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13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 08:00

Talibans Kaboul leur a quasiment été offerte. Les étudiants en religion ont pris la ville sans coup férir alors que l’armée américaine négociait son retrait. Depuis, le pays vit sous la charia et les femmes sont mises au ban de la société.

L’Afghanistan s’enfonce dans les ténèbres

Un an déjà. Après avoir pris Kaboul le 15 août  2021, les autorités talibanes ont imposé de sévères restrictions aux droits des femmes et des filles, réprimé les médias et détenu arbitrairement, torturé et exécuté sommairement des critiques et des opposants présumés. Économiquement, la situation, qui était déjà difficile auparavant, ne cesse de se dégrader. Aujourd’hui, plus d’un million d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë prolongée.

Comment les talibans ont-ils repris le pouvoir ?

Lorsque le 15 août 2021, les premières cohortes de talibans sont repérées dans Kaboul, c’est l’affolement général. Pratiquement aucun combat n’a lieu mais les habitants, craignant le pire, se ruent chez eux pour préparer leurs affaires, dans les banques pour retirer de l’argent et dans les commerces pour stocker des provisions. L’arrivée des « étudiants en religion » ne constitue pas une surprise à proprement parler mais, en revanche, la rapidité avec laquelle ils se sont emparés de la capitale, et donc du pays, en est une. À peine dix jours se sont écoulés entre la prise de la première capitale provinciale, Zarandj, au Sud-Ouest, et celle de Kaboul.

Chassés du pouvoir en décembre 2001 par l’arrivée des troupes américaines, britanniques, françaises et de l’Otan, les talibans se sont d’abord regroupés dans leurs bastions du Sud et de l’Est avant de déclencher une insurrection en 2008. La puissance de feu occidentale et les milliards de dollars injectés n’y pourront rien. Et pour cause. Au début de l’été 2021, l’étau a commencé à se resserrer autour des positions gouvernementales avec un double objectif de la part des talibans : prendre le contrôle des zones rurales, encercler les centres urbains et se positionner sur les points d’accès aux frontières afin d’isoler le régime. Une offensive favorisée par l’attitude des États-Unis. Ceux-ci négocient avec les talibans à Doha (Qatar) et signent un accord en février 2020 dont l’essentiel porte sur le retrait des troupes américaines (à l’origine, en mai 2021) et l’engagement de ne pas accueillir des groupes terroristes (on sait maintenant ce qu’il en est avec l’assassinat à Kaboul, le 31 juillet, par un drone américain d’Ayman Al Zawahiri, leader d’al-Qaida, successeur de Ben Laden), mais au détriment de l’avenir du peuple afghan et surtout des femmes. Conscients de la faiblesse de leur ennemi (le pouvoir de Kaboul est alors exclu des négociations), les talibans n’avaient plus qu’à pousser leur avantage face à des troupes étrangères sur le départ et une armée afghane en déconfiture.

Outre une stratégie militaire de contre-insurrection inadaptée, un autre facteur, et non des moindres, explique également l’effondrement rapide de ce régime : les Afghans ne voulaient pas le défendre. Car le bilan est désastreux. Entre 2013 et 2020, le taux de pauvreté est passé de 40 % à 55 % de la population. 75 % des Afghans étaient déjà en état d’insécurité alimentaire. Quant aux résultats dans le domaine de l’éducation, ils sont loin d’être probants. En 2020, seules 13 % des jeunes filles poursuivaient leurs études. À l’arrivée des talibans, à l’indice de développement humain (qui combine le PIB par habitant, l’espérance de vie et le niveau d’éducation), l’Afghanistan était en 208e position sur 228. On est loin de la réussite souvent présentée et mise à l’actif de ce pouvoir.

Et puis, il y a la corruption, qui a gangrené toutes les sphères du régime. Le dernier président, Ashraf Ghani, s’est enfui à la veille de l’entrée des talibans avec, dit-on, des valises pleines de billets. Le 30 août, le dernier soldat américain quittait le tarmac de l’aéroport de Kaboul, dans une débandade organisée.

Que s’est-il passé depuis un an ?

Avant même leur retour au pouvoir, les talibans avaient pris soin de prendre des contacts internationaux en lien avec la situation régionale et les réalités géopolitiques. Tout en négociant avec les Américains, ils ont participé à des conférences à Moscou et à Pékin. Leur but est de faire reconnaître l’émirat islamique d’Afghanistan par la communauté internationale. Ils n’y sont toujours pas arrivés, notamment parce que, malgré leurs promesses, ils n’ont pas constitué un gouvernement inclusif et continuent à empêcher les jeunes filles d’étudier (lire page 4). Leur boussole demeure la charia, la loi islamique, sans que l’on sache où est le véritable pouvoir. Le guide suprême, Haibatullah Akhundzada, rassemble son puissant cercle intime de combattants vétérans et de clercs religieux dans le sud de Kandahar, fief historique des talibans, pour imposer une interprétation sévère de la charia. Mais il existe également un cercle de pouvoir à Kaboul, même si les talibans ne veulent pas parler de gouvernement et utilisent le terme d’administration.

Tout cela n’est pas suffisant pour diriger un pays pris dans la tourmente économique. La situation est d’autant plus difficile que les 7 milliards de dollars d’avoirs de la banque centrale d’Afghanistan sont gelés aux États-Unis et environ 2,6 milliards de dollars bloqués en Europe, essentiellement au Royaume-Uni. Avec la suspension également de l’aide internationale, qui portait le pays à bout de bras, l’Afghanistan est depuis plongé dans une grave crise financière et humanitaire, et voit son chômage exploser. Plus de 70 économistes ont appelé l’administration Biden, dans une lettre ouverte publiée mercredi, à débloquer ces 7 milliards de dollars d’avoirs. « 70 % des ménages afghans sont incapables de répondre à leurs besoins essentiels. Quelque 22,8 millions de personnes – plus de la moitié de la population – font face à une insécurité alimentaire aiguë et 3 millions d’enfants risquent la malnutrition », écrivent les signataires, parmi lesquels l’Américain Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001, ou encore l’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

Pour les Afghans, le quotidien est difficile. À Kaboul, devant les boulangeries, de nombreuses femmes viennent demander de l’aide. Le prix de la farine a augmenté et, avec lui, celui du pain. Dans la capitale, le nombre de mendiants ne cesse de croître. L’Afghanistan dépend plus que jamais de l’aide internationale. Mais les pays donateurs comme les institutions ne veulent pas que ces sommes soient gérées par les talibans. Le ministre de l’Intérieur, Sirajuddin Haqqani, a redit que Kaboul ne se soumettra pas aux appels internationaux qui s’opposent à la charia. « Lorsque nous deviendrons autosuffisants, l’avantage sera que nous n’aurons plus besoin du monde », veut-il croire.

Quelle est la situation des femmes ?

Si la nouvelle génération des talibans est plutôt 3.0, surfant en permanence sur les réseaux sociaux, y compris en écoutant de la musique, ce qui était interdit il y a vingt ans, il est néanmoins des lignes rouges. Celles concernant les femmes sont infranchissables, du moins officiellement. L’une des premières mesures des talibans en s’installant au pouvoir a été de débaptiser le ministère des Femmes pour le nommer ministère de la Prévention du vice et de la Promotion de la vertu. Tout un symbole. Si les petites filles peuvent encore aller à l’école, les adolescentes sont priées de rester chez elles, de même que les femmes travaillant dans la fonction publique. Dans certaines régions, cependant, les gouverneurs tendent à assouplir les mesures en offrant des options aux femmes et aux filles.

Mois après mois, les pressions se sont accentuées. Désormais, les femmes ne peuvent plus voyager seules. Il leur est fortement conseillé de porter la burqa et le ministère a mis en place une police religieuse pour les contrôler. À Kaboul, l’injonction est loin d’être respectée, mais jusqu’à quand ? Les manifestations organisées par des femmes pour faire respecter leurs droits ont été durement réprimées, certaines ont été arrêtées et battues. En novembre 2021, la poétesse Hoda Khamosh, rencontrée à Kaboul, expliquait à l’Humanité : « Quand on est dans la rue, ils nous traitent de putes. Pour eux, une femme n’est là que pour faire des enfants et s’occuper de la maison » (voir aussi, page 4, le témoignage de Zahra Mandgar).

Pour les femmes journalistes, le danger est apparu dès le premier jour. Certaines se sont vu interdire l’accès à des conférences de presse, d’autres travaillant pour des chaînes de télévision sont maintenant contraintes de porter un masque en plus du voile. Beaucoup ont quitté le pays ou tentent encore de le faire, pas toujours avec succès.

Si tout n’est pas imputable aux talibans, la réalité économique accentue certaines pratiques comme les ventes d’enfants ou d’organes, pratiques malheureusement courantes, y compris avant le 15 août 2021. « En Afghanistan, tout contribue à favoriser les mariages précoces et les mariages forcés, explique ainsi Stéphanie Sinclair, de l’ONG Too Young to Wed (trop jeune pour se marier). Vous avez un gouvernement patriarcal, la guerre, la pauvreté, la sécheresse, des filles qui ne peuvent plus aller à l’école. Avec tous ces facteurs, nous savions que les chiffres du mariage des enfants allaient exploser. »

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13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 05:49

 

 

 

 

 

 

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13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 05:28

 

Alors que se succèdent les journées de canicule avec une multiplication des incendies en France et en Europe, nous avons, au matin du 15 juillet, lu attentivement et sélectionné quelques dépêches diffusées de très bonne heure par l’Agence France Presse (AFP). Leur analyse permet de mettre en exergue les contradictions qui poussent à la croissance des émissions de gaz à effet de serre en cet été 2022.

On dit que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Pour les journalistes, lire les informations les plus matinales de l’AFP valide ce dicton. À 4H45 le 15 juillet, une dépêche de l’Agence expliquait qu’au Brésil 830.000 km2 de la forêt amazonienne sont des « terres de personne », à savoir sans propriétaires attitrés et soumises de ce fait à la déforestation permanente. À titre de comparaison, cette superficie est égale à une fois et demie celle de la France métropolitaine qui est de 530.000 k2. L’AFP indiquait que « selon les données de l’Institut de recherche environnementale de l’Amazonie (IPAM), entre 1997 et 2020, 87 % du déboisement a eu lieu dans ces zones sans cadre juridique, occupées illégalement ou enregistrées de manière frauduleuse comme propriétés privées… ».

L’agence publiait plusieurs témoignages. Daniel Viegas, spécialiste des questions environnementales, observait que « quand une terre est non réglementée, elle est soumise à tous types de crimes et la population se retrouve sans accès aux services de base, tels la santé et l’éducation ». Christine Mazetti, de Geenpeace Brésil, expliquait que l’absence de cadre juridique est un sujet « délaissé par le gouvernement fédéral actuel et même par les gouvernements des Etats ». L’AFP ajoutait que « depuis son arrivée au pouvoir en 2019, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro est régulièrement accusé par les défenseurs de l’environnement d’encourager la déforestation par ses discours en faveur de l’exploitation commerciale de la forêt. Ils dénoncent aussi les projets soutenus part les alliés du chef de l’Etat au Parlement, dont certains visent à assouplir les critères pour la cession à des particuliers des terres publiques occupées illégalement », ajoutait l’Agence. Tandis que le feu détruit les forêts en France et en Europe, le stockage du carbone par les arbres va donc continuer de décroître dans le monde.

La course d’obstacles des roses qui voyagent en avion

Publiée à la même heure, une autre dépêche de l’AFP portait en titre « La course d’obstacles des roses équatoriennes pour arriver sur les étals du monde ». On y apprenait que l’Equateur est le troisième producteur mondial de roses après les Pays Bas et la Colombie. Il en a exporté dans le monde entier pour 927 millions de dollars en 2021. Mais des semaines de blocage de l’économie par « une grève indigène contre la vie chère » ont perturbé ce commerce cette année en Equateur. Dans cette dépêche, un producteur dénommé Eduardo Letort indiquait qu’en 2021, « la Russie était le deuxième grand marché pour les fleurs équatoriennes (20 %) derrière les Etats Unis (40 %). Mais après l’invasion de l’Ukraine, les achats russes sont tombés à 10 % » selon ce producteur.

Qu’elles soient produites aux Pays Bas, en Colombie, en Equateur ou dans certains pays africains, le marché mondialisé des fleurs coupées présente un bilan carbone désastreux. La production de ces fleurs consomme et pollue beaucoup d’eau, utilise des pesticides, de l’énergie pour chauffer les serres tandis qu’à l’issue de la récolte, la marchandise est transportér par avion vers une multitude de pays. Prétendre agir pour la neutralité carbone à l’horizon 2050 tout en favorisant ce type de commerce est une aberration. C’est également vrai concernant les accords de libre-échange pour faire circuler la nourriture sur des milliers de kilomètres. Là encore, l’accord de libre-échange que la Commission européenne vient de conclure avec la Nouvelle-Zélande à la fin du mois de juin dernier est un non-sens dans un monde en phase de réchauffement climatique accéléré. Il aboutira, s’il est validé, à accroître les importations françaises de viandes bovines et ovines, de produits laitiers, de fruits et de vins que nous savons produire chez nous.

Une réunion en Indonésie pour punir Poutine

Publiée à 5H09 ce même 15 juillet, la troisième dépêche de l’AFP indiquait que « les grands argentiers du G20 ont entamé vendredi une réunion en Indonésie qui devrait être dominée par les répercussions de l’invasion de l’Ukraine par la Russie sur l’économie mondiale au moment où l’inflation accélère et où les perspectives de croissance s’assombrissent (…) Les discussions devraient refléter une ligne de fracture entre les Occidentaux qui veulent isoler économiquement Moscou et les grands pays en développement opposés aux sanctions contre la Russie, avec la Chine dans une position clé (…) Si les ministres de Finances de l’Italie, du Canada, de l’Inde et de l’Afrique du Sud se sont déplacés, de nombreux pays ont envoyé des représentants de moindre niveau. La France est représentée par le directeur général du trésor et par le gouverneur de la Banque de France. La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde participera à distance ainsi que les ministres chinois et brésilien, tandis que le président de la Banque mondiale David Malpass sera absent (…) Les grands argentiers doivent discuter des solutions pour alléger l’impact de l’inflation et des crises alimentaire et énergétique sur les pays les plus fragiles », relevait encore la dépêche. Mais ce sommet ne semblait guère passionner les décideurs des grands pays capitalistes. Durant le week-end, aucun média audiovisuel n’a parlé en France des débats de ce G20 en Indonésie.

Quand Joe Biden courtise MBS pour avoir du pétrole

Pendant ce temps-là, après un passage éclair en Israël, le président des Etats Unis arrivait le 15 juillet au soir en Arabie saoudite pour rencontrer Mohammed Ben Salman dit « MBS ». Il veut le convaincre de produire plus de pétrole afin d’approvisionner les pays occidentaux qui souhaitent réduire leurs achats en Russie. Mais comme la hausse du prix du pétrole a augmenté des recettes de l’Arabie saoudite de 20,4 % sur le premier trimestre de 2022, rien ne prouve que le prince héritier voudra augmenter sa production dans le seul but de faire baisser le prix de vente du pétrole pour les pays de l’OTAN, dont les dirigeants veulent punir Poutine depuis l’invasion de l’Ukraine.

Le Figaro notait à ce propos dans son édition du 15 juillet : « Joe Biden a renoncé à faire de l’Arabie - dirigée de facto depuis la dégradation de l’état de santé du roi Salman par son fils Mohammed Ben Salman- un Etat « paria », pour l’implication du prince héritier dans l’horrible assassinat du dissident Jamal Khashoggi, en 2018, au consulat saoudien d’Istanbul (…) La crise ukrainienne et la flambée des cours du pétrole qui s’ensuit ont rendu les pétromonarchies du Golfe encore plus riches et incontournables que précédemment ». Ce lundi 18 juillet, en recevant au château de Versailles le nouveau président des Émirats Arabes Unis Mohammed Ben Zayed, le président Macron entreprend la même démarche de Joe Biden pour tenter de se passer du gaz et du pétrole russe. Mais il est quasi certain qu’en important plus de pétrole et de gaz en provenance de ces monarchies, les pays occidentaux ne pourront empêcher la Russie de conquérir d’autres marchés dans la mesure où la demande mondiale restera plus importante que l’offre.

Dans ce contexte, il apparaît que la courbe des émissions de CO2 ne va pas s’inverser au niveau planétaire. Ainsi, le prix de charbon livré au port de Rotterdam a augmenté de 30 % en un mois en raison de l’augmentation de la demande en Europe. La encore, la volonté des pays occidentaux de moins dépendre du gaz et du pétrole russe débouche sur la relance des centrales à charbon pour produire de l’électricité !

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12 août 2022 5 12 /08 /août /2022 05:43

 

Les dégâts cumulés de la sécheresse du printemps et de l’été vont réduire les rendements agricoles et augmenter les coûts de production dans des filières comme les fruits et légumes, le vin, le lait et la viande bovine. Ils mettent aussi en exergue les dangers de la mondialisation libérale et spéculative face à laquelle il convient d’opter pour la souveraineté alimentaire.

Dans un précédent article, nous rappelions que la production de graines de moutarde en Bourgogne était passée de 12 000 tonnes annuelles en 2016 à 4 000 tonnes en 2021 alors que les besoins annuels de l’industrie locale sont estimés à 16 000 tonnes. 2016 était l’année de l’entrée en vigueur du CETA, l’accord de libre échange signé entre la Commission européenne et le Canada. À partir de cette date, les industriels français produisant de la moutarde ont augmenté les importations de graines en provenance du Canada au détriment de la production régionale qui coûtait un peu plus cher. Nous citions les propos d’un producteur de graines de moutarde en Bourgogne selon lequel « la filière française n’a pas droit aux insecticides utilisés au Canada » pour protéger cette plante contre les ravageurs, ce qui diminue les rendements en Bourgogne et fait subir aux producteurs français une distorsion de concurrence au profit des canadiens.

Suite à deux années de sécheresse au Canada, le prix des graines importées de ce pays ne cesse d’augmenter pour producteurs de moutarde de Dijon. Dans le Loiret, à Fleury-les-Aubrais, la petite entreprise Martin-Pouret qui produit aussi de la moutarde transforme des cornichons a fait le choix depuis 2015 de conclure des contrats sur trois ans avec des paysans locaux pour parvenir à un approvisionnement 100 % en graine de moutarde avec un prix garanti pour ceux qui la cultivent. Ces derniers mois, la part de la moutarde dans le chiffre d’affaires de l’entreprise et passé de 30 % à 50 %. Du coup, il est question d’augmenter les contrats avec les producteurs locaux.

Donner du sens à la souveraineté alimentaire

On doit aussi promouvoir ce genre de contrat pour réduire les importations d’autres graines à commencer par le sarrasin, la lentille, le pois chiche, le haricot sec et les fèves dont la production reste déficitaire en volume, faute de prix tenant compte des coûts de production. C’est aussi la meilleure manière de renforcer notre « souveraineté alimentaire », laquelle figure désormais en toutes lettres dans la fonction officielle du ministre de l’Agriculture.

Alors que la réduction de la consommation annuelle de viande par habitant doit aussi intervenir pour freiner le réchauffement climatique, se fixer un objectif annuel de consommation de 7 à 8 kg de légumes secs par an et par habitant contre moins de 2 kg actuellement doit aussi déboucher sur une production croissante de protéines végétales. Inciter les consommateurs à manger des légumes secs deux à trois fois par semaine et contractualiser la production dans leurs zones de culture traditionnelle aurait de double avantage de renforcer notre souveraineté alimentaire et de réduire le bilan carbone de notre assiette en réduisant progressivement la consommation moyenne de viande par habitant. Ajoutons que la sécheresse qui frappe tout de pays cette année va renchérir durablement le prix de revient de chaque kilo de viande et de chaque litre de lait faute d’herbe dans les prés comme en raison de la hausse du prix des céréales dont les rendements sont en baisse.

Dans les pages « Vie pratique » de l’hebdomadaire « La France Agricole » daté du 17 juin, un article de Catherine Yverneau était titré « Les légumineuses s’invitent à table ». En voici quelques extraits : « Inciter le consommateur à cuisiner des légumes secs autrement que dans le traditionnel cassoulet ou les saucisses aux lentilles, tel est le défi de la campagne « Une idée légumineuse ! ». Lentilles, haricots secs, pois cassés, fèves etc. devraient selon le « Programme national nutrition santé », trouver leur place deux fois par semaine dans nos assiettes », ajoutait notre consœur en faisant état d’une campagne de promotion à l’initiative de la Fédération nationale des légumes secs.

Réduire le bilan carbone de notre assiette

Le mois de juin 2022 nous a laissé des images d’orages de grêle qui montrent à quel point le réchauffement climatique est devenu un danger majeur pour les générations futures. Les incendies en cours en Gironde et ailleurs, en sont une autre illustration. Manger plus de légumineuses riches en protéines végétales permet de réduire le bilan carbone de notre assiette au quotidien. Ces légumineuses ont aussi la particularité de capter l’azote de l’air par leurs racines pour en faire un fertilisant, ce qui réduit le recours aux engrais azotés dont la production est gourmande en gaz. Les herbivores ruminants émettent beaucoup de méthane au moment de la digestion, tandis que les porcs et les volailles consomment beaucoup de céréales. La mise en culture de ces céréales est précédée de labours émetteurs de CO2 et coûteux en carburants.

Certes, il est plus simple de commander sur internet un hamburger-frittes avec du steak haché, le tout livré par un coursier sous-payé, que de cuisiner chez soi un plat de lentilles aux lardons ; surtout quand on passe beaucoup de temps à échanger sur les réseaux sociaux. Mais le bilan carbone de notre assiette au quotidien n’est pas du tout le même. Mieux vaut en avoir conscience dès à présent.

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12 août 2022 5 12 /08 /août /2022 05:38

 

 

 

 

 

 

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11 août 2022 4 11 /08 /août /2022 05:32

 

 

Sources : Projections COR – juin 2021, INSEE-DGI et INSEE, modèle DESTINIE.

 

Alors que la question d’une réforme des retraites est relancée par la campagne présidentielle, le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), publié en juin dernier, donne plusieurs éléments importants pour contextualiser le sujet.

Le premier est que, malgré la poursuite du vieillissement de la population en France, les dépenses de retraites ne devraient pas exploser en France dans les prochaines années. Au contraire, elles pourraient même être amenées à diminuer assez fortement. Selon les différents scénarios de projection, elles pourraient passer d’environ 14 % du PIB actuellement à 13 %, voire moins de 12 % dans les scénarios les plus optimistes. La raison de cette maîtrise des dépenses est simple : les dernières réformes ont eu l’effet escompté et non seulement l’âge de départ moyen va continuer d’augmenter, mais les pensions vont diminuer par rapport aux revenus d’activité. Alors que le niveau de vie des retraités est actuellement légèrement supérieur à la moyenne, il pourrait diminuer jusqu’à 80 % de la moyenne d’ici 2070. Au-delà des seules dépenses, le COR donne aussi une perspective pour l’ensemble de la branche vieillesse, en regardant l’équilibre de celles-ci avec les recettes. Et là aussi, les prévisions sont plutôt bonnes dans le système actuel : dans la plupart des scénarios, le solde du système deviendrait positif, autour de 2040 ou 2050.

Il est donc clair que la question de l’âge de départ à la retraite, et celle de notre système de retraite en général ne sont dé­sormais plus des questions financières liées à la prise en compte du vieillissement. Il s’agit plutôt aujourd’hui d’aller gratter quelques points de croissance sur le dos des seniors, ou de se conformer à des cibles européennes d’emploi qui ne tiennent aucunement compte des spécificités nationales sur le sujet de la fin de carrière.

D’autres publications récentes rappellent d’ailleurs que la question de l’âge de départ à la retraite dépasse largement celle des enjeux financiers ou de l’adaptation aux transformations démographiques. L’état de santé au moment de la cessation d’activité est par exemple un élément fondamental du débat. D’après une enquête de la DREES, déjà pour plus d’une personne sur quatre partie à la retraite en 2019 et 2020, des conditions de santé qui rendaient le fait de travailler plus difficile ont joué sur la décision de partir à la retraite. Des projections réalisées pour le compte du COR montrent également que les dépenses d’invalidité augmenteraient fortement en cas de décalage de deux ans de l’âge de départ, en partie à cause d’une augmentation de la part de personnes en situation d’invalidité.

Cause commune • mars/avril 2022

 

 

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11 août 2022 4 11 /08 /août /2022 05:25

 

 

 

 

 

 

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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 07:00
Israël met le feu à Gaza de façon « préventive »

L’opération militaire lancée vendredi sans aucune raison a fait déjà 32 morts, dont 6 enfants. Elle se poursuivra « aussi longtemps que nécessaire », selon le premier ministre israélien, Yaïr Lapid.

Pierre Barbancey

Sans scrupule, Israël a lancé vendredi une offensive aérienne contre la bande de Gaza. Il ne s’agissait pas de répliquer à des tirs en provenance du territoire palestinien, comme l’ont expliqué les autorités israéliennes, mais de procéder à une « attaque préventive », après l’arrestation, en début de semaine dernière, en Cisjordanie occupée, du responsable du Djihad islamique, Bassem Saadi. Le Djihad islamique a confirmé la mort d’un de ses chefs, Tayssir Al Jabari. « L’ennemi sioniste a commencé cette agression et doit s’attendre à ce que nous nous battions sans relâche. (…) Il n’y aura aucune trêve après ce bombardement », a déclaré le secrétaire général de l’organisation, Ziad Al Nakhala.

Dimanche, plus de 30 Palestiniens avaient été tués, dont 6 enfants. De son côté, le Djihad islamique, directement visé, a déclenché plusieurs salves de roquettes vers Israël et plus précisément Tel-Aviv et Jérusalem. La plupart auraient été interceptées par le système « Dôme de fer ». Selon des sources israéliennes, samedi, une vingtaine d’Israéliens ont été légèrement blessés, alors qu’ils fuyaient vers des abris. L’unique centrale électrique de Gaza a fermé samedi, en raison d’un manque de carburant au troisième jour du bouclage complet de l’enclave palestinienne. Ce qui n’a pas empêché le premier ministre israélien, Yaïr Lapid, d’avertir dimanche que l’opération militaire dans la bande de Gaza se poursuivra « aussi longtemps que nécessaire ».

Icon TitrePourquoi Israël frappe maintenant ?

Les raids menés contre la bande de Gaza ne sont pas isolés. Ils se produisent alors que, depuis plusieurs mois maintenant, les opérations de répression de toute résistance palestinienne s’intensifient, notamment en Cisjordanie. La politique israélienne d’occupation s’amplifie, voire s’aggrave, avec la tenue prochaine d’élections générales. Dans un pays où le curseur n’est plus simplement à droite mais largement à l’extrême droite, le vainqueur sera celui qui se montrera le plus déterminé à faire taire les Palestiniens. « Toute personne qui essaye de faire du mal à Israël doit le savoir : nous vous trouverons », a lancé Yaïr Lapid.

Israël s’est clairement lancé dans une fuite en avant qui a deux aspects. Le premier est bien sûr l’occupation elle-même avec son corollaire, la colonisation, qui s’alimentent l’une et l’autre et, de fait, renforcent le poids des colons dans la société israélienne et surtout dans la vie politique. Protégés par l’armée, ces derniers se déchaînent contre toute présence palestinienne. À Jérusalem-Est occupée et annexée, ces mêmes colons multiplient les provocations sur l’esplanade des Mosquées. À la Knesset (le parlement), ils sont de plus en plus puissants.

L’occupation se renforce donc. La signification politique est sans équivoque et c’est le deuxième aspect de cette fuite en avant : malgré les déclarations, Israël ne veut pas de la création d’un État palestinien. Il considère, de fait, la Palestine historique comme son propre territoire. Il doit donc mettre en place un système de gestion des populations dont les droits ne seront pas les mêmes selon qu’elles soient juives ou non. En Cisjordanie, les colons dépendent des lois civiles israéliennes, les Palestiniens des lois militaires. En Israël même, depuis l’instauration de la loi État-nation, devenue une des lois fondamentales faisant office de constitution du pays (qui n’en possède pas), le droit à l’autodétermination n’est garanti qu’au peuple juif comme il est inscrit. De plus, les Palestiniens d’Israël ne peuvent acquérir des terres. Ce qui a amené de nombreuses organisations internationales (Human Rights Watch et Amnesty International) et israélienne (B’Tselem) à dénoncer un régime d’apartheid mis en place en Israël. C’est un mode d’organisation de l’État, donc, qui n’est pas consubstantiel à l’existence même de cet État.Cette nouvelle phase de l’occupation israélienne, couplée à un manque de perspectives politiques côté palestinien, peut ouvrir la voie à de multiples scénarios.

Icon Titre Quelles sont les réactions internationales ?

Si la rapporteure spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, a qualifié l’opération militaire israélienne d’ « illégale, immorale, irresponsable », l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Tom Nides, considère, lui, qu’«  Israël a le droit de se défendre ». De son côté, l’Union européenne (UE) dit suivre avec une «  vive inquiétude » les événements dans la bande de Gaza, mais se garde bien de prendre position, renvoyant dos à dos l’occupant et l’occupé, l’armée israélienne et le peuple de Gaza sous blocus israélien depuis quinze ans, appelant une fois de plus toutes les parties à un «  maximum de retenue » afin d’éviter une nouvelle escalade.

« Israël a le droit de protéger sa population civile, mais tout doit être fait pour empêcher un conflit plus large, qui affecterait avant tout les populations civiles des deux côtés et entraînerait de nouvelles victimes et davantage de souffrances », a même insisté Peter Stano, porte-parole du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Ce qui ne l’empêche pas d’ajouter : « Ces derniers événements soulignent une fois de plus la nécessité de restaurer un horizon politique et d’assurer une situation durable à Gaza. » Comment ? La question ne sera pas posée, il n’y aura donc pas de réponse.

Icon TitreQue peut-il se passer dans les semaines  à venir ?

Au mois de mai, l’année dernière, Israël avait cru pouvoir mater la révolte dans les territoires palestiniens qui se cristallisait autour du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, et l’opposition à l’éviction des habitants pour y installer des colons. Une véritable étincelle qui s’était propagée dans l’ensemble de la partie orientale de la ville occupée puis en Cisjordanie, à Gaza et dans les zones peuplées par ceux qu’on appelle, à tort, les Arabes israéliens, c’est-à-dire les Palestiniens qui sont restés sur place lors de la création de l’État d’Israël, en 1948. Pour la première fois en plusieurs décennies, les Palestiniens brisaient les murs, les frontières et tout ce qui les séparait pour retrouver leur histoire commune. Leur passé mais aussi leur avenir. D’autant que la jeune génération, celle qu’on appelle « génération Oslo » puisque née au moment des accords, cherche sa propre voie. Là se trouve peut-être la clé de la solution au Proche-Orient.

L’émotion suscitée par les derniers bombardements sur Gaza pourrait aboutir à un même mouvement qui, de protestation, se muerait en une véritable exigence politique. Ce qui ne serait pas sans conséquences. On n’en est pas là, d’autant que le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, est, pour l’heure, dans la modération. Le mouvement islamiste a appelé, dimanche, la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour « arrêter l’agression israélienne en cours contre la bande de Gaza » tout en mettant en garde contre ce qui pourrait mener à une situation « incontrôlable ». De son côté, la présidence de l’Autorité palestinienne demande à la communauté internationale de forcer Israël à « mettre fin à son agression contre notre peuple partout, en particulier à Gaza, et à lui fournir une protection internationale ». Une frappe sur un site du Hamas, et la retenue serait reléguée au rayon des accessoires, permettant à Israël de se présenter comme agressé par des forces soutenues par l’Iran.

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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 05:21

 

 

 

 

 

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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 05:10

 

Le 11 décembre 1964, en pleine guerre froide, le commandant de la révolution cubaine dénonce à la tribune des Nations unies l’interventionnisme des puissances occidentales, frein à toute « coexistence pacifique des peuples ».

Vêtu de son treillis vert olive, Ernesto Guevara est à la tribune de l’Assemblée des Nations unies. Ce 11 décembre 1964, le palais de verre de New York tremble. Rarement un dirigeant s’est livré dans cette enceinte à un tel réquisitoire contre l’impérialisme des puissances occidentales, particulièrement des États-Unis qui ensanglante l’Amérique latine, le Congo de feu Patrice Lumumba, le Vietnam, etc.

Le commandant de la révolution cubaine en sait quelque chose. Depuis l’avènement de la révolution en 1959, Cuba, autrefois bordel de la mafia et des États-Unis, est la cible d’attaques de la Maison-Blanche, comme l’illustre l’invasion de la baie des Cochons, en 1961, par des mercenaires entraînés par la CIA. Depuis, le pays est soumis à un terrible blocus toujours en vigueur. En 1962 encore, la Grande Île a été le point névralgique de la guerre froide avec la crise des missiles.

Dans son adresse à l’ONU, en porte-voix des pays non alignés, le Che dénonce « la bande de chacals et de hyènes » que « la civilisation occidentale dissimule derrière sa façade somptueuse ». Et de plaider pour la libération des peuples, seule condition d’une véritable coexistence pacifique. 

Extrait du discours

La dernière heure du colonialisme a maintenant sonné, et des millions d’habitants d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine se lèvent à la recherche d’une nouvelle vie et imposent leur strict droit à l’autodétermination et au développement indépendant de leur nation. (…)

Notre pays est un des points constants de friction, un des lieux où les principes qui fondent les droits des petits pays à leur souveraineté sont mis à l’épreuve jour après jour, minute après minute, et, en même temps, il est une des tranchées de la liberté du monde située à petite distance de l’impérialisme nord-américain.

La coexistence pacifique doit s’exercer entre tous les États...

De tous les problèmes brûlants qu’il faut traiter dans cette Assemblée, un de ceux qui ont pour nous une signification particulière (…) est celui de la coexistence pacifique entre États de régimes économico-sociaux différents. Le monde a fait de grands progrès dans ce domaine, mais l’impérialisme – surtout l’impérialisme nord-américain – a prétendu faire croire que la coexistence pacifique était réservée à l’usage exclusif des grandes puissances de la Terre. (…) La coexistence pacifique doit s’exercer entre tous les États, indépendamment de leur taille, des rapports historiques antérieurs qui les ont liés et des problèmes qui se sont posés parmi certains d’entre eux à une époque donnée (…).

Nous considérons qu’une conférence dont l’objectif serait la destruction totale des armes thermonucléaires, avec pour première mesure l’interdiction totale des essais, est nécessaire. Dans le même temps doit être clairement établie l’obligation pour tous les pays de respecter les frontières actuelles des autres États, de n’exercer aucune action agressive même menée avec des armes conventionnelles.

En unissant notre voix à celle de tous les pays du monde qui demandent le désarmement général et total, (…) nous croyons nécessaire que l’intégrité territoriale des nations doit être respectée et que le bras armé de l’impérialisme doit être arrêté car, pour n’utiliser que les armes conventionnelles, il n’en reste pas moins dangereux. (…)

Nous déclarons une fois de plus que les vices coloniaux qui empêchent le développement des peuples ne s’expriment pas seulement dans des rapports de type politique : la fameuse détérioration des termes de l’échange n’est autre que le résultat de l’échange inégal entre pays producteurs de matières premières et pays industriels qui dominent les marchés. (…)

Tant que les peuples économiquement dépendants ne se libéreront pas des marchés capitalistes (...), il n’y aura pas de développement économique solide ; on reculera...

Tant que les peuples économiquement dépendants ne se libéreront pas des marchés capitalistes pour imposer, fermement unis aux pays socialistes, nos rapports entre exploiteurs et exploités, il n’y aura pas de développement économique solide ; on reculera, et dans certains cas, les pays faibles retomberont sous la domination politique des impérialistes et des colonialistes. (…)

Nous ne pouvons nier notre sympathie envers les peuples qui luttent pour leur libération et nous devons remplir l’obligation de notre gouvernement et de notre peuple en exprimant catégoriquement devant le monde que nous soutenons moralement les peuples qui, n’importe où dans le monde, luttent pour que les droits de pleine souveraineté proclamés dans la Charte des Nations unies deviennent une réalité. » 

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