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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 07:37

Par delà les retraites, c'est tout le système de protection sociale qui est en danger de démantèlement.
Alors que commence la prise de conscience des menaces que le gouvernement en place fait peser sur notre système de retraites, un appel signé par de nombreuses personnalités qualifiées de différents horizons - dont des élus et sympathisants Front de Gauche - tire la sonnette d'alarme concernant l'accès pour tous à des soins de qualité.
Depuis des années, la prise en charge des soins de santé de base dans le cadre de la sécurité sociale se réduit comme peau de chagrin.
Le Gouvernement présente maintenant comme une avancée sociale ce qui est en fait une mauvaise réponse à la dégradation des interventions de l'assurance maladie pour les soins de santé de base - la généralisation de la protection maladie complémentaire.
Cette réponse est mauvaise car "les assurances complémentaires sont: - moins égalitaires, leurs tarifs varient selon la « gamme » des prestations remboursées et sont plus élevés pour les familles et les personnes âgées, - moins solidaires, le plus souvent leurs primes n'augmentent pas en fonction des revenus des assurés - plus chères, leurs frais de gestion dépassent souvent 15 % des prestations versées, contre moins de 5 % pour la Sécurité sociale."
IL FAUT CHOISIR ENTRE LE FINANCEMENT DES DÉPENSES DE SANTÉ PAR LA SÉCURITÉ SOCIALE OU PAR DES ASSUREURS PRIVÉS PUDIQUEMENT DÉNOMMÉS "COMPLÉMENTAIRES".
L’appel "Pour un débat public sur la santé" aborde clairement cette question fondamentale pour l'avenir de notre système de protection sociale.

Un texte à lire, à diffuser, à populariser absolument qui est notamment accessible à partir de

 

http://www.frontdegauche-chateauneufpoher.fr/appelsecuritesociale.pdf

Jean-Victor Gruat, PCF et Front de Gauche Chateauneuf-Poher

 

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 07:43

 

Vendredi 30 août, 17h30 (2, petite rue de Callac à Morlaix)

Réunion de préparation du journal du Front de Gauche du pays de Morlaix (dont le deuxième numéro, consacré aux Retraites et aux grandes orientations pour les municipales, doit paraître début septembre)   

 

Vendredi 30 août, 20h (2, petite rue de Callac à Morlaix)

AG du Front de Gauche du Pays de Morlaix (réunion publique ouverte à tous)

Débat sur la situation politique nationale et locale.

Bataille des retraites.

Débat sur le développement économique, social, écologique du pays de Morlaix dans le cadre de la préparation des municipales.

 

Jeudi 5 septembre, 18 h (2, petite rue de Callac à Morlaix)

 2ème réunion de l'atelier "logement, transport, terres agricoles" dans le cadre de l'élaboration d'un projet du FDG pour les municipales dans la communauté d'agglo de Morlaix (ouverte à tous) 

 

 

Mardi 10 septembre: journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites. Tous à la manif de Morlaix! 

femme front de gauche morlaix

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 05:53

Lettre d'explication et de dénonciation publiée par le Monde Diplomatique n°713 d'août 2013

 

evo-morales2.jpg

 

Le dévoilement par M. Edward Snowden du caractère tentaculaire de l'espionnage américain n'a suscité que des réactions frileuses de la part des dirigeants européens. Lesquels, en revanche, n'ont pas hésité à immobiliser l'avion du président bolivien Evo Morales, soupçonné de transporter l'informaticien fugitif.

 

"Moi, président de la Bolivie, séquestré en Europe" - Par Evo Morales

 

Le 2 juillet dernier s'est produit l'un des évènements les plus insolites de l'histoire du droit international: l'interdiction faite à l'avion présidentiel de l'Etat plurinational de Bolivie de survoler les territoires français, espagnol, italien et portugais, puis ma séquestration à l'aéroport de Vienne (Autriche) pendant quatorze heures.

Plusieurs semaines après, cet attentat contre la vie des membres d'une délégation officielle, commis par des Etats réputés démocratiques et respectueux des lois, continue de soulever l'indignation, cependant qu'abondent les condamnations de citoyens, d'organisations sociales, d'organismes internationaux et de gouvernements à travers le monde. 

Que s'est-il passé? J'étais à Moscou, quelques instants avant le début d'une réunion avec M. Vladimir Poutine, quand un assistant m'a alerté de difficultés techniques: impossible de nous rendre au Portugal comme prévu initialement. Toutefois, lorsque s'achève mon entretien avec le président russe, il devient déjà clair que le problème n'a rien de technique... 

Depuis La Paz, notre ministre des affaires étrangères, M. David Chocohuanca, parvient à organiser une escale à Las Palmas de Grand Canaria, en Espagne, et à faire valider un nouveau plan de vol. Tout semble en ordre... Pourtant, alors que nous sommes dans les airs, le colonel d'aviation Celiar Arispe, qui commande le groupe aérien présidentiel et pilote l'avion ce jour-là, vient me voir: "Paris nous retire son autorisation de survol! Nous ne pouvons pas pénétrer dans l'espace aérien français". Sa surprise n'avait d'égale que son inquiétude: nous étions sur le point de passer au-dessus de l'Héxagone.

Nous pouvions bien sûr tenter de retourner en Russie, mais nous courions le risque de manquer de kérosène. Le colonel Arispe a donc contacté la tour de contrôle de l'aéroport de Vienne pour solliciter l'autorisation d'effectuer un atterrissage d'urgence. Que les autorités autrichiennes soient ici remerciées pour leur feu vert. 

Installé dans un petit bureau de l'aéroport que l'on avait mis à ma disposition, j'étais en pleine conversation avec mon vice-président, M. Alvaro Garcia Linera, et avec M. Choquehuanca, pour décider de la suite des évènements et surtout, tenter de comprendre les raisons de la décision française, lorsque le pilote m'a informé que l'Italie nous refusait également l'entrée dans l'espace aérien. 

C'est à ce moment que je reçois la visite de l'ambassadeur d'Espagne en Autriche, M. Alberto Carnero. Celui m'annonce qu'un nouveau plan de vol vient d'être approuvé pour m'acheminer en Espagne. 

Seulement, explique-t-il, il lui faudra au préalable inspecter l'avion présidentiel. Il s'agit même d'une condition sine qua non à notre départ pour Las Palmas de Gran Canaria. 

Lorsque je l'interroge sur les raisons de cette exigence, M. Carnero évoque le nom de M. Edward Snowden, cet employé d'une société américaine auprès de laquelle Washington sous-traite certaines de ses activités d'espionnage. J'ai répondu que je ne le connaissais qu'à travers la lecture de la presse. J'ai également rappelé au diplomate espagnol que mon pays respectait les conventions internationales: en aucun cas je ne cherchais à extrader qui que ce soit vers la Bolivie. 

M. Carnero était en contact permanent avec le sous-secrétaire aux affaires étrangères, M. Rafael Mendivil Peydro, qui, de toute évidence, lui demandait d'insister. "Vous n'inspecterez pas cet avion, ai_je dû marteler. Si vous ne croyez pas ce que je vous dis, c'est que vous traitez de menteur le président de l'Etat souverain de Bolivie." Le diplomate ressort pour prendre les consignes de son supérieur, avant de revenir. Il me demande alors de l'inviter à "prendre un petit café" dans l'avion. "Mais vous me prenez pour un délinquant? lui demandai-je. Si vous tenez à pénétrer dans cet avion, il vous faudra le faire par la force. Et je ne résisterai pas à une opération militaire ou policière: je n'en ai pas les moyens." 

Ayant certainement pris peur, l'ambassadeur écarte l'option de la force, non sans me préciser que, dans ces conditions, il ne pourra pas utiliser notre plan de vol: "A 9 heures du matin, nous vous indiquerons si vous pouvez ou non partir. D'ici là, nous allons discuter avec nos amis" m'explique t-il. "Amis"? "Mais qui donc sont ces "amis" de l'Espagne auxquels vous faites référence? La France et l'Italie sans doute?" Il refuse de me répondre et se retire... 

Je profite de ce moment pour discuter avec la présidente argentine Cristina Fernandez, une excellente avocate qui me guide sur les questions juridiques, ainsi qu'avec les présidents vénézuélien et équatorien Nicolas Maduro et Rafael Correa, tous deux très inquiets à ce sujet. Le président Corréa me rappellera d'ailleurs plusieurs fois dans la journée pour prendre de mes nouvelles. Cette solidarité me donne des forces. "Evo, ils n'ont aucun droit d'inspecter ton avion!" , me répètent-ils. Je n'ignorais pas qu'un avion présidentiel jouit du même statut qu'une ambassade. 

Mais ces conseils et l'arrivée des ambassadeurs de l'Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique (ALBA) (1) décuplent ma détermination à me montrer ferme. Non nous n'offrirons pas à l'Espagne ou à touty autre pays - les Etats-Unis encore moins que les autres- la satisfaction d'inspecter notre avion. Nous défendrons notre dignité, notre souveraineté et l'honneur de notre patrie, notre grande patrie. Jamais nous n'accepterons ce chantage. 

L'ambassadeur d'Espagne réapparaît. Préoccupé, inquiet et nerveux, il m'indique que je dispose finalement de toutes les autorisations et que je peux m'en aller. Enfin, nous décollons... 

 

Cette interdiction de survol, décrétée de façon simultanée par quatre pays et coordonnée par la Central Intelligence Agency (CIA) contre un pays souverain au seul prétexte que nous transportions peut-être M. Snowden, met au jour le poids politique de la principale puissance impériale: les Etats-Unis. 

Jusqu'au 2 juillet (date de notre séquestration), chacun comprenait que les Etats se dotent d'agences de sécurité afin de protéger leur territoire et leur population. Mais Washington a dépassé les limites du concevable. Violant tous les principes de la bonne foi et les conventions internationales, il a transformé une partie du continent européen en territoire colonisé. Une injure aux droits de l'homme, l'une des conquêtes de la Révolution française. 

L'esprit colonial qui a conduit à soumettre de la sorte plusieurs pays démontre une fois de plus que l'empire ne tolère aucune limite - ni légale, ni morale, ni territoriale. Désormais, il est clair aux yeux du monde entier que, pour une telle puissance, toute loi peut être transgressée, toute souveraineté violée, tout droit humain ignoré. 

La puissance des Etats-Unis, ce sont bien sûr leurs forces armées, impliquées dans diverses guerres d'invasion et soutenues par un complexe militaro-industriel hors du commun. Les étapes de leurs interventions sont bien connues: après les conquêtes militaires, l'imposition du libre-échange, d'une conception singulière de la démocratie et enfin, la soumission des populations à la voracité des multinationales. Les marques indélébiles de l'impérialisme - fût-il militaire ou économique - défigurent l'Irak, l'Afghanistan, la Libye, la Syrie. Des pays dont certains ont été envahis parce qu'on les soupçonnait de détenir des armes de destruction massive ou d'abriter des organisations terroristes. Des pays ou des milliers d'êtres humains ont été tués, sans que la Cour pénale internationale intente le moindre procès. 

 

Mais la puissance américaine provient également de dispositifs souterrains destinés à propager la peur, le chantage, l'intimidation. Au nombre des recettes qu'utilise volontiers Washington pour maintenir son statut: la "punition exemplaire", dans le plus pu style colonial qui avait conduit à la répression des Indiens d'Abya Yala (2). Celle-ci s'abat désormais sur les peuples ayant décidé de se libérer et sur les dirigeants politiques qui ont choisi de gouverner pour les humbles. La mémoire de cette politique de la punition exemplaire est encore vive en Amérique latine: que l'on pense aux coups d'Etat contre Hugo Chavez au Vénézuela en 2002, contre le président hondurien Manuel Zelaya en 2009, contre M. Correa en 2010, contre le président paraguayen Fernando Lugo en 2012, et bien sûr, contre notre gouvernement en 2008, sous la houlette de l'ambassadeur américain en Bolivie, M. Philip Goldberg. L'"exemple", pour que les indigènes, les ouvriers, les paysans, les mouvements sociaux n'osent pas relever la tête contre les classes dominantes. L'"exemple", pour faire plier ceux qui résistent et terroriser les autres. Mais un "exemple" qui conduit désormais les humbles du continent et du monde entier à redoubler leurs efforts d'unité pour renforcer les luttes. 

 

L'attentat dont nous avons été victimes dévoile les deux visages d'une même oppression, contre laquelle les peuples ont décidé de se révolter: l'impérialisme et son jumeau politique et idéologique, le colonialisme. La séquestration d'un avion présidentiel et de son équipage - que l'on était en droit d'estimer impensable au XXIe siècle - illustre la survivance d'une forme de racisme au sein de certains gouvernements européens. Pour eux, les Indiens et les processus démocratiques ou révolutionnaires dans lesquels ils sont engagés représentent des obstacles sur la voie de la civilisation. Ce racisme se réfugie désormais dans l'arrogance et les explications "techniques" les plus ridicules pour maquiller une décision politique née dans un bureau de Washington. Voici donc les gouvernements qui ont perdu jusqu'à la capacité de se reconnaître comme colonisés, et qui tentent de protéger la réputation de leur maître... 

Qui dit empire dit colonies. Ayant opté pour l'obéissance aux ordres qu'on leur donnait, certains pays européens ont confirmé leur statut de pays soumis. La nature coloniale de la relation entre les Etats-Unis et l'Europe s'est renforcée depuis les attentats du 11 septembre 2001 et a été dévoilée à tous en 2004, lorsque l'on a appris l'existence de vols illicites d'avions militaires américains transportant des prisonniers de guerre vers Guantanamo ou vers des prisons européennes. On sait aujourd'hui que ces "terroristes" présumés étaient soumis à la torture; une réalité que même les organisations de défense des droits humains taisent souvent. 

 

La "guerre contre le terrorisme" aura réduit la vieille Europe au rang de colonie; un acte inamical, voire hostile, que l'on peut analyser comme une forme de terrorisme d'Etat, en ce qu'il livre la vie privée de millions de citoyens aux caprices de l'empire. 

Mais le camouflet au droit international que représente notre séquestration constituera peut-être un point de rupture. L'Europe a donné naissance aux idées les plus nobles: liberté, égalité, fraternité. Elle a largement contribué au progrès scientifique, à l'émergence de la démocratie. Elle n'est plus qu'une pâle figure d'elle-même: un néo-obscurantisme menace les peuples d'un continent qui, il y a quelques siècles, illuminait le monde de ses idées révolutionnaires et suscitait l'espoir. 

Notre séquestration pourrait offrir à tous les peuples et gouvernements d'Amérique latine, des Caraïbes, d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Nord l'occasion unique de constituer un bloc solidaire condamnant l'attitude indigne des Etats impliqués dans cette violation du droit international. Il s'agit également d'une occasion idéale de renforcer les mobilisations des mouvements sociaux en vue de construire un autre monde, de fraternité et de complémentarité. Il revient aux peuples de le construire. 

 

Nous sommes certains que les peuples du monde, notamment ceux d'Europe, ressentent l'agression dont nous avons été victimes comme les affectant également, eux et les leurs. Et nous interprétons leur indignation comme une façon indirecte de nous présenter les excuses que nous refusent toujours certains des gouvernements responsables (3). 

 

Evo Morales   

 

(1) Dont sont membres Antigua-et-Barbuda, la Bolivie, Cuba, l'Equateur, le Nicaragua, la République dominicaine, Saint-Vincent et les Grenadines et le Venezuela. 

(2)  Nom donné par les ethnies kunas de Panama et de Colombie au continent américain avant l'arrivée de Christophe Colomb. En 1992, ce nom a été choisi par les nations indigènes d'Amérique pour désigner le continent. 

(3) Depuis, Lisbonne, Madrid, Paris et Rome ont présenté des excuses officielles à La Paz.   

 

 

 

 

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 04:26
Lettre ouverte à Mme la Ministre

Dr Nicole Delépine - Pédiatre Oncologue
Responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP.
à Marisol Touraine - Ministre des Affaires sociales et de la Santé,
Le premier mai 2013,

Madame la Ministre,

Médecin pédiatre depuis plus de 40 ans à l’hôpital public, j’ai fait la nuit dernière ce rêve étrange et pénétrant d’un hôpital qui soigne, accueille, aime, cajole, réconforte, améliore, soulage, répare le patient, du petit au plus âgé, du moins atteint au plus handicapé, du plus faible au plus armé pour la vie, du plus riche au plus pauvre, du plus fou au plus normal, de l’illettré au savant, du bien tonique au mourant.
Cet hôpital avait pour mission de soigner, guérir si on le pouvait et non pas de tuer. On n’avait pas encore imaginé la trouvaille de l’année 2013, formations multiples aux LATA, je vous le donne en mille : « limitations et arrêt de thérapeutiques actives ». Et les hérétiques qui n’accepteront pas ces nouvelles formes de « soins » seront jetés au feu comme tous les dissidents. Ils le sont déjà. Mais ce cri d’alarme contre l’euthanasie sera l’objet d’un autre plaidoyer qu’on ne peut limiter à quelques lignes.

Quand j’arrivai pour la première fois dans une grande salle commune de l’hôpital saint Antoine à Paris en 1965 en tant que stagiaire, je fus frappée par une grande chaleur humaine qui régnait malgré la promiscuité. La propreté aussi sautait aux yeux, le sol brillait ! Cela sentait bon l’eau de javel qui ne coûtait pas cher et surtout l’amour diffusé partout. Chacun à son niveau se savait utile et ne mettait pas son ego à toutes les sauces.
La femme de ménage qu’on n’appelait pas encore technicienne de surface comprenait instinctivement l’importance de son office tant pour le confort que pour le bien des patients et leur guérison. On ne parlait pas de sécurité, mais elle existait et chacun en était garant. Le malade qui appelait trouvait un relais auprès du voisin pour interpeller l’aide-soignante qui ne se disait pas « attendez, je suis en pause » et ne se trouvait pas en salle de repos pour parler du dernier feuilleton télé avec les collègues. Pendant les heures de travail, on travaillait, c’est très bête évidemment et cette remarque me vaudra les gémonies de beaucoup, mais d’autres, à commencer par les patients seront d’accord avec moi pour dire que les infirmières dans le bocal (les locaux sont transparents quand des affiches multiples et variées n’ont pas cachées ce qu’on ne saurait voir..) cela suffit.

Sous prétexte de transmission, de tâches administratives, de préparations etc., le malade doit toujours attendre et attendre. Certes le nom de « patient » ne date pas d’aujourd’hui mais quand on dépense 13 % du PIB pour la santé on pourrait espérer ne pas redescendre au Moyen âge. La multiplication des cases à cocher sur le papier puis sur l’écran, des formulaires à remplir a désinvesti les soignants, médecins inclus, pour lesquels le respect des règles qui seront contrôlées par les multiples audits a remplacé l’obsession du patient par celle de la « réglementation ».

Que s’est-il passé ? comment en est-on arrivé là ? Dans mon rêve, une grande salle commune, d’innombrables lits serrés les uns contre les autres, des mamans serrant dans leurs bras un enfant hospitalisé et des soignants à l’écoute, des patients accueillis même s’il fallait mettre un lit supplémentaire. Bêtement à l’époque, les soigner paraissait plus important que les accueillir en client comme au Hilton et les laisser dehors si l’hôtel était plein. Personne n’eut imaginé refuser les malades graves sous prétexte de normes de qualité, de sécurité, de responsabilité etc. Personne n’eut imaginé que quelques décennies plus tard ce serait le directeur d’hôpital qui aurait l’autorité pour « admettre » les patients et menacerait les docteurs de sanction s’ils voulaient accepter un malade en plus du quota prévu. Et quels moyens pour échapper à ce diktat puisque tout un réseau « sanitaire » a été mis en place pour empêcher les docteurs de soigner ! Les empêcheurs de soigner en rond, flattés de leur pouvoir sur les médecins qui les dominaient depuis des lustres (avant la tragique loi de 1991), ont été créés à tour de bras : surveillantes dénommées cadre de soin, de pôle, directeur de soins de l’hôpital et du groupe, directeur du site et du groupe, chef de pôle, président de la commission d’établissement etc. L’APHP a de plus le privilège d’avoir un « siège » fort qui double encore ces mêmes fonctions.

L’autoritarisme règne en maître avec des incohérences permanentes au sein des établissements. Comment expliquer les si nombreux brancards dans les couloirs des services d’urgence de l’APHP et le refus dans cette même institution d’un lit supplémentaire en oncologie pédiatrique un vendredi soir même si une chambre est libre ? L’autocratie aveugle, subjective et partisane règne partout sans respect de l’intérêt des malades, les grands oubliés des bureaucrates gestionnaires.

Comment résister à cette soviétisation destructrice de l’hôpital ? Le malade vient consulter un médecin, mais entre eux deux qui devraient pouvoir bénéficier d’un « colloque singulier », les interférences sont légion, érigeant un mur de Berlin, entraînant le désespoir voire le renoncement de trop d’entre nous (rappelons que les suicides de médecins et soignants sont beaucoup plus fréquents que dans la population générale et qu’à France Télécom). Les inquisiteurs nommés des Agences régionales de santé (ARS) font régner l’ordre, leur ordre ; et leurs capos, les directeurs d’hôpitaux et leurs subordonnés jouissent de leurs petites prérogatives.

Comment résister, protéger les patients ? Impossible d’où cette lettre ouverte, seule issue visible pour un simple médecin des hôpitaux en dehors de l’abandon, de la fuite, ou du suicide. Un seul exemple : j’ai reçu la semaine dernière par mail un ukase de la cadre de pôle exigeant que les médecins de l’unité annulent à 13 heures les malades prévus dans l’après midi (certains venaient de province). Ces patients devaient être hospitalisés pour recevoir leur traitement de chimiothérapie dont chacun sait (ou devrait savoir) que le retard à l’administration entraîne des pertes de chance de survie. Ce mail m’était adressé en tant que responsable de l’unité et également à neuf cadres impliqués par cette injonction de ne pas soigner.

Parmi eux au moins trois infirmières montées en grade, et qui en d’autres temps, eussent pris, pour quelques heures, le relais auprès des patients, de leurs subordonnés qu’elles sont censées encadrer. Quant au nombre d’administratifs qui se multiplient comme des petits pains, ils sont là pour gérer la pénurie (sauf la leur), imposer leur pouvoir qui satisfait leur ego et oublier le malade qui n’est qu’un gêneur encombrant.[1]
Mme la Ministre, en quarante ans l’hôpital fut détruit ! Que s’est–il passé ?

Comme le reste de la société à partir des années Reagan, Thatcher, et Mitterrand en France, l’argent devint roi, le modèle fut le golden boy et l’hôpital devint entreprise. Comment imaginer il y a quarante ans que les mutuelles assurances seraient cotées en Bourse… que les médecins seraient sommés de tenir compte de la tarification à l’activité pour prescrire des actes supplémentaires invasifs et souvent inutiles, et raccourcir ou allonger la durée d’hospitalisation des patients en fonction des bornes hautes ou basses de la classification sécurité sociale permettant de rapporter plus d’argent à l’hôpital (et de coûter plus cher à la sécurité sociale) … cherchez la logique du système !

Ne croyez pas que j’exagère, tout le monde le sait maintenant ! Alors plutôt que de vous donner mille exemples[2] de cette dégénérescence de notre médecine au milieu de la destruction globale de la société, il me semble plus positif de vous proposer quelques sujets de réflexion voire quelques propositions susceptibles de redorer le blason de votre ministère et d’améliorer le sort des patients.
Madame la Ministre, n’ayant pas le loisir dans une simple lettre ouverte de vous proposer un programme de restauration du système de la santé en France, je me contenterai ici d’aborder trois problèmes cruciaux dont la solution transformerait déjà rapidement le climat, redonnant fierté, estime de soi aux médecins jusque-là stigmatisés, dévalorisés, déprimés, ainsi qu’à leurs incontournables alliés auprès des malades, toutes les catégories de soignants qui subissent les mêmes tracas.

1) S’attaquer sans complaisance aux conflits d’intérêt qui ruinent l’image des politiques, des experts et ruinent le budget de la Sécurité Sociale

Je vous proposerai donc de vous attaquer sans attendre aux conflits d’intérêt entre l’industrie pharmaceutique, la politique et les leaders d’opinion universitaires.
SI la population toujours désinformée par les médias n’en a peut-être pas pris la mesure, vous ne pouvez pas ignorer que l’affaire Cahuzac n’est que la face émergée de l’iceberg et que les rapports incestueux des décideurs sont fort partagés dans le milieu des premiers cercles du pouvoir. Monsieur Cahuzac, loin d’être une exception représente le mode de fonctionnement de nombreux décideurs. Nous vous le démontrerons si nécessaire, mais vous avez sûrement conscience comme moi qu’une grenade dégoupillée vous menace et qu’il serait plus raisonnable d’aborder tout de suite ce dossier brûlant avant qu’il n’explose. À moins que vous ne le puissiez ?
Les économies engendrées par un choix impartial, sans influence de lobbys, des médicaments recommandés et autorisés par les agences (ou mieux le ministère lui-même) permettraient des économies de plusieurs milliards d’euros annuels. Économies du budget de la sécurité sociale soi-disant recherchées mais ces gisements évidents restent oubliés.

2) S’attaquer aux agences sanitaires multiples et variées source de gabegie, de paralysie et d’inefficacité.

Dans un deuxième temps, je vous ferai quelques propositions pour assainir le pouvoir de décision en santé curieusement accordé aux multiples et une agences qui se permettent de faire la pluie et le beau temps en votre nom sur la vie et la mort des hôpitaux ainsi que sur celles des patients en imposant leurs démarches thérapeutiques et en diabolisant les autres voies possibles.
Les économies rapidement obtenues par votre seule volonté politique seront la récompense au courage qu’il ne manquera pas de vous falloir pour affronter tous les bénéficiaires de ces petites combines organisées qui permettent aux hauts fonctionnaires de se recaser après un changement de gouvernement et aux fonctionnaires de bénéficier de salaires non limités dès lors qu’ils sont affectés hors du ministère.

3) Abrogation de la loi « Hôpital patients santé territoire » promulguée par vos adversaires politiques et que vous maintenez en l’état malgré les « promesses de campagne » du président Hollande qui s’appuie pourtant souvent sur celles-ci pour faire passer des lois qui divisent les Français. Pourquoi cette promesse est-elle oubliée ? Pourquoi ?

4) En conclusion, et avec ces quelques propositions que nous pourrions développer à votre demande, peut-être éviterions nous ensemble que notre hôpital public et nos patients ne subissent de fait une euthanasie au moins passive. Quant à la médecine de ville que vous maltraitez tellement pour des raisons qui paraissent obscures, ce sera l’objet d’une autre lettre probablement mieux rédigée par mes collègues qui la vivent tous les jours mais partagent avec moi cette sensation terrible de destruction rapide de notre système de santé malgré son coût faramineux, un des plus élevés du monde. Je vous conseille de suivre régulièrement leur actualité en consultant « les médecins ne sont pas des pigeons ». Cela vous permettra, Madame la Ministre d’éviter d’être coupée du monde réel comme le sont trop souvent les ministres. Je crains, Madame que vous n’y échappiez pas.

Je vous remercie de l’attention que vous ne manquerez pas de prêter à ces propositions raisonnables et rapidement applicables. Je vous adresse mes sentiments respectueux.

Dr Nicole Delépine
Pédiatre Oncologue
Responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP.

[1]  Le livre des Pr Debré et Even « avertissement aux malades, aux médecins et aux élus 2002 avait déjà mis en exergue cette extraordinaire multiplication des administratifs (détournant de plus des soignants médecins et infirmiers formés pour en faire des « cadres ») dans les hôpitaux bientôt constitué d’une armée de colonels sans soldats au front. La situation n’a fait qu’empirer avec la multiplication des agences sanitaires, la création des pôles, le regroupement des hôpitaux qui reconduisent les hiérarchies en rajoutant une couche supplémentaire. Les économies doublées d’une efficience meilleure sont faciles à trouver en supprimant purement et simplement ces échelons.

[2]  Vous trouverez toutes sortes de témoignages de patients d’associations sur Internet tous plus poignants le sens que les autres démontrant que les accidents et incidents hospitaliers ne sont plus à la marge mais bien le résultat de politiques successives de normalisation et accréditation au service de l’argent roi servi par tous ceux qui ont un temps bénéficié du système mais se voient rapidement rattrapé par l’affaire Cahuzac . Pas assez vite néanmoins.

Lettre ouverte à Mme la Ministre

Dr Nicole Delépine - Pédiatre Oncologue
Responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP.
à Marisol Touraine - Ministre des Affaires sociales et de la Santé,
Le premier mai 2013,

Madame la Ministre,

Médecin pédiatre depuis plus de 40 ans à l’hôpital public, j’ai fait la nuit dernière ce rêve étrange et pénétrant d’un hôpital qui soigne, accueille, aime, cajole, réconforte, améliore, soulage, répare le patient, du petit au plus âgé, du moins atteint au plus handicapé, du plus faible au plus armé pour la vie, du plus riche au plus pauvre, du plus fou au plus normal, de l’illettré au savant, du bien tonique au mourant.
Cet hôpital avait pour mission de soigner, guérir si on le pouvait et non pas de tuer. On n’avait pas encore imaginé la trouvaille de l’année 2013, formations multiples aux LATA, je vous le donne en mille : « limitations et arrêt de thérapeutiques actives ». Et les hérétiques qui n’accepteront pas ces nouvelles formes de « soins » seront jetés au feu comme tous les dissidents. Ils le sont déjà. Mais ce cri d’alarme contre l’euthanasie sera l’objet d’un autre plaidoyer qu’on ne peut limiter à quelques lignes.

Quand j’arrivai pour la première fois dans une grande salle commune de l’hôpital saint Antoine à Paris en 1965 en tant que stagiaire, je fus frappée par une grande chaleur humaine qui régnait malgré la promiscuité. La propreté aussi sautait aux yeux, le sol brillait ! Cela sentait bon l’eau de javel qui ne coûtait pas cher et surtout l’amour diffusé partout. Chacun à son niveau se savait utile et ne mettait pas son ego à toutes les sauces.
La femme de ménage qu’on n’appelait pas encore technicienne de surface comprenait instinctivement l’importance de son office tant pour le confort que pour le bien des patients et leur guérison. On ne parlait pas de sécurité, mais elle existait et chacun en était garant. Le malade qui appelait trouvait un relais auprès du voisin pour interpeller l’aide-soignante qui ne se disait pas « attendez, je suis en pause » et ne se trouvait pas en salle de repos pour parler du dernier feuilleton télé avec les collègues. Pendant les heures de travail, on travaillait, c’est très bête évidemment et cette remarque me vaudra les gémonies de beaucoup, mais d’autres, à commencer par les patients seront d’accord avec moi pour dire que les infirmières dans le bocal (les locaux sont transparents quand des affiches multiples et variées n’ont pas cachées ce qu’on ne saurait voir..) cela suffit.

Sous prétexte de transmission, de tâches administratives, de préparations etc., le malade doit toujours attendre et attendre. Certes le nom de « patient » ne date pas d’aujourd’hui mais quand on dépense 13 % du PIB pour la santé on pourrait espérer ne pas redescendre au Moyen âge. La multiplication des cases à cocher sur le papier puis sur l’écran, des formulaires à remplir a désinvesti les soignants, médecins inclus, pour lesquels le respect des règles qui seront contrôlées par les multiples audits a remplacé l’obsession du patient par celle de la « réglementation ».

Que s’est-il passé ? comment en est-on arrivé là ? Dans mon rêve, une grande salle commune, d’innombrables lits serrés les uns contre les autres, des mamans serrant dans leurs bras un enfant hospitalisé et des soignants à l’écoute, des patients accueillis même s’il fallait mettre un lit supplémentaire. Bêtement à l’époque, les soigner paraissait plus important que les accueillir en client comme au Hilton et les laisser dehors si l’hôtel était plein. Personne n’eut imaginé refuser les malades graves sous prétexte de normes de qualité, de sécurité, de responsabilité etc. Personne n’eut imaginé que quelques décennies plus tard ce serait le directeur d’hôpital qui aurait l’autorité pour « admettre » les patients et menacerait les docteurs de sanction s’ils voulaient accepter un malade en plus du quota prévu. Et quels moyens pour échapper à ce diktat puisque tout un réseau « sanitaire » a été mis en place pour empêcher les docteurs de soigner ! Les empêcheurs de soigner en rond, flattés de leur pouvoir sur les médecins qui les dominaient depuis des lustres (avant la tragique loi de 1991), ont été créés à tour de bras : surveillantes dénommées cadre de soin, de pôle, directeur de soins de l’hôpital et du groupe, directeur du site et du groupe, chef de pôle, président de la commission d’établissement etc. L’APHP a de plus le privilège d’avoir un « siège » fort qui double encore ces mêmes fonctions.

L’autoritarisme règne en maître avec des incohérences permanentes au sein des établissements. Comment expliquer les si nombreux brancards dans les couloirs des services d’urgence de l’APHP et le refus dans cette même institution d’un lit supplémentaire en oncologie pédiatrique un vendredi soir même si une chambre est libre ? L’autocratie aveugle, subjective et partisane règne partout sans respect de l’intérêt des malades, les grands oubliés des bureaucrates gestionnaires.

Comment résister à cette soviétisation destructrice de l’hôpital ? Le malade vient consulter un médecin, mais entre eux deux qui devraient pouvoir bénéficier d’un « colloque singulier », les interférences sont légion, érigeant un mur de Berlin, entraînant le désespoir voire le renoncement de trop d’entre nous (rappelons que les suicides de médecins et soignants sont beaucoup plus fréquents que dans la population générale et qu’à France Télécom). Les inquisiteurs nommés des Agences régionales de santé (ARS) font régner l’ordre, leur ordre ; et leurs capos, les directeurs d’hôpitaux et leurs subordonnés jouissent de leurs petites prérogatives.

Comment résister, protéger les patients ? Impossible d’où cette lettre ouverte, seule issue visible pour un simple médecin des hôpitaux en dehors de l’abandon, de la fuite, ou du suicide. Un seul exemple : j’ai reçu la semaine dernière par mail un ukase de la cadre de pôle exigeant que les médecins de l’unité annulent à 13 heures les malades prévus dans l’après midi (certains venaient de province). Ces patients devaient être hospitalisés pour recevoir leur traitement de chimiothérapie dont chacun sait (ou devrait savoir) que le retard à l’administration entraîne des pertes de chance de survie. Ce mail m’était adressé en tant que responsable de l’unité et également à neuf cadres impliqués par cette injonction de ne pas soigner.

Parmi eux au moins trois infirmières montées en grade, et qui en d’autres temps, eussent pris, pour quelques heures, le relais auprès des patients, de leurs subordonnés qu’elles sont censées encadrer. Quant au nombre d’administratifs qui se multiplient comme des petits pains, ils sont là pour gérer la pénurie (sauf la leur), imposer leur pouvoir qui satisfait leur ego et oublier le malade qui n’est qu’un gêneur encombrant.[1]
Mme la Ministre, en quarante ans l’hôpital fut détruit ! Que s’est–il passé ?

Comme le reste de la société à partir des années Reagan, Thatcher, et Mitterrand en France, l’argent devint roi, le modèle fut le golden boy et l’hôpital devint entreprise. Comment imaginer il y a quarante ans que les mutuelles assurances seraient cotées en Bourse… que les médecins seraient sommés de tenir compte de la tarification à l’activité pour prescrire des actes supplémentaires invasifs et souvent inutiles, et raccourcir ou allonger la durée d’hospitalisation des patients en fonction des bornes hautes ou basses de la classification sécurité sociale permettant de rapporter plus d’argent à l’hôpital (et de coûter plus cher à la sécurité sociale) … cherchez la logique du système !

Ne croyez pas que j’exagère, tout le monde le sait maintenant ! Alors plutôt que de vous donner mille exemples[2] de cette dégénérescence de notre médecine au milieu de la destruction globale de la société, il me semble plus positif de vous proposer quelques sujets de réflexion voire quelques propositions susceptibles de redorer le blason de votre ministère et d’améliorer le sort des patients.
Madame la Ministre, n’ayant pas le loisir dans une simple lettre ouverte de vous proposer un programme de restauration du système de la santé en France, je me contenterai ici d’aborder trois problèmes cruciaux dont la solution transformerait déjà rapidement le climat, redonnant fierté, estime de soi aux médecins jusque-là stigmatisés, dévalorisés, déprimés, ainsi qu’à leurs incontournables alliés auprès des malades, toutes les catégories de soignants qui subissent les mêmes tracas.

1) S’attaquer sans complaisance aux conflits d’intérêt qui ruinent l’image des politiques, des experts et ruinent le budget de la Sécurité Sociale

Je vous proposerai donc de vous attaquer sans attendre aux conflits d’intérêt entre l’industrie pharmaceutique, la politique et les leaders d’opinion universitaires.
SI la population toujours désinformée par les médias n’en a peut-être pas pris la mesure, vous ne pouvez pas ignorer que l’affaire Cahuzac n’est que la face émergée de l’iceberg et que les rapports incestueux des décideurs sont fort partagés dans le milieu des premiers cercles du pouvoir. Monsieur Cahuzac, loin d’être une exception représente le mode de fonctionnement de nombreux décideurs. Nous vous le démontrerons si nécessaire, mais vous avez sûrement conscience comme moi qu’une grenade dégoupillée vous menace et qu’il serait plus raisonnable d’aborder tout de suite ce dossier brûlant avant qu’il n’explose. À moins que vous ne le puissiez ?
Les économies engendrées par un choix impartial, sans influence de lobbys, des médicaments recommandés et autorisés par les agences (ou mieux le ministère lui-même) permettraient des économies de plusieurs milliards d’euros annuels. Économies du budget de la sécurité sociale soi-disant recherchées mais ces gisements évidents restent oubliés.

2) S’attaquer aux agences sanitaires multiples et variées source de gabegie, de paralysie et d’inefficacité.

Dans un deuxième temps, je vous ferai quelques propositions pour assainir le pouvoir de décision en santé curieusement accordé aux multiples et une agences qui se permettent de faire la pluie et le beau temps en votre nom sur la vie et la mort des hôpitaux ainsi que sur celles des patients en imposant leurs démarches thérapeutiques et en diabolisant les autres voies possibles.
Les économies rapidement obtenues par votre seule volonté politique seront la récompense au courage qu’il ne manquera pas de vous falloir pour affronter tous les bénéficiaires de ces petites combines organisées qui permettent aux hauts fonctionnaires de se recaser après un changement de gouvernement et aux fonctionnaires de bénéficier de salaires non limités dès lors qu’ils sont affectés hors du ministère.

3) Abrogation de la loi « Hôpital patients santé territoire » promulguée par vos adversaires politiques et que vous maintenez en l’état malgré les « promesses de campagne » du président Hollande qui s’appuie pourtant souvent sur celles-ci pour faire passer des lois qui divisent les Français. Pourquoi cette promesse est-elle oubliée ? Pourquoi ?

4) En conclusion, et avec ces quelques propositions que nous pourrions développer à votre demande, peut-être éviterions nous ensemble que notre hôpital public et nos patients ne subissent de fait une euthanasie au moins passive. Quant à la médecine de ville que vous maltraitez tellement pour des raisons qui paraissent obscures, ce sera l’objet d’une autre lettre probablement mieux rédigée par mes collègues qui la vivent tous les jours mais partagent avec moi cette sensation terrible de destruction rapide de notre système de santé malgré son coût faramineux, un des plus élevés du monde. Je vous conseille de suivre régulièrement leur actualité en consultant « les médecins ne sont pas des pigeons ». Cela vous permettra, Madame la Ministre d’éviter d’être coupée du monde réel comme le sont trop souvent les ministres. Je crains, Madame que vous n’y échappiez pas.

Je vous remercie de l’attention que vous ne manquerez pas de prêter à ces propositions raisonnables et rapidement applicables. Je vous adresse mes sentiments respectueux.

Dr Nicole Delépine
Pédiatre Oncologue
Responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP.

[1]  Le livre des Pr Debré et Even « avertissement aux malades, aux médecins et aux élus 2002 avait déjà mis en exergue cette extraordinaire multiplication des administratifs (détournant de plus des soignants médecins et infirmiers formés pour en faire des « cadres ») dans les hôpitaux bientôt constitué d’une armée de colonels sans soldats au front. La situation n’a fait qu’empirer avec la multiplication des agences sanitaires, la création des pôles, le regroupement des hôpitaux qui reconduisent les hiérarchies en rajoutant une couche supplémentaire. Les économies doublées d’une efficience meilleure sont faciles à trouver en supprimant purement et simplement ces échelons.

[2]  Vous trouverez toutes sortes de témoignages de patients d’associations sur Internet tous plus poignants le sens que les autres démontrant que les accidents et incidents hospitaliers ne sont plus à la marge mais bien le résultat de politiques successives de normalisation et accréditation au service de l’argent roi servi par tous ceux qui ont un temps bénéficié du système mais se voient rapidement rattrapé par l’affaire Cahuzac . Pas assez vite néanmoins.

Lettre ouverte à Mme la Ministre

Dr Nicole Delépine - Pédiatre Oncologue
Responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP.
à Marisol Touraine - Ministre des Affaires sociales et de la Santé,
Le premier mai 2013,

Madame la Ministre,

Médecin pédiatre depuis plus de 40 ans à l’hôpital public, j’ai fait la nuit dernière ce rêve étrange et pénétrant d’un hôpital qui soigne, accueille, aime, cajole, réconforte, améliore, soulage, répare le patient, du petit au plus âgé, du moins atteint au plus handicapé, du plus faible au plus armé pour la vie, du plus riche au plus pauvre, du plus fou au plus normal, de l’illettré au savant, du bien tonique au mourant.
Cet hôpital avait pour mission de soigner, guérir si on le pouvait et non pas de tuer. On n’avait pas encore imaginé la trouvaille de l’année 2013, formations multiples aux LATA, je vous le donne en mille : « limitations et arrêt de thérapeutiques actives ». Et les hérétiques qui n’accepteront pas ces nouvelles formes de « soins » seront jetés au feu comme tous les dissidents. Ils le sont déjà. Mais ce cri d’alarme contre l’euthanasie sera l’objet d’un autre plaidoyer qu’on ne peut limiter à quelques lignes.

Quand j’arrivai pour la première fois dans une grande salle commune de l’hôpital saint Antoine à Paris en 1965 en tant que stagiaire, je fus frappée par une grande chaleur humaine qui régnait malgré la promiscuité. La propreté aussi sautait aux yeux, le sol brillait ! Cela sentait bon l’eau de javel qui ne coûtait pas cher et surtout l’amour diffusé partout. Chacun à son niveau se savait utile et ne mettait pas son ego à toutes les sauces.
La femme de ménage qu’on n’appelait pas encore technicienne de surface comprenait instinctivement l’importance de son office tant pour le confort que pour le bien des patients et leur guérison. On ne parlait pas de sécurité, mais elle existait et chacun en était garant. Le malade qui appelait trouvait un relais auprès du voisin pour interpeller l’aide-soignante qui ne se disait pas « attendez, je suis en pause » et ne se trouvait pas en salle de repos pour parler du dernier feuilleton télé avec les collègues. Pendant les heures de travail, on travaillait, c’est très bête évidemment et cette remarque me vaudra les gémonies de beaucoup, mais d’autres, à commencer par les patients seront d’accord avec moi pour dire que les infirmières dans le bocal (les locaux sont transparents quand des affiches multiples et variées n’ont pas cachées ce qu’on ne saurait voir..) cela suffit.

Sous prétexte de transmission, de tâches administratives, de préparations etc., le malade doit toujours attendre et attendre. Certes le nom de « patient » ne date pas d’aujourd’hui mais quand on dépense 13 % du PIB pour la santé on pourrait espérer ne pas redescendre au Moyen âge. La multiplication des cases à cocher sur le papier puis sur l’écran, des formulaires à remplir a désinvesti les soignants, médecins inclus, pour lesquels le respect des règles qui seront contrôlées par les multiples audits a remplacé l’obsession du patient par celle de la « réglementation ».

Que s’est-il passé ? comment en est-on arrivé là ? Dans mon rêve, une grande salle commune, d’innombrables lits serrés les uns contre les autres, des mamans serrant dans leurs bras un enfant hospitalisé et des soignants à l’écoute, des patients accueillis même s’il fallait mettre un lit supplémentaire. Bêtement à l’époque, les soigner paraissait plus important que les accueillir en client comme au Hilton et les laisser dehors si l’hôtel était plein. Personne n’eut imaginé refuser les malades graves sous prétexte de normes de qualité, de sécurité, de responsabilité etc. Personne n’eut imaginé que quelques décennies plus tard ce serait le directeur d’hôpital qui aurait l’autorité pour « admettre » les patients et menacerait les docteurs de sanction s’ils voulaient accepter un malade en plus du quota prévu. Et quels moyens pour échapper à ce diktat puisque tout un réseau « sanitaire » a été mis en place pour empêcher les docteurs de soigner ! Les empêcheurs de soigner en rond, flattés de leur pouvoir sur les médecins qui les dominaient depuis des lustres (avant la tragique loi de 1991), ont été créés à tour de bras : surveillantes dénommées cadre de soin, de pôle, directeur de soins de l’hôpital et du groupe, directeur du site et du groupe, chef de pôle, président de la commission d’établissement etc. L’APHP a de plus le privilège d’avoir un « siège » fort qui double encore ces mêmes fonctions.

L’autoritarisme règne en maître avec des incohérences permanentes au sein des établissements. Comment expliquer les si nombreux brancards dans les couloirs des services d’urgence de l’APHP et le refus dans cette même institution d’un lit supplémentaire en oncologie pédiatrique un vendredi soir même si une chambre est libre ? L’autocratie aveugle, subjective et partisane règne partout sans respect de l’intérêt des malades, les grands oubliés des bureaucrates gestionnaires.

Comment résister à cette soviétisation destructrice de l’hôpital ? Le malade vient consulter un médecin, mais entre eux deux qui devraient pouvoir bénéficier d’un « colloque singulier », les interférences sont légion, érigeant un mur de Berlin, entraînant le désespoir voire le renoncement de trop d’entre nous (rappelons que les suicides de médecins et soignants sont beaucoup plus fréquents que dans la population générale et qu’à France Télécom). Les inquisiteurs nommés des Agences régionales de santé (ARS) font régner l’ordre, leur ordre ; et leurs capos, les directeurs d’hôpitaux et leurs subordonnés jouissent de leurs petites prérogatives.

Comment résister, protéger les patients ? Impossible d’où cette lettre ouverte, seule issue visible pour un simple médecin des hôpitaux en dehors de l’abandon, de la fuite, ou du suicide. Un seul exemple : j’ai reçu la semaine dernière par mail un ukase de la cadre de pôle exigeant que les médecins de l’unité annulent à 13 heures les malades prévus dans l’après midi (certains venaient de province). Ces patients devaient être hospitalisés pour recevoir leur traitement de chimiothérapie dont chacun sait (ou devrait savoir) que le retard à l’administration entraîne des pertes de chance de survie. Ce mail m’était adressé en tant que responsable de l’unité et également à neuf cadres impliqués par cette injonction de ne pas soigner.

Parmi eux au moins trois infirmières montées en grade, et qui en d’autres temps, eussent pris, pour quelques heures, le relais auprès des patients, de leurs subordonnés qu’elles sont censées encadrer. Quant au nombre d’administratifs qui se multiplient comme des petits pains, ils sont là pour gérer la pénurie (sauf la leur), imposer leur pouvoir qui satisfait leur ego et oublier le malade qui n’est qu’un gêneur encombrant.[1]
Mme la Ministre, en quarante ans l’hôpital fut détruit ! Que s’est–il passé ?

Comme le reste de la société à partir des années Reagan, Thatcher, et Mitterrand en France, l’argent devint roi, le modèle fut le golden boy et l’hôpital devint entreprise. Comment imaginer il y a quarante ans que les mutuelles assurances seraient cotées en Bourse… que les médecins seraient sommés de tenir compte de la tarification à l’activité pour prescrire des actes supplémentaires invasifs et souvent inutiles, et raccourcir ou allonger la durée d’hospitalisation des patients en fonction des bornes hautes ou basses de la classification sécurité sociale permettant de rapporter plus d’argent à l’hôpital (et de coûter plus cher à la sécurité sociale) … cherchez la logique du système !

Ne croyez pas que j’exagère, tout le monde le sait maintenant ! Alors plutôt que de vous donner mille exemples[2] de cette dégénérescence de notre médecine au milieu de la destruction globale de la société, il me semble plus positif de vous proposer quelques sujets de réflexion voire quelques propositions susceptibles de redorer le blason de votre ministère et d’améliorer le sort des patients.
Madame la Ministre, n’ayant pas le loisir dans une simple lettre ouverte de vous proposer un programme de restauration du système de la santé en France, je me contenterai ici d’aborder trois problèmes cruciaux dont la solution transformerait déjà rapidement le climat, redonnant fierté, estime de soi aux médecins jusque-là stigmatisés, dévalorisés, déprimés, ainsi qu’à leurs incontournables alliés auprès des malades, toutes les catégories de soignants qui subissent les mêmes tracas.

1) S’attaquer sans complaisance aux conflits d’intérêt qui ruinent l’image des politiques, des experts et ruinent le budget de la Sécurité Sociale

Je vous proposerai donc de vous attaquer sans attendre aux conflits d’intérêt entre l’industrie pharmaceutique, la politique et les leaders d’opinion universitaires.
SI la population toujours désinformée par les médias n’en a peut-être pas pris la mesure, vous ne pouvez pas ignorer que l’affaire Cahuzac n’est que la face émergée de l’iceberg et que les rapports incestueux des décideurs sont fort partagés dans le milieu des premiers cercles du pouvoir. Monsieur Cahuzac, loin d’être une exception représente le mode de fonctionnement de nombreux décideurs. Nous vous le démontrerons si nécessaire, mais vous avez sûrement conscience comme moi qu’une grenade dégoupillée vous menace et qu’il serait plus raisonnable d’aborder tout de suite ce dossier brûlant avant qu’il n’explose. À moins que vous ne le puissiez ?
Les économies engendrées par un choix impartial, sans influence de lobbys, des médicaments recommandés et autorisés par les agences (ou mieux le ministère lui-même) permettraient des économies de plusieurs milliards d’euros annuels. Économies du budget de la sécurité sociale soi-disant recherchées mais ces gisements évidents restent oubliés.

2) S’attaquer aux agences sanitaires multiples et variées source de gabegie, de paralysie et d’inefficacité.

Dans un deuxième temps, je vous ferai quelques propositions pour assainir le pouvoir de décision en santé curieusement accordé aux multiples et une agences qui se permettent de faire la pluie et le beau temps en votre nom sur la vie et la mort des hôpitaux ainsi que sur celles des patients en imposant leurs démarches thérapeutiques et en diabolisant les autres voies possibles.
Les économies rapidement obtenues par votre seule volonté politique seront la récompense au courage qu’il ne manquera pas de vous falloir pour affronter tous les bénéficiaires de ces petites combines organisées qui permettent aux hauts fonctionnaires de se recaser après un changement de gouvernement et aux fonctionnaires de bénéficier de salaires non limités dès lors qu’ils sont affectés hors du ministère.

3) Abrogation de la loi « Hôpital patients santé territoire » promulguée par vos adversaires politiques et que vous maintenez en l’état malgré les « promesses de campagne » du président Hollande qui s’appuie pourtant souvent sur celles-ci pour faire passer des lois qui divisent les Français. Pourquoi cette promesse est-elle oubliée ? Pourquoi ?

4) En conclusion, et avec ces quelques propositions que nous pourrions développer à votre demande, peut-être éviterions nous ensemble que notre hôpital public et nos patients ne subissent de fait une euthanasie au moins passive. Quant à la médecine de ville que vous maltraitez tellement pour des raisons qui paraissent obscures, ce sera l’objet d’une autre lettre probablement mieux rédigée par mes collègues qui la vivent tous les jours mais partagent avec moi cette sensation terrible de destruction rapide de notre système de santé malgré son coût faramineux, un des plus élevés du monde. Je vous conseille de suivre régulièrement leur actualité en consultant « les médecins ne sont pas des pigeons ». Cela vous permettra, Madame la Ministre d’éviter d’être coupée du monde réel comme le sont trop souvent les ministres. Je crains, Madame que vous n’y échappiez pas.

Je vous remercie de l’attention que vous ne manquerez pas de prêter à ces propositions raisonnables et rapidement applicables. Je vous adresse mes sentiments respectueux.

Dr Nicole Delépine
Pédiatre Oncologue
Responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP.

[1]  Le livre des Pr Debré et Even « avertissement aux malades, aux médecins et aux élus 2002 avait déjà mis en exergue cette extraordinaire multiplication des administratifs (détournant de plus des soignants médecins et infirmiers formés pour en faire des « cadres ») dans les hôpitaux bientôt constitué d’une armée de colonels sans soldats au front. La situation n’a fait qu’empirer avec la multiplication des agences sanitaires, la création des pôles, le regroupement des hôpitaux qui reconduisent les hiérarchies en rajoutant une couche supplémentaire. Les économies doublées d’une efficience meilleure sont faciles à trouver en supprimant purement et simplement ces échelons.

[2]  Vous trouverez toutes sortes de témoignages de patients d’associations sur Internet tous plus poignants le sens que les autres démontrant que les accidents et incidents hospitaliers ne sont plus à la marge mais bien le résultat de politiques successives de normalisation et accréditation au service de l’argent roi servi par tous ceux qui ont un temps bénéficié du système mais se voient rapidement rattrapé par l’affaire Cahuzac . Pas assez vite néanmoins.

Lettre ouverte à Mme la Ministre

Dr Nicole Delépine - Pédiatre Oncologue
Responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP.
à Marisol Touraine - Ministre des Affaires sociales et de la Santé,
Le premier mai 2013,

Madame la Ministre,

Médecin pédiatre depuis plus de 40 ans à l’hôpital public, j’ai fait la nuit dernière ce rêve étrange et pénétrant d’un hôpital qui soigne, accueille, aime, cajole, réconforte, améliore, soulage, répare le patient, du petit au plus âgé, du moins atteint au plus handicapé, du plus faible au plus armé pour la vie, du plus riche au plus pauvre, du plus fou au plus normal, de l’illettré au savant, du bien tonique au mourant.
Cet hôpital avait pour mission de soigner, guérir si on le pouvait et non pas de tuer. On n’avait pas encore imaginé la trouvaille de l’année 2013, formations multiples aux LATA, je vous le donne en mille : « limitations et arrêt de thérapeutiques actives ». Et les hérétiques qui n’accepteront pas ces nouvelles formes de « soins » seront jetés au feu comme tous les dissidents. Ils le sont déjà. Mais ce cri d’alarme contre l’euthanasie sera l’objet d’un autre plaidoyer qu’on ne peut limiter à quelques lignes.

Quand j’arrivai pour la première fois dans une grande salle commune de l’hôpital saint Antoine à Paris en 1965 en tant que stagiaire, je fus frappée par une grande chaleur humaine qui régnait malgré la promiscuité. La propreté aussi sautait aux yeux, le sol brillait ! Cela sentait bon l’eau de javel qui ne coûtait pas cher et surtout l’amour diffusé partout. Chacun à son niveau se savait utile et ne mettait pas son ego à toutes les sauces.
La femme de ménage qu’on n’appelait pas encore technicienne de surface comprenait instinctivement l’importance de son office tant pour le confort que pour le bien des patients et leur guérison. On ne parlait pas de sécurité, mais elle existait et chacun en était garant. Le malade qui appelait trouvait un relais auprès du voisin pour interpeller l’aide-soignante qui ne se disait pas « attendez, je suis en pause » et ne se trouvait pas en salle de repos pour parler du dernier feuilleton télé avec les collègues. Pendant les heures de travail, on travaillait, c’est très bête évidemment et cette remarque me vaudra les gémonies de beaucoup, mais d’autres, à commencer par les patients seront d’accord avec moi pour dire que les infirmières dans le bocal (les locaux sont transparents quand des affiches multiples et variées n’ont pas cachées ce qu’on ne saurait voir..) cela suffit.

Sous prétexte de transmission, de tâches administratives, de préparations etc., le malade doit toujours attendre et attendre. Certes le nom de « patient » ne date pas d’aujourd’hui mais quand on dépense 13 % du PIB pour la santé on pourrait espérer ne pas redescendre au Moyen âge. La multiplication des cases à cocher sur le papier puis sur l’écran, des formulaires à remplir a désinvesti les soignants, médecins inclus, pour lesquels le respect des règles qui seront contrôlées par les multiples audits a remplacé l’obsession du patient par celle de la « réglementation ».

Que s’est-il passé ? comment en est-on arrivé là ? Dans mon rêve, une grande salle commune, d’innombrables lits serrés les uns contre les autres, des mamans serrant dans leurs bras un enfant hospitalisé et des soignants à l’écoute, des patients accueillis même s’il fallait mettre un lit supplémentaire. Bêtement à l’époque, les soigner paraissait plus important que les accueillir en client comme au Hilton et les laisser dehors si l’hôtel était plein. Personne n’eut imaginé refuser les malades graves sous prétexte de normes de qualité, de sécurité, de responsabilité etc. Personne n’eut imaginé que quelques décennies plus tard ce serait le directeur d’hôpital qui aurait l’autorité pour « admettre » les patients et menacerait les docteurs de sanction s’ils voulaient accepter un malade en plus du quota prévu. Et quels moyens pour échapper à ce diktat puisque tout un réseau « sanitaire » a été mis en place pour empêcher les docteurs de soigner ! Les empêcheurs de soigner en rond, flattés de leur pouvoir sur les médecins qui les dominaient depuis des lustres (avant la tragique loi de 1991), ont été créés à tour de bras : surveillantes dénommées cadre de soin, de pôle, directeur de soins de l’hôpital et du groupe, directeur du site et du groupe, chef de pôle, président de la commission d’établissement etc. L’APHP a de plus le privilège d’avoir un « siège » fort qui double encore ces mêmes fonctions.

L’autoritarisme règne en maître avec des incohérences permanentes au sein des établissements. Comment expliquer les si nombreux brancards dans les couloirs des services d’urgence de l’APHP et le refus dans cette même institution d’un lit supplémentaire en oncologie pédiatrique un vendredi soir même si une chambre est libre ? L’autocratie aveugle, subjective et partisane règne partout sans respect de l’intérêt des malades, les grands oubliés des bureaucrates gestionnaires.

Comment résister à cette soviétisation destructrice de l’hôpital ? Le malade vient consulter un médecin, mais entre eux deux qui devraient pouvoir bénéficier d’un « colloque singulier », les interférences sont légion, érigeant un mur de Berlin, entraînant le désespoir voire le renoncement de trop d’entre nous (rappelons que les suicides de médecins et soignants sont beaucoup plus fréquents que dans la population générale et qu’à France Télécom). Les inquisiteurs nommés des Agences régionales de santé (ARS) font régner l’ordre, leur ordre ; et leurs capos, les directeurs d’hôpitaux et leurs subordonnés jouissent de leurs petites prérogatives.

Comment résister, protéger les patients ? Impossible d’où cette lettre ouverte, seule issue visible pour un simple médecin des hôpitaux en dehors de l’abandon, de la fuite, ou du suicide. Un seul exemple : j’ai reçu la semaine dernière par mail un ukase de la cadre de pôle exigeant que les médecins de l’unité annulent à 13 heures les malades prévus dans l’après midi (certains venaient de province). Ces patients devaient être hospitalisés pour recevoir leur traitement de chimiothérapie dont chacun sait (ou devrait savoir) que le retard à l’administration entraîne des pertes de chance de survie. Ce mail m’était adressé en tant que responsable de l’unité et également à neuf cadres impliqués par cette injonction de ne pas soigner.

Parmi eux au moins trois infirmières montées en grade, et qui en d’autres temps, eussent pris, pour quelques heures, le relais auprès des patients, de leurs subordonnés qu’elles sont censées encadrer. Quant au nombre d’administratifs qui se multiplient comme des petits pains, ils sont là pour gérer la pénurie (sauf la leur), imposer leur pouvoir qui satisfait leur ego et oublier le malade qui n’est qu’un gêneur encombrant.[1]
Mme la Ministre, en quarante ans l’hôpital fut détruit ! Que s’est–il passé ?

Comme le reste de la société à partir des années Reagan, Thatcher, et Mitterrand en France, l’argent devint roi, le modèle fut le golden boy et l’hôpital devint entreprise. Comment imaginer il y a quarante ans que les mutuelles assurances seraient cotées en Bourse… que les médecins seraient sommés de tenir compte de la tarification à l’activité pour prescrire des actes supplémentaires invasifs et souvent inutiles, et raccourcir ou allonger la durée d’hospitalisation des patients en fonction des bornes hautes ou basses de la classification sécurité sociale permettant de rapporter plus d’argent à l’hôpital (et de coûter plus cher à la sécurité sociale) … cherchez la logique du système !

Ne croyez pas que j’exagère, tout le monde le sait maintenant ! Alors plutôt que de vous donner mille exemples[2] de cette dégénérescence de notre médecine au milieu de la destruction globale de la société, il me semble plus positif de vous proposer quelques sujets de réflexion voire quelques propositions susceptibles de redorer le blason de votre ministère et d’améliorer le sort des patients.
Madame la Ministre, n’ayant pas le loisir dans une simple lettre ouverte de vous proposer un programme de restauration du système de la santé en France, je me contenterai ici d’aborder trois problèmes cruciaux dont la solution transformerait déjà rapidement le climat, redonnant fierté, estime de soi aux médecins jusque-là stigmatisés, dévalorisés, déprimés, ainsi qu’à leurs incontournables alliés auprès des malades, toutes les catégories de soignants qui subissent les mêmes tracas.

1) S’attaquer sans complaisance aux conflits d’intérêt qui ruinent l’image des politiques, des experts et ruinent le budget de la Sécurité Sociale

Je vous proposerai donc de vous attaquer sans attendre aux conflits d’intérêt entre l’industrie pharmaceutique, la politique et les leaders d’opinion universitaires.
SI la population toujours désinformée par les médias n’en a peut-être pas pris la mesure, vous ne pouvez pas ignorer que l’affaire Cahuzac n’est que la face émergée de l’iceberg et que les rapports incestueux des décideurs sont fort partagés dans le milieu des premiers cercles du pouvoir. Monsieur Cahuzac, loin d’être une exception représente le mode de fonctionnement de nombreux décideurs. Nous vous le démontrerons si nécessaire, mais vous avez sûrement conscience comme moi qu’une grenade dégoupillée vous menace et qu’il serait plus raisonnable d’aborder tout de suite ce dossier brûlant avant qu’il n’explose. À moins que vous ne le puissiez ?
Les économies engendrées par un choix impartial, sans influence de lobbys, des médicaments recommandés et autorisés par les agences (ou mieux le ministère lui-même) permettraient des économies de plusieurs milliards d’euros annuels. Économies du budget de la sécurité sociale soi-disant recherchées mais ces gisements évidents restent oubliés.

2) S’attaquer aux agences sanitaires multiples et variées source de gabegie, de paralysie et d’inefficacité.

Dans un deuxième temps, je vous ferai quelques propositions pour assainir le pouvoir de décision en santé curieusement accordé aux multiples et une agences qui se permettent de faire la pluie et le beau temps en votre nom sur la vie et la mort des hôpitaux ainsi que sur celles des patients en imposant leurs démarches thérapeutiques et en diabolisant les autres voies possibles.
Les économies rapidement obtenues par votre seule volonté politique seront la récompense au courage qu’il ne manquera pas de vous falloir pour affronter tous les bénéficiaires de ces petites combines organisées qui permettent aux hauts fonctionnaires de se recaser après un changement de gouvernement et aux fonctionnaires de bénéficier de salaires non limités dès lors qu’ils sont affectés hors du ministère.

3) Abrogation de la loi « Hôpital patients santé territoire » promulguée par vos adversaires politiques et que vous maintenez en l’état malgré les « promesses de campagne » du président Hollande qui s’appuie pourtant souvent sur celles-ci pour faire passer des lois qui divisent les Français. Pourquoi cette promesse est-elle oubliée ? Pourquoi ?

4) En conclusion, et avec ces quelques propositions que nous pourrions développer à votre demande, peut-être éviterions nous ensemble que notre hôpital public et nos patients ne subissent de fait une euthanasie au moins passive. Quant à la médecine de ville que vous maltraitez tellement pour des raisons qui paraissent obscures, ce sera l’objet d’une autre lettre probablement mieux rédigée par mes collègues qui la vivent tous les jours mais partagent avec moi cette sensation terrible de destruction rapide de notre système de santé malgré son coût faramineux, un des plus élevés du monde. Je vous conseille de suivre régulièrement leur actualité en consultant « les médecins ne sont pas des pigeons ». Cela vous permettra, Madame la Ministre d’éviter d’être coupée du monde réel comme le sont trop souvent les ministres. Je crains, Madame que vous n’y échappiez pas.

Je vous remercie de l’attention que vous ne manquerez pas de prêter à ces propositions raisonnables et rapidement applicables. Je vous adresse mes sentiments respectueux.

Dr Nicole Delépine
Pédiatre Oncologue
Responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP.

[1]  Le livre des Pr Debré et Even « avertissement aux malades, aux médecins et aux élus 2002 avait déjà mis en exergue cette extraordinaire multiplication des administratifs (détournant de plus des soignants médecins et infirmiers formés pour en faire des « cadres ») dans les hôpitaux bientôt constitué d’une armée de colonels sans soldats au front. La situation n’a fait qu’empirer avec la multiplication des agences sanitaires, la création des pôles, le regroupement des hôpitaux qui reconduisent les hiérarchies en rajoutant une couche supplémentaire. Les économies doublées d’une efficience meilleure sont faciles à trouver en supprimant purement et simplement ces échelons.

[2]  Vous trouverez toutes sortes de témoignages de patients d’associations sur Internet tous plus poignants le sens que les autres démontrant que les accidents et incidents hospitaliers ne sont plus à la marge mais bien le résultat de politiques successives de normalisation et accréditation au service de l’argent roi servi par tous ceux qui ont un temps bénéficié du système mais se voient rapidement rattrapé par l’affaire Cahuzac . Pas assez vite néanmoins.

Voici une lettre ouverte accablante et éclairante sur le malaise des médecins et des personnels de lhôpital qui décrit bien comment la condition des patients et des soignants à l'hôpital s'est dégradée rapidement à partir du moment où on a voulu que l'hôpital fonctionne comme une entreprise et où on a tout subordonné à des normes comptables, gardées par des organismes tatillons qui détournent les personnels de leurs missions essentielles.

On l'a doit Nicole Delépine, responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique à l'hôpital universitaire Raymond Poincaré de Garches.

Elle remet en cause le rôle de l'ARS, de la tarification à l'activité, et dénonce la responsabilité des intérêts pharmaceutiques à l'origine du déficit de la sécu en même temps que l'emprise de l'idéologie néo-libérale sur l'hôpital. Ce texte, datant de début mai, nous a été transmis par Yves Jardin, du Front de Gauche Finistère.     

 

http://www.globalmagazine.info/lile-des-cancereux-menacee/2013/08/05/lettre-ouverte-mme-le-ministre-1375688880

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 12:28

La compétitivité affaiblie par un coût du travail trop lourd serait l’explication des maux français.

L’addition présentée aux Français irait donc de soi  : blocage des salaires, baisses des cotisations des entreprises, cadeaux fiscaux au patronat, flexibilisation de l’emploi, retraites différées…

 

Sauf que le diagnostic posé est mensonger. Ce qui plombe notre économie, ce sont les surcoûts du capital, l’énorme ponction opérée pour les dividendes – multipliés par treize en trente ans quand les salaires n’ont que doublé dans la même période –, les taux de marges de 18% obtenus au détriment de l’emploi par les plus grandes entreprises quand les PME végètent… Là où se trouvent les différences avec l’économie allemande, c’est dans l’énorme augmentation des dividendes en France, quand ils sont limités outre-Rhin au profit des investissements dans la recherche-développement.

 

Le capitalisme français s’est conformé au modèle des fonds d’investissement à l’américaine, prédateurs d’entreprises et ravageurs d’industries pour peu que cela rapporte très gros. Les grandes fortunes professionnelles prospèrent dans notre pays – + 25 % en 2012 – en piétinant le tissu économique et social national. Voilà où siège la «morosité» des Français que se plaît à décrire le président de la République. Et, franchement, il n’y a pas de quoi rire.

 

Devant la presse présidentielle, François Hollande a voulu distraire l’attention d’une opinion désenchantée par un conte pour adultes, une version sociale-libérale du «storytelling» cher aux néoconservateurs américains, baptisée, pour ce nouvel avatar, «le récit de la France de demain». Le pays accroissant sa productivité par la baisse du coût du travail deviendrait compétitif, émancipé des marchés financiers dont il est dépendant, «solidaire» sans être cependant trop «redistributif»… Une invitation à prendre de la vitesse pour foncer dans le mur sur lequel se fracassent depuis des années les espérances des jeunes, des salariés et des retraités. «Un four qui toujours chauffe et où rien ne cuit», disait Voltaire.

 

L’Élysée assortit son offensive médiatique d’une dénonciation marquée des périls que fait peser le Front national sur «le modèle républicain» et «le vivre ensemble». Mais où l’extrême droite trouve-t-elle son «carburant», selon la formule d’Arnaud Montebourg, sinon dans les dégâts sociaux semés par les politiques d’austérité et de réduction du coût du travail, dans l’indignation provoquée par les promesses oubliées ? «Mon pari, c’est le temps», a martelé le chef de l’État. Mais le pays en dispose-t-il, de temps ? La majorité gouvernementale peut-elle laisser hypothéquer le capital historique de la gauche – la liberté, l’égalité, la fraternité – au nom de fables sur la compétitivité, rédigées par les marchés financiers ? François Hollande a traité avec un mépris souverain les interrogations qui se font jour au sein du Parti socialiste, lâchant «dans mon camp, il ne se produit rien» puisque le quinquennat, et le calendrier électoral qui l’accompagne, fait que «notre sort est lié».

 

C’est dire pourtant tout le risque d’un naufrage général si les voies d’eau sont ignorées.

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 09:13

Seulement 11 % des français consomment 5 fruits et légumes par jour. 43 % des personnes en mangent insuffisamment et évoquent leurs prix comme premier obstacle.

 

Ainsi, cette recommandation de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) de manger 400 grammes de fruits et légumes par jour implique un budget mensuel de : 73 euros pour un couple sans enfants et de 146 euros pour un couple et deux enfants de plus de 10 ans.

 

Des prix qui flambent, depuis l'été 2012 le prix moyen des fruits à augmenté de 14% et celui des légumes de 17%. Une hausse jamais enregistrée pour les fruits ! Salades (+ 21%), melons (+ 28%), pommes (+ 30%)...

 

Manger Bio ? Le prix moyen des fruits Bio est plus élevé de 70 % que les fruits conventionnels, plus cher de 73 % pour les légumes).

Des importations massives : justifiées par la grande distribution pour palier aux aléas météorologiques de la production française. Des produits importés moins chers que les productions locales, mais des marges GMS plus importantes.

 

Des prix aux producteurs qui ne suivent pas l'augmentation des prix consommateurs. Ainsi un kilo de tomates est payé 80 cts € aux producteurs contre 70 cts € l'an dernier. Des prix producteurs divisés par deux en 20 ans.

 

Sur 100 euros de panier alimentaire seulement 7 euros pour les producteurs

 

Les communistes proposent Une alimentation saine, de qualité, relocalisée  et accessible à tous

 

Des engagements

 

Une agriculture qui garantisse la souveraineté et la sécurité alimentaire. Une alimentation qui réponde au besoins humains et non aux spéculateurs.

Vivre dignement de son travail est légitime. Augmenter les salaires, revaloriser les pensions et porter le SMIC à 1700 euros c'est retrouver du pouvoir d'achat. Une juste rémunération du travail paysan et des salariés agricoles est la condition du développement de l'emploi agricole.

L'agriculture paysanne permettrait de garantir une alimentation de qualité, nutritive et gustative à tous. D'engager la transition écologique de l'agriculture. 

 

Des mesures concrètes

 

Blocage des prix des denrées alimentaires de base (lait, viandes, pain fruits et légumes) sur le ticket de caisse.

Taxer les importations abusives qui pillent les productions locales et détruisent l'environnement.

Soutenir des Politiques Publiques Agricoles. Planifier la production, réguler les marchés (calendrier d'importation), préserver le foncier, soutenir les exploitations et filières les plus fragiles.

 

Des propositions législatives

 

Obligation d'indication d'origine des produits agricoles et de la mer, transformés ou non.

Encadrer les marges de la grande distribution par la mise en place d'un coefficient multiplicateur.

Une conférence annuelle sur les prix agricoles et alimentaires

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 09:03

Le dimanche 25 août la section PCF de Lanmeur organise sa traditionnelle fête de la Terre.

Entrée gratuite

 

Au programme :

12 h 30 : restauration

Menu : Kir, Kir breton ; assiette de crudités ; sauté de porc provençal – riz ; fromage ; tarte ; café

Prix : 14 € (tout compris avec le vin) et 7 € pour un enfant de moins de 12 ans.

14 h 30 : Les trublions (Patrick et Jean-Yvon TOUS interprètes de chansons à texte au contenu clairement poétique) ; Koroll Digoroll (Danses Bretonnes)

16 h 15 : meeting avec Gérard LAHELLEC (Vice président du Conseil régional)

Après le meeting : Les trublions (Patrick et Jean-Yvon TOUS interprètes de chansons à texte au contenu clairement poétique) ; Koroll Digoroll (Danses Bretonnes)

Toute au long de l’après-midi

Nombreux stands – Concours de galoche, palets, boules, jeux, pêche à la ligne, loteries, littératures, exposition, fleurs …

Ferme Bretonne (crêpe – cidre)

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 14:33

Fête de l’Humanité 2013 : 3 jours de fête de débats et de concerts.

Vignettes/bon d’entrée : 21 € les 3 jours (gratuits pour les moins de 15 ans)

Vignettes disponibles auprès des militants PCF.

 

Dans un peu plus de 3 semaines va s’ouvrir la Fête de l’Humanité, les 13, 14 et 15 septembre prochain. Il y a un an, c’est avec beaucoup d’espoirs en l’avenir que les centaines de milliers de visiteurs parcouraient, joyeux et confiants, les allées du parc de La Courneuve. Ce ne sera pas le cas cette année.

La déception, les doutes, parfois même la colère ont pris le pas sur la confiance. Comment pourrait-il en être autrement quand la récession touche tout le continent et que les politiques d’austérité, présentées comme des remèdes par les responsables de la crise, s’avèrent pires que les maux qu’elles prétendent guérir ? Seule l’exigence d’un changement de cap, suffisamment partagée par le monde du travail et de la création, peut ramener cet indispensable besoin d’espoir qui donne aux peuples la force de s’unir pour déplacer des montagnes.

Cette exigenced’un changement de cap à gauche sera le fil rouge parcourant toute la préparation et la tenue de la Fête de l’Humanité.

Le changement de cap qui peut rassembler largement s’avère du même coup le barrage le plus efficace pour endiguer la résistible ascension d’une extrême droite que de sordides calculs politiciens et les duretés de la vie dans la crise placent au centre de la vie publique.

Face au rouleau compresseur du toujours moins pour l’emploi, les retraites, les salaires, les services publics, la santé, il s’agit non pas de défendre l’existant qui ne donne satisfaction à personne, mais bien de proposer des réformes de structures qui s’attaquent à la domination qu’exerce l’argent roi sur toute la société.

Les multiples débats sur la Fête vont montrer qu’il n’y a pas comme réponses possibles que celles des grands patrons, des banquiers, des tenants du libéralisme ou du social - libéralisme. Que n’a-t-on écouté davantage les organisations syndicales, le monde associatif et professionnel plutôt que ceux qui ont préféré les dividendes pour les actionnaires au développement de leurs entreprises.

Quelques jours avant que le Parlement ne soit saisi à nouveau d’un projet de contre-réforme des retraites, la Fête va, tout à la fois, être celle de la jeunesse qui refuse l’avenir bouché qu’on lui impose, celle de la défense du travail et de l’emploi, lieu de convergence de toutes les forces sociales, syndicales et politiques qui veulent une réforme des retraites juste, c’est-à-dire dont le coût ne soit pas supporté par les salariés et les retraités, comme ce qui se prépare.

La Fête va être une nouvelle fois cette alchimie unique de convivialité, de confrontation d’idées, de culture, de politique, de musique. Pour un tarif que l’Huma tente de contenir afin de le rendre accessible au plus grand nombre, la Fête proposera cette année une très belle affiche de concerts et de spectacles pour des publics larges et divers, de nombreux débats, …

La Fête 2013 sera aussi un rendez-vous de la solidarité internationaliste, des libertés et du codéveloppement humain. La Fête débattra des solidarités indispensables à construire avec les peuples et la jeunesse latino-américaine, avec ceux des pays arabes qui cherchent les voix de la justice, de la liberté et de l’émancipation humaine. Elle fera un sort particulier au combat international engagé pour la libération de Marwan Barghouti et des prisonniers politiques palestiniens.

C’est parti! La Fête portera l’exigence d’un changement de cap à gauche.

Si vous souhaitee acheter une vignette pour cette fête contacter le PCF Morlaix : pcfmorlaix@wanadoo.fr ou 06 62 74 75 27.

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 13:46

Les 500 plus grandes fortunes de France ont grimpé de 25 % en un an. Un bond spectaculaire qui révèle les profits que tire de la crise une poignée de grands patrons, pendant que le pouvoir d’achat des Français a reculé de 0,9 % l’an dernier.

La crise, quelle crise ? Dans le microcosme des 500 plus grandes fortunes de France, les affaires se portent mieux que jamais. Le classement annuel du mensuel Challenges fait figure de provocation dans le marasme économique ambiant. Tandis que le pouvoir d’achat des ménages a accusé une régression historique de 0,9% l’an dernier, et que le taux de chômage crève les plafonds, les plus grandes fortunes de France ont vu leur montant croître de 25% en un an, atteignant un total de 330 milliards d’euros de patrimoine, biens professionnels compris. «Jamais, depuis 1996, année où Challenges a lancé son classement des “500”, leur fortune globale n’avait atteint de tels sommets», souligne le magazine. Celle-ci représente désormais l’équivalent du budget de l’État, 16% du produit intérieur brut (qui mesure la totalité de la richesse produite en France chaque année) et 10% du patrimoine des Français, détenus par 0,001% d’entre eux. Plus on monte dans le classement, plus la concentration atteint des sommets, les dix plus riches « pesant » à eux seuls 40% du total amassé par les 500, soit 135 milliards d’euros (+27% en un an).

Des fortunes effleurées par la fiscalité

En tête, on retrouve des noms célèbres de l’industrie du luxe, de l’armement, de la grande distribution ou des nouvelles technologies : Bernard Arnault (LVMH, 24,3 milliards) ; Liliane Bettencourt (L’Oréal, 23,2 milliards) ; Gérard Mulliez (Auchan, 19 milliards) ; Serge Dassault (12,8 milliards) ; Vincent Bolloré (8 milliards) ; Xavier Niel (Iliad, 5,9 milliards). Des patronymes connus, aussi, pour leur propension à l’exil fiscal qui coûte 40 milliards d’euros annuels à la France, selon un rapport du sénateur PCF Éric Bocquet : les familles Wertheimer (Chanel, 8e, 7 milliards de fortune), Castel (8e ex aequo) ou encore Peugeot (40e, 1,3 milliard) figuraient parmi les 44 Français présents dans le classement de décembre 2011 des 300 plus riches de Suisse de la revue helvétique Bilan.

À l’origine de la croissance exponentielle de ces fortunes, des réussites financières qui ont profité sans complexe de la crise, comme l’assume cyniquement Stéphane Bailly, propriétaire d’un groupe de location et de vente de voitures (453e du classement de Challenges) : «La crise, ce sont des difficultés pour les petits, mais ce sont aussi, souvent, des opportunités pour les gros.» Plus globalement, «ces fortunes sont le résultat du véritable hold-up de la rente sur le travail», estime le chef de file des députés Front de gauche, André Chassaigne (PCF), qui juge «inacceptable, dans ce contexte, d’imposer à nos concitoyens de se serrer la ceinture, en bloquant les salaires, en exigeant toujours plus de sacrifices, en leur demandant de renoncer à leurs droits fondamentaux, comme le droit à la retraite à 60 ans». Pour le député, «cette austérité a, au final, pour seul effet d’alimenter l’économie de casino».

Pendant que les salaires stagnent, que les fonctionnaires voient leur rémunération gelée et que les Smicards n’ont eu droit à aucun «coup de pouce» en 2013, après un minuscule 0,6% en juillet 2012, la valorisation boursière des grands groupes, a, elle continué de croître, terminant l’année dernière «en fanfare» (le Figaro du 31 décembre 2012) avec +14,5% en un an. Un symptôme de la financiarisation croissante de l’économie au détriment de la reprise de l’économie réelle (la part des revenus financiers dans les richesses créées en France a doublé depuis 1982), contre laquelle le candidat Hollande avait promis des réformes de structure qui tardent à venir pour mettre au pas «le monde de la finance».

Les bons plans de la crise

Certaines grandes fortunes ont aussi flairé les bons plans de la crise pour, à la fois rester en France et prospérer sans avoir à redistribuer en s’acquittant de leurs impôts. Certaines investissent dans l’hôtellerie de luxe pour riche clientèle étrangère, en n’oubliant pas de rester actif dans leur entreprise. Car, tant que c’est le cas, «leur fortune est préservée parce qu’elle n’est pas soumise à l’ISF», explique le consultant Aldo Cardoso. Un impôt qui fait toujours figure d’épouvantail. «L’ISF est un mal qui pourrit notre société et entrave son développement», éructe dans Challenges le même consultant, qui milite pour sa suppression. Un argument convaincant en faveur de vieille revendication communiste d’intégration des biens professionnels dans l’assiette de l’ISF, dont la portée serait bien plus efficace et redistributive que la taxe Hollande à 75% sur les très hauts revenus, dont le retour prochain a été promis après sa censure par le Conseil constitutionnel, le 29 décembre dernier.


 

Quelques statistiques

Riches et moins riches : évolutions 2011 – 2012

Le pouvoir d’achat moyen des français : - 0,9%

La fortune des 500 plus riches : + 25%

Riches et PIB de la France

Les 500 plus grosses fortunes professionnelles c’est 330 Milliards d’Euros soit 16% du PIB.

Population et patrimoine

10% des patrimoines des ménages sont possédés par 1/100 000 de la population.

 

 

 

 

La majorité des Français ne cessent de s’appauvrir

Jamais notre pays n’a été aussi inégalitaire. Les 1% des personnes les plus riches se gavent, «avec des revenus repartis à la hausse depuis 2009», selon le très officiel Insee, alors que le reste des Français ne cesse de s’appauvrir. Le niveau de vie médian a baissé de 0,5% en euros constants en une seule année, pour s’établir à 1 610 euros, d’après les dernières statistiques… qui datent de 2010. Tous les ménages situés sous cette barre ont connu une chute de leurs revenus. Pour les 10% les moins fortunés, ils ont même diminué de 3,2% par an entre 2008 et 2010, portant à 14,1% la part de pauvres en France. En deux ans, ils sont passés de 7,8 millions à 8,6 millions. Nul doute que la barre des 10 millions a depuis été longtemps dépassée, sous le double effet de l’explosion du chômage et des politiques austéritaires. Premières victimes, les retraités, mais surtout les enfants. «En 2010, 19,6% de la population des moins de 18 ans vivent dans une famille en situation de pauvreté, alarmait, lundi, un avis du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Tout laisse à penser que la hausse s’est poursuivie en 2011 et 2012 : on peut craindre que le nombre d’enfants pauvres en France ne soit aujourd’hui proche de 3millions.» Un chiffre vertigineux, à ajouter à la hausse de 50% du nombre de personnes sans domicile depuis 2001, avec 141 500 SDF recensés en 2012.

 

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 14:37

Le PCF tiendra son université d’été les 30, 31 août et 1er septembre 2013 aux Karellis en Savoie.

 

Ce sera cette année plus de 800 participants, plus de 150 intervenants, une centaine d’ateliers différents... et un concert classique autour de l’anniversaire Debussy, deux soirées festives avec un cours de salsa, des activités pour les enfants, deux cours matinaux sportifs...

Cette année encore nous avons mis les petits plats dans les grands, sans chichi mais avec beaucoup d’efforts pour que l’Université d’été soit un lieu de plaisir intellectuel adapté à chacune et à chacun quel que soit son parcours militant.

Vous aurez cette année encore plus de mal à choisir vos ateliers car il y en aura une centaine au total. Nous avons renforcé nos offres d’actualité avec un gros focus sur les élections municipales et encouragé une plus grande diversité scientifique et culturelle avec une contribution inédite de Lucien Sève ou encore la participation d’une astrophysicienne de renommée mondiale, Catherine Césarsky.

L’équipe d’organisation

 

 

Parmi la centaine d’atelier

Comment conduire une politique territoriale de santé ?

Avec Monique DURRIEU (maire adjointe déléguée à la santé à Toulouse) et le docteur Paul CESBRON (écrivain)

Main basse sur les retraites

Avec André CHASSAIGNE (Président du groupe communiste à l’assemblée nationale) et Jean Luc GIBELIN (responsable national PCF à la protection sociale).

Front de gauche : table ronde après les assises, quelles perspectives ?

Avec Marie Pierre VIEU et nos partenaires.

Construire une Europe au service des peuples ou « la posologie du fédéralisme »

Avec Toni ANDREANI (professeur émérite de science politique à l’université Paris VIII.

Christianisme(s) des origines : une affaire de femmes ?

Avec Hélène CILLIERES (Docteur en science religieuse – EPHE).

Les enjeux de l’espace Sahelo – saharien.

Avec Chrysel LE MOING (fondation Gabriel Péri) et Grégory GIRAUD (géographe)

France, Europe, monde : où va la crise systémique ?

Avec Yves DIMICOLI (secteur économique PCF)

Europe : marché transatlantique, l’austérité, quels enjeux ?

Avec Patrick LE HYARIC, Député Européen, Directeur de l’Humanité.

Euro : le transformer ou en sortir ? le débat contradictoire

Où va la mondialisation

Avec Bertrand BADIE

Modèle Allemand, une imposture.

Avec Bruno DENT (journaliste)

Qui fait et que nous disent les contenus d’enseignement.

Avec Pierre CLEMENT (doctorant en sociologie)

De la PAC à la politique agricole et alimentaire européenne

Avec Samuel FERRET (membre de PAC 2011) et Xavier COMPAIN (responsable national PCF agriculture).

Les intellectuels et la stratégie communiste : une crise d’hégémonie 1958 – 1981.

Avec Marco di Maggio (historien)

Le nouvel ordre prolétaire

Avec jacques RIGAUDIAT (économiste – Fondation Copernic)

Musique et pouvoir

La violence chez les jeunes

Avec Véronique LE GOAZIOU

L’émancipation de l’Amérique latine

Avec Renaud LAMBERT

Le destin Français de Louis ARAGON

Avec Pierre JUQUIN

La politique municipale du sport

Avec François ASSENSI

Elections municipales : plein feu sur l’innovation

Plus d’une dizaine d’ateliers seront consacrés aux expériences innovantes dans les municipalités et les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) tels « aménagement et maîtrise du foncier », « les nouveaux dispositifs pour le logement public », « l’action pour la santé », « le développement culturel », « les expériences de l’économie sociale et solidaire », « les rythmes scolaires », …

 

Voir les infos pratiques ci-dessous.

Inscriptions

L’inscription se fait par le formulaire d’inscription sur formation.pcf.fr

Hébergement

Pension complète du vendredi soir au petit déjeuner du dimanche matin, au tarif de 140 €/personnes en chambre de deux minimum, 240 e en chambre seul,  enfant 90 € (de 2 ans à 13 ans). Le linge de toilette est fourni. Pas de repas prévu pour les vendredi et dimanche midi.

Pour se rendre aux Karellis

En train : gare de St Jean de Maurienne

Depuis cette gare sera assuré, dans la mesure du possible, les transferts jusqu’aux Kerellis et retours

En voiture

Les Karellis sont à 18 km de St Jean de Maurienne en direction de Montricher – Albanne (73870). De nombreuses places de parking sont disponibles y compris pour les cars.

En avion : aéroport de Chambéry ou de Lyon

Voir toutes les particularités sur le site.

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