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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 18:46

Voici un assez bon bilan critique du bilan du gouvernement depuis 5 ans en matière d'éducation, publié sur le sîte "Place au peuple" à l'occasion des voeux de Sarkozy au monde de l'éducation, qui lui ont donné l'occasion de dire une nouvelle fois son rejet du collège unique, sa préférence pour une orientation professionnelle précoce de la plupart des enfants des milieux populaires, et son mépris des enseignants.

 

Ce jeudi 5 janvier, Nicolas Sarkozy présentait ses vœux au monde de l’éducation. Depuis des années, il est le destructeur conscient et acharné du service public de l’éducation. Par décence, il aurait dû se contenter de s’excuser de cette casse qui menace gravement l’avenir du pays.

Il a d’abord réduit les moyens humains alors que les besoins s’accroissent.

80 000 postes auront été détruits dans l’éducation depuis 2007. Pourtant, comme le notait la cour des comptes en mai 2010, la France affiche déjà le taux d’encadrement le plus faible de l’OCDE, en particulier dans le primaire (5 pour 100 contre 9 pour 100 en Suède ou au Portugal).
L’argument démographique avancé par la droite est de pure fantaisie. Depuis 2007 les inscriptions en primaires ont augmenté en moyenne de 14 000 par an, conséquence logique du dynamisme de la démographie française.
La dégradation du taux d’encadrement est en partie maquillée (37% d’enfants scolarisés avant 3 ans en 2001 contre seulement 13% en 2011) et en partie « absorbée » par la réduction des contenus enseignés (suppression de matière, programmes « allégés » au rabais).

 

Il a travaillé à la casse des statuts.
En imposant aux futurs enseignants une année de plus de formation, à leurs frais, il accroit la sélectivité sociale des métiers de l’éducation. Mais il s’agit aussi de former une « armée de réserve pédagogique » en vue de casser le statut de fonctionnaire d’Etat. En effet, que pourront bien faire tous les titulaires d’un master « métier de l’enseignement », recalés à des concours offrant de moins en moins de places ? De fait, la part de l’emploi précaire n’a cessé de croitre au détriment des conditions d’enseignement.

 

Une politique au service de la marchandisation du savoir.
Le recul du service public vise à créer un grand marché du savoir. Avec Nicolas Sarkozy, les officines de soutiens scolaires ont encore prospéré, bénéficiant toujours d’un avantage fiscal conséquent (50% de déduction d’impôt). Avec la suppression des IUFM, les préparations privées et payantes aux concours de l’Education nationale se sont aussi développées. Enfin, la droite a défendu avec constance les droits de l’enseignement confessionnel. « L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé » affirmait Sarkozy en 2007 à Saint-Jean de Latran. Il a depuis fait tout ce qu’il a pu pour favoriser l’enseignement confessionnel : la circulaire Darcos d’abord, puis de la loi Carle (2009) obligent les communes à financer l’enseignement privé et favorisent le séparatisme social et confessionnel. Le monopole public de la collation des grades universitaires a été abandonné par un accord signé avec le Vatican (janvier 2008). Le « plan banlieue » a entre autres choses servi à créer un fonds de soutien aux établissements privés qui créeraient des classes dans les quartiers populaires. Par ailleurs la ventilation des postes a évolué en faveur du privé, en 2011 ce sont 1200 postes qui ont ainsi été transférés du public au privé.

 

Cette politique de casse est aussi une politique de classe.
En témoignent les inscriptions en baisse au lycée depuis 5 ans toutes filières confondues, en rupture avec l’effort historique de formation du pays, ou la réforme de l’enseignement professionnel (suppression du BEP, bac professionnel en trois ans au lieu de quatre) à l’issue de laquelle plus de jeunes risquent de sortir sans diplôme. Comme toujours, la droite couvre son incurie de poses moralisatrices, en poussant les familles au sauve qui peut individuel (suppression de la carte scolaire, « internats d’excellence » ne concernant que 0,8% des élèves de ZEP) et en blâmant les victimes (loi Ciotti permettant de pénaliser financièrement les familles, dont les enfants sèchent les cours). Il est trop facile d’incriminer les « familles démissionnaires » quand on organise soi-même la démission éducative de l’Etat républicain. C’est en tout cas plus facile que « créer des classes à 15» dans les ZEP (démantelées depuis) comme le promettait le candidat Sarkozy en 2007.

 
Lors de ces vœux, Nicolas Sarkozy a vanté « l’autonomie » qui a pourtant fait tant de dégâts dans l’enseignement supérieur. Son projet pour la présidentielle est d’appliquer le même modèle libéral aux établissements scolaires. Décidément, dans l’éducation comme partout, il est grand temps de tourner la page du sarkozysme pour reconstruire le service public, garant de l’égalité républicaine et de l’émancipation individuelle

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 08:54
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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 23:00

 

FDG Morlaix : Réunion du collectif du 5 janvier 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lors de cette réunion de notre collectif de nombreux points ont été évoqués, des décisions ont été actées concernant notre activité.

 

Je les ai listés ci-dessous en indiquant les décisions prises.

 

Daniel RAVASIO

 

 

FDG : Meeting national - samedi 14 janvier 2012 (Nantes)

Un car partira de Morlaix (rendez-vous à 12h - parking du collège Mendès France, 18 rue Paul Serrusier entre la Madeleine et la zone commerciale de La Boissière) : les inscriptions se feront auprès d’Ismaël DUPONT. 

 A l’issue de la réunion 37 personnes se sont inscrites pour ce déplacement. Il est encore possible de s’inscrire d’ici le 14 janvier (11 places disponibles) 

 Un tract appelant à ce meeting est disponible. Les derniers tracts seront distribués sur le secteur de Lanleya et sur le marché de Morlaix.

Pour le marché de Morlaix le rendez-vous est fixé, samedi 7 janvier, à 9 h 30 devant la mairie.

 

 

FDG Morlaix : assemblée citoyenne autour du thème « la perte d’autonomie, un enjeu de société »

Date et lieu : cette assemblée se tiendra le samedi 18 février 2012 (15 h) à Plouigneau (sous réserve de confirmation de réservation de la salle)

 Intervenant : Christiane CARO, qui avait animé une assemblée citoyenne sur le même thème à la fête de l’Humanité Bretagne, animera cette assemblée

 Responsables de l’organisation : Jean Claude LE FER ; Michel PRIGENT ; François HUON ; Alain DAVID ; Jean DREAN.

 Matériel pour informer et mobiliser :

Un tract sera à confectionner et à distribuer largement.

Une invitation ciblée sera envoyée à des personnes, associations travaillant sur le domaine des personnes âgées.

Les responsables de l’organisation prépareront un projet de tract et de lettre pour la fin janvier au plus tard.

 

 

FDG Morlaix : assemblée citoyenne sur « l’agriculture »

Date prévisionnelle : 1ère

semaine de mars 2012

 Lieu : St Pol de Léon

 Animateurs possibles : Xavier CAMPAIN (Jean Luc LE CALVEZ le contacte) – Joël HELARY – Jean Jacques LABOUS.

 Responsables de l’organisation : les camarades du secteur de St Pol de Léon

 Matériel pour informer et mobiliser

Un tract sera à confectionner et à distribuer largement.

Une invitation ciblée sera envoyée (liste à définir).

Les responsables de l’organisation prépareront un projet de tract et de lettre pour la fin janvier.

 

 

FDG Morlaix : réunion publique « école » - fin mars 2012 – lieu = Morlaix

Date prévisionnelle : fin mars 2012

 Lieu : Morlaix, St martin des Champs (salle Gallouedec) ou Plourin les Morlaix (salle du Cheval Blanc)

 Animateurs possibles : soit on invite un animateur de niveau national soit on autogère l’animation avec les responsables de l’organisation.

 Responsables de l’organisation : Ismaël DUPONT – Julia THATJE – Daniel RAVASIO – Arnaud RANNOU – Daniel CRASSIN

 Matériel pour informer et mobiliser :

Un tract sera à confectionner et à distribuer largement.

Une invitation ciblée sera envoyée

 Les responsables de l’organisation devront se réunir pour organiser concrètement cette assemblée citoyenne.

 

 

FDG Morlaix : réunion publique « Travail – Emploi – pouvoir d’achat » - début avril 2012 – lieu = canton de st Thégonnec

Date prévisionnelle : début avril 2012

 Lieu : canton de St Thégonnec

 Animateurs possibles : Didier LE REST – Maryse DUMAS – Christophe LE DUIGOU

 Responsables de l’organisation :

 Matériel pour informer et mobiliser

Un tract sera à confectionner et à distribuer largement.

Une invitation ciblée sera envoyée (syndicalistes, …)

 Les responsables de l’organisation devront se réunir pour organiser concrètement cette assemblée citoyenne en ne tardant pas trop à solliciter un intervenant national.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FDG Morlaix : rencontre avec diverses associations

Une rencontre avec le Secours Populaire est programmée pour le 11 janvier 2012

 D’autres rencontres sont à programmer avec le Comité de Chômeurs, le Secours catholique, les Restos du Coeur, un des responsables d’un CCAS (Morlaix , Plourin, ..)

 Il s’agira d’avoir un échange sur la situation concrète sur le pays de Morlaix et de faire connaître nos positions

 Cela pourra déboucher sur une assemblée citoyenne.

 Ismaël DUPONT et marie HUON se chargent de la mise en oeuvre de cette action.

 

 

FDG Morlaix : action en direction des quartiers populaires

L’idée de cibler des quartiers sur Morlaix, Saint Pol de Léon, … au cours de notre campagne a été validée lors de nos rencontres.

 Nous avons débattu pour définir comment, concrètement, mettre en oeuvre cette action.

Des assemblées citoyennes chez des habitants est une piste à explorer. Ce sera à la personne accueillante de lancer (avec notre aide bien sûr) les invitations.

Des rencontres « au pied des tours » est une autre piste à explorer. Il faudra alors faire précéder cette rencontre d’une distribution de tracts.

Un ou des événements, styles kermesse populaires, est une autre piste à explorer.

 Afin de démarrer concrètement cette action, un premier rendez-vous, « auprès des tours » de la Boissière (Morlaix) est programmée pour le vendredi 3 février 2012 à partir de 16 h. Il faudra faire précéder cette action, dans les jours qui précèdent, par la distribution d’un tract (tract à définir) : Daniel RIOU s’en chargera.

 En dehors de Morlaix ce sera aux militants de chaque secteur de voir ce qu’il est possible de faire dans ce sens.

 

 

FDG : tracts nationaux à venir

Des tracts nationaux sont prévus tout au long de la campagne.

Selon les informations récoltées sur les différents sites (PCF, FDG, blog Mélanchon) on aura à distribuer 5 tracts A5 (tirage national : 5 millions d’exemplaires), 1 tract A4 (tirage national : 5 millions d’exemplaires), on disposera de 5 affiches thématiques (tirage national : 100 000 exemplaires) et d’autocollants (tirage national : 1 000 000 d’exemplaires).

 Un tract (4 pages) est annoncé pour la mi-janvier pour un tirage de 8 millions d’exemplaires.

Il faudra s’organiser pour une distribution sur l’ensemble de la circonscription en tenant compte du nombre global de tracts reçus.

 

 

FDG : tracts locaux à envisager

Un tract de base pourrait servir pour l’ensemble de nos tracts, tract pouvant être complété en fonction du sujet. Le tract préparé pour l’assemblée citoyenne de Lanleya est à travailler pour en faire ce tract de base.

 Des tracts pour les différentes assemblées citoyennes, actions (voir plus haut) seront à confectionner et distribuer.

 Des tracts seront aussi à réfléchir pour notre campagne de proximité dans les cantons constituant la 4

ème

circonscription.

 L’idée d’un tract sur le FN a été soulevée sans être tranchée. Il existe un argumentaire sur le FN et un tract du PCF sur le FN. Réflexion à poursuivre.

 

 

FDG : actions à soutenir

Pole emploi Le 17 janvier une action d’occupation des agences de Pole Emploi est prévue. Il faudra s’informer sur la forme prise sur Morlaix et être présent pour apporter notre soutien.

 Carte scolaire EN (point non évoqué lors de la réunion mais que je rajoute)

Les mois de janvier et février sont les mois de la carte scolaire pour la rentrée 2012 pour les écoles, collèges et lycées. Les suppressions de postes sont bien sûr au programme en grand nombre. La Bretagne, alors que le nombre d’élèves augmente, se verra ponctionner fortement (- 179 postes dans le 1

er degré / - 55 postes dans 2nd

degré pour 1 840 élèves de plus). Le Finistère risque fort de payer très lourd sa « part » à ce dégraissage.

Il nous faudra être attentif à ce qui se passe et nous exprimer, soutenir les actions engagées.

 

 

 

Le calendrier

 

Samedi 7 janvier : distribution, sur le marché de Morlaix, du tract informant du meeting de Nantes (rdv à 9 h 30 devant la Mairie de Morlaix).

Mercredi 11 janvier : réunion de militants du front de gauche pour les cantons de St Thégonnec et Sizun pour voir comment intervenir sur ce secteur.

Jeudi 12 janvier : Jean Luc Mélanchon est l’invité de "Des paroles et des actes" sur France 2.

 

Une « écoute citoyenne » (il s’agit d’une écoute collective permettant l’échange et la confrontation des points de vue) sera organisée, reste à trouver le lieu |le Tempo (Morlaix) a été approchée] et à diffuser l’information

Vendredi 13 janvier : assemblée citoyenne à Lanleya

Samedi 14 janvier 2012 : meeting national à Nantes

Mardi 24 janvier (20 h – local PCF à Morlaix) : réunion du bureau du collectif Front de Gauche du Pays de Morlaix.

Deuxième quinzaine de janvier : distribution, dans toute la circonscription, du 4 pages national.

Mercredi 1er

février (18 h – local du PCF à Morlaix) : réunion du collectif Front de Gauche du Pays de Morlaix

Samedi 18 février 2012 (à confirmer) : réunion publique sur la « perte d’autonomie [Plouigneau]

1ère

semaine de mars 2012 : réunion publique sur « l’agriculture » à Saint Pol de Léon

Fin mars 2012 : réunion publique sur « l’école » à Morlaix ou St Martin des Champs.

Début avril 2012 : réunion publique sur le thème « travail – emploi – pouvoir d’achat » dans le canton de St Thégonnec

 
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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 16:42

morlaix-stationnement.jpg

 

 

 

 

Dans un procès d'intention rétrospectif peu utile sauf s'il était animé par un esprit de division non dépourvu de finalité électorale de court terme, le rédacteur de la tribune du groupe Idées dans le dernier magazine municipal a prétendu que le PCF avait envisagé avec le PS lors de la précédente mandature de confier la gestion des parkings à une société privée. Nous dementons cette affirmation. La position constante du groupe des élus communistes et républicains lors du précédent mandat a été de dire qu’il fallait séparer les choix techniques (mise sous barrière éventuellement) des choix de gestion. Nous étions opposés à la délégation de service public et nous disions que la gestion du stationnement pouvait très bien être municipale quelle que soit la solution technique retenue.Nous avons d’ailleurs toujours défendu l’idée qu’un tel choix ne pouvait se faire sans consultation de la population. Si le projet de délégation de service public n'a pas abouti sous le précédent maire, c'est qu'il y avait désaccord et peut-être que nos élus y étaient pour quelque chose... C'est sur l'avenir et la crédibilisation d'un projet de conquête sociale au service des besoins de la population que la gauche doit se concentrer, non sur la stigmatisation des uns et des autres en référence au passé

 

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 A PROPOS DE MORLAIX-MAG (Tribune du groupe Idées sur la page de l'opposition, janvier 2012) 

Alain David

 

Quelques remarques:

 

1. Tout d’abord la façon dont IDEES a présenté les choses est à la limite de l’honnêteté intellectuelle. Et il y a une recherche de conflit évidente… qui n’est pas nouvelle puisqu’elle rappelle la guerre ouverte menée contre la précédente municipalité pendant plus de 10 ans.

 

2 – Sur la délégation de service public

 

Il est vrai que ce mode de gestion a été envisagé et étudié

 

La position constante du groupe des élus communistes et républicains a été de dire qu’il fallait séparer les choix techniques (mise sous barrière éventuellement) des choix de gestion. Nous étions opposés à la délégation de service public et nous disions que la gestion du stationnement pouvait très bien être municipale quelle que soit la solution technique retenue.
Nous avons d’ailleurs toujours défendu l’idée qu’un tel choix ne pouvait se faire sans consultation de la population
C’est la raison pour laquelle la décision n’a pas été prise avant les élections municipales.

 

3 -Sur les problèmes de circulation et de stationnement

 

Par ailleurs, dans la perspective de l’arrivée de la Grande Vitesse j’ai été amené, au nom de la ville, à défendre à différents niveaux la nécessité d’aborder le problème de façon globale.
C'est-à-dire intégrer à la réflexion l’aménagement du Pôle d’Echange Multimodal (PEM) de la gare, le redimensionnement des transports en commun, les liaisons gare-centre ville (mécaniques ou non), les parkings de périphérie, … avec liaison par navettes gratuites

 

Compte tenu de cette nouvelle donne, pousser la réflexion sur la possibilité de gratuité des transports publics et du stationnement avec la mise en place d’une zone bleue rigoureusement gérée. Ce qui aurait comme conséquence de libérer la collectivité de l’obligation d’investir dans les barrières et les paramètres.

 

4 – Quelles leçons ?

 

Ce type de petites manœuvres ne va sans doute pas manquer de se multiplier

Ce n’est pas un signe de force

En tout état de cause le plus important , me semble-t-il, est de montrer à la population l’utilité et la crédibilité de nos propositions.

 

Alain David

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 16:33

Taxe Tobin à la française : un bluff indécent.

 

Henri Guaino annonce ce matin à BFM une taxe Tobin française avant la fin 2O12.

De qui se moque le gouvernement ? Il y a à peine un mois le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, s’opposait au vote par le Sénat d’une telle taxe, estimant que la France "ne peut légiférer seule" car ce serait "contre-productif" et cela "nuirait à la place financière de Paris".

Depuis deux ans déjà Nicolas Sarkozy orne ses discours d’envolées lyriques sur la taxe Tobin. Il avait promis que le G20 de Cannes marquerait une avancée décisive : l’échec a été total. Aujourd’hui, à trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, il prétend la décider seul, éventuellement avec l’Allemagne. Cette annonce est purement opportuniste : elle ne vise qu’à atténuer l’effet désastreux de l’annonce de la TVA « sociale », dont chacun sait qu’elle frappera d’abord les couches populaires.

Elle manque totalement de crédibilité : contrairement à ce qui se fait toujours avant d’introduire un nouvel impôt, tout indique que Bercy n’a mené aucune étude sérieuse de faisabilité pour préparer la mise en place d’une telle taxe au plan français. Tous les actes de Nicolas Sarkozy – réformes fiscales, réforme des retraites, sauvetage des banques sans contrepartie, casse des services publics… - montrent qu’il gouverne pour la finance. Rappelons également que Nicolas Sarkozy a supprimé en 2008 l'impôt de bourse, qui taxait à la Bourse de Paris les transactions sur actions au taux de 0,3%. Nicolas Sarkozy joue donc de façon indécente avec le symbole de la taxe Tobin pour tenter de redresser son image de Président des riches.

La manipulation politique est trop grossière pour que les citoyens se laissent abuser. La taxe Tobin est possible dès 2012, en Europe, au taux de 0,1%, en incluant les produits dérivés et (contrairement au projet de la Commission européenne) les transactions sur les devises, pour freiner fortement la circulation des capitaux et la spéculation et pour financer les biens publics mondiaux, à commencer par la lutte contre la pauvreté et le changement climatique.

La France pourrait bien sûr montrer montrer l’exemple. Mais il faudrait une volonté politique, pas un bluff médiatique.

 

Attac France, Paris, le 6 janvier 2012 http://www.france.attac.org/articles/taxe-tobin-la-francaise-un-bluff-indecent

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 19:28

Ce matin nous recevions de la part du mouvement de la paix 29 et de notre copine Anne Le Henaff un message d'information et d'alerte sur la position du PS et du Hollande en faveur d'un maintien (et même d'un approfondissement si l'on songe à son soutien à la généralisation des nouveaux missiles M51 en lieu et place des M45) des programmes nucléaires militaires français. La présence de Hollande est prévue à l'île Longue fin janvier: est-ce encore pour se poser dans une posture présidentielle de défenseur d'une armée invulnérable dans un monde plein de dangers? Après les déplacements de Sarkozy aujourd'hui à l'Ecole navale pour présenter ses voeux à l'Armée, et en 2007 à l'île Longue, il semblerait presque que les finistériens n'existent pour ces Messieurs que quand il s'agit de servir de faire-valoir pour montrer ses muscles de chef (actuel ou futur) des Armées et de défenseurs sans faille de son arsenal...

Je me permets de citer ce message avant de présenter a contrario nos analyses et la position collective du Front de Gauche.

 

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Secret défense
RIEN DE CE QUI EST KAKI, BLEU MARINE OU BLEU CIEL NE NOUS SERA ÉTRANGER
Le plaidoyer de François Hollande pour la dissuasion nucléaire
Le candidat socialiste se prononce fermement pour le maintien des deux composantes.


Dans un texte paru cette semaine dans le Nouvel Observateur (que l'on  peut lire ici ), François Hollande se prononce très nettement en faveur de la dissuassion nucléaire, expliquant que "dans un monde désormais
multipolaire et face à une menace multiforme, vouloir la paix ne saurait s’envisager par un désarmement unilatéral. Un responsable politique ne peut ignorer que l’histoire est tragique". " Nous disposons de moyens proportionnés et suffisants, que j’entends maintenir".  Concernant la Force océanique stratégique (FOST), le candidat confirme
son approbation de l'acquisition des nouveaux missiles M-51 ( "ses moyens de frappe contribuent à faire de la France un pays respecté") et s'engage au cas où il serait élu  : "Nous maintiendrons sa capacité et sa crédibilité". 
Plus inattendu, son plaidoyer en faveur de la deuxième composante - aéroportée : "Visible et donc démonstrative en cas de crise majeure, cette deuxième composante nous permet d’éviter toute montée mécanique vers les solutions les plus extrêmes, parce qu’elle est réversible." 
Cette question de la deuxième composante a fait l'objet de discussions au sein du PS  où quelques experts envisageaient son abandon - sans doute pour faire plaisir aux écologistes et à la gauche radicale, comme aux Allemands... Ou pour faire des économies ? François Hollande rappelle à juste titre que "La France a fini de payer les investissements nécessaires à cette capacité".  Il n'y a pas qu'à gauche que la question de la composante aéroportée : au sein de l'UMP des personnalités s'interrogent également. 
Le texte de François Hollande est un recadrage après l'affaire de l'accord Verts-PS. Il prend d'ailleurs  soin de préciser qu'il "n'entend pas  renoncer au droit de veto au Conseil de sécurité des 
Nations Unies". Il s'inscrit toutefois dans la continuitié du PS qui, depuis la fin des années 70 (grâce à Charles Hernu) a toujours été partisan de la dissuasion nucléaire. Comme nous le racontions sur ce  blog, dès l'été dernier, le PS (sous la responsabilité de Martine Aubry) a fait savoir à Europe Ecologie Les Verts qu'il était hors de question de discuter du nucléaire militaire. Une position alors exprimée au nom de son parti par François Lamy, l'un des meilleurs
spécialistes de la Défense du PS. 
Comme cela avait été le cas en 2007, entre les candidats Sarkozy et Royal, les questions de défense - et notamment la dissuasion nucléaire - sont ainsi "sanctuarisées" dès le debut de campagne. En la matière,  le candidat socialiste approuve la politique conduite ces dernières années et il s'engage à la poursuivre.  

 


 

De notre point de vue, l'idée que la possession d'armes nucléaires est une garantie de paix, qu'elle joue un rôle de dissuasion contre d'éventuelles agressions, n'est pas fondée.

En effet, les Etats dotés de l'arme atomique sont une menace pour les autres. Ceux-ci seront donc tentés de se doter aussi de l'arme nucléaire pour équilibrer leurs rapports avec ces puissances pourvues d'armes de destruction massive qui sont aussi des outils de chantage. 

Le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-Moon, déclarait ainsi avec un humour désenchanté en octobre 2008:"Malheureusement la doctrine de la dissuasion s'est révélée contagieuse". (cité par Pierre Villard dans Pour en finir avec l'arme nucléaire).

Or, de quel droit alors même que l'on s'engage toujours plus à fond dans le renouvellement d'un équipement nucléaire militaire toujours plus efficace et meurtier et alors que l'on refuse l'idée d'un désarmement exemplaire en repoussant aux calendes grecques l'impératif d'un désarmement multilatéral va t-on dans le même temps condamner ces Etats supposés dangereux par nature (l'Iran, la Corée du Nord) qui ne pourraient se doter de l'arme atomique qu'en menaçant sérieusement la paix mondiale?

Comment défendre la non-prolifération sans s'engager soi-même dans le désarmement nucléaire? La charte des nations-unies établit le principe d'égalité entre les nations: cela veut dire que l'on ne peut pas interdire à d'autres ce que l'on s'autorise soi-même.  

 

Ce discours de puissants donnant des leçons aux plus faibles ne porte pas, moralement et du point de vue de l'efficacité, tant que l'on donne pas soi-même des signes tangibles de la volonté d'en finir avec un monde porteur de cette menace constante de destruction universelle et sans reste. Par ailleurs, comme le note Pierre Villard, la possession de l'arme nucléaire donne le sentiment d'être intouchable et rend les Etats qui en "jouissent" volontiers arrogants, identifiant la justice à leurs intérêts et ne craignant pas de semer la ruine chez les autres, protégés qu'ils sont par leur force d'agression terrifiante. "Cette asymétrie provoque des peurs, des tensions et de l'instabilité aux quatre coins du monde" constate à raison et à regret l'auteur cité, membre du Mouvement pour la Paix.

L'arme nucléaire est en réalité une arme de domination dans les mains des puissances. Elle peut devenir une arme de destruction généralisée si, justement, sa possession se généralise à la faveur des ressentiments et des peurs nées de cette domination. 

 

La France est le troisième Etat au monde qui possède le plus de têtes nucléaires (les Etats-Unis et la Russie détiennent encore à eux seuls près de 95% des armes atomiques) avec 300 têtes nucléaires environ (la Chine a 240 bombes, la Grande-Bretagne 225, l'Inde 80, le Pakistan et Israël à peu près autant). Notre Etat possède ainsi 4 sous-marins nucléaires lanceurs d'engins qui se relaient en mer pour des missions d'une dizaine de semaines. Equipés de 16 missiles, dotés de 6 têtes nucléaires chacun, chaque sous-marin porte une puissante équivalente à près de 1000 fois la bombe d'Hiroshima. Cet attirail inquiétant est complété par les missiles ASMP (air-sol moyenne portée) portés par les avions Mirage et Rafale, notamment ceux basés à Landivisiau. Avec ses nouveaux missiles M 51, la France aura renouvelé toute sa panoplie nucléaire en une quinzaine d'années. 

 

Alors qu'à Prague, le 5 avril 2009, Barak Obama s'était engagé en rupture avec la politique menée par ses prédécesseurs pour un monde sans arme nucléaire en plaidant pour la réduction des stocks, la maîtrise de l'atome, la non-prolifération, l'arrêt complet des essais, la France refusait dans le même temps, par l'intermédiaire du représentant de Sarkozy à la conférence de révision du Traité non prolifération-militaire, Eric Danon, tout processus multilatéral de désarmement automatique, jugeant qu'il lui revenait de juger seule du moment opportun pour se désarmer. "La France, affirme Pierre Villard, ne fait ouvertement pas sienne la vision d'un monde sans arme nucléaire, portée par Barak Obama" (opus cité, p.55). Pourquoi?

 

Sans doute, ce serait peut-être la moins mauvaise raison (les autres serait l'influence du complexe militaro-industriel ou des conceptions stratégiques éculées)  parce que nos chefs d'Etat- Sarkozy après Chirac et Mitterrand-  veulent dans une veine gaullienne d'indépendance nationale et de rêve de grandeur (contradictoire de toute manière avec la réintégration dans le commandement de l'OTAN décidée par Sarkozy) affirmer une apparence de puissance et conserver un argument historique et encore d'actualité pour avoir un siège au Conseil de Sécurité de l'ONU. 

 

En même temps, on peut penser qu'il y a une autre voie pour affirmer notre singularité et garder dans le monde une autorité et une influence morale conforme à notre grande histoire: être la première grande puissance nucléaire à convoquer une conférence pour l'abolition de l'arme nucléaire, comme on a pu le faire pour les armes chimiques. Marquer notre volonté de sortir du nucléaire militaire à terme en décidant dès aujourd'hui d'un moratoire sur la construction des nouveaux missiles nucléaires M51, contraires aux engagements du Traité de Non Prolififération (TNP). Plaider pour une zone dénucléarisée en Europe.

 

Pour la France, une sortie progressive de l'armement nucléaire permettrait de surcroît d'affecter des ressources considérables à la satisfaction de véritables besoins sociaux (recherche, éducation, santé, logement, salaires, protection sociale...etc). L'armement nucléaire, c'est 20% du budget de la défense, soit approximativement 8 milliards d'euros par an. Cela représente une belle somme qui pourrait être utile à la société si elle était dépensée autrement. 

 

On dira que cette somme est encore négligeable si l'arme nucléaire est bien indispensable à notre survie, à notre sécurité, mais la possession massive d'armes nucléaires par 7 ou 8 nations est précisément une menace extrêmement grave sur la sécurité de toute la planète, y compris la nôtre, et pas seulement parce qu'elle nourrit la dissémination mais aussi parce que nos Etats ne seront pas toujours forcément démocratiques et gouvernés sagement (voyez l'exemple de l'Amérique de Bush ou de la Russie de Poutine!). L'idéologie dominante, comme le remarque Pierre Villard, dans son livre, "s'appuie sur la peur pour accréditer l'idée du danger permanent". On explique aux français "que de nombreux pays sont sur le point de détenir cette arme abominable et qu'en plus on la transporte dans une valise. Dans les deux cas, nous avons affaire à des mensonges éhontés". 

 

Pierre Villard conclut de l'efficacité de la propagande pro-nucléaire militaire menée depuis 60 ans en France à la nécessité stratégique d'exiger, non un désarmement unilatéral et spontané de la France qui prendrait les devants sans conditions, mais un désarmement nucléaire multilatéral dont la France se ferait l'avocate fervante auprès des autres Etats nucléaires, avec des processus de garanties et de contrôles. 

 

Selon correspond à notre point de vue.

Bien que peut-être plus attaché que nous les communistes - et à ce titre internationalistes - à l'argument de la grandeur de la France et de l'influence stratégique que nous procure, en plus des moyens de l'indépendance, l'armement nucléaire, Jean-Luc Mélenchon écrit dans la dernière page de son essai à succès paru en 2010, Qu'ils s'en aillent tous: "Le désarmement nucléaire mondial est un impératif catégorique. Il est d'autant plus jouable qu'il est réaliste. On ne commencera pas par désarmer unilatéralement la France. On doit exiger que désarment sérieusement ceux qui sont en état de faire disparaître plusieurs fois ce monde: les Etats-Unis d'Amérique et la Russie. Ensuite, ou en même temps, mais proportionnellement, tous les autres. Raison supplémentaire pour ne rien céder contre la dissémination nucléaire et se ranger partout dans le monde pour la création de zones dénucléarisés...On ne peut vouloir, à juste titre selon moi, tordre le bras du gouvernement dictatorial et théocratique de l'Iran si l'on n'énonce pas en même temps un clair refus d'une singularité nucléaire pour Israël". 

 

Même si je souscris à l'objectif d'une dénucléarisation généralisée pensée comme un devoir moral immédiat, l'argumentation de Jean-Luc Mélenchon, bien que pragmatique du point de vue du maintien de la sécurité et de la puissance française, ne me parait pas complètement satisfaisante du point de vue des principes (pourquoi faire la leçon à Israël qui fait la leçon à l'Iran si nous ne nous engageons pas nous-mêmes dans un processus de dénucléarisation?) et de la définition des moyens: que pourrons-nous exiger d'Etats plus puissants ou militaristes que nous comme les Etats-Unis, la Russie ou la Chine si nous ne progressons pas déjà un peu sur un chemin d'exemplarité? 

 

Le programme partagé du Front de Gauche, l'humain d'abord, se prononce lui aussi de manière très claire pour "une politique au service de la paix": 

 

" La France rompra avec l'alignement libéral et atlantiste, la politique de force et d'intervention militaire et avec les logiques de puissance, pour agir en faveur de la paix, du règlement des conflits et du rétablissement du droit international. Elle agira pour une ONU démocratisée, s'appuyant sur une doctrine multilatérale renouvelée. Nous déciderons immédiatement le retrait de la France de l'OTAN et nous nous battrons pour la disparition de cette organisation... Nous agirons pour la dénucléarisation, pour le désarmement multilatéral et contrôlé de tous les types d'armement dans l'esprit de la Culture de paix promue par l'Unesco et la Charte des Nations Unies". 

(p. 75)  

 

Ismaël Dupont.                        

 

monde-sans-nucleaire-militaire.jpg

 

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 17:47

A l'occasion de la venue de Nicolas Sarkozy dans le Finistère on ne pouvait pas ne pas signaler l'exercice de style drôle et démystificateur qu'un internaute a publié après les voeux du premier de l'an de notre président super-cynique dans le forum participatif AGORA VOX en complétant un peu le discours du président destiné à faire peur pour faire accepter l'électro-choc de la TVA sociale et de l'austérité généralisée (ce texte m'a été signalé par un cousin).

 

Les vœux du Président, version non expurgée

Par un cheminement dont je ne dévoilerai rien pour protéger mes sources, je suis en mesure de publier ici le texte intrégral des Voeux 2012 de Nicolas Sarkozy dans sa version non expurgée. En caractères gras, ce qui na pas été prononcé lors de l'allocution...

 

 

Mes Chers Compatriotes,

 

L'année 2011 s'achève. Elle aura connu bien des bouleversements.

 

Depuis le début de la crise, qui en trois ans a conduit à plusieurs reprises l'économie mondiale au bord de l'effondrement, je ne vous ai jamais dissimulé la vérité sur sa gravité, ni sur les conséquences qu'elle pouvait avoir sur l'emploi et sur le pouvoir d'achat, des conséquences évidemment aggravées par l’incurie de ma propre politique socioéconomique.

 

Cette crise qui sanctionne 30 années de désordres planétaires dans l'économie, le commerce, la finance, la monnaie, cette crise inouïe, sans doute la plus grave depuis la deuxième guerre mondiale, cette crise n'est pas terminée, et elle ne fait qu’amplifier de manière dramatique les conséquences de mes choix calamiteux.

 

Elle a entraîné dans la tourmente des pays comme la Grèce, l'Irlande, le Portugal, mais également des pays aussi puissants que l'Espagne et même l'Italie.

Dans la tempête, vous avez souffert. Je sais que la vie de beaucoup d'entre vous, déjà éprouvée par deux années difficiles, a été une fois encore durement mise à l'épreuve. Vous finissez l'année plus inquiets pour vous et pour vos enfants, et la politique que j’ai menée ne peut avoir eu qu’un effet encore plus anxiogène sur vous-même et sur vos proches.

 

Et pourtant il y a des raisons d'espérer. Nous devons, nous pouvons garder confiance dans l'avenir. Car si tant de pays ont connu des difficultés insurmontables, la France a tenu. Elle a résisté, et cela en dépit des multiples erreurs de gouvernance que j’ai commises.

 

Si elle a tenu, si elle a résisté, si elle a réussi jusqu'à présent, à conjurer le doute qui déclenche la crise de confiance, c'est grâce au courage et au sang-froid dont vous faites preuve depuis 3 ans, c'est grâce à la solidité de nos institutions, c'est grâce à notre protection sociale qui, en dépit des attaques qu’elle a subies de ma part, garantit la solidarité dans l'épreuve, c'est grâce aux réformes que nous avons accomplies ces dernières années, et c’est surtout grâce à la passivité dont vous avez fait preuve alors que mes collaborateurs et moi avons tout fait pour saper vos droits et détruire progressivement les acquis du Conseil National de la Résistance. Je pense notamment à la réforme des retraites et à toutes les mesures visant à diminuer nos dépenses publiques qui ont permis à la France de garder la confiance de ceux qui lui prêtent leur épargne pour financer son économie, et qui ont surtout permis à mes amis du triangle Auteuil-Neuilly-Passy d’augmenter leurs profits.

 

Il ne s'agit pas de nier les difficultés que nous traversons. Mais dans ces épreuves, la France a su préserver l'essentiel. Je tiens à rendre un hommage particulier à toutes celles et à tous ceux d'entre vous qui, par leur travail, ont contribué au développement de notre économie et à la sauvegarde des intérêts de nos banquiers et de nos grandes fortunes.

 

Mes chers compatriotes,

 

Nous devons être courageux, nous devons être lucides.

 

Ce qui se passe dans le monde, annonce que l'année 2012 sera celle de tous les risques mais aussi de toutes les possibilités pour les oligarchies. De toutes les espérances pour les grands industriels et financiers, si nous savons relever les défis de la destruction assumée des modèles sociaux protecteurs. De tous les dangers pour le patrimoine des possédants, si nous restons immobiles.

Différer les choix parce qu'ils sont difficiles est la pire des options. Quand on décide trop tard, le prix à payer est plus cher. Les souffrances plus grandes, et je me refuse à voir entrer l’inquiétude du lendemain chez mes voisins de la Villa Montmorency.

 

En 2012, le destin de la France peut une fois encore basculer.

Sortir de la crise, construire un nouveau modèle de croissance des bonus et des profits de la spéculation, faire naître une nouvelle Europe, voilà quelques-uns des défis qui nous attendent. Je veux vous dire ma conviction qu'unis avec nos partenaires européens, nous serons plus forts pour y faire face et consolider ainsi les portefeuilles de mes invités du Fouquet’s, conformément aux garanties que je leur avais données le soir de mon élection.

Mais ces défis, ils s'imposent à nous. Nous ne pouvons ni les refuser, ni les repousser. Nous ne pouvons ignorer ce nouveau monde, faire comme s’il était encore possible de lutter contre le chômage et la précarité, dès lors que l’intérêt des puissants que je sers est contradictoire avec celui des humbles.

Dans cinq mois, nous avons une élection présidentielle. C'est une échéance importante. Le moment venu, vous ferez votre choix. Mais d'ici là, je dois continuer à agir pour mes amis Bouygues, Dassault, Lagardère car l'histoire des décennies à venir s'écrit maintenant et mon enrichissement futur passe par leur enrichissement immédiat.

Avec le Premier ministre, nous réunirons le 18 janvier prochain, les représentants des forces économiques et sociales de notre pays. J'écouterai d’une oreille distraite les propositions de chacun et, avant la fin du mois de janvier, nous prendrons et nous assumerons des décisions importantes pour consolider les intérêts du patronat, car les enjeux sont cruciaux.

 

La crise est grave, les circonstances sont exceptionnelles, les décisions doivent être à la mesure de cette gravité. C'est un devoir auquel je ne me déroberai pas comme je m’y suis engagé en mai 2007 auprès de mes soutiens ultralibéraux.

 

Je ne sous-estime pas les conséquences que peuvent avoir sur notre économie les agences de notation et les emballements des marchés financiers, ni non plus nos erreurs passées, en l’occurrence surtout les miennes, mais je le dis pour que chacun l'entende, ce ne sont ni les marchés, ni les agences qui feront la politique de la France mais les ploutocrates des ghettos friqués de l’Ouest parisien dont je suis le valet servile.

 

Au fond, la seule façon de préserver notre souveraineté, de maîtriser notre destin est de choisir, comme nous l'avons fait jusqu'à présent la voie des réformes structurelles visant à définitivement tuer dans l’œuf les espoir des classes populaires plutôt que celle des réactions à chaud qui ne font qu'ajouter à la confusion et au désordre sans restaurer la confiance des patrons du CAC40 dans la pérennité de leurs énormes profits.

 

Le problème posé n'est pas celui d'un nouveau train de réduction des dépenses pour l'année qui vient, du moins ne l’es-il pas tant que je ne suis pas réélu. Ce qui devait être fait a été fait par le Gouvernement, et la morosité des Français de plus en plus essorés montre que le Premier ministre et moi avons su pressurer la majorité pour assurer la prospérité de la minorité des grands titulaires de portefeuilles.

 

Maintenant, il nous faut travailler en priorité pour la croissance des profits industriels et financiers, pour la compétitivité, pour la ré-industrialisation qui seules, nous permettront de créer des emplois sous-payés sur le territoire et du pouvoir d'achat accru pour les entrepreneurs les plus cyniques.

 

Trois sujets me paraissent dominer les autres.

 

Nous ne nous en sortirons pas en laissant de côté ceux qui souffrent déjà des conséquences douloureuses d'une crise dont ils ne sont pas responsables, je pense notamment aux traders qui ont vu leurs bonus gravement rabotés. Nous ne bâtirons pas notre compétitivité sur l'exclusion mais sur notre capacité à donner à chacun une place dans la Nation, et notamment dans la Nation de leur lieu de naissance, raison pour laquelle j’ai chargé Guéant d’augmenter massivement les reconduites aux frontières. C'est pourquoi, ceux qui ont perdu leur emploi doivent être l'objet de toute notre attention afin de limiter encore drastiquement leurs indemnités de chômage.

 

Nous devons changer notre regard sur le chômage, accepter de considérer ceux qui sont touchés pour ce qu’ils sont : des parasites de la société. Faire en sorte que la formation des chômeurs devienne la priorité absolue, afin que chacun puisse se reconstruire un avenir, le plus loin possible du territoire national et des bureaux de Pôle-Emploi. Former et pas seulement indemniser, tel doit être notre but, je pense notamment à former aux techniques de la pêche, de la chasse et de la cueillette pour survivre sans indemnités. Personne ne doit pouvoir s'exonérer de cette obligation ni être exclu de cette possibilité de vie saine au grand air.

 

Le deuxième sujet est celui du financement de notre protection sociale qui ne peut plus reposer principalement sur le travail, si facilement délocalisable. Il faut alléger la pression sur le travail et faire contribuer financièrement les importations qui font concurrence à nos produits avec de la main d'œuvre à bon marché, et c’est pourquoi je mettrai en place une TVA sociale de plusieurs points qui pénalisera certes le pouvoir d’achat des classes populaires mais allègera les charges de mes amis les patrons. Ce sujet est au cœur de tous les débats depuis des années. J'écouterai les propositions des partenaires sociaux puis, sans en tenir compte comme d’habitude, nous déciderons afin d’augmenter encore les dividendes des actionnaires.

 

Le troisième sujet, c'est celui des dérèglements de la finance qui vous choquent d'autant plus profondément qu'ils sont largement à l'origine des difficultés actuelles, ce qui d’ailleurs ne laisse pas de m’étonner, moi qui ait pourtant sauvé la planète à plusieurs reprises et éradiqué tous les paradis fiscaux.

 

Il faut faire participer la finance à la réparation des dégâts qu'elle a provoqués. C'est une question d'efficacité. C'est une question de justice, et vous savez à quel point je suis attaché à cette valeur, d’où mon action pour accélérer l’enquête sur le dossier Karachi. C'est une question de morale, et vous savez à quel point je suis là aussi attaché à cette valeur depuis ma tentative de nomination de mon fils Jean à la tête de l’Epad. La taxe sur les transactions financières doit être mise en œuvre, et je m’engage à tout faire pour que cela puisse se réaliser d’ici à 2050.

 

Mes chers compatriotes,

Mon devoir est de faire face et de vous protéger de toute tentative de révolte contre moi car, sachez-le, j’utiliserais le cas échéant tous les moyens à ma disposition pour préserver mes intérêts.

Vous pouvez être sûrs que j'assumerai jusqu'au bout et en totalité, les lourdes responsabilités que vous m'avez confiées et que je n'aurai de cesse d'agir au nom de l'intérêt général de tous ceux qui ont commandité mon accession au pouvoir et auxquels je rends régulièrement des comptes par l’intermédiaire du Groupe Bilderberg..

Chacun devra prendre ses responsabilités, c'est pourquoi j'appelle tous les décideurs des entreprises et de l'économie à tout faire pour préserver l'emploi, ou plus prosaïquement pour tenter de le faire croire. J'appelle tous les acteurs des services publics à redoubler de prévenance pour tous ceux qui ont besoin de notre solidarité : traders, banquiers, grands patrons, propriétaires fonciers.

 

Mes chers compatriotes,

J'ai confiance dans les forces de la France et dans la grande naïveté des Français.

 

Je suis certain du chemin qu'il nous faut suivre sur la voie de l’ultralibéralisme décomplexé.

A vous, à tous ceux qui vous sont chers, à nos soldats qui risquent leur vie hors de nos frontières pour sauvegarder les intérêts du grand capital, à leurs familles qui vivent dans l'anxiété et à tous ceux qui dans le monde luttent pour la liberté des affaires, j'adresse ce soir tous mes vœux de bonheur pour la nouvelle année.

 

Bonne année à tous.

 

Vive la République !

 

Et vive la France !

 

 

L'auteur de ce pastiche de l'arrière-pensée sarkozyste:   Fergus

Comment se présente t-il sur Agora Vox? Autodidacte retraité au terme d’une carrière qui m’a vu exercer des métiers très différents allant d’informaticien à responsable de formation, je vis à Rennes. Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n’ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle de... franc-tireur. Ancien membre d’Amnesty International...

 

 

 

 

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 18:53

L'amour, la beauté de la nature et de l'art humain, l'amitié, la fête, le rire, la réflexion et l'imaginaire, le partage, la lutte pour ses idéaux sont ces facteurs de joie qui renforcent notre humanité. 

 

 On peut y accéder quelle que soit la brutalité des temps, si l'on n'est pas trop maltraité par les accidents de la vie et les désordres d'une société injuste.  

 

Je souhaite à tous mes camarades de combat politique et à tous mes concitoyens d'en goûter le plus possible en cette année 2012. C'est l'amour de la vie  qui donne la force de se battre, de changer le monde et de chercher à améliorer le sort d'autrui.

 

2011 a bousculé bien des certitudes, fait naître d'immenses espoirs mais aussi de grandes angoisses. Après la conquête progressive de l'Amérique Latine par une gauche de transformation sociale ces dernières années, les magnifiques et courageuses mobilisations des populations arabes pour destituer des pouvoirs dictatoriaux et corrompus, la contagion du mouvement des Indignés en Europe, aux Etats-Unis, en Israël, les dernières manifestations d'ampleur contre l'autoritarisme et l'oligarchie en Russie, montrent que les peuples sont encore capables de se réveiller pour desserrer des carcans de domination étouffants et écrire leur histoire par la force de déterminations rassemblées. La quête de souveraineté, de liberté, d'égalité, de dignité a été le point commun de ces soulèvements populaires qui ne s'entendent pas sur des projets de société définis verticalement et livrés clefs en main.  

 

Ce sont également ces valeurs qui inspirent notre opposition résolue au renforcement de la domination du néo-libéralisme et des pouvoirs financiers en Europe, facilitée par la création d'un climat de peur de la dette et des agences de notation. La régression sociale qu'on impose à toute l'Europe pour ne pas placer le secteur bancaire sous contrôle public et continuer à servir les intérêts des grandes fortunes et des multinationales se réalise en nourrissant la xénophobie, le nationalisme, la recherche de bouc-émissaires.

 

Les acquis civilisationnels de la deuxième moitié du vingtième siècle sont battus en brèche de manière inquiétante aujourd'hui. On normalise le racisme, stigmatise et traque les réfugiés et les immigrés; on bafoue les règles de justice essentielles au nom des intérêts supposés de la sécurité tout en entretenant artificiellement le sentiment d'insécurité; on fait passer tour à tour les pauvres, les bénéficiaires de l'aide sociale, les fonctionnaires, pour des fainéants parasites; on légitime des alliances entre la droite, l'extrême droite, et parfois même la social-démocratie pour faire la politique voulue par le capital.   

 

Le renforcement des logiques de domination de classe et la mise en crise de nos sociétés et de la terre par le capitalisme financier montrent que la sclérose ou le détournement ultra-violent et oppressif de certaines expériences communistes au XXème siècle ne doivent pas nous dispenser de penser l'alternative et de vouloir construire une société basée sur autre chose que sur le culte de l'argent et de la réussite individuelle. 

 

La participation politique constante des citoyens, la solidarité, la satisfaction des besoins de tous, l'émancipation des individus par la culture, la transformation des conditions de travail et d'existence sociale pour rendre l'homme souverain dans toutes ses sphères d'activité, la sauvegarde de notre niche écologique doivent être les socles de cette société à bâtir.

 

Le projet du Front de Gauche, l'Humain d'abord, indique des voies concrètes- et pratiquables immédiatement à condition d'être portées par un mouvement populaire - pour inverser le cours des choses et nourrir à nouveau l'espérance. 

 

Les citoyens qui se mobilisent pour défendre ce projet aux élections présidentielles et législatives de 2012 le font avec la claire conscience que nous avons rendez-vous avec l'Histoire, que ces élections ne sont pas comme les autres.

 

 Nous sommes à un point de carrefour: ou nous continuons sur la voie que nous tracent les Merkel, Barroso, Sarkozy, Papendréou, Zapatero, et peut-être même malheureusement certains responsables socialistes français,et nous aggraverons la crise sociale et écologique, le dégoût des politiques et le vote d'extrême-droite, ou nous opérons un virage à 180 degrés en tentant de reprendre le pouvoir sur le secteur financier et les décisions économiques afin de tendre vers une société plus humaine.

 

Nous avons face à nous l'obstacle du désenchantement et de  la dépolitisation d'une partie de nos concitoyens, et au premier chef les victimes du système, ainsi que ceux de la force du rouleau compresseur médiatique et des habitudes pernicieuses du bipartisme. 

Mais pour nous, il y a l'investissement de centaines de milliers de militants et sympathisants etl'élan que peuvent donner le bon droit, le bon sens et la défense des intérêts du plus grand nombre.   

 

Alors? Oui.

Une belle année 2012, qui commencera par quelques mois de travail intense pour faire émerger la possibilité d'une alternative en France: c'est affaire de proximité, d'écoute et de respect, de capacité à montrer que l'on ne se bat pas pour des places mais pour des valeurs démocratiques et sociales essentielles et la mise en oeuvre du seul projet de sortie de crise satisfaisant.

 

Un dernier voeu, un dernier espoir : que cesse la répression des foules syriennes révoltées et que triomphe la révolution citoyenne en Syrie. 

 

 

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Bloavez Mad!

 

Ismaël Dupont.        

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 18:52

 

A l’occasion des 3 ans de l’attaque militaire menée par Israël sur la bande de Gaza entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009, une tribune a été publiée dans le journal Libération.


Le lien vers la tribune sur le site de la Plateforme : http://www.plateforme-palestine.org/Gaza-le-droit-bafoue-Collectif-d,2395

Gaza : le droit bafoué

 

Trois ans après le lancement de l'opération Plomb Durci, aucune justice n’a été rendue aux victimes du conflit dans la bande de Gaza et dans le sud d’Israël. Au cours de cette attaque militaire menée par Israël sur la bande de Gaza entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009, 1 410 Palestiniens ont été tués, dont plus de 80% de civils, et 9 Israéliens dont 4 civils.


La laborieuse quête de justice pour les victimes du conflit débute en novembre 2009, au moment où l’Assemblée générale des Nations unies adopte le rapport Goldstone. L’Assemblée générale laisse alors un an et demi aux autorités israéliennes et palestiniennes pour poursuivre en justice les responsables présumés des graves crimes commis pendant le conflit. Le 18 mars 2011, un Comité d’experts indépendants a établi que ni le gouvernement israélien, ni la partie palestinienne n’ont satisfait aux demandes d’enquêtes formulées par l’Assemblée générale. En Israël, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les organisations palestiniennes représentant les victimes telles qu’al-Mezan, al-Haq et le Centre palestinien pour les droits de l’Homme (PCHR) sont confrontées à un mur de silence dressé par la justice israélienne. Exemple parmi d’autres, sur les 490 plaintes pénales envoyées par le PCHR au Procureur militaire israélien au nom de 1 046 victimes palestiniennes, l’ONG n’a obtenu de réponse substantielle que dans deux cas. Depuis l’opération Plomb durci, le Procureur militaire n’a ouvert que 47 enquêtes criminelles qui ont mené à la seule condamnation de trois soldats à des peines dérisoires, eu égard à l’ampleur des nombreux crimes commis pendant l’attaque. La plus lourde peine infligée est de sept mois et demi de prison, pour le vol d’une carte de crédit. Ces enquêtes souffrent d’un problème structurel essentiel car elles ont été menées par l’armée israélienne elle-même et manquent donc d’impartialité, de transparence et de l’expertise nécessaire.

Côté palestinien, les enquêtes ouvertes par l’Autorité de facto dans la bande de Gaza n’ont conduit à aucune poursuite et ne se sont pas avérées plus indépendantes. En Cisjordanie, des enquêtes indépendantes et poussées ont certes été menées mais n’ont conduit à aucune condamnation.

Vers qui se tourner dans ce cas pour obtenir justice ? En l’absence d’enquêtes internes fiables, le rapport Goldstone préconisait notamment le recours à la Cour pénale internationale. Cet ultime recours pour les victimes de l’opération plomb durci apparaît très peu réaliste tant il est mis en doute par les gouvernements occidentaux. La France, pour ne citer qu’elle, a conditionné son soutien à la reconnaissance du futur État palestinien à l’engagement de ce dernier à ne pas saisir la Cour pénale internationale dès sa proclamation car, selon elle, une telle démarche nuirait au processus de paix. Cette exigence envers les Palestiniens est condamnable à plusieurs égards. Elle suppose que les négociations politiques peuvent légitimement prévaloir sur la recherche de justice, ce que nos organisations réfutent fermement et part du postulat, aussi erroné que dangereux, que la lutte contre l’impunité peut entraver le processus de paix, alors qu’il ne saurait y avoir de paix durable sans justice. Par ailleurs qu’elle est en parfaite contradiction avec le soutien constant apporté par la France à la Cour pénale internationale depuis sa création, le cas libyen en étant le dernier exemple.

Reste donc aux victimes dans la bande de Gaza à saisir elles-mêmes la justice civile israélienne pour obtenir des indemnisations pour les dégâts humains et matériels subis. Les Palestiniens font alors face à un mur d’obstacles absurdes. Tout d’abord, la victime doit payer pour obtenir justice. Les tribunaux israéliens imposent aux demandeurs de verser une provision avant le début de la procédure. Le montant n’est pas fixé par la loi, mais dans la grande majorité des cas, les juges demandent au minimum 10 000 shekels (plus de 2 000 euros, le salaire moyen à Gaza étant de 314 euros) au demandeur réclamant une indemnisation pour la mort d’un de ses parents. En règle générale, plus la violation faisant l’objet d’une plainte civile est grande, plus la provision réclamée à la victime est importante.

Par ailleurs, les avocats gazaouis ne sont pas autorisés à entrer en Israël pour représenter leurs clients auprès des tribunaux. Ils sont donc obligés de faire appel à des avocats israéliens, mais ces derniers n’ont pas le droit de venir à Gaza pour rencontrer leurs clients. S’ajoute à cela le fait que, depuis 2007, l’armée israélienne refuse aux Palestiniens de Gaza le droit de se rendre au tribunal en Israël, même s’ils sont munis d’une convocation. L’absence du plaignant entraîne alors automatiquement un non lieu.

Deux ans se sont maintenant écoulés depuis l’adoption du rapport Goldstone par l’Assemblée générale des Nations unies. Le rapport est en voie de classement sans suite, faute d’une volonté politique et d’attention médiatique. Au cours de sa dernière session de septembre, l’Assemblée générale aurait dû faire un nouveau bilan de l’application des recommandations du rapport. Il n’en a rien été et les représentants de l’OLP, focalisés sur l’adhésion de la Palestine à l’ONU, n’en ont fait aucune mention.

A l’époque de sa parution, des Palestiniens avaient mis en garde contre « un rapport de plus » comme il en est publié plusieurs dizaines, chaque année, sur les violations des droits de l’Homme dans les Territoires palestiniens. Le rapport Goldstone représente pour les victimes l’espoir que soit mis fin à l’impunité, par le respect du droit international par toutes les parties. Cet espoir doit être préservé.

Signataires :

François Walter, Président de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture Pierre Tartakowsky, Président de la Ligue des droits de l’Homme Claude Léostic, Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine Ishai Menuchin, Directeur exécutif du Comité public contre la torture en Israël Raji Sourani, Directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme Issam Younis, Directeur général du Centre Al Mezan pour les droits de l’homme Shawan Jabarin, Directeur général d’Al-Haq Sahar Francis, Directrice d’Addameer

Tribune qui nous a été signalée par Yves Abramovicz.
 

 
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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 20:17
Invité de « BFM-TV 2012 » face à Christian Estrosi 
Dimanche 18 décembre 2011, Jean-Luc Mélenchon était l'invité de l'émission "BFM-TV 2012" animée par Olivier Mazerolle. Il a notamment présenté les propositions du Front de Gauche pour résister au coup d'Etat des financiers et des agences de notation. Et il a débattu avec Christian Estrosi ancien ministre de l'Industrie de Nicolas Sarkozy.
Meeting de la Fête de l'Humanité de Lanester. 27 Novembre 2011.
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