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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 13:19

Après un examen express dans chacune des chambres du Parlement, députés et sénateurs ont tenté de se mettre d’accord, dimanche, sur les mesures sanitaires voulues par le gouvernement.

Engagé par le gouvernement dans une folle course de vitesse, le Parlement a examiné tout le week-end le projet de loi instituant l’obligation vaccinale pour les soignants, l’extension du passe sanitaire à compter du 1er août, ou encore le contrôle de l’isolement. Dimanche, députés et sénateurs se sont retrouvés, à 15 heures, en commission mixte paritaire (CMP) pour tenter de se mettre d’accord sur un texte que les premiers ont adopté, vendredi, autour de 6 heures du matin, avant que les seconds ne le modifient, puis le votent dans la nuit de samedi. La concertation devait se révéler concluante mais les détails n’étaient pas encore connus à l’heure où nous écrivions ces lignes. Bien que l’exécutif ait poussé à la roue, pressé par les délais qu’il a lui-même imposés, l’accord a été long à bâtir tant les retouches apportées par la majorité de droite du palais du Luxembourg ont été nombreuses.

Selon les modalités adoptées au Sénat, le passe sanitaire ne serait ainsi exigible que dans les lieux confinés (les terrasses de restaurant en seraient, par exemple, exemptées) et ne s’appliquerait plus aux centres commerciaux. Son entrée en vigueur pour les salariés des lieux publics concernés a, en outre, été repoussée par les sénateurs au 15 septembre, tandis qu’il a été purement et simplement supprimé pour les mineurs. Un aménagement soutenu par la gauche : « Comment peut-on obliger un mineur à avoir un passe sanitaire alors que ses parents lui refusent la vaccination ? » a interrogé en séance le communiste Pierre Ouzoulias. Un amendement du PS permet aussi la vaccination sans autorisation parentale à partir de 16 ans. La gauche sénatoriale a, en revanche, échoué à faire tomber, au profit de l’obligation vaccinale, le dispositif dans son ensemble. La question a pourtant divisé jusqu’au sein de la majorité, à l’instar du centriste Loïc Hervé qui a plaidé au nom des « libertés publiques » contre cette « fausse bonne idée » de passe sanitaire.

« Atteinte à la liberté de travailler »

Contre toute attente, la droite a aussi redonné vie à l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 31 octobre. « C’est un souci de vérité. Sortons de cette espèce d’euphémisation permanente », a justifié le rapporteur LR Philippe Bas, appelant le gouvernement à « assumer ses responsa­bilités ». Comme à l’Assemblée, la gauche s’est également élevée contre les mesures relatives aux sanctions, suspension de contrat sans rémunération et licenciement encourus par les salariés pour lesquels le passe sanitaire est rendu obligatoire. « C’est une brèche inacceptable dans le droit du travail ! » a fustigé le sénateur PCF Fabien Gay. La création d’un motif spécifique de licenciement a d’ailleurs été supprimée par la Chambre haute, contrairement à l’interruption avant l’échéance d’un CDD ou d’un contrat de mission temporaire.

Dès vendredi, plusieurs syndicats ont aussi alerté sur ces dispositions. « C’est transgressif, dangereux et inquiétant de voir apparaître pour la première fois un motif de licenciement à la charge du salarié pour une raison relevant de sa vie privée », a dénoncé la CFE-CGC, tandis que Solidaires s’est affirmé « contre le passe sanitaire, qui se construit contre les travailleuses et les travailleurs ». Plus tôt dans la semaine, la CGT avait déjà interpellé les parlementaires afin qu’ils « en mesurent toutes les conséquences sociales », dénonçant un texte qui « porterait atteinte à la liberté de travailler » des salariés. Après son adoption, le projet de loi devra franchir une dernière étape avec l’examen par le Conseil constitutionnel, que le premier ministre, Jean Castex, s’est engagé à solliciter.

 

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 13:11

 

Les résultats du baccalauréat 2021 viennent de tomber. Cette année, les épreuves se sont tenues dans des conditions exceptionnelles. Jean-Michel Blanquer a annulé les évaluations communes prévues au mois de mars au profit des notes obtenues en contrôle continu. Pour les épreuves terminales, il a décidé que ce serait la meilleure note obtenue qui prévalait entre celles obtenues en contrôle continu et celles obtenues lors des épreuves terminales.

Pour la deuxième année consécutive, Jean-Michel Blanquer instrumentalise la crise sanitaire pour avancer tambour battant sur son projet d’un baccalauréat en contrôle continu. C’est désormais officiel, le ministre souhaite passer à un baccalauréat dont les évaluations communes seraient remplacées par un “réel” contrôle continu, comptant pour 40 % de la note finale au baccalauréat.

Dès le début, ce projet avait été vivement contesté par l’ensemble des acteurs de l'éducation, en premier lieu les lycéennes et les lycéens. Ce baccalauréat à la carte vient casser le caractère national du diplôme. En lieu et place d’un même diplôme national, nous aurons des baccalauréats locaux, donc la valeur dépendra de la réputation de l’établissement d’origine. Peu importe la note obtenue, un baccalauréat obtenu au prestigieux lycée Henri IV à Paris, aura toujours plus de valeur que celui obtenu dans un lycée dit de “périphérie”. En parfait accord avec Parcoursup ce système discriminant vient approfondir le mécanisme de sélection sociale à l’entrée de l’enseignement supérieur. Cette réforme vient enfoncer le clou de l'assignation à l’origine sociale et géographique, qui est l'inverse de la mission d’une école républicaine qui devrait au contraire servir à gommer les discriminations.

La technique utilisée par J.-M. Blanquer est connue, il a tout au long de ces années fait en sorte d’organiser l’échec des examens nationaux pour mieux faire passer une nouvelle réforme. Tout en organisant l’impossibilité pour les jeunes et le personnel éducatif de manifester et de faire connaître leur mécontentement face à la réforme des lycées. L’annonce d’une nouvelle réforme, alors que la session 2021 est en cours et avec un débat qui aurait cours au cœur de l’été, est une nouvelle fois un passage en force démocratique. Le MJCF ne l’entend pas de cette façon. Dès la rentrée de septembre nous organiserons les lycéennes et les lycéens contre cette réforme injuste et toute forme de sélection.

Après deux ans de perturbations majeures dans le système scolaire, c'est la mise en place de conditions d'enseignement de qualité afin de rattraper le retard accumulé qui devrait occuper le ministre. L’heure est au contraire à l’harmonisation par le haut de l’enseignement. La crise a été un catalyseur de l’inégalité entre les lycées et les élèves, il faut en tirer les leçons et proposer une tout autre politique. La mise en place d'examens nationaux et terminaux anonymes est la seule façon de garantir l’égalité.

Le Mouvement jeunes communistes de France revendique :

- Un retour à un baccalauréat national en abandonnant toutes les réformes mises en place par Jean-Michel Blanquer sur le sujet.

- L’abandon de Parcoursup ; le seul critère pour entrer à l'université doit être l'obtention du baccalauréat.

- Un investissement massif permettant de recruter des enseignants et de construire de nouveaux locaux pour offrir une formation et des diplômes de qualité sur l’ensemble du territoire.

Notre avenir, nos choix, l’éducation est un droit !

Clémentine Le Duey

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 06:40
Isabelle Maugeais (Pont de Buis), Jacqueline Here (Brest), Ismael Dupont (Morlaix), les 3 élus de sensibilité communiste dans le groupe de gauche Finistère et Solidaires (22 élus), avant le conseil départemental du 26 juillet 2021, le deuxième de la mandature. Jacqueline Here et Isabelle Maugeais intégreront la commission enfance, jeunesse, culture, associations, sports et Ismael Dupont la commission action sociale (personnes âgées, handicap, insertion, RSA, santé, etc).

Isabelle Maugeais (Pont de Buis), Jacqueline Here (Brest), Ismael Dupont (Morlaix), les 3 élus de sensibilité communiste dans le groupe de gauche Finistère et Solidaires (22 élus), avant le conseil départemental du 26 juillet 2021, le deuxième de la mandature. Jacqueline Here et Isabelle Maugeais intégreront la commission enfance, jeunesse, culture, associations, sports et Ismael Dupont la commission action sociale (personnes âgées, handicap, insertion, RSA, santé, etc).

Jacqueline Héré et Kevin Faure, le binôme de conseillers départementaux de Brest 1. Kevin Faure est co-président du groupe Finistère et Solidaires avec Armelle Huruguen (22 membres, dont 3 élus du parti communiste)

Jacqueline Héré et Kevin Faure, le binôme de conseillers départementaux de Brest 1. Kevin Faure est co-président du groupe Finistère et Solidaires avec Armelle Huruguen (22 membres, dont 3 élus du parti communiste)

Séance du Conseil départemental du Finistère du 26 juillet 2021
Les conseillers départementaux de gauche dans le Finistère: 22 membres du groupe Finistère et Solidaires (dont 3 de sensibilité communiste), 2 "régionalistes et autonomistes", 2 écologistes de "Finistère d'avenir"

Les conseillers départementaux de gauche dans le Finistère: 22 membres du groupe Finistère et Solidaires (dont 3 de sensibilité communiste), 2 "régionalistes et autonomistes", 2 écologistes de "Finistère d'avenir"

Compte rendu par Ismaël Dupont
 
C'était hier le deuxième conseil départemental du Finistère de la mandature 2021-2028, suite aux élections départementales des 20 et 27 juin dernier.
 
Maël de Calan s'appuie sur une très courte majorité à droite de 28 conseillers départementaux (quelques-uns étaient absents hier ce qui fait que les élus de gauche étaient plus nombreux) représentant 14 cantons.
 
A gauche, 13 cantons, 26 conseillers départementaux: 22 membres du groupe Finistère & Solidaires (PCF, PS, Divers Gauche) et 2 Régionalistes (canton de Carhaix) et 2 Écologistes (canton de Brest 2). 
 
A l'ordre du jour du Conseil Départemental d'hier: la formation des commissions consultatives de travail, la représentation du département dans les organismes extérieurs, l'adoption des indemnités des élus, le droit à la formation des élus, l'adoption du règlement intérieur, le rapport d'activité des services 2020, l'adoption du compte de gestion 2020 et des comptes administratifs.
 
Les commissions se composent ainsi:
 
Commission de l'action sociale (Personnes âgées, personnes en situation de handicap, santé, insertion, retour à l'emploi - 10 membres)
Présidente: Jocelyne Poitevin
Autres membres élus:
Nathalie Carrot-Tanneau, Monique Porcher, Jocelyne Plouhinec, Bernard Goalec, pour la droite
Ismaël Dupont, Matthieu Stervinou, Didier Malleron, Joëlle Huon, David Le Goff pour la gauche
 
Commission de l'enfance, de la jeunesse, de la culture, des sports et des associations (Aide sociale à l'enfance, PMI, politique des collèges, politique de la famille, culture, sports, Langue Bretonne, Patrimoine, Économie sociale et solidaire, 10 membres)
Présidente: Véronique Bourbigot
Autres membres élus:
Emmanuelle Tournier, Franck Pichon, Elisabeth Guillerm, Aline Chevaucher pour la droite
Nathalie Sarrabezolles, Gaëlle Zaneguy, Céline Le Gaz Tendre, Jacqueline Héré, Isabelle Maugeais pour la gauche
 
Commission du développement durable et des territoires (Politique d'aide aux territoires, Politique de l'habitat et du logement, ruralité, Espaces naturels sensibles, Déchets, Economie circulaire, déplacements doux, mer et littoral, 12 membres)
Président: Gilles Mounier
Autres membres élus:
Viviane Bervas, Didier Guillon, Raymond Messager, Guy Taloc, Laure Caramaro pour la droite
Armelle Huruguen, Marie-Pierre Jean-Jacques, Sandrine Manusset, Corine Nicole, Pauline Louis Joseph Dogue, Pierre Le Goff pour la gauche
 
Commission de l'économie, du numérique et des infrastructures (Routes, désenclavement, numérique, tourisme, nautisme, agriculture et pêche, suivi du CPER, enseignement supérieur, 13 membres).
Président: Jacques Gouérou
Autres membres élus:
Stephane Le Doare, Yves du Buit, Amélie Caro, Jean-Marc Puchois, Mairie-Christine Lainez pour la droite
Kévin Faure, Fréderique Bonnard Le Floch, Hosny Trabelsi, Anne Marechal, Bernard Pelleter, Barthelemy Gonella pour la gauche
 
Commission  des ressources humaines, du dialogue sociale, des finances, de l'évaluation (8 membres)
Présidente: Lédie Le Hir
Autres membres élus:
Alain Le Grand, Pascal Goulaouic, Marguerite Lamour pour la droite
Claude Jaffré, Julien Poupon, Michel Loussouarn, Philippe Guillemot pour la gauche
 
Pour la commission d'appel d'offre, titulaires: Stephane Le Douaré, Alain Le Grand, Franck Pichon, Claude Jaffré et Bernard Pelleter, Suppléants: Monique Porcher, Laure Caramaro, Jocelyne Plouhinec, David Le Goff, Isabelle Maugeaus
 
***
Pour ce qui est de Gaëlle Zaneguy et moi, élus du cantons de Morlaix, j'intègre donc la commission Action Sociale (personnes âgées, handicap, insertion, RSA, santé) avec 4 autres élus de l'opposition (Didier Malleron sur Guipavas, Matthieu Stervinou sur Quimper, Joëlle Huon sur Plouigneau, David Le Goff sur Quimper), tandis que Gaëlle Zaneguy intégre la commission enfance, jeunesse, culture, sports, associations avec Nathalie Sarrabezolles (Guipavas), Céline Gaz Tendre (Concarneau), Jacqueline Héré (Brest 1), Isabelle Maugeais (Pont-de-Buis).
J'ai été élu membre suppléant de la commission consultative des services publics locaux, du comité technique, du Parc naturel régional d'Armorique, et titulaire pour l'EHPAD de Taulé, les CA des collèges de Carantec, de Saint-Martin des Champs, de Plounéour-Menez, du Château à Morlaix. Gaëlle Zaneguy siege pour le département à la commission des droits à l'autonomie des personnes handicapées, au Conseil départemental de l'éducation nationale, à Finistère 360, au Culture Lab 29, à la MDPH, à la SAFI, et dans tous les CA des collèges publics du canton de Morlaix, au CA de l'EHPAD de Porspoder.
Nous aurons un rôle important à jouer pour représenter le département et tous ces acteurs du territoire, et servir l'intérêt général à l'intérieur de toutes ces délégations et représentations.
 
***
 
Lors de l'introduction de la séance, Kévin Faure est intervenu en tant que co-président du groupe Finistère et Solidaires :
 
"Monsieur le Président, cher.e.s collègues,
Voilà 1 an et demi que nous subissons toutes et tous une crise sanitaire sans précédent. Depuis plusieurs semaines, un climat de défiance prend le dessus sur le précieux climat de confiance. Les tensions qui naissent ici et là sur la stratégie vaccinale et le pass sanitaire en sont une démonstration flagrante.
Ce climat de défiance nous touche toutes et tous en tant que citoyens mais aussi en tant qu’élus : hausse de l’abstention, manque d’intérêt pour la chose publique et parfois même de la violence. Notre responsabilité - collective - est donc appelée pour ré-instaurer ce climat de confiance. De nouveaux liens entre l’action publique et les citoyens, plus de transparence, plus de démocratie, ...doivent être mis en place. Souhaiter qu’on nous fasse confiance nécessite cependant une certaine réciprocité. Pour que les citoyens retrouvent confiance dans l’action publique, les responsables politiques doivent faire confiance à la jeunesse, faire confiance à celles et ceux qui débutent leur parcours d’insertion, faire confiance à celles et ceux qui fuient leur pays et la misère pour s’insérer dans une société humaniste. Par cette réciprocité, nous rendrons possible un retour à la confiance mutuelle - primordiale à notre vie en société.
Cette crise de confiance s’ajoute à la crise sanitaire mais aussi à la crise sociale accentuée par certaines réformes du gouvernement. Les chiffres viennent de sortir : 30% des allocataires d’APL étaient perdants en Janvier 2021 et 400 000 d’entre eux ont tout simplement perdu leurs droits. Le “quoi qu’il en coûte” entendu l’année dernière se traduit par une économie d’1 milliard d’euros sur les APL : curieuse manière de résoudre la crise sociale et la crise de confiance.
Depuis plusieurs années, nous constatons toutes et tous que les dérèglements climatiques s’accumulent. L’actualité l’a une nouvelle fois démontrée en Allemagne et en Belgique.
Certes, individuellement et collectivement nous œuvrons : nous œuvrons pour protéger et préserver notre environnement et accroître notre résilience environnementale.
Mais arrivons-nous à actionner nos leviers de manière efficace ? La question est clairement posée. Une chose est certaine, même en agissant avec la plus grande des volontés mais en restant les seuls à agir, nous n’y arriverons pas.
Pour répondre à ces deux enjeux : regain de confiance et résilience environnementale, il nous faut œuvrer collectivement. Nulle place aux décisions unilatérales ni aux décisions peu transparentes, c’est plus de partenariats et plus de participation qu’il nous faut construire. A ce titre, nous proposons l’installation d’un collège des transitions en Finistère (proposition issue de notre projet social et environnemental), réunissant une diversité d’acteurs, pour notamment trouver les effets leviers efficaces et ainsi démultiplier nos forces.
Hélas, Monsieur le Président, votre 1ère décision dans votre nouvelle fonction, nous a particulièrement surpris. Non pas une surprise de découvrir que vous étiez opposés au projet du Centre National des Phares visant à préserver le patrimoine des phares finistériens tout en valorisant à Ouessant et à Brest les phares et les acteurs du monde maritime. Une surprise dans votre décision brutale et non concertée avec les partenaires de ce projet.
Cette décision rapide et unilatérale, est-elle une illustration de votre souhait de célérité évoqué lors de votre discours introductif ? Certes Monsieur le Président, seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin. C’est donc “plus loin” dans ses politiques sociales que nous souhaitons voir avancer le Conseil Départemental du Finistère, en respectant l’ensemble des partenaires avec qui nous devons œuvrer pour co-construire le Finistère de demain.
Durant cette séance plénière, nous voterons sur les désignations des conseillères départementales et conseillers départementaux dans de très nombreux organismes pour représenter notre collectivité. Cela témoigne de tous ces partenariats qui contribuent à cet éco-système de l’action publique en Finistère et que nous devons respecter. La brutalité de certaines décisions ne permettra pas - c’est notre sentiment - d’ agir efficacement avec toutes ces structures.
Vous nous proposerez également, au cours de cette séance, de réduire symboliquement de 5% les indemnités perçues par les 54 élus que nous sommes. Nous ne nous y opposerons pas mais resterons dubitatifs sur le véritable message et l'effet escompté.
Notre groupe “Finistère et Solidaires”, représentant la gauche plurielle composé d’élus socialistes, communistes, citoyens et divers gauche, est depuis le 1er Juillet prêt à agir en tant que groupe d’opposition. Comme j’ai eu l’occasion de le dire lors de notre 1ère séance, nous serons une opposition constructive car nous croyons dans l’importance capitale des politiques que nous menons notamment celles en faveur des plus démunis ou en détresse.
Nous sommes prêts, et nous aussi nous voulons avancer rapidement. En revanche, nous ne comprenons pas l’attente que vous nous imposez pour nous permettre de travailler sereinement, avec nos collaboratrices de groupe, au sein de la maison du Département.
A cette heure, nous “squattons” toujours 2 petits bureaux qui ne nous sont pas dédiés. Nous ne savons pas quelle adresse nous devons fournir pour recevoir notre courrier, nous ne savons pas où poser nos affaires quand nous avons des séances plénières, bref… au sein de la Maison du Département, nous n’existons pas.
Nous ne comprenons pas cette latence dans le fait de -peut-être- nous autoriser à utiliser vos anciens locaux au sein de ce bâtiment, ceux de l’opposition qui existent et qui nous conviennent. Nous espérons sincèrement que vous n’expulserez pas vos oppositions car, nous le rappelons ici fermement, la maison du Département est autant la vôtre que la nôtre, d’autant plus que nous sommes toutes et tous des représentants élus des territoires de tout le Finistère.
Enfin, puisque dans ce propos j’évoque des valeurs et des symboles, je souhaite témoigner de nos encouragements à Nicolas, Léa, Pol, Marie, Camille, Aloïse, Katell et Jason mais aussi Cléopatre, Pauletta, Coralie, Pauline et Kalidiatou. Ces prénoms sont ceux des athlètes finistériens qui concourent aux jeux olympiques et paralympiques à Tokyo et qui portent de belles valeurs et sont de vrais symboles. A vous chers athlètes, par votre engagement, nous le savons, vous véhiculez des valeurs universelles du sport, de l’inclusion, du respect de l’autre et du dépassement de soi. Vous aussi savez l’importance du travail en collectif et du respect. Dans notre actualité tiraillée, vous êtes les messagers de l’espoir à la française et qui, dans les yeux des petits comme des grands, nous font vibrer. Nous sommes fiers de vous, de vous voir porter nos couleurs celles de la France victorieuse, de la Bretagne rayonnante et du Finistère solidaire !
Je vous remercie."
 
***
 
A l'entame du Conseil Départemental, Philippe Guillemot est intervenu pour les régionalistes - Défense de Diwan et de la filière bilingue - et Pauline Louis Joseph Dogue est intervenue pour les écologistes - Illustration des effets mondiaux du dérèglement climatique et nécessité d'agir maintenant. Maël de Calan est intervenu en tant que président de Département également et pour répondre aux interventions des autres groupes. 
 
***
Les indemnités des élus ont été votées à l'unanimité avec une diminution de 5% pour toutes les indemnités des élus (président, vice-président, conseillers départementaux membres de la commission permanente) 
 
***
Je faisais partie de la commission du règlement intérieur avec à gauche Michel Loussouarn, Armelle Huruguen, Corine Nicole. Le règlement intérieur a été adopté à l'unanimité après une heure de travaux de la commission et de suspension de séance dans la mesure où Maël de Calan a accepté les demandes de modification des groupes de gauche. 
 
***
Sur les désignations et représentations des élus du Conseil Départemental dans les organismes extérieurs, je suis intervenu suite aux propos de Maël de Calan prévoyant de "démissionner" d'ici quelques semaines, quelques mois, des élus de sa majorité de droite pour les remplacer par des personnes qualifiées en disant mon étonnement face au fait que le Conseil départemental élise des représentants parmi les conseillers départementaux dans les organismes extérieurs, pour les démissionner ensuite, alors qu'ils ont une légitimité à y représenter les finistériennes et finistériens, ici du vote. En demandant s'il n'était pas possible d'adjoindre des personnes qualifiées compétentes en plus de ces élus, tout élu qui, dans la majorité ou dans l'opposition, sont bien là pour travailler.
 
***
Sur la présentation du rapport des services 2020, sont intervenus pour Finistère & Solidaires Nathalie Sarrabezolles, Armelle Huruguen, Claude Jaffré (sur le personnel face à la crise sanitaire)
 
***
Sur le compte administratif, Joëlle Huon est intervenue, plusieurs élus de droite aussi pour décrire en des termes très caricaturaux le bilan de l'équipe sortante et son bilan financier et pour ma part, j'ai pris la parole pour dire l'importance des politiques de solidarité, de réduction des inégalités et de la pauvreté, dans ce contexte de crise économique et sociale accompagnant la crise sanitaire et qui risque de se développer encore, avec déjà une hausse de 9% des dépenses concernant les politiques d'insertion et le RSA en 2020, correspondant à près de 2000 allocataires du RSA en plus en 2020, 5,5 millions d'aides RSA versées de manière supplémentaire, cela alors que l'Etat réduit les marges de manoeuvre fiscales de la collectivité et comprime ses dotations et ses recettes, transfère des charges qu'il ne compense pas sur la durée, on en a un autre exemple avec le financement des avenants 43 et 44 sur l'augmentation des rémunérations dans les structures d'aide à domicile. J'ai demandé que le Conseil Départemental puisse continuer à interpeller l’État sur ses responsabilités, sur la nécessité de ne pas déshabiller ces premiers acteurs locaux de la cohésion sociale et des solidarités que sont les Départements, et qu'il mette en place d'autres politiques fiscales et économiques en faveur de la justice sociale et de l'égalité des droits, du financement de services publics départementaux et locaux de qualité. J'ai fini par dire notre vigilance extrême sur la politique à venir de la droite en matière d'action sociale et de solidarités compte tenu de ce qu'ils ont pu annoncer dans leur campagne électorale, ou sous la précédente mandature, et sur notre résolution à défendre des politiques au service des plus démunis. 
 
Ismaël Dupont, 27 juillet 2021
 
 
 
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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 06:23
Ismaël Dupont et Gaëlle Zaneguy, conseillers départementaux du canton de Morlaix, écrivent au Prefet pour la régularisation de Aly Niakaté
« Si le préfet l’avait rencontré, il aurait compris. Je ne saisis pas pourquoi la décision n’arrive que maintenant, c’est brutal. Aly est très respectueux et on aimerait tous avoir un enfant comme lui. Je ferais tout pour qu’il réalise son rêve » - Photo de Aly Niakité, Ouest-France - Gaëlle Collin (article du 23 juillet 2021)

« Si le préfet l’avait rencontré, il aurait compris. Je ne saisis pas pourquoi la décision n’arrive que maintenant, c’est brutal. Aly est très respectueux et on aimerait tous avoir un enfant comme lui. Je ferais tout pour qu’il réalise son rêve » - Photo de Aly Niakité, Ouest-France - Gaëlle Collin (article du 23 juillet 2021)

Ismaël Dupont et Gaëlle Zaneguy, conseillers départementaux du canton de Morlaix, écrivent au Prefet pour la régularisation de Aly Niakaté

Nous vous invitons à signer la pétition en ligne pour aider notre jeune ami Aly.:

http://chng.it/WV5TgJnhMR

 

Objet : Demande de permis de séjour et de régularisation pour Aly Niakaté

 

A Quimper, le 26 juillet 2021,

Monsieur le Préfet du Finistère, Philippe Mahé,

Monsieur,

Nous tenons par le présent courrier pour faire part de notre incompréhension par rapport à l’OQTF qu’a reçu le jeune Aly Niakaté, en famille d’accueil et scolarisé dans le pays de Morlaix depuis 2016 suite à une décision de l’ASE de Pontoise. Ce jeune malien est arrivé en France, d’abord en région parisienne, à l’âge de 16 ans. Il a aujourd’hui 21 ans.

En décembre 2016 il est arrivé à Landivisiau dans une famille d’accueil et a intégré le collège de Kerzourat, puis le lycée Tristan Corbière, à Plourin-les-Morlaix. Il a noué de très bons contacts dans les clubs de foot où il est passé, au Landi FC puis à l’Etoile Sportive Lampaulaise preuve d'une intégration sincère et construite socialement sur le long terme.

Ce jeune homme veut devenir électricien et passer son BTS électrotechnique en Alternance. Il a trouvé une entreprise à Landivisiau qui est prête à l’embaucher en alternance et il est pris sur Parcoursup dans le centre de formation de Brest.

Il n’y a que l’OQTF qu’il a reçu en décembre 2020 qui bloque tragiquement son avenir d’étudiant et son insertion professionnelle en France. Aly Niakaté est très impliqué, a suivi une scolarité exemplaire, qui lui a permis de décrocher un bac pro électricité avec mention Bien.

Sa famille d’accueil à Landivisiau, ses professeurs, les équipes enseignantes et camarades de classe du lycée Tristan Corbière le soutiennent et sont admiratifs de sa pugnacité. Sa vie est ici et il a tous les atouts pour s’en sortir, devenir un citoyen exemplaire et un bon professionnel. En ce sens, les entreprises qui l’ont employé, ses professeurs, ses amis ont tous témoigné par écrit de sa bonne intégration.

En tant que conseillers départementaux de notre canton et qu’élus locaux, nous faisons partie du comité de soutien pour la levée de l’OQTF de Monsieur Niakaté Aly afin qu’il puisse poursuivre sa formation professionnelle et avons pu être témoin en participant à certaines mobilisations avec lui de la force de la solidarité qui l’entoure.

Attachés au droit d’asile et à la réussite de nos jeunes du territoire, nous vous demandons, par humanité aussi bien que par réalisme, de lever l’OQTF qui frappe Monsieur Niakaté Aly et de lui permettre de pouvoir étudier sereinement en alternance pour son construire son avenir auquel il a droit

Veuillez recevoir, Monsieur le Préfet, l’expression de nos sentiments respectueux.

Ismaël Dupont et Gaëlle Zaneguy, conseillers départementaux du canton de Morlaix

 
 
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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 06:18
Les conseillers départementaux des cantons de Plouigneau et Morlaix: Pierre Le Goff, Joëlle Huon, Gaëlle Zaneguy, Ismaël Dupont

Les conseillers départementaux des cantons de Plouigneau et Morlaix: Pierre Le Goff, Joëlle Huon, Gaëlle Zaneguy, Ismaël Dupont

Gaëlle Zaneguy et Ismaël Dupont, Joëlle Huon et Pierre Le Goff, conseillers départementaux des cantons de Morlaix et Plouigneau co-signent un courrier commun au recteur d'académie et à l'éducation nationale pour l'ouverture des filières bilingues dans nos canton après le fort moment de mobilisation devant le lycée Tristan Corbière du 19 juillet auquel nous avons participé.
Ce courrier a été également proposé aux maires de nos cantons pour qu'ils puissent le cosigner, plusieurs ont déjà fait part de leur accord: Jean-Paul Vermot, Solange Creignou, Nicole Segalen Hamon, etc. 
 
Filières bilingues Canton de Morlaix et Plouigneau
 
Monsieur Le Recteur d’Académie,
C’est avec beaucoup de déception et d'inquiétude que nous avons par voie de presse découvert votre décision de ne pas ouvrir de filière bilingue en Septembre 2021 au lycée Tristan Corbière de Plourin-les-Morlaix.
Depuis plusieurs années les inscriptions en bilingue sur le Pays de Morlaix montrent l’appétence de nombreuses familles pour la langue bretonne et les apprentissages dispensés en filière bilingue publique. Dans notre région, la filière bilingue enregistre une progression de 5%, soit 463 élèves dans les écoles publiques de Bretagne.
Il s’agit d’un des leviers essentiels de la survie et du développement de la langue bretonne, une composante essentielle de notre culture. Il est tout à fait important que l'école publique s'inscrive dans cet objectif et permette la découverte et l'appropriation de la langue bretonne.
La filière bilingue a besoin de continuité entre l’élémentaire, le collège et le lycée sur un même territoire pour pouvoir vraiment se développer dans la durée. C'est aussi un droit pour les enfants et pour leurs parents de pouvoir continuer leur parcours dans la filière bilingue sans interruption, ou sans devoir choisir une autre solution (une école Diwan plus loin de chez eux nécessitant le recours à un internat, ou le retour dans le système classique et l'abandon du breton).
Nos cantons sont dotés de filières bilingues dans 7 écoles primaires publiques et 2 collèges publics, preuve d’un dynamisme qui ne cesse de croître : l’ouverture d’une filière bilingue en lycée public est une réelle nécessité pour permettre aux adolescents de poursuivre cet enseignement, au-delà des engagements qui avaient été pris dans le cadre de la Convention Etat-Région en octobre 2015.
Déjà, dans le public, les réformes du collège et du lycée ont bien souvent eu des impacts négatifs sur le maintien de l’option breton et des heures des professeurs de breton.
Dernièrement, la censure de deux articles fondamentaux de la loi Molac, le 21 mai 2021 est pour nous une atteinte sévère à l’instruction immersive contre laquelle nous avons manifesté notre mécontentement. Aujourd’hui, ces coups portés à la filière bilingue avec le renoncement à plusieurs projets de fermeture est un coup dur pour la langue et la culture bretonne et leur préservation car c’est de cela dont il s’agit. Aujourd’hui, la Bretagne ne compte plus que 200 000 locuteurs. Il est de notre responsabilité à tous d’agir pour la défense de notre langue, de notre culture qui sont des biens communs.
Il est nécessaire que les filières puissent d’abord commencer avant de se développer, ce pourquoi les effectifs réduits ne doivent pas être un argument décisif pour interrompre la continuité entre l’élémentaire, le collège, le lycée, sans laquelle la filière bilingue perd beaucoup de son sens et de son attractivité.
Le bilingue est présent simplement dans 6 lycées publics sur une centaine en Bretagne, et exclusivement en filière générale. C'est insuffisant. La mise en sommeil de la section bilingue au collège des 4 Vents à Lanmeur ne nous convient pas non plus.
L’État et l'éducation nationale doivent avoir un esprit de suite dans leurs engagements, cesser de prétendre mettre en concurrence ce qui ne doit pas l'être quand il s'agit de la sauvegarde d'une langue régionale et du respect des parcours pédagogiques des élèves, qui ne doivent pas être sacrifiés sur des considérations strictement comptables.
Nous avons été témoin le lundi 19 juillet 2021, lors de la mobilisation des acteurs de la filière, militants associatifs, enseignants, parents, élèves, et des élus à Morlaix pour la défense de l'enseignement bilingue public des attentes fortes dans ce domaine et de l'impatience par rapport à ce qui est perçu comme une insécurisation délibérée de la filière bilingue.
Nous vous demandons de prendre ces attentes et cette impatience en compte, de respecter l'engagement de l'éducation nationale et d'ouvrir comme prévu une filière bilingue au lycée Tristan Corbière Morlaix, de la préserver au collège des 4 vents à Lanmeur, et d'en ouvrir une comme prévu aussi à l'école Jean Jaurès à Morlaix à la rentrée de septembre 2021.
 
Bien respectueusement,
 
Gaëlle Zaneguy et Ismaël Dupont, conseillers départementaux du canton de Morlaix
 
Joëlle Huon et Pierre Le Goff, conseillers départementaux du canton de Plouigneau
Filière Bilingue publique: les conseillers départementaux des cantons de Morlaix et Plouigneau écrivent au recteur et au ministère de l'éducation nationale
Filière Bilingue publique: les conseillers départementaux des cantons de Morlaix et Plouigneau écrivent au recteur et au ministère de l'éducation nationale
Filière Bilingue publique: les conseillers départementaux des cantons de Morlaix et Plouigneau écrivent au recteur et au ministère de l'éducation nationale
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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 05:31

 

Alors que les carburants d’origine agricole ne représentent pour le moment que 3 % de la consommation mondiale contre 97 % pour ceux tirés du pétrole, cela suffit pour entretenir la spéculation sur le maïs et le soja. Du coup, le réchauffement climatique venant aussi perturber les récoltes, on constate une augmentation de la malnutrition et de la famine dans les pays pauvres. Directeur à Genève du bureau de la FAO, Dominique Burgeon en appelle à la responsabilité des chefs d’États et de gouvernements.

Par Gérard Le Puill

Tandis que le variant Delta de la Covid -19 fait progresser la pandémie à travers le monde, les effets de cette dernière sur la production et la commercialisation des produits agricoles font progresser la sous-alimentation et la faim, notamment dans les pays pauvres. Selon la FAO, l’agence spécialisée des Nations Unies, « en 2020, entre 720 et 811 millions de personnes dans le monde a été confrontée à la faim, soit environ 118 millions de personnes de plus qu’en 2019 ». Plus de la moitié de ces personnes sous-alimentées vivent en Asie, plus du tiers en Afrique et 8 % en Amérique latine. Mais la sous-alimentation existe aussi dans les pays capitalistes développés, même si cela se voit peu en raison du rôle joué par des associations caritatives. On constate en France une augmentation sensible des aides alimentaires dans les antennes du Secours Populaire Français, du Secours catholique, de la Fondation Abbé-Pierre et d’autres.

Dans certains pays, les conséquences des conflits armés se cumulent avec d’autres, imputables au réchauffement climatique. C’est notamment le cas au Yémen ; en Éthiopie dans la région du Tigré, au Soudan du sud avec certaines régions en proie à la guerre civile. À Madagascar, les sécheresses à répétition accompagnées de tempêtes de sable n’en finissent pas de réduire les récoltes au point que les habitants en viennent à manger des criquets et des feuilles de cactus.

Retard de » croissance pour 120 millions d’enfants

Selon Dominique Burgeon, directeur à Genève du bureau de la FAO, « dans certains pays, particulièrement les plus pauvres, où on a mis en place des mesures pour éviter la pandémie, les restrictions de déplacement ont empêché les petits agriculteurs d’écouler leurs productions sur les marchés », les privant aussi de revenu pour acheter des denrées qu’ils ne produisent pas. Inversement, « au niveau des villes, il a eu des problèmes d’approvisionnement » qui ont débouché sur des augmentations de prix, notamment dans les pays du Sahel.

Toujours selon Dominique Burgeon, quelque « 660 millions de personnes supplémentaires » pourraient souffrir de la faim en 2030, en partie à cause des effets à long terme de la pandémie de Covid-19 sur la sécurité alimentaire mondiale. Il note aussi que « 149 millions d’enfants de moins de cinq ans sont affectés par un retard de croissance » à cause de la malnutrition, avant de lancer cet avertissement : « Les sommets sur les systèmes alimentaires et sur la nutrition qui se tiendront dans les prochains mois sont des opportunités de remettre ces questions-là sur le devant de la scène et qu’il y a des approches beaucoup plus délibérées au niveau global pour mettre en place des portefeuilles de politiques et d’investissements qui permettent à terme de changer cette situation ».

40 % du maïs américain sert à produire de l’éthanol

Voilà qui est fort souhaitable. Mais à observer l’orientation spéculative des marchés alimentaires mondiaux face aux risques de pénurie, ce n’est pas ainsi que les choses se passent pour l’instant. On a pu observer que le prix mondial de la tonne de maïs avait augmenté de 50 % en quelques mois. On sait moins qu’aux États Unis, 40 % de la production de cette céréale, qui entre dans l’alimentation humaine comme dans celle du bétail, sert désormais à produire de l’éthanol pour faire rouler les véhicules. La même tendance est observable sur le soja brésilien et même sur le colza français pour produire du diester destiné aux moteurs diesel. Ces hausses brutales et fortes des prix des denrées agricoles pouvant être transformées en carburants réputés verts sont de nature à renchérir la production alimentaire dans les prochaines années au point de la rendre inaccessible pour un nombre sans cesse accru de ménages ne disposant que de faibles ressources.

Nous en avons déjà la preuve alors que seulement 3 % des carburants utilisés dans le monde sont d’origine agricole et proviennent essentiellement de la canne à sucre, de la betterave, du maïs, des palmiers à huile, du soja, du colza, du tournesol. Une partie vient même du blé qui sert à faire du pain pour les humains pour ce qui est du blé tendre et des pâtes alimentaires pour ce qui est du blé dur. Ajoutons que si ces « carburants verts » émettent un peu moins de CO2 que le pétrole au moment de la combustion dans le moteur, ce bilan est tronqué dans la mesure où il ne prend pas en compte le bilan carbone des labours, des engrais émetteurs de protoxyde d’azote, de l’énergie brûlée lors de la récolte, puis de la transformation en carburant, sans oublier la déforestation massive en Amazonie pour produire plus de canne, de soja et de maïs ; en Asie pour planter toujours plus de palmiers à huile.

Ce terrible constat arrive au moment où les incendies de l’été reprennent dans plusieurs régions du monde, tandis que des inondations catastrophiques sont aussi de nature à compromettre les rendements attendus des récoltes déjà impactées par les gelées du printemps en France et dans plusieurs pays d’Europe.

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 05:25

 

Après le milliardaire britannique Branson, c’est au tour de l’homme le plus riche du monde, fondateur et ex-PDG d’Amazon, de s’envoler vers l’espace, ce mardi, à bord de sa fusée, avec trois passagers. Un vol aux coûts exorbitants.

Neuf jours après le Britannique Richard Branson, son concurrent milliardaire Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, fondateur et ex-PDG d’Amazon, a décollé à son tour ce mardi, à 15 heures (heure française) dans la fusée de sa société Blue Origin. La date n’a pas été choisie au hasard : le 20 juillet marquait le 52e anniversaire de l’alunissage d’Apollo 11. Partie d’un désert du Texas en direction de l’espace, la fusée avait à son bord trois autres touristes spatiaux, dont l’un a acheté, aux enchères, un siège à un prix exorbitant. Jeff Bezos était accompagné de son frère Mark et de deux passagers, à la fois le plus jeune et la plus âgée des astronautes.

Oliver Daemen, un Néerlandais de 18 ans, titulaire d’une licence de pilote privé, est le premier et seul passager payant de Blue Origin. Il est le fils du patron de la société d’investissement Somerset Capital Partners, qui a été le deuxième plus gros enchérisseur. Le vainqueur des enchères, qui a demandé à rester anonyme a, lui, payé 28 millions de dollars mais il s’envolera lors d’une prochaine mission. L’astronaute la plus âgée, invitée par Bezos, est l’aviatrice de 82 ans « Wally » Funk. Dans les années 1960, elle avait fait partie d’un groupe de femmes sélectionnées dans le cadre d’un programme de la Nasa. « J’avais fait le travail mieux et plus vite que n’importe lequel des hommes, raconte Wally Funk, mais personne ne voulait me prendre. Je ne pensais pas que j’irais là-haut un jour ! »

Bezos préparait ce vol depuis plus de vingt ans avec sa société Blue Origin, qui gère le voyage. Son entreprise a conçu une fusée réutilisable nommée New Shepard, qui possède à son sommet une capsule, dotée de hublots, capable d’accueillir jusqu’à six personnes dans un volume habitable de 15 m3.

Comme prévu, cette capsule s’est séparée de la fusée New Shepard à 75 kilomètres d’altitude, puis a continué son chemin jusqu’à 106 km, juste au-delà de la limite de l’atmosphère terrestre, afin que les quatre passagers puissent flotter quelques minutes en apesanteur et découvrir la courbure de la Terre. La capsule est alors retournée atterrir dans le désert après avoir été freinée dans sa descente par trois parachutes.

À la différence du vaisseau de Richard Branson, qui emploie une technique de propulsion à carburant solide produisant du CO2 (principal responsable du changement climatique), la fusée New Shepard de Blue Origin utilise de l’hydrogène et de l’oxygène liquide dans son moteur. Mais elle pollue, comme tous les vols suborbitaux. En dix minutes, Bezos et ses trois clients ont tout de même émis chacun l’équivalent de 75 tonnes de CO2… « Sur Terre, il y a un milliard de personnes qui n’atteignent pas ces niveaux d’émissions sur une vie entière ! » a calculé l’économiste, Lucas Chancel, ­spécialiste des inégalités et de l’environnement .

Une concurrence effrénée pour privatiser le tourisme spatial

Avec cette aventure, Jeff Bezos inscrit son nom dans l’histoire spatiale américaine. Comme Richard Branson, il a déclaré, qu’il poursuivait un rêve d’enfance. Dans les faits, il se lance dans une concurrence effrénée avec les autres ­entrepreneurs milliardaires pour privatiser le tourisme spatial, voire l’exploration de l’espace. Ses deux rivaux déclarés : Elon Musk, le patron de Tesla, qui a fondé le groupe SpaceX, et Richard Branson, le patron de Virgin Group fondateur de Virgin Galactic, qui a réalisé le premier vol suborbital habité le 11 juillet dernier. La fusée de SpaceX, trois fois plus haute que New Shepard, a déjà été mise en orbite et la mission Alpha de SpaceX vient de retourner sur la Station spatiale internationale avec Thomas Pesquet à son bord.

« Les milliardaires s’amusent… Mais le monde change ! Les propositions de vol spatial de courte durée coûtent cher. Compte tenu des lois de la physique, ils sont très dispendieux en énergie et il y a peu de pistes pour que cette empreinte écologique diminue », regrette Michel Viso, ancien responsable du programme exobiologie du Centre national d’études spatiales (Cnes). Avertissant au passage que la véritable appropriation de l’espace résultera des accords Artemis, qui concernent la Lune : « Les États-Unis font signer en catimini, en bilatéral, par les États, ces accords. Ils prévoient, en contradiction avec le traité de 1967, et quoi qu’en dise leur promoteur, de pouvoir délimiter sur la Lune une zone d’une étendue indéterminée, réservée à l’usage exclusif d’une entité (État ou ­compagnie privée). »

Si le « rêve » spatial de Jeff Bezos s’est accompli, il fera difficilement oublier ce qui se passe sur Terre chez le géant Amazon, où travaillent tant d’intérimaires : en France, ils occupent jusqu’à 64 % des postes les plus dangereux. Et selon le Strategic Organizing Center, une coalition de syndicats américains, près de 6 % des ouvriers ont été victimes d’un accident de travail en 2020. Des drames notamment dus à un système intitulé « Time Off Task » (« Temps non travaillé »), qui repère et signale ceux qui s’arrêtent un moment de travailler et provoque ainsi beaucoup de stress.

Sous couvert de poursuivre un rêve, le tourisme spatial des ultrariches emmenés par Jeff Bezos ressemble plutôt une opération mondiale de communication pour tenter de faire oublier le cauchemar quotidien des précaires surveillés dans les entrepôts d’Amazon.

 

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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 05:10

Maître de conférences en immunologie à l’université de Bourgogne, Françoise Salvadori a récemment travaillé en partenariat avec l’historien des sciences Laurent-Henri Vignaud sur un fonds d’archives inédites concernant les travaux de Pasteur. En a résulté Antivax. La résistance aux vaccins du xviiie siècle à nos joursi, un livre très riche qui a valu à ses auteurs le prix Villemot de l’Académie des sciences.

Entretien réalisé par Thomas Liechti*

 

Progressistes : Vous avez sorti en 2019, avant qu’on puisse encore envisager la pandémie de covid-19 en France et avant les polémiques actuelles, un livre apportant un regard historique sur les mouvements de résistances aux vaccins et leurs arguments au cours du temps, qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce livre ?

Françoise Salvadori : En 2015, mon collègue et coauteur, l’historien Laurent-Henri Vignaud, et moi-même avions travaillé sur des archives Pasteur non encore explorées, conservées dans sa maison familiale d’Arbois, dans le Jura ; il s’agissait de cahiers de traduction de publications de ses contemporains, souvent en compétition avec lui, et annotés par Pasteur lui-même. Nous avons été assez surpris d’y voir de nombreuses critiques sur sa nouvelle méthode de vaccination, notamment quand il l’a appliquée à la rage humaine… Mme Pasteur découpait aussi dans la presse les articles critiquant son mari, qui était en particulier la cible des ligues antivivisection.

Comme des doutes sur la vaccination commençaient à s’exprimer de plus en plus, en France comme ailleurs, en particulier depuis l’épisode de la grippe H1N1 en 2008-2009, de plus en plus largement relayés par les réseaux sociaux, l’idée nous est venue d’aller à la recherche des origines de ces opinions et d’étudier leur évolution, leurs différentes formes selon les lieux et les époques. Même si des travaux existaient, en particulier sur les oppositions à l’inoculation variolique au xviiie siècle, cette histoire de l’antivaccinisme n’avait pas fait l’objet d’un livre sur un temps long.

Notre étude nous a permis de montrer que quelques grands types d’oppositions actuels se trouvaient déjà dans la période pré-jennérienne. Rappelons l’origine des pratiques vaccinales : le médecin anglais Edward Jenner avait réussi à la fin duxviiie siècle à protéger contre la variole humaine en injectant un extrait de pustule d’une vache atteinte de vaccine, la variole bovine, peu dangereuse pour l’homme. Depuis au moins un siècle avant lui, on pratiquait déjà, en particulier en Asie et au Moyen-Orient, la variolisation : une injection de pus directement prélevé chez un malade de la variole, ce qui induisait une protection mais au prix de nombreuses infections varioliques

Ces oppositions qui ont donc accompagné l’histoire de la vaccination s’appuient parfois sur des arguments religieux (« providentialistes ») s’observant encore dans quelques courants fondamentalistes ou sectaires de toutes les religions, ou bien sur l’idée que « la nature fait bien les choses » et qu’elle est toujours préférable à l’artifice que représenterait le vaccin ; pour les adeptes des médecines « douces » ou parallèles, présentées comme plus naturelles, ce n’est pas tant le microbe qui occasionne la maladie qu’un déséquilibre de l’ordre naturel des « humeurs » ou des flux énergétiques, favorisé par une mauvaise alimentation ou d’autres facteurs constituant un « terrain » dégradé qu’il suffit de restaurer. On entend aussi chez certains opposants des affirmations pseudo-scientifiques ou fondées sur des théories « alternatives » non validées par la communauté scientifique, ou des revendications plus politiques qui dénoncent les bénéfices des industriels du vaccin et/ou la contrainte de l’État dans les régimes d’obligation vaccinale (vécue comme une entrave à la liberté individuelle).

Progressistes : Dans le contexte de l’apparition des vaccins contre la covid-19, on a pu voir une explosion de méfiance sur les réseaux sociaux et l’apparition de sondages montrant une forte défiance de la population face à la vaccination, notamment beaucoup de questionnements et de fantasmes autour des vaccins à ARN messager, ces méfiances sont-elles légitimes ?

Fr. S. : Elles sont légitimes, je dirais plutôt : elles l’étaient… En particulier quand on a annoncé la mise au point aussi rapide de vaccins – moins d’un an après l’apparition de cette nouvelle maladie, alors que les médias affirmaient depuis quelque temps que plusieurs années seraient nécessaires pour mettre au point un nouveau vaccin. Elles l’étaient aussi vis-à-vis des premiers vaccins ayant obtenu l’autorisation, les vaccins à ARN messager (ARNm), car cette technologie semblait nouvelle pour la population, et que l’ARN, assimilé à l’ADN, ouvre à toutes les craintes et fantasmes autour des OGM et d’une éventuelle « prise de contrôle » de nos cellules par ce vaccin… De fait, il faut un peu de pédagogie. D’une part, les vaccins anticovid ont bénéficié d’énormément de subventions et de précommandes de pays riches, qui ont fait eux aussi des calculs de bénéfices/risques et ont préféré financer la recherche-développement en espérant à terme diminuer les pertes de vies humaines et les pertes économiques liées aux confinements ! Ces financements massifs ont accéléré les recherches, et les spécialistes ne partaient pas de rien : la technologie des vaccins ARNm était au point depuis une quinzaine d’années, même si les applications étaient restées assez confidentielles et limitées au domaine de la cancérologie. D’autre part, des réglementations assouplies ont permis le chevauchement des phases d’essais 1, 2 et 3. Et un autre facteur qui a accéléré la récolte des résultats est justement l’intensité de l’épidémie dans certains pays, car en phase 3 on doit dénombrer les cas de covid pour comparer les groupes de volontaires vaccinés avec ceux qui ont reçu le placebo : plus l’incidence de l’infection est élevée, plus vite on aura des résultats comparatifs. C’est ce qui s’est passé, on a vu assez vite que pratiquement tous les cas, et les cas graves, s’observaient dans le groupe placebo !

Le risque zéro n’existe pas en médecine, mais ces vaccins à ARNm semblent très sûrs, on peut le dire de façon assez sereine maintenant que nous avons dans le monde autour de 200 millions de sujets vaccinés, avec un recul de deux mois, et seulement quelques accidents allergiques graves, prévisibles le plus souvent, se déclarant très vite après l’inoculation du vaccin, et que l’on sait prendre en charge. Il n’y a aucun risque que l’ARN modifie l’ADN de nos cellules, car il ne peut pénétrer dans le noyau ni a fortiori s’intégrer à l’ADN ! Quand nous sommes infectés par des virus à ARN (grippe, VIH, virus respiratoires banals…), l’ARN de ces virus ne modifie pas notre patrimoine génétique. C’est la même chose ici ! De plus, cet ARN vaccinal a une durée de vie très courte, il est traduit en protéines de spicule (les petites pointes qui forment la couronne externe du virus, à laquelle il doit son nom) par les ribosomes de la cellule, et ces protéines virales vont stimuler des lymphocytes qui produiront des anticorps contre elles, ainsi que des cellules qui vont constituer la base d’une mémoire immunitaire a priori durable.

Progressistes : Ces méfiances sont-elles nouvelles au regard de l’histoire des mouvements de résistance aux vaccins ou juste réadaptées à ces nouveaux vaccins ?

Fr. S. : Par rapport aux différents types d’arguments plutôt constants dans l’histoire, on va trouver ici une prédominance des opinions défendant la nature face à l’artifice du vaccin : on aimerait croire qu’un régime alimentaire, une hygiène de vie, des médicaments « simples et naturels » sont plus efficaces que les vaccins… La nature serait tellement bien faite qu’elle n’aurait pas pu « créer » ce virus, qui serait donc pour certains une fabrication humaine. Des personnalités très présentes sur Internet prétendent qu’un bon régime alimentaire et quelques vitamines nous sortiraient d’affaire ! Mais on entend aussi beaucoup de discours « alterscientifiques » venant de médecins et scientifiques proposant des molécules « magiques », qui ne donnent pourtant pas de résultats probants dans les différents essais menés selon les normes de la médecine fondée par les preuves (evidence-based medicine) ; certains médecins mettant volontiers en avant la liberté de prescription se sont même organisés en associations, telles la Coordination santé libre ou Laissons les médecins prescrire.

À ce scepticisme s’ajoute la dénonciation des profits des laboratoires pharmaceutiques. (Des soupçons d’enrichissement visaient déjà les médecins inoculateurs dans les salons du xviiie siècle, et se sont renforcés après la création de l’Institut Pasteur, que d’aucuns appelèrent « usine rabique » quand Pasteur lui-même était caricaturé en chimiste-financier.) L’industrie des vaccins très concentrée sur quelques gros laboratoires, les Big Pharma, est actuellement pointée pour avoir bénéficié d’aides massives des États (subventions et précommandes), qui en effet vont aussi profiter aux actionnaires, et pour entretenir une certaine opacité sur les tarifs négociés… Des débats sont ouverts sur une éventuelle levée des brevets sur les vaccins anticovid. Ces contestations plus politiques concernent également la distribution des vaccins : la lenteur du démarrage de la campagne est fortement critiquée par cette moitié des Français très favorables à la vaccination, lenteur qui peut en partie s’expliquer par un choix des autorités de santé qui, justement, ont souhaité rassurer avec un démarrage (excessivement ?) prudent. Les débats vont se renforcer dans un proche avenir au sujet d’un éventuel passeport vaccinal qui donnerait des libertés à ceux qui auraient accepté de se faire vacciner, et qui est parfois jugé discriminant à ce titre.

Progressistes : Pensez-vous que les mouvements antivax soient un symptôme d’une crise plus large de la médecine et/ou de la science en général en France ?

Fr. S. : Des éléments de profil type des sceptiques face aux vaccins contre la covid-19 ont été apportés récemment par les sociologues : jeune, plutôt féminin, avec des opinions politiques éloignées du pouvoir en place, à gauche ou à droite, plutôt populiste (mais sans doute à nuancer). Ce vaccin est vu comme un instrument de mainmise d’un État dont on condamne la politique en général, et la politique sanitaire en particulier.

On note depuis que des études nationales et internationales l’ont mesurée, c’est-à-dire depuis une quinzaine d’années, une forte défiance en France, qui nous a classés plusieurs fois comme les champions du monde de la crainte des vaccins. En France un décrochage assez net s’est observé à la suite de l’épidémie de grippe H1N1, en 2008-2009, mais la confiance avait déjà été érodée lors des cafouillages de communication autour de la vaccination contre l’hépatite B : deux ministres successifs – M. Douste-Blazy en 1994 et M. Kouchner en 1998 – avaient appliqué le principe de précaution dans des directions opposées ! Le premier avait fortement recommandé la vaccination en population générale, et partant des campagnes de vaccination scolaire à grande échelle furent organisées. Les cas de sclérose en plaques semblant en augmentation à cette période, on les relia à ce vaccin, poussant le second ministre à arrêter la vaccination des adolescents à l’école, ce qui bien sûr avait accrédité l’idée qu’il y avait bien un risque… Bien qu’aucune étude épidémiologique n’ait montré de lien causal, cette polémique franco-française n’est pas réellement finie ! Mais l’actuelle défiance se manifeste sur un fond particulier, car les Français n’ont pas oublié qu’on leur a tenu des discours mensongers ou partiels/partials sur le sang contaminé par le VIH, sur l’amiante, sur le Mediator… Et la gestion de l’épidémie de covid, la communication contradictoire sur les masques, les tests… ont montré que cette tendance à ne pas dire la vérité aux citoyens est très lourde dans notre pays.

Cette perte de confiance envers les autorités de santé s’explique donc assez bien ; elle peut renforcer une contestation plus globale des autorités politiques ou du parti au pouvoir, elle peut l’induire aussi. Elle semble actuellement s’étendre aux chercheurs et à la communauté scientifique ; c’est un phénomène plus récent selon les études des sociologues. On peut penser que les arènes médiatiques y ont contribué en donnant trop souvent le même écho à tous les « points de vue » – comme dans l’affaire Raoult –, ce qui pourrait passer pour une quête d’objectivité, en oubliant que le temps de la construction et de la validation des connaissances scientifiques n’est pas celui de l’information en continu.

Progressistes : Est-ce qu’on peut parler d’un affaiblissement, voire d’une rupture, du lien de confiance entre la population française et la science d’un point de vue historique ?

Fr. S. : Comme je l’ai dit, la défiance vis-à-vis des scientifiques a tendance à s’amplifier. La crise sanitaire actuelle n’y est sans doute pas pour rien, mais il faudra encore un peu de recul pour l’affirmer et l’étudier plus rigoureusement. Le fait même que cette épidémie nous atteigne si lourdement, alors que les progrès de la médecine nous ont fait oublier beaucoup de maladies et permis d’en soulager tant d’autres, peut faire douter de ces progrès ! Or on observe cette tendance à la rupture entre les citoyens et la science dans tous les pays développés : quand les gens accèdent à un niveau d’études plus élevé et qu’ils ont accès à des informations à foison, ils se sentent d’autant plus légitimes à affirmer leurs opinions ou leurs croyances sur des sujets scientifiques. Pour eux, les énoncés scientifiques sont des opinions comme les autres : chacun a la sienne et elle vaut celle de son voisin, de son enseignant, de son médecin…

Aux États-Unis des études de psychologues ont montré que plus les citoyens étaient éduqués, plus ils défendaient, par exemple, l’origine naturelle du réchauffement climatique s’ils étaient républicains, et son origine anthropique s’ils étaient démocrates ! L’éducation renforce leur niveau de croyance/confiance dans des influenceurs, le plus souvent recrutés dans leur « bulle », par ces biais de confirmation que les algorithmes d’Internet exploitent à merveille. On voit donc que l’enseignement des sciences est nécessaire, mais pas suffisant à l’ère d’Internet… Je ne pense pas que ce relativisme très contemporain soit typiquement français, mais il semble en progression dans notre pays.

Progressistes : On peut avoir l’impression que la confiance dans la médecine est différente selon les sociétés aujourd’hui. Est-ce que la France est un cas particulier des mouvements antivaccins ?

Fr. S. : La confiance dans les vaccins est différente d’un pays à l’autre, et elle semble faible en France, si toutefois les opinions avancées dans les sondages reflètent les véritables agissements de leurs auteurs… Car dire qu’on ne veut pas du vaccin, c’est aussi dire qu’on est contre Macron, ou pour Raoult, ou contre Sanofi, ou pour les médecines naturelles ! En situation, quand la vaccination sera proposée facilement et gratuitement à chacun, et si la maladie continue de tuer et d’empêcher la vie sociale, il est possible que les actes soient différents des opinions. Les sondages récents, qui plus est dans cette période où la pénurie et la distribution équitable sont au centre de la problématique, semblent le montrer.

Je ne pense pas que les Français soient défiants plus que d’autres vis-à-vis de la médecine, ils sont même parmi les plus gros consommateurs au monde de médicaments antibiotiques ou anxiolytiques ! Les sondages montrent qu’ils gardent une bonne confiance envers leurs médecins, ce qui a d’ailleurs été bien noté par les autorités de santé qui souhaitent s’appuyer sur les médecins généralistes pour accélérer la campagne de vaccination… La défiance isolée en France vis-à-vis de ces médicaments très particuliers que sont les vaccins reflète peut-être aussi une réticence à l’encontre d’une pratique du « pari » (on pense qu’on ne sera pas atteint soi-même, et que le coût de l’assurance est trop cher pour le risque ?), et du pari collectif, car l’efficacité de la vaccination ne peut se mesurer que collectivement. Quand il y a du collectif, il est normal que l’État s’en mêle, et là encore le bât blesse…

*THOMAS LIECHTI est membre du comité de rédaction de Progressistes

i. Éditions Vendémiaire, Paris 2019.

 

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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 05:05

 

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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 14:19
Jeanne Civié Borzakian, née en Pologne en 1918, militante communiste, résistante et FTP-MOI est décédée à Paris le samedi 25 juillet 2021.

Jeanne Civié Borzakian, née en Pologne en 1918, militante communiste, résistante et FTP-MOI est décédée à Paris le samedi 25 juillet 2021.

Jeanne Civié Borzakian, ancienne résistante communiste juive de la FTP-MOI vient de s'éteindre à 103 ans
Douce pensée pour Jeanne Civié Borzakian qui vient de nous quitter à 103 ans🖤
Juive polonaise, arrivée en France à 10 ans, engagée toute sa vie pour la liberté mais aussi l’égalité et la justice sociale.
Communiste militante dès 1936, résistante et #FTPMOI.
Ses deux parents ont été assassinés à #Auschwitz parce que juifs
Laurence Patrice et Catherine Vieu-Charier
 
Jeanne Civié Borzakian, ancienne résistante et FTP-MOI est décédée à Paris le samedi 25 juillet 2021.
Jeanne Civié Borzakian, est née en Pologne le 14 décembre 1918 (103 ans). Ses parents, juifs, avaient rejoint la France en 1928 pour fuir la répression et des conditions de vie misérable. Elle adhère comme son père, au parti communiste et participe aux mouvements sociaux de 1936.
Au début de l’Occupation, elle commence à résister avec plusieurs de ses camarades communistes. Grâce à son sang froid et à sa vigilance, elle évite à plusieurs reprises d’être arrêtée. En revanche, ses parents sont déportés en février 1943 vers le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz où ils sont assassinés. Sa soeur cadette, Rosette, résistante elle aussi est déportée à Auschwitz en juin 1944 d’où elle reviendra après la Libération du camp.
Après le démantèlement de son réseau, Jeanne Civié intègre les FTP-MOI et participe à leurs actions. En 1947 elle épouse Puzant Borzakian, dit André, résistant comme elle. Lorsqu’on lui demandait pourquoi elle s’était engagée dans la Résistance, elle répondait : « Je devais bien ça à la France qui m’avait accueillie ».
Elle restera fidèle à ses convictions et militera jusqu'à sa mort.
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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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