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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 19:14

Communiqué du Front de Gauche du pays de Morlaix

 

Le dimanche 30 septembre, un car affrété  par le Collectif Audit de la Dette 29 passera à Morlaix vers 6h du matin avec un RDV parking du collège Mendès France (rue Paul Sérusier à Morlaix) pour se rendre à la manifestation unitaire (à l'appel du Front de Gauche, du NPA, de SUD, de la FSU, d'ATTAC, du collectif d'audit de la dette, d'une partie de la CGT...etc.) contre le TSCG, ce traité de l'austérité inacceptable que l'on cherche à faire passer au Parlement sans consulter les Français. La participation demandée pour l'aller-retour tournerait autour de 38€ par place.
Tous les citoyens qui souhaitent faire parti des dizaines de milliers de résistants qui vont défendre entre Nation et place d'Italie (départ du cortège vers 13h30) la nécessité du référendum, les droits de la démocratie et une Europe de solidarité libérée de la tutelle des puissances financières, peuvent se joindre à ce déplacement. Le retour aura lieu vers minuit-1h.
Contact pour renseignements et réservation (dernier délai: mercredi) :dupont.ismael@yahoo.fr; 06 20 90 10 52.
affiche-manif-du-30-septembre-2012-TSCG.jpg
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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 16:41
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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 18:51

 

Le TSCG – Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance –

Appelé aussi le pacte budgétaire.

 

Traité MES, FESF, Pacte budgétaire, Mécanisme de stabilité, TSCG : Qu'est-ce qui se cache derrière tout ça ? Le citoyen non averti ne peut qu'en perdre son latin.

Je vous propose un rapide aperçu de ce qui se cache derrière ces « grands machins » en référence à une phrase célèbre.

 

1) La stabilité

 

On voit à nouveau apparaître le terme de stabilité dans le TSCG (et nous qui croyions que le changement c’était maintenant…)On le voyait déjà apparaître dans le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) et dans le FESF (Fond Européen de Stabilité Financière). Pour aller vite, le MES et le FESF ont été créés pour « aider » les états à emprunter à des taux plus avantageux que sur les marchés financiers. C’est un peu comme des banques, mais ce sont les états européens qui prêtent, sous conditions...

On peut regretter que la banque centrale européenne ne joue pas ce rôle, comme c’est le cas au Etats-Unis, avec des taux d’intérêts proches de 0%…

 

Ces deux nouveaux sigles mis à part, voyons ce qu’est le TSCG après avoir expliqué certaines notions que l’on mélange souvent.

 

2) Un peu de vocabulaire… : Ne pas confondre déficit et dette.

 

Un budget : il est en deux parties. Il montre l’ensemble des dépenses d’une institution et l’ensemble de ses recettes (entrées d’argent). Si les dépenses sont plus élevées que les recettes, le budget est déficitaire, si les recettes sont plus élevées que les dépenses, le budget est excédentaire, si recettes et dépenses sont égales, le budget est équilibré.

 

Déficit budgétaire nominal : c’est le déficit que l’on constate sur un an (année en cours).

 

Déficit budgétaire structurel : c’est le déficit dit à moyen terme, c'est-à-dire que l’on anticipe sur les 20 prochaines années (car des gros investissements se remboursent sur plusieurs années).

 

La dette publique : c’est la somme qu’une institution doit rembourser à ses créanciers chaque année (banques privées, institutions financières internationales…). C’est ce que l’on appelle aussi le service de la dette qui est l’addition des intérêts et du principal, donc ce qu’un emprunteur doit payer.

 

Le principal d’une dette : c’est le montant du capital que nous empruntons et qui diminue au fur et à mesure que nous remboursons.

Les intérêts = la charge de la dette : c’est le poids des intérêts seuls.

 

La dette publique correspond donc une partie des dépenses dans un budget, mais elle a une contre partie aussi, car elle a permis une entrée d’argent pour le financement d’investissements (un hôpital, une université, une route, une école…)

 

PIB : c’est l’addition de toutes les valeurs ajoutées des entreprises ou administrations se trouvant dans un pays (biens, services,…) En 2011, en France, le PIB = 2808 milliards d’euros (5ème rang mondial).

 

3) Que dit le TSCG ?

Le traité de stabilité, de coordination et de gouvernance se compose de 11 pages avec 16 articles. Explications rapides…

 

Le TSCG instaure la règle d’or budgétaire (la fameuse). Cela veut dire que le déficit budgétaire annuel doit être inférieur à 3% du PIB. Il peut aussi être équilibré ou excédentaire.

Le déficit structurel (à moyen terme) doit être inférieur à 0,5% du PIB.

Tous les éléments précités doivent être introduits dans la législation nationale, dans un délai d'un an suivant l'entrée en vigueur du Traité, sous forme de dispositions contraignantes et permanentes, de préférence constitutionnelles. Cela s’applique aux états, aux collectivités territoriales…

 

Concernant la dette publique (que rembourse l’état chaque année), celle-ci doit être inférieure à 60% du PIB.

Si un état à une dette supérieure à 60% de son PIB, il doit programmer une réduction de sa dette de 1/20 tous les ans (règle des un vingtième).

 

L'Etat fautif sur son budget ou sa dette encourra une amende pouvant aller jusqu'à 0,1% de son PIB (soit environ 2 milliards d'euros pour la France par exemple). 

 

Où sont les risques ?

 

La réduction d’un déficit budgétaire peut s’effectuer de plusieurs façons :

  • par le recours à l’emprunt (sauf que les taux d’intérêts pratiqués par les banques enfoncent certains états dans l’ornière). Si la BCE (banque centrale européenne) prêtait directement aux états avec des intérêts presque nuls (comme elle le fait pour les banques privées) cela serait possible. Pour l’heure, le carcan européen ne le permet pas.

  • Le recours à des réserves : elles peuvent être issues d’excédents budgétaires ou alors en privatisant des entreprises (comme quoi, les investissements d’antan ont une valeur aujourd’hui, souvenons-nous en.)

  • La hausse d’impôts. A qui fait-on appel ? A noter que lorsque l’on réduit l’impôt des grandes fortunes, celles-ci peuvent spéculer avec cet argent disponible sur les dettes publiques d’états qui rapportent énormément en ce moment. Pourquoi ? Parce que ces états ont justement réduit les impôts et se trouvent donc en déficit… C’est le serpent qui se mord la queue et ce sont ceux qui disposent des capitaux qui en retire le plus d’intérêts !

  • L’émission monétaire : la politique de l’euro fort et les statuts de la BCE rendent impossible ce moyen.

  • La réduction des dépenses … C’est ici que nous conduit le TSCG et ce sont les services publics dans leur ensemble qui risquent d’en faire les frais : privatisations, baisses d’effectifs dans la fonction publique, fin des investissements, gel ou réduction des salaires des fonctionnaires…

 

Le carcan des institutions européennes actuelles avec le TSCG, nous conduisent vers une austérité permanente.

En effet, la dette est calculée par rapport au PIB qui est lui-même fonction de la croissance. Or, si dans le cadre de la réduction du déficit budgétaire (règle d’or) on diminue les dépenses (levier le plus probable), on cesse donc d’investir et on produit moins de richesses. Donc le PIB diminue… Mais comme la dette est mesurée par rapport à un pourcentage du PIB dans le TSCG, automatiquement ce critère s’aggravera… Donc il faudra arrêter d’investir, encore réduire les dépenses et à nouveau c’est le serpent qui se mord la queue. C’est pour cela que la ratification de ce traité conduit à l’austérité permanente.

 

Nous souhaitons que les citoyens européens s’emparent de cette question. C’est ce que permettrait un rejet de ce traité par le parlement français. N’ayant aucune garantie de ce côté-là, nous exigeons un référendum sur le pacte budgétaire. C’est l’objectif de la mobilisation du 30 septembre lors d’une manifestation nationale à Paris où en de nombreuses actions près de chez vous.

 

Antoine GAUCHARD

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 15:34

Affiche-26-sept-2012-Format-A4-coul-pour-mail.jpg

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 14:36

La réunion publique sur le Pacte Budgétaire de lundi dernier à la salle Gallouedec de Saint Martin des Champs, suivie par 60 personnes, a abouti à des décisions d'actions unitaires le samedi 29 septembre contre le Pacte Budgétaire, avec: 

 

- une lettre ouverte envoyée aux Parlementaires G. Bui et JL Fichet, signée par le Front de Gauche, EELV, le NPA, Attac, la FSU, le Collectif pour un audit de la dette.

 

- les mêmes organisations distribueront un tract au marché de Morlaix le samedi 29 au matin et feront signer la pétition du Collectif pour un Audit de la Dette auquel nous appartenons tous au niveau national.  

 

- Un rassemblement (le plus voyant et sonore possible) sera organisé devant la mairie de Morlaix ou le kiosque vers 14h.

 

Il a également été souligné par beaucoup qu'il est très important pour l'écho médiatique de notre bataille politique contre l'austérité et la dictature de la finance dont le Pacte Budgétaire est une arme de guerre d'être très très nombreux entre Nation et Bastille le dimanche 30 septembre à exiger un référendum sur le TSCG.

 

Un car affrété par le Front de Gauche partira bien du Nord Finistère, avec un départ de Brest à 5h du matin et un passage à Morlaix (vers 5h45-6h).

 

Nous n'avons pas encore plus de renseignements sur la participation financière demandée.

 

Tous ceux qui souhaitent avoir une place dans ce car pour Paris sont priés d'ores et déjà de réserver leur place auprès de dupont.ismael@yahoo.fr, afin que j'avise Brest du nombre de places réservées par la région morlaisienne.

 

Merci donc de m'indiquer par retour de ce mail si vous comptez reprendre la Bastille le 30 septembre aux côtés d'autres organisations que le Front de Gauche telles que Sud, la FSU, Attac, le NPA, M'PEP, les collectifs pour un Audit de la Dette.

 

manif-contre-le-TSCG-30-septembre.jpg 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 12:50

Communiqué du PCF:

Alors que le 8 décembre dernier, la majorité de gauche au Sénat s'était prononcée en faveur du droit de vote des résidents étrangers non communautaires et malgré l'engagement ferme du candidat Hollande sur son exécution, Manuel Valls pourtant ministre du gouvernement de gauche, tente de faire machine arrière.

Voilà plus de 30 ans que cette promesse faite par la gauche attend d'être tenue. 30 ans durant lesquels le PCF et ses élu-e-s se sont battu-e-s pour annuler cette anomalie démocratique.

Ils sont 5 millions à vivre, travailler, et payer leurs impôts en France. 5 millions qui attendent qu'enfin un gouvernement de gauche leur accorde ce droit légitime qui leur permettrait d'avoir un droit de regard sur les grands choix de société et la façon dont leurs impôts sont utilisés.

Manuel Valls, en décrétant dans le Monde daté de demain, que le droit de vote des résidents étrangers n'est pas « une revendication forte dans la société française », contredit le peuple français pourtant favorable à 70% à ce droit.

Le PCF exige que cette question soit mise sans attendre à l'ordre du jour du calendrier parlementaire. Il exige qu'il soit mis fin à cette discrimination injuste.

 

logo

 

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 05:35

Le Télégramme consacrait hier ses cinq premières pages à la mort d'Edouard Leclerc. Le Mahatma Gandhi, Einstein ou de Gaulle en leur temps ont-ils reçu le traitement de faveur nécrologique de ce businessman finistérien?

 

470778_edouard-leclerc-magasin.jpg

 

Il est vrai que l'urgence pour la caste politico-médiatique qui prétend régir nos consciences est de réconcilier les citoyens avec "le monde de l'entreprise", avec le fric qui est fait sur leur dos...

Edouard Leclerc serait donc un "visionnaire", "un personnage messianique" , voire un chevalier sans peur et sans reproche brandissant "l'étendard de la défense du consommateur". (Yves Drévillon). Délaissant un peu les superlatifs convenus et s'intéressant à l'homme plutôt qu'à l'icône du monde des affaires, Dominique Le Bian-Rovier voit en Edouard Leclerc une forme de Marlon Brando du CNPF: "un personnage mystérieux" , "un original qui rêvait de créer une chocolaterie ou une usine de transformation des métaux précieux à Landerneau", "un être blessé" (pensez-vous, d'anciens amis et associés l'ont trahi pour fonder Intermarché...), "un mystique qui se référait souvent au message biblique".

 

Comme Dominique Le Bian-Rivier est un journaliste honnête et non servile, il laisse entendre au détour d'une phrase que Leclerc était un "homme multiple" "dont la jeunesse a été sujet à controverse après la Libération" .

L'allusion restera dans le clair-obscur, aussi mystérieuse que le personnage... A t-on le droit de dire dans le journal des Coudurier que l'inventeur de la grande distribution fut un "collaborateur" dans sa jeunesse ? 

Il est vrai qu'Edouard Leclerc était jeune alors, sorti d'un séminaire où on l'avait certainement couvé aux idées réactionnaires et à la haine du rouge: cela explique probablement l'élégance du Télégramme qui, en récapitulant les grandes dates de la vie d'Eduard Leclerc, acomplit un grand saut salutaire entre 1926, date de sa naissance à Landerneau, et 1949, date de "l'ouverture de la première épicerie dans un hangar de la rue des Capucins, avec un capital de 5000 francs" .

La success story est sauve: sur la photo de la page 3, on voit le jeune ambitieux et désargenté Edouard Leclerc balayer lui-même le pas de porte de son épicerie fort rustique de la rue des Capucins.

Ce personnage "multiple" , bon catholique au demeurant, est, n'en doutons pas, un autre homme que celui qui a été emprisonné et jugé à la Libération pour avoir dénoncé un réfugié communiste espagnol et des résistants, dont François Pengam, arrêté le 21 mai 1944 à Landerneau à 19 ans et fusillé 6 jours plus tard, après sans doute d'horribles tortures.

François Pengam, arrêté en même temps que cinq autres jeunes du "patronage catholique des Gars d'Arvor", était FTP (Franc Tireur et Partisan) depuis 1942. Sa famille a adressé un courrier à la chancelerie de la Légion d'Honneur pour exprimer son "profond désarroi" quand en 2010 Nicolas Sarkozy a décoré Edouard Leclerc.

Edouard Leclerc a été emprisonné six mois à la Libération. Dans ses dépositions au groupe de résistant FTP de Landerneau, il avoue avoir renseigné les allemands et leur avoir donné des noms de résistants, dont celui de François Pengam. Il se rendait régulièrement à la Kommandantur où il rencontrait l'officier Herbert Schaad, le responsable du Kommando de 20 personnes dirigé par le lieutenant Krüger qui traquait les résistants et les torturait au manoir de Colleville, à Landerneau.

Finalement, Edouard Leclerc bénéficia d'un non-lieu. Le procureur de la République écrivit à la famille de François Paugam que: "Examiné du point de vue mental, il a été reconnu irresponsable de ses actes".  Personnage multiple en effet que ce futur milliardaire à demi fou à 17 ans...

Mais il semblerait, comme l'indique Boris Thiolay dans l'article daté de 2010 de L'Express d'où nous reprenons ces informations ("Le passé trouble d'Eduard Leclerc pendant l'Occupation" :     http://www.lexpress.fr/actualite/societe/le-passe-trouble-d-edouard-leclerc_886250.html), que Edouard Leclerc ait reçu un certificat médical de complaisance obtenu grâce à un ami de son père, qui organisait l'aide alimentaire à la population de Brest et avait une influence sur les autorités issues de la Résistance.

  

Alors quand, en page 5 du Télégramme, le journaliste du Télégramme Yann Le Gall s'exclame "derrière l'enseigne, combien de Landernéens connaissent l'homme?", on peut penser que c'est peut-être finalement une bonne chose pour l'honneur du patronat et de la famille qui préside aux destinées de la ville (dont Patrick Leclerc est maire) que le rideau protecteur de l'oubli et du secret soit tombé sur la vie d'Edouard Leclerc. Les journaux locaux ne sont d'ailleurs peut-être pas complètement étrangers à l'ignorance crasse des Finistériens touchant la vie d'Edouard Leclerc et qui fait que les Landernéens "se rendent presque instinctivement"  (comme des bêtes?) dans la grande surface Leclerc sans connaître son inventeur.

 

Heureusement, on a trouvé à Landerneau des témoins capables de parler de lui comme un type "simple", "aimable", "un grand communiquant" . Le maire Patrick Leclerc, sait aussi trouver en toute objectivité des mots justes et forts pour qualifier l'oeuvre de son célèbre parent, à qui l'on doit le dynamisme de notre chère Bretagne, que n'embellissent pas qu'un peu les grands hangars des supermarchés Leclerc poussant un peu partout comme des champignons sur la mousse de spacieux parkings ornant les abords des villes et des bourgs:  

"Personnellement, j'ai connu quelqu'un d'humain, passionné par le patrimoine religieux, la peinture, la littérature. Il est resté humble, attaché à son territoire, soucieux de son économie. (...). S'il n'y avait pas eu Edouard Leclerc, comme d'autres, peut-être que la Bretagne ne serait pas ce qu'elle est".    

 

Le socialisme est également reconnaissant à ce bienfaiteur qui a su combattre pour le pouvoir d'achat des masses bien plus efficacement que Marx, Krazuki and co...

François Hollande considère que Edouard Leclerc a fait de "la défense des consommateurs et d'une certaine éthique commerciale un combat incessant". Moscovici loue au travers de la personne de Edouard Leclerc la réconcilation de l'intérêt et de la vertu, de la morale et du calcul égoïste: "Initiateur de la distribution à bas prix, il fit de la défense du consommateur l'un des piliers de sa stratégie commerciale. Son esprit visionnaire était unanimement reconnu". Jean-Yves Le Drian ne fait pas dans l'originalité, puisque que le chef d'entreprise rusé qui réussit est forcément "visionnaire"  dans la novlangue néo-libérale contemporaine: "Edouard Leclerc était un visionnaire qui avait fait le choix, osé à cette époque, de vendre à prix de gros les produits de la vie courante. Il restera incontestablement cet entrepreneur breton devenu le père de la grande distribution". Pierre Maille, le président du Conseil général du Finistère, loue aussi l'efficacité sociale de cette machine de guerre économique que le supermarché Leclerc: "Son action à la tête du mouvement Leclerc a été à l'origine de la création de milliers d'emplois".  

 

De quels emplois parlez-vous, Pierre Maille? Ceux des milliers de petits commerçants indépendants que les supermarchés Leclerc ont mis sur la paille. Ceux des paysans que le modèle d'agriculture productiviste promu par la grande distribution a perdus. Ceux des caissières et petits employés des magasins Leclerc condamnés toute leur vie aux bas salaires, travaillant souvent à temps partiel, en CDD, sur des horaires impossibles, et qui baissent la tête devant des gérants tyranniques pour ne pas perdre un emploi qu'ils ne sont pas sûrs de retrouver. Ceux des producteurs sur-exploités des marchandises bas de gamme vendues dans les magasins Leclerc? Ceux des libraires, des éditeurs et des écrivains que Edouard Leclerc voulaient encourager à être "compétitifs" en s'opposant à la loi Lang sur le prix unique du livre?  

 

Si Leclerc est célébré, c'est peut-être parce qu'il est un des premiers promotteurs de l'idéologie de l'individu-consommateur en recherche de prix bas qui s'est imposée au détriment de la conscience citoyenne et des pratiques de défense d'une juste rémunération du travail des producteurs. Leclerc et ses épigones, en créant la grande distribution et sa propagande consumériste, n'ont pas peu contribué à rendre nos concitoyens schizophrènes: voulant avoir tout au moins cher et ce faisant, acceptant la dégradation de la qualité des produits et des conditions de travail.

 

Dès les années 50, Leclerc s'est paré du costume du défenseur du consommateur, à qui il garantissait les prix les plus bas en limitant les marges des grossistes (30% à l'époque) et des détaillants (20% au moins). Ses marges, il ne les réalisait pas sur les prix mais sur les volumes. Martine Orange, dans L'Histoire secrète du patronat (La découverte, 2009), retrace les débuts tonitruants d'Edouard Leclerc dans le monde des affaires:

 

"Son magasin est dans un vilain hangar, les cartons y sont entassés. Pourtant, on s'y presse. Les autres commerçants hurlent à la concurrence déloyale. Les grossistes entrent en guerre, menaçant à la fois les industriels qui le fournissent et les commerçants qui veulent l'imiter. C'est le début d'une très longue bagarre. Mais Edouard Leclerc esquive les coups. Il se raproche des exploitants agricoles, si nombreux dans le pays du Léon. Par l'intermédiaire de leurs coopératives, il leur promet de vendre leurs artichauts et leurs choux-fleurs à des prix beaucoup plus intéressants que ceux promis par les grossistes. Et, en plus, il leur garantit des volumes. Car il fait de plus en plus d'émules: des commerçants viennent rejoindre le groupe d'adhérents Leclerc. Ils s'organisent en réseau, partagent les bonnes affaires et le nom des fournisseurs avantageux. Supervisant le tout, Leclerc groupe les achats et demande à peine 4% à 7% de marge pour l'ensemble des services fournis".

 

Leclerc défend son système novateur avec la dernière énergie face aux défenseurs des boutiquiers, ou petits commerçants, tel Pierre Poujade ou ses héritiers, les adhérents du syndicat Cidunati, qui mettent justement en cause son passé collaborationniste.

Au nom du progrès, les politiques et l'administration vont bientôt le soutenir contre les intérêts des corps de métiers du passé.

Le système Leclerc, fait de prix bas, de marges tendues, de gros volumes, de libre service, de magasins aux gros espaces et aux grands parkings, fait tache d'huile: les savoyards Jean et Denis Defforey jettent les bases du groupe Carrefour au début des années 1960 (l'appelation ne sera adoptée qu'en 1967), Gérard Mulliez, l'héritier du groupe Phildar crée lui Auchan, les familles Guichard, Bouriez et Halley créant elles respectivement Casino, Cora et Promodès.

 

Les enseignes de grande distribution deviennent bientôt un passage obligé pour les industriels et les agriculteurs et imposent leur prix à leur convenance. Aujourd'hui, 69% du commerce alimentaire est aux mains des grandes enseignes, contre 58% aux Pays-Bas et 60% en Allemagne. Carrefour et Leclerc sont en position dominante dans 60% des zones commerciales.

 

"Désormais sans grande concurrence, écrit Martine Orange, ils pratiquent les prix qu'ils veulent, obligeant les fournisseurs à leur consentir des réductions de plus en plus importantes, menaçant de les abandonner s'ils résistent, s'approvisionnant massivement en Chine ou dans d'autres pays à bas coût pour faire baisser les tarifs. Tout cela, naturellement, au nom du seul intérêt des consommateurs. Officiellement, la grande distribution est un secteur à très faible marge, à peine 2% ou 3%. Il semble pourtant qu'il y ait beaucoup d'argent qui circule. Etre responsable d'un hypermarché, c'est avoir l'assurance d'être millionnaire en euros en moins de cinq ans. Les familles fondatrices, elles, sont toutes devenues milliardaires en trente ans".

 

L'argent, c'est justement une réalité trop prosaïque sans doute pour que le Télégramme en parle: celui gagné par les employés de Leclerc comme celui accumulé par la famille Leclerc. Pourquoi faire intervenir de telles trivialités quand on parle d'un "visionnaire", quand on cherche à qualifier l'histoire d'amour entre Leclerc et les bretons? En plus, Patrick Leclerc prend bien soin de rappeler que "le moteur (d'Edouard) n'était pas l'argent mais sa passion de bâtir". Sans nous parler de la fortune des Leclerc, on nous apprend tout de même que le chiffre d'affaires des centres E. Leclerc était malgré la crise en 2011 en croissance de 5,5%, s'élevant à 37,8 milliards d'euros.

Ces montagnes d'or s'entassent aux dépends des producteurs (à qui l'on impose des prix de vente très bas qui impliquent des rémunérations très basses pour les travailleurs du secteur primaire, bien souvent employés hors de France), des salariés du groupe, et bien sûr également des consommateurs.

 

Ironie du sort ou prescience, L'Humanité dimanche faisait son dossier il y a 5 jours sur "l'art de faire du fric sur la pauvreté dans la grande distribution".

 

Michel-Edouard Leclerc, le fils, posant en révolutionnaire résistant à la hausse des prix oppressant le pouvoir d'achat des familles populaires, laquelle s'incarne sur la publicité Leclerc dans un CRS la matraque prête à frapper, a prévu d'adapter ses produits vendus à une clientèle de plus en plus pauvre, en réduisant les doses courantes des produits pour stabiliser les prix ou les rendre meilleur marché. Les profits seront identiques ou plus grands, mais le consommateur aura l'impression de mieux s'en sortir en achetant des produits qui ne seront pas meilleur marché au kilo.

 

Leclerc-pub.gif

 

Cette évolution du marketing traduit bien le cynisme de la prétention de Leclerc et de la grande distribution à oeuvrer en faveur de l'intérêt général en cassant les prix. Non décidemment, Leclerc, ses héritiers et ses imitateurs, ne sont pas les humanistes que l'on prétend célébrer aujourd'hui.

 

  

 

 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 16:42
Non au Traité de l'austérité, oui à une Europe démocratique et solidaire.
Le Pacte budgétaire européen (Traité sur la Stabilité et la Gouvernance) doit, dans les semaines qui viennent, être présenté pour ratification aux parlementaires français. François Hollande s'était engagé à renégocier ce texte conçu par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, que les élus socialistes avaient critiqué et condamné à l'époque. Malgré ses promesses, il ne l'a pas fait. Si ce traité était voté en l'état, il entraînerait des reculs sociaux et démocratiques considérables.

En imposant aux États la réduction à marche forcée des déficits publics, ce Traité aggravera la récession en Europe et restreindra les recettes fiscales, à l'encontre de l'objectif annoncé. Il renforcera le chômage et les inégalités. Il enlèvera aux représentants élus la possibilité de décider librement de la politique économique et sociale en faisant de la Commission Européenne et de la Cour européenne de justice, organismes non élus, les juges des budgets nationaux. Cette Europe libérale et anti-démocratique au service des intérêts financiers ne peut que détourner les peuples de l'idée européenne elle-même.

La crise actuelle rend pourtant plus indispensable que jamais la construction d'une nouvelle Europe, avec une harmonisation par le haut des droits sociaux, une Banque Centrale au service de l'activité et de l'emploi, un budget européen conséquent contrôlé par un Parlement aux pouvoirs étendus, permettant d'investir dans la transition écologique et le renouveau des services publics, et une lutte résolue contre la spéculation financière.

C'est pourquoi le Front de Gauche, Europe Ecologie les Verts, Attac et la FSU organisent le lundi 17 septembre à la salle Gallouedec de Saint Martin des Champs (20h) une réunion-débat ouverte à tous pour expliquer ce Traité Budgétaire européen, appeler à l'action pour son rejet et plaider pour une Europe de solidarité.
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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 19:07

Au risque d'être qualifié de sectaire ou d'excessif, nous avions prévenu il y a quelques mois comme d'autres: Hollande, ce sera un concentré de Jacques Delors, Romano Prodi et Gérard Schröder...

Nous ne sommes donc pas surpris outre mesure de la tournure que prennent les premiers mois de pouvoir des socialistes, mais nous sommes en colère, très en colère ! Comme d'autres, nous voulions un mieux en votant pour Hollande au second tour afin de tourner la sinistre page Sarkozy. En bien des domaines, ce mieux, nous l'attendons toujours.  

La souffrance sociale et les inégalités ne cessent de croître en France. Mais l'urgence, n'en doutons pas, est de réduire les déficits à coup de saignées sociales afin de recevoir des certificats de bonne gestion de la part du MEDEF (10 ministres socialistes à son congrès, paraît-il...!), des marchés et de l'état-major ultra-libéral et réactionnaire qui gouverne l'Union Européenne, de Merkel à Barroso, en passant par Van Rompoy.

L'Insee rappelle pourtant dans une publication récente que le pouvoir d'achat stagne ou baisse dans toutes les catégories de la population, sauf chez les 10% les plus riches. Le niveau de vie médian des Français a reculé de 0,5% en 2010. 8, 6 millions de français vivent en-dessous du seuil de pauvreté: 440.000 de plus entre 2009 et 2010. 20% des moins de 18 ans vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Combien de salariés pauvres et précaires, de Smicards, de retraités, ne parviennent plus à se nourrir correctement le 20 de chaque mois, retardent le paiement des factures, comptent chaque déplacement, chaque dépense, renoncent aux soins, à la culture, aux vacances.

Et que décide celui qui désignait pourtant il y a quelques mois la finance comme son principal adversaire et qui prétendait incarner la voie du changement. Tout simplement d'aggraver la rigueur "version Fillon".

Il est probable que l'équipe Sarkozy manquait de sérieux dans la gestion des affaires de la bourgeoisie. Il revenait à un habitué des "Dîners du Siècle" de rappeler que la Gauche, enfin ce qu'il reste de la sienne, s'était définitivement reconcilié, en dehors des campagnes électorales bien sûr, puisqu'il faut bien appâter le chaland, avec le capitalisme, la société de marché, les vertus de l'entreprise et de la flexibilité...  

On a donc augmenté le SMIC de 3 euros par mois. On gèle les retraites, les minima sociaux, les allocations chômage. On maintient l'honteux gel du barème de l'impôt sur le revenu voulu par Sarkozy et Fillon qui rend imposables cette année des centaines de milliers de Français aux revenus modestes qui étaient jusqu'ici exemptés d'impôts sur le revenu. On retire la demi-part fiscale supplémentaire attribuée aux veufs et veuves ayant élevé seuls(es) leurs enfants. On sabre dans les dépenses de services publics qui permettent la satisfaction des besoins sociaux de tous. On augmente les taxes indirectes sur le tabac jusqu'à des niveaux carrément indécents quand on sait que ce sont les plus pauvres et les plus angoissés par la crise qui fument le plus et en viennent à dépenser la moitié de leur argent de poche pour sacrifier à cette dépendance.  

On laisse s'affoler les prix de l'énergie, du carburant, sans diminuer la fiscalité indirecte, pourtant inéquitable, ni s'attaquer aux profits monstrueux des oligopoles de l'énergie.

Je ne sais pas si Hollande est comme Fillon "un économiste de cimetière", mais les besoins des Français ne sont assurément pas la priorité. Hollande dit être "en situation de combat" contre la crise mais pour l'instant, ceux qui prennent les coups, ce sont les Français appartenant aux couches moyennes et populaires.

Non seulement le gouvernement ne fait rien pour empêcher la multiplication des plans sociaux et des licenciements boursiers, non seulement il maintient les réformes constatées de ses précédesseurs de droite (LRU, gestion libérale des hôpitaux, déremboursements des médicaments, non remplacement des fonctionnaires partant à la retraite dans la plupart des ministères, libéralisation de la Poste, du rail et d'EDF)  mais il demande à tous les salariés de payer à la place des entreprises en projetant de satisfaire une vieille revendication du MEDEF, transférer le financement de la protection sociale de la cotisation sociale à la CSG. C'est le programme du CNR qu'on continue à détricotter pour faire plaisir à M. Kesler.

Les syndicats seront consultés parait-il, avant de mettre en avant des mesures de flexibilisation du droit social et des conditions des salariés, censées restaurer notre compétitivité, notre faible compétitivité devenant du même coup le plus grand enjeu politique avec la réduction des déficits, comme dans les discours du président et du candidat de Sarkozy. On leur demandera de prêter le flanc à un "compromis historique" scéllé entre le Capital et les représentants des travailleurs: la vieille antienne de l'alliance de classe... Mais s'ils ne parviennent pas à se mettre d'accord avec des patrons en position de force, c'est l'Etat, a dit Hollande le dimanche 9 septembre, qui prendra ses responsabilités. Et l'on entend à nouveau parler du "gagnant-gagnant" cher à Ségolène Royal. Dans le monde de bisounours de M. Hollande, il y a de la place pour les accords entre gens de bonne volonté aux intérêts convergents quand on y regarde de très près, non pour la conflictualité de classe et la défense politique des salariés contre une finance de plus en plus rapace et dominatrice.

Quant aux Français, ils paieront plus pour moins de protection sociale (le budget du Ministère de la Santé va encore être réduit, entre autres mauvaises nouvelles) et moins de services publics: 10 milliards d'impôts supplémentaires pour les ménages cette année, 10 milliards d'économies budgétaires dans les services publics.

A ce rythme là, s'il reste encore quelques droits à amputer et recettes fiscales nouvelles à dégotter dans un temps de récession créée par l'absence de relance par l'investissement public et la solidarité, on devrait remplir l'objectif de 90 milliards d'euros d'économies pour un retour à l'équilibre budgétaire en 2017 prévu par le Pacte Budgétaire européen... Mais à quel prix? Celui d'un appauvrissement prolongé du grand nombre.

Et les riches dans tout ça? La contribution exceptionnelle (et donc simplement provisoire) de 75% pour les plus hauts revenus touchera 2000 à 3000 personnes, et rapportera environ 200 000 millions d'euros. Si l'on compare avec les 20 milliards demandés à l'ensemble de la société, les grandes fortunes produiront 1% de l'effort et cela serait censé justifier le pain sec pour tout le monde.

Et encore, que Bernard Arnaud et consorts se rassurent - et la presse prétendument de gauche aussi, qui fait semblant de s'indigner sur leur attitude anti-patriotique de refus de l'impôt pde quelques huluberlus pour ne pas parler des conséquences sur le grand nombre de l'hyper-austérité prévue par Hollande-, ces beaux messieurs, comme ceux, plus nombreux, assujettis à un taux marginal de 45%, verront leurs revenus du capital et les intérêts financiers liés à leurs entreprises soustraits à l'effort de solidarité collective.

Pour couronner le tout, Hollande souhaite donner à la Cour des Comptes une fonction régulatrice plus affirmée dans la gestion de la chose publique et des services publics, alors qu'elle ne cesse depuis des années de plaider pour la Réforme libérale et qu'elle n'a aucune légitimité lui venant du Suffrage Universel. 

Il y a un autre domaine où Hollande se veut inflexible, c'est celui de la sécurité et de la question de l'expulsion des Roms, et le doux corrézien d'adoption dit soutenir pleinement le très sarkozyste Manuel Valls. Mais bien sûr, on expulsera, surveillera, interpellera "dans la dignité et le respect de la loi".  

Pas de pitié pour les gueux!     

 

Ismaël Dupont.     

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 19:03

 

Tout en prenant acte de l'impatience des Français qui après 10 ans de droite au pouvoir attendent une action gouvernementale à la hauteur des urgences et attentes sociales, le président de la République a fait un discours de la méthode qui au risque de se répéter sera très vite inopérant.

L'agenda qui fixe à deux ans "le rythme du redressement du pays" avant d'envisager "la construction d'une société de solidarités" semble remettre à plus tard le changement annoncé et surtout oublie complètement le changement social qui est bien à l'ordre du jour.
 
Ainsi, alors que c'est aujourd'hui qu'il faut un moratoire sur les plans de licenciements boursiers, et que les salariés menacés doivent sentir que le pouvoir est dans leur camp, ceux de PSA apprennent qu'ils seront "accompagnés" par l'État dans les plans de reconversion.

Au surplus, son silence absolu sur le Traité européen soumis à ratification alors qu'il n'a pas été renégocié d'une virgule est très préoccupant. Les Français ont droit à ce débat, ils ont le droit de décider.

L'austérité des comptes publics n'est pas la solution, elle est le problème. Et ce sont bien des ressources nouvelles qu'il faut dégager, à commencer par récupérer celles accaparées par les marchés.

Le PCF et le Front de gauche sont disponibles pour un tournant politique, celui de la justice sociale et de la relance économique et écologique.

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

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