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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 05:46

 

 

L’espoir au présent

Les 12 et 19 juin prochains, un vent d’espoir peut se lever sur la France.

 

 

Emmanuel Macron n’a remporté la présidentielle qu’à la faveur de la volonté majoritaire du pays de barrer la route à l’extrême droite.

En se rassemblant pour les législatives, la gauche rend aujourd’hui possible la mise en échec du président de la République et de son programme de casse sociale, la défaite de très nombreux députés de droite et d’extrême droite. La conquête d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale devient possible pour relayer les attentes du mouvement populaire. 

Avec les propositions de « La France des Jours heureux », le PCF et son candidat Fabien Roussel ont travaille avec l’ensemble des forces de gauche au programme partagé que nous défendrons ensemble. Ils ont particulièrement insisté sur la nécessité de se doter de moyens financiers et de pouvoirs à la hauteur des objectifs sociaux et écologiques avancés. D’où la place du travail et de l’emploi au cœur des politiques publiques à déployer, en sécurisant l’emploi et la formation… D’où l’engagement pour la retraite à 60 ans, en intégrant les périodes d’études et de non travail dans le calcul des années de cotisation nécessaires pour une pension à taux plein. D’où l’exigence d’une République sociale, laïque, universaliste et démocratique, qui se déploie partout avec des services publics pour toutes et tous… D’où l’importance accordée à la réappropriation publique et sociale de grandes entreprises concernées telles EDF et Engie, comme au besoin d’un pôle public financier avec la nationalisation de banques privées pour conduire une politique réellement transformatrice… D’où l’accent mis sur un nouveau mode de développement, solidaire et écologique, qui suppose un mix énergétique nucléaire/renouvelable, la réindustrialisation de la France et la nationalisation de grands groupes stratégiques, ainsi que de nouveaux pouvoirs d’intervention des citoyens et des salariés sur l’économie… D’où enfin la demande que la France use de son siège au Conseil de sécurité pour faire naître des coopérations solidaires entre les peuples et prévaloir le droit international et la paix, en Europe autant qu’en Palestine ou au Sahara occidental, et dans la levée du blocus de Cuba…

 

Certains de ces points figurent parmi nos objectifs communs, d’autres resteront à débattre entre les groupes de gauche au sein de la prochaine Assemblée. Le plus important est que nos compatriotes puissent voir leurs vies changer dès l’été, et qu’avec les mobilisations populaires la colère se transforme en une force puissante de changement.

 

Ian BROSSAT - Léon DEFFONTAINES - Marie-Jeanne GOBERT - Christian PICQUET - Évelyne TERNANT - Vincent Boulet

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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 05:21
Éducation. Aura-t-on assez de profs à la rentrée prochaine ? - L'Humanité, Laurent Mouloud, 19 mai 2022
Éducation. Aura-t-on assez de profs à la rentrée prochaine ?
Publié le Jeudi 19 Mai 2022

Par Laurent Mouloud

Aura-t-on assez de professeurs à la rentrée prochaine ? La réponse est non. Et depuis dix jours, les résultats des concours de recrutement d’enseignants témoignent de l’ampleur du désastre. En mathématiques, 816 candidats « admissibles » pour 1 035 postes à pourvoir. En lettres, 720 pour 755 postes. En allemand, 83 pour 215… Dans toutes les matières, le même recul vertigineux s’observe, avant même l’écrémage des épreuves d’admission en juin, qui ne fera qu’amplifier la saignée. Le ministère tente de faire illusion. Ce trou d’air était prévu, se défend-il. Et ne serait qu’une conséquence de la nouvelle réforme du recrutement avec un concours en master 2 (et non plus en master 1), appauvrissant mécaniquement le vivier de candidats. De nouveaux postes auraient donc été programmés pour 2022, en sachant, discrètement, qu’ils ne seront pas tous pourvus ? On n’ose y croire…

N’en déplaise au gouvernement, cette crise du recrutement n’a rien d’un phénomène conjoncturel, mais dit tout du saccage de la profession opéré depuis cinq ans par Jean-Michel Blanquer. Un cocktail de mesures délétères qui désespère les vocations. Déjà sous-payée par rapport à leurs homologues européens, la moitié des professeurs n’a obtenu aucune revalorisation. Et celle lâchée pour les débutants s’apparente à un cache-misère : auréolés de leur bac + 5, ils entrent dans le métier avec un salaire égal à 1,1 fois le Smic ! À cela s’ajoutent la baisse constante – et démotivante – du nombre de postes ouverts au concours et une réforme de la formation initiale qui repousse d’un an l’espoir d’une rémunération. Difficile de faire plus rebutant.

Mais ne soyons pas naïfs. Cette politique s’inscrit dans un processus délibéré et patient de casse de la fonction publique. Avec notamment le développement des recrutements hors statut : en dix ans, la part des contractuels est passée de 8 % à 14 % parmi les professeurs du secondaire. En arrière-plan ? Faire entrer la sacro-sainte logique concurrentielle dans la gestion des enseignants, que les néolibéraux rêvent en exécutants flexibles et dociles de « bonnes pratiques » pédagogiques prémâchées. Une dérive ordolibérale de l’école dont les aspirants fonctionnaires font les frais. Et que la macronie voudrait bien prolonger cinq ans…

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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 05:19
Maha Hassan invitée de Tébéo le 18 mai 2022 et à Lannion le vendredi 20 mai à 20h30 à la Médiathèque avec Ismaël Dupont pour présenter Femmes d'Alep
Maha Hassan invitée de Tébéo le 18 mai 2022 et à Lannion le vendredi 20 mai à 20h30 à la Médiathèque avec Ismaël Dupont pour présenter Femmes d'Alep
Maha Hassan à la Librairie L'Aire de Broca à Pont L'Abbé le 14 mai 2022

Maha Hassan à la Librairie L'Aire de Broca à Pont L'Abbé le 14 mai 2022

Maha Hassan était l'invitée d'Hubert Coudurier dans l'émission "L'Invité" sur Tébéo ce mercredi 18 mai à 19h30.
Retrouvez ici l'interview de Maha Hassan, auteure de #femmesdalep dans l'émission "L'invité" sur #Tébéo : https://www.tebeo.bzh/replay/26-linvite
Maha Hassan invitée de Tébéo le 18 mai 2022 et à Lannion le vendredi 20 mai à 20h30 à la Médiathèque avec Ismaël Dupont pour présenter Femmes d'Alep
 
 
#femmesdalep - Lannion. Vendredi 20 mai, 20h30 - Salle de conférence de la Médiathèque. Une conférence-débat sur les « Femmes d’Alep »
Invitée par "L’atelier des Belles Rouges" des Côtes-d’Armor, l’écrivaine et journaliste syrienne Maha Hassan, viendra parler de son roman « Femmes d’Alep » (Skol Vreizh, 480 pages, roman paru fin mars 2022) le vendredi 20 mai à 20h30 à la Salle des Conférences de la Médiathèque, à Lannion.
Écrivaine et journaliste syrienne, Maha Hassan, exilée en France depuis 2004 et vivant aujourd’hui à Morlaix (Finistère), est l’auteure de 13 romans diffusés dans tout le monde arabe.
La voix des femmes d’Alep, sur plusieurs générations
D’Alep à Morlaix...
Femmes d’Alep fait entendre les voix des femmes de la famille de Maha Hassan sur plusieurs générations. Un roman-odyssée qui plonge le lecteur dans la société et la culture syrienne.
L’auteure sera accompagnée d’Ismaël Dupont, qui a adapté ce roman en langue française.
***
Maha Hassan, syrienne réfugiée à Morlaix : « Je me suis exilée pour sauver mes histoires »
Ouest-France, Gaëlle Colin, 22 mars 2022
​Maha Hassan, autrice et journaliste syrienne réfugiée à Morlaix, dans le Finistère, publie son tout premier ouvrage en français. Il a été adapté par Ismaël Dupont, professeur documentaliste. Un récit bouleversant où chaque témoignage réel de femmes explique la mosaïque complexe que constitue la Syrie, jusqu’à son morcellement et sa réconciliation quasi-impossible actuelle. « Femmes d’Alep » sort ce mercredi 23 mars 2022, aux éditions Skol Vreizh. Un livre plus que nécessaire.
L’histoire a commencé derrière la devanture rouge vif du Café de l’Aurore, à Morlaix (Finistère). C’était à l’automne 2017. Maha Hassan, réfugiée syrienne depuis 2004, vit ici et rencontre alors pour la deuxième fois Ismaël Dupont. Le professeur documentaliste, secrétaire départemental du Parti communiste français et pas encore élu premier adjoint à la Ville, connaît la Syrie d’un unique voyage en 2010, « six mois avant la révolution »
À la fin de leur entrevue, leur relation se scelle autour d’une promesse : celle d’écrire ensemble le premier ouvrage en français de l’autrice et journaliste. Elle au récit, lui à l’adaptation en français. Langue qu’elle maîtrise très bien à l’oral, moins à l’écrit. « En arabe, j’ai une forme de censure qui me vient naturellement. En français, je m’en affranchis, décrit Maha Hassan. C’est comme une renaissance. Et puis, j’ai une dette envers ce pays qui m’accueille. Je me suis exilée pour sauver mes histoires. Je redonne à la France un bout. »
Des témoignages réels
Ce « bout » compile des morceaux de vies réels de femmes, remontant jusqu’au début des années 1900. Ils évoquent l’exil, la guerre et ses vies cabossées, le sentiment d’être l’étrangère dans son propre pays. Des témoignages puisés dans sa mémoire ou recueillis via WhatsApp, Facebook ou par téléphone. De quoi brosser un portrait complexe et crédible de la Syrie, de la mosaïque de langues et de cultures qui la composent. Et qui explique en partie la situation actuelle. « Elle n’aura pas pu l’écrire en arabe, nous n’aurions pas eu les témoignages éloquents autour du tabou sur la sexualité, l’identité ou l’islam », abonde Ismaël Dupont.
Les femmes, les plus effacées de l’histoire
La légèreté du quotidien relatée est souvent rattrapée par le tragique de la grande histoire, en passant par des recoins de vie intimes. Tout récit est présenté à la première personne. « Faire parler les femmes, c’était naturel : elles sont les créatrices et elles subissent le plus d’oppression. Et ce sont elles qui sont le plus silencieuses ou effacées de l’histoire », justifie la journaliste.
Le point de départ, c’est Zeinab, l’arrière-grand-mère de Maha Hassan. Une Arménienne ayant fui le génocide et qui est adoptée par une famille musulmane qui part pour la Syrie. Puis celui d’Halima, sa grand-mère paternelle, qui ne parlait que kurde et vivait à Alep. Ou Amina, sa maman, bien qu’ayant épousé son cousin et ouvrier analphabète travaillant dans une usine de textile, parle arabe. Dans un entourage kurde. « Je parle aussi arabe. Les Syriens me prennent pour une Kurde et les Kurdes me prennent pour une Syrienne », dénonce l’autrice.
« Je ne sais pas qui je suis »
La seconde partie de l’ouvrage se concentre ensuite sur la jeunesse de Maha, celle qui boit de l’arak, qui vit une histoire d’amour avec un homme plus âgé, hors mariage et qui suit au loin la répression des Frères Musulmans, la dictature du général al-Assad, premier du nom. Les racines de la violence qui écrase et opprime les femmes sont également esquissées. Jusqu’à arriver aux questionnements profonds et bouleversants de l’autrice elle-même : « Je ne suis ni française, ni syrienne, ni kurde. Je me sens illégale et je ne sais pas qui je suis. »
Treize romans plus tard, elle a écrit en arabe et certains ont été traduits en italien et néerlandais. Mais la question est restée sans réponse.
Mercredi 23 mars 2022, la maison d’édition morlaisienne Skol Vreizh offre ces paroles inédites. Une libération nécessaire. « J’ai écrit ce livre grâce à Morlaix, la sécurité et la tranquillité que j’y ai trouvé. Et grâce à Ismaël aussi. »
Femmes d’Alep, éditions Skol Vreizh, 460 p. 22 €. Tirage à 2000 exemplaires. Possibilité de le commander sur le site www.skolvreizh.com
Maha Hassan invitée de Tébéo le 18 mai 2022 et à Lannion le vendredi 20 mai à 20h30 à la Médiathèque avec Ismaël Dupont pour présenter Femmes d'Alep

Prochaines rencontres déjà prévues autour de Femmes d'Alep de Maha Hassan et Ismaël Dupont:

- Vendredi 20 mai, 20h30, Salle de conférence de la Médiathèque à Lannion

- Samedi 4 juin, 16h, Librairie D'un Livre à l'Autre à Avranches

- Samedi 11 juin, Maha Hassan à Toulouse, invitée du Festival Soeurcières par Osez le féminisme! Rencontre-dédicace

- Samedi 18 juin, 11h-12h30, Librairie "Librairie et curiosités" à Quimper

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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 05:15
Palestine. L’occupation, responsable de la mort de Shireen Abu Akleh (Pierre Barbancey, L'Humanité, 16 mai 2022)
Palestine. L’occupation, responsable de la mort de Shireen Abu Akleh

L’assassinat de la journaliste dans le camp de réfugiés de Jénine et le déchaînement de violences policières israéliennes lors de son enterrement ne doivent rien au hasard. C’est la marque de la politique coloniale. La Cour pénale internationale doit être saisie.

Publié le
Lundi 16 Mai 2022
L’émotion internationale suscitée par la mort de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh n’était pas encore retombée, son corps pas encore mis en terre, peu importe pour les autorités israéliennes, qui, à l’assassinat, mêlent le mépris, l’injure et l’irrespect.

Sitôt connue la mort de notre consœur, abattue dans le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie occupée où l’armée israélienne menait un raid, le premier ministre, Naftali Bennett, s’est écrié : « Il semble probable que des Palestiniens armés soient responsables de la mort malheureuse de la journaliste. » Son ministre de la Défense, Benny Gantz, assurait même avec l’aplomb d’un arracheur de dents qu’ « il n’y avait eu aucun tir (de l’armée) en direction de la journaliste ».

« La violence, le sentiment de haine et le mépris de la dignité humaine »

Vendredi, à Jérusalem, des milliers de Palestiniens participaient avec tristesse et dignité aux obsèques de Shireen. À la sortie du cercueil de l’hôpital Saint-Joseph à Jérusalem-Est, secteur de la ville également occupé par Israël, la police a pénétré dans l’enceinte de l’établissement et chargé une foule brandissant des drapeaux palestiniens.

Le cercueil a failli tomber des mains des porteurs frappés à coups de matraque, avant d’être rattrapé in extremis, selon des images des télévisions locales. Mais, là encore, si les policiers israéliens ont fait usage de la force, c’est parce qu’ils « avaient été exposés à la violence des émeutiers, ce qui les a poussés à recourir à la force », explique sans honte leur hiérarchie.

Dans les deux cas, l’assassinat de la journaliste puis le matraquage de la foule lors de ses obsèques ont provoqué un rare tollé. Ces scènes, où l’on voit les forces de sécurité israéliennes faire vaciller le cercueil, « font froid dans le dos, rappelant la brutalité infligée aux personnes endeuillées lors de funérailles de militants contre l’apartheid », dénonce ainsi Mamphela Ramphele, présidente de la Fondation Desmond-Tutu, consacrée au regretté archevêque sud-africain et prix Nobel de la paix. Elle déplore « la violence, le sentiment de haine et le mépris de la dignité humaine » affichés.

55 journalistes palestiniens tués depuis 2000

Une fois n’est pas coutume, le « meurtre » de la journaliste d’Al-Jazeera a été condamné à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui réclame une « enquête transparente et impartiale ». Même son de cloche à Washington. « Nous condamnons fermement le meurtre de la journaliste américaine Shireen Abu Akleh », a tweeté le porte-parole du département d’État américain. L’Union européenne a condamné « l’usage disproportionné de la force et le comportement irrespectueux de la police israélienne » durant les obsèques. La représentation française à Jérusalem a jugé «  profondément choquantes » les «  violences policières ». Autant dire que les responsables israéliens n’ont pas envisagé une enquête de gaieté de cœur. Ils tergiversent, réclament que leur soit remise la balle afin de réaliser un examen balistique – ce que refusent les Palestiniens. « Les autorités israéliennes ont commis ce crime et nous ne leur faisons pas confiance », a déclaré le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Une commission d’enquête indépendante démontrera certainement la culpabilité d’un soldat israélien dans le meurtre de Shireen  Abu Akleh ou dans l’ordre d’attaquer le convoi funéraire. Mais la question essentielle est la suivante : que faisait l’armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine là où, il y a exactement vingt ans, elle avait déjà perpétré un massacre ? Pourquoi la police israélienne était-elle dans l’enceinte de l’hôpital de Jérusalem-Est ? Tout simplement parce qu’Israël occupe les territoires palestiniens et que sa nature coloniale implique d’annihiler toute résistance, partout.

La mort de la journaliste ne peut masquer la répression en cours depuis des années et son aggravation ces dernières semaines. Fadwa Khader, membre de la direction du Parti du peuple palestinien (PPP), a été blessée, jeudi, lors d’une manifestation. Un Palestinien est mort, dimanche, des suites de blessures subies lors de tirs de l’armée israélienne, deux jours plus tôt. Un autre a succombé, samedi, à ses blessures infligées lors de heurts avec la police israélienne en avril, sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est. Depuis 2000, au moins 55 journalistes palestiniens ont été tués par les forces d’occupation et 16 d’entre eux sont actuellement emprisonnés.

Quant au blocus contre la bande de Gaza, il se poursuit depuis plus de quinze ans maintenant. Magnanimes, les Israéliens ont autorisé, dimanche, le passage aux travailleurs de cette enclave palestinienne après environ deux semaines de fermeture, pour qu’ils viennent travailler… en Israël. Preuve, s’il en fallait une, du sentiment d’impunité de Tel-Aviv, la construction prochaine de près de 4 500 logements dans des colonies en Cisjordanie a été approuvée le lendemain même de l’assassinat de Shireen Abu Akleh.

Il existe aujourd’hui 5,7 millions de réfugiés palestiniens répartis entre la Cisjordanie, la bande de Gaza, la Jordanie, le Liban et la Syrie. Israël mène une guerre de tous les instants contre la population palestinienne : bombardements sur Gaza, incursions militaires, bouclage des villes et des villages, destructions de maisons en Cisjordanie. Les journalistes sont des témoins, donc des cibles. Mais les Palestiniens ont besoin d’actes, pas de paroles. Ils rejettent le « deux poids, deux mesures » des Occidentaux, celui qui, avec le même cocktail Molotov, fait du Palestinien un terroriste et de l’Ukrainien un résistant. Qui fait décider de sanctions contre la Russie mais laisse impuni Israël. C’est aussi sans doute ce qui a déclenché une réaction ulcérée dans les pays du monde entier.

Les États européens, France en tête, pourraient saisir la Cour pénale internationale (CPI), comme la ratification du statut de Rome leur en donne la possibilité, pour examiner les possibles crimes de guerre, sans attendre une enquête du procureur qui déciderait éventuellement de la saisie de la CPI. Ils pourraient également reconnaître l’État de Palestine, décider un certain nombre de mesures, comme des sanctions, pour imposer à Israël le respect du droit international et des résolutions de l’ONU. Sans cela, inutile de parler d’une solution à deux États. Et inutile de s’émouvoir du décès d’une journaliste. Sa mort porte un nom : occupation.

Palestine. L’occupation, responsable de la mort de Shireen Abu Akleh (Pierre Barbancey, L'Humanité, 16 mai 2022)
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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 05:11
Candidats et soutiens du rassemblement de gauche de la NUPES réunis dans le Finistère

La nouvelle union populaire écologique et sociale rassemblée dans le Finistère.

Ce mardi 18 mai 2022, la NUPES réunissait ses candidats finistériens qui ont déposé leur candidature cette semaine.

La page du quinquennat Macron, et de sa nouvelle Première ministre Elisabeth Borne, doit être tournée : la violence sociale qu’ils ont fait subir et qu’ils prévoient est inacceptable.

Rassemblés pour porter une politique résolument sociale et écologique à l’Assemblée, nous sommes prêts et déterminés à l’emporter dans notre département : le SMIC à 1500 euros net, la retraite à 60 ans, la planification écologique, la conquête de nouveaux droits sont nécessaires.

Unis dans la perspective majoritaire d’une victoire de ce programme, nous appelons les citoyens du Finistère à nous rejoindre en votant pour les candidats de la NUPES ces 12 et 19 juin. Un autre monde est toujours possible. La victoire est à portée de main.#legislatives2022 #Nupes

Yann Foucher et Eugénie Cazaux (à droite sur la photo), candidats investis au départ par le PCF à Quimper et à Brest-centre, représentaient lors de ce rassemblement unitaire les communistes finistériens (qui n'auront pas de candidat, ni titulaires, ni suppléants, de leur parti au titre de la NUPES comme dans les Côtes d'Armor ou en Ille-et-Vilaine) à la présentation des candidats d'union de la gauche du département.

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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 05:04
René Vautier, « le cinéaste français le plus censuré » - Marie-José Sirach, L'Humanité, 14 mai 2022
 
 
René Vautier, « le cinéaste français le plus censuré »

Les Mutins de Pangée sortent un premier coffret consacré à la filmographie magistrale de René Vautier. Une œuvre pionnière et prolifique que cette coopérative d’édition et de production – et plateforme VOD – a contribué à faire sortir de l’oubli. Entretien avec son cofondateur, Olivier Azam.

Publié le Samedi 14 Mai 2022 - L'Humanité

Depuis 2005, les Mutins de Pangée détonnent dans le paysage des plateformes de VOD. Leur ligne éditoriale se caractérise par des choix singuliers et audacieux, à contre-courant d’un cinéma commercial, aussi indigeste qu’indigent. Ils comptent, dans leur catalogue, des films du patrimoine constitutifs de l’histoire sociale et populaire. On y trouve ceux de René Vautier, du groupe Medvedkine ou ceux réalisés par la belle équipe des Mutins : « Des Idées de génie ? », de Brice Gravelle, sur le patron de Gifi, « Howard Zinn, une histoire populaire américaine », de Daniel Mermet et Olivier Azam, ou « Hacking Justice », sur Julian Hassange. Nous avons rencontré Olivier Azam, réalisateur, cofondateur, avec Laure Guillot, des Mutins.

On peut lire sur la page d’accueil de votre site : « Vous n’êtes pas dans une grande boutique du consentement… » Dans quoi sommes-nous quand on se connecte aux Mutins de Pangée ?

Dans une coopérative de production, d’édition et de diffusion. Les Mutins découlent de notre histoire avec Zalea TV, première chaîne de télévision libre créée en 2000 et de notre histoire avec le cinéma. En 2005, nous créons Les Mutins pour être un outil de production de films qui s’inscrit dans les traditions coopératives de cinéma. Cela signifie que nous ne sommes pas à la recherche de profit à redistribuer à des actionnaires, ce qui nous donne une grande liberté de choix. C’est parce que nous avons d’abord voulu réaliser nos films pour le cinéma que nous avons fondé la coopérative : nos films sont tellement longs à fabriquer que, entre deux projets, nous nous sommes tournés vers l’édition DVD, puis nous avons fondé la plateforme de VOD CinéMutins.

Si je vous dis que, non seulement vous êtes réalisateurs, mais réalisateurs cinéphiles…

Et archéologues. J’aime l’archéologie de l’archive, le recyclage, l’Histoire. Je fais de l’Histoire toute la journée, que ce soit comme éditeur ou réalisateur. C’est primordial de connaître l’Histoire. Quand tu connais l’histoire des luttes, que tu l’as en mémoire, c’est pas mal pour mener les luttes aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’avoir un regard figé sur le passé, aussi glorieux soit-il, mais de savoir tirer les leçons du passé pour construire le présent.

[video:https://www.youtube.com/watch?v=9XV6ZiCRJ3Q]

Le premier volume de la filmographie de René Vautier vient de paraître. C’est un travail colossa,l réalisé par Moïra Chappedelaine-Vautier, sa fille…

Oui, elle a été chargée de l’édition des deux coffrets. Le premier, 4 DVD, soit 17 films, tous restaurés, dont « Avoir 20 ans dans les Aurès », est accompagné d’un livret de 190 pages avec des entretiens, une iconographie très riche, des contributions d’universitaires, des articles de presse. Un travail effectivement colossal. Le deuxième volume sera consacré à la Bretagne. J’ai connu René Vautier pendant les vingt dernières années de sa vie. Nous avons commencé à diffuser à l’antenne de Zalea TV ses films censurés. Il faut se souvenir que René Vautier a été le cinéaste le plus censuré du cinéma. Son parcours, son engagement parlent pour lui. Il a toujours été à l’avant-garde. Il a été le premier cinéaste anticolonialiste. Il a 21 ans quand il réalise « Afrique 50 », lorsqu’il débarque en Afrique de l’Ouest en 1949, à la demande de la Ligue de l’enseignement, pour un reportage sur les conditions de vie dans les villages. Très vite, il va filmer là où les autorités coloniales ne voulaient pas qu’il filme, faisant un pied de nez au décret Laval, toujours en vigueur, qui interdisait de filmer sans le consentement du gouverneur. Vautier était un franc-tireur tendance Fanfan la Tulipe. Un côté un peu naïf dans un monde où chacun calcule. Le côté frondeur et frontal de Vautier est incompatible avec le système de production et de diffusion d’un film, mais il a eu raison de revendiquer et d’assumer son engagement.

Un engagement qui lui a valu d’être constamment plus qu’« ennuyé »…

René Vautier a été blacklisté, ses films saisis, coupés… Il a même fait de la prison pour avoir tourné « Afrique 50 ». Mais il n’a jamais renoncé à son cinéma. Toutefois, parler de Vautier à partir du seul prisme de la censure, c’est oublier qu’il a été avant tout un grand cinéaste. On lui a aussi collé l’étiquette de « militant » pour mieux le marginaliser. Ça permettait de ne pas traiter le sujet, en prétendant que ce n’était pas de l’art puisque ses films ne rentraient dans aucune case du catéchisme culturel. Vautier a été peu soutenu par la profession. Or il a apporté quelque chose au cinéma dans sa façon de filmer. Une liberté qu’il s’est toujours refusé de monnayer. La contrainte l’a obligé à inventer. Ses films n’obtenaient jamais de visa ? Il allait les tirer à l’étranger. Sur la couverture du livret qui accompagne le coffret, on a repris ces mots : « Votre nom : Vautier. Votre vie : la liberté ! Votre cinéma : engagé ! Votre parole : enragée ! »

Vous êtes un partisan du DVD. N’est-ce pas anachronique ?

Au contraire ! Tout le travail que nous réalisons sur les DVD, les coffrets, n’existe pas sur les plateformes. Cela a à voir avec la conservation des films. Un DVD, c’est une trace, cela veut dire que le film, peu importe lequel, est sauvé. Gardez donc vos lecteurs DVD ! Se débarrasser des DVD, c’est aussi effacer la mémoire. On n’est pas à l’abri d’un bug géant et alors, tout disparaîtrait sur le Net. La dématérialisation ne garantit pas la survie d’un film. Et puis, un DVD présenté dans un coffret avec un livret, c’est un bel objet. Je ne sais pas combien de temps on va pouvoir continuer à en faire. On résiste mieux que le marché et, depuis les confinements, on a constaté un regain d’intérêt. Si on voulait réellement soutenir l’édition DVD, il faudrait lui appliquer une TVA identique à celle des livres et le prix unique, ce qui empêcherait Amazon de casser les prix quand ils veulent et de tuer les éditeurs. Mais c’est un choix politique.

Parlez-nous de votre catalogue. Il est d’une très grande diversité…

Sur CinéMutins, je mets au défi le spectateur de s’ennuyer ! Le catalogue est effectivement très varié. On récupère des films qui restent une seule semaine en salle. On a quelques films porteurs sortis au cinéma récemment, comme « la Panthère des neiges » ou « Debout les femmes ! » Mais aussi des films passés plus inaperçus au cinéma ou rares (un quart de notre catalogue est composé d’inédits en exclusivité), des films qui racontent les luttes sociales, le monde paysan, le féminisme, en privilégiant la démarche artistique comme critère premier de nos choix. Loin de la caricature du cinéma « militant », ou d’une certaine forme de communautarisme idéologique, la ligne que nous essayons de tenir aux Mutins de Pangée, c’est l’idée que chaque individu, chaque spectateur est un être complet, sensible et intelligent, qui a besoin d’émotions et de raison, de rires et de larmes, de se sentir appartenir au monde ou de pouvoir s’en isoler pour penser ou rêver, selon les moments… Notre but est de faire découvrir, de susciter la curiosité, d’amener celui qui vient pour un film vers d’autres, plus confidentiels. Je fais un parallèle entre la malbouffe et Netflix. Quand je vais chez Netflix, j’ai l’impression d’entrer dans un McDo : c’est attirant, tu penses que c’est pas cher, tu regardes une série et tu es gavé. Pas question de culpabiliser. Disons que c’est une question d’hygiène mentale. Les Mutins de Pangée, c’est du commerce équitable !

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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 13:40
Elisabeth Borne - Une techno nommée première ministre pour continuer la politique de régression sociale - Communiqué du PCF Pays de Morlaix, 18 mai 2022
UNE TECHNO NOMMÉE PREMIÈRE MINISTRE POUR CONTINUER LA POLITIQUE DE RÉGRESSION SOCIALE.
 
Communiqué du PCF Pays de Morlaix, 18 mai 2022
 
Elisabeth Borne vient d'être nommée première ministre par le président Emmanuel Macron. Sa carrière de technocrate engagée sur la voie des réformes libérales a été une suite d'aller-retour entre les entreprises privées et les ministères. Elle s’est illustrée par la privatisation et la mise en concurrence du système ferroviaire, secteur clé pour la transition écologique, la prolongation de six ans des autoroutes aux multinationales qui les gèrent en rackettant les usagers, et sa réforme de l’assurance chômage qui pénalise un million d'allocataires et de sans-emplois.
 
En dépit de certains commentaires médiatiques attribuant un pedigree de gauche à cette libérale pur jus, et même si nous pouvons, sur le principe, et parce que les femmes ont été trop exclues des fonctions politiques les plus importantes, nous féliciter du choix d'une femme comme première ministre, les états de service d'Elisabeth Borne ne nous laissent pas de doute sur le projet et l'agenda politique qu'elle entend servir.
 
Aux élections législatives des 12 et 19 juin, l'enjeu est donc de retrouver un espoir de progrès social, loin des politiques de privatisation et d'austérité, et de résister à ces orientations néo-libérales en votant pour les candidats d'Union de la Gauche rassemblés dans la Nouvelle Union Populaire Sociale et Écologique, et donc en votant Sylvaine Vulpiani et Arnaud Caroff dans la circonscription de Morlaix!
 
Les communistes soutiennent les candidats de la NUPES et participent partout sur le territoire national à cette union historique de la gauche et des écologistes au premier tour des élections législatives qui correspond à l'urgence sociale et politique du moment.
 
Ne laissons pas les coudées franches aux candidat.e.s de la LREM, remaquillée en "Renaissance", représenté.e.s localement par Sandrine Le Feur. Avec Emmanuel Macron, ils ont comme projet la destruction méthodique de ce qui reste du système social français, des services publics, de la protection sociale, des droits des salariés.
 
En juin, remettons le progrès social et les jours heureux à l'ordre du jour! En particulier, il faut empêcher le président des riches d'opérer une nouvelle remise en cause des droits à la retraite et du système des retraites par répartition, et de prendre ses mesures visant les allocataires du RSA. 
 
Les communistes s'emploieront sur la circonscription de Morlaix comme partout en France à faire élire un maximum de députés de gauche, dans leur diversité, pour porter l'exigence d'une autre politique, en faveur du pouvoir d'achat, des salaires, d'un vrai partage des richesses, d'un autre modèle de développement que celui porté par la finance capitaliste dont le président Macron est un serviteur zélé.  
 
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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 05:22

Suite à la décision prise par l’Inde de suspendre ses exportations, le prix de la tonne de blé tendre est monté à 438 € dans la journée d’hier. En France, le prix de la tonne de blé, rendue au port de Rouen pour l’exportation, cotait 385 € le 10 mai contre moins 270 € en février dernier et 230 € en mai 2021. La sécheresse en cours dans de nombreux pays, ajoutée au laisser faire de décideurs politiques des pays occidentaux, risque d’aggraver la situation.

Le vendredi 13 mai, le service communication de FranceAgriMer, rendait public le compte rendu de la réunion de son « Conseil spécialisé en grandes cultures » qui s’était tenu deux jours plus tôt. Ce conseil fait le point une fois par mois sur l’état des cultures céréalières de l’année et sur l’évolution des ventes et des stocks de la récolte de l’année précédente. La première phrase de ce texte d’analyse était ainsi rédigé : « Malgré le conflit russo-ukrainien qui s’enlise et met à mal les exportations ukrainiennes, FranceAgriMer a révisé à la baisse ses prévisions d’exportation de blé français, en raison du ralentissement de la demande chinoise et de la cherté qui limite les achats des pays importateurs (…) FranceAgriMer a révisé à la baisse ses prévisions d’exportations françaises de blé tendre à 9,25 millions de tonnes vers les pays tiers et à moins de 8 millions de tonnes vers l’Union européenne ».

Cela se traduisait par des prévisions exportations en recul de 310 000 tonnes sur l’exercice en cours, par rapport aux prévisions du mois précédent. Mais c’était suffisant pour indiquer que « le stock de blé français s’alourdirait ainsi à plus de 3,2 millions de tonnes en fin de campagne, au plus haut depuis 2015, en dépit du conflit russo-ukrainien qui s’enlise et les difficultés de l’Ukraine à acheminer ce qui lui reste à exporter ». Néanmoins, FranceAgriMer notait qu’après « un tassement courant avril, les prix du blé meunier sur Euronext sont en effet repartis à la hausse et dépassent à nouveau les 400 € la tonne : 418 € le 16 avril et 406 € le 6 mai ».

Un record à 438 € la tonne de blé tendre le 16 mai

Hier matin, on apprenait le prix de la tonne de blé tendre avait dépassé 438 € dans les pays membres de l’Union européenne et que cette nouvelle hausse spéculative dans les salles de marché était consécutive à la décision prise par l’Inde de suspendre ses exportations de blé. Jusque-là, la part de l’Inde représentait 12 % des exportations mondiales de blé. Ce pays avait exporté plus de 7 millions de tonnes de blé en 2021 et comptait en exporter 10 millions de tonnes cette année. Mais l’Agence France Presse (AFP) écrivait hier que cette interdiction d’exporter est « destinée à assurer la sécurité alimentaire nationale du pays de 1,4 milliard d’habitants et à garantir l’approvisionnement de ses vastes programmes sociaux, notamment la distribution mensuelle d’aliments de base gratuits et subventionnés à des millions de familles pauvres ». L’AFP citait le secrétaire indien au commerce qui a justifié l’arrête des exportations en ces termes : « Nous ne voulons pas que le blé aille d’une manière non réglementée où il risque d’être thésaurisé et ne pas être utilisé aux fins que nous souhaitions qu’il serve, à savoir, les besoins alimentaires des pays et populations vulnérables », a expliqué monsieur Subrahmanyam.

Le stop-en-go des pays importateurs de blé

Face à l’arrêt des exportations de l’Ukraine depuis près de trois mois et à la flambée des cours qui a aussitôt démarré dans les salles de marché, de nombreux pays importateurs nets de blé tendre, dont l’Égypte, ont suspendu leurs importations pour deux raisons que l’on peut qualifier de complémentaires. Disposant au début du mois de mars d’un stock de blé permettant d’approvisionner sa population de plus de 100 millions d’habitants durant sept à huit mois, l’Égypte a fait de choix de ne plus être aux achats dans l’espoir de voir baisser le prix mondial du blé tendre au bout quelques semaines. Elle a aussi choisi, comme d’autres pays importateurs de la même région, de ne pas acheter du blé français dont le taux de protéines dépasse rarement les 11 % contre plus de 12 % pour les blés de l’Ukraine et de la Russie. Il semble déjà acquis que cette stratégie d’attente sera finalement payée au prix fort par les pays importateurs nets de blé tendre à l’ère du capitalisme mondialisé qui laisse les pleins pouvoirs aux spéculateurs.

Mais revenons à l’Inde. Dans la dépêche publiée hier matin par l’AFP, on lisait également ceci : « La canicule de mars dernier, la plus chaude jamais enregistrée en Inde, imputée au changement climatique, avec des températures parfois supérieures à 45 degrés Celsius, a affecté les régions productrices de blé dans le nord de l‘Inde. Selon les estimations, la production de cette année devrait diminuer d’au moins 5 % par rapport aux 109 millions de tonnes récoltées en 2021 ».

Le G7 laisse les pleins pouvoirs aux spéculateurs

Voilà qui semble justifier la décision du gouvernement indien de suspendre toute exportation de blé pour le moment. Mais en fin de la même dépêche de l’AFP on peut aussi lire ceci : « Réunis à Stuttgart, en Allemagne, les ministres de l’Agriculture du G7 ont aussitôt critiqué cette décision, craignant de voir s’aggraver la crise des matières premières. Si tout le monde commence à imposer de telles restrictions à l’exportation ou même fermer les marchés, cela ne fera qu’aggraver la crise et cela nuira aussi à l’Inde et à ses agriculteurs », a déclaré le ministre allemand de l’Agriculture Cim Özdemir.

Pour ce ministre, le libre-échange et la spéculation sont préférables à la régulation. Quel qu’en soit le prix pour les millions de gens menacés par la famine en cette année 2022. Car la sécheresse en cours risque d’aggraver situation sur le marché mondial du blé, comme sur celui des céréales secondaires et des graines à huile.

 

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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 05:17

 

Les températures mondiales battent des records, la sécheresse menace jusqu’en France, mais les industries du pétrole et du gaz prévoient d’étendre, partout, leurs activités. The Guardian vient de publier une enquête révélant l’existence de 195 gigantesques projets qui relâcheraient chacun « l’équivalent d’environ dix-huit ans d’émissions mondiales actuelles de CO».

L’accord de Paris finira-t-il froissé, jeté au fond de la corbeille à papier ? Alors que l’Organisation météorologique mondiale (OMM, rattachée à l’ONU) affirme dans son dernier bulletin que le seuil d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C a désormais 50 % de risques d’être dépassé dans les cinq prochaines années, The Guardian vient de publier une enquête révélant l’existence de 195 bombes climatiques. Ces gigantesques projets pétroliers et gaziers, dont 60 % seraient déjà en cours d’exploitation, relâcheraient chacun « au moins un milliard de tonnes de COau cours de leur durée de vie », relèvent les auteurs de l’enquête, « soit l’équivalent d’environ dix-huit ans d’émissions mondiales actuelles de CO», résume le quotidien britannique.

En pole position, les États-Unis, le Canada et l’Australie

« Tant que nous continuerons à émettre des gaz à effet de serre, les températures continueront à augmenter. » Petteri Taalas, le secrétaire général de l’OMM, a beau réaffirmer l’évidence, répéter que le seuil fixé par l’accord de Paris à 1,5 °C « n’est pas une statistique choisie au hasard » mais « indique le point à partir duquel les effets du climat seront de plus en plus néfastes pour les populations et pour la planète entière », les géants des énergies fossiles (responsables de 80 % des émissions de gaz à effet de serre), eux, poursuivent leur course folle à l’expansion.

En pole position, les États-Unis, le Canada et l’Australie recensent le plus grand nombre de ces projets, devant le Moyen-Orient et la Russie. Par ailleurs et à eux seuls, les mastodontes ExxonMobil (États-Unis) et Gazprom (Russie) – dont la moitié des projets d’expansion concernent l’Arctique – ambitionnent de parvenir à extraire des sous-sols 192 millions de barils de pétrole supplémentaires dans les sept années à venir, « soit l’équivalent d’une décennie des émissions actuelles de la Chine », expliquent les auteurs.

Des exploitations toujours plus importantes

Parmi les « bombes » les plus dangereuses figurent l’immense projet d’expansion du North Field, gisement offshore de gaz au large du Qatar, les activités d’extraction d’hydrocarbures non conventionnels de Montney Play en Alberta (Canada) ou encore la construction d’un gigantesque gazoduc et d’une usine de gaz naturel liquéfié (GNL) offshore au Mozambique.

En tout, les 12 plus grandes compagnies de pétrole et de gaz au monde, sociétés d’État (Qatar Energy, Gazprom ou l’Aramco) comme sociétés privées (ExxonMobil, TotalEnergies, Chevron, Shell ou BP), envisagent de dépenser plus de 100 millions de dollars chaque jour (96 millions d’euros) et ce, pendant dix ans, pour se développer. Plus alarmant encore, 70 % des grandes entreprises américaines du secteur projettent d’étendre l’exploitation des hydrocarbures de schiste et les forages de très grande profondeur.
L'inde et le Pakistan suffoquent, l’Éthiopie n’a pas vu tomber la pluie depuis dix-huit mois… Et pendant qu’en sous-main l’industrie des combustibles fossiles joue avec le climat mondial pour engranger des profits, les responsables politiques, eux, multiplient les grands discours sur l’impératif d’une transition écologique. En réalité, de permis d’explorer délivrés en subventions publiques accordées, les États valident ces projets et renoncent, en somme, à atteindre les objectifs qu’ils se sont eux-mêmes fixés. L’accord de Paris en est le plus criant exemple.

 

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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 05:13

D’Adam Smith à Karl Marx, le travail s’est vu doté d’une extraordinaire puissance créatrice. La fragilisation de l’emploi que vit une majorité de salariés débouche désormais sur une véritable « crise du travail » dont témoigne la coexistence d’un haut niveau de chômage et de difficultés de recrutement dans certains métiers. L’idéologie de « fin du travail » qui a accompagné les restructurations industrielles s’est révélée néfaste. Elle a contribué à faire intérioriser par les travailleurs l’idée qu’ils n’existaient plus en tant que tels au sein de la société une fois les restructurations achevées. A l’idéologie de « fin du travail », a succédé dans les discours politiques, l’hyper-valorisation du travail. Une hyper-valorisation du travail guère plus satisfaisante dans la mesure où elle fait des personnes écartées de l’emploi des « non-citoyens » n’ayant plus rien à faire valoir sinon quelques heures de travaux d’intérêt général en contrepartie d’un RSA perçu.

Les forces conservatrices ont imposé leur vision du marché du travail. L’idée dominante, dans l’actuel débat politico-social, est de considérer que les garanties salariales conquises sont archaïques, que la précarité est « nécessaire » pour réduire les rigidités du marché du travail. Et donc exit le SMIC, les indexations, le régime d’assurance chômage, les négociations de branche… et ce, alors que la flexibilité de l’emploi est déjà très forte en France.

Les négociations autour de l’emploi dans les entreprises placent au centre du débat la question du coût de la main-d’œuvre. Une approche en termes de « donnant-donnant », veut faire croire qu’on pourrait « échanger » une certaine modération salariale contre des embauches supplémentaires. Un compromis qui s’apparente fort, pour des raisons macroéconomiques, à du « perdant- perdant ». En effet il ne crée pas d’embauches supplémentaires. Par ailleurs, dans une société où 89 % des actifs sont salariés, la consommation du salarié demeure plus que jamais LE débouché principal pour les entreprises. Parallèlement l’effort individuel et collectif de promotion des capacités humaines dans l’entreprise risque bien d’être réduit du fait d’une modération salariale structurelle, le développement des emplois peu qualifiés au détriment des emplois très qualifiés risquant en effet d’être favorisé.

Les politiques publiques du travail et de l’emploi sacrifient la formation et la qualification au bénéfice d’un accompagnement du sous- emploi et d’un relèvement des marges de profit pour les entreprises. Ainsi les mesures d’allègement du coût du travail représentent aujourd’hui 74,5 Md€ dont 60,2 d’allègements généraux sans compter la prime d’activité qui représente 10,0 Md€[1]. Quant aux mesures de soutien au revenu principalement constituées des allocations de chômage elles se sont élevées à 46,9 Md€. En face les mesures en faveur de la formation professionnelle ne représentent QUE 18,5 Md€, soit moins de 12% du total des actions publiques se réclamant de l’emploi !

Le risque est grand que ne se structure ainsi un salariat à plusieurs vitesses, une large frange de main-d’œuvre étant utilisée à la demande, hors de toute stabilité, et hors d’un quelconque développement de sa qualification. Le prototype de cet agent du « sous-travail » étant le salarié dont rêvaient les dirigeants de France Télécom ou celui qui relève de ce qu’on appelle aujourd’hui les « plateformes ».

Si les salariés se battent pour leur pouvoir d’achat, ils veulent aussi pouvoir dire leur mot sur les finalités de leur travail, ils veulent face à la toute-puissance de la finance, pouvoir prendre en main les décisions stratégiques dans l’entreprise, faire que cette dernière préserve leur santé, l’environnement et soit utile à la société. C’est à l’intersection de ces batailles que peut s’ancrer le nouveau projet émancipateur qu’attendent les citoyens.

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