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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 05:41

En 2005, lors des conférences organisées au palais des Sports de Versailles à l'occasion du cinquantième anniversaire du Monde Diplomatique, Raymond Aubrac mettait en garde tous ceux qui se reconnaissaient dans l'héritage progressiste de la Résistance contre les menaces que faisait planer le triomphe du néo-libéralisme et la dictature des marchés qu'il a engendrée contre les acquis de civilisation de la seconde moitié du vingtième siècle:

 

"La résistance préparait l'avenir en organisant la lutte des femmes et des hommes contre le nazisme. 60 ans plus tard, le nazisme est vaincu. Mais cette menace n'a pas totalement disparu. Et notre colère contre l'injustice est toujours intacte... Ecoutez l'appel que nous avons signé avec une poignée de camarades survivants... Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France Libre, appelons les jeunes générations à faire vivre et transmettre l'héritage de la résistance, et ses valeurs, toujours actuelles... Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du conseil national de la Résistance, adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944. Sécurité sociale, contrôle des féodalités économiques, droit à la culture et à l'éducation pour tous, presse délivrée de l'argent et de la corruption, lois sociales, ouvrières et agricoles... Les responsables politiques, économiques, les intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers, qui menace la paix et la démocratie... Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période à laquelle l'Europe était ruinée".

 

Nous retrouvons ces paroles fortes, cet appel vibrant à l'insurrection des consciences contre la destruction de l'héritage de tant de luttes pour le progrès et la justice sociale, dans la bande dessinée politique et pédagogique de Philippe Squarzoni, DOL.

 

Elles ont trouvé un écho retentissant dans le cynisme de Denis Kessler, bras-droit de Ernest Antoine Seillère au MEDEF, ancien maoïste, ancien président de la Fédération Française des Sociétés d'Assurances (FFSA) qui formula sans faux-semblants le programme du MEDEF et de l'UMP sarkozyste au pouvoir dans l'hebdomadaire Challenges le 4 octobre 2007: "La liste des réformes (du programme ambitieux du sarkozysme)? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance!"  

 

Les Français ont voté Hollande pour rompre avec cette logique de casse sociale au profit des milieux financiers et des riches, logique qu'ils ont vu à l'oeuvre à travers des réformes fiscales inégalitaires et la réforme des retraites notamment. Les socialistes ont dénoncé eux-mêmes de manière plus ou moins pondérée pendant 10 ans les réformes ultra-libérales de la droite. Et aujourd'hui, par leurs actes, ils donnent raison rétrospectivement à l'UMP, avec des effets de retour d'ascenseur qui s'annoncent catastrophiques pour eux, et peut-être pour toute la gauche.

 

Ainsi, le coût du travail est devenu trop élevé en France. Ce serait la faute aux "charges patronales" qui pénalisent l'embauche, rendent inévitables les délocalisations, et aumanque d'attractivité de notre économie pour les investisseurs étrangers. Tiens donc, il y aurait aujourd'hui besoin d'un "choc de compétitivité" qui passerait par un transfert massif de la charge du financement de la protection sociale (retraites et sécurité sociale) de la cotisation sociale prélevée sur le salaire et versée par les entreprises à l'impôt directement prélevé sur les citoyens.   

 

Pendant les primaires socialistes, seul Manuel Valls, ce clone de Nicolas Sarkozy aux dents longues et à la langue bien faite pour essuyer le parquet des salons dorés des privilégiés, défendait avec l'UMP le principe de l'instauration d'une TVA sociale pour faire payer le financement de la Sécu davantage par les pauvres et les classes moyennes que par les entreprises.

 

Mais depuis que 11 ministres ont retrouvé les idées claires après avoir prétendu lutter contre la finance en allant discuter de manière amicale autour des petits fours du congrès du MEDEF, les problèmes majeurs de la France ne sont plus la baisse du pouvoir d'achat, le chômage, l'amplification des inégalités, et le sous-investissement dans les services publics et la recherche, mais le poids des déficits publics et le manque de rentabilité du capital investi dans les entreprises.

 

A croire que les prétendus "Pigeons" qui gagnent plus de 10 fois le salaire moyen des Français et qui sont de ce fait soumis à une tranche exceptionnelle d'impôts de 45% ont trouvé des arguments plus convaincants que les "pauvres types" qui gagnent leur vie clopin clopant et dont la sécurité sociale coûte trop chère à ces beaux messieurs.  

 

Il y a quelques semaines, le gouvernement a commandé à Louis Gallois - l'ancien patron de la SNCF et d'EADS, l'organisateur des privatisations préposé aux adaptations musclées des biens et salariés du public à l'exigence de rentabilité capitaliste - un rapport-prétexte comme on en a tant connu sur les moyens de lutter contre le chômage et de restaurer la compétitivité des entreprises en expérimentant d'autres modes de financement pour la sécurité sociale. Les fuites sont depuis deux jours sciemment organisées pour ébruiter les conclusions fort prévisibles de ce rapport et justifier un transfert, à la hauteur de 40 milliards sur 5 ans, du coût de la protection sociale, des charges patronales, vers la TVA ou la CSG.

Le gouvernement réfléchit à la question, il n'a pas tranché encore, tout comme les députés socialistes qui se disaient indécis sur l'adoption du TSCG. On prépare l'opinion... On cherche à lui faire croire que l'on ne se résigne qu'acculés à des sacrifices ou des efforts inévitables...

 

Et ce faisant, on légitime l'idée que c'est le salaire, et plus particulièrement le salaire mutualisé pour financer un système solidaire de sécurité sociale et de retraites, qui explique les difficultés économiques des entreprises, la faible compétitivité de la France, et non la ponction des actionnaires au détriment de l'investissement privé et public dans la recherche, l'innovation, l'éducation, les services publics.

 

Donc, on va à nouveau baisser les salaires, en réduisant le salaire indirect versé par les entreprises, et ce sont les familles qui paieront le manque à gagner pour la sécurité sociale sous la forme d'un impôt.

 

Et encore, sans doute pas longtemps et pas totalement, car on se révolte vite contre un impôt trop perceptible, surtout quand la protection sociale qu'il finance s'amenuise d'années en années, et l'on justifie plus facilement alors la substitution de l'assurance privée facultative à la solidarité sociale obligatoire fonctionnant selon le principe "on reçoit selon ses besoins et on cotise selon ses moyens" . Le vrai objectif de cette mesure annoncée de substitution de la CSG à la cotisation patronale, c'est probablement, outre la majoration des profits des entreprises, la marchandisation de la Sécurité Sociale.

 

Or, cela fait 30 ans que l'on met en place des mesures de baisse des cotisations patronales sans lutter efficacement contre le chômage et les délocalisations, car les coûts de production en Chine, en Europe de l'Est ou au Maghreb, seront durablement moins élevés qu'en France, et qu'on a fait de la libre circulation des capitaux et des marchandises dans un contexte de dumping social et fiscal généralisé une arme de guerre contre les droits et les revendications des travailleurs. Ces objectifs affichés ne sont que des prétextes à des politiques d'augmentation des rendements du capital.  

 

Alors que la solution, pour restaurer l'équilibre des caisses de sécurité sociale et couvrir des besoins actuellement insatisfaits, comme la prise en charge solidaire de l'aide à l'autonomie, serait au contraire de ramener dans le champ des cotisations sociales les stocks options, les participations actionnariales, un certain nombre de contrats de travail défiscalisés, de niches fiscales obtenues par les entreprises, on fait exactement l'inverse en fragilisant le financement de la protection-santé en l'indexant sur le régime général de l'impôt, quand on sait la violence actuelle des cures d'amaigrissement des dépenses publiques et de l'Etat.

 

Le gouvernement socialiste doit reculer sur ce projet de réforme. Il n'a pas le droit de trahir de manière aussi éhontée les salariés, les électeurs des catégories moyennes et populaires qui lui ont permis d'accéder au pouvoir.  

 

Nous ne laisserons pas faire cela sans réaction forte.

 

I.D

    

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 18:27

LES PHOTOS D'YVES ABRAMOVICZ

 

Merkel, Sarkozy... Tiens, il en manque un! Constance aura du boulot pour les semaines à venir.  

 

départ de Morlaix- un spectre hante l'Europe

 

Un car du Finistère-Nord qui brise les chaînes du silence autour de la forfaiture démocratique du TSCG.

 

le car anti-TSCG- photo Yves Abramovicz

 

 En attendant que la police escorte nos cars jusqu'à nation, on improvise un modeste pique-nique.   

arrêt des bus en partance pour la manif

 

 

30092012-DSC_2904.jpg

 

A la sortie du bus, il fait bon se dégourdir les jambes, bien corsetées depuis 6 heures du matin.

 

sortie du bus - photo Yves Abramovicz

 

On démarre sous la banière unitaire du Collectif pour un Audit Citoyen de la Dette.

 

départ de manif

 

Parti en éclaireur, Yves a chaussé les talons hauts pour prendre ces photos de la tête de cortège au milieu d'une nuée de journalistes.

 

les personnalités- photo Yves abramovicz

 

 

tête de cortège- photo Yves Abramovicz

 

 

la tête de cortège attend le départ

 

 Et maintenant... "ça va pêter!"

 

cortège- photo Yves abramovicz

 

 

cortège 2- photo Yves Abramovicz

 

cortège 3- photo Yves Abramovcz

 

 

 

cortège 4- photo Yves Abramovicz

 

manif contre le TSCG photo Y. Abramovicz

 

 

30092012-DSC_3082.jpg 

  La suite, sur le site perso de Yves Abramovicz, avec le lien (à compléter...).

 

 

Nous étions entre 60000 et 80 000 à défendre la démocratie et la satisfaction des besoins sociaux et écologiques contre la dictature de la finance à Paris, avec une queue de cortège qui était encore bloquée à Nation quand la tête du défilé était arrivée depuis belle lurette à place d'Italie.

L'ambiance était joyeuse sous un magnifique ciel enseillé. Cétait un niveau de mobilisation important par rapport au contexte de rentrée post-électorale et au fait que c'était une manif de gauche opposée aux décisions d'un gouvernement (censément) de gauche nouvellement élu. 

Et malgré les avertissements de centaines d'économistes, du Front de Gauche, d'EELV, des syndicats et de la gauche de la gauche, malgré des centaines de milliers de pétitions, des dizaines de milliers de manifestants, malgré son engagement précédent à ne pas imposer de nouveau traité européen d'inspiration librérale sans référendum, Ayrault a égrainé une série de mensonges éhontés sur le TSCG à l'Assemblée mardi dernier, et les députés du PS qui se disaient indécis se décident maintenant un à un à voter un texte dont ils disaient bien du mal quand c'était la droite qui le portait derrière les ultra-libéraux sarkozy et Merkel.

Bravo messieurs pour votre indépendance, votre courage, votre sens de la démocratie...

 

QUELQUES PHOTOS "BONUS" D'ISMAËL DUPONT:

 

manif TSCG photos Ismaël 001

 

 

manif TSCG photos Ismaël 003

 

manif TSCG photos Ismaël 005

 

manif TSCG photos Ismaël 007

 

manif TSCG photos Ismaël 011

manif TSCG photos Ismaël 013

manif TSCG photos Ismaël 014

manif TSCG photos Ismaël 015

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 18:24

 

Dans le Finistère et la région de Morlaix, l'emploi, les salaires et les conditions de travail sont sacrifiés sur l'autel de la rentabilité et de concurrence très faussée du libéralisme : c'est inacceptable!

 

Leur course à la compétitivité, on sait ce que ça veut dire: saigner les travailleurs ou les jeter comme des malpropres pour augmenter les profits de quelques-uns!

 

Le Front de Gauche soutient les résistances et les mobilisations du mouvement social: il faut sortir de l'impuissance face à la multiplication des plans sociaux et à la casse des droits des salariés.

 

Chez Brittany Ferries, la direction et les actionnaires n'ont pas hésité à affamer les salariés en décrétant un blocage au port des ferrys tant que les organisations syndicales ne signaient pas sous la contrainte et le chantage un accord prévoyant une augmentation du temps de travail et un coup de rabot sur les congés pour gagner moins (155€ de perte de revenus pour un salarié gagnant 1490€ net par mois). Ces exigences sont révoltantes: les difficultés financières étaient temporaires et la régression sociale est définitive dans cette compagnie où les collectivités investissent beaucoup. En réalité, les pertes d'argent de la compagnie maritime bretonne s'expliquent par les conséquences de la crise financière de 2008 qui a fait baisser le cours de la livre sterling et surtout par le manque d'harmonisation sociale et fiscale au niveau de l'Europe puisque la Britany se trouve exposée à la concurrence de compagnies, anglaises notamment, employant une main d'œuvre sous-payée. La région Bretagne et le Conseil Général doivent investir plus pour permettre à la Britanny Ferries de refaire surface tout en ne laminant pas l'emploi et les droits des salariés: mais sera t-il encore possible de le faire avec le gel des dotations d'Etats lié au TSCG et à la politique d'austérité?

 

Chez Brit Air aussi, on réduit les coûts salariaux à travers des suppressions de postes et la précarisation des statuts au nom de la reconquête de la compétitivité. Les actionnaires et la direction d'Air France veulent réorganiser et regrouper les filiales pour faire plus de profits dans un contexte où la concurrence est féroce dans un monde du transport aérien financiarisé, déréglementé et soumis à la pression de l'augmentation du cours du carburant. A Morlaix, ce sont 121 emplois qui pourraient être détruits. Avec quelle conséquence économique et sociale pour notre région qui connaît déjà un des taux de chômage parmi les plus forts du Finistère? Là encore, que fait le gouvernement? Rien. Rappelons que c'est le gouvernement Jospin qui, sous l'influence des injonctions du Commissaire Européen à la Concurrence Mario Monti, le nouveau directeur de la BCE, ont privatisé Air France en 1999. Depuis, la compagnie n'est gérée que dans une logique capitaliste de rentabilité maximale pour l'actionnaire. L'existence des compagnies aériennes régionales, la décentralisation du transport aérien, sont un plus pour l'aménagement du territoire: il faut les défendre!

 

Chez Gad, à Lampaul-Guimiliau, 97 postes d'intérimaires sont supprimés (plus 52 à Josselin). L'entreprise est en grosse difficulté et bien d'autres emplois encore pourraient être supprimés si rien n'est fait pour l'empêcher. On ne remplace plus les départs à la retraite, on ne renouvelle plus les CDI. Les abattoirs tournent en sous-régime car le porc charcutier se fait rare et plus coûteux. La faute à quoi? Aux logiques spéculatives qui ont fait flamber le coût des aliments pour les élevages après 2007, quand les céréales et les aliments d'élevage en général sont devenus une valeur refuge de la finance. La faute aussi à la grande distribution qui refuse la baisse de ses marges. La faute enfin aux orientations libérales de l'UE qui rendent possible un dumping social terrible, les abattoirs allemands notamment employant une main d'œuvre d'Europe de l'est payée des clopinettes.

 

 

Dans le pays de Morlaix, l'artisanat, le secteur du bâtiment, et le petit commerce sont aussi soumis à rude épreuve en ce moment à cause de la baisse de la demande liée à l'austérité, à la hausse du chômage et à la stagnation ou même la réduction du pouvoir d'achat imposée à la majorité des salariés.

 

 

Le Front de Gauche soutient la mobilisation des syndicats et du monde du travail le 9 octobre pour la défense de l'industrie et de l'emploi à travers une autre répartition des richesses produites par les travailleurs. Une manifestation est prévue à Rennes: il faudra y être nombreux.  

 

Nous réaffirmons la nécessité de placer l'humain avant les profits:   

- du SMIC à 1700 € brut (très loin de l'augmentation ridicule consentie par le gouvernement) et d'une revalorisation significative des minima sociaux et des retraites.

- du retour à la retraite à 60 ans à taux plein pour tous

- de donner de nouveaux droits aux salariés dans la gestion des entreprises.

- de voter une loi contre les licenciements boursiers et d'encourager la reprise par les salariés de leur entreprise sous forme coopérative en cas de décision de désengagement des actionnaires.

 

front de Gauche Morlaix

 

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 13:53

2012-10-02manif-austerite.jpg

 

 

Depuis 2008, l'Union européenne (UE) fait face à une crise économique sans précédent. Contrairement à ce que prétendent les économistes libéraux, cette crise n'est pas due à la dette publique. Ainsi, l'Espagne et l'Irlande subissent aujourd'hui les attaques des marchés financiers alors que ces pays ont toujours respecté les critères de Maastricht. La montée des déficits publics est une conséquence de la chute des recettes fiscales due en partie aux cadeaux fiscaux faits aux plus aisés, de l'aide publique apportée aux banques commerciales et du recours aux marchés financiers pour détenir cette dette à des taux d'intérêt élevés.

La crise s'explique également par l'absence totale de régulation du crédit et des flux de capitaux aux dépens de l'emploi, des services publics et des activités productives. Elle est entretenue par la Banque centrale européenne (BCE) qui appuie sans conditions les banques privées, et exige à présent une "stricte conditionnalité" d'austérité des Etats lorsqu'il s'agit de jouer le rôle de "prêteur en dernier ressort".

En outre, cette crise est aggravée par le dumping fiscal intra-européen et l'interdiction qui est faite à la BCE de prêter directement aux Etats pour des dépenses d'avenir, au contraire des autres banques centrales dans le monde comme la Federal Reserve américaine. Enfin, la crise est renforcée par l'extrême faiblesse du budget européen et son plafonnement au taux ridiculement bas de 1,24 % du PIB.

François Hollande, après s'être engagé pendant la campagne à renégocier le traité européen, n'y a en fait apporté aucun changement, et choisit aujourd'hui de poursuivre la politique d'austérité entamée par ses prédécesseurs. C'est une erreur tragique. L'ajout d'un pseudo-pacte de croissance, aux montants réels dérisoires, s'accompagne de l'acceptation de la "règle d'or" budgétaire défendue par Merkel et Sarkozy qui condamnera toute logique de dépenses publiques d'avenir et conduira à mettre en place un programme drastique de réduction de l'ensemble des administrations publiques.

En limitant plus que jamais la capacité des pays à relancer leurs économies et en leur imposant l'équilibre des comptes publics, ce traité est porteur d'une logique récessive qui aggravera mécaniquement les déséquilibres actuels. Les pays qui souffrent de l'effondrement de leur demande intérieure seront amenés à réduire plus fortement encore leur demande publique. Alors que plusieurs Etats membres sont déjà en récession, cela menacera davantage l'activité et l'emploi, donc les recettes publiques, ce qui creusera in fine les déficits. Ainsi, l'OFCE prévoit déjà 300 000 chômeurs de plus en France fin 2013 du seul fait de l'austérité. A moyen et à long terme, cela hypothéquera la transition sociale et écologique qui nécessite des investissements considérables.

Au nom d'une prétendue "solidarité européenne", le traité organise de fait la garantie par les Etats des grands patrimoines financiers privés. Il grave dans le marbre des mesures d'austérité automatiques, imposées aux représentants des peuples, en contraignant leurs décisions budgétaires, dictées par une instance non élue.

Le Mécanisme européen de stabilité (MES), institution antidémocratique par excellence, pourrait proposer des prêts à des taux un peu moins élevés (5 % en moyenne). Mais ces prêts seraient conditionnés à l'application d'une austérité drastique imposée aux peuples ! La garantie publique des investisseurs privés ne fait qu'encourager la spéculation, alors qu'il faudrait lui briser les reins en sortant de leurs mains la dette publique. Le constat est sans appel : l'austérité est à la fois injuste, inefficace et antidémocratique.

Nous pouvons faire autrement. L'avenir de l'Europe mérite un débat démocratique sur les solutions de sortie de crise. Une expansion coordonnée de l'activité, de l'emploi et des services publics serait aujourd'hui possible en Europe.

Pour que l'UE mette en oeuvre cette politique, il est urgent de réformer et de démocratiser ses institutions. Un Fonds européen de développement social et écologique, à gestion démocratique, pourrait accentuer cette dynamique. De plus, l'UE pourrait mettre en place un contrôle de la finance.

Les défis sociaux et écologiques sont immenses. Il est possible de défaire le sombre bilan des politiques libérales d'une France qui comprend 5 millions de chômeurs et 10 millions de pauvres. Pour s'en donner les moyens, il faut briser l'étau des marchés financiers et non leur donner des gages. C'est pourquoi nous refusons la ratification du traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance.

 

Un collectif de plus de 120 économistes  

 

Cette tribune est cosignée par plus de 120 économistes, dont Dominique Taddéi, Frédéric Lordon, Jacques Généreux, Paul Jorion, André Orléan, Jean Gadrey, Jean-Marie Harribey, Bernard Friot, Dominique Plihon, Guillaume Etievant et Jacques Rigaudiat, Michel Husson 

 

Liste complète des signataires:

  • Louis Adam, commissaire aux comptes,
  • Matthieu Agostini, expert RSE,
  • Pierre Alary, maître de conférences, Université Lille 1,
  • Daniel Bachet, professeur, Université d’Evry,
  • Emmanuel Barret, expert, banque d’investissement,
  • Philippe Batifoulier, maître de conférences, Université Paris 10,
  • Michel Bellet, professeur, Université de Saint-Etienne,
  • Nicolas Beniès, économiste, université populaire de Caen,
  • Matthieu Béraud, maître de conférences, Université de Lorraine,
  • Eric Berr, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
  • Jacques Berthelot, INP Toulouse,
  • Pierre Bezbakh, maître de conférences, Paris IX-Dauphine,
  • Pierre Bitoun, INRA,
  • Frédéric Boccara, maître de conférence associé, Université Paris XIII,
  • Paul Boccara, maître de conférence honoraire, université de Picardie,
  • François Bojzcuk, conseiller en développement socio économique des territoires,
  • Serge Bornet, agrégé SES,
  • Marc Bousseyrol, maître de conférences, IEP de Paris,
  • Mireille Bruyère, maître de conférences, Toulouse 2,
  • Claude Calame, directeur d’étude, EHESS, Paris
  • Christophe Carrincazeaux, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
  • Pierre Causse, économiste,
  • David Cayla maître de conférences, Université d’Angers,
  • Christian Celdran, administrateur civil honoraire,
  • Gabriel Colletis, professeur, Université de Toulouse 1,
  • Christian Corneliau, économiste, EHESS,
  • Laurent Cordonnier, maître de conférences, Université Lille 1,
  • Jacques Cossart, économiste,
  • Yves Dimicoli, économiste, ancien membre du conseil ďanalyse économique,
  • Vanessa Di-Paola, maître de conférences, Université d’Aix-Marseille
  • Jean-Paul Domin, maître de conférences, Université de Reims,
  • Alain Dontaine, Université Stendhal-Grenoble,
  • Ali Douai, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
  • Denis Durand, économiste, membre du Conseil économique, social et environnemental,
  • Jean-Marc Durand, économiste,
  • Guillaume Etievant, expert économique auprès des CE,
  • David Flacher, maître de conférences, Université Paris 13,
  • Mathieu Forgues, professeur agrégé de SES,
  • Anne Fretel, maître de conférences, Université Lille 1,
  • Bernard Friot, Université Paris-X, institut européen du salariat,
  • Maryse Gadreau, professeur émérite, Université de Bourgogne,
  • Jean Gadrey, professeur, Université Lille I,
  • Véronique Gallais, économiste,
  • Jacques Généreux, professeur, IEP de Paris,
  • Ariane Ghirardello, maître de conférences, Université Paris 13,
  • Patrick Gianfaldoni, maître de conférences, université d’Avignon et des Pays de Vaucluse,
  • Jean-Pierre Gilly, professeur, Université de Toulouse 1
  • Bernard Guerrien, SAMM, Centre d’économie de la Sorbonne,
  • Alain Guéry, Histoire économique, CNRS
  • Bernard Guibert, économiste-statisticien,
  • Hector Guillen-Romo, université Paris 8,
  • Ozur Gun, maître de conférence, université de Reims,
  • Jean-Marie Harribey, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
  • Michel Husson, économiste,
  • Sabina Issehnane, maître de conférences, Université Rennes 2,
  • Florence Jany-Catrice, professeur, Université Lille 1
  • Esther Jeffers, maître de conférences, Paris 8
  • Paul Jorion, titulaire de la chaire « Stewardship of Finance » à la Vrije Universiteit Brussel,
  • Andrée Kartchevsky, professeur, université de Reims,
  • Pierre Khalfa, syndicaliste, membre du Conseil économique, social et environnemental,
  • Thierry Kirat, directeur de recherche au CNRS, Paris Dauphine
  • Robert Kissous, statisticien économiste,
  • Agnès Labrousse, maître de conférences, Université de Picardie,
  • Stéphanie Laguérodie, maître de conférences, Paris 1,
  • Dany Lang, maître de conférences, Université Paris 13,
  • Catherine Lebrun, économiste,
  • Cécile Lefevre, professeur, Université Paris Descartes,
  • Pierre Le Masne, maître de conférences, Université de Poitiers
  • Philippe Légé, maître de conférences, Université de Picardie,
  • Pierre Lévy, maître de conférences, Université Paris Dauphine,
  • Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS,
  • Jérôme Maucourant, maître de conférences, Université Jean Monnet - IUT de Saint-Etienne
  • Jean Magniadas, membre honoraire du Conseil économique et social,
  • Marc Mangenot, économiste,
  • Jonathan Marie, maître de conférences, Université Paris XIII,
  • Christiane Marty, économiste,
  • Pierre Mascomère, actuaire,
  • Gustave Massiah, économiste,
  • Antoine Math, économiste,
  • Thierry Méot, statisticien-économiste,
  • Nicolas Meunier, économiste,
  • Sandrine Michel, maître de conférences, Université Montpellier 1
  • Catherine Mills, maître de conférences, Université Paris 1,
  • Matthieu Montalban, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
  • Alain Morin, directeur de la revue Economie et Politique,
  • François Morin, professeur, Université Toulouse 1,
  • Nolwenn Neveu, professeur agrégé de SES,
  • Alain Obadia, membre du Conseil économique social et environnemental
  • André Orléan, directeur de recherches, CNRS-EHESS,
  • Fabienne Orsi, IRD,
  • Gilles Orzoni, économiste,
  • Bernard Paranque, économiste, euromed management,
  • Pascal Petit, économiste, université Paris 13,
  • Henry Philipson, économiste,
  • Dominique Plihon, professeur, Université Paris 13,
  • Jean-François Ponsot, maître de conférences, Université Grenoble 2,
  • Nicolas Prokovas, maître de conférences, Université Paris 13,
  • Christophe Ramaux, professeur, Université Paris 1
  • Gilles Rasselet, professeur, Université de Reims,
  • Frédéric Rauch, rédacteur en chef de la Revue Economie et Politique,
  • Gilles Raveaud, Institut d’Etudes Européennes, maître de conférence Paris 8 St-Denis,
  • Jacques Rigaudiat, ancien conseiller social des Premiers ministres Rocard et Jospin,
  • Bertrand Rothé, professeur agrégé d’économie gestion, Université de Cergy Pontoise,
  • Gilles Rotillon, professeur, université Paris X,
  • Jean-Marie Roux, économiste,
  • Catherine Samary, maître de conférences, Paris Dauphine,
  • Bertrand Seys, maître de conférences Télécom Bretagne,
  • Richard Sobel, maître de conférences Université Lille 1,
  • Bernard Sujobert, statisticien-économiste,
  • Dominique Taddéi, ancien président d’université, ancien Président de la Caisse des dépots et consignations,
  • Bernard Teper, économiste,
  • Bruno Tinel, maître de conférences, Université Paris I,
  • Stéphanie Treillet, maître de conférences des universités,
  • Sébastien Villemot, économiste,
  • Philippe Zarifian, professeur, Université Paris Est-Marne la vallée.

 

 

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 19:11

front de Gauche Morlaix 

 

 

 Samedi 13 octobre à Ploujean

RENCONTRES

DU FRONT DE GAUCHE

Pays de Morlaix

 

 

Bonjour, à toutes et à tous,

 

Depuis la création, début 2009, du Front de Gauche, la crise économique, sociale et écologique s’est encore aggravée dans l’ensemble de l’Europe. En France, l’espoir suscité par la défaite de Sarkozy a fait place à l’inquiétude et à la colère. Les plans sociaux se multiplient, laissant de plus en plus de gens sur le carreau. Le gouvernement de François Hollande mène une politique de rigueur qui en refusant de s’en prendre réellement aux privilèges de certains, renforce les inégalités et fragilise les services publics. Ainsi, il accepte un pacte budgétaire européen économiquement stupide et socialement insupportable pour les populations les plus menacées. L’austérité pour les uns, les supers bénéfices pour les autres, les puissants, les rois de la finance et les patrons du CAC 40 !

 

Depuis 2009, le Front de Gauche s’est installé au cœur des luttes et des résistances. Avec son programme L’humain d’abord  et la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, il tente de réinventer autre chose à gauche en s’appuyant sur l’implication populaire. Au-delà des huit organisations politiques qui le composent aujourd’hui, le Front de Gauche appelle les citoyen-nes, les salarié-es, les jeunes, les chômeurs, les immigré-es à se mobiliser et à s’organiser pour leurs droits et leurs revendications. L’attente est immense, le besoin d’unité aussi pour imposer des solutions à la crise qui aillent dans le sens du progrès social et d’un authentique renouveau démocratique.

 

C’est pourquoi, les militant-es du Front de Gauche du Pays de Morlaix, vous invitent à les rencontrer et surtout à vous exprimer lors des Rencontres organisées le samedi 13 octobre 2012 à la salle socio culturelle de Ploujean.

 

 14h : Accueil

 

14h 30 à 18h 30 : Trois ateliers pour l’échange et la discussion

 

Atelier 1 : Comment agir pour ne pas subir la situation sociale et politique,

quelles réponses possibles à la crise ?

 

Atelier 2 : Face à la démocratie confisquée, comment reprendre le pouvoir et

avancer vers la VIe République ?

 

Atelier 3 : Le Front de Gauche, comment ça fonctionne, à qui doit-il être utile et

pourquoi ?

 

18h 30 : Apéritif offert

 

19h : Repas payant 10 € pour les adultes et 5 € pour les enfants

(réservation possible et souhaitée…)

 

20h 30 : Soirée musicale et en chansons (sociales et engagées) en compagnie de « La Souris Noire », du « Cabaret mécanique » de Claude Bonnard et de la musique bretonne de Dominique et Joël Corre.

 

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------Pour réserver votre repas du 13 octobre ou tout simplement nous contacter, vous pouvez téléphoner au : 06 20 90 10 52 ou bien par mail écrire à : frontdegauchemx@gmail.com

 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 18:38

A l'appel du Front de Gauche, du NPA, d'Europe Ecologie les Verts, d'Attac, de la FSU et du Collectif pour un Audit de la Dette, des dizaines de personnes se sont réunies samedi pour la seule manifestation finistérienne contre le TSCG et pour une Europe de démocratie et de solidarité, un prélude "familial" et malheureusement trop peu suivi à la grande manifestation parisienne du 30 septembre contre l'austérité et le pacte budgétaire.  Merci à Yves Abramovicz et Stephane Chartrain pour l'album photo de ce rassemblement qui en annonce d'autres plus importants.

manif-TSCG-29-septembre-2012-Morlaix 2829 (2)

 

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manif TSCG Morlaix 1

 

 

 

  manif-TSCG-29-septembre-2012-Morlaix 2835

  Manif TSCG Morlaix 3

 

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 11:21

manifestons-le-30-septembre-2012-contre-le-TSCG.jpg

 

16 personnes partiront de Morlaix dans le car affrété par le "collectif citoyen pour un audit de la dette" de Brest.

 

Ce samedi à 14h, rendez-vous est pris devant la mairie de Morlaix pour tous ceux qui ne sont pas décidés à se laisser imposer l'austérité, le recul social et démocratique avec le TSCG.

 

Ne nous laissons pas faire, ne les laissons pas enterrer l'idée européenne à force de fuite en avant libérale.

 

Manifestons pour un référendum sur le TSCG et contre ce pacte des rapaces voulu par Merkel, Sarkozy, Barroso pour mettre à genou les peuples et leur faire porter tout le poids de la crise financière de 2008!   

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 18:17

Stephane Chartrain, notre camarade de la Gauche Anticapitaliste, est l'auteur de ces belles photos:  https://plus.google.com/photos/115331323294853051400/albums/5792608967406216513?authkey=CNjSibG6g6G-dg  

Elles témoignent de cette soirée poignante dans laquelle Salah Hamouri, avec le président de son comité de soutien et Claude Léostic, présidente de l'Association France-Palestine Solidarité, a raconté les conditions d'enfermement et la lutte pour rester debout des prisonniers politiques palestiniens, victimes d'une armée et d'un Etat coloniaux qui violent quotidiennement le droit international, y compris les accords d'Oslo sur le sort des prisonniers politiques et des prisonniers de guerre.   

Les Palestiniens arrêtés sont torturés psychologiquement, humiliés, séparés de leurs familles pendant des mois ou des années. Les enfants ne sont pas épargnés. Ils sont des centaines, à partir de 15 ans, dans les geôles israéliennes. Le tribunal militaire règne, qui ne délivre qu'une parodie de justice.

Salah, bien que citoyen français (sa mère est de Bourg-en-Bresse) a été complètement dédaigné par la présidence Sarkozy qui n'a fait peser aucune pression sur les Israéliens alors qu'aucune preuve ou commencement de preuve ne permettait d'établir qu'il voulait accomplir un attentat contre un rabbin d'extrême-droite. Il a donc passé injustement des années en prison et en sort avec la détermination de servir ses compatriotes soumis au joug israélien en devenant avocat et en commençant ici et maintenant à réveler les manquements élémentaires à l'humanité et au droit des israéliens. Son message est nullement celui de la victimisation plaintive: c'est celui de la résistance.

Pour qu'on ne puisse plus jamais dire que "la Palestine est une terre sans peuple pour un peuple sans terre", ou du moins, c'est nous qui rajoutons, pas que pour lui.  

 

Yves Abramovitcz, de l'AFPS, a également réalisé, en plus d'un montage photo sur les prisonniers politiques palestiniens projeté le soir de la venue de Salah Hamouri, un reportage photo sur cette soirée. Je vous mets le lien avec son album:

 

Vous êtes invité à voir l'album photo de YVES ABRAMOVICZ intitulé : Salah à Brest

 

Voir aussi cette relation d'un exemple de plus de la partialité de la plupart des médias français envers Israël. Il s'agit en l'occurence de la très impertinente chaîne de télé Canal + et de son "Vrai journal": http://www.france-palestine.org/J-etais-au-Grand-Journal-de-Canal

 

 

salah Hamouri

Salah HamouriSalah Hamouri et le président de son comité de soutien

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 17:08

Nous donnons ici lecture de quelques extraits choisis du stimulant rapport de Patrice Bessac introduisant aux travaux qui vont préparer le 36e congrès du PCF, qui aura lieu début février 2013.

 

 

Chacun, chacune a conscience que la période nécessite un grand travail collectif. Les problèmes sont nombreux, la difficulté immense et le combat, d'une grande brutalité. Ce rapport veut s'essayer à ouvrir quelques réflexions pour la préparation de notre Congrès. Ainsi, il ne reflète pas une quelconque ligne prédéterminée mais plutôt une tentative personnelle, nourrie d'échanges, de soulever quelques enjeux sans préjudice de notre débat commun. Les choses sont ainsi faites qu'exprimer sa pensée propre, ce n'est pas servir un filet d'eau tiède. Donc j'y vais.

C'est fini. C'est fini. Le cycle de la crise des mouvements critiques du capitalisme est fini. Vingt ans, trente ans de domination du capitalisme libéral, de convulsions pour le mouvement communiste et transformateur: tout cela est fini.

Le fait majeur est la crise du capitalisme mondialisé, sa crise économique et, au-delà, la crise du modèle de civilisation issu de la contre-révolution libérale des années 1970.  C'est fini. l ne s'agit plus de tenir, il s'agit d'avancer, de conquérir, de s'arracher à la gangue, aux sédimentations de plus de trente années de recul pour prendre vingt ans d'avance. Il nous appartient de prendre vingt ans d'avance, d'avoir la même ambition que les économistes libéraux eurent dans les années 1970: changer les bases culturelles, idéologiques, politiques du monde actuel. Si une longue et dure phase historique se referme, chacun mesure pour autant les dangers de la nouvelle pèriode: les risques de nouvelles barabaries comme d'une avancée possible des forces révolutionnaires. Nous sommes à la fois devant des changements de longue portée et dans l'urgence.

Ainsi, nous vous proposons que le congrès d'Aubervilliers manifeste par un texte fondateur cette ambition. Il s'agit, au fond, de proposer une vision unificatrice de notre projet, de notre stratégie, de notre conception du Parti et de l'action politique. Ainsi, si chacun sait que le caractère historique d'un congrès ne procède pas du décret, c'est pourtant cela que nous devons viser. Que nos décisions, que nos actes, que notre analyse, que notre travail unifient et fondent un regard complet sur les vingt ans qui sont devant nous.

Alors que notre stratégie de rassemblement, le Front de Gauche, alors que notre parti, le Parti communiste français, ont enregistré au plan des résultats électoraux et de notre effectif des avancées considérables, nous pourrions nous reposer dans la molle satisfaction de nos quelques réussites. Nous vous proposons exactement le contraire. Nous vous proposons d'accélerer, de franchir des étapes, de marquer des ruptures. Nous vous proposons donc que le Congrès soit une Révolution dans l'ordre de notre pensée et de nos pratiques pour répondre à la guerre sociale que livre le capital aux peuples et qu'il réponde à une seule question: Comment être utile au peuple, à la France, à l'Europe, à l'humanité? Ainsi, et sans préjuger de nos décisions communes, je veux évoquer devant vous quelques idées. Je le ferai, je vous l'ai dit, sans filet, en considérant qu'il vaut mieux jeter quelques idées que ne rien dire du tout.

 

D'abord dans l'ordre de la culture.

La réduction du champ de l'activité des partis à l'activité électorale telle que voulue par nos institutions est une réduction de la politique elle-même. Nos institutions, en asservissant progressivement les partis à leur service exclusif, ont agi comme des réducteurs de tête. Elles affaiblissent les fonctions culturelles, sociales, intellectuelles de la politique pour n'en garder que l'activité de représentation dans une démocratie devenue d'opinion. Or c'est la culture, ce sont les représentations qui forment le soubassement de la conquête du pouvoir. La question de l'hégémonie culturelle est donc le point de départ nécessaire de toute réflexion.

 

Déracialiser le débat français: le choix des Lumières

Le fait marquant et en accélération constante depuis les années 1980 est la racialisation du débat politique français. A droite, on ethnoculturalise la francité autour de la blancheur et de la chrétienté; à gauche, comme dans un miroir, on procède à la même ethnoculturalisation de la société française, cette fois en positif. Ainsi, la gauche assume des catégories telles que la diversité qui pose, circonscrit et valide de fait l'existence de groupes religieux, ethniques ou raciaux qu'il s'agit de discriminer positivement. La campagne de 2012 aura constitué une nouvelle accélération en ce sens.(...).

Ce mouvement est sans fin. Et il répond à un besoin profond du capitalisme dans la situation actuelle: reformuler le social pour le désintégrer, c'est la réplique interne du choc des civilisations. Les individus sont enfermés dans des politiques identitaires. Elles agissent de manière performative: à chaque fois que l'on crée une manière de classer les individus, ils y entrent! Cette situation est potentiellement mortelle pour la société et pour le mouvement de transformation sociale. La déracialisation du débat politique français, la suppression des politiques identitaires, en bref le retour aux Lumières, c'est à dire à la seule reconnaissance des individus libres, souverains et égaux dans la République est un axe majeur de reconquête. Il faut jeter par dessus bord et dans le même mouvement les politiques d'assimilation, d'intégration ou les politiques multiculturelles pour entrer dans un processus historique qui brisera le lien de la citoyenneté des sociétés modernes avec l'ethnomorphisme, c'est à dire l'association d'une couleur de peau, d'une culture et d'une origine supposée à une citoyenneté - les grands blonds sont norvégiens, les gens typés viennent d'ailleurs, les musulmans sont des immigrés...

Notre vocation est d'établir l'égalité des citoyens de la République sans considération d'origine ou d'appartenance supposées. Ce qui caractérise les cultures, contrairement à ce que pensent les ethno-bobos, ce n'est pas leur permanence, c'est leur capacité de dialogue et de transmutation. Les politiques identaires, fussent-elles de gauche et pavées de bonnes intentions, ne sont en réalité qu'un des avatars de la période coloniale, une négation organisée de l'égalité. Il s'agit donc de défendre un universalisme abouti, c'est à dire ne cédant pas à l'hypocrisie qui consiste à nier et à entretenir les inégalités de genre, d'orientation sexuelle, de discriminations fondées sur des origines supposées au nom d'une égalité fantasmée. Un universalisme de combat qui, dans un contexte de régression identitaire, affirme, développe et rend effective l'unité du genre humain.(...).

 

La politique de classe contre les politiques racialistes

Cette reformulation du social par la gauche puis par la droite a eu comme effet de laisser en déshérence la question sociale. Lors de sa campagne en 2007, Nicolas Sarkozy a été un ingénieur doué de la dignité des travailleurs et des travailleuses. Or, à l'issue de la période que j'ai décrite, le travail n'est plus un marqueur de gauche: c'est un marqueur de droite dans le discours politique. Je rappelle que Marine Le Pen a totalisé 29% du vote ouvrier au premier tour de l'élection présidentielle, François Hollande 27% (Lionel Jospin avazit totalisé 13% en 2002) et Jean-Luc Mélenchon 11% du vote ouvrier. Et il est frappant de constater que la perte de centralité du travail dans le discours de la gauche correspond à sa propre impuissance à résoudre la question du chômage. La gauche s'est désaffiliée de sa relation aux travailleurs, a détourné son regard des questions sociales et de classe à mesure qu'elle perd l'ambition d'un réel changement économique. Les résultats électoraux de premier tour sont sans appel: la gauche est plus forte là où le peuple est le moins présent. (...).  

Le rapport avec le Congrès est le suivant: comment nos discours s'agissant des trois grandes sphères de la société - la sphère nationale en liaison ouverte avec l'Europe et le monde, la sphère économique et sociale et la sphère démocratique - cessent d'agir chacun de manière autonome pour résonner en écosystème, en ensemble unificateur, en opérateur de valeurs, de lutte et d'action? Sur ce sujet, mon hypothèse est la suivante: l'entrée dans une nouvelle période historique ne concerne pas que nous. Cela affecte l'ensemble du champ mobilisable: intellectuel, syndical, populaire. Et le problème n'est pas tant de leur faire signer des appels électoraux que de leur donner un espace de travail réel. Ainsi, j'ai la conviction qu'il faudrait décider de créer une coopérative de travail, qui échappe aux problèmes de pouvoir immédiat et de débat politique dans le Front de Gauche. Il faut un lieu de renaissance pour la pensée révolutionnaire avec l'aide des différents organismes existants qui dépasse le fractionnement. D'une certaine manière, l'Appel des économistes attérés ou l'Appel des appels participent de cette recherche. Mais un saut qualitatif doit être fait.

Comme à de grands moments de l'histoire du PCF, l'anticolonialisme, le Front populaire, la Résistance, nous devrions prendre rendez-vous avec l'Histoire et déclencher le mouvement nécessaire de travail pour la pensée et l'action communiste et de transformation sociale.

 

A présent, quelques remarques dans l'ordre de la politique et de notre stratégie de rassemblement, le Front de Gauche

Comment  être utiles au peuple et à la France, à l'Europe et à l'humanité? Je traiterai la question de nos rapports avec la majorité gouvernementale puis de notre stratégie de rassemblement, le Front de Gauche.

La première question est: au nom de quoi, de qui parlons-nous? En d'autres termes, au nom de la gauche ou d'une partie de la gauche ou au nom des intérêts de notre peuple et de notre pays? Cette question n'est pas anodine, car il me semble que la posture politique, c'est à dire nos rapports avec la majorité gouvernementale, doivent passer au second plan par rapport à notre objectif premier: l'intérêt général. L'interview de François Hollande dimanche dernier marque l'atterrissage entre une tactique électorale, la fameuse guerre à la finance, et la réalité de sa stratégie économique, l'austérité et l'espérance d'un retour de la croissance en 2014. L'expression du Premier ministre appelant à un "choc de compétitivité" est de ce point de vue effrayante de clarté. Je ne reviendrai pas... sur les effets d'une telle politique. Je veux juste faire la remarque suivante: la situation est dangereuse, les conséquences sociales seront dures, les conséquences politiques potentiellement dramatiques.

Ainsi, nous sommes face à nos responsabilités. Déclarons-nous l'affaire entendue et adoptons-nous la posture du combat désespéré et de l'attente d'un pouvoir futur? Ou cherchons-nous à inverser la situation? En 2005, si nous avions fait l'hypothèse d'un rapport de force immuable, nous aurions bloqué les possibilités de mouvement de l'électorat socialiste vers le Non. Il faut donc considérer qu'un mouvement est possible parmi l'électorat socialiste, de gauche, populaire, parmi un certain nombre de dirigeants de la social-démocratie vers le refus de l'austérité et pour une autre politique. La Chine, les Etats-Unis d'Amérique, notre continent et leurs dirigeants sont tous face à ce problème: nous sommes à l'heure des grandes transformations, de la nécessité d'un basculement radical du système économique mondial et cette perspective provoque une reprise en main tout aussi radicale et autoritaire des forces du capital sur les principaux leviers de gestion de l'économie. Alors comment être utiles? C'est la seule question. Comment être utiles pour contribuer à l'accouchement d'une politique nouvelle? Commnt battre l'austérité comme seule réponse? A cette aune, la question du rapport au gouvernement actuel est seconde. Le problème n'est pas de faire arbitrer un match entre le Parti socialiste et le Front de Gauche, mais de faire arbitrer deux choix politiques: l'austérité ou le développement. C'est dans ces conditions, me semble t-il, que nous devons aborder à la fois nos rapports avec le gouvernement et l'avenir du front de gauche.

 

L'avenir du Front de gauche: un nouveau front populaire

J'y viens donc. Avec le Front de gauche, la séquence politique qui vient de se clore a permis une avancée spéctaculaire: le retour des forces critiques du capitalisme sur la scène politique. Nous sommes de retour, nous sommes à nouveau dans le match. Mon sentiment est que le plus difficile commence. Car il ne s'agit plus d'unir des familles, des militantes et des militants dispersés par la longue histoire. Il s'agit à présent de poursuivre un déploiement qui dépasse nos frontières actuelles, de viser une hégémonie culturelle nouvelle. Et à partir de cet instant, la vitalité de notre rapport avec le monde salarié, aux syndicalistes, aux intellectuels, à la création, aux citoyens sur l'ensemble du territoire se pose avec cette ambition à l'esprit. Car ce n'est plus seulement un problème d'en haut, un problème électoral, un problème d'efficacité de la parole médiatique, c'est un problème d'en bas /en haut, de développer le Front de gauche en dépassant les hiérarchies institutionnelles.(...).

J'ai évoqué dans la partie précédente l'hypothèse d'une coopérative. Cela ne résout que la partie que j'ai appelée culturelle du problème. Reste l'organisation du travail politique et l'association à un niveau local et national de ces forces disponibles. Un équilibre imparfait a été trouvé entre le rapport des forces politiques entre elles et le Conseil National de campagne durant l'élection présidentielle... Le Front de Gauche, dans sa forme et son fonctionnement actuel, n'est pas le début et la fin de tout. Nous entendons qu'il continue d'être un mouvement qui agrège, qui rassemble les forces mobilisées contre l'austérité et pour une sortie de crise sociale et démocratique. Ainsi, il s'agira de préparer aussi les futures échéances sans esprit conservateur mais avec l'idée d'un Front de Gauche en mouvement...".    

 

Patrice Bessac        

     

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 05:50

Ce communiqué unitaire basé sur la déclaration nationale unitaire du Collectif pour un Audit de la Dette a été envoyé à la presse (Télégramme et Ouest France) hier:  

 

TSCG: Lettre ouverte à nos Parlementaires, Gwenegan Bui et Jean-Luc Fichet.  

 
François Hollande s'était engagé devant les Français à renégocier le nouveau Traité pour la stabilité, la coopération et la gouvernance, dit aussi Pacte budgétaire, signé en mars dernier par Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui le gouvernement présente pour ratification au Parlement ce même Traité, rigoureusement inchangé.
Le Pacte budgétaire interdit les déficits publics et donne aux instances européennes des pouvoirs de sanction inédits contre les pays en difficulté. Dans l’espoir de rassurer les créanciers et les spéculateurs, il impose aux États une austérité perpétuelle sans apporter aucun remède aux causes réelles de la crise: la concurrence effrénée au sein de la zone euro et la domination des marchés financiers. Ce Pacte va aggraver le chômage et bloquer toute amorce de transition écologique. Les très maigres mesures « pour la croissance » adoptées par le Conseil européen fin juin n’y changeront rien.
Si la construction européenne devait se poursuivre contre les intérêts et la volonté des peuples, elle n’y survivra pas, pas plus que la démocratie. C’est pourquoi nous vous demandons de voter contre le Pacte budgétaire. Votre vote, et le rejet du Traité par la France, permettraient de rouvrir le débat pour réorienter l’Europe.
 
Parce que le rejet de ce traité budgétaire est une condition de possibilité pour toute politique progressiste dans les années à venir, le Front de Gauche, Europe Ecologie Les Verts, le NPA, ATTAC, le Collectif pour un Audit de la dette et la FSU seront ensemble sur le marché de Morlaix le samedi 29 septembre pour alerter la population et faire signer une pétition contre l'adoption du TSCG.
 
Samedi 14 à 14h, nous appelons les citoyens qui refusent ce Pacte Budgétaire à se rassembler devant la Mairie de Morlaix pour une manifestation colorée précédant la grande manifestation nationale du 30 septembre à Paris contre le TSCG.  

Signé: Front de Gauche, Europe Ecologie les Verts, NPA, FSU, Attac, Collectif pour un Audit de la Dette.



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