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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 10:13
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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 08:45
  • Assemblée citoyenne sur le thème « travail – salaire – emploi » (Animateur : Nicolas BENIES) le vendredi 30 mars (20 h – Mille Club de Pleyber Christ).  

Jeudi 22 mars: Entreprise : Sermetta (Morlaix)  –  800 tracts distribués de 12h30 à 13h30.  

Vendredi 23 mars: Porte-à-porte à Plouegat-Guerand

Samedi 24 mars: distribution de tracts au marché de Morlaix. Collage d'affiches dans le canton de Saint Thégonnec, à Morlaix, dans le Léon.  

Lundi 26 mars (13 h 30 – 14 h 15). Entreprise : Géminox (St Thégonnec).

Lundi 26 mars: distribution de tracts au marché de Guerlesquin et à l'entreprise Tilly.  

Mercredi 28 mars: Hôpital (Morlaix) (13 h 30 – 15 h).

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 08:04

 Dans une compétition électorale il y a des concurrents et des adversaires. Certains ont du mal à faire la différence.

 

Qu’on en juge :

 

Le dimanche 18 mars à la Bastille 120 000 personnes venues de toute la France apportaient leur soutien au Front de Gauche et à son candidat Jean-Luc Mélenchon. Une démonstration tellement impressionnante que Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille, craignant sans doute l’ampleur que la déclinaison de cette manifestation pourrait prendre dans sa ville, décidait d’interdire le lieu prévu pour le rassemblement. Rien d’étonnant : il est de droite. Mais le 18, Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, puis le lendemain Eva Joly elle-même, se sentaient obligés de s’en prendre à la campagne de Jean-Luc Mélenchon.

 

Le jeudi soir un sondage était rendu public. Il annonçait que le candidat du Front de Gauche prenait la 3ème place avec 14 % des intentions de vote. Doublant au passage François Bayrou et Marine Le Pen, pourtant chouchous des médias. Réagissant à cette information d’importance Michèle Rivasi, porte-parole d’Eva Joly se crut obligée d’en remettre une couche : « Jean-Luc Mélenchon fait une campagne absolument incroyable … Il est parfaitement à l’aise dans le rôle du chef, du monarque. Il fait d’ailleurs une campagne très Vème République ». Un comble lorsque l’on sait que tout notre combat vise au contraire à l’instauration d’une VIème République qui abolisse définitivement toute forme de pouvoir personnel.

 

Pourquoi faut-il que me reviennent en mémoire les municipales de Montreuil ? En 1998 on y vit en effet Dominique Voynet se maintenir au second tour face à la liste de gauche conduite par le député-maire apparenté communiste de la ville (Jean-Pierre Brard) pourtant arrivé en tête… et se faire élire au second tour grâce, entre autres, à l’appel d’un candidat centriste aux cantonales à voter contre la liste du maire sortant.

 

Lutter contre la domination sans partage de la finance ; prendre enfin en compte l’ampleur de la catastrophe écologique qui se prépare ; défendre les acquis sociaux remis en cause et en conquérir d’autres ; permettre à l’ensemble de la population de vivre dignement jusqu’à la fin de ses jours ; donner à la jeunesse tous les atouts pour maîtriser son avenir, lutter contre les atteintes aux libertés qui se préparent au nom de la sécurité, … Les combats où toutes les forces de gauche et la population peuvent se rassembler ne manquent pourtant pas.

 

C’est, loin des luttes de boutique, ce que le Front de Gauche entend promouvoir afin que triomphe.

 

l’Humain d’abord

 

Alain DAVID

 24.03.2012

 

PS: Pour étayer les remarques d'Alain David sur la radicalisation anti-Front de Gauche des Verts qui traduit la conscience que beaucoup d'écologistes désertent le navire conduit de manière si hasardeuse et opportuniste tout en étant arrimé au paquebot PS. Dans Le Télégramme du samedi 24 mars, Cécile Duflot est interrogée sur la concurrence entre EELV et Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche. Voici un extrait de l'entretien:

"- N'êtes-vous pas aujourd'hui en concurrence directe avec Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche?

On aurait pu l'être si Jean-Luc Mélenchon avait fait un choix différent que celui de remettre le rouge à la mode. Moi, je suis branchée sur le vert."      

 

Si on suit la secrétaire nationale d'EELV ce qui pose problème entre Jean-Luc Mélenchon et eux, c'est l'engagement trop à gauche de JL Mélenchon, son accord avec les communistes. Au moins les choses sont dites. Par contre, ce qui est inadmissible, c'est qu'on nous dénie toute légitimité dans le domaine de l'écologie, tout label vert, sous prétexte que nous sommes rouges et anti-libéraux, anti-capitalistes.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 22:15

Adresse de Pierre Laurent aux communistes : "Une nouvelle campagne démarre"

Il n’y aura pas de grand soir mais ce fut une journée magnifique que ce 18 mars, où les rues de Paris ont vibré pour redonner à toute la France l’oxygène qui lui manquait.

Le Front de gauche a créé l’événement. Qui imaginait, il y a quelques semaines en- core, une manifestation politique populaire et citoyenne aussi massive et aussi large dans cette campagne électorale conçue, dès l’origine, pour exclure toute parole populaire, tout engagement collectif, toute espérance de transformation sociale ?

Du jamais vu ! Toutes celles et tous ceux qui, par le moindre geste, ont contribué à cette réussite ont commencé ensemble à relever le défi que nous nous fixons dans cette présidentielle : permettre au peuple et à ses attentes de changement – pour décliner les paroles du chant « pas de sauveur suprême, ni dieu, ni César, ni tribun, décrétons le salut commun ! » – de s’imposer.

La Bastille ouvre un chemin de lutte et d’espoir

Aux cris de « Vite, la 6e République », la Bastille ouvre un chemin de lutte et d’espoir. Notre pays en a un immense besoin. Il souffre trop. Avec cette marche, redevient crédible l’idée que le monde du travail peut reprendre ses affaires en mains.
A droite, on avait tout prévu sauf l’insurrection démocratique, sauf ce moment de basculement où des centaines de milliers de Françaises et de Français, de femmes et d’hommes proclament : la politique c’est notre affaire, et payer pour les riches c’est fini. La mobilisation des communistes pour la réussite de cette journée exceptionnelle, joyeuse, combative, fraternelle, a été spectaculaire. C’est le fruit d’un travail militant que je veux saluer ici : le lancement à la Fête de l’Humanité, les 300 000 programmes L’humain d’abord diffusés depuis lors, les centaines d’assemblées citoyennes dans tout le pays, dans nos quartiers et aux portes des entreprises, les milliers de distributions et cette invite constante : « sans préalable d’aucune sorte, mêlez-vous-en ! »

En parcourant la place de la Nation avant le départ de la marche, j’ai pu rencontrer et féliciter nombre d’entre vous. Je profite de cette occasion pour le dire à toutes et à tous : ce travail patient, respectueux, inventif qui est le vôtre dans une campagne commune et collective est déterminant. C’est lui qui permet l’entrée en campagne à nos côtés de milliers de femmes et d’hommes engagés dans les combats sociaux, syndicaux, citoyens, associatifs dans le pays, qui n’ont plus le temps d’attendre et peuvent s’engager durablement dans la dynamique que le Front de gauche a fait naître. Cela donne aussi force et courage à ceux que vous avez investi de la responsabilité d’animer cette bataille, à Jean-Luc Mélenchon qui porte avec talent notre ambition commune, à moi-même, à nos candidates et candidats aux législatives que nous voulons voir nombreux en juin entrer à l’Assemblée nationale.

Le peuple est de retour, la gauche est de retour

La Bastille est le signe que nous avons déjà remporté une première victoire. Le peuple est de retour, la gauche est de retour.

Rien n’est acquis. La bataille va être encore rude dans les semaines à venir. Mais mesurons à sa juste valeur l’immense potentiel que nous ouvre le travail accompli.

Depuis dimanche, c’est une nouvelle campagne qui démarre. Des milliers de nos concitoyennes, de nos concitoyens impatients de se débarrasser de Nicolas Sarkozy et de sa politique restent habités de doutes sur la portée de la victoire attendue : notre vie changera-t-elle vraiment ? Aujourd’hui, la campagne du Front de gauche modifie cette situation. La victoire peut être synonyme d’espoir. Le potentiel de mobilisation du Front de gauche est ainsi devenu le meilleur atout de la gauche pour gagner et pour, ensuite, réussir. Ne nous laissons pas impressionner. On nous parle de « vote utile » ? Quoi de plus utile que le travail entrepris par le Front de gauche, et le vote pour son candidat ?

Oui, il redevient possible, non seulement d’imaginer que ce sont là les derniers jours de la droite au pouvoir, mais aussi les temps premiers d’une renaissance démocratique et d’une politique de gauche dictée non par le consensus mais par la détermination à combattre la dictature de l’argent. Oui, il redevient possible d’envisager de reprendre la main sur les richesses du pays, sur le pouvoir économique et de le soumettre aux besoins humains et sociaux.

Oui, il redevient possible d’envisager à court et moyen terme l’inversion de l’ordre établi. La portée de ce que nous construisons va bien au-delà de l’échéance présidentielle qui en est la première étape décisive. Ce que nous visons, c’est la mise en mouvement de majorités d’idées et d’action, de majorités électorales et populaires, autour d’objectifs de changement clairs, de majorités agissantes décidées à « ne rien lâcher » tant que ces objectifs ne sont pas atteints.

Oui, ces majorités d’idées et d’action sont possibles si les forces populaires s’en mêlent. Oui, peut devenir majoritaire, contre les logiques austéritaires, l’exigence d’une relance de l’activité fondée sur l’augmentation des salaires, la revalorisation nette du Smic, des retraites, des pensions. Oui, peut devenir majoritaire la nécessaire reconquête de la retraite à 60 ans pour tous financée par la mise à contribution des revenus du capital et de la spéculation. Oui, peut devenir majoritaire la proposition de nationaliser les grandes banques et de fonder un pôle public bancaire et financier en changeant le rôle de la BCE. Oui, peut devenir majoritaire l’exigence de réinvestissement massif dans les services publics. Oui, peut devenir majoritaire l’idée que travailler, étudier, se loger, se nourrir, se soigner, se cultiver sont des droits fondamentaux qui doivent être garantis à tous en toutes circonstances. Oui, peut devenir majoritaire l’exigence d’une 6e République où la participation citoyenne aux décisions politiques et économiques du pays, de l’entreprise aux institutions, sera constante, où la démocratie réelle et permanente sera la garantie de la transformation sociale. Oui, peut devenir majoritaire le principe de refondation d’une Europe sociale, démocratique et écologique. Ce sont ces majorités d’idées, ces fronts de lutte qui constituent les conditions d’une politique de gauche.

Comment mener à bien et réussir cette immense tâche ?

D’abord, en poussant le plus haut possible le vote Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. Des milliers d’électrices et d’électeurs peuvent en prendre conscience : s‘emparer de ce bulletin de vote est le meilleur moyen de construire une victoire solide et durable sur la droite et l’extrême droite, de rendre cette victoire utile à toutes celles et tous ceux qui ont le plus besoin de changement.

Ensuite, en s’engageant maintenant beaucoup plus fortement dans la campagne pour les élections législatives. La victoire présidentielle ne sera rien si elle n’est pas garantie par une majorité parlementaire capable de voter les lois d’un changement véritable, celles qui reprendront dans les actes les rênes du pouvoir aux marchés financiers. Notre campagne des législatives peut dès maintenant donner du sens et plus de force à la campagne présidentielle. Nos candidates et candidats doivent sans attendre faire relais avec la campagne de Jean- Luc Mélenchon pour inscrire sa portée dans la durée.

Enfin, en intensifiant partout le travail de rassemblement, d’assemblée citoyenne, de mise en débat et de mise en action qui permettra aux citoyens de porter ensemble les objectifs d’une politique de changement. Jusqu’où porter ces objectifs ? Je le répète, jusqu’à leur mise en œuvre effective. Jusqu’au gouvernement ? nous questionne- t-on. Nous n’en sommes pas là. Nous aurons à en décider, collectivement et souverainement, à l’issue de ces deux campagnes, présidentielle et législatives. Notre objectif est clair : modifier suffisamment la situation pour rendre un vrai changement possible.

Pas question d’aller gouverner si la rupture avec les politiques d’austérité n’est pas au rendez-vous. A écouter nos partenaires de gauche, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour y parvenir. Aurons-nous la force et le temps d’imposer de tels changements à gauche d’ici fin juin ? Nous y travaillons et nous aurons à apprécier, ensemble, ce que nous avons pu, ou pas, faire bouger et comment continuer. Le Front de gauche est en mouvement. La route est engagée. Elle est belle. Ensemble, nous sommes la gauche, le cœur battant de la gauche. L’esprit de conquête doit plus que jamais être notre boussole. Je compte sur vous.

 

Pierre Laurent

Secrétaire national du Parti communiste français, président du Conseil de campagne du Front de gauche.

N.B. : Reproduction de l'adresse aux communistes, parue dans CommunsiteS numéro 471, supplément à l'Humanité du mercredi 21 mars 2012

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 06:48

Mercredi 21 mars

Assemblée citoyenne sur l'école avec Gérard Aschieri

organisée par le collectif citoyen du Front de Gauche Morlaix à Saint Martin des Champs.

 

Invité par le Front de Gauche Morlaix grâce à Daniel Crassin et Daniel Ravasio, l'ancien secrétaire national de la FSU, premier syndicat dans le milieu enseignant, Gerard Aschieri, avec un mélange de simplicité, d'humanisme, de souci de vérité, de sens de la complexité et des nuances, nous a proposé une réflexion extrêment intéressante sur l'école au cours de sa première intervention de 30 mn et dans le riche débat qui a suivi. Entre 55 et 60 personnes étaient présentes à cette neuvième assemblée citoyenne du Front de Gauche Morlaix depuis novembre, tout aussi passionnante que celle sur l'agriculture avec Xavier Compain 15 jours plus tôt.     

 

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Introduction au débat par Gérard Aschieri 

Le Front de Gauche permet à des gens qui ne sont pas membres d'un parti de travailler ensemble. De manière autogérée, nous nous sommes constitués en groupe école avec des chercheurs, des enseignants, des politiques, des associations de parents d'élèves pour enrichir, préciser et débattre le programme du Front de Gauche. Il y a depuis 5 ans en permanence des luttes autour de l'école- luttes nationales et luttes locales. Cela s'explique par des suppressions de postes continues: on n'en est plus à enlever la mauvaise graisse, à alléger le mammouth, pour reprendre les fameuses et élégantes formules de Allègre et d'un premier ministre. On s'attaque maintenant à l'os lui-même. Mais qu'on le comprenne bien, les suppressions de postes ne sont pas seulement effectuées pour faire des économies: elles sont en liaison avec une orientation politique dangereuse. Elles touchent d'abord les lieux où on avait mis des moyens pour compenser les handicaps de publics et d'élèves qui avaient davantage besoin d'encadrement humain: élèves défavorisés des quartiers, Rased... Le gouvernement a renoncé à toute ambition pour la masse des jeunes, il a renoncé à réduire les inégalités.

On nous dit que les moyens ne font pas tout et que les évaluations internationales PISA n'attestent pas de l'efficacité de notre système scolaire. Quand on les lit attentivement, toutefois, qu'est-ce qui fait que la France est mal située? Nos meilleurs élèves ont des niveaux tout à fait comparables à ceux des pays les mieux classés. Mais la France est un des pays qui corrige le moins les inégalités dans son système éducatif. Les inégalités sociales qui reproduisent souvent des inégalités familiales trouvent un prolongement dans des inégalités scolaires par une sorte de fatalité qu'il faut briser. On a développé plus qu'ailleurs en France une école fondée sur la mise en concurrence des élèves, des établissements, parfois même des personnels. Il y a aujourd'hui moins de mixité sociale dans les écoles qu'auparavant: or, la mixité sociale est une condition de la réussite de tous. Dans les zones où il y a le plus de ségrégation, montrent les sociologues et les chercheurs en éducation, les résultats sont moins bons qu'ailleurs. Cette ségrégation croissante s'explique par quoi? La desectorisation partielle, l'abandon de la politique d'éducation prioritaire (les ZEP), l'avantage donné au privé qui n'a pas les mêmes obligations que le public (accueillir tous les élèves) et qui lui impose une concurrence déloyale.

Le thème de l'égalité des chances que met en avant le gouvernement est une supercherie. On va créer des internats d'excellence, une discrimination positive, des desectorisations visant à extraire d'établissements difficiles pour les tout meilleurs élèves des quartiers populaires et tous les autres, on les abandonne. Cette idée de favoriser l'égalité des chances se figure par une image de la course, de la compétition, qui ne correspond pas à nos attentes pour les jeunes car malheur au perdant... Elle responsabilise l'élève en le rendant coupable de ses échecs plutôt qu'elle n'invite à une réflexion critique sur le système et ses ratés. A l'égalité des chances nous voulons substituer l'égalité des droits. Le thème de l'égalité des chances est une manière de ne pas traiter l'égalité des droits. Le Front de Gauche pour l'école a écrit un texte sur "L'Ecole de l'égalité" où l'on défend l'égalité d'accès à une école de qualité et on l'on entend que l'on affiche pour tous les enfants des objectifs ambitieux. Nous nous retrouvons tout à fait dans les objectifs émancipateurs du plan Langevin-Wallon pour l'éducation conçu dans l'après-guerre: former l'homme, le travailleur, le citoyen. Porter la scolarité à 18 ans. Former des jeunes pour se situer dans un monde complexe, faire face aux défis de notre époque, tel que celui de la transition écologique. Rendre l'accès au droit à la culture effectif par l'éveil précoce de la curiosité, la levée des inhibitions et des interdits liés au milieu social. Rendre effectif l'accès à l'information pour avoir des citoyens conscients et réfléchis. 

Quand on connait la situation de l'école aujourd'hui, on peut dire: on n'y arrivera pas. Est-ce qu'on est fou de dire "il faut la scolarité jusqu'à 18 ans"? Si on le croit, c'est une prophétie auto-réalisatrice. Si on ne le fait pas, tous collectivement, on en paiera le prix. Nous, nous pensons qu'il y a la possibilité de faire un autre pari: "Tous capables!". 

Notre démarche sera de concevoir l'école, ses programmes, ses méthodes, à l'aune des enfants qui n'ont que l'école, ce qui s'oppose à l'externalisation de l'éducation qui deviendrait la norme par défaut de dispositif adapté dans le service public d'éducation (cf. boîtes privées d'aides aux devoirs, mairies et secteur associatif prenant en charge les difficultés des élèves). C'est à l'école qu'il doit y avoir la prise en charge de l'échec scolaire. L'école doit être son propre remède. 

Evidemment, il faut des postes: l'éducation, c'est de l'humain qui travaille sur de l'humain. Il y a un besoin de personnels. Il faut des moyens, y compris pour travailler differemment. Il faudrait plus d'adultes bien formés qui puissent prendre en charge collectivement et complémentairement les enfants, en croisant des regards différents. Il faut de la formation: on a supprimé la formation initiale, la formation continue n'existe pratiquement plus, la recherche en éducation est presque au point mort faute d'encouragement public. Or, il s'agit là de donner des instruments, d'abord intellectuels, pour que les enseignants s'occupent bien des enfants. 

Il faut aussi poser la question de la place et du rôle des parents. Etablir un statut pour les délégués parents. S'il n'y a pas de lien entre les familles et les enseignants, s'il n'y a pas de la confiance, cela rend plus difficile la réussite des enfants.

 

Aschieri-2.JPG

 

Le débat. 

 

Un intervenant met en avant le fait que les Zones d'Education Prioritaire (ZEP) aujourd'hui enterrées par le gouvernement n'ont pas connu la réussite escomptée du fait des déficits culturels des populations des quartiers populaires, insuffisamment compensés par un effort de démocratisation passant par les collectivités locales, les maisons de la culture...

Daniel Crassin met lui en avant le problème des moyens: comment allons-nous financer les 70000 postes au moins qu'il faudrait créer pour compenser les suppressions de poste de la droite et nous donner les moyens de répondre à nos objectifs ambitieux? Comment trouve t-on l'argent?

Alain David rappelle qu'il y a une attente forte de la population: virer Sarkozy. Mais on ne se pose pas toujours la question: pour faire quoi. Les problèmes de l'enseignement, des suppressions de postes, dfes fermetures de classes, de filières, d'options, des classes surchargées, c'est ce sur quoi les gens réagissent le plus et ce qui a alimenté une série de luttes locales depuis 2002. En même temps, il sera bientôt possible de répondre à la question: est-ce que les prises de position contre les suppressions de poste des socialistes dans l'opposition étaient des convictions ou des postures électoralistes? Est-ce que l'on va rétablir les postes supprimés? Est-ce que la loi Carle qui remet en cause le principe de laïcité va être supprimée? Est-ce que l'on va rompre avec une logique de guettoïsation croissante permise par la destectorisation?

 

Réponses de Gérard Aschieri: Depuis 5 ou 6 ans, il y a de fait un abandon de l'éducation prioritaire sous prétexte qu'on aurait mis des moyens dans les quartiers populaires pour compenser les handicaps et que cela ne marcherait pas. Mais pour moi et pour nous, il ne s'agit pas de mettre plus de moyens mais de mettre beaucoup plus de moyens dans les écoles des quartiers défavorisés. Il faut franchir un palier, monter d'un cran dans le volontarisme. On ne peut pas dire qu'il y a un échec des ZEP: cela aurait été pire sans. Aujourd'hui, ce qui les remplace, c'est le dispositif d'établissements dits Eclair, établissements fondés sur la dérèglementation. Dans ces écoles, il y a une réduction des ambitions pour le commun des enfants, avec le socle commun de compétences qui devient le seul objectif à l'exclusion de l'accès à une culture générale de bon niveau. Ces écoles ont également une approche sécuritaire prééminente de l'éducation. On veut revenir à des ZEP: sur zones, avec des critères sociaux. Les moyens, il ne faudra pas les soupoudrer: il faudra les mettre dans les zones les plus difficiles. Mais tout n'est pas qu'une question de moyens: les écoles doivent travailler avec les associations, les collectivités, les maisons de la culture. 

Quand Hollande affiche l'ambition de recréer 60000 postes dans l'Education Nationale, c'est effectivement une rupture avec la politique de Sarkozy: ce n'est pas négligeable. Mais la fondation Terra Nova proche du PS souligne elle-même qu'on a supprimé 77000 postes ces dernières années. L'éducation représente la moitié des effectifs de la fonction publique d'Etat: je ne vois pas bien où l'on va chercher les postes de fonctionnaires superflus à supprimer pour en recréer dans l'éducation puisque Hollande et le PS veulent travailler à moyens constants et qu'il n'est pas question de faire des coupes sombres dans l'armée, la police, la justice, et que tous les secteurs de la fonction publique sont déjà étranglés par l'application de la RGPP. Hollande va t-il s'attaquer au Trésor Public, au service public des impôts, alors qu'il veut lutter contre les fraudes fiscales, l'évasion fiscale? Le problème est de se donner les moyens de prendre l'argent où il est: la baisse de la TVA dans la restauration est par exemple une mesure imbécile qui coûte 3,5 milliards d'euros à l'Etat par an: j'avais calculé à l'époque que la suspension de cette mesure aurait permis de recréer à budget constant 40000 postes dans l'éducation. A cause des suppressions de moyens de la droite, le métier d'enseignant est devenu plus difficile et il y a une vraie crise des vocations: de moins en moins d'étudiants se présentent aux concours. Dans certains secteurs, il n'y a plus que deux candidats pour un poste. Cette crise du recrutement va poser des problèmes techniques pour créer 60000 postes dans l'Education Nationale. Il va falloir se préoccuper de cela en organisant un principe de pré-recrutement des enseignants au niveau bac +4 permettant une professionnalisation progressive remunérée et garantissant plus d'hétérogénéité sociale des jeunes enseignants. Il va falloir mieux payer les enseignants.  

Pour ce qui est de la loi Carle, les maires ont l'obligation de prendre en charge les frais d'externat dans le privé si il n'y a pas d'enseignement privé dans leur commune. Cette loi provient d'abord d'un amendement de Michel Charasse, pourtant réputé laïc, qui obligeait les maires à payer y compris pour les enfants qui vont dans le privé à l'extérieur de leur commune. C'est un pas de plus dans un système où on considère que le privé, c'est la même chose que le public. C'est une concurrence déloyale car le privé n'a pas les mêmes obligations -notamment celle d'accueillir tous les élèves- et la fondation Terra Nova a montré par ailleurs que le privé a perdu moins de postes que le public ces cinq dernières années, sauf cette année

 

Une intervenante: le pluralisme de l'enseignement n'est-il pas source d'évolution et d'amélioration qualitative?

 

Gérard Aschieri: La liberté d'enseignement est constitutionnelle: il ne s'agit pas de la remettre en cause. Le problème est dans le financement. Le public et le privé n'ont pas les mêmes obligations et le financement des uns et des autres doit tenir compte de cela. Actuellement, la règle de répartition des crédits publics, c'est 20% pour le privé, 80% pour le public, ce qui correspond à peu près à la proportion d'élèves scolarisés dans chaque système. Mais, si on attribuait les moyens en tenant compte de la mixité sociale, on n'aurait pas tout à fait les mêmes résultats. En Avignon, on a fait l'expérience il y a quelques années d'un redécoupage de la carte scolaire pour rassembler les enfants de milieux plutôt aisés et bien dotés culturellement et les enfants de milieux populaires: les enfants des collèges périphériques d'Avigon pouvaient aller vers le centre-ville. Résultat: les bourgeois ont mis leurs enfants dans le privé pour éviter que leurs rejetons se retrouvent avec les autres. Le privé aboutit à créer dans le public une réduction de la mixité sociale. Nous sommes de plus dans une région où il y a des endroits où il y a de l'école privée mais pas d'école publique. Il s'agit d'une anomalie à corriger. Sur le fond, cela me pose tout de même problème que Hollande défende la loi Carle: on est dans une république laïque et on finance tout de même des établissements confessionnels. 

 

Roland Porcher: Je suis d'accord avec l'idée de pré-recrutement permettant aux jeunes de rentrer vraiment dans l'enseignement par choix sans être découragés par l'aléa des concours et les difficultés financières des études qui s'éternisent. Mais ne pourrait-on pas aussi introduire dans ces pré-recrutements de la discrimination positive? Mettre dans des écoles des profs qui ont connu les difficultés des élèves. La question de l'accès aux métiers de l'éducation des jeunes issus de milieux populaires se pose, et si certains élèves ne se retrouvent plus dans l'école, c'est peut-être aussi qu'ils ne sont pas compris par un corps enseignant où il y a de plus en plus d'homogénéité sociale. 

 

Gérard Aschieri: C'est vrai qu'il y a eu des études faites en Seine Saint-Denis par Patrick Braïmi qui montraient que les élèves avaient plus de chance de réussir avec des profs issus de quartiers populaires eux aussi, les comprenant mieux et ayant peut-être une motivation plus forte encore pour leur permettre de grandir par l'école. Mais plutôt qu'en termes de catégories sociales ou techniques, je préfererais faire de la discrimination positive en terme de zones. Les inégalités sociales sont très territorialisées en France. 

 

Un intervenant, ancien professeur à Tristan Corbière dans l'enseignement technique: les filières STI ont été saccagées, complètement détournées des mises en oeuvre pratiques, des métiers, du rapport aux machines. Ces machines dans lesquels les collectivités ont investi des millions sont aujourd'hui bradées, données ou jetées. A partir des années 1995, on a vu que les moyens de l'enseignement technique étaient retirés petit à petit, on a réduit aussi les programmes: il y a un gachis monstre dans l'enseignement technique qui nous éloigne des besoins des entreprises. Quand Sarkozy parlait de lutte contre la désindustrialisation, nous avions raison de parler de la baisse des moyens dans le technique. 

 

Gérard Aschieri: On peut lier la question de l'enseignement technique et celle de l'enseignement professionnel. De plus en plus, on va oublier les pratiques, la mise en oeuvre. A un moment, on disait: le gouvernement veut changer l'enseignement technique au profit de l'enseignement professionnel. Ce n'est plus le cas: les deux sont touchés. L'enseignement professionnel, dont le coût est élevé du fait du taux d'encadrement et des besoins en matériel, est ciblé particulièrement en termes de réduction de postes. Le substitut dangereux à grande échelle que l'on trouve à cette bonne formation professionnelle et générale: c'est l'apprentissage. Or, un tiers seulement des salariés français travaillent dans la profession pour laquelle ils ont été formés. Tout le monde le dit: il y a une nécessité d'une transférabilité des méthodes, des ressources intellectuelles, qui suppose une formation initiale généraliste solide. Or, c'est tout l'inverse que propose Sarkozy. L'apprentissage n'est pas à rejeter en bloc: tout dépend du niveau où se fait la formation par apprentissage. L'apprentissage conçu pour les élèves en échec scolaire au sortir de la 4ème ou de la 3ème, cela ne marche pas en général: 30% des gosses ne vont pas jusqu'au bout. On peut trouver des solutions individualisées qui n'écartent pas de la poursuite d'études. Ce qui est déterminant dans la réussite scolaire des enfants, c'est d'abord essentiellement les premières années. Il ne devrait y avoir aucun élève qui arrive en CP et que l'on dise a priori voué à l'échec.

 

Alain David: Depuis quelques années, on a complètement délaissé la formation complémentaire pour les salariés alors que c'est une nécessité pour les adapter y compris aux mutations de l'économie et leur permettre d'évoluer et de s'épanouir dans leur travail. Est-ce qu'il ne serait pas intéressant que l'éducation nationale prenne une place beaucoup plus importante dans la formation continue? Actuellement, on voit que quand la formation professionnelle est assurée par le privé, il peut même y avoir des risques de dérives sectaires. Il faut remettre du service public là-dedans.

 

Ismaël Dupont: Je voudrais vous entendre Gérard Aschieri sur les transformations actuelles du mode de gestion des établissements, des personnels et des élèves qui tendent à convertir l'école au modèle de l'entreprise pour les besoins de l'entreprise. Je pense à la gestion des établissements par une pénurie organisée qui met les disciplines, les filières et les options en concurrence les unes avec les autres, dans le cadre d'une autonomie accrue qui permet aux collèges et lycées de tout miser sur des secteurs compétitifs (améliorant l'image de marque de l'établissement) au détriment du reste des fonctions ordinaires de l'éducation. Une autonomie des établissements qui ne part pas de la liberté pédagogique des enseignants mais de la répartition par le chef d'établissement de crédits publics en baisse dans le cadre d'un contexte de mise en concurrence et de restrictions budgétaires toujours plus impossibles à gérer sur le terrain. Je pense aussi aux nouvelles techniques de soumission qui s'installent dans l'éducation: pouvoirs accrus des chefs d'établissement, nécessité constante d'évaluer et de s'auto-évaluer, contrats d'objectifs, notation individuelle, augmentations de salaire à la discrétion des chefs d'établissement. A ce management infantilisant qui part du principe qu'on ne travaille efficacement que sous la pression ou avec l'appât d'un bénéfice matériel personnel s'ajoute une modification même du contenu de l'enseignement sous la forme du socle commun de connaissances et de compétences diffusé de la primaire au collège, et bientôt au lycée. Ce nouveau mode d'évaluation réclamant une situation d'évaluation constante et des obligations de paperasseries épuisantes pour les profs rentre souvent en contradiction avec la logique des programmes et des examens plus traditionnels et instaure de nouvelles prescriptions qui tendent à favoriser un partage inégalitaire entre deux niveaux d'enseignement: un enseignement "light", au rabais, pour les enfants des écoles populaires, un enseignement plus ambitieux et exigeant pour les autres. Cette réforme vise en outre, même si elle bénéficie au départ du soutien de certains milieux pédagogistes favorable à la disparition des notes hiérarchisantes, à l'innovation,  à la trans-disciplinarité, et à la mise en situation d'autonomie de l'élève, à adapter les jeunes à des modes de contrôle et de mise en action prévalant dans le monde de l'entreprise. Ce n'est pas pour rien que l'OCDE cherche à l'imposer partout en Europe au détriment de l'enseignement d'inspiration humaniste ou républicaine.

 

Gérard Aschieri: la question du mode d'organisation et de management de l'éducation est un sujet de divergence important entre les socialistes, qui peuvent dépendre des recettes néo-libérales au nom de l'efficacité et de l'économie, et nous. Stephane Baudry, un intellectuel du PCF membre du groupe éducation, fait remarquer que le patronat veut avoir des gens qualifiés mais ne veut pas les payer. Le néo-libéralisme à l'école se traduit par deux choses complémentaires: la marchandisation des savoirs qui doivent être utilitaires et donner lieu à des exploitations économiques. A ce titre, les compétences, c'est bien plus rentable que les qualifications. Ce néo-libéralisme se traduit aussi par l'introduction à l'école des modes du management qui nous viennent du privé et qui nous sont souvent présentés comme "techniquement neutres", moyens d'une gestion efficace: ce qui compte, ce ne sont plus les procédures mais les résultats. Les élèves, les personnels, les établissements, deviennent des unités autonomes et concurrentes et on évalue a posteriori les résultats. C'est le modèle dominant qui traverse toute la réforme de l'Etat: pour plus d'efficacité, on met en concurrence les hôpitaux, les écoles, les personnels, les utilisateurs entre eux. Les conséquences de ces modes de gestion, ce sont des inégalités et une perte d'unité du service public.

Tout le service public doit avoir une mission qui est l'intérêt général. Or, ce modèle néo-libéral fait prédominer l'intérêt particulier, seul mobile des actions humaines pour les libéraux: ainsi, si un établissement, des enseignants, veulent avoir de bons résultats de leurs élèves au baccalauréat pour être bien évalués, bien notés, avoir davantage de sous ou de candidatures: ils vont trier, sélectionner en amont. Dans les pays anglo-saxons où le modèle d'éducation néo-libérale est bien installé, on parle de "teaching for the test": on n'enseigne plus que pour avoir des bons résultats aux tests, car les primes ou les dotations en dépendent. 

Pour ce qui est du socle commun de connaissances et de compétences: c'est quelque chose qui peut apparaître bien a priori que de définir un objectif commun de transmission à l'école. Le hic, c'est que le socle ne vise pas ce qu'il semble viser. Sa grande caractéristique est de déterminer un certain nombre de choses qui apparaissent comme essentielles. Du coup, toutes les autres, toutes les connaissances émancipatrices, de culture générale et scientifique, non mentionnées par le socle, apparaissent comme du luxe, ce à quoi certains ne peuvent prétendre au vu de leurs difficultés ou de leur manque de prédispositions. Il s'agit de faire le partage entre ce qui est offert à tout le monde et ce qui est offert à quelques uns. Derrière il y a le partage des élèves et des établissements en deux, partage qui reproduit des frontières sociales. Philippe Merrieu, le pédagogue, a eu cette bonne formule dont je partage l'idée à propos du "socle commun": "il y en a qui auront le socle, d'autres qui auront le socle et la statue". Dans notre texte "Pour une école de l'égalité", on parle de "culture commune". La notion de socle est une notion fermée, qui s'oppose à des savoirs vivants et non pas figés. 

 

Un intervenant: Pourquoi ne reparlons nous pas tout simplement de nationalisation de l'enseignement? 

 

Gérard Aschieri: Il faut déjà commencer par revenir sur la concurrence déloyale entre privé et public. Ce ne sera pas facile. On a des familles qui pensent qu'elles n'ont qu'à donner à leurs enfants une bonne éducation et qui croient que, parce qu'elles pourront choisir, elles donneront une bonne éducation. Elles se trompent, certes, mais on est bien obligé de composer avec la réalité des attentes sociales. 

 

D'autres intervenants ont interpellé notre invité sur le statut réservé aux langues régionales dans le projet éducatif du Front de Gauche, sur l'intégration de l'éducation dans les projets de marchandisation de l'OMC, sur la casse des Rased.  

 

Gérard Aschieri: Dans le programme éducatif du Front de Gauche il n'y a pas de position nettemment affirmée sur la question de l'enseignement des langues régionales mais, personnellement, je suis depuis les projets de Lang pour l'intégration de Diwan dans le service public. Pour ce qui est de l'assaut néo-libéral sur l'école, rappelons les objectifs de Lisbonne en 2000: augmenter les qualifications pour 50% d'une classe âge (les 50% restants, la future main d'oeuvre peu qualifiée, est laissée de côté), imposer partout le nouveau management public. Pourtant, les pays les mieux dotés dans les classements PISA sont ceux qui n'ont pas suivi ces orientations néo-libérales. Un des enjeux du vote Front de Gauche, c'est de mener la bataille au niveau européen contre le néo-libéralisme. 

 

Jean-Marc Rouault a analysé la casse en cours de l'enseignement technique avec des conséquences dramatiques pour les élèves qui ne peuvent suivre des contenus de formation beaucoup plus théoriques et abstraits qu'avant et des profs qui sont obligés de se reclasser très rapidement. Il n'y a pas que la filière STI de touchée: les filières tertiaires et ST2S (santé, social) sont aussi maintenant dans la ligne de mire. 

 

Roland Porcher a posé une question sur la possibilité de faire vivre au sein des personnels de l'école le débat démocratique.

 

Ismaël Dupont: Qu'y a t-il dans le projet éducatif du Front de Gauche sur l'évolution de l'enseignement supérieur? Quel est notre position par rapport à la LRU, cette loi dite de la Liberté et de la Responsabilité pour les Universités votée par la droite en 2008 et qui prévoit la mise en concurrence des universités, leur autonomie grandissante favorisant les inégalités et les variations territoriales, l'attribution de moyens en fonction de projets et d'une excellence dans des domaines de recherche rentables, la réduction des pouvoirs démocratiques des personnels et des étudiants, l'installation d'une logique d'entreprise à l'université? Il ne semble pas là encore que les socialistes soient prêts à mettre en cause fondamentalement cette loi d'inspiration néo-libérale. Que proposons-nous pour que les étudiants en fac aient plus de moyens pour travailler et s'instruire dans de bonnes conditions? Avons-nous un projet de remise à plat de l'enseignement supérieur remettant en cause les privilèges des classes prépa et des grandes écoles pour aller vers une amélioration des conditions d'enseignement pour la majorité des jeunes étudiants? Je porte d'autant plus d'intérêt à cette question que Marie Huon, notre candidate suppléante, a commencé à s'engager en combattant la LRU avec son syndicat étudiant à la fac de Brest.

 

Gérard Aschieri: L'évidence, c'est qu'il faut abroger la LRU et ce qui va avec: le rôle de l'AERS, la distribution des moyens en fonction de projets compétitifs. La LRU, c'est l'autonomie, la mise en concurrence, moins de démocratie dans l'université. Celui qui a le pouvoir, c'est celui qui distribue les moyens, en l'occurence l'Etat qui fait passer ses objectifs d'économie et de rentabilité financière en premier par une logique de contractualisation. Une dizaine d'universités qui se trouvent déjà en déficit voient leur gestion confiée à des recteurs. La recherche perd son indépendance et sa vocation désintéressée. Il y a dans notre pays un sous-investissement de l'Etat dans les universités. L'étudiant en Université (en comptant les IUT qui font augmenter le coût moyen) coûte 9000 € à la société, l'étudiant en classe prépa aux grandes écoles, 14000€. Mais ne nous y trompons pas: déshabiller Paul n'habillera pas Pierre car il n'y a que 9000 étudiants en classe prépa par an. Il faut en tout cas augmenter les passerelles, les échanges d'enseignants, entre la fac, les prépas, les grandes écoles.

 

Conclusion de G. Aschieri: Ce qu'on propose au Front de Gauche, c'est quelque chose d'ambitieux. On ne vous dira pas que c'est facile à mettre en oeuvre. On ne dit pas: votez pour nous, on s'occupera du reste. Nous on dit: on se battra avec vous mais il faudra vous battre. Quelque soit le résultat des élections, il y aura des batailles d'idées, des batailles sociales à mener.

 

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 19:51

Pendant trop longtemps l’écologie a été bornée à quelques lignes dans les programmes politiques et à quelques mots dans les circulaires électorales.

Nous sommes tous redevables à ces militants associatifs et politiques dont l’action obstinée, souvent à contre-courant des discours dominants, a fini par mettre l’écologie au cœur du débat. J’en ai connus … et pas toujours bien traités.

Mais ces mérites ne justifient pas que certains puissent prétendre à être les seuls légitimes dans les combats d’aujourd’hui… ni détenteurs de toutes les vérités.

Au contraire, sur le terrain, nous avons pu constater qu’il est possible et fécond que, venant d’horizons différents, avec des histoires, des expériences et des cultures diverses, des gens se mettent ensemble pour agir… et réussir.

Au moment où l’importance des enjeux est telle - il s’agit non seulement d’améliorer la situation, mais de l’existence même qui est mise en jeu - ce rassemblement devient une nécessité vitale.

Le Front de Gauche,  dépassant parfois des « certitudes » anciennes, a pris en compte l’ampleur des problèmes auxquels il faut apporter une réponse urgente. C’est l’objectif de la planification écologique que nous mettons en débat à l’occasion des élections présidentielle et législatives et que défendront nos candidats.

Je ne développe pas, Franck Simonnet l’a très bien présenté dans le blog « le chiffon rouge ».

Rappelons seulement qu’elle présente nos propositions pour:

  • Une transition énergétique publique et démocratique

  • Une agriculture paysanne saine et source d’emploi

  • La création d’un service public de l’eau, bien commun de l’humanité

  • Une politique de la pêche garantissant la préservation et le renouvellement de la ressource halieutique

  • Des transports à faible émission de gaz à effet de serre et le développement des transports collectifs

  • Un soutien à l’économie sociale et solidaire, à l’habitat autogéré et coopératif

  • La favorisation de la relocalisation des activités ,des circuits courts de distribution

  • La création d’un fonds européen social, solidaire et écologique

Il est évident que de telles propositions devraient trouver un écho favorable dans les forces de gauche et particulièrement chez les écologistes. C’est pourquoi j’ai du mal à comprendre l’agressivité développée par EELV depuis quelques jours à l’encontre du Front de Gauche et de son candidat Jean-Luc Mélenchon. Qu’on en juge : dimanche 18 mars, sur Europe 1, Cécile Duflot assénait cette pensée hautement politique « Jean-Luc Mélenchon fait la politique avec un rétroviseur ». Le même jour Jean Vincent Placé en remettait une couche « Je n’ai aucune sympathie particulière pour les thèmes de campagne portés par Jean-Luc Mélenchon ».

Le lendemain, sans doute agacée par les 120 000 participants de la Bastille, et on comprend que ça la fasse rêver, Eva Joly jugeait bon de faire bénéficier les lecteurs de Libération de sa haute réflexion : Jean-Luc Mélenchon représenterait « la gauche ancienne… qui ne regarde pas devant nous ».

Si les enjeux n’étaient pas si grands cette courte vue en serait presque risible. Quant à nous, qui n’avons pas échangé nos convictions contre un plat de lentilles, fussent-elles vertes ou bio, nous continuerons inlassablement à rechercher les convergences sur le terrain et dans les urnes pour qu’émerge enfin une société qui mette au premier rang de ses préoccupations

« L’Humain d’abord ».

 

Alain DAVID. 19.03.2012

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 19:32

 

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Merci à Jean-Marc Nayet (photos) et à Stephane Hébréard (graphisme) pour leur concours bénévole et talentueux.  

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 17:36

 

 

Ce n'était pas encore une insurrection mais ce fut un raz-de-marée de compatriotes enthousiasmés par les perspectives de transformation de la société et de la République qu'offre le Front de Gauche !

120.000 personnes dans le cortège entre Nation et Bastille, et, à côté d'une foule de militants Front de Gauche gonflés à bloc (citoyens associés aux Assemblées citoyennes depuis des mois, communistes, membres du PG, de la Fase) venus de toute la France, un nombre incroyable de salariés, de jeunes et de moins jeunes, issus des quartiers populaires mais aussi de toutes catégories sociales, partis de la région parisienne pour faire de ce 18 mars historique le jour du retour de la Gauche populaire et sociale sur le devant de la scène en France.

Autant dire que ce fut pour nous un très grand moment de militantisme qui a permis de réaliser l'ampleur des exigences et de la confiance dans la possibilité du changement que parvient depuis des semaines à recréer le Front de Gauche, lancé à l'abordage des présidentielles par sa dynamique militante et citoyenne de terrain, et par le talent de Jean-Luc Mélenchon, la clarté, la rationalité et la radicalité concrète qui émane de notre programme partagé qu'il sait si bien mettre en valeur. Comme le dit Patrick-Appel Muller dans son éditorial d'aujourd'hui dans L'Humanité: "le Front de Gauche n'est plus la seule addition de ses partis fondateurs. Il n'est plus un noyau entouré d'un halo de sympathie. Il est devenu un mouvement populaire...".

La presse libérale sent le danger de ce retour du peuple de l'exigence sociale et des insurrections. Ainsi, en en-tête d'un article un peu plus honnête, Ouest-France titre "Mélenchon et 50000 camarades à la Bastille". Il n'y avait pas que des camarades militants à La Bastille, loin de là, et nous étions au moins 100.000. Cette falsification des faits est tout simple scandaleuse: un pur exercice de manipulation. Libération, après avoir s'être fendu d'un tire vendeur samedi "Les bataillons de Mélenchon" continue à personnaliser à l'extrême les enjeux de la montée en puissance du Front de Gauche  en titrant aujourd'hui "Mélenchon a fait sa place". En troisième page, le titre est "Mélenchon trône à la Bastille". Non, notre candidat qui veut abolir la monarchie quinquenale et retablir la souveraineté du peuple, des citoyens et du Parlement, ne trône pas, ne s'approprie pas une place...

De qui se moque Libération qui reprend le chiffre de 80000 manifestants proposé par Rue 89, en mettant en avant l'infime minorité de curieux présente dans le cortège qui aurait fait néanmoins le choix d'un pseudo-vote utile PS au premier tour?

Cela rassure ces gens-là, cela leur permet surtout d'allumer des contre-feux à notre élan de remobilisation d'une partie chaque jour grandissante du peuple de gauche déboussolé depuis des années, que de dire qu'il n'y là finalement qu'une dynamique électorale intéressante qui permettra de faire monter une personnalité politique, de la rendre plus influente, et de truster quelques places au soleil.

En témoigne la tonalité très politicienne de la chronique de Dominique Régnier ce matin sur France-Inter sur la supposée contradiction à l'intérieur du Front de Gauche entre les intérêts des communistes et de Mélenchon qui chercheraient selon eux, sinon à avoir des places au gouvernement, du moins à avoir des circonscriptions en comptant sur la bienveillance du PS et un accord plus ou moins formel pour nous les réserver, et l'intérêt du candidat Mélenchon aux présidentielles qui pourrait être d'insister sur les faiblesses de Hollande et de son projet tant la supériorité de son charisme et de sa force de conviction tendent maintenant à être très largement reconnues.

En témoigne aussi l'assaut de questions relevant du calcul tactique et du traquenard malveillant dont a été l'objet Pierre Laurent sur Radio France Politique hier soir. "Ne croyez-vous pas que ce succès du Front de Gauche avec Mélenchon comme porte-parole enterre le PCF? Ne commencez donc vous pas à négocier un accord avec le PS en vue des législatives, ou de l'après : participation gouvernementale, conditions d'un soutien à une législature?"

 Pierre Laurent a été assez clair: nous sommes et resterons jusqu'aux législatives en compétition et nous n'avons pas le même projet. Maintenant nous avons trois objectifs: débarasser le pays de Sarkozy, faire reculer l'extrême-droite, éviter la dérive centriste de la gauche et faire grandir la gauche de transformation sociale. Nous sommes en train de remplir ces trois objectifs et plus le Front de Gauche sera haut, plus on a aura de chance de bien les remplir. On ne sait pas jusqu'où va s'arrêter notre dynamique ascendante ni si elle va persister car l'élection présidentielle est rude et l'argument du vote utile et la bipolarisation de la vie politique sont des laminoirs pour l'alternative... Mais on ne s'interdira pas de monter, de se rapprocher du PS dans les intentions de vote, voire de le doubler car nous sommes dans une situation de concurrence saine, fondée sur une claire différence d'analyses et de projets qui n'exclut pas notre volonté commune de dégager cette droite infâme.

Après, comme le scénario le plus probable n'est pas que nous soyons au second tour, il faut s'arranger pour être en mesure d'influer le plus fortement possible sur une politique d'une majorité présidentielle PS pour l'orienter à gauche. Est-ce que le moyen le plus sûr pour le faire sera la participation gouvernementale ou la participation à une majorité parlementaire sous réserve d'adhésion à certaines conditions fondamentales? (par exemple: refus de l'austérité, retraite à 60 ans...)?¨Pierre Laurent ne l'a pas exclu catégoriquement hier mais n'a pas dit non plus que ces solutions avaient sa préférence.  Pour ma part, je pense que même si c'est loin d'être le scénario le plus probable, car ce PS risque plutôt de chercher une alliance au centre pour mener une politique de rigueur faute de remettre en cause les conditions structurelles de la domination des marchés et de la finance, il ne faut pas exclure par avance la possibilité que les socialistes, confrontés à un rapport de force extrêmement dangereux pour eux, cèdent à certaines revendications fondamentales du Front de Gauche, mais je ne crois pas qu'une participation gouvernementale ou un ralliement parlementaire qui ne sont pas à l'ordre du jour soient nécessaires et particulièrement utiles pour cela.  

Par ailleurs, le projet actuel de Hollande et du PS et tout ce qui l'oppose au programme partagé du Front de Gauche rendent à mon avis injustifiables et dangereuses pour l'avenir, pour l'unité et la capacité à grandir encore du Front de Gauche, toute alliance gouvernementale ou parlementaire avec les socialistes. Il faut privilégier la montée en puissance de cette fragile nouvelle gauche citoyenne de transformation sociale en voie d'invention appelée je l'espère à prendre l'ascendant un jour ou l'autre sur les socio-libéraux aux tentations d'agir de l'intérieur dans les ministères, car on voit qu'elles ne nous ont pas globalement servi, au PCF, ni non plus forcément au pays sur le moyen terme, dans les épisodes d'union de la gauche au pouvoir en 1981-1984 et 1997-2002.

De toute façon, Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ont été clairs depuis le début en disant qu'ils ne soutiendraient pas un gouvernement qui s'astreindrait à l'austérité, renoncerait à lutter contre la précarité, la domination de la finance et à proposer des progrès sociaux significatifs dans les services publics, la protection sociale, les droits des salariés, la préservation de l'environnement, après des années de casse sociale de la droite. En réalité, je crois que ces soudaines interrogations sur l'après-juin 2012 du Front de Gauche lancées par les médias visent surtout à faire artificiellement et tout aussitôt dégénérer la mystique en politique et à dégoûter les citoyens qui reviennent à la politique et qui croient sincèrement en la volonté de changer réellement les choses du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon que tout cela n'est qu'un produit de combinaisons partisanes, de calculs d'appareil et d'intérêts pour préserver des positions, se faire des meilleures situations, renforcer les appareils. 

Ces débats aujourd'hui sont une manoeuvre pour nous désingulariser, ramener la nouveauté riche d'espoirs qui germent extrêment vite à la médiocrité commune, nous enliser dans le même discrédit pour la politique politicienne des intérêts et des petits arrangements entre amis dont souffre aujourd'hui EELV après son accord électoral sur des bases programmatiques incohérentes et de renoncement avec les socialistes.

Quel plus grand démenti à ces insinuations que l'ambition de refondation globale de la démocratie sur les bases de l'égalité, de la liberté, de la fraternité, proposée par notre candidat dans son court mais dense discours de 25 mn habité par l'émotion de voir à nouveau le peuple français se mettre en marche pour l'émancipation et la fin des privilèges!  

 

Quelques chansons qui prolongent l'ambiance festive et révoltée de la Bastille, communiquées par Jean-Marc Nayet.    

 

  A a  Bastille (je n'y étais pas)  y avait  1 excellent groupe = HK et les Saltimbanks, son tube le + connu "On lâche rien"
 http://www.dailymotion.com/video/xfzjnb_hk-les-saltimbanks-on-lache-rien_music

« Je coupe le chon et je re-Mélenchon ! »

Détournement de « Louxor j'adore » de Philippe Katerine
http://www.youtube.com/watch?v=h8jtM8OfAIw&feature=player_embedded



Rachi Taha : Voilà, voilà  
(une chanson qui date de ... 1993)

 

Voilà, voilà, que ça recommence
Partout, partout et sur la douce France
Voilà, voilà, que ça recommence
Partout, partout, ils avancent

La leçon n'a pas suffit
Faut dire qu'à la mémoire on a choisi l'oubli
Partout, partout, les discours sont les mêmes
Etranger, tu es la cause de nos problèmes
Moi je croyais qu'c'était fini
Mais non, mais non, ce n'était qu'un répit

Voilà, voilà...

La leçon n'a pas suffit
Faut dire qu'à la mémoire on a choisi l'oubli
Dehors, dehors, les étrangers
C'est le remède des hommes civilisés
Prenons garde, ils prospèrent
Pendant que l'on regarde ailleurs
Prenons garde, ils prospèrent
Pendant que l'on regarde ailleurs

Voilà, voilà...

Les photos de notre voisine de bus brestoise, l'artiste sympathisante du Front de Gauche Cosette Saby:       

 

  photo bastille cosette

 

photo Bastille Cosette Saby 4photo bastille cosette Saby 3      photo bastille cosette 2

photo Bastille Cosette Saby 7photo Bastille Cosette Saby 5photo Bastille Cosette Saby 6

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 06:42

Non, n'en déplaise à Cécile Duflot, l'écologie n'est pas un vernis électoraliste superficiel pour le Front de Gauche: cette synthèse de nos propositions sur l'écologie réalisée par franck Simonnet le montre bien.  

 

L’Ecologie au cœur du programme du Front de Gauche

 

Le réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité et l’épuisement des ressources naturelles remettent en cause les conditions de la vie sur terre. Or, loin des effets d’annonce du Grenelle ou d’aubaine du « pacte Hulot », la campagne présidentielle met ces questions aux oubliettes.

Le Front de Gauche propose, lui, une planification écologique.

 

Une transition énergétique publique et démocratique

Diminuer la consommation d’énergie : Promouvoir la sobriété et l’efficacité énergétique par des investissements publiques pour l’emploi et la formation et un plan de mise aux normes des bâtiments publiques et logements. Maîtrise publique pour sortir l’énergie des griffes de la rentabilité : Pôle 100% public (nationalisation d’EDF, Total, GDF…) avec participation citoyenne.

Favoriser les Energies Renouvelables par la recherche, la formation et un réseau de géothermie profonde.

Choisir démocratiquement sur le nucléaire par un référendum au terme d’un vrai débat public.

 

Une Agriculture paysanne, saine et source d’emploi

Plan de transition écologique pour un modèle agricole de qualité, relocalisé et largement autonome en énergies renouvelables.

Lutter contre la concentration des exploitations et la spéculation foncière et soutenir l’installation des jeunes agriculteurs par une réforme des Safer (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural).

Soutenir les filières alternatives labellisées, vivrières, de proximité et biologiques (notamment par une réforme des marchés publics). Interdir les OGM.

Une Politique Agricole Commune (PAC) européenne fixant un objectif de souveraineté alimentaire. Préserver les ressources naturelles

 

Créer un Service Publique de l’Eau, Bien Commun de l’Humanité, afin d’accompagner les collectivités dans sa gestion.

Tarification progressive (selon la consommation) et différenciée (entre ménages et industries).

Réduire la production de déchets (notamment par l’allongement des durées de garanties sur les produits et la mise en place de consignes sur les contenants).

Renforcer la législation contre les molécules chimiques nuisibles à la santé. Lutter contre l’aliénation consumériste (notamment en limitant la publicité)

 

Une politique de la pêche garantissant la préservation et le renouvellement de la ressource halieutique.

 

Des transports à faible émission de Gaz à Effet de Serre Développer les transports collectif .

Développer le transport ferroviaire, fluvial et maritime.

Instaurer une taxe kilométrique sur les produits. Un nouveau modèle de société : Inventer un nouveau vivre ensemble dont les règles ne soient plus la croissance et la compétition.

 

Soutien à l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), à l’habitat autogéré et coopératif.

 

Favoriser la relocalisation des activités et les circuits courts de distribution.

Créer des délégués environnementaux représentant les associations de protection de l’environnement dans les instances officielles.

IPH : Indicateur de Progrès Humain (épanouissement personnel, cohésion sociale, justice sociale, environnement) remplaçant le PIB.

 

Créer un Fonds Européen Social, Solidaire et Ecologique.

 

La transition écologique sera fortement créatrice d’emploi (rénovation de l’habitat, énergies renouvelables, agriculture paysanne…). Elle nécessite d’être accompagnée de mesures sociales permettant de faire payer son coût aux plus riches, ceux qui détruisent la planète. Ceci impose de reprendre le pouvoir à la finance et d’en finir à la recherche maximale de profit et le productivisme !

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 18:34

Même un peu trop centré sur la personne de Mélenchon à qui l'on attribue toute la dynamique actuelle du Front de Gauche et peu sympathique pour le PCF qui n'y est pas pour rien, cet article, dans un des organes du social-libéralisme en France, indique une tendance... On l'espère qu'elle continue et  balaie tout sur ton passage pour permettre à une vraie gauche de changer la société.

 

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Le candidat du Front de Gauche qui appelle dimanche à une "marche pour la VIème République" séduit parmi toutes les sensibilités de la gauche.

 

Jean-Luc Mélenchon monte en régime

 

Par Lilian Alemagna et Charlotte Rotman.

 

"Lui au moins, on comprend quand il parle". A chaque meeting de Jean-Luc Mélenchon, on entend la même phrase. Vu à la télé ou sur ses affiches rouges, le candidat du Front de Gauche joue à guichets fermés. Dimanche, il devrait réunir 30000 personnes à la Bastille. Une "marche pour la VIème République" de la place de la Nation jusqu'au lieu symbole des soirs de victoire de la gauche. Mélenchon doit y prononcer un discours sur le "changement de régime". Depuis le lancement fin juin de sa campagne, place Stalingrad à Paris, Mélenchon attire. Que ce soit pour ses discours ou pour donner le coup de main militant. Il a passé la barre des 10% dans les sondages et séduit désormais au-delà de l'électorat traditionnel du Front de Gauche (6% à 8% depuis les européennes de 2009). "Nous construisons une force politique. Elle se discipline. Elle acquiert des réflexes, une culture commune, explique le candidat. Notre horizon ne s'applique pas à une ou deux élections". En 2012, Mélenchon ravive les braises d'une gauche qui a dit non en 2005 au traité européen.

 

Des communistes enfin séduits.

Il y a encore un an, la candidature Mélenchon suscitait, dans les sections PCF, méfiance ou résignation. Aujourd'hui, l'"engouement des communistes pour le candidat est sans réserve, jure Pierre Laurent, chef du PCF. Même les plus rétifs au départ sont enthousiasmés et mobilisés". Dans les meetings, les drapeaux rouges du PCF figurent en bonne place. Les Jeunes communistes, pas réputés pour être fans de ce qui a été rose, montent désormais sur scène pour chanter l'Internationale avec Mélenchon. Les retraités reviennent goûter aux joies des campagnes. Les offensives du candidat contre le FN, la défense de la retraite à 60 ans et le SMIC à 1700 euros ont fini d'emballer les communistes. "Dans les études, on voit qu'il est beaucoup mieux accepté par les sympathisants communistes", confirme François Miquet-Marty, de l'institut Viavoice. Fini les soupçons d'OPA sur le PCF par l'ex-socialiste. "La confiance", si rare de ce côté de la gauche, permet d'alimenter la machine.

Des socialistes déçus.

Stephanie, 26 ans, en est un bel exemple. "Je retrouve chez Jean-Luc Mélenchon ce qui me plaisait chez Ségolène Royal: ils incarnent une nouvelle façon de faire de la politique". Ancienne dirigeante de Désirs d'avenir à Paris, elle bosse comme militante à l'Usine, le QG du candidat aux Lilas (Seine Saint Denis). A la Bastille, avec son panier, elle s'occupera de vendre des programmes du Front de Gauche. Comme Stephanie, ils sont nombreux les sympathisants PS à regarder ce qui se fait et écouter ce qu'il se dit du côté de l'ex-camarade parti en 2008. La progression du candidat Front de Gauche chez les cadres de la fonction publique ou les employés- dans une moindre mesure chez les ouvriers- démontre qu'il commence à attaquer le coeur de cible de l'électorat de Hollande. "Une partie des socialistes a déjà basculé vers Mélenchon, remarque en Hautes-Pyrénées la communiste Marie-Pierre Vieu. Le vote utile ne peut pas prendre quand Marine Le Pen est si loin derrière et que le risque du 21 avril s'éloigne". "J'en vois beaucoup qui sont séduits mais se demandent s'ils vont sauter le pas" ajoute Clémentine Autain, du Front de Gauche. Chez les ex-électeurs de Ségolène Royal, croisés en meeting, on brandit "l'autre vote utile". Pour "secouer" Hollande. 

Des écologistes en manque. 

Mélenchon séduit aussi dans les rangs verts. L'accord entre le PS et Europe Ecologie Les Verts (EELV) les ayant déçus, une partie des sympathisants écolos regarde ce qu'il y a derrière la planification écologique du candidat du Front de Gauche. Chez les jeunes qui viennent l'écouter, le discours sur le revenu maximum plaît autant que son référendum sur le nucléaire. "Les écologistes hésitent entre la fidélité et leur attirance pour le vote Mélenchon" dit Martine Billard, ex-verte devenue co-présidente du Parti de Gauche. Mais pour l'instant, les enquêtes montrent surtout un retour des électeurs EELV dans les rangs socialistes. 

Des anticapitalistes tous unis. 

Ils devraient être nombreux les anciens électeurs d'Olivier Besancenot ou de José Bové à voter Jean-Luc Mélenchon. Mais si son costume de républicain bleu blanc rouge et sa Marseillaise en fin de meeting peuvent rebuter, il attire une frange de la mouvance anticapitaliste et altermondialiste. "Il est en train de rajeunir son électorat, fait remarquer Jérôme Sainte-Marie, de l'institut CSA. Il touche les précarisés qui constituaient une partie de l'ancien électorat de Besancenot." Et à 10%, il occupe, à lui tout seul, presque tout l'espace électoral de la gauche radicale. 

Des abstentionnistes conquis. 

C'est le "coeur de cible" de Mélenchon. Ceux qui ne sont "plus latéralisés", dit-il. "Dans cette élection, 30% des gens voteront à gauche, 30% à droite, repète t-il à ses troupes. Au milieu: 40% qui ne se définissent plus selon les codes politiques traditionnels". "La bonne nouvelle pour François Hollande, estime Jérôme Sainte-Marie, c'est qu'il est en train de sortir les gens de l'abstention". "Plein de gens vont se décider dans la dernière ligne droite, notamment les plus éloignés de la politique", pointe François Delapierre, directeur de campagne de Mélenchon. On sent qu'on peut percer dans cet électorat là", surtout avec l'égalité du temps de parole. Tirant sur sa cravatte rouge, le candidat prévient: "Vous avez-vu arriver les premières vagues. Il y en a d'autres qui arrivent". 

 

 

L'OPA Bastille du Front de Gauche. 

 

 Espérant réunir 30000 personnes lors d'une marche dimanche, Mélenchon veut frapper un grand coup. 

 

En montant sur la scène, dimanche place de la Bastille, Jean-Luc Mélenchon aura un regard particulier, à sa gauche, vers le faubourg Saint-Antoine. "A 100 mètres à vol d'oiseau se trouvait la brasserie de Santerre, rappelle t-il tout sourire. Je boucle la boucle. "

Quand il était jeune étudiant trotskiste-lambertiste à Besançon dans les années 70, le candidat du Front de Gauche avait choisi comme blaze (pseudonyme) le nom d'Antoine-Joseph Santerre. Le 14 juillet 1789, ce brasseur parisien fut de ceux qui prirent la Bastille. Mélenchon se nourrit de symboles. Sa prise de la Bastille en est un. Faire un discours le jour anniversaire du soulèvement de la Commune à Paris en est un autre. Commandant de la garde nationale, Antoine-Joseph Santerre a oeuvré à la fin de l'Ancien Régime en conduisant Louis XVI à l'échafaud. Mélenchon, lui, se rêve en "dernier président de la Vème République", convoquant une Constituante sur le modèle des "révolutions citoyennes" d'Amérique du Sud, et veut "en finir avec la France de la monarchie quinquennale républicaine". 

Joyeux. Mais ce dimanche, ce n'est pas un peuple en armes qui investira les deux kilomètres de parcours entre les places de la Nation et de la Bastille. Cette "répétition générale" d'une "insurrection dont le rendez-vous opérationnel est le vote à l'élection présidentielle", comme Mélenchon qualifie l'évènement, doit prendre les allures d'un "rassemblement joyeux" insiste t-on au Front de Gauche. Des militants avec leurs drapeaux rouges venus en car de toute la France, ces salariés appelés à marcher "en tenue de travail", des délégations d'entreprise en lutte, des chanteurs juchés sur leur camion... "C'est la première fois que s'organise en pleine campagne électorale une manifestation politique avec un mot d'ordre qui est celui d'un changement de régime", se rejouit Mélenchon. A l'arrivée, son discours dos à l'Opéra doit durer moins d'une heure. Une ode à la "VIème République" en insistant sur les nouveaux droits à conquérir: "de la personne, sociaux, politiques, écologiques". 

Vieux guerrier.   Mélenchon ne pouvait rêver meilleur timing pour sa démonstration de force. Longtemps coincé sous la barre des 10% dans les sondages, il a passé ce qu'il appelle le "seuil de crédibilité". Il pensait y arriver en février, mais ne va pas se plaindre d'être en dynamique et l'objet d'attentions médiatiques lorsqu'il prend la Bastille. "Il n'y a rien de plus fragile qu'une mode, tempère t-il. Notre affaire n'est pas un champignon, elle s'est construite progressivement" . L'ex-sénateur PS, 60 ans l'été dernier, se dit "trop vieux guerrier pour se laisser attraper par les paillettes".

Mais lorsqu'il voit François Hollande dégainer sa proposition de taxer à 75% tous les revenus supérieurs à 1 million d'euros par an, puis Nicolas Sarkozy reprendre à son compte son choix de "faire payer la différence" aux exilés fiscaux, il ne peut s'empêcher de "jubiler": "Je suis gramscien, celui qui construit l'hégémonie culturelle a gagné". Cette "opération de contamination des autres", il "vit ça comme un triomphe" et veut en profiter pour progresser sur l'échelle de la "crédibilité".

Hollande "le concurrent" et ses 75%? "Il a tout juste oublié que ça faisait une marge de 30 points entre ses deux dernières tranches"!" Sarkozy? "Ceux qui vont être taxés, c'est justement ses copains! Pas les miens!" a t-il lancé devant plus de 8000 personnes réunies, mercredi soir, à Clermont-Ferrand. Quand au vote utile sorti par les socialistes pour contenir l'intérêt que suscite l'ex-camarade, Mélenchon conte le contrer en ressortant l'exemple de 1981: "Le "Vieux"  (Mitterrand) était à 3 points derrière Giscard au premier tour, et ça ne l'a pas empêché de gagner au second!". A l'époque, le PCF était représenté par Georges Marchais: il avait fait 15%.

Mélenchon navigue pour l'instant dans les eaux électorales de la gauche radicale. A la différence- de taille- qu'il est tout seul là où les candidats se distribuaient les voix en 2002 et 2007. "Même s'ils me brisent, avertit le député européen, il restera qu'on aura été à 11%. Que c'est possible". Là où le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) s'est vautré, l'ancien socialiste a réussi, avec un PCF pourtant aux abois, à faire décoller une force politique à gauche du PS qu'il avait sentie dans la campagne du Non au référendum européen de 2005.  "De meeting en meeting, je réalise l'acte de naissance politique et culturel d'une nouvelle force", insiste t-il.

Après la Bastille, Mélenchon compte sur "deux repliques" dans deux villes "à forte concentration ouvrière et révolutionnaire". Toulouse, place du Capitole le 5 avril, et Marseille, au centre-ville le 14 avril. Entre-temps, ses lientenants appeleront à décliner le principe des "marches" à l'échelle locale. Le mot d'ordre "occuper les places"...

 

Lilian Alemagna.   

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