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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 17:50

"Quand on demande aux Français s'ils préfèrent mourir dans des souffrances insupportables ou être euthansiés, l'écrasante majorité des sondés choisit la deuxième option... Comment répondre autrement? On en déduit benoitement qu'il faudrait l'aide active à mourir. C'est là un raisonnement un peu court... L'euthanasie ne "complète" pas les soins palliatifs, elle les interropt... Elle ne couronne pas l'accompagnement, elle le stoppe... Elle ne soulage pas le patient, elle l'élimine". Jacques Ricot, philosophe (Ouest-France, 04/10/2012)

 

En 2011, un directeur de l'Agence Régionale de Santé de Bretagne déclarait: "Dépenser 200 000€ pour un patient n'est plus possible... les enveloppes budgétaires sont fermées et limitées! ... Il faudra choisir entre des budgets accordés pour les maternités ou pour la dépendance."

 

 

Christiane Caro (membre de la commission nationale Santé du PCF et, avec Alain David notamment, de l'Atelier Citoyen de Bretagne "De la naissance à la fin de vie: l'Humain d'abord) a eu l'excellente idée d'organiser un débat sur la dépénalisation de l'euthanasie à la fête de l'Humanité Bretagne de Lanester le dimanche 25 novembre.

 

Il y avait trois intervenants (le psychanalyste et clinicien en CMPP Etienne Rabouin n'ayant finalement pas pu venir) pour animer ce débat, suivi par 80 personnes environ :

 

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- Hervé Messager, le kinésithérapeuthe de Vincent Humbert à Berck/ Mer qui a vu de près la manipulation médiatique qui a entourée sa mort provoquée. Hervé Messager a dénoncé "l'avalanche médiatique" avec la "répétition en boucle d'une multitude de mensonges...". Tout comme le généticien Axel Kahn, membre du Comité national d'éthique qui rapporte que "Chantal SEBIRE avait refusé aussi bien une opération, qui aurait eu de fortes chances de réussite, que toute forme de médicament (y compris la morphine), qu'elle considérait comme "du poison" pour leur préferer la seule hompéopathie. Lui aussi "regrette que cette vérité ait été occultée par le "tsunami médiatique"".  

 

- Simone Fayaud, infirmière, membre du Conseil National et de la Commission Nationale Santé du PCF, Sécrétaire fédérale du PCF de la Charente.

 

- Docteur Eric Fossier, président de la Coordination Bretonne des Soins Palliatifs (http://www.bretagnesoinspalliatifs.com).

 

Tous les trois, comme Christiane Caro, sont opposés à une dépénalisation de l'euthanasie (pratiquée par injection létale par les médecins) ou légalisation du suicide assisté.

 

Ils ont présenté des arguments extrêmement forts, basés sur leur expérience du terrain, leur perception des manques actuels énormes de la prise en charge publique des personnes en fin de vie et extrêmement dépendantes ainsi que sur leur analyse partagée des dérives eugénistes contenues dans une société qui sacrifie tout à la performance, à l'individualisme, au narcissisme (je ne m'accepte qu'en bon état tant je suis soucieux de mon image), pour contrebalancer le discours ambiant justifiant une dépénalisation de l'euthanasie au nom de l'autonomie individuelle, du droit à avoir une vie digne et décente, du devoir de soulager la souffrance par compassion.

 

Leurs interventions furent rationnelles, profondes, émouvantes, à mille lieux des débats un peu simplistes relayés par les médias le plus souvent.

 

Cela ne clôt évidemment pas le débat, sur lequel il n'est pas simple de se faire un avis, les partisans de la dépénalisation de l'euthanasie ayant eux aussi quelques arguments de poids à faire valoir, mais ces interventions méritent d'être connues et lues pour pouvoir se poser toutes les bonnes questions avant de justifier la dépénalisation de l'euthanasie au nom du progrès, de la sortie de la religion, du droit à l'auto-détermination des individus.

 

C'est pourquoi nous remercions chaleureusement Simone Fayaud et Eric Fossier d'avoir bien voulu nous communiquer leurs textes d'introduction et espérons vivement être en mesure bientôt d'organiser un atelier citoyen de réflexion et dé débat à Morlaix qui soit aussi riche que celui de Lanester.  

 

Pour eux, la justification ou la valorisation de l'euthanasie, c'est d'abord un recours de paresse et un symptôme du fait que la société (les médecins, l'hôpital, l'Etat, les familles) ne parvient pas assez à alléger la souffrance morale et physique des malades, des vieux, des personnes en grande dépendante, notamment au travers d'une présence humaine digne de ce nom à leurs côtés.

Christiane Caro et Simone Fayaud soulignent qu'une bonne prise en charge humaine des malades et des personnes en perte d'autonomie permettrait de réduire leur désespoir et leurs souffrances qui bien souvent justifient la valorisation de l'euthanasie, et qu'elles ne posent au fond qu'uyn problème de répartition des richesses, pour que l'on prenne véritablement en charge la perte d'autonomie et que l'on remette des moyens dignes de ce nom à l'hôpital, sans vouloir en faire une entreprise rentable.        

 

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"Une loi sur l’euthanasie est-elle la solution ?" 

par Simone Fayaud, secrétaire fédérale du PCF de la Charente

 

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Le débat sur l’euthanasie a pris de l’ampleur avec les évènements douloureux et très fortement médiatisés concernant Chantal Sébire ou Vincent Humbert. Toute la vérité n’a pas été dite à leur sujet.

Il a atteint un certain degré de provocation lors de la campagne présidentielle lorsque l’association pour le droit à mourir dans la dignité a publié des affiches montrant trois candidats en situation de fin de vie. Cette publicité tapageuse préoccupante ne permet pas un débat serein. Il est dommageable qu’elle cherche à faire pression sur les citoyens en faisant appel à l’émotion plus qu’au raisonnement. Ainsi, cette présentation mortifère de personnalités politiques relève de la manipulation de l’opinion publique, c’est problématique pour la démocratie.

Mourir dans la dignité, être libre de choisir sa mort : ces mots dignité et liberté recouvrent de nombreuses réalités complexes qui nécessitent un débat public apaisé. Il doit permettre de dépasser les a- priori, les méconnaissances et les préjugés. Il doit poser les responsabilités et les devoirs de la société vis-à-vis des personnes vulnérables. Il doit nous aider à revisiter nos principes d’humanité.

Selon Paul Ricoeur, la dignité est « quelque chose qui est due à l’être humain du seul fait qu’il est humain ». C’est la culture face à l’animalité !

Le rapport de chacun à l‘idée de sa mort est une question intime, complexe, qui ne peut pas être débattue sous l’angle de la parodie ou du discours binaire. Une chose est de se projeter en situation de fin de vie lorsque l’on est bien portant, une autre est de vivre ce moment dont on ne sait pas quand il adviendra ni comment il se réalisera. Il s’agit d’un droit et d’une situation très personnels : comment une loi de portée générale peut –elle traiter de cas particuliers ? Pour Robert Badinter « il est dangereux de légiférer à partir d’un cas particulier pour un cas particulier. La loi est normative et universelle, elle dit la règle et s’applique à tous. »

Pourquoi une loi accorderait-elle le pouvoir de donner la mort ?

Si c’est pour combattre la douleur ou l’acharnement thérapeutique, la loi Léonetti donne une définition claire du traitement de la fin de vie. Avant d’écrire une loi nouvelle, il est indispensable de faire l’évaluation des lois de 2002 et de 2005 pour mieux faire le bilan de leur application. A la lumière de l’expérience et des pratiques soignantes, il s’agit de mieux connaître les problématiques de la fin de vie, s’interroger sur les moyens humains et financiers, sur la formation des soignants, sur les structures d’accueil afin de réussir l’accompagnement des mourants !

Pour la société française d’accompagnement et de soins palliatifs, la plupart des patients souhaitent vivre leur vie jusqu’au bout et les soins palliatifs sont là pour les y aider.

Il faut prendre en compte l’ambivalence des patients : un jour, ils veulent en finir, le lendemain, ils pensent que leur vie vaut d’être vécue jusqu’à son terme. Ce qui est important quand on est face à une demande d’euthanasie, c’est accepter d’en parler. De façon majoritaire, les demandes disparaissent quand les personnes soignées sont bien accompagnées !

Donner la mort ne relève pas de la médecine ! Cependant, le débat sur l’euthanasie s’organise autour du rôle du médecin. C’est paradoxal ! Toutes les propositions qui militent pour la dépénalisation de l’euthanasie censées donner plus de liberté aux patients, renforcent en réalité le pouvoir médical dans tous les dispositifs : c’est le médecin qui fait l’expertise, qui décide, qui fait l’acte !

Pourquoi associer le médecin à un geste qui relève de l’autodétermination ? Est-ce qu’une personne peut demander à l’Etat d’organiser sa mise à mort? C’est une question qui interroge la société au-delà du champ médical !

Selon le rapport de l’inspection générale des affaires sociales 2010 sur les soins palliatifs, seules, 20% des personnes qui devraient bénéficier des soins palliatifs, sont prises en charge. L’organisation des soins est insuffisante, la moitié des départements seulement, disposent d’unités de soins palliatifs. C’est peut-être dans cette pénurie de structures compétentes et de moyens que réside le débat ?

Selon le sondage d’opinion way, 68% des français ignorent qu’il existe une loi interdisant l’acharnement thérapeutique ce qui relativise le sondage d’octobre 2010, selon lequel 91% des français sont favorables à une loi sur l’euthanasie. Nous avons besoin d’un vrai débat nourri par les enquêtes sur la réalité des pratiques soignantes et non basé sur les sondages d’opinion.

Face à la dégradation physique, à la souffrance morale des patients en fin de vie, ceux qui en sont les témoins, pensent que cette vie n’a pas de sens ! N’est-ce pas leur propre peur qu’ils projettent dans l’autre ? « Car c’est moins la mort d’un autre que nous ressentons lors d’un deuil que la disparition de lambeaux de nous-mêmes » nous dit Claude Levi-Strauss.

Pour Françoise Dolto, « demander la mort et la donner, c’est une communication manquée, une déception de communication. Les humains ne communiquent pas assez les uns avec les autres. Ils sont pris dans les fantasmes de la mort de l’autre qui ne sont pas des pulsions de mort mais des pulsions d’agressivité visant l’autre qui déçoit. Il y a toujours une agressivité inconsciente dans la demande de mort, une immense déception…Celui qui la reçoit ne la perçoit pas toujours consciemment. Mis en échec par celui qui réclame la mort, le soignant se sent coupable et tente d’échapper à cette culpabilité en prenant la fuite ou au contraire en s’exécutant. Tous ces mécanismes inconscients viennent pervertir la relation. ».

Il faut également, placer le débat sur l’euthanasie dans le contexte économique français et européen. Les choix politiques sont des choix de société et, le choix de l’austérité qui préside à l’élaboration des budgets de la nation, des collectivités locales et de la protection sociale est mortifère. Qui peut assurer que les abus ne l’emporteront pas  pour garantir la satisfaction des intérêts économiques ?

Pour Jacques Attali «  dès qu’il dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte alors cher à la société. Il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement » ! Est-ce l’annonce d’une logique décomplexée justifiant l’euthanasie ?

Cette idéologie de négation de l’humain tisse sa toile d’araignée en France, en Europe à travers la gouvernance des marchés qui du traité de Maastricht au traité de stabilité, de coordination et de gouvernance, dépossède les peuples de leur souveraineté, met à mal la démocratie.

Sous le quinquennat précédent, la campagne de stigmatisation et de culpabilisation des personnes vulnérables (les malades, les assistés, les immigrés, les chômeurs) a ouvert la voie aux dérives les plus dangereuses : la haine de l’autre, l’égoïsme, le racisme et la xénophobie décomplexés, l’exclusion, le recul des solidarités collectives.

La réforme hospitalière menée sous Nicolas Sarkozy englobant la tarification à l’activité et la loi HPST (hôpital, patient, santé, territoires) a transformé en profondeur l’hôpital public géré selon les critères de l’entreprise et du profit : il n’est question que de rentabilité des soins, de productivité des actes. Les emplois sont la variable d’ajustement budgétaire, des services utiles aux besoins de santé sont fermés, des tragédies humaines se vivent dans les déserts médicaux. A quand la sélection des malades face à la pénurie des moyens budgétaires ?

La tarification à l’activité pousse à la rentabilité financière, à la multiplication d’actes inutiles mais lucratifs, joue contre la prise en charge des patients aux pathologies lourdes et coûteuses.

L’année 2013 s’inscrit dans la continuité d’une politique de dégradation de la santé publique. Au nom de l’austérité et sous le contrôle de la commission européenne, l’évolution des dépenses de santé reste en dessous des besoins réels…L’objectif national des dépenses de l’assurance maladie c'est-à-dire l’ONDAM hospitalier 2013 est porté à 2,7% contre 2,5% en 2012 alors que la FHF (fédération hospitalière de France) l’évalue à 3,2% pour permettre aux hôpitaux d’assumer leurs charges fixes.

Peut-on imaginer dans quelles conditions de travail se trouvent les soignants ? Dans l’hôpital où j’ai travaillé plus de 30 ans, il n’y a que deux aides-soignants en gérontologie, la nuit pour soigner 68 personnes, sur deux étages. Ils n’ont que 3 minutes à leur consacrer, à la limite de la maltraitance !

Le Parti communiste français place l’humain au cœur de son projet de société. Le programme du Front de Gauche s’intitule « l’humain d’abord ». Il propose des alternatives à l’ordre capitaliste, prédateur d’humanité.

 

Dans cette société à la dérive, il convient d’accueillir la revendication d’euthanasie avec une extrême prudence.

Le débat sur l’euthanasie est un débat sur la société ! Dans quelle société voulons-nous vivre ? Quelle humanité voulons-nous être ?

Dans le huis clos de l’hôpital-entreprise, rien ne serait plus terrifiant si l’euthanasie devenait un moyen de réguler les dépenses de santé.

 

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Intervention Dr Eric FOSSIER  Président de la Coordination Bretonne de Soins Palliatifs www.bretagnesoinspalliatifs.com

Dépénaliser l’euthanasie ?  Fête de l’Humanité Bretagne – Lanester 25/11/12

 

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Je vais essayer de vous apporter quelques point de repère, en m’appuyant sur ma pratique de 25 années auprès des patients atteints de maladies graves et incurables, Pour tenter de répondre à la question « Etes-vous pour légaliser l’euthanasie ? »

 

Je pense pouvoir dire comme président de la coordination bretonne de soins palliatifs, qui réunit tous les professionnels des équipes spécialisées en Bretagne, que ma position est unanimement partagée par mes collègues

 

  • C’est une Question d’une extrême complexité ne pouvant se réduire à un débat pour/contre et à une loi

  • Et ce n’est sûrement pas à un débat droite/gauche comme voudraient le laisser penser quelques raccourcis médiatiques, opposant liberté/autonomie/progressistes (de gauche) et archaïques/conservateurs/catholiques…(de droite)

 

« L’aide active à mourir ou la demande de « légaliser une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité » sont des expressions floues source de confusion

 

chaque jour, comme médecin de soins palliatifs, j’ « aide » mes malades à mourir le moins mal possible « sans les faire mourir » pour autant, et je mets tout en œuvre pour en qu’ils terminent leur vie dans la dignité, c'est-à-dire sans souffrir.

 

Les professionnels et bénévoles auprès des personnes en fin de vie sont les mieux placés pour témoigner de ce ces patients expriment.

Nous ne sommes pas en croisade contre l’euthanasie, nous sommes des professionnels qui travaillons journellement auprès de malades en fin de vie et nous rapportons ce qu’ils nous disent et ce que nous voyons.

 

Je parle de mon expérience de médecin. Ce n’est pas à partir d’idées philosophiques ou religieuses mais bien à partir de cette expérience clinique quotidienne au chevet de patients gravement malades.

 

 

J’ai accompagné et pris en charge des centaines de personnes en fin de vie et seules quelques-unes, un jour m’ont demandé à mourir.

 

Je peux affirmer que la dépénalisation de l’euthanasie n’est pas la réponse à un problème aussi complexe que celui de la prise en charge des personnes en fin de vie.

 

 

Ce que ces patients nous demandent dans leur immense majorité est :

De les soulager de symptômes pénibles

De les entendre

D’être sûrs que nous respecterons leur choix s’ils décident d’arrêter les traitements qu’ils ne supportent plus

D’être à leur cotés parce qu’ils sont effrayés de cette fin de vie qui s’annonce

 

Quel paradoxe ce malade qui nous dit j’ai peur de mourir (dans de mauvaises conditions), tuez-moi !!

 

Car outre le droit de choisir sa mort, ce qui nous est rapporté comme argument principal justifiant la dépénalisation de l’euthanasie serait les conditions inacceptables de certaines fins de vie.

 

Ayant travaillé pendant 10 ans en EMSP, allant dans tous les services, je peux témoigner, qu’effectivement dans certaines situations, la prise en charge de ces patients arrivant au bout de leur vie est inacceptable.

 

Il est effectivement indispensable de s’obstiner pour élever le niveau de compétences des équipes qui prennent en charge ces patients

 

  • Ce qu’il faut faire d’urgence, c’est obliger les soignant, les médecins à appliquer la loi actuelle.

 

En 2011 : 7 Français sur 10 ne savent pas encore que l'acharnement thérapeutique est interdit

 

Sur les cinq dernières années il n'y a eu que trois médecins sur 100 qui ont reçu une formation sur les soins palliatifs

 

Le rapport de l’observatoire national de la fin de vie confirme l’ expérience des professionnels et bénévoles : presque 2/3 des malades dont l’état requiert une prise en charge palliative ne reçoit pas les soins appropriés !!

 

Dans de nombreuses situations, un médecin décide seul, alors que la loi Leonetti l’oblige depuis 2005 à s’appuyer sur une réflexion collégiale prenant en compte l’avis du patient, des proches, et des autre professionnels en charge du patient

 

La plupart des patients que je rencontre souhaite vivre leur vie jusqu'au bout, à une condition : celle de ne pas souffrir.

Dans fin de vie, ce qui est important n’est pas FIN, mais VIE !

  •  
    • Il suffit d’être allé dans des endroits où les patients ne sont bien pris en charge pour le constater

 

Notre métier du soin c’est la solidarité, la prise en charge de la fragilité, la sollicitude : je crois que vous partagez ces valeurs

 

Il ne faudrait pas qu’une dépénalisation de l’euthanasie finisse par s’imposer simplement du fait d’un accès insuffisant à des professionnels compétents ou à une mauvaise application de la loi.

 

Dépénaliser l’euthanasie est inutile et dangereux dans ce contexte.

 

Ce que je vois, c’est que moins on est compétent pour prendre en charge les symptômes de ces patients, symptômes physiques ou souffrance morale, plus on a de risque de trouver dans ces services des patients réclamant d’en finir, et plus ces services incompétents seront tentés de répondre à la demande de mort, par une euthanasie si elle est légale alors qu’il s’agissait surtout une demande de soulagement.

 

L’euthanasie n’est pas le complément des soins palliatifs, elle les interrompt.

 

a titre personnel, je n’ai pas souvenir de patients qui chaque jour m’ait demandé l’euthanasie au point d’être confronté à une impasse. De façon majoritaire, ces demandes disparaissent quand les personnes sont prises en charge par des soignants formés aux soins palliatifs.

 

La loi actuelle, bien appliquée et sans hypocrisie permet de soulager l’immense majorité des personnes concernées.

 

J’ai une responsabilité envers les personnes seules, vulnérables ou très âgées, se sentant un poids pour la société. L’interdit de tuer les protège, nous protège collectivement.

 

Certains nous disent que la loi Leonetti est hypocrite, que les limitations de traitement laissent les malades mourir de faim et de soif, sans soins

 

Dire que les personnes « meurent de faim et de soif » est une malhonnêteté qui joue sur la peur. Cette expression choque le public à juste titre mais elle est un mensonge.

 

Les personnes qui meurent dans le cadre de l’évolution d’une maladie qu’on ne peut pas guérir ou lorsque on suspend un traitement qui maintient artificiellement leur vie ne ressentent pas la faim.

Nous en faisons tous une expérience, moins dramatique bien sûr, lorsque nous avons tout simplement la grippe.

Dans tous les cas, les personnes ne ressentent pas la sensation de faim, et la soif est totalement supprimée par des traitements efficaces.

 

Ils y a quelques dizaines d’années nos anciens finissaient leurs jours à la maison, entourés des leurs, en s’éteignant doucement : mourraient t’ils de faim et de soif ?

Arrêter de boire et de manger fait partie du processus naturel du mourir

 

Par ailleurs Il existe une nuance fondamentale entre provoquer la mort d’un malade à l’aide d’une injection létale et s’assurer qu’il ne souffre pas en acceptant que les doses nécessaires de  médicaments pour le soulager puissent éventuellement précipiter un décès inéluctable.

 

C’est le fondement même de la médecine que de soulager le malade, c’est le même fondement que de ne pas le tuer.

 

C’est la base du contrat de confiance entre le patient et son médecin

 

 

La différence entre l’euthanasie et la limitation de traitement est très claire :

 

Dans un cas on demande au médecin de provoquer la mort par une injection,

 

Dans l’autre on lui demande d’accéder à la demande d’un patient d’arrêter les traitements qui le maintiennent en vie au prix de désagréments que ce patient juge disproportionnés et ne veut plus subir..

 

Le progrès, ce n’est pas de légaliser l’euthanasie au nom d’une pseudo liberté avec ses risques de dérives,

 

Le progrès c’est poursuivre les améliorations des traitements que nous faisons depuis 30 ans pour que toutes les personnes en fin de vie de notre société meurent sans douleurs, sereinement et entourés.

 

Le progrès c’est d’obliger les équipes soignantes à appliquer une loi équilibrée qui nous aide à réfléchir aux cotés des patients.

 

Le progrès c’est d’améliorer l’accès aux soins palliatifs y compris pour les plus vulnérables.

 

Il serait terrible d’arriver au paradoxe qui ferait que les plus démunis, les plus vulnérables, ceux qui ont le moins accès à une médecine de qualité ne trouvent d’autres voies que de devoir demander l’euthanasie pour ne plus souffrir.

 

Dépénaliser l’euthanasie apporte plus de risques pour la société que de solutions à la demande d’un petit nombre de malades.

 

Prendre en compte la dignité ne consiste pas à provoquer la mort mais accompagner la vie qui se termine et à soulager le malade : c'est le rôle de la médecine et des soins palliatifs

 

Mourir dignement c’est mourir sans souffrir,

Mourir dignement c’est mourir en étant accompagné,

Mourir dignement c’est mourir là où je souhaite et non mourir sur un lit d'hôpital alors que je voulais mourir chez moi entourés des miens

Mourir dignement c’est être entendu de l’équipe de soins et ne pas subir d’obstination déraisonnable

Mourir dignement c’est avoir accès à une équipe rodée à la prise en charge des symptômes pénibles

 

Mourir dignement ce n’est sûrement pas être tué par un soignant missionné pour cela.

 

« Bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité » ce n’est pas provoquer la mort c’est au contraire prodiguer les soins médicaux indispensables pour que ce patient ne souffre pas !

 

C’est la définition des soins palliatifs !!

 

Alors si c’est cela la proposition figurant au programme de notre président, j’ai grand espoir qu’il poursuive plutôt le développement des soins palliatifs !

 

Comme médecin de soins palliatifs j’ai quelques certitudes :

  • Je n'ai pas remède contre la tristesse

  • Je crois qu’anticiper la mort pour éviter la souffrance est une utopie

  • Je crois que vouloir supprimer la souffrance est une utopie.

  • Je crois qu’on ne fera pas taire la souffrance par des lois.

  • Je suis sûr qu’une loi dépénalisant l’euthanasie ne fera pas disparaitre la souffrance de perdre un être cher.

  • Je suis sûr que La fin de la vie d’un être cher EST et RESTERA un moment intime et tragique

 

Il est totalement illusoire d’envisager une nouvelle loi, au prétexte que la précédente (la loi Leonetti) n’est pas appliquée !

 

Quelles garanties avons-nous que cette loi serait mieux appliquée ?

 

Nous avons connu de tous temps et jusqu’à aujourd’hui une frontière naturelle entre la vie et la mort.

  • Dépénaliser l’euthanasie, c’est modifier cette limite pour la transformer en une frontière entre la vie qui vaut la peine, et celle qui ne vaudrait plus la peine d’être vécue.

  • Cette frontière serait inévitablement mouvante, dans un sens prévisible (voir les pays bas ou un lobby réclame d’étendre la loi a toute personne de plus de 75 ans en faisant la demande….) qui serait un éloignement de la mort naturelle…vers une limite ténue que serait par exemple l’apparition d’une dépendance, d’une perte de discernement…et bientôt quoi d’autre !!

 

Peut-on décider socialement qu’il y a des vies qui ne valent pas la peine d’être vécues ?

 

Peut-on construire un « vivre ensemble » sur la seule valeur de « liberté » comprise au sens de l’autonomie et de l’individualisme ?

 

De mon point de vue de médecin confronté chaque jours aux humains les plus fragiles je pense que l’immense majorité d’entre eux ne nous demandent pas cela, mais de les entendre, de les assurer de notre soutien, de les assurer que nous resterons présents à leur coté quoi qu’il arrive

 

Je crois que Karl Marx disait la nécessité de s’occuper prioritairement de l’être humain…

 

Faut-il nous aligner sur une vision de la société « esthétique », ou l’individualisme, la hantise de notre image, l’exigence d’autonomie, nous convoquerons à apporter une réponse à ceux qui estiment leur image altérée ??

 

Ne peut-on considérer encore qu’une société pourrait être éthique et solidaire en accordant de l’attention à cet autre fragilisé, autrement qu’en acquiesçant à sa demande de mort ?

 

Légaliser l’euthanasie est une mauvaise réponse à une vraie question : que fera demain la société pour soutenir les plus fragiles d’entre nous ?

 

L’euthanasie ne soulagerait pas le patient, elle l’éliminerait.

 

 

Fondement de la médecine

 

La loi leonetti

 

  • La loi Léonetti ce n’est pas laisser mourir c'est accompagner la personne qui meurt en évitant qu'elle souffre.

  • La sédation en phase terminale existe déjà dans la loi, il faut mieux l’appliquer et mieux la mise en œuvre

  • Pour la sédation s'est assuré le patient que lorsque je limiterai un soin il ne se réveillera pas au risque de souffrir

  • La sédation n'est pas hypocrite elle ne vise pas à provoquer la mort mais il vise à soulager le malade afin qu'il ne vive pas à l'effroi d'une situation qui ne souhaite pas. C’est un geste d’humanité et de sollicitude

Les soins palliatifs

 

 

Et si vous voulez en savoir un peu plus sur les soins palliatifs en Bretagne, allez sur le site Internet, où vous pourrez trouver entre autre:
la video de Leonetti expliquant sa loi (dans l'onglet "documentation 1")
l'intervention video du sociologue Patrick Baudry pour la journée CBSP de 2011, très éclairante
et bientôt l’intervention de Jacques Ricot à notre congrès de vendredi dernier
site CBSP

  • Les soins palliatifs et la médecine en général ne hâte ni ne retient la mort : ils accompagnent les patients pour qu’ils ne souffrent pas

  • Il y a une totale contradiction entre les soins palliatifs et l’euthanasie. Il n’y a aucune complémentarité. Dans le cas des soins palliatifs nous sommes dans le champ de la médecine c'est-à-dire de soulager et cela nous savons faire dans l’autre il s’agit d’un autre champs qui est de provoquer la mort : ce n’est pas le rôle de la médecine

  • Les soins palliatifs sont la réponse médicale efficace à la souffrance des malades en fin de vie et pourtant, sur le terrain, nous constatons quotidiennement qu’en dépit des progrès réalisés depuis 20 ans, l’accès aux soins palliatifs, à ce progrès de la médecine, reste très largement insuffisant.

  • Nous avons en France une médecine efficace et des lois qui garantissent l’accès aux soins palliatifs : la loi de 1999 sur le droit à l’accès aux soins palliatifs et la loi de 2005 sur le droit des malades en fin de vie, qui a fait école dans 6 pays.

  • Il nous reste à appliquer l’une et l’autre à l’ensemble des malades et non plus seulement à quelques uns !!

  • Cela est légitime et c'est le rôle des soins palliatifs et de la médecine en général que de s'assurer qu'ils ne souffriront pas. Aujourd'hui des progrès remarquables ont été faits en ce sens.

  • L’objectif de la médecine et des soins palliatifs n’est Ni de hâter la mort ni de la retenir mais bien de soulager les malades.

  • Les soins palliatifs sont un droit reconnu aux Français mais ils sont encore insuffisamment connus et insuffisamment appliqués.

  • La première chose que les français demandent avant de dépénaliser l’euthanasie c’est avant tout d’améliorer et de développer les soins palliatifs  

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 19:51
COMMUNIQUE DU FRONT DE GAUCHE DU PAYS DE MORLAIX ENVOYE A LA PRESSE LE MARDI 27 NOVEMBRE.  
 
Depuis quelques années, les attaques contre l'Islam pris en bloc et les musulmans servent d'étendard et de faux-nez aux racistes et xénophobes de droite et d'extrême-droite qui n'acceptent pas qu'on puisse être reconnus Français de plein droit tout en ayant des parents ou grands-parents étrangers et brandissent des principes de laïcité qu'ils ont historiquement toujours combattu pour légitimer la haine et le rejet de l'autre.
La nation française fondée à la Révolution sur les valeurs républicaines du droit du sol, de l'égalité, de la fraternité, de la liberté et de la laïcité est diverse du fait de notre passé colonial et notre identité de terre d'accueil. Nos millions de concitoyens de confession musulmane doivent avoir la possibilité s'ils le désirent de pratiquer leur culte à égalité de droit avec les catholiques, les protestants, les juifs et les autres confessions représentées en France.
Certes, l’État et les collectivités locales n'ont pas à investir d'argent au service de quelque religion que ce soit et, au nom de la laïcité, ils doivent rester neutres vis à vis des religions.
Mais, c'est un fait incontestable que la religion catholique bénéficie de l'entretien des églises qui sont propriétés publiques et patrimoine historique et artistique de la nation tandis que, bien souvent, les musulmans pratiquants de France n'ont pas de lieux pour célébrer leur culte et se retrouver alors que l'Islam est la deuxième religion de France.
Ainsi, au nom de l'égalité des droits, les collectivités ne doivent rien faire pour décourager l'établissement de lieux de culte musulmans alors que ces concitoyens sont aujourd'hui discriminés d'une certaine manière dans l'accès à la pratique religieuse.
Les élus de la République doivent surtout prôner la tolérance et condamner sans ambiguïté toutes les tentatives de stigmatisation des minorités culturelles représentées sur le territoire, et cela particulièrement lorsque, comme aujourd'hui, la crise développe les ferments d'un retour de la peste brune.
A ce titre, le Front de Gauche du pays de Morlaix est choqué par l'absence de condamnation par Agnès Le Brun, maire de Morlaix, des lettres anonymes au racisme vénéneux adressées aux voisins de la possible future mosquée de Morlaix, située au 56, rue Gambetta. Dire que ces lettres contiennent des accusations fausses parce que la mairie ne favorise aucunement ce projet de mosquée dont elle ne s'occupe pas est une chose, ne pas dénoncer l'incitation à la haine raciale contenue dans ces lettres en est une autre!
Contrairement à ce qu'elle dit, il n'est pas possible de "rester neutre dans une telle affaire".  
Ne pas signifier que les musulmans de la région de Morlaix ont droit à un lieu de culte, ne pas dénoncer le poison de l'extrême-droite contenu dans ces lettres n'est pas innocent. 
Espérons seulement que Madame le maire n'emprunte pas les mauvaises habitudes de son ami Jean-François Copé qui en utilisant sans vergogne l'islamophobie ambiante à des fins politiques, finit par la renforcer.  
 
 
 
front de Gauche Morlaix
 
 
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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 17:54

 

Congrès départemental du PCF29 - 26 & 27 janvier 2013

 

Contribution

pour un nouveau fonctionnement de la Fédération du Finistère

 

 

proposée par les « communistes finistériens pour le front de gauche » 10 novembre 2012

Pour un débat large, transparent, démocratique et sans tabou

 

La préparation du prochain congrès de notre Parti est l’occasion pour les communistes de notre département de faire le bilan de leur activité politique au plan local et départemental.

 

Comme l’a justement précisé Patrick BESSAC, dans son rapport au Conseil national intitulé « un congrès combatif pour le PCF, une ambition nouvelle pour le Front de gauche », il s’agit de rassembler tous les communistes, dans l’objectif d’une culture commune. Celle-ci ne pouvant se réaliser, théoriquement et pratiquement, qu’en prenant en compte « deux sphères relativement autonomes dans ce débat : la sphère des plates formes politiques (du Parti, du Front de gauche, ou d’autres…) et la sphère du débat d’idées ».

 

Nous pensons que nos expériences politiques récentes peuvent nourrir et enrichir nos débats dans les prochaines semaines de préparation de nos assemblées de section et de notre congrès départemental, à condition de pouvoir en discuter sur des bases claires et en toute liberté.

 

Ainsi, au regard de nos expériences respectives durant la période électorale de la présidentielle et des législatives, il n’est pas inutile de nous interroger sur la nature des confusions entretenues entre la sphère des idées et la sphère des plates formes politiques, y compris entre les plates formes politiques du PCF et du Front de gauche, dans nos sections comme dans notre fédération.

 

Nous pensons que le meilleur moyen d’avancer avec l’ensemble des communistes est de faire confiance à leur expérience et à leur intelligence en leur offrant tous les matériaux utiles à leur réflexion.

 

Dans la période récente, la complexité de la situation s’est souvent traduite par des actions politiques différentes d’une section à l’autre ou entre des sections et la fédération. Ces contradictions sont évidemment au cœur du débat et il appartient aux communistes et à eux seuls d’en débattre pour essayer d’en comprendre les causes et de les dépasser.

 

À cette fin, il faut que les divers points de vue puissent être confrontés, de manière ouverte, que cette confrontation soit encouragée et soutenue par les différentes instances du Parti. C’est dans cet esprit que nous avons décidé de proposer au Conseil départemental du Finistère, le texte ci-dessous, en lui demandant de bien vouloir le diffuser aux directions de section et à l’ensemble des communistes.

 

Si nous pensons que le débat doit légitimement être coordonné par les directions de section et par le Conseil départemental, nous pensons aussi que la circulation horizontale des points de vue, des textes et des idées, doit être non seulement admise, mais surtout encouragée et facilitée.

 

Le texte ci-dessous n’a d’autre ambition que de contribuer au débat communiste dans notre département, que nous souhaitons large, transparent, démocratique et sans tabou.

 

Pour un monde libéré des entraves du capitalisme

 

Une fédération communiste unie

sur de nouvelles pratiques

pour plus de démocratie

et plus d’efficacité

 

Depuis plusieurs congrès les communistes affirment que le PCF n’existe pas pour lui-même mais pour « répondre aux immenses défis de notre époque par l’émancipation de chacun(e), la maîtrise sociale, la mise en commun et le partage des connaissances, des richesses. Elles et ils refusent un monde où les possibilités considérables qui surgissent de l’activité et du génie humain sont dévoyés en pillage des ressources, en concurrence aveugle, en affrontements et en guerre ; une société d’injustices et d’inégalités où les forts écrasent toujours les faibles. Elles et ils considèrent que la toute puissance de l’argent peut être combattue, que le capitalisme n’est pas la fin de l’Histoire » (préambule des statuts).

 

Promouvoir l’autonomie et l’épanouissement de chaque femme et de chaque homme en faisant reculer jusqu’à leur dépassement toutes les formes sociales d’exploitation, de domination et d’aliénation. Tels sont les objectifs des communistes. Ils impliquent un combat sans relâche et sans complaisance contre le capitalisme.

 

La passionnante phase électorale que les communistes ont menée dans le cadre du Front de Gauche montre combien sont grandes les possibilités de rassemblement pour mener ce combat dans le respect de l’identité de chacun-e. Elle a aussi montré les difficultés qui subsistent et les écueils à éviter. Face au combat que mènent toutes les forces du capital pour empêcher, quel que soit le vote des électeurs, toute possibilité de changement réel, les communistes, à tous les niveaux, ont un rôle crucial à jouer pour ouvrir la voie d’un autre monde...

 

 

 

I-Le bilan creux de la direction départementale

 

1.1-Les organisations du parti, à tous les niveaux, ont la responsabilité de tout mettre en œuvre pour atteindre les objectifs ci-dessus énoncés sur l’ensemble du territoire.

 

Est-ce le cas dans le Finistère ? Avons-nous, concrètement, tout mis en œuvre pour favoriser les rassemblements avec la population pour faire évoluer les choses dans ce sens ?

 

Le Conseil départemental a-t-il permis à la Fédération communiste du Finistère d’agir pour défendre :

  • l’activité industrielle et agricole 

  • le devenir du groupe Doux et de la filière avicole 

  • la pêche 

  • l’emploi 

  • l’avenir des jeunes 

  • l’environnement, le traitement des algues vertes

  • une véritable politique énergétique et mettre en débat le projet d’usine à gaz de Landivisiau

  • le droit de vivre dignement jusqu’à la fin de ses jours 

  • des services de santé accessibles à tous 

  • etc. ?

 

La Direction départementale du Finistère a-t-elle permis à la Fédération communiste de dénoncer la vente de statuettes et de figurines de Hitler, Goebbels ou Goering dans les locaux de l’école de gendarmerie de Châteaulin ; de dénoncer aux côtés du PS et du NPA l’organisation d’un « banquet patriotique » par Jean-Marie Le PEN à Port-Launay ; de dénoncer la tentative d’exclure le Front de Gauche de la manifestation et du colloque sur les langues régionales ; de dénoncer les attaques contre le droit d’asile ; de dénoncer l’escalade en matière d’armement nucléaire ?

 

Certes des choses ont été faites… le plus souvent à l’initiative et sous la responsabilité des sections ou des collectifs auxquels nous participons, ce qui est bien sûr très positif, mais nuit aussi, faute de coordination fédérale, à l’impact de ces actions sur l’ensemble du département.

 

L’activité initiée par l’exécutif de la fédération, elle , se réduit le plus souvent à de la communication dans la presse et est, toujours strictement compatible avec les positions du Parti Socialiste ou des Collectivités qu’il dirige (Conseil Général et Conseil Régional) alors qu’il aurait fallu pour le moins être présents sur le terrain et aussi organiser la réflexion autonome et collective des militants et des élus communistes pour les mettre en situation de jouer pleinement leur rôle (les problèmes de l’énergie, des algues vertes, de la santé, de l’aide à l’autonomie… sont en ce domaine particulièrement significatifs). Pour ne prendre qu’un exemple cette dérive est parfaitement illustrée par l’épisode d’Ouessant où l’on a déplacé Patrick LE HYARIC, l’exécutif, une trentaine de militants « continentaux »… pour rencontrer quelques Ouessantins et avoir une photo et quelques lignes dans la presse. Bien entendu, comme d’habitude, il n’a pas été fait d’évaluation de cette initiative pas plus que de « l’atelier législatif »  sur la pêche pourtant annoncé par le secrétaire départemental comme une initiative majeure.

 

La réflexion collective ne saurait se réduire à la réunion de quelques élus et quelques camarades triés sur le volet comme c’est le plus souvent le cas, mais au contraire, devrait être nourrie de l’expérience de tous les militants et des personnes concernées. À tous les niveaux, le Parti et le Front de Gauche en seraient d’autant plus à l’aise pour mener le débat et le combat avec la population.

 

 

 

La réforme territoriale est, avec la filière avicole ou l’énergie, un exemple où, faute de réflexion collective, la fédération et l’ADECR ont été particulièrement absentes, mettant ainsi la population « hors du coup » et réservant donc la réflexion et l’action à quelques « spécialistes » auto proclamés. Alors, qu’en cohérence avec ce que nous préconisons, il aurait fallu animer un large débat sur tout le territoire. Notre absence n’a-t-elle pas nui à la crédibilité de notre discours et à l’évaluation de notre utilité ? Avec le changement de gouvernement (et la responsabilité particulière de Marylise Lebranchu), Il faut que le PCF et le Front de Gauche prennent toute leur place dans la lutte pour l’abrogation immédiate de toute la réforme des collectivités territoriales de Sarkozy  et l’élaboration démocratique, avec toutes les parties concernées, d’un nouveau texte.

 

Cette démarche pourrait se décliner sur bien d’autres sujets.

 

Il importe qu’une priorité soit donnée à notre présence et à notre action sur le terrain. Que la direction départementale de la fédération communiste du Finistère joue réellement son rôle de coordination et d’animation qui doit être le sien sur tout le département comme sur toute la région.

 

 

1.2 Le deuxième rôle de la direction départementale de la fédération est d’assurer toutes les conditions de la réflexion et de la souveraineté des communistes.

 

Dans le respect des orientations nationales.

À ce sujet les leçons du déni de démocratie qu’a constitué l’épisode des régionales, qui a bafoué la liberté de choix des adhérents et vu la présence de communistes sur deux listes différentes n’ont pas été tirées. Et, en ce qui concerne le Front de Gauche, on continue dans le Finistère à traîner les pieds alors que sur le terrain on constate qu’une grande dynamique se développe.

 

Tout le monde a constaté l’absence d’investissement de la direction de la fédération dans la campagne des élections présidentielle et législatives. Le rôle plus qu’effacé du parti dans la coordination départementale du Front de Gauche alors que des choses très intéressantes se développaient sur le terrain dans les circonscriptions sans insister sur les bâtons dans les roues dans la 1ère circonscription…

 

Dans le respect du rôle de direction du conseil départemental

Le conseil départemental devrait être le lieu où se réfléchit et s’élabore la politique départementale ; l’exécutif n’ayant pas à se substituer à celui-ci ni dans la réflexion, ni dans les prises de décision, ni dans les prises de position publiques.

 

D’ailleurs il n’est jamais donné au conseil départemental (qui pourtant est d’après les statuts du parti chargé de le contrôler) d’information sur l’activité de l’exécutif dont par ailleurs de nombreux membres « sèchent » régulièrement les réunions du conseil départemental ou n’y prennent jamais la parole. Ce qui permet de se poser des questions sur l’activité ou l’existence réelle de cet Exécutif et sur le respect qu’en ont ses membres pour le Conseil Départemental qui est pourtant la direction du parti.

 

En réalité, le conseil départemental est devenu une chambre d’enregistrement de décisions prises on ne sait où, par on ne sait qui. L’opacité en matière de finances est totale. Depuis 2008, ni la Commission de Contrôle Financier ni le Collectif transparence et de suivi de la bataille financière n’ont été réunis.

 

Enfin que reste-t-il de la souveraineté des communistes quand, en raison de son emploi au cabinet du président de région, ils ne peuvent plus présenter leur secrétaire départemental à une élection ?

 

Dans le respect de la diversité des communistes

Les statuts du Parti considèrent la diversité des communistes comme une richesse pour la réflexion collective et pour une vision large de la complexité de la société et ils recommandent absolument de la garantir. Cela implique l’écoute, la recherche de convergence, le respect de l’individu et du collectif et devrait exclure toute volonté de clivage systématique comme, par exemple, nous l’avons encore vu lors de la composition de la délégation à la conférence nationale du 18 juin dernier.

 

L’unité des communistes, dans le respect des opinions de chacun, devrait être la règle et prévaloir sur l’« esprit de clan » qui stérilise la richesse de la réflexion collective et l’efficacité de l’action.

 

La Fédération du Finistère doit assurer à chaque communiste les moyens de jouer pleinement son rôle et d’assumer pleinement ses responsabilités.

 

 

II-Les engagements de la liste que nous proposons

 

Les candidat-e-s de la liste « une fédération communiste unie sur de nouvelles pratiques du Finistère, pour plus de démocratie et plus d’efficacité » s’engagent à agir dans les 3 directions suivantes.

 

2.1. Rassembler pour résister à la domination de la finance et ouvrir la voie à une véritable alternative

 

La domination sans partage de la finance internationale est la source des difficultés et des drames qui frappent les populations sur la totalité de la planète. Mettre fin à cette situation implique de créer partout et pour tous les conditions du rassemblement de toutes celles et tous ceux qui, objectivement et au-delà de leurs différences, ont intérêt à ce qu’il y soit mis fin. Ces rassemblements se développeront à partir des difficultés rencontrées par les différentes catégories de la population, les collectivités, les services publics, les entreprises… Ils permettront, à la fois de résister, d’avancer et d’ouvrir des perspectives.

 

C’est l’objectif que se donne le Front de Gauche dont le PCF a été à l’initiative. Les différentes échéances électorales, et particulièrement les dernières élections, présidentielle et législatives, ont montré le potentiel qu’il a fait naître. Nous proposons que la Fédération s’engage fermement et sans réticence, sans arrière pensée et volonté de récupération, dans la recherche de son renforcement, de son élargissement et de l’amélioration de son fonctionnement. Cela contribuera également au développement de l’activité propre du Parti. Une telle politique ouverte implique, l’acceptation du «risque» que les faits ne se déroulent pas comme le PCF l’avait souhaité mais comme nos concitoyens ont contribué à les construire.

 

Nous proposons pour cela une activité et une présence forte des communistes, sans volonté hégémonique, dans les luttes, dans les quartiers populaires et dans les entreprises en étant particulièrement attentifs aux difficultés faites aux plus jeunes, avec nos propositions qui contribueront à montrer concrètement les possibilités réelles de changement. Cet engagement sincère sera un apport important pour le développement du Front de Gauche et de l’action populaire.

 

Cela suppose que le Parti soit actif dans l’organisation d’actions à tous les niveaux avec à chaque fois le souci de rassembler au maximum. Cela implique aussi notre participation à la réflexion et aux actions organisées par d’autres afin de faire avancer les exigences et les objectifs de la population.

 

Cela suppose aussi que, dès maintenant, nous nous préoccupions de la présence des communistes et du Front de Gauche dans les différentes institutions lors des prochaines échéances électorales dans le respect absolu de l’identité et de l’autonomie de chacun et de tous.

 

 

2.2-Mener une grande activité d’éducation populaire

 

Pour mener le combat contre la Finance il importe de donner à chacun-e- les moyens de prendre sa place et de jouer son rôle efficacement dans toutes les actions sur le terrain (Doux, licenciement chez Carrefour, spéculation sur les céréales qui vont faire grimper le prix du porc et de la volaille, aliments de base des plus démunis, etc.)

 

C’est pourquoi il est capital de mettre en œuvre et/ou de participer à une grande activité d’éducation populaire pour contrebalancer la pression des médias et le consensus de fait entre les forces de droite et une partie de la gauche. Elle prendra en compte la complexité des situations en évitant tout schématisme réducteur et, au-delà de la politique et de l’économie, en s’ouvrant aussi à la culture, la philosophie, l’histoire, la géopolitique. Cette action doit être multiforme avec, à chaque fois, le souci d’élargir au maximum le cercle des personnes auxquelles nous nous adresserons. Là encore une attention particulière devra être portée vers les entreprises, les quartiers populaires, la jeunesse et le mouvement syndical et les associations.

 

La participation effective et efficace des communistes à ces actions implique bien entendu que nous remettions en place une véritable politique d’éducation et de formation au sein de la Fédération, qui s’adresse à tous les communistes et à toutes les sections. Cela amènera sans doute à diversifier les formes que prendra cette politique qui doit être une activité permanente et prioritaire qui, tirant les leçons du passé, doit être largement ouverte sans crainte des débats que cela pourrait susciter.

 

La même nécessité de formation et de réflexion collective existe bien évidemment en ce qui concerne l’activité et le rôle des élu-e-s et la formation de candidat-e-s.

 

La Fédération recherchera les volontés et les compétences disponibles en son sein et à l’extérieur pour assurer la qualité et le niveau de ces actions, y compris par « la formation des formateurs » .

 

La complexité des problèmes nécessitera de plus en plus une réflexion collective, faisant appel à des compétences et des expériences diverses (sociologues, psychologues, économistes, syndicalistes, militants, citoyens engagés…) avec des approches elles aussi diverses.

 

La réflexion, bien entendu, ne saurait se borner aux sujets pour lesquels une position est aboutie mais abordera aussi (surtout ?) ce qui fait débat.

 

2.3 Agir pour le renforcement et la vie démocratique du Parti

 

La séquence qui vient de s’achever, avec la dynamique du Front de Gauche ; nous a permis de multiplier les rencontres y compris avec des gens que nous ne côtoyions pas auparavant.

 

Nous avons dans beaucoup d’endroits fait des adhésions… et d’autres sont encore possibles. Il faut continuer dans cette direction… et prendre les mesures pour que l’accueil de ces nouveaux adhérents soit organisé et suivi de formation.

 

La Fédération assurera une aide efficace à toutes les sections et apportera son soutien aux actions qu’elles mettront en place. En même temps, sur les problématiques d’intérêt départemental, régional et national, elle favorisera la réflexion, la recherche des réponses, la mise en cohérence et la convergence des décisions et des actions. Elle veillera à ce que tous les communistes qui le désirent, puissent être partie prenante de l’ensemble du processus.

 

Tous les communistes recevront de la Fédération une information complète et objective qui leur permettra, en toute liberté, d’exercer leur souveraineté lors des prises de décision et des votes (y compris lorsque des questions suscitent des points de vue différents ou divergents).

 

Le Conseil départemental étant l’organe dirigeant de la Fédération, son travail, sa réflexion, son action seront élaborés collectivement. Son mode de fonctionnement (en particulier le moment des réunions) devra permettre à tous ses membres une réelle participation et devra permettre plus particulièrement la participation des camarades exerçant une activité salariée et notamment les femmes et les jeunes.

 

Un compte rendu synthétique de la réunion précédente, intégrant l’essentiel de la discussion, sera soumis à remarques et approbation, à l’ouverture de chaque réunion du conseil départemental.

 

Les prises de position publiques du Parti feront l’objet d’une réflexion et d’une élaboration collective au Conseil départemental. Si un consensus n’est pas possible le vote se fera suivant les règles statutaires. En cas d’urgence, une consultation rapide des membres du Conseil départemental se fera par courrier électronique ou à défaut par téléphone.

 

L’Exécutif départemental rendra compte au Conseil départemental de son activité qui, de toute façon, devra être le reflet des stratégies élaborées par le C D.

 

Lors des rencontres nationales la délégation sera représentative de la diversité des communistes du Finistère.

 

 

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°°°

°

 

 

 

 

La plupart de ces propositions ont été faites à plusieurs reprises au cours des deux dernières mandatures de l’exécutif départemental sans jamais être prises en compte. Ces propositions correspondent à l’expression d’une majorité des sections de la Fédération ce qui suppose un renouvellement de l’exécutif départemental.

 

C’est pourquoi les élus de la liste « Une fédération communiste unie sur de nouvelles pratiques pour plus de démocratie et plus d’efficacité », s’engagent à mettre en œuvre, tous ensemble, ces propositions qui ouvrent sur une pratique politique correspondant aux idées et aux espoirs qui se sont faits jour lors des manifestations de la Bastille, de Marseille et de Toulouse, et dont le souffle passera, c’est du moins ce que nous espérons, dans la préparation de notre congrès.

 

Le Congrès départemental de notre Fédération peut-être l’occasion de donner une impulsion nouvelle au Parti communiste français dans la période à venir pour le développement du Front de Gauche et l’avenir du pays. Ce rôle historique est à notre portée pour peu que nous mettions en œuvre de nouvelles pratiques politiques, ouvertes et transparentes.

 

Le Congrès départemental de notre Fédération du PCF, soucieux de faire vivre pleinement la stratégie de Front de gauche dans toutes les instances communistes du Finistère, peut et doit se donner une équipe capable de mettre en œuvre «ces nouvelles pratiques, pour plus de démocratie et plus d’efficacité »

 

Le Congrès départemental de la Fédération du Finistère du PCF, peut compter sur l’engagement de chacun des membres présenté sur cette liste à y consacrer toute son expérience et toute son énergie.

 

 

 

Le 10/11/2012

 

 

PREMIERS SIGNATAIRES DE LA CONTRIBUTION

« POUR UN NOUVEAU FONCTIONNEMENT

DE LA FEDERATION DU FINISTERE »

 

ALAYSE Anne-Marie

Section PCF du Pays de Brest

ABRAMOVICZ Yves

Section PCF du Pays de Morlaix

BERNARD André

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

BERNARD Marie-Andrée

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

BERTHELOT Jean-Jacques

Section PCF de Scaer

BLANCHE Denise

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

BLANCHET Véronique

Section PCF du Pays Bigouden

CHARLIER Alain

Section PCF de Plozévet

CHARLIER Elyett

Section PCF de Plozévet

DAVID Alain

Section PCF du Pays de Morlaix

DUPAS Roger

Section PCF du Pays Bigouden

DUPONT Ismaël

Section PCF du Pays de Morlaix

FERRENBACH Daniel

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

GAUTHIER Alain

Section PCF de Rosporden

GAUVIN-DUPONT Frédérick

Section PCF du Pays Bigouden

HENRY Jeanne

Section PCF du Cap-Sizun-Audierne

JAOUEN Michel

Section PCF de Rosporden

JOUAN Daniel

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

JULLIERE Claude

Section PCF de Concarneau

LABELLE Nicole

Section PCF du Pays de Morlaix

LAZARO Annick

Section PCF de Rosporden

Le BELLEC Etienne

Section PCF du Pays Bigouden

Le CALVEZ Jean-Luc

Section PCF du Pays de Morlaix

Le CLOAREC Jacqueline

Section PCF du Pays Bigouden

Le CLOAREC Robert

Section PCF du Pays Bigouden

Le DUFF Georges

Section PCF de Lanmeur

Le GUEN Jean-Claude

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

Le GUEN Lydie

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

Le MOGUEN Claude

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

Le NOZERTH Martine

Section PCF de Plozévet

LEVEN Jean-Yves

Section PCF du Pays Bigouden

MORVAN Marguerite

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

OUVRARD François

Section PCF du Pays de Brest

PASCAL Jean-Louis

Section PCF de Concarneau

PERCHEC Xavier

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

PILORGE Camille

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

PILORGE Lydie

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

PLOUGONVEN Pierre

Section PCF de Crozon

PODER Hubert

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

PODER Marie-Claire

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

PUIL Serge

Section PCF de Roscoff-Saint-Pol

QUELAUDREN Patrick

Section PCF du Pays Bigouden

RANNOU Jacques

Section PCF de Rosporden

RAVASIO Daniel

Section PCF du Pays de Morlaix

ROUSSAIN Annie

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

ROUSSAIN Loïc

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

RYAN Juliette

Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

TUPIN Hugues

Section PCF de Douarnenez

TILLY Marcel

Section PCF de Rosporden

VOREAUX Alain

Section PCF du Pays Bigouden

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 15:29
front de Gauche Morlaix
 
Le prochain bureau du collectif Front de Gauche (ouvert à tous) du pays de Morlaix aura lieu le jeudi 29 novembre à 18h au local du PCF, 2, petite rue de Callac (et non comme annoncé à l'AG le mercredi 28 novembre, date qui ne convenait pas à plusieurs personnes).
Ordre du jour provisoire:  
  • Avancer sur une proposition pour les statuts de l'association Front de Gauche du pays de Morlaix (question de l'organisation, de la cotisation) afin qu'ils puissent être votés lors de la prochaine AG (à partir d'un travail d'écriture collégial complémentaire si besoin).
  • Trouver un moyen de répartir les responsabilités pour les tâches concrètes et pouvoir relancer le maximum de sympathisants du FDG afin qu'ils participent à nos réunions et activités. 
  • Réflexion sur la démarche pour aller vers une dynamique et un projet du Front de Gauche pour les municipales.
  • Point info sur les mobilisations en cours (Palestine, Notre-Dame-des-Landes)
  • Quelle activité pour les semaines à venir? (publication et diffusion d'un trimestriel, tractages, réunions publiques)
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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 12:53

On apprenait jeudi soir qu'Israël et le Hamas étaient parvenus à se mettre d'accord sur une trêve à Gaza. Benyamin Netanyahou, qui avait très certainement décidé de déclencher cette agression pour des raisons électoralistes, n'a finalement pas voulu courir le risque de se présenter aux législatives du 22 janvier après une invasion terrestre de la bande de Gaza qui aurait occasionné des morts dans l'armée israélienne. C'est un soulagement pour tous ceux qui sont attristés et révoltés par les souffrances imposées au peuple palestinien, même si on sait très bien qu'avec un tel état d'esprit, Israël pourra revenir à Gaza avec des intentions de destruction identiques dans quelques mois, ses élites politiques n'étant prêtes depuis quelques années à aucune négociation sérieuse, à aucune prise en compte des droits et du point de vue des Palestiniens, à aucun effort de paix véritable.

 

Mercredi dernier, nous nous sommes rassemblés à Morlaix à l'appel d'un collectif unitaire (avec l'AFPS, Peuples solidaires, la Ligue des Droits de l'Homme, le Mouvement de la Paix, le SNES-FSU, le PCF, la Gauche Anticapitaliste, la FASE, Europe Ecologie les Verts, le NPA...) pour condamner l'agression israélienne contre Gaza et demander des sanctions internationales s'il n'y avait pas interruption de ces violences.

 

Nous étions plus d'une cinquantaine devant la mairie de Morlaix.

 

Yves Abramovicz (Association France Palestine Solidarité) a pris la parole pour la coordination, Antoinette Le Henaff pour le Mouvement de la Paix et moi, Ismaël Dupont, pour le PCF et le Front de Gauche.

 

Voici les propos que j'ai tenu ce mercredi 21 novembre:

 

" Ce qui nous réunit aujourd'hui, c'est une émotion commune, une indignation commune face au nouveau déchaînement de violence dont est victime une population, les Palestiniens de Gaza, déjà martyrisée lors de l'opération Plomb Durci de décembre 2008-janvier 2009 d'il y a moins de trois ans (1400 morts et combien de blessés et de destructions?) et plus insidieusement réduite au désespoir par l'embargo, les humiliations et les attitudes d'occupant d'Israël qui conduit à la famine sa réverve d'Indiens.

Déjà près de 140 morts palestiniens à Gaza depuis le 14 novembre. Une majorité de civils n'appartenant pas au Hamas - des enfants, des femmes, des vieux... Et combien d'individus amputés, blessés gravement, défigurés, traumatisés durablement, ruinés par la destruction de leurs maisons, de leurs commerces.

Israël affirme à nouveau sa volonté de puissance et son mépris du droit pour des raisons qui tiennent en partie à la politique intérieure, en partie sans doute à la volonté de plomber la demande d'admission à l'ONU comme Etat non-membre de la Palestine. L'assassinat du chef militaire du Hamas ne fut qu'une provocation visant à se donner des prétextes sécuritaires pour semer la ruine et la désolation à Gaza.

Les Etats-Unis justifient les bombardements israéliens et par anticipation une hypothétique intervention terrestre. L'Europe et la France appellent au cessez-le-feu et à la négociation sans dénoncer clairement le coup de force d'Israël mais en se faisant les tenants de l'idée d'une responsabilité partagée.

C'est une attitude lâche et hypocrite qui donne les coudées franches à Israël pour continuer à mener sa politique du coup de force, sa politique coloniale.

Or, cette politique nuit sur le long terme aux intérêts des Israéliens eux-mêmes, qui ne pourront trouver la voie de la sécurité et d'une paix durable qu'en reconnaissant et respectant les droits des Palestiniens et le droit international. Cela passe par:

- un démantèlement des colonies illégales

- la garantie faite aux Palestiniens d'un territoire où ils pourront exercer leur souveraineté et d'un territoire cohérent stratégiquement, économiquement, économiquement, historiquement, avec des accès à l'eau, à la mer, des communications non coupées, et Jerusalem est comme capitale.

- le retour aux frontières de 1967

- le droit au retour pour les expulsés de 1948, 1967

- la libération des prisonniers politiques.

Malheureusement, on est bien loin de satisfaire actuellement ces espoirs de paix juste, qui n'ont jamais semblé aussi illusoires.

En Israël, c'est un apartheid de plus en plus affirmé qui frappe les arabes israéliens.

En Cisjordanie, Israël pratique la politique du fait accompli pour émietter les zones d'occupation palestinienne au nom de sa sécurité et multiplier les colonies qui à leur tour justifient de nouvelles expulsions, de nouvelles restrictions des libertés et de la capacité de mouvements des Palestiniens.

A Gaza, on organise la petite mort de la population en supprimant tout espoir.

L'extrême-droite sioniste est de plus en plus forte en Israël.

Les gouvernements occidentaux ont une lourde responsabilité dans cet état de fait, en particulier le nôtre.

Depuis la présidence Sarkozy, la France a une politique qui tend à devenir de plus en plus pro-israélienne, à l'encontre des principes diplomatiques posés par de Gaule dans les années 1960, pour une reconnaissance effective des droits et points des arabes et des Palestiniens, politique qui nous permettait d'être écouté et influent dans le cadre des tentatives de résolution des conflits dans la région.

Hollande adonné des signes très inquiétants en recevant en grande pompe Netanyahou sans particulièrement manifester de volonté de faire pression sur lui pour rompre le blocus de Gaza, régler le sort des prisonniers politiques et cesser d'organiser la colonisation à l'est de Jérusalem. Hier, Fabius annonçait que la France ne voterait probablement par pour la demande d'admission à l'ONU comme Etat non-membre de la Palestine: c'est un pas en arrière terrible, y compris par rapport à ce qu'a fait Sarkozy il y a un an en permettant d'admission de la Palestine à l'ONU comme Etat observateur.

Il prétend aussi que le Hamas est infréquentable, qu'on ne peut discuter avec lui, au motif qu'il ne reconnaitrait pas officiellement le droit à l'existence d'Israël et n'a pas abandonné la lutte armée comme si, à l'inverse, Israël reconnaissait effectivement le droit à l'existence des Palestiniens et avait renoncé à la lutte armée contre les Palestiniens. Il faut que cesse cette politique lâche et hypocrite soumise aux intérêts israéliens et à la volonté des Américains.

La France doit à nouveau porter la voie du droit et du respect des peuples au Proche Orient".    

 

  

    

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 08:16

  LGBT--collectif-Fiers-et-revolutionnaires-du-PCF.jpg

 

 

 

Pont L’Abbé le 20/11/2012

à

Objet : lettre ouverte

Monsieur Marc COATANEA

Adjoint au Maire

Chargé des Anciens Combattants

Hotel de Ville-29200- BREST

 

Monsieur l’Adjoint au Maire,

Cher Camarade Marc Coatanéa,

 

Le Collectif LGBT Fier-es et révolutionnaires du Parti Communiste Français a sollicité officiellement en février 2012, la municipalité de Brest pour un projet d’exposition.

 

Cette exposition exceptionnelle et rare, un seul exemplaire existe en France, traite de la déportation pour motif d’homosexualité (une « légende » avait dit le sinistre et négationniste ex-député UMP Vanneste). Cette exposition appartient à la très sérieuse association « les oubli é-es de la mémoire ».

 

Lors d’une audience début février de cette année vous m’avez fait part de votre accord de principe. Très officiellement le Collectif LGBT Fier-e-s et Révolutionnaires du PCF s’est donc adressé par courrier au Maire de Brest le 26 février 2012. Dans cette lettre nous soulignons l’intérêt pour la Ville de Brest de cette exposition et nous demandons, en cas de confirmation de votre accord de principe, la détermination d’un lieu et d’une date .

 

Pour cause d’élections, de réunions, de et de…etc. etc… la confirmation de l’accord de principe et la détermination d’un lieu et d’une date sont reportés à diverses reprises Nous tombons d’accord par téléphone durant l’été pour les dates du 17 au 28 septembre ; avec en point d’orgue le samedi 22 septembre pour le vernissage de l’exposition en présence du Président de l’association des « Oublié-e-s de la mémoire Jean-Luc SCHWAB. Par courrier du 3 août adressé au Maire de Brest nous confirmons notre demande pour les dates du 17 au 22 septembre.

 

Par deux mails successifs, de votre secrétariat et de vous-même (en date respectivement des 28 et 29 août) vous nous informez de votre indisponibilité pour la date de vernissage du samedi 22 septembre.

 

Après maints et maints coups de téléphone et mails aux divers secrétariats ad hoc, après maints et maints sms, messages sur votre répondeur et mails depuis la fin septembre rien-plus rien-impossible de vous joindre, impossible de joindre votre secrétariat.

 

Depuis lors tous nos mails, coups de téléphones etc… restent sans réponse.

 

Cela fait maintenant près d’un an que ce projet d’exposition a été soumis à la Ville de Brest . Le moins que l’on puisse dire est qu’il s’avère impossible de le mener à son terme, pour des raisons qui nous échappent.

 

Chaque jour dans la Presse, les médias, les réseaux sociaux, un flot de haine homophobe, lesbophobe et transphobe est déversé pour tenter de tenir en échec le combat de l’égalité des droits pour tous les couples. Cette exposition participe à l’action pour l’égalité.

 

Malgré l’accord de principe de l’Adjoint au Maire de Brest chargé des Anciens Combattants et malgré l’accord de principe du Secrétaire national du Parti Socialiste pour les questions de sociétés il s’avère impossible d’organiser à Brest l’exposition montrant que les nazis, avec la complicité de la police française, déportaient pour motif d’homosexualité .

 

La mémoire de Pierre SEEL déporté, qui a assisté à l’exécution de son amour dans la cour du camp de Schirmeck, nu un sceau sur la tête et dévoré par une meute de chiens bergers allemands affamés, la mémoire de Rudolf BRZAZDA et de tant d’autres ne sera pas honorée à Brest et c’est bien dommage.

 

La Ville de Brest, dans un moment fort, citoyen et mémoriel s’en serait retrouvée grandie.

 

Notre Collectif aujourd’hui jette l’éponge et prépare cette exposition dans une autre ville de Bretagne pour début 2013.

 

Recevez, cher Camarade Marc Coatanéa, l’expression de notre profonde amertume.

 

 

Pour le Collectif du PCF Fier-es et Révolutionnaires

 

Son animateur en Bretagne :

 

Jean Yves LEVEN.

 

 

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 14:49

On peut lire dans le Ouest-France du mercredi 21 novembre sous la plume de Yann-Armel Huet un article courageux,  intéressant mais desespérant reprenant les accusations d'associations travaillant au contact des sans-papiers sur la continuité de la politique de l'immigration de Valls-Hollande par rapport à celle de Sarkozy-Hortefeux. Cette continuation d'une politique inhumaine et contraire à nos intérêts bien compris est révoltante et interroge sur ce qu'est devenu le PS: autrefois, ses politiques économiques libérales se voulaient compensées par l'affirmation des valeurs d'une gauche morale -universalisme, tolérance, droits de l'homme. Aujourd'hui, il conduit une politique libérale encore plus dure qu'entre 1984 et 1993 ou entre 1999 et 2002, et prétend restaurer sa popularité auprès des classes populaires en faisant, avec Valls notamment, mais tout le gouvernement est solidaire, de la surenchère sécuritaire et xénophobe. On retrouve là les principes de la Troisième Voie théorisée par Anthony Giddens et Tony Blair: diviser les pauvres entre eux en stigmatisant les "profiteurs" et les "parasites", en réaffirmant comme valeurs essentielles la sécurité et l'autorité, et mener une politique favorable au monde des affaires.   

 

Toujours autant d'expulsions de sans-papiers

 

Des associations travaillant avec eux dénonçent la "machine à expulser" les étrangers. Elles estiment que la politique du chiffre reste inchangée depuis la présidence Sarkozy.

 

Expulsions en 2011. Près de 64 000 étrangers sans-papiers ont été reconduits hors des frontières en 2011 (32000 en métropole, 31000 en Outre-Mer), dénonçent cinq associations humanitaires (La Cimade, ASSFAM, France terre d'asile, Forum réfugiés-Cosi, Ordre de Malte). En métropole, plus de 15 000 (dont 8900 Roumains) l'ont été par des retours qualifiés de "volontaires", avec des aides. Et plus de 17 000 n'ont pas eu le choix: ils ont été explusés directement après leurs interpellations ou après être passés par un CRA, Centre de rétention administrative.

 

Qui sont ces personnes? 51385 personnes de 158 nationalités ont été enfermées dans un des 27 CRA, en moyenne dix jours. En premier lieu, des jeunes Tunisiens (22,6%), venus via l'Italie après la chute de Ben Ali. "Plus du tiers ont été renvoyés en Italie" dénoncent les associations. Mais aussi des Marocains (9,3%), des Algériens (7,8%). Et des Roumains (6,2%), "le tiers des explusés à partir des Centre de Rétention Administrative, alors qu'ils ont le statut de citoyens européens, mais ils exercent rarement des recours". 

 

Sans voir un juge? La loi Besson - du nom de l'ancien ministre sous la présidence Sarkozy -, entrée en vigueur en juillet 2011, a repoussé du 2e au 5e jour l'intervention du juge des libertés. "Résultat, des gens sont explusés avant les audiences alors que, dans de nombreux cas, le juge ordonne leur remise en liberté!" explique Riwanon Quéré à Rennes. Seuls 40% des détenus sont effectivement expulsés.

 

Le CRA de Rennes. Ce centre couvre tout l'Ouest. L'an dernier, 875 personnes (dont une vingtaine d'enfants et d'ados) y ont été enfermées et 191 ont été expulsées. 

 

Une politique moins dure avec la gauche au pouvoir? Les associations l'assurent: "Il y a un discours politique officiel disant "On abandonne la politique du chiffre"... mais les pratiques restent les mêmes". Elles citent un durcissement de la rétention, la multiplication des interdictions de retour en France décidées par les préfectures, les poursuites judiciaires quand les migrants tentent de cacher leur identité... 

 

Solution ultime. Les associations plaident pour "une réforme législative d'ampleur. La rétention ne doit être qu'une solution ultime", une fois toutes les alternatives épuisées (invitation à quitter le territoire, aide au retour, assignation à résidence...). Le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a, lui, fait savoir que cette année, le nombre d'expulsions dépasserait celui de 2011 avec plus de 33 000 éloignements, rien qu'en métropole". 

 

Yann-Armel Huet     

 

 

 

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 09:03

Ce matin, j'écoutais Fabius à la matinale de France-Culture et j'ai été choqué par l'incohérence et la tartufferie de la position de la France qui se dit en faveur d'une "paix juste et durable entre Israël et les Palestiniens", qui remet en cause officiellement la colonisation et le blocus total sur Gaza  tout en cherchant comme les Américains à dissuader Mahmud Abbas de présenter sa demande d'admission de la Palestine comme Etat à l'ONU sous prétexte que cela serait perçu comme un "coup de force" par les Israéliens qui déclencheraient alors avec les Américains des représailles nuisibles aux négociations et tout en refusant de reconnaître le Hamas comme une autorité politique avec laquelle on peut parler directement pour dénouer la crise à Gaza. Car, c'est bien connu, le Hamas est un groupe terroriste qui refuse de reconnaître le droit à l'existence d'Israël et n'a pas renoncé à la lutte armée tandis que les Israéliens, eux, reconnaissent le droit à l'existence des Palestiniens et ont renoncé à la lutte armée pour occuper le territoire des Palestiniens.  

La France est pour l'admission de la Palestine à l'ONU (comme Etat non-membre dans un premier temps...) mais pas pour voter cette admission le 29 novembre. Ce sera mieux aux calendes grecques, car les Israéliens n'y verront plus une déclaration de guerre contre leurs intérêts coloniaux. "Le moment ne me semble pas le meilleur, disait Fabius hier soir. Nous nous donnons quelques jours pour connaître la rédaction exacte des termes de la demande, pour analyser les conséquences d'un vote et pour savoir quelles seraient les autres positions européennes".

En gros, on envisage de se coucher devant les Israéliens et leurs alliés Américains qui légitiment actuellement les bombardements à Gaza, et par anticipation l'aventure d'une incursion terrestre. Elle est belle, la diplomatie courageuse en faveur de la paix de Hollande et Fabius.

Même chose quand on accueille Netanyahu avec les plus grands honneurs il y a un moins, quand on ne dénonce pas, bien au contraire, les accords commerciaux européens privilégiés avec Israël, qui font l'impasse sur l'importation de marchandises produites dans les territoires occupées ou la vente d'infrastructures visant à consolider la colonisation en Cisjordanie.

Dans ce conflit, l'Europe est plongée depuis quelques années dans l'hypocrisie totale, maintenant les populations et les élites politiques palestiniennes sous le goutte-à-goutte à coups de dépenses humanitaires mais renonçant à faire entendre fortement la voix du droit international aux Israéliens.

Par rapport à la reconnaissance de la Palestine à l'ONU, Sarkozy avait fait preuve d'un peu plus d'audace que Hollande malgré ses sentiments pro-israéliens connus, car lui avait encouragé l'Autorité Palestinienne à demander plus de reconnaissance dans les instances onusiennes et la France avait voté en surprenant beaucoup de monde pour son admission à l'ONU à titre d'observateur.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 07:22

Bigeard-Frejus.jpg

 

 

Décidemment, la France coloniale a la peau dure.

Même si l'UMP n'est plus au pouvoir pour imposer sa vision des bienfaits de la colonisation et passer sous silence les épisodes les plus criminels du processus de décolonisation, Hollande et le gouvernement Ayrault prennent le relais au nom sans doute de la continuité mystique de l'Etat et de la sacralisation officielle des "braves" qui se sont vautrés dans la merde pour conduire les aventures sans issue décidées par les responsables politiques (Mitterrand, Guy Mollet entre autres) au nom de l'honneur et des intérêts de la France.   

Bigeard incarne très bien cette génération d'officiers patriotes mais sans scrupules qui a fait ses armes dans la France Libre et la résistance avant de faire le travail répressif et contre-insurrectionnel de l'occupant en Indochine et en Algérie. Le Drian rappela lors de son discours du 20 novembre 2012 au Mémorial des guerres d'Indochine de Fréjus, sans doute pour magnifier son rôle dans la résistance, qu'il était né un 18 juin 1916: "le 18 juin est un jour qui symbolise les valeurs du courage, du dévouement, de grandeur qu'il a faites siennes tout au long de sa vie". Tu parles... C'est plaçer bien bas et se faire une conception strictement martiale et non  morale du courage, de la grandeur et le dévouement que de lui attribuer de manière superlative ces qualités.

La flagornerie du politique vis à vis des salauds qui ont tenu le rôle de vedettes nationales toute une partie de leur vie est une constante (on l'a vu récemment avec Eduard Leclerc, célébré par le même Le Drian en occultant son rôle dans la Collaboration), de même que la dissimulation de leurs méfaits, pour le coup il est vrai ordonnés, justifiés et dissimulés par l'Etat français lui-même.

Aucune condamnation ni mention dans le discours de Jean-Yves Le Drian à Fréjus de la justification par Bigeard de la torture comme "mal nécessaire" (Dernières nouvelles d'Alsace, 2 juillet 2000). Aucun rappel de son rôle joué en Indochine à partir de 1946, à la tête de commandos parachutistes, dans la traque des résistants communistes vietminhs et dans la répression féroce orchestrée sur les populations civiles qui les protégeaient. Aucune allusion au rôle de Bigeard dans le choix de la brutalisation de toute la population suspecte en Algérie pour obtenir des renseignements permettant de démanteler les réseaux de résistance armée du FLN.

Bigeard, on le sait, fut un des organisateurs de la "bataille" d'Alger - en réalité une vaste opération de police totalitaire menée par l'armée avec les méthodes de la Gestapo avec un nombre incalculable d'arrestations, de tortures, d'assassinats en catimini. 

Certes, Bigeard fut un chef de guerre efficace, c'est indéniable: militairement, avec la bataille d'Alger et sa guerre de mouvement à coup d'opérations héliportées en Kabylie, il avait pris conscience de la nécessité pour gagner dans les guerres coloniales d'adapter sa stratégie à la tactique de guérilla de l'adversaire et à son inflitration dans la population civile. Mais à quel prix s'obtenaient ses succès militaires? Celui de souffrances inouïes de la population indochinoise ou algérienne brutalisées sans état d'âme, celui de l'honneur de la France et de la conscience de nos soldats.

Avoir rendu un hommage national à Bigeard, en présence du ministre de la Défense et d'un ancien président de la République (Valéry Giscard d'Estaing) dont il fut le secrétaire d'Etat à la défense, est une honte et un drôle de bras d'honneur fait aux peuples Algériens et Vietnamiens, et plus largement à toutes les populations qui luttent pour leurs droits à l'indépendance face à des occupants.

C'est aussi le signe que l'on continue à faire peu de cas des droits de l'homme et du droit international par rapport à la primauté de la raison d'Etat, qui recommande que la nation remercie ceux qui ont exécuté les ordres de l'Etat en se salissant les mains.

 

Ismaël Dupont.

le 21 novembre 2012

 

..........................................................................................................................................................................................................................

RAPPEL du MANIFESTE " NON A UN HOMMAGE NATIONAL AU GENERAL BIGEARD" datant de l'époque où Gérard Longuet, ancien militant d'extrême-droite à Occident, voulait un hommage national et un transfert des cendres aux Invalides pour Bigeard.

 

A cet instant, il y a 9894 signatures enregistrées...

 

De son vivant, le général Bigeard a toujours bénéficié de l’admiration des forces politiques les plus réactionnaires et de leur soutien actif. Et voici qu’une année après sa mort, il est de nouveau utilisé pour une manœuvre politicienne, orchestrée par le ministre de la Défense, dont le passé d’extrême droite est connu : le transfert aux Invalides de ses cendres.

Cette initiative est doublement pernicieuse.

D’une part, il y a une certaine indécence à mettre Bigeard au rang d’autres grands militaires qui y reposent, parfois depuis des siècles. On peut avoir des analyses critiques sur tel ou tel d’entre eux, mais beaucoup mirent leur génie au service de la défense du territoire français.

D’autre part, et surtout, une telle initiative serait une insulte à divers peuples qui acquirent au prix fort, naguère, leur indépendance. Ces pays sont libres depuis des décennies, ils ont le plus souvent des relations cordiales avec le nôtre. A-t-on pensé un instant quel signal le gouvernement français s’apprête à leur envoyer ? Est-ce du mépris à l’état pur ou de l’inconscience ?

On nous présente cet officier comme un héros des temps modernes, un modèle d’abnégation et de courage. Or, il a été un acteur de premier plan des guerres coloniales, un « baroudeur » sans principes, utilisant des méthodes souvent ignobles. En Indochine et en Algérie, il a laissé aux peuples, aux patriotes qu’il a combattus, aux prisonniers qu’il a « interrogés », de douloureux souvenirs. Aujourd’hui encore, dans bien des familles vietnamiennes et algériennes, qui pleurent toujours leurs morts, ou dont certains membres portent encore dans leur chair les plaies du passé, le nom de Bigeard sonne comme synonyme des pratiques les plus détestables de l’armée française.

Nous n’acceptons pas que la notion d’héroïsme soit liée à l’histoire de cet homme. Lors des guerres coloniales conduites par la France, les vrais héros étaient ceux qui, dans les pays colonisés, luttaient pour la liberté et l’indépendance de leurs peuples, ceux qui, en métropole, ont eu la lucidité de dénoncer ces conflits, si manifestement contraires au droit international, au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à l’intérêt même de la nation française.

L’objectif aurait été de réveiller les guerres mémorielles que les manipulateurs à l’origine de cette initiative ne s’y seraient pas pris autrement.

Nous exigeons que le gouvernement français renonce à cette initiative historiquement infondée, politiquement dangereuse et humainement scandaleuse.

 

Organisations (associations, partis et syndicats) soutenant la démarche de l’appel et de ses signataires :

 

  • 4ACG (Anciens appelés en algérie et leurs ami(e)s contre la guerre),
  • A.F.A.S.P.A (Association française amitié solidarité peuples afrique),
  • A.R.A.C VITROLLES (Association républicaine des anciens combattants),
  • AMICALE DES ANCIENS DU 1ER RÉGIMENT FTP NS,
  • AMICALE DU MAQUIS MORVAN ALPES DRÔME,
  • ANPNPA (Association nationale des pieds noirs progressistes et leurs amis),
  • APCV (Agence de la promotion des cultures et du voyage),
  • ASSOCIATION CANTONALE DES FAMILLES DE FUSILLÉS, DÉPORTÉS, INTERNÉS,
  • COMITÉ VÉRITÉ ET JUSTICE POUR CHARONNE,
  • EELV (Europe ecologie-les verts),
  • ENSEMBLE VIVRE TRAVAILLER COOPÉRER,
  • LDH (Ligue des droits de l'homme),
  • LES ALTERNATIFS,
  • LES AMIS DE L'HUMANITÉ,
  • LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT,
  • MÉMORIAL 98,
  • MRAP,
  • PCF,
  • PG,
  • RÉSISTANTS, PATRIOTES ET AMIS,
  • UDB (Union démocratique bretonne),
  • UNEF,
  • UNSA

Premiers signataires :  

  • Souag ABDELOUAHAB (Journaliste el watan - mascara (algérie)),
  • Salah AMOKRANE (Militant associatif),
  • Jean-loup AMSELLE (Anthropologue),
  • Mouloud AOUNIT (Président d’honneur du mrap),
  • Éliane ASSASSI (Sénatrice de la seine-saint-denis),
  • Raymond AUBRAC,
  • Josette AUDIN,
  • Florence BEAUGÉ (Journaliste),
  • Jacques BIDET (Philosophe),
  • Martine BILLARD (Députée de paris, co-présidente du pg),
  • Pascal BLANCHARD (Historien),
  • Sami BOUMENDJEL,
  • Patrick BRAOUEZEC,
  • Pierre BROCHEUX (Historien),
  • Alain BROSSAT (Professeur émérite de philosophie),
  • Omar CARLIER (Historien, professeur à l'université paris diderot),
  • Patrick CHAMOISEAU (Écrivain),
  • Christiane CHAULET-ACHOUR (Professeur des universités),
  • Guillaume CHÉREL (Écrivain),
  • Fanny COLONNA (Directrice de recherche au cnrs paris),
  • Fanny COLONNA,
  • Pascal CONVERT (Documentariste),
  • Catherine COQUIO (Professeur de littérature à l'univ de paris 8),
  • Annick COUPE (Union syndicale solidaires),
  • Simone DE BOLLARDIÈRE,
  • Didier DEANINCKX (Écrivain),
  • Christian DELORME (Prêtre du diocèse de lyon),
  • Marcel DORIGNY (Historien, professeur à l'université paris viii),
  • Cécile DUFLOT (Secrétaire national d'europe ecologie les verts),
  • Mireille FANON-MENDES-FRANCE,
  • Gianfranco FATTORINI (Co-président du mrap),
  • Dominique FOULON (Dr des "carnets du viêt nam"),
  • Hélène FRANCO (Memebre du bureau national du parti de gauche),
  • René GALLISSOT (Professeur émérite des universités),
  • Jean-françois GAVOURY (Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’oas),
  • André GAZUT (Réalisateur),
  • François GÈZE (Éditeur),
  • Mohammed HARBI (Historien),
  • Bernadette HÉTIER (Co-présidente du mrap),
  • Jim HOUSE (Historien),
  • Louisette IGHILAHRIZ (Patriote algérienne, torturée par les parachutistes durant la guerre),
  • Charles JARNIAS (Président de l'amicale des anciens du 1 er régiment ftp ns),
  • Alexis JENNI (Prix goncourt 2011 pour "l'art français de la guerre"),
  • Pierre KHALFA (Coprésident de la fondation copernic),
  • Mehdi LALLAOUI (Réalisateur),
  • Pierre LAURENT (Secrétaire national du pcf),
  • Olivier LE COUR GRANDMAISON (Politologue),
  • Patrick LE HYARIC (Directeur de l’humanité),
  • Renée LE MIGNOT (Co-présidente du mrap),
  • Anicet LE PORS (Ancien ministre),
  • Michel LEVALLOIS (Préfet honoraire, membre de l'académie des sciences d'outre-mer),
  • Alban LIECHTI (Soldat du refus),
  • Neil MACMASTER (Historien),
  • Noël MAMÈRE (Député europe Écologie les verts),
  • Gilles MANCERON (Historien),
  • Gérard MAUGER (Sociologue),
  • Claire MAUSS-COPEAUX (Historienne),
  • Boucif MEKHALED (Historien algérien qui a travaillé sur les massacres de mai 45),
  • Samia MESSAOUDI (Journaliste),
  • Gilbert MEYNIER (Historien, professeur émérite de l’université),
  • Jean-yves MOLLIER (Historien, professeur, université versailles-saint-quentin),
  • Bernard MOURALIS (Professeur émérite à l'université de cergy-pontoise),
  • Rosa MOUSSAOUI (Journaliste),
  • Francois NADIRAS (Militant ldh, toulon),
  • André NOUSCHI (Historien, professeur honoraire de l’université),
  • Joël OGER (Ancien secrétaire national de la fen),
  • Jean-philippe OULD-AOUDIA (Les amis de max marchand, de mouloud feraoun et de leurs compagnons),
  • Henri POUILLOT (Témoin de la guerre d'algérie, militant antiraciste, anticolonialiste),
  • Jacques PRADEL (Président association des pieds noirs progressistes),
  • Yvon QUINIOU (Philosophe),
  • Jack RALITE (Ancien ministre),
  • Alain REY (écrivain, lexicographe),
  • Benoist REY (Auteur des "egorgeurs", saisi en 1961 (editions de minuit)),
  • Benoist REY (Auteur des "egorgeurs", saisi en 1961 (editions de minuit)),
  • Annie REY-GOLDZEIGUER (Historienne, professeur, université de reims),
  • Michel REYNAUD (Écrivain-Éditeur),
  • André ROCH (Officier d’active en retraite),
  • Alain RUSCIO (Historien),
  • Frédéric SARKIS (Association sortir du colonialisme),
  • Francois SAUTEREY (Syndicaliste enseignant - snes-fsu),
  • Leïla SEBBAR (Écrivaine),
  • Todd SHEPARD (Associate professor, department of history johns hopkins university),
  • Pierre TARTAKOWSKY (Président de la ldh),
  • Elisabeth TEITGEN (Fille de paul teitgen),
  • Sylvie THÉNAULT (Historienne),
  • TRAN ANH HUNG (Réalisateur),
  • Raphaël VAHÉ (Président de l’arac),
  • René VAUTIER (Cinéaste),
  • Françoise VERGÈS (Politologue),
  • Dominique VIDAL (Historien et journaliste),
  • Geneviève VIDAL-NAQUET,
  • Emmanuel VIRE (Secrétaire général du snj-cgt),
  • VO SI DAN (Ancien président de l'ugvf (union générale des vietnamiens en france)),
  • Emmanuel ZEMMOUR (Président de l'unef)

 

           

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 23:00

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CAMPS DE LA HONTE
LOUANCHI
lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news

 

 

En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler. 35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011.

Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.

Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé !

 Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi) Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net

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