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25 octobre 2021 1 25 /10 /octobre /2021 05:11

 

Derrière un sigle aux accents caporalistes, KPI (key performance indicator), se cache la clé de voûte du management du groupe Total. Tout y est question d’indices, d’indicateurs, de cases à cocher. Le facteur humain est, lui, fiché, codifié, numérisé, analysé à l’appui d’enquêtes de satisfaction. De plus en plus souvent, les salariés sont amenés à donner leur avis, à noter leurs collègues, à juger leurs pairs, car ce serait l’individu le problème, pas l’organisation du travail…

*Jean-Marc Seige ingénieur et syndicaliste.

Le manageur conquérant de l’an 2020, dégagé des aspects métier, de la technique, ne juge plus que sur des critères administratifs, l’organisation du travail étant ramenée à ses éléments les plus impersonnels. Ce sont ces critères qu’il va utiliser pour évaluer son équipe, et ces mêmes critères seront utilisés pour sa propre évaluation. Pour envahissantes qu’elles soient, ces nouvelles règles sont surtout le signe d’un désengagement des ressources humaines dans la gestion du personnel, un pas supplémentaire vers la déshumanisation des processus de décision. Ce sont les notes, les courbes statistiques qui font tout le travail. Car elles sont forcément objectives, non ?

DISTORTION ENTRE TRAVAIL PRESCRIT ET TRAVAIL RÉEL

L’évolution récente de l’organisation du travail conduit ainsi à un conflit de norme entre le salarié et son environnement technocratique. Dans le monde idéal de la direction d’entreprise, les tâches effectuées par les subordonnés se résument au travail prescrit : Chaque salarié, chaque service, se voit assigner des objectifs, d’autant plus passés au crible qu’ils seront chiffrés, cotés. Seulement, les assistants, les techniciens, les ingénieurs techniques le savent bien : entre le travail prescrit et la réalité, il y a parfois (souvent) un monde. Nombreux sont les aléas, les imprévus, les contraintes inopinées qui vont venir impacter le plan de travail initial.

La variable d’ajustement va être le salarié et sa conscience professionnelle. C’est lui qui va s’adapter pour calquer le réel au prescrit.

Dans ce contexte normé, la variable d’ajustement va être le salarié et sa conscience professionnelle. C’est lui qui va s’adapter pour calquer le réel au prescrit, prenant sur lui pour que les délais soient tenus, les résultats délivrés avec la qualité qu’il estime nécessaire. Le problème, c’est que ce travail d’ajustement ne rentre pas dans les cases. Le salarié consciencieux rend un grand service à l’entreprise car il abat de ce fait un travail clandestin. Le déni du réel équivaut à un transfert de responsabilité du donneur d’ordre vers le salarié qui compense le décalage entre le travail prescrit et la réalité. Ce n’est pas la même chose que la responsabilisation, laquelle repose sur la reconnaissance et la valorisation du savoir et des compétences. Le salarié habité par le goût du travail bien fait devient alors le seul garant du maintien d’un haut niveau de qualité. Les contorsions qu’il aura pu faire le seront de sa propre initiative, dédouanant le donneur d’ordre.

 

Derrière le modèle idyllique qui nous est présenté, il n’y a qu’un modèle organisationnel qui ne vise qu’à accroître la pression sur le travail, avec le tour de passe-passe qui mène le salarié à participer à sa propre surexploitation !

Et peu importe que le système se grippe et grince par faute de moyens humains ou matériels adaptés, les chiffres ne mentiront pas : les indicateurs seront passés au vert ! L’environnement normatif participe ainsi à un nivellement par le bas du degré d’exigence technique. Pour cocher les cases, il n’est besoin que du travail nécessaire et suffisant : le good enough. D’aucuns parleront de culture du moindre effort… Tout ce qui va au-delà de la norme administrative sera qualifié de « surqualité », de travail superflu. On retrouve là des éléments du lean management.

LE RÉGIME « MINCEUR » VENU D’ASIE

À l’origine développé au Japon dans les années 1980, notamment dans les usines Toyota, avant d’être théorisé par les États-Uniens, le lean management est la nouvelle lubie des milieux des ressources humaines. Le mot lean peut être traduit par « maigre » ; en termes managériaux, il veut dire faire la chasse aux gaspillages, aux coûts inutiles, aux temps morts, le tout pour améliorer l’efficacité de l’entreprise. Tel que présenté dans le manuel du lean, le manageur et le salarié doivent réfléchir ensemble pour « dégager des pistes d’amélioration », à grand renfort de vocabulaire pseudoorientalisant, comme le « muda» (tâches à faible valeur ajoutée), de gimmicks éculés, tel que le DMAIC (define, measure, analyze, improve, control) de Total.

Tout cela dans des réunions prétendument consensuelles. In fine, derrière ce modèle idyllique qui nous est présenté, il n’y a qu’un modèle organisationnel qui ne vise qu’à accroître la pression sur le travail, avec le tour de passe-passe qui mène le salarié à participer à sa propre surexploitation ! Il est l’héritier des théories libérales qui, depuis Adam Smith (l’offre et la demande, la division du travail [XVIIIe siècle]), le taylorisme (l’organisation scientifique du travail [fin du XIXe siècle]), puis le fordisme (la standardisation des tâches [début du XXe siècle]), tendent toutes vers le même objectif : la hausse de la production et de la productivité, la baisse du coût de revient.

Un temps considérable est passé à remplir tableurs et autres outils de suivi, à sauter d’une réunion de cadrage à une autre.

La chasse systématique aux coûts « inutiles » a comme conséquence la réduction des marges de manoeuvre des salariés et des hiérarchies. En découle un stress accru du fait de la nécessité de remplir sa tâche dans le temps imparti en redoutant le moindre accroc. Doit-on y voir un lien avec le nombre important de burn-out, de salariés déclarés en risque psychosocial (RPS) ? Études bâclées, arbitrage subi et salariés en détresse doivent-ils devenir la norme dans l’entreprise ?

ISO-LÂTRIE ET CULTE DU REPORTING

L’augmentation du nombre de procédures inhérentes à la méthode lean, aux certifications (ISO…), à des accréditations et autres normes auxquelles doivent satisfaire les sociétés cotées envers les acteurs des marchés boursiers produit ses propres travers. Le décorum bureaucratique s’est au fil du temps boursouflé de tâches toujours plus envahissantes et chronophages pour le salarié, et la fluidité du travail est ralentie par les étapes additionnelles (alors que les circuits de décision sont censés avoir été simplifiés). Le serpent se mord la queue et induit son propre surcoût inutile. La situation devient alors paradoxale : le mille-feuille procédurier impacte le travail réel du salarié mais il ne quantifie que le travail prescrit ! Une kafkaïsation jusqu’à l’absurde, énergivore et mangeuse d’hommes. Qui a dit que la bureaucratie était un monopole d’État ?

 

Les hiérarchies sont elles-mêmes harassées de contraintes administratives. Alors que le lean préconise le temps d’échange, l’effet est inverse : un temps considérable est passé à remplir tableurs et autres outils de suivi, à sauter d’une réunion de cadrage à une autre. Leur temps social se réduit souvent à rappeler à leurs subordonnés de remplir leurs propres outils de suivi, et donc à reporter sur eux leur propre stress. Le manageur sera d’autant plus incité à pressurer ses subordonnés que son évolution de carrière en dépend (les fameux KPI).

Au final, les chiffres importent plus que l’activité elle-même, dénotant un refus de se confronter au réel. L’activité humaine est niée, tendant à être effacée, ne laissant plus qu’une machinerie à statistique tournant à vide. Une intelligence artificielle sans intelligence.

SOURIEZ, VOUS ÊTES NOTÉS…

Un cas symptomatique de la dérive statisticienne chez Total est celui de l’entretien individuel annuel (EIA), devenu entretien individuel de performance (EIP). La maigre enveloppe destinée aux augmentations (« mesures salariales individuelles ») de ces dernières années n’a fait que rendre le problème plus visible, cristallisant les frustrations chez les salariés, d’autant plus fortes que les augmentations générales seules ne permettent plus de couvrir l’inflation…

Conçu comme un point d’appui à l’évolution de carrière d’un salarié, l’EIA instituait une base d’échange sur l’activité de l’année écoulée et des objectifs à venir, cela sous l’égide du manager de proximité. Peu à peu dévoyé de son principe premier, l’EIA devient indissolublement lié aux augmentations salariales. Corsetées par les négociations annuelles sur les salaires, les notes de l’EIA sont transformées en un instrument de répartition statistique des augmentations. Exit la sincérité d’une appréciation professionnelle, désormais le nombre de notes au-delà de la moyenne devra obéir au budget alloué !

En vertu de cette répartition statistique, il faut trouver autant de mauvais élèves que de bons. Certains sont injustement mis au ban, d’autres, qui se sont employés toute l’année, se voient rabaissés à la moyenne. Les années de vaches maigres, tout le monde est moyen, plus aucune tête ne dépasse. Certes les commentaires laissés sur le formulaire pourront encore contrebalancer la notation, mais déjà les injonctions arrivent : les avis devront correspondre aux notes. Toute cette mécanique se traduit par un nivellement par le bas, un éloge de la médiocrité pour satisfaire des décomptes d’épicier. Paradoxal alors que, dans le même temps, on sacrifie les cadres sur l’autel de l’individualisation et de la performance.

JE TE TIENS, TU ME TIENS PAR LA BARBICHETTE

Autres mécanismes qui tendent à se généraliser, l’évaluation croisée entre collègues, services, subordonnés et hiérarchies, et autres questionnaires de satisfaction : les salariés sont de plus en plus invités à se prononcer sur le comportement et les relations avec des gens qu’ils côtoient au quotidien ou pour sanctionner la qualité d’une étude, d’un service, etc. Comparable à ce qu’on peut trouver sur les réseaux sociaux lorsque tout un chacun est invité à donner son avis sur un service, un restaurant, un spectacle…, cette évaluation est étroitement liée à la relation client/fournisseur qui s’est imposée à de multiples entités du groupe, une relation marchande bien éloignée de la notion de services centraux.  

Les salariés sont de plus en plus invités à se prononcer sur le comportement et les relations avec des gens qu’ils côtoient au quotidien.

Un degré supplémentaire de perversité a été atteint lorsqu’il a été décidé d’inclure le taux de retour de ces questionnaires en tant que critère de minoration d’une part du calcul de l’intéressement du personnel concerné. Cette façon de traiter la problématique des relations au travail fait peser sa résolution sur les gens eux-mêmes, en occultant les effets de structure, ceux des choix d’organisation, des campagnes et des injonctions institutionnelles. Si un service n’est pas rendu de façon convenable, la gestion de la paie par exemple, ce n’est pas l’organisation du travail qui est pointée du doigt mais bien le salarié, à qui on le fera payer. C’est l’individu le problème, pas l’organisation du travail. Plus encore, la proximité avec ceux que vous devez évaluer vous rend-elle objectif ? Quelle valeur accorder à une appréciation forcément biaisée par les rapports interpersonnels ? Faussement participatifs, ces mécanismes n’opèrent que comme justificatifs du système, lequel reste intangible.  

La structure étant de facto hors de cause, le salarié devient l’instrument de sa propre coercition : il se surveille et se punit lui-même.

Au final, la structure étant de facto hors de cause, le salarié devient l’instrument de sa propre coercition : il se surveille et se punit lui-même, pour que tout aille pour le mieux dans la meilleure des entreprises possibles… Idéal pour tout figer, pour couper court à tout élan émancipateur. Tout est lisse, convenu. Et derrière le masque de convenance, on ne voit personne grimacer !

 
FAIRE RÉÉMERGER LE RÉEL

Tous ces outils, où cohabitent arbitraire, déresponsabilisation de la structure décisionnelle et stigmatisation de l’individu, portent en eux toutes les dérives du monde actuel de l’entreprise. Il n’est plus question que d’indicateurs, de taux, de pourcentages, outrageusement audités; c’est une marche cadencée vers une déshumanisation des processus. Il n’est pas anodin que le groupe Total investisse de plus en plus dans l’IA (intelligence artificielle) : le futur des processus d’optimisation s’écrira sans le facteur humain.

Dans un tel contexte, l’épanouissement au travail pose question. Il n’est pas étonnant donc que mal-être et perte de sens soient les deux grands maux du monde du travail actuel. 30 % de notre vie active se passe sur le lieu de travail et la place du citoyen-salarié dans l’entreprise est trop systématiquement absente de ces outils qui ne voient la performance qu’à travers la lorgnette de la plus-value pour l’entreprise.

De perte de sens en déni du réel, le groupe Total, et avec lui les grands groupes du CAC 40, se fourvoie peu à peu dans une réalité virtuelle dans laquelle le facteur humain s’apparente à un artéfact, à une erreur de procédure. L’aspect psychosocial n’est plus perçu qu’en termes de risque, jamais en tant que valeur intrinsèque.

Il faut adapter le travail à l’humain et non pas l’humain au travail. Il faut faire réémerger le réel, redonner du sens au vécu et à l’expérience, à l’action managériale. L’intelligence humaine est une force et elle doit prévaloir sur tout le reste !

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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 08:21
Morlaix. Dans le médico-social, « nos métiers sont de plus en plus compliqués »

​Une centaine de salariés des Genêts d’or, de la Fondation Ildys, des Papillons blancs ou encore du foyer de vie de Sizun étaient rassemblés devant le nouvel IME de Plourin-lès-Morlaix (Finistère). Ils dénoncent un manque d’écoute de part de leur direction, pointent du doigt les promesses non tenues autour des revalorisations salariales et des conditions de travail qui se dégradent.

« On se sent incompris », relève Fabien Huguet, délégué de la CGT au foyer des Genêts d’or. Le piquet de grève est planté devant le nouvel institut médico-éducatif (IME) de l’association, à Plourin-lès-Morlaix (Finistère). Une centaine de salariés venant aussi de la Fondation Ildys, des Papillons blancs ou encore du foyer de vie de Sizun se sont rassemblés non loin de l’entrée, ce vendredi 22 octobre 2021.

L’IME aurait dû être inauguré ce même jour, en présence des financeurs et de la direction générale. Mais cette dernière a annulé. « Nous avions peur que cela perturbe les personnes que nous accompagnons. Je comprends la déception des salariés », déclare Joël Goron, directeur général des Genêts d’or, contacté par téléphone.

« Ça nous enlève de la visibilité »

Il a également réaffirmé le « plein engagement de notre association dans la mobilisation en cours pour l’obtention d’une juste reconnaissance des professionnels de notre secteur ».

Un paradoxe total pour les grévistes. « Je ne vois pas où est leur solidarité. L’annulation de l’inauguration a découragé certains à se mobiliser. Et ça nous enlève de la visibilité », peste Fabien Huguet.

Arrêts maladies, démissions, inégalités salariales

 

Les Genêts d’or, comme d’autres structures du médico-social, ne sont pas loin de la surchauffe. Les directeurs d’établissements l’ont dénoncé devant la préfecture de Quimper, le 6 octobre 2021 . « Il y a un problème de revalorisation salariale. Mais on a un autre souci au sein de l’association, et il faut le régler vite », prévient le délégué syndical. Par exemple, à la Maison d’accueil spécialisée de Ploujean à Morlaix, 20 % des salariés sont en arrêt de travail. « Nos métiers sont de plus en plus compliqués. Les salariés sont épuisés et ils démissionnent. Ça a un impact sur la qualité de notre accueil. »

Même son de cloche pour ces salariées du foyer de vie de Sizun, « cinquième roue du carrosse ». L’une d’entre elles rappelle qu’en travaillant à 80 %, elle ne gagne que 1 000 €. « On subit des pressions avec nos contrats d’un an renouvelable. Ça nous incite à accepter tous les remplacements ou les week-ends. »

Conséquence : des problèmes de recrutements. Rien qu’aux Genêts d’or, 106 postes sont vacants. « Il y a un effet cumulatif jamais vu dans ce secteur, reconnaît Joël Goron. Et les perspectives du Ségur créent des inégalités au sein de nos équipes : au 1er janvier 2022, seulement 10 % de notre personnel touchera la prime de 183 €. » Il appelle ainsi, comme les manifestants, à une généralisation du Ségur dans le médico-social. Le collectif employeurs-syndicats, créé à cette occasion, va remettre une pétition aux huit députés et quatre sénateurs bretons pour qu’ils interviennent concrètement auprès du gouvernement.

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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 05:48

 

Quel sport voulons-nous ? 

 

L’avenir des associations sportives, durement éprouvées par le confinement, se joue maintenant et devrait être la première préoccupation du gouvernement, qui pour le moment n'a prévu aucun plan d'urgence. Ce serait pourtant indispensable, d’autant plus que les principales ressources des clubs reposent sur les cotisations des familles et les subventions des collectivités qui sont elles-mêmes en difficulté.

Il y a un risque évident de tension entre les clubs locaux et les fédérations sportives en course pour récupérer des subventions et regagner des licencié·e·s. Certains clubs peuvent être tentés d'augmenter leurs cotisations au risque d'accroître les inégalités d'accès au sport. Pourtant, bien au contraire, dans cette période la priorité devrait être la réduction du coût des licences pour les familles et même envisager la gratuité.

Pour cela, un changement de cap dans la politique sportive nationale s’impose. Le service public du sport devrait s’articuler autour de deux priorités, l'éducation physique et sportive à l'école et les associations sportives, les deux pierres angulaires du droit d'accès au sport. Plutôt qu'instrumentaliser les clubs sportifs en les transformant en prestataires de service de l'Éducation nationale au détriment de la vie associative et de l'EPS comme le proposent des député·e·s de la majorité, le gouvernement devrait décréter un plan national de relance pour les clubs.

Ce plan de relance de la pratique sportive en club pourrait bénéficier d’une aide de l'État à la prise de licence à hauteur de 50 % sur critère sociaux et une indexation sur la base du quotient familial. Une prise en charge des collectivités territoriales d'une autre part de la licence pourrait également fortement réduire les coûts de la pratique pour les familles. Mais, pour cela, le gouvernement doit être ambitieux, avec le doublement immédiat des crédits dédiés au sport et leur progression pour atteindre 1 % du budget de la nation.

Le financement du sport devrait d’ailleurs être entièrement revu et sécurisé. Au regard du rôle essentiel la pratique d'un sport pour la santé publique et le lien social, il devrait être un volet à part entière de la Sécurité sociale. De même que les contributions salariales et patronales alimentent le budget de la Sécurité sociale, une part des cotisations sociales pourrait utilement être consacrée au sport, ce qui sécuriserait ainsi un service public du sport d'une nouvelle ère.

Il est possible de proposer des idées : cliquer sur le lien ci-dessous.

https://www.lafranceencommun.fr/pour_le_sport

 

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23 octobre 2021 6 23 /10 /octobre /2021 05:46
 
Que faut-il changer dans la mondialisation ? Quelles coopérations nouvelles ?

 

La mondialisation capitaliste piétine les exigences sociales, démocratiques, humaines et écologiques. L'impasse et la nocivité des logiques de domination, de profit et de compétition au plan européen et international, les modes de développement et de consommation qu'elles induisent, leur impact sur les écosystèmes, le climat et la biodiversité, les souffrances sociales qu'elles provoquent et les atteintes démocratiques sur lesquelles elles s'appuient, appellent à de profondes remises en cause et ruptures.

Pour combattre durablement les inégalités sociales, économiques comme sanitaires, cette crise l'a démontré, l'humanité a besoin de dépasser une mondialisation et une construction néolibérale européenne du chacun pour soi et du seul contre tous et, contre la guerre économique et la montée des tensions internationales mettre en oeuvre une culture de la paix.

Désormais, toutes les sociétés humaines interagissent. Dans ce cadre, plus qu'auparavant, la lutte contre les menaces sanitaires, environnementales et pour de profondes avancées sociales et démocratiques est devenue déterminante pour atteindre un objectif de sécurité humaine collective. Il ne saurait exister, et encore moins perdurer, d'« îlots de prospérité et de paix » dans un océan de misère, d'injustice et d'humiliation.

La santé est un droit humain fondamental, elle doit être considérée comme un bien commun universel et c'est le moment de mettre à l'ordre du jour tant dans nos pays qu'au plan régional et mondial, le soutien déterminé à des politiques de santé publique et de protection sociale offensives reposant sur les piliers de la prévention, des soins, de l'accompagnement et de la recherche. Le besoin de sortir du cadre marchand le médicament et la recherche médicale est devenu incontournable. Le vaccin à venir contre la Covid-19 doit être un bien public. Il est donc urgent que les sanctions économiques imposées aux pays ciblés par Washington soient immédiatement levées et de donner ses pleins moyens politiques et financiers à l'Organisation mondiale de la santé pour qu'elle joue pleinement son rôle d'appui aux États, et atteigne l'objectif de garantir le droit et l'accès universels à la santé et à la protection sociale.

L'heure est à la construction de solides mécanismes de coopération et à une nouvelle conception des relations et échanges internationaux libérés de la domination du dollar au plan mondial et en Europe, du pacte de stabilité et des traités qui ont confisqué aux peuples des pays membres de l'UE leur souveraineté. En construisant des rapports de force sociaux et politiques dans chaque État et en Europe en général, un nouveau pacte social et démocratique entre peuples et nations d’Europe peut s'imposer en vue de jeter les bases d’une Union des peuples et des nations, libres, souverains et associés.

La remise en cause du modèle productif et de développement, et la lutte contre les inégalités socio-économiques dans chacun de nos pays, comme à l'échelle régionale et mondiale, ne peuvent plus être différées et doivent devenir la priorité politique des échanges et de la coopération multilatérale onusienne. Car assurer les droits fondamentaux sociaux et démocratiques et des revenus stables aux travailleur·euse·s du monde entier, c'est ouvrir un véritable chemin de sortie de crise du système capitaliste. La sécurité sanitaire, la santé publique, l'emploi, l'éducation, la souveraineté alimentaire, énergétique, l'accès à l'eau, le respect des droits et libertés sont plus fondamentaux que les 2 000 milliards de dollars engloutis à l'échelle mondiale dans les stratégies politico-militaires. Une vaste stratégie de désarmement et de dénucléarisation doit accompagner une réorientation des fonds vers les urgences et exigences sociales, écologiques, démocratiques, et le renforcement des capacités

 

Il est possible de proposer des idées : cliquer sur le lien ci-dessous.

https://www.lafranceencommun.fr/agir_pour_la_paix_et_la_cooperation_en_europe_et_dans_le_monde

 

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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 17:32
Les 4 élues du groupe communiste au Conseil Régional de Bretagne: Kätja Kruger, Gladys Grelaud, Delphine Alexandre, Gaby Cadiou

Les 4 élues du groupe communiste au Conseil Régional de Bretagne: Kätja Kruger, Gladys Grelaud, Delphine Alexandre, Gaby Cadiou

DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE

Groupe des élues communistes et progressistes

Conseil Régional

Réunion des 14 et 15 octobre 2021

Intervention liminaire de Delphine Alexandre

Monsieur Le président, cher.e.s collègues,

Étonnante période que celle qui précède les présidentielles.

Comme beaucoup de nos concitoyens, nous assistons, désabusés, à un savant matraquage médiatique. D'émissions dites d' « expression politique » en sondages alambiqués, tout semble bouclé. L'électeur n'a plus rien à faire, le « prêt à penser » lui est offert sur un plateau.

La scène médiatique est saturée jusqu'à l’écœurement par les deux repoussoirs de l'extrême droite et de la droite extrême. Et le tandem Zemmour-Le Pen d'entamer sa valse lugubre...Tout cela serait juste pitoyable si cette omniprésence n'était aussi celle d'une violente idéologie de régression sociale, d'une tentative de fracasser le pacte républicain.

La droite classique, tente maladroitement de refaire surface, de reconquérir son électorat. Mais plutôt que d'affirmer avec force ses valeurs républicaines, elle renonce à son fond idéologique, se laisse gagner mollement par une porosité grandissante. Et cette porosité sera d'ailleurs illustrée aujourd'hui, dans notre hémicycle. Ce matin, nous aurons bien 22 signatures de droite et d'extrême droite, unies selon la volonté de Mme le Calennec et M. Penelle, qui n'ont pas hésité à se dire oui dès le premier dossier, à la première session... Un mariage un peu précipité, sans doute...

Et c’est dans ce funeste rapprochement, que Macron fait sa rentrée des classes. Depuis septembre, de façon tonitruante, une annonce n'attend pas l'autre :

1er septembre, plan « Marseille en grand », qui se chiffre en milliards d'euros… 7 septembre : 350 millions d’euros pour le « cœur de ville » … 10 septembre : il sort un chèque de 600 millions d’euros pour les agriculteurs victimes de catastrophes climatiques. Le 16 septembre, 600 millions de chèques énergie ; puis les pourboires, les remboursements des psys, puis 15 millions d’euros pour les animaux…

Bien sûr nous nous réjouissons du soutien de l’État à des problématiques sur lesquelles nous alertons depuis longtemps.
 

Mais dans ce florilège d'annonces : rien sur la conditionnalité des aides publiques. La financiarisation de l’économie continue de favoriser les décisions de court terme. La libéralisation des mouvements de capitaux conduit au démantèlement de sites rentables. Les salariés de la fonderie de Bretagne, située dans le Morbihan, ont à coup sûr développé une analyse fine du sujet. N'oublions pas que Renault a touché des milliards d'aides publique sans contrepartie. Renault a délocalisé l'activité à l'étranger et s'apprête à liquider la boite tout en cultivant une opacité funeste sur d'éventuelles transactions, y compris dans le CSE d’hier, livrant la vie de ces salariés et de leurs familles à un avenir incertain.

Les Marseillais, quant à eux, apprécient légitimement les annonces faites dans leur ville. Mais n'oublions pas que les collectivités ont besoin d'accompagnement et d'engagements sur le long terme, soit l’inverse de ce qui se fait depuis le début du quinquennat. Ces effets d'annonce ne font pas oublier le contrat de Cahors et le désengagement massif des deniers publics vers nos régions, nos départements et nos communes. 

Et comme on n'arrête plus le président-candidat, ce mardi 12 octobre, c'est 30 milliards d'euros qui ruissellent... mais uniquement vers les entreprises. Pour la majorité de la population, ça reste compliqué. Notre sort est scellé : « il faudra travailler plus ». Et Macron avoue une difficulté de taille en s'exclamant : « Je ne crois pas qu’on arrivera à réduire notre modèle social » mais « il faudra rendre les mêmes services avec moins d’argent ».

Toujours la même logique libérale et technophile qui préside à ce nouveau plan d’investissement. Pour l’économiste Julien Rivoire, d’Attac, (je cite)« le projet d’Emmanuel Macron n’est pas de répondre aux besoins sociaux et environnementaux mais à ceux du capital, avec cette unique obsession : dégager de nouveaux profits à l’horizon 2030. Il n’y a rien sur les enjeux de sobriété, rien sur les services publics, rien sur les relocalisations… » Pour Greenpeace (je cite encore)«  Toutes ces fausses solutions suivent une même logique : continuer à produire comme si les ressources de la planète étaient illimitées.  Où sont les investissements pour le ferroviaire, les économies d’énergie, la rénovation des bâtiments, la reconversion des salariés des secteurs polluants ? »

Ces milliards d'euros d'argent public vont donc financer l'investissement industriel. Pourquoi pas ? Nous aussi nous plaidons en faveur d'une réindustrialisation. Mais quid des contreparties en terme d'emplois ? En terme de socio ou d'éco-conditionnalité ? Ce n'est visiblement pas à l'ordre du jour.

Alors, dans cette grande confusion de la scène nationale, nous, élus régionaux, abordons cette session avec sérénité, humilité et souci de servir l'intérêt général.

Alors que l'immense majorité des familles populaires doit se serrer la ceinture, vit de plein fouet l'« après-crise », avec l'augmentation insensée des prix du logement, des denrées alimentaires, du tarif de l'énergie, nous allons penser nos politiques publiques comme compensatoires et protectrices dans l'immédiat, et plus structurellement innovantes et anticipatrices, pour nous garantir un avenir serein.

Nous nous inscrivons en cela, dans la continuité de nos prédécesseurs qui, depuis 2004, ont su mettre en œuvre de grandes ambitions publiques. Et dans cette continuité, les valeurs de gauche, de fraternité, de solidarité sur l'ensemble du territoire régional impriment chacune de nos orientations politiques.

Ainsi, le bordereau portant sur « la tarification régionale unique et sociale pour les services de restauration et d'hébergement des lycées publics » de Bretagne illustre cet engagement politique. Il répond aux attentes des familles les plus modestes, très fragilisées par une reprise où l'emploi et les salaires ne sont pas au rdv mais où la baisse des allocations chômage est, elle, effective. Le « baromètre de la pauvreté » paru début septembre objective bien la fragilisation sociale croissante dans le pays. Les jeunes sont les premiers à basculer dans la pauvreté. Les familles aux revenus modestes ensuite. Et l'étude le montre : 30 % des personnes interrogées éprouvent des difficultés à réaliser 3 repas sains/jour. 40% des familles ont du mal à faire face aux dépenses liées aux enfants.

Cette mesure exemplaire se trouve au cœur de nos préoccupations

  • Celle d'une justice sociale qui promeut un enseignement pour toutes et tous, qui rappelle notre attachement au bien commun de l'Ecole gratuite, laïque et ouverte à tous. Nous savons depuis longtemps que l’écoute des élèves n’est pas la même selon qu’ils ont le ventre vide ou plein.

  • Sur l’aspect sanitaire aussi : la mesure a vocation à engager l'aspect qualitatif, par l'éducation des jeunes au « bien manger » mais également par l'installation de jeunes producteurs aux pratiques agricoles vertueuses. Le CRB affirme ici sa volonté affirmée de justice environnementale, avec constance et pugnacité. Comme elle soutient l'installation d'agriculteurs, elle soutient les reconversions en bio, favorise le désherbage mécanique, réduit l'utilisation de pesticides.

Mardi est paru le rapport de la commission au conseil et parlement européen sur la mise en œuvre de la directive nitrate. Un rapport sévère, alarmant...

Il nous indique que la qualité des eaux s'est améliorée mais très lentement depuis 2012. (Je cite) : « les fruits mûrs sont déjà cueillis et des mesures plus ambitieuses sont maintenant nécessaires pour améliorer cette tendance positive ». La France est classée dans les états où la pollution n'est pas suffisamment prise en considération et appelle à des changements radicaux des mesures en place. »

Parallèlement, l'Europe, toujours elle, vient de lancer de façon incompréhensible, un plan de financement pour l'achat de buses d’épandage de produits phytosanitaires. Cherchez l'erreur...

Plutôt qu'aider aux investissements sur les pulvérisateurs, il faut donner des moyens aux paysans et aux paysannes d'assurer une transition agro-écologique des systèmes de production. C’est le sens de notre action en Bretagne.

M. le Président,

mes chers collègues.

Sur tous ces sujets, les élues du groupe communiste et progressiste seront au travail avec vous au quotidien, avec cohérence, pour faire de la Bretagne un territoire toujours plus juste et plus solidaire.

Je vous remercie.

 

L’intervention régionale post-séisme

dans le cadre de la coopération décentralisée avec le territoire de la Grand’Anse

Groupe des élues communistes et progressistes

Conseil Régional

Réunion des 14 et 15 octobre 2021

Présentation de Katja Krüger

 

M. le Président,

Mes chers collègues.

Le 14 août 2021, Haïti a été frappé par un séisme de magnitude 7,2. Ce pays, un des plus pauvres du monde, en proie depuis presqu’un siècle à des crises politiques quasi permanentes dont le paroxysme est atteint avec l’assassinat du Président Jovenel Moïse en juillet 2021, régulièrement touché par des ouragans et d’autres évènements climatiques a ainsi connu une fois de plus un drame humanitaire. Après le séisme de 2010, un des plus meurtriers jamais connu, l’ouragan Matthew en 2016 qui a causé plus de 1000 morts et des dégâts considérables, le séisme de cette année plonge le pays à nouveau dans une situation extrême.

La solidarité internationale, profondément ancrée dans les valeurs et la tradition de notre région, se traduit par de nombreuses actions concrètes sous forme de coopération décentralisée ou l’aide d’urgence.

Aujourd’hui ce sont les Haïtiennes et les Haïtiens qui ont besoin de notre solidarité.

La Région Bretagne mène, depuis 10 ans, une coopération avec le territoire de la Grand’Anse en Haïti et plus particulièrement avec l’Association des Maires de Grand’Anse (AMAGA). Plusieurs missions, menées conjointement avec notamment le Conseil départemental des Côtes d’Armor et de la Ville de Nantes et Nantes Métropole ont permis des échanges avec les partenaires sur place et la mise en place d’actions concrètes.

Depuis 2017, le programme agricole est devenu l’axe majoritaire d’intervention de la Région Bretagne avec deux principaux objectifs:

contribuer à la sécurité alimentaire en accompagnant la structuration des activités agricoles permettant une meilleure productivité, la lutte contre la déforestation et l’érosion des sols en développant des activités agro-écologiques, sur le principe notamment du jardin créole, génératrices de revenus se substituant ainsi à l’économie du charbonnage.

Concrètement, il se décline en 6 actions la plantation d’arbres fruitiers et forestiers, maraîchage, production de semences, installation de pépinières, formation aux pratiques agri-écologiques, création d’ateliers de transformation destinés à réduire les pertes post-récolte et à commercialiser des produits agricoles.

Ce programme est animé par une équipe technique composée d’un ingénieur agronome et de 4 techniciens agricoles. Dans l’objectif de monter en compétences ces agents notamment sur les outils de reporting, la recherche de financements et l’inscription de l’AMAGA dans des programmes internationaux, la Région Bretagne a mandaté, en octobre 2020, l’ONG Agronomes et Vétérinaires Sans Frontière (AVSF) qui dispose d’une équipe de consultants en Grand’Anse pour les accompagner. La mission s’est révélée concluante pour les deux parties.

Souvent surnommée le grenier d’Haïti, la Grand’Anse disposait d’une agriculture qui fournissait 46% de la consommation alimentaire nationale.

L’ouragan Matthew, conjugué à une période de sécheresse, a complètement anéanti le secteur agricole en Grand’Anse. 95% des parcelles cultivées ont complètement été ravagées, 70% du bétail a péri. Des aides post-Matthew ont donc constitué à faire face aux risques de famine et à aider les habitants à disposer du matériel nécessaire pour entreprendre des cultures à cycle court et à pouvoir se nourrir très rapidement.

Le séisme du mois d’août a touché 3 départements : les Nippes, le Sud et la Gand’Anse. Il a été suivi d’une tempête tropicale accompagnée de pluies diluviennes qui ont amplifié les dégâts déjà causés. Cette catastrophe a sérieusement endommagé les infrastructures routières, sanitaires (restreignant notamment l’accès à l’eau potable déjà compliqué) et, avec la destruction des habitations, laisse des milliers de personnes sans abri.

Les premiers éléments de bilan montrent bien à quel point la Grand’Anse va être confrontée à une lourde et longue phase de reconstruction du secteur agricole. Les pertes du secteur agricole (en l’occurrence infrastructures, pertes des récoltes, remise en état des parcelles cultivées) ont été estimées par la Direction Départementale Agricole de la Grand’Anse à 5 975 854 000 gourdes soit près de 51 millions d’euros.

L’aide d’urgence par l’intermédiaire des ONG est organisée en tirant les enseignements des catastrophes précédentes. Pour éviter la concentration des aides sur certaines zones, les autorités locales souhaitent centraliser et coordonner les interventions. Lors du précédent séisme et du passage de l’ouragan Matthew, des sinistrés vivant dans des villages reculés avaient été totalement oubliés par les ONG.

En tout état de cause, les résultats du programme agricole qui était l’objectif majeur de la coopération décentralisée ont été en grande partie anéantis et sont aujourd’hui à reconstruire.

Un travail a été engagé avec l’équipe technique de l’AMAGA pour identifier les besoins les plus pressants afin de réduire les risques d’insécurité alimentaire et de commencer à faire un état des lieux des travaux à entreprendre.

Dans cette perspective, il est proposé que l’intervention de la Région puisse se déployer en deux phases.

Une première phase permettrait de soutenir l’ONG ACTED dans les dispositifs déployés pour répondre aux besoins alimentaires (distribution de paniers alimentaires, remise de coupons alimentaires...) dans quatre communes de la Grand’Anse (Roseaux, Pestel, Corail et Jérémie).

Cette ONG est présente en Haïti depuis 2004 et dispose de bureaux dans deux communes de la Grand’Anse (Jérémie et Anse d’Hainault). Après le passage de l’ouragan Matthew, la Région Bretagne avait déjà apporté une aide d’urgence à ACTED.

Aujourd’hui, cette intervention trouverait écho aux objectifs de sécurité alimentaire inscrit dans le cadre de la coopération décentralisée et pourrait se mettre en œuvre en y associant notre partenaire local qu’est l’Association des Maires de la Grand’Anse.

La deuxième phase consiste à travailler avec notre partenaire local, l’AMAGA, à la reconstruction du programme agricole en y associant AVSF pour consolider les moyens humains nécessaires à ce projet et à déployer sur la Grand’Anse une action concertée avec l’ensemble des acteurs présents. L’AMAGA est associée aux phases de bilans pilotées par la Direction Départementale de la Grand’Anse et travaille actuellement à la relance des projets agricoles. L’équipe sera fortement mobilisée sur les modalités de remise en état des parcelles de jardins, des travaux à entreprendre pour la réhabilitation des ateliers de transformation, lieux de stockage et, dans un temps plus immédiat à la recapitalisation des ménages agricoles (acquisition et distribution de semences, rachat et équipement d’outils agricoles, acquisition de petit bétail).

Enfin, l’AMAGA nous aidera à bien déterminer les besoins en terme de reconstruction ce qui permettra à la Région de travailler avec la fondation Architectes de l’urgence.

Mes chers collègues,

Cette aide va au-delà d’une simple enveloppe que nous enverrions à Haïti, tant elle cherche à accompagner les acteurs locaux dans une reconstruction tournée vers la transition agro-écologique, tout en s’appuyant sur les modèles existants fonctionnels. Dans ce programme que je vous propose d’adopter, les femmes y ont également toute leur place et nous ne pouvons que nous en féliciter.
 

RAPPORT D’ACTIVITÉS ET DE DÉVELOPPEMENT DURABLE 2020

Groupe des élues communistes et progressistes

Conseil Régional

Réunion des 14 et 15 octobre 2021

Intervention de Gaby Cadiou

Monsieur le Président, chèr·e·s collègues,

Le rapport d’activité et de développement durable, présenté chaque année en session, rend compte de l’action du conseil régional de Bretagne dans la durée et de fait répond aux exigences démocratiques. Il évolue au fil des ans, en lien avec des évènements, projets forts de l’année ou au gré des propositions et apports du CESER.

Dans son rapport sur le RADD, le CESER justement estime que le RAP 2020 ne permet pas d'avoir une approche satisfaisante de la politique jeunesse du Conseil régional. Certes les synthèses du RAP rendent compte de la politique régionale de la jeunesse mais il faut également noter qu’elles sont parfois un peu courtes et peuvent sembler dispersées.

Et c’est là tout le sens, il me semble, de la commission Jeunesse, égalité et citoyenneté que j’ai l’honneur de présider et qui travaille pour garantir la transversalité des enjeux jeunesse.

Nous devons à ce titre être plus que jamais vigilants sur l’état de santé des jeunes dont la situation préoccupante s’est accentuée durant la période du confinement avec une réelle détresse psychologique. Le RAP fait apparaître une diminution de la fréquentation des Points d’Accueil Écoute Jeunes même si le besoin de ce service était fort en 2020.

Des points d’écoute ont simplement dû fermer leurs portes sur le premier confinement et nous savons déjà que les chiffres de fréquentation 2021 seront plus importants que ceux de 2020 et que de nouveaux points d’accueils ouvrent, sur Auray et Pontivy par exemple dans les prochains jours.

Faire de la jeunesse ou plutôt des jeunesses une priorité c’est aussi continuer le travail d’animation du Plan breton de mobilisation de la jeunesse mené conjointement entre l’Etat et la Région et co-construit depuis 2018 avec la Conférence Jeunesse (qui réunit les collectivités, les acteurs jeunesse et les jeunes eux-mêmes). Ce plan sert de colonne vertébrale à la politique régionale jeunesse. Il se compose de 16 chantiers, dont les actions en lien avec les jeunes financées par ce programme : comme les PAEJ, Accélérateurs Initiatives Jeunes, et Corres’santé, dispositif de prévention santé par les pairs.

Nous n’oublions pas non plus la question du logement et savons pouvoir compter sur le travail qu’aura à mener Fanny CHAPPE en charge de l’habitat, notamment sur l’habitat des jeunes. Prendre en considération les post bacs, les jeunes diplômés qui ne peuvent pas rester là où ils et elles le souhaiteraient car même en ayant un emploi, l’absence ou la difficulté à trouver un logement rend impossible parfois l’installation. Un travail de réflexion globale est à mener avec les jeunes sur leurs territoires.

 

Le RADD c’est aussi le rapport égalité femmes-hommes. Cette 6ème édition d’un travail, que nous menons ici depuis 2004, et ce avant que la loi ne nous l’impose, est un outil de qualité, qui n’a cessé de s’enrichir, tant dans le nombre de rubriques et politiques traitées que dans le nombre d’indicateurs analysés qui sont passés de 45 à 99 entre 2015 et 2020.

Sans surprise, malheureusement, le rapport note la dégradation de la situation des femmes durant la crise sanitaire. : le nombre de victimes de violences conjugales a trop lourdement augmenté (+ 46% dans les Côtes d’Armor !!!!).

Nous devons pouvoir accompagner les femmes qui représentent 80% des familles monoparentales. Nous devons pouvoir les soutenir, améliorer leur accès aux droits et plus généralement aux services publics.

Nous sommes au travail pour doter la Région des meilleurs outils avec toutes les actrices et tous les acteurs concerné.e.s. Intégrer l’égalité femmes – hommes à tous les budgets et l’égaconditionnalité sont des pistes à approfondir.

« Chausser les lunettes de l’égalité femmes-hommes », grâce à ce RADD dans une période de re - questionnement des politiques publiques régionales, est indispensable et constitue l’exercice que nous devons mener. Ce travail est essentiel afin que chaque dispositif ne transmette pas ou ne crée pas une inégalité femme-homme supplémentaire.

Pour terminer mon propos, permettez-moi d’emprunter quelques mots à Simone de Beauvoir :

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise économique, politique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

Pour conclure, évoquant aujourd’hui la jeunesse et l’égalité femme-homme, je ne peux m’empêcher de penser aux femmes, aux jeunes filles et aux enfants d’Afghanistan qui vivent l’horreur absolue de ne plus avoir le droit d’apprendre, de savoir, de vivre, en 2021.

Pour elles, pour eux, pour nous toutes et tous, nous avons le devoir d’être « vigilants et vigilantes ». C’est bien plus qu’un combat de femmes, c’est un combat d’humanité !

 

CONTRAT PLAN ÉTAT RÉGION

Groupe des élues communistes et progressistes

Conseil Régional

Réunion des 14 et 15 octobre 2021

Intervention de Gladys Grelaud

Monsieur le Président,

Chèr·e·s collègues,

Avec ce gouvernement quand ce n’est pas le budget de l’Etat qui est contraint, c’est son calendrier.

Si le CPER est un outil de cadrage politique et financier important, il n’y a aucune obligation à le signer et donc, aucune raison de nous précipiter.

Le dernier contrat s'est arrêté au 31 décembre dernier, et si nous pouvons ressentir de l'impatience quant à la réalisation du prochain, rien ne nous oblige non plus à signer une version incomplète.

De notre point de vue, une somme d'éléments technocratiques qui fait quand même l'impasse sur de nombreuses questions auxquelles sont confrontées quotidiennement les Bretonnes et les Bretons et qui nécessitent des moyens.

Dans ce plan, il y a nos jeunes. Les jeunes, les étudiants bretons de BTS en master qui vivent en moyenne avec un des revenus avoisinant le RSA, à qui on a réduit les allocations logement, qui n'ont plus droit au repas à 1€ au restaurant universitaire, qui doivent de plus en plus prendre des emplois pour survivre, et pour qui les logements étudiants publics accessibles sont essentiels à leur réussite, cet enjeu est financé par le CPER.

Je souhaitais juste rappeler que comme à l’habitude du gouvernement, ce n’est ni sa communication ni ses applaudissements pour les premiers de cordées bretonnes, qui rempliront leur frigo et qui ont davantage besoin et d’un salaire digne et d’investissements publics forts pour les accompagner tout au long de leur vie.

Ensuite, aujourd’hui, de nombreuses bretonnes et bretons sont en emploi. Effectivement. Ces caissières, ces aides-soignantes, ces magasiniers, ces livreurs qui doivent vivre, comme dans le reste de la France, avec un smic à 1258€ et pour qui avoir une politique ambitieuse en matière de transport en commun est incontournable et pourra l’être davantage avec l’investissement de l’Etat dans le CPER. Pourquoi ? et bien parce que plus que jamais pour éviter que les premiers de cordées préfèrent mettre leur maigre salaire autre part que dans leur réservoir. Et je n’évoque pas, par décence, la charité, proposée par Emmanuel Macron avec les défiscalisations des pourboires.

Il y a aussi ceux qui sont privés d’emploi et pour qui les politiques en matières d’insertion et d’emploi sont essentiels. Le Contrat de plan état région finance cette ambition et si l’Etat réduit sa part, toutes les Bretonnes et tous les Bretons sont impactés.

Aujourd’hui, le gouvernement baisse et brouille les budgets identifiés du CPER Bretagne.

Les enjeux sont de taille.

Notre responsabilité est de faire de ce CPER un outil d’aménagement solidaire et équilibré des territoires en réponse aux besoins des Bretonnes et des Bretons.

Ils ne doivent pas faire les frais d’un Etat qui contraint les budgets, comme je viens de l’argumenter, sur les plus fragiles d’entre nous.

Pour faire face aux nombreux défis qui nous attendent, et auxquels nous avons déjà à répondre, nous avons besoin que l'État se réengage pleinement à nos côtés. La Bretagne de demain, celle du monde d'après, est indissociable du maintien et du renfort des services publics, d'une politique industrielle ambitieuse qui se construit avec et pour les territoires.

Et pour finir, sur le soutien au monde de l'entreprise, nous portons un point de vigilance particulier sur les aides publiques qui leur sont apportées. Les exemples sont légions d'entreprises et d'industrie, décidant du jour au lendemain de licencier leurs salariés pour augmenter leurs dividendes alors même qu'elles ont été largement subventionnées par de l'argent public.

Nous demandons à ce que soit intégrée la conditionnalité de ces aides, qu'elles soient octroyées contre des contreparties sociales et environnementales, de maintien et de renfort de l'emploi et d'engagements clairs pour la préservation de notre environnement.

Monsieur le Président, pour tout ce travail encore à mener les prochaines semaines et les prochains mois sur ce sujet, vous pourrez compter sur le soutien et les propositions des élues communistes et progressistes.

Je vous remercie.
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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 17:24
Photo de Gladys Grelaud (conseil régional de Bretagne)

Photo de Gladys Grelaud (conseil régional de Bretagne)

 
Lien vidéo avec les interventions:
 

Groupe des élues communistes et progressistes

Conseil Régional

Réunion des 14 et 15 octobre 2021

Intervention de Gladys Grelaud

Avec ce gouvernement quand ce n’est pas le budget de l’Etat qui est contraint, c’est son calendrier.

Si le CPER est un outil de cadrage politique et financier important, il n’y a aucune obligation à le signer et donc, aucune raison de nous précipiter.

Le dernier contrat s'est arrêté au 31 décembre dernier, et si nous pouvons ressentir de l'impatience quant à la réalisation du prochain, rien ne nous oblige non plus à signer une version incomplète.

De notre point de vue, une somme d'éléments technocratiques qui fait quand même l'impasse sur de nombreuses questions auxquelles sont confrontées quotidiennement les Bretonnes et les Bretons et qui nécessitent des moyens.

Dans ce plan, il y a nos jeunes. Les jeunes, les étudiants bretons de BTS en master qui vivent en moyenne avec un des revenus avoisinant le RSA, à qui on a réduit les allocations logement, qui n'ont plus droit au repas à 1€ au restaurant universitaire, qui doivent de plus en plus prendre des emplois pour survivre, et pour qui les logements étudiants publics accessibles sont essentiels à leur réussite, cet enjeu est financé par le CPER.

Je souhaitais juste rappeler que comme à l’habitude du gouvernement, ce n’est ni sa communication ni ses applaudissements pour les premiers de cordées bretonnes, qui rempliront leur frigo et qui ont davantage besoin et d’un salaire digne et d’investissements publics forts pour les accompagner tout au long de leur vie.

Ensuite, aujourd’hui, de nombreuses bretonnes et bretons sont en emploi. Effectivement. Ces caissières, ces aides-soignantes, ces magasiniers, ces livreurs qui doivent vivre, comme dans le reste de la France, avec un smic à 1258€ et pour qui avoir une politique ambitieuse en matière de transport en commun est incontournable et pourra l’être davantage avec l’investissement de l’Etat dans le CPER. Pourquoi ? et bien parce que plus que jamais pour éviter que les premiers de cordées préfèrent mettre leur maigre salaire autre part que dans leur réservoir. Et je n’évoque pas, par décence, la charité, proposée par Emmanuel Macron avec les défiscalisations des pourboires.

Il y a aussi ceux qui sont privés d’emploi et pour qui les politiques en matières d’insertion et d’emploi sont essentiels. Le Contrat de plan état région finance cette ambition et si l’Etat réduit sa part, toutes les Bretonnes et tous les Bretons sont impactés.

Aujourd’hui, le gouvernement baisse et brouille les budgets identifiés du CPER Bretagne.

Les enjeux sont de taille.

Notre responsabilité est de faire de ce CPER un outil d’aménagement solidaire et équilibré des territoires en réponse aux besoins des Bretonnes et des Bretons.

Ils ne doivent pas faire les frais d’un Etat qui contraint les budgets, comme je viens de l’argumenter, sur les plus fragiles d’entre nous.

Pour faire face aux nombreux défis qui nous attendent, et auxquels nous avons déjà à répondre, nous avons besoin que l'État se réengage pleinement à nos côtés. La Bretagne de demain, celle du monde d'après, est indissociable du maintien et du renfort des services publics, d'une politique industrielle ambitieuse qui se construit avec et pour les territoires.

Et pour finir, sur le soutien au monde de l'entreprise, nous portons un point de vigilance particulier sur les aides publiques qui leur sont apportées. Les exemples sont légions d'entreprises et d'industrie, décidant du jour au lendemain de licencier leurs salariés pour augmenter leurs dividendes alors même qu'elles ont été largement subventionnées par de l'argent public.

Nous demandons à ce que soit intégrée la conditionnalité de ces aides, qu'elles soient octroyées contre des contreparties sociales et environnementales, de maintien et de renfort de l'emploi et d'engagements clairs pour la préservation de notre environnement.

Monsieur le Président, pour tout ce travail encore à mener les prochaines semaines et les prochains mois sur ce sujet, vous pourrez compter sur le soutien et les propositions des élues communistes et progressistes.

 
 
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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 08:13

 

« Je m’en souviendrais et ça fait un bien fou. » « Merci de parler politique de manière concrète avec de l’échange, des témoignages, des propositions et un candidat à la présidentielle qui parle vrai. » « Bravo à vous de nous sortir du débat présidentiel focalisé sur les thèmes de l’extrême droite et de parler du sujet de préoccupation numéro un des Français, la santé. »

 

 

Ce samedi soir à Ramonville en Haute-Garonne, nombreux sont ceux qui s’expriment ainsi parmi les plus de 700 participants aux rencontres des jours heureux de la Santé, Recherche et Vaccins, après l’intervention de Fabien Roussel candidat de la France des jours heureux.

Au-delà des ovations et applaudissements nourris, des « Fabien Président » et de l’enthousiasme des nombreux jeunes présents, il y a chez toutes celles et tous ceux qui ont entendu les témoignages et le discours du candidat du monde du travail une satisfaction, une joie d’avoir participé à un moment de construction politique commune. Dans l’assistance il y a de nombreux militants et militantes du PCF avec leurs élus, mais aussi plusieurs élus divers gauche et de nombreux syndicalistes ou associatifs venus découvrir le candidat du monde du travail et la forme nouvelle de ce meeting participatif.

Dès le début d’après-midi le ton est donné. Lors d’une rencontre avec une vingtaine de chercheurs ou enseignants-chercheurs, Fabien Roussel exprime son engagement de campagne, sa volonté de passer un pacte avec les Français pour un projet politique, une république sociale qui s’émancipe du poids du capital et qui donne toute sa place au monde du travail de la création et de la recherche. Une Recherche fondamentale qui doit être soutenue et où l’État doit redevenir stratège et avoir la maitrise des choix en refusant la vue à court terme des marchés financiers et leurs appels à projets. La Recherche publique doit retrouver une place prépondérante, indique Fabien Roussel face à la pandémie de la Covid, avec les manques criants en hôpitaux, en centres de santé, en soignants, en vaccins, en masques, en matériel sanitaire, mais c’est vrai aussi sur toutes les questions liées à l’aménagement du territoire, à la ré-industrialisation du pays, aux besoins en énergies décarbonées et pas chères. Une Recherche au service de l’intérêt général et de la réponse aux besoins des populations, c’est ce qu’exprimeront plusieurs participants et Bruno Chaudret, académicien des sciences, qui dans le même temps annonce son soutien à Fabien Roussel.

Durant les échanges, nombreux sont ceux qui, avec Patrick Pelloux, saluent le choix de Fabien Roussel de mettre ces questions en débat et dénoncent la poursuite des politiques de casse des hôpitaux et le besoin criant d’embauches de soignants, de médecins, d’infirmières, d’aides-soignantes, d’aides à domicile, d’administratifs.

Pierre Dharréville, député des Bouches-du-Rhône, qui accompagne le candidat à la présidentielle, rappelle le tour de France des hôpitaux des députés communistes, la proposition de loi sur l’hôpital qu’ils ont déposée et leur souci constant de faire de la santé et de la recherche une priorité des politiques publiques.

Pierre et Fabien répondront à de nombreuses questions et témoignages : celui de Lydie Laymer, médecin généraliste, dénonçant les déserts médicaux et les conditions de travail ; celui de Marie Jo Ruiz, responsable associative, appelant à de l’investissement massif pour la prise en charge du handicap ou les questions sur le libre accès au vaccin, sur l’aide globale aux malades dans la vie de tous les jours, sur la dénonciation du numérus clausus ou des conditions de travail des internes, des infirmières et la manière de faire pour que les médecins spécialistes formés par l’hôpital restent à l’hôpital. Une vingtaine d’interventions, qui toutes, avec celle de Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne, ont dressé un tableau des besoins du pays sur la santé et sur l’enjeu du vaccin pour tous.

C’est à partir de cette question, de la levée des brevets sur le vaccin pour stopper la pandémie, que Fabien Roussel, après 30 minutes de réponses directes à la salle, conclura la soirée. La priorité donnée aux moyens pour l’hôpital et les Ehpad, avec l’embauche de 100 000 soignants pour les hôpitaux et de 100 000 pour les Ehpad. Le choix d’hôpitaux et de maternités de proximité sur l’ensemble du territoire, d’un pôle public du médicament, de la sécurité sociale qu’il faut conserver, de la taxation des avoirs financiers pour répondre aux besoins de financements, le choix de la souveraineté de la France dans le cadre d’une filière industrielle sanitaire, l’engagement sur le départ à la retraite à 60 ans et à 55 ans pour les métiers pénibles au nom de la santé des salariés et employés du pays.

De nombreuses propositions sont versées au débat pour travailler au programme présidentiel de la France en commun qu’élaborent communistes et soutiens à la candidature du monde du travail pour début décembre. Via les réseaux sociaux aussi sont venus de nombreux témoignages et propositions. France 3 Occitanie a refusé d’annoncer, de filmer ou de rendre compte de ce moment, sa rédaction régionale expliquant qu’il était trop tôt pour parler de la présidentielle (sic). Argument irrecevable, alors que nous connaissons un torrent de boue médiatique sur telle ou telle candidature. Une rencontre réussie pour les organisateurs, porteuse d’espoir et vivifiante face aux choix médiatiques centrés sur l’extrême droite et qui augure des succès des prochaines. Rendez-vous a été pris pour le 21 novembre à 12 h place Stalingrad avec Fabien Roussel pour l’emploi et le pouvoir d’achat et faire vivre l’image d’une France en commun.

Pierre Lacaze

 

 

 

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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 05:43

 

Quel nouveau souffle pour la culture ? Comment permettre l’émancipation culturelle ?

Les aides et subventions aux projets engagés, les droits ouverts aux professionnels doivent être maintenus pour donner au monde de la culture le temps de redémarrer. Un plan de rattrapage devra être mis en œuvre, mettant en dynamique un service public refondé, et se préoccupant de toutes les disciplines artistiques et culturelles du spectacle vivant et des arts visuels, du cinéma, du livre, des auteur·e·s, des éditeurs et des librairies, des artistes plasticien·ne·s, comme des formes artistiques émergentes. Ce sera le moyen de sortir l’art et la culture des ornières de la marchandisation et de lui permettre de faire face au rétrécissement des débouchés.

Dans l’immédiat, il faut prévoir des aides fléchées vers l’emploi et répondre vraiment à la situation difficile des intermittent·e·s du spectacle, comme à celle encore plus critique des artistes-auteur·e·s. Un fonds d’intervention est nécessaire pour couvrir la perte d’exploitation des librairies, des maisons d’édition et des travailleur·euse·s indépendant·e·s qui leur sont lié·e·s.

Un « Valois de la presse écrite » doit être réuni face aux difficultés des titres nationaux comme régionaux. Après la mise en redressement de la société Presstalis, une société coopérative d’intérêt collectif, adossée au service public de La Poste et assurant la distribution des journaux, doit venir garantir l’égalité de traitement des titres et le pluralisme de l’information.

Une nouvelle ambition doit être déployée en faveur des services publics de l’audiovisuel, ainsi qu’une politique publique du numérique pour lutter contre les logiques qui font du web un espace totalement dérégulé.

Il convient de réunir des États généraux de la culture, nationaux et territorialisés, avec la participation de toutes les forces vives du pays, pour mettre à plat nos modèles et inventer un avenir mieux partagé. C’est une autre dynamique de civilisation qui se joue là.

 

Il est possible de proposer des idées : cliquer sur le lien ci-dessous.

https://www.lafranceencommun.fr/culture_en_force

 

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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 05:40

 

TEXTE COLLECTIF

Un fait illustre le scandale actuel : l’électricité a un coût bas en France grâce au nucléaire, or les factures flambent. C’est que tous les marchés, pétrolier et gazier, mais aussi électrique, sont désormais branchés sur les Bourses.

C’est le résultat de la déréglementation voulue par l’Union européenne (UE), avec l’accord constant des gouvernements français. La spéculation a été encouragée et elle fait rage avec de gigantesques surprofits encaissés par les firmes énergétiques, pétrolières et gazières qui dominent le marché mondial. La note de la nécessaire relance après les confinements est présentée aux usagers.

Voilà où mènent quarante années de néolibéralisme qui ont conduit au gigantesque gâchis des privatisations, tandis que les fonds ont manqué pour développer les infrastructures. Voila aussi où mènent les abandons de l’Union européenne, qui accepte durablement la dépendance aux énergies intermittentes, couplée aux importations d’énergie fossile. Cela pendant que les États-Unis, qui occupaient déjà la place de numéro un des consommateurs, sont maintenant, grâce au schiste nord-américain, le premier producteur d’hydrocarbures et font danser les marchés, sèment le chaos guerrier dans les zones de gisement, tout en faisant leurs courses en Europe avec des projets de centrales en Angleterre, en Europe de l’Est.

Il faut en finir avec la guerre froide énergétique, qui épouse la guerre froide tout court relancée par l’Otan, et s’engager véritablement dans la transition écologique, la décarbonation. Les conservateurs allemands enferment l’Europe dans l’impasse d’une transition exclusivement centrée sur le solaire et l’éolien, avec, durant cette mutation longue et incertaine, la persistance d’un fort courant d’importations d’hydrocarbures, dans une relation qui ne peut que nourrir les tensions avec les pays producteurs. Donc, la première nécessité est de promouvoir toutes les productions d’énergie non fossile, pour réduire cette dépendance. L’UE doit retrouver le chemin des contrats à long terme garantissant revenus et approvisionnement des parties, diversifier ces derniers et se doter d’une agence européenne de l’énergie régulant les échanges. Pour sortir du charbon et du pétrole, des pays se tournent vers le nucléaire.

L’UE doit développer ses potentiels en la matière, avec notamment les compétences françaises, pour sécuriser ces installations, contribuer à la réussite des transitions et aider à l’électrification et au développement pour répondre aux besoins humains. Il s’agit de sortir l’énergie de la logique marchande. L’ONU, la COP devraient être dotées de pouvoirs régulateurs en ce domaine, avec une agence internationale de l’énergie réformée et élargie, aux prérogatives étendues.

L’énergie est un bien commun mondial et, pour certaines de ses sources, menacé d’épuisement. Les instances mondiales doivent donc inciter au contrôle public et démocratique des entreprises et réseaux, éviter que sa rareté ne soit l’objet de spéculations spoliant les peuples, dégradant la planète. Immédiatement, la création d’une taxe internationale sur les superprofits des géants de l’énergie s’impose.

 

Signataires : Valérie Gonçalvès et Éric Le Lann, coauteurs de Énergie et communisme. Une vision d’avenir (Manifeste, 2021), et Didier Valette, conseiller en économie sociale et solidaire.

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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 05:34

 

Ce 18 octobre, ont débuté les « États Généraux de la justice », en présence du président de la République. Nul n’est dupe des intentions de Monsieur Macron, cette réunion intervenant à six mois de l’élection présidentielle.

 

 

Officiellement, ces États Généraux ont pour objectif de « dresser un état de la situation de la justice et de formuler des propositions concrètes pour mettre la justice au centre du débat démocratique ». 

Mais les acteurs de la justice ont déjà, depuis très longtemps, posé le diagnostic et formulé des propositions que l’exécutif n’a jamais voulu prendre en compte.

Si l’institution judiciaire a vu augmenter son budget depuis dix ans (de l’ordre de 8% en 2020), sa situation reste toujours en-deçà de la moyenne des autres pays européens. Ce qui se traduit par des moyens humains et matériels très insuffisants au regard des attentes des justiciables. 

On recense moitié moins de juges que la moyenne européenne, quatre fois moins de procureurs, des moyens budgétaires équivalents à 69,51 euros par an et par habitant tandis que les pays comparables atteignent une moyenne de 84,13 euros. Ce que ne saurait compenser l’embauche, ces cinq dernières années, de contractuels précaires.

Comme l’indiquent les organisations de magistrats, pour atteindre la médiane européenne (28,9 magistrats pour 100 000 habitants), 19 475 nouveaux juges et procureurs seraient nécessaires. Faute de quoi, au rythme de 50 créations d’emplois par an, comme ces trois dernières années, il faudra deux siècles pour rattraper notre retard…

Ce manque de moyens entraîne au quotidien la saturation dramatique des juridictions. Au point que l’instance prud’homale s’est vue sanctionner pour ses lenteurs à traiter les litiges professionnels et entraves au droit du travail de la part des employeurs. 

Tout cela aggrave la crise démocratique dans notre pays, creuse le fossé entre les Français et leur justice, nourrit la démagogie d’une droite ultraréactionnaire qui s’emploie par tous les moyens à restreindre l’État de droit.   

La résolution des litiges, comme la prévention et la sanction des incivilités, de la délinquance, de la criminalité participent de la cohésion sociale de la France.

Or, l’opacité et l’absence de dialogue dans lesquelles ont été conduites une série de réformes ces dernière années ont privé nos concitoyennes et concitoyens d’une vision de long terme sur l’avenir du service public de la justice. Tous les professionnels du droit, magistrats et greffiers, avocats et personnels de justice, en ont subi la perte de sens de leurs missions. 

Il est urgent que l’on change de braquet. Ce n’est pourtant pas l’orientation des États Généraux de cet automne,  qui laissent dans le flou leurs véritables objectifs et n’ont fait l’objet d’aucune concertation avec celles et ceux qui font vivre l’institution au quotidien.

Le Parti communiste français en appelle à la mise en oeuvre, de toute urgence, d’un grand plan de sauvetage de notre justice, dans l’objectif de la moderniser, de la démocratiser, de la rendre accessible à toutes et à tous. Ce qui suppose de prendre les moyens humains et financiers de rattraper le retard de notre justice avec les autres pays d’Europe. Il demande en ce sens que s’engagent d’urgence des discussions avec les organisations syndicales concernées, afin de répondre aux besoins d’un service public de qualité. C’est ainsi que les États Généraux seront autre chose qu’une nouvelle opération de communication du président-candidat

 

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