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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 06:22

Ce jeudi 13 octobre à Morlaix, nous étions une quarantaine de personnes présentes à la réunion de création du collectif citoyen du Front de Gauche: citoyens impatients d'un vrai changement à gauche, militants politiques, associatifs, syndicaux. Ensemble, nous avons décidé de mener une campagne de terrain populaire et dynamique pour convaincre de l'utilité du vote pour un meilleur partage des richesses, une reprise de contrôle des pouvoirs financiers, une remise à l'honneur des services publics et de la protection sociale solidaire, une démocratisation des institutions françaises et européennes et une planification écologique. Les richesses sont là pour permettre à tous de bien vivre mais elles sont aujourd'hui accaparées par quelques uns ou utilisées pour remettre à flot les banques et leurs actionnaires avant de demander au citoyen de se serrer la ceinture encore et toujours. La crise du capitalisme financier produite par des décennies de politiques libérales nous met dans l'obligation de changer ce système producteur de toujours plus d'inégalités et de mal-être social et nous donne en même temps une formidable opportunité pour inventer autre chose. Distribution de programmes partagés du Front de Gauche dans les marchés et les quartiers, réunions publiques thématiques à petite et grande échelle, évènements festifs et militants...etc., ce ne sont pas les idées qui ont manqué pour faire grandir l'exigence de transformation sociale dans la population en lui donnant accès à nos propositions alternatives crédibles et à la hauteur des enjeux de ce moment historique qui peut accoucher du meilleur comme du pire. Le mercredi 26 octobre aura lieu à 18h (2 petite rue de Callac à Morlaix) la deuxième réunion publique ouverte à tous de ce collectif citoyen du Front de Gauche. Rejoignez-nous nombreux pour être acteurs du changement!

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 20:08

1591.JPGCe sont eux, photographiés par JL Le Calvez au petit matin, qui ont servi les croissants et le petit dej aux plus valeureux des 700 manifestants du 11 octobre. Bravo pour cette initiative innovante!

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 19:36

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Ces photos de JL Le Calvez ont été prises le mardi 11 octobre, premier jour de grève et de piquet de grève devant les bureaux provisoires de la rue de Paris, tôt le matin avant le rassemblement et la manif contre les politiques d'austérité à 10h30. Aux guichets des postes de Plourin, la Boissière, Morlaix Centre, Taulé, Saint Martin, 90% des salariés hors cadres faisaient grève et lancaient dans la bonne humeur et la détermination leur mouvement de grève illimitée en faisant signer des pétitions. Nous avons fait savoir dans la presse, sur ce blog, et dans un tract distribué lors de la manif du 11 octobre que nous les soutenions à 100% dans leur lutte pour le maintien de l'emploi, des horaires d'ouverture des bureaux, de la qualité du service, et de conditions de travail conformes à leur qualification et à leur sens du service public à l'opposé du management néo-libéral et des objectifs de rendement auxquels on les soumet aujourd'hui. Aujourd'hui, mercredi, ces salariés ont déplacé le piquet de grève vers d'autres bureaux pour rencontrer la population et faire signer leur pétition. Demain, ils ont un rendez-vous avec la direction qui jusqu'à présent se défausse de ses responsabilités en disant que ces décisions de fermetures de bureau et de suppressions d'emploi résultent d'accord nationaux entre la direction de La Poste et l'association des maires de France. A Plougonven, les facteurs étaient également en grève aujourd'hui pour s'opposer à un plan de restructuration de la distribution de courrier prévoyant la suppression d'une tournée sur les huit existantes. Les élus locaux de Guerlesquin, Plougonven, comme notre député Mme Lebranchu, et notre sénateur, Mr Fichet, ont été ou vont être alertés par les salariés de La Poste et les syndicats. Leur engagement ferme et résolu à leur côté peut changer la donne, comme cela s'est vu ailleurs grâce à la mobilisation des élus et de la population. Il faut exiger que la direction recule pour le maintien d'une offre de service public de proximité de qualité et il serait souhaitable d'organiser une manif des citoyens et des élus si la direction ne revenait pas sur son plan demain en début de soirée.  

 

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 06:01

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Hier soir, Arte diffusait un documentaire intitulé Syrie, dans l'enfer de la répression, ce reportage ayant été tourné clandestinement en août dernier par la journaliste Sofia Amara pour montrer les modes d'action, l'immense courage et le calvaire des activistes et des foules syriennes qui manifestent pacifiquement contre le régime de Bachar el Assad.

Au moins 3000 syriens tués par le régime (ce sont ceux dont le sort à été établi, mais il y a aussi beaucoup de disparitions), des dizaines de milliers d'arrestations suivies de tortures (suspendus à des crocs de boucher où l'on étire les chairs, cigarettes avec lesquels on les brûle, coups de ceinturons, électricité...), des manifestants blessés qu'on achève systématiquement dans les hôpitaux militaires, des soldats refusant de tirer sur la foule qui sont immédiatement fusillés... Tout l'arsenal d'un appareil sécuritaire pervers en guerre contre son peuple.

Et, malgré tout, on voit les Syriens, enfants, jeunes hommes et moins jeunes, qui continuent à offrir leur poitrine aux assassins appointés en avançant vers les soldats ou les forces de sécurité dans les manifestations d'après prière de rupture de jeûne tout en criant et chantant leur detestation de Bachar et de son régime mafieux et terroriste basé sur la corruption, la domination sans partage d'une minorité, les Alouites, et le pouvoir absolu des services de renseignement. On les voit continuer à avancer, masqués ou non, alors que des étages des immeubles, ou d'en face devant des fourgonnettes ou des blindés, on les tue au compte-goutte, par dizaines ou par centaines selon la stratégie du jour des loyalistes. Quand les révoltés se retrouvent le soir sur les places, ils dansent et ils reprennent à l'unisson des slogans où il est question de ne renoncer jamais, de n'avoir qu'un Dieu, et surtout pas Bachar, de pendre leur dictateur, d'aller jusqu'au bout pour renverser le régime. Ils se donnent du courage ensemble pour ne pas céder au désespoir qui leur ferait tout perdre. Par internet, les différents mouvements populaires révolutionnaires décentralisés des villes syriennes s'échangent des images, des slogans, des informations, informent Al Jazira, la télévision qatari qui dénonce au monde arabe les atrocités de l'armée et des milices du pouvoir, dont certaines sont composées de tueurs du Hezbollah ou d'Iran encore plus cruels avec la population. Ce qui est bouleversant dans ce reportage et cette réalité, ce n'est pas simplement de voir les supplices infligés par ce régime qui n'a plus aucune porte de sortie honorable, c'est de voir la joie, la fraternité et la résolution inébranlable sur les visages des manifestants qui n'ont plus peur d'Assad et vivent déjà un rêve en retrouvant un collectif politique, une dignité, en s'exprimant librement. C'est de voir que, dans leur majorité, ils continuent à avoir la lucidité, malgré l'horreur de la repression, de refuser de repliquer, de prendre les armes contre les gardiens du régime, car ils savent que ces dernières n'attendent que cela pour passer d'une repression ciblée visant à terroriser à des crimes de guerre de masse dans un conflit absolument inégal qui opposerait sans que le terrain se prête à une guérilla une armée suréquipée de 500000 soldats joints aux forces de sécurité à une population quasi désarmée. Ils continuent également à refuser l'intervention étrangère qui obscurcirait les motivations du mouvement populaire, permettrait à Bachar et à ses sbires de le décridibiliser comme l'effet d'un complot occidental, et qui générerait sans doute dans un premier temps une intensification de la répression et une guerre civile. Ce peuple a déjà eu à souffrir de la partialité occidentale dans ses conflits avec Israël et a l'exemple-repoussoir de l'Irak pour continuer à vouloir que la chute du régime vienne d'un mouvement politique interne, malgré les difficultés et les sacrifices que cela nécessite. Dans la ville d'Hama, que les chars ont encerclé avant que les militaires ne la ratisse et envoie des obus anti-aériens sur la population, on a été obligé cet été, comme l'armée bombardait les cimetières, d'enterrer dans ces jardins publics créés sur l'emplacement d'anciens cimetières et charniers après les massacres des Frères musulmans et des populations civiles en 1982 par Hafez el Assad.    

Dès lors, de quoi ces Syriens en lutte attendent leur salut? De l'impossibilité logique qu'un régime militaire et policier continue d'exercer sa domination en massacrant pendant des mois ou des années des opposants unis et s'organisant à visage découvert qui représentent la volonté d'au moins 80% de la population. De la fin du soutien des Iraniens, du gouvernement libanais qui craint son voisin et le Hezbollah, de la Russie et de la Chine, au régime des Assad. Des mouvements de défection et de révolte à l'intérieur de l'armée, motivés par l'indignation morale devant les exactions contre des civils pacifiques, leur peuple, ou par la perception lucide de l'intérêt qu'il y a à se désolidariser à temps d'un régime condamné à terme. 

La France a tenté avec d'autres ces dernières semaines d'obtenir une condamnation ferme de l'Etat syrien et des sanctions à l'ONU: la Chine et la Russie ont fait obstruction, même si leurs communiqués se font de moins en moins complaisants pour Assad. Il faut poursuivre et intensifier ces efforts pour ne pas laisser la population syrienne se faire massacrer en huis clos sans rien tenter. Le dialogue entre les opposants en exil issus de divers partis et composantes de la société syrienne et leur association en un Comité National de la Résistance est aussi une perspective intéressante pour crédibiliser auprès des autres Etats et de la population syrienne elle-même l'opportunité d'un changement de régime.

En tout cas, ce pays qui a été placé depuis 40 ans sous une chape de plomb d'unanimisme et de docilité forcés nous donne une sacrée leçon de vitalité populaire et de courage de la même manière que tous les mouvements démocratiques pacifiques de ce printemps arabe qui devraient nourrir en nous la honte de ne pas être capables, en Europe occidentale, de nous révolter dans une situation de précarité et de danger bien moindres face à la confiscation de nos droits et la régression sociale que nous subissons depuis des années.

Ismaël Dupont.

 

 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 05:37

Le principe de cette journée de mobilisation interprofessionnelle décidée par l'intersyndicale CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa, a été décidé après l'annonce par François Fillon d'un plan de réduction des déficits portant sur 11 milliards d'euros porté à hauteur de 3 milliards au moins par les salariés.

 

Cortège 6 nov 2010

 

 

On peut rappeler quelques mesures emblématiques de ce plan de rigueur:  

- une dérisoire taxe provisoire (jusqu'à ce que la France revienne à 3% du PIB de déficit) de 3% sur les revenus supérieurs à 500000 euros qui ne devait rapporter que 200 millions là où un retour au taux d'imposition sur le revenu de 2002 aurait rapporté 10 milliards par an. tandis qu'une annulation de la suppression de l'ISF aurait ramené 2 milliards dans les caisses de l'Etat.

- une multiplication par deux, de 3,5% à 7%, de la taxe sur les contrats "solidaires et responsables" des mutuelles.

- une augmentation de la TVA sur des produits "mauvais" pour la santé pour financer la Sécu.

 

Rappelons ce que chacun sait: que cette rigueur s'ajoutait à de la rigueur: suppression d'un poste de fonctionnaire sur 2 consécutif à un départ en retraite, assèchement des crédits de l'hôpital public et démentèlement de la protection sociale, stagnation des minima sociaux, allongement de la durée de cotisation et de l'âge minimal de départ pour la retraite...

 

Ce nouveau tour de vis budgétaire a été dicté par une seule considération, ne pas déplaire aux pouvoirs financiers: rassurer les marchés en se conformant à un agenda européen de l'austérité dont la ligne directrice est fixée par le pacte de stabilité pour l'euro, ne pas perdre la note maximale AAA attribuée par les agences de notation, se donner des marges de manoeuvre pour recapitaliser les banques et socialiser leurs pertes. Etant contradictoire avec l'objectif d'une relance de la consommation et de l'activité, d'une baisse du chômage, ce budget de rigueur qui va être discuté la semaine prochaine à l'Assemblée Nationale a toute chance, comme les plans d'austérité plus drastiques encore imposés en Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Irlande et en Grande-Bretagne, de nous plonger durablement dans la récession et d'accroître le poids de la dette: celui-ci a déjà été doublé sous la présidence Sarkozy, passant à 6,7% du PIB.

 

Cette journée de grève et de mobilisation est donc une journée de riposte qui vise à montrer que les salariés ne sont pas dupes sur le casse du siècle que sont en train de réaliser les banques et les organismes financiers, sur la dictature de la finance qui est en train de s'installer en Europe, et qu'ils exigent que leur gouvernement, y compris et surtout un gouvernement de gauche à l'horizon 2012 (car de la mafia sarkozyste, plus personne n'attend plus rien) réoriente à 180 degrés cette politique.

Cela supposerait d'imposer une autre utilisation de l'argent public au niveau européen, au profit de l'emploi, de l'activité et de la croissance, prenant pour point d'appui une fiscalité réellement redistributive et limitant les revenus financiers et les revenus du patrimoine qui gonflent le poids de cette économie financière qui destabilise nos sociétés, mais aussi un contrôle démocratique de la Banque Centrale Européenne et une transformation de ses missions lui permettant de venir assister directement les Etats endettés.

 

On peut être sceptique sur l'efficacité immédiate de cette mobilisation interprofessionnelle d'un jour, d'autant que seules la CGT, SUD et la FSU appelaient réellement à la grève, la CFDT et l'UNSA prêchant simplant pour des rassemblements et des actions symboliques, mais il est néanmoins très important de réussir cette mobilisation pour rappeler les exigences non négociables du monde du travail vis à vis des acteurs politiques afin qu'une possible victoire de la gauche en 2012 ne coïncide avec de nouvelles abdications, de nouvelles déceptions.

 

Or, on peut avoir de vrais inquiétudes quand on voit François Hollande, partisan déclaré d'une politique de rigueur depuis plusieurs mois malgré quelques promesses intéressées de générosité inaccoutumée vis à vis de l'école, se donner pour priorité de revenir à 3% du PIB de déficit d'ici 2013 et placer son action sous l'égide du respect des engagements du pacte de stabilité pour l'euro.

 

Demain, les communistes seront donc présents à Morlaix pour la manifestation de 10h30 au côté des salariés, des chômeurs, des jeunes et des retraités en colère contre les mesures d'austérité du gouvernement français et des gouvernements européens, en attente d'une autre politique économique et sociale au service de l'emploi, des salaires et d'un meilleur partage des richesses.

Ils apporteront également leur soutien aux salariés de La Poste qui devraient lancer un mouvement de grève illimitée dès le lendemain pour protester contre la gestion néo-libérale de leur entreprise, les suppressions de postes et d'heures d'ouverture dans les bureaux de la région morlaisienne.     

 

 

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 08:34

Le projet de restructuration dans les bureaux de Poste de Morlaix que nous avions dénoncé en juillet dernier se précise: Morlaix va perdre 10h45 heures d'ouverture de guichet et l'ensemble des bureaux du secteur (Morlaix, Plouezoch, Plougonven, Saint Martin des Champs, Taulé, Plourin) voient leur ouverture au public diminuer de 31h45, ce qui entraîne la suppression de 3 postes à temps plein. Ce projet traduit la décision de sacrifier l'emploi, les besoins des usagers et la qualité du service dans les bureaux de Poste à des objectifs de rentabilité accrue. La section PCF de Morlaix exprime donc son soutien total et sa solidarité aux salariés de la Poste qui vont se mettre en grève illimitée à l'appel de la CGT et de SUD à partir du mercredi 12 octobre et appelle l'ensemble de la population de la région morlaisienne à soutenir massivement le mouvement. Depuis que le gouvernement l'a transformé en Société Anonyme, la Poste est devenue une entreprise comme les autres, préoccupée d'une seule et unique chose: encore plus de rendement, encore plus de profits.

 

Le maire de Morlaix, dans un entretien du 17 septembre 2011 paru dans Le Télégramme où il prétendait avec un sens prononcé du paradoxe « ne pas faire de politique partisane », s'est à l'inverse félicité de la réorganisation des horaires à La Poste sur Morlaix, qui n'est, selon lui, « en rien une régression ».

Avec esprit de suite, Mme Le Brun soutenait ainsi jusque dans ses dernières conséquences la décision exécutée en mars 2010 par le gouvernement UMP de transformer la Poste en société anonyme malgré l'opposition de 2 millions de français qui se sont déplacé lors de la votation citoyenne d'octobre 2009 pour dire non à ce changement de statut. Après avoir jugé cette réorganisation des horaires à La Poste positive en conseil communautaire, elle a pourtant voté apparemment pour la motion de Morlaix Communauté condamnant ces restructurations: la cohérence a cédé le pas à l'intérêt électoral sans doute.

 

Renonçant progressivement à sa mission de service public, la Poste fait payer très cher aux communes et donc aux contribuables le maintien des agences postales en milieu rural, tout en diminuant sa présence en personnel dans ces zones qui ont tant besoin du maintien d'une offre de service public de proximité, pour les personnes vieillissantes notamment. Elle différencie de plus en plus ses tarifs-courrier, privilégie les activités bancaires plus rentables et l'automatisation sans tenir compte des besoins des publics les plus âgés et défavorisés.

Les 784 millions de bénéfices obtenus en 2010 sont le résultat de 11694 suppressions d'emplois à temps complet cette année là, de prestations de plus en plus chèrement facturés aux clients-usagers et d'une productivité accrue réclamée au personnel qui contredit sa culture du service public au service de l'intérêt général. Éclatée désormais en plusieurs filiales, la Poste a actuellement pour actionnaire principal l'État, avant que la Caisse des Dépôts et Consignations rentre dans son capital et réclame un retour sur investissement et donc des profits de 15% par an.

Or, c'est cette même Caisse des dépôts et Consignations qui sera chargée de recapitaliser Dexia, la banque franco-belge plombée par ses achats d'actifs toxiques et ses emprunts faits à des collectivités endettées jusqu'au cou: par un système de vases communicants monté pour socialiser les pertes du capital et remettre à flot les actionnaires de Dexia, le contribuable qui finance la Poste, son usager et l'employé, seront les vaches à traire qui permettront de sauver la banque.

 

On n'a pas fini de réclamer des plans d'économie à La Poste si on continue sur cette voie là. Il faut donc que les citoyens de la région morlaisienne viennent soutenir massivement les personnels grévistes dès l'ouverture de la poste et du piquet de grève rue de Paris à Morlaix le mardi 11 octobre à 8h15. Caisse de solidarité, pétition, manifestation au côté des personnels, collectif de soutien: tout sera bon pour peser dans la balance et faire reculer la direction locale dans des négociations qui sont actuellement au point mort.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 10:11

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Le temps presse pour la riposte. Alors: A vos agendas!

 

 

 

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LE VENDREDI 7 OCTOBRE A 20H00

Salle Le Gallouédec à SAINT MARTIN DES CHAMPS  

 

Conférence-débat du Front de Gauche sur la Crise Financière

 

Quelles politiques nous y ont plongés? Quelle exploitation en font les gouvernements européens pour renforcer la domination de la finance sur nos sociétés? Comment en sortir?

 

Introduction au débat par YVES DIMICOLI

économiste, membre de la commission Finance-Economie du PCF

 

Après le débat il est prévu de faire le point avec tous nos sympathisants pour réfléchir à l'animation de la campagne des Présidentielles et des Légistatives 2012 du Front de Gauche dans notre circonscription.     

 

 

Pour se mettre en bouche et clarifier par avance ses idées sur les tenants et aboutissants de la crise de la dette et de la crise financière actuelle en prenant de la distance par rapport aux pédogogies du renoncement et de l'acceptation de l'austérité, voici deux brillants articles datés d'il y a quelques jours de notre prochain conférencier, Yves DIMICOLI.

Décréter l'état d'urgence.

Les choix faits depuis mai 2010 et, encore plus, lors du sommet de l'euro-groupe de juillet dernier, conjuguent surenchères dans les politiques d'austérité, graves reculs de la démocratie et de la souveraineté populaire. C’est un véritable une fuite en avant au service de la domination des marchés financiers. Ces choix débouchent sur un énorme fiasco du point de vue même de l’objectif qu'ils prétendent viser: le recul de l'endettement public. La fragilisation de l'Europe qu'engendre l'aveuglement des dirigeants de la zone euro et dont se réjouissent les fonds spéculatifs, anglo-américains notamment, va conduire au désastre : freinage de la croissance, augmentation du chômage, rationnement des services publics et étouffement des revenus salariaux. Il faut rompre avec cette logique folle qui assassine les Grecs, et qui prépare l'éclatement de la zone euro au risque d'une confrontation fratricide entre Européens à coup de dévaluations compétitives.

La gauche, en France, a une responsabilité immense. Il ne suffit pas de se proclamer pour une opposition à la « règle d'or » en évoquant le caractère spécieux de l'initiative de Sarkozy. Il faut appeler les salariés, les chômeurs, les retraités, les jeunes à une grande mobilisation exigeant un changement de logique avec une autre utilisation de l'euro et de la création monétaire de la la BCE :

 -  Une grande expansion concertée des services publics, rompant avec les orientations des pactes de stabilité et de l'euro plus, et posant la nécessité de  choix budgétaires de relance sociale pour 2010;

-  Une maitrise populaire du crédit et des banques pour sécuriser l'emploi, la formation, les revenus salariaux, de conserve avec une répression systématique de la spéculation.

 Rejetons toute tentation d'union sacrée derrière les marchés financiers. Cessons de diaboliser, comme la droite et l'extrême droite, les déficits et les dettes publiques. Décrétons l'état d'urgence pour imposer une réorientation des pratiques des banques et des grands groupes en exigeant des droits et pouvoirs d'intervention des salariés, des citoyens et des élus sur l'utilisation de l'argent des profits, des fonds publics et du crédit.

Les institutions bancaires et de crédits doivent redevenir du domaine public et fonctionner selon une logique anti-spéculative et de soutien à la relance sociale et économique, aux salaires, emplois, aux investissements socialement utiles et générateurs de croissance.

 

 

 

A propos de l'accroissement de la dette publique.

Analyse des causes de la crise financière, économique et sociale par Yves Dimicoli et présentation des moyens d'en sortir. Article placé initialement à la mi-septembre 2011 sur le blog du PCF de Clichy.   

 

IOù en est-on de la dette publique aujourd'hui?

■ En France, elle augmente depuis trente ans. Mais, c'est à partir de la fin des années 1970 et, plus encore, du début des années 1980, avec le recours de plus en plus systématique au marché financier, que le dette publique française commence de s'envoler.
De 21,2% du PIB en 1978, elle passe à 36% en 1983, pour bondir à 60% en 1998. Les années 2000, après une courte période de latence due à une nette reprise de la croissance dans les pays développés, donnent lieu à un véritable emballement: De 63,3% du PIB en 2003, l'endettement public passe à 79% en 2009, puis 82,3% en 2010, soit 1591,2 milliards d'euros.
La seule dette de l'État, qui était de 44 milliards d'euros en 1978, a été multipliée par 25 depuis, pour atteindre 1101 milliards d'euros fin 2009. Avec 50 milliards d'euro, la charge d'intérêts de la dette est devenue le troisième poste de dépense du budget.

■ Tous les pays avancés ont connu un tel phénomène:

Par exemple, depuis 1981, date d'envolée du dollar et des marchés financiers aux États-Unis, la limite d'endettement public décidée par le Congrès y a été relevée cinq fois: de 8 000 milliards de dollars entre 1981 et 1985, sous Reagan, elle a été portée à plus de 10 000 milliards avec Bush père (1989-1992), puis prés de 13 000 milliards sous Clinton (1993-2000), pour atteindre 14 294 milliards de dollars avec Bush junior... Obama vient, avec difficultés, d'obtenir son relèvement de 2100 milliards de dollars et, pour la première fois, la dette publique des Etats-Unis a dépassé le seuil de 100% du PIB.
Au Japon, depuis un point bas de 63,2% en 1992, la dette publique a progressé jusqu'à 197,2% du PIB en 2010.
Les pays de la zone euro n'ont pas échappé à cette tendance: Alors que, rapportée au PIB, la dette publique agrégée de la zone enregistrait une moyenne de 67% du PIB de 2000 à 2008, elle passe brusquement à 78,8% en 2009.


II – Appel au marché financier ou à la création monétaire de la banque centrale?
C'est par une loi "Pompidou-Giscard" du 3 janvier 1973 que le choix a été fait, en France, de mobiliser la force de l'Etat pour promouvoir le marché financier et soutenir les opérations financières des banques ordinaires.
Elle stipule en son article 25 que "le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France". En pratique, cela signifie qu'on interdit à la République française l’accès direct à la création monétaire de la Banque centrale en l'obligeant à emprunter auprès des banques privées sur les marchés d'obligations à des taux d'intérêt dépendant de la conjoncture de ces derniers.
Par cette réforme, "il s'agissait à l'époque de constituer un véritable marché des titres à court, moyen et long terme, qu'ils soient émis par une entité privée ou publique" confirme V. Giscard d'Estaing . Et il la justifie: "la possibilité du prêt direct de la Banque de France au trésor public a généré partout où il fut appliqué une situation d'inflation monétaire permanente".
Constatation très discutable, car ce n'est pas, en soi, l'appel public à la création monétaire de la Banque centrale qui est inflationniste, mais la façon dont cette création monétaire, utilisée par l'État pour de massifs transferts en direction des capitaux monopolistes, n'a pas engendré une croissance suffisante des richesses réelles, d'où l'inflation.
Les dispositions de l'article 25 de la loi de janvier 1973 ont été reconduites par une loi du 4 août 1993. L'enjeu était non seulement l'endettement de l'État au service des grands groupes, mais aussi le financement de ces derniers: Face aux défis de partage de la révolution informationnelle et pour la rentabilité financière, ils étaient en effet appelés à se lancer dans de vastes opérations de restructuration et de fusions-acquisitions à l'échelle du monde entier, requérant d'énormes fonds levés sur les marchés.
Cela a ouvert la porte à une longue période d'essor du marché financier et à une envolée de la dette publique qui y est financée à partir de 1978. De fait, avec le ralentissement de la croissance et la montée du chômage, avec les transferts de plus en plus massifs de l'État vers les grandes entreprises faisant exploser les gâchis de financements publics, avec l'inauguration des politiques d'austérité raréfiant les recettes fiscales et sociales, les comptes publics de la France ont commencé à s'enfoncer structurellement dans le rouge à partir de 1974 pour, depuis, ne plus jamais revenir dans le vert.

Par la suite, l'accumulation de la dette et la progression des intérêts engendrés ont fait surgir un phénomène "boule de neige" avec une croissance économique de plus en plus ralentie: la dette publique augmente mécaniquement, du fait que le taux d'intérêt payé sur elle est plus élevé que le taux de croissance des ressources qui servent à la rembourser.
Aujourd'hui, la seule charge d'intérêts de la dette coûte plus de 50 milliards d'euros à la collectivité et représente le troisième poste du budget de l'Etat. La pratique de l'appel par l'Etat au marché financier pour financer ses déficits est devenue encore plus systématique et d'ampleur avec le passage à un euro conçu, précisément, au service de la domination des marchés financiers, avec une banque centrale "indépendante" et interdite par traité de toute monétisation de dettes publiques.


III – Insuffisance de recettes et gâchis de dépenses publiques:

Les dettes publiques augmentent brutalement en 2008-2009 avec l'intervention massive des Etats face à l'explosion de l'excès d'endettement privé accumulé depuis des années en contrepartie, surtout, d'opérations et placements boursiers, de LBO, de délocalisations, d'investissements contre l'emploi et de formidables spéculations boursières et immobilières.
L'endettement public a pris ainsi le relai de l'endettement privé pour continuer de soutenir l'accumulation capitaliste.
Aux Etats-Unis, près de 800 milliards d'euros sur deux ans ont été injectés, dont 40% en réductions d'impôts. Dans la zone euro, l'ensemble des plans adoptés ont injectés 200 milliards d'euros.

En France, après un plan d'aide à l'investissement, contre l'emploi et les salaires de 26 milliards d'euros, Sarkozy a lancé un "grand emprunt" obligataire de 35 milliards d'euros.
Tout cet argent public a été accordé sans aucun changement des critères du crédit et sans contrepartie en emplois exigées sur les aides. Cela permit de sortir de la récession , mais avec une croissance très insuffisante, très peu d'emplois et le maintien, par le chômage, d'une lourde pression sur les salaires. Par contre, les profits financiers et la spéculation ont repris de plus bel.
En France, après une récession au cours de la quelle le PIB recula de 2,2% en 2009, année où la bourse de Paris enregistra, elle, une augmentation de 22,32%, la croissance réelle a atteint péniblement 1,2% en 2010. Et, après une croissance nulle au deuxième trimestre, l'année 2011 s'annonce fort médiocre. Cette insuffisance de la croissance réelle accentue l'insuffisance des recettes publiques par rapport à la dépense qui, elle, est poussée par des besoins irrépressibles (santé, éducation, recherche, accompagnement social...) ce qui, dans ces conditions, creuse les déficits, lesquels grossissent la dette.

Pour contrer cette évolution, il aurait fallu, outre la recherche d'une plus grande efficacité sociale de la dépense, augmenter les prélèvements obligatoires. Or, ceux-ci, relativement au PIB, sont toujours restés sensiblement inférieurs aux dépenses publiques, de 7,9 points en moyenne de 2003 à 2008, mais de 12,8 points en 2009 et de 12,2 points en 2010.

Cela tient, avant tout, au fait que les gouvernements successifs n'ont cessé de multiplier les cadeaux fiscaux et para-fiscaux (Ex.: allègements de "charges sociales", suppression de la taxe professionnelle,baisse de l'Impôt sur les sociétés) au profit des entreprises, au nom de la compétitivité, et des grandes fortunes, sous prétexte que cela inciterait leurs détenteurs à ne pas les délocaliser.

Outre les cadeaux faits aux plus riches (allègement ISF, Bouclier fiscal...), ce sont les allègements d'impôts (la suppression de la taxe professionnelle par exemple) et de cotisations sociales dont ont bénéficié les entreprises qui sont au cœur de cette évolution.
Selon le Conseil des prélèvements obligatoires , le manque à gagner total, pour l'Etat, des allègements accordés aux entreprises est de 172 milliards d'euros en année pleine, soit 67,7% du total des recettes fiscales nettes du budget 2011 et 1,87 fois le déficit prévu!
Dans ce total, on retrouve les exonérations de cotisations sociales patronales dont la compensation coûte annuellement quelque 30 milliards d'euros désormais (29,8 milliards en 2009).
Le cumul de ces exonérations, accordées par tous les gouvernements en alternance depuis 1992, se monte à 250,5 milliards d'euros!
Au cœur des facteurs concourant à l'augmentation de la dette publique, il y a la volonté des dirigeants français et européens de développer le plus possible le marché financier pour attirer le maximum de capitaux vers les entreprises.
D'où deux phénomènes:

1 – La progression régulière et importante de la part des richesses produites dans les entreprises captée par les prélèvements financiers (intérêts et dividendes..);

2 – Les efforts répétitifs des gouvernements pour, au nom de la compétitivité, faire reculer la part des richesses produites dans les entreprises allant aux prélèvements obligatoires.

Bref, pour laisser le capital financier prélever une dime de plus en plus importante sur la richesse nationale, les politiques gouvernementales ont systématiquement cherché à faire reculer la part des richesses produites qui sert au financement des services publics et de la protection sociale.
Le recours systématique à l'endettement a permis ainsi, bon an mal an, de faire face aux dépenses croissantes, tout en les contenant, sans avoir à augmenter les prélèvements obligatoires.


IV – Et l' Euro là-dedans?
L'euro a été conçu au service de la domination des marchés financiers en prétendant rivaliser avec les États-Unis dans l'attraction des capitaux mondiaux moyennant un taux d'intérêt offert supérieur en permanence à celui de la devise américaine.
Avec l'euro, les dirigeants européens cherchent à disputer aux États-Unis le privilège exorbitant dont il dispose avec le dollar. La monnaie nationale des États-Unis est aussi, en effet, monnaie commune mondiale de fait.
Cela leur permet de s'endetter énormément auprès du reste du monde et de rembourser en émettant de nouveaux dollars, en faisant "marcher la planche à billets" (la FED vient de racheter pour 600 milliards de dollars de bons du Trésor des USA).
Face à cela, la zone euro, avec sa BCE "indépendante" et vouée à soutenir la force financière de l'euro, cherche à promouvoir tant et plus ses marchés financiers. Simultanément, avec le pacte de stabilité, les dépenses de services publics sont rationnées dans le but de tenir les déficits publics sous la barre de 3% du PIB.
L'euro a facilité un fort endettement des États membres, à commencer par ceux d'Europe du sud, en retard de développement, qui ont pu ainsi bénéficier de taux d'intérêt très abaissés.
Mais cet argent emprunté, au lieu de servir à développer les capacités humaines, a servi à la croissance financière des capitaux et à la spéculation, immobilière notamment, sans parler des exportations de capitaux et délocalisations. Simultanément, les services publics végétaient et les dépenses d'armement et de soutien aux capitaux financiers s'envolaient.
D'où une croissance réelle insuffisante, pauvre en emplois, très déséquilibrée et qui s'est effondrée quand cette "bulle" a éclaté.
C'est cela qui a fait apparaitre excessif l' endettement public de ces pays, relativement à leurs capacités réelles de rembourser, et déclencher une intense spéculation faisant brutalement remonter leurs taux d'intérêt.

Cela a débouché sur une grave crise de surendettement public et de vives tensions au sein de la zone euro.
Des réponses d'ampleur ont été apportées. Mais elles demeurent insuffisantes et, surtout, très contradictoires: Elles cherchent, avant tout, à rassurer les créanciers, à consolider les marchés financiers, au prix de l'écrasement des dépenses salariales et sociales et des services publics. Elles cassent donc la croissance et l'emploi et rendent encore plus improbables les remboursements.
D'où la poursuite de la spéculation contre les pays concernés, dont le défaut de paiement est anticipé, mais aussi contre tout le système de l'euro, avec les risques d'une contagion.
Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a été mis en place pour tenter d'endiguer cette crise et d'empêcher sa contagion, de conserve avec le FMI et la Commission européenne.
Il dispose de la garantie des États de la zone euro, ce qui lui permet d'emprunter jusqu'à 440 milliards d'euros sur les marchés financiers et de reprêter aux États en difficulté avec des conditions punitives.
Cette logique consiste donc à emprunter encore et toujours plus sur les marchés et donc à encourager leur croissance cancéreuse et leur domination sur le social et le public, au lieu de faire appel à la création monétaire de la BCE vouée, elle, à maintenir l'euro "fort". Cela ne peut qu'accentuer les cercles vicieux de la dette contre l'emploi, les salaires, la formation, les services publics et la croissance réelle européenne.
Désormais, ces tentatives de réponse portent gravement atteinte aux souverainetés nationales et à la démocratie, la BCE, sur mandat des gouvernements, s'arrogeant le pouvoir de dicter à un pays comme l'Italie un terrible plan d'austérité.


V – Il faut une tout autre politique:

1)- Arrêtons de diaboliser la dette publique!
La dette n'est pas mauvaise en soi. Il y a de bonnes et de mauvaises dettes. Tout dépend de l'utilisation que l'on fait de l'argent emprunté. S'il est utilisé pour accroître les richesses réelles, par exemple pour la santé, l'éducation, la recherche, le logement social, la sécurisation de l'emploi, de la formation et des salaires, l'environnement, cela fait de la croissance durable et saine. Celle-ci va alors entrainer un accroissement des recettes publiques (impôts et cotisations sociales), ce qui permettra de rembourser l'argent emprunté.
Par contre, si l'argent emprunté sert à spéculer sur les marchés bousiers et immobiliers, à délocaliser, à détruire des emplois, à déqualifier et à tirer les salaires vers le bas, cela freine la croissance, raréfie les recettes, ce qui creuse les déficits et les dettes.

  1. Ce n'est pas fatal d'aller chercher l'argent dont on a besoin sur les marchés financiers:

    a) – On peut augmenter et rendre plus efficaces les prélèvements obligatoires :
    Il faut une réforme de la fiscalité, non seulement pour accroitre les recettes des impôts et faire reculer les inégalités mais aussi pour pénaliser la croissance financière des capitaux, la recherche de l'argent pour l'argent, les délocalisations et, au contraire, encourager les comportements favorables à la croissance de l'emploi et des richesses réelles. Il faut aussi de nouvelles ressources immédiatement pour la protection sociale.
    Quatre exemples:
    ► Impôt sur les sociétés: Nous voulons le moduler de façon à pénaliser les entreprises qui investissent pour diminuer l'emploi et la masse salariale, préfèrent faire des placements financiers ou cherchent surtout à payer des dividendes; nous voulons, par contre, encourager les entreprises qui investissent en programmant des créations d'emplois, des mises en formation correctement rémunérés et contrôlés.
    ► Impôt territorial sur les entreprises: Nous voulons établir un impôt local sur le capital des entreprises pour en dissuader les gâchis. Il s'agirait d'une "taxe professionnelle" moderne qui serait assise non seulement sur les équipements des entreprises, mais aussi sur les actifs financiers des sociétés et des banques. Cela permettrait aux collectivités territoriales de disposer de quelque 20 milliards d'euros supplémentaires tout de suite et de voir l'emploi progresser sur leur territoire, ce qui augmentera la base de leurs recettes futures, plutôt que de s'endetter tant et plus auprès des banques ou des marchés financiers.
    ► Impôt sur les grandes fortunes: Nous voulons accroître son rendement, non seulement en augmentant son barème, mais aussi en élargissant sa base; par exemple en faisant contribuer les fortunes professionnelles de façon modulée, selon que les entreprises concernées augmentent ou non l'emploi et la masse salariale, alors qu'aujourd'hui les équipements professionnels sont exonérés de l'ISF.
    ► Cotisations sociales patronales: Nous proposons de faire cotiser les revenus financiers des entreprises et des banques au même taux que les salaires.


    b) – On peut utiliser autrement l'argent des prélèvements obligatoires:
    ► Nous voulons un contrôle et une évaluation publics et sociaux de la dépense publique, au lieu d'un rationnement systématique avec la RGPP et la prétendue "règle d'or des finances publiques". Celle-ci ne vise qu' à faire entrer dans notre Constitution des principes pour dessaisir automatiquement les élus de la Nation de tout pouvoir de décision budgétaire et mieux conformer les dépenses de l'Etat, des collectivités territoriales et de la protection sociale aux normes des pactes de stabilité et de l'euro plus, aux injonctions de la BCE et des marchés financiers.
    ► Il faut en finir avec les baisses de cotisations sociales patronales au nom de la compétitivité (et de l'emploi qui en dépendrait). Nous voulons, pour accroître l'efficacité sociale des entreprises, non pas baisser les "charges sociales", comme le préconisent la droite et le PS, mais pérenniser un financement efficace de la protection sociale et baisser les charges financières des entreprises (intérêts payés sur les crédits).
    Pour cela, nous proposons:

- De réformer le calcul des cotisations sociales pour accroitre durablement leurs recettes: Leur taux serait modulé de façon à décourager la croissance financière, les politiques salariales régressives et à encourager la création d'emplois et de formations correctement rémunérés;

- De dédier à un Fonds national de sécurisation de l'emploi et de la formation les quelque 30 milliards d'euros d'argent public aujourd'hui utilisés à baisser les "charges sociales". Cet argent servirait à prendre d'autant plus en charge les intérêts payés aux banques par les entreprises sur leurs crédits pour l'investissement matériel et de recherche que celui ci programmerait plus d'emplois, de formations correctement rémunérés et de progrès écologiques.

- Décentralisé au niveau régional, ce Fonds national serait partie prenante d'un pôle bancaire et financier public à partir de la Caisse des dépôts, des autres institutions financières publiques ou semi-publiques et de banques re-nationalisées. Ce pôle aura pour mission de développer, sous contrôle social, un nouveau crédit pour l'investissement des entreprises dont le taux d’intérêt serait d'autant plus abaissé, jusqu'à devenir nul, voire négatif, que cet investissement programmerait plus d'emplois et de formations correctement rémunérés.

Tout cela permettra un vigoureux essor de la croissance des richesses réelles et, donc, des recettes publiques en impôts et cotisations, tandis que reculerait la spéculation en France.

c)- On peut faire appel à la création monétaire de la BCE:

C'est ce que font aujourd'hui la FED et la Banque d'Angleterre, à la différence de la BCE. Mais elles le font pour soutenir les dépenses d'armement, les cadeaux fiscaux aux riches, les profits financiers des banques et des groupes, les placements financiers,la spéculation...
La BCE a été contrainte de transgresser ses propres dogmes monétaristes, sous le poids de la crise. Désormais, elle rachète des titres de dette publique des États en difficulté, mais pas directement auprès d'eux sur le "marché primaire", ni pour aider au développement des dépenses de services publics et pour la croissance réelle.
Elle les achète sur le "marché secondaire", auprès des banques qui détiennent ces titres afin de continuer la course folle à l'endettement sur les marchés financiers...où les banques achètent les nouveaux titres de dette publique émis à taux d'intérêt élevés avec, notamment, l'argent que leur prête la BCE à 1%!
Il faut absolument que la création monétaire de la BCE serve à une vigoureuse relance des dépenses sociales et pour les services publiques.

  1. – Comment faire?


    a) – Des mesures immédiates pour le remboursement des dettes légitimes:
    Il est indispensable de commencer à frapper très durement les spéculateurs et mettre à contribution les institutions financières pour commencer à alléger celles de dettes publiques qui sont « légitimes ».
    La mise en place d'une taxe Tobin sur les transactions financières est plus nécessaire que jamais. En même temps, il faudrait mettre à contribution, par un prélèvement spécifique, les banques, les sociétés d'assurances, les OPCVM et tous les fonds spéculatifs, dans chaque pays et à l'échelle de l'Europe.
    Devraient être particulièrement pénalisés les opérateurs qui se sont assurés contre un risque de défaut grec (ou autre) dans un but essentiellement spéculatif. Il s'agirait, ce faisant, d'en finir avec les instruments financiers du type des « CDS » (Credit default swap).Les fonds publics ainsi collectés devront être affectés à une réduction de la dette publique grecque.
    En même temps qu'il faut refuser tout plan d'austérité en France et en Europe et, au contraire, augmenter les dépenses pour les services publics, il faut exiger que la création monétaire de la BCE soit sollicitée à cette fin.
    Ça suffit cette BCE qui n'a de compte à rendre à personne et qui se permet de détailler aux États en difficulté, par dessus les peuples et leurs élus, les mesures qu'ils doivent prendre!


    b) – L'enjeu majeur: créer un Fonds social et solidaire pour le développement européen:
    ► Ni "eurobligations", ni sortie de l'euro...
    Sortir de l'euro ferait redoubler les difficultés et la spéculation, exacerberait les rivalités entre Européens et, au total, consoliderait la domination mondiale du dollar, pourtant elle-même en crise très profonde. Surtout, cela reviendrait à se priver de la force d'une création monétaire commune à l'échelle européenne et, alors, à se contenter de conditions de financement qui serait très limitée, à l'heure de la mondialisation, par rapport à des pays-continent comme les États-Unis ou la Chine.
    Le bond en avant dans le fédéralisme européen, avec notamment l'émission d'euro-obligations, ne contribuerait qu'à éloigner encore plus les centres de pouvoir des salariés, des peuples et de leurs élus, pour les concentrer au service de la domination des marchés financiers.
    De plus, les euro-obligations interdiraient de conduire des politiques différenciées selon les besoins propres de chaque pays, de chaque région. Émises au nom de la zone euro prise comme un tout elles imposeraient, pour garder leur notation, aux pays les plus faibles en termes de productivité de s'aligner sur les normes des pays qui dominent, Allemagne en tête, et pousserait vers une politique budgétaire unique.
    Non, l'enjeu est bien celui de commencer à rompre, de façon cohérente et pas seulement en paroles, avec cette logique qui consiste à faire accumuler de nouvelle dettes, pour tenter de régler celles en cours, en empruntant toujours plus sur les marchés financiers.
    ► Utiliser l'euro et la BCE autrement:
    De partout on voit grandir les luttes sociales en Europe et dans le monde. Le développement récent des mouvement des "indignés" le confirme. Toutes ces luttes cherchent à tâtons les voies de constructions politiques qui permettraient enfin de s'émanciper de la dictature des marchés, de la course aux armements et de disposer des moyens financiers et des pouvoirs pour imposer des solutions conformes à leurs besoins sociaux et culturels de développement.
    Ces luttes ont besoin de converger vers de grandes exigences formant cohérence alternative face à la cohérence des "adorateurs du veau d'or".
    Il faut viser une autre utilisation de l'euro, de la création monétaire de la BCE, du crédit bancaire, des fonds publics nationaux et européens pour de nouvelles interventions de solidarité européenne des États. Mais cela, non pour renforcer la domination des banques et l'hégémonie d'un noyau autour de l'Allemagne (fédéralisme), mais pour un développement de progrès social et un rattrapage effectif des retards de productivité des pays en difficulté.

  2. Le PCF, dans le Front de gauche, et le Parti de la gauche européenne (PGE) proposent de construire un Fonds social et solidaire pour le développement européen.
    Seraient ainsi émis des titres nationaux de dette publique rachetés par la BCE à un taux d'intérêt nul dont les recettes alimenteraient ce nouveau Fonds. Celui-ci serait chargé de les répartir, démocratiquement, entre chaque pays, selon leurs besoins respectifs, dans le but, expressément, de développer leurs services publics et leur potentiel de croissance sociale nouvelle, en coopération, au lieu d'une création monétaire inflationniste.
    La dénonciation du pacte de stabilité, le rejet déterminé du pacte de l'euro +, marcheraient alors de paire avec le lancement d'un nouveau pacte pour une croissance sociale, écologique et solidaire européenne.
    Il s'agirait, inséparablement, de réorienter la politique monétaire de la BCE dont le contrôle devrait être assuré par les parlements européen et nationaux, au lieu de l'indépendance actuelle au service de la domination des marchés financiers.
    Le taux d'intérêt auquel elle assure le refinancement des banques ordinaires devrait être modulé: il devrait être d'autant plus abaissé, jusqu'à être nul, voire négatif, que les crédits que la BCE refinance servent à des investissement programmant plus de d'emplois et de formation correctement rémunérés. Ce taux d'intérêt serait, par contre, d'autant plus relevé que les crédits à refinancer serviraient à spéculer, délocaliser ou diminuer les masses salariales.
    c)- Une affaire mondiale et pas seulement européenne:
    Il faut en finir avec la dictature des agences de notation privées pour le compte des marchés financiers et la spéculation. Cela nécessite une profonde transformation du système monétaire international dans le cadre d'une nouvelle conférence mondiale qui serait au moins de la portée de celle de Bretton Woods de 1944.
    L' Europe peut jouer un rôle majeur dans ce sens, de concert avec sa propre transformation, à l'appui des luttes:
    - En se tournant vers les besoins énormes de développement du monde arabe en révolution et de l'Afrique sub-Sahara avec un nouveau plan de type Marshall sans domination;
    - En se rapprochant des pays émergents pour faire reculer le rôle du dollar et aller vers la création d'une monnaie commune mondiale de coopération, à partir des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI, comme l'envisagent désormais explicitement la Chine, la Russie, la CNUCED... et d'une refondation des institutions monétaires, financières et commerciales internationales. YVES DIMICOLI

 

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 06:00

Communiqué de la section PCF de Morlaix : appel à l'insurrection citoyenne contre la démolition des solidarités et l'abandon des personnes âgées.

 
La section PCF de Morlaix soutient l'initiative des sections de retraités des organisations syndicales et appelle les citoyens soucieux de justice et du bien-être des personnes âgés à se réunir le jeudi 6 octobre à 10h30 place de la Mairie à Morlaix pour faire entendre notre indignation collective par rapport au sort de plus en plus critique que les politiques de droite menées depuis deux décennies ont fait aux retraités.

 

Parmi les coups qui ont été portés aux retraités ces 20 dernières années, on peut relever:

  • La désindexation des pensions sur les salaires et l'instauration de la décote par le gouvernement Balladur en 1993.

  • la prise en compte des 25 meilleures années et non plus des dix meilleures années de carrière pour le calcul des pensions.

  • l'allongement de la durée minimale de cotisation et de l'âge légal de départ à la retraite (d'où une réduction du montant moyen des retraites, du fait du chômage et du sous-emploi des seniors).

  • la hausse incontrôlée des prix (logement, énergie, produits alimentaires).

  • à partir de 2003, le déremboursement partiel des médicaments, des consultations médicales, des séjours hospitaliers, qui, avec l'augmentation du coût des mutuelles, rend l'accès à des soins de qualité de plus en plus difficile à bon nombre d'anciens qui sont les principales victimes du fait que, désormais, presque 50% des dépenses courantes de santé sont à la charge des patients.

Résultat: le niveau de vie moyen des retraités a baissé de 20% depuis 1993. Parallèlement, les politiques des collectivités en matière de logements collectifs, de voirie, de transports, tardent à prendre la mesure des besoins des personnes âgées.

Peut-on se satisfaire que la cinquième économie mondiale traite ainsi le tiers de sa population qui a créé par son travail de la richesse collective pendant des décennies et qui, profitant du temps libéré, continue à en produire en prenant soin de ses familles (par l'aide matérielle directe à des enfants précaires, la garde des enfants...), en s'investissant dans l'associatif et la vie citoyenne, en œuvrant à la qualité du lien social?

 

L'UMP qualifie la dépendance de cinquième risque pour ouvrir de nouveaux marchés aux secteurs des assurances et considère que vieillir est avant tout une charge pour les finances publiques, la prise en charge du grand âge « coûtant » 6 milliards d'euros à la collectivité par an.

 

Le nombre de plus de 75 ans représentant aujourd'hui 9% de la population finistérienne- 80000 personnes- pourrait selon l'INSEE être augmenté de 40% d'ici 2030. L'allongement de la durée de vie est certes un défi pour le caractère égalitaire et l'efficacité de notre système de santé publique et de protection sociale. Cependant, ce n'est pas d'abord une charge qui nous écrase mais une chance qui nécessite une réflexion anticipée et des efforts publics réellement conséquent pour garantir à tous une protection sociale qui sécurise la perte d'autonomie.

Or, le président du Conseil Général Pierre Maille disait il y a un an qu'il manquait 2000 places pour faire face à la demande d'hébergement dans le Finistère qui compte déjà 137 structures d'accueil, mais dont beaucoup sont inabordables pour les retraités moyens et leurs familles. Alors que le gouvernement, reniant une nouvelle fois ses promesses, n'initie aucun chantier de grande ampleur pour financer la construction de maisons de retraite accessibles à toutes les bourses, pour soutenir les réseaux associatifs sans but lucratif d'aide au maintien à domicile comme l'ADMR (que Pierre Maille n'a pas craint de livrer au redressement judiciaire dans le 29) ou pour aider les départements à continuer à financer selon les besoins l'APA selon la réalité des handicaps, comment ne pas voir une forme de cache-misère dans le geste de charité de Mme Bachelot qui a promis le 30 septembre à Ploudalmézeau seulement 50 millions d'euros pour la restructuration de l'aide à domicile en France?

 

Faute de crédits, le secteur de l'aide aux personnes en perte d'autonomie subit un vaste plan social, avec 10.000 emplois supprimés en 2010 et sans doute autant en 2011: on a l'impression dans le même temps que tout est fait pour mettre en orbite les entreprises privées d'aide à la personne.

Dans les maisons de retraite, les salariés eux-mêmes regrettent que le manque de postes condamne à une maltraitance institutionnelle leurs patients victimes d'un travail à la chaîne bâclé. Tout aussi grave, alors que les conseils généraux financent de moins en moins d'heures d'aides à domicile pour les personnes en perte d'autonomie, le coût de celles-ci est depuis quelques mois financé par l'épargne individuelle des vieux eux-mêmes et non plus par la solidarité nationale, puisque les collectivités récupèrent désormais la plus grande partie de l'héritage des personnes modestes ayant eu recours à des soins et des aides à domicile.

 

Le financement des retraites et le soutien au pouvoir d'achat comme au droit à la santé et à l'autonomie des retraités pose avant tout un problème de partage des richesses.

 

Ne pouvant tolérer cet abandon des vieux et de la solidarité nationale au profit du chacun pour soi et du secteur assurantiel privé, nous exigeons avec le Front de Gauche un vrai changement en 2012: financement des retraites par une cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises au même taux que pour les ciotisations employeurs sur les salaires; retour de la retraite à 60 ans à taux plein (75% du salaire de référence); aucun salarié ne touchera une retraite inférieure au SMIC (que nous voulons porter à 1700 euros brut) et évolution de l'ensemble des pensions sur le même rythme que les salaires; dépenses de santé couvertes par la sécurité sociale remboursées à 100%; création de pôles publics départementaux de l'autonomie; offre de santé de proximité mieux repartie sur tout le territoire, embauches et plans publics de formation professionnelle dans la santé, le secteur de l'aide à domicile et des maisons de retraite publiques.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:26

Alors, ces primaires?  Démocratisation de la vie politique par une ouverture plus grande de partis à bout de souffle et à court de légitimité ou processus d'américanisation de la vie politique française et de marginalisation des autres partis de gauche que l'on cherche à transformer en satellites ou en sectes contestaires s'effaçant devant la grosse écurie gouvernementale qui parle aux français les yeux dans les yeux et leur demande d'arbitrer ses différences idéologiques mineures et ses conflits d'intérêts et d'ambitions internes?

Comment ne pas le reconnaître, il y a beaucoup d'électeurs de gauche, même très critiques vis à vis des choix et dufonctionnement du PS des dernières années ou décennies, qui s'intéressent à ces primaires, et se demandent s'ils vont aller y voter. On vous donne l'opportunité de juger qui à le profil le plus intéressant pour gagner face à la droite et qui conduirait en tant que président la meilleure politique au sein du parti qui à gauche a a priori le plus de chance d'amener un réprésentant au second tour des Présidentielles: c'est tout à fait normal d'être émoustillé par la perspective du choix et de commencer à s'intéresser aux débats des primaires, mêmez feutrés et poseurs. De là à se passionner pour la personnalité et les petites phrases de Martine, Manuel, François, Arnaud ou Ségolène, il y a peut-être un pas dificile à franchir, où alors il faut vraiment que de brillants commentateurs politiques nous prennent par la main...   

En tant que simples citoyens, moi et mes amis, nous rêverions que le PS au pouvoir soit enfin de gauche et applique la politique de démondialisation, de transformation de l'Union Européenne, de protection des salariés et de combativité vis à vis du capital, que propose Montebourg... Sans parler de son mot d'ordre d'une 6ème République dont il ne parle plus guère, s'alignant peut-être sur le projet socialiste qui conserve un statut quo favorisant chaque jour davantage le bipartisme et donc les intérêts partisans des socialistes.

Mais j'avoue que je n'y crois pas. Montebourg a démontré ses qualités de girouette opportuniste en passant au gré de ses intérêts personnels et de ses calculs d'un camp à l'autre du PS, de la gauche anti-libérale au soutien à Ségolène Royal. Il cherche surtout dans ce contexte un positionnement tactique qui lui permet d'exister et de continuer à faire parler de lui. Il essaiera peut-être d'arracher quelques promesses à Martine Aubry en monneyant chèrement ses 10 à 15%. Et encore... Un ministère lui suffira sûrement.  

Faut-il alors jouer le "tout sauf Hollande" parce qu'il assume le choix de la rigueur budgétaire et de nouveaux sacrifices sociaux à faire au nom du retour à l'équilibre des comptes depuis qu'il se positionne sur une ligne centriste delorienne après avoir eu la mollesse et le sens du non-choix proverbiaux de cet état quand il était premier secrétaire du PS? 

Mais, quoique que l'on puisse apprécier davantage sa cohérence et se plaire à imaginer une femme présidente, Martine Aubry offre t-elle vraiment des garanties pour mener une politique de gauche dans le cadre de la crise de la dette et d'engagements européens du PS qui vont avec une adhésion au principe de recherche de compétitivité dans le capitalisme mondialisé et celui, illusoire, d'une gestion travailliste ou sociale-démocrate à la papa de ce système capitaliste qui s'emballe et emporte les sociétés européennes dans la tourmente? Je ne le crois pas. 

Sa majorité au PS est à l'origine d'un projet du Parti pour 2012 qui prévoit l'austérité bugétaire faute d'aller chercher l'argent là où il goinfre la minorité de priviligiés, n'envisage pas de tourner le dos au traité de Lisbonne, à la réforme des retraites, ni d'augmenter les salaires, de lutter contre le travail précaire, de revenir sur les déremboursements de médicaments et la réforme de l'hôpital ou de remplacer les centaines de milliers de postes supprimés par Sarkozy et ses sbires dans la fonction publique. Ce sont les insuffisances de ce projet socialiste, pour qui en a connaissance, qui doivent nous conduire à refuser de laisser croire, et donc de vouloir, que seuls les socialistes soient capables à gauche d'atteindre le second tour des présidentielles, et donc que leur candidat représente potentiellement toute la gauche.

 

Au Front de Gauche, nous avons l'ambition de rendre le pouvoir au peuple en commençant par le repolitiser et faire monter le niveau de ses exigences en faveur d'un changement de société émancipateur. Nous voulons que cette société de plus en plus dure, individualiste et inhumaine change vraiment et non pas simplement que les pauvres et les classes moyennes prennent moins de coups parce que Sarkozy, le représentant assumé de l'oligarchie, sera détrôné. Nous avons donc l'espoir et la volonté de passer à plus ou moins court terme devant les socialistes au premier tour des élections. Ceux-ci, même si leurs scores et leurs butins électoraux restent flatteurs du fait des institutions, du black-out des médias sur les alternatives et des logiques du pseudo-vote utile, ne suscitent guère la confiance et l'estime de la population, au niveau national du moins, et n'ont plus de projet historique à la hauteur des enjeux de la période. De plus, les dirigeants du PS, qu'ils soient des politiciens professionnels précoces ou bourgeois dotés d'un capital social, culturel, scolaire, qui les persuadent d'être nés pour gouverner,  ont montré à de multiples reprises qu'ils faisaient corps avec le système et n'étaient nullement une menace pour les intérêts capitalistes.       

 

L'avantage de leur primaire pour les socialistes, c'est que même les médias de droite ou de centre-droit se choisissent un champion au PS pour ne pas décevoir l'intérêt du public et renforcer le bipartisme tout en faisant croire qu'ils respectent la diversité des sensibilités politiques des lecteurs.

 

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A défaut de DSK, et en pleine sarko-sinistrose, le Télégramme de Brest, soutiendrait Hollande..

Ainsi,  y a dix jours, en page 3 du Télégramme du 19 septembre 2011, je lis un gros titre à rassurer papi et mamie "La compétence et la morale" et juste, en dessous, devinez qui apparaît avec l'air vraiment sérieux et chagriné d'avance pour nous qui allons, par "esprit de responsabilité", tout faire pour revenir à 3% de déficit dès 2013 (on est presque à 7% du PIB de déficit aujourd'hui) et appliquer le Pacte de Stabilité pour l'euro... Je vous le donne en mille: François Hollande en veste et cravette bleue, les lèvres fermées et le regard sévère de l'homme qui sait qu'il va nous dire quelque chose qui ne va pas plaire mais qu'on doit être capable d'entendre.

La légende: "Pour séduire les français en vue de la présidentielle, les candidats à l'Elysée ne pourront faire l'économie d'un discours sur la morale publique". Tant qu'il ne s'agit que d'un discours et d'un impératif de communication, tout va bien. Strauss Kahn avait, selon les raccourcis du Télégramme qui ne prétend s'appuyer que sur la rumeur publique, la compétence sans la morale. Hollande incarnerait-il la réconciliation de ces deux qualités si l'on en croit le raccourci inconscient qui se fait à la vue du titre et de la photo?  

L'éditorialiste Christine Clerc, marque néanmoins certaines réserves dans l'article renversant de subtilité qui entoure la photo, où elle définit l'homme, très calculateur et ennuyeux malgré son sens de l'humour pince sans rire, en "bon élève de Jacques Chirac le Corrézien et de François Mitterrand le Charentais". Oh! tout de même, il n'a pas toutes les qualités François, puisqu'il promet 60000 créations de poste dans l'éducation nationale et pour Mme Clerc spécialisée en voyance, c'est sans doute le gros mensonge qui lui fera de gagner des chances d'être élu. Elle préfère néanmoins Manuel Valls qui ne sacrifie pas la vérité à la conquête du pouvoir.

  

Il y a deux jours, je reçois dans ma boîte aux lettres comme beaucoup de morlaisiens deux tracts du PS destinés à aller ensemble, l'un pour appeler à voter aux primaires socialistes, l'autre pour aller voter comme Marylise Lebranchu (députée), Richard Ferrand (Pdt du groupe PS à la région), Jean-Luc Fichet (Sénateur), Gwenegan Gui (vice président de la Région), Joëlle Huon (vice présidente du Conseil Général du Finistère), André Prigent (maire de Plougonven)...etc. 

Car, me dit-on, le Finistère (il s'agit peut-être ici plutôt du Finistère qui compte vraiment) est avec Martine Aubry. Le texte commence par coutumière concession à la lamentation compassionnelle: "La République va mal et les français souffrent" pour se terminer sur un éloge de Martine Aubry "femme de gauche et femme d'Etat". On n'a pas jugé utile de dire ici que Martine Aubry a gagné ses brevets de pilote d'Etat par sale temps de crise financière en rappelant qu'elle a été n°3 de Péchiney avant de hanter les palais de la République. 

 

Comment interpréter la forme significative de ce prospectus sans contenu ? 

 

Appelle t-on le lecteur à se dire: "j'aime mon chef qui aime ce chef, donc je devrais aimer le chef que se reconnait mon chef"... ? "Les mauvais langues diront peut-être avec perfidie que l'on a constitué les comités de soutien en mode mineur que l'on voit s'étaler dans les communiqués publiés par les socialistes ces derniers jours dans les pages locales des quotidiens régionaux selon la même logique de caporalisation motivée par des intérêts d'ambition individuelle: "mon chef dit que ce chef serait mieux pour nous, donc si je veux être bien vu, il vaut mieux que je me range à son avis..." 

D'autres, plus malveillants encore, diront que les élus locaux se donnent de l'importance en s'affiliant à l'un des poids lourds en concurrence, Aubry et Hollande, conduits en attelage jusqu'à la victoire ou la défaite par des chevaux légers toujours aussi impétieux malgré les années et le cumul des mandats: sénateurs ou députés, conseillers régionaux, maires ou présidents de comité d'agglomération...

 

En tout cas, on ne peut que constater une chose: il n'y a dans ces tracts aucun projet, aucune proposition faite à la population, aucune analyse de la situation de crise profonde qu'elle subit. Ces Primaires censées passionner les français selon les médias dominants lassés de la mafia sarkozyste et en mal de gouvernements "sérieux et modérés", sont moins une résonnance des luttes sociales, des interrogations politiques et des difficultés que traverse le pays que des exercices d'auto-satisfactions nombrilistes et des exercices d'affiliation à des Champions dont on décline à l'envie, à défaut de projets structurés en phase avec les enjeux de l'époque, les traits de personnalité, les stratégies de com' et les habiletés. Bref, encore une fois, ce qui sembler primer sur le débat d'idées, c'est la politique-spectacle, la personnalisation des enjeux électoraux, la lutte pour les bonnes places à tous les niveaux du pays et du parti, l'espoir rabougri du changement des dirigeants sans le changement social... En interne, il est possible qu'on parle plus logos, coupes de cheveux, pages Facebook, comptes twitter, passages radios et télés des champions, trahisons des personnalités et revanches à prendre, pronostics et sondages, plus que de la crise financière, du chômage, des bas salaires et de la précarité, de la montée du Front National.  

En attendant, les socialistes parviennent depuis quelques semaines à  occuper la quasi-totalité de l'espace médiatique, en laissant à peine une petite place pour les états d'âme de centristes sarkozistes repentis comme Borloo ou Morin ou pour les déroutes et les affaires de corruption de la droite. Depuis qu'Hulot n'est plus l'homme providentiel de l'écologie, on entend plus parler d'Europe Ecologie les Verts, encore moins du NPA, du Front de Gauche, si ce n'est pour salir Mélenchon, à défaut de prendre au sérieux et d'argumenter contre nos analyses de la situation et nos propositions, en repassant en boucle le film de ses mouvements d'humeur périodiques.

 

Dans l'opinion, on cherche à imposer l'idée que les espoirs de la gauche ne peuvent être portés que par un candidat PS que l'on retrouvera quoiqu'il arrive au second tour si l'électeur ne joue pas la politique du pire en se faisant plaisir en votant pour des petits, laissant ainsi une voie royale à Marine Le Pen. Cette exposition médiatique de leur compétition pour le pouvoir est à double tranchant pour les socialistes car elle ne les rend pas forcément plus aimables en condamnant à l'effacement leurs adversaires de gauche.

En tout cas, elle est l'occasion pour les notables du PS de se faire valoir. Un exemple choisi en tout bien tout honneur: après avoir opportunément rappelé qu'il serait presque logique que DSK appelle à voter Aubry car "après tout, Martine et Dominique ont toujours été sur la même longueur d'ondes" , ce qui est inquiétant, et annoncé sans faire de manière qu'elle serait candidate à un quatrième mandat de député, parce que la démocratie françaisea besoin d'un nouveau souffle, Marilyse Lebranchu confie sans fausse pudeur ses ambitions à Sophie Prévost dans le Ouest France du 10 septembre, en disant qu'elle accepterait sans hésiter un ministère confiée par sa vieille amie Martine Aubry. Tout le monde est appelé à se rejouir pour elle... Mais quel service veut-elle rendre aux français? Quel projet politique veut-elle défendre en prenant des responsabilités dans un gouvernement de gauche éventuel en 2012? Sans doute que l'exercice d'une conférence de presse pour un quotidien régional où il s'agit surtout de se faire photographier avec Martine ne permet pas de rentrer dans ces détails qui n'intéressent guère le lecteur moyen, qui n'aspire qu'à savoir que ses chefs sont bien où ils sont, bien dans leurs pompes...

 

lecture4 019

 

 

Ismaël Dupont.    

 

       

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 18:11

Crédit Mutuel-Arkéa. La grève se poursuit

 

Les employés de banque du Crédit Mutuel Arkéa qui compte 8000 salariés entre le centre du Relecq-Kerhuon et les autres centres bretons, ceux du Sud-Ouest et du Massif central, ne sont certainement pas les salariés du privé les plus défavorisés en termes de rémunération mais ils agissent depuis une semaine pour faire valoir des positions de principe concernant la préservation de l'identité mutualiste de leur banque, le partage des bénéfices et la limitation à des écarts décents moralement et logiques économiquement des inégalités de revenus entre les cadres dirigeants et les autres employés. Dans un mouvement de grève et de manifestation très courageux durant depuis une semaine sans que la direction ne fasse de propositions satisfaisantes jusqu'à présent, ils dénoncent la fuite en avant capitaliste d'une banque autrefois mutualiste, la création d'une société fantôme des cadres dirigeants de la banque visant à soustraire leurs revenus aux règles communes de rémunération et à la connaissance des employés, et ils demandent 150 euros net d'augmentation de salaire par mois alors que leurs dirigeants n'ont attendu aucun quitus pour augmenter leurs revenus entre 30% et 50% (en intégrant la part variable du salaire) depuis 2 ans, récompense sans doute de l'activisme de leur management visant à transformer les salariés du Crédit Mutuel en supers vendeurs de produits financiers.

L'an dernier, rappelle Ouest France aujourd'hui, le groupe Arkéa a enregistré un bénéfice de 273 millions d'euros, en progression de 77%: on ne nous dit pas si c'est en grugeant les clients ou les salariés, sans doute un peu les deux. En tout cas, il y a de la marge pour reconnaître l'efficacité du travail des salariés: ceux-ci ne veulent pas se contenter du geste de charité que propose la direction, soit d'une revalorisation des bas salaires à l'embauche, les bac +2 et bac +3 étant recrutés au SMIC la plupart du temps (avec une paye sur 14 mois cependant).  

Tous les syndicats de l'entreprise (CGT, CFDT, SNB, UNSA, FO), unamimes pour soutenir le mouvement, ont pu déplorer la remise en cause du droit de grève en voyant les dirigeants du groupe, Jean-Pierre Denis et Ronan Le Moal, tutoyant des sommets de hauteur aristocratique avec leurs salaires respectifs de 615000 € et 490000 € sans compter la part variable (Le Télégramme du 1er octobre), menacer les salariés en lutte d'une action au pénal au motif qu'ils entravaient la liberté de travail.

 

Jean-Pierre Denis préfère les applaudissements des action

 

 

Le salariat français a encore de la ressource, on le voit, pour défendre une conception de l'activité professionnelle compatible avec l'intérêt général et ne faisant pas honte aux employés, tout comme pour faire valoir l'exigence de justice dans les différences de salaires et la répartition aux salariés de la richesse nouvelle créée par eux. 

Des écarts de rémunération dans l'entreprise ne pouvant accéder des échelles de 1 à 20, des hauts revenus taxés à 100% quand ils accèdent 20% du revenu médian, un SMIC porté à 1700 euros bruts, un secteur bancaire en partie renationalisé, mieux différencié entre banques de dépôt et banques d'investissement et cessant d'alimenter cette économie-casino qui plonge les sociétés dans la crise sociale, la préservation des statuts des banques mutualistes, voilà des propositions du programme partagé du Front de Gauche qui pourront rencontrer peut-être les attentes d'un grand nombre de ces salariés en lutte et de ceux qui les regardent  se battre avec plaisir ou admiration.                

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