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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 20:55

 

LE COLLECTIF DU PAYS DE MORLAIX « UN BATEAU FRANÇAIS POUR GAZA »

ET LE CINÉMA LA SALAMANDRE

Vous proposent

LE 7 FEVRIER A 20 h

la projection-débat du film

GAZASTROPHE DE SAMIR ABDALAH ET KHERIDINE MABROUK

en présence d’un des réalisateurs et de CLAUDE LEOSTIC Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine

 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 07:01

François Hollande a gauchisé son discours dimanche dernier lors de son premier grand meeting de campagne au Bourget retrouvant parait-il des accents mitterrandiens.

A t-il pour autant promis de limiter les CDD et les temps partiels imposés, d'augmenter le salaire minimum et les minima sociaux, de briser la concentration du capital et les conflits d'intérêt dans les médias pour garantir le pluralisme, de démocratiser les institutions, de mettre hors d'état de nuire les agences de notation, de relancer l'activité par la dépense publique et la lutte contre l'austérité, de réformer le financement des Etats pour qu'ils empruntent directement à la BCE ou par le biais d'emprunts forcés aux banques nationales à des taux d'intérêt peu elevé ?  Bien évidemment non. 

L'égalité dans le partage des sacrifices entre les riches et les pauvres à l'horizon d'une rigueur insurmontable, mais surtout pas de nouveaux droits sociaux ou de reconstruction d'une protection sociale et de services publics cassés par la droite: car ce serait mettre trop dangereusement à contribution le capital financier, les entreprises, les grandes fortunes, et donc paraît-il nuire à notre compétitivité dans la mondialisation. 

Rien sur la santé (les déremboursements, les franchises médicales, les hausses des mutuelles à annuler) ou sur les moyens de lutter contre la précarité dans son programme présenté à la presse et aux français il y a deux jours: et une acceptation intolérable de l'essentiel de la réforme Fillon des retraites de 2010. Voilà qui ne devrait pas beaucoup intimider le monde de la finance... Mais faut-il s'en étonner?  

Nous publions ici un lien avec le site internet des éditions Aden, Joli Mai, qui donne des renseignements sur le pedigree distingué des nouveaux chiens de garde du capital qui constituent le conseil économique de François Hollande, pour beaucoup des habitués du très aristocratique et subversif dîner du Siècle comme le nouveau Che Guevara du PS.

 

François Hollande et le monde des affaires. Par Geoffrey Geuens

January 23, 2012

Quand le CAC40 prépare l’alternance

Par Geoffrey Geuens

En choisissant comme directeur de campagne le vice-président du Cercle de l’Industrie – lobby réunissant les PDG des principaux groupes industriels français – le candidat de la gauche de droite aux prochaines élections présidentielles a envoyé un signal, on ne peut plus clair, aux marchés financiers : l’alternance ne constituera pas une menace, bien au contraire, pour les classes possédantes. Après José Sócrates, José Luis Zapatero, George Papandréou et Elio Di Rupo, François Hollande sera-t-il le prochain dirigeant socialiste à prétexter la « crise des dettes publiques » pour imposer aux travailleurs l’austérité et la régression sociale ? Au vu du pédigrée de ses responsables de campagne, il y a tout lieu de le craindre : c’est que les principaux conseillers dudit candidat se signalent par leur proximité avec le monde des affaires et leur volonté de rassurer l’Europe des marchés. A moins de quatre mois des élections, un passage en revue des troupes s’imposait.

Pierre Moscovici (directeur de campagne)

Ex-ministre en charge des Affaires européennes dans le gouvernement de Lionel Jospin,  Pierre Moscovici est vice-président du Cercle de l’Industrie. Ce lobby, représentant les intérêts des trusts français à l’échelle européenne, a été créé en 1993 par Raymond Lévy, alors président de Renault, et Dominique Strauss-Kahn, qui venait tout juste de quitter le ministère de l’Industrie et du Commerce extérieur. Partenaire du MEDEF, de l’Institut de l’Entreprise et de la Table ronde des Industriels européens, le Cercle de l’Industrie s’est doté du conseil d’administration bipartisan suivant :

Denis Ranque (président)
Administrateur de CMA-CGM, de Saint-Gobain et du Fonds Stratégique d’Investissement français ; ex-PDG de Thalès

Pierre Moscovici (vice-président)
Membre du Parti socialiste, ancien ministre chargé des Affaires européennes (1997-2002)

Alain Lamassoure (vice-président)
Membre de l’UMP, ancien ministre chargé des Affaires européennes (1993-95)

Jean-Yves Naouri (trésorier)
Directeur des opérations du groupe Publicis. Son frère, Jean-Charles Naouri, a été directeur de cabinet de Bérégovoy à Bercy et associé-gérant de Rothschild & Cie Banque, avant de prendre le contrôle du groupe de distribution Casino, et de devenir l’une des plus importantes fortunes de France estimée, en 2011, à 883 millions d’euros par le magazine écofi Challenges. Jean-Charles Naouri est aussi conseiller de la Banque de France, administrateur de Rothschild & Cie Banque et de Fimalac. Cette dernière holding, chapeautant l’agence de notation Fitch Ratings, appartient à un proche de Laurent Fabius : Marc Ladreit de Lacharrière.

Benoît Potier (administrateur)
PDG d’Air Liquide, administrateur de Danone et de Michelin, vice-président de la Table ronde des Industriels européens

Louis Gallois (administrateur)
PDG d’EADS, administrateur de Michelin, ex-directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement au ministère de la Défense

Pierre-André de Chalendar (administrateur)
PDG de Saint-Gobain, administrateur de Veolia Environnement

Pierre Gadonneix (administrateur)
Président d’honneur d’EDF, ex-administrateur de France Télécom, Elf-Erap, Usinor, Renault

Bertrand Collomb (administrateur)
Administrateur des sociétés Total, DuPont et Reuters Founders Share Company, conseiller de la Banque de France, président d’honneur de Lafarge et ex-vice-président d’Unilever

Michel Sapin (responsable du projet présidentiel)

Ancien ministre délégué à la Justice (1991-92), ministre de l’Économie et des Finances (1992-93), et ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’État (2000-02), Michel Sapin pourra, en cas de victoire à la présidentielle, s’appuyer sur ses ex-conseillers : Thierry Aulagnon (directeur de cabinet à Bercy) est membre du comité de direction de la Société générale ; Eric Lombard (conseiller technique à Bercy) est président de BNP Paribas Cardif et du Groupement français des Bancassureurs ; quant à Godefroy Beauvallet (conseiller e-Government au ministère de la Fonction publique), il dirige actuellement le Fonds Axa pour la Recherche.

Les conseillers économiques de François Hollande (1)

Elie Cohen
Directeur de recherche au CNRS et à Sciences Po, membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, il est aussi administrateur des firmes EDF Energies Nouvelles, Steria et PagesJaunes, ex-administrateur d’Orange et Vigeo.

Jean-Hervé Lorenzi
Professeur à l’Université Paris-Dauphine, président du Cercle des économistes, membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, ex-conseiller du président du groupe Havas et du Premier ministre socialiste Edith Cresson, actuel administrateur de BNP Paribas Assurances, de la Cie financière Edmond de Rothschild, et membre du conseil d’orientation de l’Institut Montaigne, think tank créé par Claude Bébéar (Axa).

Jean-Paul Fitoussi
Président de l’Observatoire français de la conjoncture économique (OFCE), membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, ex-coordonnateur de la « Commission sur la performance économique et le progrès social » – lancée à l’initiative du président Sarkozy – et président de la sous-commission de la « Commission des Nations-Unies sur la Réforme du système monétaire et financier international », ce chroniqueur du Monde et de La Republicca est aussi administrateur du trust financier italien Sanpaolo IMI, de Telecom Italia et de Banca Sella Holding.

Emmanuel Macron
Ancien membre de la « Commission Attali pour la libération de la croissance » – installée par le président Sarkozy – et actuel associé-gérant chez Rothschild & Cie Banque.

Stéphane Boujnah
Ex-membre de la « Commission Attali pour la libération de la croissance » et conseiller de Dominique Strauss-Kahn à Bercy, il est aujourd’hui le patron de la branche française du groupe financier espagnol Santander.

Forts de leurs positions dans le monde des mass-médias (Libé, Le Nouvel Observateur, Le Monde), les jeunes loups du capitalisme à la française sont désormais en mesure de faire coup double : dénoncer, à longueur de chroniques ampoulées, les « excès » des marchés financiers, tout en bénéficiant des profits symboliques et, plus encore, matériels associés à leur statut de dirigeants de la haute banque et de la grande industrie. Un économiste tel que Daniel Cohen – membre de l’équipe de campagne de Martine Aubry – a pu ainsi prêcher la bonne parole « régulationniste » dans l’émission de France Télévisions « Fric, Krach et gueule de bois », à l’appui de poncifs sur les traders fous, l’aveuglement libéral et la droite de Reagan et Thatcher, sans que Pierre Arditi, animateur de la soirée, ne juge bon de préciser que cet éditorialiste au Monde siégeait, au même moment, à la banque d’affaires Lazard, au conseil scientifique de la Fondation Jean-Jaurès et au think tank « A Gauche, en Europe », une boîte à idées sociale-libérale créée par Rocard, Strauss-Kahn et Moscovici. La boucle est bouclée.

(1) Pour plus d’informations sur la contribution apportée par ces économistes à la campagne de François Hollande, lire Fanny Guinochet et Gaëlle Macke, « Ces économistes et ces patrons qui soutiennent François Hollande », Challenges, 16 octobre 2011.

Pour en savoir plus sur les travaux de Geoffrey Geuens, vous pouvez lire son ouvrage, La finance imaginaire, aux éditions Aden : http://www.aden.be/index.php?aden=la-finance-imaginaire

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 06:55

MARINE LE PEN VOUS MENT !

 

 LE FRONT DE GAUCHE VOUS DEFEND !

 

SORTIR DE L'Euro ?

Avec un franc qui serait dévalué de 20 %, la dette extérieure de l'Etat augmenterait instantanément de 25 %, et les taux d'intérêts risqueraient de monter très haut. Au profit de qui ? Des rentiers, français ou étrangers.

Ce n'est pas l'Euro qu'il faut abandonner, mais la façon dont il est géré par la BCE, au profit des rentiers, alors qu'il pourrait être un outil de progrès social pour toute l'Europe.

 

TAXER LES PRODUITS ETRANGERS AUX FRONTIERES DE LA FRANCE ?

Ce serait provoquer une riposte du même genre des pays voisins, et nos industries exportatrices seraient pénalisées à leur tour.

Ce ne sont pas les frontières de la France qu'il faut fermer aux produits étrangers, mais celles de l'Europe qu'il ne faut pas laisser grandes ouvertes sans rien imposer aux chinois, aux indiens ou aux américains.

 

AUGMENTER LES SALAIRES EN SUPPRIMANT LES COTISATIONS SOCIALES ?

Ce serait démolir la Sécurité Sociale et notre système de retraite par répartition. Au profit de qui ? Au profit de retraites par capitalisation, gérées par des assurances privées, sans aucune garantie : Mme Le Pen défend là les mêmes intérêts que les frères Sarkozy, Guillaume (assureur privé) et Nicolas (celui qu'on va virer).

 

VERSER UN SALAIRE AUX FEMMES AU FOYER ?

Au Front de Gauche, nous pensons que les femmes ont le droit de travailler comme les hommes, que les tâches familiales doivent être partagées au sein des couples, et qu'il faut développer l'aide à la petite enfance.

 

Et avec quelles recettes Mme Le Pen propose-t-elle cela ? Aucune, ou presque ! Comme son père, c'est une démagogue, qui fait semblant de proposer des allocations nouvelles, alors qu'elle propose de baisser toutes les cotisations sociales et tous les impôts.

 

Au contraire, le Front de Gauche n'hésite pas à dire qu'il faut que les grandes entreprises soient imposées au moins autant que les petites, que l'impôt sur le revenu des ménages soit plus élevé pour les ménages aisés, et beaucoup plus élevé pour les ménages très aisés, et qu'il faut que l'impôt sur les successions et donations soit beaucoup plus fort pour les grandes fortunes.

 

L'augmentation de tous ces impôts directs serait un moyen de favoriser le développement d'activités qui créeraient des emplois non-délocalisables, et qui amélioreraient votre pouvoir d'achat et vos conditions de vie :

-Construire 200 000 logements sociaux par an pendant cinq ans, ce serait donner du confort aux ménages les plus modestes et aux jeunes travailleurs, tout en favorisant la baisse des loyers pour beaucoup de locataires ;

- Développer les transports collectifs de proximité, en particulier dans et autour des petites villes, ça améliorerait votre budget en vous permettant d'avoir une voiture de moins à la maison ou au pied de votre immeuble ;

- Réinstaller en France des industries anciennes, développer des industries nouvelles, en particulier dans les énergies renouvelables utilisant la force des marées et des courants marins, la force du vent, la chaleur et la lumière du soleil, ce serait à la fois créer des emplois et assurer l'avenir de la France.

 

Voilà en quelques lignes ce que vous propose le Front de Gauche, pendant que Mme Le Pen radote sur la "préférence nationale" et l'expulsion des immigrés, où elle est pire que Guéant et Sarkozy : les immigrés paient leurs impôts (à commencer par la TVA, comme tous les habitants du pays) et leurs cotisations sociales. Contrairement à ce que dit Mme Le Pen, ils versent davantage d'argent à l'Etat et à la Sécurité sociale qu'ils n'en reçoivent.

 

N'ECOUTEZ PAS CELLE QUI CHERCHE A OPPOSER LES FRANÇAIS AUX ETRANGERS : DIVISER LE PEUPLE A TOUJOURS SERVI LES INTERETS DES SUPER-RICHES DES PATRONS LES PLUS BRUTAUX.

 

Hervé Penven.

(proposition d'un tract pour le collectif Front de Gauche de Morlaix).

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:53

Présentation par lui-même du candidat du Front de Gauche aux législatives de juin 2012 dans la circonscription de Morlaix (4ème du Finistère):

 

photo presentation

 

 Ismaël Dupont

 

J'ai 32 ans. Je vis en couple à Morlaix, et j'ai le bonheur d'avoir deux enfants de 10 et 5 ans en bonne santé.

 

D'où je viens?   

 

Je suis né à Vannes et j'ai vécu mon enfance et mon adolescence entre Morbihan et le Finistère, à Plougoulm, où se trouvait la maison de mon père et de ma belle-mère.

Ma mère était une femme à principes, intelligente, charismatique et généreuse selon ceux qui l'ont côtoyée, militante pacifiste et féministe de tendance libertaire attirée par l'hindouisme comme par l'action sociale vis à vis des plus démunis et des enfants d'immigrés de notre cité HLM de Ménimur à Vannes, avec qui elle faisait de l'aide aux devoirs. Elle m'a transmis je crois, outre une passion pour la littérature, l'Inde et les pays arabes, une part de son idéalisme et sa rigueur morale. Malheureusement pour l'enfant que j'étais, elle s'est donné la mort à 26 ans en 1987, souffrant d'un sentiment d'inadaptation à la vie et à l'époque qui lui venait de sa soif d'absolu et peut-être aussi d'une intériorité tourmentée malgré ses airs de bonne vivante entourée d'une foule d'amis.

Elle fut aussi, il faut le dire, victime de la crise sociale et de la précarisation consentie de toute une partie de la population et en particulier des jeunes au début des années 1980 puisque, après avoir démissionné de son poste d'enseignante maître auxiliaire de lettres modernes (du fait des difficultés du service qu'on lui proposait: deux mi-temps dans des établissements séparés par 40 km alors qu'elle n'avait pas de voiture, des cours de latin à assurer pour les terminales alors qu'elle avait elle-même arrêté le latin en terminale...), elle a dû enchaîner les contrats précaires, les heures de ménages chez les particuliers ou dans les écoles, les périodes de chômage et de privations. Elle a goûté à satiété du contrat précaire TUC payé au lance-pierre, des files d'attente aux ASSEDIC et à l'ANPE, des multiples CV à écrire sans guère d'espoir de succès. Cette situation a été d'autant plus difficile pour elle qu'elle se refusait par orgueil à dépendre des autres. Du souvenir de ses difficultés et de mon enfance dans un quartier populaire et métissé me sont restés une révolte profonde contre l'injustice sociale, la xénophobie et l'arrogance satisfaite des bourgeois.

Mon père exerça le métier d'assistant social après avoir été étudiant en sociologie et surveillant à Tristan Corbière à Morlaix où il avait aussi été élève. Engagé comme des milliers d'autres jeunes dans le combat contre l'installation de la centrale nucléaire à Plogoff, il était de tendance écologiste et était un admirateur de René Dumont, candidat aux présidentielles de 1974, ce qui ne l'empêcha pas de faire la fête quand Mitterrand fut élu en 1981. Profondément laïque et rationaliste, il s'est démarqué du catholicisme éclairé de ses parents vivant à Saint-Pol de Léon et a demandé  lui-même à intégrer l'école publique quand il était lycéen. Il est mort à 32 ans d'une leucémie trois semaines avant le suicide de ma mère, après avoir combattu pendant plusieurs mois la progression de la maladie et laissé de nombreux amis inconsolables.

J'ai ensuite été élevé par mon oncle et ma tante à Vannes, et, un week-end par mois et la moitié des vacances, par mon admirable belle-mère avec mes demi-frères à Plougoulm. Morlaix, c'était pour moi des grands-parents que j'aimais beaucoup. Mon papi était artisan peintre: il était une vraie bible quand on voulait s'intéresser aux petites histoires locales car il connaissait un peu tout le monde.

 

Mes premières convictions politiques, je les ai héritées de mes conversations avec mon oncle, ma tante et ma belle-mère, tous trois électeurs socialistes. J'ai également deux grands-pères qui furent des élus locaux à Saint Pol de Léon et dans un village de Loire-Atlantique, et qui, avec leur foi profonde de catholiques imprégnés d'idéaux évangéliques et leur souci des autres, furent toujours pour moi des modèles de probité et de dévouement désintéressé.

 

Mon court parcours politique

 

J'ai commencé tôt à me passionner pour la chose politique.

A quinze ans je faisais parti de ceux qui animèrent et déclenchèrent dans mon lycée de Vannes les manifestations contre le plan Juppé sur les retraites et les réformes de Bayrou dans l'éducation nationale. Dans la foulée, à seize ans, j'adhérais au Mouvement des Jeunes Socialistes dont nous créâmes avec des copains étudiants en droit et lycéens la section vannetaise, qui fut pendant les cinq ans où j'y travaillai, la principale force militante dans le combat contre une droite si bien implantée à Vannes. A une petite quinzaine de militants, nous avons mené de beaux combats contre les discriminations, les lois Pasqua-Debré, le racisme, pour la dépénalisation des drogues, une prise en compte des problèmes sociaux de la jeunesse et une politique sociale plus égalitaire.

 

Je me suis détaché du PS et du MJS à 22 ans, alors que je rédigeais ma maîtrise sur la philosophie et la conception de l'histoire de Jean Jaurès, et que j'ouvrais les yeux en me replongeant dans la riche et glorieuse histoire du socialisme et du mouvement ouvrier, sur la somme de renoncements historiques et de dévoiements par rapport aux idéaux fondateurs que l'on devait au PS embourgeoisé et libéral d'après 1983.

Malgré les débuts prometteurs du gouvernement de gauche plurielle (les 35 heures, la CMU, les emplois jeunes), je ne me retrouvais plus du tout dans les deux dernières années du gouvernement Jospin et l'évolution du PS: traité de Nice entériné, accord avec Chirac au sommet européen de Barcelone pour l'ouverture à la concurrence des marchés de l'énergie et du transport; privatisations en série; reconduites à la frontière des immigrés par le ministère Chevènement et absence d'abrogation des lois Pasqua-Debré; discours et pratiques social-libérales de Fabius et Strauss-Khan pour une France de « salariés actionnaires », la dérégulation des mouvements de capitaux et des stock-options; mise en avant prioritaire des questions sociétales sur les questions sociales; mépris, commençant déjà à poindre avant la création de la Fondation Terra Nova, pour des classes populaires réputées lepinées et perdues pour la gauche; tentative de ringardisation du marxisme et de l'idée de lutte des classes...

J'ai aussi été beaucoup ébranlé personnellement et déçu dans mes passions par la découverte du rôle d'un président Mitterrand complètement irresponsable dans le soutien aux responsables du génocide des tutsis du Rwanda et dans la perpétuation des pratiques néo-coloniales de la France-Afrique. J'étais un admirateur un peu béat de ce Tonton si brillant, séduisant et romanesque, qui avait de plus le mérite d'avoir triompher provisoirement des rocardiens et d'une deuxième gauche moderniste devenue très vite centriste et libérale par rupture avec l'héritage marxiste. Je me rendais compte progressivement en faisant le point sur le bilan économique, social et démocratique peu glorieux de 10 ans de pouvoir mitterrandien que je m'étais égaré par candeur dans mes engagements politiques affectifs.

Percevant mieux le fonctionnement interne du MJS, je voyais que l'obsession dominante de beaucoup de cadres était surtout d'y faire reculer les idées du courant de la Gauche Socialiste animé par Jean-Luc Mélenchon et (c'est triste à dire tant le bonhomme m'est antipathique) Julien Dray ou de gagner des places au CROUS et dans les instances étudiantes contre les syndicats plus à gauche. Je voyais surtout l'arrogance et le manque de profondeur de convictions de certains de mes camarades (mais pas tous heureusement!) qui, parce qu'ils avaient des responsabilités au MJS ou avaient fait des études prestigieuses de sciences-politiques, se voyaient déjà arrivés, nés pour le pouvoir, et aspiraient à devenir très vite des professionnels de la politique, caste dont ils singeaient déjà le langage grossier pour parler des concurrents et le goût de la langue technocratique pour faire sérieux et compétent et mettre à distance.

En 2001, j'avais alerté par courrier le secrétaire national du MJS sur le problème moral et politique que représentait à mes yeux la transmission, pour mieux dominer les auditoires, de techniques de la communication et du management aux cadres du MJS. Sur le coup, je n'ai pas reçu de réponse, mais quelques semaines plus tard, lors de son passage dans le Morbihan, ce secrétaire national n'a pas manqué de sermonner copieusement comme un petit garçon pris en faute de naïveté et de purisme moral le secrétaire de section MJS un peu trop rebelle ou hors cadre que j'étais. Cette remise au pas préméditée dans une voiture devant des camarades de la direction nationale et départementale m'a blessé sur le coup, d'autant que je n'ai pas su bien trouver alors les mots pour défendre le point de vue qu'exprimait mon courrier et j'ai quitté quelques semaines après le MJS et le PS sans cérémonie, sans tapage, ni regret.

 

En 2002, j'ai voté Besancenot et je ne m'en repends pas. Je ne pouvais connaître la suite des évènements et les socialistes et Jospin n'ont eu, à mon avis, que ce qu'ils méritaient après leur pitoyable campagne sans projet et surtout sans programme socialiste, dont on voit aujourd'hui une forme de répétition inquiétante avec le candidat Hollande tandis que la situation économique et sociale est bien plus grave et devrait conduire les hommes de bon sens à chercher à  ne plus accepte la domination tyrannique de la finance et les carcans libéraux de la construction européenne.

 

De 2002 à 2012, je ne l'apprends à personne, nous n'avons plus connu qu'une droite dure, corrompue, gavée de privilèges et servant de plus grands privilégiés encore, et les formidables mouvements sociaux de 2003 (première réforme des retraites Fillon), de 2006 (contre le CPE), puis de 2010 (deuxième réforme des retraites), lors desquels comme beaucoup d'autres j'ai multiplié les jours de grève et de manifestations avec la satisfaction que l'on puisse encore se mobiliser et résister en nombre mais la déception que ces beaux combats débouchent sur des défaites du fait de l'intransigeance et du tempérament séculairement anti-démocratique de la droite.

A Rennes, je fus un étudiant en philosophie peu actif syndicalement, assez pris déjà par mon travail de surveillant d'internat à temps plein à Hennebont et surtout par les joies de la prise en charge de mon premier enfant, que j'ai eu à 22 ans, mais je suivais régulièrement les réunions d'ATTAC, et me mobilisais pour les droits des palestiniens et contre le FN.

Une fois devenu professeur de philosophie à 23 ans, je me suis syndiqué à la CGT, puis au SNES. Après une année de stage IUFM à Nantes, j'ai rejoint avec ma compagne la région rurale de Saint James, à limite entre l'Ile et Vilaine et la Manche, puisque j'avais obtenu - sans permis de conduire il faut le dire, ce qui m'obligeait à me farcir deux heures de route chaque jour en mobylette par tous les temps - un poste de professeur de philosophie au lycée de Mortain, dans le sud du département de la Manche.

Nous sommes restés cinq ans dans la belle campagne  normande, et j'ai commencé vraiment à me remettre à militer activement au moment de la naissance de mon deuxième enfant en 2006, alors que j'entamais un congé parental de 3 ans qui me laissa davantage de loisirs.

 

Pour faire quelque chose afin de tenter d'empêcher la victoire du sarkozysme et la dérive libérale et centriste d'une partie de la gauche, j'ai intégré le Parti Communiste six mois avant les Présidentielles de 2007.

Je ne viens pas d'une famille communiste. On ne lisait pas l'Humanité chez moi et je connaissais assez mal la grande histoire des communistes français faite de promotion de la culture et de l'éducation populaire, de combat incessant pour les droits sociaux des dominés, de lutte anti-fasciste, de défenses des immigrés, de résistance au nazisme et à Vichy, puis à la guerre d'Algérie et à la monarchie présidentielle instaurée par de Gaulle, sans parler du concours indispensable de mes camarades dans la victoire de la gauche en 1981.

Le communisme, cela évoquait pour moi une belle utopie rationnelle pervertie par une violence révolutionnaire sans doute trop logiquement reliée à l'ambition de faire table rase et aux éléments dirigistes d'une idéologie marxiste née dans le creuset de la tradition des partis d'avant-garde du prolétariat de la social-démocratie. Je l'identifiais aussi comme on m'avait appris à le faire à la grisaille des bureaucraties d'Etat sclérosées, liberticides, et répressives de l'URSS et de ses pays satellites à l'est de l'Europe. Bref, j'étais plus proche du socialisme démocratique, du projet d'une économie mixte et du compromis social-keynésien avec le capitalisme que du communisme, mais je croyais en même temps à l'effectivité de la lutte des classes dans l'histoire, j'adhérais à la théorie de l'exploitation et de l'aliénation de Marx, à sa conception du lien génétique entre rapports de domination économiques et sociaux et superstructures juridiques, politiques, et culturelles.

Pour moi la gauche, c'était la liberté individuelle certes, dont je n'aurais voulu limiter la portée pour rien au monde, mais surtout la souveraineté politique du citoyen et l'égalité sociale, sans laquelle l'émancipation de la grande part des individus est impossible.

Je trouvais quelques raisons de persévérer dans cette voie chez des auteurs que j'admirais et lisais beaucoup: outre Jaurès, Rousseau, Marx, Sartre, Camus, Merleau-Ponty, Bourdieu et Foucault.

 

J'avais aussi beaucoup d'estime et de sympathie pour Marie-George Buffet. J'ai regretté l'implosion des collectifs anti-libéraux à l'approche des élections de 2007 après le formidable espoir d'un rassemblement à vocation majoritaire d'une gauche plurielle du refus de la capitulation face aux marchés et à leurs diktats libéraux, espoir né de la victoire du Non au Traité Constitutionnel Européen en 2005. C'est sans problème de conscience néanmoins que j'ai milité très activement avec mes copains communistes du sud Manche - agriculteurs et éleveurs de porcs, enseignants, salariés d'EDF, chefs d'entreprise, chômeurs - pour sa campagne et celle du PCF aux législatives dans la foulée, avec les résultats frustrants que l'on sait. Avec les camarades du sud Manche, nous nous sommes bien sûrs battus pour faire partager nos propositions en vue de combattre le chômage, la précarité et les bas salaires, la vie chère, l'absence de prix rémunérateurs pour les paysans dans une agriculture ouverte à tous les vents du libéralisme, mais nous avons aussi organisé des réunions publiques pour nous opposer- en militant pour l'enfouissement terrestre ou sous-marin- à la ligne à Très Haute Tension (THT) que l'Etat et EDF voulaient installer à travers toute la Manche, défigurant ses paysages de bocage (en plus des conséquences sur la santé des riverains: hommes et bêtes) pour relier la centrale nucléaire de Flamanville aux réseaux de Bretagne et des pays de Loire.

 

Au PCF, j'ai trouvé chez les militants une fraternité, un désintéressement, un sens du dévouement total à ses idéaux, une égale prise considération de la parole de chacun dans les réunions, un refus de la culture du suivisme vis à vis des petits chefs comme de la personnalisation et de la « notabilisation » de la politique, et aussi il faut le dire une exigence intellectuelle et un sens critique qui font honneur à mon parti et à cette tradition d'engagement politique.

 

En 2008, comme j'étais jeune et qu'il n'y avait pas pléthore de personnes à vouloir aller au charbon et à s'en sentir capable, j'ai été candidat titulaire PCF aux cantonales à Mortain (avec une suppléante socialiste, tendance de gauche, opposée au Traité Constitutionnelle Européen), la ville où j'avais travaillé deux ans comme prof de philo, située dans une région ultra-conservatrice, et j'ai réalisé un score de 10 % pas trop déshonorant, même si j'arrivais derrière trois candidats de droite: deux médecins et le plus gros agriculteur du coin.

 

Puis, ma compagne et moi, nous avons voulu rentrer en Bretagne et y acheter une maison pour y faire durablement notre nid avec nos deux enfants, et c'est Morlaix que nous avons choisi. La beauté de la ville et de la région, la proximité de la mer et de ma famille paternelle, des liens d'enfance avec Morlaix, le Léon, le Trégor et le Poher, nous ont convaincu de faire ce choix que nous ne regrettons absolument pas tant cette ville d'adoption est riche de gens ouverts, sympathiques et accueillants, aimant la fête, forte de liens sociaux, d'un vrai dynamisme associatif et culturel et d'une authentique culture de gauche.

J'ai repris mes activités de professeur de philosophie pendant un an au lycée Tristan Corbière. Dès l'automne 2009, j'ai adhéré à la section communiste de Morlaix, beaucoup plus importante que celle de Pontorson-Avranches dans laquelle je militais auparavant, puisqu'elle compte toujours 60 adhérents. J'ai trouvé là beaucoup de camarades sympathiques et actifs qui avaient un véritable attachement aux promesses de renouveau qu'incarnait le Front de Gauche sans vouloir effacer pour autant l'identité, la particularité et la force militante du PCF.

 

Avec eux, j'ai milité aux régionales de 2010 pour défendre la liste du Front Breton de Gauche emmenée par Gérard Peron et sur laquelle se trouvaient nos amis morlaisiens et Annie Le Calvez du PCF et Hubert Peneau du Parti de Gauche. Nous avons travaillé très tôt en parfaite entente entre forces du Front de Gauche, avec nos interlocuteurs du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire, nous réunissant régulièrement et organisant des réunions publiques ensemble à Morlaix entre 2009 et 2011 lors desquelles nous avons pu réunir une centaine de sympathisants prêts à se mobiliser pour construire une force d'alternative au libéralisme à vocation majoritaire: réunions sur les services publics, les retraites, la démocratie, les énergies.

En 2010, une reconversion réussie et parfaitement satisfaisante de mon point de vue en tant que documentaliste m'a permis de me libérer plus de temps et de disponibilité d'esprit pour être actif dans la vie syndicale (SNES-FSU) associative (Attac et dernièrement Skol Vreizh) et l'action politique, en intégrant le secrétariat de la section communiste de Morlaix.

 

En mars 2011, je me suis présenté aux élections cantonales à Saint Pol de Léon avec Yvette Le Bars, charmante institutrice à la retraite militant depuis plus de cinquante ans avec son mari René en ces terres de mission pour la gauche.

Avec les copains de Roscoff et de la région de Saint Pol de Léon, nous avons fait une campagne politique énergique et de qualité aux cantonales du printemps 2011, dénonçant le bilan du sarkozysme et la réforme des collectivités territoriales, présentant un projet global ambitieux de rénovation de notre démocratie, de conquêtes sociales, et de meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, dans l'agriculture notamment. Malheureusement pour nous, le canton de Saint Pol avait eu pour la première fois 5 ans plus tôt la surprise d'élire un conseiller général de centre-gauche, le maire de Sibiril Jacques Edern, très apprécié (et sans doute à juste titre) de la population, et il était difficile pour nous de rivaliser avec quelqu'un de si engagé dans l'action sur le terrain et de faire pièce au « vote utile ». Malgré le résultat décevant de 4,5% des suffrages exprimés, explicable en partie par l'histoire du canton, je garde un bon souvenir de cette tournée de réunions publiques avec les camarades de la section communiste de Roscoff qui nous a fait parcourir toutes les communes du canton et des rencontres que nous avons eu avec les gens dans nos distributions de tracts, même si nous n'avons touché qu'une faible minorité de la population en dépit de notre investissement conséquent.

 

Où voudrions-nous aller ensemble?

 

Je suis convaincu que le travail collectif de terrain que nous menons pour faire progresser dans la population le désir de vraies réformes structurelles de gauche finira par porter ses fruits tant la situation dans laquelle nous ont plongé des années de contre-réforme libérale et réactionnaire est devenue intenable et inacceptable pour beaucoup de gens.

Sans prétention excessive et avec une claire conscience que les idées, le projet, le mouvement politique neuf et riche d'espoirs dont je ne suis qu'un porte-voix parmi d'autres, comptent bien plus que ma petite personne pour mes concitoyens qui pourraient envisager de voter pour le Front de Gauche, je me recommande aux électeurs pour des qualités que je crois avoir: la simplicité, le goût de la vie et des gens, la capacité d'écoute, la fidélité à ses principes et la rigueur morale, l'absence de sectarisme, le souci de travailler les dossiers et de m'investir à fond pour le collectif, la culture historique, le désir de servir les gens et l'intérêt général, le refus d'une vie politique sclérosée par la professionnalisation et le cumul des mandats.

Je me rejouis que Marie Huon, jeune femme intelligente, dynamique, animée par des valeurs authentiquement de gauche et un souci réel de ne pas laisser la précarité dévaster notre société, ait accepté de donner, malgré ses impératifs professionnels et son projet de devenir éducatrice, autant de temps et d'energie pendant au moins 9 mois pour la campagne du Front de Gauche en devenant la candidate suppléante aux législatives. Je lui laisserai le soin de se présenter elle-même.   

 

Le collectif citoyen du Front de Gauche que nous avons créé en octobre 2011 compte maintenant 90 membres déclarés dans la circonscription: il est riche de sa diversité (des communistes, des gens du Parti de Gauche, de la Fase, de la Gauche Unitaire, et une majorité de citoyens non encartés dans des partis politiques, quoique militant souvent dans des syndicats, des associations alter-mondialiste ou sociale) et fonctionne avec un vrai investissement de chacun en toute fraternité et transparence démocratique.

Il a encore vocation à grandir et à s'élargir de manière à se rapprocher toujours plus des électeurs et à convaincre les indécis, ceux qui seraient tentés par la résignation, le fatalisme, que le changement à gauche que beaucoup souhaitent et jugent nécessaire est possible.

 

 En 2012, il faut- bien sûr et partout- battre Sarkozy et ses candidats UMP; mais il faut surtout créer les conditions d'une victoire durable, installer un gouvernement un gouvernement et un Parlement qui amorcent une révolution démocratique pour aller vers une sixième République rendant le pouvoir au peuple à travers l'élection d'une Assemblée Constituante choisissant de nouvelles institutions pour la France afin d'en finir avec la monarchie présidentielle, le bipartisme de fait, la culture de la délégation de pouvoir et la progression de l'abstention, la tyrannie des actionnaires et des patrons dans beaucoup d'entreprises.

Avec le Front de Gauche, nous disons:

° Non à une GAUCHE d'ACCOMPAGNEMENT 

° Oui à une GAUCHE de TRANSFORMATION

Pour y parvenir, le Front de Gauche a élaboré suite à des consultations citoyennes entre l'hiver 2010 et le printemps 2011 un PROGRAMME POPULAIRE PARTAGE réaliste et cohérent, en phase avec les crises sociales, économiques, culturelles et écologiques que nous traversons, ayant toutes pour foyer le système capitaliste actuel. Ce programme place le respect et les conditions de l'épanouissement de l'HUMAIN au centre de ses préoccupations.

 

Il s'est doté d'objectifs clairs sur lesquels nous ne transigerons pas; je vous les rappelle brièvement: 

- Un PARTAGE réel et équitable des richesses et une lutte résolue contre l'insécurité sociale. Il est particulièrement intolérable que la cinquième puissance du monde compte autant de travailleurs précaires, de chômeurs et plus de 8 millions de pauvres. Des citoyens de plus en plus nombreux ne peuvent ni se loger, ni se soigner, ni même se nourrir correctement... tout en travaillant.
- Une reprise de contrôle sur les banques, les spéculateurs et les marchés financiers à travers une limitation de la liberté de mouvements de capitaux, une fiscalité plus forte sur le capital, les dividendes et le patrimoine, un meilleur contrôle démocratique sur la banque centrale européenne et la possibilité de se financer auprès d'elle pour des Etats voulant investir pour les besoins sociaux et la conversion écologique de l'économie.

Nous voulons également un audit sur la dette publique qui déboucherait sur la possibilité de ne pas rembourser une partie de la dette jugée illégitime car créée par des taux d'intérêts trop forts exigés par les banques ou par des baisses d'impôts et de cotisations patronales de complaisance. Nous sommes convaincus que la crise actuelle est produite en premier lieu par un partage de plus en plus inéquitable des richesses, qui se traduit par les dérèglements et instabilités liés à la financiarisation de l'économie. Depuis le début des années 1980, 195 milliards de la valeur ajoutée nationale ont été captés par les actionnaires et le capital chaque année au détriment de la rémunération du travail: récupérer cet argent extorqué au peuple permettrait de redonner de l'ambition au service public et à la solidarité tout en augmentant les salaires et les pensions pour permettre aux français d'alimenter l'activité économique. 

La CONVERSION ECOLOGIQUE de la société et de l'économie par une PLANIFICATION permettant une relocalisation des activités productives (agricoles et industrielles) à travers une forme de protectionnisme. Nous promouvrons un AUTRE MODE DE PRODUCTION au service de l'intérêt général au travers d'investissements publics dans la recherche (économies d'énergie et diversification énergétique, énergies renouvelables) et le soutien social aux circuits courts, aux formes alternatives d'économie sociale et solidaire, aux coopératives, aux activités créatrices d'emploi et favorables au respect de l'environnement et de la santé publique. Sur le nucléaire comme sur d'autres questions, nous voulons donner la parole au peuple et organiser un grand débat national où toutes les options seraient envisagées avant un reférendum. Nous sommes pour une reprise en main publique à 100% du secteur de l'énergie, des télécommunications, du transport ferroviaire, avec une gestion par les salariés et les usagers, et pas simplement par des patrons désignés par l'Etat. 

-  Une République pour de vrai assurant les conditions d'un véritable pluralisme des médias, d'une indépendance et d'une efficacité de la justice, du respect des piliers que sont la Laïcité, la Parité, la lutte contre toutes les formes de discrimation, notamment celles liées au sexe et à l'origine ethnique ou culturelle.  

- Une Démocratie réelle avec la remise en cause du pouvoir du Président et du Sénat, une souveraineté renforcée du Parlement élu, comme toutes les représentations politiques locales, à la proportionnelle, afin que soient representées la diversité des sensibilités politiques. Il faut un véritable pouvoir de décisions des salariés sur les orientations stratégiques de leurs entreprises  et, enfin et surtout, une rupture avec la culture de la délégation de pouvoir passant par le non cumul des mandats, plus de démocratie participative avec des budgets publics gérés directement par les citoyens, volontaires ou tirés au sort, et des consultations systématiques de la population pour les projets qui engagent son avenir.          

Une France jouant un rôle dans la construction d'une EUROPE des peuples solidaire et démocratique, affranchie du Traité de Lisbonne qui nous a été imposé, avec certaines complicités, au mépris du suffrage universel. (mépris qui revient en boomerang, aujourd'hui en Grèce et demain, partout en Europe).

– Une FRANCE enfin, messagère de PAIX, de respect et de coopération entres les peuples, sortant de l'OTAN, militant pour l'éradication de l'arsenal nucléaire militaire, et dressée contre les va-t'en guerre de tout poil.
Pour mettre en oeuvre ce programme ambitieux, le Front de Gauche a vocation à être majoritaire jusque dans les urnes.

C'EST POUR CELA qu'il ne saurait se réduire à un simple cartel de partis politiques.
C'EST POUR CELA qu'il ne saurait s'en remettre à son seul candidat aux Présidentielles, Jean Luc Mélenchon, quel que soit son talent, et il dieu sait s'il est grand et mobilisateur pour nous.
Le Front de Gauche est une façon citoyenne de faire de la politique et son nécessaire élargissement exige un intense travail de proximité en direction des réseaux militants, syndicaux et associatifs.

C'est l'affaire de tous et nous nous adressons, sans exclusive, à tous les électeurs potentiels de Gauche :
Ils sont des milliers et, avec eux, nous pouvons construire un rassemblement majoritaire, porté par une véritable dynamique populaire.
Loin d'être une énième stratégie d'alliance entre des structures politiques constituées, le FRONT de GAUCHE est un lieu d'implication citoyenne, un creuset pour l'élaboration collective des contenus et des programmes, un forum pour une transformation sociale et écologique de la société.



Ismaël Dupont.

 

Morlaix, le 23 janvier 2012.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 20:19

Articles d' Alternatives Economiques de janvier 2012 (n°309):

 

Des inégalités de patrimoine abyssales.

 

" La publication par l'INSEE des résultats de l'enquête Patrimoine réalisée fin 2009-début 2010 apporte enfin des données fraiches sur l'évolution de la richesse des ménages... Au sein de ce patrimoine, les biens immobiliers dominent avec 62% du total des actifs détenus, contre 20% pour les actifs financiers et 18% pour les biens professionnels. L'enquête montre à quel point cette richesse est mal répartie.

Les 10% les mieux dotés détiennent 46% de la masse des patrimoines, alors que la moitié la moins riche ne se partage que 7% du total.

Si la valeur du patrimoine médian s'établit à 150 200 euros, les 10% les plus riches possèdent au minimum 552 300 euros d'actifs alors que les 10% les plus modestes détiennent au maximum 2700 euros: 205 fois moins! Un rapport qui a augmenté de 30% depuis 2004.

Et qui est sans commune mesure avec l'écart des revenus disponibles, qui ne varient que de 1 à 4,2 entre les 10% les plus modestes et les 10% les plus aisés".

 

Des écarts de revenus qui seraient assez stables (en dehors des plus grosses rémunérations) et moins importants que la plupart des pays de l'OCDE. 

 

Le rapport entre les revenus 10% les plus pauvres et les 10% les plus riches est passé de 1 à 10 à 1 à 15 en 25 ans aux Etats-Unis. Au royaume-uni, dans le même temps, ce rapport est passé de 1 à 8 à 1 à 10.

"Une évolution liée à la forte baisse des taux d'imposition dans ces deux pays pendant la même période. A partir des années 2000, ce mouvement de hausse des inégalités a touché d'autres pays, épargnés jusque là par ce phénomène. C'est le cas des pays d'Europe du Nord, même s'ils restent plus égalitaires. En Suède par exemple, le ratio entre les plus riches et les plus pauvres est passé de 4 à 6 entre le milieu des années 1990 et la fin des années 2000. Même chose en Allemagne où ce ratio grimpe de 6 à 8 en quinze ans, notamment à cause de la forte progression du travail à temps partiel outre-Rhin. Quant à la France, elle fait partie du club restreint des pays où les inégalités sont restées stables depuis 25 ans.

En 2008, les 10% de Français les plus élevés avaient un niveau de vie sept fois plus élevé que les plus modestes, alors que ce rapport est de 9 en moyenne dans l'OCDE.

C'est notamment le caractère fortement redistributif des impôts et des prestations sociales qui permet à la France d'être moins inégalitaire que la moyenne des autres pays riches. Mais si les inégalités sont globalement stables  en France sur les 25 dernières années, cela cache d'importantes variations pendant cette période. Entre 1985 et 1995, elles ont fortement diminué, mais depuis, elles sont reparties à la hausse. Et pour cause: comme l'a recemment noté l'Insee, "l'impôt sur le revenu est à la fois moins progressif et d'un montant relativement plus faible qu'en 1990: il réduit donc moins les inégalités de revenus". Même constat pour les prestations sociales, moins redistributives qu'il y a vingt ans" (Laurent Jeanneau).

 

L'analyse du journaliste sur les écarts de revenu en France se voudrait presque rassurante mais elle ne prend pas en compte des chiffres concernant le bilan économique et social de la présidence Sarkozy, dont le même journal expose un peu plus loin les arêtes (qui nous restent en travers de la gorge):

 

- Les 1000 contribuables les mieux dotés ont reçu 63% des sommes restitués au titre du bouclier fiscal. Les allègements de droits de succession et de donation décidés en 2007 ont fait gagné 2,3 milliards par an aux héritiers (et autant de perdu pour l'Etat), de même que la récente réforme de barême de l'ISF rapportera 2 milliards par an aux plus riches. Avec les réductions de cotisations patronales sur les heures sup, les bas salaires, la suppression de la taxe professionnelle, on comprend pourquoi la dette s'est accrue de 40% en 4 ans, passant de 1212 milliards à 1700 milliards d'euros. 

- Pour les classes populaires et moyennes, des mutuelles plus chères, des hospitalisations, des consultations et des médicaments partiellement déremboursés (franchises, tickets modérateurs), des loyers, des transports, un accès au gaz, à l'énergie beaucoup plus onéreux.    

- 4,8 millions de personnes inscrites à Pôle emploi (un million de plus qu'en mai 2007)

- 400.000 postes détruits dans le secteur marchand, 350.000 dans l'industrie         

- 8 millions de pauvres (1 million de plus qu'en 2007). Rappelons que le RSA "socle", qui remplace le RMI depuis 2008, n'a pas été revalorisé: il représente 467 euros/ mois, soit la moitié du seuil de pauvreté, fixé en 954 euros en 2009. Le taux de non-recours au RSA atteindrait d'ailleurs 68% tant le dispositif est complexe. Le RMI était selon l'INSEE en 1990 de 24% supérieur à son niveau de 2009, le minimum vieillesse de 20% et les allocations familiales de 29%.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 11:22

Voici le travail de repérage et d'analyse, débouchant pour l'essentiel sur des points d'accord et des éloges, que le collectif "Osez le féminisme" réalise sur le Programme partagé du Front de Gauche défendu par Mélenchon aux présidentielles.

 

logo-osez-le-feminisme.png 

 

Libertés 

Le Front de gauche propose de reconnaitre officiellement toutes les formes d’unions, qu’elles soient hétérosexuelles ou homosexuelles. De manière générale, il remet en cause l’hétéro-normativité et les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle.
Il prend en compte la question de l’accès effectif à des droits essentiels des femmes - droit à l’avortement et à la contraception - en proposant d’assurer leur gratuité, ce qui constituerait une avancée notable, et de mettre fin à la fermeture des centres d’IVG.
Concernant la laïcité, le Front de Gauche en a une appréhension stricte : il refuse en effet toute forme de lien entre la sphère publique et les religions (interdiction du financement public des religions et des demandes religieuses relatives par exemple au choix du médecin selon son sexe à l’hôpital public).

 

Sexisme

La « lutte contre toutes les discriminations » constitue une section spécifique du programme du Front de Gauche pour 2012. Il développe une vision exhaustive et complète de cette question, tout en insistant particulièrement sur la lutte contre le sexisme. Le problème des moyens d’action n’est pas négligé (restauration de la Halde dans ses fonctions, bilan annuel présenté au Parlement, adoption de lois et de cahiers des charges). La proposition d’une loi anti-sexiste constitue une mesure très positive. On peut toutefois regretter que la question spécifique de l’éducation à l’égalité entre les sexes à l’école ne soit pas abordée.

 

Précarité

Le Front de gauche entend lutter contre les diverses formes de précarité et propose des mesures concrètes et susceptibles d’avoir un fort impact sur les conditions de vie des femmes, en termes de retraite (retour à la retraite à 60 ans et prise en compte des périodes d’éducation des enfants), de temps partiel subi (droit automatique de passage à temps plein), de contrats précaires (recours très contrôlé), de bas salaires (revalorisation forte du SMIC, suppression des exonérations de cotisations patronales).

 

Violences

Le Front de Gauche propose un arsenal de mesures précises visant à lutter contre les violences faites aux femmes, en renforçant considérablement le dispositif adopté par la loi de juillet 2010. Il entend en outre associer à cette réforme les associations féministes. Des mesures et des moyens concrets et conséquents sont annoncés. Ceux-ci ne négligent aucun aspect important de la question, à part la question de la réinsertion des personnes prostituées (qui n’est pas évoquée).

L’attention qui est portée aux femmes étrangères victimes de violences (violences conjugales pour les femmes immigrées demandant la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour, violences sexistes, sexuelles ou lesbophobes pour les femmes demandant l’asile) constitue un aspect très positif du programme. Il en est de même de la proposition de logements prioritaires pour les « femmes en danger".

 

Parité

Le Front de Gauche propose d’assurer par la loi le respect de la parité, sans toutefois indiquer précisément de quelle manière : « La parité sera garantie par la loi, le cumul des mandats strictement limité en nombre et dans le temps ».
L’abrogation de la réforme territoriale de 2010 constitue une proposition très positive car cette réforme constituait un véritable pas en arrière concernant la parité politique.
Concernant les conditions du mandat politique, la proposition du Front de Gauche va dans le bon sens mais reste imprécise (réforme du scrutin pour une proportionnelle intégrale sans seuil, parité pour les élections législatives).

 

Parentalité.

Si, de manière générale, le Front de gauche propose de revaloriser fortement les services publics, rien de précis n’est indiqué dans son programme présidentiel sur la petite enfance et les places en crèche.
Les questions d'une meilleure répartition des congés maternité/paternité et parental ne sont pas non plus traitées de manière spécifique et précise. On trouve toutefois une référence à ces sujets lorsqu’est décrite dans le programme la « Directive de l’Européenne la plus favorisée » (1) : le Front de gauche indique dans ce passage qu’il s’agirait de reprendre dans tous les pays de l’Union européenne la loi suédoise sur le congé parental (cette loi prévoit un an de congé rémunéré à 80 % , à prendre entre la naissance et les 8 ans de l’enfant, dont 2 mois pris obligatoirement par le père, non transférables à la mère).

(1) La « Directive de l’Européenne la plus favorisée » consisterait à « harmoniser par le haut les droits des femmes européennes, en adoptant au niveau communautaire les lois nationales les plus progressistes : lois néerlandaises sur la contraception et les droits des homosexuelles, française sur le viol, belge sur la parité, suédoises sur l’avortement et le congé parental, danoise sur l’éducation sexuelle… ».

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 06:28
 

L'Assemblée Générale du Collectif Eau Publique du pays de Morlaix (dont la section PCF et plusieurs de ses membres à titre individuel sont membres) a voté le mercredi 18 janvier 2012 le principe de l'action du Gel d'1 euro par mètre cube sur votre facture d'eau 2011.

Nous ferons ainsi pression de façon à obtenir du SIVOM et de Véolia, des documents expliquant comment il est possible pour Véolia (donc le même délégataire que les années précédentes) dans le nouveau contrat, de proposer une baisse d'un euro par mètre cube, alors que tous les bilans précédents faisaient apparaître un déficit!!

  

 Pour que cela fonctionne nous avons besoin d'être le plus nombreux possible.

  

Donc si vous habitez, Morlaix et Saint-Martin-des Champs et que vous êtes d'accord pour participer à notre action, voici comment procéder.

 

Un courrier type d'explication pour accompagner le chèque à Véolia est en cours de préparation.

 

Deux cas sont à envisager :

 

  • Ceux qui ne sont pas mensualisés et qui n'ont pas encore payé la facture 2011 déduisent

    1 euro/mètre cube consommé (en 2011) du montant total.

     exemple : Si vous avez consommé 80 m3 d'eau vous déduisez 80 euros de la somme à payer

     Vous établissez un chèque à l'ordre du « Collectif Eau Publique du pays de Morlaix »  

   correspondant à ce montant, vous remplissez le coupon réponse situé en bas du courrier type        

      et vous expédiez  le tout  au    « Collectif Eau Publique du pays de Morlaix »

                          MJC place du Dossen

                     29600 Morlaix.

 

vous adressez un autre chèque correspondant au restant de la somme à Véolia avec le  courrier type.

 

 

  • Ceux qui sont mensualisés arrêtent la mensualisation (en contactant Véolia par téléphone ou lettre). Ils payent par  chèque le montant de la facture après déduction de 1 euro/mètre cube consommé (en 2011) à Véolia, accompagné de la lettre type après en avoir ôté le coupon réponse.

 

      Vous établissez un chèque à l'ordre du « Collectif Eau Publique du pays de Morlaix »    

      correspondant au montant déduit , vous remplissez le coupon réponse et  

      vous expédiez  le tout  au    « Collectif Eau Publique du pays de Morlaix »

                       MJC place du Dossen

                  29600 Morlaix.

 

Ce chèque sera mis sur un compte bloqué.

 

Pour tout contact téléphonique : Alain Cuvigny : 02 98 62 13 67

 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 07:59

Pendant que la droite intensifie son sale travail de démolition de la sécurité sociale, du droit du travail, des services publics, et notamment ceux de l'éducation et de la santé, on se prend à rêver de mettre au pouvoir en 2012 une gauche qui propose une véritable alternative à la régression sociale qui s'organise partout en Europe et qui prenne réellement en compte les problèmes quotidiens des français: emploi, précarité, logement, santé, transports.

 

Les jeunes ont été les premières victimes ces dernières années du chômage et du consentement à la précarisation des statuts professionnels, de la casse des droits sociaux communs, des baisses de moyens de l'aide sociale et des services publics. Cette proposition de loi présentée à l'Assemblée Nationale le 7 décembre 2011 à l'initiative de Marie-George Buffet fixe un cap extrêmement ambitieux pour prendre à bras le corps et de manière globale les problèmes d'insertion, d'existence, et d'autonomie que rencontre toute une partie de la jeunesse. 

 

C'est avec beaucoup de satisfaction que nous constatons la capacité de notre parti et des parlementaires Front de Gauche d'être à l'offensive dans la proposition concrète de transformation sociale et dans la volonté de surmonter les difficultés d'existence immenses et l'incapacité à faire valoir une citoyenneté de plein droit rencontrées par beaucoup de jeunes. C'est pourquoi nous publions ici l'exposé des motifs de cette proposition de loi.   

 

 

 

N° 4056

_____

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

TREIZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 7 décembre 2011.

 

 

 

 

 

Proposition de loi cadre visant à permettre aux jeunes de prendre en main leur avenir

 

Marie-George BUFFET, Marie-Hélène AMIABLE, François ASENSI, Martine BILLARD, Alain BOCQUET, Patrick BRAOUEZEC, Jean-Pierre BRARD, Jean-Jacques CANDELIER, André CHASSAIGNE, Marc DOLEZ, Jacqueline FRAYSSE, André GERIN, Pierre GOSNAT, Jean-Paul LECOQ, Roland MUZEAU, Daniel PAUL, Jean-Claude SANDRIER et Michel VAXÈS,

député-e-s.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

 

Quand on demande aux jeunes ce à quoi ils aspirent pour leur avenir proche, ils sont unanimes : de bonnes conditions d’études ou de formation, un emploi intéressant, stable et bien payé, un logement décent avec un loyer pas trop élevé, la possibilité de quitter le foyer familial quand ils le souhaitent. Mais ils trouvent face à eux le chômage de masse, les bas salaires, la précarité de l’emploi, la crise du logement, la casse de l’enseignement supérieur, la casse des services publics. C’est là le cœur du problème.

 

Dans une société minée par la crise, on a souvent l’impression qu’il n’existe pour les jeunes que deux politiques possibles : la répression et l’assistanat. Pourtant, une chose est sûre : les jeunes veulent s’en sortir par leurs propres moyens. La seule politique valable pour les jeunes est donc celle qui consiste à leur donner les outils dont ils ont besoin pour construire eux-mêmes la vie à laquelle ils aspirent. Tel est l’objet de cette proposition de loi cadre élaborée avec des jeunes, des associations et des syndicats.

 

Comment les jeunes pensent-ils concrètement pouvoir prendre en main leur avenir ?

La première chose qu’ils mettent en avant, c’est la nécessité de rendre effectifs les droits existants, qui sont solennellement proclamés par la République mais qui peinent dans les faits à être réellement mis en œuvre. Le premier chapitre de ce texte se donne pour objectif de remédier à cette situation en proposant, entre autres, la construction de résidences universitaires publiques, la maîtrise du montant des loyers dans le privé, la formation au permis de conduire par l’Éducation nationale, l’augmentation des aides aux transports publics, la création de centres de santé délivrant gratuitement les soins de base sur les lieux d’études et dans les cités universitaires, l’adaptation des tarifs des services publics culturels aux revenus, la généralisation des conseils locaux de la jeunesse et l’extension de leurs pouvoirs ainsi que la démocratisation des institutions, des entreprises et des lieux d’études.

La deuxième volonté qu’ils expriment est celle d’être autonomes financièrement. Le chapitre 2 propose en ce sens d’instituer des mécanismes de lutte contre les bas salaires, et notamment une prise en compte des diplômes dans les conventions collectives. Il envisage également de mieux rémunérer les stages et l’apprentissage, mais aussi de créer une allocation d’études et une allocation de recherche d’emploi ou de formation ouverte aux jeunes qui n’ont pas encore cotisés. Ces allocations sont une condition essentielle pour que tous les jeunes soient égaux dans leurs choix de réaliser ou non des études, des formations ou des stages. Elles constituent aussi une condition indispensable pour qu’ils disposent de la possibilité réelle de se réorienter quand ils en sentent le besoin et de refuser des conditions de travail ou salariales indignes.

La troisième aspiration des jeunes est d’être mieux accompagnés vers l’emploi. Aussi, le chapitre 3 propose de rendre effectif le droit aux études et à la formation en obligeant les entreprises à recruter un nombre minimal d’apprenti-e-s et à former les maîtres d’apprentissage, mais aussi en renforçant l’encadrement des stages et en facilitant l’obtention des visas étudiants. Ce chapitre prévoit aussi de renforcer les moyens de Pôle Emploi, des missions locales et du service public de l’orientation pour qu’ils puissent mieux accompagner les jeunes vers l’emploi ou la formation, mais aussi de créer une formation initiale dans les entreprises pour favoriser l’accueil des jeunes en leur sein.

Enfin, les jeunes estiment qu’ils n’ont pas à subir des conditions de travail plus précaires et plus difficiles au simple motif de leur jeunesse. Aussi, le dernier chapitre de cette proposition de loi décline un certain nombre de mesures visant à lutter contre le recours à l’emploi précaire et contre les détournements de l’apprentissage et des stages de leur objet par des sanctions pénales et financières, mais aussi en renforçant le droit d’alerte des syndicats en la matière. Il rétablit le caractère plus protecteur du droit du travail pour les jeunes en supprimant les dérogations accumulées au fil des années et crée les conditions d’un meilleur respect des droits des jeunes au travail en renforçant les moyens de l’inspection du travail et l’information des salarié-e-s sur leurs droits.

 

Les mesures sont connues : il faut désormais passer aux actes !

Pour permettre aux jeunes de mettre en œuvre leur programme politique, notre Assemblée doit faire preuve de volonté politique. La principale chose qui manque aux jeunes aujourd’hui, c’est en effet le soutien du Parlement pour inscrire les mesures nécessaires dans notre droit. Si cette Assemblée a une réelle ambition pour la jeunesse, elle doit lui envoyer un signal fort en inscrivant cette proposition de loi à son ordre du jour.

Dans cette période de crise économique, où les finances publiques sont soumises à la pression des marchés financiers, deux attitudes sont possibles. Soit le Parlement baisse les bras et se soumet aux injonctions des puissances de l’argent, soit il fait le pari d’une profonde transformation économique, institutionnelle et sociale adossée à deux principes : la démocratie et la solidarité. Il n’est pas possible, en effet, de continuer à orienter l’argent vers la spéculation et vers les plus riches et, dans le même temps, de se dégager les moyens nécessaires au financement de cette proposition de loi. Mais en réorientant l’argent de la finance vers l’emploi, les salaires et les services publics, un horizon nouveau s’ouvre pour la jeunesse et pour le reste de la population. C’est de ce souffle nouveau dont notre pays a tant besoin que cette proposition se veut être porteuse.

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La proposition de loi en détails

Chapitre I – Garantir l’accès des jeunes à leurs droits en développant les services publics.

Titre 1 : rendre effectif le droit des jeunes à vivre dans un logement décent à un prix abordable.

– Article 1er – Accès des jeunes au logement public : construction de 200 000 logements sociaux par an, doublement du nombre de places dans les résidences universitaires publiques et dans les foyers pour jeunes travailleurs, intégration des résidences universitaires privées au patrimoine des CROUS, accès des étudiants au logement social.

– Article 2 – Rapport sur l’état de délabrement des résidences universitaires des CROUS.

– Article 3 – Suppression des cautions.

–Article 4 – Plafonnement public du montant des loyers dans les logements privés.

– Article 5 – Revalorisation du barème des APL et plafonnement des charges locatives.

Titre 2 : rendre effectif le droit des jeunes aux transports.

– Article 6 – Formation des jeunes au permis de conduire au lycée.

– Article 7 – Rapport sur l’adéquation entre l’offre de transports et les besoins des jeunes, demandant l’étude d’un remboursement à 75 % de l’abonnement annuel des étudiant-e-s et apprenti-e-s.

Titre 3 : rendre effectif le droit des jeunes à vivre en bonne santé.

– Article 8 – Renforcement des examens médicaux gratuits en milieu scolaire pour mieux détecter les problèmes dentaires, auditifs, de la vue et les troubles du comportement alimentaire.

– Article 9 – Création de centres médicaux dans les universités, CFA et cités universitaires délivrant gratuitement les soins de base et réalisant des campagnes d’information sur la contraception, les MST et le VIH/sida ainsi que sur les conduites à risque.

– Article 10 – Rapport sur l’incidence des tarifs dans l’accès des jeunes aux soins.

– Article 11 – Suppression des franchises médicales et de l’augmentation de la taxe sur les mutuelles.

Titre 4 : rendre effectif le droit des jeunes d’enrichir leur personnalité grâce aux activités physiques et sportives, à la culture et aux loisirs.

– Articles 12 et 13 – Création d’un mécanisme de réduction tarifaire en fonction des revenus pour favoriser l’accès à la culture, aux sports et aux loisirs des jeunes et des accompagnant-e-s.

– Article 14 – Rapport sur la démocratisation de la culture et sur la place des enseignements artistiques en milieu scolaire.

Titre 5 : rendre effectif le droit des jeunes à prendre les décisions qui les concernent.

– Article 15 – Généralisation de conseils locaux de la jeunesse et renforcement de leurs pouvoirs en rendant leur consultation obligatoire dans les domaines qui concernent les jeunes.

– Article 16 – Rapport sur la place des jeunes dans les institutions et la prise de décision publique.

– Article 17 – Démocratisation du CNOUS et des CROUS.

– Article 18 – Démocratisation des organes de direction des universités et des écoles.

– Article 19 – Démocratisation des centres de formation des apprenti-e-s.

Chapitre II – Garantir l’autonomie financière des jeunes dans la formation et dans l’emploi.

Titre 1 : garantir aux jeunes les moyens de mener à bout leur projet de formation dans de bonnes conditions.

– Article 20 – création d’une allocation d’études servie par les CROUS en contrepartie de la signature d’un contrat de projet personnel, dont le montant comporte une partie universelle et une partie variable en fonction des revenus des parents.

– Articles 21 et 22 – Rémunération minimale des stagiaires et des apprenti-e-s à 80 % du SMIC.

Titre 2 : garantir aux jeunes des salaires décents et rendre effectif leur droit de changer d’emploi.

– Article 23 – Rapport demandant le renforcement de la valeur des diplômes face aux logiques de personnalisation de leur contenu et leur meilleure prise en compte dans la négociation collective.

– Article 24 – Invitation à une nouvelle négociation de la convention d’assurance chômage dans la perspective de l’instauration d’une autonomisation des travailleurs vis-à-vis des employeurs.

Chapitre III – Accompagner les jeunes vers l’emploi et la formation.

Titre 1 : rendre effectif le droit à l’apprentissage et aux études.

– Article 25 – Renforcement des exigences de la négociation collective en matière d’apprentissage : fixation par branche d’un nombre minimal d’apprenti-e-s, formation pour les tuteurs et maîtres d’apprentissage, élaboration d’un programme national pour les apprenti-e-s.

– Article 26 – Suppression des exonérations de cotisations sociales et de l’aide forfaitaire pour les entreprises ne recrutant pas un nombre minimal d’apprenti-e-s.

– Article 27 – Encadrement des stages et renforcement des conseils des études et de la vie universitaire.

– Article 28 – Rapport sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer l’accès aux stages.

– Article 29 – Rapport sur les moyens à mettre en œuvre pour approfondir la démocratisation de l’accès aux études supérieures.

– Article 30 – Plafonnement du montant des droits d’inscription exigibles par les universités.

– Article 31 et 32 – Facilitation des visas pour les étudiant-e-s étrangers (carte délivrée de plein droit pour la durée des études, sans condition de ressources ; interdiction des expulsions) et rapport sur les conditions de leur conditions de leur accueil en France.

Titre 2 : soutenir les jeunes dans leurs démarches de recherche d’emploi ou de formation.

– Article 33 – Augmentation des effectifs de Pôle Emploi pour garantir aux personnes inscrites un accompagnement réellement personnalisé, en limitant le nombre de personnes suivies par agent et en fixant une durée minimale d’entretiens.

– Article 34 – Rapport demandant un meilleur soutien financier des missions locales.

– Article 35 – Rapport revendiquant la création d’un véritable service public de l’orientation pour faciliter les démarches prises par les jeunes pour trouver un emploi ou une formation.

Titre 3 : faciliter l’entrée des jeunes dans le monde du travail.

– Article 36 – Instauration d’une formation initiale dans les entreprises à chaque nouvelle prise de poste, pour que le salarié puisse mieux connaître son environnement professionnel et syndical.

– Article 37 – Instauration d’une formation au droit du travail encadrée par les syndicats pour que le salarié puisse mieux connaître et exercer ses droits personnels et collectifs.

Chapitre IV – Sécuriser les conditions de formation et d’emploi.

Titre 1 : pénaliser les entreprises qui rendent l’emploi précaire.

– Article 38 – Application d’une pénalité financière aux entreprises qui ont fait de l’emploi précaire leur modèle économique.

– Articles 39 à 41 – Renforcement du droit d’alerte syndical contre le recours abusif aux CDD et création d’un tel droit dans les cas de l’intérim, du temps partiel, de l’apprentissage et des stages.

Titre 2 : garantir aux jeunes travailleurs, aux jeunes travailleuses, aux apprenti-e-s et aux stagiaires des conditions de travail plus protectrices.

– Article 42 – Renforcement de l’information et de la formation des salarié-e-s intérimaires par l’entreprise mettant le salarié à disposition et par celle qui l’accueille.

– Article 43 – Suppression des dérogations au droit plus protecteur des jeunes travailleurs.

– Articles 44 – Suppression des dérogations au droit plus protection des apprentis.

– Article 45 – Renforcement de la définition et de la sanction pénale des discriminations pour y intégrer les discriminations territoriales, fondées sur le lieu d’étude ou d’habitation.

Titre 3 : renforcer les moyens permettant de garantir le respect des droits des jeunes au travail.

– Article 46 – Augmentation du nombre d’inspecteurs du travail pour un contrôle effectif du respect des droits des salarié-e-s dans les entreprises.

– Article 47 – Prise en compte des détournements de stage et d’apprentissage comme travail dissimulé, portant leur sanction à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende.

– Article 48 – Renforcement de la sanction pénale de la méconnaissance des règles relatives au travail temporaire.

Aucune loi cadre sur la jeunesse dans sa globalité n’a pour l’heure vu le jour. Les mesures sectorielles s’empilent avec un évident manque de cohérence. Mais les revendications portées par les jeunes ne peuvent être comprises comme des aspirations dispersées, sans rapport les unes aux autres. Au contraire, elles font sens uniquement si elles sont prises dans leur globalité. Logement, études, salaires, chômage, tous ces sujets sont intimement liés. Ils doivent être donc abordés conjointement pour être traités convenablement. Aussi, cette proposition de loi prend le parti de replacer les revendications formulées par les jeunes dans le cadre d’une analyse multidimensionnelle de leur situation.

 

Il faut donner aux jeunes les moyens de sortir par eux-mêmes du sas de précarité dans lequel ils ont été enfermés au nom des profits.

Dans leur ouvrage de référence intitulé Les jeunes et le travail : 1950-2000(1), les sociologues Chantal Nicole-Drancout et Laurence Roulleau-Berger parlent même de véritable « tradition française de la marginalisation des jeunes actifs au travail ». Elles notent que dans les années 1950 et 1960, les jeunes circulent entre « les sous-sols du salariat (emplois de service aux particuliers) », les « frontières du salariat (apprentis sans contrats ou aides familiaux non rémunérés » et l’inactivité. Avec la crise des années 1970, les jeunes occupent progressivement des « espaces d’emplois spécifiques » tandis que « l’heure de la débrouille a sonné ».

Les jeunes sont les plus touchés par le chômage et les contrats précaires.

Avant que ne débute la très grave crise que nous traversons, le chômage des jeunes était déjà très élevé, notamment dans les quartiers populaires. Il touche aujourd’hui un jeune sur quatre. Dans les ZUS, le taux de chômage est nettement supérieur à la moyenne nationale, approchant les 20 % et dépassant même les 40 % pour les jeunes(2). La crise a considérablement aggravé cette situation. Comme le constate le Céreq(3), les plus touchés sont les jeunes peu diplômés. La situation des jeunes diplômés s’est toutefois également dégradée, qu’ils soient titulaires d’un CAP ou BEP, d’un baccalauréat général ou de certains diplômes universitaires. Le Céreq constate aussi que « les jeunes d’origine populaire sont davantage pénalisés dans l’accès à l’emploi que les jeunes de milieux aisés » et que « l’importance du chômage chez les descendants de l’immigration nord-africaine est aujourd’hui un fait statistique établi »(3).

De plus, la crise a amplifié la précarité des jeunes au travail – qui n’est pas pour autant nouvelle. L’INSEE(4) le souligne sans ambiguïté : « parmi les personnes en emploi, sorties du système scolaire depuis un à quatre ans, la part de celles en emploi temporaire s’élève à 30 % en moyenne sur la période ». Malgré l’échec des contrats première embauche (CPE), qui visaient à institutionnaliser la précarité, les jeunes de moins de trente ans sont ceux qui sont le moins souvent en CDI, notamment lorsqu’ils ne sont pas diplômés. Les contrats des jeunes sont principalement le CDD (19,4 % contre 9 % pour l’ensemble des salariés), l’apprentissage (6,7 % contre 1,5 %) et l’intérim (5,3 % contre 2,4 %). Ces deux dernières formes d’emploi ont d’ailleurs connu un fort développement, pour atteindre 12 % de l’emploi salarié en 2008, de même que le recours au temps partiel, en particulier pour les femmes.

Les jeunes comptent parmi les salarié-e-s dont les salaires sont les plus bas et les conditions de travail les plus dures.

Concernant les salaires, un constat équivalent peut être fait. « Rapporté au nombre de jours rémunérés, le revenu salarial moyen des moins de 25 ans est inférieur de 60 % à celui des 40 ans ou plus » relève l’INSEE(5). Alors qu’un jeune cadre à temps plein perçoit 24 040 € annuels, un jeune employé-e ou un jeune ouvrier/ère perçoit 15 330 €, soit 36 % de moins, et un jeune exerçant une profession intermédiaire 18 660 €. Non seulement les jeunes sont plus nombreux parmi les employé-e-s et les ouvrier-e-s, mais encore ils travaillent rarement à temps plein : 22,9 % des jeunes occupent un emploi à temps partiel et 48 % d’entre eux travaillent même moins de 22 heures par semaine. En conséquence, non seulement leur salaire journalier, s’élevant à 35 €, est inférieur de 38 % par rapport à l’ensemble des salarié-e-s, mais aussi, parce qu’ils travaillent un moins grand nombre de jours en raison de la précarité de leurs contrats, les jeunes percevaient en moyenne en 2008 un revenu annuel de 7 160 € et un revenu mensuel de 597 € – ce qui est inférieur au seuil de pauvreté. Cette situation est plus grave encore pour les femmes, qui gagnent en moyenne 27 % de moins que les hommes.

À cela s’ajoutent des conditions de travail dégradées. Nombreux sont les jeunes qui doivent effectuer sans rémunération complémentaire ni repos compensateur des heures supplémentaires pour « faire leurs preuves » et ne pas être licenciés. Nombreux aussi sont ceux qui doivent enchaîner les stages pour se faire une expérience qui n’est jamais jugée suffisante, tandis que de nombreuses entreprises considèrent les apprenti-e-s et les stagiaires comme une simple main d’œuvre d’appoint bon marché, que le chômage de masse rend malléable à souhait. Les promesses d’embauche se succèdent pour les faire travailler plus dur mais, à la fin du contrat, un nouveau stagiaire ou un nouvel apprentis remplace le précédent, pour lequel l’entreprise bénéficie d’ailleurs de nouvelles – et abondantes – aides publiques et exonérations de cotisations patronales qu’elle perdrait en d’autres cas. De plus, « les salariés de moins de 20 ans ont trois fois plus d’accidents du travail que ceux de 50 à 59 ans, et ceux de 20 ans à 29 ans, deux fois plus. Les jeunes sont vraisemblablement plus vulnérables de par leur manque d’expérience ou leur affectation aux postes les plus risqués » relève l’INSEE(6).

Les jeunes qui font des études sont confrontés à l’insuffisance des bourses et à la nécessité de recourir à des « petits boulots ».

En théorie, les étudiant-e-s ne devraient pas connaître la précarité laborieuse décrite ci-dessus, que subissent les jeunes travailleurs/ses. Afin qu’ils puissent mener à terme avec succès leurs études quelques soient les revenus de leurs parents, les étudiant-e-s bénéficient en effet de bourses. Toutefois, force est de constater que le montant de celles-ci est très bas. Une bourse échelon 1 s’élève à 1 606 € par an, soit 160 € par mois pendant 10 mois – et rien l’été(7). Le montant de la bourse à l’échelon 6 s’élève à 4 600 € par an, soit 460 € sur dix mois. Concrètement, pour obtenir une bourse échelon 1, les parents de l’étudiant-e doivent percevoir entre 22 500 € par an à zéro point de charges et 65 000 € à 17 points de charges. À titre indicatif, si ses parents perçoivent 22 500 € par an, soit 1 875 € par mois, un étudiant ou une étudiante doit avoir 5 frères et sœurs boursiers dans le supérieur pour avoir 17 points de charges s’il ou elle réside à moins de 30 kms de son lieu d’études, ou « seulement » 4 s’il ou elle réside à plus de 250 kms de son lieu d’études ! Autrement dit, sa famille doit être pauvre s’il ou elle veut prétendre à 460 € par mois, qui ne lui permettront même pas de payer son loyer. Il en va de même pour l’allocation pour la diversité dans la fonction publique, censée garantir l’égalité des étudiant-e-s préparant les concours administratifs : un étudiant ou une étudiante dont les parents gagnent moins de 33 000 € par an peut bénéficier, sous réserve que sa lettre de motivation ait convaincu les services préfectoraux – le nombre de bourses étant contingenté par région –, d’une allocation annuelle de 2 000 € versée en 3 fois à compter de décembre... Aussi, assurément, les étudiant-e-s boursiers se trouvent très souvent dans une situation de réelle pauvreté. De nombreuses associations, à l’instar des Restos du cœur, constatent d’ailleurs chaque année une augmentation de celle-ci.

Pour faire face à l’extrême pauvreté, ou au moins pour pouvoir poursuivre tant bien que mal leurs études, les étudiant-e-s des milieux populaires, mais aussi désormais ceux des classes moyennes, sont contraints de travailler. Confrontés à l’augmentation concomitante du coût des études sous l’effet de la loi LRU et du coût de la vie, de plus en plus d’étudiants connaissent également la précarité laborieuse des jeunes travailleurs. L’observatoire de la vie étudiante constate que les trois quarts des étudiant-e-s aujourd’hui sont ainsi contraints d’exercer une activité rémunérée, à temps plein pour 28 % d’entre eux et en rapport avec leurs études dans seulement 16 % des cas. Dans un contexte de chômage de masse, compte tenu de leurs contraintes horaires, ils ne trouvent que des « petits boulots » peu intéressants, fatigants et mal payés. Ces emplois les empêchent d’effectuer dans de bonnes conditions le travail de recherche personnelle et les exercices pratiques nécessaires au succès de leurs études, voire les épuisent au point qu’ils ne puissent plus suivre leurs cours correctement. Ces emplois constituent de plus autant de freins à la réalisation de stages plus épanouissants et plus formateurs, mieux considérés dans leur curriculum vitae et potentiellement mieux intégrés dans le cursus pédagogique – mais toutefois le plus souvent peu ou pas rémunérés. Aussi, force est de constater que le travail étudiant est un puissant facteur de discrimination sociale, qui n’est probablement pas sans lien avec l’important nombre d’échecs au niveau de la licence. Les bourses, censées rétablir l’égalité républicaine, ne jouent plus leur rôle en raison de leur faible montant. Elles ne permettent pas non plus aux jeunes de s’émanciper du foyer familial, de devenir réellement autonomes comme il le faudrait à cette période de la vie.

Face à ces constats, il apparaît urgent de renforcer le droit du travail pour permettre aux jeunes et aux autres salarié-e-s de résister aux abus de leurs employeur-e-s et d’obtenir des augmentations de salaires.

Le droit du travail avait prévu pour les jeunes travailleurs et les apprenti-e-s un certain nombre de protections renforcées : un jeune, du fait de son âge et de son manque d’expérience, est en effet plus fragile et plus vulnérable aux pressions. Toutefois, si les principes sont fermes, les dérogations sont nombreuses et les protections réelles, en fin de compte, très limitées. Il faut mettre un terme à ces dérogations, qui concernent tant le temps de travail hebdomadaire que quotidien, les temps de pause et le droit aux congés que les jours et horaires auxquels il est possible de travailler (articles 43 et 44). Au-delà de ces interdictions dont il est indispensable de réaffirmer le principe, il est important que le jeune soit introduit dans ses nouvelles missions dans de bonnes conditions : ce texte propose d’instituer une formation initiale obligatoire à chaque prise de poste, permettant au salarié-e, le cas échéant, de découvrir l’entreprise, ses missions et les organisations syndicales qui y sont actives (article 36).

Cette proposition de loi renforce également les droits de l’ensemble des salarié-e-s pour lutter contre la précarité et le mauvais usage des stages et de l’apprentissage. Elle enrichit la définition des discriminations dans le code pénal pour lui ajouter dimension territoriale (article 45) : de nombreuses personnes sont en effet discriminées à l’embauche ou dans leur carrière du fait de leur lieu de résidence. Afin de lutter contre l’emploi précaire, elle renforce le droit d’alerte des syndicats pour lutter contre l’abus de recours aux CDD et elle en institue un pour l’intérim, les stages et le temps partiel (articles 49 à 41). Elle prévoit également, dans cet état d’esprit, des sanctions financières contre les entreprises qui recourent massivement aux emplois précaires (article 38) ainsi que des sanctions pénales contre celles qui détournent les stages et contrats d’apprentissages de leur objet pédagogique (article 49). Elle renforce les sanctions en cas de méconnaissance des règles liées au travail temporaire (article 47). Elle institue une formation au droit du travail (article 37) et elle renforce l’information des salariés, notamment lorsqu’ils sont embauchés en intérim (article 42). Elle propose de même de renforcer les effectifs de l’inspection du travail pour garantir l’effectivité de l’application des droits (article 46).

Cette proposition de loi, enfin, renforce les droits des jeunes et de l’ensemble des salarié-e-s pour instaurer un cercle vertueux en matière salariale et permettre à tous et toutes de sortir de la pauvreté au travail. Les stages et l’apprentissage, parce qu’ils constituent un travail effectif en même temps qu’un moment de formation, doivent être rémunérés à hauteur de 80 % du SMIC au minimum (articles 21 et 22). De même, il faut mieux reconnaître les diplômes dans les conventions collectives pour qu’il ne soit plus possible de payer des personnes à un niveau manifestement inférieur à leurs compétences, comme cela est devenu la règle, et en parallèle faire en sorte que ces diplômes reflètent un niveau de compétences réellement égal, et donc soient l’aboutissement de formations encadrées au niveau national au contraire des logiques modulaires de la loi LRU (article 23). Pour donner toute leur portée à ces mesures, il faut inverser le rapport de force entre les employeurs et les salarié-e-s en supprimant les exonérations de cotisations sociales lorsque l’employeur bloque un accord salarial. La question des salaires est une question décisive au plan économique pour sortir de la crise : il faut réorienter au plus vite l’argent de la spéculation vers l’emploi, la formation et les salaires pour relancer la croissance.

Pour garantir l’autonomie des jeunes et renforcer efficacement et durablement leurs droits au travail et dans l’emploi, il faut mettre en place une allocation d’études et une allocation de recherche d’emploi ou de formation.

Les relations entre employeurs et employé-e-s sont d’autant plus inégalitaires que, du fait du chômage de masse, les salarié-e-s sont tenus d’accepter des conditions de travail ou de rémunération inacceptables de la part de l’employeur pour ne pas être licenciés. Lorsqu’ils le sont néanmoins, souvent pour satisfaire l’appétit de profits des actionnaires, ils sont soumis aux menaces incessantes de radiation de Pôle Emploi et à la pauvreté qu’implique le faible montant de l’indemnisation chômage pour accepter n’importe quel emploi. Le manque d’encadrement et de soutien de la part de Pôle Emploi, dont les agents souffrent d’un sous-effectif majeur, et une conception de la formation professionnelle trop largement centrée sur la promotion interne empêchent la période de chômage d’être un temps de formation pour une reconversion réussie, d’être un tremplin pour la promotion sociale, porteur d’un droit à la mobilité professionnelle qui reste à conquérir. Dans le même temps, le faible niveau des bourses et allocations d’études contraint les étudiant-e-s à effectuer des « petits boulots », précaires et mal rémunérés, au lieu d’étudier.

Cette proposition de loi envisage donc un mécanisme double. Pour éviter que les étudiant-e-s n’aient à subir la précarité salariale et pour qu’ils puissent être autonomes, elle met en place une allocation d’études et d’autonomie (article 20). Servie par les CROUS, elle serait conditionnée, comme le préconise le rapport de Dominique Charvet, Jeunesse, le devoir d’avenir(8), à la signature d’un contrat de projet personnel. Celui-ci consacrerait les obligations d’assiduité de l’étudiant-e et celles d’accompagnement et de soutien de l’établissement dans lequel il ou elle étudie. L’allocation comporterait une partie socle universelle pour tous les étudiant-e-s, et une partie variable, croissante à mesure que les revenus des parents sont bas. Pour les jeunes sortis des études ou ne désirant pas aller à l’université, ce texte propose d’inscrire dans le droit les conditions nécessaires à l’instauration d’une véritable allocation de recherche d’emploi ou de formation. En effet, pour sortir durablement des logiques décrites ci-dessus et garantir l’autonomie des individus dès la jeunesse et tout au long de la vie, il faut se diriger vers une véritable « sécurité d’emploi ou de formation », comme le démontre l’économiste Paul Boccara(9). Ainsi que le souligne Maryse Dumas au sujet du projet de sécurité sociale professionnelle de la CGT, un telle démarche permettrait « de passer d’une vision réparatrice de l’indemnisation du chômage et du droit sur les licenciements à un droit de l’individu tout au long de sa vie qui le libère de sa dépendance au devenir et à la gestion de l’entreprise. […] Ainsi, le principe même du licenciement disparaît. »(10)

Comme l’assurance chômage relève de la négociation entre les syndicats et les organisations patronales, cette loi ne peut mettre en place directement une allocation de recherche d’emploi ou de formation. Toutefois, aux termes de l’article 34 de la Constitution, « la loi détermine les principes fondamentaux du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale. » Aussi, ce texte se propose de fixer les principes fondamentaux devant régir la prochaine convention d’assurance chômage (article 24), permettant une réécriture complète au code du travail. Cela s’avère d’autant plus nécessaire que ces principes sont eux-mêmes la traduction de ceux inscrits dans le préambule de la Constitution de 1946 et devraient en conséquence déjà avoir trouvé une application concrète en la matière (voir infra). Pour que l’assurance chômage puisse remplir son rôle, il est proposé qu’elle soit ouverte aux personnes qui n’ont pas encore cotisé ou pas assez cotisé, à savoir principalement les jeunes, mais qui seront amenés à le faire rapidement grâce à un suivi individualisé par Pôle Emploi et une réorientation des richesses vers les salaires, l’emploi et les investissements productifs. Il s’agit donc d’un bénéfice anticipé de l’assurance chômage. Dans le même sens, elle ne doit pas non plus servir de moyen de pression pour contraindre ses bénéficiaires à accepter n’importe quel emploi : ce texte propose d’interdire toute mesure obligeant un demandeur d’emploi à accepter un certain nombre d’offres dites « raisonnables d’emploi », comme c’est le cas actuellement, et propose à l’inverse que l’allocation soit versée jusqu’à ce que la personne ait trouvé un emploi qui lui convienne. Pour que l’assurance chômage soit réellement placée au service de la recherche d’emploi ou de formation, son montant ne doit pas pouvoir être inférieur au SMIC, qui doit lui-même être porté à 1 700 €. De même, elle doit être associée au renforcement de Pôle Emploi (article 33) pour que l’institution soit capable d’un suivi et d’un soutien effectifs et personnalisés, mais aussi à un renforcement des moyens des missions locales pour les jeunes les plus en difficulté (article 34). Elle doit aussi être associée à une redéfinition de la formation professionnelle, pour en faire un véritable outil au service de la reconversion des salarié-e-s en fonction de leurs besoins et de leurs aspirations, et non un simple outil de promotion interne.

Il faut réorienter l’argent vers les services publics, l’emploi et les salaires pour que les jeunes puissent exercer leurs droits de manière effective.

Pour armer les jeunes face à l’avenir, il faut non seulement transformer les relations de travail, mais aussi, si l’on souhaite que leur autonomie soit réelle, renforcer les services publics. C’est là une condition indispensable, en effet, pour que chacun puisse accéder à ses droits. Les hommes et les femmes de notre pays bénéficient en théorie d’un grand nombre de droits politiques et sociaux. Il s’agit bien sûr des droits économiques, sociaux et politiques garantis par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, par le préambule de la constitution de 1946, par les principes fondamentaux auxquels renvoie le préambule de la constitution de 1958 et ceux contenus dans sa lettre même. Il s’agit aussi des droits consacrés dans des accords internationaux ratifiés par la France dans le cadre européen ou, surtout, onusien, avec les deux pactes de 1976 portant l’un sur les droits économiques, sociaux et culturels et l’autre sur les droits civils et politiques. Droits au travail, à l’assistance, droits syndicaux, droit au logement, à des conditions de vie décentes, participation à la gestion des entreprises et à la vie démocratique du pays, droit à la mobilité, droit à une vie familiale normale : tous ces droits sont inscrits dans notre corpus juridique. Mais on le voit hélas tous les jours, ils ne sont pas appliqués. Les jeunes comptent parmi les premières victimes de ce défaut d’application, qui frappe la grande majorité de nos concitoyens.

Le développement des services publics du logement, des transports et de la santé est une condition nécessaire à l’accès des jeunes à l’ensemble de leurs droits.

Le droit par lequel tout commence, pour mener une vie stable et accéder aux autres droits, c’est le droit au logement. Dans sa récente étude intitulée Jeunes, une génération précaire, le Secours Catholique décrit avec une grande clarté la situation : les jeunes « sont nettement plus souvent en substitut de logement […] Le parc social leur étant largement inaccessible, c’est dans le parc privé ou dans des structures collectives qu’une partie des jeunes parvient à se loger. Mais les exigences de garanties des bailleurs privés sont telles que cela reste difficile, même avec les garanties Loca-Pass ». Nombre de jeunes, qu’ils soient étudiant-e-s, apprenti-e-s ou travailleurs/ses, sont ainsi contraints de quitter le foyer familial très tardivement, ralentissant d’autant leur émancipation sociale et personnelle, les handicapant même dans certains cas dans leurs recherches d’emplois. En l’absence de caution parentale suffisante, surtout dans les zones tendues, ils sont contraints de louer des logements trop petits, parfois insalubres, pour des loyers d’autant plus élevés qu’ils sont en partie solvabilisés par les APL. Cette spéculation, nourrie à la fois par de l’argent public et par la précarité des jeunes, est largement entretenue par le manque criant de places dans les logements collectifs, notamment dans les foyers de jeunes travailleurs/ses et dans les résidences universitaires publiques, nombre de ces dernières étant en outre dans un état de vétusté totalement inacceptable du fait du désengagement financier de l’État.

Face à ce constat, appuyé sur les revendications des associations caritatives et de défense du droit au logement(11), ce texte envisage dans son article 1 la construction de 200 000 logements réellement sociaux par an pendant 5 ans, ce qui devrait en favoriser l’accès aux jeunes travailleurs/ses. Il propose aussi dans le même article d’intégrer les résidences étudiantes privées au patrimoine public et d’engager la construction de nouvelles résidences universitaires sous l’égide du CROUS. Ce type de logements publics est en effet très adapté à la condition étudiante en termes de sociabilité et de promotion d’activités dont les jeunes ont besoin pour réussir leurs études et se construire en tant qu’adultes et citoyens. Ces résidences ont toutefois connu un important délabrement, au sujet duquel ce texte demande une enquête approfondie et exige que les travaux requis soient réalisés (article 2). Pour ceux qui, malgré tout, devront ou souhaiteront se loger dans le parc privé, trois mesures apparaissent nécessaires. La première est de bloquer les loyers dans le parc privé par un mécanisme de contrôle public des prix (article 4). La seconde est de supprimer les dérogations qui, dans la loi, discriminent les étudiant-e-s et apprenti-e-s dans l’obligation d’avoir une caution (article 3). La troisième, en fonction des conditions de mise en place de ce blocage des prix et du montant des allocations d’autonomie et de recherche d’emploi ou de formation, de revaloriser le montant des APL de sorte que les charges locatives ne dépassent pas 20 % des ressources d’un foyer (article 5). Ces éléments de réponse aux problématiques rencontrées par les jeunes s’inscrivent donc dans le cadre de la mise en place d’un véritable service public du logement, seul à même de garantir l’accès de tous et toutes au logement dans de bonnes conditions.

Une fois logé, une jeune doit pouvoir se rendre sur son lieu d’étude, de travail ou de loisir. Aussi, le droit au transport est également structurant pour l’accès aux autres droits. À cet égard, le rapport Faciliter l’accès des jeunes au permis de conduire est formel : l’exigence de mobilité, « c’est souvent, nous le verrons, le premier élément qui motive un jeune à passer son permis de conduire. Cette mobilité est non seulement utile socialement, en terme d’insertion à des groupes sociaux par le biais des loisirs par exemple, mais elle permet aussi et surtout l’insertion professionnelle. Or, cette problématique de l’insertion professionnelle concerne tous les jeunes, au-delà de leur parcours et de leur trajectoire sociale. »(12) Le coût du permis de conduire est pourtant très élevé, dépassant le plus souvent les 1 000 €, pouvant même dépasser les 2 000 € pour les jeunes les plus en difficulté. La plupart des jeunes ne peuvent réunir les sommes nécessaires que tardivement ou au prix de grands sacrifices. Des aides existent, le plus souvent soit très ciblées sur certains groupes sociaux, soit variables en fonction de la région dans laquelle réside le jeune. Quant au « permis à un euro par jour », parce qu’il s’agit d’un permis à 30 euros par mois tout de même, il n’est pas accessible aux plus précaires dont les dossiers sont refusés. Les jeunes ne sont donc pas égaux face au permis de conduire. Afin que tous les jeunes puissent effectivement accéder au permis de conduire, cette proposition de loi envisage que la formation à celui-ci soit intégrée au cursus scolaire au lycée (article 6).

Le droit au transport passe aussi par le déploiement des transports publics et des conditions d’accès à ceux-ci. Du fait du désengagement de l’État, les infrastructures n’ont pas été correctement entretenues et développées. Aussi, alors même que la qualité des réseaux ne répond pas toujours aux besoins, le prix des transports a augmenté ces dernières années dans de nombreuses régions. Cette proposition de loi demande un rapport du gouvernement sur les conséquences de cette politique pour l’exercice effectif des jeunes au droit au transport, droit qui est en théorie garanti par la loi (article 7). Dans ce contexte, afin de faciliter l’accès des étudiant-e-s aux transports, les régions ont mis en place des aides financières pour les étudiants. L’observatoire de la vie étudiante constate néanmoins que les étudiants consacrent entre 50 € et 90 € par mois pour les transports, le coût étant le plus élevé dans les unités urbaines de moins de 100 000 habitants. En Île-de-France les étudiant-e-s bénéficient d’une aide faisant diminuer de 50 % le prix de leur abonnement annuel : le montant de celui-ci s’élève ainsi à 298 € au lieu de 633 € pour les zones 1 et 2 et à 655 € au lieu de 1 112 € pour les zones 1 à 5. Constatant l’insuffisance relative de ces aides, le département du Val-de-Marne rembourse 50 % de cet abonnement et accorde une aide supplémentaire aux élèves et étudiant-e-s boursiers. Ces mesures vont dans le bon sens, mais elles demeurent exceptionnelles. Afin de garantir l’égalité des jeunes sur tout le territoire dans l’accès aux transports publics, il apparaît nécessaire que l’État non seulement rétablisse les logiques de service public dans les entreprises publiques, mais aussi généralise un niveau d’aide maximal pour les jeunes en complément des différentes allocations prévues dans ce texte : tous les jeunes de France, comme dans le Val-de-Marne, doivent pouvoir bénéficier d’un remboursement de 75 % de leur abonnement annuel de transports.

Les jeunes sont statistiquement en moyenne en meilleure santé que le reste de la population, mais ils sont souvent contraints de renoncer aux soins quand ils en ont besoin, faute d’argent et, le cas échéant, de couverture mutuelle. Ainsi, 24 % des personnes disposant de moins de 870 € par mois sont contraintes de renoncer à consulter un médecin pour des raisons financières, l’expérience de la précarité jouant un rôle important en la matière(13). Sur le terrain d’ailleurs, Médecin du Monde constate que « le profil socio-économique des patients est toujours aussi marqué par la précarité et des conditions de vie difficiles »(14). La multiplication des franchises et autres tickets modérateurs, le trop faible niveau des remboursements par la Sécurité sociale contribuent à cette situation, qu’il s’agisse de l’accès à un médecin généraliste ou à un spécialiste, ou de l’accès aux soins subséquents. À titre d’exemple, les montures de lunettes ne sont remboursées qu’à hauteur de 65 % sur la base d’un prix forfaitaire de 30 €, ce prix forfaitaire oscillant entre 2 € et 24 € pour les verres. Autant dire qu’elles sont à la charge quasi-exclusive des patients, alors qu’il ne s’agit assurément pas d’un luxe. Aussi, l’Observatoire de la vie étudiante relève chaque année qu’environ un quart des étudiant-e-s n’a pas consulté de médecin généraliste dans les six mois précédents son enquête et que 36 % d’entre eux n’ont pas consulté de dentiste, sans parler de ceux qui ne renouvellent pas leurs lunettes alors que cela serait nécessaire à la bonne conduite de leurs études. La situation des apprenti-e-s et des jeunes travailleurs/ses n’est pas plus favorable.

Renoncer aux soins pour des raisons financières n’est acceptable ni pour les jeunes, ni pour quelque composante de la population. La santé est un droit fondamental de la personne. De mauvaises conditions de santé sont une source de souffrance immédiate et future, pour soi comme, potentiellement, pour le reste de la société. Aussi, cette proposition de loi demande un état des lieux précis sur l’accès des jeunes aux soins (article 10) et envisage d’ores et déjà de mettre un terme aux logiques de déremboursements et de renchérissement des mutuelles en supprimant pour les étudiants et apprentis les franchises médicales instaurées par la loi de 2007 de financement de la sécurité sociale et la taxe sur les mutuelles récemment adoptée dans le cadre d’un projet de loi de finances rectificative pour 2011 (article 11). Elle envisage aussi la mise en place dans chaque université, dans chaque CFA et dans chaque résidence universitaire gérée par le CROUS de centres de santé où l’accès aux consultations médicales de base, y compris gynécologiques, serait ouvert aux jeunes de moins de 26 ans, aux étudiant-e-s et aux apprenti-e-s sans donner lieu à une contribution pécuniaire de leur part (article 9). L’ouverture de tels centres est autorisée par décret, mais ils n’existent pas partout et n’ont pas toujours l’ampleur suffisante, faute de moyens. L’égalité entre les étudiant-e-s serait ainsi accrue dans l’accès à la santé.

Le rapport des jeunes à la santé n’est toutefois pas limité à leurs propres difficultés financières : « les comportements vis-à-vis de la santé résultent [...] largement [...] du milieu d’origine. »(15) Afin de donner aux jeunes les moyens de se construire sur de bonnes bases, cette proposition de loi envisage la nécessaire prise en charge de certains soins dès le plus jeune âge, en matière dentaire, ophtalmologique, auditive, de dyslexie, ou encore d’obésité – trouble très marqué socialement et dont les conséquences sont majeures sur les rapports à soi et aux autres (article 8). Le rapport des jeunes à la santé est aussi lié à ce qu’implique la jeunesse en termes de modes de vie. C’est à titre d’exemple une période de découverte de la sexualité : il est donc nécessaire non seulement d’accompagner les jeunes filles dans la maîtrise de leur corps, mais aussi de sensibiliser l’ensemble des jeunes aux enjeux de la contraception et aux risques liés aux MST et au VIH/Sida. La jeunesse est aussi une période d’exposition à certaines pratiques dangereuses, notamment en termes de consommation d’alcool et de drogues. Aussi, cette proposition de loi envisage de conférer un rôle central aux centres de santé qu’elle met en place en matière de prévention de l’alcoolisme et de la toxicomanie, d’information sur les MST et la contraception, mais aussi d’accès à la contraception et aux consultations gynécologiques (article 9).

Le développement des services publics de l’éducation, de la formation et de l’orientation ainsi que de celui du temps libre sont indispensables à la construction des jeunes quelques soient les ressources de leurs parents.

Les jeunes sont plus nombreux aujourd’hui à faire des études que dans les années 1950 et la durée de celles-ci s’est allongée. Cela est en grande partie dû au mouvement de massification de l’université engagé après mai 1968. Dans une société marquée par la révolution informationnelle et un progrès technique rendant sans cesse plus nécessaire l’accroissement du niveau de qualification de chacun, cela constitue évidemment un mouvement positif. Aussi, il faudrait allonger la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans dans un cadre scolaire repensé pour favoriser la réussite des élèves, associant mieux les membres de la communauté éducative, et faire en sorte de la pousser le plus loin possible. Toutefois, d’une part ce mouvement de massification ne s’est pas accompagné d’une démocratisation suffisante et, d’autre part, il est aujourd’hui remis en cause. La loi LRU non seulement génère des inégalités territoriales en créant un système universitaire à plusieurs vitesses, mais l’augmentation des frais d’inscriptions qu’elle implique contribue à une éviction accrue des jeunes des milieux populaires par l’argent, d’autant que le niveau des bourses est dérisoire (voir supra). En outre, beaucoup de choses se jouent dès le plus jeune âge : « Les inégalités dans la réussite des élèves sont très nettement corrélées aux inégalités sociales et culturelles de leurs familles. Or l’école n’arrive plus à diminuer ces inégalités de départ : ces dernières ont même tendance aujourd’hui à augmenter tout au long de la scolarité. […] Des clivages territoriaux viennent aggraver ces inégalités »(16). Cela est lié aux difficultés rencontrées par notre système scolaire, qu’il s’agisse des suppressions d’effectifs enseignants dans le cadre de la RGPP ou de la façon d’enseigner et de former les professeurs. Cela est aussi lié à l’environnement dans lequel évoluent les enfants : logements trop petits et mal insonorisés dont on peut être expulsé sans sommation, pauvreté des parents, perspectives de chômage. Dans ce contexte, beaucoup de jeunes finissent par considérer que l’école et les études ne sont pas faites pour eux. Cette idée se trouve renforcée par le fait que ceux qui étudient sont souvent contraints d’abandonner précocement pour des raisons financières et, lorsque cela n’est pas le cas, connaissent malgré tout le chômage ou trouvent un emploi précaire et mal payé. Aussi, ils sont nombreux à renoncer aux études universitaires, voire à l’idée d’obtenir un quelconque diplôme. Les inégalités scolaires alimentent ainsi les inégalités sociales. De plus, le choix des filières est très marqué socialement : l’observatoire de la vie étudiante constate par exemple que la plupart des étudiant-e-s dont les parents sont ouvriers sont majoritaires dans les sections de techniciens supérieurs (30 % des effectifs), tandis que ceux dont les parents sont cadres sont majoritaires dans le management (51,6 %) et les classes préparatoires (48,4 %). Cette proposition de loi envisage de réaliser un état des lieux sur la question (article 29) et met en place un mécanisme de fixation du montant des droits d’inscription par l’État sous contrôle des organisations étudiantes (article 30), en complément de la mise en place d’une allocation d’études. Elle envisage, enfin, d’améliorer l’accueil des étudiant-e-s étrangers et leur accès aux droits en assouplissant la politique des visas (articles 31 et 32).

Le droit à l’éducation et à la formation n’est pas non plus garanti de manière satisfaisante en matière professionnelle. Les lycées professionnels sont souvent, à tort, considérés comme des « voies de garage » et ils ne disposent pas des moyens suffisants pour répondre aux besoins de formation des jeunes. Quand les jeunes sont formés en alternance, ils connaissent de grandes difficultés pour trouver une entreprise désireuse de les accueillir. Lorsqu’ils parviennent après maintes péripéties à en trouver une, ils sont souvent confrontés à un défaut d’accompagnement : les tuteurs sont peu formés et ne les encadrent pas vraiment car, trop souvent, les entreprises considèrent ces jeunes non pas comme de futurs employé-e-s dont il faut préparer le recrutement, mais comme une main d’œuvre bon marché qui ouvre droit à d’abondantes exonérations de cotisations patronales. Cette proposition de loi envisage donc non seulement de mieux protéger les apprenti-e-s et les stagiaires contre les pratiques de telles entreprises (voir supra), mais elle envisage aussi de revaloriser les conditions d’apprentissage : il est proposé d’une part que soit fixé par branche un nombre minimal d’apprentis par entreprise (article 25

>), garanti par des sanctions financières contre celles qui ne le respecteraient pas (article 26), et d’autre part que la formation des tuteurs ainsi qu’un programme national pour les apprenti-e-s soient fixés avec les organisations syndicales lors de la négociation triennale. De même, il est proposé de renforcer l’encadrement des stages et de réfléchir aux moyens d’en rendre l’accès effectif au plan pratique (articles 27 et 28) : en effet, d’un côté tous les étudiant-e-s postulent à des stages au même moment dans les mêmes secteurs, de l’autre les conditions ne sont pas réunies ni pour faciliter l’information des étudiant-e-s sur les offres existantes de stages, ni pour que les entreprises souhaitent accueillir des stagiaires. Tout cela doit s’intégrer dans une démarche de refonte du service public de l’orientation scolaire et universitaire (article 35).

Les jeunes sont aussi confrontés à de profondes inégalités dans leurs possibilités de construction personnelle par le biais d’inégalités dans l’accès à la culture et aux loisirs. Selon leurs loisirs, les enfants acquièrent un certain nombre de connaissances extra scolaires et de codes sociaux. L’impossibilité d’accès à certains d’entre eux pour certains jeunes contribue ainsi à aggraver les discriminations scolaires et à réduire leurs possibilités d’accéder à un grand nombre d’emplois ou à réussir aux concours administratifs. Voyager, prendre des cours d’anglais ou de musique, fréquenter les musées, faire du sport : tout cela contribue à la construction de l’individu et à l’élargissement de ses possibilités d’épanouissement personnelles. Aussi, comme le rappelait la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) dans une enquête de 2009, l’accès aux loisirs, à la culture et aux activités physiques et sportives n’est « pas un besoin facultatif, mais bien un droit »(17) de premier plan. Or, les discriminations sociales sont en la matière particulièrement fortes, et ce d’autant plus que la puissance publique se désengage chaque année d’avantage. 95 % des enfants de cadres partent en vacances au moins une fois dans l’année, tandis qu’un tiers des enfants d’ouvriers n’en n’a pas la possibilité(18). Selon l’Observatoire des vacances et des loisirs, « tous les indicateurs convergent pour appuyer l’hypothèse d’une baisse du taux de départs en vacances des enfants et des jeunes. De plus si l’on examine les écarts entre les taux de départs selon les niveaux de revenu [..], on constate un nouvel accroissement des inégalités qui touche particulièrement les enfants de familles à revenu moyen. »(19) Aussi, cette proposition de loi prévoit d’élargir l’aide au départ en vacances sur la base de critères sociaux (article 12)

En matière de pratiques culturelles, l’Observatoire des inégalités constate que « en 2008, 60 % des cadres supérieurs ont visité un musée au moins une fois dans l’année contre 24 % des ouvriers. 41 % des premiers sont allés au théâtre contre 9 % des seconds. »(20) L’enquête de la JOC précitée et l’enquête annuelle de l’Observatoire de la vie étudiante confirment ces chiffres : les jeunes fréquentent peu les musées, les théâtres et les opéras, en particuliers les apprentis et les ouvriers. Cela est grandement lié à la place des enseignements artistiques dans notre système éducatif, qui ne contribue pas assez à la démocratisation de la culture et à son accessibilité dans les milieux populaires. Aussi, ce texte demande état des lieux sur la place des enseignements éducatifs dans le système scolaire et sur les propositions à mettre en place pour démocratiser l’accès à la culture dès le plus jeune âge (article 14). Pour éliminer les obstacles financiers liés au coût de certains loisirs et au prix de certaines licences sportives, elle crée également un mécanisme pour que les moyens financiers ne constituent plus un obstacle à l’accès à la culture et aux activités physiques et sportives : en fonction de ses ressources financières, toute personne pourra bénéficier d’une réduction tarifaire dans les établissements et organisations culturels et sportifs qui auront signé avec l’État une convention, à l’instar des musées publics, des théâtres et opéras publics, des fédérations sportives ou des associations d’éducation populaire (articles 12 et 13).

L’accès plein et entier des jeunes à leurs droits rend indispensable le développement de la démocratie dans les entreprises et dans les institutions politiques à tous les échelons.

Chômage, précarité, bas salaires : les jeunes comptent parmi les personnes dont le droit au travail est le plus malmené. Or, la question du droit au travail est indissociable de celle de l’organisation du système économique. Permettre aux jeunes d’exercer ce droit fondamental nécessite en conséquence de très profondes transformations économiques. Tandis que le capitalisme tend de plus en plus à se financiariser, les grands actionnaires imposent à l’ensemble du monde économique des critères de gestion visant à maximiser leurs dividendes contre l’emploi et les salaires. C’est ainsi que des entreprises prospères sont progressivement dépecées, par rachats successifs, pour maximiser les recettes de court termes : une fois le matériel et les locaux vendus, une grande partie du personnel licencié, les salaires diminués au maximum, les investissements d’avenir sacrifiés, l’entreprise jadis prospère se trouve en difficulté et ferme pour raisons économiques. Aussi, face à cette tyrannie de la rentabilité, porteuse de chômage et de pauvreté, de la perte de nombreux savoirs-faires qui fondent la force économique de notre pays, il faut imposer de nouveaux critères de gestion des entreprises. Cela passe notamment par la démocratisation de la prise de décision en leur sein : les salarié-e-s doivent pouvoir s’opposer aux décisions qu’ils jugent mauvaises pour la pérennité de l’entreprise, mais aussi pouvoir porter des projets favorables son développement. Ils sont souvent les meilleurs experts de leur domaine d’activité et sont, dans tous les cas, toujours mieux avisés que les actionnaires, dont les décisions ne sont pas fondées sur l’économie réelle, mais sur les marchés financiers connus pour être de plus en plus distants vis-à-vis de celle-ci. Il est en conséquence indispensable de démocratiser les conseils d’administration ou de surveillance des entreprises, mais aussi de renforcer les pouvoirs de négociation des syndicats.

Dans une démocratie, c’est au peuple de décider par lui-même et pour lui-même. Les jeunes sont pour l’heure dans les faits la plupart du temps exclus de la prise de décision, même si aucune loi ne leur interdit explicitement d’y prendre part. Ils comptent parmi les plus nombreux à s’abstenir aux élections et près de la moitié d’entre eux ne connaît même pas, selon l’ANACEJ(21), la procédure d’inscription sur les listes électorales. Ils constituent aussi la classe d’âge la moins représentée dans les différentes chambres du Parlement et dans les conseils locaux. Ce défaut de représentativité a des causes complexes et nombreuses. De nombreux jeunes ne voient pas l’intérêt de la politique et, comme de nombreuses personnes, pensent que celle-ci n’est pas faite pour eux. Ce sentiment est plus fort parmi les jeunes des milieux populaires. D’autres sont très critiques vis-à-vis du fonctionnement des partis et du système de partis et voudraient s’engager en politique, mais pour en faire autrement. Ces sentiments ne sont pas sans lien avec le fonctionnement des institutions, bien au contraire. Ainsi, le mode de scrutin majoritaire d’une part favorise le bipartisme au détriment du pluralisme politique et, d’autre part, se révèle très discriminant vis-à-vis de tous ceux qui ne sont pas encore au pouvoir, notamment les jeunes, les femmes et les milieux populaires. L’instauration de la proportionnelle à toutes les élections et la création d’un véritable statut de l’élu-e permettraient d’enrayer ces logiques et d’ouvrir de nouveaux espaces politiques dans lesquels les jeunes pourraient trouver leur place (article 16). Mais cela ne serait probablement pas suffisant : une véritable révolution démocratique est nécessaire, rendant son pouvoir au Parlement, permettant une participation de la population à tous les échelons institutionnels et dans tous les services publics. En ce sens, cette proposition de loi d’une part envisage la généralisation et l’extension des pouvoirs des conseils locaux de la jeunesse (article 15), mais aussi d’autre part la participation des jeunes à la gestion des services publics dont ils sont les premiers usagers, à savoir les CROUS (article 17), les universités, les écoles (article 18) et les centres de formation des apprenti-e-s (article 19). En ce sens, cette proposition de loi s’inscrit dans une dynamique d’appropriation par les jeunes des connaissances et des institutions.

Le développement du service public et la mise en œuvre du droit au travail rendent nécessaire une profonde modification de la répartition de l’argent de notre pays dans les entreprises et entre les particuliers.

Les richesses produites dans notre pays sont mal réparties. D’après les comptes nationaux de l’INSEE, la part des salaires dans la valeur ajoutée est passée de plus de 75 % en 1982 à 67 % en 2007. Mais tandis que la part des profits a symétriquement augmenté, celle de l’investissement est restée stable sur la période, autour de 20 %. Aussi, l’argent qui n’a pas été attribué aux salarié-e-s n’a pas servi à créer des emplois mais à alimenter la spéculation financière. « La tendance récente est donc à l’augmentation continue et dynamique des “inégalités par le haut” depuis 1998 », constate le Conseil des prélèvements obligatoires dans son rapport de 2011 (p. 21). Selon lui, cette augmentation des hauts revenus résulte de la progression des revenus du capital (actions, biens immobiliers), qui bénéficient essentiellement aux plus riches. Il constate dans le même temps que les minima sociaux et les prestations sociales sont en baisse (p. 128 et 132) : le RMI était en 1990 supérieur de 24 % à son niveau de 2009, l’API de 30 %, l’AAH de 25 %, le minimum vieillesse de 20 % et les allocations familiales de 29 %. Quant au patrimoine, le rapport du Conseil de 2009 note que sa répartition est non seulement très concentrée, mais aussi plus inégalitaire que pour les revenus (p. 42), puisque les 10 % les plus riches possédaient en moyenne 380 000 €, soit 400 fois plus que les 10 % les plus pauvres.

À ces inégalités s’en ajoutent d’autres créées par le système de prélèvements obligatoires. La structure de l’impôt sur les sociétés favorise les grandes entreprises au détriment des PME. Des exonérations de cotisations sociales compensées par l’État ont été mises en place prétendument pour créer des emplois : leur coût a été multiplié par 30 depuis 1990 pour atteindre 30 milliards selon le rapport 2011 du Conseil des prélèvements obligatoires (p. 94). Tandis que la Cour des comptes constate qu’elles n’ont eu que peu d’effets sur l’emploi, un consensus existe sur le fait qu’elles ont contribué à un tassement des grilles salariales autour du SMIC, générant de véritables trappes à pauvreté. Or ces exonérations, selon le Conseil, ont bénéficié aux ménages « qui sont propriétaires des entreprises dans le cas où celles-ci ont augmenté leurs marges et leurs bénéfices », notamment des ménages les plus riches « qui bénéficient d’autant plus des exonérations qu’une fraction de celles-ci est affectée aux actionnaires » (p. 97). Depuis 1990, l’effort fiscal moyen des ménages a progressé de 4,3 points à cause de la CSG. Toutefois, la part de l’impôt sur le revenu a diminué de 7 points et, « s’agissant du seul impôt progressif [...] cette évolution a eu des conséquences notables sur le caractère progressif des prélèvements obligatoires pris dans leur ensemble. » (p. 88) En outre, les modifications du barème effectuées par la droite ont surtout bénéficié aux plus riches : « l’impact des réductions et crédits d’impôts s’accroît très sensiblement avec le revenu », si bien que « l’IR n’est plus progressif au sommet de la distribution ». (p. 267-268). De même, le rapport constate que la fiscalité indirecte pèse moins sur les 20 % les plus riches que sur le reste de la population, leur consommation étant « sensiblement moins taxée au titre de la TVA » (p. 123), celle des plus pauvres comportant proportionnellement plus d’accises. Enfin, en ce qui concerne la fiscalité du patrimoine, les 1 000 contribuables les mieux dotés ont reçu 63 % des sommes restituées au titre du bouclier fiscal. Les 10 % les mieux dotés ont reçu, en 2009, 558 millions d’euros alors même que l’assiette de l’ISF est, aux dires du Conseil, trop étroite puisqu’elle comporte un grand nombre de niches.

Les richesses qui sont accaparées par les plus riches ne le sont pas pour augmenter les salaires ni pour financer les services publics. Aussi, et cela est d’autant plus nécessaire dans le contexte de crise que nous connaissons, il faut récupérer cet argent dans les meilleurs délais. Une première voie réside dans la démocratisation des entreprises, qu’il s’agisse de la place des syndicats dans les conseils d’administration ou du renforcement de leur pouvoir de négociation. La mise en place de nouveaux critères de gestion, ayant d’autres fins que la rentabilité, rendrait en effet possible une hausse des salaires et de l’emploi, qui aurait elle-même pour conséquence directe une baisse du nombre de bénéficiaires de l’assurance chômage, une hausse des recettes de la protection sociale solidaire et une hausse des recettes fiscales de l’État. La hausse de la consommation qui en résulterait permettrait en outre la création de nouveaux emplois, permettant à notre pays de renouer avec une croissance économique pérenne. Ce mouvement pourrait être soutenu de deux manières : une modulation des prélèvements obligatoires sur les entreprises en faveur de l’emploi, des salaires et de la formation, et la création d’un pôle public bancaire qui, avec l’argent des aides économiques existantes et des exonérations de cotisations sociales qu’il faut supprimer, pourra alléger les charges financières des entreprises créatrices d’emplois bien rémunérés et respectueuses de l’environnement. La seconde voie passe par une révolution de la fiscalité à la personne, sous le contrôle de la population dans le cadre d’institutions démocratisées, avec notamment un renforcement de la fiscalité sur les gros patrimoines et une réforme du barème de l’impôt sur le revenu pour le rendre plus progressif et en renforcer la part dans l’ensemble des prélèvements oblig

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 18:19

 

LES RENCONTRES DU FRONT DE GAUCHE

 

 

INVITATION

 

 

GAGNER PARTOUT ET POUR TOUS

LE DROIT DE BIEN VIEILLIR

 

 

 

Madame, Monsieur,

 

Une société civilisée se doit d’assurer à chacun de ses membres la possibilité de vivre dignement jusqu’à la fin de ses jours. C’est loin d’être le cas aujourd’hui.

 

Le Front de Gauche considère que la perte d’autonomie touchant tout individu, à quelque moment que ce soit de sa vie, relève d’un service public de qualité financé par la sécurité sociale.

 

La perte d’autonomie des personnes âgées en particulier est déjà et sera encore plus un enjeu de société qui doit venir dans le débat des élections présidentielle et législatives car elle se pose potentiellement à toutes les familles.

 

C’est à ce titre que le collectif du Front de Gauche organise une rencontre de toutes les parties concernées (population, usagers, familles, professionnel-le-s, associations, …)

 

 

 

Le samedi 18 février à 15 h

Salle des mariages, mairie de Plouigneau

 

 

  • Pour confronter le vécu et les expériences

  • Pour élaborer ensemble des propositions

 

 

Christiane CARO membre du collectif national « santé » du PCF

Ismaël DUPONT et Marie HUON, candidat et suppléante du Front de Gauche

dans la 4ème circonscription

 

Participeront à cette rencontre

 

Collectif du Front de Gauche

PCF, PG, GU, FASE, Citoyens engagés

de la 4ème circonscription du Finistère

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 15:37

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Les porte-paroles de la FSU du pays de Morlaix et de la UL CGT Morlaix, deux syndicats qui appelaient à la mobilisation ce 18 janvier à l'occasion du prétendu "Sommet Social" du président Sarkozy avec les syndicats, ont lu deux textes exigeant une véritable action contre la précarité, le chômage, les bas salaires, et la baisse du pouvoir d'achat des français. L'austérité leur paraît contraire à toute perspective de relance de l'activité économique et il n'y a pas besoin d'ajouter à cette arnaque qui fait payer aux classes moyennes et populaires le prix de la crise du capitalisme financier de nouvelles baisses de cotisations patronales justifiées prétendûment par le souci de la compétitivité et de l'emploi mais qui seront compensées par une hausse de la TVA, l'impôt le plus injuste, qui touche proportionnellement à leur revenu davantage les catégories modestes.

Nous n'étions qu'une centaine à ce rassemblement dans lequel a été distribué un tract du PCF/ Front de Gauche sur l'échec absolu de la politique de Sarkozy en termes d'emploi, de lutte contre les délocalisations et les licenciements boursiers et de pouvoir d'achat des salariés: il faudra être plus nombreux dans les mobilisations sociales pour faire entendre l'exigence d'une vraie rupture avec le libéralisme en 2012.   

 

Ensemble, continuons à montrer notre résolution à refuser la "TVA antisociale" et les nouvelles baisses de cotisations patronales qui seront payées par l'impôt sur la consommation des plus modestes et des classes moyennes. Refusons le grignotage sans précédent du pouvoir d'achat et des droits sociaux au nom d'une hyper-austérité qui ne conduit jamais qu'à plonger le pays dans la récession et à renforcer la dette publique. L'alternative se trouve dans un autre partage des richesses et un désarmement des marchés et des banques grâce à une fiscalité accrue sur le capital, un pôle public bancaire développant une politique de crédit préférentiel au service des entreprises qui font passer l'emploi, les salaires et l'écologie avant les profits privés, un changement de statut de la BCE.    

 

 

 

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