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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 20:03

Un article de Sébastien Crepel dans l'Humanité du lundi 2 avril.

 

Ce n'est pas l'Humanité qui ose le parallèle mais le représentant spécial de François Hollande, Arnaud Montebourg, hier dans le Journal du dimanche. L'ancien candidat à la primaire socialiste estime qu'à la lumière des sondages, "nous nous retrouvons dans la configuration de la victoire de 1981. Georges Marchais avait fait environ 15% (15,35% exactement- NDLR) et François Mitterrand 26%" (25,85% précisément). S'il se peut que les faits donnent raison à Arnaud Montebourg, alors la comparaison mérite qu'on s'y arrête. Car ce serait la première fois, après trente ans d'affaiblissement électoral du Parti communiste, que le triomphe de l'idéologie du tout-marché et la période de résignation à gauche qui a suivi seraient sérieusement battus en brèche dans une élection, non pour se fourvoyer en vaine protestation, mais pour contribuer à une victoire solide et durable de la gauche. 

Puisque Arnaud Montebourg fait le premier pas, poussons la comparaison: 1981 a été la seule fois où un président de droite sortant a été battu par son adversaire de gauche. 1988 excepté- mais dans la situation particulière où François Mitterrand était lui-même le sortant -, la gauche a perdu toutes les élections présidentielles depuis: 1995, 2002, 2007. A chaque fois, l'affaiblissement du candidat communiste n'a pas conduit à renforcer le candidat socialiste mais à priver la gauche d'une victoire au second tour, faute d'un total de voix suffisant au premier tour. 

En 1995, en dépit de son arrivée en tête du premier tour avec 23,30% des voix, Lionel Jospin a échoué au second avec 47,36% face à Jacques Chirac. Bien qu'enregistrant une remontée significative par rapport au scrutin précédent, la candidature de Robert Hue avait alors obtenu un score près de deux fois inférieur à celui du PCF de 1981 (8,65%). En 2002, le score de Lionel Jospin ne lui a pas permis de se qualifier au second tour (16,18%). Celui de Robert Hue ne dépassait pas alors les 3,37%. A la présidentielle de 2007, le PS a renoué très exactement avec son niveau de 1981: 25,87%. Mais la faiblesse des autres candidats de gauche (dont le PCF qui n'a obtenu que 1,93% des voix) a définitivement hypothéqué les chances de l'emporter de Ségolène Royal. 

En 1981, François Mitterrand n'était pourtant arrivé que deuxième au premier tour de l'élection présidentielle, derrière le président sortant Valery Giscard d'Estaing (28,32% le 26 avril 1981), ce qui n'avait pas valu à ce dernier d'éviter la défaite. Comme le révèle d'ailleurs Arnaud Montebourg dans le JDD, être en tête au premier tour "n'est pas nécessaire. Une élection, ce n'est pas qu'un tour". Bien plus que l'ordre d'arrivée des candidats, c'est la dynamique en faveur de la gauche qui avait fait le scrutin, dynamique que l'on retrouve aujourd'hui clairement du côté du Front de Gauche. 

Pourquoi, alors, de tels cris d'orfraie devant la poussée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages? Si la réponse n'est donc pas dans le risque illusoire de "faire perdre la gauche", il faut se rendre à l'évidence: elle est dans celui, bien réel celui-là, que cette poussée fait courir à la poursuite des politiques d'austérité, même tempérée par des amènagements sociaux. Les milieux dirigeants le savent, un Front de Gauche à un niveau élevé est le plus sûr moyen de donner de la force à l'exigence de changement. Là aussi, la comparaison avec 1981 est de mise. Il n'y a pas eu d'autre exemple, après "le tournant de la rigueur" de 1983 qui y a mis brutalement fin, d'une telle succession de réformes de progrès mises en place à la suite d'une victoire électorale de la gauche: retraite à 60 ans, cinquième semaine de congés payés, semaine de travail de 39h, abolition de la peine de mort, nationalisations... Les possédants s'en souviennent encore, et c'est le scénario qu'ils veulent à tout prix éviter.   

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 19:54

Y a t-il une répartition des rôles entre François Hollande et Jérôme Cahuzac ? Le candidat socialiste se posant en « rassembleur » et incarnation d’une synthèse apaisée (son modèle historique est Henri IV pour le travail de réconciliation qu’il a mené…), tandis que Jérôme Cahuzac, chargé des finances, du budget et de la fiscalité dans l’équipe de campagne, occupe la scène pour faire entendre les exigences de la « rigueur qui a du sens ».

Alors qu’Arnaud Montebourg réapparait périodiquement pour froncer les sourcils contre la finance qui ne semble pas vraiment s’en inquiéter, Jérôme Cahuzac lui est très présent médiatiquement et donne le cadrage économique de la campagne de François Hollande.  Au cours d’un débat policé avec le banquier pro-Bayrou Jean Peyrelevade, (publié dans le  journal Le monde du 29 mars 2012), Jérôme Cahuzac a développé une orientation particulièrement inquiétante. L’objectif de réduire les déficits, sur lequel François Hollande s’était engagé au cours des Primaires, est réaffirmé avec force : « Réduire les déficits est impératif ». L’objectif affirmé serait de « se passer des marchés financiers » Très bien, mais cela suppose de trouver de nouveaux moyens de financements, ce que le responsable du budget ne détaille pas.  De toute façon, ce n’est pas pour tout de suite et « en attendant, il faut conserver la confiance des investisseurs ».  Voilà une trouvaille : il faut faire une politique de rigueur et se soumettre à la finance… pour mieux s’en libérer après !

Pour monsieur Cahuzac « Le désendettement n’est pas en effet une affaire d’orthodoxie budgétaire mais le seul moyen de recouvrer une souveraineté nationale aliénée aux marchés et aux agences de notation. » Il semble avoir une drôle de conception de la souveraineté… Car pour se libérer en se désendettant, il propose de « diminuer la dépense publique ».  Dans un style digne d’un rapport du FMI, il précise : « Clairement, cet objectif interdit la création nette de postes dans la fonction publique d’Etat pendant le prochain quinquennat. Ce chemin-là est donc courageux et difficile. Mais il est crédible. » Rien ne sera donc remis en cause de la politique catastrophique de suppression de postes mise en œuvre par la droite depuis 10 ans ? Pour Cahuzac la priorité est que : « le calendrier de redressement des finances publiques doit être vraisemblable pour s’assurer de la confiance des marchés. »

Enfin, Jérôme Cahuzac reconnait ouvertement que concernant le nouveau traité européen Merkel Sarkozy, qui impose aux Etats d’adopter la règle d’or budgétaire dans leur constitution, il n’est pas question de renégocier, mais de le « compléter » par « des mesures de relance et de croissance. » C’est ce que Sigmar Gabriel, chef de file du SPD allemand dont François Hollande se félicite d’avoir le soutien, avait confirmé :  » François Hollande ne dit pas qu’il est fondamentalement opposé au pacte fiscal. Il dit, et il a absolument raison, que le pacte n’est que la moitié du chemin que l’Europe doit parcourir ». La « renégociation du traité » est ainsi transformé en « négociation pour compléter » le traité. Quel art magistral de la synthèse… et de créer des désillusion mortelles.

Le débat à gauche mérite mieux dans la période critique dans laquelle nous sommes. Combattre la finance, défendre l’égalité et la justice ne doivent pas rester des paroles lancées en l’air le temps de discours électoraux mais doit se traduire dans des actes concrets, des choix politiques qui permettent de répondre aux besoins vitaux des classes populaires. C’est ce que le Front de Gauche et son candidat Jean Luc Mélenchon ne cessent de proposer à toute la gauche pour construire une véritable alternative à Nicolas Sarkozy.

 

Un article du blog de la Gauche Unitaire.

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 05:36

Petits échos des propos instructifs captés à la radio (sur France Culture et France Inter) et dans les journaux.

 

Montebourg: une élection présidentielle n'est pas là pour sélectionner un projet politique mais un homme, on ne mettra donc pas en discussion des compromis politiques avec le Front de Gauche avant le deuxième tour des présidentielles. Je me suis dit: quel faux-cul et quelle girouette fait cet ancien promoteur de la VIème République qui s'accommode lui aussi très bien, sans doute par pragmatisme de circonstance par rapport aux institutions actuelles, du bipartisme, de la personnalisation des enjeux politiques, et d'une alternance sans contenu politique différent bien défini, bref d'une élection "course de chevaux" plus que "bataille d'idées". En même temps, je suis peut-être injuste avec Montebourg, nettement plus aimable avec nous (puisqu'il n'exlut pas qu'on négocie sur le programme de gouvernement après les législatives) que Gérard Collomb, l'ami de François Hollande, qui peut dire sans crainte du ridicule que "le modèle que (Mélenchon) défend a déjà été essayé en URSS et au Cambodge, qu'il ne marche pas".  Mélenchon lui a répondu sans politesse excessive: " Me comparer à Pol Pot est une nouveauté dans l'infamie que je ne suis pas près d'oublier". Michel Sapin n'a pas été non plus en reste de caresses en appelant chacun à "se déterminer par rapport aux projets eux-mêmes et pas simplement par rapport à la sonorité de la voix". Et bien, chiche:  que les électeurs de gauche qui hésitent à "voter utile" lisent vraiment le projet rachitique (car corseté par l'impératif austéritaire et les engagements européens néo-libéraux) de François Hollande et le comparent avec celui du Front de Gauche, et l'on verra que la clairvoyance ne sert pas forcément les intérêts du favori, car Mélenchon rime avec passion mais aussi avec raison tandis que Hollande rime avec Maastricht, Amsterdam, Versailles, ces lieux où l'on a gentiment massacré la souveraineté populaire et les possibilités d'alternative sociale.   

On ne l'aime pas mais il ne dit pas que des bêtises, Jean-Louis Bourlanges (commentateur sur France Culture et député européen libéral et centriste) : la montée du Front de Gauche révèle que l'électorat de gauche en France dans ses profondeurs n'est pas favorable au social-libéralisme, social-libéralisme auquel se rattache pourtant Hollande depuis 25 ans. Elle ne devrait pas forcément empêcher la victoire de Hollande tant Sarkozy est décrié et tant le total des voix de gauche au premier tour augmente mais elle lui posera des problèmes pour gouverner et appliquer la politique de rigueur qu'il souhaitait mettre en oeuvre, car elle risque de rendre les citoyens plus combatifs et exigeants. Nous nous en rejouissons! Par ailleurs, Hollande est pris en tenaille: il ne peut pas taper trop fort sur Mélenchon et décrédibiliser le projet du Front de Gauche car ce serait clairement se ranger dans une social-démocratie centriste qui ne correspond pas aux aspirations des électeurs de gauche. Il ne peut pas non plus faire trop de surenchère à gauche pour contrer la progression du Front de Gauche car ce serait prendre le risque de s'aliéner les voix des électeurs centristes de Bayrou pour le second tour. Voilà qui explique bien la paralysie actuelle de Hollande qui n'annonce rien, reste campé sur sa figure miterrandienne (le Mitterrand de 88) de rassembleur oecuménique au plus près de la France rurale éloignée des passions politiques.  Son affiche d'ailleurs évoque le bleu horizon "travail, famille, patrie" de la " Force Tranquille" et les prouesses à demi pétainistes de Séguéla, l'homme qui a su gagner sa Rolex à moins de 50 ans!  

Europe Ecologie Les Verts est au bord de la crise de nerfs: après Duflot qui nous a fait le coup du retroviseur, du candidat du passé, du projet beaucoup "trop rouge", Eva Joly sur France Inter dimanche soir, comme quoi cette communication agressive aux relents d'amertume a été bien huilée, a cherché à mordre le Front de Gauche à son tour en qualifiant les communistes de pro-productivistes et de pro-nucléaires, sans aucun égard pour notre programme commun qui prévoit la planification écologiste et qui est autrement plus conséquent que ses développements assez pathétiques sur le souci des français pour l'écologie et la santé publique lié aux problèmes d'asthmes dont ils souffrent dans les villes. Les 15% de Mélenchon: c'est bon pour faire gagner François Hollande mais c'est "un candidat IIIème République", un "candidat de la nostalgie", qui propose des mesures passéistes. Oui, nous n'avons pas honte de la tradition révolutionnaire et ouvrière de la gauche française: oui, nous ne nous rejouissons pas en petit bourgeois de la montée inéxorable de cette gauche post-moderne qui transforme la lutte des classes en lutte des places et petits débats sur le bio, les éoliennes, le transport à vélo... Comme elle aurait aimé, la candidate Verte qui soutenait Bayrou en 2007, que la vraie gauche de transformation sociale appartienne au passé et que l'on puisse se contenter de parler éthique, moralisation du capitalisme, et non mesures anti-capitalistes ou volonté de dépassement de celui-ci. Marie-George Buffet lui a bien répondu 5 Mn après: non Mélenchon n'est pas le candidat de la IIIème République mais celui de la VIème République, de la prise de pouvoir des citoyens dans les institutions, les entreprises, sur les féodalités économiques.  

Pouthou est tout aussi risible quand il dit dans le Télégramme ou le Ouest-France vendredi, je ne sais plus trop bien, que Mélenchon "n'est pas le candidat des travailleurs", qu'il ne se déplace pas dans les usines, qu'il est éloigné du mouvement social. Rendez-vous à l'évidence, vous les derniers quarterons du NPA: ce n'est pas votre attitude sectaire et isolationniste qui contribue à renforcer la combativité des salariés mais l'espoir que donne le rassemblement de citoyens et d'organisations politiques d'histoire et de sensibilités différentes sur des bases clairement à gauche dans le but de créer une dynamique à vocation majoritaire.     

La palme du grotesque revient à Douste-Blazy et Laurence Parisot: Douste-Blazy - le porte-parole d'un François Bayrou qui a trouvé son nouveau modèle en Merkel, lui qui compte mener une politique d'hyper-austérité plus dure encore que celle de Sarkozy -  voit dans Mélenchon ce sans-culotte nostalgique qui veut réhabiliter la guillotine. Laurence Parisot le tient elle pour un représentant attardé de la Terreur révolutionnaire et non des belles idées de la Révolution bourgeoise de 89, celles des propriétaires et des esclavagistes qu'elle continue à représenter sans doute: je pense au club des Feuillants! ... Ouest-France, comme d'habitude avec nous, fait dans l'originalité et la nuance en prenant pour titre de son portrait (où il s'offre le luxe d'affirmer contre toute évidence, probablement pour servir un peu LO et Nathalie Ertaud, que Mélenchon le socialo déplaît aux communistes...) en page 4: "Mélenchon, sans culotte de Gauche et tribun culotté" . Il y avait dimanche déjà le titre du JDD: "la révolution Mélenchon": tout ça pour dire que Mélenchon menaçait l'élection de Hollande avec ses 15%... Peut-être bien qu'elle ressemblera à autre chose qu'à un phénomène médiatique et sondagier éphémère, notre révolution citoyenne. C'est amusant de voir ces nantis libéraux jouer à se faire peur et essayer de faire peur en agitant, un peu à la manière dont en 81 la droite et ses journaux parlaient des chars russes qui menaçaient déjà Paris, le spectre du retour de la violence tragique de l'histoire et des coupeurs de têtes "partageux". C'est qu'il sente que les bases de la domination sont en train de se léarder sous les coups de boutoir de la crise systémique du capitalisme financier, conséquence de la rapacité de leurs amis et protégés.  

Je me rejouis de cette diabolisation, si injuste et excessive soit-elle vis à vis d'un candidat qui est le seul à batailler frontalement contre les semeurs de haine que sont Sarkozy et Le Pen, et qui a adopté avec le Front de Gauche ce slogan si universel, fraternel et humaniste: "L'Humain d'abord". En effet, elle montre la peur des élites, leur belle union sacrée pour défendre les politiques néo-libérales, et elle témoigne d'un mépris des candidats qui parlent au peuple et représentent ses intérêts, mépris dont, comme en 2005, celui-ci saura se souvenir.  

Les Français sont frondeurs, ne l'oubliez pas. Ils n'acceptent le partage du populisme et de la respectabilité, du sérieux et de la démagogie, que les médias qui mangent dans la soupe du pouvoir et du monde des affaires leur proposent chaque jour, en mettant Mélenchon et son antithèse Le Pen dans le même sac des candidats protestataires, expression de la colère du peuple, qui ne pense pas, c'est bien connu...

L'insurrection citoyenne est en marche! Haut les coeurs!

 

Ismaël Dupont.    

 

  

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 18:25
Par MYRIAM MARTIN Membre du Conseil politique du NPA, HÉLÈNE ADAM Membre du Conseil politique du NPA, PIERRE-FRANÇOIS GROND Membre du Conseil politique du NPA

 

La campagne présidentielle entre dans sa dernière ligne droite et doit affronter une situation lourde de dangers. Danger d’une droite autoritaire, incarnée par le président sortant, dont le projet est dans la continuité de son action : nocif pour une majorité de la population tant se sont creusées les inégalités, tant se sont développés un discours et une politique de plus en plus poreux aux thèses de l’extrême droite. Danger d’un Front national dont l’emprise sur une partie de la population frappée par la crise distille le poison mortel du racisme et de la xénophobie. Danger d’une crise écologique qui pose des enjeux de civilisation. Danger, enfin, d’un capitalisme financier mondialisé, qui se moque du calendrier électoral, qui peut imposer en Grèce ou en Italie son propre personnel politique et dicter son choix, celui d’une politique d’austérité sans fin et sans fond.

 

Alors, oui, il faut sortir le sortant, combattre le Front national, s’insurger contre la dictature des banques et du capital, et faire de cette élection présidentielle un premier moment de résistance sociale et démocratique. Il nous suffit de regarder la Grèce pour saisir la gravité de la situation actuelle. Nous avons là une paupérisation sans précédent des populations. Baisses des salaires et des pensions, coupes sombres dans les budgets sociaux, privatisations imposées des services publics avec profits juteux pour les requins de la finance, se succèdent à un rythme d’enfer. Et qui est aux manettes ? Un gouvernement soi-disant «technique», aux ordres des banques et des grandes institutions qui ont plongé le pays dans le chaos et qui font désormais payer à la population une dette et une crise qui ne sont pas les leurs ! Si la situation de la Grèce est particulièrement dramatique, elle n’est pas isolée en Europe. Les responsables politiques et économiques du libéralisme et de la crise économique ont mis en place ce monstre financier qui se croit tout-puissant. Ils ont construit l’Europe des traités de Maastricht et de Lisbonne, au mépris de la souveraineté populaire. Ils veulent aller toujours plus loin. A présent, c’est le modèle social européen, produit d’un siècle et demi de luttes et de conquêtes ouvrières, qui est en ligne de mire.

Battre Sarkozy est un enjeu essentiel et primordial. Mais il n’est pas le seul. Le programme de François Hollande, à l’instar des politiques sociales-démocrates européennes, s’inscrit dans le cadre de la gestion du capitalisme, ce qui signifie austérité à tous les étages et respect des critères imposés par les marchés financiers, ces critères que les dirigeants veulent à nouveau graver dans le marbre d’un nouveau traité. Il tourne le dos aux exigences de justice sociale. Il ne prend pas davantage en charge les questions écologiques.

Il importe alors qu’existe au premier tour, un vote, le plus massif et dynamique possible, pour donner force à un programme d’urgence basé sur une autre répartition des richesses, la transition énergétique, des transformations démocratiques radicales.

Une nouvelle chance sera ainsi offerte pour faire exister durablement un courant politique qui conteste à gauche l’hégémonie du social-libéralisme. C’est essentiel pour faire contrepoids à l’extrême droite. C’est décisif pour donner force et courage à celles et ceux qui résistent aux politiques d’austérité.

Et dès après la présidentielle, sur la base de cet élan, les forces politiques et sociales qui refuseront de collaborer, sous quelque forme que ce soit, avec un gouvernement d’austérité dit de gauche devront former ensemble un bloc contre la crise pour défendre une alternative sociale et démocratique en toute indépendance vis-à-vis du Parti socialiste.

Telle est notre analyse des urgences de l’heure.

Nous sommes militants de la «Gauche anticapitaliste», courant unitaire du NPA, nous avons été membres de la LCR auparavant. C’est avec beaucoup d’amertume, mais aussi de colère, que nous voyons notre parti renoncer à l’engagement pris lors de sa fondation : rassembler tous les anticapitalistes dans un parti de masse. Le NPA avec son candidat prend le chemin de la marginalité, qui lui interdira de peser réellement dans une situation politique aux enjeux majeurs.

La Gauche anticapitaliste, sans donner de position en tant que courant sur le vote, prend acte de cette impasse et estime que la dynamique créée autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon constitue un fait positif de la situation actuelle. Nous voulons en souligner les conséquences à nos yeux.

Réquisitionner les entreprises qui licencient en délocalisant, prendre des mesures pour museler la finance, refuser de faire payer la crise à la population, organiser la planification écologique, rompre avec une Ve République antidémocratique, refuser les traités européens pour réorganiser une Europe qui réponde aux impératifs sociaux, écologiques, démocratiques, sont autant de propositions qui vertèbrent la campagne de Jean-Luc Mélenchon et qui vont dans le bon sens. Nous apprécions les déclarations affirmant qu’aucune participation à un gouvernement qui pratiquerait la politique préconisée par Hollande n’est envisageable. Nous conservons des points de vue différents sur certains aspects concernant notamment la République et la nation, mais nous estimons l’orientation générale positive.

La dynamique politique militante qui ne cesse de s’amplifier permet que vive et se développe une force militante et électorale qui refuse de se soumettre à la gestion sociale-libérale des crises et aux politiques d’austérité.

C’est un facteur important du rapport de forces et un puissant encouragement pour les luttes sociales. En témoigne d’ailleurs le nombre de syndicalistes, de militants du mouvement social, écologiste, féministe, antiraciste qui rejoignent la campagne.

Dès lors, nous pensons qu’il ne faut pas hésiter à affirmer que si nous sommes nombreux à exprimer notre force par notre vote le 22 avril pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon, la situation en sera nécessairement positivement bouleversée.

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 08:03
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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 07:52

Tout l'indique : l'heure de l'insurrection civique a sonné en Europe ! Ainsi la marée humaine des travailleurs défilant hier dans les villes d'Espagne en ce jour de grève générale adresse un message d'une grande clarté, non seulement au gouvernement Rajoy, mais aussi à Sarkozy et Merckel.

La riposte sociale et politique s'organise. "Contre l'austérité, pour une Europe sociale, démocratique et écologique", le Parti de la gauche européenne (PGE, présidé par Pierre Laurent) organise ce week-end à Bruxelles un
sommet européen alternatif.

Il y a urgence : le mécanisme européen de stabilité et le traité européen corollaire doivent être dénoncés pour ce qu'ils sont : un recul démocratique sans précédent, une perte de souveraineté des États, un outil au service des marchés financiers et des puissances de l'argent.

Nous mettons à disposition un petit film à faire circuler largement pour que ces faits ne soient ignorés de personnes. Diffusez et faites circuler ce film par tous les moyens à votre disposition.

Dans la série, "En 2012, on va leur faire un dessin" :

Le mécanisme infernal européen : http://www.pcf.fr/21771

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 06:24

Est-ce une société civilisée celle qui fait le choix d'accepter que 15 % de la population s'enfonce dans le dénuement, l'exclusion et le mal vivre lié aux privations matérielles alors que les profits et les richesses privés de quelques-uns prospèrent de manière éhontée?

La France est un des 10 pays les plus riches du monde, son PIB est deux fois plus élevé qu'il y a 30 ans, et elle tolère que 13,5% (en 2009) à 15% (aujourd'hui) de la population soit touchée par la pauvreté. Cette année, à cause de la crise, du chômage, de la cherté du logement, de l'énergie, des transports, de l'alimentation, mais aussi de l'extrême précarité des populations immigrées, il y a eu 15% à 20% de fréquentation en plus des banques alimentaires, Restos du Coeur et autres Secours Catholique ou Secours Populaire.

En 2009, la pauvreté touchait 8,2 millions de personne ne disposant que de 954€ pour vivre chaque mois (moins de 60% du revenu médian). Près de 2 millions de personnes vivaient en 2009 avec moins de 640€ par mois (40% du revenu médian), soit 3,3% de la population contre 2,7% en 2000 (chiffres de l'ONPES, Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion, cités par le Ouest France aujourd'hui).

Les causes de cette paupérisation de la population française, ce sont la vie chère liée à la spéculation et aux politiques fiscales injustes, le chômage de masse, la dérèglementation et la précarisation des conditions de travail, les bas salaires et les faibles pensions de retraite et la baisse du niveau de protection sociale des chômeurs.  

    

Conséquence des politiques d'austérité et de démantèlement de la protection sociale, des services publics et des protections salariales, conséquence aussi de la dérèglementation, de la financiarisation et de la mise en concurrence des salariés du monde avec ses effets associés - délocalisation, licenciements-, conséquence enfin de la crise financière de 2008, la montée de la pauvreté des chômeurs, des retraités, des jeunes et des travailleurs précaires (bas salaires, temps partiels imposés, CDD) en France est dramatique.

Les perspectives pour les années à venir, à défaut de réorientations globales des politiques publiques en Europe pour plus de redistribution des richesses, de protections des salariés, de partage du temps de travail et de remise au pas des intérêts financiers, sont elles aussi plus que sinistres, puisque la généralisation de l'austérité en Europe conduit à déprimer l'activité économique et la très faible croissance qu'elle pourrait tolérer encore ne créera pas d'emplois. Dans ces conditions, vouloir la rigueur et la discipline budgétaire comme le PS de Hollande, EELV, et la plupart des candidats aux présidentielles en dehors de celui de celui du Front de Gauche, c'est faire le choix de renforcer la pauvreté d'un cinquième ou d'un sixième des français.

    

Pierre Le Steun m'a communiqué cette semaine un lien avec une page du forum participatif Agora Vox où "Pat du 49" commentait en se basant sur un rapport de la DARES les vrais chiffres du chômage. Ceux-ci sont accablants pour la société française, le bilan du gouvernement et du libéralisme.

En février 2012, lors de la publication des chiffres annuels,  il n'y avait officiellement que 19800 demandeurs d'emploi en plus mais 294.700 radiés des listes, les reprises d'emplois déclarées ne représentant que 20% des sorties de listes de pôle emploi.

Le chiffre officiel de 5.300.000 demandeurs d'emploi ne correspond pas à la réalité du nombre de sans activité et de personnes sans ressources suffisantes pour vivre correctement. Déjà parmi ces chômeurs déclarés, 50% ne reçoivent pas d'indemnité et le chômage de longue durée (2 à 3 ans) a augmenté de 4,7% en 2011 et celui de très longue durée ( plus de 3 ans) a augmenté de 22,8% en 2011. Le chômage de longue durée concerne à peu près 40% des chômeurs.

A ces 5,3 millions de chômeurs officiellement déclarés s'ajoutent 1 million de bénéficiaires de l'allocation adulte handicapé ou de pension d'invalidité, 1 million de sans droits (notamment des jeunes de moins de 25 ans ne pouvant bénéficier du RSA) et 1,2 millions de bénéficiaires du RSA non comptabilisés parmi les chômeurs. Au total, le chiffre de 8 millions de chômeurs en France serait plus fidèle à la réalité.

Une seule issue acceptable à la souffrance inacceptable des chômeurs et des précaires: revaloriser le montant et la durée des indemnisations, mieux accompagner les chômeurs vers le retour à l'emploi en leur proposant de vraies formations qualifiantes (mais aussi améliorer la formation continue des salariés eux-mêmes) et de vraies facilitations pour trouver du travail sans chercher à les montrer du doigt, à la fliquer, ou à les radier des listes. Il faut surtout sécuriser l'emploi des salariés (contre le licenciement, le temps partiel imposé, le recours excessif aux contrats précaires), relancer l'activité économique par la hausse des salaires et le partage des richesses et encourager les entreprises à embaucher par la limitation des profits, le partage du temps de travail, et le crédit bancaire sélectif proposé par un pôle financier public.

 

Ismaël Dupont.  

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 17:19

Lundi dernier, 26 mars 2012, j'ai assisté au Conseil Communautaire au côté des cinq ou six indignés de Morlaix décidés à observer - avant de rédiger un rapport public de diagnostic citoyen envoyé aux intéressés - le fonctionnement de cette assemblée d'élus désignés au suffrage indirect qui gère des sommes d'argent extrêmement importantes et prend des décisions lourdes de conséquences pour nos territoires dans un contexte où les rapports de force et le donnant-donnant se substituent peut-être trop souvent à des décisions et des débats portant sur l'intérêt général des habitants des 28 communes qui composent l'agglomération.   

J'ai été choqué lors de ce conseil communautaire par l'attitude irrespectueuse et monarchique d'Yvon Hervé, qui avait déjà éclaté au grand jour en 2010 lors du départ du Fourneau et des Arts dans la Rue et de la gestion des revendications des agents techniques de Morlaix Communauté, et par l'absence de prise en compte et de prise au sérieux de la parole des élus qui soulèvent des interrogations ou ne pensent pas "comme il faut". 

Les élus qui ne sont pas tous à l'origine des décisions dans le bureau exécutif et les commissions ont pourtant souvent un souci de travailler les dossiers pour honorer les responsabilités que la population et leurs pairs des conseils municipaux leur ont confiées et ils ont le droit et le devoir de poser de se poser des questions et de les soulever publiquement: le conseil communautaire n'a pas à se transformer en simple caisse d'enregistrement.  

Heureusement, lundi, des élus de Plourin (Jean-Pierre Prigent, Jacques Brigant), de Plounéour Menez, des membres du groupe Idées (Michel Le Saint, Christine Prigent, Jean-François Huon) et du Front de Gauche (Martine Carn) furent là pour mettre un peu d'interrogation, de critique et de mise en perspective politique dans des propositions de décision présentées comme nécessaires techniquement et devant passer comme des lettres à la poste, sinon ce conseil communautaire n'aurait paru qu'une chambre d'enregistrement. 

Jacques Brigant de Plourin a ainsi mis en avant au moment du vote du budget primitif qu'il était important pour Morlaix Communauté d'être une communauté d'investissement et d'agir sur les postes qui ramènent des retours de recettes fiscales tel que l'économie, l'habitat, ce qui implique des investissements fonciers conséquents. Il a affirmé que sur le pays de Morlaix, il y avait un déficit d'hébergement touristique de qualité (à part le camping de Carantec): selon lui la communauté doit être moteur pour agir sur ce secteur de développement. L'élu a aussi rappelé que la commune de Plourin (du moins la majorité municipale) était attachée à la voie de contournement sud-est. 

Un élu de Plounéour Menez a dit qu'il s'opposait aux 440000 € de dotation au budget annexe pour la régie du port du Diben. Il a aussi fait part d'un manque de lien entre les conseils municipaux et les délibérations du conseil communautaire et, symboliquement, les élus de Plounéour ont décidé de soumettre à l'approbation de leur conseil municipal le budget de Morlaix Communauté.  Depuis le conseil municipal de Plounéour Menez a rejeté à l'unanimité (moins 2 refus de vote) la dotation pour le port du Diben.

Michel Le Saint, qui n'a pas voté le budget, a regretté qu'il n'y ait pas eu en début de mandature un diagnostic partagé sur le territoire, la fiscalité, l'économie, le social, l'environnement. Selon lui, les politiques proposées au niveau de Morlaix-Communauté ne prennent pas assez en compte le problème de la précarité: la question de la gratuité doit être posée au niveau des transports et la précarité énergétique doit égaloement être prise en compte. Le développement des activités ne doit pas accentuer les déséquilibres et les inégalités entre territoires selon lui et contredire le soutien à la démocratisation de la culture, au financement du secteur petite enfance, de la cohésion sociale. Il a rappelé qu'il aurait été pour mettre en place un système d'abattement qui rende les taxes de Morlaix-Communauté plus redistributives. Par rapport au méthaniseur de Guerlesquin installé pour le profit d'une entreprise privée et d'agriculteurs avec des fonds publics, M. Le Saint s'est étonné que l'on achète des terrains à la famille Tilly pour installer une structure qui profitera à Tilly.

L'élu de Plourin membre de la commission Transports, Jean-Pierre Prigent, a affirmé son opposition à la gratuité des transports (la mobilité n'a pas de prix mais à un coût supporté par tous les citoyens imposables) tout en demandant que l'on augmente les dessertes et la régularité des bus. Là n'est pas notre avis: s'il faut évidemment pour des raisons environnementales et de solidarité sociale et inter-générationnelle augmenter de manière importante les possibilités de prendre des bus ou des mini-bus communautaires réguliers et desservant une pluralité de communes - Morlaix Communauté doit également réfléchir à une tarification sociale et incitative qui pourrait aller jusqu'à la gratuité. JP Prigent a ensuite fait une rapide allusion il me semble à la question de la DSP dans les transports.

 

C'est alors qu'Yvon Hervé s'est emporté: "Toutes ces longues prises de parole, c'est lourd. Il va falloir accélérer, il est déjà 23h... Il y a beaucoup trop de temps morts, de répétitions, de relances, qui rendent la multiplication des délibérations du conseil communautaire impossibles". 

La menace a été clairement agitée: en cas d'obstruction persistante des "mauvais esprits" ou des opposants obstinés à soulever "des problèmes" sur chaque question, il faudrait régler toujours plus de questions en comité restreint, c'est à dire en bureau exécutif entre maires et vice-présidents. Yvon Hervé s'est presque félicité au passage de la réforme des collectivités territoriales qui pourrait réduire le nombre d'élus communautaires si elle n'est pas abrogée.    

Jean-François Huon et Martine Carn, du collectif citoyen Front de Gauche, ont répliqué en demandant le droit de proposer, le droit d'être respectés dans leurs prises de parole pour des conseillers municipaux qui faisaient l'effort de venir au Conseil Communautaire sans faire parti de la commission exécutive et qui devraient pouvoir travailler et faire vivre le débat sans se contenter de voter docilement et sans commentaire ni demande de renseignements complémentaires les décisions du bureau exécutif. Martine Carn s'est insurgée contre la propension aux remises en place suffisantes et aux brimades d'Yvon Hervé: "La parole est peut-être monopolisée par certains mais c'est normal que l'on demande des éclaircissements. Moi je le dis aujourd'hui. Je n'ose plus intervenir. Ce n'est pas normal!".  

Ensuite, a eu lieu le vote des subventions aux associations pour la jeunesse, l'insertion sociale et la culture, lors duquel Jean-François Huon a remarqué que la subvention aux Restos du coeur n'était pas tout à fait à la hauteur de l'augmentation des besoins (+17% de bénéficiaires cette année, diminution des dons lors de la collecte organisée il y a 15 jours) tandis que Michel Le Saint regrettait lui que la subvention allouée à La Baie des Livres, l'association organisant un salon du livre jeunesse en décembre prochain à Saint Martin des Champs ne soit que de 3000€ malgré l'ambition du projet et ses retombées possibles en termes d'activités scolaires, de démocratisation de la culture, d'image de la région à l'extérieur. La demande de subvention était de 10000€. 

 

Christine Prigent (Idées) a pour finir lu un argumentaire co-signé par 5 élus pour demander aux élus communautaires d'autoriser une consultation de la population sur l'opportunité ou non de retenir le projet de port à flot du Diben approuvé majoritairement par les élus le 27 février dernier. Voici ce texte qui me parait formuler une exigence de démocratie légitime en demandant une consultation de tous les citoyens de l'agglomération en même temps que des réserves qui me paraissent justifiées sur le bien-fondé économique, social et environnemental du projet. 

En même temps, ce texte a peut-être le tort de préjuger de la réponse qu'il faudra donner et qui serait donnée à cette consultation, de ne pas poser préalablement la question de la nécessité ou non d'un port sur la côte tregoroise et de ne pas parler des alternatives possibles éventuelles au projet de port à flot présenté par Morlaix Communauté.    

 

Demande de consultation pour le port du Diben signée par 5 élus: Christine Prigent Michel Le Saint, Jean-François Huon, Jean-Philippe Bapceres, Martine Carn.

 

Le Conseil de Communauté a approuvé le 7 février 2011 le programme d'aménagement du port du Diben à Plougasnou par 50 voix pour. 30 élus ont voté contre ou se sont abstenus.Ce projet est aujourd'hui évalué à 23,5 millions d'€, sans compter les dépenses connexes mentionnées dans la délibération mais non chiffrées par le bureau d'études, estimées il y a quelques mois par le vice Président en charge du projet à 6 millions d'€. Au total, le coût du projet avoisinera (ou dépassera, en cas de "mauvaise surprise" dans l'extraction du gabbro) 30 millions d'€.    Déduction faite des financements extérieurs, il restera au minimum un coût d'investissement de 20 millions d'€ à charge de Morlaix Communauté, à financer par un emprunt à long terme. Dans l'attente de ces financements, la communauté devra également porter pendant deux ou trois ans un emprunt relais de 10 millions d'€. Au total, ce sont donc bien 30 millions d'€ qu'il faudra emprunter, ce qui fera passer la dette de Morlaix communauté par ménage d'un peu moins de 50 € aujourd'hui à plus de 500 €. Les recettes de fonctionnement du port ne permettront évidemment pas de rembourser le capital de cet emprunt. Le budget général sera donc mis à contribution pour équilibrer le budget du port, pour un montant annuel compris entre 1 et 1,5 million d'€.
En pleine crise économique, financière, sociale, énergétique...la décision a été prise d'engager la collectivité dans cette dépense au détriment d'actions massives en direction des économies d'énergie, bien plus créatrices d'emplois et bénéfiques à l'ensemble de la population.
Considérant l'ampleur du projet, son incidence à long terme et le fait qu'il n'a jamais été soumis aux citoyens  contribuables de l'ensemble du territoire communautaire, nous demandons à Monsieur le Président de Morlaix Communauté d'organiser très rapidement un référendum, afin de demander l'avis de la population sur cette question. Si un référendum ayant valeur décisionnelle n'est pas possible légalement, une consultation de la population est néanmoins éminemment souhaitable ; le résultat d'une telle consultation ne sera pas juridiquement contraignant pour la communauté, mais il n'en sera pas moins fort éclairant pour les élus.

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Yvon Hervé a balayé d'un revers de main cette demande de consultation de la population, en faisant croire à tort que l'élection au suffrage indirect de sa majorité au conseil communautaire s'était faite sur un contrat programmatique avec la population comprenant la réalisation du port du Diben. "Non, non, non, on ne va pas se proncer ce soir sur un problème de consultation de la population, a t-il dit d'un ton péremptoire. Il est hors de question d'y recourir". "Aujourd'hui, nous sommes chacun sait dans une saison d'élection, chacun pourra compter ses forces sur l'agglomération et savoir ce qu'il représente" a t-il encore asséné pour clore le débat.

Guy Pouliquen, l'élu en charge de dossier Port du Diben, a mis en avant des arguments légaux, à savoir qu'un projet de consultation exigeait soit d'être demandé par un maire ou un président de la République - et le référendum avait alors une valeur décisionnelle - soit d'être porté par 20% des électeurs inscrits, et approuvé par les élus communautaires, ceux-ci pouvant ensuite se réserver le droit de ne pas suivre l'avis dominant émanant de la consultation.  Il a affirmé que beaucoup d'habitants de Plougasnou voyaient d'un bon oeil ce projet de port à flot et que l'on trouverait toujours du côté des écologistes des anti-tout - anti-économie, anti-développement - alors que le défi était de marier en juste noce économie et écologie. Pour certains, "on ne pourrait pas même faire un hôpital s'il y avait un arbre à couper"...

 

C'est sur ces paroles de haute tenue que s'est terminé ce conseil communautaire qui a manifesté de manière éclatante l'arrogance de quelques barons locaux, y compris issus des rangs de la gauche (PS) et toute l'étendue des progrès qu'il faudrait réaliser pour rendre plus démocratique, et moins basée sur la délégation de pouvoir absolue, cette institution. Les citoyens devraient davantage se préoccuper d'assister à ces assemblées pour entretenir un climat moins consensuel et réintroduire un peu de débat politique au milieu des enjeux de pouvoir et de copinage.  

 

Ismaël Dupont 

 

Ouest France, Mardi 27 mars 2012

 

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  Télégramme, mardi 27 mars 2012

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 06:15
 
 
20000 personnes à Lille à l'intérieur et en dehors du Grand Palais: "la rivière est sortie de son lit et quoiqu'il y arrive, elle n'y retournera pas de sitôt!". "Le Front de Gauche est devenu le Front du Peuple...."
L'engouement autour du Front de Gauche est énorme et  va très certainement encore resserer le rapport de force à gauche d'ici les présidentielles tant la ferveur et la dynamique est du côté de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche et non de celui d'un PS qui retourne à ses réflexes oligarchiques en constituant déjà son gouvernement et en refusant tout compromis sur son programme de gouvernement éventuel avec les autres forces de gauche et d'un Hollande bien pâlot, centriste et opportuniste.
57% des français ont une bonne opinion de Mélenchon (54% pour Hollande) selon un sondage Paris Match (22 mars), 30% des étudiants de Sciences Po Rennes voteraient Mélenchon au 1er tour... Quelques exemples, un peu dérisoires sans doute, de l'élan incroyable pour une gauche de transformation sociale qui a finalement fini par s'affirmer franchement depuis quelques semaines grâce au rassemblement et à l'activisme des militants et citoyens sur le terrain, à la qualité de notre programme, à la diversité des traditions politiques et à l'unité d'intention qu'incarne le Front de Gauche et à la clarté et au charisme de Jean-Luc Mélenchon. Le potentiel de progression dans les 4 dernières semaines est important et il n'est plus interdit de rêver au second tour!  
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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 14:38
Le FRONT de GAUCHE du Finistère et ses candidats aux élections législatives, appellent à manifester pour les Langues et Cultures de France samedi 31 mars, à 14h place de la Résistance à Quimper.

Nous serons également représentés au colloque sur les langu
es régionales qui se tiendra samedi matin à 10h, salle St François toujours à Quimper.

Ce samedi, les langues de France se mobiliseront aux 4 coins du pays et bien au-delà : à Quimper, Ajaccio, Toulouse, Perpignan, Bayonne, Strasbourg, Poitiers, Amiens, Annecy, aux Antilles, en Guyanne et à la Réunion ...

Des dizaines de milliers de manifestants sont attendus pour exprimer un désir que nous partageons : une loi qui donne aux Langues de France un cadre légal permettant la mise en place d'une vraie politique publique en leur faveur.

Pour promouvoir en France et dans le monde, la diversité culturelle dont les langues sont un des fondements , le Front de Gauche s'engage notamment à mettre en oeuvre un programme de promotion, de défense et d'apprentissage des langues en danger dont le Breton. A cet effet, il souhaite que l'Etat propose une véritable offre généralisée d'enseignement, avec les moyens nécessaires, en coordination avec les collectivités locales.
Cela doit passer par la création d'un Haut Conseil aux Langues et cultures de France, incluant la représentation des langues issues de l'immigration.
Le Front de Gauche s'engage à réviser la Constitution et adapter la Charte européenne des langues, afin d'en permettre la signature.

pour le
FRONT de GAUCHE du Finistère
Jean-Marie DEGE, Eric LE BOUR, Alain REBOURS, Yannick HERVE, Porte-parole


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