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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 07:19

Ci-joint, un entretien très intéressant paru dans Marianne en début de mois.

 

JL-melenchon-place-au-peuple.jpg

 

 

Marianne, no. 763

France, samedi 3 décembre 2011, p. 44

 

On peut critiquer le candidat socialiste sans être un suppôt de la droite. Accusé par le PS d'être un «agent de la droite» et de créer la division dans l'opposition face à Nicolas Sarkozy, le candidat du Front de gauche revient pour «Marianne» sur ses divergences avec François Hollande.

 

Marianne : Depuis des années, vous ne cessez de vous affronter avec François Hollande. Vous l'avez traité autrefois de «parrain», de «roi de l'entourloupe», vous avez dit qu'il vous donnait «la nausée». On n'est donc pas très étonné de vous entendre dire, aujourd'hui, qu'il est un «capitaine de pédalo». Quels sont, sur le plan personnel, les cadavres dans les placards entre vous et lui ?

 

Jean-Luc Mélenchon : Il n'y a aucune dimension personnelle dans mes relations avec François Hollande. Comme il est quelqu'un d'extrêmement plastique, il n'y a jamais eu, d'homme à homme, la moindre trace de tensions entre nous. Moi-même, je ne pratique pas les vendettas personnelles. Il faut des circonstances très particulières, quasi intimes, pour que je me fâche vraiment. Ce n'est pas le cas ici. J'ai la religion républicaine. Il n'y a pas de place là-dedans pour des inimitiés de personnes.

 

Alors, pourquoi ces attaques ? Elles sont si violentes qu'on vous accuse de jouer contre la gauche.

 

J.-L.M. : Une divergence radicale nous oppose sur le fond. Elle remonte à 1984. Comme moi, il est alors un jeune homme. Il écrit un texte, «Pour être modernes, soyons démocrates», dans lequel il explique le cœur de son orientation politique. Cette ligne vient d'apparaître aux Etats-Unis

d'Amérique. C'est elle qui va progressivement infester tous les partis socialistes de la vieille Europe. Avec constance, François Hollande a opté pour cette orientation dont les traits caractéristiques sont toujours les mêmes : effacement du clivage gauche-droite, effacement de l'adhésion du mouvement socialiste à sa base salariale, négation de l'opposition capital-travail et alliance au centre jusqu'à devenir soi-même un parti centriste. Une grande controverse nous oppose donc, qui mérite mieux que d'être réduite à un affrontement de personnes. Je n'ai pas d'irrespect pour lui, même si, bien sûr, je ne goûte guère l'attitude intellectuelle du sophiste. Pour lui, tout se vaut et sa méthode de combat consiste à dénigrer soit celui qui prononce l'argument, soit la forme de l'argument. Pourtant, la situation exige une autre attitude intellectuelle.

Nous sommes en train d'affronter la plus terrible crise du capitalisme depuis le début du siècle

dernier. Or, en même temps, nous devons faire face au désarmement unilatéral du mouvement

socialiste mondial. Papandréou est l'héritier de la ligne Blair-Schröder. Tous ces gens ont capitulé

sans combattre. Le choc décisif s'est produit en Grèce : président de l'Internationale socialiste,

Georges Papandréou a cédé devant tous les diktats et le reste a été emporté. C'est un événement

fondateur, comme la capitulation des députés allemands du SPD au moment de voter les crédits deguerre : c'est ce qui a alors déclenché l'affrontement en 1914.

 

Même si vous vous en défendez, on ne peut s'empêcher de penser que l'un des moteurs de votre

aventure du Front de gauche, c'est le mépris dont vous pensez avoir fait l'objet, en particulier de la

part de François Hollande, lorsque vous étiez au Parti socialiste ?

 

J.-L.M. : Il y a eu une attitude arrogante, mais j'y suis habitué. Je l'ai connue de mille façons et sous toutes les formes possibles. Ça n'est pas la peine de ressasser, je suis blindé. Je sais que le ressort essentiel de leur démarche intellectuelle, c'est la négation de l'autre.

 

Vous n'êtes pas si blindé que vous voulez le faire croire !

 

J.-L.M. : Si, parce que mon courant d'idées a eu raison sur l'analyse du capitalisme. Nous avons eu raison en 2005 sur ce que donnerait la mise en place du traité constitutionnel repeint en traité de Lisbonne. Dans ces deux occasions, nous avons fait, François Hollande et moi, des choix diamétralement opposés. Ça n'est en aucun cas une affaire relationnelle, même si j'ai souffert de les voir tricher dans tous les votes internes, traiter les gens par-dessus la jambe, manquer de parole à tout le monde.

 

Si vous avez connu tant de blessures, pourquoi n'avez-vous pas quitté le PS plus tôt ?

 

J.-L.M. : C'est dur de se séparer de sa famille politique, de ses camarades de combat. J'ai toujours

gardé ce lien avec les socialistes. Je connais au moins cinq députés socialistes qui s'apprêtent à voter pour moi au premier tour de la présidentielle. Je n'aurais pas été élu dans le grand Sud-Ouest si des milliers d'électeurs socialistes n'avaient pas voté pour moi ! D'une certaine manière, j'appartiens à la famille intellectuelle du socialisme, et la relation reste affective.

 

Mais vous tournez le dos radicalement aux choix du PS et de François Hollande.

 

J.-L.M. : Oui, parce que le candidat du PS ne parle plus à présent qu'à une étroite couche de la

population : la classe moyenne supérieure qu'il essaie de convaincre qu'il y a une sortie heureuse et non douloureuse de la crise, c'est-à-dire sans affrontement avec le capital financier, ses pompes et ses œuvres. Dans ce sens, il renvoie à un monde qui n'existe plus. La vérité de notre temps, c'est que, face à l'affrontement que le système financier a entrepris contre les peuples et la démocratie, il faut des réponses qui soient à la hauteur. Je suis partisan de la relance de l'activité. Je ne crois pas aux politiques d'austérité. La contraction de la dépense nous conduit au chaos social et à la guerre. Le socialisme international s'est voué aux politiques d'austérité. Sans exception. C'est ce qu'ont fait Socrates au Portugal, Papandréou en Grèce, Zapatero en Espagne. Tous ont dû quitter le pouvoir. Pourtant, c'est ce que François Hollande propose aujourd'hui. Il a fait annoncer par Michel Sapin un plan de 50 milliards d'euros d'économies supplémentaires. Entendez tous les mots : supplémentaires. Ça veut dire que toutes celles déjà faites sont validées. Et qu'on en fera 50 milliards de plus. Si M. Fillon exige ces économies, que lui répondra- t-il ? Il a déjà dit oui et s'est mis ainsi dans une situation absolument inouïe. Comment voulez-vous que, comme homme de gauche, je fasse comme si je n'avais pas vu ça !

 

Si on vous suit, Hollande et Sarkozy c'est «bonnet blanc et blanc bonnet». Vous le dites, d'ailleurs,

lorsque vous déclarez au Journal du dimanche : «Nicolas Sarkozy est pour la rigueur et François

Hollande est pour «donner un sens à la rigueur». La rigueur ou la rigueur ? Quelle différence !» Vous les mettez dans le même sac, même si, du bout des lèvres, vous précisez que vous ne mettez pas un signe égal entre eux. On ne voit pas comment vous allez pouvoir appeler à voter Hollande au second tour de la présidentielle, si c'est lui qui doit affronter Nicolas Sarkozy... Vous ne choisirez pas entre la peste et le choléra !

 

J.-L.M. : Vous pourriez demander à François Hollande s'il se désistera pour moi si je suis au second tour ! Pourquoi ne le faites-vous pas ? Aujourd'hui, s'installe un chantage qui ne sert que les socialistes : le chantage au vote utile. Quiconque critique le candidat socialiste est un suppôt de la droite et de l'extrême droite. De l'autre côté, on fait comme s'il n'y avait qu'une seule politique

possible. François Hollande se déclare même élu d'avance, ce qui me paraît bien déraisonnable. Mais n'allez pas faire croire que je confonds pour autant le Parti socialiste avec la droite. Ce n'est pas ma position.

 

Ça mérite une clarification.

 

J.-L.M. : Sur des dizaines de sujets, dans la vie quotidienne, des milliers et des milliers de militants

socialistes combattent avec les militants du Front de gauche dans les syndicats, la cité et ailleurs.

Donc, à aucun moment, pour moi, il n'y a de confusion possible. Mais il y a l'exigence d'un débat

public. Je trouve incroyable que demander ce débat ou faire une critique soit considéré comme lèse majesté.

 

Vous avez du travail pour convaincre sur ce terrain, quand on voit que Robert Hue, l'ancien patron du PC, dénonce votre «dérive sectaire».

 

J.-L.M. : Le cas de Robert Hue est si pitoyable que je ne veux pas le commenter. Des milliers de

communistes sont malheureux en voyant Hue se transformer en bagage accompagné du PS. Sa voix ne compte pas.

 

Dans l'Humanité du 16 novembre, Pierre Laurent, le patron du PCF, en appelle «d'urgence à changer la manière de mener le débat à gauche». Il interpelle le PS, certes, mais il vous adresse aussi un message clair lorsqu'il déclare : «Au Front de gauche, nous n'avons qu'un adversaire : la droite», et il conclut qu'il faut éviter le «piège de la division». Vous êtes tombé dans ce piège ?

 

J.-L.M. : Mais pas du tout ! Cette situation de tension à l'intérieur de la gauche n'est pas que

française. Dans tous les pays du monde, ce débat a lieu dans des conditions qui ne sont guère

favorables au mouvement socialiste, raison pour laquelle il essaie de l'étouffer. Alors il est normal

qu'il y ait un certain acharnement à essayer de trouver une faille entre les communistes et leur

candidat. Mais cette faille n'existe pas. Toutes les phrases de Pierre Laurent que vous citez, je les reprends sans une nuance à mon compte. Car ce n'est pas de moi qu'il parle. Il parle de la violence avec laquelle j'ai été agressé et insulté par les socialistes. Quand les porte-parole socialistes me qualifient d'agent de la droite et de l'extrême droite, ils devraient savoir que ce n'est pas qu'à moi qu'ils s'adressent mais à des milliers et peut être des millions de gens qui se reconnaissent dans ma candidature. Donc, ils aggravent la division à gauche. Il n'y a pas le moindre doute sur le fait que nous ne nous trompons pas d'adversaire, mais j'observe que François Hollande me traite en adversaire avec une violence qui ne l'honore pas. Elle consiste à se donner des grands airs et à m'envoyer de véritables dobermans m'agresser.

Une chose est sûre : je ne suis pas d'accord pour participer à une tromperie qui consisterait à dire «l'étiquette vous garantit le contenu». Ça n'est pas vrai. Nous avons eu, à gauche, assez de déceptions dans le passé qui venaient de cette équivoque, pour ne pas recommencer. C'est mon devoir de dire la vérité. Après, le peuple souverain tranchera. Peut-être qu'il acceptera la logique de PMU qui est celle du vote utile. Peut-être qu'il choisira une méthode plus radicale. Mais je mets tout le monde en garde : on n'a jamais vécu une élection comme celle-ci. Et mon travail, face à cette échéance capitale, est de convaincre et d'entraîner. Qu'est-ce qu'on oppose à cette logique ?

De l'intelligence, de la raison ? Non : le silence dans les rangs et l'invective. Si vous partez de l'idée qu'ils vont être en tête de la gauche - ce qui n'est pas mon raisonnement -, demandez-leur

comment ils comptent faire pour rassembler la gauche après de telles bordées d'injures contre moi. On va me traîner derrière le char du vainqueur ? Et je devrais abjurer en place publique entouré de journalistes qui répéteront : «Regrettez-vous ?» On plaisante ! Ma vie politique n'est pas faite de ce genre de rapports.

 

Vous n'abjurez donc rien !

 

J.-L.M. : Je n'abjure rien du tout. Et je ne suis pas d'accord avec cette diabolisation à laquelle on

procède contre moi et contre tout le monde. Voilà le tour d'Eva Joly. Nous sommes priés de nous

taire et de faire la génuflexion. Il n'en est pas question. Notre époque est en train de basculer vers

une nouvelle tragédie. Mais il n'y a pas de fatalité. Comment s'en sortir ? On voit apparaître deux

cohérences. La première, la mienne, part de l'idée que le progrès est toujours à l'ordre du jour, que

le progrès social est la condition du progrès économique et non pas son résultat. L'autre cohérence, celle de François Hollande, consiste à dire que nous allons redresser les comptes publics par l'austérité. Moi, je pense redresser les comptes publics par la vie. Eux, par la mort. C'est une caricature, mais je soumets cette donnée à la réflexion de chacun : raisonnez, demandez-vous ce qui est bon pour le pays et la génération qui vient ? C'est ce défi de l'intelligence qu'il faut opposer au front de bœuf de la répétition, des mêmes refrains et des mêmes injures dont nous sommes accablés depuis 2005. Il y a des jours où elles me font mal, d'autres où elles glissent.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 16:50

Suivant l'exemple de l'appel de la coordination Front de Gauche de Quimper, le collectif Front de Gauche de Morlaix invite tous ceux qui se résignent pas  au renforcement de l'ultra-libéralisme autoritaire en Europe à se rassembler devant la sous-préfecture de Morlaix le samedi 10 décembre à 11h  à l'occasion du (triste) anniversaire des 20 ans du Traité de Maastricht qui coïncide avec un redoublement de l'aggressivité des gouvernements et des marchés contre les droits sociaux des peuples européens. L'austérité ne va faire qu'aggraver la crise paroxystique - économique, sociale, politique- que traverse l'Europe parce qu'on a donné les clefs du domaine aux financiers.

 

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Ceux qui souhaitent manifester pour une Europe de progrès social et de coopération ce samedi 10 décembre peuvent, avant de rejoindre la sous-préfecture à 11h (avec panneaux, banderoles, drapeaux, instruments de musiques, casseroles, et que sais-je encore?), se retrouver devant la mairie vers 10h30 afin de défiler ensemble vers le port et la sous-pref.   

 

bandeau Front De Gauche

 

En 1992, Robert Pelletier, un économiste du CNPF (devenu ensuite le MEDEF) déclarait avec beaucoup de sincérité les raisons de l'enthousiasme des milieux patronaux vis à vis du Traité de Maastricht: "Le souvenir des accords de Grenelle après 1968, celui de la politique désastreuse menée de 1981 à 1983 sont présents dans l'esprit des chefs d'entreprise. Pour eux, Maastricht ferme définitivement la porte à de tels débordements. Il interdit un laxisme de gauche et permet de faire supporter à la Banque centrale européenne et au Conseil européen la responsabilité d'une politique de rigueur".

Le chantre de l'ultra-libéralisme reaganien en France, Alain Madelin, déclarait quant à lui avec lucidité et semblable satisfaction: "le traité de Maastrcht agit comme une assurance-vie contre le retour à l'expérience socialiste pure et dure".  

Dans ce traité de Maastricht qui accompagnait la mise en place de la monnaie unique et d'un grand marché européen ouvert, aucun critère de convergence sur l'emploi, l'harmonisation par le haut des salaires et des fiscalités, n'était prévu. Seuls critères de convergence adoptés, ceux qui concernent la maîtrise du déficit et de la dette publics, la stabilité du taux de change, la lutte contre l'inflation.

 

Le traité de Maastricht limita ainsi la souveraineté des Etats de l'Union européenne (alors la CEE) en matière économique et sociale en leur défendant, sous peine de pénalités financières, toute politique keynésienne de relance par l'investissement public et le soutien à l'augmentation des salaires et de la protection sociale. Il sanctuarisait pour toute la zone européenne la rigueur budgétaire et le refus de l'inflation si défavorable aux rentiers et au capital, alors que la lutte contre le chômage aurait exigé de l'investissement public et un consentement à une certaine dose d'inflation. Il proscrivait aussi toute dévaluation pour favoriser les exportations et lutter contre la désindustrialisation.

 

Se devant d'éviter un déficit public "excessif", les Etats s'engageaient à ce que ce dernier ne dépasse pas annuellement 3% du PIB et à ce que la dette publique n'excède pas 60% du revenu national (aujourd'hui, notre déficit se situe à près de 7% du PIB et notre dette à 80% du revenu national, du fait de la violence de la crise financière et des politiques de moins disant-fiscal au service des plus riches). Cette gestion des Etats "en bons pères de famille" se doublait d'une mise sous surveillance de ces Etats par la commission et les marchés financiers.  

 

Alors que certains promettaient - pour faire avaler la pilule des renoncements à une portion de notre souveraineté nationale et démocratique- l'avènement de l'Europe sociale à l'horizon de l'union monétaire et économique de Maastricht, et plus immédiatement encore un avenir de prospérité et de sortie de crise ("la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité", disait Rocard; "ce sera plus d'emplois, plus de protection sociale et moins d'exclusion" disait Martine Aubry; "on rira beaucoup plus" déclarait sans honte le tonitruant Bernard Kouchner), le traité de Maastricht a sans doute été au contraire responsable du maintien d'un niveau de chômage, de précarité, et d'inégalités très important en Europe.

 

Ses dispositions ont encore été aggravées par le Pacte de Stabilité et de Croissance de 1997 prévoyant de renforcer les contrôles de vertu libérale des gouvernements de la zone euro et de de distribuer des sanctions financières en cas de dérapages budgétaires.   

 

Nous constatons que l'Europe a été lancée sur de biens mauvais rails qui expliquent les convulsions dans lesquelles elle se débat aujourd'hui. 

 

En sacralisant les principes du libéralisme avec une BCE et une Commission gardiennes des intérêts du capital, la défense faite aux Etats de se financer auprès des banques centrales, de protéger leurs emplois contre les délocalisations et les licenciements boursiers, de promouvoir des services publics et une protection sociale de qualité, cette construction politique de l'Europe qui a permis pendant deux décennies aux gouvernements de légitimer des politiques de droite au nom de la discipline européenne et du grand dessein de l'union continentale, a joué un grand rôle dans l'aggravation de la domination de la finance sur les sociétés et de l'endettement public.

 

Aujourd'hui, alors que ces recettes utilisées depuis plus de 25 ans en Europe ont montré toute leur nocivité, on veut nous faire croire que la seule manière de sauver les Etats, l'euro et l'Europe, est d'élever de plusieurs crans le niveau des sacrifices sociaux demandés aux peuples alors que jamais autant de richesse n'a été produite au sein de l'Europe et ni la productivité du travail été aussi forte.  

 

Pire encore, l'harmonisation des politiques économiques européennes selon des orientations néo-libérales se fait désormais en bafouant les droits démocratiques les plus élementaires.

 

Nous ne sommes pas partisans de la fin de la monnaie unique qui livrerait davantage encore les Etats à l'exaspération des concurrences entre capitalismes nationaux et à la spéculation contre des monnaies fragilisées, ni pour une sortie de l'Europe et le retour aux individualismes nationaux au nom d'on ne sait quel chauvinisme. L'Europe et l'euro sont désormais notre bien commun qu'il faut défendre contre ceux qui les fragilisent en appliquant de manière dogmatique et plus stricte encore ces mêmes recettes qui nous ont plongé dans la crise du capitalisme financier en 2007-2008.

 

Nous sommes pour plus de coopération et de solidarité entre peuples européens dans le respect de leurs traditions sociales et démocratiques et de la souveraineté populaire en général. Aussi, nous considérons comme inadmissibles cet autoritarisme libéral porté actuellement par la France et l'Allemagne, cette généralisation d'une austérité qui va contracter l'activité économique et dégrader les conditions d'existence des  européens, cette mise en place sans élections de gouvernements dirigés par des technocrates venus de la finance, ce refus d'envisager une consultation des peuples par référendum.

 

Depuis 2005 et le piétinement des votes français, hollandais, irlandais contre le projet de Traité constitutionnel européen, suivi du refus généralisé de faire ratifier le Traité de Lisbonne par référendum, il est devenu évident que le renforcement de l'intégration européenne selon le modèle libéral se construit contre les démocraties, contre les souverainetés populaires.     

 

Une autre Europe est possible, celle des peuples et non celle des milieux d'affaires.     

 

     

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 18:21

Oyez, camarades.

 

Notre compagnon de lutte Patrick Le Nan alimente depuis 15 jours une page Facebook du Front de Gauche Morlaix qui est déjà riche dans le but de propager nos idées, d'alerter sur les actions du collectif Front de Gauche et sur l'actualité nationale, départementale et locale de la campagne présidentielle et législative du Front de Gauche, de nous signaler des articles instructifs, des vidéos à voir, des sîtes internet ou des pages de blog qui peuvent nourrir notre réflexion.

 

Il y a là un outil de communication très intéressant dont nous pouvons nous saisir en lui envoyant pourquoi pas des liens vers des documents intéressants ou des articles. Ceux qui en ont déjà l'usage pour discuter avec leurs amis et qui n'ont pas peur de ce Big Brother de la transparence libre et non faussée qu'est le réseau social Facebook peuvent aussi devenir amis du Front de Gauche Morlaix pour étendre son audience et accéder plus facilement aux informations très intéressantes que Patrick met sur le mur.

 

Front De Gauche Morlaix 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 08:34

Le Mouvement de la Paix de Morlaix-Plougasnou a organisé hier soir à la salle Gallouedec de Saint-Martin des Champs, samedi 4 décembre, une conférence-débat sur l'explosion des dépenses d'armement dans le monde, la prolifération du nucléaire militaire, et la responsabilité des puissances occidentales dans le développement des conflits dans les pays du sud. La conférence-débat prenait appui sur un powerpoint et des vidéos commentés par Roland Nivet, vice-président du Mouvement de la paix, et se terminait pas un buffet convivial.

 

Ayant des obligations ailleurs, je n'ai pas pu rester jusqu'au bout de la réunion, mais je veux tout de même faire part de son intérêt extrême et des éléments d'information peu connus que j'en ai retiré et qui méritent d'être portés à l'attention du public comme point de départ d'un grand débat qui mérite d'être mené très largement dans le pays, tant les enjeux en termes de sécurité, de développement, de relations équitables nord-sud, sont importants.

 

En 2010, les dépenses militaires dans le monde représentaient 1650 milliards de dollars: elles sont deux fois plus importante qu'au début du siècle, alors que se préparait la première guerre mondiale. 10% à peine de cette somme suffirait à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement et à réduire par conséquent de moitié la pauvreté dans le monde! Depuis 2001 et les attentats du World Trade Center, la stratégie impérialiste américaine de croisade contre l'islamisme et les ennemis de la domination occidentale a eu pour conséquence une augmentation considérable de ces dépenses militaires. En 2002, 850 milliards de dollars étaient consacrés dans le monde aux budgets militaires: ce chiffre est presque deux fois plus élevé aujourd'hui. Les guerres en Irak, en Afganisthan, en Libye sont passées par là.

 

Ce sont les Etats-Unis qui dépensent le plus pour leur armée et leur armement (2100 dollars par habitant et par an) mais la France est malheureusement en troisième position (1026 dollars par habitant et par an). Les cinq pays membres du Conseil de Sécurité (Etats-Unis, GB, France, Russie, Chine) dépensent à eux seuls 956 milliards de dollars pour leur défense et leur armement, ce qui leur assure les moyens de consolider leur domination. L'ensemble des pays industrialisés dépense 2,5% à 3% de ses richesses (PIB) pour les dépenses d'armement.

 

En France, le budget de la défense était en 2011 de 40,5 milliards d'euros. Cela représente 18% du budget de l'Etat, à comparer au 0,7% consacré par exemple au budget de la culture... Cela en dit long sur les priorités des responsables politiques.

 

N'allons pas croire cependant que les impératifs de sécurité, de défense et d'indépendance nationale soient les seules motivations de ce budget militaire en hausse de 6% cette année et qui représente le deuxième poste budgétaire de l'Etat (1/ 5 de nos impôts y passe). Il y a aussi, c'est certain, le désir de permettre à des groupes de marchands d'armes qui ont grandi en têtant le sein de la République tout en rendant des services aux hommes politiques, d'obtenir des marchés auprès de l'Etat pour développer des nouvelles technologies d'administration de la mort qu'ils vendront ensuite à l'étranger, y compris dans des régions instables, à des Etats dictatoriaux... Il est complètement faux de dire que les dépenses d'armement contribuent à notre sécurité collective.  La guerre en Libye (25000 morts au moins), dirigée contre d'anciens bons clients de notre industrie d'armement mais d'où l'on escompte tirer l'importation à bas coût de 25% du pétrole libyen, a déjà engendré un surcoût de 1,5 milliard par rapport au budget militaire prévu.  

 

20% du budget militaire français est consacré à l'armement nucléaire... et 95% des armes nucléaires se trouveraient sur l'île longue à Brest.  

Un plan de 25 milliards a déjà été mis en place pour équiper notre marine de missiles nucléaires M51: or, dans les 25 dernières années, nous avons déjà dépensé énormement d'argent pour remplacer les sous-marins lanceurs d'engins par des sous-marins lanceurs d'engins de nouvelle génération (non détectables, d'où des collusions possibles, comme cela c'est produit il y a quelques années)  équipés de missiles M 45... Le nucléaire militaire, c'est non seulement ultra-dangeureux- l'équilibre de la terreur n'ayant rien d'éternel et toute arme- même dite de dissuasion- étant faite pour servir un jour- car les régimes démocratiques reposent sur des bases bien précaires et ne sont pas d'ailleurs forcément raisonnables (cf. les Etats-Unis de Bush).... C'est non seulement immoral, du fait de l'importance des victimes innocentes et de la menace de mort sur l'humanité toute entière que produisent les armes atomiques. Mais c'est de plus une option extrêmement coûteuse qui nuit au développement social , aux dépenses de santé, d'éducation, de services publics, de protection sociale...  Aujourd'hui, il y a plusieurs pays qui ont renoncé à l'arme nucléaire alors qu'ils avaient les moyens technologiques de la produire (Afrique du Sud, Argentine, Libye...): il est possible d'en sortir.

 

En Bretagne, nous sommes particulièrement concernés par la prolifération nucléaire avec la base aérienne de Landivisiau et l'île longue: comme l'affirme avec force Roland Nivet, il faut exiger le gel du programme M 51 (aujourd'hui, un seul sous-marin est équipé), premier pas vers une Bretagne dénucléarisée. Cet objectif politique demande a être débattu, défendu publiquement par les candidats aux élections et les responsables politiques, d'autant que la région de Brest a toujours été tournée vers la navale, que beaucoup d'emplois dans des technologies de pointe (électronique) sont liés à la présence des bases militaires et de la Direction Générale de l'Armement... Pour autant, tous ces emplois ne seraient pas supprimés en cas de sortie progressive du nucléaire militaire: des plans de reconversion industrielle sont sur la table des entreprises et des syndicalistes.     

 

En 2005-2009, les ventes d'armes dans le monde ont été supérieures de 22% par rapport à la période 2000-2004. La France vend 760 millions d'euros d'armes dans les pays en voie de développement. Avec les résultats que l'on sait en Afrique et dans le monde arabe. N'oublions, comme le rappelle Roland Nivet, qu'il y a deux ans, pour conclure de juteux contrats d'armement, ces mêmes militaires syriens qui massacrent leur peuple en révolte défilaient sur les Champs Elysées à Paris le 14 juillet...     

 

Ismaël Dupont.  

 

 

 

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 14:42

C'est désormais officiel puisque les candidats aux législatives ont été présentés à la presse au pub Ceilli à Quimper ce samedi 3 décembre,  les porte-voix de la dynamique collective et unitaire du Front de Gauche dans le Finistère seront:

 

- dans la 1ere circonscription (Quimper, Fouesnant): André Bernard ( conseiller municipal d'opposition à Fouesnant, ancien proviseur, militant du PCF).

- dans la 2ème circonscription (Brest ville): Jacqueline Héré (élue communiste à la ville de Brest, maire adjointe de Bellevue, vice-présidente de Brest-Métropole)

- dans la 3ème circonscription (Brest rural): Bertrand Seys (enseignant chercheur rattaché à France Télécom, membre du Parti de Gauche).

- dans la 4ème circonscription (Morlaix): Ismaël Dupont (32 ans, documentaliste, membre du PCF) et Marie Huon (22 ans, assistante d'éducation, sans étiquette politique mais ancienne militante du syndicat étudiant SUD).

- dans la 5ème circonscription (Landerneau) : Isabelle Mazelin (professeure en collège à Landivisiau, élue au Relecq Kerhuon).

-dans la 6ème circonscription (Carhaix, Chateaulin) : Noëlle Péoc'h (militante syndicale et associative).

-dans la 7ème circonscription (Douarnenez- Pont l'Abbé): Françoise Pencalet-Kerivel (militante associative apparentée à aucun parti mais active dans la mouvance anti-libérale) et Jean-Yves Leven (communiste, ancien responsable départemental de la diffusion de l'Humanité)

-dans la 8ème circonscription (Concarneau-Quimperlé): Eric Le Bour (secrétaire départemental du PCF élu à Rosporden) et Christine Obin ( élue communiste à Moelan sur Mer)   

 

 

En annexe: Article du Télégramme (pris sur le blog): on peut regretter que le journal ne signale pas le nom des suppléants présents à la réunion: Marie Huon et Christine Obin. 

 

Législatives. Les candidats du Front de gauche dans le Finistère

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Le Front de gauche, qui rassemble, dans le Finistère, le Parti de gauche, la Gauche unitaire, la Fédération pour une alternative sociale et écologique et le Parti communiste français, a présenté, samedi à Quimper, ses candidats aux élections législatives de juin2012. Avec leur candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, ils appellent à dire «stop à l'austérité». «L'austérité n'est pas la solution car elle aggrave les difficultés des milieux populaires et des classes moyennes», soutiennent ceux qui entendent se rassembler sur «de vraies solutions à la crise et un autre choix de société». Ils invitent ainsi à investir le débat pour remettre l'homme au coeur de la société et vont, dans ce but, mettre en place des assemblées citoyennes.

Huit candidats

1re circonscription: André Bernard, 68 ans, proviseur à la retraite, conseiller municipal de Fouesnant; 2e circonscription: Jacqueline Héré, 58 ans, adjointe du quartier Bellevue, à Brest, et vice-présidente de BMO; 3e circonscription: Bertrand Seys, 55 ans, enseignant-chercheur à Télécom-Bretagne; 4e circonscription: Ismaël Dupont, 31 ans, documentaliste au lycée Tristan-Corbière, à Morlaix; 5e circonscription: Isabelle Mazelin, 47 ans, professeur de collège, adjointe au maire du Relecq-Kerhuon; 6e circonscription: Noëlle Péoc'h, 59 ans, retraitée de l'Éducation nationale; 7ecirconscription: Françoise Pencalet-Kérivel, 44 ans, enseignante, Douarnenez; 8e circonscription: Eric le Bour, 43 ans, adjoint au maire de Rosporden-Kernével, secrétaire départemental du PCF.

 

 

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 14:32

Le samedi 10 décembre à 10h, la coordination Front de Gauche du pays de Quimper et le candidat du Front de Gauche aux législatives, André Bernard, appellent les militants de la gauche de transformation sociale à se rassembler devant la préfecture de Quimper à 10h pour dire non à cette Europe de la concurrence libre et faussée au service de la finance dont nous avons hérité grâce au traité de Maastricht.  Il y aura une prise de parole du Front de Gauche lors de ce rassemblement et une vente du Programme Partagé autour des Halles de Quimper est prévue ensuite.

 

Le traité de MAASTRICHT a 20 ans

 

NON à l'austérité !

Nous refusons de payer pour leur crise !

 

MAASTRICHT, il y a 20 ans, puis LISBONNE; deux traités qui ont conduit l'Union Européenne dans un carcan d'abord, dans une impasse, ensuite.

 

Aujourd'hui, l' Europe est dominée par la Finance, soumise à la logique du Marché qui détruit l'emploi et les services publics, fait reculer les droits sociaux et la Démocratie. Pour les milieux d'affaires, l'enjeu est- au nom de la compétitivité- le nivellement par le bas, la régression sociale, les injustices et un appauvrissement général.

 

Le recul de la Démocratie s'illustre par l'arrivée au pouvoir dans de nombreux pays de mandataires non-élus et tous issus du même sérail de laCommission européenne ou de la BCE; au service du capital financier international. Les forces de l'Argent, portées par les banques privées, les fonds d'investissement, les grandes compagnies d'assurance ont toute liberté d'agir, grâce à la complaisance des pouvoirs en place.

 

L'austérité de Gauche est aussi douloureuse que l'austérité de Droite et nous ne saurions davantage l'accepter !

 

La sortie de la crise exige une rupture irréversible avec le libéralisme; un partage équitable des richesses; une nouvelle manière de produire et de consommer, basée sur la Démocratie sociale et politique.

 

A l'opposé de la concurrence destructrice des droits sociaux et de l'environnement, elle doit se fonder sur de nouvelles coopérations entre les individus et les nations; une authentique solidarité avec les Pays du Sud et tous ceux qui- sans exclusive- veulent s'émanciper de la tutelle des marchés financiers.

 

 

Motion adoptée le 10 Décembre, à l'initiative du Front de Gauche (du pays bigouden), de ses partenaires et amis.

 

 

 

bandeau Front De Gauche

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 20:39

578Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Christian Picquet 580

 

Joël Gallay, secrétaire départemental du Morbihan

Une syndicaliste CGT de Tilly à Guerlesquin, Corinne Nicol

 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 06:36

"Répéter que la dépendance coûte trop cher à la société finira pas coûter cher à la société", c'était le message d'une campagne de la Mutualité Française diffusée quelques mois dans les médias. En 2010, les dépenses consacrées à la dépendance en France ont été de 34 milliards d'euros (10 fois moins que les dépenses liées au versement des retraites). Environ 70% sont pris en charge, selon le magazine Alternatives Economiques (n°306- octobre 2011), par les dépenses publiques, essentiellement via l'assurance maladie et l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). Le reste étant à la charge des familles concerne essentiellement l'hébergement. Les plus de 80 ans sont 3 millions aujourd'hui (5% de la population), ils devraient être 5,8 millions en 2035.  Il y a aujourd'hui un manque important de développement des réseaux de services à domicile: les trois quarts des personnes dépendantes sont soutenues par des aidants familiaux, la plupart du temps des femmes membres de la famille, et celles-ci, écrit Claire Alet dans l'article d'Alternatives Economiques précédemment cité, "sans formation et en manque de relais, s'épuisent trop souvent à la tâche et se retrouvent dans des situations de burn out, un syndrome d'épuisement. On estime même que 30% des aidants meurent avant les aidés".  Seulement, le secteur du service à domicile, constitué d'associations de petites tailles, est en grande difficulté financière et licencie à tour de bras, en témoigne les difficultés de l'ADMR Finistère: 10000 emplois auraient été supprimés déjà depuis début 2011 alors que les besoins augmentent. "Quant aux maisons de retraite, rappelle l'article d'Alternatives Economiques, et notamment aux étabilissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), elles demeurent très difficiles d'accès pour les classes moyennes modestes. En effet, le "reste à charge" s'élève en moyenne à 1617 euros par mois, alors que le montant moyen d'une retraite est de 1200 euros. Diminuer ce reste à charge devrait être une priorité, mais on peut difficilement le demander aux départements dans la situation actuelle, puisqu'ils sont asphyxiés financièrement. Au 31 décembre 2010, il y avait 1,2 millions de bénéficiaires de l'APA contre 765000 en 2003, et les recettes des départements, indexées sur des compensations de l'Etat liés aux transferts de charge indexés sur les besoins de l'époque, n'ont pas évolué autant à la hausse. L'Etat s'était engagé à participer au coût de cette allocation d'autonomie à la hauteur de 50% en 2002: or, la part qu'il prend dans le financement de l'APA n'est que de 28% aujourd'hui. Résultat: des personnes âgées très dépendantes voient leur nombre d'heures d'aides à domicile financées par l'APA se réduire de manière inquiétante.  Le manque de place en maisons de retraite, et le manque de maisons de retraites associatives ou publiques accessibles au grand nombre, car sans but lucratif, est également une réalité. Sarkozy avait promis un grand plan de refinancement du secteur de l'aide à l'autonomie qui passait chez lui par une nouvelle atteinte au régime solidaire de Sécurité Sociale par la création d'un cinquième risque (le risque dépendance) ouvrant la voie à un financement par l'assurantiel privé. La crise financière et les plans de rigueur sont passés par là et les vieux devront une nouvelle fois se contenter de bonnes intentions... pas toujours désintéressées.  

 

 

Voici l'intervention d'Alain David au premier débat du dimanche 27 novembre qui a réuni plus de cent personnes  sur l'autonomie et la sécurité sociale- à La Fête de L'Humanité Bretagne de Lanester. Un atelier régional du Front de Gauche va être créé pour réfléchir à la question du financement et des modalités de l'aide à l'autonomie pour bâtir une société de tous les âges réellement solidaire.

Nous avons également prévu, grâce en partie à l'efficace travail de sensibilisation de Jean Dréan,  d'organiser cet hiver une réunion publique thématique sur la question de l'aide à l'autonomie. Cette conférence-débat aurait lieu à Plouigneau entre janvier et mars.

 

 
Participaient, outre Alain David (ancien adjoint au maire de Morlaix) au débat de la Fête de l'Humanité Bretagne à Lanester: Viviane Krynicki, directrice de la Mutuelle familiale de France à Lorient, Françoise Jaffre, syndicaliste CGT à la Maison de retraite de Port-Louis, et Christiane Caro, membre de la Commission Nationale Santé du PCF.
Viviane Krynicki a rappelé les bases de notre système de protection sociale, un des meilleurs au monde, et qui n'a malheureusement plus rien à voir à ce qu'il était en 1945, grâce à l'activisme de syndicalistes et d'homme politiques tel qu'Ambroise Croizat. Le patronat a tout fait pour vider la sécurité sociale de sa charge émancipatrice. La part de cotisation patronale a été baissée de 10% dans le système général. Dans la France de 2011, le chômage et l'exclusion sociale, l'augmentation du nombre de retraités et les évolutions de la pyramide des âges, l'entrée plus tardive de la jeunesse dans le monde du travail, mettent en difficulté les caisses de protection sociale. Pourtant aujourd'hui encore, 30% du PIB est redistribué au citoyen sous forme de prestations diverses. C'est autant d'argent qui échappe au capital et aux circuits financiers, et c'est ça le problème. Pourtant, c'est grâce à ces prestations sociales que la France a moins souffert de la crise du capitalisme financier en 2008. Si l'assurance maladie a des comptes en déséquilibre, c'est aussi parce qu'elle sert de vache à lait de l'industrie pharmaceutique, parce qu'on baisse les cotisations sociales au nom de la lutte contre le chômage en décidant de faire payer directement les salariés. aujourd'hui, on assiste à une véritable marchandisation de la santé, une privatisation rampante de la sécurité sociale qui passe par la prise en charge directe par les salariés de leur santé (franchises médicales, dépassements d'honoraires). La réforme de la dépendance promue par Sarkozy, la filialisation de la Sécurité Sociale par la création d'un cinquième risque, vise à amoindrir le financement solidaire au profit d'une ouverture à l'assurantiel privé. Pourtant, une répartition plus juste des richesses publiques permettrair de rééquilibrer les comptes sociaux et d'éviter une marchandisation de la santé.  

 

Intervention d'Alain David:

 

Perte d’autonomie Lanester le 27.11.11

 

 

 

J’ai été élu communiste pendant 31 ans à Morlaix dont 25 ans comme adjoint. C’est à ce titre, bien que n’étant pas spécialiste, que j’ai répondu favorablement à la demande de Christiane de participer avec vous à la réflexion nécessaire sur la question de la perte d’autonomie.

 

J’ai aussi dans ma section un camarade (Jean Dréan que certains connaissent peut être) qui n’a de cesse d’attirer l’attention tous azimuts sur la nécessité de construire un droit universel : le bien vieillir partout et pour tous. Sur le fait aussi que cela est insuffisamment pris en compte par le mouvement syndical et politique. Non pas sur le papier mais dans l’action.

 

A ce sujet, dans les médias, il y a deux formules qui reviennent fréquemment et qui ont le don de m’horripiler :

 

1 – les problèmes du vieillissement. Sous-entendu les problèmes de financement : comme si ce n’était qu’un coût, comme si l’allongement de la vie n’était pas d’abord un immense progrès, malheureusement encore trop mal partagé sur la planète. Comme si ce n’était pas aussi un formidable enrichissement pour la société Comme si le rôle de la société n’était pas justement de faire en sorte que chacun et chacune vive dignement jusqu’à la fin de ses jours

 

2 – l’or gris : cette formule, souvent reprise par les magazines, montre clairement comment, dans le système capitaliste, tout, y compris la personne humaine, y compris ses souffrances devient moyen de profit. A condition bien sûr de ne prendre en compte que ceux qui peuvent payer.

 

La perte d’autonomie c’est un état de santé qui évolue et qui est la résultante de plusieurs causes physiques, psychologiques, intellectuelles mais aussi matérielles, sociales, familiales…

 

Elle peut être totale ou partielle. Elle survient le plus souvent progressivement et recouvre, pour schématiser, 3 situations distinctes : le grand âge, le handicap et l’invalidité ( 2 600 000 personnes )

Il est donc illusoire de penser qu’il y a une seule réponse. Cela dépend évidemment de la gravité de l’état de la personne concernée, de son évolution prévisible, s’il y a un conjoint autonome ou pas, s’il y a un entourage familial ou pas …

 

Mais il y a UNE responsabilité globale de la société : permettre à chacun de vivre dignement jusqu’à la fin de ses jours, quelle que soit sa situation sociale ou familiale. En prenant en compte la situation actuelle (en particulier l’éclatement familial) et les évolutions prévisibles en particulier le fait que le nombre de personnes de + de 75 ans va doubler dans les prochaines décennies.

 

L’incurie de l’état nourrit la finance

 

C’est déjà un véritable magot pour les assurances privées. Ces dernières années la différence entre les cotisations au titre de la dépendance et les rentes versées aux assurés dépassait 275 millions d’euros par an soit un gain de + de 70 % pour les assurances. Mais ils veulent aller encore plus loin.

 

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C’est aussi l’explosion des établissements privés qui bénéficient, si on peut dire, de l’insuffisance criante de l’offre publique .L’année dernière le président du conseil général du Finistère reconnaissait à Plouigneau qu’il manquait 2000 places en maison de retraite et structure adaptée dans le département… et qu’il en serait créées 70 dans l’année. A ce rythme-là, il faudrait presque 30 ans pour répondre aux besoins actuels.

 

Comme c’est un sujet sensible Nicolas Sarkozy a courageusement décidé de reporter les décisions après la Présidentielle.

 

Raison de plus pour poser la question et mener le débat dès maintenant dans tout le pays.

 

Tout d’abord pour refuser que cela devienne encore plus un véritable pactole pour les capitaux privés.

 

Ensuite refuser les fausses solutions, le 5ème risque par exemple (comme si la perte d’autonomie n’était pas d’abord un problème de santé), qui constituerait un nouveau découpage de la SS et donc ouvrirait encore davantage la voie aux capitaux privés.

 

Au contraire, nous affirmons l’universalité de l’assurance maladie, nous voulons la renforcer et y intégrer complètement la réponse aux besoins de la perte d’autonomie.

 

Le programme du Front de Gauche dont le titre « L’humain d’abord » montre bien les priorités que nous voulons mettre en œuvre indique page 24, je cite : « les réponses au manque d’autonomie seront prises en charge par la Sécurité Sociale à 100 % pour la partie « soins » et par le développement des services publics ».

De nombreuses personnes nous ont fait remarquer que, pour une question de cette importance, 3 lignes c’était un peu juste. Je crois qu’elles ont raison.

 

Mais nous ne partons pas de rien.

 

Nous avons des propositions de longue date que nous mettons en débat. Les organisations syndicales et les associations aussi. Sans entrer dans le détail nous considérons qu’une véritable politique publique doit comporter et articuler prévention, dépistage et prise en charge solidaire. C'est-à-dire instaurer un droit universel de compensation de la perte d’autonomie

 

  • La prévention passe par le développement de l’activité physique et intellectuelle, l’intégration sociale, l’alimentation, …et le remboursement à 100 % des dépenses de santé (notamment les prothèses dentaires, auditives et les lunettes) ce qui évitera les absences de soins … que l’on paie cher par la suite.

  • Il s’agit aussi de prendre en compte les conditions d’emploi, la recherche médicale, l’urbanisme, les transports…

  • Il s’agit de développer considérablement les équipements tant au domicile (où le maintien des personnes doit être privilégié.) que dans les institutions. De développer l’éventail des formules d’accueil, l’accès aux services spécialisés médicaux. Il s’agit surtout de mettre en œuvre un ambitieux plan de formation pour tous les personnels à tous les niveaux et dans tous les secteurs. 

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Nous proposons au niveau départemental un pôle public de l’autonomie qui s’appuie sur le développement des services publics existants ou à créer. Il prendra en compte non seulement les aides (repas, toilette, mobilité…) mais aussi les équipements et l’aménagement des logements, les transports…

 

Cette coordination départementale doit permettre une simplification des démarches et une meilleure efficacité du service rendu.

 

Afin de garantir une maîtrise, une cohérence nationale et une égalité sur le territoire, nous proposons une structuration nationale des pôles publics départementaux.

 

Ces propositions se placent évidemment dans un cadre nouveau de développement de la démocratie et d’une répartition nouvelle des richesses produites qui assure, entre autres, le financement de la sécurité sociale ce qui permet d’éviter les mesures envisagées par le gouvernement comme l’assurance obligatoire, le second jour de travail gratuit ou l’augmentation de la CSG pour les retraités. Nous sommes aussi opposés au recours sur succession car, comme l’assurance individuelle c’est un moyen de contourner la solidarité nationale.

 

 

Pour nous, l’HUMAIN D’ABORD, ce ne sont pas que des mots.

 

Alain DAVID

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 06:17

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Lundi 12 décembre 2011 – 18 h 

Réunion du Collectif «Front de gauche du Pays de Morlaix»

Local PCF, 2 Petite Rue Callac MORLAIX (derrière le bar Corto Maltesse)


Bonjour à tous,


Le 13 Octobre dernier, un collectif citoyen du Front de Gauche s’est créé sur le Pays de Morlaix. Les 32 personnes de la première réunion sont aujourd’hui 50.

Ensemble, nous avons décidé de faire grandir l'exigence d'un vrai changement à gauche.

 

Ils disent «les banques d’abord»…Les dirigeants actuels de l’Union européenne, qu'ils soient de droite ou sociaux-démocrates, pensent qu’il faut avant toute chose «rassurer les marchés», satisfaire les banques et les agences de notation. Le résultat ? Les plans d’austérité se multiplient car à chaque fois que l’activité est étranglée, les déficits augmentent et la finance impose un nouveau tour de vis.

 

… nous disons «le peuple d’abord» Le Front de Gauche pense lui que pour sortir de la crise, il faut d’abord protéger les peuples. L’intérêt général doit s’imposer aux banques. La spéculation doit être brisée et la finance remise à sa place. Notre programme «l’Humain d’abord» permet de régler cette crise en partageant les richesses, en rétablissant le pouvoir des États face aux banques, en désobéissant aux dispositions destructrices des traités européens, en engageant une planification écologique, en renversant l’oligarchie grâce à une Sixième République rédigée par une Assemblée Constituante.

Notre collectif s’est lancé dans de nombreuses activités :

 

°    Distributions – ventes de programmes partagés et distributions de tracts du Front de Gauche dans les marchés du Pays de Morlaix et devant des entreprises [Morlaix : Sermeta / Saint Thégonnec : Géminox]

°    Distributions de tracts lors de manifestations [manifestation interprofessionnelle du 11 octobre / Manifestation des retraités le 6 Octobre]

°    Réunions publiques [Samedi 29 Octobre : réunion sur le programme du Front de Gauche avec Marie – George BUFFET / Lundi 21 novembre : réunion sur la crise animée par Yves DIMICOLI].

°    Soutien aux travailleurs en grève comme ceux de la Poste.

°    Communiqués de presse

°    Création d'une page facebook « Front De Gauche Morlaix »

°    Déplacement en covoiturage à Brest. Réunion publique avec Jean-luc Mélenchon.

°    Déplacement en car à la fête de l'humanité Bretagne, à Lorient.

 

Ismaël DUPONT (PCF) et Marie HUON (Citoyenne engagée) sont nos candidats Front De Gauche aux législatives.

 

 Rejoignez-nous ce lundi 12 décembre

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 19:39

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