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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 06:58

Face au déferlement réactionnaire, à l’agitation de la droite, aux reculades gouvernementales, la gauche n’a plus le temps d’attendre, nous dit Pierre Laurent, secrétaire national, dans cet entretien exclusif pour CommunisteS.

Elle doit se ressaisir et reconstruire une réponse alternative de gauche, une réponse solidaire à la crise actuelle.

 

CommunisteS : COMMENT EXPLIQUER L A MOBILISATION DES FORCES RÉACTIONNAIRES ?

 

PIERRE LAURENT :

Nous assistons à l'amplification d'une offensive convergente du Medef et de toutes les forces de droite et d'extrême droite pour mettre à bas l'ensemble de notre modèle social et républicain. Ces forces se sentent pousser des ailes pour trois raisons. La précarisation très profonde de la société, provoquée par la crise et leurs réponses capitalistes à cette crise, déstabilisent les consciences. Le pays doute des principes d'égalité et de développement social solidaire, ou en tout cas de la possibilité de les développer. Les forces réactionnaires pensent pouvoir s'engouffrer dans la brèche et engranger tous les reculs possibles. Deuxièmement, ces forces se sont totalement décomplexées à la faveur des années Sarkozy et de la banalisation orchestrée du Front national depuis l'élection de Marine Le Pen. Des passerelles idéologiques nouvelles se sont mises en place. Les manifestations réactionnaires fédèrent désormais des courants très divers. Enfin, cette offensive, avec cette ampleur et cette agressivité, ne serait pas possible si elle ne pouvait compter sur la totale démission de François Hollande et de ceux qui l'entourent au gouvernement face aux forces de la finance et aux forces libérales européennes. Les renoncements gouvernementaux légitiment idéologiquement les thèmes de droite, découragent, démobilisent et divisent les forces démocratiques et sociales qui devraient faire face ensemble à cette offensive d'ultra-droite. Les forces de droite et d'extrême droite tentent de profiter de cette situation pour enfoncer durablement le clou en exploitant les angoisses que ce sentiment d'abandon génère dans le monde du travail. Elles cherchent aussi à récupérer la critique du système en se parant pour une part du label « anti-système ». En vérité, elles constituent son meilleur allié, car toutes ces forces ont un point commun : exonérer la finance et le capital de leurs responsabilités dans la crise pour, sans cesse, avancer des explications qui divisent et opposent les Français entre eux, les peuples européens entre eux, les exploités du monde entier entre eux. Or, il n'y aura de sortie de crise qu'en rassemblant tous les exploités face à la poignée de privilégiés qui tirent profit de cette crise. Ceux qui se prétendent « hors système » et détournent le plus grand nombre de la mise en cause des responsabilités du capital, divisent le pays au lieu de l'unir. Ils préparent, si on les laisse faire, une domination durable du capital à la faveur de la crise politique actuelle. C'est une offensive profonde et dangereuse à laquelle on ne pourra répondre au fond qu'en reconstruisant le rassemblement populaire autour de réponses solidaires à la crise actuelle, des réponses alternatives authentiquement de gauche.

 

CommunisteS : LES CHOIX GOUVERNEMENTAUX, NOTAMMENT LE PACTE PASSÉ AVEC LE MEDEF, NE REND-IL PAS CELA IMPOSSIBLE ?

 

PIERRE LAURENT :

Cela rend la situation plus difficile, c'est certain. Car il n'y a pas de bon compromis possible entre le pacte de responsabilité et une vraie politique de gauche. La rupture avec ce choix est nécessaire pour reprendre le chemin d'une politique de gauche. Mais ce défi nous devons et pouvons le relever. Les forces existent. A nous de contribuer à leur mise en mouvement. C'est la question que se posent des millions d'électeurs, de travailleurs de gauche dans le pays en ce moment : Comment réagir ? Comment dire non à Hollande sans servir la droite ? Je leur dis clairement : en ouvrant une voie totalement nouvelle qui s'émancipe vraiment des dogmes libéraux d'austérité et de baisse du coût du travail.

 

CommunisteS : C'EST CE QUE TU ES ALLÉ DIRE JEUDI DEVANT LE CLUB GAUCHE AVENIR, QUI T'AVAIT INVITÉ ?

 

PIERRE LAURENT :

Absolument. J'ai répondu avec plaisir à l'invitation de Gauche avenir. Et j'ai dit crûment la vérité de la situation : les choix gouvernementaux sont maintenant clairement assumés et ils mènent la France et la gauche dans le mur. Il ne s'agit plus d'attendre de l'Elysée un changement de cap qui ne viendra pas. François Hollande semble même décidé à terme à pousser les feux d'une recomposition politique pour soutenir ces choix. Cette situation pose une question à toutes les femmes, à tous les hommes de gauche, à tous les socialistes. Le ressaisissement, le sursaut face à cette politique sont maintenant incontournables. Nous avons besoin que des voix diverses, venant de toutes les familles de la gauche, s'expriment avec force pour refuser le cap annoncé par François Hollande et pour construire un rassemblement qui porte d'autres choix politiques et une alternative à cette politique d'austérité, une alternative qui soit authentiquement de gauche. Nous n'avons plus le temps d'attendre. Je lance un appel à toutes les femmes et tous les hommes de gauche, de toutes les familles politiques de la gauche, pour que cette expression commune grandisse et pour nous atteler ensemble à la construction de cette alternative politique. Pour les communistes et pour le Front de gauche, cela dessine une très grande responsabilité : allons-nous être capables d'être, pas seulement le fer de lance de la contestation, mais les animateurs de ce rassemblement pour recréer l'espoir. Je crois que c'est dans cette voie que nous devons avancer résolument.

 

CommunisteS : COMMENT SE PRÉSENTENT, DANS CES CONDITIONS, LES ÉLECTIONS MUNICIPALES ET EUROPÉENNES ?

 

PIERRE LAURENT :   

Le piège est clairement tendu aux électeurs : la droite espère s'engouffrer dans la démobilisation populaire créée par les renoncements gouvernementaux. Elle est la première à utiliser cette situation pour décourager les électeurs en attente de changement, pour les empêcher de se mobiliser. La bonne réponse à cette offensive de la droite, ce n'est pas l'abstention ou le retrait de la politique, c'est de combiner de très grandes mobilisations sociales sur des bases progressistes avec des mobilisations électorales qui expriment le plus utilement possible l'exigence de véritables politiques de gauche, des politiques de rupture avec l'austérité.

Nous devons appuyer de toutes nos forces le déploiement de mobilisations syndicales unitaires comme celles qui se dessinent en France en mars et à l'échelle européenne le 4 avril, et des mobilisations pour les droits des femmes en riposte à l'attaque européenne de la droite espagnole contre l'IVG.

Notre responsabilité, celles des communistes et des forces du Front de gauche,  c'est en même temps de donner du sens au vote des électeurs de gauche, qui doit porter le plus haut possible des exigences de justice, de rupture avec les inégalités, au contraire des abandons gouvernementaux actuels. Dans les élections municipales, notre message est clair partout : stop à l'austérité, oui aux services publics et à la démocratie locale. Notre objectif est d'entraîner la majorité des communes de gauche de ce pays dans la résistance anti-austérité et la promotion de politiques publiques innovantes. Et dans les élections européennes, l'objectif doit être de mettre la gauche européenne anti-austérité, celle que nous incarnons avec la candidature européenne d'Alexis Tsipras, le plus haut possible dans le maximum de pays. Nous voulons faire de la gauche européenne une force incontournable pour modifier le rapport des forces en Europe. C'est pour cela que je propose que notre campagne du Front de gauche soit lancée par une marche européenne à Paris mi-avril. Parce que nous voulons une campagne de lutte et de mobilisation populaire.

 

 

 

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 06:57

 

 

Voici venu le temps de La contre-offensive, pour reprendre la main politique, idéologique et culturelle face à l’extrême droite et, parce que l’un ne va sans l’autre, face à toutes les forces néoconservatrices, aux tenants de l’ordre établi. Ce livre propose une démarche et des arguments pour faire reculer, ici et maintenant, le Front national de Marine Le Pen, son projet et son influence idéologique sur la société française, comme sa capacité, avec le Rassemblement bleu marine, à recomposer la droite à son profit afin de parvenir au pouvoir.

Une contre-offensive donc, pour retisser les liens de solidarité entre tous les dominés, pour refonder notre pacte républicain et laïc en repensant les formes du pouvoir et c’est sans doute le plus important, pour élaborer à des millions d’intelligences, le projet d’une nouvelle société d’émancipation humaine.

Alain Hayot, universitaire, est docteur en sociologie et anthropologie. Membre de la direction du PCF dont il est le délégué national à la culture. Conseiller régional PACA, il a été un acteur important du combat victorieux contre le couple Mégret à Vitrolles.

Élu maire-adjoint en 2002, il a contribué à y rétablir la démocratie.

www.editions-arcane17.net - 9 - sortie nationale : jeudi 13 février 2014.

Contact : Gérald Briant - 06 74 45 15 97 - gerald.briant@gmail.com

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 11:03

Dans un rapport sur les finances publiques locales, les collectivités sont appelées à de nouvelles coupes claires dans leur budget pour 2014. Les personnels sont en ligne de mire.

«Les collectivités doivent, comme chaque acteur public, apporter leur contribution au redressement des comptes publics. » À la veille du débat à l’Assemblée sur le projet de loi de finances pour 2014, la consigne est donnée.

Didier Migaud, président de la Cour des comptes, a présenté hier le premier rapport sur les finances publiques locales.

En plus de voir leurs dotations se réduire de 3 milliards d’euros sur deux ans, les collectivités territoriales devraient mieux maîtriser leurs dépenses.

L’objectif ? Participer au « respect des engagements européens de la France », qui, sous injonction de Bruxelles, visent à réduire le déficit public du pays à 3,6 % fin 2014.

Cibles principales : les dépenses de personnel – 35 % des budgets de fonctionnement – la gestion du patrimoine et l’organisation des services publics locaux.

L’Association des maires de France (AMF) a immédiatement répliqué : « Les communes et intercommunalités opèrent un effort sans précédent, subissant (…) une véritable diminution de leurs recettes alors même qu’elles prennent à leur charge, bien souvent à la demande de l’État, de nouvelles dépenses. »

Mais la Cour fait preuve d’ingéniosité, pour faire passer la pilule austéritaire, elle avance « la mise en commun des moyens entre collectivités », entendez la mutualisation des services avec le recul de la proximité et la baisse des effectifs.

Autre astuce, la « logique de péréquation ». Si nombre d’entre elles admettent la nécessité d’un rééquilibrage entre collectivités aux ressources fiscales différentes, le risque est, qu’au nom de cette « logique », se renforce le désengagement de l’État vis-à-vis des communes, des départements et des régions. Les préconisations de la Cour des comptes mises en lien avec l’objectif du gouvernement de réduire de 15 milliards la dépense publique en 2014 font craindre aux élus une baisse supplémentaire de leurs dotations.

Pour compenser, deux possibilités : se serrer la ceinture ou augmenter les impôts locaux. Pour Didier Migaud, le choix est fait : moins de services publics.

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 11:00

L'éditorial de Jean-Paul Piérot (Journal l'Humanité du mercredi 12 Février).

"Quand on parle d’un billet gratuit pour des enfants de cheminots, on oublie les trente milliards de cadeaux consentis au grand patronat dans la corbeille du mal nommé pacte de responsabilité.".

Avec la Cour des comptes on n’est jamais surpris. Sous un air de défenseur sourcilleux des budgets de la République, drapé de toute la solennité qui sied à sa haute fonction, le président Didier Migaud admoneste toujours du même côté. Les petits en prennent toujours trop à leur aise. On se souvient qu’il y a quelques mois la vénérable institution s’était émue de la trop grande prodigalité dont ferait preuve notre système de protection sociale en matière de remboursement des frais ophtalmologiques. En clair, les myopes seraient budgétivores. Qui donc allait être blâmé dans son nouveau rapport annuel, rendu public hier ? C’est sur les cheminots que la Cour a décidé de jeter l’opprobre. Pensez donc, ces nantis bénéficient de l’insigne privilège de permis de voyages pour eux-mêmes et leurs familles ! Et ce scandale dure depuis 1938, quand fut nationalisé le transport ferroviaire dans la foulée du Front populaire ! Voilà l’origine de la gabegie qui grève nos dépenses publiques ! Que n’y avions-nous pas pensé ? Merci à la Cour des comptes d’avoir eu la clairvoyance de désigner une fois de plus les vrais responsables de nos déficits.

Bien sûr, ce n’est pas sérieux, quoi que assez offensant à l’égard de salariés pour lesquels les permis de voyage sont un avantage social modeste entrant dans leur contrat de travail. Mais en ciblant une catégorie de travailleurs exerçant dans un service public, les membres de la haute juridiction financière alimentent de fausses divisions dans le monde du travail. C’est un rideau de fumée pour brouiller les pistes. Quand on parle d’un billet gratuit pour des enfants de cheminots, on oublie les trente milliards de cadeaux consentis au grand patronat dans la corbeille du mal nommé pacte de responsabilité.

Les magistrats de la rue Cambon estiment qu’il pourrait manquer cette année jusqu’à six milliards d’euros de recettes fiscales et que le déficit de 2013 s’avère plus important que les 4,1 % prévus actuellement. Les prévisions pour 2014 ne laissent pas d’inquiéter tant sur le niveau de l’emploi dans le secteur privé que des salaires, ce qui pèsera à nouveau sur les rentrées fiscales. Sombres perspectives face auxquelles le gouvernement, appuyé en cela par la Cour des comptes qui en réclame toujours davantage, n’entend répondre que par la compression des dépenses publiques, en d’autres termes par une dégradation des conditions de fonctionnement de la société. L’obsession de la compression des dépenses hypothèque fortement les possibilités de conduire une stratégie de redressement industriel.

La protection sociale et les dotations aux collectivités locales sont dans le collimateur des juges en orthodoxie financière qui encouragent le gouvernement à aller au-delà des cinquante milliards d’euros de réductions de dépenses publiques annoncées de 2015 à 2017. Ainsi la France est entraînée dans une spirale de la régression, dont elle ne pourra s’extraire que par un changement de cap, vers la gauche. Un large champ de convergences ne pourra être déblayé que dans le débat entre tous ceux qui croient qu’une alternative est possible. Au Front de gauche bien sûr, mais aussi chez les écologistes et au sein même du Parti socialiste où dans son aile gauche des voix contestent la voie de l’impasse sociale-libérale tracée par le gouvernement et la Cour des comptes.

 

 

La fable des Cheminots nantis remises au goût du jour.

Dans son rapport la cour des comptes pointe « les facilités de circulation » des salariés de la SNCF. Des « avantages en nature » que la SNCF, en dehors des cheminots, de leurs conjoints et de leurs enfants, étendrait aux « parents et grands-parents, voire arrière-grands-parents des salariés et de leurs conjoints ». La cour estime ainsi que « plus d’un million de personnes bénéficient de ces facilités, dont seulement 15% de salariés de la SNCF » et chiffre le manque à gagner entre 50 et 100 millions d’Euros par an. »La cour des comptes tente de faire passer les cheminots pour des nantis réagit Pascal Poupat de la fédération CGT des cheminots, qui « dénonce les économie de bout de chandelle et explique que « les enfants jusqu’à 21 ans et les conjoints bénéficient de  16 voyage par an, les parents de 4 voyages par an, et qu’en aucun cas grands-parents et arrière-grands-parents ».

 

 

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 20:04

 

Le blocage des salaires des fonctionnaires est “bien entendu” sur la table  (Acteurspublics.com)
Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a affirmé, le 12 février, que le gouvernement étudiait le gel de l’avancement des fonctionnaires dans le cadre des pistes d’économies budgétaires. Une déclaration choc qui confirme les propos récemment attribués à Vincent Peillon.
Bien entendu, je sais que c’est sur la table. Je sais que Bernard Cazeneuve aujourd’hui envisage ces mesures pour ensuite nous faire la proposition, au Premier ministre, au président de la République et à la majorité.” 
Interrogé sur le plateau de l’émission Question d’info, sur La Chaîne parlementaire, mercredi 12 février, le président des députés socialistes, Bruno Le Roux, a confirmé que le gouvernement envisage le blocage de l’avancement et de la promotion des fonctionnaires dans le cadre des pistes budgétaires pour la période 2015-2017.
Une perspective qu’avait évoquée le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, devant des journalistes le 5 février… et qu’il avait aussitôt démentie Une telle mesure permettrait à l’État de réaliser 1,2 milliard d’euros d’économies.
Bruno Le Roux a développé : “Je dis que je veux voir les mesures concrètes, totales, pour pouvoir ensuite décider, pour pouvoir voir les répercussions que cela a. Je dis d’ores et déjà ici que dans la fonction publique, dans toutes les fonctions publiques, celle de l’éducation comme toutes les autres, je serai attentif aux fonctionnaires qui sont aujourd’hui les plus modestes et notamment les fonctionnaires de catégorie C.”

 

Caresses et gifles
Faut-il sacrifier le pouvoir d’achat des fonctionnaires au nom de la lutte contre les déficits ? La stratégie du gouvernement est des plus complexes à décrypter. D’un côté, il multiplie les messages amicaux à leur endroit. “Ils ont déjà fait beaucoup d’économies”, rappelait le 7 février le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve.“Pourquoi voulez-vous que les économies se fassent sur le dos des fonctionnaires ?” interrogeait le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à l’occasion de ses vœux aux agents publics, fin janvier.
De l’autre, Vincent Peillon et Bruno Le Roux, deux poids lourds de la majorité qui n’ont pas directement en charge les sujets liés à la fonction publique, semblent préparer le terrain à des mesures d’austérité sans précédent pour la fonction publique. La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, qui déclarait en janvier que le salaire des fonctionnaires ne serait pas gelé jusqu’en 2017, devient peu à peu inaudible. Les déclarations de Bruno Le Roux interviennent par ailleurs à la veille de la présentation aux organisations syndicales, jeudi 13 février, d’un relevé de conclusions sur la négociation “parcours professionnels, carrières et rémunérations”. Le “timing” interpelle.
En 2014, le gouvernement a donc poursuivi le gel du point d’indice (1 milliard d’euros d’économies), divisé par deux les mesures catégorielles (300 millions d’euros) et réduit l’action sociale interministérielle (120 millions d’euros). Avec le blocage des avancements automatiques (1,2 milliard), il toucherait, de manière inédite, à la mécanique même de la rémunération des agents publics. Dans ce scénario “bien entendu sur la table”, le gouvernement doit prévoir quelques mobilisations sociales. Parce que les syndicats ont bien l’intention de renverser ladite table.

 

 

Sylvain Henry
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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 06:34

Il y a quelques jours, Hollande force ses députés à reculer sur la réforme du code de la famille devant les manifestations tapageuses de militants de droite et d'extrême-droite réactionnaires qui ne représentent qu'une minorité de Français, 80% d'entre eux n'étant pas hostiles aux principes affichés de la loi sur la famille à laquelle ont renoncé Hollande et le gouvernement. 

Quand les manifestations viennent des salariés, des syndicats, du peuple de gauche, des militants de l'écologie, en colère face à la casse du droit du travail, du droit à la retraite, face aux plans sociaux en série, à la politique européenne et nationale pro-capitaliste, ou en révolte contre le projet d'aéroport à Notre-Dame des Landes, ce pouvoir fait la sourde oreille et adopte la position martiale. 

Quand c'est quelques pigeons privilégiés, le medef ou le peuple de droite prêt à relancer l'insurrection maurassienne au nom des valeurs éternelles "Travail, Famille, Patrie" qui se manifeste, ce pouvoir plie, probablement pour couper à la droite l'herbe sous le pied: en faisant sa politique, c'est sûr qu'elle n'a plus besoin de revenir aux affaires, mais elle y reviendra très certainement, encore plus extrêmisée par le poids grandissant du FN, l'affaiblissement des valeurs républicaines en son sein, et la dérive à droite du PS. 

Aujourd'hui, on apprend que le seul article un peu précis que contient la feuille de route du gouvernement sur l'intégration des étrangers, c'est un examen vérifiant au bout d'un an de présence sur le territoire le respect de l'obligation d'avoir appris le français, préalable à l'octroi d'un permis de séjour. Valls a fait l'annonce en personne. Là encore, on reste dans le sillage de la politique définie par Sarkozy au nom de la chasse sur les terres du FN.

Parallèlement, Hollande part aux Etats-Unis avec le président du Medef qui a invité le Président de la République très certainement pour qu'il participe de la délégation officielle chargée d'assister aux rejouissances accompagnant l'adoption programmée du Grand Marché Transatlantique, machine de guerre destinée à faire voler en éclat les reglementations sociales et écologiques en Europe, tout ce qui est entrave politique à l'empire du libre-échange et du business. Sur cette affaire là, Hollande perd sa prudence légendaire: il faut accélérer, il ne faut pas perdre de temps, dit-il... Le paloais Brognart n'attend pas...

Gattaz profite de ce voyage avec Hollande pour le remercier pour son pacte de responsabilité si avantageux pour les entreprises, exonérées de 30 nouveaux milliards de cotisations patronales qui finançaient la branche famille de la Sécurité Sociale, afin de lui dire qu'il n'acceptera aucune contrepartie imposée sur l'embauche et les salaires...

Tout cela était cousu de fil blanc...

Face à ce pouvoir au service du grand capital, la population doit montrer qu'elle veut une autre politique, au service des besoins sociaux, du progrès social.

Ismaël Dupont 

    

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 09:48

http://www.humanite.fr/sites/default/files/imagecache/une_article_vertical/le_modele_allemand_une_imposture.jpg

 

Samedi 25 janvier, l'équipe d' »On n'arrête pas l'éco », sur France Inter, partageait ses coups de cœurs. Le modèle allemand, une imposture, de Bruno Odent, en faisait partie. Chef de la rubrique Monde à l’Humanité et germaniste, son ouvrage est un travail pédagogique utile pour tous ceux qui ne désespèrent pas de la possibilité de réorienter l’Union européenne.

La critique de Jean-Paul Piérot sur le livre

Qui a oublié l’argument répété ad nauseam sur les plateaux de télévision, lors des débats de la campagne de l’élection présidentielle française de 2012 ? « En Allemagne… » Berlin était devenu la nouvelle Rome de l’empire eurolibéral, avec à sa tête Angela Merkel « über alles ». Nicolas Sarkozy a usé et abusé de sa proximité affichée avec la chancelière, sans pour autant bouder son prédécesseur, le social-démocrate Gerhard Schröder, le père des réformes libérales du début des années 2000. Mais plus récemment, à Leipzig, lors de la cérémonie du 150e anniversaire de la social-démocratie allemande, François Hollande a rendu un hommage appuyé aux réformes « courageuses » de l’ancien chancelier connu sous le sobriquet de « camarade des patrons ».

Rétablir la vérité sur le « modèle » allemand s’imposait, alors que la prégnance de Berlin pèse sur le cours de la politique de l’Union européenne – le peuple grec en vit l’amère expérience – et que notre voisin oriental est à son tour dans une campagne électorale, avec le renouvellement du Bundestag, le 22 septembre prochain. Le livre de Bruno Odent répond efficacement à cette attente. L’auteur, qui dirige le service international de l’Humanité, par ailleurs germaniste, connaît bien la société allemande. Il réalise là un travail pédagogique utile au débat politique, qui s’adresse à celles et ceux qui ne désespèrent pas de la possibilité de réorienter l’Union européenne.

On ne peut comprendre les débats qui agitent l’Allemagne d’aujourd’hui sans revenir sur les singularités de son histoire économique et sociale depuis l’avènement du premier Reich allemand, en 1870. Paradoxalement, c’est Bismarck, l’homme fort de la Prusse puis premier chancelier du Reich, qui introduit des lois sociales jusqu’alors inexistantes pour s’opposer à la montée en puissance d’un mouvement ouvrier influencé par les idées de Marx. Cette sorte de compromis visant à garantir la paix sociale en intégrant le mouvement ouvrier se prolongera, après 1945, en Allemagne occidentale, avec la cogestion (Mitbestimmung) et une plus grande indépendance des industries vis-à-vis des marchés boursiers. Le capitalisme rhénan a obtenu d’incontestables succès – chômage faible, salaires les plus élevés d’Europe, ouvriers bien formés…

Le livre rappelle les conditions de la réunification. « C’est la première fois qu’un pays développé et tout ce qui en constitue les structures sont aussi rapidement détruits pour être remplacés quasiment du jour au lendemain par le système de l’État voisin », résume Bruno Odent. Un chiffre illustre l’ampleur du gâchis provoqué par cette annexion opérée par la force du Deutsche Mark : le nombre d’emplois industriels sur le territoire de l’ex-RDA chute de 2 millions en 1991 à 762 000 en 1993. La réunification va coûter très cher : plus de 2 000 milliards d’euros de transferts sociaux jusqu’à aujourd’hui. Lourde addition pour les salariés et retraités allemands et pour les Européens.

Le modèle rhénan sera vigoureusement attaqué par le gouvernement de Helmut Kohl puis, plus systématiquement encore, par Gerhard Schröder, chancelier social-démocrate élu en 1998 après avoir fait campagne sur le slogan du « nouveau centre ». L’ère Schröder sera marquée par une série de lois – les lois Hartz –, véritable arsenal destiné aux démontages sociaux. La plus tristement célèbre, dite « Hartz IV », réduit à un an la durée des indemnités de chômage et instaure les « jobs à 1 euro ». L’auteur dresse le bilan de la décennie Schröder-Merkel, marquée par l’extension de la pauvreté, la paupérisation des seniors, un affaiblissement marqué de la cohésion sociale, une crise démographique qui va crescendo.

L’ouvrage se conclut par une réflexion sur l’avenir d’une construction européenne mise en danger par les pressions exercées par Berlin, rattrapé par la crise, pour imposer son propre modèle. Pourtant, note l’auteur, « le besoin de construction européenne est plus fort encore aujourd’hui qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale », et de citer « les défis sociaux, la protection de l’environnement, le climat, les partages scientifiques et techniques ». Une invitation à débattre et à réfléchir aux moyens d’empêcher les eurolibéraux, et pas seulement à Berlin, de conduire l’Europe dans le mur.

 

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 08:51

PAS D'INSPECTION DU TRAVAIL AU SERVICE DU PATRONAT

Cette semaine, à l'occasion de l'examen à l'Assemblée du Projet de loi sur la formation professionnelle, sera débattu un article introduit inopinément sur l'inspection du Travail. Il s'agit d'un nouveau cadeau au Medef, en nature cette fois-ci, après les 35 milliards annoncés dans le « Contrat de responsabilité » de François Hollande. Les agents et leurs syndicats unanimes sont mobilisés contre cette casse de l'Inspection du Travail.

Moins de contrôles = moins de droits pour les salariés

Le projet prévoit de multiplier les échelons hiérarchiques et d'éloigner les inspecteurs et les contrôleurs des entreprises. Sous couvert de promotion pour 15% seulement des contrôleurs, les agents seront moins nombreux sur le terrain. Notons qu'aujourd'hui la charge de protéger les salarié-es et de contrôler l'application du droit du travail revient à seulement 2250 agents pour 1,8 millions d'entreprises. Et les effectifs doivent encore baisser de 311 postes en 2015 ! Ce n 'est pas de plus de hiérarchie dont l'Inspection du Travail a besoin, mais de plus de moyens humains.

Cette baisse de moyens va, plus encore, mener l'Inspection du Travail à se concentrer sur des axes comme la sécurité dans le BTP ou le travail illégal, au détriment de l'attention, pourtant tout aussi nécessaire, aux salariés payés sous les minima, aux heures supplémentaires passées à la trappe, aux emplois précaires, aux risques psychosociaux... L'Inspection du Travail est pourtant le dernier rempart des salariés pour faire valoir collectivement leurs droits.

Cerise sur le gâteau, les directeurs départementaux auront le pouvoir de passer des « deals » avec les entreprises coupables de malversations pour convertir une éventuelle sanction pénale en simple amende ! Encore une manière de squezer les inspecteurs et contrôleurs du travail jugés trop «sévères» avec les patrons voyous

 

Mettons en échec la loi Sapin

 

Cette loi est nocive. En connivence avec les exigences du Medef, elle affaiblirait l'indépendance nécessaire de l'Inspection du Travail et limiterait de fait ses interventions.

Les agents du ministère, les salariés et leurs syndicats, mobilisés pour y faire échec, ont interpellé les parlementaires.

Avec eux, le Parti communiste français dénonce cette loi et réclame immédiatement :

  • L'arrêt de la réforme

  • La revalorisation de l'ensemble du corps des contrôleurs du travail et l'augmentation des moyens humains, matériels et légaux pour imposer le respect du Code du travail.

  • Une réelle pénalisation du droit du travail avec les moyens nécessaires fournis à la Justice

     

    En plaçant la protection des intérêts des actionnaires au dessus de la protection des salariés, la loi Sapin déconstruit un peu plus, un acquis historique, le droit du travail. Après l'ANI, le refus de l'amnistie sociale, la menace de suppression des élections prud’homales, cette nouvelle attaque participe du nouveau modèle « antisocial » que ce gouvernement, après ceux qui l'ont précédé, veut mettre en place. Quand on est de gauche, on ne se soumet pas au Medef, on prend le parti de la défense des salarié-e-s.

     

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 19:38

 

On sait que Marylise Le Branchu est ministre de la Fonction publique mais également de la réforme de l’Etat et de la Décentralisation.

A ce titre, le 16 janvier, elle était l’hôte de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV pour traiter entre autres de la réforme territoriale. On connaît la pugnacité du journaliste pour obtenir des réponses claires et il y en eut.

On y apprit que la réforme territoriale sur laquelle elle travaille « à bas bruit » depuis des mois « ne serait pas imposée à la hache », formule reprise aussi dans un article du Télégramme. Voire !

Interrogée d’une façon serrée elle indiqua que cette réforme relevait d’une logique « bonus/malus ». L’objectif étant, pour faire des économies, de réduire par fusion le nombre de régions, de départements dans les aires métropolitaines mais aussi les communes et les intercommunalités par mutualisation des services. Ces fusions et mutualisations bénéficieront d’une aide financière de l’Etat. Une loi devant être votée en avril/mai… après les élections municipales.

Au-delà des fusions la loi devrait aussi « spécialiser » le champ d’intervention de chaque collectivité, mettant fin à la compétence générale…et aux collaborations qu’elle génère. Renforçant le poids des régions et des métropoles, elle aura immanquablement comme conséquence l’éloignement des citoyens des lieux de décisions et une prédominance encore accrue de la technocratie

« Et si les élus locaux font obstacle ? » demanda le journaliste. La réponse fusa : « c’est le parlement qui vote la loi !! ». « Vous imposerez par la loi ? » « Oui ». Et de citer comme exemple les métropoles Paris, Lyon, Marseille.

 

On ne peut être plus claire : Ou les collectivités territoriales vont dans le sens du gouvernement et elles touchent le pactole. Ou elles rechignent et la loi s’imposera à elles. Elles auront le choix entre un mariage d’argent ou un mariage forcé.

Entre la carotte et le bâton.

 

Au Front de Gauche nous avons une autre conception des relations entre collectivités territoriales : des coopérations librement choisies, mutuellement avantageuses, auxquelles participent les citoyennes et les citoyens.

 

A chacun sa conception de la démocratie !

 

 

Alain DAVID le 9-02-2014

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 14:59

 

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

Alors que les femmes sont plus diplômées que les hommes, que six loissuccessives ont affirmé le principe de l’égalité salariale, il y a toujours 27 % d’écart entre les femmes et les hommes.

L’enjeu était donc, au-delà des déclarations d’intention, d’actionner de nouveaux leviers et de les assortir d’évaluation et de sanction.

Des avancées pour l’égalité professionnelle

La comparaison entre le projet de loi présenté en conseil des ministres et celui adopté par l’Assemblée montre l’étendue du chemin parcouru. La première version ne contenait aucune disposition concernant l’égalité professionnelle.

Le débat à l’Assemblée Nationale a permis d’ajouter :

  • Le renforcement des obligations de négociation dans les branches sur les classifications pour revaloriser les emplois à prédominance féminine ;

  • l’obligation pour les entreprises de mesurer et de lutter contre les discriminations liées au déroulement de carrière ;

  • l’évaluation sexuée des risques professionnels, pour éviter que les risques des métiers à prédominance féminine ne soient sous-estimés ;

  • le renforcement du congé paternité et la création de droits à congé pour permettre au conjoint d’être présent lors des examens médicaux durant la maternité…

Mais trop peu de sanctions.

Cependant, ces avancées butent sur un obstacle de taille : la faiblesse des sanctions pour les entreprises qui ne jouent pas le jeu. Pourquoi ne pas conditionner les exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises à la négociation sur l’égalité professionnelle et les classifications. ?

Alors que le gouvernement vient de consentir un nouveau cadeau sans contrepartie au patronat, il aurait été utile d’exiger en préalable que, pour bénéficier des aides de l’État, l’entreprise respecte la loi et ne discrimine pas ses salariées !

Ajoutons que les salariés à temps partiel, à 80 % des femmes, sont les grandes absentes du projet de loi.

Une disparition : l’action de groupe

Enfin, l’action de groupe a disparu des radars. Elle permettait aux organisations syndicales d’aller en justice pour des cas de discriminations collectives, et aux tribunaux de condamner les entreprises à cesser leurs pratiques et à payer une pénalité.

La lutte contre les discriminations serait-elle la première victime du chantier de simplification lancé par l’Élysée?

 

Sans sanction ni renforcement de la capacité des salariés à agir collectivement en justice contre les discriminations, l’effectivité du droit n’est pas assurée. Le projet de loi contient des avancées, il faut maintenant mettre en place les outils pour les rendre effectives. 

 

Nicole Labelle

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