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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 05:52

Des énormités dites avec désinvolture, on commence à s'y habituer.

Ce gouvernement ose tout!

Après avoir baissé le budget de la culture deux années de suite pour la première fois depuis la Ve République, voilà qu'il prétend au nom de l'austérité affirmer que les médiathèques et bibliothèques sont devenues des équipements inutiles.

Un peuple qui ne lit plus de ne sera pas bien dangereux, se disent-ils peut-être, pour les classes possédantes.

Ce n'est pas I TELE ou BFM TV, Facebook ou Twitter qui vont élever très loin son niveau de conscience critique...

Voir l'interview de Marylise Lebranchu aux Echos, le journal qui dit tout haut ce que les possédants et leurs alliés les politiques pensent tout bas:

http://www.lesechos.fr/journal20150918/lec1_france/021334091874-marylise-lebranchu-la-droite-critique-les-economies-tout-en-voulant-des-baisses-dimpot-1156714.php#xtor=EPR-3-[envoi-ami]

INTERVIEW - Les élus locaux se mobilisent, samedi, contre la baisse des dotations de l’Etat. La ministre de la Décentralisation assure que le fonds d’investissement sera vite déployé.

L’Association des maires de France a appelé samedi les exécutifs municipaux et leurs habitants à se mobiliser. Son président, François Baroin (Les Républicains), juge que la baisse de 30 % de la dotation globale de fonctionnement (DGF) que verse l’Etat aux communes et leurs communautés met en danger les services publics et la reprise économique.

Pour les communes, la baisse de la DGF ne représente qu’une diminution de 1,84 % de leurs recettes de fonctionnement chaque année, soit en moyenne 28 euros par habitant ! Depuis que je suis ministre, j’ai réalisé 253 déplacements sur le territoire. Quand on fait une présentation juste des enjeux et que l’on donne les vrais chiffres aux élus, ils se montrent parfaitement conscients qu’il faut bouger. Leur priorité, c’est d’éviter la fermeture du bureau de La Poste, de la sous-préfecture, des entreprises publiques. Leur première injonction concerne l’Etat et l’organisation des services publics, d’où les mesures annoncées lundi par le chef de l’Etat sur les maisons de services au public par exemple.

L’AMF traditionnelle et celle d’aujourd’hui sont très différentes… Je renvoie surtout la droite à ses contradictions : elle critique ces économies alors qu’elle demande encore plus de baisses d’impôt. François Baroin nous demande de renoncer à la baisse des dotations tout en nous reprochant de ne pas avoir réalisé les 50 milliards d’économies plus rapidement, sur les deux premières années du mandat. C’est une question de souveraineté de ne pas alourdir la dette. Et quand nous appliquons, l’effort de 50 milliards sur les 20 % que représentent les collectivités dans la dépense publique, je pense que c’est juste. Chacun doit contribuer à sa hauteur, en protégeant les plus fragiles.

Oui, et il a surtout annoncé des mesures pour y faire face ! Un des problèmes des territoires ruraux, c’est que les bases fiscales ne progressent pas forcément, contrairement aux villes. La valeur des maisons, la valeur d’une ferme y régressent. C’est pourquoi nous avons augmenté en 2015 la dotation de solidarité rurale et la dotation d’équipements en territoires ruraux (DETR). Le préfet de la Creuse m’a même confirmé que sa DETR avait progressé de 43 %. Grâce à ces efforts de péréquation, les 10.000 communes rurales ou urbaines les moins favorisées n’ont au final pas connu cette année de baisse de dotation.

Nous ne nions pas la situation dif­ficile et nous prenons acte de la baisse de l’investissement local hors effet du cycle électoral. L’observatoire des finances locales évalue cette baisse à – 7,8 % en 2014. C’est pourquoi nous inscrivons en loi de finances 2016 ce fonds d’investissement d’un milliard d’euros qui arrivera très rapidement dans les territoires. Une moitié profitera à l’investissement dans les communes rurales et les villes de moins de 50.000 habitants. Le reste sera fléché vers les projets numériques, de transition énergétique ou vers les chantiers de logement.

Le milliard d’euros devra servir à des projets offrant des retours sur investissement. Il y a beaucoup d’émissions de télévision sur les gabegies locales. Les hôtels de région sont-ils trop grands ? Les médiathèques sont-elles un équipement toujours d’actualité au XXIe siècle ? On peut se poser la question. Nous n’avons pas à juger les investissements locaux mais il est normal que l’Etat fixe des priorités. Nous intervenons en régulateur, là où les opérateurs privés ne vont pas naturellement, comme dans l’équipement en fibre des zones rurales. Loin de remettre en cause l’autonomie des collectivités, nous croyons beaucoup à la société du contrat pour le XXIe siècle. Les élus locaux devront travailler de plus en plus entre eux car nous leur avons confié des compétences hautement stratégiques, comme la ­gestion des fonds européens aux régions.

Ce serait, à mon avis, le sens de l’histoire mais les esprits ne sont pas encore prêts à cela, il y avait trop d’opposition.

Cette question n’est pas encore tranchée, nous devons encore en discuter, notamment dans le cadre de la réforme de la DGF.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/journal20150918/lec1_france/021334091874-marylise-lebranchu-la-droite-critique-les-economies-tout-en-voulant-des-baisses-dimpot-1156714.php?4RA84TuVUVgzG7uX.99#xtor=EPR-3-[envoi-ami]

Et la réaction des syndicats professionnels:

Les bibliothèques et médiathèques sont des équipements structurants du territoire et de la société

Comme le prouve l’action de l’Etat et des collectivités territoriales dans ce domaine, l’importance et le rôle des bibliothèques dans la société ne peuvent être remis en cause.

Associations signataires

  • AAF (Association des archivistes français)
  • ABF (Association des bibliothécaires de France)
  • ACIM (Association de coopération des professionnels de l’information musicale)
  • ADBGV (Association des directeurs des bibliothèques municipales et intercommunales des grandes villes de France)
  • ADBU (Association des directeurs et des personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation)
  • ADCRFCB (Association des directrices et directeurs de centre régional de formation aux carrières des bibliothèques)
  • ADDNB (Association pour le développement des documents numériques en bibliothèque)
  • ADRA (Association de développement et de recherche sur les artothèques)
  • CFI-bd (Comité français international – bibliothèques et documentation)
  • FADBEN (Fédération des enseignants documentalistes de l’Education nationale)
  • Réseau Carel (Coopération pour l’accès aux ressources électroniques en bibliothèque)
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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 10:09
EMMANUEL TERRAY (Anthropologue) : entretien avec l'Humanité Dimanche

Anthropologue de renom, Emmanuel Terray a été en première ligne dans la défense des sans-papiers expulsés de l’église Saint- Bernard à Paris, en 1996. Il dénonce la logique de l’Occident « maître du monde », responsable des flux migratoires dramatiques, et montre que la réponse de l’Europe reste très en dessous des enjeux et indigne des défis auxquels elle est confrontée. Rencontre.

« IL N’Y A PAS DE BONS OU DE MAUVAIS RÉFUGIÉS MIGRANTS, IL N’Y A QUE DES MIGRANTS POLITIQUES »

« L’OCCIDENT SOUTIENT LES RÉGIMES AUTORITAIRES ET CORROMPUS QUI VOTENT EN SA FAVEUR À L’ONU. IL N’Y A DONC AUCUNE FATALITÉ. »

HD. La réaction actuelle de l’Europe vous semble-t-elle à la hauteur de la crise, n’a-t-on pas perdu trop de temps au point d’assister à des drames épouvantables ?

EMMANUEL TERRAY.

L’Europe a certainement perdu beaucoup de temps. Le problème ne date pas d’hier, cela fait des années que des réfugiés se noient en Méditerranée ou en mer Égée. L’Europe a beaucoup tardé à prendre la mesure exacte de la situation. Ceci dit, mieux vaut tard que jamais, et si une prise de conscience commence à se produire, on ne peut que s’en féliciter. De ce point de vue, l’Allemagne est certainement la plus attentive et pour toutes sortes de raisons. On a allégué les facteurs démographiques.

Le pays est certainement heureux d’accueillir une main d’œuvre souvent qualifiée qui lui fait défaut. En même temps, je pense que l’histoire de l’Allemagne joue également un rôle important. Je veux parler de la volonté de manifester fortement la rupture avec le passé nazi, hitlérien. La volonté aussi de démontrer que l’image affichée face à la crise grecque, celle d’un pays dur, égoïste, n’est pas exacte. C’est à mon avis un aspect non négligeable qui a joué un rôle important dans la prise de conscience allemande. Tout compte fait, il faut bien constater que l’Allemagne et la Suède sont à la pointe par rapport à d’autres pays européens, y compris la France malheureusement. Accueillir 24 000 réfugiés sur deux ans pour cette dernière, c’est à peine 1 000 de plus que d’habitude et pas du tout à la hauteur de la situation.

HD. On fait pourtant grand bruit autour de cet accueil, le ministre de l’Intérieur s’est réuni avec les maires qui se sont proposés...

E. T.

On fait beaucoup de tapage en effet, mais le chiffre n’en reste pas moins de, seulement, 24 000 sur deux ans.

HD. Et c’est très insuffisant ?

E. T.

Absolument ! On annonce l’arrivée de quelque chose comme 400 000 ou 500 000 réfugiés en Allemagne cette année, cela donne toute de suite la mesure des efforts respectifs.

HD. Il y a des maires qui refusent d’accueillir des réfugiés, et certains qui ne veulent que des chrétiens...

E. T.

Ces maires sont en règle générale sous la pression du Front national. Ils ont très peur de voir leurs électeurs filer vers l’extrême droite et, du coup, ils prennent ce genre de position. Il se peut aussi que, dans certaines villes, le devoir d’accueil soit déjà rempli et que, compte tenu des capacités, on ne puisse pas accueillir plus de réfugiés.

HD. On parle de trier entre ceux qui fuient réellement la guerre et ceux qui viendraient pour des raisons économiques...

E. T.

Je pense qu’il sera très difficile de faire ce genre de tri. De toute façon, c’est une proposition classique de distinguer entre, on va dire, les bons réfugiés et les mauvais migrants. Les premiers viendraient pour des raisons politiques et les autres pour des raisons économiques. Cette distinction ne tient pas dans la réalité parce que c’est, au fond, toujours une situation politique qui crée la migration. Les gens qui viennent d’Afrique migrent parce qu’ils sont dans des sociétés complètement bloquées, verrouillées, avec des régimes autoritaires et corrompus qui ne leur laissent aucune perspective d’avenir. C’est donc cette situation politique qui crée la migration. Les puissances occidentales soutiennent ces régimes qui votent en leur faveur à l’ONU, pour des raisons évidentes de clientèles géopolitiques. Pour ma part, j’ai l’habitude de dire qu’il n’y a que des migrants politiques.

Les contextes qui les incitent à partir sont plus ou moins dramatiques. Les situations érythréenne ou syrienne sont certes plus désastreuses que celles de l’Afrique de l’Ouest. Mais c’est une différence de degré, pas de nature.

HD. Avec plus de moyens à sa disposition, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) aurait-il pu juguler les drames ? Ne ressent-on pas de l’impuissance ?

E. T.

Ceci est exact et souligne surtout l’insuffisance des efforts européens. À ma connaissance, il y a 2 millions de réfugiés syriens en Turquie, et au Liban, ils représentent à présent près du quart de la population. Ils sont 600 000 à 700 000 en Jordanie. Dès lors, par rapport aux discussions en Europe pour savoir si tel pays doit en accueillir 5 000 et tel autre 10 000, on est vraiment dans des ordres de grandeur tout à fait différents. Et ces pays sont bien loin d’avoir les richesses des États européens. J’ai vu que les États-Unis se proposaient, non pas d’accueillir en grand nombre, mais au moins d’aider les Libanais et les Jordaniens à les accueillir. C’est peut-être une bonne chose, mais là encore on est très en retard par rapport aux moyens disponibles. Les égoïsmes nationaux restent forts.

HD. On a aussi le sentiment que cette crise est vécue comme une fatalité, qu’on ne peut pas faire autrement. Ces mouvements de populations seraient le lot du XXIe siècle et il va y en avoir de plus en plus, notamment avec les dérèglements climatiques...

E. T.

Ce n’est pas une fatalité. La crise du Proche-Orient est quand même l’effet, qu’on le veuille ou non, des interventions occidentales que ce soit en Afghanistan ou en Irak. C’est tout de même ces deux expéditions qui ont mis le feu à la région, feu qui s’est ensuite propagé. C’est bien la politique occidentale, en Libye qui a créé le chaos actuel et le fait que plus rien n’est contrôlable sur ce territoire, ni le commerce des armes ni les trafics d’esclaves. Non, ce n’est sûrement pas une fatalité. On pourrait en dire autant pour l’Afrique de l’Ouest. Les migrations sont dues, d’une part, à ces régimes autoritaires et corrompus que l’Occident maintient en place et, d’autre part, aux accords de libre-échange que l’UE impose à l’Afrique, qui ruinent l’agriculture et condamnent les paysans africains à l’exil. Nous sommes face à des conséquences somme toute logiques, à des effets de politiques bien déterminés.

HD. En 1996, vous avez été en première ligne lors de la bataille des sans-papiers à l’église Saint-Bernard à Paris. Avez-vous le sentiment que, par rapport à cette période, il n’y a plus la même force de résistance militante, la même mobilisation ?

E. T.

À l’époque de Saint-Bernard, un peu naïvement d’ailleurs, je pensais que c’était un problème localisé dans le temps et qu’on allait le résoudre par la régularisation. Et puis je me suis aperçu bien vite que ça devenait chronique, endémique. Ceci dit, des progrès ont été faits depuis. Je pense à la création du Réseau Éducation sans frontières au début des années 2000. Un progrès considérable dans la mobilisation dans tout le pays. Je pense aux grèves à l’initiative de la CGT à partir des années 2008, 2009, 2010, qui ont aussi accéléré la prise de conscience du fait qu’il s’agissait de salariés comme les autres et que notre pays ne pouvait accepter la prolifération sur son sol de travailleurs sans droits. Il y a donc eu des progrès dans la prise de conscience et dans la mobilisation. Ce n’est pas encore à la hauteur des enjeux, mais je ne suis pas pessimiste sur ce point.

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 07:24
Régionales: journée agriculture/ agro-alimentaire du Front de Gauche à Quimperlé le jeudi 24 septembre en présence de Xavier Compain

Notre rencontre débat consacrée aux questions agricoles et à l'agro alimentaire du jeudi 24 septembre à Quimperlé.

Nous nous retrouverons à 10 h au café "Le Régent" à Quimperlé, rue Leuriout (face à la maison des syndicats, à proximité immédiate de la place des écoles).

Les thèmes privilégiés, mais non exclusifs, de notre rencontre pourraient se concentrer sur:

  • les rapports de l'agriculteurs et la société,
  • la place des citoyens dans la définition, l'élaboration et le contrôle des politiques agricoles publiques,
  • les questions environnementales comme pilier fondamental de la transition agricole en Bretagne et ailleurs,
  • la place des consommateurs particuliers et collectifs dans la définition des missions fixées aux agriculteurs, la qualité des produits l'accès aux produits de qualité;
  • la situation sociale réelle des agriculteurs ou d'une partie d'entre eux , enhjeu de la transition agricole et la mise ne place d'une agriculture paysanne viable.

Pour votre parfaite information la journée se poursuivra par une rencontre à 12 heures avec les militants syndicaux des entreprises de l'agro alimentaire; à 14h30 avec une rencontre avec les organisations agricoles.

11h30 rencontre presse

12h30-14h rencontre casse croute militants syndicaux de l'agro alimentaire :

Bigard, Doux, Capitaine Cook, Duc, Doux, Purina Nestlé

Nous nous retrouverons à 14 h 30 au café "Chouchou" à Quimperlé avec les organisations agricoles (FDSEA, Confédération Paysanne, Groupement des agriculteurs bio ; EMB) dans le bas de la rue Savary, au n°10

Les thèmes privilégiés, mais non exclusifs, de notre rencontre pourraient se concentrer sur:

  • Le bilan des politiques agricoles et leur impact local
  • les rapports entre les agriculteurs et la société,
  • les questions environnementales pilier fondamental de la tansition agricole en Bretagne et ailleurs,
  • La transition agricole..la quelle et comment y parvenir ?
  • Quel rôle pour le Conseil Régional dans l'accompagnement des mutations.

A 16h30 Plan de méthanisation : Bannalec

18h20: Xavier Compain interviewé en direct sur la radio RCF RIVAGES dans le journal finistérien

19 heures : rencontre débat, salle du Coat kaer. Quimperlé

Régionales: journée agriculture/ agro-alimentaire du Front de Gauche à Quimperlé le jeudi 24 septembre en présence de Xavier Compain
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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 19:47

Dépassée, l'Europe affronte le plus grand exode depuis la Seconde Guerre mondiale

Les ministres de l'intérieur de l'Union européenne se sont mis d'accord pour se répartir 120 000 réfugiés sur deux ans. Un chiffre dérisoire au regard du million de personnes attendues en 2015. À l'occasion du sommet européen convoqué mercredi 23 septembre à Bruxelles, Mediapart a demandé à François Gemenne et François Héran, spécialistes des questions migratoires, de comparer l'afflux actuel aux mouvements de population contemporains que l'Europe a connus.

Dépassée, l'Europe affronte le plus grand exode depuis la seconde guerre mondiale (Médiapart)
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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 08:18

Entretien d'Olivier MORIN (L'Humanité) avec Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon

Sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon se sont plongés dans le monde de l'évasion fiscale. De leur immersion au Luxembourg, en Suisse et à Bercy, ils rapportent un ouvrage, Tentative d'évasion (fiscale) (1), qui montre à quel point la fraude est devenue une pratique systémique et une arme de l'oligarchie pour asservir les peuples.

Pourquoi écrire ce livre maintenant? N'est-ce pas un livre de plus sur la fraude fiscale ?

MONIQUE PINÇON-CHARLOT

Notre objectif n'était pas de faire un énième livre sur l'évasion fiscale. Nous avions le projet de faire un livre sur la classe dominante dans sa dimension oligarchique d'aujourd'hui. Car c'est notamment avec l'arme de la fraude fiscale que cette classe asservit les peuples. L'idée du livre est partie d'une espèce de colère. Il a été assez douloureux à écrire d'ailleurs. On nous donne en pâture des paradis fiscaux sous forme d'îles avec des plages de sable blanc, puis on se pose la question sur leur nombre. Mais ce sont des boucs émissaires pour que les partis et les associations qui se battent contre ça aient quelque chose à se mettre sous la main. Dans tout ce qui a été écrit sur le sujet, il manquait le livre que nous avons réalisé. À savoir que les paradis fiscaux sont une création de la classe dominante pour empêcher de comprendre que la fraude fiscale est une pratique systémique de la classe oligarchique, qui ne veut plus contribuer à une quelconque solidarité avec les peuples. Les membres de cette classe veulent la liberté du renard dans le poulailler planétaire, sans que le citoyen ordinaire ne puisse s'imaginer qu'il est le dindon de cette farce fiscale. Un autre déclic a été la rencontre avec le sénateur communiste Éric Bocquet, qui est très présent dans le livre. Le travail que ce militant communiste, fils de mineur, a réalisé est d'ailleurs extraordinaire. On a l'impression qu'il met à profit son poste de sénateur au bénéfice de ses idées, de son parti, de ses luttes. Ce n'est pas rien de réaliser deux missions parlementaires sur la fraude fiscale ! Il nous a offert les livres issus des missions qu'il a menées sur les paradis fiscaux. Notamment les résultats des auditions. De ce jour-là, on a su qu'on allait pouvoir faire un livre avec ces bijoux sociologiques. Enfin, il y a eu l'affaire SwissLeaks, avec Hervé Falciani, qui est sortie dans la presse grâce à ce lanceur d'alerte. Ces lanceurs d'alerte ont révélé énormément de choses sur la fraude fiscale. À la suite de ces révélations, y compris celles de notre livre, les plus riches doivent vivre sur le pied de guerre.

« Les hautes sociétés occidentales sont pourries par le culte de l'argent et la volonté d'enrichissement. »

Qu'avez-vous appris de cette immersion dans le monde de la fraude fiscale ?

MONIQUE PINÇON-CHARLOT

Nous nous sommes vraiment rendu compte des manipulations idéologiques que les oligarques ont construites pour s'octroyer le droit de faire main basse sur l'argent public. Ils se sont inspirés du marxisme, qu'ils ont inversé. Les tenants de l'oligarchie se sont transformés, dans l'idéologie dominante, en créateurs de richesses et ils ont transformé les ouvriers en coûts et en charges. Ils sont incroyablement sûrs qu'ils sont supérieurs à tout le monde. Au-delà de l'aspect technique de la fraude fiscale, il y a un processus de déshumanisation et d'exclusion des peuples. MICHEL PINÇON On a travaillé pendant pas mal d'années sur la haute bourgeoisie : sa gestion de l'espace résidentiel, l'importance de la transmission, etc. Dans ces recherches, on pouvait être admis sans difficulté. Depuis qu'on est passé à des ouvrages traitant de l'argent, nous sommes grillés dans ces milieux car nous disons ce qu'il ne faut pas dire. Les hautes sociétés occidentales sont pourries par le culte de l'argent et la volonté d'enrichissement. Quand on voit les sommes extraordinaires prélevées sur ce qui devrait aller au fisc, selon la législation en vigueur, c'est ahurissant. Dans des paradis fiscaux comme le Luxembourg ou le Delaware (aux États-Unis), les taux d'imposition sont symboliques.

MICHEL PINÇON

Je voudrais ajouter quece qui m'a fait souffrir lors de la réalisation de cet ouvrage, c'est d'avoir à subir des lectures techniques et de se retrouver en Suisse à aller à la banque HSBC tenter d'ouvrir un compte, se faire recevoir comme on s'est fait recevoir... En lisant ces livres écrits avec un vocabulaire d'expertise, on sentait que personne ne pouvait arriver à attraper ce sujet. Il nous fallait la connaissance de cette classe, que nous avons acquise dans nos recherches précédentes, pour comprendre pourquoi ils vont en Suisse, comment la fraude fiscale se transmet de génération en génération, tout naturellement.

Il y a aussi un mépris de classe dans cette « langue de l'expertise » que vous décrivez...

MICHEL PINÇON

Il y a tout un univers au service de la haute société pour la seconder dans sa gestion du patrimoine. Madame Bettencourt a sûrement été conseillée pour acheter cette île aux Seychelles par quelqu'un qui avait des intérêts à ce que ça se passe comme ça. On a vu des familles qui organisaient des sessions avec des juristes et des spécialistes économiques pour leurs héritiers. Elles ne sont pas du tout démunies comme un ouvrier de la sidérurgie peut l'être par rapport au droit.

MONIQUE PINÇON-CHARLOT

Cette violence symbolique qui émerge de ce langage purement technique, très anglo-saxon, renvoie à un pragmatisme qu'il n'est pas question de remettre en question. Je l'ai très mal vécu. Cette langue venimeuse de l'expertise empêche la critique par sa puissance d'intimidation incroyable et elle vous oblige à croire que le réel n'est pas négociable. Elle m'a mis la trouille de me tromper.

Vous dites dans votre livre que les fraudeurs fiscaux peuvent régulariser leur situation en se rendant dans les inspections des finances sans que leur cas ne passe jamais par la case justice. Est-ce à dire que l'État organise la fraude fiscale ?

MICHEL PINÇON

En cas de fraude avérée, les fraudeurs sont aiguillés par un chef de gare qui n'est autre que le ministre du Budget. Il les envoie soit vers les tribunaux correctionnels, soit vers des cellules de repentance où le fraudeur sera peu ou prou mis en accusation, mais où il réglera en réalité ses erreurs avec ceux qui sont du même monde que lui. Ce qui n'occasionne jamais de lourdes sanctions. Il y a donc deux cas pour régler les problèmes de fraude fiscale avérés : les premiers passent par la commission des infractions fiscales (CIF), qui envoie au tribunal correctionnel ou qui choisit de ne pas engager de poursuites. À 90 %, la CIF envoie au tribunal. Les seconds, ce sont les gros poissons, et c'est le ministre du Budget en personne qui s'en occupe. Ce sont des gens qu'il connaît, qui sont de son milieu : des grands patrons, des héritiers... Il discute alors avec eux en tête à tête de ce qui peut être fait pour arranger la situation. Cela se passe dans les murs de Bercy. Il y a donc deux poids, deux mesures. Des petits fraudeurs qui se débattent devant le tribunal et les coupables de gros détournements de fonds (qui ont des comptes en Suisse, des sociétés fictives et des fondations bidon) qui ne sont pas inquiétés. Cela révèle que la fraude fiscale est admise dans l'univers de l'oligarchie. Ces gens ont du pouvoir et des relations. Ceux qui passent par la chambre correctionnelle, ce sont de petits chefs d'entreprise, pas les tenants de l'oligarchie.

MONIQUE PINÇON-CHARLOT

Le petit patron que nous avions vu s'était fait payer 70 000 euros de TVA par le ministère de l'Économie et des Finances en faisant de fausses déclarations. Le procureur l'accusait très gravement d'escroquer l'État avec un discours digne de celui d'un secrétaire général du PCF. Il demanda trois ans de prison ferme. Alors que pour de riches bourgeois, dont des gens très connus, cela se règle dans des alcôves entre camarades de classe. Dans le cas de Jérôme Cahuzac, qui était ministre du Budget, et il faut savoir qu'il n'y a que le ministre du Budget qui puisse engager des poursuites pour fraude fiscale au niveau des tribunaux, le gendarme était lui même voleur ! Vous n'imaginez pas que Jérôme Cahuzac mette lui-même sa tête sur le billot ? On nous a d'ailleurs servi Cahuzac en pâture, mais c'était l'arbre qui cachait la forêt. Ce que l'oligarchie ne lui a pas pardonné, c'est d'avoir craqué et avoué.

« Sans cette fraude, il n'y aurait pas de dette, ni de déficit public, ni de trou de la Sécu. » L'Union européenne facilite-t-elle la fraude fiscale?

MONIQUE PINÇON-CHARLOT

On nous a bassinés, après la Seconde Guerre mondiale, avec une Europe où on n'allait plus se taper dessus, etc. Mais dès le départ, Jean Monnet, Jacques Delors et aujourd'hui Jean-Claude Juncker ont construit et construisent une Europe basée sur la concurrence et sur le dumping fiscal. Tout est adopté à la majorité consensuelle, sauf en matière de fiscalité où il faut l'unanimité. Le Luxembourg, qui est le seul pays à avoir eu trois présidents de la Commission européenne, s'oppose grâce à son droit de veto. Le Luxembourg, où l'on ne paie que très peu d'impôts, continue donc à attirer de nombreuses multinationales sur son territoire. Résultat, il manque 1000 milliards d'euros à l'Europe chaque année. Pour la France, c'est 60 à 80 milliards d'euros par an. Michel et moi avons des raisons de penser que c'est beaucoup plus. On voit bien que les questions de déficit seraient réglées si ces sommes étaient recouvrées.

MICHEL PINÇON

Junker a été premier ministre et ministre des Finances du Luxembourg, ainsi que président de l'Eurogroupe. Comment peut-il s'imaginer qu'une société comme Amazon, qui vient s'installer au Luxembourg en rénovant un bâtiment sur une presqu'île, puisse produire les masses d'argent que l'on connaît dans ces modestes locaux? La seule raison pour que cette société soit présente au Luxembourg, c'est évidemment qu'elle peut s'affranchir des impôts qu'elle paierait dans d'autres pays.

Les fondations, omniprésentes, permettent aussi à la bourgeoisie de frauder le fisc, tout en soignant son image...

MONIQUE PINÇON-CHARLOT

Les plus riches cherchent toujours à ce que leurs richesses leur servent à piller l'argent public. Les fondations comme celle de LVMH, et qui existent bien souvent autour du marché de l'art contemporain (où il y a d'ailleurs beaucoup de blanchiment d'argent de la fraude fiscale), sont encore un moyen de plus car elles sont défiscalisées. Les fondations participent à la légitimation de leur fortune. Les gens vont se dire: « Qu'est-ce qu'ils sont sympas, on peut voir des oeuvres d'art! » Il y a aussi ces fondations de charité que l'on met en avant. Ce n'est bien sûr pas le cas de la fraude fiscale. On montre toujours la face du docteur Jekyll, mais jamais celle du méchant Mister Hyde.

MICHEL PINÇON

Il y a aussi une mise en scène de lacharité. On a un exemple à Deauville, où l'on a une soirée avec un spectacle, etc. Les places y sont très chères. On y récolte des fonds pour des jockeys blessés. À ce moment, la haute société, elle-même propriétaire de chevaux de course, montre une certaine générosité envers le personnel qui fait tourner ses affaires. Durant cette soirée, les grands propriétaires arrivent dans leur belle voiture avec chauffeur et montent les marches devant les touristes et les salariés, reproduisant la mise en scène de la montée des marches à Cannes. Cette soirée caritative permet de faire passer tout le reste, qui n'est bien sûr pas mis en évidence.

Comment la masse des gens qui n'échappent pas à l'impôt peut-elle accepter cette fraude fiscale que vous décrivez ?

MONIQUE PINÇON-CHARLOT

Il y a plusieurs facteurs qui expliquent qu'il n'y ait pas de révolte face à l'ampleur de la fraude fiscale. Sachant que, sans cette fraude fiscale, il n'y aurait pas de dette, ni de déficit public ni de trou de la Sécurité sociale. Les différents travaux que nous avons faits montrent bien que la classe dominante, qui traverse les sommets de l'État, la finance, les médias, la culture, la religion, construit des outils pour asservir les peuples. Les citoyens n'ont pas idée des montages diaboliques et des rouages d'une machine criminelle que les bourgeois sont capables de monter à l'aide d'avocats fiscalistes. Les dominants instrumentalisent le secret. Tenter de percer le secret bancaire, le secret fiscal et bientôt le secret des affaires, c'est aller de l'autre côté de l'iconostase. C'est toucher au sacré. Il y a un sentiment de peur et de tétanisation extrêmement violent qui fait qu'on préfère ne pas bouger.

(1) Tentative d'évasion (fiscale), de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Éditions Zones/La Découverte, 256 pages, 17 euros.

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 20:54
Jeremy Corbin ( photo The Gardian)

Jeremy Corbin ( photo The Gardian)

Lettre ouverte à notre ami Jeremy Corbyn

FRANCIS WURTZ- VENDREDI, 18 SEPTEMBRE, 2015

HUMANITÉ DIMANCHE

La chronique de Francis Wurtz, député honoraire du Parlement européen.

Cher Jérémy.

Je ne sais si tu mesures la joie que suscite ton élection à la tête du Parti travailliste auprès de tes amis – tes « camarades » comme tu n’hésites pas à les appeler – en France comme, j’imagine, dans toute la gauche européenne ! En particulier, parmi celles et ceux d’entre eux qui te connaissent depuis vingt ans et plus et pour qui tu es depuis lors – avec le regretté Tony Benn – la référence par excellence dans la gauche britannique. La dernière fois que nous avons fait « estrade commune » remonte au mois de mai 2011, à l’occasion d’un magnifique meeting, à Londres, au côté de nos amis de Sinn Fein, consacré au trentième anniversaire de la mort de Bobby Sands, héros et martyr de la cause républicaine irlandaise. Des causes qui nous ont rapprochés, il y en a déjà tant eu : de la libération de Nelson Mandela à la reconnaissanc e de l’État de Palestine ; du refus de la guerre en Irak à la solidarité avec l’Amérique latine ; du refus d’une Europe « blairisée » à l’action pour une « meilleure Europe, défendant la justice sociale et pas la finance » ! Aujourd’hui que tu as réussi l’impensable : engager le Parti travailliste sur la voie de la rupture avec l’héritage empoisonné de 20 années de « thatchérisme soft » insufflé par Tony Blair, de nouvelles perspectives de dialogues, de convergences et d’initiatives élargies se dessinent. Pour cet espoir inattendu et si réconfortant : merci ! L’expérience politique extraordinaire que tu viens de vivre et de faire vivre ces deux derniers mois est, pour toute la gauche européenne, particulièrement riche d’enseignements.

Loin des artifices des « communicants » professionnels, comme des figures imposées dans les grands médias : étranger aux moeurs des politiciens à l’ego surdimensionné, comme au discours « politiquement correct » de la « gauche moderne », tu es resté celui que nous avons toujours connu : sincère, authentique, modeste, respectueux. Et fidèle à tes convictions qui sont, aujourd’hui comme hier, aussi simples à comprendre qu’essentielles à réaliser : « Recréer l’ambition d’une société plus juste » ; en finir avec le « tout-austérité » – qui est « un choix politique » et non une fatalité – ; développer les services publics de transports, d’éducation et de santé ; « changer la mission de la Banque centrale » pour que l’argent qu’elle crée aille « aux gens » et serve à « l’emploi qualifié » ; nationaliser les chemins de fer et les producteurs d’énergie ; relever l’impôt sur les sociétés ; maintenir dans le secteur public des banques sauvées de la faillite par l’État au moment de la crise de 2008...

La même cohérence de gauche se retrouve dans tes propositions de politique internationale, qui se situent aux antipodes des obsessions du « caniche de Bush » : non à la guerre, à l’arme nucléaire et à l’OTAN – « qui aurait dû disparaître avec la guerre froide ». Voilà la politique et le comportement qu’ont plébiscités les centaines de milliers de jeunes qui t’ont permis de vaincre la résistance acharnée des caciques de l’ex-New Labour ! Nul doute que ces derniers ne désarmeront pas pour autant. Réhabiliter la gauche en Europe est un combat. Nous nous y retrouverons.

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 20:48
La victoire de Tsipras et Syrisa en Grèce: "à nous de prendre le relais": Déclaration de Pierre Laurent

La victoire de Syriza : « A nous de prendre le relais » (Pierre Laurent)

COMMUNIQUE DE PRESSE

La victoire de Syriza : « A nous de prendre le relais » (Pierre Laurent)

Ce soir, avec 34% des voix, Syriza remporte nettement les élections législatives anticipées en Grèce. Malgré l'accord insupportable imposé en juillet et la crise politique dans la gauche, les Grecs viennent d'affirmer pour la 3e fois cette année, leur confiance en Syriza et Alexis Tsipras pour gouverner leur pays.

L'ensemble de la coalition gouvernementale de janvier est confortée. Syriza (144 sièges) et Anel (10 sièges) remportent la majorité parlementaire

La droite de Nouvelle démocratie est battue. Avec elle, l'ensemble des gouvernements européens qui se sont acharnés avec une violence extrême à déstabiliser le premier gouvernement Tsipras et à imposer de nouvelles mesures d'austérité, des privatisations, et des confiscations de souveraineté.

C'est un nouveau message de lutte envoyé par le peuple grec à toutes les sociétés européennes. La victoire de Syriza est un sérieux atout pour toutes les forces progressistes d'Europe.

De dures luttes attendent encore le peuple grec. La Grèce va avoir besoin de toute notre solidarité dans les semaines et mois qui viennent pour renégocier sa dette et déverrouiller le carcan d'austérité.

C'est aujourd'hui à nous de prendre le relais pour des victoires en France qui permettront de libérer tous les peuples européens de l'austérité, changer la table des négociations pour changer l'Europe.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Président du PGE,

Paris, le 20 septembre 2015

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 20:10
Véronique Blanchet (PCF-Front de Gauche pays Bigouden) présente le déroulé de la journée

Véronique Blanchet (PCF-Front de Gauche pays Bigouden) présente le déroulé de la journée

Régionales: AG départementale du Front de Gauche à Berrien le dimanche 20 septembre: les premières photos
Régionales: AG départementale du Front de Gauche à Berrien le dimanche 20 septembre: les premières photos
Et oui, c'est nous!

Et oui, c'est nous!

Paul Quémener et Marie-Pierre Coant au premier rang

Paul Quémener et Marie-Pierre Coant au premier rang

François Rippe (Ensemble -FDG Morlaix) et Julien Kerguillec (Parti de Gauche - FDG Morlaix)

François Rippe (Ensemble -FDG Morlaix) et Julien Kerguillec (Parti de Gauche - FDG Morlaix)

Introduction politique de François Rippe sur le contexte de ces Régionales et notre ambition

Introduction politique de François Rippe sur le contexte de ces Régionales et notre ambition

60 militants finistériens du Front de Gauche (PCF, Ensemble, Parti de Gauche, membres des collectifs citoyens locaux du Front de Gauche) étaient réunis aujourd'hui à Berrien, dans le centre-Finistère, la commune "rouge", haut lieu de la résistance comme sa voisine Scrignac, de Paul Quémener et Marie-Pierre Coant, en pointe contre la désertification du centre-Bretagne, la lutte pour les services publics de proximité et contre TAFTA.

Le but était de préparer sur un plan départemental la campagne des Régionales après la décision de l'AG régionale ouverte à tous les militants et sympathisants de Rennes du 5 septembre où les représentants des différentes composantes du Front de Gauche (PCF, Ensemble, Parti de Gauche, collectifs citoyens locaux) ont décidé de constituer ensemble une liste anti-libérale et anti-austérité pour une Bretagne vraiment à gauche en s'engageant vers une démarche d'élargissement citoyen et en tentant l'unité de toute la gauche d'alternative et de transformation sociale et écologique, ce qui passe par la recherche d'une alliance avec EELV avec qui nous avons des discussions prometteuses depuis un mois dont nous avons bon espoir qu'elles aboutissent car elles ont fait apparaître de vraies convergences programmatiques.

A Rennes, où nous étions plus d'une centaine de militants, nous avions déjà travaillé en ateliers et en plénière sur le programme et les propositions portés par le Front de Gauche et discutés avec ses partenaires pour les Régionales mais nous avons poursuivi et étoffé ce travail sur le programme sur le plan départemental en ateliers le matin avant de faire des restitutions l'après-midi. Les thèmes des ateliers correspondaient aux assemblées citoyennes thématiques que nous voulons organiser dans le Finistère dans le cadre de ces Régionales: les économies maritimes, l'agriculture et l'agro-alimentaire, la culture en Bretagne, la défense et l'extension des services publics, avec l'enjeu de la transition écologique traversant ces quatre ateliers.

Ces restitutions faites à partir de débats très riches seront bientôt mises au propre et proposées à la connaissance du public.

En début d'après-midi, nous avons à la demande de camarades discuté sur la question des configurations et positionnements possibles au second tour des Régionales pendant une heure avant de débattre programme et organisation pratique de la campagne. Les candidatures finistériennes du Front de Gauche seront établies fin septembre.

Une belle aventure collective commence, avec l'ambition de contester au PS son hégémonie sur la gauche en Bretagne et surtout de convaincre ceux qui seraient tentés par l'abstention en redonnant de l'espoir et de la perspective politique à gauche.

Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont

Régionales: AG départementale du Front de Gauche à Berrien le dimanche 20 septembre: les premières photos
5 des 21 militants du Front de Gauche Morlaix qui ont fait le déplacement à Berrien: Christophe Ducourant, Yann Guéméné, le co-président, Anne Caradec, Nicole Labelle et Didier Allain

5 des 21 militants du Front de Gauche Morlaix qui ont fait le déplacement à Berrien: Christophe Ducourant, Yann Guéméné, le co-président, Anne Caradec, Nicole Labelle et Didier Allain

Régionales: AG départementale du Front de Gauche à Berrien le dimanche 20 septembre: les premières photos
Régionales: AG départementale du Front de Gauche à Berrien le dimanche 20 septembre: les premières photos
Régionales: AG départementale du Front de Gauche à Berrien le dimanche 20 septembre: les premières photos
Régionales: AG départementale du Front de Gauche à Berrien le dimanche 20 septembre: les premières photos
Michel Le Goff (PCF Front de Gauche Rosporden - Bannalec) restitue l'atelier agro-alimentaire et agriculture, illustrant les différents aspects de la transformation profonde à apporter au "modèle agricole actuel" en Bretagne

Michel Le Goff (PCF Front de Gauche Rosporden - Bannalec) restitue l'atelier agro-alimentaire et agriculture, illustrant les différents aspects de la transformation profonde à apporter au "modèle agricole actuel" en Bretagne

Noëlle Péoc'h, Pierre-Yves de Carhaix à sa gauche, Annie Le Calvez (PCF- FDG Morlaix) et Christian Corre (FDG Morlaix) à sa droite

Noëlle Péoc'h, Pierre-Yves de Carhaix à sa gauche, Annie Le Calvez (PCF- FDG Morlaix) et Christian Corre (FDG Morlaix) à sa droite

Régionales: AG départementale du Front de Gauche à Berrien le dimanche 20 septembre: les premières photos
Régionales: AG départementale du Front de Gauche à Berrien le dimanche 20 septembre: les premières photos
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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 05:58

Le PS n'a vraiment aucune vergogne: lui qui a voté pour le Traité de Lisbonne qui faisait repasser par la fenêtre les dispositions libérales du Traité Constitutionnel Européen que les Français avaient dégagées par la porte grâce au référendum de 2005 (et dieu sait s'ils ont reproché à Chirac ce référendum), lui qui s'est assis sur les principales promesses de campagne de 2012 et sur le mandat qu'ont donné les Français à François Hollande (la justice sociale, affronter le monde de la finance, renégocier le Traité Merkel-Sarkozy, le TSCG, qui impose une austérité autoritaire en Europe), lui qui a fait pression sur les Grecs pour qu'ils renoncent à leurs objectifs de redressement portés par une large majorité de la population, lui qui verrouille les institutions en empêchant le pluralisme à travers le refus de la proportionnelle, lui qui négocie dans le plus grand secret et sans mandat la plus grande arme de guerre contre la démocratie et la souveraineté populaire, le Traité Grand Marché Transatlantique, ce même PS, par le biais de son porte-parole, l'ex trotskiste converti aux vertus de l'imperium capitaliste et libéral, Jean-Christophe Cambadélis (vous savez, l'homme des emplois fictifs de la MNEF... celui qui, appointé joliment par ses amis socialistes, mit 10 ans pour passer sa licence... tout en dirigeant le syndicat étudiant UNEF), continue à prendre les citoyens pour des imbéciles et à mépriser souverainement les partis de gauche.

Pour faire l'unité à gauche pour les régionales, il veut organiser un référendum sur les marchés début octobre pour savoir si le peuple de gauche préfère l'unité ou la désunion. S'unir avec ces fossoyeurs du droit du travail et de la démocratie, avec cette fausse gauche qui mène une politique vraiment de droite, à qui ferez-vous avaler ça? C'est votre politique qui bouscule et divise profondément la gauche, et ne vous donne aucun titre pour vous en réclamer.

Déjà il y a quelques jours Jean-Christophe Cambadélis - plus menteur et cynique que lui, tu meurs- faisait semblant de ne pas comprendre pourquoi, à l'heure des périls politiques, économiques, sociaux et environnementaux, la gauche est si désunie (en réalité, elle s'unit dans beaucoup de régions, mais sans le PS, qui n'est plus dirigé à gauche). Pour le premier secrétaire du PS, le "narcissisme de petites différences" risque de faire perdre à la gauche "la bataille de la République".

Rien que ça! N'est-ce pas eux qui sont en train de la pulvériser la République, avec leur réforme territoriale néo-libérale, la casse des services publics et de la république sociale, la dépossession de la souveraineté populaire, la restriction des libertés avec la loi renseignement?

L'identité de la gauche et le ciment du rassemblement, c'est la transformation sociale, assure t-il. Car, qui peut dire que Macron est moins transformateur que les communistes quand il veut en finir avec le statut et les garanties des fonctionnaires? Qui peut affirmer qu'il veut moins que Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent ou Clémentine Autain une société radicalement différente? Lui veut exacerber la concurrence, privatiser les biens publics, assouplir le Code du Travail et baisser la fiscalité des entreprises: c'est l'agenda de la Banque Rotschild et de ses amis du Medef.

Nous autres, nous voulons une économie de coopération, étendre le service public, renforcer les droits des travailleurs et taxer le capital. Nous voulons une société socialiste en sommes là où eux ne construisent qu'une société de la domination sans partage du capital sur nos vies et les relations sociales.

Petites différences narcissiques, sans doute...

Ce qui est insupportable chez ces gens là, c'est la manière dont ils méprisent ouvertement l'intelligence du peuple. Mentir avec le sourire et en regardant dans les yeux pour instrumentaliser des espoirs; des craintes ou des ignorances à son profit personnel, voilà sans doute un des sommets de la bassesse humaine.

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 05:51

Les élus de la majorité de droite à Morlaix font signer la pétition de l'association des maires de France contre l'asphyxie financière des communes par le gouvernement (les élus du Front de Gauche ont voté la motion présentée au conseil municipal de Morlaix et Plouigneau), le Tocsin sonne pour la onzième fois pour réclamer justice le jour de l'anniversaire de l'incendie de l'hôtel des impôts, une équipe de réalisateurs tourne en ville.

A suivre dans l'excellent média indépendant de la région de Morlaix, "Le Homard enchaîné":

http://homardenchaine.fr/actualite.htm

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