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19 août 2021 4 19 /08 /août /2021 05:43

 

Alors que les impacts du réchauffement se multiplient dans l’agriculture, le gouvernement doit annoncer à la rentrée une réforme du régime des assurances récoltes.

« On comptera les bouses à la fin de la foire », ont l’habitude de dire les vieux paysans. Trois mois après les épisodes de gel qui ont brûlé les cultures, c’est l’heure des comptes. Les pertes sont énormes : - 47 % pour les pêches et nectarines, - 62 % pour les cerises ou encore - 59 % pour l’abricot. « C’est probablement la pire catastrophe agronomique de ce début de siècle », a répété le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie. Ce n’est pourtant que le début. Les événements climatiques se multiplient. Dans les champs, vergers et vignes, les années sont dures : trop d’eau en cet été 2021, du gel en avril, une sécheresse agricole en 2020 et, entre-temps, des épisodes de grêle. Le dérèglement va affecter de plus en plus l’activité.

Des primes très subventionnées

Cette fois, l’État a promis 1 milliard d’euros, dont 500 millions viennent renforcer le dispositif des « calamités agricoles », un fonds national public. Avec une règle : « Éviter que des compensés “calamités agricoles” ne se retrouvent mieux indemnisés que les assurés (assurances privées). Il ne faut pas que le dispositif soit une désincitation à s’assurer », a expliqué le ministère de l’Agriculture lors d’un point presse le 29 juillet.

Jusque-là, le système repose sur ces deux piliers. Mais, pour le gouvernement, le recours aux assurances privées est la voie à suivre. Si 30 % des surfaces en grandes cultures sont couvertes, c’est à peine 3 % en arboriculture et 1 % pour les prairies. Mise en place en 2005, l’assurance « multirisque climatique » est largement ­sub­ventionnée : jusqu’à 65 % du montant de la prime. Mais « une partie des producteurs n’en ont pas les moyens – les primes sont très chères –, et pour certaines productions comme le maraîchage très diversifié, les assurances privées ne savent tout simple­ment pas le faire », explique Nicolas Girod, le porte-parole de la Confédération paysanne.

Le gouvernement a ­annoncé « une réforme à la rentrée » , après avoir reçu le rapport du député LaREM Frédéric Descrozaille, le 26 juillet. Il préconise la suppression à l’horizon 2030 du fonds « calamités agricoles » pour augmenter l’assurance privée. « D’ici à 2030, 60 % des surfaces en grandes cultures et viticulture devront être couvertes par l’assurance et 30 % en arboriculture et en prairie », précise le rapport. Le député propose d’augmenter encore les subventions aux producteurs pour souscrire une assurance. En tout, le rapport table sur un « financement de l’État de 700 millions d’euros ».

L’alternative : un régime public

« Désormais, la porte d’entrée du dispositif sera les assurances privées. Cette réforme supprimera les indemnisations de la moitié de l’agriculture française à l’horizon 2030 », dénonce Nicolas Girod. D’autres voies étaient possibles : la proposition de loi du député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, déposée en avril 2020. Elle vise à créer un régime public qui couvrirait « les risques de toutes les productions agricoles, et qui permettrait de s’adapter au réchauffement ».

Pour le chef de file des députés communistes, « ce régime pourrait être alimenté par une taxe sur les revenus financiers des entreprises liées au secteur agricole : banques, assurances, industrie agroalimentaire, grande distribution ». Mais pour le gouvernement, pas question de faire payer ces grandes entreprises qui font leur beurre sur le dos des paysans. « La solidarité nationale doit financer l’assurance récoltes », avait promis Julien Denormandie. Ou comment ne pas partager l’addition du réchauffement.

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19 août 2021 4 19 /08 /août /2021 05:41

Journée d’étude de la Société française d’histoire politique en lien avec les Fondations Jean Jaurès, Gabriel Péri et la MSH Dijon, le vendredi 4 juin 2021

Deuxième séance (voir la première séance qui a eu lieu 15/01/2020).

«Même orienté d’en haut, il a été fait d’en bas», Ernest Labrousse

L’enquête lancée par la SFHPo sur le congrès de Tours avance assez bien (presque une quarantaine de fédérations font l’objet d’une analyse précise), même si les archives n’ont pas toujours été accessibles en cette période de confinement. En revanche, grâce à Gallica et à Retronews, mais aussi la coopération avec d’autres institutions, (comme le Maitron, le Musée d’histoire vivante de Montreuil, les archives mises en ligne sur le portail PANDOR de la MSH de Dijon et les Fondations Jean Jaurès et Gabriel Péri), nous serons en mesure de proposer une synthèse renouvelée.

Non seulement grâce à un travail de dépouillement exhaustif sur les délégués ou militants présents à Tours (qui modifiera un peu les données jusqu’à l’heure publiées grâce au film de la fondation A. Kahn et les photographies entièrement revues), mais aussi sur les fédérations et les enjeux locaux cumulés aux enjeux nationaux et internationaux.

Le rôle de la presse et des journalistes envoyés à Tours est aussi fondamental dans ce travail. Toutefois derrière les logiques locales, fédérales, il est utile de replacer cet événement dans une histoire transnationale où circulent les femmes, les hommes… et les idées. Sans bouleverser les acquis historiographiques, plusieurs éléments structurent ce moment : le poids de la Première Guerre mondiale et le sentiment de trahison laissé (ou pas) par l’Union sacrée, la dénonciation du « parlementarisme bourgeois » (ou pas) et les espoirs suscités par les mouvements sociaux et révolutionnaires de la période (mais aussi leur échec et la répression), sans négliger la théâtralisation du Congrès (télégramme de Zinoviev, arrivée de Clara Zetkin). Pour autant, l’ombre des pères fondateurs de la SFIO, en premier lieu Jaurès, plane sur les débats. La déchirure du mouvement socialiste marque les militants présents.

Dès lors une typologie des fédérations sera proposée.

Les interventions prévues :

  • Jean Vigreux, «Synthèse sur l’ensemble des fédérations», à partir des réponses de l’enquête qui s’achèvera pour l’automne 2021 et qui sera présentée pour le colloque de décembre 2021 à Tours
  • François Prigent, «Le Congrès de Tours à l’échelle d’une région: la Bretagne»
  • Pierre Mathieu, Serge Wolikow, «Le Congrès de Tours dans l’Aube»
  • Philippe Mezzasalma, «La presse et l’importance de RetroNews/Gallica»

 

 

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 05:38

 

 

Nous avons montré hier, chiffres à l’appui, les difficultés que rencontrent les éleveurs de bovins à viande. Avec la réforme à venir de la Politique agricole commune et les choix que fait la France de diminuer la prime annuelle à la vache allaitante, la situation des éleveurs spécialisés risque d’empirer. Car beaucoup vont prendre leur retraite alors que l’installation des jeunes sera rendue plus difficile.

Par Gérard Le Puill

Selon la Fédération nationale bovine (FNB) de la FNSEA, le ministre de l’Agriculture Julien de Normandie « a fait le choix de baisser de manière importante les aides de la Politique agricole commune (PAC) au secteur de l‘élevage des bovins de races à viande. Le secteur dispose pourtant du plus bas revenu de l’agriculture française et est l’un des modèles de productions les plus durables », ajoute la FNB.

Ces arbitrages ont été rendus par le ministre de l’Agriculture au nom de la future réforme de la PAC, laquelle sera appliquée entre 2023 et 2027 inclus. Faute de pouvoir se mettre d’accord sur un projet accepté par tous les pays membres, la négociation entre le 27 a débouché sur 27 déclinaisons nationales d’une réforme illisible et difficile à mettre en œuvre au niveau des territoires comme des filières agricoles. En France, selon la FNB, « les éleveurs de bovins de races à viande seront bien les perdants de la prochaine PAC : ce sont 78 millions d’euros qui leur sont amputés pour financer le transfert des aides couplées animales vers les aides couplées aux protéines végétales… ».

Vers une baisse des « soutiens couplés » de 10 à 18 %

Pour comprendre ce que signifie cette perte de 78 millions d’euros par an pour l’élevage de bovins à viande, également nommé élevage allaitant, il convient de préciser que ces vaches de races charolaises, limousines, Blonde d’Aquitaine, Salers, Rouge des prés et autres allaitent directement leur veau et ne passent jamais en salle de traite. Mais il existe une prime annuelle européenne pour chaque vache qui donne naissance à un veau et cette prime par vache allaitante diminuera en France à partir de 2023.

Du coup, la FNB affirme que « cette baisse des soutiens couplés estimée entre moins 10 % et moins 18 % entre 2023 et 2027 (est) difficilement compréhensible au regard des ambitions affichées par la France en matière de souveraineté alimentaire. Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation devra l’assumer. Si aucune mesure concrète de très court terme n’est prise pour assurer un retour de valeur par le prix payé aux éleveurs, c’est une déprise de la production sans précédent que ce choix politique pourrait engendrer, alors que 2.000 éleveurs de bovins disparaissent déjà chaque année », ajoute la FNB qui redoute des « dégâts colossaux au plan humain social et territorial ».

La France s’est fait doublement piéger au fil des ans

Ce cri d’alarme est en phase avec l’analyse produite dans la revue de sélection génétique « BTIA » dont nous avons rendu compte dans notre article d’hier. Mais on peut aussi considérer que la France, disposant du plus gros cheptel de bovins allaitants en Europe, s’est fait doublement piéger au fil des décennies. Une prime annuelle par vache a poussé bien des éleveurs à augmenter le nombre de mères sur leur exploitation afin de percevoir davantage de primes. Ainsi, entre 1979 et l’an 2000, le nombre de vaches laitières en France est passé de 7,2 millions de têtes à 4,2 millions de têtes et il continue de diminuer depuis. Mais cela fut la conséquence de l’augmentation du rendement laitier annuel par vache tandis que les quotas par pays limitaient les volumes de production entre 1984 et 2015.

Durant ces mêmes années qui vont de 1979 à 2000, le nombre de vaches allaitantes est passé de 2,8 millions à 4,3 millions de têtes. Faute de pouvoir engraisser tous les jeunes animaux pour la boucherie durant ces années, les éleveurs ont augmenté les ventes annuelles de jeunes bovins maigres. Ces « broutards » sont surtout engraissés en Italie, en Espagne, en Grèce et désormais au Proche et au Moyen-Orient. Dans le même temps, les offres de viandes bovines résultant des accords de libre-échange avec les pays tiers et celles issues des troupeaux laitiers d’autres pays européens ont fait baisser les prix des bovins à viande en France ces dernières années.

Produire plus de protéines végétales sur chaque ferme

Du coup, les sécheresses estivales venant aussi augmenter les coûts de production, les éleveurs de bovins réduisent le nombre de mères depuis quelques années. Il serait tombé sous la barre des 3,9 millions de têtes et risque encore de diminuer. Une bonne solution pourrait consister à augmenter la prime par vache contre la limitation de leur nombre en fonction des hectares dont dispose chaque exploitation de bovins à viande afin de renforcer l’autonomie fourragère. On pourrait obtenir parallèlement de ces exploitations qu’elles améliorent leur bilan carbone par des semis associés de graminées et de légumineuses dans les prairies afin d’enrichir l’herbe en protéines, ce qui permettrait aussi de réduire l’usage des engrais azotés. Ces fermes pourraient aussi produire des protéines végétales en graines et les transformer en aliment du bétail.

On nous dit et on nous répète que l’actuel ministre de l’Agriculture est agronome de formation. Il doit donc être en capacité de comprendre qu’il existe une solution de ce côté-là. Mais c’est aussi au syndicat spécialisé des éleveurs d’être offensif sur ce terrain, ce qui n’a pas été suffisamment le cas depuis une quarantaine d’années.

 

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 05:33

 

 

Vidéo de la 3e visioconférence (3 juillet 2021)

En Afrique, si la catastrophe épidémique annoncée par quelques Cassandre n’a pas eu lieu, les conséquences socioéconomiques de la COVID-19 sont bien préoccupantes. Le continent a connu en 2020 sa première récession depuis 25 ans. La France qui au cours des dernières années a été conspuée, comme jamais, en Afrique francophone, tente de rétablir son image en multipliant les initiatives et les annonces. De la promesse de réforme du franc CFA au « New Deal » pour « relancer les économies africaines », elle veut montrer qu’elle se tient aux côtés de l’Afrique et des Africains. Les propositions françaises peuvent-elles répondre aux préoccupations africaines ? Quelle place pour l’annonce de changements dans la relation France — Afrique, tant critiquée par les Africains dans les initiatives d’Emmanuel Macron ? Peut-on parler de continuité avec le paradigme néolibéral en cours depuis plusieurs décennies ?

Troisième panel organisé dans le cadre de la préparation du colloque Amath Dansokho, avec :

  • Félix Atchadé, chargé des questions africaines au Parti de la gauche européenne,
  • Jibrin Ibrahim, politiste, membre du Centre pour la démocratie et le développement (CDD), Nigéria,
  • Kako Nubukpo, économiste, professeur titulaire à la faculté de sciences économiques et de gestion de l’université de Lomé, directeur du rapport « Du Franc CFA à l’Eco : quelle monnaie pour quel développement en Afrique de l’ouest? » (mai 2021),
  • Anne-Cécile Robert, journaliste, directrice des éditions et relations internationales au Monde diplomatique, professeure associée à l’université Paris 8,
  • Ndongo Samba Sylla, économiste, auteur avec Fanny Pigeaud de L’arme invisible de la Françafrique (La Découverte, 2018).
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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 05:30

 

 

 

 

 

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 05:20

Anthony Gonçalves, oncologue et professeur des universités, a accepté de nous expliquer pourquoi il a décidé de relever le défi des Jours Heureux aux côtés de Fabien Roussel.

 

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16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 05:25

Delphine Bithorel, ouvrière automobile en Loire-Atlantique, a accepté de nous expliquer pourquoi elle a décidé de relever le défi des Jours Heureux aux côtés de Fabien Roussel.

 

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16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 05:16

 

 

 

 

 

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15 août 2021 7 15 /08 /août /2021 05:12

Fabien Roussel avec les livreurs de Rennes.

 

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15 août 2021 7 15 /08 /août /2021 05:07

 

 

 

 

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