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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 17:37
Grèce - Le coup d’État de l'Union Européenne

1. Ce week-end, un coup terrible a été porté à la démocratie par les dirigeants de l'Union Européenne : le couteau sous la gorge, la Grèce a été contrainte de signer un accord dont le 1er Ministre, Alexis Tsipras, affirme qu'il ne sortira pas la Grèce de la crise, bien au contraire.

2. Cet accord prévoit la poursuite et l'aggravation d'une politique d'austérité qui a déjà mis le pays à genou. Dans cet accord, ils s'agit avant tout de satisfaire les appétits de la finance et du grand capital : ainsi le groupe Vinci vient illico de candidater pour le rachat de 14 aéroports grecs privatisés...

3. En réalité, les dirigeants de l'Union européenne n'ont jamais eu la volonté de négocier avec la Grèce, mais au contraire, de faire plier un gouvernement qui tente de mettre en œuvre une autre politique, de briser tout espoir d'alternative.

4. Certes, une bataille vient d'être perdue. Le coup porté est rude, mais la lutte ne fait que commencer. Le peuple grec, par son esprit de résistance et le gouvernement Syriza par sa ténacité ont semé une graine, celle de l'espoir, qui peut germer demain à travers l'Europe tout entière.

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 05:49

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui

L'Humanité - Mercredi, 15 Juillet, 2015

Pour le secrétaire national du PCF et président du Parti de la gauche européenne, « un front social et politique européen d’une ampleur tout à fait inédite » est plus que jamais indispensable.

François Hollande s’est félicité, hier, d’avoir évité le Grexit, la France a-t-elle joué à plein son rôle ?

Pierre Laurent

Non, la France est entrée très tardivement dans la négociation après avoir laissé pendant des mois la Grèce seule face au chantage des financiers. Elle a ensuite agi pour éviter le Grexit, c’est vrai. Mais sans empêcher un accord que les Grecs ont payé au prix fort dans des conditions draconiennes portant atteinte à leur souveraineté. Les Allemands voulaient depuis le début le Grexit et, ne l’obtenant pas, ils ont voulu punir le peuple grec. La France aurait dû s’élever avec beaucoup plus de vigueur contre ces conditions qui sont une honte pour l’Europe démocratique.

Cet accord est-il viable alors qu’il renforce l’étau de l’austérité ?

Pierre Laurent

Cet accord écarte le Grexit et maintient, sous conditions, la possibilité de refinancement de la Grèce. Mais il met également en place de nouvelles mesures d’austérité et une mise sous tutelle qui vont à l’encontre de la nécessaire relance productive et sociale du pays. Les dispositions qui y figurent sont injustes, contre-productives économiquement et profondément contestables démocratiquement. Le premier ministre grec, qui a résisté au chantage au Grexit, a empêché l’Allemagne de parvenir à ses fins sur ce point. Ne sous-estimons pas le cauchemar que cela aurait été pour la population grecque et l’ensemble de l’Europe. Ce n’est pas pour rien que l’extrême droite se frotte les mains en attendant la réalisation de ce scénario catastrophe. Mais en contrepartie l’Allemagne a exigé un prix inhumain et scandaleux. C’est un défi de résister à ces pratiques colonialistes pour tous les peuples européens.

Que défendront les communistes lors du vote sur cet accord, cet après-midi ?

Pierre Laurent

Nos groupes parlementaires se réunissent ce matin pour en décider. Ce choix tiendra compte de deux exigences. D’abord, de l’impératif de solidarité à l’égard du peuple grec, de nos camarades de Syriza et d’Alexis Tsipras. Mais il doit être clair que nous ne pouvons soutenir le contenu d’un accord qui a été conçu par les dirigeants allemands en tout point pour humilier le peuple grec. Nous chercherons au Parlement à faire entendre le plus clairement possible cette voix en appelant les Français, la France et, au-delà, toutes les forces démocratiques européennes à redoubler d’effort pour la refondation démocratique de l’Union européenne et l’émancipation de la tutelle insupportable des marchés financiers.

Les dirigeants européens ont voulu donner une leçon à ceux qui estiment qu’une autre voie que l’austérité est possible. Dans ce contexte, comment la bataille pour une Europe solidaire peut-elle se poursuivre ?

Pierre Laurent

Donner une leçon aux peuples qui relèvent la tête a été pendant six mois l’obsession des dirigeants européens. Ils n’ont jamais cherché un véritable accord tenant compte du vote du peuple grec. Un puissant engagement des peuples européens et la convergence de toutes les forces politiques, syndicales, sociales sont incontournables pour créer le rapport de forces nécessaire à une refondation sociale de l’Europe. Ces dirigeants européens espèrent avec cet accord refermer la parenthèse grecque. Mais, au contraire, la bataille européenne ne fait que commencer et nous devons mesurer qu’elle nécessite pour être gagnée la construction d’un front social et politique européen d’une ampleur tout à fait inédite. C’est dans cet esprit que nous prendrons de nouvelles initiatives et que nous ferons de la Fête de l’Humanité un grand rassemblement de lutte de tous les Européens contre l’austérité.

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 10:01

14 juillet 2015

Par MICHEL KERNINON (Médiapart)

Quelques rappels historiques :

1) Un moratoire sur les réparations des dommages de guerre causés par l'Allemagne est proposé en 1931 par le président US Hoover avant que l'année suivante toutes les dettes de guerre de l'Allemagne ne soient annulées. Mais c'est trop tard, la jeune République de Weimar ne s'en remettra pas et connait une dégradation économique et sociale telle qu'elle favorise la montée du nazisme.

2) Après la Deuxième guerre mondiale et le désastre que le nazisme a provoqué en Europe, intervient en 1953 l'accord de Londres signé par les 20 pays (dont la Grèce) envers lesquels l'Allemagne a des dettes de guerre. D'un montant de 30 milliards de marks, la dette de l'Allemagne est alors sagement réduite de près de 50 %, soit ramenée 14,4 milliards. Dont l'Allemagne ne paiera d'ailleurs que très partiellement le reliquat au moment de la réunification allemande en 1990.

Conclusion : il est toujours dramatique et dangereux d'humilier un pays, quels qu'aient été ses errements prétendument collectifs et même quelle que soit sa culpabilité apparente. Car si les fautes sont rarement le fait du petit peuple, le peuple est toujours la victime du système et il paie pour les fautes de ses dirigeants. La Grèce ne fait pas figure d'exception dans ce constat. Et l'humiliation peut conduire un peuple à d'insaisissables révoltes, l'Europe doit s'en souvenir plus que jamais. Le pire n'est jamais loin

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 16:04
Faudra-t-il ressortir le Chant des Partisans ?

Lundi, 13 Juillet, 2015 - 10:28

Par Jean Ortiz. "Nous ne sommes pas loin d’une nouvelle « occupation » : d’une insupportable ingérence."

Les « négociations » entre le gouvernement, digne, courageux, de la Grèce et le cynique (si inique) « Eurogroupe », ont définitivement fait tomber les masques. L’Europe telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, dominée par le gouvernement allemand, qui a vassalisé la plupart des autres membres, est bien l’ennemi des peuples. La botte impitoyable d’Angela Merkel est celle du FMI, de la BCE, de Washington, et des relents de « grande Allemagne » garante des diktats de la finance. Nous ne sommes pas loin d’une nouvelle « occupation » : d’une insupportable ingérence.

L’acharnement, la violence d’Angela Merkel pour mettre à genoux et humilier le magnifique peuple grec, faire capituler Tsipras, relève d’un mépris total de la démocratie et d’une attitude fascisante. Le rapport des forces a permis certes un bras de fer, mais ses limites, l’insuffisance de la solidarité, l’attitude caméléonesque du gouvernement français, à triple face, franc comme un âne qui recule, n’ont pas permis d’imposer le respect de la démocratie et de la souveraineté. Mais rien ne sera plus comme avant.

Il fallait à tout prix punir, étrangler la Grèce, qui a eu l’outrecuidance de mal voter, et donner un avertissement, un carton rouge, à tous les peuples : il n’y a pas d’autre politique possible que le sang, la sueur, les sacrifices pour les peuples, et l’enrichissement indécent, immoral, de quelques uns. Le pape l’a dénoncé en Amérique latine... Mais tous les François ne se ressemblent pas. Il n’y aurait pas d’autres voies que « l’Europe allemande », la soumission aux marchés, la soumission pour les salariés, les humbles... Désormais, c’est encore plus clair.

Il y a des mensonges, des revers, qui peuvent et doivent devenir des boomerangs.

La « victoire » de Merkel est une victoire à la Pyrrhus. NON, NON, NON à cette Europe là... Des millions d'hommes et de femmes partagent aujourd'hui l'aspiration à une Europe des peuples.

Alors: TOUS GRECS ! « Chantez compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute ». La servitude n’est jamais éternelle. William Shakespeare disait en substance : tout captif porte dans sa main gauche la clef pour se libérer.

Le chant des partisans.

https://www.youtube.com/watch?v=QRhg-Ioik8c&feature=player_embedded

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 15:58
Une dictature froide

L'Humanité - Lundi, 13 Juillet, 2015

L'éditorial de Patrick Apel-Muller.

C’est un nouveau mur qu’édifient les dirigeants allemands. Celui de l’argent roi qui se protège. Nul ne passe aux check-points, surtout pas les pauvres, les insoumis, les démocrates.

Durant les dernières heures, aucune concession grecque n’a suffi et chaque heure nouvelle a vu une nouvelle surenchère pour empêcher la conclusion d’un accord. Angela Merkel réclame la capitulation sans condition sous peine d’exclusion, accompagnée par quelques gouvernements serviles. Berlin dévoile cyniquement son mépris de la démocratie – quand bien même se serait-elle exprimée par des votes massifs à Athènes – et son intention d’imposer l’hégémonie des marchés financiers. Fût-ce au prix de l’unité européenne.

Tout a été entrepris depuis des mois : les petits complots avec l’opposition grecque – pourtant responsable de toutes les malversations passées – pour renverser Alexis Tsipras, l’étranglement monétaire avec l’assèchement des liquidités bancaires, une guerre de la propagande déclenchée par les médias aux ordres. La France, enfin, a fait entendre une autre voix. Mais trop chevrotante. Pourtant, la bête immonde naît toujours des diktats, des humiliations et des misères semées. Terme à terme, c’est ce que veut imposer Berlin à la Grèce. Comme un exemple terrorisant pour tout le continent.

La violence glacée des oligarques et des hiérarques européens ne vise pas seulement les ouvriers du Pirée, les étudiants d’Athènes ou les femmes de ménage des services publics grecs. Elle cible par ricochets les cheminots allemands et les manifestants britanniques contre l’austérité, les jeunes Espagnols indignés et les progressistes français, les métallurgistes belges et les intellectuels italiens afin de décourager l’espoir d’une Europe de la solidarité, de la fraternité et d’une démocratie accomplie. Mais ce que la peur dicte peut aiguiser le danger. La fiction de la bonne volonté des dirigeants européens se dissipe. Un bras de fer de longue durée vient de s’ouvrir.

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 15:28

Les médias toujours aux ordres, publient de nombreux articles sur la dette grecque, mais pourtant à travers les différentes informations qui nous parviennent en particulier en lisant les dépêches d'agences étrangères, et les statistiques publiées par l'Insee l'on peut constater que la France est de plus en plus dans le rouge et cela ne s'améliore pas.

La dette publique en France

C'est ainsi que La dette publique de la France a augmenté de 51,6 milliards d'euros au premier trimestre pour atteindre 97,5% du PIB. Fin mars, elle s’élevait à 2.089,4 milliards d'euros, selon les statistiques publiées mardi par l'Insee. L'agence( http://fr.sputniknews.com/france) écrit : « Cette hausse du premier trimestre est la plus forte depuis les trois premiers mois de 2012. Elle se situe au-dessus des objectifs de la trajectoire des finances publiques adoptée au printemps. Cette dernière prévoyait que la dette publique atteindrait 96,3% du PIB fin 2015, après 95% en 2014, et culminerait à 97,0% en 2016 avant de revenir à 96,9% en 2017.

Le ministère français des Finances estime que cette flambée de la dette "est fréquente en début d'année" car le volume d'émissions d'OAT (obligations de l'Etat français) est plus concentré sur les deux premiers trimestres. "Aussi, ce chiffre apporte peu d'information sur le niveau de la dette en fin d'année", a-t-on déclaré à Bercy. » Pourtant si l'on se réfère au graphique de l'Insee...La dette publique de la France a atteint 97,5% du PIB fin mars.

Et outre Atlantique

Voici quelques jours le quotidien américain « The Washington Times » écrivait que La dette publique des États-Unis pourrait étouffer toute croissance économique dans le pays d'ici dix ans, et le prochain président sera obligé d'agir de manière rapide et efficace pour mettre le cap sur une politique économique plus stable...

Les perspectives à long terme relatives au budget fédéral ont empiré de manière dramatique au cours de ces dernières années, rapporte le CBO(*) dans son dernier rapport. Ce dernier blâme Barack Obama pour l’important déficit budgétaire, accumulé au fil de dépenses de moins en moins maîtrisées et de changements plus globaux causés par la décision d'emprunter davantage, des sommes que les États-Unis ne pourront jamais rembourser...

Toujours d'après le « The Washington Times » Et selon les experts, il est difficile de prédire le point de rupture, mais à un moment ou à un autre, les investisseurs vont douter de la capacité des USA à maîtriser la situation. C'est à ce moment-là qu'ils vont exiger des taux d'emprunt plus élevés, ce qui va, par ricochet, provoquer une crise financière. Mais déjà certains pays « émergents » ont commencé à réduire de manière importante leur achats de bons du trésor US c'est le cas de la Chine principal créancier, ou encore de la Russie « Les investissements russes dans les bons du Trésor des États-Unis se sont réduits en mars de 20% par rapport à février dernier pour atteindre le niveau le plus bas depuis septembre 2008, indique le département américain du Trésor. En mars 2014, le montant des investissements se chiffrait à 100,4 milliards de dollars contre 126,2 milliards en février. Ce facteur a fait de la Russie le plus grand vendeur de bons du Trésor parmi les détenteurs souverains de ces titres.»

( http://fr.sputniknews.com/economie/20140515/201222392.html#ixzz3ed4oC49n )

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 07:24

Dimanche 21 juin avant la fête de la musique.

Une journée de foot sous une chaleur intense: 4 matchs au programme entre deux équipes qui se recomposent au fil des heures. 22 participants en tout.

S'il n'eut pas le succès de participation escompté, ce deuxième tournoi de foot pour Gaza organisé à Brest le 21 juin par l'AFPS de Brest et les Jeunesses Communistes a été une nouvelle fois un beau moment de plaisir partagé et de fraternité, avec une causerie très intéressante sur la situation en Palestine, en Israël et à Gaza après le pique-nique, animée par un jeune camarade de l'AFPS Brest qui s'est rendu plusieurs fois en Palestine dans les territoires occupés et en Cijordanie et s'est révélé passionnant.

Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 07:15
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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 06:43

La semaine dernière, j'ai eu une longue discussion avec Alain Bourges, professeur d'arts à l'école d'art de Rennes (ancienne école des beaux arts) et responsable de la CGT au niveau des quatre écoles d'art bretonnes (Rennes, Brest, Quimper, Lorient : celle de Brest est spécialisée dans le design, celle de Quimper dans les arts, celle de Lorient dans un mixte communication et arts, celle de Rennes associe le tout).

Il m'a interpellé par rapport au projet de réorganisation des services des écoles d'art.

En effet, depuis la loi Pécresse sur l'enseignement supérieur, les écoles d'art bretonnes ont perdu leur autonomie et ont été contraintes de s'associer en établissement public de coopération culturelle (EPCC), à l'intérieur duquel les représentants des collectivités qui financent et non plus les enseignants et salariés, ont tout pouvoir. Tout le pouvoir aux payeurs.

Au Conseil d'Administration, il y a 4 profs pour 24 élus (ville, Etat, région). Les représentants des collectivités et de l'Etat se réunissent avant le CA si bien que tous les votes se font à l'unanimité des élus au CA sans que les personnels aient accès à leurs débats. C'est pareil pour le Comité Technique. Le Comité Pédagogique étant lui précédé et phagocyté par un comité de direction.

Lors de la fusion des établissements en EPCC, l'Etat a joué un rôle très autoritaire pour imposer cela aux communes. Au détriment d'autres projets, comme la création d'une association plus autonome.

Depuis, les moyens font défaut. Dans la réorganisation un cabinet de consultants de Quimper a mené une étude très incomplète sur les besoins : par exemple, ces écoles des beaux arts n'ont pas de réseau informatique propre. La réorganisation des services a étoffé l'administration générale des 4 écoles : au lieu de 2 salariés initialement prévus, c'est 8 personnes qui sont employés, mais les moyens pour enseigner dans des bonnes conditions et avec un statut non précaire font défaut.

A Rennes, la précarisation concerne la moitié des enseignants qui sont des vacataires, souvent des doctorants issus de la fac. La précarité des enseignants de fac (et des conditions de travail pour les élèves), on la retrouve dans ces écoles d'art.

Les collectivités donnent un budget à niveau constant alors que certains postes évoluent à hausse, au détriment de l'enseignement.

Ces écoles d'art sont désormais gérées comme des entreprises ou des écoles de commerce en concurrence : tout pour la vitrine et l'affichage. Course aux partenariats prestigieux avec l'étranger au détriment du fond. « Toutes les écoles d'art se sont découvertes comme étant en concurrence pour attirer les étudiants ».

Le directeur de ces écoles d'art, M. Lucéa, est très contesté. Il vient de la direction de la culture à Brest où des salariés et des élus se plaignaient de son autoritarisme. Sous couvert d'une réorganisation de service il veut virer enseignante, une militante CGT en fin de contrat, « une fille vachement bien qui ne va pas lâcher » car elle est jusqu'en octobre avec deux étudiants sur un projet de partenariat avec une crèche de Quimper. La CGT demande un an de prolongation de contrat mais ils ne veulent pas lâcher.

On cherche à pousser à la démission certaines enseignantes qui déplaisent au directeur en question.

A Brest, deux postes seraient supprimés (un poste créé à temps partiel), à Lorient 1 poste supprimé.

L'école de Brest est en équilibre financier intéressant, pas celle de Lorient.

Il n'y a pas de transparence sur les budgets : budget principal plus 4 budgets qui ne sont pas solidaires.

Le problème que rencontrent les enseignants et leurs représentants syndicaux est qu'ils trouvent très peu d'appuis chez les élus pour alerter sur ces problèmes et faire bouger les choses.

Ainsi, en CA le 1er Juillet 2015 à Brest, toute la réorganisation des services a été votée. Il n'y a pas eu de débat, le CA n'étant qu'une chambre d'enregistrement de ce que les "personnes publiques" ont déjà décidé en privé.

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du Parti Communiste du Finistère.

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Courrier d'Alain Bourges, secrétaire général de la CGT-EESAB à Philippe Noguès, député du Morbihan:

Alain Bourges
Secrétaire Général de la CGT-EESAB

Monsieur le député,

Averti de vos récentes positions, je me permets de vous adresser ce courrier pour vous informer de la situation d'un établissement régional, l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne, et solliciter votre appui.

L'EESAB est née de la fusion exigée par l'Etat des écoles des beaux-arts de Brest, Lorient, Quimper et Rennes. Dans le cadre d'une transformation en Etablissement d'Enseignement supérieur, la loi imposait l'autonomie juridique (Loi Pécresse) et c'est pourquoi toutes les écoles d'art territoriales de France sont devenues des Etablissements Publics de Coopération Culturelle (EPCC).

Force est de constater aujourd'hui que ce statut ne répond pas aux nécessités des écoles et surtout, d'établissements d'enseignement supérieur. Ce constat est désormais partagé au plus haut niveau et nous avons cru comprendre qu'une révision du statut des EPCC est envisagé.


Quoiqu'il en soit, le cas breton a la particularité d'être le seul qui regroupe 4 anciennes écoles. L'impréparation dans laquelle le projet a été lancé pose multitude de problèmes : oubli d'un réseau informatique propre, désormais financièrement inenvisageable, augmentation considérable d'une administration centrale prévue au départ a minima, frais imprévus et temps perdu en déplacements incessant dans toute la Bretagne, etc... mais, surtout, le plus sérieux problème est le déficit démocratique et l'incapacité en terme de concertation sociale.

L'EESAB est dirigé par un Conseil d'Administration où les collectivités détiennent légalement la majorité. Les personnels n'y constituent qu'une minorité réduite et sans influence. Ce sont les payeurs qui décident, hélas sans expérience des spécificités de l'enseignement artistique. Contrairement à la tradition démocratique de l'Université où les enseignants et étudiants jouent un rôle central dans les Conseils d'Administration, nous affrontons des élus portés par une vision purement administrative et comptable, sans compréhension ni des enjeux de l'enseignement supérieur ni de la dimension artistique d'un tel enseignement. Cette situation, partagée par toutes les écoles de France s'aggrave en Bretagne par le mise en place de réunions qui doublent, voire court-circuitent, les instances (réunion des personnes publiques en amont du CA, réunion employeur-syndicats en amont du Comité Technique, réunion des directeurs en aval du conseil pédagogique, etc...). Désabusés, les personnels se sont détournés des élections aux instances et il a fallu tirer au sort leurs représentants au Conseil d'Administration ou faire sans eux dans les différents sites.

Cette situation débouche aujourd'hui sur un réel conflit. Au terme de quatre années de fonctionnement les sites de Brest, Lorient et Rennes annoncent des suppressions ou des réductions de postes d'enseignants. Nous sommes déjà dans une situation où, à l'encontre des règles de la Fonction Publique territoriale, la précarité se généralise. Mais, étape supplémentaire, il va être décidé ce 1er janvier de supprimer deux postes à Brest, d'en supprimer un à Lorient et d'en réduire un à Rennes pour de simples motifs budgétaires. Pour résumer, dans ce qui est une école, donc un lieu voué à l'enseignement, on accroît l'administration et on supprime des professeurs ! Les deux syndicats, CFDT et CGT se sont unis pour résister à cette politique désastreuse.

Dans le cas Lorientais, le prétexte est un déficit du site et les administrateurs s'accommodent de cette perte en estimant qu'un autre professeur peut à lui seul assumer ce que faisaient deux auparavant. Dans le cas brestois, le plus dramatique, une pseudo réorganisation des services sert de prétexte à l'éviction d'une enseignante trop peu docile. À Rennes, il s'agit d'une baisse d'effectifs dans une section. Cette politique purement comptable est inacceptable mais l'administration comme les élus nous opposent une fin de non-recevoir. Aucune politique, aucun projet pédagogique global à l'Etablissement n'existe en dehors de quelques considérations vagues. Nous affirmons, de notre côté que la priorité est de déterminer en concertation avec les personnels un réel projet pédagogique de l'Etablissement et, à partir de là, la discussion des moyens et personnels à y impliquer deviendra possible.

Nous avons alerté le Ministère de la Culture, la Préfecture, le Centre de Gestion. Le problème breton a été popularisé dans toute la France par la Coordination Nationale des Enseignants des Ecoles d'Art. Nous avons interpelé tous les interlocuteurs. Nous sommes désormais prêt à mener une action plus ferme pour contraindre l'employeur à la négociation.

Aujourd'hui, nous nous tournons vers vous. Aucun des sites de l'EESAB ne figure dans votre circonscription mais vous êtes un élu de la République et vous êtes issu de Bretagne. L'administration d'un établissement public de dimension régionale vous concerne donc au premier chef. Nous souhaiterions que vous puissiez user de votre position pour agir auprès des représentants des villes, de la Région et de l'Etat qui s'apprêtent à voter ce 1er juillet la suppression de postes d'enseignants au cours d'un Conseil d'Administration qui se tiendra à Quimper.

En espérant que votre influence permettra de renouer un dialogue rompu et que des issues pourront être trouvées pour éviter les drames humains qui s'annoncent, je vous prie, Monsieur le député, d'agréer l'expression de mes sentiments cordiaux.

Alain Bourges

Pour plus d'information, le site de la CGT de l'EESAB:

http://cgt-eesab.eklablog.fr/

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 06:31

Communiqué du Réseau école du PCF et de l'Union des Étudiants communistes. 30 juin 2015.

Les emplois d'avenir professeur, c'est fini ! Alors que les étudiants viennent de déposer leurs dossiers pour la rentrée prochaine, le gouvernement demande aux universités et aux rectorats de mettre fin au dispositif. C'est une circulaire datée du 22 juin dernier qui a discrètement mis un coup d'arrêt au dispositif.

L'État doit cesser de se comporter comme le pire des patrons en proposant aux étudiants des "jobs" sous-payés. La précarité ne peut pas être la solution pour former des enseignants de haut niveau. Pour se former, réussir les concours, acquérir les connaissances, les pratiques et l'expérience nécessaires pour faire réussir tous les élèves, il faut du temps et de la sérénité. Un dispositif de pré-recrutements sous statut de la fonction publique doit être mis en place: c'est l'intérêt des étudiants, des élèves et de toute la société.

Le désengagement de l'État doit cesser. Depuis 3 ans, le gouvernement fait des économies sur le dos des étudiants qui se préparent aux métiers de l'enseignement. En 2013, la création des EAP a été financée en suppriment les aides destinées aux étudiants préparant les concours. Obliger les étudiants à travailler pour financer leurs études, c'est les empêcher de préparer le concours dans de bonnes conditions. Comment recruter plus d'enseignants dans ces conditions ?

Le gouvernement reconnaît qu'il y a besoin de 300 000 enseignants d'ici 2022. Recruter et former des enseignants capables de faire réussir tous les élèves, cela a un coût, et ce n'est pas aux étudiants de payer !

Dès maintenant, la suppression des EAP doit être compensée par le rétablissement d'aides financières spécifiques destinées aux étudiants préparant les concours de l'enseignement, ouvertes à tous les étudiants et sans contrepartie de travail pendant les études. Rapidement, un système de pré-recrutements sous statut de la fonction publique doit être mis en place, comme le proposait le rapport du Sénat sur le métier d'enseignant dirigé par Brigitte Gonthier-Morin en 2012 et comme le demandent les principaux syndicats enseignants.

Fin des emplois d'avenir professeurs: et si on en finissait aussi avec la précarisation des étudiants et des enseignants?
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