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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 06:00

Comment des révolutionnaires proclamés et M. Dominique Strauss-Kahn peuvent-ils simultanément invoquer Jean Jaurès ? Pourquoi continue-t-on de se demander si le tribun pacifiste qui harangua en 1913 les foules du Pré-Saint-Gervais contre la prolongation du service militaire aurait, un an plus tard, rejoint l’Union sacrée lors du déclenchement de la première guerre mondiale ? Peut-être le journaliste Jaurès, auteur prolifique (1312 articles dans La Dépêche de Toulouse, 2650 dans L’Humanité), a-t-il produit tellement de munitions que celles-ci ont pu ensuite alimenter toutes les artilleries intellectuelles. Le chef socialiste « n’a pas peur de se répéter », de frapper sur le même clou. Mais, dans une période aussi agitée que la sienne (1859-1914), on doit parfois modifier son appréciation des dangers et des priorités. La défense de la laïcité, par exemple, devient moins pressante quand l’Eglise « n’est plus capable de grands élans » et quand « l’argent menace plus que le cléricalisme ». Selon Charles Sylvestre, deux fils rouges équilibrent néanmoins chez Jaurès tous les changements de perspective et permettent, aujourd’hui encore, de distinguer les disciples des imposteurs : « Faire du sort réservé aux ouvriers la mesure en tout » ; « Qui ne pose pas la question de la propriété n’est pas socialiste ». Serge Halimi , Le Monde Diplomatique

 

 

  la passion du journalisme

 

 

Charles Silvestre, ancien journaliste et rédacteur en chef adjoint de l'Humanité, président de l'association des Amis de l'Humanité, sera invité par la section PCF de Morlaix le lundi 7 novembre à 20h, salle du Cheval Blanc à Plourin les Morlaix, pour y animer une conférence-débat sur "Jaurès journaliste". Cet homme passionné et truculent cherchera à retrouver les moments d'élaboration d'une pensée politique au fil des évènements qui interpellaient Jaurès chroniqueur de l'actualité (le boulangisme, le scandale de Panama, la répression des grandes grèves de mineurs, viticulteurs, fonctionnaires, l'affaire Dreyfus, les aventures coloniales...).

 
 

 

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 18:38

Dans les pages Finistère du Ouest France du vendredi 9 décembre, le député socialiste du Finistère, Jean-Jacques Urvoas, s'indignait à juste de titre des conséquences de la décision prise par le gouvernement Fillon, dans le cadre du renforcement de la politique de rigueur, de doubler la taxe sur les mutuelles, remarquant que les 1,1 milliards de recettes fiscales supplémentaires ainsi prélevées sur les revenus des classes moyennes et populaires pesaient bien lourd par rapport aux 200 millions d'euros gracieusement concédés à titre exceptionnel par les très très grandes fortunes (plus de 500 000 euros de revenus par an) en échange bien sûr de la suppression de l'impôt sur les grandes fortunes (2 milliards de recettes en moins). Mais on fait croire que l'austérité qui s'imposerait à tous est équitablement répartie car les riches contribuent davantage à l'effort de l'austérité...

Cette surtaxe sur les mutuelles va entraîner une augmentation de leurs tarifs équivalant probablement en moyenne à un mois de cotisation supplémentaire pour les salariés, les retraités, et les précaires. Sachant que les déremboursements partiels progressifs par la Sécurité Sociale du 2003 du séjour hospitalier, de consultations médicales et de soins divers et de nombreux médicaments rendaient déjà les mutuelles plus chères, moins accessibles et pourtant toujours plus nécessaires pour faire face à la maladie ou la prévenir, cette nouvelle pression sur les mutuelles se répercutera fatalement sur leurs usagers et risque d'éloigner de leurs services des millions de français qui n'auront plus les moyens d'accéder aux complémentaires santé et hésiterons à engager de gros frais pour se soigner, ou ne le pourront tout simplement pas. L'accès au soin, affirme ainsi à raison M. Urvoas, devient « de plus en plus coûteux et inégalitaire. 50% des dépenses courantes de santé sont désormais à la charge des patients. Se soigner devient un luxe ».

Devant cette opposition résolue d'un responsable socialiste à la casse du système de santé publique français, on est plutôt rassuré et on se dit qu'il y a sans doute de bonnes choses à attendre d'une éventuelle victoire de la gauche en 2012, du moins dans ce domaine, mais il suffisait ce 9 décembre de revenir en page 4 du Ouest France pour lire en gros titre:

« La Cour des comptes s'alarme du trou de la Sécu »

Et en sous-titre, au dessus de la photo du très consensuel ancien responsable socialiste de la commission des Finances au Parlement du début de l'ère Sarkozy:

« L'hémorragie du déficit (30 milliards) est trop forte, affirme son président, Didier Migaud. Il préconise un traitement de choc sur les médicaments, l'hôpital, l'emploi...Aie, aie, aie! ».

On nous prévient déjà car il s'agit encore et toujours de fabriquer du consentement par l'appel à la raison, à la clairvoyance: c'est vrai que cela fera mal mais il n'y aura pas d'autre alternative que de se soigner moins ou de payer plus pour rester en bonne santé ou la retrouver car il y a un très gros trou (30 milliards d'euros...) dans la caisse de la Sécu, un déficit qui s'épand à la manière d'une hémorragie, et au final, il faudra bien l'éponger et c'est vous qui allez le faire, quelle que soit la majorité au pouvoir en 2012...

Et cela fera mal, très mal - aie, aie, aie... -mais il faut comprendre que la saignée s'impose en toute logique comptable, pour des raisons de bonne gestion.

Migaud et sa cour des comptes sont formels: le déficit de la Sécu n'est pas d'abord et avant tout la conséquence du chômage de masse, de la généralisation des bas salaires, de la dégradation des conditions de travail et des conditions de vie liée aux nouvelles formes de management et au stress dû à la précarisation des salariés, ou encore l'effet des baisses de cotisations patronales et de la crise économique qui balaie l'Europe depuis 2008 et les remous sur les marchés financiers rendus fous de spéculation par leur libéralisation, phénomènes créés ou aggravés par les politiques libérales menées depuis 30 ans.

Non, le déficit de la Sécu aurait essentiellement des origines culturelles, il renverrait à des traditions ou à un tempérament national à l'origine obscur qui rendrait les français « accros » aux consultations, drogués aux médicaments. Il va donc falloir les désintoxiquer et la meilleure manière de le faire, comme quand il s'agit de limiter la consommation de tabac, est de rendre ces services toujours plus onéreux. Le journaliste de Ouest-France, Paul Burel commente ainsi: « la Cour des comptes réclame du sang et des larmes ».

Pour preuve, Didier Migaud ne s'en tient pas à préconiser encore et une nouvelle fois des déremboursements, des réductions de prise en charge par la solidarité nationale. Non, il légitime et exige un renforcement de la réforme libérale de l'hôpital, pourtant souvent condamnée sur un plan local par les socialistes, comme à Morlaix lors du dernier conseil municipal en juin 2011: il faut de toute urgence une « cure d'amaigrissement pour l'hôpital...les marges de manœuvre sont considérables en matière de compétitivité et de restructurations ». Migaud préconise également de continuer à supprimer des postes de fonctionnaires à la Sécurité sociale (6000) en supprimant les feuilles de soins sur papier.

 

Le 18 décembre 2010, Le Télégramme présentait un dossier très instructif sur une pleine page dont le titre était « le luxe de se soigner ». Citons-le car il rappelle certains hauts faits passés presque inaperçus dans les médias (mais pas dans les pharmacies et les cabinets médicaux) des gouvernements de droite qu'il convient de se remettre en mémoire:

 

« Avril 2003. 617 produits pharmaceutiques voient leur taux de remboursement fondre brutalement. Et 80 autres sont déremboursés du jour au lendemain, car considérés comme peu efficaces dans le traitement de certaines pathologies. Mars 2006, 152 médicaments sont à nouveau recalés de l'arsenal thérapeutique remboursé. Avril 2010, de nouvelles mesures donnent naissance à la vignette orange qui estampille désormais 170 médicaments remboursés à hauteur de 15% au lieu de 35% précédemment. Étape intermédiaire avant de tomber dans les oubliettes des produits déremboursés... Cette action a... eu des répercussions désastreuses pour les foyers les plus modestes. Depuis quelques mois, il n'est pas rare d'avoir à se délester d'une trentaine d'euros au comptoir de la pharmacie pour guérir une bronchiolite, une angine ou toute autre affection hivernale souvent bien douloureuse ». Un pharmacien d'un quartier de HLM de Vannes, Ménimur, offre ensuite un témoignage intéressant: « selon lui, de nombreux déremboursements ont été fixés dans le but de faire des économies. « Certains médicaments visés sont vraiment efficaces. Je pense notamment aux sirops contre la toux, aux collutoires contre les maux de gorge, aux expectorants. On peut difficilement faire sans. Le discours sur leur inefficacité, c'est du pipeau. Si c'était vraiment le cas, les médecins ne les prescriraient pas... Il n'est pas rare (désormais) de voir des gens refuser de prendre un produit. Pour eux, ils sont souvent hors de prix » ». A Saint Brieuc, un autre pharmacien constatait il y a 8 mois que de plus en plus de gens « sautent la cause médecin » pour ne pas payer le prix de la consultation, sachant qu'il leur prescrira quantité de médicaments non ou faiblement remboursés. De ce fait, les disparités entre les patients sont de plus en plus flagrantes, regrettait cette pharmacienne : « Nous sommes inquiets car on s'oriente vers une médecine à deux vitesses. Les maladies du quotidien, qui sont parfois douloureuses, ne sont plus prises en charge. Seules sont remboursées les surinfections et les pathologies lourdes ».

 

S'attaquer à la prise en charge par la sécurité sociale, ce n'est pas se soucier des générations futures en réduisant une dette qui pèserait d'un fardeau écrasant sur elles... Elles naîtront peut-être moins nombreuses et vivront moins longtemps si on continue de la sorte. C'est plutôt réduire cyniquement, alors que les Français n'ont jamais produit autant de richesses par leur travail (lesquelles ont rarement été aussi mal réparties) les revenus indirects en termes de prestation sociale du grand nombre afin de faire passer toujours plus de pans de la dépense des familles de la prise en charge collective mutualisée par la Solidarité Nationale à la prise en charge privée par le biais de systèmes d'épargne ou d'assurance privée. Au final, ce sont les entreprises que l'on cherche à taxer moins en limitant au maximum les cotisations sociales et les revenus financiers que l'on cherche à doper à leur livrant en pâture la sécurité sociale comme on l'a fait avec la retraite par répartition.

Face à cette politique de classe qui démantèle la solidarité nationale pour confier toujours plus de secteurs de l'existence et de l'activité sociale aux marchés financiers, le Front de Gauche, dans son projet pour 2012 intitulé « L'Humain d'abord », entend imposer la prééminence du droit à la santé et du devoir de solidarité.

Les médicaments efficaces et les dépenses de santé seront à nouveau remboursés à 100%, tout comme les soins liés à la perte d'autonomie. Le financement des dépenses de santé individuelles sera garanti par un système fiscal redistributif donnant à chacun selon ses besoins et prenant à chacun selon ses moyens. Nous commencerons par en finir avec les 30 milliards d'euros annuels d'exonérations de cotisations sociales patronales sans réelle efficacité pour lutter contre le chômage, 30 milliards qui correspondent curieusement au poids du trou de la Sécu.

Le prix des médicaments sera contrôlé à travers le développement des médicaments non rentables par la recherche publique et la généralisation de leur prescription par les soignants. La création d'un pôle public du médicament y aidera et permettra un encadrement plus strict des pratiques commerciales des laboratoires pharmaceutiques. Nous contrôlerons également davantage les pratiques de dépassements d'honoraires des médecins. Nous établirons une couverture nationale de santé égale sur tout le territoire et reviendrons sur toutes les restructurations de l'hôpital public qui le fragilisent dans la concurrence avec les cliniques privés, l'éloignent des usagers et de leurs besoins au profit du triomphe des logiques comptables et de l'exigence d'auto-financement. Nous augmenterons le nombre d'étudiants appelés à devenir médecins et lancerons un grand programme de formation de toutes les disciplines de santé libéré de l'influence des laboratoires pharmaceutiques.

La santé est notre bien commun et pour la garantir à tous dans la mesure des possibles de la nature et des progrès de la science et de l'art humain, il faut un effort national reposant prioritairement sur les plus aisés.

 

Ismaël Dupont.

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 06:19

Le recul de la décennie n’a pas effacé l’intensité du terrible choc de cet événement mondial communément baptisé « le 11 septembre », avec la destruction des deux tours du « World Trade Center ». Symbolique, car ces tours avaient été ainsi baptisées parce qu’elles devaient indiquer le lieu où battait le cœur économique et financier du monde capitaliste occidental. Acte de barbarie vécu par des milliards de téléspectateurs, imprégnant les mémoires, qui fut, quelques temps après la chute du mur de Berlin, un nouvel événement de rupture dans l’histoire.

Les dirigeants américains qui, pour combattre les pays du bloc soviétique et aussi les pays non alignés cherchant des voies d’émancipation, ont favorisé le fondamentalisme islamique, venaient de subir une attaque sur leur propre territoire, de ceux-là même qu’ils avaient créés, nourris et contribué à développer. Au-delà des trois mille morts qu’elle a engendré, de la destruction d’un quartier des plus emblématiques de New-York, le peuple nord-américain a été d’autant plus traumatisé que ses dirigeants n’avaient cessé de faire croire qu’ayant gagné la guerre froide contre le système soviétique, ils étaient désormais en sécurité et pouvaient envisager un avenir paisible, voir prospère. Les années de gouvernement de B. Clinton donnaient d’ailleurs pour une part raison à cette thèse.

Mais dans un monde globalisé, aucun pays ne peut vivre dans la prospérité quand l’immense majorité des peuples vit dans le dénuement le plus total. C’est sur la misère et la pauvreté qu’a prospéré un fondamentalisme terroriste faisant confondre les idéaux généreux de l’islam avec un intégrisme islamique. Prétexte utilisé par un bushisme, tout aussi intégriste, appelant lui aussi à de prétendus ordres de dieu pour, au nom de la lutte contre le terrorisme, déclencher deux guerres, celle d’Afghanistan et celle d’Irak. En Afghanistan, les dirigeants nord-américains ont installé au pouvoir l’ancien royaliste Hamid Karzaï, qui était collaborateur de la compagnie pétrolière américaine « Unocal », pour négocier avec les talibans, sans que l’influence de ces derniers ne recule aujourd’hui. Quant à la guerre en Irak, déclenchée sur le mensonge des armes de destruction massive, en dehors de toute légalité internationale, là non plus les choses ne s’améliorent pas, ni en Irak, ni aux alentours avec les tensions décuplées avec l’Iran que le Président Sarkozy vient de relancer.  

Partout, particulièrement aux Etats-Unis, en Europe et en Israël, la destruction des tours a servi de prétexte à des politiques sécuritaires de contrôle des individus, de restriction des libertés. Dans cette période, la direction israélienne, a favorisé l’émergence du Hamas contre l’Organisation de libération de la Palestine. Elle a bloqué les négociations pour l’existence d’un Etat palestinien souverain, continuant de voler leurs terres, leurs maisons aux Palestiniens, les colonisant de plus en plus sans qu’aucune initiative efficace ne soit prise pour mettre fin à l’intégrisme israélien au nom de la théorie bushiste du combat contre «l’axe du mal », alors que les peuples arabes considéraient que l’humiliation faite aux Palestiniens était aussi leur humiliation.

Et que dire des scandales de la prison de Guantanamo et de la complicité européenne qui ont laissé deux pays, la Roumanie et la Pologne abriter des centres de détention au service de la logique nord-américaine?

Les dirigeants nord-américains et de larges fractions de dirigeants en Europe et en Israël, ont tenté ces dernières années de survaloriser la nécessaire lutte contre le terrorisme, espérant ainsi affaiblir la lutte des classes. Nous sommes à la fin de ce cycle. Les mouvements arabes viennent de faire voler en éclats le concept de « guerre de civilisations », comme d’ailleurs celui d’une prétendue « fin de l’histoire ». L’élection de B. Obama est due pour une part au rejet des guerres américaines. Mais au-delà, le monde change un peu plus chaque jour. Sous l’effet de la crise totale du capitalisme mondialisé et de luttes émancipatrices, particulièrement en Amérique latine, la prédominance nord-américaine est menacée. L’empire vacille. Les peuples arabes cherchent les voies de leur émancipation. Ne sous-estimons pas le fait que dans la nouvelle stratégie nord-américaine, existe plus que la tentation de contrôler ce processus. Le continent africain est ainsi devenu un vaste champ d’influence et de pressions alors qu’il s’enfonce dans des difficultés extrêmes.

Dans quelques jours, l’autorité palestinienne déposera la demande de la reconnaissance de l’Etat palestinien à l’Organisation des Nations-Unies. Dans ce contexte, la valorisation de la guerre, par la Président de la République française, comme politique internationale, à rebours de toutes les traditions et valeurs françaises, est très préoccupante. Avec dix ans de retard, il marche sur les chemins de M Bush. La vigilance, l’unité dans l’action pour le désarmement et la paix, pour faire reculer la famine et la pauvreté, pour transformer le système financier international afin de faire reculer et éradiquer la crise du capitalisme, est plus que jamais indispensable. Des voies nouvelles inédites pour un monde nouveau, appelant le partage et la solidarité, sont en gestation. Des potentiels existent pour faire germer les semences encore trop sèches des futurs d’humanité.

 

Patrick Le Hyaric. Edito pour l'Humanité dimanche.

le 9 septembre 2011.

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 18:17

Bandeau Melenchon-158c7

 

 

"Il faut que nous restions ces forces de l'esprit au moment où s'avance la tempête de l'histoire", c'est sur ces mots pleins de gravité que s'est clos un préambule de discours où Mélenchon, devant Pierre Laurent, Christian Picquet, Clémentine Autain et des militants de toutes les forces du Front de Gauche rassemblés à Grenoble le dimanche 28 août pour l'université du parti de Gauche, venait de mettre en garde les forces politiques de l'establishment libéral contre un réveil brutal du peuple s'ils continuaient à vouloir étouffer le débat sur les projets et les causes de la crise actuelle du capitalisme.

"Le mot crise n'est même plus adapté". "Le système capitaliste tout entier est englobé dans une crise globale" . Celle qui menace de destruction les éco-systèmes de cette terre que le productivisme dicté par la course aux profits maximum saccage: "la question de la perpétuation de l'éco-système n'est pas l'à-côté de la question sociale... Nous voulons planifier le redéploiement industriel, productif... avec la préoccupation de mettre en phase les systèmes productifs avec les conditions de la perpétuation des éco-systèmes".  

Cette crise globale, c'est aussi celle qui fait planer des risques d'auto-destruction sur le capitalisme et l'économie productive eux-mêmes. Celle qui saccage la moralité publique, la cohésion sociale, les acquis de la révolution et de la République. "Le moteur de tous les dangers, a martelé Jean-Luc Mélenchon, c'est le capitalisme de notre temps, sous la forme particulière qu'il a prise, lorsque la finance veut contrôler toutes les activités humaines et imposer partout ses taux de profit démentiels". "Ce capitalisme là, nous proposons à toute la société de s'en libérer...Nous proposons de définanciariser l'économie". 

La tâche est t-elle trop difficile pour nous, vouée à l'échec en elle-même car nous sommes maintenant dans le train en marche de l'économie financiarisée et mondialisée ou dans l'avion en vol, de sorte qu'il ne s'agit plus que de survivre en restant compétitifs et réduisant nos droits sociaux et nos dépenses publiques? "Il n'y a qu'un combat qu'on ne risque pas de perdre, répond Mélenchon, c'est celui qu'on ne mène pas". De toute manière, il n'y a pas d'autre choix que de chercher à tenir la dragée haute aux puissances financières qui écrasent tout ce qui s'abaisse devant elle, telle la Grèce de Papandréou qui doit privatiser pour près de 40 milliards de biens publics socialisés au cours de l'histoire. "Ainsi, vous êtes prévenus braves gens: si vous cédez, il n'y aura pas de limites à la prédation".

En tant que candidat du Front de Gauche aux élections présidentielles, Jean-Luc Mélenchon  "en appelle donc à la résistance de la patrie républicaine", de cette part de la France qui reste l'héritière de la grande révolution. Cette résistance se fonde sur l'humanité, les droits de la personne humaine qui sont de plus en plus bafoués aujourd'hui (droit à la santé, à l'éducation, à l'emploi stable, au logement décent)... 

Notre projet politique s'appuie prioritairement sur la reconnaissance des besoins sociaux et non des contraintes financières. "La modernité, c'est de partir des besoins humains et de mettre à contribution l'intelligence et les capacités d'invention collectives pour les servir".

Quels sont les obstacles à faire basculer pour faire un virage à 180 degrés afin de mettre en oeuvre un projet émancipateur? La gouvernance de la BCE d'abord, chien garde des intérêts des rentiers et du capital que l'on veut désormais confier à un ancien conseiller de la banque Goldman Sachs, celle-là même qui est impliquée dans le maquillage des comptes de l'Etat grec... C'est aussi le pouvoir impérial des Etats-Unis qui "ne garantissent plus la valeur des dollars que par la peur qu'ils inspirent avec leur puissance militaire". C'est surtout aujourd'hui "ce coup d'état financier" auquel on est en train d'assister sans broncher en Europe, les socialistes français y compris, avec ce "semestre européen" qui permettra à la commission de censurer les budgets nationaux, avec ce pacte pour l'euro plus ou "pacte des rapaces" dénoncé par Patrick le Hyaric. Et la dette... "Qu'est-ce que c'est cette histoire de dette? La dette n'est qu'un prétexte...Le montant de la dette n'équivaut qu'à 12% de ce que notre économie produit en 7 ans...". A quoi le Front de Gauche s'engage t-il? A forcer à l'abandon "des normes de management absurdes qui abaissent non seulement la productivité mais aussi le goût de vivre", à rompre avec la précarité, qui touche particulièrement les femmes, à rompre avec l'absence d'indemnisation de la moitié des chômeurs: "nous briserons le coeur de l'exploitation, nous briserons toute cette servitude de la précarité". De même, "il faut cesser la politique d'appauvrissement délibéré de l'Etat" qui fragilise et dépèce les services publics. Pour cela, "les revenus du capital doivent être taxés à la même hauteur que ceux du travail". On nous annonce minoritaires, mais qui sait de quoi demain sera fait, qui sait quel sera le scénario dans quatre mois?  Certes, nous aurons pour toute la campagne à peine l'argent que le PS va dépenser pour ses seules primaires. Mais notre force, c'est l'appel "à la mise en commun de toutes les intelligences", notre volonté de faire de notre campagne "un modèle d'argumentation", notre volonté de "parler à tout le monde", y compris et surtout à ceux qui pensent que droite et gauche, c'est au fond la même chose. Cette élection, a dit Mélenchon au début de son discours, "doit être un grand moment d'éducation populaire". Ce qui fera notre force, c'est "notre discours de rebellion, de rassemblement" qui n'écarte pas le débat, qui appelle même toutes les forces de gauche, du NPA au PS, à un grand débat sur nos propositions respectives pour faire face à la crise du capitalisme. Car "si nous n'avons pas d'adversaires à gauche, oui nous avons des divergences".       

 

 

 
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 08:58

la bourse ou la vie

 

 Les éditoriaux de Ouest France se suivent et se ressemblent trop. Avant-hier, 27 août, François Regis Hutin, commentant dans un sens anti-redistributif la formule de Saint Exupéry "Jette leur du grain, ils se battront. Fais-les construire une cathédrale, ils s'uniront", propose à ces enfants irréfléchis et dissipés que seraient les français de se rassembler autour de la construction européenne et de la lutte contre le protectionnisme et cet idéal de "démondialisation" qu'il juge démagogique et contraire au sens de l'histoire (parce qu'il confond à dessein la réalité d'une accélération des contacts humains et commerciaux au niveau mondial induit par les progrès techniques et la mise en concurrence politiquement orchestrée des peuples et des systèmes sociaux pour le plus grand profit du capital au travers de la dérégulation des mouvements de capitaux). Sans cela, nous dit notre petit père des peuples centriste, en excitant des convoitises et des frustrations, notre société de consommation va produire dans nos sociétés riches une recrudescence des "pillages et de manifestations tournant à l'émeute". C'est un sacré tour de passe-passe digne d'un Cameron ou d'un Sarkozy que celui qui consiste à faire passer la révolte contre les inégalités et la brutalité policière, celle des jeunes londoniens cet été et celle des banlieues parisiennes en 2005, pour une révolte d'individualistes trop gâtés incapables de se sacrifier à des idéaux communs.

Aujourd'hui, 29 août, c'est Michel Urvoy qui cherche lui aussi à éteindre l'incendie de la révolte sociale qui couve en mettant en garde les socialistes contre un excès d'audace dans leurs promesses en matière sociale ou de service public: "une opposition susceptible de l'emporter ne peut pas délivrer n'importe quel message, n'importe quel excès de promesses, sans risquer de favoriser son adversaire pour défavoriser la confiance dans la France". Sous-entendu: si vous ne voulez pas que nous perdions notre triple A - ah, ah, ah!...- il faut bien oser dire aux français qu'il faudra se serrer la ceinture.

Cela tombe bien: comme le déplore Jean-Paul Piérot dans son éditorial de L'Humanité du jour, les leaders socialistes lors de leur université d'été de La Rochelle n'ont pas développé "d'idées fortes pour construire une victoire de la gauche solide et péréenne" mais se sont contenté de rodomontades et de petites phrases pour afficher leur différence et leur confiance dans la perspective de la compétition des Primaires, François Hollande dépassant sans doute les autres dans l'usage excessif du JE censé lui créer par la magie de l'égotisme une stature présidentielle et le mettre en phase avec la France profonde passionnée par les hommes providentiels sûrs de leur destin... En revanche, rappelle J.P Pierrot, "au moment où Nicolas Sarkozy agite le chiffon rouge de la dette pour réduire les dépenses utiles à la société, comprimer la consommation et étouffer la croissance, le Parti socialiste en reste à promouvoir une répartition plus équitable de sacrifices dans le cadre du retour aux 3% de déficits publics en 2013 ou 2014". L'invocation assumée par beaucoup de candidats à la primaire socialiste, Hollande et Aubry en tête, au "sérieux" nécessaire fait partie d'une pédagogie du renoncement appelé à légitimer la politique de rigueur qui suivrait une victoire en 2012 et à assurer cette victoire en pariant sur la généralisation chez les français de la conviction que nous sommes impuissants à changer les règles du jeu actuelles du capitalisme financier et mondialisé.   

Tout en réaffirmant que notre objectif premier était de se débarasser de Sarkozy et de construire une majorité de gauche en 2012, Pierre Laurent a rappelé que le consentement des socialistes à l'austérité, qui cache une résignation  plus grave encore au fonctionnement du capitalisme actuel, est inacceptable. Il a marqué sa différence à l'université d'été du PCF à Karellis (Savoie) en disant que dans la campagne pour 2012, "nous ne concourons pas pour le titre de meilleur gestionnaire de la crise, nous sommes candidats pour porter des solutions pour en sortir". 

Cela passe par une définanciarisation effective de l'économie au travers d'une lutte effective contre les paradis fiscaux et d'une harmonisation fiscale européenne, d'une taxation des mouvements de capitaux et de la reprise du contrôle du mouvement des capitaux aux frontières de l'union européenne, d'une fiscalité plus lourde sur les riches, d'une séparation des banques de dépôt et d'investissement, d'un grand pôle financier public pour limiter la croissance de l'économie financière.

Cela suppose aussi une réforme des statuts de la Banque Centrale Européenne, qui devrait être placée sous le contrôle du Parlement européen et être autorisée à créer de la monnaie pour racheter les dettes des Etats et leur prêter à des taux d'intérêt très bas. Cela peut passer enfin par une annulation d'une partie de la dette des Etats européens, jugée illégitime (car produite pour moitié par les taux d'intérêt usuraires exigés par les banques depuis 30 ans), et une annulation des politiques dites de rigueur qui étouffent la croissance dans l'oeuf et se traduisent par la stagnation des salaires, le chômage, la baisse des prestations sociales et le délitement des services publics accessibles à tous.      

Pour aller vers ces réformes structurelles qui rompraient avec les logiques de marchandisation et de socialisation des pertes privées, il est indispensable de renouer nous dit Pierre Laurent avec une "gauche de courage" qui engage le bras de fer avec les puissances financières afin de satisfaire les exigences légitimes de la population en termes d'emploi, de services publics, de protection sociale, de salaires. Pour cela, dès aujourd'hui, il faut tenter d'élever le niveau d'exigence et de combativité de notre population et non l'encourager au fatalisme et au renoncement au progrès social.

Dans son discours de vendredi dernier, Pierre Laurent a aussi dénoncé  « l’été des grands mensonges », s'en prenant au discours dominant sur l'action des marchés. Pour lui, « il ne s’agit pas d’une main invisible mais d’un ensemble d’acteurs identifiés : des grands groupes capitalistes, des grandes banques, des institutions financières, des fortunes colossales amassées grâce au dumping social… ». De même, il a dénoncé « les mensonges sur la non-responsabilité des gouvernements dans la crise » et ceux entourant le plan d’austérité. « Il aura pour conséquence, une récession durable. » a-t-il martelé. La veille, Pierre Laurent avait participé à l’envahissement des locaux de l’agence de notation Standard & Poor’s, désignant ainsi la nécessité d'engager l'épreuve de force avec le capital: « il faut combattre le chantage des marchés, inverser la vapeur, en fermant la chaudière de la finance et en alimentant celle de la relance sociale». Pierre Laurent a également appelé en vue des législatives et des présidentielle à la constitution dans les entreprises et les quartiers « d’assemblées citoyennes ». « Nous voulons être la nouvelle voie à gauche et donner confiance à tous ceux qui veulent arracher la page du sarkozysme et qui aujourd’hui doutent » a-t-il lancé, avant de céder la parole au candidat du Front de gauche pour l’élection présidentielle.

Devant les communistes, Jean-Luc Mélenchon l’a réaffirmé : « désormais je ne dis plus "je" mais "nous" et je me demande à chaque instant si vous êtes d’accord. » Pour lui, la France peut être un moteur du changement en Europe et dans le Monde : « notre pays n’est pas la cinquième roue du carrosse, c’est la cinquième puissance mondiale. » Critiquant le capitalisme vert et les candidats socialistes qui « avalent tout rond la règle absurde des 3% de déficit donnant ainsi la victoire idéologique aux sarkozysme », Jean-Luc Mélenchon a affiché sa sérénité : « La saison des tempêtes est revenue mais nous avons un outil pour y faire face, c’est le Front de gauche »
 

Tout au long du week-end, les 500 participants de l'université d'été des Karellis, haut lieu du tourisme social dans les Alpes, ont enchaîné les débats sur les défis posés par la crise: "Quelle politique économique pour un vrai changement?", "Quelle fiscalité pour demain?", "Faut-il achever l'euro?", "La crise, le peuple et la politique, enquête sur l'opinion" avec le sociologue Michel Simon, "Quelle assise sociale pour la gauche?", "Comment battre le FN de Marine Le Pen?"  

 

La couverture de l'université d'été du PCF à Karellis par ALTERNATIVE TV:

 

Et aussi, un bref reportage télévisé (TV8 Montblanc) sur l'université d'été du PCF:  

http://lejt.tv8montblanc.com/L-universite-d-ete-du-PCF_v2655.html

 

Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon 

 

Il y a eu ces derniers jours dans les médias une polémique lancée sur le choix du PCF et du Parti de Gauche d'organiser leurs universités d'été séparement, choix qui traduirait selon les commentateurs les difficultés et l'inachèvement de l'union incarnée par le Front de Gauche. Même si on peut regretter en effet que nos universités d'été aient été organisées le même week-end, ce qui interdisait aux militants de participer aux débats ouverts aux sympathisants et autres militants de gauche de l'université d'été du partenaire, il n'y a rien d'anormal à ce que chaque parti conserve une force de réflexion et de renouvellement des propositions autonome, et Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, en assistant respectivement aux universités d'été du PCF et du Parti de Gauche, ont bien montré que nous avions des objectifs partagés et un combat à mener en commun au niveau du Front de Gauche, même si chaque composante du Front de Gauche gardait son indépendance et sa spécificité. A l'université du Parti de Gauche, il y avait des personnalités communistes et des intellectuels de la gauche critique qui témoignent là aussi d'une volonté d'ouverture et de rassemblement de la gauche anti-libérale. On peut lire ainsi sur un site d'information: "Sur la liste des invités au stage grenoblois, on remarque des personnalités des médias (Edwy Plenel de Mediapart, Denis Sieffert de Politis...), des militants associatifs (Jean-Baptiste Eyraud du DAL, quelques économistes dont Jacques Généreux (IEP de Paris, ex-PS) et Yves Dimicolli (commission économie du PCF), de nombreux syndicalistes, des militants tunisiens et marocains... et des communistes, des élus, des militants mais aussi certains dirigeants, telle Marie-Pierre Vieu, ou d’anciens, comme Roger Martelli et Patrice Cohen-Seat".

 

Lors de cette université d'été du parti de gauche dans la banlieue de Grenoble, Jean-Luc Mélenchon a violemment attaqué le favori des sondages pour les primaires socialistes, François Hollande, en lui reprochant le "cynisme" qui consiste à plaider depuis des mois pour la rigueur et les sacrifices nécessaires tout en prétendant engager un rapport de force avec les pouvoirs financiers et préparer le chemin pour le relèvement de la France et l'insertion de la jeunesse.

On peut regretter qu'il ait choisi de cibler prioritairement un candidat dans ses critiques alors que c'est tout le projet et la stratégie du PS qui compromet l'alliance à gauche et le véritable changement en 2012. On ne peut par ailleurs qu'approuver sa proposition de grand débat élargi à toutes les forces de gauche, du PS au NPA, pour clarifier les divergences et les convergences sur les moyens du changement pour 2012 et de la sortie de la crise économique et sociale, le but étant aussi de mettre au premier plan des médias les diagnostics sur les causes de la crise et les projets plus que la politique-spectacle et les rivalités d'ambitions.     

 

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 06:41

Non à la soumission aux marchés financiers,

Les peuples ne doivent pas payer leur  crise !


L'Union européenne et les gouvernements utilisent les dettes publiques pour imposer aux peuples d'Europe une véritable purge sociale. Alors que les banques et autres opérateurs financiers n'en finissent pas de spéculer sur les dettes publiques, il faudrait que ce soit les populations qui payent une crise dont les marchés financiers sont les premiers responsables et uniques bénéficiaires.
C'est pour cela que les gouvernements de l'Union, la Commission et le Parlement européen, avec la participation active de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, veulent imposer une nouvelle gouvernance économique asservie à la finance avec pour objectif de mettre sous surveillance accrue les budgets nationaux, de durcir les sanctions contre les Etats en cas de déficit dit excessif et de réduire les dépenses publiques.
Le pacte « euro plus » utilisait déjà la crise de la dette pour imposer l'austérité, la baisse des salaires des pensions et des retraites, la diminution du nombre de fonctionnaires, la flexibilité du travail, le recul de l'âge du départ en retraite, la casse des systèmes de protection sociale, tout en réduisant les pouvoirs des organisations syndicales.  Le tout, au seul bénéfice des actionnaires des grandes sociétés et du système financier international ! Une mesure déjà prise, le « semestre européen », vise à soumettre au Conseil et à la Commission, les budgets des Etats avant même qu'ils soient débattus par les parlements nationaux.
Pour essayer de verrouiller totalement ce montage, les gouvernements européens veulent intégrer dans la loi fondamentale des Etats l'objectif de l'équilibre budgétaire, ce que Nicolas Sarkozy appelle « la règle d'or ». Stupide économiquement - que se serait-il passé si cette règle avait été appliquée au moment de la crise financière où les Etats ont renfloué les banques -, cette proposition est une agression contre la démocratie, car les politiques économiques seraient ainsi totalement soustraites au débat politique et à la décision citoyenne.
Une telle disposition, adoptée par les parlementaires des deux chambres, ne doit pas être intégrée dans la Constitution française comme le veulent le président de la République et l'Union Européenne.
Les citoyens et les citoyennes ne doivent pas payer les dettes qui sont le résultat de la soumission des Etats aux marchés financiers. Ces dettes sont illégitimes et les peuples ne doivent pas en faire les frais. Il faut exiger aujourd'hui un moratoire et des audits citoyens sur les dettes publiques. Dans l'immédiat, les organisations signataires
appellent les citoyennes et les citoyens, leurs organisations associatives, syndicales et politiques à se mobiliser contre la constitutionnalisation de l'austérité et les parlementaires à voter contre ce texte si Nicolas Sarkozy osait malgré tout convoquer le Parlement en congrès à Versailles.

SIGNATAIRES de l'APPEL: ATTAC, CGT-Finances, FASE, Fondation Copernic, GU, Les Alternatifs, Marches européennes, MPEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Union syndicale Solidaires.

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 13:47

Terra Nova, la boîte à idées constituée d'universitaires et de technocrates réformistes qui conseille les socialistes et prétend leur permettre de redéfinir leurs positions traditionnelles en articulant refus de l'immobilisme, pragmatisme économique, souci des finances publiques et de justice sociale, n'en finit plus de chasser sur les terres du libéralisme et du centre.


Au printemps, le think tank se signalait par un rapport très médiatisé ratifiant les intuitions et les options stratégiques formulées par Strauss-Khan en 2007 pour redéfinir les axes de campagne et le projet du PS: l'ancien monde ouvrier désintégré par la désindustrialisation, la nouvelle organisation du travail, l'individualisme consumériste, ne vote plus pour le PS mais plutôt à droite ou à lextrême-droite. Le vivier électoral du PS se trouve maintenant dans les classes moyennes et supérieures éduquées et urbaines et dans les populations issues de l'immigration des quartiers populaires, lesquelles sont sensibles aux thématiques sociétales (protection des libertés, droit à la différence, lutte contre les discriminations) plus qu'à un discours social volontariste et dirigiste classique. Le PS n'a donc pas à craindre de recentrer son discours économique en misant sur l'intelligence d'un électorat cultivé qui reconnait l'inéluctabilité de l'adaptation à la mondialisation par plus de compétitivité et moins de déficits publics, mais il doit aussi générer l'adhésion par sa génorisité et son audace dans le domaine de la politique de l'immigration, de l'effort culturel, de l'extension du droit à la différence et de la sécularisation du droit (mariage homosexuel, adoption par des couples unisexe...).

 

On peut ici se référer à la réaction du PCF sur les conclusions de cette étude patronnée par Olivier Ferrand, le père de l'idée des Primaires Socialistes:

 

Le dernier rapport de la fondation Terra Nova a un titre alléchant :« Gauche, quelle majorité électorale pour 2012». Hélas, ses conclusions le sont beaucoup moins. Ses auteurs, dont le très strauss-kahnien Olivier Ferrand, constatant "le divorce" entre la gauche et la classe ouvrière, proposent de se consacrer prioritairement aux classes moyennes, le "nouvel électorat de la gauche". Cette nouvelle coalition, baptisée "la France de demain" par l'étude, comprend les diplômés, les jeunes, la "France de la diversité" et les femmes. Pour ces grands stratèges, cibler les classes populaires, ce serait faire du « social-populisme ». Quel sabordage idéologique! Cette démission en rase campagne de la fondation Terra Nova augure mal de la campagne électorale de 2012. C'est une formidable offrande faite à l'extrême droite qui n'attend que cela en se positionnant masquée sur le terrain social. Au moment où une partie de la droite s'acharne sur les plus pauvres, cette étude a une utilité et une seule : celle de prouver qu'il ne suffit pas se dire de gauche pour l'être réellement. Olivier Dartigolles, Porte-parole du PCF

 

Ces bons services rendus à ceux qui ont intérêt à ce que la gauche s'aliène complètement les catégories populaires (en se décomplexant par rapport à un racisme social longtemps refoulé quoique très sensible dans des journaux de la gauche bobo type Libération ou Nouvel Observateur: les ouvriers sont définitivement "ringards, réactionnaires et acquis au  Front National") et fasse passer l'acceptation de la brutalité des règles du jeu néo-libéral, à peine compensée par un poil de redistribution à la périphérie, pour du réalisme économique, n'ont pas tardé à être récompensés.

Terra Nova a en effet reçu le prix du meilleur "think tank de l'année". De quoi recompenser aussi sa position bienveillante vis à vis de la réforme des retraites.

Le mouvement altermondialiste pour la taxation des transactions financières, ATTAC, a tenu à sa manière courtoise à féliciter les grosses têtes de Terra Nova, qui viennent combler le vide laissé par la disparition de la fondation StSimon, tout aussi progressiste si on en croit les articles du Monde: "Il faut préciser que l'audace iconoclaste de Terra Nova est assurée par des financements assurés à 80% par des entreprises connues pour leur sens civique telle Microsoft, Areva, Total, Cap Gemini, EADS, RTE... qui "garantissent son indépendance" comme l'explique sans rire sa plaquette de présentation. Attac France félicite Terra Nova pour la franchise avec laquelle, en un temps de confusion idéologique, elle réaffirme avec constance le programme d'une véritable gauche de droite. En invitant le Parti socialiste à suivre la voie résolument moderne empruntée par les sociaux-démocrates portugais, espagnols, grecs, elle dessine pour lui des horizons prometteurs, riches en futures démissions et déroutes électorales". 

 

Terra Nova n'a pas voulu démentir cet éloge paradoxal et a commis il y a peu deux rapports qui, tout en se basant sur des études statistiques sérieuses montrant certains caractères inégalitaires indéniables de la politique familiale en France et de l'enseignement supérieur, préconisent d'augmenter les frais d'inscription à l'université et de faire passer de 3 ans à un an (ainsi que le voulait déjà l'UMP) le congé parental (un an pour l'homme ou la femme, ou 6 mois pour chacun des membres du couple) au motif qu'il profiterait en l'état actuel prioritairement à des pauvres filles sans diplôme qui s'installeraient ainsi dans l'assistanat et compliqueraient leur chance d'accéder à un emploi ensuite. Terra Nova, pour alléger les dépenses publiques toujours tout en se parant d'un vêtement de redistributeurs impitoyables pour les privilèges des riches, entend également rompre avec le caractère d'universalité des allocations familiales et du quotient familial permettant d'avoir des allègements d'impôts grâce à ses enfants à charge.

 

Olivier Dartigolles dénonce aussi sur le sîte internet national le positionnement de Terra Nova pour un triplement des frais d'inscription à l'université. Citons le communiqué qu'il a rédigé pour le PCF:  

 

"Dans une contribution sur l'enseignement supérieur et la recherche pour la présidentielle, la fondation Terra Nova, propose d'augmenter les droits d'inscription à l'université : "un triplement des droits d'inscription en licence et un quadruplement en master et en doctorat sur cinq ans". Décidément, la fondation autrefois progressiste, n'en fini plus de céder aux sirènes ultra-libérales. Elle continue de marquer des buts contre son camps, celui du progrès et de la justice sociale. Après avoir proposé à la gauche dans une note précédente d'abandonner les classes populaire, voilà maintenant qu'elle suggère que les étudiants payent plus chère leur études. Les syndicats étudiants qui se battent depuis des dizaines d'années pour lutter contre les hausses des droits d'inscriptions apprécieront !Je propose à Terra Nova de choisir : soit elle arrête de copier par dessus les épaules de ses collègues des « think tank » UMP, soit elle cesse de se réclamer de la gauche. Pour info, être de gauche c'est se battre pour l'accès au savoir pour tous et cela passe par la gratuité des études".

 

       

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 13:39

Pas de procès dans l'affaire DSK-Diallo: "mauvaise nouvelle !" (Marie-George Buffet)

 

Le refus de faire juger l'affaire dans laquelle l'ancien directeur du FMI est accusé de viol est une mauvaise nouvelle pour la justice et une mauvaise nouvelle aussi pour les femmes . Car à ce jour la vérité n'est pas dite, ni pour le  présumé innocent ni pour la présumée victime. La décision du procureur fait courir de grands risques au droit des femmes en revenant au temps où les victimes de viols étaient à priori coupables, au temps où le viol n'était pas considéré comme un crime. Rappelons nous qu'en France le jugement de ces faits par une cour d'Assises n'est pas si vieux que cela! La vigilance s'impose pour que le refus de faire passer la justice aux USA ne donne pas des ailes en France aux pourfendeurs d'une justice implacable envers les violences-  sexuelles ou non - à l'encontre des femmes .

 

Marie-George Buffet

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 07:44

Mise à l'eau du Veoleur 8 mars 2011

 

 

 

 

Voici un communiqué du COLLECTIF EAU-PUBLIQUE DU PAYS DE MORLAIX envoyé à la presse datant du 19 juillet:

 

La presse du Samedi 9 juillet notait que le SIVOM avait reconduit le marché de distribution de l'eau potable et celui de l'assainissement à la société VEOLIA ceci malgré l’opposition des élus de la majorité de St Martin des Champs et de la représentante de l’opposition Morlaisienne.

L'absence du Collectif lors de ce vote a été remarquée…par la presse !

Les représentants du Collectif et des associations avaient été invités le mercredi 6 juillet, à participer aux travaux de la Commission Consultative des Services publics Locaux. Cette réunion avait pour but d'entériner les règlements des services d'affermage de distribution d'eau potable et de l’assainissement.

Ce règlement doit obligatoirement être annexé au contrat d’exploitation.

Constatant la volonté de la direction du SIVOM :

  • de ne pas répondre aux vœux du Conseil municipal de Morlaix et de celui de St Martin des Champs qui demandaient au Président du SIVOM «  d’étudier la possibilité d’engager une action en justice contre VEOLIA pour présentation de comptes inexacts  »

  • de précipiter la décision en ce début de mois de juillet (elle avait été annoncée publiquement pour le mois de Septembre !)

Les représentants du Collectif, en accord avec, les représentants des associations, les élus de la majorité St Martinoise et celle de l’opposition Morlaisienne ont décidé de ne pas participer à cette commission pour protester contre ce passage en force et ce simulacre de démocratie.

 
Cela s’est d‘ailleurs confirmé dès le 8 Juillet, puisque la Direction du SIVOM n’a pas jugé utile de reporter sa décision.

Les deux contrats (eau potable et assainissement) ont donc été attribués à VEOLIA

Certes le Collectif Eau Publique qui dénonce depuis deux ans, la tarification exorbitante de VEOLIA à Morlaix –Saint Martin (53 % supérieure à Lannion exploitée en Régie publique) ne peut que se satisfaire que les tarifs des usagers vont baisser de l’ordre de 30 %, mais comment conserver la confiance à VEOLIA ? :

  • qui a présenté aux élus 18 bilans annuels en déficit (déficit affiché de 2.5 millions d’eurossur la durée du contrat !!!)

- sans exiger le remboursement des sommes anormalement versées par les usagers (qui si l’on s’en tient à la proposition actuelle de VEOLIA peuvent être estimées à près de 9 millions d’euros  sur la période 1992/2012 !)

 

Les réponses à ces questions restent une priorité pour le Collectif EAU-PUBLIQUE qui entend poursuivre son action en faveur des usagers pour le service public de l’eau !

 



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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 10:48
La fête de l'humanité aura lieu les 16, 17 et 18 septembre à Paris, contactez votre section PCF de Morlaix pour avoir des places en pré-vente à des tarifs avantageux...
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