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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 05:32

Les promesses d’Emmanuel Macron de renouveler sa politique et son gouvernement n’auront pas tenu très longtemps. La nomination d’Élisabeth Borne à Matignon et l’annonce des nouveaux ministres ne présagent aucun changement de cap dans la politique de l’exécutif.

 

En annonçant vouloir reculer l’âge de départ à la retraite, le nouveau gouvernement montre sa volonté de continuer la casse de notre modèle social. Alors que la jeunesse a montré à de multiples reprises sa volonté de mettre un terme aux politiques libérales, le premier gouvernement d’Élisabeth Borne fait sans surprise le choix de la continuité.

Bien que nous nous félicitions du départ de Jean-Michel Blanquer du ministère de l’Éducation nationale, l’absence de ministre de la Jeunesse est particulièrement alarmante. Parcoursup, réforme du bac, baisse des APL, emplois précaires, le gouvernement précédent n’a fait que dégrader nos conditions de vie. L’absence de projet politique pour la jeunesse n’arrangera pas les choses.

La jeunesse est dans une situation catastrophique : chômage, précarité, inégalités, mise en concurrence, affectée dans des filières par défaut, détresse psychologique, baisse des pratiques sportives et artistiques… Ce ne sont pas les sujets qui manquent et pourtant les nouvelles générations ont été les grands oubliés du quinquennat précédent.

En réaction à cette situation, Emmanuel Macron a annoncé vouloir faire de la jeunesse une priorité du quinquennat. Résultat  ? Toujours pas de ministère dédié à la jeunesse. Nous devrons encore une fois nous contenter d’une délégation affiliée au ministère de l’Éducation nationale.

Emmanuel Macron aura mis encore moins de temps qu’il y a 5 ans pour faire son premier retournement de veste. Le soir du second tour, il s’était pourtant dit redevable aux électeurs de gauche ayant voté en sa faveur pour faire barrage à l’extrême droite. Une nouvelle fois, le Président ne semble pas avoir tenu sa promesse.

Nous pouvons encore déjouer le projet funeste d’Emmanuel Macron. Gagner la retraite à 60 ans, l’augmentation des salaires, un réinvestissement dans les services publics et une véritable politique à destination des jeunes est encore possible. Aux élections législatives, votons pour les candidats de la Nouvelle union populaire écologique et sociale.

Le capitalisme et le libéralisme ont prouvé depuis des années qu’ils n’étaient pas capables de répondre aux besoins et aspirations de la jeunesse. La main invisible censée organiser l’économie et la société n’a été capable que d’amplifier les inégalités et broyer des projets de vie.

Face à ce nouveau gouvernement libéral, l’heure est à l’engagement. Le MJCF s’oppose à toute régression de nos droits, et se battra pour en conquérir de nouveaux.

Léon Deffontaines

 

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 06:40
Journée de la Résistance, 27 mai 2022 - Lucienne Nayet, fille de déporté, infatigable passeuse de mémoire (Le Télégramme, 27 mai 2022)
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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 06:00
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix

VENDREDI 27 MAI 2022 À 19:00

Rencontre Maryam Madjidi

Les Déferlantes-Librairie-Café
Place des Viarmes à Morlaix
 
Rencontre avec Maryam Madjidi autour de son livre "Pour que je m'aime encore" publié en 2021.
L'auteure est née en 1980 à Téhéran et quitte l'Iran à 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Elle a vécu à Pékin et à Istanbul. Aujourd'hui elle enseigne le français à des élèves non francophones.
Dans ce roman très autobiographique, elle raconte le quotidien d'une adolescente de cité. Portant en elle sa double culture, elle nous dépeint avec humour et tendresse ce besoin irrépressible de s'intégrer, cette lutte permanente pour être acceptée et son rêve d'accéder à l'ascenseur social.
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix

Récit drôle, tendre et profond d'une adolescence à Drancy, le deuxième roman pour adultes de Maryam Madjidi, est une nouvelle pépite, reprenant le cours d'une jeunesse atypique, que l'on avait laissée à l'école primaire avec  "Marx et la poupée", suite à l'exil d'Iran de Maryam avec ses parents communistes, et ouvrier en France pour son père. 

En courts chapitres enlevés et quasi picaresques, où les mots de l'enfance et les expressions des années 80 rythment un récit marqué par un quotidien d'adolescente complexée tiraillée entre plusieurs influences, récit du quotidien magnifié en aventures burlesques, Maryam Madjidi restitue avec finesse, par petites touches, toute une époque, le milieu immigré, de la banlieue, ainsi que la force polymorphe et mutante ouverte à toutes les contradictions et tous les possibles de l'adolescence, l'âge de l'inachèvement, de l'indécision, l'âge littéraire par excellence selon un auteur comme Gombrowicz.

Cheveux épais, frisés et bouclés, mono-sourcil, moustache, pilosité encombrante, Maryam fait son portrait d'adolescente en demi-monstre faisant de son corps un champ de bataille pour retrouver la féminité "idéale" ou "normale", tant la pression des normes sociales est forte à cet âge...

Elle raconte aussi les vexations et contrariétés subies par une fille, une enfant pauvre, dont les parents étrangers ne maîtrisent pas tous les codes, et qui ne peut ni s'acheter des vêtements de marque ou à la mode, ni partir en vacances, les brutalités d'autres ados, parfois encore plus défavorisés, à côté d'elle, les profs chahutés et ceux, puissants éducateurs, qui font naître des vocations au collège, l'ennui de Drancy, où Maryam vit dans un HLM de la Cité de la Muette, où furent internés pendant des années plusieurs milliers de Juifs en partance pour Auschwitz et les camps de la mort, gardés dans des conditions atroces par des gendarmes français.

Une rescapée de la Shoah viendra un jour troubler une partie de football où Maryam et ses copains shootent dans un ballon de foot contre une cible peinte sur un wagon posé au milieu d'une place entourée d'immeubles HLM. Le retour des fantômes dans cette cité cosmopolite où l'on se connaît bien d'autres problèmes que ceux de la dernière guerre. 

L'auteur a le sens du détail révélateur, des mots crus et vrais, son récit autobiographique, à la manière d'un portrait construit par anecdotes, séquences chronologiques et thématiques (le corps, l'école, la pauvreté, la banlieue, la découverte de l'amour et du sexe, l'ambition sociale et intellectuelle) est émouvant, palpitant, avec une portée universelle, parce qu'il préfère la pirouette comique et ironique au pathos et à l'apitoiement facile.

On pense à Pagnol, à Azouz Begag, à Fouad Laraoui ou bien encore à Riad Sattouf ou Marjane Satrapi pour la conjugaison de la véracité sociologique, de la description vivante du monde de l'enfance, et de l'humour désopilant. A chaque fois, le récit autobiographique saisit une réalité sociale et humaine plus vaste, loin des approches nombrilistes. 

Dans "Pour que je m'aime encore", nous vivons aussi la lutte des classes dans la classe, à l'école, qui malgré ses promesses d'émancipation universelle, reste souvent le haut lieu des ségrégations, et des distinctions sociales et culturelles et des murs invisibles contre lesquels les enfants des classes populaires se cognent le plus souvent. La traversée du périph pour rejoindre l'hypokhâgne au lycée Fénélon, dans le quartier Saint-Michel et le 6e arrondissement de Paris: "Parmi les 55 élites de la France, quatre filles venaient de banlieue parisienne "défavorisée": trois du 93 et une du 94, qui était la seule noire de la classe. Ils appelaient ça "le quota des banlieues""... 

Quelques jours de traversée des mondes de la séparation sociale qui s'avèrent, malgré l'intelligence et l’appétit de savoir de Maryam, une vraie "galère". Car on apprend pas autant dans un collège et un lycée de ZEP que dans les établissements privilégiés des beaux quartiers, car la culture des élites s'enseigne aux berceaux chez les élites, et pas dans les familles d'ouvriers et d'exilés. Ce récit ressuscite avec une sorte de nostalgie sans pesanteur les morts, la civilisation oubliée de l'enfance et de l'adolescence, celle des années 80, c'est un livre de dette, d'hommage, en même temps que d'explication à soi: celle notamment de l'éveil de vocation littéraire.

Pour ma part, j'ai lu ce livre d'une traite, avec un immense plaisir, beaucoup de sourires, et parfois aussi du franc rire, et je le recommande à tous les amateurs de romans...

Maryam Madjidi enseigne le français aux jeunes migrants. Elle nous avait enchantés début avril 2019 quand elle était venu à Morlaix et à Brest présenter son livre "Marx et la poupée", prix Goncourt du Premier Roman, et également dans le cadre de la campagne de Ian Brossat et de la liste du PCF aux élections européennes, sur laquelle était candidate cette grande voyageuse qui a vécu en Iran, où elle est née, en Chine, en Turquie.

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 05:38
Israël. Salah Hamouri ou l’enfer de la détention administrative - L'Humanité, Nadjib Touaibia, 24 mai
Israël. Salah Hamouri ou l’enfer de la détention administrative

L’incarcération de l’avocat franco-palestinien en Israël depuis le 7 mars mobilise les défenseurs des droits humains. Plusieurs organisations demandent aux autorités françaises d’agir et en appellent à la Cour pénale internationale.

Publié le Mardi 24 Mai 2022
 
Mesure arbitraire reconductible, sans inculpation ni procès, la détention administrative est fréquemment appliquée dans le contexte de l’apartheid israélien. Amnesty International, la Fidh, l’Acat, la CGT, la FSU, la CFDT, la Confédération paysanne, le Syndicat des avocats de France, l’Unef lancent un appel contre cet « enfer ». Spécialisé dans la défense des prisonniers politiques, l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri vit sous cette menace constante de l’armée israélienne et de sa juridiction. Sa dernière arrestation, sous statut « administratif », date du 7 mars 2022. Il a subi ce même sort en 2017, puis a été libéré en 2018 avant d’être à nouveau arrêté le 30 juin 2020 et détenu durant une semaine. La traque est permanente. L’objectif des Israéliens est d’obtenir son expulsion de Jérusalem, où il est né et a toujours vécu.
 

Des années d’une vie en sursis

Les années de harcèlement, la suppression de sa résidence à Jérusalem-Est, la séparation forcée de sa femme et de ses enfants (son épouse est interdite de territoire israélien jusqu’en 2025), le risque d’expulsion, une vie en sursis, en somme, font de son cas un « dangereux précédent pour l’escalade de l’occupation israélienne en matière de révocation de résidence et de détention administrative »¸ résume Sahar Francis, directrice générale de l’association Addameer Prisoner Support and Human Rights. Sa persécution prolongée « constitue un crime de guerre et un crime contre l’humanité au sens du statut de Rome de la CPI. Il est impératif que la CPI, les autres instances internationales et les États interviennent immédiatement et exigent qu’Israël, en tant que puissance occupante, libère Salah et revienne sur sa décision de révoquer sa résidence».

« L’occupation ne se limite pas à nous tuer, nous détenir et nous déplacer. Elle persécute nos rêves et les assassine.». Salah Hamouri

Devenu la référence d’un combat au long cours, l’avocat et militant demande de son côté à la CPI d’accélérer l’enquête sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par Israël, dont le transfert forcé et l’expulsion des Palestiniens de Jérusalem-Est. « Aujourd’hui, je me trouve à la croisée des chemins la plus difficile de ma vie, du préjudice à l’exil, la détention sans charge et plus encore », déclare Salah Hamouri. « L’occupation ne se limite pas à nous tuer, nous détenir et nous déplacer. Elle persécute nos rêves et les assassine. L’incertitude quant à l’endroit où je pourrais finir, une fois libéré, est une tornade de pensées qui me poursuivent quotidiennement. Elle affecte mon moral, et mon état psychologique est comme des montagnes russes. »

Que fait la France ? Les diplomates disent privilégier « la discrétion », explique Elsa Lefort, épouse de Salah Hamouri. Les communiqués ne stipulent pas « l’exigence de libération », précise-t-elle. Elle reste dans tous les cas convaincue que la solution est entre les mains du président. Plus de 500 Palestiniens sont actuellement en détention administrative. Le recours par les Israéliens à cette pratique est un coup porté en continu à la société civile palestinienne. La machine d’une guerre sournoise, entre les bombardements cycliques et les phases d’expansion coloniale.

Israël. Salah Hamouri ou l’enfer de la détention administrative - L'Humanité, Nadjib Touaibia, 24 mai
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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 04:52
Face à la montée des insécurités humaines, le feu couve désormais partout dans le monde - Pascal Torre, secteur international du PCF
Face à la montée des insécurités humaines, le feu couve désormais partout dans le monde

Les insécurités économiques, sociales et environnementales pèsent désormais de manière déterminante sur toute l’humanité, provoquant une désorganisation profonde des sociétés avec des cohortes de désastres humains. Ces problèmes trouvent leur origine dans le système global capitaliste.

Depuis plusieurs décennies, les politiques néolibérales ont accru les fléaux des inégalités et de la pauvreté avec les dominations prédatrices des grandes puissances et la mise en concurrence des travailleurs, notamment par les grandes institutions financières internationales. La crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine rendent la situation, plus particulièrement pour les pays du Sud, cataclysmique. En fonction des pays, la part des 10 % les plus riches représente entre 30 et 70 % du revenu national, alors que les 50 % des plus pauvres possèdent moins de 5 % du total. Depuis 2020, 97 millions de personnes sont à nouveau touchées par l’extrême pauvreté. Cela attise partout les frustrations socio-économiques, les tensions identitaires et religieuses ou les conflits armés.

L’insécurité alimentaire fait près de 10 millions de morts par an, tandis que le problème de la faim affecte 800 millions d’êtres humains. L’agriculture productiviste, les complexes agro-industriels encouragés par les règles de l’OMC génèrent un système non-soutenable qui provoque un effondrement de la biodiversité, l’érosion et l’artificialisation des sols, compromettant la survie de la Terre. Dans la corne de l’Afrique, le manque d’eau, la sécheresse, les guerres, les ravages des criquets déciment l’élevage, tandis que les productions agricoles sont au plus bas. La hausse des prix des produits alimentaires, antérieure aux crises récentes, s’accélère, frappant les plus pauvres. L’alimentation occupe en effet 40 % des dépenses dans les pays les moins avancés et 20 % dans les pays émergents. Alors que les factures d’importation flambent, que les pénuries menacent, que les chaînes d’approvisionnement sont perturbées, nombre de gouvernements envisagent, comme en Tunisie, de mettre un terme aux subventions sur certaines denrées.

Tandis que le contexte géopolitique devrait être un point de bascule afin d’accélérer la conversion vers une agriculture plus durable, la multiplication des discours alarmistes dans les pays riches visent à renoncer à tous les engagements, comme le maintien des néonicotinoïdes ou des engrais azotés, et à banaliser le retour en force du productivisme hypothéquant la régénération des sols.

Selon l’OMS, l’insécurité climatique est à l’origine de 8 millions de morts par an. Pluies diluviennes en Afrique du Sud, accélération de la désertification du Sahel, sécheresse dans le sous-continent indien, incendies en Australie ou en Russie, fonte des glaces et élévation du niveau des océans…, des régions entières risquent de devenir inhabitables. Si les causes de ces phénomènes sont particulièrement documentées, il est désormais impératif d’articuler les questions sociales à celles du climat en s’attaquant à ce mode de production, aux logiques libérales, au commerce mondialisé et à l’accaparement des richesses par quelques-uns. Les pays du Sud sont les plus vulnérables au changement climatique. Sans investissement dans les infrastructures qui protègent des chocs climatiques, les coûts vont être de plus en plus lourds à supporter, d’autant que nombre d’entre eux paient également les frais d’une mondialisation en perte de vitesse.

L’insécurité sanitaire est telle que l’on ne parvient plus aujourd’hui à chiffrer les dégâts. L’OMS alerte depuis des années sur la résurgence de maladies mortelles avec une hausse spectaculaires des cas de rougeole, de polio ou de fièvre jaune. Ces hausses proviennent d’un recul de la vaccination. En 2020, 23 millions d’enfants en ont été privés. Et que dire des 44 % de la population mondiale qui n’ont même pas reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19, alors que les brevets demeurent privés ! La marchandisation et la privatisation des politiques de santé publique sont responsables de cette situation, tout comme le modèle dominant de la recherche-développement qui ne vise qu’à maximiser les profits.

L’insécurité est également éducative. La pandémie a interrompu l’éducation de millions d’enfants dans les pays les plus pauvres, alors qu’ailleurs les décrochages scolaires ont été massifs. Cela aura des conséquences incalculables sur les parcours individuels, des effets dévastateurs sur la productivité et les revenus des futures générations.

Enfin, l’insécurité généralisée frappe tout particulièrement les migrants. Dans un monde global et ouvert, les migrations progressent en raison des déséquilibres démographiques et des insécurités humaines. Elles ont acquis une dimension structurelle et durable que rien n’arrêtera. Ces hommes et ces femmes doivent pourtant faire face à la mort, à la répression, à des accueils désastreux, des humiliations ou des exclusions. Il y a urgence à inventer dans ce registre des politiques plus humaines, en insistant sur le caractère positif des phénomènes migratoires.

Toutes les conditions d’une profonde dépression sont aujourd’hui réunies, notamment dans les pays du Sud confrontés au durcissement des politiques monétaires, aux risques de défaut de paiement, au fardeau de dettes faramineuses, à l’assèchement des dépenses publiques, à l’inflation, à l’effondrement monétaire…, alors que la corruption et la gabegie des classes dirigeantes provoquent de véritables affaissements de sociétés entières.

Après la chute du mur de Berlin, la mondialisation s’est confondue avec le néolibéralisme, concevant la construction du monde par le marché, asphyxiant le politique et le social. Mais depuis la fin du XXe siècle, on assiste à l’émergence d’une contestation mondialisée. Les printemps arabes (2011) avaient marqué un tournant. Les mouvements sociaux ont rebondi en 2019 par l’effet conjugué d’une chute de légitimité des institutions et de la peur suscitée par les conséquences de la mondialisation. Ce tournant structure de manière nouvelle l’espace mondial illustrant la centralité du phénomène. Seule l’épidémie de Covid-19 est parvenue, temporairement, à l’endiguer. Avec le recul partiel de l’épidémie et l’exacerbation des tensions, les mouvements de contestation sont de retour, comme en témoigne le soulèvement populaire au Sri Lanka, mais qui pourraient toucher très rapidement de nouveaux pays comme le Pakistan, le Bangladesh ou le Pérou.

Les communistes doivent y porter une grande attention car ils posent de manière renouvelée le combat de classe contre le capitalisme. Il serait illusoire en même temps de nationaliser des menaces qui sont de nature globale en fermant les frontières ou en mettant en œuvre des politiques souveraines nécessairement contradictoires au niveau des États. Il y a urgence à renforcer les compétences des institutions internationales comme la FAO, l’OMS, le HCR ou l’Unicef, afin de mieux repenser le monde dans l’interdépendance.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient.

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26 mai 2022 4 26 /05 /mai /2022 05:33
Protection de l'enfance - Tribune de Cinderella Bernard (Vice-présidente Enfance-Famille au Conseil Départemental des Côtes d'Armor, PCF) dans Le Télégramme du 24 mai 2022
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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 05:51
Disparition. Miss.Tic, la sorcière du street art (L'Humanité, Sophie Joubert, 22 mai 2022)
Disparition. Miss.Tic, la sorcière du street art

L’artiste de 66 ans est morte dimanche des suites d’une maladie. Commencée sur les murs de Paris, son oeuvre au pochoir qui alliait graphisme et poésie était entrée dans les galeries.

Publié le
Dimanche 22 Mai 2022

Elle s’était choisi un pseudonyme de sorcière sexy, inspiré de Miss Tick, la maléfique créature aux cheveux de jais de la Bande à Picsou. Depuis le milieu des années 1980, l’artiste recouvrait les murs et les palissades parisiens de ses oeuvres au pochoir mêlant texte et images qui diffusaient dans la ville des messages poétiques, souvent féministes : « En péril une grande éraflure dans le ventre je rêve à des corps sans mémoire »« Exilée volontaire d’un continent sans nom j’écris dans la marge des non dits »« Dans le parfum indécent d’un rythme nos fantasmes urbains submergent les façades figées du quotidien… »

Nourrie de poésie, notamment surréaliste

Née Rhadia Novat en 1956, fille d’un père tunisien et d’une mère normande, Miss. Tic grandit dans le quartier de la Butte-Montmartre, dans le XVIII e arrondissement, l’un de ses futurs lieux d’expression. Dans les années 1970, elle découvre le  le théâtre de rue puis, au début des années 1980, séjourne aux Etats-Unis où éclôt le graff, branche de la culture hip-hop. De retour à Paris, elle a l’idée d’intervenir dans l’espace public en voyant les peintures d’étudiants des Beaux-arts sur des supports urbains. S’inscrivant dans un mouvement artistique naissant, elle choisit la technique du pochoir pour multiplier rapidement les interventions. Nourrie de poésie, notamment surréaliste, elle trouve son style en écrivant des poèmes auxquels elle ajoute des portraits de femmes, d’abord des autoportraits puis des figures inspirées des magazines, de la publicité ou de la mode.

Les années 2000 signent la fin de la clandestinité

Très vite, ses oeuvres libres et insolentes sont repérées par les galeries d’art, notamment la Galerie du Jour, propriété de la créatrice de mode Agnès B. , l’une des premières à l’exposer. Dans les années 1990, Miss.Tic, comme d’autres street artistes, est accusée de détériorer l’espace public. Un procès, qu’elle perd en 1999, la contraint à demander des autorisations pour continuer de peindre dans la rue. Les années 2000 signent la fin de la clandestinité puisqu’elle est sollicitée par des marques (Kenzo, Vuitton…) et multiplie les collaborations avec, par exemple, le cinéaste Claude Chabrol pour qui elle crée l’affiche de « la Fille coupée en deux », ou la Poste, qui édite des timbres inspirés de ses pochoirs.

Attachée à un art populaire, admiratrice d’Ernest Pignon-Ernest, Miss.Tic n’aimait pas le qualificatif d’ « artiste de rue », trop limitant. Femme, libre, anarchiste sur les bords, elle était artiste, tout simplement.

Disparition. Miss.Tic, la sorcière du street art (L'Humanité, Sophie Joubert, 22 mai 2022)
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21 mai 2022 6 21 /05 /mai /2022 06:24
Législatives. Avec son programme, la Nupes défie Emmanuel Macron (L'Humanité, 19 mai 2022)
Législatives. Avec son programme, la Nupes défie Emmanuel Macron

Les responsables des formations politiques de la coalition de gauche ont présenté leur projet de gouvernement ce jeudi. Des mesures qui sont destinées à « changer la vie » des Français dès le 19 juin, en rupture avec l’austérité pratiquée par la majorité sortante. Jean-Luc Mélenchon appelle à un débat face à Élisabeth Borne. Décryptage

L'Humanité -  le Jeudi 19 Mai 2022

Après l’accord de rassemblement, le programme. La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a présenté, jeudi, ce que sera son action au gouvernement après le 19 juin, si elle obtient une majorité à l’Assemblée nationale. Avec 8 chapitres et 650 mesures en tout, cet accord programmatique est large et précis. Il ne se limite pas à une série de « principes communs », comme l’a souligné Jean-Luc Mélenchon, mais vise à « changer la vie des gens dès juin 2022 ». « Nous n’avançons pas masqués », a d’ailleurs pointé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, ajoutant que la coalition ne se résume pas à « un cartel électoral ». « Nous sommes présents ici avec enthousiasme, a insisté de son côté Ian Brossat pour le PCF. Le programme permet d’en finir avec cette succession de réformes qui dégradent la vie des Français. » Et c’est l’ambition dont il est porteur qui, selon Julien Bayou, le secrétaire national d’EELV, « permet de faire la jonction de nos forces politiques sur le terrain ».

De la retraite à 60 ans à l’augmentation du Smic à 1 500 euros net, de la sixième semaine de congés payés à la « sécurité sociale professionnelle », ce « programme partagé de gouvernement » peut être à l’origine de nouvelles conquêtes sociales après des décennies d’austérité. Au moment où le Giec ne donne plus que trois ans aux gouvernements du monde pour limiter les effets du changement climatique, la Nupes entend mettre en place la « règle verte » et « planifier la bifurcation et la rénovation écologiques ».

La gauche a donc réussi à s’entendre sur un projet de fond, alors qu’elle n’était jamais parvenue, ces dernières années, à dépasser les contradictions entre ses différentes formations. Ses 650 mesures susciteront, à n’en pas douter, l’ire de la droite et de la majorité macroniste, qui de longue date contestent même la possibilité de leur mise en application. Pourtant, a rappelé Jean-Luc Mélenchon, qui aspire à diriger le gouvernement si la Nupes l’emporte aux législatives, il ne s’agit pas d’un accord décidé à la va-vite « en jouant aux dés ». Le coût de l’investissement nécessaire à la mise en œuvre de ces propositions partagées est de 250 milliards d’euros, selon lui. Les recettes fiscales attendues en retour de la relance, dont le programme serait le moteur, s’élèveraient à 267 milliards. « On peut discuter ce scénario », a-t-il déclaré jeudi matin, mais « il a été inscrit dans le schéma économique de la Banque de France ». Tandis qu’en face, le programme d’Emmanuel Macron consiste à « réduire les dépenses publiques » avec pour conséquence qu’à « la fin, tout s’effondre », a opposé l’insoumis, tout en appelant de nouveau la première ministre Élisabeth Borne à venir en débattre avec lui.

LaREM Pendant cinq ans, la politique économique d’Emmanuel Macron s’est résumée en un mot : le « ruissellement ». En somme, donner sans cesse aux plus riches pour que les euros qui débordent de temps en temps dégoulinent lentement sur les plus modestes. Problème : cette théorie ne fonctionne pas, et le pays compte désormais 10 millions de pauvres au moment même où le cumul de la pandémie du Covid et de la guerre en Ukraine fait exploser les prix. Afin de faire face, le gouvernement n’entend pas du tout baisser la TVA mais préfère répondre avec un gel des hausses des prix du gaz et de l’électricité, un chèque alimentaire de 50 euros, dont on attend encore de voir la couleur, et une remise à la pompe de 15 à 18 centimes par litre de carburant… Des rustines – recyclées dans un projet de loi annoncé pour l’été – loin de permettre une augmentation du pouvoir d’achat. La Macronie n’entend d’ailleurs surtout pas organiser une hausse des salaires, mais propose plutôt de « tripler la prime Macron », en la faisant passer de 2 000 à 6 000 euros au maximum par an. Une prime pourtant loin d’être obligatoire, puisqu’elle est laissée au bon vouloir des entreprises, en plus d’être défiscalisée, donc de n’être pas comptabilisée pour les retraites. Quant au RSA, il sera conditionné à une « activité effective »… A

NUPES La véritable hausse du pouvoir d’achat se situe du côté de la Nupes. Pour y parvenir, l’alliance de gauche propose de faire passer le Smic à 1 500 euros net, « pour que les gens vivent mieux tout de suite », explique Clémence Guetté. « Et nous convoquerons une conférence sociale générale pour organiser une hausse générale des salaires », ajoute la responsable du programme de la FI. L’égalité salariale entre les femmes et les hommes sera rendue obligatoire et une échelle des salaires sera mise en place pour des écarts maximaux de 1 à 20 dans une entreprise. Mais renforcer le pouvoir d’achat passe aussi par l’instauration d’une garantie dignité de 1 063 euros par mois, pour que personne ne vive en dessous du seuil de pauvreté, et d’une allocation d’autonomie du même montant pour les jeunes. Face à l’inflation, la Nupes propose de bloquer les prix et de réduire la TVA sur les produits de première nécessité. L’ambition est aussi de « refuser la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz » en nationalisant EDF et Engie, et en garantissant des tarifs accessibles. Augmenter le pouvoir d’achat passe enfin par le 100 % Sécu, en remboursant intégralement les soins de santé prescrits, et, pour que chacun puisse se loger sans se ruiner, par la construction de 200 000 logements sociaux par an. A. S.

ÉCOLOGIE

Icon TitreBifurcation historique contre « greenwashing »

LaREM « Le président de la République a annoncé que le premier ministre serait en charge de la planification écologique », a rappelé Élisabeth Borne, jeudi, lors de son premier déplacement aux Mureaux, dans les Yvelines. Emmanuel Macron s’était emparé de ce terme de « planification », le reprenant aux insoumis, entre les deux tours de la présidentielle. Mais, dans les faits, son bilan est proche du néant. L’État français a été condamné par la justice pour son inaction sur la question du climat. Son programme pour les cinq années à venir n’augure pas de grande révolution en matière écologique. Il prévoit de miser sur la filière nucléaire avec la construction de six nouveaux EPR, la multiplication par dix de la puissance solaire et la rénovation de 700 000 logements par an. Pas de « pôle » public énergétique en vue, tout au plus une « reprise de contrôle capitalistique de plusieurs acteurs industriels ». Quant à la neutralité carbone de la France, elle est envisagée par Emmanuel Macron pour 2050. D. C.

NUPES La France détient « le bonnet d’âne en Europe » en matière d’énergies renouvelables, a rappelé Julien Bayou (EELV). C’est donc un des axes majeurs du programme de la Nupes : accélérer leur développement pour aller vers un horizon de 100 % en 2050. La sortie du nucléaire y est aussi mentionnée et serait soumise au débat parlementaire puisque le PCF notamment s’y oppose (lire page 5). La coalition entend réduire les émissions de gaz à effet de serre de 65 % d’ici à 2030. Pour assurer cette « bifurcation écologique », la Nupes prévoit de lancer un plan massif de 200 milliards d’euros sur cinq ans pour investir, « développer l’emploi et la formation, et rétablir des pôles publics dans l’énergie, les transports et la santé ». Le projet de gouvernement prévoit aussi d’« annuler les cadeaux fiscaux accordés sans contrepartie aux plus grandes entreprises ces dix dernières années » et d’imposer des critères environnementaux et sociaux dans l’attribution des aides publiques. Pour faire de l’eau un « enjeu central pour l’humanité », la Nupes créera aussi un haut commissariat. La règle verte sera inscrite dans la Constitution. D. C.

SANTÉ

Icon TitreMarchandisation ou grand service public

LaREM Recrutement de personnels soignants, renforcement du lien ville-hôpital : concernant les enjeux sanitaires, le président de la République compte poursuivre les réformes engagées depuis cinq ans de marchandisation. Alors que le Ségur de la santé est resté en travers de la gorge des soignants, que les services d’urgences sont exsangues, Emmanuel Macron entend poursuivre « la sauve- -garde de l’hôpital public » via un plan de recrutements d’infirmières et d’aides-soignants. Combien ? On ne sait pas. Il affiche aussi la volonté de mener « une politique ambitieuse pour la santé des femmes ». Avec quel budget ? Quant aux déserts médicaux, il prône « des solutions locales et nationales » imaginées « avec les citoyens », et appelle à une grande conférence sur le sujet. Rien de nouveau sur le fond. A. C.

NUPES « Il faut garantir l’accès à tous les services publics, à l’inverse des politiques néolibérales menées aujourd’hui. La situation des hôpitaux, dès l’été prochain, sera intenable. Pour nous, c’est stop. Il faut faire autrement. » Marie-Jeanne Gobert pose le cadre en matière de santé. Pour la Nupes, « il n’y a pas de service public sans personnel, et du personnel formé ». Il faut donc « recruter et revaloriser les personnels des hôpitaux et des Ehpad ». La lutte contre les déserts médicaux est aussi une priorité, avec des leviers précis à actionner. La coalition de partis de gauche prône aussi le remboursement de tous les soins prescrits à 100 %, en intégrant les complémentaires dans la Sécurité sociale. Assurer la souveraineté sanitaire, prévoir la levée des brevets, créer un pôle public du médicament sont aussi au menu de la gauche. A. C.

CULTURE

Icon TitreSoutien au marché ou politique publique ?

LaREM Pandémie oblige, le précédent gouvernement a arrosé d’argent public, à hauteur de 13,6 milliards d’euros, les différentes structures culturelles, tout en faisant bénéficier les intermittents d’un prolongement de leurs droits, malgré de considérables failles. Si ce « quoi qu’il en coûte » a maintenu à flot l’existant, il n’a pas été le vecteur d’une politique ambitieuse, menée pour l’essentiel dans les rails du marché. Le Pass culture figure ainsi comme seule originalité du quinquennat, soit 300 euros offerts aux jeunes de 18 ans, qu’Emmanuel Macron a annoncé vouloir étendre dans les cinq prochaines années. Le président entend également lancer « de nouvelles commandes publiques » et investir « pour proposer des expériences en réalité virtuelle ». C. G.

NUPES La Nupes entend hisser, chaque année, le budget de la culture à 1 %, non pas du budget de l’État, mais de la richesse produite. La proposition figurait à la fois dans le programme de la FI et du PCF. Cet effort budgétaire considérable vise à « restaurer un service public de la culture ambitieux ». Le programme partagé des forces de gauche entend ainsi revaloriser « l’éducation artistique à l’école, les conservatoires, l’éducation populaire et la place de la culture dans les comités d’entreprise », tout en revenant « sur les privilèges fiscaux excessifs liés au mécénat culturel ». Proposition attendue des créateurs, un régime de protection sociale des artistes-auteurs sera adossé à un centre national dédié à ces professions. C. G.

FISCALITÉ 

Icon TitreRedistribution contre « ruissellement »

LaREM « Aujourd’hui, il faut de la stabilité », ­déclarait le chef de l’État lors de la campagne présidentielle. Et pour cause : les mesures fiscales ont été parmi les premières mises en œuvre en 2017, mais le « ruissellement » tant attendu n’a eu lieu que pour les 10 % les plus riches. Flat tax à 30 % sur les revenus du capital, suppression de l’ISF et de la taxe d’habitation (que percevaient les communes et non l’État), qui, selon Emmanuel Macron, ont permis d’améliorer « l’attractivité économique ». Mais il ne compte pas s’arrêter là, notamment pour les entreprises : après la baisse de 33 à 25 % de l’impôt sur les sociétés, il prévoit de supprimer totalement la contribution sur la valeur ­ajoutée. Cet impôt local, qui rapportait 17 milliards d’euros en 2018 et a remplacé la taxe professionnelle, est dû par les entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 500 000 euros. Comme tous à droite, il veut également réduire les droits de succession en augmentant le seuil d’exonération à 150 000 euros et 100 000 euros pour les donations pour tous les membres d’une même famille. Le chef de l’État veut aussi, comme Marine Le Pen, supprimer la redevance audiovisuelle tout en garantissant « l’indépendance de l’audiovisuel public », ce qui ressemble fort à une promesse de Gascon. B. K.

NUPES « Le consentement à l’impôt passe par la justice fiscale », a rappelé la socialiste Corinne Narassiguin, chargée de présenter la partie fiscalité du programme de la Nupes, dont l’objectif est de « favoriser l’investissement plutôt que les dividendes ». Dans ce domaine, la politique menée par le chef de l’État a aggravé les inégalités : il convient donc de tout remettre à plat. Avec, pour les particuliers, le rétablissement de l’ISF en incluant un « volet climatique », c’est-à-dire une taxation modulée en fonction de l’empreinte carbone des actifs détenus, ainsi que le rétablissement de l’« exit tax ». Autre priorité : une réforme de l’impôt sur le revenu avec la création de quatorze tranches, contre cinq actuellement. Enfin, il s’agit de revenir sur l’allègement de la taxation du capital, source de l’explosion des inégalités, en supprimant la flat tax (forfaitaire à 30 %) instaurée par Macron et « imposer les revenus du capital a minima comme ceux du travail ». En ce qui concerne les entreprises, la Nupes prévoit l’instauration d’une taxe « significative » sur les transactions financières, la « refondation de l’impôt sur les sociétés » pour le rendre plus égalitaire et la création d’un impôt universel sur les multinationales, une arme contre l’évasion et l’optimisation fiscales. Ce programme a aussi l’ambition de « réorienter le crédit vers la bifurcation sociale et écologique », a précisé Corinne Narassiguin. Mais, pour ce faire, il faut également réformer l’ensemble de la politique monétaire. La Nupes prévoit de créer un pôle public bancaire en « socialisant certaines banques ­généralistes » et de permettre à la Banque publique d’investissement de se financer à taux zéro auprès de la Banque centrale européenne (BCE). B. K.

EMPLOI

Icon TitreCasse des droits ou sécu professionnelle

LaREM promet d’atteindre le plein-emploi en cinq ans, par la transformation de Pôle emploi en guichet unique – rebaptisé France Travail. Pas question, en revanche, d’ouvrir la porte à des augmentations de salaires : la majo­rité sortante table sur la « prime Macron », qui serait multipliée par trois. La politique d’aide aux entreprises, au contraire, ne s’embarrasse guère d’austérité : 30 milliards d’euros sont prévus pour les secteurs « innovants » – des subventions assorties de baisses d’impôts. Dans cette hotte de cadeaux au capital, Emmanuel Macron et les siens annoncent encore qu’ils veulent « poursuivre la modernisation du Code du travail engagée avec les ordonnances de 2017 ».

Après la réforme de l’assurance-chômage, qui privera à terme 41 % des allocataires de 17 % de leur allocation journalière, LaREM veut aller plus loin, vers un « système simple » consistant, « à chaque fois que la conjoncture s’améliore », à « avoir des règles qui réincitent encore davantage au retour à l’emploi », avec toujours moins de droits. La même logique est appliquée aux bénéficiaires du RSA, qui se verront imposer « quinze à vingt heures par semaine » de travail. R. M.

NUPES Ne cherchez pas les expressions « coût du travail », « exonérations de cotisations » ou « lutte contre l’assistanat ». Entendre parler d’emploi les représentants de la Nupes, c’est plonger dans un vocabulaire opposé à celui de la doxa libérale rabâchée depuis quarante ans, et s’ouvrir à une nouvelle logique. Celle du travail acteur de progrès social, choisi par chacun et garanti par une sécurisation des parcours pour tous. Finies donc les loi El Khomri et ordonnances Macron. Le Code du travail redevient la pierre angulaire des relations employé-employeur. Lutte contre l’ubérisation et le dumping social de la sous-traitance. Retour d’une assurance-chômage protectrice – fin de la réforme Borne, garantie d’emploi pour les chômeurs de longue durée. Avènement d’une sécurité sociale professionnelle accompagnant les aspirations d’évolution de carrière. Et dépoussiérage du travail dans ses temps – 35 heures socle, 32 heures pour les métiers pénibles, sixième semaine de congés payés – et son organisation – le CDI devenant la norme, lutte contre les pénibilités et nouveaux droits pour les salariés en entreprise. S. G.

ÉDUCATION

Icon TitreLigne Blanquer : stop ou encore

LaREM Autonomie des établissements, recrutements sur profils, rémunération au mérite, carte scolaire redéfinie, plus grande place accordée aux entreprises : pour son second mandat, Emmanuel Macron compte aller encore plus loin dans sa vision entrepreneuriale de l’éducation nationale, avec une orientation libérale encore plus affirmée. Rien, en revanche, sur le fond du problème, à savoir l’attractivité du métier, alors que les candidats au concours se font chaque année moins nombreux. La ­réintégration des mathématiques dans le tronc commun en première et terminale a d’ores et déjà été annoncée. Mais sans professeurs en nombre suffisant, la rentrée prochaine sera acrobatique. Dans la continuité des cinq années écoulées, ce programme, sans aucune idée nouvelle, fait craindre une rupture d’égalité pour les élèves. A. C.

NUPES Pour la Nupes, il faut tourner la page Blanquer, afin d’aller vers une école de l’« émancipation ». Cela passe par la gratuité et surtout l’égalité à l’école. « Nous voulons réduire le nombre d’élèves par classe, supprimer bel et bien la réforme Blanquer, la réforme du bac et arrêter Parcoursup », a résumé la communiste Marie-Jeanne Gobert, lors de la présentation du programme de la Nupes, ­évoquant au passage l’objectif « zéro décrocheur », via des accompagnements adaptés. Ce qui suppose la ­revalorisation de tous les personnels de l’éducation nationale, « dans toutes les disciplines », avec le dégel du point d’indice et la revalorisation des grilles salariales. Et, pour pallier le déficit de professeurs de tous les niveaux, la mise en place d’un plan pluriannuel de recrutement pour l’ensemble des concours. A. C.

RETRAITES

Icon Titre Travailler plus ou vivre mieux

LaREM Emmanuel Macron, lors de sa réforme de marchandisation des retraites en 2020, avait fait imposer par 49-3 un texte qui ne précisait ni l’âge de départ ni le montant des pensions. S’il a depuis modifié son projet, il souhaite toujours faire « travailler plus longtemps », avec la retraite à 65 ans (et une pension minimale de 1 100 euros). Son objectif est d’inciter à quitter le marché de l’emploi le plus tard possible, à travers un « service d’appui de travailleurs seniors » et un renforcement du « cumul emploi-retraite ». Son programme bascule ensuite, sur la même page, dans des propositions de gestion du grand âge et d’accompagnement du deuil... Preuve que, pour lui, il y a le travail puis la dépendance, et que la retraite n’est pas un nouvel âge de la vie. Il propose, enfin, de « monétiser » les congés et RTT non pris. A. S.

NUPES Plutôt que la retraite à 65 ans, la Nupes propose de restaurer le droit plein et entier d’arrêter de travailler à 60 ans, après 40 annuités de cotisation, avec une prise en compte des facteurs de pénibilité supprimés par Macron. La pension minimale pour une carrière complète serait de plus au niveau du Smic (soit 1 500 euros), et le minimum vieillesse fixé au niveau du seuil de pauvreté. Le montant des retraites serait également indexé sur les salaires. « Nous voulons renouer avec des réformes heureuses et populaires », insiste le porte-parole du PCF, Ian Brossat, qui s’enthousiasme également au sujet de la réduction du temps de travail global avec le rétablissement des 35 heures hebdomadaires, le passage progressif aux 32 heures, pour les métiers pénibles dans un premier temps, et la création d’une sixième semaine de congés payés. A. S.

Législatives. Avec son programme, la Nupes défie Emmanuel Macron (L'Humanité, 19 mai 2022)
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21 mai 2022 6 21 /05 /mai /2022 06:17
Jean-Paul Lecoq, député communiste du Havre, membre de la commission International-Défense à l'Assemblée, avec Enzo De Gregorio (responsable JC 29) à la manifestation pour le désarmement nucléaire et la Paix à Brest en janvier, à l'occasion du sommet européen des Ministres de la Défense

Jean-Paul Lecoq, député communiste du Havre, membre de la commission International-Défense à l'Assemblée, avec Enzo De Gregorio (responsable JC 29) à la manifestation pour le désarmement nucléaire et la Paix à Brest en janvier, à l'occasion du sommet européen des Ministres de la Défense

Jean-Paul Lecoq : « La gauche doit bâtir une diplomatie des Lumières »

Législatives Candidat PCF à sa réélection, Jean-Paul Lecoq espère voir la Nupes emporter la majorité. Et, avec elle, construire de nouvelles politiques internationales.

Publié le Vendredi 20 Mai 2022 - Florent LE DU

En campagne pour sa réélection dans la 8e circonscription de Seine-Maritime, Jean-Paul Lecoq peut compter sur un ancrage fort avec le terrain et un rassemblement de la gauche. En cas de victoire, le communiste, membre de la commission des Affaires étrangères, promet que sa voix comptera pour bâtir d’autres politiques de la paix et du commerce international.

Comment abordez-vous cette campagne qui rassemble toutes les forces de gauche ?

Je la mène avec confiance. Que ce soit dans les entreprises, dans les écoles pour sauver des classes, nos actions sur le terrain sont connues et reconnues. L’ambiance est bien meilleure qu’à la présidentielle, avec un réel espoir. L’accord à gauche rend contagieuse l’idée que nous serons capables de changer les choses dans l’intérêt des gens. Lors d’une rencontre, la première question qui m’a été posée, c’est : « Quand les politiques vont-ils tenir leur promesse ? » Il faut y répondre, en expliquant nos propositions et comment on les finance, afin de redonner confiance et que les citoyens retournent voter.

Durant le précédent mandat, vous vous êtes investi sur les questions internationales. Si la gauche devenait majoritaire, une autre politique de la paix pourrait-elle être enclenchée ?

Je l’espère. La gauche doit porter le respect des résolutions des Nations unies, ce qui n’a pas toujours été le cas, notamment au moment de la gauche plurielle. Des questions brûlantes doivent avancer : sur le Sahara occidental occupé par le Maroc, sur la politique d’apartheid en Palestine… À ce sujet, comme député, j’ai demandé en urgence la convocation de la commission des Affaires étrangères, ce qui a été refusé alors que ça a été possible pour l’Ukraine. On multiplie les deux poids, deux mesures alors que, dans chaque cas, la paix dans le monde est menacée. Des résolutions existent condamnant le Maroc, Israël, la gauche française doit exiger leur application. C’est ainsi, non pas avec la force et l’Otan, mais en œuvrant à redonner du sens aux Nations unies, que nous pouvons bâtir une politique de paix. C’est la diplomatie des Lumières contre celle du business et des ventes d’armes.

Concernant l’Ukraine, prônez-vous une autre attitude diplomatique que celle portée par Emmanuel Macron ?

Il faut porter l’idée d’une sécurité globale. Dès lors qu’on redonne du poids à l’ONU, au multilatéralisme, chacun peut exprimer ses inquiétudes et, ensemble, nous pouvons chercher des alternatives au conflit. Chaque pays doit pouvoir sentir que le monde entier est attentif à sa sécurité. Et, pour en finir avec les surenchères guerrières, un tel climat doit être garanti par une structure crédible.

Alors que la Finlande et la Suède s’apprêtent à rejoindre l’Otan, est-ce le moment de quitter l’organisation ou du moins son commandement ?

L’Otan aurait dû disparaître en même temps que le pacte de Varsovie. Elle était en mort cérébrale, mais l’intervention de Poutine en Ukraine lui redonne du poids. C’est dangereux, car c’est le signe que l’on se prépare à vivre une nouvelle guerre froide. Nous devons sortir de ce vieux monde. Puisque, à gauche, nous sommes d’accord pour être indisciplinés vis-à-vis de l’Union européenne, il faudra dire que nous ne voulons pas de l’Otan pour réfléchir à la sécurité de notre territoire et à celle du monde mais d’une Europe de la diplomatie mondiale.

La guerre en Ukraine a des répercussions sur les prix de l’alimentation. Comment la gauche au pouvoir peut-elle être motrice pour repenser ce modèle de mondialisation ?

Nous y travaillons depuis longtemps, jusqu’à l’échelle très locale avec le maraîchage municipal, par exemple, pour faire en sorte que les territoires soient le plus autosuffisants possible. Au-delà du développement de ces alternatives, le combat doit être mené contre les accords de libre-échange qui conduisent à cette mondialisation de la production. La reprise en main de l’économie par la politique est indispensable. Les citoyens sont de plus en plus conscients de ces enjeux : il ne s’agit pas d’arrêter le commerce mondial, mais d’y apporter de la cohérence, notamment vis-à-vis de la lutte contre le réchauffement climatique. Il faut aussi dénoncer les profiteurs de guerre. Si les prix ont augmenté rapidement, c’est d’abord sous l’effet de la spéculation, car les stocks d’essence ou d’huile existaient. Nous proposons d’y mettre un terme avec le blocage des prix.

Jean-Paul Lecoq : « La gauche doit bâtir une diplomatie des Lumières » (L'Humanité, Vendredi 20 mai 2022)
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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 06:00
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