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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 08:34

A en croire Bruno Le Roux, la prochaine réforme des retraites pourrait se traduire par une augmentation de la Contribution sociale généralisée (CSG). La CSG serait, selon lui, un moyen de mettre à contribution les revenus du capital. En réalité, loin d’être plus juste que les cotisations, la CSG repose essentiellement sur les revenus du travail des ménages (88 %). Les revenus financiers et du patrimoine n'y contribuent que pour 11 %. Les entreprises restent épargnées.

Pour Bruno le Roux, qui cherchait à l'évidence un marqueur de gauche, “cette piste ne doit pas être écartée”. Nous pensons qu'aucune ne doit l'être. Pour le financement des retraites comme pour le reste, il y a urgence à engager dès la rentrée un grand plan de relance de la demande comme de l'offre.

Si une réforme clairement de gauche, juste et efficace est en réflexion, une majorité de gauche au Parlement peut décider une réforme de l’assiette des cotisations patronales, accroître le taux et la masse des cotisations sociales patronales, en modulant le taux de cotisation patronale afin de relever la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée.

Ainsi les entreprises qui relèvent cette part, en développant l’emploi, les salaires et la formation, seraient assujetties à un taux de cotisation relativement abaissé, tandis que l’accroissement des salaires, de l’emploi, permettrait des cotisations accrues.

Inversement, les entreprises qui licencient, réduisent la part des salaires dans la valeur ajoutée, fuient dans la croissance financière, seraient assujetties à un taux de cotisation beaucoup plus lourd.

 

Les revenus financiers des entreprises et des institutions financières s’élèvent à plus de 300 milliards d’euros par an. Ils échappent largement aux prélèvements sociaux. En leur appliquant les taux de cotisations patronales prévus pour chaque branche de la sécurité sociale, cela rapporterait annuellement plus de 80 Milliards d'euros au régime général, dont 30 Milliards pour les seules retraites.

Voilà comment nous pouvons contribuer à la croissance réelle, et contre la financiarisation

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 08:28

De nouveaux besoins à satisfaire…

Financer les départs anticipés en raison de la pénibilité et des longues carrières, augmenter les basses retraites, assurer le rattrapage du pouvoir  d’achat, revenir à l’indexation sur les salaires, aux 10 meilleures  années pour  le calcul  des pensions, corriger  les insupportables inégalités qui touchent notamment  les femmes, les ouvriers,  et les plus modestes, faire face aux besoins liés à la démographie, au risque  dépendance, garantir  l’âge légal de la retraite à 60 ans.

… Par de nouveaux financements

Les plans d’instauration de la capitalisation et des fonds de pensions qui jouent la retraite en bourse en soumettant les retraités aux turbulences des marchés financiers,  ne sont pas soutenables. La répartition est plus fiable que la capitalisation.  En liant solidairement et simultanément la création de richesses et le financement de la protection sociale, la « répartition » soutient la croissance et ne subit ni n’alimente la spéculation boursière. L’abaissement du taux de chômage, le relèvement des salaires, et un nouveau type de croissance, de politique économique et de gestion des entreprises sont au cœur de la question du financement, ce qui impliquerait d’agir sur l’ensemble des variables économiques qui contribuent au financement des retraites.

1% de masse  salariale en plus représente 2,5 milliards d’euros de cotisations en plus pour la protection sociale.

1% de taux  de croissance réelle  supplémentaire cela représente 2,5 milliards  de cotisations nouvelles

100 000 chômeurs de moins  représentent 1,3 milliard de cotisations en  plus,  près  de  la moitié  de  ces  cotisations étant destinées au système de retraites.

La part des retraites dans le PIB va s’accroître  de 2000 à 2040 de l’ordre de 50 %, en relation avec le vieillissement  de la population,  et devra monter au minimum  à 18 % au lieu d’un  peu plus de 12% aujourd’hui.

Les mesures que nous préconisons représenteraient certes d’ici 2040, au moins 15 points de cotisations supplémentaires mais participeraient à un nouveau type et une nouvelle dynamique de la croissance réelle centrée notamment sur le développement de l’emploi, de la formation, des salaires, le développement durable. Elles contribueraient au renouvellement de la force de travail.

Quatre Propositions clé

1) Une réforme de l’assiette des cotisations patronales visant à dégager des rentrées de cotisations nouvelles en lien avec le développement des emplois et des salaires, de la formation et de la qualification.

Nous défendons le principe des cotisations sociales fonction des salaires versés, liées à l’entreprise, lieu où se créent les richesses. Il faut rompre avec le type de gestion des entreprises  et de politique économique qui limite  la part des salaires dans la valeur ajoutée. Notre proposition est de moduler les taux de cotisation,  en fonction  de la politique d’emploi des entreprises et du rapport entre les salaires et la Valeur ajoutée. Les entreprises qui développent l’emploi et relèvent la part des salaires dans la valeur ajoutée, se verraient appliquer un taux de cotisation plus faible relativement, mais la relance des emplois , des salaires et d’un nouveau type de croissance ferait rentrer une masse de cotisations  supérieure. Inversement, les entreprises génératrices de licenciements, d’emplois précaires, de bas salaires, engendrant une baisse de la part des salaires dans la VA, et qui joueraient sur les placements financiers, seraient assujetties à des taux de cotisation beaucoup plus lourds.

2) Une cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises et des institutions financières au même taux de cotisation que les salaires.

Pour s’attaquer à la logique de la financiarisation il faut pénaliser les capitaux qui fuient dans la croissance financière et contribuer ainsi à une nouvelle logique de la croissance et du développement durable en incitant  à de nouveaux critères  d’utilisation des fonds, et à de nouvelles rentrées de cotisations. Notre proposition est de taxer les produits financiers (bruts) des Entreprises non financières car certes il faut faire contribuer ces produits, mais il faut surtout les faire reculer. Il s’agirait aussi de taxer les produits  financiers (nets) des banques : « Net » car leur fonction c'est de prêter, donc d'avoir des produits  et charges financières.

Rapport sur les Comptes de la Nation en 2008, publié en mai 2009 (2)

Les produits financiers bruts des entreprises non financières (ENF) s'élèvent à 254,6 Mds d'euros  en 2008 (y compris revenus des investissements directs étrangers).

Les produits financiers nets des sociétés  financières (SF) s'élèvent à 13,7 Mds d'euros  en 2008 (y compris  revenus des investissements directs étrangers).

Donc le volet  taxation de la proposition porterait,  dans sa version  simple  sur une base  de revenus financiers de 13,7 + 254,6 = 268,3 Mds d'euros en 2008, si on applique l’ensemble du taux de cotisation , part patronale et ouvrière au RG, cela ferait rentrer 15% de 268,3 soit 40 milliards  d’euros pour la CNAV du RG.

3) L’emploi est au cœur du financement des retraites.

Cela exige un relèvement du taux d’activité  notamment des femmes, ce qui impliquerait aussi un nouveau type de politique familiale centrée aussi sur la formation , la réussite, la promotion des salaires et des qualifications.  Il faut viser la résorption de la précarité et l’insertion dans des emplois qualifiés et rémunérés convenablement, notamment pour les jeunes. De même il est urgent de lutter  réellement contre  l’éviction des seniors. Sécuriser tous les moments de la vie, de l’entrée des jeunes dans la vie active, en passant par le développement de la formation  tout  au long de la vie, jusqu’à l’emploi  des seniors, participerait à l’avenir du financement des retraites.

4) Suppression des exonérations de cotisations patronales qui ne créent pas d’emploi et tendent à tirer les salaires vers le bas.

Les exonérations, principalement celles sur les bas salaires, tendent  au développement  des emplois précaires, ne créent pas d’emplois et tirent l’ensemble des salaires vers le bas. Les fonds publics en France compensent pour  une large part cette perte de ressources (30 milliards  d’euros)  en 2009 pour  la Sécurité sociale. Nous proposons de réorienter ces fonds publics ainsi gaspillés en supprimant ces exonérations et en organisant la conversion de ces fonds publics gâchés, en Fonds publics nationaux et régionaux consacrés au développement de l’emploi et de la formation, contribuant à un nouveau type de croissance réelle et donc au financement des retraites par répartition.

Une refonte du financement  des retraites et de la Sécurité sociale est nécessairement articulée  à un nouveau projet  de société Celle-ci serait branchée sur une nouvelle  logique de développement,  une nouvelle civilisation, mettant au centre une véritable sécurisation et un développement de l’emploi et de la formation.

Cela impliquerait des constructions nouvelles comme les forces de progrès avaient pu construire la Sécurité sociale en 1945. Sécuriser emploi,  formation  et revenus serait créateur de rentrées de cotisations, notamment pour le financement des retraites.

De nouveaux droits  et pouvoirs,  pour  les salariés ainsi que les retraités et tous les citoyens, doivent leur permettre  d’intervenir sur l’orientation de l’argent pour l’emploi,  les salaires, la formation,  la protection sociale, le développement durable. On pourrait mobiliser l’argent, par un nouveau crédit, des Fonds régionaux, d’autres missions de la Banque centrale européenne, pour l’emploi, la formation.

(1) Ce travail a été réalisé pour la revue Plein temps avec la coopération de, Michel Bruneau et Claude Pondemer. Les tableaux et calculs, issus du Rapport sur les Comptes de la Nation, ont été fournis par Frédéric Boccara, ils permettent d’actualiser et d’affiner nos propositions.

(2) Tableaux et calculs fournis par Frédéric Boccara

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 16:39

La nouvelle PAC (Politique Agricole commune) doit se mettre en place pour 2015 avec la disparition des « restitutions » (Aides à l’exportation). La commission Européenne vient de décider l’arrêt brutal de ces restitutions au 1er août 2013 soit 1,5 ans avant la date programmée. Cette décision met en danger près de 5.000 emplois directs de la « filière volailles export »,  et fragilise l’ensemble de la filière.

Pour le Pays de Morlaix la fermeture de l’entreprise Tilly, s’ajoutant à celle programmée de Gad à Lampaul-Guimiliau, serait une catastrophe économique et sociale majeure. Les conséquences en seraient dramatiques pour l’emploi (emplois directs et emplois indirects), l’outil industriel, le territoire.  C’est la survie de centaines de familles et d’exploitations agricoles qui est en jeu.

Le PCF Morlaix dénonce cette mesure brutale comme il a dénoncé, dans le passé, le plan de réduction rapide et sans contre partie des restitutions européennes.

Il apporte son soutien aux travailleurs, qui ne doivent pas être la variable d’ajustement, dans leur lutte pour la conservation de leur emploi et de l’outil industriel.

Il appelle la population à la mobilisation contre ces menaces et pour une autre politique.

Les patrons de la filière portent bien évidement une lourde  responsabilité dans la situation. Ils pensent rentabilité immédiate avant stratégie économique à long terme.

Le gouvernement porte aussi une part des responsabilités : il n’a rien fait de sérieux pour les salariés ni pour l’avenir de la filière. En revanche, il répond aux exigences  du patronat et  des partisans de l’austérité.

Il est de sa responsabilité d'agir au niveau européen pour contraindre la Commission à revenir sur cette décision brutale, d'agir pour que cessent les inégalités fiscales et sociales qui mettent les peuples en concurrence.

 

Pour le PCF il faut aller vers des productions de meilleure qualité, une agriculture plus respectueuse de l'environnement et davantage tournée vers le marché intérieur. La qualité de l'alimentation et la qualité des eaux, le recentrage sur les circuits courts sont à prendre en compte. En même temps, cette évolution doit se préparer, être dirigée par étapes, progressivement, sans être laissée aux mains des forces de marché et sans sacrifier les emplois.

 

 

Il revient donc au gouvernement de créer les conditions d'un débat sur la nécessaire reconversion d'une filière avicole davantage tournée vers la qualité, le marché intérieur, moins tributaire de l'exportation.

 

 

 

Communiqué de presse déposé le 29 juillet 2013

 

 

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 15:02

Chaque matin, les radios mentent : « Il n’y a plus d’argent dans les caisses. » « Si on ne rembourse pas la dette, nos enfants devront la payer. » « Chaque enfant qui naît, naît avec 25 000 euros de dette sur la tête. » « Un État, c’est comme un ménage, il ne doit pas dépenser plus que ce qu’il gagne. » « On dépense trop. » « Il faut faire des économies. » Comment comprendre que tout ça est de la propagande pour vous faire bosser plus en vous donnant moins ?

Comment admettre que notre gouvernement de gauche reprenne ces leitmotivs ? Et qu’incroyablement, il vienne de décider d’un budget d’austérité 2014 qui s’avère un record dans les annales. Pourtant, la preuve est faite, année après année : la dette publique de la France s’élevait à 85,9 % du PIB, fin 2011, et à 90,2 %, fin 2012. Elle a atteint 91,7 % à la fin du premier trimestre 2013, selon l’INSEE. Quelle est cette politique qui aboutit au contraire de ce qui est escompté et annoncé ? À quoi ça sert que le déficit baisse de 5,3 % en 2011, à 4,8 % en 2012, qu’il atteigne 3,9 % du PIB en 2013 ? Il est fixé à 3 % en 2014 et à 0,5 % en 2017 pour obéir aux libéraux de Bruxelles et au TSCG (« traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » sic).

Mais au fur et à mesure, la dette publique augmente de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Pourquoi ? Parce que cet argent qui sert à rembourser la dette, ces économies qui sont faites sur les dépenses, induisent stagnation de la croissance et récession. Le blocage du SMIC et le gel des points d’indice des fonctionnaires, la baisse des salaires et des retraites aboutissent à celle des recettes fiscales et sociales. La stagnation des salaires et des prestations sociales exigée par le MEDEF et la Commission européenne écrase la demande solvable des salariés. C’est comme un commerçant dont la banque exige de payer des traites à marche forcée au détriment de l’approvisionnement de ses stocks. Son chiffre d’affaires baisse et sa dette augmente au fur et à mesure qu’il la rembourse. C’est comme un jardinier qui arrose le fleuve pendant que son jardin dépérit.

Donner priorité à la dette et à la réduction des déficits, c’est jeter des steaks aux requins, mais c’est aussi les enlever de la bouche des passagers du navire. Sans desserrer l’étau usurier des banques privées, sans remettre en cause les dettes publiques de l’État, et investir tout de suite, de façon urgente, dans la relance, il n’y a pas d’issue.

En un mot, il faut dépenser « plus » (et non pas « moins ») pour nous en sortir. Au lieu de nous serrer la ceinture, de nous flexibiliser, il faut travailler mieux, moins, tous, et gagner plus... Tout de suite. Il va falloir être nombreux – comme au Portugal, en Turquie, en Égypte, au Brésil – à manifester à la rentrée en défendant nos retraites, pour que la gauche entende cela.

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 14:58

Systématiquement évacués des analyses de la crise, les prélèvements financiers effectués sur les entreprises au bénéfice des actionnaires, au détriment du travail, représentent entre 94 et 130 milliards d’euros, selon une étude de cinq économistes.

C’est l’obsession des libéraux depuis plus de trente ans. La France souffrirait d’un grave problème de compétitivité lié à son « coût du travail ». Face à ce nouvel emballement médiatico-politique, cinq économistes ont mené une étude, dans le cadre de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires), en partant du principe que « si problème de coût il y a, pourquoi ne pas aller voir aussi du côté du coût du capital ». Autrement dit, il s’agit pour ces économistes d’évaluer le montant des revenus prélevés sur les entreprises – les intérêts versés aux banques et les dividendes octroyés aux actionnaires – qui n’ont « aucune justification économique ». Un pactole qui, dans le discours libéral, répondrait aux « impératifs de financement », apparenté ainsi à un coût « normal », alors qu’il s’agit en réalité d’un « surcoût du capital » qui n’est autre qu’une « rente financière », soulignent les auteurs de l’étude. 

Une ponction directement versée en dividendes

Leur résultat dépasse les hypothèses, puisqu’ils estiment que ce surcoût correspond à un prélèvement annuel de 94 à 130 milliards d’euros réalisé sur le compte des entreprises non financières (voir infographie ci-contre), soit 10 % des richesses créées par ces sociétés, ou encore 60 % des investissements réalisés en 2011. Une ponction versée directement sous forme de dividendes et d’intérêts qui n’a cessé d’augmenter : elle représentait en moyenne 34,4 % des profits dans les années 1921-1981, avant d’exploser à 91,9 % entre 1987-2011. Et tout cela au détriment des salaires, de l’emploi et des opportunités d’investissement. Pis, en prélevant entre 80 et 90 % de la trésorerie des entreprises, ces dernières, privées de capacité d’autofinancement, se retrouvent dépendantes des banques et des marchés financiers pour investir. Au final, « le coût supporté par les travailleurs et par l’ensemble de la société, du fait de l’augmentation de la rente financière », est double, analysent les économistes. D’une part, avec la modération salariale, mais également lorsque des projets de développement d’utilité « économique, sociale et environnementale » se retrouvent mis sur la touche « du fait qu’ils ne souscrivent pas aux exigences de rendement financier du moment ».

Parue en mai 2013, cette étude a été passée sous silence par les médias de masse pourtant friands des sujets sur la compétitivité. N’en déplaise à Bruxelles, la « véritable réforme structurelle » qui permettrait de relancer la croissance et l’emploi n’est-elle pas celle du capital plutôt que celle des retraites ? La montée du chômage, le faible investissement des entreprises et les fermetures d’usines rentables ne sont donc pas la conséquence d’une explosion salariale comme l’avait prétendu Nicolas Sarkozy en défiscalisant les heures supplémentaires puis, à la fin de son mandat, en proposant la mise en place d’une TVA sociale. La victoire de François Hollande laissait planer un vent d’espoir, après que le candidat socialiste eut déclaré dans les colonnes de l’Express, en avril 2012 : « Le coût du travail est-il trop élevé en France ? Par rapport à qui ? Aux pays émergents ? Sûrement, mais notre avantage compétitif ne peut se jouer sur ce terrain. » Quelques mois plus tard, le rapport Gallois, ex-patron d’EADS, mettait l’accent sur les vieilles lunes de la droite et du patronat, même s’il reconnaissait que l’important déficit d’innovation était un autre facteur à explorer.

 Le cadeau fiscal aux entreprises

En réponse, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a adopté un « pacte national pour la croissance », dont la mesure phare n’est autre qu’un nouveau cadeau fiscal aux entreprises de 20 milliards d’euros, représentant une baisse du coût du travail de 6 %. Pourtant, durant ces trente dernières années, si le salaire moyen a doublé, le montant des dividendes a été multiplié par treize…

Trente ans de baisse de « charges »  Depuis trente ans, les baisses de cotisations sociales patronales se succèdent, sans que se dessine le moindre effet significatif sur les chiffres de l’emploi. La Cour des comptes a déjà pointé, en 2006 et 2009, le coût excessif de ces exonérations, dont « l’efficacité quantitative reste trop incertaine ». En 2011, l’enveloppe s’élevait à 28,3 milliards d’euros, soit 9,2 % du total des cotisations sociales. L’idée que le travail coûte trop cher, serpent de mer de la politique de l’emploi, grève le budget de la Sécurité sociale en allégeant chaque année la facture sociale des entreprises. Le crédit d’impôt compétitivité-emploi leur offre 20 milliards d’euros de réduction d’impôt en plus. Mais, alors que l’Insee annonce un « nouveau recul des investissements », en juin, l’augmentation des marges qui va en résulter profitera sans doute aux actionnaires.

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 13:46

 

AG du Front de gauche du pays de Morlaix du 8 juillet 2013

Compte rendu

 

18 présents

 

I. Reprise du débat sur les orientations et questionnements de l'atelier « Terres agricoles, transport, logement »

 

a) Le logement / terres agricoles

Hervé Penven a rappelé les questions que nous avions à trancher. Le 26 juin, nous avions débattu longuement de la première – faut-il interdire la construction de nouveaux lotissements sur des surfaces agricoles?

 

Jacques N: Il faut prendre en compte la diversité des territoires. Il y a des communes à urbanisation dispersée comme Plouigneau. Pour développer les hameaux, ce qui ne m'apparaît pas illégitime, il peut être nécessaire de récupérer quelques mètres carrés de terres agricoles pour utiliser les dents creuses des hameaux. C'est parfois aussi la condition pour maintenir une école, faire venir des enfants, renouveler la population... Moi, je suis pour qu'on tende vers cet objectif mais pas pour qu'on le présente de manière trop dogmatique. Il ne faut prendre des positions que si on est certain qu'elles sont applicables.

Alain D: on peut se donner comme orientation, en présentant les choses sous une forme applicable et pas trop brutale, d'être extrêmement économes dans l'utilisation de l'espace en préservant au maximum les terres agricoles.

François R: Il ne faut pas verrouiller, ni proposer un modèle politique clef en main. Cela ne marche plus. Sur les grandes orientations, il n'y a pas de désaccord entre nous. Le Front de Gauche qui veut avoir des élus se battra de manière privilégiée pour des solutions qui iraient vers ça. Il faut mettre en avant les orientations privilégiées qui peuvent nous différencier des autres: c'est le cas de la priorité au logement social. Après, on est ici en train de construire l'argumentaire, de nous entendre sur le fond des analyses et des propositions mais dans un programme, une plateforme municipal, on aura que 4 ou 5 lignes pour présenter les orientations sur chaque thème: c'est là qu'il faudra faire un travail spécifique pour peser les mots. Il faut formuler les choses en positif et garder la trame de ce texte comme un argumentaire dans les réunions publiques.

Didier A:je peux prendre l'exemple d'un ami qui a construit – en auto-construction écologique- un lotissement innovant en Penzé sur une terre qu'un agriculteur bio a vendu. Qu'est-ce que je dois lui dire? Que c'est illégitime? Il faut avoir voir quels logements on bâti sur les terres que l'on utilise pour l'habitat.

Jacques N: Dans la commune citoyenne modèle du Front de Gauche, on pourrait encourager les projets de lotissement auto-gérés partant des habitants développant l'habitat partagé. Les logements dans le bourg, point final, l'arrêt total d'utilisation des terres agricoles, c'est la position de la FNSEA. Il faut y prendre garde. Il faut faire attention à la structure réelle de nos communes à urbanisation dispersée.

Patrick LN: Globalement, on est tous assez proches les uns des autres. Et c'est vrai que le mot « interdiction » peut poser problème, et d'abord parce qu'«il est interdit d'interdire » ... Après, on doit montrer le chemin. Il ne faut pas faire de concessions pour faire plaisir aux uns et aux autres. Restons assez fermes sur nos idées tout en restant dans le positif.

Constance A: Il ne faut pas avoir peur de responsabiliser les gens, de leur présenter les enjeux. On ne peut pas ne pas se préoccuper de l'impact écologique de nos modes de vie. Tout le monde a le droit d'avoir une maison dans un endroit joli, et respectueux de la nature.

Alain D: On ne part pas sur un terrain vide. Il y a une urbanisation qui existe, des documents d'urbanisme qui existent. Le PLU à Morlaix est relativement équilibré. On peut le trouver sur le site de la ville. A Plouézoch, à Plougasnou, il y a aussi des PLU qui sont en train d'être conçus. Il y a une dimension environnementale à prendre en compte aussi, et pas qu'agricole.

Jacques N: S'il y a beaucoup de PLU qui sont en retard, en attente, c'est pour faire passer des projets de développement, d'acquisition foncière, sans respecter trop de contraintes environnementales. Les règles qui s'appliquent tant que les PLU ne sont pas pris en compte sont des anciennes règles d'urbanisme moins contraignantes.

Alain D: A Plouigneau le POS prévoyait le développement en couloir le long de l'ancienne N12. C'était en effet une aberration. On a toujours intérêt à s'intéresser de très près aux documents d'urbanisme, à participer aux discussions, à l'enquête publique, car ce sont ensuite des décisions qui nous engagent pour des années.

Serge P: Auparavant, on avait des petits bourgs, des villes moins grandes. Chacun voulait sa propre maison dans les 30 glorieuses. On construisait des cités, des zones commerciales. On a voulu développer encore plus. Aujourd'hui, beaucoup de gens n'ont pas les moyens d'avoir leurs propres maisons personnelles. L'urgence, c' est plutôt de détruire les taudis de centre-ville et de construire des logements collectifs confortables pour des gens qui ont peu de moyens. Ce qu'on observe dans les communes rurales, c'est que ce sont souvent les petites terres, pas rentables à exploiter, qui sont vendues par les paysans. C 'est dangereux; soit parce qu'elles sont rachetées par les gros, soit pour construire des lotissements.

Hervé P: Je vois où va le curseur: être extrêmement économe dans l'exploitation de l'espace.

S'agissant de l'utilisation de l'espace en général et des terres agricoles en particulier, on peut s'entendre sur la formule : "Le Front de Gauche exige d'être extrêmement économe dans l'utilisation de l'espace, en préservant au maximum les terres agricoles". Le bémol apporté par rapport à la formulation initiale ("arrêt complet de l'utilisation des terres agricoles…") vise simplement à permettre l'utilisation à la marge d'espaces agricoles (pour compléter un lotissement par exemple) et à éviter d'être trop contraint par une formulation négative. L'attention de tous est attirée sur le fait que plusieurs PLU sont en cours d'examen dans certaines communes, dont Morlaix, et qu'il est utile que chacun en prenne connaissance et participe éventuellement aux débats publics. Ajoutons que, même s'ils sont déjà élaborés, la pratique municipale peut toujours être infléchie dans le sens que nous souhaitons.

En matière de logements, il y a accord sur toute une série de priorités : priorité à la résorption des "dents creuses"; priorité au locatif sur l'accession à la propriété; priorité au logement social, refus du logement spéculatif; priorité aux petits collectifs écolos et à l'individuel groupé sur les pavillons; priorité à la mixité sociale et intergénérationnelle; priorité à la rénovation et à la reconstruction; valorisation de tous les projets de logements partagés et d'autoconstruction; cahiers des charges tenant compte de toutes ces exigences –qui se complètent- vis-à-vis des organismes d'HLM.

Il faut aussi prêter attention à la dimension écologique des lotissements et, à l'identique, que les communes définissent un cahier des charges vis à vis des organismes HLM.

Jacques N: Il faut aussi mettre en avant la notion « d'habitat non spéculatif » pour accorder des nouvelles constructions (pas d'appartements ou de maisons vides avant d'être bien vendus!). Dans notre programme, qui faut prendre note de ce qui donne du sens. On aurait peut-être avantage à faire référence à l'histoire ouvrière de Morlaix, coopératives du bâtiment, aux maisons castors du Léon...

Jean-Luc LC: l'éco-habitat, c'est très intéressant, mais c'est pas toujours facile à mettre en place. Ce sont des gens comme nous qui entendent vivre et bâtir des hameaux d'habitat écologique, raisonnable, partagé... mais souvent, on leur met pas mal de bâtons dans les roues.

 

 

                                                       b) les Transports

 

Hervé P: Est-ce qu'on est d'accord pour mettre en place un réseau de transport en public de qualité avec des liaisons suffisamment régulières (une dizaine par jours) sur toute la communauté d'agglo? Ce réseau devrait permettre, dans un premier temps, d'assurer une dizaine d'allers-retours quotidiens, six jours sur sept, entre Morlaix et les communes périphériques les plus proches et les plus peuplées. Des connections seront obligatoirement prévues (nous n'en avons pas encore envisagé toutes les modalités) pour les communes les plus petites et les plus éloignées. Ce réseau utilisera des véhicules appropriés (donc des petits cars avec places assises), qui pourront aussi servir pour les déplacements domicile-travail, y compris tôt le matin (cas de l'Hôpital en premier lieu).

Alain D: Il faudrait dans ce cas là consentir à une très forte augmentation du budget transport de Morlaix Communauté et à une augmentation du versement transports des employeurs publics et privés.

Patrick LN: Moi je crois qu'on aurait intérêt à s'intéresser de très près à la question de la gratuité des transports. On sait que le prix du billet ne représente qu'environ 20% du service. Est-ce que cela ne vaudrait pas le coût de rendre ce service plus attractif, plus accessible pour tous, vu l'enjeu social et écologique en finançant davantage le transport public par l'impôt, le versement transport des entreprises? La gratuité des transports publics est pratiquée dans une vingtaine de villes, de droite et de gauche. Cela produit un bond de la fréquentation. Il y a des économies réelles liées aux déplacements économisés en voiture: c'est peut-être 20% de dépenses en moins pour les ménages. Économiquement, socialement, ce serait formidable.

Avec le CCAS, on aide déjà les gens à avoir le transport gratuit, mais cela nécessite des démarches administratives, tout le monde ne les accomplit pas et cela stigmatise d'une certaine manière certains usagers des bus. Si on met des bus gratuits, même les riches les prennent. Il y a plus de mixité et bien plus de fréquentation. Le discours que l'on entend quand on propose cette mesure, c'est: « tout le monde va en abuser ». Et bien tant mieux, ça sera bon pour l'environnement, bon pour la vie sociale, bon pour l'agrément des centre-villes, délivrés d'une partie de leurs voitures. Troadec a expérimenté cela sur la communauté d'agglo du Poher et on s'aperçoit que le petit-fils va voir 3 fois par semaine sa grand-mère... Ce qu'on constate aussi, c'est que dans la vingtaine de villes où on a mis en place la gratuité, on est jamais revenu dessus.

Yves A: Cette notion de gratuité – financée par la contribution sociale en fonction des moyens – ça nous renvoie au fondement du service public. Créer du service public, c'est positif dans tous les sens. Cela donne une alternative concrète à la circulation en bus en faisant autre chose que culpabiliser les citoyens. Pourquoi la collectivité elle-même ne deviendrait-elle pas entrepreneur de transports? Il n'y aurait pas de profits au passage.

Didier A: A Vitré, 16000 habitants, on a mis en place la gratuité. Il y a beaucoup moins d'incivilités. On a multiplié par 7 le nombre de personnes transportées. Si le service redevenait payant, cela râlerait sérieusement. Il faut varier, sur l'échelle d'une communauté d'agglo, les modes de transport. Pourquoi pas le système des taxis brousse pour les personnes âgées, handicapées? Il faut partir des exemples qui fonctionnent ailleurs. Ce qu'on ne peut pas accepter, c'est que des jeunes payent 35€ d'amendes pour non compostage de billets. Cela tend leurs relations aux contrôleurs. En tant que précaire, le système de carte et tout ça pour avoir les transports gratuits, c'est difficile. C'est le problème avec les papiers...

Hervé P: Il ne faut pas fermer le débat mais la gratuité, ce n'est pas le débat complet. L'important, c'est d'avoir un réseau de transport complet et diversifié avec des véhicules divers.

Alain D: Ce qui est important, c'est la qualité des réponses proposées aux besoins. Dans la tête des gens, un réseau de transport en commun, ce n'est que des bus, et vient après l'idée « et la plupart du temps, ils sont vides », mais il peut y avoir d'autres types de transports.

Patrick LN: Si on va vers la gratuité, on va remplir les bus existants. On peut aussi réfléchir à mieux utiliser la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff, faire un Tram-Train.

Hervé P: Il va falloir que l'on fasse des propositions précises pour un réseau digne de ce nom, plans à l'appui, exigence au niveau des nouvelles lignes et des fréquences de transport en commun. Cela multiplierait peut-être par 10 le coût du réseau actuel urbain Morlaix-St Martin. Il faut voir ce que cela représente comme dépense, voir jusqu'à quel montant on peut augmenter le versement transport. La question du financement est à réfléchir pour le mois de septembre.

Patrick LN: On peut réfléchir avec les entreprises: des gens transportés gratuitement, c'est aussi moins de fatigue, un gain de pouvoir d'achat automatique pour les salariés.

Jean-Luc LC: C'est un dossier qui demande une étude. A la Manu, pendant longtemps, il y avait un mini-bus qui amenait les gens à droite à gauche. Mais les horaires étaient peut-être mal étudiées: en tout cas, les gens avaient pris l'habitude de peu s'en servir.

Pierre LS: Le premier employeur de Morlaix, c'est l'hôpital. Or, les employés et usagers utilisent peu le bus car les horaires ne sont pas adaptées.

Yves A: Le transport urbain à Morlaix actuellement, c'est Kéolis, une filiale de droit privé de la SNCF et une machine à sou. Il faut aller vers la régie publique.

Hervé P: Il y a une enquête à faire auprès des gens, des salariés et de leurs représentants syndicaux, sur les usages et les besoins, afin de mieux adapter les lignes et les horaires. C'est aussi notre rôle au FDG de le faire si on propose une réorganisation d'ensemble.

Patrick L N: Le transport, c'est une compétence de la communauté d'agglo. Il est possible de fixer un cahier des charges même en continuant à être en délégation de service public: par exemple, pour avoir 20% de plus de taux de remplissage au moins, passer à la gratuité. Il y a toute une réflexion à avoir sur la gratuité: sortir de l'approche comptable, aborder le problème sur le plan global.

Yves A: Fondamentalement, la notion de gratuité du service public, ça renvoie à la question: qu'est-ce qu'on fait des impôts? Comment on les fait rentrer pour mener des politiques de solidarités, d'intérêt général. La gratuité aurait un effet certain pour développer le transport en commun. Attention toutefois à ne pas échanger la gratuité contre la pub, le sponsoring. Il faut aller vers une harmonisation progressive des impôts locaux, une harmonisation des services au niveau de toute la communauté d'agglo. Aller vers la mise en commun des moyens et des finances. Cela éviterait de rester dans une forme d'urbanisme que l'on ne veut pas défendre. Avec des gens qui se barrent de Morlaix...

 

Hervé P: En matière de fiscalité locale, il y a nécessité d'harmonisation progressive entre toutes les communes, d'une part pour les raisons déjà exposées dans le rapport du groupe de travail sur ce sujet, d'autre part du fait des services nouveaux que nous proposons pour les 28 communes. Concrètement, cela veut dire un peu moins d'impôts locaux pour les morlaisiens, et un peu plus pour les autres. Cela ne se fera pas en un jour: c'est un objectif vers lequel il faut se diriger progressivement, mais résolument, et qu'il faut atteindre en 15-20 ans.

Daniel R: Il faut faire attention à deux choses, la vie des communes qui ont besoin de moyens, le ressenti des gens. Si je dis à Saint Thégonnec, dans 16 ans, vous aurez les mêmes impôts qu'à Morlaix, je ne suis pas sûr que cela sera bien reçu.

Ismaël D: Se diriger vers une harmonisation fiscale est nécessaire pour rompre avec la concurrence des communes afin d'attirer des habitants (via les prix des terrains, les taux d'imposition), laquelle a des effets préjudiciables en termes d'égalité, de mixité sociale, d'aménagement du territoire, d'écologie (les voitures individuelles sont plus utilisées quand on s'installe dans des communes périphériques). Cela peut se défendre auprès des gens à condition qu'il y ait une équité dans les services proposées (avec une vraie mutualisation des moyens) et si par exemple, un réseau de transport en commun performant, voire gratuit, fortement subventionné, facilite la mobilité et rend service au niveau du pouvoir d'achat des habitants des communes péri-urbaines. Ce réseau de transport en commun performant aurait aussi le mérite de désengorger un peu le centre-ville de Morlaix, et de le rendre plus agréable aussi sans doute pour les piétons.

Alain D: C'est tout un service qu'il faut entièrement refondre si on se dirige vers ce que l'on est en train de porter. Ce sont des décisions qui vont coûter beaucoup plus chères. Il faudra se poser objectivement la question du financement: le comment importe tout autant que le « vers quoi on veut aller? ». En dehors des services gratuits, il faut se demander comment réfléchir à la justice des autres politiques tarifaires, se poser la question pour tous les services de l'équilibre à trouver entre l'utilisateur et le contribuable.

Hervé P: Il ne faut pas avoir une approche strictement comptable. L'avoir mais ne pas avoir que cela. Il faut apporter une vision nouvelle, avoir une politique de dynamisation qui contribue à changer les pratiques, les mentalités.

 

***

 

A la fin de ce débat, on décide sur la proposition de Jacques Normand de consacrer toute une partie d'une AG à la rentrée (septembre ou octobre) à la question de la gratuité (Dans quels domaines? Comment? Pourquoi? Quels bénéfices?) et de travailler plus spécifiquement sur la question de la gratuité des transports dans l'atelier « terres agricoles, logement, transport » dès le mois de septembre. Comme l'actualité politique et sociale est très chargée en ce moment et qu'il est indispensable de réfléchir aux moyens de lancer la bataille des retraites, on décide aussi de reporter le débat et la présentation des conclusions de l'atelier sur « le développement économique, social, écologique du pays de Morlaix » à l'AG du 30 août, afin de débattre de la situation politique de manière générale.

 

***

II. Débat sur la situation politique.

 

Didier A: La première chose sur laquelle je voulais revenir, qui m'a interpellé, c'est Bartolone sans voix le 27 juin au Roudour... Il y a vraiment de quoi s'interroger: qu'un homme au sommet du pouvoir soit incapable de justifier la politique du gouvernement, de rassurer des militants de gauche, d'assumer des choix... Et pourtant, la critique était ferme mais on est resté courtois. Ce que j'en ai retiré: c'est qu'on va encore nous sortir plein de choses. On aura rien à dire. Ce sera, circulez... A Lorient, Hollande inaugurait un hôpital la semaine passée. Là encore, il y a eu un mouvement du personnel et là encore, il n'y a pas eu de réponses. Et nos parlementaires, à part couper des rubans, se congratuler réciproquement, qu'est-ce qu'ils font pour la population?

Pierre LS: Le jeudi 27 au Roudour, on a aussi vu le mal-être de camarades socialistes qui doutent profondément de la politique conduite par leurs dirigeants, qui savent qu'ils vont dans le mur du point de vue social et électoral.

Nicole L: J'ai aussi vu ce malaise. Il y a beaucoup de doute, d'incertitude chez les militants socialistes.

Pierre LS: Selon les échos que j'en ai eu, au niveau de la coopérative citoyenne de Morlaix, "ça pédale aussi dans la choucroute". La confiance n'est pas là, la cohésion non plus, il y a beaucoup d'interrogation sur la politique gouvernementale, le rôle du PS.

François R: La crise s'accentue. Elle se double d'une crise politique. Plus personne ne peut le nier. Le dernier symptôme, c'est le limogeage de Delphine Batho. Ce qu'elle dit, c'est qu'il y a un problème au niveau du gouvernement, on n'y arrive plus. On ne peut pas répondre à la demande de la population, de l'électorat de gauche, avec les exigences de Bruxelles, celles d'un système complètement fou. On ne peut plus prétendre être de gauche et gérer le système: il y a désormais une contradiction. La réforme des retraites sera peut-être la réforme de trop du gouvernement, si on parvient à restaurer la combativité de la population et des salariés, qui ne veulent pas entendre parler de nouvelles baisses des pensions, du moindre allongement de la durée du travail... La riposte commence à s'organiser maintenant. Le 10 septembre, il y a une journée inter-professionnelle. Il faut se tenir prêt, à l'échelle locale et départementale. Être une force politique à l'initiative de la riposte à cette réforme gouvernementale. Être dans un profil unitaire. Ce qui se joue actuellement au niveau national est plutôt encourageant: Attac, la Fondation Copernic, la CGT, Sud Solidaires, la FSU, les partis politiques de la vraie gauche (une partie de EELV mais pas encore la gauche du PS, même si Gérard Filoche fait un très bon travail de contre-intoxication) s'organisent pour planifier deux mois avant la riposte et la résistance à cette réforme anti-sociale. Il ne faudra pas que nous loupions le coche à Morlaix, il faudra tenir comme on sait le faire notre rôle d'activateur des luttes et du rassemblement pour les valeurs de gauche fondamentales. Aux moments des municipales, les gens sauront reconnaître le travail des uns et des autres. Dans le prochain numéro du journal du Front de Gauche du pays de Morlaix, il faut que la question des retraites soit centrale, avec un bon argumentaire.

 

Patrick LN: Ce qu'on voit actuellement, c'est que la force du lobbying de la finance est énorme. L'ennemi, il est nommé: ce n'est pas la droite, c'est la finance, le patronat. Les écolos sont très mal actuellement, ne parvenant pas à quitter pour des raisons purement opportunistes un gouvernement qui mène une politique de droite contre le monde du travail, l'écologie, en faveur du monde de la finance.

Yves A: De voir une ministre socialiste de l'écologie virée pour avoir fait son boulot d'alerte au niveau des effets anti-écologiques de la politique libérale et d'austérité du gouvernement, et des ministres écolos, qui, tout tranquillement, restent dans ce gouvernement, c'est tout de même savoureux...

Pierre LS: Actuellement, beaucoup d'associations, et notamment des associations qui travaillent au niveau du social, de la lutte contre la précarité, sont sur les dents, avec les baisses drastiques des budgets touchant de plein fouet les associations (budgets nationaux et des collectivités). On a intérêt à s'appuyer là dessus. Il peut y avoir demain un fort mouvement unitaire pour une autre politique.

Alain D: Il faut être attentif à tout ce qui se dit. Être attentif à la façon dont les choses bougent, et ça bouge très vite. Ne pas être les porte-voix de ce que les autres pensent. Être proposants d'un certain nombre d'actions et de contenus. Les exigences et les contraintes de l'Europe, c'est à dire de la finance internationale, deviennent insupportables, et dans tous les domaines. Cela crée des possibilités de rassemblement mais aussi que tout parte dans tous les sens. Dans notre rapport au PS, il ne faut pas mettre dans le même sac les militants, les électeurs et le gouvernement complice de cette évolution déplorable. Il faut mettre en cause la majorité, le gouvernement,, le président Hollande mais faire attention à la manière dont on parle du PS. A la rentrée, il faut parvenir à faire sauter la cloison mouvement social/ mouvement politique, si on veut faire reculer le gouvernement sur sa réforme des retraites, si on veut que ça ne soit pas qu'un coup de clairon. Des militants et électeurs du PS peuvent suivre. Ils sont mal actuellement tellement il est difficile pour eux de qualifier de gauche la politique de Hollande et de Ayrault.

Nicole L: D'un côté, on se dit que c'est pas possible que les gens continuent à supporter ça, mais d'un autre côté, on observe de la désespérance, de la résignation. Plutôt que d'être à la tête de la lutte à laquelle il nous faut participer, on doit se positionner comme recours possible. Aujourd'hui, la porte est grande ouverte au FN. Il faut convaincre, pour reprendre une formule de Généreux, que « nous on peut ». Montrer qu'on a les solutions pour sortir de l'impasse actuelle: qu'il est possible de mettre au pas la finance, d'imposer un autre partage des richesses.

Jacques N: le Front de Gauche doit être au centre de la réorganisation à gauche. Celle-ci n'est pas du domaine de l'irréalisable. On le voit quand un association, loin d'être hostile par principe au PS, comme la LDH, envoie une adresse au président de la République intitulée « Le changement, c 'est quand? » et très proche de nous dans l'analyse. « Quand est-ce que vous le faîtes, le changement? » Voilà en gros la teneur du message. Dans l'économie sociale et solidaire aussi, des gens qui sont dans la sphère des grands élus développent un argumentaire contre l'austérité et d'autres mesures du gouvernement. Il faut que l'on soit toujours dans l'éducation populaire, que l'on explique la nécessité de passer à une 6e République, ce que sait, en commençant par dire ce que cela représente à l'échelon communal.

Ismaël D: La force de notre participation à la bataille contre la réforme des retraites du gouvernement PS, qui aggrave celle de François Fillon et la légitime, sera cruciale politiquement, non seulement pour faire reculer le gouvernement et Hollande, mais encore pour mettre la question sociale du partage des richesses au centre du jeu et contrer la progression du FN parmi les citoyens dégoûtés par la situation sociale et l'impuissance ou le verrouillage des institutions politiques. Il faut tout faire pour que la riposte soit la plus unitaire possible, tenter, même si cela sera difficile, vu qu'on aura pas la CFDT et beaucoup de sympathisants socialistes avec nous, de recréer sur Morlaix une mobilisation comparable à celle de 2010. On peut gagner cette bataille sur un sujet essentiel et parlant pour tout le monde – ça dépendra encore une fois de notre capacité à prouver que le financement des retraites ne pose qu'un problème de partage des richesses, et n'exige pas de nouveau recul des droits- et cet épisode dont on ne connaît pas encore l'issue va peser lourd dans les élections municipales et européennes. Il va mettre clairement en évidence les responsables nationaux du PS sont devenus le relais des aspirations du MEDEF et des oukazes des pouvoirs néo-libéraux et pro-capitalistes en Europe (Merkel, la commission européenne). Il faut associer à mon avis à cette bataille pour la retraite, l'emploi et pour un autre partage des richesses un discours sur la 6e République car notre démocratie est clairement défaillante et malade du présidentialisme: Hollande décide de tout, sans rendre de compte à personne, il applique son agenda austéritaire sans tenir compte des engagements que les socialistes ont pris pendant les présidentielles et les législatives. Il y a un vrai problème de déliquescence de cette démocratie de plus en plus formelle, sur laquelle les pouvoirs financiers ont fait main basse avec le soutien de certains responsables politiques, confortablement installés dans l'alternance sans alternative. L'actualité des derniers jours, c'était aussi l'épisode lamentable du refus d'accorder l'asile et même l'autorisation de survoler la France à Snowden et à l'avion du président bolivien qui était censé le transporter, la reprise des négociations pour le grand marché transatlantique une semaine après les annonces sur l'espionnage de l'UE par les services secrets américains. Là encore, Hollande, après avoir un peu protesté pour la forme, a fait carpette devant les Américains, Merkel et Barroso. Je crois qu'on a rarement eu un pouvoir aussi atlantiste, aussi peu soucieux que la France compte comme puissance indépendante, capable de porter la voie d'un monde non soumis à l'impérialisme américain. Cela devrait chagriner les républicains, les gens soucieux de l'indépendance et de la grandeur de la France, bien au-delà de notre camp.

Jean-Luc LC: J'ai eu une conversation avec François P au sujet de la départementalisation des syndicats d'électrification, de la fermeture de la perception de Plouigneau, de l'étranglement des collectivités et des services publics. A chaque fois, on est dans le double discours de certains notables socialistes, qui savent parfaitement ce qu'il va se passer. Il y a une grosse hypocrisie de ces élus. Il faut qu'on se donne tous les moyens pour mobiliser, qu'on soit tous sur la même longueur d'onde. Il faut tout faire pour éviter de reproduire ce que l'on a vécu aux législatives: une abstention record. Les électeurs ne font pas assez la différence entre le PS, la politique gouvernementale, et le Front de Gauche. Seule la clarté de notre positionnement et notre politique d'opposition sans ambiguïté à l'austérité et à la politique menée par le gouvernement pourra les y aider. Pour l'instant, ça tangue dur à Brest, Quimper, dans d'autres villes où des élus PG, PCF font parfois des choix opportunistes contestables, et ce n'est pas bon pour notre crédibilité. Pour certains élus, le cordon n'est pas coupé avec le PS.

Patrick LN: les dirigeants PS, pour moi, comme on l'a dit l'autre jour à Plougonven en utilisant une expression heureuse, c'est clairement des faux-socialistes, et il ne faut pas craindre de le faire savoir. Ce que nous devons mettre en avant lors de la bataille des retraites, ce n'est pas simplement une énième lutte défensive de résistance, mais la force de nos propositions alternatives, de notre programme qui sur l'Europe, le partage des richesses, le financement des retraites et de la protection sociale, apporterait vraiment des solutions à la crise actuelle. Notre programme, il est tout petit mais costaud. Il y a aussi plein d'affaires qui tournent autour de nous: censure sur Médiapart, tentative d'emprisonnement des lanceurs d'alerte, refus de l'amnistie pour les syndicalistes, corruption organisée et de longue durée de certains élus socialistes et UMP, collusion avec les lobbies financiers et industriels... Il ne faut pas laisser au Front National la dénonciation en terme dru de ce climat fétide que les Français ressentent et qui les dégoûtent. On ne doit pas avoir de pudeur par rapport à des expressions comme « coup de balai », « qu'ils sont aillent tous », « il faut purifier l'atmosphère ». C'est la réalité qui est violente, et le ressenti des gens, pas ces mots là qui disent les choses. Il ne faut pas laisser au FN les mots « pourris », « corruption », « malaise ». Il faut dire « les citoyens au pouvoir », « place au peuple ». Ne surtout pas s'auto-censurer: les gens ressentent cette colère, nous devons aussi la porter et l'orienter vers un projet politique réellement transformateur. Par rapport aux municipales, il faut mettre en lieu les enjeux municipaux et européens. On y est, on y est... On doit avoir dans notre panoplie d'arguments des chiffres chocs qui résument les choses: 20 milliards de cadeaux fiscaux aux entreprises, un plan d'austérité de 20 milliards en 2014! Il faut aller au combat sur les retraites avec un discours de politique général. Nous devons aussi avoir une activité politique propre pour faire le lien entre la situation politique et les retraites.

Daniel R: Je crois qu'il faut faire très attention à ne pas accréditer le discours du « tous pourris », à utiliser la même sémantique populiste que le FN. Nous avons l'ambition d'agir dans une majorité de gauche, porteuse de progrès social: il ne faut pas nous mettre complètement en marge et nous enfermer dans une posture de dénonciation qui n'est pas constructive. C'est avec des arguments de fond que l'on va pouvoir montrer qu'il est possible de changer les choses, et à gauche.

François R: Ce qu'il est fondamental d'avoir à l'esprit, c'est que le rapport de force social entre les classes, n'ayons pas peur d'employer les « gros mots », est actuellement très favorable à la bourgeoisie, à la finance, au patronat. L'enjeu de la bataille des retraites, c'est de faire bouger un peu ce rapport de force à notre faveur, grâce à une prise de conscience nouvelle des intérêts de classe partagés et de la domination qui s'exerce et de laquelle on ne peut se sortir en reproduisant les vieilles recettes de l'alternance UMP-PS. La question des retraites est centrale pour le quotidien des gens. Ils ne veulent pas un semestre de plus, pas un centime de moins, pas travailler plus. Le Front de Gauche doit être à l'initiative, pas à la tête de ce mouvement. Le cadre national est déjà posé, avec appel des personnalités, sur un texte de Thomas Coutrot (économiste d'Attac), qui sera décliné localement avec des collectifs unitaires. Le Front de Gauche doit prendre l'initiative d'inviter tous les partenaires susceptibles de combattre cette réforme, sans exclusive. C'est une bataille centrale pour tenter de renforcer ce rapport de force qui nous est défavorable. Le lien avec la bataille contre l'austérité est évident. Il faut que nous lancions une invitation pour organiser un collectif local avec toutes les forces présentes. Nous devons avoir comme point central la lutte sociale et l'interprétation politique à en faire, comme démarche globale portée par un projet de société.

 

A la fin de la réunion, on décide:

  • de faire un bureau du FDG le mardi 20 août (18h, 2, petite rue de callac) pour voir comment on peut lancer une campagne unitaire locale contre la réforme des retraites.

  • De faire une AG du FDG à 20h le vendredi 30 août pour faire le point sur les actions militantes, la bataille des retraites, le calendrier de préparation des municipales et la méthode, et débattre des propositions de l'atelier « développement économique, social, écologique ».

  • De faire une réunion consacrée au journal un peu avant à 17h30-18h, afin de voir comment on met en page les articles collectés (avec prévus un dossier de 2 pages sur les retraites, et un édito portant aussi sur cette question, et un dossier sur notre pré-projet des municipales annonçant les principales orientations construites dans les ateliers thématiques, + une dernière page « citoyenne » collectant les propos de rue sur la 6e République à construire).

 

Compte rendu réalisé le 15 juillet - ID 

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 10:32

A Gad Lampaul Guimiliau, la bataille pour la sauvegarde des 900 emplois s'opère sur trois plans complémentaires, juridique, politique et social.

Sur le terrain juridique, les salariés et leurs représentants syndicaux veulent gagner du temps et empêcher la CECAB de mettre en oeuvre rapidement le plan de continuation prévoyant la fermeture du site de Lampaul et le licenciement sans indemnités significatives de ses 900 salariés, plan signé par le représentant CFDT du site de Josselin dans l'espérance d'un maintien de ce dernier abattoir en cas de validation du plan de continuation. Le plan de continuation de la CECAB qui prévoit la possibilité de redresser l'activité viande du groupe en ne gardant que l'abattoir de Josselin est basé "sur un tissu de mensonges" pour les syndicalistes FO de Gad Lampaul Guimiliau qui l'ont examiné avec soin.

Celui-ci est loin d'être acquis car la CECAB a 40 millions d'Euros de dettes sociales et fiscales sur ses abattoirs de Lampaul et de Josselin, et il est  peu probable que l'Etat soit prêt à les annuler. C'est d'ailleurs tout à fait normal car il n'y a pas de raison de faire des fleurs à un groupe qui se goinfre d'argents public et entend prospèrer au jeu des ouvertures-fermetures de sites sans prendre la responsabilité de poursuivre ses activités viande et légumes en dehors du Morbihan, alors que des profits importants ont été engrangés au profit des actionnaires au détriment de la production et que les process, la marque, les certificats ont été captés par la Cecab).

Cela se traduit par le dépôt déjà effectué de quatre plaintes pour délits d'entrave (rétention de documents pour dissimuler la situation économique de la boite, les intentions de la direction; pas de convocation réglementaire; dénonciation du périmètre de licenciement). Via le CHSTT, il y a encore sans doute d'autres possibilités juridiques de gagner du temps. Normalement, le site de Lampaul Guimiliau ne devrait donc pas fermer le 21 août, comme la CECAB le voulait. 

Ce serait déjà une première victoire qui permettrait de se donner plus de chances, soit de trouver un repreneur, soit de ficeler un dossier de reprise d'activité en coopérative ouvrière.

 

Cela a été l'annonce choc de la semaine passé: Maître Philippe Brun, l'associé de Dominique Le Guilloux Rodriguez, l'avocat qui a sauvé Sea France, transformée en SCOP sur un projet du syndicat CFDT, a annoncé qu'il préparait un dossier SCOP à Gad, qui devrait s'adosser forcément pour être viable à un soutien des producteurs, voire d'investisseurs locaux, et surtout à un soutien du gouvernement pour que l'éventuelle future coopérative ouvrière bénéficie soit du soutien de banques régionales, soit, ce qui serait encore mieux, du soutien de la banque publique d'investissement créée par Montebourg. 

Idéologiquement, bien sûr, on ne peut qu'être séduit par ce projet de reprise en main de leur outil de travail par les salariés qui ont donné tant d'années à la boîte, qui ont fait gagner des millions à la famille Gad et qui payent aujourd'hui trois ans de gestion calamiteuse de la Cecab, dont on ne peut exclure qu'elle ait décidé dès le départ de se débarasser du site rapidement.

Il y a chez les ouvriers la discipline, le sens du travail et du collectif, les compétences nécessaires pour gérer un abattoir qui représente un atout économique indispensable pour la région, justifiant un soutien public permettant de passer les premières difficultés de l'investissement initial à réaliser et de 3 ou 4 ans d'années difficiles à prévoir encore.

En SCOP, l'abattoir pourrait se tourner davantage vers la qualité, comme c'est prévu à Saint Nazaire où  les syndicalistes espèrent une reprise en main du petit abattoir que la CECAB veut fermer par la Biocop pour faire du moyen et du haut de gamme.

Surtout, les profits n'iraient pas dans les poches d'un investisseur privé - et dieu sait s'il y a des patrons "voleurs" qui ne pensent qu'à s'enrichir dans le milieu de la viande - mais pourraient être réinvestis dans l'outil de production, les salaires, les formations, l'amélioration des conditions de travail.

Il y a dans le pays un certain nombre de SCOP qui se portent très bien: ici, ce qui ferait difficulté, ce serait surtout la conjoncture de la crise porcine (sous-alimentation des abattoirs liée à la concurrence allemande, à la faible rentabilité des exploitations pour les éleveurs à cause de la pression sur les marges de la grande distribution, de la hausse du coût de l'aliment et des nouvelles normes sanitaires et écologiques - nécessaires, et sur lesquelles il est à craindre que l'on revienne- qui se traduisent par des contraintes d'investissement auxquels tous ne sont pas prêts ou capables de faire face).

La difficulté dans le cas présent pourrait venir davantage des responsables politiques, des banques et de la grande distribution qui ne voudraient pas de ce projet de coopérative ou n'y croieraient pas, et de l'environnement très concurrentiel en Bretagne et en Europe, dans un contexte où certains producteurs peuvent jouer les uns contre les autres et envoyer leurs bêtes au plus offrant. Nénmoins, les syndicalistes FO de Gad sont confiants par rapport au soutien des éleveurs sur le court terme: ceux-ci n'ont pas intérêt à ce qu'il n'y ait plus d'abattoir de proximité sur le Finistère, car c'est ensuite l'élevage qui va s'exporter, toujours pour des raisons de compétitivité et de coût du travail, maîtres mots de ce capitalisme sauvage et inhumain.

 

Les salariés ont bien accueilli cette idée de créer une coopérative ouvrière. Pourquoi? Parce ce que cela leur montre, et c'est vrai, qu'ils ont les toujours les cartes en main, qu'ils ont une alternative en cas d'absence de repreneurs, qu'ils peuvent tout à fait faire sans les capitalistes si on ne prévoit pas de soutenir la prolongation de cette activité vitale pour eux (leur gagne-pain), la région et nécessaire à l'agriculture française.

 

Néanmoins, les syndicalistes ne mettent pas tous les oeufs dans le même panier et continuent à attendre des choses de leur appel à des investisseurs qui pourraient reprendre le site et lui permettre de subsister. Ils mènent des démarches de leur côté et des ministres et des députés PS de la région leur ont dit qu'ils faisaient aussi le tour des acteurs du capitalisme breton et de la filière viande pour les convaincre de suppléer à la défaillance de la CECAB et d'investir dans un secteur qui, si certaines actions amorcées (révision du rapport de force entre agriculteurs et grande distribution via des négociations imposées, assouplissement de certaines normes dans l'élevage, dénonciation au niveau européen du dumping social des abattoirs allemands) portent leurs effets, pourrait aller mieux dans quelques années.

C'est le volet politique de la lutte des syndicalistes de GAD qui passe par l'interpellation de tous les décideurs et responsables de la région, et ils ont le soutien sans défaillance de maires locaux très investis comme celui de Lampaul-Guimiliau, qui, tout étant de droite, a des discours enflammés contre le système qui produit cette faillite et ceux qui sacrifieraient volontiers cet outil de travail.

 

Ce qui peut motiver les politiques, c'est aussi la résolution et la capacité d'action des salariés de GAD, qui ont fait corps à plusieurs reprises avec les producteurs, les Jeunes Agriculteurs et qui sont décidés, non à vendre très chèrement leur peau, mais bien à garder le site et leurs emplois.

Ils sont intervenus lors de l'étape du Tour de France à Saint Malo, ont montré leur colère aux réunions de la Cecab à Vannes, à Rennes, ont défilé jusqu'au siège de Prestor, sont prêts à d'autres actions pour montrer combien ces emplois doivent absolument être sauvés et combien ils sont déterminés à tout faire pour qu'ils le soient. Ce ne sont pas des flambées de violence sans lendemain, ce sont des actions collectives disciplinées, déterminées, qui n'excluent pas le fait que les salariés continuent à travailler sans baisse de rythme, malgré l'inquiétude et le dégoût vis à vis de l'employeur, car ils ne veulent pas lui donner de prétexte pour hâter la fermeture du site en sabotant le travail ou en faisant grève. La semaine passée, quand le maire de Lampaul est venu à l'usine, 650 personnes sur 850 ont débraillé pendant une heure, mais ils ont tous ensemble repris le travail ensuite, sans aucun retard, et les tâcherons les ont aidé à terminer le boulot en temps et en heure.

 

Selon des acteurs, il n'avait jamais eu autant de solidarité, de cohésion, de sens du collectif et d'attention aux enjeux économiques et sociaux dans l'entreprise. Chaque journée de lutte apporte son lot de bonnes surprises, de joies, de déceptions et d'inquiétudes nouvelles. Dans la menace de perte d'un emploi auquel ils ont beaucoup sacrifié, ces hommes sont plus que jamais acteurs de leur destin, décidés à ne rien faire pour faciliter la tâche de ceux qui veulent les mettre sur la paille, condamner une région au sinistre social et tant de couples et de familles au chômage et à l'avenir bouché.

 

Gad doit vivre...

Le Parti Communiste et le Front de Gauche sont pleinement au côté des salariés de GAD dont l'avenir se joue cet été. Ils doivent recevoir le soutien qu'ils méritent du côté des politiques aux responsabilités et des acteurs économiques de la région. Hors de question de se résigner à un énième plan de licenciement massif aux conséquences humaines désastreuses.       

 

Le journal l'Humanité, avec Libération il ya 15 jours, est d'ailleurs un des rares titres de la presse nationale à alerter sur la nécessité de sauver cet abattoir et l'agro-alimentaire breton, et surtout à porter la voix des salariés.  

 

manifestation-le-16-mars-2013-a-landivisiau-de-salaries-de- 

 

          

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 10:28

 

Retraite/PS : « un encouragement à amplifier la mobilisation »

 

La déclaration que le Bureau national du Parti socialiste vient d'adopter sur les retraites porte la marque des fortes inquiétudes qui s'expriment dans le pays face au risque d'une nouvelle réforme de régression du droit à la retraite.

Si cette déclaration ne propose pas de revenir sur les réformes Fillon comme la gauche devrait le faire, elle écarte plusieurs pistes du rapport Moreau dont la désindexation des pensions et l'accélération de l'allongement de la durée de cotisation à 44 annuités avant 2020. Elle soutient également l'idée d'une taxation des revenus du capital parmi les ressources nécessaires, comme nous le proposons depuis longtemps.

Cette déclaration reste sur bien d'autres points loin du compte mais elle laisse transparaitre beaucoup de doutes par rapport aux premières déclarations présidentielles estimant que l'allongement de la durée de cotisation était la mesure la plus juste. C'est un encouragement à amplifier la mobilisation contre tout recul des droits à la retraite et l'émergence d'un espace de rassemblement large sur cette question. Il faut aller beaucoup plus loin. Le droit à la retraite à 60 ans, ADN de la gauche, doit être au cœur de nos mobilisations. C'est ce que le PCF défend en avançant des propositions alternatives de financement.

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 08:25
Ensemble, défendons nos retraites !

Lors de la Conférence sociale du 20 juin, François Hollande a annoncé que, dans le cadre de la prochaine réforme des retraites, l’allongement de la durée de cotisation sera « la mesure la plus juste » face à « cette chance formidable qu’est l’allongement de l’espérance de la vie ». Cette voie n’est pas acceptable. Les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010 ont déjà réduit les droits à pensions de plus de 30 %, en aggravant les inégalités déjà fortes entre les pensions des femmes et celles des hommes. Elles doivent donc être remises en cause.
 
Refusons les régressions sociales
« On vit plus vieux, il faut donc travailler plus longtemps », tel est l’argument qu’on nous rabâche. Mais on oublie de préciser qu’augmenter la durée de cotisation, c’est en réalité programmer la baisse des pensions. Baisse immédiate pour tous ceux – chaque année plus de la moitié des nouveaux retraités – qui passent directement du chômage, ou de l’inactivité, à la retraite, et qui ne pourront jamais atteindre cette durée. Baisse à venir pour les nouvelles générations entrées plus tard dans la vie professionnelle du fait de l’allongement des études et qui connaissent déjà un chômage massif, aggravé par l’incitation faite aux seniors qui le peuvent de prolonger leur activité. On oublie aussi de rappeler que l’allongement de la durée de cotisation et la décote pénalisent plus fortement les personnes aux carrières courtes, en majorité des femmes. 
L’espérance de vie augmente, mais l’espérance de vie en bonne santé, elle, diminue depuis plusieurs années. La souffrance au travail se développe, de nouvelles pathologies apparaissent. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans. Les meilleures années de la retraite sont entre 60 et 65 ans. L’allongement de la durée de cotisation, c’est la double peine. Nous ne pouvons pas l’accepter.
 
L’austérité sans fin est suicidaire
Le gouvernement justifie cette nouvelle réforme par l’allongement de la durée de vie. Mais le déficit actuel ne doit rien au vieillissement de la population. Il s’explique par la récession qui se creuse en Europe, détruit des millions d’emplois et diminue les cotisations sociales induites par l’emploi. Cette récession provient essentiellement des politiques de réduction des dépenses publiques et de baisse du « coût du travail » menées partout en Europe par les gouvernements en accord avec la Commission.  
Si, comme cela semble être le cas, le gouvernement inscrit la réforme dans le cadre de ces politiques, il ne pourra que retenir des pistes entraînant une nouvelle baisse du niveau des pensions. Ce qui diminuerait encore le pouvoir d’achat des retraités, aggraverait la récession et entraînerait une nouvelle hausse du chômage. Sans qu’au bout du compte les déficits ne soient  réduits !
 
Il est possible de faire autrement
L’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui. Par le passé, elle s’est accompagnée d’une diminution du temps passé au travail et d’une amélioration du niveau de vie, grâce à un partage de la richesse produite. C’est à nouveau la voie à suivre.
Pour augmenter le volume des cotisations sociales, il faut en finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail, une sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu, une augmentation des minima sociaux, une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique. Une voie supplémentaire, toujours négligée, pour répondre au besoin de financement des retraites, est la réalisation de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, à la fois par l’accroissement du taux d’activité des femmes, la suppression des inégalités salariales et la lutte contre le temps partiel subi. Il s’agit là de choix politiques de justice et de solidarité.
Il y a plus de retraité-es ? A moins de décréter leur paupérisation, il est normal de financer leurs retraites en augmentant leur part dans la richesse produite. Selon le Conseil d’orientation des retraites, il faudrait, à législation inchangée, un point de PIB supplémentaire en 2020 pour équilibrer le système de retraite alors que la part des salaires a chuté d’environ 6 points au cours des dernières décennies en faveur des dividendes.
 
Pour une large mobilisation citoyenne
La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. La retraite à 60 ans par répartition n’est pas un fardeau, elle est une transmission continue et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante. C’est pourquoi elle dépend aussi de l’avenir que la société sera capable d’offrir aux jeunes générations. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, la destruction des solidarités sociales, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » dans une société productiviste et inégalitaire. Cet engrenage favorise l’extrême droite et menace à terme la démocratie. Comme en Europe du Sud et dans bien d’autres pays du monde, la société doit se mettre en mouvement. Pour y contribuer nous organiserons partout des réunions, des initiatives de rue, des ateliers d’éducation populaire et nous soutiendrons les initiatives prises par le mouvement syndical. Nous voulons un système de retraites solidaire. 
 
Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins !

 

Signez, faites signer l'appel (ci-dessous)

http://www.retraites2013.org/

 
Premiers signataires
Gérard Aschieri (président de l’institut de la FSU) - Clémentine Autain (FASE) - Ana Azaria (Femmes Egalité) - Marinette Bache (Résistance sociale) - Guillaume Etiévant (économiste) - Fatima-Ezzahra Benomar (Les Effronté-e-s) - Michel Barthélémy (CEMS-IMM CNRS) - Nicolas Belorgey (sociologue, CNRS) - Nicolas Béniès (économiste) - Gérard Berthiot (vice-président PS de la région Champagne Ardenne) - Sophie Béroud (politiste, université Lyon 2) - Jean Bigot (producteur de cinéma) - Martine Billard (co-présidente du Parti de Gauche) - Bernard Bosc (Réseau Féministe Ruptures) - Jean-Jacques Boislaroussie (les Alternatifs) - Gérard Billon (CGT) - Jean Marc Canon (secrétaire général UGFF CGT) - Bernard Cassen (Mémoire des luttes) - Nadine Castellani (secrétaire nationale CGT-Educ’action) - Jean-Claude Chailley (Résistance sociale) - Isabelle Charpentier (sociologue, université Versailles-Saint Quentin) - Chantal Charvy (Femmes Egalités) - Gérard Chaouat (Bureau national SNCS FSU) - Philippe Corcuff (sociologue, IEP de Lyon) - Laurent Cordonnier (économiste Lille 1) - Annick Coupé (secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires) - Thomas Coutrot (économiste) - Alexis Cukier (Editions La Dispute) - Isabelle De Almeida (présidente du Conseil National du PCF) - Marielle Debos (politiste, université Paris Ouest Nanterre) - Claude Debons (syndicaliste) - Bernard Defaix (Convergence de Défense des services publics) - Laure Delair (Vice Présidente de l’UNEF) - Christophe Delecourt (CGT Finances) - Karima Delli (députée européenne EuropeEcologie/Les Verts) - Monique Dental (Réseau Féministe Ruptures) - Ivan Dementhon (président de l’Union Nationale Lycéenne) - Patrick Désiré (secrétaire général de la CGT-Educ’action) - Michèle Dessenne  (M’PEP porte parole national) - Jean-Michel Drevon (Etats Généraux du Service Public) - Paul Dirkx (sociologue, université de Lorraine) - Denis Durand (CGT Banque de France) - Cédric Durand (économiste, université Paris 13) - Philippe Enclos (juriste, université Lille 2) - Anne Eydoux (économistes atterrés) - Anne Féray (Secrétaire Nationale de la FSU) - Gwenaëlle Ferré (CNDF) - Jacqueline Fraysse (Député des Hauts de Seine FASE-Gauche citoyenne) - Gerard Gueniffey (retraité CGT) - Jérôme Gleizes (économiste, université Paris 13) - Jean-Marie Harribey (ATTAC) - Clémence Helfter (militante d’Osez le féminisme !) - Gérad Filoche (membre du Bureau National du PS) - Bertrand Geay (politiste, université de Picardie) - Guillaume Floris (Gauche Anticapitaliste) - Cyril Gispert (agrégé d’économie) - Lucas Gomez (Les Effronté-e-s) - Bernadette Groison (Secrétaire Générale de la FSU) - Elsa Hardouineau (trésorière nationale de l’Union Nationale Lycéenne) - Nordine Idir (Secrétaire général du MJCF) - Lucien Jallamion (secrétaire général de République et Socialisme) - Wandrille Jumeaux, (Secrétaire fédéral des Jeunes Écologistes) - Nicolas Jounin (sociologue, université Paris 8) - Marianne Journiac (porte-parole de République et Socialisme) - Pierre Khalfa (co-président de la Fondation Copernic) - Razmig Keucheyan (sociologue, université Paris 4) - Lucile Koch-Schlund, (Secrétaire fédérale des Jeunes Écologistes) - Michel Koebel (sociologue, université de Strasbourg) - Bernard Lacroix (politiste, Institut Universitaire de France) - Rose-Marie Lagrave (sociologue, EHESS) - Véronique Lamy (porte-parole PCOF) - Pierre Laurent (secrétaire national du PCF) - Jacques Le Bohec (professeur de sciences de la communication, Lyon 2) - Isabelle Le Roux-Meunier (CGT Banque de France) - Alain Lipietz (économiste EuropeEcologie/Les Verts) - Wenceslas Lizé (sociologue, université de Picardie) - Marc Mangenot (économiste) - Jean-Claude Mamet (Convergences et Alternative) - Alain Marcu (secrétariat d’AC) - Nathalie Marcu (les Alternatifs) - Olivier Masclet (sociologue, université Paris 5) - Lilian Mathieu (sociologue CNRS) - Philippe Marlière (politiste, université de Londres) - Myriam Martin (Gauche Anticapitaliste) - Christiane Marty (Bureau de la Fondation Copernic) - Gustave Massiah (fondateur d’IPAM) - Gérard Mauger (sociologue, CNRS) - Jean-Luc Mélenchon (co-président du Parti de Gauche) - Olivier Michel (informaticien, université Paris Est) - Catherine Mills (rédactrice d’Economie et Politique) - Jean-Marie Monnier (économiste Paris 1) - Christian de Montlibert (sociologue, université de Strasbourg) - Julie Muret (porte-parole d’Osez le féminisme !) - Corinne Nativel (géographe, université Paris Est) - Toni Negri (philosophe) - Frédéric Neyrat (sociologue, université de Limoges) - Jacques Nikonoff   (M’PEP  porte parole national) - Martine Noël (CADAC) - Daniele Obono (Convergences et alternatives) - Alain Oriot (Editions du Croquant) - Ugo Palheta (sociologue, université Lille 3) - Roland Pfefferkorn (sociologue, université de Strasbourg) - Willy Pelletier (sociologue, université de Picardie) - Matthias Perez (secrétaire académique de la CGT Educ’action Créteil) - Jean-Marie Pernaut (IRES) - Michel Pialoux (sociologue, CNRS) - Christian Pierrel (porte-parole PCOF) - Christine Poupin (porte-parole du NPA) - Philippe Poutou (porte-parole du NPA) - Frédéric Rauch (rédacteur en  chef d’Economie et Politique)  - Suzy Rojtman (CNDF) - Michel Rousseau (Marches européennes contre le chômage) - Henri Sterdyniak (économistes atterrés) - Maya Surduts (CADAC) - Baptiste Talbot, (secrétaire général, fédération des services publics CGT) - Patricia Tejas (CGT Finances) - Sylvie Tissot (sociologue, université Paris8) - Christian Topalov (sociologue, CSU) - Marie-Pierre Toubhans (porte-parole de Gauche Unitaire) - Stéphanie Treillet (Convergences et alternatives) - Marcel Trillat (réalisateur) - Aurélie Trouvé (ATTAC) - Denis Turbet-Delof (secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires) - Janine Vaux (Convergence de Défense des services publics) - Christophe Ventura (Mémoire des luttes) - Christophe Voilliot (politiste, université Paris Ouest Nanterre) - Louis Weber (responsable éditorial) - Laurent Willemez (politiste, université Versailles St Quentin) - Emmanuel Zemmour (président de l’UNEF).
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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 08:24
L’aveu de M. Moscovici : la France veut couler la taxe sur les transactions financières 
proposée par la Commission européenne
Pierre Moscovici, le ministre français de l’économie, a déclaré ce jeudi 11 juillet devant un parterre de banquiers que la proposition de taxe Tobin avancée par la Commission européenne était « excessive ». «Il faut être pragmatique et réaliste», a-t-il ajouté, promettant aux banquiers « d’améliorer la proposition de la Commission ». Il confirme ainsi une information révélée par Attac (1) : cédant à la pression de  Goldman Sachs et des banquiers français,  la France a décidé de réduire à presque rien le projet européen de taxe sur les transactions financières.
Un groupe de onze pays a choisi la méthode de la « coopération renforcée » pour introduire la taxe en s’appuyant sur le projet de directive de la Commission. Le projet de la Commission n’était certes pas parfait, mais il constituait un pas en avant important, et bénéficiait du soutien de la société civile. La France avait activement soutenu cette initiative. François Hollande s’était énergiquement prononcé pour la TTF dans sa campagne électorale.
Mais les banquiers sont passés à la contre-offensive. Et pas les moindres : c’est Goldman Sachs elle-même qui a lancé le signal en publiant en mars dernier une « étude » (2) grotesque intitulée : « Financial Transaction Tax: How severe? ». Cette « étude » est immédiatement reprise par les banquiers français : le 15 avril le Medef et la Fédération française des banques mettent en garde M. Moscovici contre une taxe « destructrice de richesse », qui « affaiblira gravement la compétitivité des entreprises ». M. Mignon, directeur général de Natixis, reprend les chiffres ridiculement surestimés par Goldman Sachs, selon lesquels la taxe coûtera 7 milliards d'euros par an à sa banque : « un montant supérieur à notre chiffre d'affaires, ça n'a pas de sens ! » (sic). M. Hocher, du Crédit Agricole, ne craint pas d'évoquer le chiffre de 17 milliards d'euros pour sa seule banque.
Depuis lors, la France a fait machine arrière et a rallié le camp des adversaires de la taxe. Lors de la réunion du groupe de travail des onze pays du 22 mai, Bercy a proposé de modifier le projet de la Commission sur des points essentiels qui le réduisent à néant :
exonération quasi-totale des transactions sur produits dérivés (l’immense majorité du volume des transactions !) ainsi que des « repos » (prêts de très court terme entre banques): cela réduirait de 95% le montant attendu des recettes.
taxation des opérations après compensation : cela permettrait en fait aux banques de continuer comme auparavant leurs activités de « tradingà haute fréquence ».
taxation des seuls vendeurs,  et pas des acheteurs: cela réduirait encore de moitié les recettes fiscales attendues
Bien que les chiffres de Goldman Sachs n'aient aucune valeur, la réaction des banques confirme la pertinence de la proposition portée par Attac depuis sa création il y a quinze ans :  une partie probablement importante de leurs profits provient d’opérations spéculatives sans aucune justification économique réelle. Après sa "réforme"  bancaire dictée par les banquiers, le gouvernement français, en persistant à vouloir saboter le projet de la Commission, franchira un pas de plus dans la soumission aux intérêt de la finance.
(2). www.wiwo.de/downloads/8281810/1/GoldmanSachs.pdf Pour une réfutation complète de cette « étude », voir le travail de Stephan Schulmeister, stephan.schulmeister.wifo.ac.at/fileadmin/homepage_schulmeister/files/GS_FTT_05_13.pdf. La principale faille de "l'étude" de Goldman Sachs est qu'elle fait l'hypothèse que les banques ne changeront rien à leurs opérations spéculatives après l'introduction de la taxe, alors que le but de la taxe est justement de réduire drastiquement le trading à haute fréquence et les opérations spéculatives de très court terme, économiquement inutiles et déstabilisatrices
Attac France,
Paris, le 12 juillet 2013

 

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