 2014. À l’époque, la fusion d’entre deux tours n’avait pas suffi pour battre la droite. Cette année, il a donc changé de stratégie, intégrant « une liste de rassemblement » dès le premier tour. Ce qui l’a conduit à sa toute première victoire électorale. Jusqu’au 28 juin dernier, l’ancien candidat aux municipales, aux législatives, aux départementales et aux sénatoriales, n’avait, en effet, cumulé que des échecs.

Conscient des responsabilités

« Collectivement, on a vécu une campagne très riche humainement. J’ai fait de belles rencontres. Il y a chez nous une grande fraternité et beaucoup de tolérance », souffle le quadragénaire, qui n’a jamais renié ses idées. Il faut dire qu’elles ne datent pas d’hier. « Je me suis engagé très jeune en politique. J’avais 15 ans lorsque je me suis mobilisé contre le plan Juppé sur les retraites et la Sécurité sociale, en 1995. Je me suis engagé au MJS (Mouvement des jeunes socialistes), puis j’ai fait mon chemin idéologiquement », rappelle Ismaël Dupont. Qui a intégré le PCF en 2006, séduit par les discours de Marie-George Buffet.

Issu d’une famille comptant « deux grands-pères cathos sociaux, adjoints dans leurs communes respectives », et des parents de gauche, « post-soixante-huitards non militants », trop tôt disparus (il est orphelin depuis ses sept ans), ce passionné d’histoire et de littérature est fier de pouvoir ceindre l’écharpe tricolore. Fier aussi de la mission de premier adjoint qui lui a été confiée. Mais, il a surtout conscience des responsabilités très fortes qui pèsent désormais sur ses épaules. « Il y a beaucoup d’attente. La situation sociale est difficile, les enjeux énormes ».

Un homme de défis

Ça tombe bien : doté d’une grande capacité de travail, Ismaël Dupont aime les défis. Ses ambitions ? Côté RH : « Améliorer les conditions de travail des 400 agents de la ville, créer un climat de confiance réciproque ». Côté finances : « En lien avec les services, dégager des marges de manœuvre pour appliquer notre programme. Un travail que l’on va mener collectivement, avec humilité ». Et de préciser que les choix budgétaires seront expliqués aux Morlaisiens, lors de présentations publiques. Le social, l’attention portée aux plus démunis, le collectif, la démocratie participative… Ismaël Dupont est définitivement un vrai rouge. Et il l’assume.

 

Gwendal Hameury

Gwendal Hameury

Le portrait chinois d’Ismaël Dupont

Si vous étiez un livre ?

« L’Odyssée », d’Homère. Ça m’inspire depuis mon enfance et nourrit mon imaginaire. La Grèce antique, le voyage… Ça me parle.

Si vous étiez un artiste ?

L’écrivain russe Fiodor Dostoïevski, un sorcier de la littérature.

Si vous étiez une chanson ?

« Suzanne », de Léonard Cohen. J’adore le caractère rocailleux de sa voix. Et puis c’est une chanson qui évoque le voyage… J’aime aussi beaucoup la version française interprétée par Alain Bashung.

Si vous étiez un film ?

« Mulholland Drive », de David Lynch. Je l’ai vu dès sa sortie au cinéma en 2001. Et revu quatre ou cinq fois depuis. C’est envoûtant, mystérieux.

Si vous étiez un animal ?

La chèvre. Parce que l’un de mes contes préférés est « La Chèvre de Monsieur Seguin ». J’ai toujours été emballé par cet animal, son esthétique et son caractère indépendant.

Si vous étiez un lieu ?

La Syrie, visitée à l’été 2010. L’un de mes plus beaux voyages. Magnifique. C’est une grande souffrance de voir les malheurs dans lesquels est plongé ce peuple qui nous avait offert un visage si accueillant.

Si vous étiez un quartier de Morlaix ?

Le mien, bien entendu : le carmel. Pas loin de l’école Corentin-Caër où mes deux enfants ont fait leur scolarité.

Si vous étiez un monument ?

Le cairn de Barnenez, à Plouezoc’h, l’un des plus anciens monuments d’Europe. Car je m’intéresse beaucoup à l’histoire en général, à l’histoire de Bretagne notamment, et plus particulièrement à l’histoire d’avant l’écriture. Il y a aussi une relation affective, en lien avec ma famille, avec ce cairn.

Si vous étiez un objet ?

Sans aucun doute un livre. J’en ai plusieurs milliers à la maison. Je suis un passionné de lecture.

Si vous étiez une couleur ?

Le rouge évidemment. Car c’est une belle couleur. Mais je l’aime aussi pour ce qu’elle représente. Le rouge, c’est la couleur de la révolution, du sang des ouvriers, de la mémoire sociale de lutte contre l’exploitation.

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