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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 18:16
Manifestation le samedi 22 juin 2013 à 10h30 à Carhaix devant  la Maison des syndicats, place du Champ de Foire.
Défense de l'emploi dans l'agro. Non à la fermeture de Marine Harvest Poullaouen.
 
Co-voiturage à partir de Morlaix: rendez-vous à 9h30 devant l'UL CGT (impasse Tréguier).
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Après les fermetures de BOUTET NICOLAS, DOUX, ENTREMONT ALLIANCE, l’annonce de la fermeture de MARINE HARVEST à Poullaouen et de Chateaugiron en Ile et Vilaine pour mars 2014 représente un nouveau coup dur pour l’emploi.

 

Cette entreprise compte 187 emplois permanents et, en, pleine saison, jusqu’à 450 emplois. Elle appartient à 100% à ce groupe Norvégien qui fournit toute la matière première.

 

Ce groupe dégage d’énormes profits. Il porte l’entière responsabilité de cette décision catastrophique tant au niveau humain qu’économique. Il recherche l'ultra-rentabilité.

 

Depuis un certain temps, il n'y avait plus d'investissement sur le site de Poullaouen. On ne peut pas faire fortune sur le dos des gens, partir en Pologne et laisser mourir le site.

 

Nous ne voulons pas que le Centre Bretagne devienne un désert économique. Marine Harvest doit rendre des comptes.

 

Ce groupe, qui est extraordinairement prospère, devra réparer le préjudice des salariés, d'abord et du territoire, ensuite. Ils ne peuvent pas s'en tirer à bon compte. Les emplois peuvent être préservés et pourquoi pas avec la construction d’une usine neuve.

 

N’oublions pas qu’un emploi industriel de perdu sur le territoire, entraine trois emplois dans les autres secteurs (commerçants, artisans, sous-traitants, etc..).

 

Le syndicat CGT de MARINE HARVEST et l’Union locale CGT de Carhaix ont décidé d’organiser une manifestation

 

Le samedi 22 juin, à 10 h 30 à Carhaix

Devant la Maison des syndicats

Place du Champ de Foire

 

 

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 06:24

réunion publique agro guerlesquin 1

Halles de Guerlesquin, 17h30-20h le vendredi 7 juin 2013, 50 personnes dont plusieurs salariés de l'agro-alimentaire et syndicalistes.

 

Ismaël Dupont (membre du secrétariat de section PCF, candidat aux législatives du Front de gauche en 2012 dans la circonscription de Morlaix):

 

La section PCF de Morlaix est très heureuse de pouvoir organiser cette réunion de débat, de réflexion et de mobilisation sur l'avenir de l'agro-alimentaire breton, une réunion qui intervient dans un contexte très particulier et inquiétant.

1er élément du contexte: un pouvoir social libéral et bien plus libéral que social.

Une politique du gouvernement qui tourne le dos aux attentes qu'une majorité de français avait formulées en faveur d'une politique de justice sociale réduisant les inégalités et rompant avec l'ultra-libéralisme des années précédentes. Cela se traduit, en bref et dans le désordre:

- par le refus d'opposer l'arme de la nationalisation, de l'interdiction des licenciements boursiers ou du moratoire sur les licenciements. Dès lors, difficile de contrecarrer des plans sociaux massifs, de sauver des activités d'intérêt général, de dissuader les capitalistes de brader l'outil de travail et de le délocaliser.

- on subit toujours une politique compatible avec les instructions les plus réactionnaires de Bruxelles et de Merkel, instructions qui favorisent les intérêts du patronat et du capital en remettant en cause les droits acquis des salariés. Ce gouvernement ne soutient pas le pouvoir d'achat des salariés et citoyens (refus d'augmenter le SMIC et les minima sociaux, de réduire par la loi l'usage au temps partiels imposés ou aux CDD) et n'engage pas réellement la lutte contre le chômage, laquelle ne peut que passer par la renonciation à l'austérité.

- on peut citer la signature du pacte budgétaire européen, le fameux pacte Merkozy qui fait de la réduction des déficits l'alpha et l'omega de nos obligations et prévoit que les Parlements ne pourront plus décider souverainement du budget national. La hausse de la TVA et les cadeaux fiscaux de 20 milliards d'€ en crédit d'impôt faits aux entreprises. L'ANI, signé par le MEDEF et des syndicats minoritaires, qui se revèlera très vite être une véritable machine inefernale susceptible de faire exploser le code du travail. C'est une loi que les socialistes ont voté majoritairement avec la droite malgré l'opposition farouche du monde syndical, de nombreux salariés et du Front de Gauche.

- Et maintenant, on nous vante une nouvelle contre-réforme des retraites , qui entend une nouvelle fois revenir sur des acquis sociaux fondamentaux, reculer l'âge de départ en retraite et diminuer les pensions, alors même que c'est le chômage de masse, les bas salaires, le non paiement des cotisations patronales qui expliquent le déficit des caisses de retraite et de protection sociale.

Face à cette politique de régression sociale qui laisse planer le risque d'un discrédit durable frappant toute la gauche, d'un retour en force de la droite radicalisée et de l'extrême-droite, le PCF et le Front de Gauche incarnent et construisent une alternative progressiste, dont le succès passe par la construction d'un nouveau Front du Peuple, d'un nouveau Front populaire, bien au-delà des limites actuelles du Front de Gauche, pour sortir de l'impasse actuelle.

Quelle est la nature de cette impasse?

- 5ème République très peu démocratique qui donne un pouvoir incroyable au Président de la république et à ses conseillers, installe une culture de l'oligarchie et de la délégation de pouvoir.

- domination sans partage des milieux financiers avec la complicité de dirigeants politiques qui ont perdu le sens de la réalité et ne raisonnent plus qu'en termes comptables, et non plus en prenant en compte la dimension humaine des choses.

Pour sortir de cette impasse, nous devons unir et rassembler tous ceux qui souhaitent en finir avec l'austérité et la domination de la finance, en tendant la main aux syndicalistes, aux militants de gauche, aux citoyens et militants qui ne sont pas ou pas encore dans le Front de Gauche. En Amérique Latine, c'est toujours de larges coalitions où était présent le monde syndical qui ont permis de reprendre le pouvoir à la droite réactionnaire et bourgeoise. C'est le rôle d'une réunion comme celle-ci ou encore des Assises Nationales du Front de Gauche du 16 juin de faire un premier pas en ce sens.  

2ème élément du contexte: une casse sociale accélérée dans l'agriculture et l'agro-alimentaire breton.  

Depuis plusieurs mois, le thermomètre s'affole dans notre région: 1000 emplois supprimés à Doux dans le sud-Finistère et le Morbihan, 150 emplois en passe d'être supprimés à Boutet-Nicolas à Rosporden (CECAB), 400 emplois supprimés à Marine Harvest à Poullaouen, et autour de 900 emplois sur la sellette à Lampaul Guimiliau. Mais on peut parler aussi de plusieurs centaines de suppression d'emplois dans l'agro dans la Manche, l'Ile et Vilaine, les Côtes d'Armor. Parallèlement, 5 exploitations agricoles disparaissent chaque jour en Bretagne et les suicides se multiplient chez les agriculteurs comme l'a montré une récente étude de la Mutualité agricole. La situation sociale de l'agro-alimentaire breton, en dehors de ces menaces sur les emplois ou de ces destructions d'emplois, c'est aussi des conditions de travail souvent dures et dégradées en raison des contraintes de productivité.

Le rôle de cette réunion sera:

a) identifier les causes de ces difficultés économiques, de ces désastres sociaux:

- responsabilité des directions d'entreprises

- spéculation sur les matières premières agricoles, coût de l'aliment

- pression des marges scandaleuses de la grande distribution

- mise en concurrence des travailleurs à l'échelle européenne

- absence de préparation et d'anticipation par rapport à l'évolution nécessaire du modèle productiviste.

b) voir comment, filière par filière (dans la filière porcine et avicole principalement), on peut envisager des portes de sortie, travailler à améliorer les choses.

c) voir comment on peut coordonner l'action politique, syndicale, paysanne et citoyenne pour mener une lutte efficace afin de sauver les emplois dans l'agro-alimentaire breton, car nous ne pouvons tolérer leur destruction, le saccage de territoires ruraux, de vies humaines et familiales guettées par le chômage, la pauvreté et le désespoir.

d) il nous faut aussi tracer des pistes pour construire un nouveau modèle agricole et agro-alimentaire breton en se plaçant dans une perspective de long terme. 

Au meeting du Front de Gauche à Rennes mercredi dernier (le 5 juin), Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ont tous les deux exprimé une volonté de réorienter l'agriculture et l'agro-alimentaire pour atteindre plusieurs objectifs: proposer une alimentation de qualité pour tous. Rompre avec la domination sans partage du modèle productiviste. Mieux rémunérer le travail des agriculteurs et des ouvriers de l'agro-alimentaire. Encadrer et limiter les marges de la grande distribution. Relocaliser tout ce qui peut l'être pour réduire lm'empreinte écologique et créer de l'emploi dans les territoires. Rompre avec le dumping social, la course au moins-disant en terme de coût du travail, si besoin en, rétablissant des protections douanières, justifiés notamment par le coût écologique et énergétique des délocalisations d'activités.   

 

Corinne Nicole (représentante CGT à Tilly-Sapco Guerlesquin) 

  

Dépôt de bilan et fermeture de sîtes chez Doux, fragilisation de la filière avicole avec la décision de la Commission européenne de supprimer les restitutions pour l'exportation de poulet congelé au Moyen-Orient, des aides qui représentaient 20% du produit des exportations et permettaient de réduire le prix de vente pour être concurrentiels face aux industries agro-alimentaires brésiliennes, américaines, thaïlandaises, vietnamiennes, moins sourcilleuses sur les règles environnementales et le bien-être animal et faisant travailler des salariés moins bien payés: va t-on vers une catastrophe économique et sociale de grande ampleur touchant tout le secteur agro-alimentaire breton, comparable peut-être en termes de conséquences humaines dramatiques à la desindustrialisation du nord-est de la France dans les années 1980?     

Dans ce contexte très tendu, il peut apparaître irresponsable de la part de la Commission Européenne de supprimer brutalement les restitutions qui permettent à Tilly-Sapco et Sauvaget, engagés depuis longue date dans l'export de volaille congelée, de réduire le différentiel de compétitivité avec leurs concurrents non-européens. En octobre 2012, on est passé de 32,5€ de restitutions pour 100 kg exportés à 21,70€ et en janvier de 21,70€ à 10,85€/ 100kg, avec une suppression annoncée de ces aides à l'exportation dans quelques mois.  

La pression mise sur les abattoirs peut se répercuter, en particulier pour les pourvoyeurs de Doux, par une baisse drastique des contrats passés avec les éleveurs, qui craignent de vendre des poulets à un prix inférieur au prix de revient.  

Certains peuvent se féliciter de cette suppression des aides à l'exportation.

Les libéraux puisqu'elle a fait l'objet d'un accord au nom de la "concurrence libre et non faussée" dans un sommet de l'OMC en 2005 entre l'UE, les Etats-Unis, le Japon, qu'elle va dans le sens de la refonte de la PAC et des économies budgétaires (70 millions à 80 millions d'euros par an y étaient consacrés).

Quand on est préoccupé d'écologie et de progression d'une agriculture paysanne et biologique relocalisé, on peut se dire que ça affaiblit et oblige à réorienter un "modèle" agricole breton productiviste, hyper-concentré, tourné vers le quantitatif, le bas de gamme, les marchés extérieurs, coûteux pour l'environnement, l'agriculture vivrière des pays du sud, voire la santé publique.

Petit bémol toutefois: les poulets entiers congelés Tilly ou Doux font l'objet d'une traçabilité et de contrôles dont ne peuvent se prévaloir les morceaux de poulet destinés à la restauration collective et aux plats préparés que commercialisent à moindre coût les Allemands, les Belges et les Néerlandais. Le Moyen-Orient ne bénéficie pas de conditions écologiques et climatiques pour produire lui-même ses poulets: et quasiment toute la production à l'export de Doux et Tilly y est destinée. Ce sont les concurrents américains ou asiatiques de Tilly et Doux qui prendront le marché si les entreprises bretonnes n'ont plus les moyens d'offrir des prix attractifs... Et ces industries concurrentes ne sont pas plus vertueuses écologiquement et socialement.   

Sur un plan politique, on peut condamner les restitutions en disant que c'est une manière de rémunérer des capitalistes sans contrepartie exigée sur le plan social et écologique et, en effet, pendant des dizaine d'années, la fortune de Charles Doux ou de Tilly s'est nourrie de ces aides publiques européennes. Pourtant, dans le contexte actuel, la fin des restitutions risque de fragiliser dangereusement, voir de condamner les abattoirs de volaille bretons, les éleveurs, les transporteurs et tous les emplois corrélés à cette filière. Avec combien de salariés et de travailleurs sur le carreau? Et quelles solutions de rechange pour eux?     

Le problème est complexe. Mais il y a une urgence humaine qu'il faut prendre en compte.   

Ces restitutions ne sont pas des subventions pour maintenir des emplois mais des aides versées aux industriels qui exportent de la volaille congelée pour qu'ils soient compétitifs et puissent maintenir des prix attractifs par rapport à la concurrence brésilienne, américaine, vietnamienne, chinoise, en particulier sur les marchés arabes.

En Europe, seuls deux industriels, finistériens tous deux, Doux et Tilly, exportent du poulet congelé, ouvrant droit jusqu'ici à restitution. A l'origine, ces restitutions étaient des moyens pour compenser le prix élevé des céréales payés pour nourrir les animaux en Europe. Aujourd'hui, seule l'exportation de volaille congelée vendue entière en bénéficie, à l'exclusion de la volaille congelée de nos concurrents européens intégrée dans des produits transformés, qui gagne sans cesse des parts de marché en Europe, à tel point que la France, qui n'importait que 10% de ses poulets consommés il y a quelques années, en importe aujourd'hui 40%.

Actuellement, ces restitutions sont vitales pour que leurs activités ne soient pas déficitaires. En 2010, Tilly présentait des comptes à l'équilibre (sans bénéfice) avec des restitutions à 320€ la tonne. Depuis le 18 janvier dernier, elles ont été réduites à 108€ la tonne et elles seront nulles dans quelques mois.

Pourtant, ces deux industriels du poulet congelé destiné à l'exportation qui touchaient 80 millions d'€ d'aides publiques européennes via les restitutions génèrent 5000 emplois directs dans la région tandis que les céréaliers français, qui représentent 36000 emplois, touchent 6 milliards d'euros d'aides européennes. Au prorata montant des aides/ emplois maintenus: il faudrait que les céréaliers génèrent 600 000 emplois en France pour avoir le même rendement en termes d'emplois associés que les aides à l'exportation à destination de la filière avicole.

Si une entreprise comme Doux s'écroule complètement, c'est 3400 emplois salariés qui sont directement menacés, et 15 000 emplois induits en Bretagne (transporteurs, éleveurs, manutentionnaires) qui sont touchés... Les exportations de Doux représentent 30% du trafic du port de Brest.   

A Tilly, il y a actuellement 350 emplois en CDI, 30 intérimaires et depuis 2006, après le dépôt de bilan d'UNICOPA assorti de 250 suppressions de postes, le repreneur Daniel Sauvaget a fait un vrai effort pour employer les restitutions et les bénéfices à mieux payer les salariés, à mieux les former, à maintenir des emplois. 12 millions d'euros ont été consacrés à cela. Et l'entreprise a prévu d'engager encore 20 millions d'euros dans les années à venir pour accroître la compétitivité et la rentabilité. La conditionnalité obtenue par les représentants du personnel du Conseil Régional des abandons de créances contractées du temps d'Unicopa a permis ce résultat que les bénéfices servent depuis 2006 à l'investissement, au plan de formation, au relèvement du pouvoir d'achat des salariés, à la sécurisation de l'emploi. Les conditions de travail en abattoir ne sont toujours pas faciles mais elles se sont améliorées depuis 2006, semble t-il.  

Qu'est-ce qui a joué contre le maintien des restitutions?

Les Allemands qui produisent de la volaille fraîche très compétitive en aidant indirectement l'exportation par des abaissements de TVA et en employant de la main d'œuvre sous-payée se félicitent de fragiliser ainsi par la baisse des aides publiques européennes la filière avicole française, alors que la France importe actuellement 40% de sa volaille.

Peut-être qu'avec moins de libre-échange, plus de protectionnisme, il y aurait une demande intérieure pour faire tourner nos élevages et nos abattoirs bretons. Actuellement, ils sont naturellement en difficulté face à la concurrence mondiale quand on sait que le salarié brésilien est payé 4 fois moins cher que le salarié français et que leurs industries agro-alimentaires exportatrices sont aidées par l'État qui dispose en outre d'une réserve de terres quasi infinie pour la production des aliments d'élevage.

En France, des hommes politiques de gauche et des écologistes condamnent avec raison le gâchis et l'immoralité des aides publiques absorbés par les profits financiers des industriels et des actionnaires sans contrepartie au niveau de l'investissement, de l'emploi, des salaires. Doux est dans ce cas, qui ferme des activités au moment même où il continue à goinfrer ses actionnaires (la banque Barclays entre autre) d'aides publiques européennes en se vantant de produire pour produire et toucher davantage d'aides à l'exportation. La mauvaise politique du groupe Doux, son irresponsabilité, aura sans doute été ce qui a précipité la remise en cause sans délai du système des restitutions, qui existe depuis une trentaine d'années dans le cadre de la PAC.

Seulement, dans le contexte actuel, sans restitutions, ces abattoirs, les éleveurs qui les alimentent, les transporteurs, les emplois induits s'écroulent. A Tilly, on passe de 20 millions d'euros d'aides environ à 400 000 euros de crédit d'impôt compensatoire à la fin des restitutions de l'État. Des clopinettes....

L'avenir de l'emploi sur place est donc menacé, quand on sait qu'aux 380 emplois directs sont aussi associés à des emplois induits (deux à trois fois plus). Or, la situation économique de la région est loin d'être rose. Les salariés de Tilly, qui ont 47 ans en moyenne, n'ont pas beaucoup de qualifications, même si la formation professionnelle s'est améliorée, sont usés physiquement par la dureté des conditions de travail dans l'agro-alimentaire, vont-ils facilement retrouver un job dans le Finistère où les Côtes d'Armor dans le contexte actuel, avec 15% de chômeurs? Et on pourrait en dire autant des salariés de GAD, très inquiets sur leur avenir, et bien sûr de ceux de Doux.

Ce système des restitutions était insatisfaisant puisqu'il ne s'accompagnait pas d'exigences en retour par rapport aux salaires, à l'emploi, à la formation, à l'investissement, ni de droit de contrôle des salariés, qu'il ne concernait que les industriels et non tous les acteurs de la filière. 

Pour exemple, à Doux, les salaires sont gelés depuis 5 ans et on continue à distribuer de l'argent aux actionnaires alors que tout va mal.  

Il perpétuait les inconvénients de l'agriculture productiviste et surtout de son hyper-concentration en Bretagne.

Mais en même temps, la Bretagne s'est construite et développée avec l'élevage hors-sol souvent par défaut, faute d'autre développement agricole ou industriel possible dans les années 60-70, et grâce à l'atout de ses ports, et aujourd'hui, on a pas de solutions alternatives immédiates à proposer aux salariés menacés de perdre leur emploi.

Au-delà de la construction souhaitable d'un nouveau modèle économique et agricole plus vertueux socialement et écologiquement,  il y a  la réalité de milliers de personnes travaillant dans la filière aux emplois menacés à prendre en compte de manière prioritaire.

Préparer l'avenir certes, par une planification écologique, une relocalisation progressive, une diversification agricole et le développement d'une agriculture de meilleure qualité. Par une refonte des filières, une meilleure protection contre le dumping social et la concurrence internationale.

Mais aussi penser aux ouvriers, éleveurs et salariés d'aujourd'hui que la crise de l'agro-alimentaire breton plonge dans le désarroi et l'incertitude du lendemain, qui vont être des milliers à perdre leur gagne-pain.

 

Olivier Le Bras     (salarié de GAD, délégué syndical central FO, le syndicat majoritaire à Lampaul-Guimiliau, représentant des salariés de GAD pendant le redressement judiciaire).

Extraits de l'intervention: " Gad a été créé à Lampaul en 1956, au départ avec un petit noyau de salariés. L'entreprise a pris très vite le pli du développement de l'agro-alimentaire et du productivisme hors norme. On y a gagné beaucoup d'argent. Pour l'actionnariat, ce qui comptait, c'étaient les dividendes. On a laissé l'outil partir progressivement. Nous sommes aussi victimes de la financiarisation de l'économie. La grande distribution et ses plateformes d'achat compriment un maximum de nos marges. De l'autre côté du Rhin, on fait à peu près le même boulot pour 6€ de l'heure. L'esclavage est installé au coeur de l'Europe. Avec des salariés que l'on fait dormir dans des baraquements. 850 emplois sont directement menacés sur l'outil de Lampaul. Actuellement, du côté des décideurs, on manque clairement de courage politique. On a affaire à des gens déconnectés de la réalité: je l'ai dit quand j'ai rencontré le ministre Garreau et son secrétaire" .

 

Xavier Compain (agriculteur, syndicaliste agricole dans le 22, membre du Conseil National du PCF en charge de l'agriculture et de la pêche)

Extraits de l'intervention: La Bretagne est la première région agricole de France mais l'avant-dernière en terme de revenu paysan. 5 fermes disparaissent chaque jour en Bretagne. La PAC ne fait rien pour enrayer ce processus: on est dans la même configuration que pour la politique commune de la pêche. On a préféré financer la destruction des bateaux plutôt que de maintenir la pêche artisanale. Jusqu'à présent, ce qui a fait l'attractivité de la Bretagne pour l'agro, c'est une main d'oeuvre à pas cher, la proximité des ports. Aujourd'hui, c'est difficile de tenir dans un contexte d'hyper-concurrence et de dérégulation: pour les paysans, les salariés, ce qui prévaut, c'est le prix mondial.

Pourtant, dans l'agriculture et l'agro-alimentaire, on peut recréer de l'emploi pourvu que l'on cherche à développer une alimentation de qualité pour tous. 

Il faut construire une autre politique agricole commune. Or, ce qu'on nous propose, c'est le libéralisme, toujours plus de libéralisme. Depuis 1992, les Tony Blair, les Aznar, les Sarkozy ont construit une politique agricole libérale en démantelant des outils de régulation (restitutions, droits de douane, soutiens publics). La question posée, c'est celle de la souveraineté alimentaire au niveau international. Avec les aides publiques, on dispose d'un pouvoir d'orientation. La question, c'est: ces aides publiques, on fait quoi avec?  

Ce qu'il faut dire aussi c'est qu'hors aides ou subventions compensatrices, le salaire des paysans a été divisé par deux depuis 1992. La répartition des aides est à revoir: certains, les plus gros céréaliers par exemple, sont gavés et regavés.

L'objectif essentiel, c'est l'alimentation saine et accessible: le choix de société, c'est que tout à chacun puisse se nourrir bien avec les signes de qualité qu'on s'est choisi.

Un obstacle: le faible niveau du revenu paysan dû aux marges de la grande distribution, lequel encourage à faire au plus productif et au moins qualitatif. Tous les gouvernements successifs de droite et de gauche (plurielle) ont calé devant la grande distribution. Cela suffit. Il faut encadrer les marges de la grande distribution. Cela existait jusqu'en 1986: cela a été supprimé quand on a placé l'agriculture dans le GATT. La loi des coefficients multiplicateurs a été supprimée avec la libéralisation des prix agricoles et agro-alimentaires. Nous voulons la rétablir. La majorité de gauche au sénat a presque voté pour avant la victoire de Hollande, pour en tout cas la création d'un observatoire des prix et des marges et des négociations annuelles imposées à la grande distribution et incluant une large palette de syndicats, associations d'usagers... Nous attendons que ces bonnes intentions soient suivies d'effet. Pour les grandes surfaces, le taux de rémunération pour les fruits et légumes est de l'ordre de 400%: c'est inacceptable. La première chose, c'est d'avancer avec courage pour réduire l'accaparement de valeur auquel se livre la grande distribution. Sur 100€ d'achat agro-alimentaire, seulement 7% va dans la poche du producteur. Il n'y a pas de négociation agricole mais des rapports de prix fixes imposés par la grande distribution.

Nous intégrons aussi la question agricole dans le cadre d'un amènagement équilibré du territoire: celui repose sur 2 piliers. Assurer la rémunération des salariés et des paysans dans le monde rural, maintenir des services publics de proximité.

 

Un intervenant (ancien contrôleur sanitaire dans les abattoirs): Pour que tout ça se fasse, il faudrait une politique européenne qui soit la même pour tout le monde. Ce n'est pas le cas. Par exemple, il y a des pesticides interdits en France qui peuvent être autorisés en Espagne. Les normes sanitaires et sociales sont différentes d'un pays à l'autre. Les primes PAC, les petits agriculteurs en profitent très peu, ce sont les céréaliers qui en profitent. Actuellement, on observe des phénomènes de spéculation sur les prix du blé, des céréales, et les petits éleveurs sont étranglés. En Europe, il semble que ce ne sont plus les politiques qui décident, mais des technocrates. Par rapport aux normes, c'est bien de se préoccuper du bien-être animal, mais qui songe au bien-être des salariés de l'agro?  

 

réunion publique agro 2

 

Jean-Victor Gruat (maire de Brennilis, ancien membre de l'Organisation Internationale du Travail): ne serait-il pas possible de saisir des instances juridiques internationales, l'OIT, sur les conditions de travail en Allemagne? Est-ce qu'on a joué le jeu avec la confédération européenne des syndicats?

 

réunion publique agro guerlesquin 3

 

Olivier Le Bras Il y a déjà des ministres belges qui se sont plaint pour distorsion de concurrence, FO l'a fait aussi par rapport aux pratiques des abattoirs allemands. C'est en cours de traitement. C'est scandaleux qu'au niveau de l'UE en établisse des normes sur le "bien-être animal" et qu'au niveau de la défense du "bien-être humain", on ait rien. L'esclavage qui se pratique en Allemagne, cela ne gêne personne.  

 

Un intervenant (salarié d'un abattoir de porcs à Briec, syndicaliste): dans les abattoirs allemands, 91% des salariés viennent de l'étranger. Là-bas, ils appliquent la loi Bolkenstein. Sur un potentiel de 6000 cochons dans le grand ouest, un tiers part en Allemagne. C'est aussi 3000 bovins élevés en France qui partent se faire abattre en Turquie. On marche sur la tête.

 

réunion publique agro alimentaire 5

 

une intervenante: est-ce qu'on va les laisser longtemps tranquille ces gens de la grande distribution qui font la pluie et le beau temps, casse les prix des producteurs, rançonnent les consommateurs, exploitent les salariés? Comment les gens font pour vivre quand ils sont au chômage, en situation de précarité, avec cette vie chère entretenenue? Quand est-ce qu'on ira affirmer les droits de la vie en allant se servir dans les grands magasins? A un moment, la nécessité fait loi: il faut prendre conscience que nous ne sommes pas obligés de crever la dalle devant quelques-uns qui vivent dans l'abondance.  

 

Xavier Compain:

Il faut se rassembler bien au-delà de nos corporations et de nos métiers. Trouver des alternatives à l'austérité qu'ils nous vendent tous. Le dimanche 16 juin, il y a les Assises de la refondation sociale organisées par le Front de gauche: le CCFD y sera, la confédération paysanne... En Bretagne, le PCF souhaite être à l'origine d'une conférence ou d'un forum sur l'emploi agricole et agro-alimentaire où on inviterait tous les acteurs (syndicats, entreprises, salariés, banques, associations d'usagers, paysans...): sur 15 propositions mises en débat, si on se met d'accord sur cinq d'entre elles, ce sera déjà un progrès.  

L'alimentation de qualité à la portée de tous est la bonne porte d'entrée. Un enfant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. La demande alimentaire dans 30 ans sera encore plus forte. Le continent africain va devoir multiplier par cinq sa production. Un grand pays comme la Chine doit trouver des solutions, avec ses 1,3 milliards d'habitants et ses 10% de terres cultivables. Aujourd'hui, il est inacceptable que l'agro-business puisse faire du fric en spéculant sur la famine, via les matières premières agricoles ou les terres cultivables. Nous pouvons très bien nous joindre à des campagnes contre la spéculation sur la ressource alimentaire telles que celle conduite par OXFAM. Des banques françaises comme le Crédit Agricole, BNP Paribas versent dans la spéculation alimentaire. Une action intelligente ciblant les vrais responsables consisterait à demander des comptes dans l'agence du coin. Bien sûr on ne propose pas ces produits spéculatifs au désargenté mais uniquement aux gros et bien nourris dont l'argent va fructifier en spéculant sur l'orge, le blé, l'avoine. Des banques allemandes comme Deutschbank, Allianz pratiquent aussi allégrement cette spéculation. Si on avait le manche, on prendrait des mesures pour la non-spéculation financière sur les biens alimentaires. On leur dirait: votre capitalisme, il ne nous convient pas, mais avant même de pouvoir y mettre fin, on vous propose une auto-limitation: une convention internationale sur la non-spéculation sur les biens alimentaires. Il y a aussi la nécessité de prendre en compte le besoin de restaurer nos stocks alimentaires: la FAO disait qu'il fallait au moins 60 jours de stock. En France, on en est plutôt à 15 jours de stock. Les stocks de sécurité alimentaire en France et en Europe sont insuffisants. Ces propositions sont euro-compatibles.

 

Patrick Le Goas  (salarié de GAD, représentant syndical FO): Il faut que l'on repense ce modèle qui dévaste la nature et les hommes en mettant en concurrence les agricultures. A Almeiria, les sols sont pollués de manière irrémédiable. En Espagne, la xénophobie vis à vis des étrangers se développe.

N'attendons pas que tout nous vienne de la politique d'en haut. Prenons nos destin en main ici et maintenant. Il y a actuellement un accord de principe entre éleveurs et salariés de l'agro-alimentaire pour se battrent ensemble pour éviter cette casse sociale effroyable dans l'agro... Or, allons-y. Il y a des opportunités révolutionnaires quand les gens perdent tout. Pourquoi est-ce que nous nous censurerions? Ce qui s'est passé en Guadeloupe, avec un large front révolutionnaire pour affirmer le droit à vivre convenablement et faire baisser les prix de la grande distribution tenue par des anciens colons en situation de monopole, pourrait nous servir d'exemple? Comment obtenir la redistribution des richesses quand le pouvoir est confisqué par des élites égoïstes et sourdes aux besoins de la population sinon en montrant notre force collective et en cessant d'être dociles? Les terres de la Guadeloupe, de la Martinique, sont irrémédiablement pollués par les produits chimiques pour traiter les bananes, et les cueilleurs ont attrapé toute sorte de maladies: la violence, elle est là, dans cette indifférence à l'humain des capitalistes.

 

Ismaël Dupont: C'est vrai qu'il est inacceptable que l'UE se soit penché sur la question du bien-être animal dans l'élevage et les abattoirs sans dénoncer les conditions de travail pour les salariés et exiger des améliorations. Mais je ne pense pas qu'il faille opposer ces deux considérations: les bêtes sont des êtres sensibles et pas que des machines à produire de la viande. On les mange soit, mais assurons-leur une vie un tant soit peu digne du vivant et de l'animal. C'est aussi un devoir de civilisation. Cela ne signifie pas que l'on doive négliger le bien-être des travailleurs. J'aimerais aussi que Xavier compain nous dise comment on peut développer le bio et l'agriculture paysanne pour réorienter le modèle dominant en agriculture, et si les pouvoirs publics (UE, gouvernement, région) se donnent vraiment les moyens actuellement de poursuivre cet objectif.

 

Xavier Compain  Il faut préserver la terre agricole, privilégier le foncier agricole sur les parkings de supermarché. Lors des municipales, on pourra affirmer haut et fort la proposition de relocaliser notre alimentation. Les cantines du coin (école, maison de retraite) doivent acheter local, et si possible agriculture bio ou raisonnée. Il faut remplacer la surface minimum d'installation par une surface maximale afin de privilégier l'installation des petits et des moyens et l'emploi, de lutter contre l'hyper-concentration dans l'agriculture.  Il faut dire halte aux pesticides, un scandale sans doute plus meurtrier que celui de l'amiante. Pour changer les pratiques paysannes, la clef, c'est la rémunération du travail. Pour sortir du pesticide, il faut proposer des voies de reconversion aux usines chimiques: c'est parfaitement possible.

 

Olivier Le Bras:  Il faut transformer notre colère en luttes pour enfin changer les choses.

 

Corinne Nicole:  S'il y a une urgence, c'est de sortir de la culture de la délégation de pouvoir. C'est nous le nombre, la force: prenons notre destin en main.

 

Compte-rendu partiel terminé le 18 juin.

Par Ismaël Dupont.

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 16:50

 

Nous avons assisté le mardi 11 juin à une conférence passionnante de l'ancien président de la Ligue des Droits de l'homme, Jean-Pierre Dubois, conférence introduite par Jacques Normand (président local de la LDH) et Ronan Pérot, le directeur de Ti an Oll.

Ayant pris des notes comme un éternel étudiant un brin nostalgique aux réflexes conditionnés, je voudrais faire bénéficier les lecteurs du "Chiffon Rouge" des réflexions de Jean-Pierre Dubois, à la fois justes et suffisamment distanciées pour nous encourager à continuer à penser, à déplacer le regard.

Cette conférence-débat animée par Jean-Pierre Dubois ouvre un cycle de collaboration de Ti an Oll avec la LDH. 2 nouvelles conférences sont prévues à l'automne 2013:

 

- le 24 octobre sur l'identité nationale avec Pablo Seban

- le 23 novembre avec Vincent Réberiou sur le droit de vote des étrangers aux élections locales  

Jean-Pierre Dubois est toujours le président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme et a été son président en exercice entre 2005 et 2011, en pleine période de sarkozysme triomphant. C'est un juriste, spécialiste de droit public, un habitué des forums sociaux mondiaux.

 

Extraits de sa conférence.

 

La ligue des droits de l'homme a été fondée en 1898, dans le cadre de la défense des libertés publiques et de la justice liée à l'affaire Dreyfus et à la lutte contre la propagande réactionnaire de l'église, de l'armée et de la droite anti-dreyfusarde. Elle est liée d'emblée à un appel à populariser les droits de l'homme et à se battre pour eux et à la défense des libertés individuelles. Elle s'inscrit dans une démarche d'éducation populaire. Elle va poursuivre ensuite des objectifs de défense et d'extension des droits sociaux.

Une question essentielle que l'on peut poser est: comment la crise va t-elle impacter les droits de l'homme? Est-ce qu'elle produit une régression des droits de l'homme ou un nouveau développement de ceux-ci? D'un côté, l'exemple de la montée du fascisme dans les années 1930, de l'autre celui du programme du CNR appliqué à partir de 1946, mais aussi celui de la révolution de 1789.

 

Est-ce que la France est toujours la patrie des droits de l'homme? C'est une question mal posée car la question des droits de l'homme ne doit pas être pensée dans un seul pays. "La patrie des droits de l'homme", cela ne veut rien dire et c'est même une insulte à l'ambitioon universaliste de la Révolution Française. Il faut que l'on cesse en France de faire les coqs arrogants. Si cette question à une actualité, c'est surtout en ce qu'elle peut encourager une réflexion critique: quelle est notre attitude par rapport au droit des migrants et des Roms, aux effets de la crise sociale, aux droits des détenus? On ne peut parler démocratie qu'à partir du moment où elle existe aussi sur le plan social, à travers un minimum d'égalité. CF Fourier: "Le plaisant souverain qui meurt de faim".

On dit qu'"il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour". Et bien, la démocratie, c'est pareil.

La LDH est une association politique, nous ne nous en cachons pas, mais non partisane.

On ne peut qu'être préoccupé par le cercle vicieux que l'on observe actuellement: moins les citoyens s'occupent de politique parce qu'ils sont dégoûtés par ces défauts (impuissance, corruption, course aux places et au pouvoir plutôt qu'effort pour améliorer la vie des gens), plus les défauts de la politique augmentent: oligarchie, lutte des places, coupure avec la société.

Il y a toutefois des questions politiques qui ne sont pas du champ de compétence de la LDH. La démarche: c'est non pas dire quelle politique faire dans tout domaine mais dire: attention, les politiques que vous menez soit méconnaissent tel ou tel droit, soit le méprisent.

 

Il faut prendre conscience des profondes mutations du monde, des bouleversements en cours des sociétés: les gens ne peuvent plus avoir le même rapport à la politique, à la démocratie. Est-ce qu'on va régresser? Est-ce qu'on va repartir de l'avant?

 

En Europe, cela va assurément beaucoup plus mal aujourd'hui qu'il y a 40 ans: les emplois fuient ailleurs, les droits sociaux reculs. L'Europe n'est plus maître du monde. Le colonisé, les dépendants, sont devenus des concurrents. Est-ce un mal? Le centre du monde n'est plus la Méditerranée, l'Atlantique Nord, mais peut-être davantage l'Océan Indien et le Pacifique. D'où un pessimisme des Européens, et peut-être plus encore des Français.

 

On ne peut répondre simplement à la question "ça va mieux ou ça va plus mal?". "Pour qui?"

 

Pour ma part, je ne crois pas que les classes sociales aient disparues. Quand le gouvernement grec ferme la télévision publique, consacre toujours 40% du budget aux dépenses d'armemement. On peut dire que, sous la contrainte de l'UE, il mène une politique de classe. Il y a 55% de chômage en Grèce dans la tranche des 18-25 ans. Et c'est la même chose en Grèce et au Portugal, et ce sera peut-être la même chose en France si on continue à mener ces politiques d'austérité qui mènent à l'échec partout.

En France, depuis 30 ans, il y a un recul de l'Etat social, une montée de l'Etat sécuritaire, de l'Etat Pénal. Ces deux moments inverses sont logiquement liés. Cela fait 40 ans que ça dure: montée de la pauvreté, des ségrégations sociales et géographiques, recul des services non marchands. Si on fait le bilan des alternances politiques depuis 1981, on est bien obligé de constater qu'il y a eu alternance sans inflexion majeure dans les logiques au pouvoir.

En 1970 encore, sous Pompidou et Chaban-Delmas, qu'il serait aventureux de qualifier de gauchistes, le commerce et la consommation de drogues n'étaient pas poursuivis pénalement. Aujourd'hui, il y a un lien manifeste entre la montée des inégalités et de la desespérance sociale d'un côté, et la stigmatisation de bouc-émissaires, l'instrumentalisation des peurs de l'autre. Sous les dix années Sarkozy, de 2002 à 2012, il y a eu une accentuation de ce mouvement inégalitaire et sécuritaire. Depuis un an, il y a eu une alternance mais il n'y a pas eu beaucoup d'alternative. Comme au Portugal, en Italie, en Espagne, nous commençons à faire l'expérience des limites de l'expression démocratique, et c'est très dangereux pour la démocratie.

Il faut se demander comment on peut affirmer le politique face à la crise économique, comment faire en sorte que l'expression des électeurs soit suivie d'effets. En Europe, il y a un grand marché dérégulé mais aucune solidarité économique. L'euro, c'est un lien de fer entre des planches disjointes. C'est la seule zone du monde où les autorités monétaires n'obéissent pas au pouvoir politique.    

La question à se poser d'urgence, c'est: à quoi peut servir le politique aujourd'hui? Comment reconquérir la légitimité démocratique du politique?

 

La deuxième dimension que je voudrais mettre en avant, c'est montrer que la crise travaille dangereusement le sentiment d'appartenance, d'affiliation. Chômage, ségrégation de certains quartiers, de certains territoires précarité: tout cela provoque ce que Robert Castel, le sociologue disparu, appelle une désaffiliation. Moins il y a d'emplois, de logements décents, de possibilité de faire vivre le réseau d'éducateurs et de relais sociaux d'une commune ou d'un quartier, plus cela devient la jungle. C'est l'insécurité sociale qui produit la violence, la délinquance, l'incivilité. Le communautarisme n'est pas la vraie menace, tout au plus un symptôme. Ce qui menace la société française, c'est les ghettos, à savoir des quartiers à 50% de chômages dans des communes qui doivent faire face à des dépenses énormes avec des recettes et des dotations en baisse, sans pouvoir compter ni sur la solidarité nationale, ni sur la solidarité des communes plus riches. Il faut vraiment s'attaquer aux inégalités territoriales, reconstruire des solidarités territoriales. Actuellement, nous prenons un chemin de fragmentation sociale.

 

On vit aussi une crise d'identité au niveau de l'UE. Il n'y a plus de projet européen positif. Attention: ne minimisons pas le fait que depuis 1945, il n'y a pas eu de guerre en Europe, en dehors des Balkans, en dehors de l'UE à l'époque. Mais cela fait plus de 25 ans que plus personne ne sait où va l'Europe, quel est le projet européen. Où sont les limites de l'UE? Où est le projet? Pourtant, ce qu'on aurait pu faire, c'est tout autre chose que l'ultra-libéralisme qui nous dégoûte de l'Europe. Il y a clairement un problème de démocratie: pas l'ombre d'un mandat politique clair au niveau des commissaires européens. Hubert Védrine a dit à juste titre que l'on vivait sous l'ère d'une "Europe post-démocratique". Au sommet des chefs de gouvernement et du chef de l'Etat français, on invite le représentant de la BCE et tout juste le président du Parlement Européen, mais celui-ci n'a pas vraiment droit au chapitre. Le Parlement est dévalorisé dans sa fonction. L'essentiel des politiques européennes se fait sans aucun contrôle démocratique. Seuls les Pays-Bas et le Danemark consultent leurs Parlements au moment de s'engager dans des politiques européennes qui engagent les Etats, et c'est tout à leur honneur. Si on ne démocratise pas l'Union Européenne, elle va se désintégrer. L'extrême-droite monte en Europe et elle monte là-dessus, sur l'idée qu'il n'y a pas de démocratie européenne. Ce que l'Europe a fait de mieux depuis 50 ans, même si ça n'a pas été parfait, cela a été la solidarité (la PAC, les fonds de rattrapage pour le Portugal, l'Espagne, la Grèce...). Or, tout ça, c'est fini. La PAC est aujourd'hui un instrument à tout sabrer au nom de la rentabilité et il n'y a plus de solidarité vis à vis des nouveaux arrivants qui servent juste à abaisser le coût du travail. La crise européenne est une crise de la démocratie, et une crise de la solidarité.

 

A l'échelle mondiale, on vit également de profondes mutations. La démocratie a énormément progressé dans le monde depuis 40 ans: en Amérique Latine, même si tout n'est pas parfait, il n'y a plus de dictatures militaires, au Brésil, 20% de la population est sorti de l'extrême-pauvreté; on observe aussi que l'Europe de l'Est, l'Afrique du Sud, le monde arabe se sont émancipé de régimes dictatoriaux. Bien sûr, comme on devrait le savoir avec l'exemple de la révolution française qui n'a débouché sur une expérience républicaine durable que 100 ans après, les progrès liés aux révolutions ne se font pas en 8 jours. Il y a une certaine inconséquence, une méconnaissance complète de l'histoire, à s'exclamer devant les révolutions arabes quand elles s'accomplissent "Oh, c'est merveilleux", puis à dire 2 mois après: "oh, c'est l'enfer, avec ces désordres, ces intégristes.... Du temps des dictatures, au moins, les gens se tenaient tranquilles".

Après il y a la question de la mondialisation: mise en concurrence des systèmes sociaux, nivellement par le bas, faire toujours pire, harmoniser sur le modèle social le moins avancé, c'est une dimension. Mais en même temps, il y a un rééquilibrage du monde. Cela a un revers. Des pays, nouvelles grandes puissances, comme l'Inde et la Chine, vont bouffer beaucoup d'énergies. Cela nous confronte à une question centrale pour le XXIème siècle, celle de la finitude des ressources. Soit on laisse le marché faire son oeuvre, et on est sûr d'aller dans le mur, soit on procède à un rationnement autoritaire à l'échelle nationale ou internationale (hypothèse qui n'est pas complètement à exclure), soit au crée de la légitimité politique au niveau mondial pour gérer ce problème écologique et énergétique majeur de manière raisonnable. Au niveau mondial, on peut aussi envisager des coopérations, des transferts de technologie gratuits pour polluer moins, consommer moins de ressource. Bien sûr, ce n'est pas le marché auto-régulé qui produira cela, qui permettra de s'en sortir par le haut. Si on laisse les forces de marché s'auto-gérer sans régulation, alors le pire est toujours sûr.

Après il y a aussi au niveau mondiale le problème de l'emprise croissance des technosciences: moyen de surveillance généralisée, de contrôle global (les américains avec leur contrôle d'internet). On peut penser aussi aux drones qui permettent les assassinés ciblés sans jugement ni que personne le sache, sans engager officiellement la guerre. 2500 personnes ont été tués comme ça au Pakistan par les Américains. C'est une technologie qui permet de faire la guerre de manière discrète, efficace, insidieuse, mais qui pose le problème de la concentration du pouvoir comme d'autres technologies.

 

Je crois que l'on peut classer les problèmes autour de 3 ensembles: a) la question démocratique b) la question sociale c) la question de l'individu.

 

a) sur le plan institutionnel, on n'a pas d'autre choix que de remettre en question le tout représentatif. Il y a 150 ans, on se disait: "nos élus, ces messieurs instruits, ils doivent bien savoir". Aujourd'hui, beaucoup de gens trouvent insupportables d'être souverains uniquement le temps d'une journée de vote tous les 5 ou 6 ans. On pourrait aller vers des référendums d'abrogation comme en Italie. Mettre la représentation sous contrôle citoyen.  La singularité française, c'est celle de la monarchie: j'ai pas dit la royauté, mais la concentration du pouvoir dans les mains d'un homme. On le voit dans le cadre de la nouvelle contre-réforme des retraites: Hollande décide seul. A l'inverse, Merkel est obligée de faire voter tous ses ministres pour beaucoup de projets de loi. Aux Etats-Unis, on a le système des "checks and balances", des contre-pouvoirs. Il y a clairement chez nous une nécessité de rééquilibrer les pouvoirs.  

Le cumul des mandats. On a pas que le roi, on a les féodaux. Ce n'est pas qu'une question de morale, ce n'est pas que la question de l'argent: on subit un pouvoir féodalisé. "A l'ombre du baobab, il n'y a pas grand chose qui pousse". C'est un système dans lequel on empêche la circulation démocratique, la diversification.

b) la question sociale. Il y une nécessité de rétablir un vrai contrôle politique sur les équilibres sociaux. Pas de démocratie sans droits sociaux essentiels assurés pour tous.

c) la question de l'individu, j'y reviendrais...

 

.......................................................................................................................................................................................................................

 

Question sur l'Europe, qu'il serait nécessaire de renforcer comme entité politique et sociale:

 

JP Dubois: Au niveau européen, il serait possible de crédibiliser le projet d'union en finançant des grands travaux (développement du photo-voltaïque, des voies fluviales pour permettre une alternative au transport routier des marchandises, construction de services publics européens).

 

Que pensez-vous de la politique d'immigration et d'asile de l'actuel gouvernement?

 

JP Dubois: Jusqu'en 1975, on a organisé une immigration quasiment sauvage (pour les personnes concernées) gérée parfois directement par les entreprises. Giscard, Barre ont décidé l'arrêt de l'immigration de travail. L'Europe accueille pourtant que 5% de l'immigration mondiale. Pendant la guerre en Libye, 25000 libyens ont gagné l'Europe et on en a fait toute une histoire, tandis que dans le même temps, la Tunisie a accueilli 500 000 libyens. Avec le gouvernement actuel, on ne peut pas dire que ce soit exactement pareil que le gouvernement précédent, mais ce n'est pas très différent. Nous demandons nous une régularisation large pour tous les sans-papiers qui ont du boulot et pour tous les parents qui ont des enfants à l'école. On a pas été entendu. Néanmoins, il n'y a quasiment plus de familles en centre de retention, c'est déjà ça. En même temps, l'essentiel est tout de même très préoccupant: Manuel Valls a publié un communiqué triomphant pour dire qu'il avait fait mieux que le gfouvernement précédent en terme de reconduite à la frontière. Pour les étudiants étrangers, avec ce gouvernement, c'est mieux: on revient à la raison.

Par contre, sur le droit de vote des étrangers, c'est craignos. La LDH a fait partie des associations qui ont cherché à convaincre la gauche politique de la pertinence de cette mesure des 1981: et le PS s'était engagé dessus. En 2000, une proposition de loi des Verts avait été votée par l'Assemblée Nationale, et transmis immédiatement au Sénat. Le Sénat l'a enterré dans un premier temps. Mais quand le Sénat est passé à gauche, avec Jean-Pierre Bel, le Sénat a voté cette proposition de loi constitutionnelle.

Il n'y a pas vraiment d'excuse au fait que Hollande ne s'engage pas sur cette question qui n'était pas dans son programme. Un référendum sur cette question, c'est un peu périlleux, ou alors il faudrait lier plusieurs réformes constitutionnelles de démocratisation: droit de vote des étrangers, indépendance de la magistrature, non cumul des mandats.

Sur les Roms, on expulse sans solution de relogement contrairement aux engagements pris.

Ce qu'on peut dire sur cette question comme sur d'autres, c'est qu'il n'y a pas de réalisation de ce qu'on pouvait raisonnablement attendre.

Le mariage pour tous, cela fait assez peu comme mesure de gauche, même si c'est important.

Dans beaucoup de pays européens, la droite a voté pour le mariage homosexuel.

Globalement, on est toujours dans cette politique imbécile sur l'immigration. Pourtant selon l'OCDE, pour travailler et financer notre système de protection sociale et de retraites, on aurait besoin de 50 millions d'immigrés en Europe d'ici 20 ans.

 

LN:  Je suis un peu sceptique sur les référendums. Sur un certain nombre de valeurs et d'idées, on a pas besoin de référendum et ceux-ci peuvent même être dandereux. C'est aux représentants élus d'affirmer des prises de position ambitieuses, comme sur la peine de mort. 

 

JP Dubois: C'est vrai que sur un certain nombre de questions, le référendum pose problème. La démagogie est toujours possible. C'est une technique sur laquelle il n'est pas possible d'apporter beaucoup de nuance dans la question et la réponse. La représentation a parfois des avantages: elle permet de médiatiser les choses, de prendre en compte la nuance, la complexité. En même temps la démocratie strictement représentative ne tient pas compte de l'individuation.

Celle-ci est d'abord un phénomène socialement et économiquement déterminé. Dans l'organisation du travail, un salarié travaille en moyenne avec 3 collègues contre beaucoup plus il y a 20 ans. Il y a toujours 20% d'ouvriers, mais beaucoup travaillent dans les services, comme Darty. Les gens ne mangent plus ensemble dans les familles. Ils sont plus mobiles, plus éduqués. Dans le temps, on disait que le breton perd sa foi en sortant de la gare Montparnasse. plus de 3/4 des femmes catholiques, c'est un symptôme de cette individuation, disent, la sexualité, la contraception, l'avortement, c'est mon affaire: le pape n'a pas à intervenir dedans.

Face à cette société qui a changé, la délégation, cela ne marche plus. Il faut mettre la réprésentation sous contrôle citoyen.  En Italie, si 500000 électeurs le demandent, on peut faire un référendum d'abrogation. C'est peut-être une piste à explorer. Les parlementaires de ce fait travaillent en permanence sous contrôle citoyen. Aux Etats-Unis, dans certains Etats, la même idée est appliquée non pas aux lois mais aux gouvernements eux-mêmes.

On ne va pas défendre l'idée du mandat impératif et révocable que défend Rousseau contre le modèle anglais. Mais tout de même, il faut se rendre compte que le tout représentatif dessaisit l'électeur. Il y a aujourd'hui une nécessité de casser le désenchantement démocratique. 90% des gens pensent que, quoiqu'ils fassent, cela ne changera rien: c'est la désintégration de la démocratie. Il faut aussi aller vers la proportionnelle si on veut donner de l'air. Dans les conseils régionaux, il y a 50% de femmes. La proportionnelle, c'est le scrutin démocratique, qui assure la diversité. Dans ce cadre, le système de l'élection régionale est préférable à celui de l'élection municipale: 25% de bonification pour la liste majoritaire, cela suffit. Ce sont des systèmes qui aèrent la démocratie: non cumul des mandats, scrutins de liste, rotations des représentants.

 

MLS: Je voudrais poser la question de la citoyenneté. Comment passer d'une citoyenneté formelle à à une citoyenneté effective? Au conseil communautaire par exemple. Je ne pense pas que l'on peut faire mieux avec plus de contrôle. Pour revivifier la démocratie, il faut faire en sorte qu'elle fasse l'objet d'une appréhension globale, qu'il y ait une éducation à la politique, aux problèmes, pour que l'on sorte des logiques binaires, que l'on cesse de penser la politique en termes de bien et de mal. Pourquoi pas des instances tirées au sort pour envisager les questions locales?

 

JP Dubois: le tirage au sort, héritier du système politique grec où le hasard était censé être en réalité un message des dieux, cela pose le problème de l'irrationnalité. Après, c'est vrai que dans le cadre de commissions consultatives thématiques, de conférences de citoyens ayant un objet précis, cela a fait ses preuves, comme sur la récidive. Mais il faut être attentif aux nouvelles formes d'engagement citoyen. Il y a toujours des oligarchies de fait qui se reconstituent mais on peut faire une place au tirage au sort pour casser le monopole de l'expertise. Ce qui est important, c'est que la discussion en amont fasse l'objet d'une vraie consultation citoyenne avec un débat public ouvert , ce qui n'a pas été fait  dans le cadre de Notre-Dame des Landes par exemple.  Il faut inventer sur le plan local. Je suis assez d'accord avec Tocqueville quand il dit que "la commune est à la démocratie ce que l'école est à la science". Il y a des questions qui peuvent se régler localement, d'autres qui ne peuvent être réglées qu'au niveau plus large. Par rapport à l'inter-communalité, je pense qu'il faut des élections directes à la proportionnelle. Cesser les petits jeux de pouvoirs où les citoyens ne sont plus les maîtres du jeu.

Sur le plan international, l'élection du directeur général de l'OMC se fait avec des négociations entre des groupes de pays qui jouent les uns contre les autres. Les socialistes français ont dirigé en même temps l'OMC et le FMI: la transformation du capitalisme a beaucoup progressé...

L'OMC dans son principe serait une bonne chose si c'était une manière de réguler le commerce dans l'intérêt des populations mais elle fonctionne sur le dogme du libre-échange généralisé. En France, on a conservé des capacités d'intervention publique qui ne respectent pas le libre-échange, et c'est ça qu'on veut détruire: l'exception culturelle par exemple, mais pas seulement. Il y a urgence à démocratiser les institutions internationales, à les rendre plus légitimes du point de vue des peuples. 

 

Je ne suis pas pessimiste. Aujourd'hui naissent aussi de nouveaux outils de mobilisation démocratique, internet et les réseaux sociaux par exemple. Musset disait "On voit les décombres, on ne voit pas les jeunes pousses". Il faut garder le sens de l'avenir, être attentif aux germes d'une transformation positive de l'état de chose. "Il faut mieux allumer les bougies que maudire les ténèbres", dit un proverbe asiatique.

 

Jean-Pierre Dubois.

Propos recueillis lors de la conférence de la LDH par Ismaël Dupont.

 

jean-Pierre Dubois        

   

 

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 15:54
Dans le cadre de la construction collective du projet pour les municipales dans un cadre de réflexion inter-communal, la 
3ème réunion de l'atelier "Petite enfance, politique scolaire et péri-scolaire, personnes âgées" 
lundi 24 juin à 18h au local du 2, petite rue de Callac à Morlaix.
  
D'autres peuvent encore contribuer à alimenter la réflexion et la connaissance commune avec leurs expériences et leurs analyses. Chaque groupe de travail est ouvert à tous, y compris à ceux qui n'ont pas participé aux premières réunions de l'atelier ou qui participent à un autre atelier.
 
Rappel:
mercredi 26 juin à 19h (local du PCF, 2, petite rue de Callac à Morlaix):  AG du Front de Gauche
 
A l'ordre du jour:
 
- débat sur le projet des municipales et le travail des ateliers (d'un ou deux, car on ne pourra pas tout voir)
- préparation de la rentrée politique, questions d'organisation
- planification des actions militantes (soutien aux salariés en lutte - GAD et autres- vente du journal, résistance à la réforme des retraites, actions dans les quartiers et les communes de l'agglomération...).
 
Peu avant l'AG du 26 juin, le même jour aura lieu à 17h30 une réunion pour réfléchir au contenu et au mode de diffusion du prochain journal du Front de Gauche dont la parution est envisagée pour septembre.
femme front de gauche morlaix
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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 11:33

J'ai entendu ce midi au journal de 12h30 de France Culture la fin d'une interview de Robert Hue, le grand timonier du NEP (nouvel espace progressiste) qui estimait pendant le congrès du PCF à l'automne dernier,  à l'unisson des commentaires les plus caricaturaux des éditorialistes et journalistes anti-communistes, que celui-ci était  " un outil vieillissant prisonnier de sa matrice bolchevique", ce même Robert Hue qui disait ne pas vouloir s'inscrire dans la création d'"un nouveau bloc politique à la gauche du PS".

Aujourd'hui, l'intéressé a fait très fort: je n'ai entendu que la fin de son entretien (1 minute) - entretien que je mettrai en lien dès que possible - mais cela a suffi à me mettre en colère, et avec moi je pense la majorité des communistes qui ont eu l'occasion de l'entendre.  

Voilà un ancien secrétaire national du PCF, deux fois candidats aux présidentielles, qui a appelé à voter dès le premier tour en 2012 pour un grand progressiste devant l'éternel, devenu depuis François II, afin d'éviter la démagogie radicale qu'incarnaient selon lui le programme et le candidat du Front de Gauche, et qui aujourd'hui nous dit: "la méthode choisie pour la réforme des retraites est la bonne", les "partenaires sociaux" seront consultés avant toute nouvelle loi, les régimes spéciaux ne font pas des fonctionnaires des privilégiés (concession à ce qui lui reste de réflexes progressistes), "ce qui n'empêche pas de les aménager", car il n'y a aucune question tabou pour la gauche, et même si l'allongement de la durée de cotisation n'est pas à privilégier a priori,  on ne peut exclure que cela soit considéré consuellement comme un moyen efficace de combler le problème de financement des retraites.

Quel autre but avait ce verbiage mollasson et contradictoire sinon de rassurer Billancourt en disant: "Hollande et Ayrault font du bon boulot, ne vous inquiétez pas, il faut juste un peu déplacer le curseur à gauche" ou encore "les syndicats - FO, CGT, FSU - ne doivent pas s'enfermer dans une attitude de contestation et de rejet radical de la réforme des Retraites, il faut qu'ils se mettent sereinement à la table des négociations et qu'ils n'oublient pas qu'ils sont par définition des partenaires sociaux... de qui Mr Hue, du MEDEF et de ses porte-paroles au gouvernement?

Voir qu'un ancien dirigeant communiste utilise cette expression de tradition libérale ou sociale-démocrate de "partenaires sociaux" est stupéfiant et pathétique, navrant pour lui. Imaginez ce que se serait passé s'il avait été au bout de sa logique: le PCF n'existerait plus et une partie de ses cadres serait peut-être aujourd'hui en train d'imposer l'austérité au peuple en gouvernant avec les néo-libéraux, comme cela s'est passé en Italie.

Non décidemment, Robert, reste où tu es, sur les velours confortables et sous les plafonds rococos du Luxembourg. Nous ne te regrettons pas trop...

 

 

 

 

   

     

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 11:18
Voilà qui est plaisant à entendre sur les ondes de la Radio Publique, tant la propagande néo-libérale y est souvent parallèlement très présente...
Nous vous recommandons la très bonne chronique d'Hubert Huertas le vendredi 14 juin sur France Culture à 7h30: "Retraites: à dada sur l'équité"
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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 06:28

Mercredi 12 juin, le Front de Gauche Morlaix était devant l'entreprise Gad de Lampaul Guimiliau pour exprimer sa solidarité aux salariés et les soutenir dans leur lutte pour sauver les emplois. Mercredi prochain, le même tract sera distribué à Landivisiau sur le marché avec les copains du Front de Gauche de Landivisiau.

 

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Le Front de Gauche exprime sa solidarité aux salariés de Gad et les soutient dans leur lutte pour conserver les emplois

 

La CECAB semble avoir décidé de liquider purement et simplement l'abattoir GAD de Lampaul-Guimiliau, en vertu d'une logique purement financière qui condamnerait au licenciement les 900 salariés de GAD (sans indemnités significatives ni formations proposées?). C'est lamentable et inacceptable! Voilà l'indifférence avec laquelle vous êtes payés après avoir bossé des années dans des conditions très dures et pour des salaires loin d'être reluisants.

 

On le sait tous, la fermeture de GAD à Lampaul-Guimiliau serait une catastrophe pour les régions de Morlaix et de Landivisiau où le chômage a déjà augmenté de 50% en 5 ans. Une catastrophe pour des centaines d'ouvriers, d'éleveurs, de transporteurs, de commerçants dont le gagne-pain dépend de cette activité. Combien de familles va t-on condamner au chômage de longue durée, à la mobilité forcée, à la précarité, aux fins de mois difficiles, au surendettement?

 

C'est toute l'agriculture et l'agro-alimentaire breton qui risquent d'être saccagés s'il n'y a pas de réaction des pouvoirs publics. Stephane Le Foll et le gouvernement, rivés à leur doctrine de la non-intervention, semblent s'en laver les mains et laisser faire en prétextant l'impuissance à enrayer des logiques de marché: Gad après Doux, Boutet-Nicolas, Marine Harvest … et puis, à qui le tour? A la clef, des milliers d'emplois détruits dans une région qui se dirige tout droit vers les 15% de chômeurs.

 

La droite, qui a voulu l'Europe du fric, de la mise en concurrence des salariés et des entreprises, la dérégulation des prix pour réduire le coût du travail, n'a d'autres recettes pour sauver les activités agricoles et agro-alimentaires que la fuite en avant dans le productivisme anarchique et la réduction des normes préservant l'environnement et la santé publique.

 

Pourtant, on le sait, les difficultés financières de GAD, en dehors de la mauvaise gestion avérée de la CECAB, s'expliquent par le dumping social des abattoirs allemands, la cherté de l'aliment due à la spéculation mondiale sur les matières premières, ou encore par le refus d'encadrer les marges de la grande distribution.

 

Pour éviter la désindustrialisation de la Bretagne et son entrée dans l'enfer du chômage de masse, des solutions existent:

  • Sortir du dumping social organisé à l'échelle européenne par des traités et des politiques ultra-libérales (les abattoirs allemands qui emploient des salariés étrangers payés entre 4 et 6 € de l'heure, grâce à l'application de la directive Bolkestein).

  • Garantir aux éleveurs et aux abattoirs des marges supérieures rémunérant leur travail en contrôlant les marges de la grande distribution (rétablissement des coefficients multiplicateurs)

  • Utiliser l'arme de la réquisition pour empêcher la fermeture d'activités d'intérêt général nécessaires à la survie de territoires déjà sinistrés et à notre souveraineté alimentaire, et confier la gestion de ces entreprises aux représentants des salariés si les capitalistes obnubilés par la rentabilité à court terme optent par la stratégie du pire.

  • Reprendre la main sur le développement agricole et agro-alimentaire en ne laissant pas les forces de marché s'auto-réguler en broyant les vies humaines. Sauvegarder et développer l'agriculture à taille humaine, respectueuse de l'environnement et l'alimentation de qualité pour tous.

 

Le Front de Gauche sera aux côtés des salariés de GAD qui, loin de se résigner, continuent à lutter avec une colère justifiée pour faire échec à cette destruction d'activité aux conséquences humaines intolérables. A l'heure où menace l'ouverture du marché européen à un libre échange sans contrôle avec les U.S.A, la mobilisation citoyenne s'impose plus que jamais.  

 

Front de Gauche du Pays de Morlaix frontdegauchemorlaix@gmail.com

2 petite rue de Callac 29 600 Morlaix

 

front de Gauche Finistère

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 06:18

 

rassemblement-anti-fasciste-hommage-a-Clement-Meric-1.jpgrassemblement-anti-fasciste-Ouest-France.jpg

 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 05:53

Soutien à la grève des cheminots, dénonciation de Michelin qui, avec 2 milliards de bénéfices cette année, licencie en France, condamnation de la politique de François Hollande qui "n'a pas même essayé le changement" et tente, avec la réforme des retraites, d'aller encore plus loin que Sarkozy dans la réforme libérale, projection sur un possible mouvement social en octobre et sur les municipales de mars 2014, Pierre Laurent exprime la position du PCF.

 

 

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 15:27

 

 

Fermeture de l’audiovisuel public : fuite en avant autoritaire en Grèce

Communiqué Attac France 12/06/13

Mardi 11 juin, le porte-parole du gouvernement grec annonçait brutalement la fermeture immédiate, par décret, de l’audiovisuel public grec (ERT). Avec cette décision prise par un décret illégal,  le gouvernement grec soutenu à bout de bras par les autorités européennes - la Troïka -  accentue sa fuite en avant autoritaire vers la suppression des espaces de pluralisme et de démocratie.

L’objectif officiel de cette décision prise sous la pression de la Troïka est de couper encore davantage dans les dépenses publiques. Mais l’audiovisuel public grec dégage des excédents ! Cette mesure, qui entraîne le licenciement direct de 2656 travailleurs, est essentiellement politique: il s'agit d'éliminer un secteur revendicatif de la société et d'éradiquer le pluralisme dans l'audiovisuel. La télévision publique se distinguait en effet des chaînes privées par sa couverture des mouvements sociaux se programmes culturels et éducatifs.

Depuis hier, une foule importante se rassemble devant les bâtiments de l’ERT alors que l’assemblée générale des travailleurs de l’ERT a décidé l’occupation du siège et des studios.

La fermeture a été décidée par le Premier ministre Samaras, seuls son parti Nouvelle Démocratie et le parti néo-nazi Aube Dorée l'ont approuvée. Même le PASOK, qui fait partie de la coalition au pouvoir, demande son retrait immédiat, et Syriza exige la tenue d’élections anticipées. Les deux confédérations syndicales (ADEDY, public, et GSEE, privé) appellent à la grève jeudi.

Aurélie Filippetti, ministre de la culture, s'est émue d’un « symbole tragique » et dit refuser que « l’austérité […] rime avec abandon du pluralisme ». Mais François Hollande, lui-même n’a cessé de soutenir les programmes d'austérité imposés au peuple grec :  « le peuple a subi des choix douloureux, même si pour beaucoup ils étaient nécessaires » déclarait-il en février 2013.

Le gouvernement français doit cesser de soutenir l’austérité généralisée en Grèce et en Europe. Il doit dénoncer le décret de fermeture de l’ERT ainsi que les pressions insupportables imposées par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI sur la Grèce. 

Partout en Europe, des rassemblements et manifestations s’organisent. A Paris, un rassemblement a lieu aujourd’hui 12 juin à 18h30 devant l’Ambassade grecque. Métro KLEBER, 17 rue Auguste Vacquerie, 75016 Paris – à l’initiative des étudiants et travailleurs grec-que-s à Paris.

Attac France,
A Paris, 12 juin 2013

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